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JOtmNAL MKNStlKL 01 L'aCADAMU NATIONALB.
12
DISTINCTIONS HONORIFIQUES
ACCORDÉES AUX MEMBRES DE L'ACADÉMIE NATIONALE
Ont été nommés Chevaliers du Mérite
agricole :
M. Thivet-Hanctin, fondeur à Saint-
Denis, adjoint au maire de Saint-Denis,
délégué cantonal, officier de l'Instruction
publique.
M. Simon (Auguste-Laurent), ingénieur-
constructeur à Cherbourg (Manche) : nom-
breuses récompenses dans les concours agri-
coles. Médailles d'or aux expositions uni-
▼erselles de Paris (1889) et de Lyon (1894] ;
16 ans de pratique.
A été nommé Chevalier de la Couronne
(Tltalie :
M. LuiGi PivETTA, de la maison de com-
merce Galante et Pivetta, à Naples.
EXPOSITIONS ET CONCOURS
EXPOSITION DE BRUXELLES EN 1897
Règlement général de la section
Ir^ngalse.
Le gouvernement français, ayant obtenu
du Parlement les crédits nécessaires pour
assurer une brillante participation de la
France à la grande exposition internationale
qui aura lieu cette année à Bruxelles, a ra-
pidement organisé les services administra-
tifs nécessaires à cet effet.
Un commissariat général de la section
française a été créé au ministère du com-
merce et de Tindustrie, 80,rue de Varennes,
sous la direction de M. Maurice Montbiei*s,
et un règlement général de jcette section
française a été arrêté à la date du 23 décem-
bre dernier et porté rapidement à la con-
naissance du public.
En raison de la grande importance qu*aura
certainement l'exposition de Bruxelles et de
l'intérêt qu'elle offre à rindustrie etaucom
merce de la France, nous nous faisons un
devoir de reproduire intégralement le rè-
glement officiel :
TITBE I.— Dispositions oiênêrales.
Art. !•♦. Le 24 avril 1897, s'ouvrira à Bruxel-
les une SxposUloa internationale, sous le haut
patronage de S. M. le Roi des Beicres, sous la
nrésldence d'honneur de S. A. H. le comte de
Flandre et organisée avec le concours du Gou-
vernement bel^e et de la Ville de Bruxelles.
L'Exposition sera établie au parc du Cin-
quantenaire et au parc de Tervueren. Elle aura
une durée minimum de six mois, le Comité
exécutif se réservant la faculté de prolonger ce
délai au plus tard jusqu'au 15 novembre.
Art. 2. Les pbjels exposés seront répartis
entre les quatorze sections prévues dans la
olassiflcation Générale ci-apres dénommée :
!'• Section. Beaux-arts.
2* Section. Economie sociale.
3« Section. Hygiène, arts médicaux et phar-
maceutiques.
4* Section. Sauvetage.
5* Sfctiim. Arts Industriels et décoratif^, arts
libéraux, sciences.
ô* Section. Eclairage, chauffage, ventilation,
etc.
7* Section. Electricité, traction.
8- Section, Art militaire.
9* Section. Fabrications industrielles, maté-
riel, procédés, produits.
10 Section. Matériel du sport.
U* Section. Exercices, Jeux populaires.
12* Section. Concours temporaires d'agricul*
ture et d'horticulture.
13- Section. Enseignement pratique, institu-
tions économiques et travail manuel de la
femme.
14- Section. Commerce, colonies.
11 sera institué une section spéciale de con-
grès et conrérence:^. Des expositioDS supplé-
mentaires, des expositions temporaires, de
grandes fêtes, des concours de chant et de mu-
sique, des concerts, etc., seront organisés
pendant la durée de l'Exposition.
Art. 3. L'Exposition est constituée en entre-
f>ôt réel. Les œuvres, produits et travaux des*
inés à figurera l'Exposition pourront être im-
portés en Belgique en franchise provisoire des
droits d'entrée, a condition d'être exportés de
lielgique après l'Exposition.
Le bénéfice des dispositions qui précèdent
ne .s'appliquera pas aux objets importés dans un
but de spéculation commerciale, tel que l'ex-
ploitation d'un restaurant, d'un café, etc., ni
aux objets et denrées destinés à être consom-
més, débités ou délivrés au public à litre d'é-
chantillon ou autrement, pendant la durée de
l'Exposition.
Art. 4. Les mesures nécessaires seront pri-
ses par le Gouvernement belge pour proléger
Icî* inventions susceptibles d*étre brevetées,
les dessins ou modèles industriels, ainsi que
les marques de fabrique ou de commerce qui
figureront à l'Exposition.
En conséquence, aucun produit ni objet quel
qu'il soit, figurant à l'Exposition, ne pourra être
13
EXPOSITIONS ET CONCOURS.
14
reproduit par le dessin, la photographie» ou
aaelqoe autre procédé sans 1 autorisation spé-
ciale de l'exposant, visée par le Commissaire
général . Le Gomité exécutif belge se réserve
tootefois d'autoriser la reproduction des vues
d'ensemble.
Art. 5. Le Comité exécutif belge prendra,
cooformément au règlement général de ïUx-
positioo, des mesures pouK la protection des
objets exposés, mais il ne se considère en au-
ctioe façon comme responsable des dommages
oa pertes résultant d'incendie ou autre acci-
dent, quelle qu'en soit la cause ou l'impor-
tance.
Il laisse aux exposants le soin d'assurer
leurs produits directement et à leurs frais.
Les exposants sont responsables, tant envers
k Comité exécutif belge qu'envers les autres
participants, de tout (fommage causé par les
prodoib exposés ou par les personnes à leur
lervice.
Une surveillance générale sera exercée par
les soins du Commissariat général français,
mais celui-ci, de môme que le Comité belge,
ne pourra être en aucune façon responsable
des dommages, vols, pertes, quelle qu'en soit
la cause.
Aht. Ô. Aucune œuvre, produit ou travail
exposé ne pourra être retiré avant la clôture
de TExposition^ sans autorisation écrite et
spéciale du Comité exécutif belge, saisi de cette
demande par le Commissariat général.
Aucun exposant ne pourra couvrir les ob-
jets exposés pendant les heures durant les-
qnelles le public sera admis dans les salles et
galeries.
Abt. 7. Aucun exposant de produits français
n'est admis à exposer en dehors de la Section
française.
ÂHT. 8. Tous les rapports entre les expo-
sants français et le Comité exécutif belge doi-
vent avoir lieu par l'intermédiaire du Commis-
sariat général.
Art. d. Toutes les annonces, pièces, imDri-
Dés ou autres, non officiels, destinés à être
affichés ou distribués dans l'enceinte de l'Ex-
position devront au préalable être autorisés et
approuvés par le Comité exécutif belge et visés
par le Commissariat général français.
Art. 10. Une seule carte d'entrée gratuite
sera délivrée à chaque exposant ou à son re-
présentant.
Cette carte sera rigoureusement personnelle.
Elle sera retirée s'il est constaté qu'elle a été
cédée ou prêtée, le tout sans préjudice des
poursuites de droit.
Cette carte devra être signée par l'exposant
ou son représentant et porter sa photogra-
phie.
Chaque exposant aura droit en outre à une
ou plusieurs cartes de service dans les condi-
tions prévues par le règlement spécial des en-
trées.
TITRE IK - ADMI88ÏON.
Art. 11. Tous les industriels et agriculteurs
français qui désirent prendre part a l'Exposi-
tion de Bruxelles devront adresser leur de-
mande d'admission au plus tard le !•' février
im.
Ces demandes formulées sur le bulletin ci-
joint devront être envoyées à M . le Commis-
saire général du Gouvernement français à
l'ExposiUon de Bruxelles, au Ministère du
commerce, de l'industrie, des postes et des té-
légraphes, rue de Varennes, 80, à Paris.
Art. 12. Les œuvres, produits et travaux se-
ront exposés sous le nom des signataires des
demandes d'admission. Cette condition est de
rigueur.
Néanmoins les exposants sont autorisés à
Inscrire, à la suite de leur nom ou de leurrai-
son sociale, les noms des collaborateurs qui
ont contribué à donner aux objets leur mérite
et leur valeur. Ces noms devront être mention-
nés sur la demande d'admission.
Art. 13. Les exposants sont invités à indi-
quer le prix marchand des objets exposés,
autant pour faciliter le Iravail du Jur^ que
pour renseigner le visiteur et la Commission
d'achat de la tombola.
Art. 14. Sont exclues de l'Exposition, con-
formément au règlement général belge, les
matières détonantes ou fulminantes et en gé-
néral toute matière dangereuse.
Ne seront reçus que dans des vases solides,
appropriés et de dimensions restreintes, les
esprits ou alcools, les huiles et les essences,
les matières corrosives et généralement les
corps qui peuvent altérer les autres produits
exposés oir incommoder le public.
Le Commissaire général se réserve le droit
absolu de faire enlever d'office les objets gui,
par leur nature ou leur aspect, lui paraîtraient
nuisibles ou incompatibles avec le but ou les
convenances de l'Exposition.
Art. 15. Les demandes d'admission devront
indiquer très lisiblement et in extenso les
nom, prénoms, raison sociale et adresse de
leur signataire.
Elles devront renfermer des réponses préci-
ses à toutes les indications requises.
Art. 16. Les exposants ont a leur charge :
1* Les frais d'emplacement, dans lesquels
sont compris la manutention et le magasinage
des caisses vides ;
2* Les frais de transport, à l'aller et au retour,
de leurs colis et matériel d'installation, de leur
domicile à l'Exposition, ainsi que remballaire
et le déballage de ces produits ;
3* Tous frais spéciaux, tels que : décoration
particulière ; surélévation et consolidation de
planchers ; charpente des cloisons et leurs
revêtements ; plafonds, vélums ; fourniture de
meubles : installation ; étalage ; entretien et
nettoyage des œuvres, produits, ou travaux ;
fondations ; montage ; force motrice, vapeur,
eau, gaz, électricité ; démontage ; plantations
et terrassements spéciaux y relatifs ; taxes de
douanes ou d'accises ; droits de patente pour
objets mis en consommation ;
4" L'assurance contre l'incendie ;
5° Le gardiennage particulier de leur exposi-
tion.
En ce qui concerne les frais de transport à
l'aller et au retour, les exposants bénéficieront
de tontes les réductions qui pourront être ob-
tenues tant des compagnies de chemin de fer
que de la part des agents de transport.
Art. 17. Les comités d'admission et d'Installa-
tion, tels qu'ils ont été constitués par l'arrêté
ministériel en date du 23 décembre 1896, sta-
tueront en dernier ressort sur l'admission ou
le rejet des demandes et sur le mode d'instal-
lation des objets admis.
Art. 18. Un certificat d'admission sera en-
voyé à tous les exposants admis par les Co-
mités. Le certificat portera la mention exacte
de l'espace et de l'emplacement qui auront été
définitivement attribués, ainsi que l'indication
du montant de la redevance pour la valeur
dudit emplacement.
Art. 19. L'exposant qui n'aura pas placé ses
œuvres, produits ou travaux avant le 15 avril
1897, perdra, par le fait môme, tout droit à son
emplacement ; son certificat d'admission sera
15
JOURNAL MBNâUKL DK L'A<:AOi^UL NAtlUNiaS.
10
considéré comme noQ avenu et les taxes d'em-
placement perçues resteront acquises au Go-
mité exécutif, le tout sans aucune formalité
judiciaire ou extrajudiciaire ; le Commissaire
général est autorisé, dans ce cas, à faire enle-
ver d'ofllce, aux frais des contrevenants, les
installations non achevées.
TITRE IV. — Installation.
Art. 20. Avec le certificat d'admission, les
exposants admis recevront les pièces néces-
saires pour l'expédition de leurs produits et
de lenr matériel d'installation.
Ils recevront, en môme temps, une formule
pour la rédaction du Catalogue officiel.
Art. 21. Chaque exposant ou son délégué doit
pourvoir à la réception de ses colis, ainsi qu'à
la reconnaissance de leur contenu. Si les ex-
posants ou leurs agents ne sont pas présents
pour recevoir les colis dans l'enceinte de lEx-
position. le Commissariat général peut pren-
dre telle mesure qu'il Jugera ncScessaire aux
risques et périls des intéressés.
Art. 22. Les exposants qui auraient besoin
de vapeur, d'eau, de gaz ou d'électricité, décla-
reront sur le bulletin de demande d'admission
la quantité de vapeur, d'eau, de gaz ou d'élec-
tricité qui leur est nécessaire par heure.
Ceux qui auraient besoin de force motrico
indiqueront quelle sera la vitesse de leurs ap-
pareils et la force dont ils voudraient dispo-
ser.
La force motrice, l'électricité, Teau et le gaz
seront concédés d'après un règlement et un
tarif spécial.
Art. 23. Les planchers des salles pourront
supporter un poids de 500 et même de 1,500
kilogrammes par mètre carré dans certaines
parties ; ils ne pourront être modifiés, dépla-
cés ou consolidés, pour le besoin des installa-
tions, que d'accord avec le Comité exécutif bel-
ge et aux frais des exposants.
Les cloisons qui ne seront pas données pour
des expositions exclusivement murales seront
établies aux frais des exposants.
Les exposants seront responsables des dom-
mages que leurs installations apporteraient
aux planchers, cloisons, etc., dont ils auront
l'usage, ainsi que les dégradations qui pour-
raient être considérées comme provenant d'un
usage abusif.
TITRE V. — Ventes ; Concessions.
Art. 24. Les articles de vente courante, ainsi
que ceux fabriqués ou confectionnés sur place,
J)ourront, moyennant une taxe à convenir et con-
brmément aux termes d'un règlement spécial,
être vendus ou livrés sur le champ, mais au-
cune vente de ce genre ne pourra se faire à l'in-
térieur des halles sans une autorisation spé-
ciale et écrite du Commissariat général et du
Comité exécutif belge.
Une autorisation semblable sera nécessaire
pour toute dégustation de boissons ou de co-
mestibles, à l'intérieur des halles.
Art. 25. Un cahier des charges spécial ré-
glera le mode de concession des théâtres, ba-
zars, restaurants, buvettes, débits de tabac,
comestibles, elc.
Les concessionnaires ne seront pas considé-
rés comme faisant partie de la section fran-
çaise, même s'il sont Français, et le Commis-
sariat général ne se chargera qu'oflhjeuse-
ment de présenter leurs demandes au Comité
exécutif belge.
TITRE VI. — Catalogue : Jury ; Récompenses ;
Concours.
Art. 26. Le Comité exécutif belge fera dres-
ser un Catalogue officiel, méthodique et com-
plet des (ouvres, produits et travaux de toutes
les nations.
Le Commissariat général dressera un cata-
logue de la Section française dans le même
esprit.
Les renseignements nécessaires seront four-
nis par les exposants sur la formule qui leur
sera envoyée avec le certificat d'admission.
Art. 2*7. Les récompenses, consistant en
diplômes et médailles, seront décernées par
un Jury international dont les opérations com-
menceront dans le courant du mois de Juillet
1897.
La proclamation solennelle des récompenses
aura lieu avant la clôture de l'Exposition.
Art. 28. Outre les récompenses mentionnées
à l'article précédent, les exposants pourront,
dans chaque section, se faire allouer par le
Jury international des primes en espèces pour
les meilleures réponses à des questions spé-
ciales mises au concours.
Le règlement concernant ces concours sera
ftorté ultérieurement à la connaissance des in-
éressés.
Art. 29. — Une tombola sera organisée avec
l'autorisation et sous la surveillance du Grou-
vernement belge. Des lots seront acquis parmi
les objets exposés.
Art. 30. Les exposants français, en accep-
tant la qualité d'exposant, déclarent adhérer
aux dispositions du présent règlement géné-
ral, à celles des règlements spéciaux et aux
mesures d'ordre qui pourraient être ultérieu-
rement promulguées.
Art. 31. Toutes les communications, ainsi
que toutes les demandes de renseignements
relatives à l'Exposition internationale de
Bruxelles, doivent être adressées à M. le Com-
missaire général du Gouvernement français à
l'Exposition de Bruxelles, au Ministère du
commerce, de Tindustrie, des postes et télé-
graphes, 80, rue de Varennes, a Paris.
Tarif des emplacements.
Dans la grande halle ou les halles de
l'industrie.
Emplacements non isolés :
Le mètre de façade (si la profon-
deur ne dépasse pas 1 mètre) 45 francs
Le mètre carré de surface (si la pro-
fondeur dépasse 1 mètre) 45
Surtaxe pour les retours (le mètre
linéaire de retour) 20
Sur cloison, par mètre courant de fa-
çade 45
Emplacements isolés (le mètre carré
de surface horizontale) 9j
En plein air pour emplacement de
toute hauteur, le mètre courant de
façade ou le mètre carré de surface
horizontale 30
Toute fraction de mètre sera soldée- comme
mètre entier.
Tous les prix ci-dessus comprennent les
frais de manutention et de gardiennage des
caisses vides. Une surtaxe de 1 franc par 100
kilogrammes indivisibles sera seule appliquée
aux colis dont le poids dépassera 1.500 kilo-
grammes ; cette taxe, qui ne s'appliquera qu'à
partir du 1.501" kilogramme, sera recouvrée
par le Comité exécutif pendant la durére de
TExposition. La manutention comprendra !a dé-
17 LISTE GÉNÉRALE DES HEBfBRES DE LA SOCIÉTÉ. 18
chargement et la réception des colis dans l'en-
ceinte de l'Exposition : la mise à pied d'œu-
vre de ces colis, l'enlèvement des caisses vi-
des et de remballage, Je magasinage et la con-
servation des caisses vides, l'apport des cais-
ses rides pour le réemballage, l'enlèvement et
le chargement des caisses réemballées. (Les
caisses vides seront conservées sous des bâ-
ches : elles seront placées sur des longrines
ou des bâtis, empêchant leur contact avec le
sol.) — La Société anonyme de l'Exposition
apportera le plus grand soin à la manutention
des colis, mais il est expressément stipulé
qu'elle ne saurait, en aucun cas, être rendue
responsable des pertes, manquants, domma-
ges, avaries, etc., que les colis ou leur contenu
pourraient subir.
Les exposants se conformeront aux instruc-
tions qui seront données par le Commissariat
général, sur l'avis du Comité exécutif belge,
pour faciliter l'enlèvement des caisses vides.
Conditions de payement.
Les taxes inférieures ou égales à 1.000 francs
seront perçues en une fois, aussitôt après la
réception au certificat d'admission.
Les taxes supérieures à l.OOO francs seront
recouvrables par moitié : la première après la
réception du certificat d'admission, et la se-
concie le 15 avril 1897.
Le non-payement d'une de ces sommes à
son terme entraînera la déchéance du titre
d'exposant et des droits y afférents. — Les
sommes déjà perçues resteront acquises à
titre de dommages-intérôte, sans aucune for-
malité judiciaire ou extrajudiciaire.
LISTE GENERALE DES MEMBRES
DE L'ACADÉMIE NA1I0NALE, AGRICOLE, MANUFACTURIÈRE ET COMMERCIALE
Inscrits à la date du l*»- janvier 1897
{Publication faite en exécution de V Article VI des Statuts),
PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ
M. Vayson (J.-Â.), chevalier delà Légion d'honneur, commandeur des ordres du Christ
de Portugal, de Charles III d'Espagne, de la Couronne d'Italie et dp Saint-Grégoire-le-
Grand, ancien fabricant de tapis à Abbeville, ancien Président du Tribunal de com-
merce et de la Chambre de Commerce de cette ville. (Elu le 23 janvier 1893 ; réélu le
19 octobre 1895, conformément à l'arlicle XVI des statuts.)
VICE-PRÉSIDENTS DE LA SOCIÉTÉ.
M. Dard (L.), notable commprçant, adjoint au maire du XV** arrondissement, construc-
teur-mécanicien à Paris. (Elu le 23 janvier 1895).
H. Conza (M. A.), officier d*Académie, négociant-commissionnaire, à Paris.
MEMBRES DU CONSEIL D'ADMINISTRATION
MH.
AuDOYNAUD (M.), chevalier de la Légion d'Honneur, ofticier de Tlnslruction publique,
expert près le tribunal civil et la Cour d'appel pour Vameublement et la tapisserie.
Bajac (A.), chevaUer de la Légion d'Honneur, constructeur d'instruments agricoles .
Caron(L.), officier d'Académie, chevalier du Dragon d'Annam, fabricant de couleurs et
vernis.
Degoix (L.), chevalier de Tordre du Christ de Portugal, membre du Conseil de la Société
des Etudes coloniales et maritimes, assureur maritime.
Gaumont (Gontran), assureur maritime.
Hardon (A.), chevalier de la Légion d'Honneur, officier d'Académie, chevalier du Mérite
agricole, ingénieur des arts .et manufactures, agriculteur et viticulteur.
Huau)T, batteur d'or.
Lagache, confiseur.
La JoussE (Saint-Eilme}, agent maritime.
19 JOOBNAL MeNSUEL OB l'aGADÉMIK NATIONALK. 20
Ménage (Ch.), commandeur de Tordre du Christ de Portugal, chevalier de Tordre de
TImmacuIée-CoDceptioD, banquier.
Heyer (Alfred), chimiste.
Pâupier(L.), chevalier de la Légion d'Honneur, chevalier de Tordre d'Isabelle la Gatho*
lique, notable commerçant, fabricant d'instruments de pesage.
Rabourdin (H.)t constructeur d'installations d'écuries.
RicHY (E.)) négociant commissionnaire.
RoDERT d'EsHouGUEs, chovalier de la I^égion d'Honneur, chef de bataillon en retraite.
SiGAUT, fabricant de biscuits et pain d*épices.
Van Hecke (Jules), comptable.
DIRECTEUR
M.E. Thierry.
INGÉNIEUR CONSEIL
M. Maurice Clermont.
COMITÉS
Comité d'Admission : H. Ménage, président^ MM. Degoix, Van Hecke et Maurice
Clermont, membres.
Comité d'Agriculture :H. lixtàon^ président \ MM. Bajac, Vibert et Maurice Clermont,
membres.
Président honoraire : M . Tancrède.
Comité d'Industrie : M, Paupier, président \ MM. Rabourdin, Caron, Audoynaud,
Gouttière, ChampigneuUe, Wiggishoff, Hurlot, Bar, Vibert et Maurice Clermont,
membres.
Présidents honoraires : MM. Trouvé, Egrot et Parfonry.
Comité du Commerce : M. Goïizsl, président ; MM. Richy, Robert d'Eshougues et
Vibert, membres.
Comité des produits alimentaires : MM. Conza, président ; Sigaut, Lhotelain,
Vibert, Maurice Clermont et Lagache,
Comité de Contrôle administratif et financier : M. Ménvige président, MM. Au-
doynaud, Degoix, Sigaut et La Jousse, membres.
Le Comité des Récompenses est constitué de la réunion des Membres du Conseil
d'Administration et des différents Comités.
Rems 8t adrot808 des Soeiètilrit inscrits à la dato du 1'" Janvier 1897
Adaml (Antoine), fabricant de balais, exporta-
teur de chiendent, grenille, paille de sorgho
et osiers, à Sprésiano (Italie).
Aflombart (Qls). fabricant de chaux, 19, rue
Neuve-Saint-Martin, Saint-Quentin (Aisne).
Ahles, fcrbricant de machines agricoles et in-
dustrielles, 15, paseo de la Aduana, Barcelo-
ne (Espagne).
Akar, fabricant d'appareils d'éclairage et de
chauffage par le gaz, rue Mazarine, 42, Paris.
Alexandep, ingénieur mécanicien, Barcelone
(Espagne).
Allaire, ingénieur des arts et manufactures,
64, rue (STde, Levallois-Perret (Seine).
Allemand, fabricant de nougat et connserie,
route d'Uzès, Nîmes (Gard).
Almeida (Constaniino de), négociant en vins
de Porto, créateur du vin tonl-nutrltif Cons-
tonlino, avenue Dlogo-Leite, 35, à Villa-No-
va de Gaya ^Portugal^
Altan, pharmacien, Slrada Ballstea, n» 44 bis,
Bucharest (Roumanie).
Amos Tatham et flls, fabricant d'aiguilles
pour machines et botineterie. Belper Street
Works, llkeston, near Nottlngham (Angle-
terre).
Anderson, villa Cybèle, golfe Juan (Alpes-
Marltlmes).
Angeli (le commandeur de), manufacturier,
Milan (Italie).
Anselml, fabricant de biscuits. Galle Cerro,
90, Montevideo (Uruguay).
Apottolidés, fabricant de chaussures. Grande
rue de Pera, 314, Constant! nople (Turquie).
»l
USTE GÉNÉRALE ORS AIBHBRES OB UL SOCIETE.
23
Artenz, fabricant de rasoirs, Jougne (Doubs).
Arbez flls, constructeur-mécanicien, fondeur,
à Estravaux, par Fresne-Saint Mamès (Hau-
te-Saône).
Araamakov, colonel inspecteur du corps des
Cadets, Polotzk (Russie).
Arlatto, fabricant de chicorée, Cambrai (Nord) .
Armandy (GO et Gie, manufacturiers en soies,
2, quai de Retz, Lyon (Rhône).
Af>ftia«Ml-8oialMyran (Maison), confiserie et fa-
brique de nougats a Montélimar (Drôme).
Arnou, négociant en cafés, 3, rue de Lévis,
Paris.
Artige, (chimiste manufacturier, Aubenas (Ar-
dèche).
Auberjonois, agronome, domaine de Beau-
Cèdre, pr«^s Lausanne (Suisse).
Aubart» fabricant de cuirs, Toulon (Var).
AMbéry, à Marcigny, arrondissement de Gha-
roiles (Saône-et-Loire).
Audoynaud, atné, expert près la Cour d'Appel
et le Tribunal civil en ameublement et ta-
pisserie, boulevard Henri IV, Paris.
Auerbaoh (de\ ingénieur des mines, conseil-
ler d'EUt, 38, rue MoTIca, Saint-Pétersbourg
(Russie).
Aiarand-Wipth, manufacture de Pianos, place
et rue de la République, 48, Lyon (Rhône).
Aypouxa, fabricant de pièges, 8, rue des Hal-
les, Paris.
Ausanneau, Directeur de la Société Générale
de renseignements commerciaux, 12, fau-
l>ourg Poissonnière, Paris.
Âzémmt*, menuiserie et meubles, 1, rue d'Oran,
Cannes (Alpes-Maritimes).
Biblot-ilaltra, propriétaire, cultivateur et
meunier, à Jonchery-Saiut-Suippe (Marne).
Badartaohar (Joh), fabricant du porte-faux
universel breveté,àLangnau, canton de Ber-
ne (Suisse).
Bailly (Emile), constructeur mécanicien, 40,
me du faubourg Stanislas, à Nancy (Meur-
the-et-Moselle).
Bajao, constructeur d'instruments aratoires,
Liancourt (Oise).
Dalayauiar, fabricant de serrures. Saint- Bon-
ne t-Ie-Chàteau (Loire).
Banniar, fabricant de bastissages et cloches
mérinos, 3, rue de la Roche, Vienne (Isère).
Bar, fabricant de paillons, Rantigny (Oise).
Baf4Mifiaofli, fabricantde noir animal et engrais
chimiques, 5, quai du Commerce, Bruxelles
(Belgique).
Bafba, médecin vétérinaire, Bazas (Gironde).
Barbot, fabricant de biscuits, La Rochelle
(Charente-Inférieure).
Bartfié, fabricant de meubles, cours Tourny,
49, à Bfirdeaux (Gironde).
BardoH (Joseph) et fils, fabricants de papiers
à cigarettes, avenue de la Gare, Perpignan
(Pyrénées-Orientales).
BardoH-Job (Maison), fabrique de papiers à
cigarettes, 13, rue Saint- Sauveur, Perpignan
(Pyrénées-Orientales).
Bardau-Kallar, agriculteur, viticulteur, Oran
(AlgéHe).
Baratta, constructeur, Romilly-s-Andelle (Eu-
re).
Barlerin, pharmacien chimiste. Tarare (Rhô-
ne).
Barrasa, tabacs et cigare, 4, A, Norte n* l\
(Guatemala).
Bastard. directeur de la Bonne-Foi, Compa-
gnie d assurances, 241, rue de Crimée, Paris.
Baatard et Redard, fabricants de verres de
montres, 21, quai des Bergues, Genève (Suis-
se).
Baatida, propriétaire, Sidi-BelAbbès (Algé-
rie).
Baatoa. négociant en fab^icH, Oran (Alj^t rit^^
Bayle fils frères, fabricant de conserves ali-
mentaires, 26, rue Lacour, Bordeaux (Giron-
de).
BaaHvallet, fabricant de poudre de rubis, 8,
rue Oberkarapf, Paris.
Baokatt, agriculteur-éleveur, Pretoria, Répu-
blique Sud-Africaine.
Ballemar, négociant, 6-8, rue du JarJin-Pu-
blic, Bordeaux (Gironde).
Bélaouaaov (Jean), tailleur, coupeur, chez
M. Kovalev, cité de Saint-Pétwrsbourg,
Grande Perspective, n* 33, à Saint-Pétersbourg
(Russie).
Ballon, fabricantde savons, 16, boulevard de
la Paix, Marseille (Bouches-du-Rbône),
Barendorf, constructeur mécanicien, 77 et 79,
avenue d'Italie, Paris.
Barg (le comte de), chambellan de S. M. le
Tsar, château de Sagnitz, près Riga (Rus-
sie).
Barl, fabricant de lits et meubles, 11, rue des
Trois-Bornes, Paris.
Baroiad et Sadiar, grande verrerie lyonnaise,
51, route de Vienne, Lyon (Rhône).
Bartholet, fabricant de chemises en gros, 82,
rue Hauteville, Paris.
Bertrand, distillateur liquoriste, 62, rue Dam-
rémont, Constantine (Algérie).
Baason, fabricant d'appareils de chauffage, 25,
boulevard des Capucines, Paris.
Bayer, frères, constructeurs mécaniciens, 18,
rue de Lorraine, Paris.
Blabaïad, constructeur de fours pour la bou-
langerie, 5, rue du Roule, Paris.
Bibar, fabricant de chocolat, Horgen (Suisse).
Blaohèra. distillateur, 14, rue Molière, Avi-
gnon (Vaucluse).
Blaiaa (Mlle), fabricante de leurs à revivifier
le noir animal, Signy-le-Petit (Ardennes).
Blano (Charles), culvreries et appareils pour
eaux et gaz, 92, boulevarJ Richard-Lenoir,
Paris.
Blanohat frères et Klébar, papeterie de Rives,
Rives-sur-Fivre (Isère).
Blondal (Alphonse), facteur de pianos, 53, rue
de l'Echiquier et 19, faubourg Poissonnière,*
Paris.
Bach, directeur gérant des manufactures de
faïences, Kéramis (Belgique;.
Boohno, géomètre, 15, rue (Grande- Vasslllkovs*
kaya, à Kiev (Russie).
Bodanatain, fabricant de pianos au Caire et à
Alexandrie (Egypte).
Baahm, architecte entrepreneur, 8, quai d'O-
ran, Mulhouse (Alsace- Lorraine),
23
JOURNAL MENSUEL DE L ACADCIIIK NATIONALE.
24
Boinetto, viticulteur - négrociani, Bar -le -Duc
Meuse).
Bol«sal«t, mécanicien, 5, route de Rosny-Bon-
dy (Seine).
Boissiére, flis, fabricant de tuiles métalliques
en zinc, rue de l'Hôpital, 39, Rouen (Seme-
Inférieure).
Boldoot. fabricant de parfumerie, Sinsrel S. S.,
92, Amsterdam (Hollande).
Boilée (Auflrus^)* constructeur hydraulicien,
avenue de Paris, Le Mans (Sartbe).
Bon et v«iav« Qaroin, fabricant d'articles de
voyage, 16, rue Belle-Cordière, Lyon(Hbône).
Bonnard, propriétaire, 15, rue de la Planche,
Paris.
Boni (de), fabricant de chocolats et liqueurs,
quai de Singel, Amsterdam (Hollande).
Bony, fabricant de cartes à jouer, LunéviUe
(Meurthe-et-Moselle) .
Borgey (Philibert), marchand de cuirs et cou-
peur en chaussures, rue de Gènes, 16, à
Oran (Algérie).
Borgnis, fabricant de soieries, 8, rue du Grif-
fon, Lyon (Rhône).
Bomibus, flls, fabricant de moutarde, 60, bou-
levard de la VlUette, PaHs.
Borrani, librairie, 9, rue des Saints-Pères, Pa-
ris.
BoMfiiJianz, fabricant de tabacs, Tiflis (Rus^
sie).
Bossard-Lamaire, fabricant de parfums, 3,
rue Cochin, Paris.
Bouoliar-Brisdet, constructeur de pompes, 18,
rue de l'Hôtel-de-Vllle, à Troyes (Aube).
Boude flis, rafflneur de soufre, 52, rue Saint-
Ferréol, Marseille (Bouches-du- Rhône).
Boialenger, fabricant d'orfèvrerie, 4, rue du
Verlbols, Paris.
Boialesqua, régisseur, Saint-Lys (Haute-Ga-
ronne).
BoMPoler (Louis), constructeur d'appareils de
chauffage, rue de la Trésorerie, 87 et 89,
Bordeaux.
Bourdin, propriétaire, 13, avenue de la Répu-
blique, Paris.
Boiaraau, piqueur, 46, avenue de VUliers, Pa-
ris.
Bourgaois fVères, fabricants de ferronnerie,
Nouzon (Ardennes).
Bourguet, constructeur mécanicien, 19, rue
des Envierges, Paris.
BoupIco, tanneur, Borditchev (Russie).
Bo2onVerdupaz. fabricant de pâtes alimen-
taires, Saint-Etienne-de-Cuines (Savoie).
Braby, Bushey-Lodge, à Teddington (Angle-
terre).
Bretei frères, négociants, exportation de beur-
res, Valognes (Man<:he).
Briasard, mécanicien constructeur, 29, avenue
Dauinesnil, Saiiit-Mande (Seine).
Brocard, fabricant de parfumerie, rue Illncka,
Moscou (Russie).
Brooard-Qulliet, produits alimentaires, 16,
place du Dtx-huil-Octobre, Châteaudun (Eu-
re-et-Loir).
Brodure, céramiste, Spa (Belgique).
Broquat, constructeur de pompes et machines
hydrauliques, 121, rue Oberkampf, Paris.
Broiahot at Ola, constructeurs mécaniciens,
route de Paris, Vierzon (Cher).
Bruëi, père et fils, Souillac (Lot).
Bruguièraa, viticulteur à Coustèges-Montbar-
la, parLauzerte(Tam-et-Garonne).
Biairatta-Qaiaiard, peignage, filature, teinture
et blanchissage de laine, Suippes (Marne).
Bialaaon, négociant en vins, au Buisson de
Cabans (Dordogne).
Biirdiii, imprimeur-éditeur, me Garnier, An-
gers (Maine-et-Loire).
Buraa atné, distillateur liquoriste, 33, rue de la
Geôle, Gaen (Calvados).
Oaamaiio at Ola, fabricants de conserves ali-
mentaires, Noya, province de Goruna (Es-
pagne).
Cabran, distillateur, la Crau-d'Hyères (Var).
Caiilard frères, mécaniciens-constructeurs, 63,
quai d'Orléans, Le Havre (Seine-Inférieure).
Camua Vlévilia, agriculteur-éleveur, Pontruet,
par Vernand (Aisne).
Caneilopouloa (Jean), chimiste, 118, quaiJem-
mapes, Paris.
Capaiia, graveur de plaques pour estampes,
52, ruie Mouffetard, Paris.
Cardon, 12, rue des Pyramides, Lille (Nord).
Cariaaimo, fabricant de tissus, 19, rue Nain,
Roubaix (Nord).
Carof at Cia, fabricant de produits chimiques,
Ploudalmezeau (Finistère).
Capon, fabricant de couleurs et produits hy-
drofuges, 58, rue du Cherche-Midi, Paris.
Caron flls. teinture et blanchiment de coton,
46, rue de Lyons-la-Forôt, Rouen (Selne-ln-
férleure).
Carré flls aîné, fabricant d'articles de voyage,
5 et 7, rue de la Préfecture, Tours (Indre-et-
Loire).
Carré flls aîné. Ingénieur-constructeur, 127,
quai d'Orsay, Pans.
Carré (Théophile), directeur gérant de la Cris-
tallerie de Lyon, à Oulllns (Rhône).
Caaaionga, ingénieur-conseil, lô, rue des Hal-
les, Paris.
Caaaia, fabricant de linge de table damassé,
3(5, rue des Fontanella. Barcelone (Espagne).
Caaiaz-Bourgaoia, fabricant de chicorée. Cam-
brai (Nord).
Caapari, pharmacien, Vevey (Suisse).
Caatalianoa (Prudenclo), fabricant de produits
chimiques, 16a, Galle O, N* 45 bis, ville de
Guatemala.
Catala, représentant de commerce, Castelsar-
razln (Tarn-et-Garonne).
Catz van Pakala, liqueurs, Gronlngen (Hol-
lande).
CauoaNLavrand (Yve), distillateur liquoriste,
Saint-Germain-du Bois (Saône-et-Loire).
Cauiilaz at Daiaoutra, fllateurs de laine, Tour-
coing (Nord).
Cauvin, fabricant de bâches, 55, rue de Lyon,
Paris.
Cavèna, pépiniériste, Bagnol-St-Cèze (Gard).
Caxaubon, fabricant d'appareils pour eaux ga-
?5
LISTK GÉNÉRALE DES MEUBRKS DE LA SOCIÉTÉ.
26
feuses, 43, rue Notre-Dame-de-Nazarelh,
Paris.
CerolMl, fabricaut de couleurs d'aniline et de
produits chimiques, 26, rue Bergrère, Paris.
CiMllly, huiles et graisses pour Tindustrie,
usine des Ursulines de Saint-Denis (Seine).
Chaise atné, manufacturier, Believue-la-Di-
^nntère, près Saint-Etienne (Loiret).
OfMilc»t, fobricant de meubles, chaises et fau-
teuils, rue aux Sieurs, 21, Alençon (Orne).
ClMlift-Voiry, négociant en vins, 62, rue des
Halles, Tours (Indre-et-Loire).
Ctombofi, distillateur, Saint-Géré (Lot).
Ckambr^tte-Bellon, constructeur, Bèze (Gôte-
d'Or.
Ohampenois-Rambeaiix, fondeur-constructeur,
Gousaiice:»-aux-Porges (Meuse).
ClHimpigneulU fils, de Paris, peintre-verrier,
96, rae Notre-Dame-des-Ghamps, Paris.
CtiMidora, entrepreneur de travaux de dessè-
chement, Moissy-Gramayel (Sêine-et-Marne).
Chanée et Gie. fabricants de velours d'Utrecht,
25, rae de Gléry, Paris.
Chantaud, pharmacien, 54, rue des Francs-
Bourgeois, Paris.
OlMipel (Louis), distillateur, 17, rue de Belfort,
Lyon (Rhône).
CharHonenko, fabricant de sucre, Soumy,
gouvernement de Kharicow (Russie).
Charfant (Isidore), négociant en produits pour
le blanchissage et la teinture, 9, avenue du
Préau, Ëtterbeek, Bruxelles (Belgique).
Chamoz, carrelages céramiques, Paray-le-
Monial (Sadne-et-Loire).
Chatolard, industriel, Goncarneau (Finistère).
Cfcatilov, propriétaire, domaine de Moktiovoié
district de Novossil, gouvernement de Toula
(Russie).
Cbatwood, fabricant de coffres-forts, 76, New-
gate Street, Londres (Angleterre).
Chaumall. fabricant de terres cuites, 172, ave-
nue de Ghoisy, Paris.
Chauvin, fabricant d^équipements militaires,
24 et 26. rue Gharlot, Paris.
Chefdabian (le baron de), propriétaire, Perpi-
gnan (Pyrénées-Orientales).
Ctiairar (Vladimir), ingénieur, directeur tech-
nique delà maison A. Eg^ers et G', fabri-
Sue de plomb et étaiu laminés, Sadovaïa, 49,
alnt-Pétersbourg (Russie).
Chéraau (Gustave), propriétaire -viticulteur à
8idi-Bei-Abbès, province d'Oran, Algérie.
CharpH (Louis), serrurier, fabricant de ferron-
nerie artistique, Grand* Rue et rue Nicole
Nyon (Suisse).
Ctiavailar, fapricant de conserves alimentai-
res, 22, rue derOasis, Puteaux (Seine).
Cliloot, fabricant de roues de voitures, 78, rue
des Arts, Levaiiois-Perret.
ChHfèmann (Eusèbe), négociant en fromages,
rae d'Alençon, à Lisieux (Galvados).
Choliat, manufacture de chaussures, 13, rue
Duplessis, Versailles (Seine-et-Oise).
Choquart at Oia, malterie et brasserie, Por-
rentruy (Suisse).
Choral Eaoorbia, fabricant de rubans et ve-
lours, 5, place Marengo, Saint-Etienne (Loi-
re).
Chuta at Brooica, photographes. Galle Flori-
da, 74, Buenos-Âyres (République-Argenti-
ne).
Olaavaa, Parkgate, directeur de houillères,
Rotherham (Yorkshire) (Angleterre).
Clépy (le docteur Hugues), chimiste, Marseil-
le.
Colman, fabricant de moutarde, Norwich, Nor-
folk (Angleterre).
Comaballa y Quimet, docteur à la Faculté de
pharmacie, 23, Galle del Garmen, Barcelone
(Espagne).
Comendador Lauion, docteur en médecine et
chirurgie, 13, Rambla de Gannaletas princi-
pal, Barcelone (Espagne).
Cornet, fabricant de châles, Bagnères*de-Bi-
gorre (Hautes-Pyrénées).
Compagnie Franoo-Ailemande, Distillerie, à
Munich (Allemagne).
Constant, mécanicien, 11, rue de Neuilly, Gll-
chy-la-Garenne (Seine).
Conti et fils, fabricants de savons, Livourne
(Italie).
Conza, négociant, 59, rue Meslay, Paris.
Corhumel et Gie, rafflneurs, Nantes (Loire-
re-Inférieure).
Cornu at Warin, fabricants de capsules médi«
camenteuses, 41, rue de Vanves, Paris
Connut (Raymond), distillateur, La Roche-
Beaucourt (Dordogne).
Cossé-Duvalet Gie, fabricants de sucres can-
dis, Nantes (Loire- Inférieure).
Costa, fabricant tanneur, et propriétaire ex-
ploitant de forêts de chênes-lièges, Géret
(Pyrénées- Orientales).
Coate-Folohar (Jean-Baptiste), propriétaire-
négociant en vins a Montpellier.
Cothanat-Tardy (Francis), fabricant de pro-
duits chimiques pour le blanchissage et la
teinture, 15. rue Louis-Blanc, Rouen (Soine-
Inférieure).
Cottanoe, Bagotat Cia, parfumeurs, 35, rue
Turbigo, Paris.
Coulaud at Cla, mécaniciens, 99, rue d*Angou-
lôme, Paris.
CoHPeau, fabricant de produits réfractaires,
Glialon-sur-Saône (Saône-et-Loire).
Cousin frères, manufacturiers, Gomines (Nord).
Cros, horloger, 39, rue de Palestre, Paris.
Cuenod Sauttar et Gie, constructeurs électri-
ciens, 10, rue Voltaire, Genève (Suisse).
Curai (le vicomte de), propriétaire, 93, rue
Grenelle-Saint-Germain, Paris.
Cuaeniar (Elysée), distillateur, 226, boulevard
. Voltaire, Paris.
Cuveliar, Thomery (Seine-et-Marne).
Cuviar fils, fondeur, Seloncourt (Doubs).
Daix frères, imprimeurs, Glermont (Oise).
Damapval frères, constructeurs de fours etd*ins-
tallationsde boulanfferies, 53, rue Jean-Jac-
ques Rousseau, Paris.
Danguin, agriculteur, Theizé, par le Bois
d'Uingl(Rhône).
Danto Rogeatat Cia, fabricants d^articles en
fonte émaillée et d'appareils de chauffage,
25, rue des Culottes, Lyon (Rhône).
27
KNmNAL MOVftUU M L'aGALÉM» NATIONALI.
28
Dard, constructeur mécanicien, 34, rue Péri-
gnon, Paris.
Dartout, fabricant de produits céramiques,
28, rue Paradis, Paris.
Daverlo, constructeurs de moulins à cylindres,
Zurich (Suisse).
Davidov (Dimltrl), marchand tailleur à Kos*
troma (Russie).
Debargue, constructeur mécanicien, Pourmies
(Nord).
Deoauvllle (Paul), sénateur, 8, place d*Iéna, à
Paris.
Déohambenoit, manufacture de clouterie mé-
canique pour chaussures. Usine de la Pipée,
par Fontenoy-le-Ghèteau (Vosges).
Deoroix-Donau, tanneur, Givet(Ardenne«).
Defranoe, fabricant de carrelages céramiques,
Pont-dainte-Maxenoe (Oise).
Dôooix, assureur maritime, rue Yivlonne, 33
Paris.
Dégroux, constructeur mécanicien, Saint-
Quentin (Aisne).
Deiss flls, fabricant de produits chimiques, 15,
rue Volta, Paris.
Delamarre, fabricant de bitter, 4, rue de Bou-
logne, Sanvic, par le Havre (Seine-Inférieu-
re).
Delataille, entrepreneur de charpentes, 30, rue
d'Ambroise, Tours (Indre-et-Loire).
Delaunay et Lefèvre, fabricants de meubles
d'art, 53, faubourg Saint- Antoine, Pariy.
Delauzun, mécanicien perceur et construc-
teur, 1, rue Dumont-d*Urville, Lyon (Rhône),
Delavierre, fabricant d'articles pour sucreries,
Souppes (Seine-et-Marne).
Delettrez, fabricant huiles et graisses, 7, rue
Gide, Levallois-Perret (Seine).
Delisleet Gie, fabricant de produits de phar-
macie, Lausanne (Suisse).
Daipuy, constructeur hydraulicien à Gollon-
ges au Mont-d'Or (Rhône).
Demapoo et Mlret, conflseurs, 321, Galle 18 de
Julio, Montevideo (Uruguay).
Demoyenoourt, fabricant de sommiers élasti-
ques, Sully, par Songeons (Oise).
Denie-Benoist (A.) et Gie, teinturiers appré-
teurs. boulevard de la République, Roubaix
(Nord).
Desaymard (frères), négociants. 17, rue Neuve,
Glermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
Desnos, fabricant de briques, tuUes et car-
reaux, Bcommoy (Sarlhe).
Desprès, Joaillier, 62, rue Haulcville, Paris.
Deutsoh (les flls de), manufacturiers en huiles
minérales, 50, rue de Ghâteaudun, Paris.
Deviliiers, distillateur, 42, route d'Orléans,
Grand Montrouge (Seine).
Dewar (John) et Als, distillateurs de TOld Hig-
hland Whisky, h Perth (Ecosse) et 48, Luna
Slret, London, E. G.
Deydiep, Galle San Martin, 159, Mendoza (Ré-
publique Argentine).
DiedeHohs, constructeur de métiers à tisser,
Bourgoin (Isère).
Diégo-Pons, propriétaire, viticulteur. Prési-
dent de r Association rurale de rUmflruay,
406, calle Uruguay, Montevideo (Uruguay).
Oiem, fabricant d'articles de ménage repous-
sés, 31, rue GhabroU Paris.
Oienst et flls, ameublements, 86, faubourg
Saint-Antoine, Paris.
Oikaneky (Hlrsch), fabricant de vernis pour
meubles, Kharkov, (Russie).
Dolixy, mécanicien, 41, rue des TroU-Boroes,
Paris.
Domère, artiste graveur, Rio-de-Janelro (Bré>
sil).
Doré, peintre décorateur, 25 boulevard Saint-
Michel, Paris.
Dornier-Tullep, distillateur. Fieurier (Suisse).
Ooesche (frères), fabricants de peignes en mé-
tal, 84 a IK), rue de la Plaine. Lille (Nord).
Doulllard, constructeur de chaudières à va-
peur, rue de la République, Pontenay-le-
Comte (Vendée).
Drueile, fabricant de savons et lessives, Sé-
raucourt (Aisne).
Dubail, Monnin, Froeeard et Oie, manufactu-
riers en horlogerie» Porrentruy (Suisse).
Oubiez, distillateur, Ornans (Doubs)
Dubois, chimiste, 9, rue de la République
Marseille (Bouches-du-Rhône).
Dubois (Gemille), distillateur, 10, rue des Qua-
tre-Roues, Le Mans.
Dubois-Oudin, fabricants de coffre-forts, bou-
levard Pommery, Reims (Marne).
Ducourneau. fabricant de machines à boucher
les bouteilles. Le Bouscat (Gironde).
Dufouro, négociant armateur, 61, rue de Rivo-
li, Paris.
Duhotoy (Vve), fabricant de voitures d'enfants,
115, rue Saint-Maur, Paris.
Dumont et Gie, manufactures d'orgues. Les
Andelys (Eure).
Dunaud, propriétaire, viticulteur, RIozat (Al-
lier).
Duperrat (flls), entrepreneur, 8, rue Gharles
Roy, Nevers (Nièvre).
Dupont, fabricant de fauteuils mécaniques
pour malades et blessés, 10, rue HautefeulUe,
Paris.
Duprat et Cle (Georges), négociants, commis-
sionnaires, exportateurs en vins et liqueurs,
102, boulevard de Gauderan, Bordeaux (Gi- |
ronde).
Dutilh (Pierre), propriétaire viticulteur,
Puyoo (Basses-Pyrénées).
Dye. constructeur de machines pour tissus
métalliques, Issoire (Puy-de-Dôme).
Edeibero, fabricant d'instruments de physi-
que, Knarkofl* (Russie).
Eqpot, constructeur de chaudronnerie, 23, rue
Mathis, Paris.
Ehrenspepger. fabricant d'articles de voyage,
23, cours de l'intendance, Bordeaux (Giron-
de).
Eliaers, fabricant de fauteuils et voitures mé-
caniques, 96, boulevard Beaumarchais, Pa-
ris.
»
USTE GÉNÉRALE DES «EttBRES DE IX SOCIÉTÉ.
30
BHott, fabricant de grfllQffes mécaniques,
Borael (Oise).
EnglUh, fabricant d'aiguilles, Reddltcli (An-
o'ielerre).
EtpTbé^, distillateur, 43, rue Bayard, Tou-
louse (Haute-Garonne).
CsMitl yils), distillateur, 24, rue Gliarles Mon-
selet, Nantes (Loire-Infôrieure;.
Estevay Oliiv«r, fabricant de conserves alimen-
taires, 8ocorro, 46, Palma-Mallorca, Iles Ba-
léares (Espagne).
Estignard, fabricant de beurres, Jonzac (Gha-
rente-lDfèrieure). ,
EtBhél>enry, constructeur d'instruments de pe-
lage, 23, rue Serviez, Pftu (Basses-Pyrénées).
EjrHaiid des Vergnes, inspecteur général des
PoQts et Chaussées, 102, boulevard Hauss-
man, Paris.
Fabre, minotier, Saint-Satuiin-lès-Avignon
(Vaucluse).
PaTnsteYn, professeur de mnémotechnle, Eka-
terininskala oulitsa n* 28. Kb. n* 22, maison
Aktarow, Odessa (Russie).
Fallet, lieutenant-colonel en retraite, viticul-
teur, Médéah (Algérie).
Fercot, constructeur mécanicien, Port-Sainl-
ûiien (Seine).
Faecio, constructeur d'appareils de chauffage,
&i, rue Paradis, Marseille (Bouches-du-Hhô-
ne).
Fauoonnier (François), directeur de la fabri-
Que de produits céramiques, Maubeuge
(Nord).
Wmur^ (Edouard), propriétaire, négociant en
nachines agricoles et engrais, 8 cours d'Al-
sace- Lorraine, Bordeaux.
Fmfrmmu (Ernest), distillateur à Ghatellerault,
(Vienne).
Fajraud, propriétaire, agriculteur, Sidi-Bel-
Abbès (Algérie).
Femandez-Oomaz (Luis), propriétaire, viticul-
teur Santa Domingo, 23, San-Lucas de Bar-
rameda, province de Cadix (Espagne).
(Henri), propriétaire-viticulteur, 61,
quai des Gharirons, 61, Bordeaux.
Fei>ry, pharmacien, 6, rue de la Gare, Vesoul
vHaute-Saône).
Ferry, entrepreneur de travaux publics, 19,
place de la Banque, Dijon (Gôte-a'Or).
rWmt, mécanicien^rthopédiste, 1, 3, rue Ghau-
rain, Nice (Alpes- Maritimes)»
Flamiwiier, mécanicien, directeur des usines
de H. £. Méric, Pinto, près Madrid (Espa-
gne).
Fleary, négociant en vins, Tours (Indre-et-
Loire).
Florenoe. peintre verrier, 35, rue de» Ursuli-
nes, à Tours (Indre-et-Loire).
FMitefia, imprimeur, 27, rue d'Orléans, Alger
Algérie).
Forestier, fabricant de serrurerie, Yalines
Somme).
Femet, fabricant de bijouterie-Joaillerie, Bourg-
en-Bresse (Ain).
Fertiii, manufacture de papiers et toile à polir,
34, rue Sedaine, Paris.
Fortin, fabricant de feutres, usines de la Ma-
rotte, Giermont(Oi8e).
Fougeron, fabricant de pâtes et terrines d'a-
louettes, Pithiviers (Loiret).
Fournier, fabricant de coflfres-forts, 6, rue Lul-
ly, Marseille (Bouches-du-Bhône).
Fraisée, Bruogeret Ole, teinturerie et lavage
chimique, Morat, Fribourg (Suisse).
Fraitoq, ingénieur, constructeur de locomoti-
ves sans foyer, 92, avenue dléna, Paris.
Frank, reliure électrique, 13, rue des Petlts-
Garreaux, Paris.
Frère (Georges), fabricant d'enveloppes de
bouteilles, Pessac (Gironde).
Fretin, manufacture de chaussures, 64, rue de
Rennes, Paris.
Fritsch (Jean-Préderlo), négociant en vins et
spiritueux, 15, avenue du Parc, Le Bouscat
(Gironde).
Fryet fils, fabricant de chocolats, 12, Union
Street, Bristol (Angleterre).
Qabory fils, architecte diplômé, membre de la
Société nationale des architectes de France,
16, rue d'Orléans, Nantes (Loire-Inférieure).
Qaday, négociant en ganterie, 5, rue Vauban,
Grenoble (Isère).
Qadeaude Kervllle, fabricant de plaques et
rubans de cardes, rue Dupont, 5, 7, Rouen
(Seine-Inférieure).
Qalllao, négociant en vins et spiritueux, 161 et
163, rue du Jardin public, Bordeaux (Gi-
ronde).
Qailly, tanneur corroyeur, Romans (Drôme).
Qalante, ancien fabricant d^instrnments de
chirurgie, 142, boulevard Saint-Germain, Pa-
ris.
Oallet, fabricant de coflTres-forls, 66, boulevard
Magenta, Paris.
Qaroia-Royo (José), société hygiénique phar-
maceutique, Valence (Espagne).
Garcia Pèrex et fils, propriétaires récoltants
et exportateurs dé vins, à Xeres-de-Ia-Fron-
tera, Andalousie (Espagne).
Qariel, constructeur d'instruments d^apicul-
ture,2 ter, quai de la Mégisserie, Paris.
Oarric, négociant ec vins, Layrac (Lot-et-Ga-
ronne).
Qarriga, négociant, Galle de la Heina, 45, Ma-
drid (Espagne).
Qaumont, assureur maritime, 32, rue Belle-
fond, Paris.
Gauthier Lestlenne et Oie, carrières et scie-
ries de pierres, Soignies (Belgique).
Qautreau, constructeur de machines agricoles,
Dourdan (Seine-et-Oise).
Qetsier, fabricant de papiers, aux Ghatelles
par Raon-l'Ëtape (Vosges).
Qélin, fabricant d'horlogerie, Montbéliard
(Doubs).
Qéiineau (le docteur), 15, rue d'Aumale, Paris.
Qennadius, inspecteur d'agriculture, Athènes
(Grèce).
Qérard (le docteur), 14, rue d'Amsterdam,
Paris.
Qéraudel, pharmacien, Ste-Menehould (Marne).
Qianaclls, fabricant de cigarettes, rue de
Mousici, le Caire (Egypte).
31
JOURNAL MSN8UKL DR L'ACADÉMIE NAÎlOriALB.
32
Qilbept, mécanicien, Loudun (V^®^^^)-
Oillet «t fils, teintureries, 9, quai de Serin,
Lyon (Rhône).
Qiilet, fabricant de cires et cierges, Grand-
Lucé (Sarthe).
Qimaux-Saoohsttl, propriétaire-directeur des
Sources d'Eaux minérales, Bully-les-Bains
(Rhône).
Qirard-Psrregaux. fabricant d'horlogerie,
Cbaux-de-Fonds (Suisse).
Oiraïad, parfumeur distillateur, avenue Sainte-
Lorette, Grasse (Alpes-Maritimes).
Qiron frères, rubans et velours, 11, me Royale
Sainte-£tienne (Loire).
Qlafsy, fabricant de veilleuses, Nurnberg (Al-
lemagne).
Oobort, directeur de la pharmacie centrale,
26, rue Esquermoise, Line (Nord).
Qodard, fabricant de Icirsch, Aillevillers
(Haute-Saône).
Qodard-Vasseup, négociant en vins« proprié-
taire, 87, rue du Bardâtre, Reims (Marne).
Qodefroy, fabricant de beurre, Orbiquet (Cal-
vados).
CkMlet, serrurier-constructeur, 269, rue Salnt-
Honoré, Paris.
Qoldfein (John), photographe. Kinechma, gou-
vernement de Kostroma (Russie).
Qolliaz, pharmacien, Morat (Suisse).
Oolly, constructeur fondeur, Saint-Dié (Vos-
ges).
Qofidy, fabricant d'horlogerie, Bes?nçon
(Doubs).
QoppsUpcBdep (docteur), professeur de scien-
ces chimiques, Mulhouse (Alsace).
Ooras#, (frères), manufacture de broderies.
Cordes (Tarn).
Ooaohier, et Cie, fabricants d'horlogerie,
Bienne (Suisse).
Oosteau, fabricant de grils, 28, rue de l'Entre-
pôt, Paris.
Qoupdè, fabricant de boutons en papier, 30
rue Moret, Paris.
Qourdon (Vve). manufacture de lainages, 3,
rue de Sainte-Marie-des-Terreaux, Lyon
(Rhône).
Oourdot, gérant de la Société den usines de
Vlllars (Vosges).
Ooussard ûls, fabricantde couleurs et vernis,
5^ rue delà République, Montreuil (Seine).
Gouttière, facteur de pianos, 47, rue de Baby-
lone, Paris.
Ooyard. fabricant de creusets réfractaires, 42,
rue Alexandre Dumas, Paris.
Qranddemange. (G), Ingénieur, constructeur,
83, rue Saint-Maur, Paris.
Qrandalre. fils fabricant de bourrelets métal-
liques, 37, rue Jacques -Fauquet, Boibec (Sei-
ne-Inférieure).
Qreaves, ingénieur, fabricant de machines
agricoles, Berdiansk (Russie).
Qreffler fils, fabricant de produits chimiques,
avenue de la Moite-Piquet, 58 bis, Paris.
Grenier, fabricant d'appareils pour Téclai-
rage au gaz, 15, faubourg Montmartre, Paris.
Grillot, fondeur-constructeur, 62, rue Ober-
Icampf, Paris.
Qrebet, fabricant de limes, Vallorbes (Suisse).
Qrose, négociant en vins et spiritueux, Goa-
henans (Haute-Saône).
Qroeeelln (père et fils), constructeurs-mécani-
ciens, Sedan (Ardennes).
Groeeot, fabricant d'appareils de chauffage,
45, faubourg du Temple, Paris.
Groeepletsoh, fabricant de pianos, Konig-
Strnsse 11 (passage), Breslau (Allemagne).
Qrual, relieur, 418, rue Saint-Honoré, Paris.
Qriînberg, fabricant de meubles, Vassili Os-
tror, 17- ligne, n* 54, Saint-Pétersbourg (Rus-
sie).
Quénot, fabricant de produits chimiques, au
Creuset (Saône-el- Loire).
Quérault-Qodard, cultivateur, Père-Champe-
noise (Marne).
Quéret frères, fabricants d'appareils pour eaux
gazeuses, 72, boulevard de la Gare, Paris.
Quartin père et flls, liquoristes. Sablé (Sar-
the).
Giallbert-Martln, chimiste verrier, 20, rue Ge-
nin, Saint-Denis (Seine).
Quillabert frères, fabricants de bouchous et
spécialités en liège, Seillans (Var).
Gylllard, entrepreneur d'installations d*écu-
ries et de selleries, avenue Mac-Mahon, Pa-
ris.
Gulllon (Claude), directeur de la société des
huiles immuables. Salon (Bouches-du-Rhô-
ne).
Gulllon fila, professeur de trait, Romanèche-
Thorins (Saône-et-Loire).
Quyanat. ingénieur constructeur, 83, boulevard
Magenta, Paris.
Quyet, propriétaire, 15, boulevard du Temple.
Paris.
Guyot, NInares et Ole, négociants en cafés,
13, rue de la Faïencerie, Nancy (Meurthe-et-
Moselle).
Qwynne (John et Henrv), constructeurs de
pompes, Hammersmith Iron Works, Lon-
dres w. (Angleterre).
H
Haae (et flls), fabricant de tapis. Vienne (Au-
triche).
Haf ner, médecin-dentiste, Agram (Autriche).
Haggipavvlu et File (Crist), propriétaires et
négociants en vins, Limassol (île de Chy-
pre).
Hallalre, 33, rue Saint-Jacques, Paris.
Heller flls, distillateur, NeufchAtel (Suisse).
Haquet, fabricant de chicorée, 101, rue d'Arras
Lille (Nord).
Hardon, ingénieur des arts et manufactures,
agriculteur, viticulteur, 122, avenue des
Champs-Elysées, Paris.
Haiaton, fabricant du Brillant Oriental, Saint-
Nazaire-sur-Loire (Loire-Inférieure).
Henricet (Henri), pharmacien-chimiste prépa-
rateur du papier Pruneau contre Tasthme,
Nantes (Loire-Inférieure).
HeinHohe, mécanicien, Hodimont, Vorviers
(Belgique).
Henry, constructeur d'instruments agricoles,
Béziers (Hérault.
Henry, constructeur mécanicien, Rosnay-
Lhôpital (Auiie).
33
LISTE GHINICUALK Dfô MRMBRKS DE LA SOCIKTK.
34
K, fabricant de briques, Santa-Tecla
'.Salvador).
i, fabricant d'étoffes pour ameublement,
^l,per8DecUvede Newskl, Saint-Pétersbourg
(Russie).
HeMelink frères, exportateurs de vins, Marie-
straal P. 20, Anahem (Pays-Bas).
Hkrt, fabricant de pompes rotatives, 120, fau-
bourg Saiot-Martin, Paris.
Hisinper (le baron de), propriétaire des forges
de billnaes (Russie).
Honig, constructeur do pompes, Cologne (Al-
lemagne).
HÊ0Br et KUntzel, fabricants d'appareils collec-
teurs de poussières, 11, Âlemengasse, Bâle
(Suisse).
Nsteult, fabricant de velours, président du
Tribunal de Commerce, Amiens (Somme).
Hiokel, pharmacien, Héricourt (Haute-Sa6ne).
H»ë, facricanl de baromètres métalliques, 79,
rue des Gravilliers, Paris.
Haguenin, négociant en liqueurs, 12, rue Oli-
vettes, Nantes (Loire-Inférieure).
Hummelinok, fabricant de lait conservé, à
Vlaardiugen (Hollande).
Htfntknf et Palmers, fabricants de biscuits 9,
Road Lane Reading (Angleterre).
Hirlimenn, brasseur, £nge (Suisse).
Harlot (Gustave), fabricant d*or en feuilles, 10,
rue Cbàteau-L^andon, Paris.
Ketiffiet, imprimeur, 13, avenue Parmentier,
Paris.
I
Imbert, ex-vice-président de la République
dominicaine a Puerto-Plata, République do-
minicaine (Antilles) .
Jaoquemin, chimiste-microbiologiste, 39, pla-
ce Carrière, Nancy (Meurthe-et-Moselle).
Jacques, Saiaoa at Cia, fabricants de produits
pour la fabrication des papiers peints, 123,
boulevard de Charoiine, Paris.
Jaa«(owalci, professeur de tenue de livres, Ri-
ga (Russie).
iannel (Ulysse), ingénieur constructeur, Mar-
tin velle (Vosges).
Jarry (Jean), distillateur, à La Chapelle-Bas-
se-Mer (Loire-Inférieure) .
Jeatpzebski, 16, rue Saint-Jean, Cracovie (Au-
triche) .
Jaen (Jules), directeur du Comptoir agricole
des Alpes, rue Carnot, à Gap (Hautes-Al-
pes).
Jaanneret. fabricant de chapeaux de paille,
NeufchAtel (Suisse).
Jaaudonfieno, fabricant d'ouvrages et bijoux
en cheveux, passage du Havre, 39, 41, -13,
Paris.
Jeaner, industriel, 76, faubourg Saint-Martin,
Paris.
Jahel fila atné, négociant propriétaire, 2, rue
Arago, Alger (Algérie).
Joeffine, fabricant de liqueurs, 55, 57, Quai de
laTournelle, Paris.
JabradeaiiK, maréchal-ferrant, 10, rue de la
Mairie. Ivry (Seine).
Jordan (Fritz), pharmacien, Neufchàtel (Suis-
se).
Jouanin, dentiste, 3, rue Girodeau, Moulins
(Allier).
Joué (ûls), distillateur, Saint-Laurent-de-la-Sa-
lanque (Pyrénées-Orientales).
Joya, constructeur-mécanicien, cours Berriat,
Grenoble (Isère).
Julien, négociant en liqueurs, Lavaur (Tarn),
Julien, fabricant de matériel d'imprimerie, 30,
rue de Launoy, Porte de Ninove, Bruxelles
(Belgique).
Jua, ingénieur. Bat na (Algérie).
Kahn frèraa et Blooh, fabricants de limes,
l'>2, rue de Strasbourg, Nancy (Meurthe-et-
Moselle).
Kaps (Eugène), facteur de pianos, Seminars-
lresse,U, 15, 16, Dresde (Allemagne),'
Kapa (William-Ernest), facteur de pianos, Sé-
minarstrasse, Dresde (Saxe).
Karpace fMoïse), fabricant de terre réfractai-
re épurée, Ëkaterinoslav (Russie).
Karpov (Madame), modes et confections pour
dames, larosiav (Russie).
Kinaman at Cla, fabricants de mèches de sû-
reté, Seyssei (Ain).
Klalber, (llateur de laines, Obwodni canal 128,
Saint-Pétersbourg (Russie).
Kooh, f!Of:flseur glacier, au Pont-du-Rhin, Bâ-
le (Suisse).
KodJoYantz, fabricant, d.orfèvrerie, négociant
de 2* guilde. Vladikavlcaz (Russie).
Koerting frères, ingénieurs-constructeurs, 20,
rue delà Chapelle, Paris.
Kohlap (les fils d'Amédée), fabricants de cho-
colats, Lausanne (Suisse).
Konohine (de ), de la Société des manufactu-
res N. N. Konchineà Serpoukhow, gouver-
nement de Moscou (Russie).
Kopiowaki, fabricant d'objets en marbre, Ra-
vel (Russie).
Kratz-Bouaaao, négociant, 3, rue Saint-Lau-
rent, Paris.
Krouming, fabricant d*engrais, Liban, gouver-
nement de Courlande (Russie).
Laaa. imprimeur-lithographe, 16, rue Pierre-
Levée, Paris.
Lao (DoiUeur du), propriétaire agriculteur,
Château-de-la-Gauphlne. par Casouls-les-
Béziers (Hérault;.
Laohanai (Charles), fabricant d'instruments
de précision, 5, rue Fontenelle, le Havre
(Beioe-Inférieure).
Laoou (.lean), publiciste et inv^^nteur-mécani-
cieii, rours d'Aquitaine, 21, à Bordeaux.
Laoroix, ariiflcier, 3'^, rue Rempart-Mantabiau»
Toulouse (Haute-Garonne).
Laopoix, chimiste, fabricant de couleurs vitri-
flables, 186. avenue Parmentier, Paris.
Lafnte at Cia, fabricants de plaques et pou-
dre à souder le fer, 102, avenue Parmentier,
Paris.
Lafnte et Cia, négociants en eau-de-vie, Cou-
tras (Gironde).
35
JOURNAL MENSUEL DB L ACADÉMIE NATIONALE.
36
l-aforg« (Lôon-Maisoadieu), dIsUUaieur à
Mouzaïaville, département d'Alger.
L«g«ohe, conQseur, 1, rue des Petits- Champs,
Paris.
La J9MM# (Saint-Blme), agent maritime, 88
bis, boulevard de Latour-Maubourg, Paris.
UiMUr. fabricant de chocolats, 85, rue de Ri-
voli, Paris.
Lanotlot «t Ole, pharmaciens chimistes, 11
bii, rue du Conservatoire, Paris.
Landry Jeune, négociant en vins et vinaigres,
Barvllfe (Loiret).
Langlols, entrepreneur de travaux publics,
Acquigny (Eure).
Laniel père et flls, manufacture de toiles, Vi-
moutiers (Orne).
Lanine, fabricant de vins mousseux et de li«
monades, près du pont Moskvoretslc, Mos-
cou (Russie).
Lapaasat, fabricant de papiers à cigarettes,
rue du Four-Saint-Jacques, 35, Perpignan
(Pyrénées-Orientales).
Laporta (Jean-Romain), fabricant de biscuits
de luxe, à Règles, Bordeaux (Gironde).
Lapp, fabricant de farine lactée et de lait con-
centré, Fribourg (Suisse).
Larooha Baiaohet, papetier, 64, place du Théâ-
tre, Lille (Nord).
Laatio (comte de), propriétaire de vignobles,
Meillard, par Châtel-de-Neuvre (Allier).
Latour-Daury (Armand), imprimeur, éditeur,
0, place du Progrès, Ciney (Belgique).
Lauglap, distillateur, place Grenette, Grenoble
(Isère).
Laupent-Calaa,fabrioant de ferrures pour voi-
tures, Bogny-sur-Meuse (Ardennes).
Laupéoux, fabricant de robinets, 84, rue d'An-
goulème, Paris.
Lauvin, distillateur, 118, boulevard de Stras-
bourg, Le Havre (Sein«-Inlérieure).
Lavion, fabricant de cadenas de sûreté, 38,
rue Rébeval, Paris.
Law (Samuel) and Sons, Limited, fabricants
de cardes montées sur plaques et rubans
Moorland Mills Cleckheaton (Angleterre).
Leblano-Winokler, marchand de fers, cons-
tructeur, Altkirch (Allemagne).
Laborgne, fabricant de tapis et étoffes pour
ameublement, Lannoy (Nord).
Le Calianneo, constructeur-mécanicien, Lan-
derneau (Finistère).
Leoat, fabricant de savon minéral, Maisons-
Alfort (Seine).
Leoiaira, exploitant de carrières, Montrenil-
sous-Bois (Seine).
Leoornii, constructeur-mécanicien, 114, rue
Oberkampf, Paris,
Lefebvpe (Isidore), propriétaire, producteur,
spécialité de fromages de Neufchatel, Nesle-
Hodeng, par Neurchûtel-en-Bray (Seine-
Inférieure).
Lefebvpe, fabricant de céruse, 4, rue Alain -
de-Lille, 3. Lille (Nord).
Lego, constructeur, mécanicien fondeur, ave-
nue de Paris, Le Mans (Sarthe).
Legrand-Baboye, fabricant de chicorée et
glands doux, Fresne (Nord).
Legria, négociant, 89, rue des Chantiers, Ver-
sailles (Selne-et-Oise).
Lahut, constructeur de freins à pression auto-
matique, 46, rue Billancourt, Auteuil, Paris.
Laleii et Liévana, gravures sur verre, 114,
boulevard de la Liberté, Lille (Nord).
Lemaltre, fabricant de voitures, rue de la Ga-
re, Alençon (Orne).
Léonardt et Ole, fabricant de plumes métalli-
ques, 100, Charlotte Street, Birmingham
(Angleterre).
Lapage, fabricant de draps, 4, faubourg de la
Cassine, Sedan (Ardennes).
Lépreux, fabricant de plumes métalliques, 38.
rue de la Gare, Boulogne -sur-Mer (Pas-de-
Calais).
Leriohe, fabricant de coffres-forts et serrures,
62, boulevard de Strasbourg, Paris.
Leapine, propriétaire, Saint-Bstèphe (Girou-
de).
Laaiaut flls, fabricant de produits résineux,
place Belcier, Bordeaux (Gironde).
Leatrade, 10, rue de la Neva. Paris.
Leaueup, entrepreneur de travaux publics,
Djebel-Stora (Algérie).
Levainvllle et Rambaud, fabricants de cou-
leurs et vernis, 14 et 16, rue du Parc- Royal,
Paris.
Levy, imprimeur lithographe, Epernay (Mar-
ne).
L*tiéHtiep-QMyot. négociant, Dijon (Gôte-d'Or).
Lhotelain, négociant en produits alimentaires
97, rue Saint- Lazare, Paris.
Liiienthal, professeur de sciences commercia-
les, rue Dolgoroukov, maison Finoguenov,
Moscou (Russie).
Lippmann, ingénieur, 36, rue Chabrol, Paris.
Lobin flls, constructeur-mécanicien, à Aix
(Bouches-du-Rhône).
Loohet atné et De Bertrand, fabricants de col-
liers pour chiens, 19?, rue Saint-Maur, Paris.
Loir, fabricant de ouates et cotons cardés,
Coëroont (Sarthe).
Luoet-Fleury, négociant, Orléans (Loiret),
Liiglian- Leroy, propriétaire, au château de
Roubers-sur-Canches, par Frévent (Pas-de-
Calais).
Lueoan (Alexandre), manufacturier, fabricant
de gazes en soie pour blutage, à Blajan
(Haute-Garonne).
M
Magnier atné, fabricant de laines à tricoter,
Rosoy (Haute-Marne).
Magot, fabricant de limes et scies, Vesoul
(Haute-SaAne).
Maître, Fonclauae et Cle, fabricants d'instru-
ments de musique, 81, rue Saint-Maur, Pa-
ris.
Majeaté, imprimeur lithographe, Châteauroux
(Indre).
Makarov, marchand tailleur, laraslav (Russie).
Maquaire, 31, boulevard de Montmorency, Pa-
ris.
Marc et Colouble, exploitants de scieries mé-
caniques, Prechac (Gironde).
Marchand, fabricant de produits réfractaires,et
de machines à içraver au Jet de sable, 12t>.
route de la Révolte, Saint-Denis (Seine).
87
USTE GÊNKRâLB DBS MEMBRES DE L\ SÛClèrÊ.
88
■arohand frères, fabrioant d'huiles, Dun-
kerque (Nord).
■apoMar, pharmacien chimiste, Pouzin (Ar-
dèche).
■aplat fils, fabricant de cirages et de peintu-
res, Entrains (Nièvre).
■arqaiaa, fabricant de crayons, Saint-Paul-
en-Jarret (Loire).
■arraii, fabricant de serrurerie artistique, 59,
rue Saint-Nicolas, Rouen (Seine-Inférieure).
■arti (Fritx), constructeur-mécanicien, et
fiégociant en machines agricoles, Winter-
thur (Suisse).
■jptin carrossier sellier, fô, Port-Saint-Jean,
Biois (Loir-et-Gher).
■■Pthi, négrociant en liqueurs, Pont-dc-Vaux
lAiQ).
■ai-tiR, Maitia et HabeHand, fabricants d'es-
sieax, Pont-sur-Sambre (Nord).
■ai^net, fabricant d'huiles, 52, boulevard des
Dames, Marseille (Bouches-du-Rhône).
■aptiiiovaky, propriétaire, Wosnessenak, ffou-
vernemant de Kherson (Russie).
^. J^T.W,'*^™^) fils, fabricant de faïences
dart, VaUauris (Alpes-Maritimes).
■atignoa, banquier, négociant. Cognac (Cha-
rente). ^
Vatfla frères, fabricants d'horlogerie, 9, rue
Saint- Pierre, Besançon (Doubs).
■atila (Paul- Ali), propriétaire, éleveur à la
ferme modèle et grande laiterie de Montfa-
vct, près Avignon (Vaucluse).
■^^ constructeur-mécanicien, JoinviUe
(rlaute-Marne).
"J?**^^**^ (de), agriculteur, propriétaire
dasines, Evora (Portugal).
■aagin^ ingénieur-constructeur, 30, rue Bas-
«V SettTelilSrn'e').''' ''""'''^ '' '''' ^'^
■^'SÏbeT^d^'^ïô^^^^^ ^' '^'"^^'^ ^«^^^'1^«
^•nlf ^Pnn? r Ifi* ®^^^"% ^«^ *a Palme, 9.
Ga^onne)^ "^^ Toulouse (Haute-
"!^"' viticulteur à 8ainl-Philippe-d' Aiguil-
le (Gironde), par CastiUon (Dordogne).
"ffr??** •* ^'^ fabricants de sacs en papiers
thl^l-XseUer^^ ^^^"*"''"^^^
"^l!l*ÎV^^'^5'*f "** ®* minoUer, 161, Preteria
(République Sud- Africaine). ''^«'^«r»»
"^mVSf f'^'in^R/" ^^^'^^Pi P^«c« du Gouver-
nement s. la Régence, Alger (Algérie).
■éoa^a, banquier, 4, rue de Naples, Paris.
"K si?tte\itiSir*'*^''''' '' '"' ''*'•
"(OuST ** ^'*' ^a*>rtcant de sucre, Bresles
"SSÎt** tt?'*^"^^^^*^Sî^ ®» v»n8» château de
Pékin, près Epernay (Marne).
'^s,%r&Sw^tï''^"^^^ ^' ^^ ^'"-
"lîlîdri'ffls'^Sin^^^^^^^^ ''^ ^' ^"^^^y^''
^^^^}r^[V' oarossier,41, rue d'isle. Saint-
ynentin (Aisne).
Metaxa (Spiridon. A), chef de delà Maison S*
et E. Metaxa, distillerie d'eau-de-vie de vin,
place Carayscaky, Le Pirée (Grèce).
Métayer, négociant, usine de Saint-Gyr, Ren-
nes (Ule-et- Vilaine).
Maylan, fabricant d'horlogerie, au Sentier
(Suisse).
Michaud, distillateur, rue de Piffoux, à Cha-
tellerault (Vienne).
Mikaïlov fabricant d'appareils de ventilation,
coin de la perspective Kiinsky et de la Ve-
reiskaya, Saint-Pétersbourg (Russie).
Mikaïiofr, et fils, tissus de laine, Moscou (Rus-
sie).
Minières, château de Frinestes, Nérac (Lot-et-
Garonne).
Moaganet. fabricant de vermouth, Yenne (Sa-
voie).
Moniar (Victor), négociant en cuirs. Juge au
tribunal de commerce d'Oran, 6 et 8, rue de
Gênes, à Oran (Algérie).
Monin (docteur), 40, rue de Luxembourg (Pa-
ris).
Monlotte, fondeur mécanicien, Dôle (.Fura).
Monna statuaire, 23, rue Saint-Etienne, Tou-
louse (Haute-Garonne).
Monnet, (Jean -Gabriel), propriétaire, négo-
ciant en eau-de-vie, (Jognac (Charente).
Montandon, constructeur de machines agrico-
les, Vernon (Eure).
Moquet-Leaage, conflturerie de Saint-James,
7, rue Saint-Gilles, Paris.
Moraléa, directeur de l'usine de la Gie Colo-
niale, Pinto (Espagne).
Moreau, docteur médecin à Saint-Jean-d'An-
gle, par Saint-Agnant-en-Maris (Charente-
Inférieure), f
Moral, vice-consul de Perse, 84, rue Dauben-
ton, Roubaix(Nord).
MoMgeotte aîné, construoteur'*mécanicien,Me-
lay (Haute-Marne).
Moulchine (Stéphane), tailleur à Ekaterinlwurg
(Russie).
Moussaau, ingénieur civil, constructeur de
fours perfectionnés pour la boulangerie, 103,
rue Porte-Dijeaux, Bordeaux (Gironde).
Mouaaet(Pierre),di8tinateur, 24,rue Saint-Roch,
Angouiéme (Charente).
Munler (les Fils de Ch.), constructeurs, 25, rue
Grégoire, Nancy (Meurthe-et-Moselle).
Marat fabricant de bijoMX, 6, rue des Archi-
ves, Paris.
Naayeret Oie (de), manufacturiers, Wille-
broeck (Belgique).
Nasa et Haokmann, distillateurs, Belfort.
Navarro (Pedro), propriétaire agriculteur, à
Bel-Abbès (Algérie):
Naohiloh, parfumeur, Inventeur de divers pro-
duits chimiques, 17, rue Assaut, Nice (Al-
pes-Maritimes).
Nègre, fabricant de fruits confits. Grasse (Al-
pes-Maritimes).
Nahar (Oscar) et Cia, fabricants d'amidons et
produits dérivés, Mels, canton de Saint-Gall
(Suisse).
Nier, négociant (aux Caves de France), 119,
120, Leipzigerstrass, Berlin W. (Allema-
gne).
JOURNAL MSN8UKL DR L'ACAOéMIB NATIONALE.
43
Nieuwenhuys Junior et Gie, fabricants de
cons(frves alimentaires, Amsterdam (Hollan-
de).
Noilly, Prat «t Cie, négociants, boulevard du
Rhône, Marseille (Bouches-du-Rhône).
Nordenfeit (Thorsten de) .directeur de la Socié-
té Nordenrelt pour constructions mécaniques
î<, rue Auber, Paris.
Noiilet, constructeur mécanicien, Hracque-
génies (Bel^que).
Olivari fils, fabricant de pâtes alimentaires,
Aî, quai de la Place d'armes, Nice (Alpes-
Maritimes).
Oor, facteur do pianos, 50, A, rue Neuve, Bru-
xelles (Belgique).
Oudot-Arban, aitiûcier. boulevard Pommerol,
Lyon, Brotteaux (Rbône).
Paooard frères, tourneurs en cuivre, 182, bon*
levard de la Villette, Paris.
Panariou fils, labricants de poteries et de
tuyaux de grès, La Borne (Cher).
Panchaud, pharmacien, Vevoy (Suisse).
Paquignon, pharmacien, 15, rue de Provence
et 19, rue Drouol, Paris.
Paratidier, ancien inspecteur générale des
ponts et chaussées, 38, rue des Ecuries
d'Artois, Paris.
Parénteau atné et Lagrolet, négociants en
vins et spiritueux, 15, rue Camille-Godard,
Bordeaux (Gironde).
Parfonry, sculpteur-marbrier, 62, rue Salnt-
Sabin, Paris.
Paris (Octave), négociant en vins, Dijon (Côte-
DOr).
Passy, fournitures pour horlogerie, Thones
(Haute-Savoie).
Paul, ingénieur vlnicole, constructeur méca-
nicien, route de Montpellier, Cette (Hérault).
-Peupler (Léonard), fabricant d'instruments de
pesage, I et 3, rue Stendhal, Paris.
Peupy frères, fabricants de carreaux. en plâ-
tre, 65, 67, boulevard de la Gare, Paris.
Pavlov, fabricant de tissus, Pereslavl-Zalcsky,
gouvernement de Vladimir (Russie).
Pavy frères, fabricant de masques, 144, rue
Saint-Denis, Paris.
Pèoheux, sculpteur, fabricant de meubles d*art
61, avenue de Wagram, Paris.
PelohI (Chevalier de), directeur général de la
société du Lloyd Autrichien, l'rieste (Au-
triche).
Peliti, conûseur, Calcutta (Indes).
Pelle, ingénieur chimiste, Buffet de la Gare,
Le Mans (Sarlhe).
Pelleouer, fabricant de biscuits chinois, route
d'Uzès, Ntmes (Gard).
Pelletier, fabricant de toiles métalliques, Con-
nerré (Sarthe).
Pellisson père et Cie, distillateurs, boulevard
de la Gare, Cognac (Charente).
Pérès, négociant en vins, 11, rue d'Enghicn
Bordeaux (Gironde).
Perin frères, constructeurs de clôtures métal-
liques et de béton, Charleville (Ardennes).
Petit et Aroenoam, fabricants de machines à
coudre, 104. boi levard Sébastopol, Paris.
Pfaendier, fabricant de dentelles et de linge-
rie fine, Rheineck (Russie).
Philippe, aviculteur, Houdan (Seine-eUOise).
Phlippon-Degois, fabricant de bonneterie, Ro*
mllly-sur-Selne (Aube).
Picard (les fils de R.), fabricants d'horlogerie,
24, rue Léopold-Robert, à Chaux-de-Fonds.
(Suisse).
Picard (les fils de Lèopold), fabricants de cha-
g eaux de paille et de feutre, 45, 47, rue d'A-
ouklr, Paris.
Plerotti fils, fabrlcantde chapeaux, 15, Coun
Belzunce, Marseille (Boucnes-du-Hhône).
Plerscffi, sculpteur statuaire, Vaucouleurs
(Meuse).
Pllion, fabricant de cierges et bouges, Cler-
mont (Oise).
Pinchart-Deny, Ingénieur constructeur, 58,
rue Saint-Sabln, Paris.
PIrou, photographe, 5, boulevard Saint-Ger-
main, Paris.
PIvetta, 2, StradaSan Glacomo, Naples (Italie).
Planas-Macaya, Ingénieur-mécanicien, 92, Saa
Pablo, Barcelone (Espagne).
Platard, marbrerie artistique, 26, me Chariot,
Paris.
Piènaaud atnè (Jean-Albert), exploitants de
carrières et fabricant do briques et toiles
mécaniques, chemin de la Sauve, à Bor-
deaux-Bastide.
PloJoMx (Marc), fabricant d'horlogerie et bi-
jouterie, 30, rue du Rhône, Genève (Suisse).
Pogojev, horticulteur-pépiniériste, Godirrlews-
ka)a oulitsa, propre maison à Toulft< Russie).
PohI. fabricant d'instruments de chirurgie,
S'Gravenhage (Hollande).
Pcllard, fabricant de produits réfractaircs,
59, rue du Poteau, Paris.
Pcilet, fabricant de tissus de genres anglais,
rue de Bradfort, Tourcoing (Nord).
Popov (Société des sur.cesseurs de Madame
Veuve), distillerie, près du Grand-Pool-de
Pierre, Moscou (Russie).
Porcar y Tic. fabricants d'huiles d'olive, Bar-
celone (Espagne).
Portier (Jean-Baptiste), luthier, 21, rue Val-
benoîte, à Saint-Etienne (Loire).
PcMchain (Victor), filature et tissage de lin,
Armentleres (Nord).
Pcugeols, sellier, 78,Ayenue de Villlers, Paris.
Pcugcunlas, négociant en éponges, Grande
Sadovaïa. maison de la Bibliothèque Impé-
riale, n- 20, Saint-Pétersbourg (Russie).
Pcvalyaev, (V.), professeur de Calligraphie,
rue Dolgoroukov, 90, Simféropol (Russie).
Pradon, fabricant de papiers à cigarettes, 45,
rue de Maubeuge, Paris.
Prast, confiseur, 8, Arénal, Madrid (Espagne).
Preux (Etienne), pâtissier, 18, rue de l'Hôtel-
41
USTE GÊNÉnALK DES MBMBRICS DK LA SOCIÈTK.
^•-VIDe, Saint-Jeaa-dAngely (Charente-
nr^«»n, pharmacien, 3, nie de la Républi-
que, Lyon (Rhône).
Prunel m», constructeur d'instruments agri-
coles. Bresilley (Haute-Saône).
Ppuvoat fabricant de pianos, 77, rue Saint-
Maur. Paris.
^•[TfV»^! (de), Calligraphe, Kazanskala ou-
litsa, n» «6, Kb., 43, Saint-Pétersbourg (Rus-
sie).
P«e4 teinture et nettoyage, Allées Paul Rl-
quet, Beziers (Hérault).
Qwévlllon, lieutenant-colonel d'Elat-major, 17,
me da Champ-de-Mars, Paris.
QMrtiM» (Emile), fabricant de montres, Les
Brenets, (Suisse).
lUboupdIn (Henry), constructeur d'installa-
tions d écuries, 39, rue d*Anglas, Paris.
fMoupdin frères, constructeurs d'installations
d écuries, selleries, élables, chenils, 39. rue
Boissy-d'Anglas, Paris.
RaiMM, dlstlUateur, Revel (Haute-Garojine).
Ramognlno, docteur en médecine, 26, rue Saint-
Sépulcre, Marseille (Bouches-du-Rhône).
Rapifi, pharmacien, Montreux (Suisse).
fWval, préparateur de coraux, La Galle (Algé-
rie).
Rttout (de), fabricant de pains d'éplces et de
biscuits» Avallon (Yonne).
'^■^•îîy.*? 5'*' entrepreneurs de peinture, IL
me Saint-Georges, Paris.
Hegat, pharmacien. 13, place de la Motte, Li-
moges (Haute-Vienne).
Tf£j?yiP''?R?^^H'®"y*"c"ï^eur, à Banyuls
(Pyrénées-Orientales).
''^•' ^°jrénleur civil, 38, rue Ommegance, An-
vers (Belgique).
nMilifi0«r et Vinet, fabricants de miroiteries,
26, rue de Gharonne, Paris.
Rémofid (Salnt-Edme), fabricant de limes et
râpes, 138, me Salnt-Maur, Paris.
Renard, horloger mécanicien, Ferrières (Oise).
RefMHMPd «t Cla. fabricants de Teau de mé-
lisse des Garmes, 14, me de l'Abbaye, Paris.
Rçtlf, febrlçant de ûltres, 56, me des Gulattes,
Lyon (Rhône;.
Ba^ner (de), membre correspondant, Saint-
Pétersbourg (Russie).
Riehard (Jules), ingénieur-constructeur. 8, im-
passe Pessard, Paris.
RMiard, fabricant de conserves alimentaires.
42, rue de Ghanzy, Rochefort-sur^Mer(Gha-
rente-lnférieure).
Rfoliar, fabricant de toiles, Alençon (Orne).
Rioliy, commissionnaire exportateur, 50. rue
Paradis, Parls-
Rlooy (Henri), fabricant de produits insectici-
des et raUcides, 61, rue Jeanne-dArc, Rouen
(Seine-Inférieure).
42
"»b&le?S%^^^^ '^ ^^"--^
"wnVthu^Suis"^^^^^^^^
"Ï5î^»"?i^''' '^5'*^??J"' ^^ lampes et suspen-
sions, 27, rue du Ghemln-Verl. Paris.
"hmîî (ïï^^®'"?!»? "eL professeur de compta-
bilité, 18. rue Pults-(iaillot, Lyon (Rhône)
'^^tÇ^^^*' ^'^^^^'-^'^ retraite, 4. me
Robert Dutertra, propriétaire. Ernée (Mayen-
Roblfiat, conûseur, Odessa (Russie).
Rocher (Adolphe), chlrurglen-dentlste, 14 rue
Carnot, Ghâlons-sur-Marne (Marne).
Rodeok fabrlcaTit d'articles de maroquinerie,
1, Kolmarkt, Vienne (Autriche).
Rojas-Sanguiffietti (Enrigudde), ingénieur-cé-
ramiste, Calle-de-la-Fforida, 3, Madrid (Es-
pa(?ne). ^
Romet, négociant en draperies et nouveautés,
Alençon (Orne).
''®"î•*o'^«^^ architecte de l'Ecole des arts et
métiers, Gzernowltz, Bukowine (Autriche).
Ronael et Singer, conûseurs, Plazza Colonna,
Rome (Italie).
Roqualaura. conserves alimentaires, Gapde-
nac (Aveyron). ^
"(sSfs'^e)^* ^'*' facteurs de pianos. Zurich
''?î*^""îîy?'\^ Ole. tissage mécanique de co-
ton et teinture, Oftringen (Suisse).
Rougié atné, confiseur distillateur, Gramat
( Lot) .
Rouiller fils ot Meonard, manufacturiers en
cuirs, 228, boulevard Voltaire, Paris.
Roura-Bartrand fils, fabricant d'essences et
de parfumerie. Grasse (Alpes-Maritimes).
Rousseau-BripoMt (Vve), vins et eaux-de-vle,
41. rue Royale, Saint-Quentin (Aisne).
Wouaaeiat, fabricant d'Instruments agricoles,
Villemeneux, commune de Tancron, narLl-
zy-sur-Ourq (Seine-et-Marne ).
Rouaaet, manufacturier, fabricant d'échalas et
piquets en acier. Saint- Vlctor-sur-Lolre oar
Firminy (Loire).
''^Xf r^-îS*"?"*' négociant en vins, Beaune
(Gôte-Dor).
Roa, fabricant de bouteilles de chasse et de
voyage, 205, rue du Faubourg Saint-Martin.
Paris. *
Rosière, chimiste aux Lllas (Seine).
Ruoh (Edmond) manufacturier, gérant de la
Société française de couleurs d^anlline, 49,
rue Hoche, Pantin (Seine).
Ruflier des Aimes, fabricant de meubles chi-
nois et japonais, 11, rue Basfroi, Paris.
Rumpf, négociant, directeur du Progrès Indus-
triel. 26, rue de l'Echiquier, Paris.
Russ-Suohard, fabricant de chocolats. Neu-
chàtel (Suisse).
S
Saint-Denis (de), négociant, à Longuevllle
(Manche).
Saint-Mars (le marquis de). 122, avenue de
Versailles, villa de la Réunion, Paris.
Salies, fabricant d'engrais, 4, rue Béranger
Paris .
43
JOURNAL JIKN8URL M L*ACA0ÉII1B NaTIOMALB.
44
Salvat fabricant de produits résineux, Mor-
cenx (Landes).
Samgyin^, fabricant de clocbet, 54, Pianitz-
kaYa, Moscou (Russie).
Samioe, pharmacien, 4S, rue Marcilio-Dias,
Pernamouco (Brésil).
Sancy, fabricant de couleurs et vernis, 89,
boulevard Richard-Lenoir, Paris.
S«në«M «t OI«, manufacture de savons^Leyde
(Hollande).
Saaa, fabricant de broderies, Pereslavl-Zales-
sky, gouvernement de Vladimir (Russie).
Savelli (Paul-François), directeur de la So-
ciété des petits gralneurs de la Balagne pour
la production des graines de vers à soie, sys-
tème Pasteur, 12, rue Napoléon, Ile Rousse
(Corse).
SAvigny fila, néffociant en caféi, place Gbat«-
let, Gnartres (Eure-et-Loir).
8oaiabpe-Deioour, fllateur, Tourcoing (Nord).
8«halolifrèras,fabricants de cloua et boucles,
17, rue de Magdalena, Lisbonne (Portugal).
SolinM4its (Charles}, fabricant de rouleaux et
cylindres pour imprimerie lithographique,
3l, rue de Sèvres, Paris.
Sohmidt, fabricant de meubles. Porte de TAr-
bate, Moscou (Russie).
Sohoofffis, pharmacien chimiste, rue de la Mon-
tagne, 15, Bruxelles (Belgique).
Schouteeten, liquoristc, 17, rue d'Esquermes,
Lille (Nord).
Sohudel et Oi«, négociants en vins et liqueurs,
Leiden (Hollande).
Sohweingrubep, fabricant de ressorts, rue du
Stand, n* 258, A., Saint-Imler (Suisse).
Ségaust, fabricant d'amidon, 90, rue de la
Brèche, Saint-l>#nis (Seine).
SéoaiMl at Fattlar, phannaclens chimistes,
Uhâteau-RegnauU-Bogay (Ardeanes).
Seguin (Louis), ingénieur des arts et manu-
factures, constructeur méeanicieLn« 14, quai
du Petit-Gennevikliers, Genneviiliers (Seine).
Séguin, parfumeur. 10^ me Crolx-de-Seguey,
Bordeaux (Gironoe).
ai, confiseur, Kiew (Russie).
Siore de Fontbpune. propriétaire. 2, avenue
du Calvaire, Saint-Ùloud (Semé).
Sigaut fils, fabricant de pain^ d'éplces, 8, ave-
nue de Paris, Gentiliy (Seine).
Sélvaaira Obrlot, fabricant de (tirage, Mont-
bard (Gôte-d'Or).
Simlrenko, fabricant de sucre, Bogouslaw
(Hussie).
Sliiimamla (Peter Lund), The charter House,
14, E. C, Londres (Angleterre).
Slmmamla (L. V.), agents de publicité et de re-
présentation aux expositions, ^d, Strand,
W.C., Londres (Angleterre).
Simon, constructeur de machines agricoles,
70, 72, 74. rue Helain, Cherbourg (MaBcha).
Simon fila, pharmacien, 4, faubourg de Fran-
ce, Beliort (territoire de Bélfort).
Simon (L.), négociant en engrais et produits
chimiques agricoles, 23, rue des Fflles-du-
Galvaire, Pans.
SImafia, fabricant de carrelages mosaïques^ au
Cateau (Nord).
(Paul), v*tic»Heur, Athènes (Grèce).
Skvortaov, fabricant de cuirs, Kojevniki, Mos-
cou (Russie).
Smat (de), fabricant de carrelages céramkiues.
Canteleu, Lille (Nord).
Smiliié, photographe du Muséum national.
Washington (BUts-Unis).
Smolina(Dimitri),fabricaot de suifs, Kour^nne,
gouvernement de Toboisk (Sibérie).
Framlèi^ aaaiété anonyma da Koublofi», 4B,
Ekaterinoslavskaia Ouiltsa, Kharkov (Rus-
sie).
Saoiété Riiaao<Am4rioaliia daa aroilylts du
naphte, fabrique d'huile d'éclairage et de
graissage, Kouskovo, près Moscou (Russie .
Société de Tualne Marlnakypourladistillatioo
et la rectification de Talcool, à Lipetzk, gou-
vernement deTambov (Russie).
Sakolaloki (Joseph de), propriétaire viticul-
teur, château de Ghinchon -la- Bataille, par
Gaslillon (Gironde).
Solèraa, négociant, 11, rue Monge, Paris.
Solon at Cie, négociants en vins, Athènes
(Grèce).
Sotelo y Eaoobado (Diego de Léon), avocat et
fabricant d'eau de fleurs d'oranger, fabrique
de la Gruz una del Campo, 26, Galle Gonnpas
de la Laguna, à Séville (Espagne).
Sotum, propriétaire, Masseube (Gers).
Souaa Saaréa (de), établissement industriel
pharmaceutique, Pelotas (Brésil).
Spaoht, fabricant de liqueurs, Pernau-ea-Li-
vonie (Russie).
•plnadl ft^éres, fabricants de carrelages moaaT-
ques, 600, Callé Callao, Buenos-Ayres (Répu-
blique Argentine).
SpiUayna (Alaxandre), électricien taohniQue,
station électrique du Petit théâtre, Moscou
(Russie}.
Stadiar et Pattinota, lithographe, Uj Ligowka
Saint-Pétersbourg (Russie).
Stolle, chef de la maison Dencker et Cie, né-
gociant (le !"• guilde, Wassiiy-Ostrov, Vol-
kooskypéreoulok, Saint-Pétersbourg (Rus -
sie).
Stoilwerok frères, fabricants de chocolats» 12,
Brttkenstrasse, Cologne (Allemagne).
Sturm. directeur de la Société française du
Carbonyle, 18â, 190, faubourg Saiut-Deoi»,
Paris.
Stutsmann (Edouard- Jules), fabricant d'arti-
cles en cuivre et constructeur de pompes à
incendie et accessoires, 3, Chantepoulet, Ge-
nève (Suisse).
Siibai^iaWa, membre de la Société d'acclima-
tation, 30, rue de Colysée, Paris.
Saailialm at Ooataafi, propriétaires-viticut-
leurs, à Huelva (Espagne).
•wanit, pharmacien, 12, rue Castiglione, Pa-
ris.
Swatak, febricant de draps do laine peignée,
Zglerz (Russie).
•ylvaatra fUa, négociant en vins Ans, Montpel
lier (Hérault),
Tabard al Oia. fabricants de soieries. 3, roc
Garet, Lyon (Rhéne).
45
LISTB O^NÊRALB DE8 MEMBRES DK LA SÛCIÊTB
46
TtboaH^^et Bisson, fabricants de broderies,
6, rue d'AboukIr, Paris.
Tsjan, fabricant dUastruments pour l'apricul-
lure, tt, rue d'Espagne, Bayonne (îfasses-
I*yrénees).
TsiiorM^, fabricant d'engrais, 32 bis, rue Pas-
quier, Paris.
TanMif, négociant en vins, Funflvirehen (Au-
trich?,.
. négociant en fers, Marquise (Pas-de-
Calais),
Ttttitr. constructeur de serrurerie d'art, 17,
me Léon fîambetta, Lille (Nord).
ÎMtisa, constructeur mécanicien, 40, rue Gu-
Hil, Paris.
TvftMx, fabricant de robinets, 7, rue Rameau,
Paris.
TMi«r flis jMine, constructeur de machines
agricole». Vitré (nie-et-YUaine).
Tkétdofttky. agronome, 17, Strada Teilor-Bu-
rarest ^Hollande),
nuéksiit. directeur des caves impériales pour
la fabrication des vins de Champagne, à
.Soudak, gouvernement de Tauride (Russie).
ThMIay, cliimiste parfumeur, Amersham Park
New Cross, Londres S. E. (Angleterre).
Thivtt-Hanctin, fondeur constructeur, 19, rue
«lu Chemin de fer, Saint-Denis (Seine).
ThoiiiM, constructeur d'instruments agricoles,
Pineaux Saint-Ouen (Vendée).
Thomas (Georges), constructeur-mécanicien,
'2, Deansgate Manchester (Angleterre).
Tbo««p«t frères et Crensvaux-Proutat, fa-
bricants de limes, Arnay-le-Duc, par Beau-
ûe (Côte-d'Or).
TlMpy et Amey, constructeurs mécaniciens,
U, Chemin des Sources, Genève (Suisse).
îfcy [le comte de), propriétaire, Autun (Saône"
*A-Loire).
TWoe. constructeur de machines, IB, passage
tiapont, Rouen (Seine-Inférieure).
Tiertot. fabricant d'outillages, 15, rue des Gra-
^iUiers, Paris.
Tinc, pharmacien, rue Trajan, Galatz (Rouma-
nie,.
Titon, ingénieur architecte, 77, rue Colbert,
LiUe (Nord).
TitMraiiddit JiMohue atné, fabricant d'instru-
menls de pesage. Port -sur-Saône (Haute-
î^aône).
Tîvoller, propriétaire, rue Alsace-Lorraine,
Toulouse (Haute-Garonne).
Ttfllln et Cie, fabricants de dentelles, Caudry
Xord).
Tojray. fabricant d'encres, 4 et 6, rue des Hau-
driettes, Paris.
^•fok (de), pharmacien, 12, Kéraly-utcza, Bu-
dapest (Autriche-Hongrie).
Tttbowbaiine, à Tchourouk-sou, gare de Kabou-
iptx. Chemin de fer Transcaucasien (Russie).
Toiiblanc fils, distillateur, U, rue Basse, au Mans
I Sarthe}.
I Trtficart fabricant de chaussures cousues et
«ie littes piquées, 15, rue Pont-au-Brouettes,
a AbbevUle (Somme).
Tféëwoien, négociant en cafés, 25^ Cours de
»mcennes, Paris.
Tremault constructeur mécanicien, 146, rue
d'Allemagne, Paris.
Tressa di Hueaelbi (le commandeur), proprié*
taire, 23, rue Beaujon, Paris.
Troolet«Le4uo, distillateur Uquoriate, Benais
(Indre-et-Loire).
Trouvé, ingénieur électricien, 14, rue Vivienne,
Paris.
Tsapline, photographe à Morchansk, propre
maison, gouvernement à Tambov (Russie).
Tuai, fabricant de conserves alimentaires, 6 bis,
quai Duguay-Trouin, Nantes (Loire-Inférieu-
re).
Tyeskiewios (Comte Alexandre N.), proprié-
taire foncier, fabricant d'alcools, chevalier du
Mérite agricole, à Novaïa-Ouchilaa, gouver-
nement ae Podolie (Russie).
U
Ucke, noble Russe, Directeur de la Société
pour la fabrication des briques réfractaires et
autres produits de terre glaise, Borovltchl
(Russie), gouvernement de Novgorod.
Vaooeaaint, inventeur de divers systèmes de
tissage, Merelessart (Somme).
Vagné, éditeur d'images, Pont-à-Mousson
(Meurthe-et-Moselle) .
Vaieeier, parfomeur, 2, rue de Mouveaux, Hou-
baix (Nord).
Vais frèrea, ingénieurs constructeurs, 29, Galle
de Campo Sadraga, Barcelone (Espagne).
Valtat, négociant en bois et charbons, 7, rue
d'Edimbourg, Paris.
Van Heçke, comptable» 43, rue Rlcher, Paris.
Van Hoof, chimiste inventeur, 33, rue Fessart,
Paris .
Van HoutenetZoon, fabricants de cacao, Weesp
(Hollande).
Varnali, viticulteur, à Reni, district d'Ismaïl
(Russie).
Vasoonoelloa (A. de), propriétaire viticulteur,
fabricant d'huile d olive, à Gollega, district
de Santarem (Portugal).
Vasael, constructeur mécanicien, 50, chemin de
la Vial)ert, à Lyon (Rhône).
Vauzelles (Baron Antoine de), propriétaire
des Usines d'engrais chimiques, à Ceneviè-
res (Loi).
Vayaon, ancien fabricant de tapis, Abbeville
(Somme).
Vazon, propriétaire, Airvault (Deux-Sèvres).
Venè(|ue (Les flls), fabricants de bougies per-
fectionnées, 50, rue du Milieu, Ixry (Seine).
Venet (Eugène), constructeur d'appareils de
chauffage, 21(5 route de Bayonne, Bordeaux
(Gironde).
Vernette Jeune, fabricant d'instruments ara-
toires, 49, route d'Agde, Béziers (Hérault).
Verweegen et Kok, selliers, 86, Kalverstraat,
Amsterdam (Hollande).
Veaaelovski, archlprôtre de TEgUsede la Sain-
te-Trinité, Viaznil^i, gouvernement de Vladi-
mir (Russie).
47
JOURNAL MENSUEL l>B L'ACAD^IE NATIONALE.
48
Viaud (Pierre), constructeur dUnslniments agri-
coles, à Barbézieux (Charente).
VIbert frères, parfumeurs, 28, boulevard Sébas-
topol, Paris.
VIohy (Le marquis de), distillateur, 40, rue du
Parc, Ivry (Seine).
Vleillemapd et ses fils, imprimeurs lithogra-
phes, 16, rue de la Glacière, Paris.
Vienne, fabricant de marbreries artistiques,
Cousolre (Nord).
Vignati, directeur de la distillerie de laliaueur
« l'Orpheline », 47, Grande rue, Saint-Mau-
rice (Seine).
Vlgneral (le comte de), propriétaire au ChA-
teau-de-Ri, par PuUinges (Orne).
Vigoureux fils, constructeur d'Instruments agri-
les et vltlcoles, Nîmes (Gard).
Viile-Cliabroile (de), distillateur liquorlste, La
Châtre (Indre).
Visser et fils, distillateurs, Schiedam (Hollan-
de).
Vladoianu, propriétaire, député au Parlement
roumain, Carjoaca, par Fargul-F rumos (Rou-
manie).
Voeloker-Coumes, fabricant de chicorée, Hayon
(Meurthe-et-Moselle) .
Voisin-Mignon, distillateur, Marseillan (Hé-
rault).
Voland et Cle, Gaufrage et Impressions de tis-
sus de sole, 38, rue Montbernard, Lyon
(Rhône).
Vouteau fila, fabricant de chaussures, 17, rue
Inkermann (Indre-et-Loire).
W
Waag et fils, fabricants de moutarde et d'huile
de moutarde, Doubovka, gouvernement de
Saratov (Russie).
Wacicernie etCie. ingénieurs,. 19, rue Farcoi.
Saint-Ouen (Seine), et au Vesinet, 74, ave-
nue du Chemin de fer.
Wailaoh, directeur d'une société Franco-Amé-
ricaine pour la fabrication de la brosserie de
luxe, yi, rue Lafayette, Paris.
Wallon, fabricant de tissus, 49,. rue du Val-
d'Eauplet, Rouen iSeine-Inferieure).
Waterlot-Qhesquière, torréfacteur de cafés.
150, rue de Paris, Lille (Nord).
Wegner, fabricant de courroies mécaniaues,
14; Ulica Ar. Kotzebue, Varsovie (Russie).
Weiby, corroyeur. 5, rue Jeanne d'Arc, Rouen
(Seine-Inférieure).
Welti-Heer et Cîe, fabricants d'ameublements.
3, place Saint-Francols, Lausanne (Suisse).
Wiggishofr, fabricant de parfumerie, 153, rue
>iarcadet, Paris.
Wiiiiot, négociant en bières, houblons et chicj>-
rées, Poix-du-Nord, par Englefontalne (Nord,.
Wodzioki (le comte), propriétaire agriculteur,
fabricant de sucre, Czarnoniin, POSte Popie-
luchy, gouvernement de Podolle, par Odessa
(Russie).
Ygouf. fabricant de poteries de grès, au Tron-
quay (Calvados), par Balleroy.
Yvon, propriétaire, (Jlmeux (Charente).
Zambon (Vincent), entrepreneur mosaïste, oO,
rue Emeriau, Paris.
Zambon (Dominique), mosaïste, 60, rue Eme-
riau, Paris.
Zampironi, pharmacien chimiste, Mestre-Ve-
nezia (Italie). . « i „
Zentler frères, fabricants d'horlogerie, 2, place
de Longemale, Genève (Suisse).
Le Directeur-Gérant, Rédacteur en Cft^,
Eugène THIÉRY.
-♦>♦<♦
I..BMONT (OISK). - 1MPRIMBB!B OMX FRKRBS, PLACK 8AIN1-ANDRB -<.
JOURNAL MENSUEL
DB
L'ACADÉMIE NATJ.ONALE
l^m\l\
AfiRICOlE, MANDFACTDRIEftK ET «IlIMEmp^^
67- Année.— FÉVRIER lffg7.s
SOMMAIRE
RÉUMION ANNUELLE DU COMITÉ DES RÉCOMPENSES.
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ANNUELLE DES SOCIÉTAIRES.
RÉCOMPENSES DÉCERNÉES PAR L'AOADÉMIE NATIONALE.
DISTINCTIONS acoordé^s aux Mambras da l' Aoadémla Nationale .
AGRICULTURE. — Concour» agricole de Paris. — Le& concours régionaux agricoles en 1897. — Concours de la
Société d'Apiculture de la Meuse. — Incubateur automatique de haute précision, système de M. J. d» Sokolnloki.
— Influence de la lumière violette sur la croissance de certains jeunes animaux, communication de M. J. da Sokol-
nlekl. a Castillon (Gironde).
EXPOSITIONS ET CONCOURS. — Exposition industrielle à Vasoul (Haute-Saône). — Exposition régionale i
Gap (Hautes-Alpes). — Une exposition dans l'Amérique centrale, à Guatamala, en iSqy.
inoUSTRIE. — Bijoux et ouvrages artistiques en cheveux, de M . Jaaudonnano. à Paris. — Terres cuites et faïences
a décors héraldiques. deM.Chaumall, à Paris. — Vernis pour meubles, de M. Dikanaky, à Kharkov (Russie).
PRODUITS ALIMENTAIRES. — Les huiles immuables, de M. Gulllon. à Salon (Bouches-du-Rhône). — Le
WkUkey, de MM. John Dawar atflla. à Perth (Ecosse). — Le rhum Joptonn, de M. Bpoohapd-Qulllat, à Cba-
teandun.
COMMERCE. — Le commerce extérieur de la France. — Le commerce de l'Angleterre et la concurrence étrangère.
Rénnîon aunnelle dn Comité des récompenses.
Sur convocation de M. Vayson, Président
de la Société, le Comité des Récompenses,
tormé de la réunion des membres du Con-
seil d'Administration et des autres différents
Comités, s'est réuni au siège de la Société,
le lundi 'J2 février 1897.
Il a examiné en détail les différentes pro-
positions de récompenses faites parle Direc-
teur, en a apprécié les motifs et les Justifi-
cations, et a arrêté dé^nitivementla liste des
distinctions à décerner par TAcadémie Na-
tionale pour Texercice 1896, distinctions
devant être proclamées à rassemblée géné-
rale annuelle du 25 février, conformément
aux stalutsl
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ANNUELLE DES SOCIÉTAIRES
du 25 Février 1897
En conformité de l'avis de convocation
publié dans le précédent numéro de notre
journal mensuel, l'Assemblée générale an-
Duelle des Membres de l'Académie iNatio-
oale, Agricole, Manufacturière, a eu lieu au
siège social, le jeudi 25 février 1897.
La séance a été ouverte à 1 heure 3/4,
pir M. V'ayson, Président de la Société.
M. le Président prononce l'allocution suc^
vante :
« Messieurs,
Conformément aux statuts de l'Académie
Nationale, Agricole et Manufacturière, vous
avez été convoqués par un avis inséré dans
le Journal de Janvier dernier en Assem-
blée générale.
51 JOURNAL MENSUEL DE
Je déclare la séance ouverte. Permeltez-
raoi d'exprimer le regret de ne pas nous
trouver plus nombreux à cette réunion.
C'est une de nos séances les plus intéres-
santes qui rappelle les travaux importants et
utiles de notre œuvre. L'assemblée générale
est un jour de fôte pour l'Académie, qui est
heureuse de marquer par ses diplômes et
ses médailles les progrès pratiques appor-
tés par ses membres dans les diverses bran-
ches de l'agriculture et de l'industrie.
Si l'Académie n'a pas la prétention de
marquer les premiers pas que chaque jour
fait la science et qui sont pour ainsi dire
comme une étape nouvelle dans le progrès
et la marche de l'esprit humain, elle a la
prétention de faire connaître et de vulga-
riser les applications résultant des décou-
vertes de la science pure.
Tel a été son but et son rôle depuis sa
fondation, cest-à-dire depuis environ 07
années, et, disons-le do suite, dès sa fon-
dation, l'Académie répondait aux besoins
de l'époque : les anciennes pratiques com-
merciales et industrielles se transformaient,
la vapeur allait bientôt par de nombreuses
applications rapprocher les dislances et mo-
difier les conditions économiques du travail.
En môme temps, des expositions natio-
nales à Paris et dans les départements, dé-
montraient à tous les perfectionnements de
toute sorte et les progrès réalisés.
Mais bientôt ces arènes industrielles furent
trouvées trop étroites, et les expositions de-
venues universelles nous firent connaître
non seulement les produits nationaux, mais
aussi les produits similaires étrangers avec
Wquels il fallait compter à l'avenir.
L'Académie eut donc un champ beaucoup
plus vaste à explorer, tout en restant dans
son rôle modeste qui a une portée directe,
immédiate et utile sur les résultats de notre
industrie, de notre agriculture, de notre
commerce.
Mais là ne se borne pas son action. Ses
investigations vont plus loin, elle va cher-
cher le modeste collaborateur qui a aidé par
son travaildechaque jour, et par son apph-
cation Technique, à une réussite plus com-
plète du travail ; qui a su parfois, par une
L^AGAbEMIB NATIONALE. o:^
réflexion continue, améliorer et simplitier
les moyen s de production. L'Académie se fait
un devoir d'encourager et de récompenser
les efforts de ces modestes collaborateurs.
Le propre de notre génie national est d^
créer, non pas en nous jetant à l'aventure
et sans réflexion vers l'inconnu, mais au
contraire en arrivant au progrès par une
voie d'examen et précise et claire, tout en
donnant à tous nos travaux un cachet d'élé-
gance que nos concurrents peuvent envier.
Conservons précieusement, Messieurs,
cette gracieuse branche de laurier.
Nous exprimons donc notre satisfaction
de voir acclamer, dans notre assemblée de
ce jour, nos laborieux Collègues de l'Aca-
déraie et leurs collaborateurs.
Nos récompenses, Messieurs, ne sont pas
seulement une marque personnelle du mé-
rite de vos travaux. Ces récompenses ne
sont pas exclusivement votre propriété,
elles font partie du patrimoine national.
Ce sont autant de joyaux enchâssés dan» la
couronne industrielle, agricole, commer-
ciale de la Patrie.
Nous nous approchons à grands pas de
l'Exposition universelle de 1900. L'Acadé-
mie y puisera des forces nouvelles ; tous
ses Membres y sont conviés, et y figureront
dignement, j'en suis persuadé. Mais nous ne
devons pas oublierque nous avons àTétran-
ger des rivaux dangereux, dont Tindustrie ^
grandi sans relAche, dont la production,
moins chère que la nôtre, est encore facili-
tée par la présence à l'étranger de leurs com-
palriotesqui s'expatrient plus facilementque
nous, et que nous avons des efforts sérieux
à faire pour maintenir notre industrie et
notre agriculture au rang qu'elles occupent,
et c'est notre devoir à tous, mes chers Col-
lègues, d'arriver à ce résultat.
Je m'arrête Messieurs. Par nos statuts,
mes fonctions de président s'achèvent cette
année ; c'est donc la dernière fois que J'ai
l'honneur de présider votre assemblée géné-
rale. Mais, en vous adressant mes adieux,
j'ajoute que je continuerai à apporter à
l'Académie et aux nouveaux Membres du
Bureau tout leconcours dont je serai capaWe.
Je vais donner la parole à Monsiew le
53
ASSEMBLéE GÉNÉRALE ANNUELLE DES SOOltTAI&SS DU 25 rÊVRlER 1897.
54
Directeur ; mais avant, je dois lui adresser
tous mes remerciements pour le zèle et le
dévouement qu'il a toujours montré pour
le bon fonctionnement de l'Académie.
Il va ¥ous rendre compte des travaux du
dernier exercice, et proclamer les récom-
penses obtenues, afin de nous permettre de
joindre noa applaudissements en Thonneur
des hommes utiles dont nous sommes heu-
reux d'acclamer les travaux. » [Applaudis^
stments.)
Le Directeur remercie M. le Président des
appréciations trop flatteuses qu'il a formu-
té» à son endroit, et fait observer que M.
Vayson doit encore exercer les fonctions de
Président jusqu'au 19 octobre prochain, et
que, par conséquent, la plus grande partie
de l'exercice 1897 s'écoulera encore, pour
TAcadémie Nationale, sous l'égide tutélairo
de M. Vayson, qui fait partie de l'Association
depuis l'année 1859, et qui en occupe si di-
Toement la Présidence depuis le 13 mai 1891.
Le Directeur donne ensuite lecture du
rapport suivant, qui est présenté à l'assem-
blée au nom du Conseil d'administration :
« Messieurs,
L'Académie Nationale vient d'entrer dans
sa soixante-septième année d'existence,
avant déjà dépassé de beaucoup le terme
moven de la durée des générations et même
des institutions humaines. Bien peu des So-
ciétés existantes à l'heure actuelle lui sont
antérieures, et s'il fallait compter le nombre
de celles qui ont disparu depuis sa propre
création, on aurait certainement à enregis-
trer un chiffre assez élevé.
Pour avoir fourni une carrière aussi Ion-
I gue, au bout de laquelle elle se trouve
I aussi vivante que jamais, notre Association
adà constamment remplir les conditions
d'activité et de dévouement au progrès qui
forment ses raisons d'être et qui concourent
au perfectionnement général de l'agricul-
tore, de l'industrie et du commerce, perfec-
tionnement qui est la base du but social.
Dorant Tannée qui vient de s'écouler,
notre Société a poursuivi l'accomplissement
de sa tâche avec la même régularité que par
le passé. Elle a accueilli avec le même em-
pressement et la même faveur toutes les
idées et tous les projets, systèmes, appareils
ou produits qui lui ont été présentés comme
marquant une étape nouvelle dans la voie
du progrès agricole, industriel ou commer-
cial, et c'est avec le même esprit de bien-
veillant intérêt et de sympathique encoura-^
gement qu'elle a examiné toutes les innova-
tions qui lui ont été soumises.
Non seulement, la Société a fait bon ac-^
cueil à toutes les manifestations de progrès
qui se sont adressées directement à elle,
mais encore elle a recherché activement,
conformément d'ailleurs à un paragraphe
de ses statuts, toutes celles de ces manifes-
tations qui se sont produites dans les expo-
sitions et concours d'une réelle importance
tenus durant l'année écoulée.
C'est ainsi que les belles expositions de
Rouen et de Genève onl été l'objet d'exa-
mens attentifs en vue de rechercher, d'abord
d'une façon générale, quels étaient les ré-
sultats tangibles de la marche du progrès^
et, ensuite, d'une façon plus particulière,
quelle était la part des membres de notre
Association dans l'avancement incessant de
l'industrie.
C'est avec une légitime fierté que nous
avons pu reconnaître un grand nombre de
membres de la Société parmi les principaux
triomphateurs de ces deux Expositions, et
que nous avons constaté que les décisions
des Jurys de ces deux importants concours
avaient simplement sanctionné ou consacré
des jugements prononcés antérieurement
par l'Académie Nationale. Mais si ce fait
nous a causé une satisfaction bien natu-
relle, il nous a occasionné cependant quel-
que embarras. Car, en même temps que
nous applaudissions aux succès de nos So-
ciétaires, nous éprouvions un vif regret à
reconnaître qu'il ne nous était plus possible
de leur décerner de nouvelles palmes, par
la simple raison que nous leur avons accor-
dé précédemment toutes celles qu'il était en
notre pouvoir de leur décerner.
Certes, après avoir attribué un Diplôme
d'Honneur à un de nos adhérents, nous
pouvons encore^ à la constatation d'uii
55 JOURNAL MENSUEL DB
nouveau progrès ou d'un nouveau dé-
veloppement de son industrie, lui dé-
cerner un Rappel de Diplôme d'Hon^
neur. Mais, on comprend aisément qu'il
n'est pas possible de répéter indéfiniment
cette forme de récompense sans courir le
risque de lui donner un caractère vain et
futile. Nous devons donc considérer ceux
de nos Sociétaires qui se trouvent dans ce
cas particulier comme étant virtuellement
Hors Concours en ce qui concerne les dis-
tinctions de noire Société, attendu qu*ilB
sont parvenus à l'extrême sommet de la
hiérarchie de ces distinctions.
11 parait qu'un général du premier Em-
pire avait émis cet aphorisme qui est à la
fois très vrai et judicieusement observé, en
même temps que profondément absurde :
tt A la guerre, ce sont toujours les mêmes
(I qui se font tuer. » Si nous voulons appli-
quer la même pensée à la lutte commer-
ciale et industrielle pour le progrès écono-
mique, noud dirons avec plus de justesse :
« Dans les expositions et concours, ce sont
toujours les m^mes qui se distinguent et
({ui ti*iomphent. »
Certes, à chaque exposition nouvelle, les
groupes de tête du Palmarès renferment
quelques noms nouveaux, venant compen-
ser la disparition de quelques noms an-
ciens. Mais il est facile de constater que ces
groupes resteut cotnposés, dans leur partie
principale, de; mômes noms de grands in-
dustriels qui l cnnent à honneur de main-
tenir leur rang parmi les vainqueurs de ces
tournois pacifiques qu'on appelle des Expo-
sitions.
C'est ainsi que, dans la liste des récom-
pensesde l'Exposition de Rouen, nous avons
pu relever soit parmi les exposants classés
Hors Cotîcours jso'ii parmi les titulaires des
récompenses les plus élevées :
MM. Gadeau de Kerville, Marrou, Wal-
lon et Welby, de Rouen ;
Béréndorf, Cauvin-Yvose, Cornu, Des-
pRÈs (Félix), Egrot, les Fils de Deutsch,
Gouttière. Gruel, Guyenet, Joanne, Mo-
quet-Lesage, Rabourdin, Redouly et Cie,
Richard (Jules), de Paris ;
LACADEMIB NATIONALE.
56
De Ricqles et Cie, Voland et Cie, de
Lyon ;
Casiez-Bourgeois, de Cambrai ; Diede-
richs, de Bourgoin (Isère) ; Dumont et Cie.
desAndelys; Fontana, d'Alger; Grosseun
père et fils, de Sedan ; Guilbert-Martin,
de Saint-Denis ; Schouteeten, de Lille ;
Simon frères, de Cherbourg ; Savigny, de
Chartres, et Yaissier, de Roubaix.
Or, tous ces notables industriels sont de-
puis longtemps titulaires du DipIômed*Hon-
neur de TAcadémie Nationale, et noos ne
disposons plus de distinctions nouvelles, à
leur accorder, leur ayant déjà décerné notre
suprême récompense.
Il en est de même en ce qui concerne les
notabilités suivantes que les jurys de TEx-
position de Genève ont particulièrement
distingues :
MM. Russ-SucHARD et Cie, à Neucbatel ;
MM. Amédée Kohler et fils, à Lausanne ;
Cuenod, Sautter et Cie (Compagnie de Fln-
dustrie électrique) et Zentler frères, à
Genève; la Société anonyme J. J, Rieter
ET Cie, a Winterthur ; Dubail, Monnin,
Frossard et Cie, à Porrentruy ; Les Fils de
R. Picard à U-Chaux-de-Fonds; Rordorf
ET Cie, à Zurich.
Tous ces industriels sont également titu-
laires de notre Diplôme d'Honneur, et, pour
deux d'entre eux, rariribution de cette ré-
compense remonie'à Tannée I8G8 î
A TExposition dite du Théâtre et de la
Musique tenue l'année dernière au Palais de
rioduslrie à Paris, nous avons rt:ncontré
dans les mêmes conditions : MM. Corni',
Geisler, Gouttière, Lacroix, Lagache,
Richard et Wiggishoff.
Au Concours agricole de Paris, du com-
mencement de 1890, nous avons retrouvé
également MM . Bajac, Broquet, Brouhot,
Gazauûon, Champenois-Rambeaux, Egrot,
Gautreau, Grillot, Guyenet, Hirt,Jannel,
Lagache, Montandon, Mercier, Paupier,
Philippe, Simon frères et Texier fils jeune,
qui ont déjà recueilli toute la moisson des
lauriers dont nous pouvions disposer en
leur faveur.
Ô7 ASSEMBLKK GÉNÉRALE ANNUKLCËT DES
Eotio, bien que n'attendant plus de nous
de nouvelles distinctions, MM. Boulenger et
Ge, de Paris, ont tenu quand même à nous
présenter un nouveau spécimen de leur
orfêfrerie artistique, afin de montrer qu'ils
restaient dignes des encouragements d or-
dre supérieur que nous leur avons accordés
dans le passé.
Nous sommes heureux de rendre hom-
mage encore une fois aux mérites éminents
de ces chefs de diverses branches de Tin-
diotrie. et nous pensons que la proclama-
uoo de leurs noms à la présente Assemblée
générale leur semblera aussi honorable que
lattribution d'un nouveau diplôme, lequel
oe pourrait être qu'un Rappel pur et simple
du Diplôme d Honneur qu'ils possèdent de-
puis longtemps.
Mais, ainsi qu'on peut aisément le suppo-
ser, les Comités et spécialement le Comité
des Récompenses ont eu à s'occuper de nom-
breux Sociétaires qui n'ont pas encore épuisé
complètement la série hiérarchique de nos
distinctions honorifiques, et envers lesquels
il est possible de graduer les témoignages de
satisfaction et d'encouragement. Ces Socié-
taires constituent les lauréats de l'Académie
Nationale pour l'exercice 1896, et, confor-
nément à l'ordre du jour de la présente
usemblée, je vais avoir l'honneur de vous
proclamer leurs noms en vous donnant lec-
ture de la liste officielle des récompenses
que décerne cette année notre Société. »
Le Directeur donne lecture de. la Liste
générale des Récompenses qui est publiée
plus loin .
Q reprend ensuite la parole :
« Si nous faisons le compte détaillé des
récompensesqui viennent d'être proclamées.
Dons constatons qu'elles se décomposent
comme suit :
Diplômes d'Honneur 2G
Diplômes de Médailles d'Or 22
» » de Vermeil 21
I» » d'Argent 17
Total 80
Les Médailles attribuées aux Coopéra-
teurs de Membres de la Société, en confor-
SOCIKTAIRES Dt 25 FÉVIIIKR J807. 58
mité du paragraphe 3 de Tarlicle U des
Statuts, sont au nombre «le treize, dont trois
de vermeil, cinq d'argent et cinq de bronze.
Tous ces chiffres accusent de sensibles di-
minutions sur les nombres correspondants
des années antérieures, etindiquentassez(|ue
l'Association traverse une phase de moin-
dre activité qui ne saurait être d'ailleurs
que momentanée. Les ressourcessocia les s'en
trouvent naturellement réduites, et il ré.'^ulte
des comptes minutieusement vérifiés et exa-
minés par le Comité de Contrôle adminis-
tratif et financier que les recettes de l'exer-
cice écoulé n'ont été que de 2C.234 fr. suffi-
sant juste à assurer le fonctionnement so-
cial. Mais, enfin, grâce à une gestion pru-
dente et économique, la situation de la So-
ciété est demeurée parfaitement équilibrée
et la marche de tous les services adminis-
tratifs s'est accomplie dans des conditions
normales.
L'année 1897, dans laquelle nous sommes
entrés, verra s'ouvrir à Bruxelles une bril-
lante exposition internationale qui s'annonce
comme devant être d'une importance consi-
dérable. En France même, sans parler des
expositions plus ou moins fictives et illusoi-
res qu'organisent un peu partout certains
spéculateurs spéciaux, quelques concours
industriels sérieux, tels que celui de Vesoul,
sont en bonne voie de préparation. Enfin,
les travaux de l'Exposition universelle de
1900 qui vont être entrepris et poursuivis
sur une grande échelle sont de nature à
provoquer un vif réveil de l'activité indus-
trielle et commerciale dans notre pays.
Il y aura pour notre Société, dans toutes
ces manifestations de l'esprit de travail et
de progrès, des éléments de vie et d'action
qui nous permettent d'augurer favorable-
ment de l'exercice en cours.
Ainsi que l'indiquait le compte-rendu de
la dernière séance du Conseil d'Administra-
tion publié dans notre journal de janvier, le
Conseil a choisi comme nouveaux Membres,
pour combler les vacances existant dans son
sein du fait de décès ou de démissions,
MM. Lagache, Gaumont et Meyer.
En témoignage d'approbation de la mar-
che de la Société durant l'exercice écoulé,
59
JOURNAL MENSUEL DK l'aCADÉIIIE NAttONALt. 00
nime qu'elle ralifie la nomination des trois
nouveaux Membres du Conseil d'adminis-
tration.
L'ordre du jour étant épuisé, la séance a
été levée à 2 heures 1/2.
le Conseil d'Administration demande à l'as-
semblée générale de ratifier les trois nomi-
nations ainsi faites en conformité du para-
graphe 4 de l'article XII des Statuts. »
A la demande de M. le Président, l'as-
semblée manifeste par un assentiment una-
RÉCOMPENSES
DÉCERiNÉES PAR L'ACADÉMIE NATIONALE, AGRICOLE,
MANUFACTURIÈRE ET COMMERCIALE
A CEUX DE SES MEMBRES QUI ONT SOUMIS DES TRAVAUX OU DES PRODUITS AUX JUGE-
MENTS DES COMITÉS, ET A CEUX DONT L*ACTlvri É s'kSY PLUS PARTICULIEREMENT
SIGNALÉE DURANT l' ANNÉE 1896.
Diplômes d'Honneur.
A MM.
Bar, à Rantigny (Oise). — Paillons métal-
liques.
Blanc (Ch.), à Paris.— Nouveaux appareils
pour installations de bains.
Blondel (Alphonse), à Paris. - Pianos à
pupitre mobile.
Caron fila, à Rouen. — Teintures et blan-
chiments de coton, de lin et de ramie.
Chicot, à Levallois-Perret. — Roues pneu-
matiques pour voitures.
Dewar (John) et flls, à Londres.— Whisky.
Fauconnier (François), directeur de la
fabrique de produits céramiques, à Mau-
beu^e. — Carrelages et produits cérami-
ques divers.
Fortin (Paul), à Paris.— Emeris et produits
à polir.
Grobet frères, à Vallorbes (Suisse). — Li-
mes et burins.
Guillabert frères, à Seillans (Var). — Fabri-
cation perfectionnée de bouchons et arti-
cles en liège.
Huriimann, à Ënge (Suisse). — - Bières
brunes et blondes.
Jeaudonneno, à Paris. — Bijoux et ouvra-
ges artistiques en cheveux.
Julien (Victor), à Lavaur (Tarn).— Liqueurs
et spiritueux.
Le Coultre et Cie, au Sentier (Suisse). —
Fabrication de mouvements de montres.
Marti i Fritz), à Winterthur. — Commerce
et construction de machines agricoles
perfectionnées.
Martin. Maitte et Huberiand, à Pont-
sur- Sambre.— Fabrication d'essieux pour
voitures et spécialement d'essienx à
billes.
Nordenfeit (de), à Paris. — Appareil dé-
nommé Radiateur Salénius^ permettant
l'extraction du beurre directement du
lait pasteurisé.
Pfândier (Jean), à Rheineck (Suisse). —
Broderies mécaniques et imitations de
dentelles.
Plojoux, à Genève. — Horlogerie de pré-
cision.
Vve Rogée et Monnet, à Cognac— Eaux-
de-vie.
Ruch (Edmond), gérant de la Société fran-
çaise des couleurs d'aniline, à Pantin
(Seine). — Fabrication de matières colo-
rantes artificielles pour la teinture.
Thomas (Geo.) et Cie, à Manchester. —
Machines, appareils et instruments pour
la filature et le tissage.
Thury et Amey, à Genève. — Instruments
de précision et appareils photographi-
ques.
Vibert frères, à Paris. — Produits divers
de parfumerie.
Wallon, à Rouen. — Teinture, impression
et gaufrage de tissus.
Welti-Heer et Cie, à Lausanne. — Ameu-
blements de luxe.
01
LISTE (iKNKUALK hVJ» RKCOMPK.NSES.
02
Diplômes de Médailles d'Or/
A MM.
Almeida (Constantino de), à Villa Nova de
Gaya. — Vin vieux de Porto, dénommé
Constantino.
Bertrand, à Conslantine. — Vermouth et
amer au quinquina.
Boehm, à Mulhouse. — Carreaux agglo-
mères à base de cuir pour parquetage.
Canellopouios, à Paris. — Appareil Sri/--
Atttmifttv pour Tallumage automatique
des becs de gaz.
Caspari (Auguste), à Vevey (Suisse). -•
I*n>*luits et spécialités pharmaceutiques.
Chaumeil, à Paris. — Créations de céra-
mique artistique.
Chiffemann, à Lisieux. — Préparation
perfectionnée des fromages.
3ornier-Tuller, à Fleurier (Suisse). —
Absinthe.
Ouperrat Pauh fils, à Nevers. — Travaux
en riment à armature métallique rivée et
Ireillagée.
Frltsch du Val et Cle, à Bordeaux. —
Liqueurs fines de la Martinique.
Garcia Royo (José), à Valence (Espagne).
— Préparation tonique et stomachique
dénommée Caféina,
Haggipavlu et fils, à Limassol (Ile de
Chypre). — Eaudevie de Chypre.
Kratz-Boussac et de Changy, à Paris. —
Lampe portative à acétylène.
tefettvre (Isidore), à Nesle-Hodeng (Sei-
ne-Inférieure). — Fromages de Neufchâ-
tel.
Meylan-Truan, au Sentier (Suisse). —
lioilogerie soignée et compliquée.
Neher (Oscar) et Cie, à Mets (Suisse). —
Amidons et produits dérivés des céréales
et des farineux.
Périn frères, à Charleville. -— Clôtures
agricoles métalliques, à bnse de béton.
Pint (A.), à Saint-Pétersbourg. — Travaux
de calligraphie.
Puel père et fils, à Béziers. — Teintures
de soieries usagées et en pièces neuves.
Quartier (Hmilo) fils, aux Brenets (Suisse).
— Montres Génie,
Roth Meyer et Cie, à Oftringen (Suisse).
— Tissus de coton teints et imprimés.
Seguin, à Paris. — Moteur à pétrole et à
gaz Le Gnome,
Diplômes de Médailies de Vermeil.
A MM.
Allaire (Octave), à Levallois- Perret. —
Graisse industrielle infusible.
Apostolidés, à Constantinople. — Chaus-
sures Unes.
Baatard et Redard, à Genève. — Verres
de montres.
Boissiére, à Reuen. — Tuiles métalliques
en zinc.
Bourguet, à Paris. —Poulies de transmis-
sion en fer forgé.
Brochard-Quiiiet, à Chàteaudun. — Rhum
Joplonn.
Chailly, à Saint-Denis (Seine). — Huiles et
graisses pour Pindustrie.
Cher pit (Louis), à Nyon (Suisse). — Tra-
vaux de ferronnerie artistique.
Delisle et Cie, à Lau^^anne. — Produits
de pharmacie et d'hygiène vétérinaire.
Oemarco et Miret, à Montevideo. — Con-
serves de fruits.
Dikansl^y (Ilirsch), à Kharkov (Russie). —
Vernis à l'alcool pour meubles.
Ouprat (Georges) et Cie, à Bordeaux. -^
Vins et spiritueux pour l'exportation.
Golliez (Frédéric), à Morat. — Spécialités
pharmaceutiques.
Gui Mon, directeur de la Société des Huiles
immuables, à Salon (Bouches du-Rhône).
— Huiles, végétales inaltérables.
Jean (Jules), à Gap. — Services rendus au
commerce, à rindustrie et à l'agriculture
de la région.
Jordan (Fritz), à Neuchatel (Suisse). —
Produits pharmaceutiques.
Legrand-Baboye, à Fresnes (Nord). --
Chicorées torréfiées.
Pruszynski (E. de), à Saint-Pétersbourg.
— Résultats de son cours de calligraphie.
Rapin, à Montreux (Suisse). — Produits
pharmaceutiques.
Schweingruber, a Saint-Imier (Suisse).—
Ressorts pour horlogerie.
Stutzmann, à Genève. — Cuivreries di-
verses et pompes à incendie.
63
JOURNAL IIBN8CJKL Dft L^ ACADÉMIE NATION ALB.
04
Diplômes de Médailles d'Argent.
A MM.
Bailiy et Cie,
Phénix,
à Nancy. — Broyeur le
Charlent (Isidore), àGembloux (Belgiqire).
— La Charlentinr, produit pour laver le
lin^e et les étoffes, et faire disparaître
les taches.
Chéreau, à Bel-Abbès.— Vins d'Algérie.
Coste-Folchar, à Montpellier. — Vins de
table.
Cothenet-Tardy, à Uouen . — Produits chi
miquespourie blanchissage et la teinture.
Putllh, à Puyoo (Pyrénées-Orientales). —
Vin blanc.
FaYn8tein,à Odessa.— Méthode de mnémo-
'^ technie.
Favreau (lîlrnest) fils,
Liqueurs diverses.
à Chatellerault.
Fraisae, Bruggar et Cie, à Morat (Suis-
se).— Travaux de teinturerie et de lavage
rhimique.
Giger frèraa, à Saint-Gall (Suissel. —
Broderies et dentelles.
Henricet lîïenrl', à Nantes. -— Papier Pru-
neau contre l'asthme.
Hofer et Kuntzel, à Bâle (Suisse). — Ap-
pareils collecteurs de poussières.
MIousaet (Pierre), à Angoulôme.— Liqueur
la Présidente.
Navarre (Pedro), à Bel-Abbès. — Farines
et vins.
Povalyaev. à Simferopol. — Travaux calli-
graphiques.
Rioou (Henri), à Rouen. — Produits insec-
ticides et raticides.
Rocher, à Chàlons-sur-Marne. — Nouveau
métiil pour pièces de prothèse dentaire.
COOPÉRATEURS
Récompenses décernées aux Coopérateurs de Membres de la Société en conformité du
paragraphe 3 de Tarticle II des Statuts .
Médailles de Vermeil.
A MM.
Moreau (lîlugêne). chef d'équipe de la
fabrication des cuirs de chasse pour tis-
sage, chez M. A. Welby, à Rouen. —
18 années de services
Négro (Camille), ouvrier vermicellier, chez
iM. Antoine 01 i va ri lils, fabricant de pAtcs
alimentaires, à Niro i Alpes- Varilimes).—
18 années de services.
A. ytd^n Osch, employé chez MM. Hesselink
frères, négociants en vins d'Espagne, à
Arnhem (Hollande). — 18 années de ser-
vices.
Médailles d'Argent.
A MM
Dassigny (Eugène), contremaître mode-
leur, chez MM. Chambrette-Belion et Cie,
constructeurs-mécaniciens, à Bèze (Côte-
d'Or). — 25 années de services.
Demalzlère (Pierre), ouvrier-ajusteur, chc/.
M. Dard, constructeur-mécanicien, à Pa
ris. — 22 années de services.
Castelain (Louis), ouvrier tisseur, inven-
teur de divers tissus nouveaux, ayant
travaillé pendant 23 ans à la manufactura
de tapis de M. Vayson, à Abbeville.
Gamard (Alfred-Gustave), principal jardi-
nier pendant lU ans à la manufacture de
M. J. Vayson, à Abbeville.
Melano (François), ouvrier vermicellier,
chez M. Antoine Olivari flls, fabricant de
pâtes alimentaires, à Nice. — 17 années
de services.
(>.•
AGRICCLTtBE.
m
Médailles de Bronze.
A MM.
Ballon (Anselme), ouvrier tourneur, chez
MM. Chambrette-Belion et Cie, cons-
tructeurs-mécaniciens, àBéze (Côte-d'Or).
— 14 années de services.
Campion (Luifin), ouvrier de l'atelier de
préparation du chiendent pour Texporta-
tion. chez M. Antoine Adami, à Spreslano
iltalie). — 26 années de services.
Frantz (Félix), ouvrier ajusteur-monteur,
chez MM. Chambrette-Bellon et Cie, cons-
tructeurs-mécaniciens, àBéze (Côte-d'Or).
— 15 années de services.
Hagemann (G.-P.), contre maître de la fa-
brique d'instruments de chirurgie de
M. J. Pohl, à La Haye (Hollande). -^5 an-
nées de services.
Lorenzon (Pietro), chef de Tatelier de la
préparation du chiendent pour Texporta-
tion, chez M. Antoine Adami, à Sprcsiano
(Italie).— 25 années de services.
DISTINCTIONS ACCORDÉES AUX MEMBRES DE L'ACADÉMIE NATIONALE
A été nommé Chevalier de la Légion
d'Honneur :
.\f. H. SoiPTEiR, viticuUeuV, conseiller
général à Tlemcen (Algérie).
A «Hé nommé Officier d'Académie :
M. Antoine Olivari fils, fabricant de
pûtes alimentaires à Nice.
AGRICULTURE
CONCOURS AGRICOLE DE PARIS
Ainsi que nous Tavons précédemment
aanoncé, le concours général agricole de
Paris aura lieu au Champ-de-Mars, dans la
Galerie des iMacl^ines, du lundi 5 au mer-
credi 14 avril.
II comprendra des animaux de Ijouclierie
des espèces bovine, ovine et porcine ; des
animaux reproducteurs des mêmes espèces ;
desYolailles vivantes et des volailles mortes ;
des produits et semences. Une exposition
d'instruments, de machines et d'appareils
agricoles sera annexée à ce concours,
comme à Thabitude.
En voici le programme ofticiel :
Du lundi 5 au vendredi 0 avril inclusive-
ment, réception et installation des produits,
opération des jurys.
Du mercredi 7 au mercredi 14 avril
Onclus), exposition des machines.
Samedi 10. — A 8 heures et demie du
matin : Opérations du jury des animaux.
De 10 heures du matin à 5 heures du
soir. Exposition publique de tout le con-
cours. — Prix d'entrée : 5 francs.
Dimanche 11. — De 9 heures du malin
à 5* heures du soir : Exposition publique
générale. Prix d'entrée :. 1 franc.
Lundi 12. — De 9 heures du matin à 5
heures du soir : Exposition publique géné-
rale. — Prix d'entrée : 1 franc.
Mardi 13. — De 9 heures du matin à 5
heures du soir : Exposition publique géné-
rale. — Prix d'entrée : 1 franc.
Mercredi 14. — De 9 heures du matin à
5 heures du soir . Exposition ptiblique gé-
nérale. — Prix d'entrée: 1 franc.
A partir de 1 heure de l'aprôs-mlii, vepte
aux enchères des produits et vo*ailles
mortes.
LES CONCOURS RÉGIONAUX AGRICOLES
EN 1897
Par arrêtés en date du 30 décembre 189(i,
le président du Conseil, Ministre de l'agri-
culture, adécidéqueles concours régionaux
(57
JO(;li^AL HklNStlO. UE
agricoles se tiendront, en 1897, dans lesvil-
leset aux époques suivantes :
Valence, du 8 au 10 mai. — Bourges, du
]5au 23 mai.— Bordeaux, du22 au 30
mai. — Rennes, du 29 mai au G juin.— Ve-
soul du 2(> juin au 4 juillet.
Pour ôlre admis ù exposer dans ces divers
concours, on doit en faire la déclaration au
Ministère de l'agriculture. Cette déclaration
devra être parvenue au Ministère, à Paris,
aux dates désignées ci-après : Valence, le
25 mars ; — Bourges, le 5 avril ; — Bor-
deaux, le 10 avril ; — Rennes, le 15 avril ; —
Vesoul, le 15 mai.
On peut se procurer les programmes de
ces divers concours et les formules de
déclaration au Ministère de Tagriculture et
dans toutes les préfectures et sous-préfec-
tures.
Dans les dispositions générales, un chan-
gement important a été apporté. Tous les
agriculteurs, constructeurs, etc., résidant
en France, en Algérie, dans les colonies ou
pays de protectorat, pourront prendre part
au;^ concours, sans distinction de région ou
quel que soit leur domicile. Seuls, les agricul-
teurs exploitants seront admis à concourir
pour les récompenses prévues pour les ani-
maux reproducteurs des races bovine, ovine
et porcine; mais i!s ?ie pourront prendre
part qu'à un seul concours régional de Van-
née, C'est là que se trouve le changement
que nous devons indiquer. Dans les derniè-
res années, les éleveurs pouvaient envoyer
leurs animaux à plusieurs concours ; les
animaux étaient toujours classés, mais il
ne pouvait leur être attribué de primes en
argent et des prix d'ensemble que dans un
seul concours ; désormais, chaque agricul-
teur ne pourra prendre part qu*à un seul
concours.
CONCOURS DE LA
SOCIÉTÉ D'APICULTURE
DE LA MIEUSE
La Société départementale d'Apiculture
du départemental de la Meuse^ présidée
par notre Sociétaire, M. Alfred Boinette,
ouvre trois concours, en 1897 :
l'academiu nationale. <>8
P"" Entre tous les auteurs, français et
étrangers, d'ouvrages apicoles écrits en lan-
gue française.
2^ Entre les Instituteurs de la Meuse qui
donnent l'enseignement apicole à leurs élè-
ves.
3* Entre les Apiculteurs, praticiens ou
amateurs, qui possèdent dans la Meuse, des
ruchers fixisteA ou mobilisles.'
Les Bécompenses à décerner consisteront
en : Diplômes d'honneur et médailles d'or,
en médailles de vermeil, d'argent, de bron-
ze, en diplômes de médailles, en ouvrages
apicoles ou en instruments d'apiculture.
Les auteurs devront adresser au Prési-
dent de la Société, à Bar-!eDuc, avant le
P' juin, au moins un exemplaire de leurs
ouvrages. Les ouvrages admis au Concours
ne seront pas rendus.
Les instituteurs enverront un ou plusieurs
cahiers de leurs élèves comme preuves de
leur enseignement. Ces cahiers seront re-
tournés après le Concours.
Les Commissions d'examens seront ainsi
composées :
Pour la visite des ruchers, le Bureau de
la Section, où se trouvera un concurrent,
choisira lui-même deux examinateurs men-
bres de la Société et habitant le canton,
auxquels il sera adjoint un membre du Bu-
reau central qui présidera la Commission.
— Le Jury chargé d examiner les ouvrages
et cahiers d'apiculture ssra nommé en
Assemblée générale.
Ces Commissions seront tenues de faire
un rapport qui sera adressé au Président
de la Société. Les membres du Bureau se
réuniront ensuite pour prendre connais-
sance des divers rapports et dresser la liste
définitive des récompenses.
Les membres des Commissions d'examen
ne pourront pas prendre part auxConcours.
Les personnes qui ont l'intention de con-
courir doivent adresser leur demande au
Secrétaire-Général, M. Maujan, à Longe-
ville, avant le 1" juin.
W AGRICULTURE.
IMCUBATEUR AUTOMATIQUE
de haute précision.
Sjslèmode M. J. de Sokolmcki, àChinchon,
parCastillon (Gironde).
M. ddSokolnicki nous aadressé la photo-
graphie, un dessin schématique en coupe,
et une description détaillée d'un appareil
qa'il dénomme incubateur automatique^ et
qui est une couveuse artificielle joignant
Dne très grande précision de fonctionne-
raent à une réelle élégance d'aspect.
Voici comment M. de Sokolnicki décrit
lui-même son appareil :
« C'est une cloche double en zinc, à pans
• coupés, reposant sur un socle en bois qui
• comporte un tiroir pour recevoir les œufs
• è faire éclore.
« Le régulateur de chaleur, qui, en fait,
■ est Tàme de l'appareil, est tout simplement
t une bande métallique formée de deux mé-
< tans à dilatations différentes. Cette ban-
• de est enroulée en hélice, Tune des extré-
• mités étant fixée à un bouton de réglage,
< et Tautre agissant sur une manivelle qui
« commande, par transmission axiale, un
« disque obturateur placé dans une chemi-
« née centrale qui réalise la communication
t de la chambre chaude d'incubation avec
-Tair extérieur.
tUn récipient à eau chaude de dimen-
• sions relativement vastes occupe la plus
< grande place dans l'intérieur de l'appareil
■ et se trouve surmonté et entouré d'une
« enveloppe que j'appelle thermanisante et
« qui est remplie d*une pâte semi-fluide
- formé de poudre de charbon et d'huile de
< lin. Le récipient à eau chaude communi-
• que par deux tubes, placés l'un à sa par-
t tie supérieure l'autre à sa partie inférieure,
< avec un bouilleur fermé, placé à Texté-
<riear derappareil et qui peut être chauffé
« par une petite lampe à alcool ou à essence
• minérale, de façon à entretenir la chaleur
«delà masse d'eau. »
Tel qu'il est décrit par M. de Sokolnicki
et tel qu'il est figuré parle dessin et la pho-
tographie, l'appareil semble aussi bien con-
çu que bien exécuté.
7e
11 s'est montré d'une très grande sensibi«
lité de fonctionnement, la température in-
térieure s'y maintient absolument constante
au degré déterminé par le bouton de régla-
ge de l'hélice régulatrice. 11 paraît môme
que, grâce aux propriétés calorifuges de la
pâte qui constitue Ven voloppe appelée /Aer-
manisante par M. do Sokolnicki, Téclosion
des œufs est toujours assurée, même en cas
d extinction de la lampe extérieure, la tem-
pérature intérieure de Tappareil ne s*abais-
sant, dans ce cas, que de un degré en six
jours.
Dans ces conditions, il y a lieu de re-
connaître que l'Incubateur automatique
construit par M. de Sokolnicki présente
réellement une plus grande précision et
une plus grande sécurité do fonctionne-
ment que les couveuses artificielles créées
jusqu'à présent par divers constructeurs,
lesquelles sont cepeniiantassez satisfaisantes
dans la pratique.
INFLUENCE DE LA LUMIÈRE VIOLETTE
sur la croissance do certains
jeunes animaux.
Communication de M. J. ns SoKoi.NtoKi,
à Chinchon-1a>Buraille, par Castillon
(Gironde) .
Dans notre journal de février 1893, nous
avons publié une note sur les résultats sur-
prenants qu'avait obtenus notre sociétaire,
M. J. de Sokolnicki, en plantant des bou-
tures de vigne dans une serre à vitrage vio-
let. Dans notre journal de mars 1898, rêve
liant sur la même question, nous avons re-
produit l'analyse d'une note communiquée
à l'Académie des sciences et relatant les
curieux effets obtenus par M. Camille Flam-
marion, dans les serres de la station de cli-
matologie agricole de Juvisy, à la suite
d'expériences variées faites sur plusieurs
végétaux soumis aux influences de la lu-
mière colorée en diverses teintes.
A la suite de cette dernière publication,
M. J. de Sokolnicki a renoncé à poursuivre
ses expériences personnelles concernant
n
JOURNAL MENSCBL DB
rinfluence de la lumière colorée sur la
végélation, ne doutant pas que M. Camille
Flammarion et ses collaborateurs de la sta-
tion de climatologie de Juvisy ne dussent
continuer leurs essais particuliers dans cette
voie si intéressante.
Mais notre Sociétaire résolut d'entrepren-
dre des recherches de même nature en fai-
sant porter ses expériences sur la croissance
des jeunes animaux, et voici l'intéressante
communication qu'il vient de nous adres-
ser, touchant les résultats de ses nouvelles
expériences :
« En voulant continuer à étudier plus
u particulièrement Tinfluence de la lumière
a violette, j'ai éprouvé les mômes difficul-
« tés que M. Camille Flammarion à me pro-
« curer dans le commerce des verres fran-
« chementv/o/ef5, et j'ai dû me contenter de
u ceux dont la réfrangibilité égalait à peu
u près celle des verres rouges, les tenant
« alors pour sufGsamment bons.
« Dans une portée de dix petits porcelets,
(1 aprèssevrage, je choisis quatre animaux à
« peu près semblables, et je les divisai en
« deux groupes de même poids. L'un des
» groupes a été soumis à la lumière violette,
« c'est-à-dire placé dans une case de por-
« chérie ne recevant la lumière qu'au tra-
a vers de vitres violettes, tandis que l'autre
u groupe restait dans une case éclairée à la
u simple lumière du jour.
« Il va sans dire que pour les deux grou-
« pes la nourriture et les soins furent de
« nature identique.
« Or, au bout de quatre mois, les porce-
« lets soumis à Tinfluence de la lumière
« violette, pesaient un tiers en plus que les
« porcelets de l'autre groupe. Leur peau
« était d'une fines.se excessive et leurs soies
« absolument blanches et argentées. Ces
u porcelets furent vendus au marclié un
L'ACAD^lB NATIONALE. T2
: « tiers plus cher que leurs similaires de
I <( même âge.
« Les deux porcelets soumis à la lumière
c blanche ont été de très bonne venue, grâ-
'< ce aux soins spéciaux et réguliers dont ils
« avaient été l'objet ; mais ils n'ont accusé
» ni la finesse, ni le volume de ceux du
f premier groupe. Leur peau était rousse,
€ ainsi que l'extrémité de leurs soies, qui
« étaient entièrement d'une nuance roux
« sale, à la queue.
a J'ai constaté aussi qu'un jeune chat se
« développait extraordinairement sous Tin-
« fluence de la lumière violette, mais que
a cependant le développement démesuré
« s'arrêtait aussitôt que lé jeune animal
« commençait à gambader, ce qui semble-
« rait indiquer que Vinaction est nécessaire
« au succès.
« Parmi les volatiles, le pigeonneau est des
« plus sensibles à l'influence de la lumière
« violette et devient énorme en vingt jours.
tf Parmi les insectes le grillon noir des
0 champs devient tellement gros et gras
« qu'il ne peut bientôt plus bouger et qu'il
« en crève parfois.
« De toutes mes expériences, j'ai retiré
« cette conviction que l'influence de la
« lumière violette pourrait être appliquée
« avec succès aux couveuses d'enfants^ ce
c qui serait peut-être un bienfait pour les
« frêles êtres qu'on leur confie. Dans tous
« les cas, l'expérience vaudrait la peine
« d'être tentée, et j'avoue que je serais heu-
« veux si ces lignes tombaient sous les yeux
« de quelqu'un qui veuille s'occuper de la
« question. »
Nous enregistrons textuellement, sans
commentaires, la communication de M. de
Sokolnicki et nous ferons en sorte que le
dernier paragraphe de cette communica-
tion soit porté à la connaissance de qui de
droit.
KXI»0SITI0.N8 KT CONCOURS.
EXPOSITIONS ET CONCOURS
74
EXPOSITION INDUSTRIELLE
à VESOUL (Haute-Saône).
A Toccasion du concours régional et hip-
pique, une exposition industrielle se tiendra
à Vesoul du 20 juin au l^août 1897. Cette
eiposition pouvant intéresser nos sociétai-
res, nous les informons que leur demande
d'admission doit être envoyée avant le
10 mars au secrétaire du comité, M. Lassus,
14, place du Palais, à Vesoul.
Les Industriels qui voudront bien partici-
per à cette Exposition, sont assurés de trou-
ver à Vesoul un excellent accueil. La com-
mission spéciale se tiendra à leur disposition
pour fournir tous renseignements qu'ils
jugeront utile de demander.
La municipalité ne négligera rien pour
donner à ces fêtes agricoles et industrielles
le plus de relief possible, notamment par
Torganisation, tous les dimanches, de difié-
rents concours de sociétés : musique, gym-
nastique, cycles, pompes.
Agréablement située au centre d'un pays
de production et à l'intersection de plusieurs
lirandes lignes, la ville de Vesoul sera cer-
tainement visitée, pendant la période des
fêtes, par une nombreuse affluence d'agri-
culteurs, de négociants et d*amateurs. De
sorte que les exposants, outre la perspective
d'obtenir des récompenses honorifiques,
auront l'avantage de faire apprécier leurs
produits et d'étendre leurs relations com-
merciales.
Notre Sociétaire, M. Magot, fabricant de
limes et scies, à Vesoul, fait partie du Co-
mité d'initiative de cette exposition, et se
met à la disposition de ses collègues pour
leur fournir tous les renseignements parti-
culiers qu'il pourraient désirer au sujet de
l'exposition.
EXPOSITION RÉGIONALE
à QAP (Hautes- Alpes).
Du 10 au 25 septembre dernier s'est tenue
à Gap, chef-lieu du département des Hau-
tes-Alpes, dans la cour du lycée de la ville,
une exposition régionale, à la fois artisti-
que, industrielle et agricole, dont le succès,
quoique modeste, a été très réel.
Visitée avec beaucoup d'intérêt par un
grand nombre d'habitants de Gap et des
environs, cette exposition régionale a mis
en relief les ressources agricoles et indus-
trielles de la contrée et a répandu dans le
public la connaissance de progrès nouveaux
dans les différentes ' branches de l'activité
humaine. Elle a ainsi produit tous les ré-
sultats utilitaires à attendre des expositions
sérieuses et bien ordonnées.
L'initiateur de cette intéressante exposi-
tion a été notre Sociétaire, M. Jules Jban,
directeur de la société commerciale dé-
nommée Comptoir agricole des Alpes^ qui
a conçu le projet d'organisation et qui a tra-
vaillé à son exécution en qualité de Com-
missaire général de l'Exposition et de Prési-
dent du Jury de la section agi'icolê.
Tous les organes de la presse locale ont
été unanimes à reconnaître que le mérite de
la plus grande part du succès obtenu par
l'Exposition de Gap, devait revenir à H. Ju-
les Jean, qui a prodigué ses efforts et son
travail pendant les périodes de préparation,
d'organisation et de liquidation de cet in-
téressant concours.
Il va sans dire que le Comptoir agricole
des Alpes avait participé d'une façon . très
complète à l'Exposition de Gap en y pré-
sentant, parfaitement ordonnés et arrangés
avec goût, tous les produits et appareils si
divers, la plupart pour, usages agricoles,
dont ce Comptoir assure la vente dans la ré-
gion des Hautes-Alpes.
En sa qualité de Président du Jury de
la section agricole, H. Jules Jean se trou-
vait naturellement placé hors concours à
cette exposition de Gap, mais sa collection
de récompenses honorifiques ne s'en trou-
vera pas moins enrichie cette année d'une
médaille d'argent obtenue à l'Exposition
d'horticulture de Bayonne et d'un diplôme
75 JOURNAL MENSUEL DE L'ACADéXIE NATIONALE
de grand-prix remporté à une exposition de
Tours.
Nous avons pris connaissance avec beau-
coup d'intérêt des renseignements qui nous
ont été transmis sur Tintelligente activité
déployée par M. Jules Jean dans la concep-
tion et dans Torganisation de TExposiiion
de Gap, et nous avons lu avec plaisir les
discours judicieux et môme éloquents qu'il ^
a prononcés, tant au jour de l'inauguration
de l'Exposition qu'à celui de la proclama-
lion des récompenses.
Notre sympathique Sociétaire a donné là
de nouveaux gages de son dévouement
éclairé à la cause du progrès et a rendu
ainsi de nouveaux services à l'agriculture de
son département.
UNE
EXPOSITION DANS
CENTRALE
L'AMÉRIQUE
à Guatemala, en 1897.
Règlement général.
C'est à la jeune République du Guatemala
que l'Amérique centrale est redevable de
cette initiative hardie, car, c'est, en effet,
son assemblée législative qui a décrété, le
8 mai 1894, qu'une exposition des cinq
Républiques de l'Amérique centrale ouvri-
rait dans la capitale du Guatemala le 15
mars 1897, et y tiendrait ses assises jusqu^au
l'^'^juillet de la môme année, jour de sa fer-
meture.
Si Ton pense que la petite République,
initiatrice de cette idée qui peut et doit
être féconde, couvre une superficie de plus
de 125.000 kilomètres carrés et renferme
plus de 1.500.000 habitants, qu'elle touche
au Mexique auquel elle est reliée par des
voies ferrées et qu'elle s'étend à l'entrée de
l'Isthme de Panama, dans la partie la plus
fertile, sur les deux Océans où elle possède
d'excellents ports, on se rendra compte
tout de suite du grand effort qu'elle est
capable de réaliser en vue du succès final.
Les cinq républiques pourront exposer
des cafés, des cacaos, des tabacs de premier
ordre, des bois d*ébénisterie et de teinture,
des vanilles, des cotons, des cuirs, des échan-
76
(liions de produits miniers de tous ordres,
depuis la houille, jusqu'à l'or, en passant
par le fer, le .cuivre, l'argent et toutes les
pierres précieuses.
Nou<î pourrions allonger cette nomencla-
ture des produits naturels du sol pendant
deux colonnes, parler des fruits incompara-
bles de ces pays, etc., mais la nomenclature
pourrait en devenir fastidieuse et nos lec-
teurs savent tous quelle est la fertilité,
quelles sont les richesses naturelles de ces
admirables contrées .
Ce qu'il importe, c'est que nos commer-
çants connaissent la date de cette exposition,
que nos industriels sachent quelles sont
les matières premières qu'ils peuvent y
rencontrer, tandis qu'ils y trouveront des
débouchés certains pour leurs objets ma-
nufacturés : colons filés et tissés, merceries,
chaussures, chapeaux, soieries de Lyon,
quincailleries, drogueries, vins et liqueurs,
etc.
C'eîît en obéissant à ces diverses préoccu-
pations ou plutôt pour satisfaire à ces di-
vers et légitimes besoins d'information
que le gouvernement de la République du
Guatemala vient de faire publier en fran-
çais et distribuer /(? Règlement général de
r Exposition Centre -Américaine .
Cette petite brochure de soixante et quel-
ques pages est trô> complète, très claire et
très suffisante et Ton ne peut que rendre
un juste hommage au sens pratique et à la
ij.hode si simple qui ont présidé à sa ré-
daction.
Celte traduction de l'espagnol n'est peut-
être pas toujours d'une pureté irréprocha-
ble et l'on pourrait peut-être se prendre à
regretter qu'un homme plus familiarisé avec
notre langue n'ait point présidé à sa cor-
rection, mais ce n'est là qu'une critique de
détail de peu d'importance.
On pourrait aussi trouver un peu exagéré
lo ton même de l'avant-propos aux expo-
sants, mais il ne faut pas oublier que nous
sommes là en pays interlropical ; le soleil
et la noble langue espagnole sont donc les
seuls coupables, et l'on aurait, en quelque
sorte, mauvaise grâce à sourire d'un bel en-
thousiasme, qui, en définitive, n'est qu'un
INDUSTRIE.
78
excès bien excusable de patriotisme chez
It^ peuples jeunes.
Ces jeunes Républiques américaines mon-
trent, en effet, une ardeur et des enthou-
siasmes qui paraissent presque sonner faux
dans notre vieille Europe. C*est cependant
mù par de tels sentiments que Ton arrive à
faire de grandes choses et à réaliser des
œuvres qui paraissent supérieures à ses
forces et à ses ressources.
Tel sera certainement le cas de la Répu-
blique du Guatemala, lorsqu'elle sera prête
à recevoir les visiteurs de son exposition
Centre-Américaine au mois de mars de
cette année.
P. V.
INDUSTRIE
BUOUX ET OUVRAGES ARTISTIQUES
EN CHEVEUX
de M. Jeaudonneng, bijoutier,
fabricant-dessinateur en cheveux,
passage du Havre, 39 à 43, à Paris.
Il en est de cette si curieuse et si spéciale
industrie des cheveux ou, si Ton aime
mieux, de cet art de travailler les cheveux,
comme de beaucoup d'autres depuis vingt-
rîoq ans, comme de la photographie par
exemple : on s'en va répétant que Vart de
travailler les cheveux n*est plus à la mode,
pifce que les boutiques ou Ton voyait les
objets ingénieusement édifiés avec nos poils
^ font rares. C'est absolument comme si
Ton disait que la photographie disparait
parce qu'il n'y a plus une photographiée
chaque coin de rue, au-dessus du marchand
df vin, comme cela avait lieu, il y a quel-
que trente ans, avant la guerre.
Eh bien, c'est là une grave erreur dans
laquelle il importe de ne pas tomber ;
jamais Part de travailler les cheveux aussi
bien que la photographie n'ont été autant à
h mode, n'ont eu une clientèle plus sûre,
plus régulière, plus fidèle.
Ce qui est la vérité, c'est que toutes les
petites maisons, où l'on ne faisait que de la
camelote, qu'on me passe le mot parce qu'il
rend bien ma pensée, ont disparu une à une,
et qu*il ne reste debout, à l'heure actuelle,
qae les maisons de confiance où l'on exé-
cute des travaux vraiment finis, vraiment
mistiqnes.
Si cette constatation a jamais été &sa pla-
ce, c'est bien lorsque Ton a à parler de
cel art de transformer les cheveux en mille
objets divers, simples souvenirs ou véri-
table œuvre d'art delà bijouterie contem-
poraine où les cheveux ne semblent plus
que Pingénieux et touchant prétexte.
A l'heure présente on peut dire que dans
cet ordre d'idées notre collègue, M. Jeau-
donnenc, expert près le gouvernement,
tient la tète et crée chaque jour, avec de
simples cheveux, une multitude infinie de
bimbelots, de menus objets, qui touchent à
une foule d'industries et sont de véritables
œuvres d'art, dans l'acception la plus rigou-
reuse du mot.
Cela tient à ce qu'il fabrique ou plutôt
dirige la fabrication chez lui, sous ses yeux,
car il emploie dans ses ateliers — qui l'eût
cru ? — une quarantaine d'ouvriers des
deux sexes, ce qui prouve que les comman-
des ne chôment pas. Cela tient à ce qu'il
est tout à la fois dessinateur et bijoutier, et
peut, par conséquent, donnera ces objets le
cachet de distinction artistique et de bon
goût, si l'on ne veut pas tomber précisé-
ment dans la trivialité des tableaux en che-
veux, tels qu'on les comprenait il y a qua-
rante ans et tels qu'on ne les retrouve plus
aujourd'hui que dans quelques loges de
concierges attardés du Marais.
Encore une fois, donner un aperçu, mê-
me succinct, des objets sortant des ateliers
de M. Jeaudonnenc, serait chose impossible
par cette excellente raison qu'il met à con-
tribution toutes les industries, pour créer
tous les objets que Ton peut imaginer, en
79
JOURNAL MKNSDbL DB
employant toujours le cheveu, rien que le
che?eu. Ses matières précieuses, Tor, le
bois, Targent, les cuirs, etc., ne forment ja-
mais que le cadre et rien de plus, et à ce
point de vue, il est bon dinsisteret de pré-
ciser. Vous voyez à la devanturede son ma-
gasin, dans ce passage du Havre, si connu
de tous les Parisiens, des paysages entiers,
de véritables tableaux, des fleurs, des per-
sonnages, des oiseaux. Tout cela est en che-
veux, intégralement en cheveux tassés, lis-
sés, coupés, liquéfiés, réduits en poussière,
etc., mais ce sont toujours des cheveux et
uniquement des cheveux.
Cependant, essayons de citer au hasard
ceux qui ont le plus vivement sollicité et
retenu notre attention.
Voici d abord un cadre carré sculpté, con*
tenant la reproduction d'un portrait de
M. Caruot, surmonté d*un écusson portant
son chifTre et entouré d'une draperie t'uné-
raire,avec motifs allégoriques d'un excellent
effet.
Voici un véritable tableau ; dans un ca-
dre Louis XVI eu palissandre et bronze
ciselé, une photographie en relief représen-
tant M"** deX. dans sa maison de campagne,
et dire que tout cela est en cheveux, c'est,
en vérité, à n'y pas croire.
Dans un cadre en bronze sur peluche
bleu de ciel nous remarquons une disposi-
tion charmante de boucles de cheveux
blancs agrémentées de fleurs fines, telles
que pensées, myosotis, lierre, etc. ; faut-il
faire remarquer encore une fois que toutes
ces fleurs sont aussi bien en cheveux que le
motif principal qu'ils accompagnent dans
une très harmonieuse tonalité.
Du reste, notre collègue réalise de vérita-
bles merveilles dans cet ordre d'idées :
regardez dans ce cadre de bronze et velours
grenat aux tons plus chauds cette gerbe de
roses en boutons, de feuillage et de myoso-
tis accompagnés d'une palme enroulée de
lierre, avec un chiffre au centre, et dites-
moi si vraiment l'artiste ne semble pas a voir
fait concurrence à la nature elle-même, et
cependant tout cela est fait et créé de tou-
tes pièces avec une poignée de cheveux ;
cela tient tout à fait du miracle !
L'aCAOÉMIK NATIONALB. 80
Sous un cadre en bronze doré, voici une
corne d'abondance formée de fleurs diver-
ses représentant la réunion d'une famille
avec son chiffre. Au milieu de ces fleurs se
trouve une mouche tout en cheveux^ que
Ion dirait prête à s'envoler, tellement elle
est bien imitée.
Citerons-npus encore la longue fille des
écrins élégants renfermant des plumes^ des
portes-crayons, des coupe-papier, des sous-
mains, des fournitures de bureau, en un
mot, sous leur forme, les plus multiples et
les plus variés.
Ces écrins renfermant les bijoux, chaînes,
broches, bagues, épingles de cravate, reli-
quaires, châtelaines, bracelets, boulons de
manchettes, breloques, etc., etc., toujours
tout en cheveux et montés sur argent, or,
perles fines, diamants, etc., suivant la fan-
taisie ou la fortune des clients, sont là pour
séduire et émerveiller les visiteurs.
Pour nous résumer d'un mot, H. Jeau-
donnenc a su faire de son industrie si spé-
ciale un art véritable, et certes ceux de nos
collègues qui passeront une heure dans ses
magasins et dans ses ateliers en ressortiront
convaincus que Ton peut véritablement faire
des choses charmantes, en sachant em-
ployer les cheveux.
Un dernier point qui a bien son Impor-
tance et que nous allions omettre : tous les
cheveux confiés à la maison sont toujours
rigoureusement classés, étiquetés et travail-
lés sous les yeux mêmes des clients, s'ils
le désirent, de manière à ce que Ton soit
toujours bien certain de posséder le souve-
nir des chers disparus ou mémo des vi-
vants !
TERRES CUITES ET FAÏENCES
A DÉCCRS HÉRALDIQUES
de M. A. Chaumeil, 97, avenue d'Italie.
Nous avons, à diverses reprises, eu Tocca-
sion d'attirer l'attention de nos lecteurs sur
les terres cuites et les faïences si artistiques
de notre collègue, notamment dans les nu-
méros de septembre 1891 et juin 1895.
Dans ce .dernier nous nous étions arrêté
plus particulièrement à sa nouvelle créa-
.SI
INDUSTRIE.
82
tioB, désignée par lui-roéme sous le nom
defaîences héraldiques, et nous lui avions
prétIiKungmnd succès.
SaDSTOuloir revenir sur tout ce que nous
iTODS dit^ à reUe occasion, sur le cûté très
artistique de ses pièces qui restent cepen-
dant abordables pour toutes les bourses et
sor riogénîosité même de cette véritable,
siocèreet fidèle reconstitution, il nous sera
bien permis de constater que nos prévisions
se font pleinement réalisées. A l'heure pré-
«eote ce n'est plus seulement en Bretagne et
dans les deux Amériques que M. Chaumeil
eoToieses produits, c'estdans le monde en-
tier et il faut bien que nous constations de
Doaveaa que c'est tout naturel, puisqu'il s'a-
dresse à la vanité humaine.
Pouvoir mettre sur ses assiettes, sur des
senrices complets, sur des grands plats dé-
eontifs les armes de ses aïeux authentiques
ou même de date récente, est toujours chose
séduisante, même pour les parvenus de la
veille et peut-être surtout pour eux.
Aussi peut-on dire hardiment que notre
collègue, avec ses faïences héraldiques, :i
m la main sur une veine inépuisable.
Maintenant il faut dire qu'avec ses pro-
cédés de fabrication qui lui permettent do
donner au craquelé de ses émaux un cachet
d'antiquité et de vétusté plein d'authenti-
filé, il parvient à produire un degré d'il
iosion telle que ses clients en arrivent à sa
figurer sans efforts qu'ils descendent en
ligne droite — ou bâtarde — des croi-
sés!
A ce propos on racontait dernièrement
Dnebirn bonne histoire; M. Chaumeil avait
▼endu en gros, en Bretagne, des plats héral •
diques à 8fr. 75 pièce à un brave marchand
qui les revendit 12 francs aux acheteurs ;
or, il parait que dernièrement, un de cei^
derniers, peut-être peu scrupuleux sur le.^
œrtjticats d'origine, avait vendu un de ces
plats la jolie somme de 70 francs à un ama-
teur qui s'était cru, de bonne foi, en pos-
«aion d*uije pièce du siècle dernier.
CeUe anecdote ne prouve-t-elle pas h
luel degré de perfection, dans la reconsti-
totioD historique des vieux modèles, en est
«rivé notre collègue, désolé et flatté, tout à
la fois, quand on lui a conté cette amusante
histoire.
Aujourd'hui les faïences héraldiques de
M. A. Chaumeil sont entrain de devenir po-
pulaires, un peu dans tous les mondes, et
c'est justice, car elles représentent un grand
effort artistique, obtenu avec le minimum
possible du prix de vente, ce qui est bien
fait pour séduire doublement le client, de
plus en plus amoureux de faïences décora*
tives.
VERNIS POUR MEUBLES
de M. H. DiKANSKY, à Kharkov (Russie).
L'industrie russe se développe dans des
proportions. vrai ment surprenantes et admi-
rables, et cette constatation s'applique par-
faitement à toutes ses branches, dans leurs
différents degrés d'importance, c'est-à-dire
à la grande, comme à la moyenne et à l.i
petite industrie. Grâce aux encouragements
éclairés des autorités politiques et adminis-
tratives, les usines, les manufactures et les
simples ateliers vont se multipliant sur
tous les points de l'immense territoire de
l'empire des Tsars.
Un puissant effort se fait dans tous les
rangs du monde du travail pour arriver a
fabriquer en Russie même tous les objels
ou produits nécessaires, ou simplement
utiles,à la pratique de la civilisation la plus .
raffinée.
Il est d ailleurs à remarquer que toutes
les fondations industrielles ainsi créées dé-
butent en s'installant d'abord conformé-
ment aux données les plus nouvelles de
l'art de l'ingénieur, en semunissant de Tou-
tillage le plus moderne, et en appliquant
les procédés les plus perfectionnées au trai-
tement des matières premières reconnues
les meilleures.
Si, avec de tels éléments de production,
les articles fabriqués ne se trouvent pas
d'emblée au même degré de perfection que
les produits similaires d'Angleterre, de
France, d'Allemagne ou d'Autriche-Hongrie,
cela tient au manque d'expérience profes-
sionnelle du personnel appelé à fournir la
83 JOURNAL MENSLF.L DE
main-d'œuvre des industries nouvelles.
Mais on conçoit aisément que cette cause
d'infériorité est, par sa nature même, loule
passagère, et qu'il suffit de quelques mois
pour que, sous la direction d'habiles contre-
maitres étrangers, Touvrier russe devienne
aussi adroit et aussi expert que les autres
ouvriers européens.
Nous venons d'avoir l'occasion de faire
une constatation nouvelle de cet état de
choses en examinant les vernis pour meu-
bles que fabrique depuis relativement peu
de temps notre Sociétaire M. Dikansky, à
Kharkov.
Ces vernis sont mis dans le commerce
sous la désignation russe correspondant lin-
guistiqucroent à lu désignation française do
laques. Mais nous les dénommons vernis
pour n^us conformer à la technologie cou-
rante dans notre pays.
Il s'agit, en eflet, de vernis à t alcool,
sous leurs deux formes couramment usitées
de vernis au pinceau et de vernis au
tampon.
Nous avons soumis à quelques essais les
échantillons qui nous ont été adressés, et
nous leur avons reconnu toutes les qualités
des produits similaires fabriqués en France.
Au reste, il semble bien qu'en créant, il
L ACADEMIE NATIONALE.
84
y a environ vingl mois seulement, sa fabri-
(|ue de vernis à Kharkov, M. Dikansky avait
une parfaite connaissance des produits à
mettre en œuvre et des procédés à appli-
quer. Il s'était d'ailleurs assuré les services
d'un ingénieur - chimiste spécialiste, M .
Coëeman, qui était au courant de toutes les
pratiques de cette industrie particulière, et
qui a travaillé, avec un zèle auquel son
son patron rend un lM)mmage mérité, à or-
ganiser une fabrication de tout premier
ordre. Aussi, malgré que les débuts de la
manufacture Dikansky aient fâcheusement
coïncidé avec une période de crise et de dé-
pression des prix de Tarticle fabriqué, les
vernis de cette marque n ont-ils pas tardé ù
conquérir la préférence des consommateurs
par leur supériorité de qualité, en sorte que
leur vente n'a cessé de se développer cons-
tamment. Pendant la dernière année, la
vente a porté sur environ 49.000 kilogram-
mes de vernis, pour une valeur d'environ
J 24.000 fr. Il n'y a pas de douté que ces
chiffres subissent de fortes augmentations
durant les années qui vont suivre, car l'ex-
cellente qualité des vernis ou laques de
M. Dikansky doit leur assurer une vogue
grandissante, dans toutes les industries sus-
ceptiblesde les employer.
PRODUITS ALIMENTAIRES
LES HUILES IMMUABLES
de M. C. GuiLLON, propriétaire,
à Salon (Bouches-du-Rhône).
Tous ceux qui sont au courant de la fa-
brication des huiles végétales savent parfai-
tement que la plus grande difficulté git
dans leur conservation même, car il ne suf-
fit pas de fabriquer des produits irréprocha-
bles, s'ils sont destinés à s'altérer au bout
d'un court espace de temps.
C'est cette constatation qui avait frappé de-
puis longtemps M. G. Guillon ; aussi résolut-
il de porter tous ses efforts sur ce point,
pour arriver à trouver une solution prati-
que que l'on avait vainement cherchée
avant lui.
C'est ainsi qu'après de longs essais, des
tâtonnements et des expériences plus ou
moins concluantes, il est arrivé enfin à
rendre les huiles immuables^ c'est-à-dire à
les débarrasser do tous les ferments et aci-
dité qui représentaient les matières nuisi-
bles du liquide.
Les huiles ainsi préparées restent toujours
neutres, inaltérables, immuables, quelle
que soit la température à laquelle elles sont
soumises et le nombre des années accumu-
lées est impuissant à en modilier la pureté
et la limpidité absolues, aussi bien que les
qualités essentielles, suivant Tanirmation
N5
PROUITS ALIMKNTAIRKS.
très nelle et très précise de noire collè-
gue.
Sans [>0Q voir être aussi affirmatif, nous
devons cependant reconnaître que notre
comité spécial en a mis en observation de-
puis le commencement du mois de septem-
bre et qu*il n'a, en effet, remarqué aucune
altération, soit dans la qualité, soit dans la
constitution même des échantillons qui nous
étaient soumis.
Ajoutons, pour être complet, que nos ob-
servations ont du porter sur un certain
nombre d'échantillons d'huiles immuables,
préparées suivant les procédés nouveaux de
Qoire collègue et sur un certain nombre
d'échantillons des mêmes huiles nature,
f'cst-à-dire non préparées et qui ont été
loin de se comporter de la même manière.
l)u reste, c'était en quelque sorte la contre-
épreuve nécessaire et, dansTespèce, les hui-
les naturelles jouent le rôle tout indiqué
de remom5, en vous fournissant les points
de comparaison indispensables.
Primitivementjpar des filtrages successifs,
on était arrivé h retarder un peu la for-
mation et par cela même l'altération mo-
mentanée des huiles, mais on ne pouvait
jamais l'empêcher complètement. Le pro-
cédé de M. C. Guillon a le grand avantage,
!0Qt en assurant la conservation indéfinie de
toutes sortes d'huiles, de ne pas détruire
leurs propriétés respectives, ni d'en altérer
le goût et l'arôme, s'il est permis de s'expri-
mer ainsi à propos d*huiles.
Et, sans aller plus loin, il doit nous être
permis de constater, dès maintenant, les
nombreux avantages que les huiles immua-
Ues sont appelées à rendre au commerce
et aux nombreuses industries qui les em-
ploient constamment et dont elles sont tout
à la fois souvent la base et le plus précieux
des adjuvants.
Maintenant, pour mieux faire comprendre
toute Timportance qu'il convient d'accorder
aoxnouveaux procédés employés par M.Guil-
lon, nous pensons que le meilleur moyen
est encore de mettre sous les yeux de nos
lecteurs quelques chiffres qui nous sont
iborois par notre collègue lui-même dont la
vieille expérience et la haute compétence
86
nous semblent le meilleur garant de sin-
cérité et d'exactitude.
A tout seigneur, tout honneur; commen-
çons donc par l'huile d'olive, qui est, com-
me l'on sait une des gloires et une des sour-
ces de fortune de notre Provence :
• 1** Huiles douve :
Densité à 12o: 0.912, à 25« 0.9109
Se compose :
Oléine 72
Stéarine 28
Cette huile a la priorité sur toutes les au-
tres non siccatives, à cause de ses propriétés
naturelles qui lui permettent de se conser-
ver davantage. Une fabrication très soi-
gnée, le terroir font que parfois on obtient
une huile qui se conserve assez bien pen-
dant un certain temps ; telles sont, par
exemple, les huiles d'olive de Bari, en
Italie, qui sont choisies de préférence par
les fabricants de sardines de tout le littoral
de l'Atlantique, de la pointe de la péninsu-
le armoricaine à Bordeaux.
Maintenant, voici un tableau bien ins-
tructif qui nous montre les résultats obte-
nus par les huiles d'olive immuables com-
parées aux huiles d'ohve nature :
ÀûiiU p. •/*
Huile d'olive type 1.23
— après trois mois. . 2.88
Aeidité p. «/•
Huile immuable 0.01
— après trois mois.. 0.02
(Dernier point, môme après plus long délai).
Ce sont là des différences considérables
qu'il est bonde retenir, sansqu'il soit néces-
saire d'y insister autrement.
2^ Huiles D'ARAcmoEs; densité à 15* ,0.9163,
se solidifie à 3*^.
Cette huile, dont l'emploi est plus consi-
dérable chaque jour, rancit très facilement,
et c'est là justement où intervient à point la
préparation de M. Guillon, qui fait dispa-
raître cet inconvénient et la rend propre à
tous les services quelle est appelée à rendre
dans un nombre infini d'industries.
Voici, d'ailleurs, les résultats comparatifs
87
JOURNAL MBNSUKL DB L'aCAOÉIIIB NAUONALB.
88
obtenus par mitre collègue, en traitant
Thuile d'arachide suivant ses procédées :
Huilé type nature 2.55
— après trois mois. 4.80
ÂoidiUy *'•
Huile immuable 0.01 .
— après trois mois.. 0.02
(Maximum et dernier point).
3* HUILK VKliÉTALE A GHAISSER ! LaCOmpO-
sitition ordinaire de toutes les huiles de
graines et les résultats obtenus sont idrnti-^
ques à ceux des huiles d'arachides. Les dit*-
ticultés ou plutôt les inconvénients qu'elles
offraient dans leur emploi les ont fait un peu
abandonner par certains industriels pour
les remplacer par les huiles minérales qui
offrent égalementde graves inconvénients ;
si elles luttent souvent avantageusement
au point de vue du prix, les consomma*
teurs ne se rendent pas toujours sufiisam«
ment compte de Tusuredu matériel quelles
provoquent.
H faut alors procéder au remplacement
d'un grand nombre de pièces dans une es-
pace de temps assez restreint, et l'économie
devient plus apparente que réelle, quand
elle ne se transforme pas en perte sèche.
En eifet, il ne faut pas perdre de vue que
ces huiles sont toutes acidulées et provo"
quent ainsi rapidement une grande oxyda-
tion du fer. Aussi, à l'heure actuelle, un
nombre considérable de grandes usines se
sont enfm rendues à l'évidence et, faute de
mieux, en sont revenues tout uniment aux
huiles végétales ordinaires.
Notre collègue a également rendu aussi
immuables et d'une fluidité parfaite toutes
ces huiles végétales de graines, sorties de
son usine ; elles sont d'une fluidité parfai-
te et il n'est point douteux quelles ne soient
appelées à rendre de grands services dans
l'industrie au même titre que les huiles
d'olive et d'arachides, dont nous parlions
plus haut.
En employant ces huiles végétales à grais-
ser, le cambouis n'existe plus et les résul*-
tats en sont très appréciables, si l'on pense
que 1 kilog. d'huile végétale ordinaire en-
lève de 0.20 à 0.25 grammes d'oxyde de
fer, tandis que les huiles végétales immua-
bles préparées par M. C. Guillon et em-
ployées dans les mêmes proportions n'enlè-
vent plus que 0,01 à 0.02 grammes d'oxy-
de de fer, c'est-à-dire une quantité tout à
fait négligeable dans la pratique.
Et puis, point capital, le cambouis, ipso
/ac/o, a presqu'entièrement disparu, nalu-
rellement.
4^ HuiLu: DE Ricin ; se compose de :
Acide ricinoléique 70
Acide ricinique 12
Acide oléique 12
Acide margarique 06
densité à 12? 0,9699, se sodifie à — 18.
Cette huile a le grave inconvénient de
devenir rauce presque de suite, visqueuse,
et de se dessécher promptemeni. Lorsqu'elle
n'est pas employée presque au lendemain de
sa fabrication, elle devient irritante et dras-
tique.
Ces inconvénients, toujours graves pour
l'organisme, disparaissent maintenant avec
les nouveaux procédés.
Les huiles immuables, comme TafArmo
très nettement notre collègue, ne rancis-
sant jamais, restent neutres, et de la sorte,
sont appelées à trouver rapidement leur em-
ploi partout, dans une foule d'industries, à
travers la France entière.
Jusqu'ici nous étions, bien à tort et par
notre négligence, restés tributaires de cer-
taines huiles étrangères. C'est un état d'infé-
riorité qui va certainement disparaître, si les
nouveaux procédés de notre collègue tien-
nent tout ce qu'ils semblent promettre,
comme nous en sommes convaincus. Et
bientôt, espérons-le, ce seront les étrangers
qui viendront, à leur tour, chercher chez
nous les derniers perfectionnements que
comporte la fabrication des liuiles végétales,
si curieuse, si intéressante à plus d'un titre
et si nécessaire à la prospérité et au déve-
loppement d'un grand nombre de nos in-
dustries nationales.
Voilà pourquoi, sans vouloir préjuger
autrement de la question, nous pensons
très sérieusement que les efforts, les tra-
su PRODUITS Al
Taux elles résultats obtenus par M. C. GuiU
loD^elqui paraissent si concluants et si déci-
sifs à tous les points de vue, méritent de re-
tenir rattention bienveillante de toutes les
personnes compétentes aussi bien que de
lûQtes celles qi i sont intéressées à leur
prompte vulgarisation.
L.E WHI8KEY
BE MM. John Uewar et fils, distillateurs
à Perth (Ecosse).
Dans ces dernières années le Whiskey a
remplacé le gin comme liqueur ou com-
me boisson additionnée d'eau dans presque
toutes les parties du Royaume- Uni où céder-
oier était en usage.
A la réflexion cela se comprend assez ; le
Whiskey comme le gin est bien une eau-
de-vie de graiin, mais le gin est parfumé
avec des graines degenévi'ier, c'est ce que
Tonappelle le genièvre en Hollande— et pe-
tit à petit la Soilsification était intervenue dans
la fabricaiion de ces eaux-de-vie, comme
partout ailleurs, de sorte que le parfum
n'était plus obtenu que grâce à des extraits
chimiques de thérébenthine qui pouvaient
être nuisibles à la santé ou tout au moins
n'avaient plus les qualités carminatives des
graines du genévrier.
C'est là Texplication toute naturelle du
goût de plus en plus prononcé Je nos voi-
^ospour le Wbiskey qui leur offre au moins
les garanties d*une eau-de-vie naturelle, ce
que Desaurait plus faire le gin, trop frelaté
depuis les progrès de la chimie moderne.
La quantité de spiritueux distillés dans le
Royaume- Uni en 1895 a été :
Angleterre 9 . 954 . 934 gallons
E«»se 22.235.958 »
Waode 12.679.453 »
Le calcul étant fait sur le gallon anglais,
communément employé et qui représente
4 litres 54, soit un peu plus de quatre litres
€t demi.
Depuis le !•' juillet 1894 l'impôt sur les
«pirilueux a été porté à 10 shillings 6 pen-
ce par gallon, ce qui représente à peu prés
13francs de notre monnaie.
IMENTAIRES. QO
Pendant l'année se terminant le 31 mars
1896, la quantité de spiritueux distillés a
été:
Angleterre 10.999.545 gallons
Ecosse 24.712.790 »
Irlande... 13.612.540 »
Ce qui indique une progression déjà fort
sensible sur l'année précédente.
Naturellement cette augmentation se re-
trouve en partie à Texportation ; c'est ainsi
que la quantité en dépôt pour remise des
droits h la douane pour l'exportation était
on 1895 de 742.218 gallons, tandis qu'ell î
devait s'élever, pour une période correspon-
dante, avec 1896 à 817.632 gallons.
Oe& chiffres préliminaires demandaient à
être mis sous les yeux de nos lecteurs pour
bien leur faire comprendre toute l'impor-
tance de la grande distillerie de nos collè-
gues, MM. John Déwar et fils, établie dans
la jolie et industrieuse petite ville de Perth,
en Ecosse.
Leur maison possède déjà bien exacte-
ment un demi-siècle d'existence, puisque sa
fondation remonte à 1846 et dans ces der-
nières années seulement, elle a remporté»
pour ses produits, plus de 50 médailles d'or,
un peu partout à travers le monde, depuis
Paris, à l'exposition universelle en 1889 Jus-
qu'à Melbourne, depuis Londres ju8i|u*à
Tasmania, jusqu aux antipodes, pour son
Old Highland Whiskey^ c'est-à-dire pour
son vieux Whiskey des hautes terres de
l'Ecosse.
Parmi toutes ces récompenses que nous
n'avons pas la loisir d'énumérer ici, il y en
a deux cependant que nous voulons retenir
plus particulièrement ; ce sont le diplôme
d'honneur et la médaille d'or remportés à
l'exposition d'Edimbourg en 1890. En effet,
ces récompenses sont très caractéristiques
(^ acquièrent une importance toute particu-
lière,si l'on pense qu'elles ontété méritées au
milieu même du pays de fabrication du
Whiskey oiiles membres du jury étaient tous
des connaisseurs compétents, parfaitement
capables de distinguer la meilleure marque
parmi toutes les distilleries de Whiskey du
pays qui avaient presque toutes exposé.
Ul iOURNAL llKN9t]KL DK
MM. John Devvaretûls sont les fournis-
seurs attitrés de tou^leapalaiA royaux et, de
plus, sont les titulaires du brevet de fourniS'-
seursde Whiskey de Sa Majesté la Reine Vic-
torra ;de plus, ils possèdent des succursales
et dépôts importants à Londres, Manchester,
Bristol, Dublin, New- York, Sydney, Mel-
bourne et Bombay.
Maintenant MM. John Dewar'ont égale-
ment une agence à Paris ; aussi aujourd'hui
un peut affirmer que la marque de nos col-
lègues est la plus demandée et la plus con-
nue à Paris.
C est ainsi que la quantité de Whiskey ven-
due chaque année par la maison est d'envi-
ron 1.500. 00 J gallons et comme, naturel-
lement,elle ne peut pas distiller elle-même
une aussi grande quantité, elle est obligée
d'aller ch^cher ce qui lui manque dans
les meilleures distilleries en Ecosse.
Mais tous les Whiskeys sortant de la mai-
son sont rigoureusement de première qua-
lité, ayant une force alcoolique de 50 de-
grés environ obtenus de la distillation des
grains ; ils possèdent une verdeur, un goût
de grain cru qui peuvent surprendre les
palais français, habitués aux Ans arômes de
nos eaux-de-vie de vin ; cependant on sent
que Ton se trouve là en face d'une eau -de-
vie fabriquée avec le plus grand soin et nous
devons à la vérité de constater que le goût
du bon Whiskey et particulièrement de ce
Oid Highland Whiskey de MM. John De-
war et fils se répand de plus en plus en
France et surtout à Paris.
En terminant, donnons encore ces quel-
ques chiffres. Tout à l'heure nous citions les
chiffres des spiritueux distillés dans le
Royaume-Uni pendant Tannée 1895 ; voici
maintenant la quantité de spiritueux de tou-
tes sortes consommés dans le Royaume-Uni
pendant Tannée se terminant le 31 mars
1895;
Par tôte
Angleterre 20 . 376 . 084 0 670
Ecosse 6.490.043 1.501
Irlande 4.2^2.3^1 0.9^1
Total 31.088.448 0.794
Enfin il a été envoyé en France du Royau-
té agabmiui NATIONALE. W
me-Uni pendant cette ménoe année linisatot
au 31 mars 1895 la chiffre déjÀ respecta*-
ble de 35.770 gallons et pendant rannée
finis^nt le 31 mars 1896 1^ quantité s'est
élevée à 40.316 gallons.
Ces chiffres montrent combien le Whiskey
deMM. John Dewar etfilsest apprécié dans
son pays d'origine et même à l'étranger.
LE RHUM JOPTONN (OUD JAMAYCA RUM)
de M. Brocuard-Qillet, è Chateaudun,
dépositaire pour la France et les Colonies.
Nous avons eu, à maintes reprises, Toc-
casion de parler des excellents produits en
vins et liqueurs qui sortaient de la maison
Brochard-Quillet et dont notre collègue
s'était fait le parrain éclairé ou le garant
compétent.
C'est toujours pour obéir à ce souci de
grouper les meilleures marques connues afin
de pouvoir répondre aux goûts divers de
sa clientèle, que M. Brochard-Quillet lui
offre aujourd'hui le Rhum Joptonn, qui est
une marque fort estimée parmi les vieux
rhums de la Jamaïque.
On sait, en effet, combien la grande An-
tille anglaise est renommée depuis long-
temps par le soin apporté par ses produc-
teurs à la fabrication de leurs rh^ms et
tafias, et la vérilé nous oblige à reconnaître
qu'ils ne le cèdent en rien aux produits les
plus recherchés de la Guadeloupe et de la
Martinique.
Du reste, avec un éclecisme des plus avi-
sés et précisément pour répondre à ces
goûts divers dont nous venons de parler,
aussi bien que pour permettre la compa-
raison, notre collègue possède dans ses caves
la gamme la plus complète et la plus variée
des rhums de la Martinique, de la Guade-
loupe, de la Réunion, de Sainte-Lucie et de
la Jamaïque dont nous devons nous occu-
per particulièrement aujourd'hui.
Donc, pour nous en tenir seulement au
Rhum Joptonn, à cet old Jama^ca rum,
comme disent les Anglais avec une sorte de
respect gourmand qui vous renseigne de
suite sur sa valeur, nous devons dire que
y3
COMMERCE.
94
oouslui avQ»9 reconnu, à h dégustation,
toutes les qualités si diverses et de premier
ordre qui doivent distinguer les grandes
marques antiiiennes et surtout les vieux
rbums de ces contrées bénies où le soleil
recbauSe, mûrit et prépare tout à point
pour le plus grand plaisir du palais de^
gourmets.
£q effet, tout comme nos vieux cognacs,
tout comme nos fines cbampagnes les plus
exquises, le bon rbum — qui n'est lui^
céiue qu*une eau- de-vie de canne à sucre
-doitétre limpide, coloré à point, mais
d'ooe main adroite et experte, de façon à
ne pas être empâté| d'un arôme très lin et
très délicat et titrer de 50 à 55 degrés envi-
ron.
Si ToQ a trop souvent en France le pré*-
jugé que le rbum doit être fort en couleur
et plus fort encore en arôme sui ggneris,
c^tqueTon ne boitquetrop souvent des
eaux-de*vi6 de cannes frelatées^ mal pré-
parées, mal faites, nous allions presque
dira artificielles, et qui ne rappellent le
pajs d*origiQe que par labelle quaiHeronne
qui sourit et montre ses dents blanches sur
l'étiquette, avec son madras provocateur.
Tel n'est point le cas du rhum Joptonn,
de la, Jamaïque, que nous présente aujour*
d'hui }i. Brochard-Qujllel ; coloré à point,
limpide, possédant le parfum discret, Taro-
me très personnel des rhums naturels, tout
en lui révèle la franchise de ses originas :
c'est un double profit pour Tamateur du
vieux rhum, car en même tenips qu'il éprou-
ve une réelle satisfaction, à le déguster, il est
certain de n'absorber qu'une liqueur toni-
que, stomachique, extrêmement saine et
qui ne peut que lui faire du bien,à condi*
tion de n'en point abuser, bien entendu ;
car ilenest du rhum commodes meilleures
liqueurs, Tabus en est toujours mauvais.
Cependant, étefidu d'eau, le rhum constitue
le iameux grog colonial et, certes, en été,
dans les pays chauds, on ne saurait imagi-*
ner une boisson plus hygiénique et plus
agréable.
Ce sont toutes ces qualités que nous pen-
sons avoir trouvé dans la nouvelle marque
offerte au public par notre collègue et nous
sommes convaincu que son assentiment ne
tardera pas à confirmer notre jugement.
COMMERCE
Le COMMERCe EXTÉRIEUR DE LA
fRANOE
Voici les chiffres officiels de la statistique
du Commerce extérieur de la France pen-
dant les onze premiei*s mois de Tannés
1896:
iHPoaTATWKS 189S 18&5
O^Mi d'iûisieDtstiMi 9^.oE.OOO 9lS.t00.0CO
Hitières nécessaires
à Hndustple I.Oiî».eU.SOO I.88S.771.000
(^m fabriqua 5<ft.393.000 523.953.000
Total,....,.. 3,4«8.037.000 3.385.224.000
O^ilB 4^m#otaUoa &19.)I43.000 ^«9.833 ÛOÛ
M^u^ret péceasaires
àUndaslPie 7M.Wf.000 7«3.238.00o
Obiets fabriqués 1.659.3(^.000 1. «19.727.000
CoIîB posUux W.147.000 101.7i4.OOo
Total 8. M«. 547. 000"a.043 512.000
Enfio, voifi les réuiltats des douze mois
de Tannée :
IMPORTATIONS 1896 1895
Objets d'alimentation 1.C59.549 000 1.035.499.000
Matières nécessaires
à l'industrie 2.154.758.000 2.100.920.000
Objets fabriqués 622.843.000 583.480.000
Total 3.837.147.000 3.719.899.000
EXPORTATIONS
Objets d'alimentation 639.503.000 591.001.000
Matières nécessaires
à l'industrie 829.566.000 87d.&9e.000
Objets fabriqués 1.789.420.000 1.792.578.000
Colis postaux 146.154.000 116 615.000
Total 3.404.643.000 3.373.796.00
LE COMMEROE DE ^ANGLETERRE ET
LA CONCURRENCE ÉTRANGÈRE.
Le Ministère du Commerce de Londres
[Board oftradé] vient de livrera la publi-
cité un Mémorandum rédigé par sir Courte-
ney Boyle sur la commerce de l'Angleterre
et la concurrence étrangère.
95
JOURNAL MENSUEL DE L* ACADÉMIE NATIONALE.
9(5
O Mémorandum, traitant tout particu-
lièrement de la Grande-Bretagne et de la
France, de l'Allemagne et des EtaU-Unis,
débute par un aperçu sur l'augmentation
de la population de ces quatre pays dans les
yingt-cinq dernières années.
Dans cette période, Taugmentatiou a été,
dans le Royaume-Uni, dé 8 millions ; en
France, de 2 millions ; en Allemagne, de
11 millions ; aux Etats-Unis, de 31 millions.
Partout, même aux Elats-Unis, la popula-
tion urbaine augmente plus que la popu-
lation rurale et, en Allemagne elaux Etats-
Unis, cette population urbaine sera plus
considérable que celle du Royaume-Uni.
Il résulte de ces faits t que les conditions
de la suprématie manufacturière et indus-
trielle du Royaume-Uni et cette suprématie
elle-même deviennent différentes de ce
qu'elles étaient, alors que la population
urbaine de tous les pays du monde étaient
moindre qu'en Angleterre ».
Quant aux statistiques commerciales des
quatre pays dans les seize dernières années,
les exportatisons y ont atteint les chiffres
suivants : 1880 : Royaume-Uni, 223 millions
de livres sterling; France, 139 millions ;
Allemagne, 145 millions ; Etats-Unis, 172
millions. En 1895, les résultats ont été ceux-
ci : Royaume-Uui, 226 millions ; France,
135 millions ; Allemagne, 166 millions ;
Etals-Unis, 165 millions.
Ces chiffres démontrent que les exporta-
tions demeurent stationnaires ou à peu
près^ et le Mémorandum attribue ce fait à
la baisse des prix.
Une lettre assez intéressante est celle qui
donne le relevé des importations dans le
Ropume-Uni des produits français et les
exportations en France des produits an-
glais de 1880 à 1895.
Les importations des produits français
ont augmenté, dans cette période, de 42
millions de livres sterling à 47 millions 1/5,
tandis que les exportations anglo-irlandaises
en France sont descendues de 15 mil-
ice Directeur^
lions 1/2 en 1880 à 14 millions en 1895.
En ce qui concerne le commerce anglo-
allemand, les importations d'Allemagne en
Angleterre ont passé de 24 millions 1/2
à 27 millions et les exportations d'Angle-
terre en Allemagne de 17 raillions à 20 mil-
lions 1/2.
Les Etats-Unis, qui, en 1880, ont importé
en Angleterre pour 107 millions de mar-
chandises, n*en ont exporté que 86 millions
1/2 en 1805; et les exportations d'Angle-
terre en Amérique sont tombées de 31
millions en 1880 à 28 millions en 1895.
Le Mémorandum, en commentant les
chiffres qui occupent 50 pages environ, dit
que, si les manufactures des pays étrangers
sont en progrès, on ne peut en conclure
que l'industrie anglaise décline. Au con-
traire, comme pays manufacturier exporta-
teur, la Grande-Bretagne tient encore la
première place.
Les conclusions du rapport sont que
l'accroissement de la population de l'Alle-
magne et des Etats-Unis a donné un vigou-
reux essor au développement de l'industrie
de ces pays et que, si la paix continue à
régner, l'Allemagne, les Etats-Unis et môme
la France auront un développement indus-
triel qui ira de plus en plus rapidement.
Le commerce de ces pays dans les mar-
chés neutres deviendra donc plus sérieux
encore avec le temps et il importe que le
Royaume-Uni développe son industrie d'ex-
portation. Il faut que les Anglais recon-
naissent le changement qui s'est produit
dans le monde et soient convaincus qu'ils
ne pourront maintenir leur ancienne su-
prématie commerciale qu'au prix de vigou-
reux efforts et d'une sérieuse amélioration
de leurs méthodes commerciales.
C'est au zèle, à l'énergie des industriels
qu'il faut s'en rapporter pour mettre l'An-
gleterre à même de lutter avec succès con-
tre ses rivaux étrangers, et l'Etat ne peut
que les encourager et les aider. Il ne peut
prendre d'initiative.
Gérant, Rédacteur en Chtf,
Eugène THlftRY.
CIBBMOMT (OISB). - IMPRIMBBIB DAIX FRBRB8, PLACB SAINT -ANDRÉ 3.
JOURNAL MENSUEL
DE
L'ACADÉMIE NATIONALE
AGRICOLE, MANOFACTORIÈRE ET COMS™ ^'^^^"^^^
67- Anné9. - MARS 1807.
SOMMAIRE
AfifMCULTURC— LaSidératioD ou fumure verte, communication de M. A. Hersog.
noUSTRIE. — Un moteur rotatif idéal. —Essieux de voitures à roulements sur billes, de MM. MaHlA Mâltt« et
<tH«b«Hand, à Poot-sur'-Sanibre (Nord). — Carreaux agglomérés à base de cuir comprimé, de M. Kugénc
■ocImii. à Mulhouse. — Poulies de transmission en fer forge à brai^ olive, de M. Bourguet, à Paris. — Produits
^ parfumerie de la fabrique de La Cru^ del Campo^ à M. Dl«go Léon Sotelo, à Sévillc (Espagne).
EXPOSITIONS ET CONCOURS. — Exposition industrielle de Vesoul.
PSOburrS AMMENT aires. ~ Ligueurs fines de la Martinique, de MM. FHtooh Du Val «t CI», à Bordeaux.
— La Présidente, liqueur ionique et digestive. de M. Mousset, à Angouléme. — La confiserie américaine et les
Loa»«rvc»de fruits, de I«IM. Damarco et Mirât, à Montevideo.
CONHERCE. — Le commerce extérieur de la France. — Le commerce extérieur de la Suisse. — Les exportations
looparées de l'Angleterre, de l'Allemagne et de la France
AGRICULTURE
U SIDÉRATION OU FUMURE VERTE
Communication de M. Auguste Herzog,
docteur ès-sciences
i la Société des Sciences, agriculture et arts
de la Basse-Alsace à Strasbourg.
I
lUen peu de questions ont autant occupé
les praticiens, les hommes de science et
de laboratoire que cet important phénomè-
ne de la nutrition des légumineuses et de
leQrichissementdu sol par la culture de ces
plantes. C*est par l'introduction de la cul-
ture du trèfle au siècle dernier, en Angleter-
re, dans les Flandres et dans notre propre
pays, que les agriculteurs ont découvert
que chaque fois après une sole de trèfle, la
rtcolte suivante n'avait plus besoin de fu-
mure directe. C'était dans le vignoble de
ma commune natale, Gueberschwihr, un
principe admis dès la On du siècle dernier
et depuis longtemps c'est de tradition, que
pour faire avec un succès une jeune vigne
à la place d'une vigne extirpée, il fallait
t^asemencer le champ d*un trèfle quelcon-
*iue,de luzerne de préférence, pour y voir
prospérer les jeunes replants.
Toutes les légumineuses offrent celte par-
ticularité commune, que leurs semences»
leurs tiges et leurs feuilles révèlent à l'ana-
lyse chimique, une grande richesse en azo-
te. On en pourrait inférer de prime abord,
que toutes ces plantes exigent de fortes do-
ses d'azote dans la fumure ou d'azote na-
turel dans le sol. Et pourtant il n'en est
"rien. Une pratique de plusieurs siècles a
démontré que le lupin, par exemple, a la
faculté de végéter vigoureusement et pen-
dant toute une série d'années, sur le sol le
plus pauvre en matières nutritives azotées,
sans demander de fumure.
Voilà aussi pourquoi Albert Thaer, le pè*
reet le fondateur de l'agriculture scientifi-
que et rationnelle, se basant sur son ex-
périence, ainsi que l'agronome distingué
Schwerz, d'accord avec tous les praticiens
do leur époque, désignèrent les légumineu-
ses à rencontre des autres plantes cultura-
les comme plantes enrichissantes du sol.
La pratique avait démontré que dans l'as-
solement en usage, les céréales et les pom-
mes de terre venaient bien mieux après
une légumlneuse que quand on les culti-
vait après d'autres céréales, ou même après
la jachère, à tel point que pour cette raison
JOURNAL MENSUEL OV L'aGADÉMIE NATIONALE.
10
la jachère nue fut bientôt abandonnée dans
tous les pays favorisés par le climat, par
des conditions économiques prospères et
doués d'une population agricole sagace et
laborieuse, comme notre province d'Alsa-
ce, qui à cette époque marchait déjà à la
tête du progrès agricole. L'on expliquait
alors cet inléresssant phénomène par le
fait que le trèfle, les fèves ou les pois bien
développés, amélioraientla structure méca-
nique et Tagencement physique des terres
par leur ombrage, enrichissaient le sol en
humus (auquel à cette époque on attribuait
encore le principal nMe dans la nutrition
des plantes culturales) par les feuilles dont
ils jonchaient la terre et par leurs résidus
racines après leur récolte.
Mais si les praticiens d'alors avaient par-
faitement observé ce fait si étrange, l'expli-
cation qu'ils donnaient du phénomène ob-
servé dans la nutrition des légumineuses,
ne pouvait être tout à fait exacte, pour la
seule raison que ces hommes ne se ren-
daient pas suffisamment compte des phé-
nomènes chimiques qui se produisaient pen-
dant la croissance dans les cellules de ces
plantes. Par contre, des hommes de labora-
toire, des sommités dans la chimie, s'occu-
pèrent déjà au dernier siècle du grand et
important problème de la nourriture des
plantes et de la manière dont celles-ci s'as-
similent cet élément nutritif si important
et précieux, qu'est ïazotr. Considérant que
les composés azotiques de Tair atmosphé-
rique s'y trouvent seulement en minimes
quantités, que même ces combinaisons sont
peu abondantes dans les condensations aé-
riennes et dans les terrains pauvres, il fallait
en conclure forcément que l'azote libre qui
se trouve à raison de prèsde 75 % dans 1 at-
mosphère, doit former une source excessi--
vement riche, où les végétaux puisent en
abondance l'azote nécessaire à la structu-
re de leurs tissus. Et en effet, dès les années
70 du siècle dernier, deux chimistes distin-
gués Priestlpy et Im/en'Housz constatèrent
que certaines plantes avaient la propriété
d'assimiler l'azote libre de l'air atmosphé-
rique. Cette première expérience ne fut point
encore concluante ; pendant une grande
partie de notre siècle, les opinions scienti-
fiques sur ce sujet durent encore rester in-
décises, et souvent diamétralementopposécs
les unes aux autres. Ce que Priestlcjj et In-
t/en-Hoiisz crurent avoir observé, (U' Saussu-
ir vint l'infirmer par ses expériences de l'an
1804. Brrzélius et Lirhiff se sont occupés de
la question de la nutrition des légumineu-
ses et crurent avoir trouvé que ces plantes
pouvaient assimiler les combinaisons ammo-
niacale s contenues dans l'air atmosphéri-
que par l'entremise de leurs fortes touffe^
de feuilles. Mais cette idée était non moiD<
erronée ; car les combinaisons azotées «i-^
l'air sont si minimes qu'elles ne sauraieci
suffire aux besoins des plantes pour lanour
riture azotée. Boussiiigauft qui a rendu ce*
lèbre par ses recherches le nom de Pechel-
bronn, s'étant attaqué à la solution de et
ardu problème de chimie physiologique, h
le premier des expériences pour constatK
le mode d'assimilation de l'azote libre d
l'atmosphère par nosplantes culturales. L#^
expériences de lioussingault furent fai(^-
sur la féverole, le lupin, sur Tavoine et .
cresson de fontaine {nasturtinm} dans m
atmosphère ne révélant pas trace de coin-
binaisons azotées, et qui ne contenait par
conséquent que de l'azote libre. On aval:
établi au préalable par des analyses et de«
pesées minutieuses la teneur en azote tan
de la semence du sol de rex|)érience qut
de la récolte. Ces essais ont prouvé que m
plantes ne pouvaient nullement prendn
Tazote libre dans l'air pour satisfaire leu.
faim d'aliment azotés.
Par contre, M. GeonjfS Ville arriva à un re
sultat contraire ; mais sa théorie ne fui
point admise. Et, pourtant, elle paraissait
démontrée par la- pratique agricole, qu
retrouvait dans ses récoltes des quantité
d^azole que les plantes n'eussent jamais p^
tirer uniquement des engrais et des com-
binaisons azotées pénétrant dans le se!
avec les eaux atmosphériques. Les résiii-
tats des expériences de Boussingault furetî
confirmés par les célèbres expériences dt^
Anglais Lawes, Gilhcrt et Bufjh, travaux q:
par leur exactitude et leur étendue resteror'
à jamais des modèles pour les expérimcD
tateursà venir. Vous savez, Messieurs, q\h
les expériences de Hothamsted en Angle
terre se font depuis plus de quarante ans sar
de grandes surfaces et qu'elles ont fourn
à la pratique et à la science agricoles de*
données d'une rare exactitude et d'une cer
titude à toute épreuve. Grâce à leurs cul-
tures eu grand, ces savants ont prouvé qnt
la question de l'assimilation de l'azote libw
par les plantes n'était point encore milw
pour recevoir une solution définitive. Êi
constatant dans chaque récolte la quantiti|
des matières azotées qui y étaient conter
nues, ils arrivèrent à la conviction que les
sources ordinaires auxquelles puisent c«
plantes, ne suffisent point à fournir lei
quantités d'azote que contiennent les plan-
tes à leur récolte, que nécessairement H
devait exister une source d'azote encore in-
connue capable de couvrir le déficit cens*
taté. Lawes et (Ulberlont démontré que jw
l'on cultivait pendant une série d*année*
'/4t
lOI
AGRICULTURE.
102
des céréales Fane après Taulre sur le mft-
me champ, la quantité de matière azotée
acciimulée dans les plantes, allait en dimi-
oaaot 137 kg. à l'hectare) pour finir par res-
ter stationnaire ; que si on intercalait dans
lassolement une légumineuse quelconque,
du Irèfle ou des pois, on obtenait de nouveau
dans les récoltes suivantes de blé ou d'or-
^, de bien pins fortes doses de matières
aidées, quoique le trèfle et les pois en eus-
sent fourni de leur côté de grandes quan-
tités.
Il fallait donc attribuer à la légumineuse
inlFrcalée un rôle dune importance toute
ptrliculièro. Sur ces données vinrent se
j^flér de nouvelles expériences entrepri-
se par Lavç-es et Gilbert sur 6 légumineu-
ses et 19 graminées avec toutes les mesu-
res de précaution susceptibles d'éviter des
pirenrSjdans lobut de sassurersi réellement
les plantes supérieures à chlorophylle étaient
capables découvrir leur besoin d'azote en
paisant directement aux ressources d'azote
libre contenues dans l'air. Et ces expérien-
cesont brillamment confirmé l'opinion émise
dps les années 50 par Boussingault : qite
lazote libre de l'air atmosphérique ne pou-
mit être assimilé par les plantes supérieures,
8eraicnl-ce les organes aériens des plan-
tes, et particulièrement ceux des légumi-
oenses, qui auraient la faculté de soutirer
à l'air atmosphérique l'azote à l'état gazeux,
mais combiné avec un autre élément sous
la forme d'ammoniaque ? Tel est le pro-
WéfDe que s'étaient posé les chimistes
i SaehSj AfMphf Maxjer et Schlôsing. Leurs
expériences ont prouvé que les légumineuses
^comportaient tout comme les graminées
quant à l'assimilation de l'ammoniaque
dans l'atmosphère.
Il restait un autre facteur à déterminer :
la quantité d'ammoniaque et d'acide nitri-
qne introduite dans le sol par les conden-
sations aériennes dans un temps donné.
Qttoique les chiffres trouvés varient for-
U*fnent entre eux, et même en admettant
Iw chiffres les plus élevés, l'on ne peut ar-
ri?er raisonnablement à la conclusion que
ces quantités de combinaisons azotées, in-
troduites par les eaux aériennes dans un
mH dépourvu de toute matière organique,
poissent suffire à elles seules à faire pros-
pérer une plante.
Noos voici arrivé dans notre développe-
I ment historique des recherches et des thé-
ories scientifiques sur la nutrition azotée
' des légumineuses et des plantes supérieu-
fes en général, jusqu'à l'année 1876. Comme
vote voyez, Messieurs, l'on ignorait encore
^ cette époque la cause do l'intéressant
pliéiioniène observé, tant dans la pratique
agricole que par l'expérimentation scien-
tifique, je veux dire de l'augmentation des
produits azotés d'une récolte en suite de la
culture d'une légumieuse.
Mais entre la science et les praticiens l'ac-
cord ne se fait pas si vite sur cet objet. Le
procès est encore en suspens, et la question
toujours ouverte. Pendant que la pratique
prouvait l'enrichissement réel en azote des
terres et des récoltes par la culture des lé-
gumineuses, des publications théoriques de
cette époque en cherchaient la raison dans
le fait que ces végétaux dont les fortes ra-
cines pivotantes pénétraient plus profondé-
ment dans la terre, y exploitaient, pour ain-
si dire les riches dépôts de combinaisons
azotées que retenait le sous-sol. D'autre
part l'on expliquait que les racines fortes et
profondes des légumineuses ameublissaient,
aéraient la terre et l'amélioraient par consé-
quent en la rendant accessible aux agents
atmosphériques : la structure chimique et
physique du sol en profitait et sous leur om-
brage touffu les mauvaises herbes ne crois-
saient plus. Toutes ces explications devaient
bientôt ôtre complétées ou infirmées par l'a-
griculture pratique. L'on avait commencée
cultiver des légumineuses sur des terres lé-
gères d'Allemagne, sans plus leur donner
d'engrais de ferme, mais en amendant les
champs d'abord avec des phosphates seuls
et enfin avec des sels potassiques. Les ré-
sultats de cette pratique étaient probants.
Uon vit que dans certaines conditions les légu-
mineuses n'avaient pas besoin d'engrais azotés
pour donner de plus grands rendements.
Ici encore ce turent La ives et Gilbert qui, dans
leurs cultures d'essai à Rothamsted, où ils
n'apportaient aux prairies que des phospha-
tes et de la potasse, constatèrent que les lé-
gumineuses dominaient dans le fourrage,
tandis qu'avec une fumure azotée les grami;
nées y étaient en majorité. A Brt^me on fit
l'intéressante découverte que des légumi-
neuses semées en des terrains qui n'avaient
pas encore porté de ces plantes, ne venaient
que faiblement en première année, malgré
la fumure au phosphate et à la potasse, que
seulement après deux années de pareille fu-
mure les trèfles ou autres légumineuses de-
venaient progressivement plus forts et plus
drus, jusqu'au parfait épanouissement au
bout de quelques années. Ces résultats
étaient donc dus aux engrais à base de phos-
phate et de potasse. Mais comment expli-
quer ce curieux phénomène ? Evidemment
les papilionacées différaientdes autres plan-
tes par rapport à la fumure azotée.
La réponse dut être donnée peu d'années
après par le savant Hellriegel que la science
agronomique vient de perdre récemment et
103
JOURNAL MBN8UKL DR L ACia>EMIE NATIONALE.
104
dont les découvertes forment à côté de cel-
les de Pasteur et de Koch la gloire de notre
fin de siècle.
L'enrichissement du sol en azote par la
culture des légumineuses était encore un
point bien controversé parmi les hommes de
science ainsique parmi les praticiens, quand
les vastes expérimentations culturales d'un
de nos plus éminents praticiens d'Allema-
gne, d'un grand propriétaire de l'Altmark,
Schultz-Lupitz vinrent apporter la preuve
évidente de Tamélioration des récoltes par
la culture des légumineuses, amélioration
qui devait être réellement attribuée à l'ap-
port de matières nutritives azotées au sol
par ces plantes mômes.
DansunbrillantrapportpubliéparSchultz
Lupilz en 1881, sous le titre de : « Reiner-
tràqe auf lekhtem Boden und Wirkinvj ver-
srhicdenci^ Pfwsphateauf troelienen und feuch-
ten Sandboden «, rapport qui constitue un
vrai monument de progrès dans la pratique
et comme un lumineux point de départ pour
rétablissement d'une nouvelle théorie, l'a-
gronome sus-nommé établit d'une façon in-
déniable, en se basant sur ses observations
exactes et minutieuses faites pendant de
longues années dans l'exploitation d'une
grande propriété nobiliaire (Rittergut) située
en terre légère, le fait de l'enrichissement
du sol en azote ; et pour bien Insister sur
cette précieuse qualité, il a baptisé les légu-
mineuses du nom significatif d'accumula-
trices d'azote (StickUoffsammler),
Les faits qui ont amené la découverte de
Schultz-Lupitz me paraissent si intéressants,
que je ne crois pas pouvoir les passer sous
silence dans cette partie démon rapport que
je ne voulais consacrer en principe qu'à l'ex-
posé historique de mon sujet.
En 1855, Schultz devint acquéreur de la
propriété de Lupitz. Celle-ci se compose en-
tièrement de terrain très léger, d'un sable
diluvial, qui ne laissait guère espérer une.
exploitation rémunératrice. Mais tout ceci
n'était point pour rebuter cet homme aussi
savant qu'entreprenant. Immédiatement le
nouveau propriétaire emboîte le pas du pro-
grès en faisant largement emploi d'engrais
chimiques qui alors commençaient seule-
ment H faire leur apparition dans Tagricul-
ture. Les bons résultats ne firent point dé-
faut, mais la comptabilité prouva que l'em-
ploi de ces engrais n'était pas assez profi-
table. Un essai de chantage sur ces terres
si légères ne réussit pas ; la chaux brûlait
le sol et les plantes. Le drainage tenté après
le chaulage fut d'un meilleur effet, surtout
avec addition de phosphates. Malgré tout,
le rendement général de la culture restait
peu satisfaisant. Mais par l'emploi des en-
grais potassiques, qui dans les années 1860
firent leur apparition sur le marché des en-
grais chimiques ou artificiels, les rende-
ments de Lupitz augmentèrent subitement,
d'une manière tout imprévue et inattendue.
Les plus étonnants résultats, Schultz les ob-
tint dans la culture du lupin. Cultivée d a -
bord sans aucune fumure en alternance
avec des pâturages pour bêtes ovines, cette
plante diminuait d'année en année dans son
rendement, à tel point que le sol ne souf-
frait plus du tout cette légumineuse de ter-
res légères. Une fumure de 3 quintaux de
kaînite au quart d'hectare, suffit pour vain-
cre cette répugnance du sol pour le lupin.
Pendant 15 années consécutives Schultz-Lu-
pitz put continuer de semer cette papiliona-
cée dans le même champ qu'il avait soin de
fumer chaque année avec 3 quintaux de ce
sel potassique qui venait de faire merveille.
Se basant sur celle expérience de 15 an-
nées, M. Schultz put émettre l'axiome que
pendant tout ce temps son terrain ne s'était
point appauvri, mais bel et bien enrichi d'a-
zote. La preuve ne pouvait naturellement
guère en être faite ; mais comment s'expli-
quer la manière dont les lupins trouvaient
quand même l'azote nécessaire qu'ils emma-
gasinaient dans leur tissu? Encouragé par
ces résultats dans la culture du lupin,
Schultz se décida à employer concurrem-
ment avec la kaînite le phosphate pour fu-
mer aussi les céréales, ces consommateurs
d'azote par excellence. I^s récoltes des cé-
réales réussirent mieux, lorsqu'elles succé-
dèrent à une culture de légumineuses qu'en
venant sur terres fumées exclusivement
avec les engrais minéraux. On en pouvait
inférer que les céréales avaient reçu l'azote
nécessaire à leur développement normal
par le trèfie ouïes pois intercalés dans l'as-
solement. Schultz-Lupitz réduisit alors for-
tement son cheptel de bétail, puisqu'il pré-
tendait obtenir par la culture de légumineu-
ses l'azote nécessaire à ses champs à bien
meilleur marché que ne le lui fournissait
rétable de sa ferme. La pratique de Schultz-
Lupitz était probante : elle a prouvé qu'en
rendant au sol ses éléments nutritifs miné-
raux tels que potasse et phosphate, et en in-
tercalant entre les céréales des légumineu-
ses, les récoltes redevenaient plus fortes et
que le champ ne perdait rien de sa fertilité.
C'est Schultz-Lupitz qui remit sur le tapis
la grande question de la nutrition des légu-
mineuses, et autour de ses publications qui
ont fait époque, il s'éleva parmi les hommes
de science une controverse très vive, qui no
fut même pas toujours des plus polies. Des
savants distingués, tels que H, Settegast^
Drechsler, Blomeyerei Màrker. prirent part à
105
AGRICULTURE.
106
la discnssioD. Marker fut le seul dans cette
bataille d'articles et de rapports qui se dé-
clara pour l'expérience de Schultz-Lupitz,
et loD^mps encore la science nia la pos-
sibilité d'obtenir des résultats durables par
le système d'exploitation de Schultz et pré-
dit le naufrage de ses théories.
Mais Schultz-Lupitz ne se souciant guère
des controverses provoquées par sa prati-
que, continua d'exploiter son bien d'après
le s}'stème auquel il a donné son nooi) jus-
qu'à ce que la bactériologie fût venue don-
ner l'explication du phénomène qui parais-
sait si obscur et si mal observé.
En 1886, UU.Hellrieffd et WiUfarth publiè-
rent pour la première fois les résultats de
lairs recherches communes sur Tassimila-
liondes matières azotées. Un pur hasard leur
ât enfin découvrir la clef de Ténigme qui
intrigaait depuis près d'un siècle les agro-
nomes et les expérimentateurs les plusdis-
tin^és. Ces deux savants faisaient des es-
sais de culture en pots de différentes plan-
tes, de légumineuses et de céréales ou gra-
minées, de plantes enrichissantes et ap-
prauTrissantes, dans des terres préalable-
ment stérilisées et complètement libres de
combinaisons azotiques. Pour les céréales
h purent constater que leur rendement dé-
pendait strictement de la quantité d'azote
donnée à la terre d'essai par les mélanges
Qulritifs ; les rendements diminuaient et
ao^mentaientavec l'augmentation ou la di-
iBînation de l'azote dans le sol. Au contraire,
ûHte relation n'existait plus pour les légu-
luaeases ; certaines de ces plantes possé-
<^nt la capacité de prospérer, même dans
a terrain complètement libre d'azote et
»&s aucune addition de cet élément nutri-
^rà l'engrais donné. Mais une autre année
r» mêmes plantes, dans lesi mêmes terres
dessaietdans les mêmes conditions ali-
mentaires, ne parvenaient pas à se dévelop-
^r normalement. Quelleétait donc la cause
^ ce curieux phénomène ? La réponse fut
'lonnée par le hasard. Hellriegel constata
déplus que même après l'addition des me-
nées quantités d'azote nutritif, les mêmes
plantes d'essai de la famille des légumineu-
^s ne donnaient pas un rendement égal.
Ne trouvant aucune cause chimique ou phy-
^que de cette particularité dans la nutri-
^on azotique des trèfles et des pois cultivés,
y^Uriegel se mit à déterrer quelques piau-
las d'essai et il constata que les plantes
ÎHen développées avaient à leurs racines de
Nies nodosités qui manquaient aux plan-
és de même espèce restées en arrière. Et
^nodosités contenaient de grandes quan^
lités d'un infiniment petit, d'une bactérie.
Quel était le rôle de ces nodosités ?
Etaient-ce réellement les bactéries de ces
formations végétatives qui en symbiose
avec la plante mère lui fournissaient le sur-
plus d'azote constaté dans les récoltes ? De
nouveaux essais basés sur l'hypothèse
qu'une terre dans laquelle les légumineuses
avaient pris beaucoup de ces tubercules,
devait contenir aussi beaucoup de germes
de la bactérie en question, furent tentés
par Hellriegel et Willfahrt Sur laserradelle,
le lupin et les pois, dans des terres parfai-
tement stérilisées, dont quelques pots
avaient été préalablement ensemencés de
bactéries par une eau dans laquelle était
délayée une terre qui avait porté de vi-
goureuses plantes des papilionacées en
question, et confirmèrent la supposition que
ces bactéries étaient les vrais accumula*
teurs de l'azote libre dans l'air atmosphéri*
que. Toutes les plantes qui avaient eu de
la terre de légumineuses délayée dans de
l'eau, devinrent très vigoureuses et donnè-
rent un fort rendement, tandis que celles
qui n'avaient pas été arrosées de cette ma-
nière restèrent faibles et moururent d'ina-
nition.
L'importante question de l'assimilation
de l'azote libre de l'air par les légumineun
ses était dorénavant résolue. De ce moment
date une ère vraiment nouvelle dans la
pratique agricole, par suite de l'application
économique qu'ont trouvée ces nouvelles
acquisitions de la science expérimentale.
C'était en effet la découverte d'une nou-
velle et intarissable source d'azote, qu'il
s'agissait dorénavant de rendre utile dans
la pratique agricole, tant par l'intercalation
de légumineuses dans les cycles d'assole-
ment, que par l'emploi des plantes en ques-
tion comme engrais verts^ en les enfouis-
sant, pour fixer ainsi dans le sol le surplus
d'azote accumulé par elles. Le système éco-
nomique de Schultz-Lupitz avait obtenu la
plus brillante justification par la science.
Des expériences subséquentes de Praz--
mowskl, Frank^Nobbeet 7///mer confirmèrent
que par la symbiose de ces bactéries, les
légumineuses devenaient capables d'em-
prunter l'azote libre à l'air, comme d'ailleurs
il avait été démontré par Frank que d'au-
tres plantes supérieures, des arbres de la
forêt, avaient sur leurs racines des infini-
ment petits parasitaires, qui leur procu-
raient l'avantage de rendre assimilable
l'azote de l'air à leur organisme. La fixa-
tion de l'azote libre de l'air par ces bacté"
ries fut encore prouvée par les expériences
de Lawes et Gilbert dans les années 1888 et
1889. M. E. Bredel arriva à des résultats
identiques en inoculant directement, les
bactéries accumulatrices d'azote à de jeu-
6
107
JOURNAL MENSUEL DE L^AfiADllMIE NATIONALE.
lOS
nés plants de cytise ; les plants inoculés se
développèrent vigoureusement, et montrè-
rent à leur récolte les nodosités à bactéries,
que n'avaient pas les plants non inoculés.
Des inoculations faites par Hellriegel lui-
même produisirent de ces mêmes nodosités
sur les racines, tandis que les plantes non
traitées n*en eurent point et n'atteignirent
pas à leur développement normal.
Si par les expériences précitées l'assimi-
lation de Tazote par les légumineuses a été
prouvée d'une manière indirecte, MM.
Scfilœsing fils et Laurent entreprirent de la
constater directement en mesurant les
quantités d'azote gazeux que leurs plantes
d'expérimentation enlevaient à l'air qui leur
était amené par des procédés spéciaux. Les
expériences sont donc venues confirmer
d'une manière éclatante les pratiques de
l'agriculture et les théories de la science :
ScKuttZ'Lupitz et HellriefffL
Nous allons voir maintenant dans la se-
conde partie de mon étude le parti écono-
mique à tirer des importantes découvertes
dont je viens de retracer l'histoire.
II
Depuis longtemps nos agriculteurs se
plaignaient de la pénurie des engrais de
ferme ; depuis longtemps des expériences
pratiques avaient démontré, que môme là
où le fumier de ferme ne faisait pas défaut,
l'élément azoté dominait par trop, et que,
par le défaut des aliments minéraux, nos
plantes culturales ne donnaient plus de ren-
dement satisfaisant. Il a fallu ajouter les
phosphates et la potasse à la fumure d*éta-
ble, pour obtenir de nouveau des récoltes
comme on était habitué à en avoir, voire
même des rendements doublés. C'était par-
ticulièrement les terres de haute culture
intensive, les terrains riches en humus et
très actifs qui se montraient les plus recon-
naissants envers l'emploi (l'engrais artifi-
ciels, et donnaient pendant toute une série
d'années des récoltes très abondantes, mé-.
me sans l'emploi d'aucun engrais d'étable.
De pareils résultats augmentèrent consi-
dérablement Tengouement pour les engrais
chimiques, à tel point que Ton pensait déjà
à faire de l'agriculture sans bestiaux, qu'on
avait fini par considérer comme un mal
nécessaire. Il y eut pourtant un recul dans
le développement de remploi de ces engrais ;
et maintenant encore dans certaines par-
ties de notre pays la faveur pour ceux-ci
n'est pas revenue. Le paysan avait fait de
mauvaises expériences en employant uni-
quement tel et tel engrais, sans considérer
que, pour se développer, la plante avait be-
soin de plusieurs éléments nutritif)^, et que
pour avoir une récolte assurée il fallait
rendre au champ toutes les matières fertili
santés qui lui enlève la récolte. En enr
ployant l'un ou l'autre engrais chimique i
lui seul, les récoltes peuvent être satisfai-
santes tant que les autres aliments dt*
plantes se trouvent encore en quantité
suffisantes dans la terre ; que l'un d'er
vienne à manquer, et il manquera d'antas
plus vite que par la fumure précédente L
récolte aura été plus abondante. Aussitôt k
rendement diminuera, et cela jusqu'à r.
que le champ ait reçu l'élément nutritif q
lui manque le plus. C'est Tignorance 6
cette loi naturelle, qui permit longtemps
l'emploi d'un seul engrais chimique, en^
ployé à l'exclusion des autres, et fit accroirr
ainsi aux cultivateurs trompés dans lec
attente, que l'engrais chimique employé ps
eux ne valait rien, qu'il appauvrissait \*
sol au lieu de l'enrichir ; ils ne pensaiefl
déjà plus aux récoltes renforcées en swi
de son emploi. L'erreur était qu'on pcnsi.^
avoir trouvé dans les engrais artificiels àe
engrais completSfCe qu'ils ne sont en au0an
façon ; le sol a besoin d'humus et sans lïi^
mus il perd son agencement, sa structar
favorable aux plantes de culture.
De là aussi le désappointement des ca
tivateurs qui avaient essayé la ferme saa
cheptel.
Il a fallu retourner au fumier organiqur
ne veut-on pas le faire dans l'étable, onpe^
le faire, il est vrai, dehors sur les champs
en cultivant des légumineuses, en intercaij
tiondans l'assolement, en culture dérob.^
ou principale, pour enfouir dans le sol, si
leurs racines seulement, comme pourl^
plantes fourragères dune certaine valeu.
soit leurs fanes entières, comme pour le
légumineuses de moindre valeur fourr?
gère, lupin ou vosce, fèves ou serratlell^
C'est ce système de fumure verte qui a pe
mis à Schultz-Lupitz de restreindre réel k
ment son cheptel, sans, pour cela, diminua
les réserves d'azote et d'humus par les r
coites rentrées. Après 15 années déco sysf
me, son terrain n'avait rien perdu ; bien a
contraire, il s'était enrichi en azote.
La sidération ou fumure verte signifia
par le fait qu'elle fournit presque pour riei
l'azote si cher dans le commerce, une vra-
révolution dans la pratique autant que da^
l'économie agricole.
De plus, la fumure verte se prêle aux tcf
res fortes comme aux terres légères. Eï\i
ameublit les premières et rend plus con$i$H
tantes, moins perméables ces dernièrt-<{
elle perfectionne la structure mécanique f^
chimique des difiTérents sols ; elle prépara
aux racines des plantes cultivées leur gfk
109
AGRICCLTCRE.
ho
propice el leur facilite l'accès dans les prô- .
tondeurs. Les terres froides sont réchauffées,
les sols trop chauds sont tempérés, ce qui
rend les engrais artificiels plus actifs et
assure leur effet. Faisons donc du fumier
sur nos champs. Si après la récolte d'une
céréale d'hiver nous retournons les chaumes,
si nous ensemençons aussitôt le champ
avec une légumineuse quelconque, et que
pour Temblavure suivante nous enfouis-
sions ces plantes tout entières dans le sol,
nous remplaçons ainsi avantageusement le
famier de ferme et nous enrichissions no-
tre sol de matières fertilisantes.Nous faisons
delà fumure verte.
La fumure verte a sur le fumier de ferme
de grands avantages. Çlle est d'abord moins
chère et ensuite les plantes enfouies se dé-
composent beaucoup plus vite que les en-
trais animaux. La sidération peut se faire
presque choque année, tandis que Tengrais
de ferme ne peut se répéter qu'à de grands
intervalles et ne suffît plus nulle part ; Ta-
lole des plantes vertes enfouies comme fu-
mure est plus assimilable que l'azote de
l'engrais animal ; Thumus fourni par la si-
dération est beaucoup meilleur que celui
duftimicr de ferme.
La sidération est dès à présent un puis-
sant facteur de production agricole ; de nos
jours, où nos produits sont si dépréciés,
i essentiel pour nos cultivateurs est de pro-
duire plus à l'hectare et de produire aussi à
moindres frais. Mais l'emploi d'engrais vert
offre encore d'autres grands avantages pu-
rement culturaux ; il favorise la formation
des rosées, tient le sol humide et chaud,
détruit et empêche de croître les mauvaises
herbes ; il ameublît le sol, l'enrichit de
Tazote si précieux, accélère dans la terre
la décomposition des aliments minéraux et
augmente Thumus.
Ce sont tout particulièrement les champs
ou les soles éloignés du centre de culture,
de la ferme ou du village qui profitent de
la fumure verte, puisque celle-ci épargne
de grand frais de transport ; de plus, la si-
dération permet une meilleure adaptation
de l'assolement aux conditions climatéri-
ques et économiques de la région. Rien que
par la culture intercalaire d'une légumi-
neusc après la récolte, l'assolement est
avantageusement modifié, la culture des
plantes sarclées à Teffet d^améliorer la con-
sistance du terrain et de détruire les mau-
vaises herbes devient moins nécessaire, ce
but étant atteint parfaitement à l'aide des
légumineuses intercalées.
En un mot, la sidération ou fumure verte
s'impose de nos jours comme une des plus
pressantes nécessités économiques parmi
celles qui, dans ces derniers temps, ont
profondément modifié l'agriculture. Elle
est une mesure très économique ; car en
l'appliquant, loin de courir les risques de
perdre des matières nutritives comme avec
le fumier de ferme, nous les consolidons
pour ainsi dire dans le sol et les y conser-
vons facilement assimilables, quoique non
solubles dans l'eau.
Les résultats de la fumure verte seront
d'ailleurs d'autant plus sûrs que le sol de
culture aura lui-môme des réserves plus pe-
tites en azote disponible pour les plantes,
et que par nos soins les légumineuses se
développeront plus vigoureusement ; car ce
ne sont que les plantes vigoureuses qui ac-
cumulentbeaucoup d'azote libre et augmen-
tent ainsi le rendement de la récolte sui-
vante.
Les semailles des légumineuses pour fu-
mure verte se font, soit immédiatement
après la moisson dans les chaumes renver-
sés, soit aussi en culture dérobée. Daps le
premier cas, il faut renverser la motte pen-
dant que les gerbes se trouvent encore sur
le champ, herser et rouler, puis enfouir la
semence. Si nous voulons avoir des résul-
tats assurés des semis dans les chaumes
renversés, il est essentiel que nous ne nous
mettions pas en retard pour entreprendre
ces travaux, afin de permettre aux plantes
d'atteindre leur parfait développement avant
de les enfouir et d'incorporer, au sol, par
cette opération, les plus grandes quantités
d'azote possibles. Le petit tableau que nous
donnons ci-après peut suffisamment nous
édifier sur l'importance des emblavures
précoces ; nous voyons par là que des ves-
ces semées à différentes dates ont fourni
d'autant plus d'azote et ^e substances orga-
niques qu'elles ont été semées plus tôt :
Date
des
semailles
19 juillet
5 août.
ÎO »
31 »
Date
de Tenfouis-
sement
86 octobre
26 »
26 »
26 »
Poids
produit
et enfoui
3380 kg.
1866 w
1164 »
6(54 V
Azote
obtenu.
128 kg.
SO »
54 0
31 »
En culture dérobée on répand la semence
des légumineuses dès le printemps, par ex-
emple, dans une céréale d'hiver qu'on herse
légèrement ensuite ; la légumineuse semée
dans une céréale trouve en celle-ci un sou-
tien, une protection favorables à son déve-
loppement, et ce n'est qu'après l'enlèvement
de la récolte principale que la légumineuse
se développe le mieux. La culture dérobée
d'une plante à fumure verte ne se recom-
mande pourtant point dans un sol aride,
perméable et sec, puisque ces semailles en
dessous enlèvent au so] une humidité (|ui
111
JOURNAL MENSUEL DE L'aCADÉMIE NATIONALE.
112
doit principalement servir à la plante recou-
vrante, et que la récolte principale peut en
être compromise. La serradelle est la plante
à fumure verte qui se prête le mieux aux
semailles en dessous ou à la culture déro-
bée. En général, on peut donc dire qu'une
semaille faite dans les chaumes renversés
et sans autre fumure préalable, donne le
plus de garantie de réussite, à condition
toutefois que la récolte principale ait obtenu
suffisamment de phosphate, de potasse et
de chaux.
J'ai déjà dit que par la fumure verte les
engrais minéraux gagnaient en importance,
et en effet, l'adjonction d'une légumineuse
à une culture principale, devra être pour-
vue, pour se bien développer, d'une assez
grande quantité d'acide phosphorique et de
potasse, tandis qu'il vaut mieux, pour ce
qui est de Tazote, que cet élément nutritif
n'y abonde pas : car l'azote produit la verse
de la céréale et diminue ainsi la croissance
de la légumineuse adventice et en môme
temt)s la quantité d'engrais vert à obtenir.
Quant à l'époque à laquelle l'engrais vert
doit être enfoui, il est tout à fait impossi-
ble d énoncer une règle générale et abso-
lue sur cette importante question. Si après
une emblavure de légumineuses le champ
doit recevoir une semaille ou une plante
printanière, il est bon de laisser debout sur
le champ la légumineuse pendant tout Thi-
ver, afin qu'en recouvrant le sol elle le rende
plus meuble et plus friable, et lui donne en
général une structure plus favorable à la
plante qu'il devra recevoir.
Schultz-Lupitz recommande d'ajouter en-
core un peu de fumier de ferme à l'engrais
vert pour accélérer le décomposition de ce
dernier. Le fumier de ferme héberge quan-
tité de bactéries qui favorisent la pourri-
ture ; l'addition du fumier de ferme n'a donc
d'autre but que de faire pourrir plus vite
les plantes vertes enfouies, afin de rendre
leurs éléments nutritifs plus rapidement
assimilables et profitables aux plantes. Pour
augmenter encore l'effet salutaire de la fu-
mure verte, on fait bien d'apporter au sol
du superphosphate ou des scories Thomas,
de la potasse sous forme de sels potassiques
ou aussi de la chaux ; tous ces engrais
réunis rendent la fumure plus active et d'un
effet plus sûr. Dans une terre légère, nous
donnerons, par exemple, avantageusement
à une céréale suivant les légumineuses
plantées pour engrais vert, une fumure ad-
ditionnelle de ka'inite et de scories Thomas.
Ce sont les plantes sarclées qui profitent le
plus et le plus facilement des matières nu-
tritives de l'engrais vert, tandis que les cé-
réales sont beaucoup moins capables d'as-
similer l'azote renfermé dans les légumi-
' neuses enfouies. Celles-ci n'entrent en fer-
mentation que vers la belle et chaude sai-
son, la nitriflcation ne peut donc plus pro-
fiter aux céréales, dont la végétation est
déjà très avancée à cette époque.
Après ces données générales sur la portée
économique de la sidératîon,il me reste en-
core à vous exposer, Messieurs, les princi
pes spéciaux qui doivent guider nos agri
culteurs dans l'exploitation de terres légè
res ou de terres fortes. Gomme nous l'avons
déjà dit, l'engrais vert est d'un effet supé-
rieur particulièrement sur les sols légers,
et je puis hardiment affirmer que c'est la
sidération qui seule pourra faire donner les
plus forts rendements possibles à ces ter-
rains qui avant cette importante découverte
restaient pour ainsi dire arides et stériles
ou du moins ne donnaient des récoltes sa-
tisfaisantes qu'avec beaucoup de peine et
par suite d'immenses frais de culture oa
d'amélioration. 11 en est. Dieu merci, tout
autrement aujourd'hui, et si l'on prenQ
particulièrement en considération la règic
du choix des légumineuses qui accumulenl
le plus d'azote dans leurs racines et résidus,
l'on peut être certain d'un résultat et d'un
succès complets. Avec la sidération il n'y a
plus de terres stériles, il n'y a plus de pro-
priété qui ne paye ses frais et n'entretienne
son propriétaire ou son fermier.
Mais là où l'on cultive beaucoup de sob
légers, il faut avant tout s'assurer que les
plantes y trouvent la quantité d'eau néces-
saire à leur croissance normale et à leur
parfait développement. C'est eu effet dans les
terres légères à sous-sol très perméable,
que les eaux souterraines font souvent ei
le plus défaut. Par bonheur il y a parmi les
légumineuses des plantes dont les racines
vigoureuses et pivotantes pénètrent bien
avant dans le sous- sol, y trouvent facile-
ment l'eau nécessaire et réussissent ainsi
à emmagasiner de fortes quantités d'azote
dans leurs racines.
C'est encore aux célèbres expériences de
Schultz-Lupitz que nous devons les plus mi-
nutieux éclaircissements sur le rôle impor-
tant des légumineuses à racines profondes.
Toutes les plantes à engrais vert ne pénè-
trent pas dans la terre à une égale profon-
deur, et il est avéré que par une année de sé-
cheresse ou dans un champ à sous-sol très
perméable, les plantes qui auront le plus
de chance de végéter régulièrement seront
celles qui enverront plusprofondémcnt leurs
racines dans le sous-sol. Si le lupin atteint
avec sa racine pivotante la profondeur d'un
mètre, le pois ne pénètre, par exemple, dans
les mêmes conditions de terrain et de cli-
113
AGRICULTURE.
114
mai, pas à plas de 30 centimètres, et résiste
poar cette raison beaucoup plus difOcile*
ment à la sécheresse.
U s*ag1ra donc pour tout agronome pru-
dent de bien connaître, de bien étudier les
conditions géologiques et hydrologiques de
ses champs, et pour courir moins de risque
par la sécheresse, le cultivateur avisé aura
soin de semer de préférence un mélange
de différentes plantes, pénétrant dans le
sous- sol à dea profondeurs variées. Plutôt
que de semer des légumineuses à égale
puissance pénétrante, il sèmera un assor-
timent de plantes profondes et déplantes
superficielles. De cette manière le terrain
sera partout également traversé parles ra-
does, tandis qu'avec des plantes superficiel-
les seules les couches plus profondes ne
profiteraient point de Teffet salutaire de la
pénétration par les racines. Les plantes à
racines profondes exercent même une in^
fiuence favorable sur la plante de Tannée
suivante.
SchultZ'Lupitz observa un champ de pom-
mes de terre dont une partie avait reçu dans
l'assolement précédent du fumier de ferme,
et une autre partie avait été fumée à Ten-
jrrais vert de lupin ; le tout reçut, de plus,
ane légère addition de poudrette et d'os
pulvérisés. L'année avait été sèche et quoi-
que nulle part sur le champ il n'y eût
I manque d'éléments nutritifs, les pommes
I de terre de la parcelle qui avait été fumée
au lupin vert, montraient une croissance
beaucoup plus vigoureuse que celles de la
parcelle qui n'avait reçu que du fumier de
ferme. Comment s'expliquer cette différen-
MÎSchultz-Lupilz fit sortir des pieds de
pommes de terre sur les deux parcelles, et
Il constata que sur le champ, fumé par le
lupin vert, les racines de la pomme de ter-
re avaient suivi les traces et les conduits
formés par les fortes racines du lupin, et
avaient par conséquent pénétré plus profon-
dément dans le sol que les racines des pieds
qui avaient grandi syr le champ engraissé
au fumier de ferme et qui avaient souffert
de la sécheresse.
Sur la parcelle au lupin, Schultz-Lupitz
récolta 23,360 kilogr. de pommes de terre à
î hectare, tandis que le champ au fumier de
ferme n'en rendit que 14,600 kilogr. Si nous
«aminons encore les frais des deux fumu-
res, nous trouvons dans les notes de Schultz-
Lupitz que la fumure verte avait coûté 11
°\^s. et la fumure à l'engrais de ferme
^.50 marcs (t) ; le prix de revient despom-
\*] Le marc ou mark, unité monétaire nlle-
inaDde vaut exactement 1 fp. 25 ; sa subdivi-
sion centésimale, le pfennig, équivaut, par con-
«%ent,aX centime 1/4. ^
mes de terre produites sur le champ à en-
grais vert, comportait 84 Pfennigs les, 50
kilogr. et 1,68 marcs sur le champ fumé à
l'engrais d'étable.
Cet exemple prouve d'une manière écla-
tante combien il est utile que les plantes
culturales de nos terres légères pénètrent
profondément dans le sol, pour y trouver
facilement dans le sous-sol, et l'eau né-
cessaire, et les éléments nutritifs enfer-
més dans les couches inférieures de ces ter-
res si perméables. En plantant des légumi-
neuses qui envoient leurs racines très pro-
fondément dans la terre, nous obtenons ce
résultat ; il sera donc bon de connaître
tout d'abord les habitudes des différentes
légumineuses sous ce rapport. Le docteur
Stutzer, de Bonn, dans son excellent traité
sur la fumure pratique, range ces plantes
comme suit par rapport à la plus ou moins
grande pénétration de leurs racines : en
premier lieu, le lupin bleu, puis le lupin à
fleurs blanches et à fleurs jaunes ; les diffé-
rentes variétés de Lathyrus ; puis, comme
légumineuses peu profondes, ce même a^i-
teur cite les pois et les différentes espèces
de vesces, ainsi que la serradelle.
Les avantages économiques de la fumure
verte sur les terres légères ne pourront plus
être mis en doute quand on saura que par
les semailles de lupin il est possible d'ac-
cumuler dans les tiges, feuilles et racines
de ces plantes de 50—60 kilogr. d'azote pris
dans l'air atmosphérique. Dans des condi-
tions de culture exceptionnellement bon-
nes, il arrive même qu'en semant cette pa-
pilionacée dans des terres sablonneuses,
vers la fin du mois de juillet, on obtienne,
en récoltant et enfouissant au mois de no-
vembre, plus de 100 kilogr. d'azote produits
ainsi à bon marché par l'assimilation de
l'azote libre dans l'air. Et que coûte le kilo-
gramme de cet aliment si précieux pour nos
cultures ? En comptant les frais de produc-
tion du lupin, le kilogramme d^azote accu-
mulé ainsi dans la plante revient à envi-
ron 40 pfennigs, tandis que dans les en-
grais commerciaux nous payons le kilo-
gramme d'azote, à raison de 90—100 pfen-
nigs. De plus, il y aurait à porter en compte
dans la sidération la valeur des matières
humiques apportées au sol par l'enfouisse-
ment, et encore la dissolution plus rapide
des engrais phosphatés sous l'influence des
acides végétaux contenus dans les plantes
à fumure verte. Tout cela se traduirait par
des chiffres très importants et certes très
concluants.
Quant à la serradelle, qui ne réussit que
dans les sols sablonneux et de lehm, mais
non dans les terres compactes et argileu-
115
lOORNAL MKN8UBL DB I/aCADRMIE NATIONALB.
llô
ses, les avantagei économiques n'en sont
pas moins (grands ; car en semant cette
plante vers la fin d'avril ou au commence*
ment de mai en culture dérobée dans un
champ de céréales, on peut^ récolter, si la
température e^i tant soit peu favorable, et
ni trop sèche ni trop chaude, pour le moins
lOOkilogr. d'azote à l'hectare. Les 100 Icilo-
gr. de semences employées à cet effet coû-
tant 24 marcs, et les autres frais de culture
n'étant point très élevés, les frais de pro-
duction ne comporteraient pas plus de 30
pfennigs par kilogramme.
D'après Schultz*Lupitz la gesse {Lathyrus
Clymnenum)^ que cet éminent praticien a
ouHivée avec succès, la petite luzerne jaune
ou lupuline {Medicago hipulina), ainsi que le
trèfle hybride {TrifoUum hybridum) sont
d'excellentes légumineuses à fumure verte
pour terres légères. En ces derniers temps
Schultz-Lupitz emploie pour emblaver les
chaumes renversés un mélange de lupin
jaune, blanc et bleu, de pois, de gesse et
de fèves, qui lui donna, en 1894, moyenne-
ment et par hectare environ 140 kilogr.
d'azote. Le kilogramme ne lui coûta guère
plus de 31 pfennigs, ce qui représente une
somme bien inférieure à ce que coûterait
le kilogramme d'azote pris dans le com-
merce ou contenu dans le fumier de ferme.
Ajoutez encore à ces avantages qui peuvent
se traduire arithmétiquement et en chiffres
sensibles, celui de l'accumulation de gran-
des quantités d'humus dans le sol, humus
qui est ainsi produit sans aucun frais. De
plus les plantes qui suivent ces légumineu-
ses à racines fortes et profondes, trouvent
dans le sous-sol de vraies sources d'eau
qui, en leur étant plus accessibles, les pro-
tègent efficacement en temps de sécheresse.
Si la sidération se prête bien à l'amélio-
ration des terres légères, l'on ne peut pas
en dire autant des terres fortes ; Ips frais de
culture de ces dernières étant généralement
très élevés, la fumure verte cesse naturel-
lement d'être rationnelle et profitable, dès
que la valeur de l'azote produit ne com-
pense pas entièrement les frais de la fu-
mure verte.
Ici eacore il s'agit de trouver les légumi-
neuses qui conviennent le mieux au terrain
qu'on a sous la charrue.
Pour les terres moyennes, telles que noua
les trouvons dans notre campagne d'Alsace,
dans les vastes dépôts de lehm qui la re-
couvrent et lui donnent sa grande fertilité,
ce sont les différentes variétés de pois et de
vesces qui rendent les meilleurs services.
D'après un rapport de Dehiinger, reproduit
par M. Stutzer dans son opuscule sur les
engrais, on a obtenu, dans la plaine des
environs de Darmstadt, à l'hectare, les
quantités ci-dessous relatées d'humus et
d'azote.
Matières
humiqaet Axote.
kg. kg.
Mélange de pois et de vesces. 7d;)0 2S0
Luzeroe 6500 230
Trène 4800 1 27
Trèfle hybride 3500 117
La fumure verte ainsi produite par le
mélange de pois et de vesces équivaut, d'a-
près les évaluations du professeur Stutzer,
à au moins 50,000 kil. de fumier de ferme
ou aussi à 1000 kil. de salpêtre du Chili. Ce
sont là des résultats qui ne sont possi-
bles, naturellement, que par une tempéra-
ture très favorable à la végétation. En temps
de sécheresse, de pareilles masses ne s'ob-
tiennent point et les résultats sont moin-
dres ; mais ces chiffres peuvent toujours
édifier les plus sceptiques sur la valeur de
la fumure verte. Le compte de l'agronome
Dehlinger, qui fit ces essais, vient confir-
mer la haute valeur économique d'une sidé-
ration bien appliquée et réussie : à l'hec-
tare il employa 100 kil. de vesces, 100 kil.
de pois, auxquels il £^outa quelques kilos
de fèves pour prêter un appui aux deux au-
tres plantes grimpantes pendant leur végé-
tation.
La semence a coûté 36 M., l'ensemence-
ment à la main 1,20 M., augmentation des
frais de labour 2 M. (le labour eût été fait
quand même), soit 39,20 M., ou en chiffres
ronds 40 M.
Vis-à-vis de ces frais, nous trouvons en
recette :
7600 kg. de matière organique (matières
humogènos),
250 kg. d'azote.
L'azote considéré à lui seul, en négligeant
la valeur de la matière organique (humus},
coûta par conséquent, dans les expériences
de Dehlinger, la petite somme de 16 pf. le
kilo. Mais que nous coûterait un kilo d'azote
dans le nitrate de soude du Chili ? Nous
Tachetons ordinairement à 100 et 120 pfen-
nigs. La différence est bien grande, et dus-
sent même une fois les résultats n'atteindre
pas entièrement les chiffres précités, je
suis convaincu que la sidération de nos ter-
res moyennes du lehm rhénan se payerait
encore largement.
Parmi les vesces, c'est particulièrement
la vesce velue qui mérite toute notre atten-
tion comme plante à fumure verte, d'autant
plus qu'elle peut encore rendre de grands
services en temps de sécheresse, de pénu-
rie de foins et de fourrages secs. La vesce
velue résiste, comme tout praticien le sait,
117
AGRICULTOEE.
118
à tontes les intempéries et est très précoce.
L'on en sème tOO kil. mêlés à 50 kil. de sei-
gle de la Saint-Jean à Fhectare, et on Ten-
fonlt au printemps, si l'on ne préfère en
pratiquer une coupe de fourrage vert en
cas de besoin. La vesce ordinaire se prête
paiement très bien à la sidération des ter-
res fortes ; on la sème à la fin de juillet ou
au commencement du mois d'août, à raison
de 100-150 kil. à Thectare, et on l'enterre à
la charrue au printemps suivant. Je citerai
encore spécialement la fève Vicia faba
comnae une légumineuse des terres fortes.
C'est elle qui fournit les plus grandes
quantités de matières humiques et d'azote,
mais malheureusement les frais de culture
en sont fortement augmentés par les hauts
pris de sa semence. La luzerne jaune {Médi-
rago lupulina) est aussi, d'après les expé-
riences de grande culture, une plante émi-
nemment azotîfère. Elle se sème au prin-
temps en culture dérobée dans de Tavoine,
dans le blé ou une autre céréale^ à raison
de 25 kil. de semence à Thectare ; elle ne se
développe bien qu'après la récolte des cé-
réales, de sorte qu'on peut Tenfouir au mois
de novembre. Elle a fourni, dans les expé-
riences de l'agronome Vibrans, en matière
verte et racinée, 13,500 kil. à Thectare, ^olt
M kil. d*azote enlevé à Tair ambiant.
Le trèfle hybride réussit, pour la fumure
verte, dans les terres légères comme dans
les terres fortes. On en sème environ 20 kil.
à rhectare, en culture dérobée, dans le sei-
^e au printemps, et il a fourni, d'après les
rapports de Schultz-Lupitz, rien qu'en rési-
dus de racines, après la coupe du fourrage
tert,pour le moins 8.000 kil. de matières or-
ganiques dans lesquelles se trouvaient en-
Tiron 24 kil. d'azote.
Je citerai encore une plante, le mélilot ou
trèfle de Bokhara, qui croît très vite et ac-
camule une grande quantité d'azote. Mais
(Jette légamineuse a le grand inconvénient
d^étre très vivace, de repousser encore long-
temps après son enfouissement et de former
une vraie mauvaise herbe. Cette plante se
prête tout particulièrement à enrichir les
terres nouvellement défrichées, tant par ses
résidus que par les grandes quantités d'a-
zote qu'elle emprunte à l'atmosphère. Au
printemps, dès la fonte des neiges, on sème
le mélilot dans les seigles d'hiver à raison de
30 kil. de semence décortiquée à l'hectare.
L'expérience et la pratique agricole mon-
trent donc qu'il y a des légumineuses à fu-
mure verte pour toutes les terres, et la si-
dération reste profitable tant que la natu-
re des terres ne rend pas trop coûteuse leur
culture et trop précaire leur rendement. Il
n'est donc pas possible d'établir une règle
fixe et immuable sur l'emploi de telle ou
telle autre plante pour en faire du fumier
vert.
Avant d'ensemencer ses champs de plan-
tes à fumure verte, l'agriculteur pratique et
avisé se renseignera chez ses voisins qui
auraient déjà pratiqué la sidération avec
succès, ou à quelque station d'essai, pour
savoir laquelle des nombreuses légumi-
neuses conviendra le mieux aux terrains
qu'il veut ensemencer. SI l'occasion lui
manque de se renseigner de la sorte, il fe-
ra bien d'essayer lui-même en petit la Cul-
ture des différentes plantes accumulatrices
d'azote sur ses propres champs, jusqu'à ce
qu'il ait ainsi lui-même reconnu l'espèce
la plus reconynandable. Et surtout qu'il
n'omette jamais de fumer les emblavures de
légumineuses à l'engrais de potasse et au
phosphate de chaux, ce dernier s'employant
le mieux sous forme des scories Thomas.
De plus, dans les terres sablonneuses
manquant complètement de chaux, il fera
bien d'employer préalablement le cbaulage,
car il est avéré que l'assimilation d'azote
est la plus vive dans les terres qui contien*
nent de la chaux.
Je ne crois pas avoir exagéré quand, dans
le cours de la présente étude, j'ai émis l'o-
pinion et la ferme conviction que dans la
fumure verte nous possédions un des puis-
sants moyens d'augmenter les rendements
de notre agriculture et un réel facteur d'a-
mélioration de l'état économique de nos
campagnes. Je serais trop heureux si, par
ces quelques pages sur cet intéressant su-
jet, j'o»ais, nourrir l'espoir de railler à mes
idées lespraticiens agricoles et aussi d'a-
mener à tenter des essais, quelques-uns des-
cultivateurs n'ayant pas encore pratiqué la
sidération.
119
JOURNAL MENSUEL DE L'aCàDKMIB NATIONALE.
INDUSTRIE
120
UN MOTEUR ROTATIF IDÉAL
Toutes les personnes au courant desques-
lions de mécanique savent que la recher-
che d'un moteur rotatif parfait est un pro-
blème qui hante le cerveau des inventeurs
depuis la création même de la machine à
vapeur. Le grand Watt lui-même, après la
création de sa fameuse machine à balancier,
d*une conception si proche de la perfection,
se mit à Tétude du problème du moteur
rotatif, sans d'ailleurs obtenir un résultat
satisfaisant. Depuis Watt, c'est par centaines
qu'il faut compter les inventeurs de mo-
teurs rotatifs, sans que jamais les moteurs
construits aient répondu à l'attente générale,
en fonctionnant d'une manière régulière et
économique. Toujours les moteurs rotatifs
accusaient un rendement considérablement
inférieur à celui des moteurs alternatifs or-
dinaires, c'est-à-dire que leur consommation
de vapeur pour la production d'une quan-
tité de force déterminée dépassait constam-
ment dans des proportions énormes la con-
sommation des machines à pistons.
Cependant, tels sont les avantages pro-
pres du mouvement rotatif que, dans ces
dernières années, quelques moteurs dont la
consommation de vapeur est cependant su-
périeure à celle des moteurs alternatifs, ont
pris une place honorable dans l'industrie.
Ce sont le moteur Fiitz, le turbo-moieur
Parsons, et surtout la turbine de Laval, dont
les applications se sont largement multi-
pliées depuis trois ans et qui semble four-
nir réellement de très bons résultats.
Mais voici qu'il nous arrive d'Amérique
la nouvelle que le moteur rotatif idéal a été
enHn inventé par un mécanicien américain
du nom de Bambel.
Tels seraient les grands mérites et avan-
tages de ce moteur que les brevets pour les
Etats-Unis, pour l'Angleterre, pour la Fran-
ce et pour l'Allemagne auraient éié ven-
dus à iiOndres au nois de janvier dernier,
à un syndicat dénommé Syndicat Allen,
pour la somme énorme et presque fabuleu-
se de 6.700.000 dollars, soit environ trente^
trois millions et cinq cent mille francs !
Il parait qu'un moteur Bambel de la
force de cinquante chevaux peut ne pas
peser plus de 45 kilogrammes, et qu'un mo-
teur de 250 chevaux peut n'avoir qu'une
hauteur de 0 m. 46, et ne pas mesurer plus
de 0 m. 30 en largeur ou longueur à la base.
Il parait aussi que quelques moteurs de
ce système ont fonctionné depuis près d'un
an à Trenton,aux Etats-Unis, donnant plei-
ne et entière satisfaction pour la produc-
tion de la force motrice.
Bien entendu, en publiant ces indica-
tions, nous ne faisons que répéter ce que
nous avons lu, et non pas ce que nous avons
vu, sans nous porter garants de l'exactitu-
de de tous ces renseignements.
Cependant, nous devons avouer que les
croquis suivants dont notre excellent con-
Croquis d'ensemble du moteur rotatif Bambel.
frère la Locomotion automobile aih'ien vou-
lu nous fournir les clicbés établis d'après
des figures publiées par le New-Yorke He^
raid et par le Scientific American, pré-
viennent beaucoup en faveur du nouveau
moteur,' et semblent démontrer qu'il pos-
sède bien tous les avantages qu'on lui attri-
ISl INDUSTRIE.
boe. Dans tous lescas,OD voit que le moteur
Rambel est d'une simplicité de mécanisme
réellement merveilleuse.
La figure l représente la vue d'ensemble
du moteur. La figure 2 est une coupe trans-
versale par rapporta. Tarbre. La figure 3
est la coupe longitudinale par rapport à
Tarbre, etla figure 4 fournit un détail du
piston rotateur.
122
Nous ne possédons pas les indications dé«
taillées correspondant aux différents numé«
ros des figures. Mais au premier coup d'œil
on se rend parfaitement compte du fonc-
tionnement général du moteur. On voit
qu'il suffit de manœuvrer le levier com-
mandant un cône de robinet, pour mettre
en marche le moteur dans un sens ou dans
l'autre, graduer l'introduction delà vapeur,
Coupe longitudinale et transversale. -— Détail du piston.
arrêter ou renverser instantanément le
mouvement.
Si la consommation de vapeur du moteur
Bimbel ne dépasse pas la consommation
moyenne ordinairedes moteursalternalifs —
et le fait nous semble vraisemblable étant
donné que le mécanisme comporte le tra-
vail de la vapeur en détente, après ferme-
ture de Tadmission — il n'y a pas do doute
qoe riiivention de ce moteur ne marque le
(ommeocement d'une révolution complète
dans la construction mécanique.
Dans ce cas, lestrente-quatre millions de
francs consacrés à l'achat des brevets amé-
ricains, anglais, français et allemands se-
raient assurés d'une large récupération, et
cet achat n'aurait pas été une opération
aussi aventureuse qu*on pouvait la juger
de prime abord.
E88IEUX DE VOITURES
à roulements sur billes,
de MM. Martin, Maitte et Huberland,
à Pont-sur-Sambre (Nord).
Depuis que le développement immense de
la vélonpédie a rendu justement populaires
les roulements sur billes, de nombreux in-
venteurs ont cherché à multiplier les appli-
cations du principe de ces roulements à u.n
grand nombre de rotations mécaniques. On
123 lOURNAL MENSUEL DE L'ACiDÙflB NATIONALE,
a d'abord songé tout naturellement aux
roues des voitures de luxe et Ton a ensuite
réalisé le montage sur billes des arbres de
certaines machines-outils et même de ma-
chines agricoles.
I/application aux roues des voitures lé-
gères est certainement celle qui a le plus
d'avenir. En ce* qui concerne les voitures
appelées ù supporter de grosses charges, le
système ne saurait avoir ce succès; car,
somme toute, la résistance des billes à l'é-
crasement ou à la déformation reste limitée
à des proportions assez restreintes, et il
faudra toujours s^en tenir aux boites et fu-
sées d'essieux formant coussinets à larges
portées pour les véhicules destinés aux
transports lourds.
Il résulte d'expériences sérieuses faites
par un des grands carrossiers de Paris que
l'application des roulements sur billes à
une voiture de luxe peut diminuer d'envi-
ron 25 % les efforts de traction que doit
fournir l'attelage. L'adaptation des roule-
ments sur billes constitue donc un réel pro-
grès, dan« tous les cas où elle est pratique-
ment possible.
Nos Sociétaires, MM. Martin, Maitle et Hu-
berland, fabricants d'essieux, à Pont-sur-
Sambre (Nord), se sont préoccupés sérieuse-
ment de la question, et ont imaginé un dis-
positif d'application des roulements sur bil-
les qui semble parfaitement bien approprié
aux essieux de voitures et pour lequel il a été
pris un brevet d'invention en France.
Au point 011 les ont amenés leurs perfec-
tionnements successifs, les roulements sur
billes sont toujours constitués par le dépla*
cernent d'une couronne de billes d'acier
trempé, roulant entre les deux gorges de
deux pièces également d'acier trempé et
désignées communément, Tune sous le nom
de cône^ l'autre sous le nom de cuvette.
On comprend d'ailleurs aisément que,
quelle que soit la dureté de Tacier trempé
qui constitue les trois pièces : billes, cône
et cuvette, l'usure tend à diminuer leurs
dimensions respectives et à produire un jeu
qu'il y a lieu de rattraper pour assurer un
bon réglage des mouvements.
Il faut d'ailleurs observer que la posai"
124
billté du rattrapage du Jeu dans toutes les
articulations est Tune des qualités propres
des mouvements à billes.
Le rattrapage de jeu dans ces mouve-
ments s'opère par le rapprochement mutuel
de la cuvette et du cône, de manière à res-
serrer l'espace dans lequel évoluent les billes,
en évitant toutefois de les bloquer.
Des deux pièces : cuvette et cône, l'une
doit être fixe et l'autre mobile.
Dans le système d'essieu à billes, de MM .
Martin, Maitte et Huberland, la boite d'es-
sieu destinée à faire corps avec le moyeu de
la roue est un cylindre en acier trempé dont
les deux extrémités sont terminées par un
chanfrein extérieur formant cône. Le cône
restant ainsi à poste fixe, le réglage doit
s'etfectuer par avancement de la cuvette
se déplaçant sur la fusée de l'essieu, et
cet avancement s'obtient par vissage de
l'écrou massif, formant cuvette sur une
partie filetée de la fusée. Pour mainte-
nir récrou-cuvette en position fixe sur la
fusée filetée, il s'agit de Tempôcher de tour-
ner. Ce résultat est obtenu parles dispositifs
suivants : la tôte de la fuséeest limée en bout
carré, et sur ce bout carré s'emmanche une
douille munie d'un ergot saillant qui vient
se fixer dans une des encoches qui sont pra-
tiquées à cet effet, en nombre impair, sur le
pourtour extérieur de l'écrou-cuvette ; la
douille est maintenue elle-même sur l'ex-
trémité de la fusée par une goupille traver-
sant les deux pièces. On comprend aisé*
meut que, de cette façon, récrou-cuvetle se
trouve parfaitement maintenu à poste fixe.
Il faut remarquer d'ailleurs que l'ensem-
ble de ces dispositions constitue l'une des
so lutiuns de ce problème mécanique quW
Yécrou indeswrable.
Observons aussi que MM. Martin, Maitte et
Huberland ont imaginé une heureuse dispo-
sition pour assurer le placement facile des
billes dans la gorge de la cuvette qui constitue
leur logement. A cet effet, cette gorge se
trouve largement ouverte dn côté opposé à
celui sur lequel s'exerce la pression du rou-
lement, de manière à ce que les billes puis-
sent y être introduites librement* Pour las
empêcher de sortir ensuite de leur logement,
IS5 iNousraïc
oM rondelle plate s'applique au moyen de
vis à métaux sur Touvenure libre, de ma-
uière i la fermer d'une façon suffisante
pour empêcher la sortie des billes.
Tel est l'ensemble des dispositions inven-
tées par MM. Martin, Maitte et Huberland
poorappliquer d'une façon réellement pra-
liqoe le principe des roulements sur billes
lox essieux de voitures. Ces dispositions
MDtefidem ment des mieux comprises, et il
s'y a pas de doute qu'elles ne deviennent
(hos l'avenir Tobjet d'applications nom-
ïteuses qui donneront encore une nouvelle
impalsion à la fabrication d'essieux de
MV.HartiD, Maitte et Huberland. Constatons
d'iillears, avec plaisir, que cette fabrication
na sa réputation grandir de telle façon que
DOS Socif^taires ont dû tripler l:i superficie
de leurs ateliers depuis moins de deux ans.
Ce sont ces succès industriels que notre Co-
niiiédes récompenses a voulu consacrer en
aitribuant cette année notre Diplôme d'Hon-
oeur à MH. Martin, Maitte et Huberland.
126
CARREAUX AGGLOMÉRÉS
à base de cuir comprimé,
de M. Eugène Boeiim,
à Mulhouse (Alsace-Lorraine).
Notre Sociétaire, M. Eugène Boehm, fa-
iTJcaotde menuiserie artistique et entre-
preneur de parquets, à Mulhouse, bien que
possédant à fond la connaissance de toutes
les ressources décoratives que peut fournir
remploi des bois de diverses essences pour
U constitution de parquetages de luxe, s'est
attaché depuis plusieurs années à consti*
toer des carreaux artificiels aptes à rempla-
cer le bois pour l'installation de parquets
<f appartements.
On sait que le bois offre Tioconvénient
wijeur de travailler constamment, c'est-à-
dire d*étre perpétuellement influencé par
les alternatives de sécheresse et d^humidité
qui résultent des variations de la tempéra-
tare ambiante. Il en résulte que les par-
l^etages en bois ne tardent pas, quelle
laVuéléla perfection d exécution de leurs
usemblages lors de la pose, à présenter des
écarts de joints plus ou moins développés,
dans lesquels se logent les poussières et dé-
bris du balayage. Les dislocations de joints
sont d'autant plus à redouter que le par*
quet qui en souffre a coûté plus cher à éta-
blir, soit qu'il s'agisse d'un parquet en une
seule espèce de bois, mais à dispositions
compliquées, soit qu'il s'agisse d'un par-
quet dit mosaïque^ en bois de diverses na«
tures et de diverses couleurs.
La rapide détérioration des parquets or*
nementés. par suite des défauts propres du
bois, a été un grand obstacle au développe-
ment des parquetages de luxe.
Observons aussi que les parquets en bois
se prêtent mal aux lavages que prescrit
rhygiène, et que, dans le cas le plus fré-
quent de mise en cire des parquets, leuj*
entretien en belle apparence devient, avec
l'obligation du frottage périodique, une
servitude gênante et onéreuse. Ne parlons
même pas des dangers de graves chutes
que font courir aux personnes les parquets
trop consciencieusement cirés.
Toutes ces raisons sont la cause du grand
succès qui est assuré dans les appartements
modernes aux recouvrements des parquets,
soit en tapis-moquettes, soit en linoléum,
soit en toiles cirées.
Le recouvrement en tapis-moquette est
certes très confortable et très luxueux.
Mais est-il hygiénique ? Il n'est pas besoin
de réfléchir beaucoup pour se convaincre
que le tapis posé à demeure sur le parquet
d'un appartement est le plus funeste ré-
ceptable de germes et de microbes nocifs
qui se puisse imaginer.
Le linoléum^ formé de poudre de liège
agglomérée au moyen d'huile de lin,réjouit
la vue par les dessins dont on peut l'orner,
se comporte moelleusement sous le pied,
amortit le bruit de la marche, et se prête
excellemment aux lavages hygiéniques. Il
conserve malheureusement, malgré les
perfectionnements successifs de sa fabrica-
tion, une odeur huileuse persistante, qui
n'est rien moins qu'agréable, et, lorsqu'il
est posé à demeure sur parquet, il concentre
au-dessous de lui une humidité qui déve-
loppe une pourriture rapide de ce parquet,
187
K)URNAL MENSUEL DB L'AGADBMIB NATIONALK.
128
La toile cirée ne présente les inconvé-
nients du linoléum qu'à un degré moins
accentué, mais elle est infiniment moins
durable. Elle est sujette, en outre, à des
gondolages peu satisfaisants.
Nous ne parlerons pas pour le revêle-
ment du sol de rintérieur des habitations
des dallages en pierre, en marbre, en ci-
ment, en bitume, ou des carrelages céra-
miques ou mosaïques qui constituent ce-
pendant la perfection pour la formation du
sol des cours, vestibules, buanderies, salles
de bains ou cuisines. Ces dallages ou carre-
lages ne sont admissibles que dans certai-
nes, contrées chaudes. Mais on ne saurait
les tolérer dans\es régions aux climats froids
ou tempérés. *
On voit donc que, jusqu'à présent, le
problème do la constitution de l'aire de nos
habitations n'avait pas encore reçu une so-
lution pleinement satisfaisante.
' Or^ nous ne serions pas éloignés de croire
que cette solution pleinement satisfaisante
est fournie par les carreaux a^rglomérésà
base de cuir comprimé dont la fabrication
a été imaginée et constituée de toutes piè-
ces par M* Eugène Boehm.
Notre Sociétaire est arrivé à composer,
en utilisant certains déchets de cuirs tan-
nés, convenablement réduits en poudre et
agglomérés sous pression au moyen de
substances agglutinantes, une matière très
homogène et très résistante, pouvant être
teintée de diverses nuances et recevoir les
empreintes de dessins variés en plusieurs
couleurs. Il arrive ainsi à en constituer
descarreaux ornés, d'une épaisseur conve-
nable, qui, posés par clonage sur traverses
ou solives de bois, ou fixés par adhérence
sur ht de mortier, peuvent former des par-
quetages très sédul^nts d'aspect, moelleux
à la marche, insonores, insensibles à l'hu-
midité, se prêtant merveilleusement aux
lavages qui seuls permettent le maintien
d'un bon état de propreté réellement hy-
giénique, et pouvant être considérés com-
me pratiquement incombustibles.
L'énoncé de toutes ces qualités montre
qu'on se trouve en présence d'un système
de parquelage réup^issaut toutes les perfec-
tions désirables. Si donc, comme l'assure
M. Eugène Boehm, la fabrication de ce^
carreaux, fabrication pour laquelle des
brevets ont été obtenus et pris en Allema-
gne et en France, peut être opérée sur une
vaste échelle, dans des conditions de prix
ne dépassant pas le coût des parquets en
bois de chêne, nous avons pleine confiance
dans l'avenir de cette création, qui nous
semble devoir donner lieu à la fondation
d'une industrie nouvelle de très grande
importance.
POULIES DE TRANSMISSION
en fer forgé à bras olive
de M. Martial Bourgcet
19, rue des Envierges, à Paris.
On a presque complètement renoncé dans
l'industrie aux poulies de transmission en
fonte ou en acier coulé, surtout pour les
grandes dimensions. En effet, le métal cou-
lé n*offre aucune sécurité contre l'éclat e-
mentdûaux effets de la force centrifuge,
par suite des soufflures ou criques qui peu-
vent toujours constituer une tare dans la
structure interne des bras ou des limbes de
poulies.
Aussi notre Sociétaire, M. Martial Bour-
guet,qui s'est fait une spécialité de la cons-
truction des poulies de transmission en fer
forgé a-t-il vu rechercher constamment les
articles de sa fabrication, qui non seulement
sont adoptés pour l'installation de trans-
missions nouvelles, mais qui encore tendent
déplus en plus à prendre la place des pou-
lies en métal fondu dans toutes les trans-
missions d'ancienne origine.
M. Bourguet, qui avait commencé sa fa-
brication en n'établissant d'abord qu'un
seul type de poulies, a déjà dû, pour satis-
faire aux besoins de diverses industries et
peur répondre aux demandes qui lui étaient
faites, constituer trois autres types. A Theu-
re actuelle, cette fabrication comprend, dans
les quatre types établis tous les diamètres
de poulies jusqu'à 5 mètres, et toutes les for-
ces jusqu'à 1.000 chevaux.
Notre Sociétaire ne compte pas d ailleurs.
129
INDUSTRIE.
130
m rester là, v car, nous dit-il, encouragé
^ |)ar le reoom que Tindustrie a bien voulu
'Sàireàmes poulies, dont plus de 55.000
(soot en usage, et par l'importance des
< demandes qui augoienle d'année en an-
< née, je poursuis toujours le perfectionne-
« meDt de cet organe de transmission, dans
« le but de répondre à tous les besoins in-
« iriels. »
Observons que toutes les poulies de
M.Rourguet sont calculées et établies de fa-
çon à donner une sécurité absolue dans la
(laute des forces pour lesquelles elles sont
demandées.
On Toit que la médaille de vermeil accor-
4)ée cette année à M. Bourguet par notre
'^ité des Récompenses, était pleinement
jastifiée par les mérites et les développe*
iDCDls de cette fabrication toute spéciale.
PRODUITS DE PARFUMERIE
de ia fabrique
ie n La Cru\ del Campo »,
à M . Diego Léon Sotelo,
à Séville (Kspagne).
la Cru\ del Campo. — La croix du
camp— qui est comme la continuation de
braeCrientale à Séville— sert tout à la fois
^liésignation et de marque de fabrique à
rosine de notre collègue à Séville. Dans
ces dernières années son installation s'est
^Q^iièrement développée et,en dehors des
"ûêrites très réels de ses procédés de fabri-
cation, il n y a rien là qui soit de nature à
WQs surprendre^ car au fur et à mesure
«lue Ton avance dans les pays chauds, on sait
«lœ bi consommation de la parfumerie de-
vient de plus en plus importante, car il
^^le que les soins d'hygiène y soient plus
oéoefisaires et que Ton trouve comme un
tonique dans l'usage intelligent de la
tK>cne parfumerie.
Cest ainsi que M. Léon Sotelo est arrivé à
Uiriquer sur une assez grande échelle les
^*iences de tous genres, les eaux de fleurs
^^'oranger, de niélisse,de menthe et deColo-
^, l'eau tonique de quinine et toute la
série possible des savons fins de toilette,
avQc les divers parfums qui peuvent corres-
pondre aux goûts ordinaires de la clientèle.
Nous avons particulièrement remarqué
parmi les échantillons que nous avons été à
même d'analyser l'agua florida, qui est
comme une concurrence à une eau simi-
laire très populaire aux Etats-Unis et qui
n'a point tardé elle-même à y conquérir le
droit de cité, étant donné ses qualités toni-
ques très réelles.Fabriquée à basedelavande,
elle est saine et d'un usage tout indiqué
pour les soins ordinaires de la toilette.
La série des savons que notre confrère a
bien voulu soumettre à notre appréciation,
tout en possédant de très sérieuses qualités,
nous a paru d'un usage plus ordinaire, ce
qui ne veut pas dire que parmi ces savons
il n'y en ait point qui soient précisément
appelés, à cause de cela, à rendre des ser-
vices journaliers dans la consommation cou-
rante.
M. D. Diego liéon Sotelo a remporté
une médaille d'or à TËxposition de Bor-
deaux de 1895 et une médaille de ver-
meil de l'Académie Nationale en 1896 pour
son eau de fleurs d'oranger. Il a remporté
aussi un certain nombre de diplômes d'hon-
neur et de médailles d or* ou a même été
nommé membre du jury et déclaré hors
concours dans un certain nombre d'exposi-
tions de second ordre et de moindre impor-
tance que nous ne voulons rappeler ici que
pour mémoire, telles, par exemple, celles
d'Angers et de Marseille.
Ce sont là des distinctions sans consé-
quence obtenues dans certaines exhibitions
qui semblent parfois manquer un peu de la
gravité Qt du poids nécessaires, en pareille
occurrence.
Notre collègue Ta bien compris, et voilà
pourquoi il multiplie ses efforts et perfec-
tionne sans ce»se ses procédés de fabrica-
tion pour arrivera obtenir une consécration
définitive, des récompenses devant lesquel-
les, en un mot, tout le monde doit s'incliner.
■ Mais d*ores et déjà nous sommes heureux
de constater que tous les produits qui sor-
tent de la fabrique de la Cru{ del Campo,
qu'il s'agisse des essences, des eaux diverses
131
JOURNAL MENSUEL DB l\caDÉMIB NATIONALE.
J32
ou des savons,soDt tous exécutés et surreil-
lés avec un soin minutieux; c'est ainsi que
Ton arrive petit à petit à asseoir solidement
la réputation d'une maison et, pour notre
part,nous sommes convaincu que notre col-
lègue de Sévill^ a tout ce qu'il iaut en
mains — la pratique et le souci de satis-
faire la clientèle — pour arriver rapide-
ment à obtenir cet heureux résultat.
EXPOSITIONS ET CONCOURS
EXPOSITION INDUSTRIELLE DE VESOUL
La Commission d'organisation de TExpo-
sition industrielle de Vesoul, en préseiice
des nombreuses adhésions reçues et de cel-
les promises, a pris les décisions suivantes :
1° Donner une plus grande extension aux
bâtiments annexes et proroger jusqu'au 31
mars prochain la limite d'admission des de-
mandes ;
2* Remettre àchaque exposant, en dehors
de la récompense attribuée par le jury, une
médaille artistique bronze vieil argent, spé-
cialement frappée à cet effet.
Pour tous autres renseignements, s'adres-
ser au secrétaire, M. J. Lassus, avoué, pla-
ce du Palais, à Vesoul.
L'exposition aura lieu du 20 juin au
î^'août 1S07.
PRODUITS ALIMENTAIRES
LIQUEURS FINES DE LA MARTINIQUE
de M. M. Fritsch du Val et Cie,
seuls dépositaires à Bordeaux,
Dites aux Français que Ton fait dans ce
que Ton appelle nos vieilles colonies, c'est-
à-dire à la Martinique, à la Guadeloupe et
à la Réunion des conserves, des achards et
des liqueurs de premier choix ; neuf fois
sur dix ils vous regarderont d'un air éton-
né, convaincus que Ton ne tire rien de ces
îles privilégiées, à ce point do vue spécial,
en dehors des conserves d'ananas.
Cest là cependant une grave erreur ; cha-
que jour, en effet, elles perfectionnent leurs
produits et elles se mettent en frais de co-
quetterie pour flatter le goût des gourmets.
Naturellement elles devraient trouver
dans la Métropole des débouchés assurés,
comme nous en trouvons chez elles pour
nos produits manufacturés. Mais, en géné-
ral, on ignore tout à fait ce qu'elles peuvent
nous offrir de bon et c^est précisément cette
acone que notre collègue de Bordeaux a
voulu combler, avec beaucoup d'à propos et
déraison.
Aussi, répondant à cette préoccupation, il
offre aujourd'hui aux consommateurs la
crème d'unis des Indes et la crème de
noyaux venant de la Martinique.
La première parait fabriquée à base d*a-
nis étoile ou badiane, et la seconde avec
des noyaux du pays.
La crème d'anis est d'un goût très fin,
très parfumé et supporte certainement la
comparaison avec les meilleures marques
d'anisette ; la crème de noyaux possède les
mêmes qualités d'arôme délicat et à cela, il
n'y a rien qui soit de nature à surprendre
ceux qui out vécu dans ces pays du soleil
oii les fruits ont une saveur et renferme un
suc que Ton ne connaît pas sous les zones
plus froides. Il en résulte que ce goût d'em-
pyreume un peu âpre qui est comme la ca-
ractéristique de tous les kirschs et de toutes
les liqueurs de noyaux en Europe, se troure
singulièrement atténué aux Antilles.
Cette qualité toute particulière nous a
ISS
PRODUITS ALfHENTAraSS.
134
sortoat frappé, nous allions dire charmé,
dans 11 crème de noyaux venant de la Har-
linique et dont M. Friischriu Val s'est cons-
titué rheureux et très compétent parrain.
Il est évident que ces liqueurs des Iles
distillées sous le soleil des tropiques ont
un velouté et une saveur sut generis bien
digne de flatter le palais du gourmet le
plus délicat.
Mats ce n*est point tout :à un autre point
devue plus général, il nous semble que notre
commerce a tout à gagner à savoir ce
que l'on peut se procurer de bon et d'ex-
cellent dans nos propres colonies, et c'est
pourquoi nous ne saurions trop engager
iolre collègue à persévérer dans cette œu-
vre de vulgarisation de nos meilleurs pro-
duits coloniaux à laquelle il s'est consacré
Fésolument et, disons-le tout de suite, fort
heureusement.
A coup sûr ses efforts méritent le succès
et nous sommes convaincus qu'il ne saurait
lai faire défaut.
Uk PRÉSIDENTE
Uqueur tonique et digeative
de H. MoossKT,
19, rue des Boissières,
à Angouléme.
Tout le monde sait qu'Angouléme est Tun
des principaux marchés des eaux-de^vie et
oognace des Gharentes, et c'est déjà une re-
commandation pour une liqueur d'y être
fabriquée, car on est certain que, se trou-
vant au cœur même des centres de produc*
tion, le distillateur aura la faculté de se pro-
curer la matière première, la base même de
161 liqaeursy de première qualité et tout à
bit naturelles.
Du reste, à ce point de vue, l'éloge des
produiu qui sortent de la distillerie à va-
peur de M. Mousset n'est plus à faire et c'est
précisément le soin avec lequel il choisit ses
eaux-de-vie qui lui a valu la légitime répu-
tation dont jouissent toutes les liqueurs qui
•ont fabriquées dans sa maison.
Depuis quelque temps il vient de créer
et de lancer dans la consommation une
nouvelle liqueur, sous le nom de La Prési-
dente.
C'est une liqueur tonique et digestive,
d'un goût très fin, d*un arôme très délicat,
ni trop forte, ni trop douce, capable de
plaire à tous les palais et qui est assez alcoo*
lisée pour ne pas avoir précisément Faspect
trop liquoreux de certaines liqueurs.
Comme ledit fort judicieusement M. Mous-
set lui-même, il s'est surtout appliqué à
créer une liqueur qui n'ait aucune simili-
tude avec la chartreuse, ni avec aucune au-
tre liqueur connue.
Il s'est donc gardé, avec un soin jaloux,
d'une imitation servile quelconque et nous
pouvons constater qu'il a parfaitement at-
teint son but.
Ce n'est point qu'il soit dans notre pensée^
d'établirun point de comparaison, qui serait
d'ailleurs impossible, ou que nous voulions
critiquer les nombreuses liqueurs qui rap-
pellent plus ou moins la chartreuse et qui
ont souvent elles-mêmes de très réel les qua-
lités ; mais, encore une fois, notre collègue a
voulu faire autre chose, créer du nouveau,
inventer un type qui n'ait pas de similaire,
et c^est là ce qui en constitue le mérite et
l'originalité.
La Présidente est à base de fVaises et de
fine-champagne et pèse 42 degrés d'alcool
pur. Ces fraises donnent à la liqueur un arô-
me très fin et très discret qui précisément
n'a aucun rapport avec les parfums connus
des plantes aromatiques ordinairement em-
ployées pour la fabrication des liqueurs or-
dinaires.
Ensuite, ces 42 degrés d'alcool donnent
une bonne force moyenne & la liqueur qui
peut être dégustée à la fin d'un repas aussi
bien par les dames que par les représentants
du sexe fort.
C'est là encore tout à la fois une innova-
tion et une simplification dont nous ne sau-
rions trop louer M. Mousset, car, en effet,
si la chartreuse jaune est excellente, on est
en droit de trouver la blanche bien fade et la
verte beaucoup trop alcoolisée, de sorte que
l'on ne s'explique pas bien la nécessité de
ces trois degrés et de ces trois couleurs.
135
JOtRNAL IIRN8URL DR L'aCADÉMIB NATIONALE.
136
Eo créant une liqueur qui représente une
bonne force moyenne et qui ne soit pas trop
sucrée, notre collègue nous parait donc avoir
répondu à l'avance à tous les desiderata de
la consommation courante.
Exposée pour la première fois, Tannée
dernière, à Bordeaux, La Présidente y a
remporté une médaille d'argent, et tout der-
nièrement elle obtenait à Marseille, dans
une» exposition de moindre importance, il
est vrai, un diplôme d'honneur avec mé-
daille d'or.
A Theure présente, la liqueur tonique et
digestive que notre collègue a baptisée du
joli nom de La Présidente est connue et
recherchée dans les principales villes de
France et comme, en somme, il s'agit là
d'une liqueur exquise et nouvelle, nous som-
mes convaincu que son succès ira toujours
grandissant, au fur et à mesure que la mar-
que en sera plus connue et par conséquent
plus demandée.
LA CONFISERIE AMÉRICAINE
Qt les Conserves de Fruits
de MM. Dkmarco et Mirkt,
à Montevideo (Uruguay).
Avant de donner quelques détails à nos
lecteurs sur l'importante maison de notre
collègue de Montevideo, il est nécessaire de
rappeler qu'une confiserie dans ces jeunes
républiques de l'Amérique du Sud est tout
à la fois un café et une pâtisserie, et souvent
un restaurant ou tout au moins un établis-
sement où on lunche.
On y trouvera des liqueurs, des rafraî-
chissements, des gâteaux, des bonbons, des
glaces, du chocolat sous toutes ses formes,
des cigares et mille autres objets capables
de rendre j^gréable \e/arnieniej si choraux
habitants de ces contrées privilégiées.
. La confiserie là-bas est comme qui dirait
le ba:{ar de l'alimentation et de dégustation,
le lieu de réunion où l'on vient boire une
tasse de thé ou de chocolat crémeux ou sou-
vent un simple verre d'eau glacée, en fu-
mant un cigare de la Havane. Et le mot
ba^ar doit être pris là dans le sens très
large qu'on lui donne en Amérique et qui
s'applique souvent aux plus grands établis-
sen^ents dans tous les genres — ce qui
n'empêche pas souvent de mettre en grosses
lettres, au-dessus de l'entrée : d Cinstar de
Paris !
Ceci dit pour éclairer la religion de nos
lecteurs, l'établissement de MH. Demarco y
Miret passe pour un modèle du genre, pour
le Boissier, si l'on veut, de Montevideo ;
que l'on en juge par les courtes notes sui-
vantes.
La maison de nos collègues, fondée en
1870, débite chaque jour un grand choix de
bonbons pour tous les goûts, des confitures
de toutes sortes, des cigares de la Havane,
du thé, du café, du chocolat, des vins fins
et liqueurs portant les meilleures marques
de France : Cusenieret fils, Marie Brizard et
Roger, etc., car il est à remarquer que de
l'autre coté de l'Atlantique on ne fait venir
que des produits de premier ordre, ce qui
s'explique de soi-môme, et s'îlarrivece que
l'on appelle des vins et des liqueurs d'ex-
portation, de qualité inférieure, ce n'est que
pour le peuple et pour les bai*s de dernier
ordre.
De plus on trouve, à peine est-il besoin
de le dire, dans la maison, les nombreuses
spécialités qu'elle fabrique elle-même.
Parmi les consommations tes plusdeman-
déos,citons au hasard le rhum extra-fin et le
cognac royal, fine Champagne, tous deux
sortant de la maison a nglo - française
A. Guillaume et Cie, de la Gironde, et pour
donner un détail bien typique de la, maniè-
re dont on prend soin de la santé de la
clientèle dans ces pays-là, M M. Demarco y Mi-
retontfait analyser le produit parle chimiste
municipal, le docteur J. Arechavoleta et par
les professeurs de chimie de l'Université,
Don Antonio, P. Carlosena, qui ont déclaré
qu'il était apte à V alimentation.
Citons encore, parmi les spécialités les
plus demandées de la confiserie américaine
de Montevideo, Le Corfinio et l'amer Mar*
cilla, le premier supérieur à toutes les
liqueurs de son espèce et le second à tous
les apéritifs, dit le prospectus de la maison
à qui nous laissons la responsabilité de ses
137 PRODUITS ALIMENTAIRES
aiserlioDS ; de plus, ils ont été présentés
13S
iQx dernières expositions par leur fabricant
Joies Barottucci de Pescara, en Italie.
Ilyalà une indication pour nos fabri-
eants français qui devraient chercher à
faire connaître leurs produits dans TAmé-
riqaedu Sud, oii les Italiens jouissent, en
effets d'une influence prépondérante et con-
sidérable.
Ces boissons qui étaient complètement
iocooDues en Amérique, y sont expédiées et
reçues aujourd'hui directement et toujours
approuvées par les analyses officielles dont
QOQs parlions plus haut.
LeCenterra^ boisson stomacale et anti-
cholérique, est également dans ce cas. Enfin,
le Champagne, qui est d'une consommation
«Miranle à Montevideo, vient bien souvent
d'Epemay et de Reims, de nos premières
maisons, mais il en vient aussi d'Italie qui
commence à nous faire, sur ce terrain, une
concurrence de plus en plus inquiétante
pour nos propres maisons.
Ce qui prouve bien que ces confiseries
américaines sont les grands bazars de con-
sommation dont nous parlions plus haut,
c'est que notre collègue prévient le public
daos ses prospectus qu'il tient également à
sa disposition des pastilles nutritives de
tiiodes phosphatées et la chair lactée de
l Genta, toujours analysées, acceptées et
éprouvées par le conseil d*hygiène publi-
blique de la ville.
Après ces explications préliminaires pour
irriver à donner la physionomie de ce com-
merce si intéressant de consommation dans
^'Amérique du Sud, arrêtons-nous un ins-
tant dans la confiserie de nos collègues qui
P^^, ajuste titre, là-bas, pour un établis-
sement modèle.
U confiserie américaine de la nouvelle
Ville peut passer, à juste titre, pour une
'les principales maisons de ce genre. Un ex-
<^ent magasin renfermant toutes les sortes
imaginables de confitures et un vaste salon
àfintérieur forment la partie principale de
^'établissement. Pour donner une idée de la
grandeur de ce salon intérieur, disons
1Q*il renferme dix billards et quarante ta-
bles de marbres numérotées^ pour la com-
modité des consommateurs, où Ton sert le
thé. le café, le chocolat, les liqueurs, etc.
Dès l'entrée du salon il y a quinze gar-
çons toujours à la disposition du public et
comme chaque table est munie d*un bouton
électrique indiquant son numéro d*ordre, il
sufBt d'appuyer dessus pour avoir de suite
un garçon à ses ordres.
Ce salon est éclairé par plus de cent becs
de gaz et nous rappelle les cafés les plus
gais de nos grands boulevards, s'il ne les
éclipse pas.
Le service de la confiserie se fait dans
trois gl'andes salles attenantes au salon';
elles ne désemplissent pas, et le nombreux
public y est servi par des jeunes filles accor-
tes et pleines de prévenances pour la clien-
tèle.
MM. Demarco y Miret possèdent encore
dans un autre quartier de Montevideo un éta-
blissement de même genre qui nelecède en
rien à celui que nous venons de décrire
rapidement et sur lequel il est inutile de
nous arrêter, voulant éviter d'inévitables
redites.
Et puis, il nous semble que ce que nous
venons dédire suffit à bien démontrer toute
l'importance de la confiserie américaine de
notre collègue qui a su, par son activité et
soi) travail, en faire un des établissements
les plus prospères, les plus vivants et les
plus curieux, en même temps, de toute l'A-
mérique du Sud.
L'une des plus importantes spécialités de
sa maison est maintenant la fabrication en
bottes des fruits au sirop, qu'il expédie dans
toute l'Amérique du Sud.
Nous avons dégusté une partie de ces
fruits ainsi conservés dans le sirop : bana-
nes, patates, ananas, mandarines, poires,
tomates, abricots, brugnons, fraises, etc.,
qui nous sont arrivés dans un état parfait
de conservation.
Les fruits, surtout ceux d'Europe dont les
arbres producteurs ont été importés en
Amérique, ne valent pas les nôtres et l'on
pourrait peut-être reprocher au sirop d'être
trop liquoreux et trop concentré, -mais
néanmoins il s'agit là d'une industrie nou-
velle, fort intéressante pour ces pays neufs
139
JOURNAL MENSUEL DB L*AGADÉIUK NATIONALE.
140
et ileatcertainque ces cons^ves variées que
Ton peut expédier et conserver maintenaot
dans tout l'intérieur ducontinent Sud-Amé-
ricain sont appelés à y rendre de grands
services et à y jouir d'une Juste faveur.
L'Académie Nationale, en reconnaissant
les mérites industriels de MH. Demarco et
Miret par l'attribution d'une de ses distinc-
tions honorifiques, ne fera donc que consa-
crer une notoriété commerciale déjà parfai-
tement établie.
COMMERCE
LE COMMERCE EXTÉRIEUR DE LA
FRANCE
Voici les résultais offlcielsdu commerce
extérieur de la France pendant le mois de
janvier 1867.
Les importations se sont élevées, du l^*"
au 31 janvier 1897. à 344,415,000 Ir., et les
exportations à 244,^10,000 fr.
Ces chiffres se décomposent comme suit :
IMPORTATIONS 1897 \B{Cy
Objets d Alimentation 70.4%.000 91.935.0C0
Matières nécessaires
à nndustrie !?31. 453.000 190.271.000
Objets fabriqués 4g. 527. 000 44.1.53.000
Total 344,415.000 326.359.000
BSPORTATIONS
Objets d^alimentation 38.494.000 41.541.000
Matières nécessaires
à nndustrie 60.9*7.000 63.913.000
Objets fabriqués 130.738.000 U3. 387. 000
Colis posUux 14.051.000 10 706.000
Total 244.210.000 259 547.000
A la fin du mois de février, les cliiifres
officiels afférents aux opérations efTectuées
depuis le commencement de Tannée étaient
les suivants :
IMPORTATIONS 1896 1895
Objets d'alimenUtion 152.778.000 187.709.000
Matières nécessaires
à l'industrie 434.979.000 373.814.000
Obtets fabriqués »l. 493.000 98.354.000
Totaux f)H2. 250.000 659.877.000
EXPORTATIONS
Objets d'alimentation 78 . 484 . 000 86 . 283 . 000
Matières nécessaires
à nndn»tfîe 127.616.000 131.647.000
Ob^ fabriqués 1267. 372.000 284.300.000
Colis postaux 28.784.000 23 204.000
Totaux 502.2o6.000 5^.434.000
LE COMMERCE EXTÉRIEUR DE LA
8UI88E
Le commerce extérieur de la Suisse a
atteint les chiffres suivants pour l'année
1896:
ExporUtions 688.289.779 fr.
Importations 992.996.110 fr.
Total 1.68Î .2^5.919 fr.
Il y a lieu de remarquer que ces résultats
commerciaux s'appliquent ù une population
de2.95>. 300 habitants.
Pour un chiffre de population qurest treize
fois plus élevé, le commerce extérieur de la
France durant la même année, n'a atteint
que 7.241.790 fr., soit un peu moins de
4 fois 1/2 l'importance du commerce suisse.
LES EXPORTATIONS COMPARÉES
d« l*Angl«tepre, d« l'Allemagne «tde la Franca.
La Ga\ette de Magdebourg met en parai-
lèle les chiffres du commerce d'exportation
de TAllemagne, de l'Angleterre et de la
France, pendant les trois dernières années.
ÂprèsaToirfait remarquer que Tannée 1891
a été faible pour l'exportation des trois pays,
le journal allemand donne les chiffres sui«
vanta, pour l'exportation, en raillkHis île
marks :
Allemagno Angleterre Franee
1«M 2.961.5 4.316.5 2.460.3
1895 3.317.9 4.517.8 2.«)».t
1896 3.403.8 4.798.4 2.723.7
Il y a donc progrès dans ces trots paj9 ;
mais le progrès est plus ou moins accentué.
D'une façon absolue, cW TAngleterre qui
occupe toujours le premier rang, mais rela^*
tivement c'est l'Allemagne qui a le plaa
avancé, ainsi que cela ressort du tableau
suivant :
141 BIBLIOGRAPflIE
Augmentation de iSpôsur i8g4
Allema^e. 442.3 millionci de marks = 14.9 0/0
Ao^eterre. 481.9 — =11.2 0,0
France 263.2 — = 10.7 0/0
Ainsi, en deux ans, rAIIemagne a vu son
exportation croître, de près de 15 %, pen-
dant que l'exportation française ne gagnait
que 10.7 % ; l'Angleterre ne nous était que
de peu supérieure, avec 11.2 %. Ce qu'il
importe de si;?nalcr, c'est la marche en
avant rapide de rAIIemagne, laquelle cons-
itioe le véritable danger pour les nations
concurrentes ; TAngleterre aussi voit le
danger et cherche à le conjurer. Mais pen-
143
dantque chez nous on s'efforce de galvani-'
ser un peu notre exportation, et que de
tous cotés on écrit de fort belles choses sur
notre indifférence, TAllemagne n'écrit pas,
elle agit, et le résultat est une augmenta-
tion de 550 millions de francs en deux ans,
tandis que nous demeurons en arrière avec
328 millions soit 222 millions de francs de
moins que nos voisins ; encore faut~il consta-
ter que le mouveraentascensionnel,quis'était
manifesté chez nousdepuis octobre 1894. s'est
arrêté au mois de novembre de Tan dernier,
landis qu'il se maintenait en Allemagne et
en Angleterre. Le danger est donc bien réel.
BIBLIOGRAPHIE
Les transports par terre et par mer,
tome 1, par M. Paul Vibert. — Edité par
MM. Berger-Levrault et Cie, à Paris,
5, rue des Beaux- Arts, et à Nancy. Prix :
10 fr.
Notre sympathique collaborateur, M. Paul
Vibert, vient de réunir et de faire paraître
en an fort volume de près de 500 pages, de
nombreuses éludes serrées ou chroniques
Tiuotes qu'il a publiées depuis une dou-
laine d'années dans divers organes de la
presse périodique, touchant les questions si
complexes des moyens de transport par
terre et par mer.
Les aperçus ingénieux, les idées neuves,
les comparaisons instructives abondent dans
ces pages colorées et vibrantes, dont beau-
coup n'ont rien perdu de leur grande va-
leur, en dépit du temps écoulé depuis leur
apparition, et dont celles mêmes qui n'ont
plus une raison d'actualité se lisent avec un
nf plaisir et un intérêt persistant.
L'ouvrage de M. Paul Vibert vulgarise de
très utiles et très précieuses connaissances
en oaatière de questions de transports. 11
D'est pas consacré à la défense ou à l'apolo-
giede tel ou tel système déterminé, mais il
a pour objet constant la recherche des pro-
grès et des perfectionnements qui peuvent
être apportés, aux moyens et aux procédés
usités dans notre pays et à Tétranger pour
assurer le déplacement des personnes et
les marchandises.
Transporteurs et transportés gagneraient
beaucoup à la lectur«; de l'ouvrage de
M. Paul Vibert et y puiseraient une connais-
sance exacte de leurs devoirs et droits res-
pectifs^ de telle manière que leurs relations
réciproques s'en trouveraient sensiblement
améliorées. Les uns et les autres connaî-
traient avec précision ce qui peut être rai-
sonnablement demandé, et il n'y a pas de
doute que les satisfactions légitimes accor*
déesaux transportés n^dA^wi pour effet cer*
tain d'accroître les affaires et les bénéfices
des transporteurs.
C'est pourquoi Ton peut dire que le nou-
veau livre de M. Paul Vibert présente un
intérêt véritablement général et qu'il s'a-
dresse réellement à tout le monde, offrant
les caractères si rarement réunis d'être à la
fois fort instructif et très captivant à lire.
Le diabète sugbk, ses causes, ses effets, sa
ouÉBisoN, par le D' H. Henri. — Edité
par M. Mendel, 118, rue d'Assas, à Paris.
1 volume broché, Ofr. 75.
Cet excellent ouvrage, écrit surtout pour
143 JOURNAL MENSUEL DE
le malade lui-même, résume tout ce qui
peut intéresser le diabétique sur son affec-
tion.
Il prend le diabète à son origine, le suit
dans toutes ses phases, recherche sa gravilé
et étudie ses complications.
Il indique, en outre, dans tous sesdétails,
L ACADEMIE NATIONALE.
144
le célèbre Traitement successifs avec les
prescriptions magistrales qui le concernent
et qui, publiées par toute la presse médi-
cale et adoptées par la majeure partie des
praticiens, font disparaître entièrement le
sucre, et amènent la guérison complète du
diabète jusque dans des cas désespérés.
Le Directeur-Oérant, Rédacteur en Ch^,
EuGèNE THlftRY.
GLKIMOMT (oMB). ^ IMPRIMBRIB DAIZ VaàRBS, PLACK «AUfT-^ANDRÉ, 8,
JOURNAL MENSUEL
DB
L'ACADÉMIE NATIONALE
AGRICOLE, lANDFACTliaiKftE ET COIMBRCIALE
67* Année. - AVRIL 1897.
SOMMAIRE
AAIIIOULTUflS. — Culture de vignes chinoises et japonaises à Damigoy (Orne). —Instruments et appaccils d'avi-
calture. de M. Philippe, à Houdan (Seine-et-Oise). — La production des vins en Italie. — La sériciculture en 1893.
MtnilOTIONS aooopdéM aux HlainbrM d« l*Ao«déini« National*.
EXPOSITIONS KT CONCOURS. — Concours agricole de Paris. — LExposition de Genève en 1896. — Ciposi-
(km internationale dî Bruxelles.
imniSTRIE. — Le moteur rotatif Brambel. — Travaux en ciment A armature métallique rivée et treillagée de M. Paul
0«p«rrat. à Nevers. — Travaux de fumisterie sur bases scientifiques et raisonne'es de M. Eugina Vanat, à Bor-
deaux. — La fabrication de la bière dans le monde.
COMHKRCK. — Le commerce extérieur de la France.
NÉOnOLOQIK. — M. Paul Olirard.
BIBLIOGRAPHIE. — Album national et Dictionnaire de l'Industrie.
AGRICULTURE
CULTURE DE VIGNES CHINOISES ET
JAPONAISES
à Damigny (Orne).
Communicalion de M. L. Lindet, u TAca-
démie des Sciences. (Séance du 13 mars
1897.)
Le département de l'Orne est situé au delà
de la limite extrême de notre temtoire vi-
tioole, et son climat a été considéré jusqu'i-
ci comme impropre à la culture de la vigne
et à la maturation du raisin . Depuis un cer-
taio nombre d'années, cependant, M. Gaplat
a réussi à acclimater à Damigny, près d'Â-
leoçon, quelques variétés de vignes, prove-
nant des régions froides, humides et monta-
goeases de la Chine et du Japon.
Ces vignes ont été découvertes par le R. P.
David, et les graines en ont été importées
eo France par M. Henri Degron. Semées
pour la première fois par M. Caplat,enl882,
elles ont été depuis multipliées à ce point
qae celui-ci a pu envoyer les boutures de
ces vignes dans la plupart de nos départe-
ments. L*étude anlpélogi*aphique en a été
faite par Carrière et par V. Pulliat.
Les vignes japonaises et chinoises, cul-
tivées à Damigny, sont d'une végétation vi»
goureuse et puissante ; les sarments en sont
allongés ; les pétioles, en général colorés
en rouge vineux ou violet, sont longségale-
ment, quelquefois recouverts de poils d'une
coloration variant du rouge au Jaune (foN
mes du V, Romane ti) y quelquefois recou-^
verts d'épines {5/>//iov///5 Davicli);les feuil*
les sont tantôt cordiformes {Précoce Ca*»
plat), tantôt bi, tri et pentalobées et quel*»
quefois même lascinées (V. Romaneti et
K. Pagnucci) ; les grappes, longues de 20 à
30 centimètres, sont formées de grains arron-
dis et espacés ; ces grains sont recouverte»
en général, d*une peaufine, mais ferme, lui-
sante, pruinée, au-dessous de laquelle oit
trouve une pulpe presque toujours colorée
en rouge foncé, rarement en rose.
Un des caractères les plus intéressants de
146 JOCBNAL MElNSUfiL OR
certaines de ces vignes est leur précocité ;
c'est ainsi qu'une vigne japonaise, serais de
V. Coignetiœ {Précoce Caplat), donne du
15 au 20 septembre des raisins mûrs à Da-
naigny. Cette maturité ne précède que de
quelques jours celle d'autres vignes cultivées
dans cette localité (F. /^om^we//, V. Pa-
gnucci) ; les Spinovitis ne mûrissent que
plus tard, du l^aulS octobre ; les Car;/e-
r/ sont des vignes encore plus tardives.
Les essais de plantation du Précoce Ca^
plat, faits en Bourgogne, dans le Cher, dans
la Haute-Garonne etdans d'autres départc-
roents, semblent prouver que celte variété
résiste bien aux maladies ordinaires de la
vigne.
En décembre 1895, M. Caplat adressait à
M. Tisserand, directeur deragriculture,dc8
échantillons de vins, obtenusàDamigny, et
demandait que le Ministère de Tagriculture
fitanalyser ces vins et déterminer lesavan-
tages qu'ils peuvent présenter pour le com-
merce. L'analyse de ces vins m'a été confiée
par M. Tisserand, et m'a conduit aux résul-
tats suivants :
Priooeo OipUt
An&lyié Bemiiitti
•nl895 «111890 cerdifolU
Alcool pour 100 7*0 7-5 O'O
q>f Extrait à ICO (leîxrés 42.5 3y.'l 40. i)
is \ Acidité en SO*m.. 13.7 12.6 11.0
i=3;Tartro 4.8 3.4 5 5
aJTaimiii 4.0 4.2 3.7
»*\ Cendres 2.7 2.1 4.1
mm mm mm
Intensité colorimétri-
que (1) 0.15 0.)^ 0.25
Romintti Pagnnesi SpinoTitii
trilobé* pcnUlobée Davidi
Alcool pour 100 6-9 n*5 .5-4
« / Extrait à 100 degrés 45.9 43.0 45.7
i \ Acidité en SOW.. 13.0 10.8 13.2 .
''==^Tartro b.4 5.3 5.1
S /Tannin 5.3 4.4 3.9
ft^lCendres 4.6 4.2 4.0
mm. mm. mm.
Intensité colorimétri-
que ... 0 25 0.20 0.18
A la simple inspection de ces cliilTres, on
voit que la ((uantité d'alcool équivaut à celle
denosvinsfaibleSf mais que la quantité dex-
' (1) Epaisseur à donner au vin dans le vino-
colorimètre Salleron, pour reproduire l'inten-
sité du 7* ton de la jçamme violet-roujçe ; l'é-
paisseur correspondante pour un vin ordinaire
est d'environ 1 millimètre.
LACAOEIIIE NATIONALE.
147
trait, d'acidité, détartre, de tannin et de cen-
dres^ est deux fois plus grande que dans les
vinsordinaires;quant à la couleur, très fran-
che et d'un très bel éclat, elle présente une
intensité quatre ou cinq fois plus forte que
celle admise gt^néraleraentpar le commerce
des vins. L'analyse faite en 1896 du vin de
Précoce Caplat^ récolté en 1895, montre
en outre (|uo ces vins se dépouillent peu par
le vieillissement ; la différence de composi-
tion tient presque uniquement au dépôt d'une
certaine quantité détartre.
Les vins de lvS9(> ont été fabriqués dans
des conditions un peu différentes de celles
où M. Caplat s'était placé en 1895. Dans le
but de les rendro plus lé^^rers et plus agréa-
bles à boire, M. Caplat n'a fait cuver les vins
de 1890 que vingt-quatre heuresen présence
des marcs ; au bout de ce temps, les vins
ont été soutirés et ont achevé leur fermenta-
tion à la facondes vins blancs ou des cidres.
Aussi la quantité d'extrait et de tartre est-elle
un peu plus faible qu'en 1895 ; mais les
éléments de la pulpe restent sensiblement
les mêmes.
Sis II ^^ .si
|t si l'S «i
£« Il 5« «>j
A'cool pour lO:; 9-0 7-0 6-1 4*5
gr. ç,r. gr. jir.
c /Extrait à 100 deijrés. :iii.2 28 9 38. ^ 17.8
i l Acidité en SO^Ii... 12. .M 10.3 15.0 4. S
^< Tartre 3.1 4.5 4.7 2.3
Si Tannin 5.3 3.9 Nondwé 2.3
c-lCeudres 2.2 3.4 rl.l 2.1
nvn. mm. mm. mm.
lutenbltécoloriinétrique 0.23 0.25 0.24 0.50
Il est facile de déduire de l'analyse de
ces vins les avantages qu'ils peuvent pré-
senter pour le commerce et pour la prépa-
ration des vins de coupage, dits de compo^
sition, où ils semblent appelés à remplacer
les vins teinturiers de l'Espagne et du Cen-
tre. Mais j'ai tenu,avantde me prononcer
sur ces avantages, à avoir l'avis de person-
nes compétentes, et j'ai fait appel à l'expé-
rience de dégustateurs et de négociants en
vins, parmi lesquels je me fais un plaisir
de remercier M. Poulain, qui a bien voulu,
en 1895 et en 1896, faire de ces vins une
étude attentive.
Celui-ci a reconnu, à tous ces vins, des
qualités supérieures à celles des vins simi-
148
liires, des vinà de gros /io:>5 du Centre, par
ciemple, en ce sens qu'ils présentent une
plus grande proportion de principes utilisa
Mes dans la préparation des vins de coupa-
(^, qu'ilssont plus frais à la bouche, et ne
laissent aucun arrière-goù t. Il a donné, au
point de vue commercial, la préférence aux
Tins de 1805, fabriqués avec la vendange en-
tière, et parmi ceux-ci aux vins de Précoce
Caplatei Spinovitis Davidi ; les premiers
étaient plus fins, se goûtaient mieux^ et
avaient une couleur plus tranche que les
seconds, mais ceux-ci avaient plus de corps.
M. Poulain, en dégustant cette année le vin
k Précoce Capîat de 1895, a constaté dans
sesqualités une amélioration sensible.
Les vignes japonaises et chinoises pour-
rocl» cultivées dans d'autres régions plus
tempérées que la région normande, et sur-
tout si ces régions sont toujours fraîches,
donner des résultats plus in té ressauts enco-
re; mais, dès à présent, il reste acquis que,
sons des climats relativement froids, où la
production du vin était inconnue, elles peu-
vent, en raison de leur précocité et des qua-
lité particulières de leurs vins, rendre de
sérieux services à la viticulture.
INSTRUMENTS ET APPAREIUS
D'AVICULTURE
de M. Philippe, à Houdan (Seine-et-Oise),
Communication de M. L. Fontaine,
Professeur à l'Ecole pratique
des Faurelles (Charente).
La couveuse artificielle est un appareil
indispensable à toute bonne fermière sou-
cieuse de faire à son poulailler le maximum
^ produits. Plusieurs fois déjà, dans ce
hurr.alj il a été exposé ce que Ton pou-
^t obtenir d*un élevage de volailles bien
conduit. Un point des plus difficiles à ré-
soudre dans la pratique de Taviculture est
^ coQvée ouTincubation des œufs. La cou-
reuse artificielle vient heureusement rem-
placer, à toutes les saisons, ce que Toiseau
R6 peut donner. Bien des systèmes de cou-
reuses artificielles ont paru ; la plupart ont
M décrits ici ; nous parlerons aujourd'hui
AGRICULTURE. 140
de la couveuse construite par M. Philippe,
de Houdan (Seino-et-Oise).
La Houdanaise se compose en principe
[({[x, 1) : V d'une caisse BB ; 2* d'une chau-
'dière A ; 3° d'un appareil de chaufl*age D ;
4° d'un tiroir à œufs C.
La caisse delà couveuse est en bois ; l'in-
lérieur est feutré d'un corps mauvais con-
ducteur de la chaleur, afin d'en éviter la
déperdition. L'ensemble est peu encom-
brant ; voici quelques chiffres à ce sujet :
la hauteur varie de 0 m. 49 à 0 m. 56 ; la
largeur deO m. 44 à 1 m. 40 ; la profon-
deur deO m. 44 à 0 m. 80.
La chaudière A est une caisse métallique
remplie d'eau, que l'on chauffe pour don-
ner la température nécessaire à l'évolution
(le l'embryon ; elle est traversée par deux
cheminées, dont nous verrons plus loin le
rôle dans la régulation de la température.
L'emplissage se fait par une ouverture pra-
tiquée à cet effet.
L'appareil de chauffage se compose d'une
lampe à pétrole D, logée dans une cavité
antérieure ; les gaz chauds montent par un
tube E, lequel est entouré d'eau. Cette dis-
position forme thermo-siphon intérieur :
l'eau située autour du tube s'échauffe, sa
densité diminue, elle est remplacée par de
l'eau froide voisine. Il s'en suit un déplace*
ment constant eniretenant dans le liquide
une température voisine de 40*^ C.
Par une heureuse disposition, M. Philtp.-t
pe est parvenu à maintenir côtte tenipéra-
ture de 40** constante, en employant un ré-
gulateur automatique, dont voici la descrip-
tion. Dans la cheminée centrale de la
couveuse, se trouve une tige métallique é,
munie inférieurement d'une capsuler, con-
tenant un liquide spécial se réduisant en
vapeur à 40^ ; sa partie supérieure vient bu-
ter contre un levier horizontal /, articulé à
une pièce d, portant un curseur e, et ter-
miné par un couvercle g^ qui, à la tempé-
rature de 40°, ferme la cheminée F. On voit
immédiatement le rôle de ce régulateur. Si,
par exemple, la température à l'intérieur
de la couveuse dépasse 40*, le liquide con-
tenu dans la capsule a se réduit en vapeur,
ce qui augmente son volume ; de ce fait, la
ISO
-lOURNAL MENSUEL DE L'AGADÉMIB NATIONALE.
tige b se soulève, entraînant le levier /, et
la calotte g^ qui débouche la cheminée
F. Iminédiatement, celle-ci fait appel d'air
frais par les petites ouvertures iii, emprun-
tant de la chaleur à Tinlérieur ; et ceci jus-
qu'au moment ou la température estdesca
due à 40*. Le liquide se condense et le$lj
viers s'abaissent à leur position primitii<
Le curseur c sert à régler la longueur dcl
et le curseur e sert à donner la résistai
Fig. 1. — Coupe de la couveuse La Houdanaise.
au soulèvement. Par un peu de pratique on
arrive très vite à obtenir un bon réglage
qui, fait une fois pour toutes, suffit pendant
la durée de l'incubation.
Le tiroir à oeufs C est en bois, muni d'un
faux-fond métallique perforé', sur lef
on range les œufs. En dessous, se M
une ou plusieurs bassines, contenant deP^
tiède destinée à donner l'humidité à lad
quille des œufs. On retire facilement ce
Fig. 2. — Tourne-œufs.
roir pour eiTectuer les soins que nécessitent
les œufs. Un thermomètre h complète l'ap-
pareil et sert à en vérifier la marche.
Fit,'. 3. — Marque-œufs.
Signalons aussi une'particularité.des
roirs Pli illippe. Ceux-ci sont munis i
tourne-œufs (fig. 2). Il consiste, enpri
152 AGRicuLTUne
cipe, en deux rouleaux sur lesquels est ten-
du un Tond en drap où sont rangés les œufs
en lignes, entre des baguettes de bois mo-
biles. En tournant à la main l'un des rou-
153
leaux, comme Tindiquela figure, on met les
œufs en mouvement, ce qui détermine leur
retournement.
Comme les œufs doivent être changés deux
Fig. 4. — Mire-œufs.
Fig. 5. — Mirage des œufs.
Fig. 6. — Couvoir avec appareils d'incubation.
154
JOURNAL MENSUEL DB L ACADEMIE NATIONALE.
155
fois par jour, pour les chauffer régulière-
ment, on doitles marquer surles deux sens.
Le marque-œufs (fig. 3) donne deux trails
de différentes couleurs, permettant à pre-
mière vue de s'assurer si le retournement est
bien effectué.
Si nous passons à d'autres outils néces-
saires à l'incubation, nous trouvons le miVe-
œufs. Le système Philippe (lig. 4) se com-
pose de deux écrans, montés sur une poi-
gn(fe, et entre lesquels est emprisonné
Tœuf à examiner. Pour se servir de cet ap-
pareil, on opère dans une chambre obscu-
re (lig. 5) ; l'opérateur se place devant une
lumière en tenant verticalement le mîre-
œufs. Si Tœul est bon, on doit, après le cin-
quième jour de l'incubation, apercevoir
l'embryon. Si, au contraire, l'œuf est clair
il reste opaque.
L'installation d'une couveuse ne deman-
de rien de spécial, il suffit de la placer dans
un local propre, dans une chambre chauf-
fée par exemple. Dans les grandes fermes,
où l'élevage des oiseaux de basse-cour fera
l'objet d'un commerce considérable, on
construira un bâtiment spécial pour les
couveuses appelé couvoir (fig. 6), où les
appareils sont rangés comme l'indique la
figure.
Quanta la conduite des couveuses que
nous venons de décrire, elle est très simple
et avec un peu de pratique, on arrive rapi-
dement à se mettre au courant des petits
soins qu'elles nécessitent.
LA SÉRICICULTURE EN 1895
LA PRODUCTICN DES VINS EN ITALIE
D'après une note publiée récemment par
le Ministère de l'Agriculture d'Italie, la
production des vins a été, en 1890, do 2 1.573
mille hectolitres. La récolte serait inférieure
à celle de 1805, qui avait été de 24.245.000
liectolitres. Il y a, d'ailleurs, lieu d'ajouter
que« depuis quelques années, la production
des fins italiens diminue progressivement,
d'après les documents officiels. La princi-
pale cause de cette diminution parait être
dans lextension des ravages du phylloxéra.
L'année 1895 s'est caractérisée par une
activité extrême pour le ox>mmerce et le
travail des suies. Une hausse s'est manifes-
tée dans les cours.
Le nombre des éducateurs qui, en France,
avait atteint 155.000 en 1891, avec 241.000
onces de graines, à Véclosion, est descen*
cendu à 140.000 en 1895, avec 212.000
onces seulement.
Dans l'ensemble la sériciculture française
est en bonne voie. L*excellonce de nos
graines est bien établie; l'importation dimi-
nue de plus en plus et l'exportation reste
active. Cependant il est de toute nécessi-
té de multiplier les plantations de mûriers
si l'on veut réaliser de nouveaux progrès.
La Chine occupe toujours la première
place dans le classement des pays exporta-
teurs ; cependant le Japon progresse rapide-
ment et ne paraît pas près de s'arrêter.
Déjà ce dernier pays produit à hiî seul
autant de soies que tous les pays d'Europe
réunis, et il n'eu continue pas moins à
étendre ses cultures de mûrier et à créer des
institutions dontlo but est le développement
de l'industrie de la soie.
La France semble avoir perdu le premier
rang de la consommation de la soie au
bénéfice des Etats-Unis, tout en conservant
la suprématie pour la quantité de soies con-
ditionnées.
En ce qui concerne le conditionnement
des soies, la part de la France semble décli-
ner, et déjà lesopérationsdelavillede Milnn
dépassent sensiblement celles de la ville de
Lyon. Il est vrai que beaucoup de soies
conditionnées à M i lan l'ont été pour le com p-
te de maisons françaises dont le siège princi-
pal est à Lyon.
Enfin, quoique la récolte de cocons n*ait
été que de 9.300.C09 kilogrammes en 1895,
chiffre inférieur à celui de 1894, l'exporta-
tion des soies ouvrées a été de plus du dou-^
ble de celle de l'année précédente.
156
EXPOSITIONS BT CONCOURS.
VA
DISTINCTIONS HONORIFIQUES
ACCORDÉES AUX MEMBRES DE L'ACADÉMIE NATIONALE
Par décret en date du 16 avril 1890, a été nominé Chevalier de la Légion d'honneur :
M. Frlix Dbsprès, fabricant joaillier, à Paris. Vice-président de la chambre syndicale
delà bijouterie, de la joaillerie et de rorfèvrerie. Médaille d'or à TExposilion universelle
de 1889. Diplôme d'honneur à l'exposition d*Anvers. Hors concours à l'exposition de Chi-
cago. Grand prix à l'exposition de Rouen.
EXPOSITIONS ET CONCOURS
CONCOURS AGRICOLE DE PARIS
Par suite de la disparition du Palais de
rindustrie^dernier vestige de l'Exposition de
1855, le Concours général agricole de Paris
s'est tenu cette année pour la première fois
dans le Palais des Machines et dans la gale-
rie dite de trente mètres qui ont survécu
jusqu'à présent à l'Exposition universelle de
1^9.
Disons de suite quel'aspectgénéral du con-
cours a considérablement gagné au change-
ment d^emplacement. Du haut de la galerie
supérieure du Palais des Machines, on pou-
vait embrasser d'un seul coupd'œil un vaste
ensemble du concours, et, bien que les avis
dîRèrent à ce sujet, nous avons trouvé le
spectacle plus grandiose et plus impression-
nant qu'au Palais de l'Industrie.
Grâce à l'étendue du Palais des Machines,
l'exposition des instruments et machines
agricoles a pu trouver place presque tout en-
tière dans les espaces abrités. Les visiteurs
et les exposants n'ont pu que s'en féliciter,
car, bien que reculé de plusieurs semaines
sur les dates des années antérieures, le con-
cours agricole s'est encore tenu en pleine
période de mauvais temps.
Les divers catalogues du concours nous
apprennent que les déclarations des expo-
sants ont porté :
V Pour les animaux graSj sur 212 têtes
de l'espèce bovine, sur 84 lots de l'espèce
ovine et sur 88 lots de Tespèce porcine.
2* Pour les animaux reproducteurs^ sur
1.200 tètes do l'espèce bovine ; sur 470 lots
de l'espèce ovine ; sur 157 lots de l'espèce
porcine, et sur 2.530 lots des animaux de
basse-cour.
S"" Pour les produits agricoles, sur 11.600
lots de produits, dont 4.800 pour les bois-
sons : vins, cidre et poirés.
4"" Enfin pour les instruments et machi*
nés agricoles, sur 7.476 objets différents. (Il
n'y en avait eu que 6.732 l'année dernière.)
Il résulte de tous ces chiffres que le Con«
cours général agricole de Paris conserve tou-*
jours une très grande importance et que,
bien loin de présenter des symptômes de
déclin, il accuse chaque année des tendan-
ces manifestes de développement continu.
L'ensemble du Concours démontre le per*
fectionnement croissant des méthodes et des
résultats de ragi*icultureetde l'éievagC) per-
fectionnement qui est un corollaire direct
des progrès que réalisent sans cesse les diver-
ses branches de l'industrie des machines,
instruments et constructions agricoles.
Les constructeurs de moteurs à pétrole
s'efforcent de plus en plus d'adapter ces
moteurs aux besoins des exploitations agri-
coles.llsy réussissent parfaitementd'ailleurS)
et Ton peut conslater aisément que ragricul-*
ture recourt de plus en plus àcesauxiliaires
si commodes pour la production économie»
que et instantanée de la forcemotrice.il
existe maintenant plusieurs types de bat-
teuses de céréales à grand travail, com-
mandées par un moteur à pétrole qui fait
corps avec la machine elle-même, de ma-
nière à constituer un ensemble parfaite-
ment autonome. Cet ensemble est trè?
158
JOUnNAL IIKNSUKL DB L'aCADÉMIB NATIONALE.
150
apprécié par les enlrcpreneurs de hallages,
dont les déplacements sont ainsi considéra-
blement facilités^et simplifiés.
Les développemen i sd'applications et d'em-
plois des moteurs à pétrole semblent faire
un tort considérable aux machines à vapeur
locomobiles. Par suite même desconditions
du concours de cette année,où la plu part des
machines a Tapeur fixes ou locomobiles se
trouvaient à Tintérieur du P<ilais des Machi-
nes en interdiction de fonctionnement, par
crainte de la production d'une fumée désa-
gréable ou même de flammèches incen-
diaires, tandis que les moteurs à pétrole
déployaient partout leur action assez bru-
yante, on aurait pu croire que les moteurs
à vapeur renonçaient définitivement h la
lutte contre les moteurs à pétrole, et que
leur inertie était la marque d*un effacement
complet, symptôme d*une disparition future
plus ou moins prochaine. Nous ne croyons
pas cependant que le moteur à pétrole, en
dépit de se? récents progrès, en soit arrivé
au degré de perfection qui lui permette
de supplanter définitivement la vapeur, si
docile et si régulière.
Voici déjà, d'ailleurs, quepourla produc-
tion des petites forces, le moteur a pétrole
rencontre un rival dangereux dansle moteur
à air chaud dont un type très satisfaisant
fonctionnait cotte année dans le Palais des
Machines. De la lutte de ces divers mo-
teurs, il résultera certainement la plus
vive émulation parmi les inventeurs-méca-
ciens, ce qui nous promet, pour une date
peu éloignée, de nouveaux et importants
progrès dans la production économique de
la force motrice pour usages agricoles.
Après avoir présenté à nos lecteurs ces
rapides considérations générales, il nous
reste à rendre compte en détail des expo-
sitions particulières des Membres de notre
Société, et, pour Tordonnance de notre
travail nous suivrons , comme ùThabitude,
Tordre alphabétique des noms.
M. AuuouzE, à Paris, s'est fait une spé-
cialité intéressante de la construction et de
rinvention des divers pièges capables d'as-
surer la capture ou la destruction des ani*
maux nuisibles. On sait que la question est
d'une grande importance |>our l'agriculture
dont tous les travaux et tous les efforts pour-
raient demeurer frappés de stérilité s'il n'y
avaitaucunobstacleau pullulement des bêies
malfaisantes. M. Aurouze fabrique et vend
tous les appareils et systèmes connus pour
se débarrasser des animaux nuisibles: in-
sectes, rongeurs, fauves ou oiseaux rapaces,
depuis les pièges à cancrelats jusqu'aux
puissantes mâchoires d'acier capables d'é-
trangler un renard ou un loup et d'assurer
la capture d'un sanglier.
D'ailleurs, s'il est l'ennemi des animaux
nuisibles, M. Aurouze est, par contre l'ami
des animaux utiles, et c'est afin de travailler
en leur faveur qu'il construit des boîtes
d'élevage et des mues en grillage galvanisé
destinées à protéger l'existence des jeunes
volatiles de la basse-cour. Les agriculteurs
ont donc un double intérêt à connaître les
appareils de M. Aurouze et à les utiliser
occasionnellement.
H. Bajac, à Liancourt Oise) est, comme
à l'habitude, le principal exposant et le
plus grand triomphateur du Concours agri-
cole. L'ënumération des objets exposés ne
comprend pas moins de 238 articles du ca-
talogue, se référant tous à des appareils ou
instruments de modèles différents.
Les opérations du labourage et du travail
agricole des terres constituent spécialement
les problèmes en vue desquels M. Bajac
construit des appareils et instruments de
toutes puissances, depuis les simples scari-
ficateurs qui n'égratignent les champs que
sur une épaisseur do quatre à cinq centimè-
tres, jusqu'aux gigantesques charrues bas-
cules défonceuses à huit socs, construites
pour pratiquer des labours de 70 centimètres
de profondeur et qui exigent une traction
par treuils, avec emploi d'une force motrice
mécanique: vapeur ou électricité.
Au reste, la réputation des charrues-bra-
bants de M. Bajac est absolument univer-
selle, et, dansle monde entier, la construc-
tion de notre éminent Sociétaire est considé-
rée comme devant servir de modèle dans la
fabrication des instruments de labour.
160
EXPOSITIONS KT CONCOURS.
161
Nous avons déjà décrit maintes fois en
détail dans noire journal la plupart des
appareils de la fabrication courante de M.
Bajac et nous n'insisterons aujourd'hui que
sur les plus récentes nouveautés créées par
riDgénieux constructeur.
À ce titre, il convient de citer la cliarruo
brtbantdoublearméed*un appareil fouilleur
invaillant latéralement au corps de char-
rue. Cet instrument, qui est à traction ani-
male directe, attaqueet disloque énergique-
meot le sous-so! sans que le fouillage puisse
être foulé par le pied des bétes ; le change-
ment de raie à l'extrémité de chaque sillon
se Tait avec une extrême facilité par un sim-
ple mouvement de balance comme pour les
grosses charrues défonceuses qui figurent
dans la même collection. Outre que cette
disposition bien comprise procure un ré-
sultat parfait sous tous les rapports^ elle
supprime tous les obstacles qui jusqu'à ce
jour s'opposaient ù l'adoption de ce système
rationnel de sous-solage; cette nouvelle
machine trouvera un emploi très avanta-
[(eax pour les labours à betteraves.
Dans le môme ordre d'idée:;, M. Bajac
produit un brabant double de forme ordi-
naire, muni de griffes fouilleuses montées
3ussi latéralement au corps de charrue et
dûonant comme travail les mêmes bons ré-
Miltals que le précédent ; dans ce modèle,
l'appareil porte-griffes articule dans le sens
transversal ; il devient libre par déclique-
îage de manière qu'en retournant le bra-
bant, Tappareil suit le mouvement et se
trouve remis en place sans avoir occasionné
aucun effort supplémentaire à Thomme qui
bit la manœuvre : le mécanisme est très in-
gcnieux et mérite d'être examiné de près.
Nous citerons encore comme instruments
Qouteaux sollicitant l'attention du visiteur:
U piocheur-vibrateur ou cultivateur à
<ienu flexibles. C'est l'outil solide et éner-
gique par excellence qui, par le seul fait de
wn raontago normal, pénètre dans tous les
terrains, quelque durs qu'ils puissent être,
fait ofUce de piochour, do scarificateur, de
dêcbauraeuse, etc., et remplacera bientôt
tous les systèmes d'extirpatcurs ;
La fouilleuse simple à avant-train tour-
nant, disposée pour ?narcher derrière tout
brabant simple ou double, avec deux roues
très écartées, ce qui assure la stabilité de
l'outil et la régularité du travail;
L'arracheuse de betteraves sur trois lignes
à bâtis mobiles, qui compte déjà à son actif
un brillant succès (concours de Laon, cam-
pagne do 1896] et sera certainement appré-
ciée dans les cultures betteravières de quel-
que importance ;
L'application sur rouleau du tombereau
débardeur, appelée à rendre de sérieux s e
vices lorsque la terre détrempée par les
pluies d'automne entrave l'enlèvement des
betteraves comme cela s'est produit au cours
de la dernière campagne.
Toutes ces créations, remarquables par
leurs applications pratiques, révèlent des
études incessantes de la part du construc-
teur, ainsi que des expériences répétées sur
le terrain.
Signalons aussi un nouveau semoir pour
haricots, pois, maïs, betteraves, etc., qui se
construit sur un, deux ou trois rangs qui
est d'une grande simplicité et, par suite,
d'une grande sûreté de fonctionnement, et
enfin une houe triangulaire dite extensible,
dont les rasettes peuvent subir des varia-
tions d'écartement. tout en demeurant orien •
tées dans une position normale.
La longue liste des objets exposés par M.
Bajac se termine par une série de huit mou-
lins dits agricoles, dont le plus faible mo-
dèlene débite que 15kilogrammes à l'heure
et dont le plus puissant atteint un débit de
120 kilogrammes à l'heure, lui permettant
(le prendre place parmi les appareils de
l'industrie minotière. Ces moulins peuvent
rendre de grands services aux agriculteurs
en leur permettant d'utiliser leurs grains
directement et de se réserver ainsi tous les
profits de la mouture.
M. Jean Bernus dirige, dans la seconde
ville de France, à Lyon, une importante
manufacture de ferblanterie et de petite
chaudronnerie qui fabrique toutes sortes
d'ustensiles en fer-blanc, tôle, zinc ou cui-
vre poli à l'usage de l'agriculture, de l'hor-
ticulture, delà viticulture cl de l'industrie
162
JOURNAL MENSUEL DE L^ACADÉMIE NATIONALE.
163
C'est, croyons-nous, a preraière fois que
M Bernus présente les articles de sa fabri-
cation au concours général de Paris. Ils y
ont été très remarqués et très favorable-
ment appréciés comme des spécimens d'une
construction habile, consciencieuse et soi-
gnée. M. Bernus a présenté trois modèles
différents de pulvérisateurs désignés sous
les noms de Parfait^ Express et Nord,
Le pulvérisateur Le Parfait est très in-
génieusement conçu et très solidement cons-
truit. Toutes les pièces en sont facilement dé-
montables et absolument interchangeables,
pouvant être remplacées sans le concours
d'ouvriers spécialistes. La pression d'air est
fournie par unepompesans frottement, d'un
fonctionnement très doux et très sûr qui
reçoit son mouveiùent par un arbre en vil*
brequin dont la demi-rotation alternative
est commandée facilement par Tune des
mains de l'opérateur.
Le pu\\ér\s9iieuT Express est une simple
réduction du pulvérisateur Parfait.
• Le pulvérisateur ie Nord comporte une
pompe à piston de l'ancien système qui est
encore réclamée dans certaines régions vini-
coles. Cette pompe a d'ailleurs été spécia-
lement perfectionnée. Enfin, M. Bernus
établit encore un petit pulvérisateur à main
se manœuvrant comme un soufflet, et dont
l'action peut d'ailleurs être complétée par
sa mise en communication avec une hotte.
Pour l'épandage du soufre en poudre sur
la vigne, M. Bernus fàbriquedifférents mo-
dèles desoufflets et un appareil à grand tra-
vail appelé : Soufreuse perfectionnée la
Rapide.
Cette Soufreuse est construite dans les
mêmes conditions que les pulvérisateurs,
avec toutes pièces interchangeables. Son
fonctionnement est très doux ; il permet
de projeter rapidement et régulièrement,
toutes les poudres utiles aux traitements
préservatifs et curatifs des maladies de la
végétation.
Pour la lutte contre les ennemis souter-
rains de la culture, M. Bernus fabrique un
pal-injecteur très solidement construit. Le
corps de cet appareil est en cuivre fondu
renforcé, à extérieur cannelé ; la tige est
en acier forgé ; la soupape est en bronze ; le
réglage des injections esta la fois très sim-
ple, très juste et très facile.
Un autre appareil très intéressant créé
par M . Bernus est la baratte universelle
métallique, brevetée, qui permet de réali-
ser aisément les conditions de température
les plus favorables à la prompte formation
du beurre, gi*âce à ce que la partie inférieu-
re de la baratte est munie d'une enveloppe
pouvant recevoir de l'eau froide ou de l'eau
chaude, suivant les cas. L'expérience ayaut
démontré que c'est aux environs de la tem-
pérature de 15"* ceritigrades que l'opération
du barattage s'effectue dans les meilleures
conditions de succès, l'opérateur n*a qu'à
consulter un thermomètre fixé sur 1ecor{)s
de la. baratte et qui lui indique la tempé-
rature de la crème, pour savoir s'il y a lieu
à réchauffage ou à refroidissement par in-
troduction d'eau chaude ou froide dans
l'enveloppe inférieure.
Cette baratte est en fer battu, étamé in*-*
térieurement. I^ barattage s'y fait au moyen
de palettes rotatives en bois dur, d'un dé-
montage facile. Elle se nettoie aisément et
offre d'incontestables avantages de fonction-
nement pratique.
M. Bernus exposait encore des pompes et
des seringues pour arrosage, des ustensiles
de jardinage, des alambics d'un modèle
spécial et un grand nombre d'instruments
du domaine de l'économie domestique.
Tous ces objets étaient d'une confection
soignée, dans les formes généralement cou-
rantes ou dans des modèles spéciaux en
usage dans certaines contrées. Nous ne
pouvons en entreprendre la description, ni
même la simple énumération. Observons,
d'ailleurs, que M. Bernus a édité des cata-
logues, des tarifs-albums et des prospectus
spéciaux donnant le détail des articles si
variés de sa fabrication, et que l'on peut re-
courir à ces documents pour plus amples
renseignements. Terminons en reconnais-
sant d'une façon générale que tous les ob-
jets fabriqués par M. Bernus, ressortissant
des industries diverses de la ferblanterie,
de la tôlerie, de la cuivrerie, de la poterie
d'étain, de la plomberie, de la zinguerie.
164
EXPOSITIONS ET CONCOUnS.
I de la petite chaudronnerie, et générale-
ment de la quincaillerie domestique, sont
d une confection très soignée et très recom-
mandable.
I H. Broquet, à Paris, présente comme les
années précédentes ses différents modèles
' de pompes de toutes puissances, dans la fa-
I l>rication desquels il a acquis une renom-
mée si étendue et si justifiée. Dans leurs di-
I Ters genres, les pompes Broquet constituent
la perfection même. On peut faire aussi
bien, aiais l'on ne peut faire mieux. Les
pompes combinées avec manèges, à deux ou
trois corps horizontaux, à retour rapide des
pistons, se sont encore imposées àVattention
dfô propriétaires ou fermiers de grandes
exploitations agricoles comme répoudant
le mieux aux besoins courants de la prati-
que journalière.
I Ayant déjà décrit en détail dans notre
journal, à plusieurs reprises différentes, les
i diverses pompes de la maison Broquet,
I nous nous contenterons de les mentionner
' simplement aujourd'hui. Les pompes Bro-
quet sont d'ailleurs si universellement con-
Duesdu public intéressé qu'il n'y a plus
rien à apprendre à nos lecteurs à leur égard.
MM. Brouhotet Cie, à Vierzon (Cher),
exposent des batteuses dites roulant le
grain montées sur 4 roues, de différentes
puissances, des pompes à trois corps à pis-
tons plongeurs, des locomobiles à vapeur et
des moteurs à pétrole fixes ou sur chariot.
Tous ces divers appareils sont d'un mérite
en rapport avec la grande réputation que se
sont acquise MM. Brouhotet Cie, dans la
construction mécanique, c'est dire que mo-
teurs à pétrole, locomobiles, pompes et bat-
teuses sont des instruments de tout pre-
mier ordre.
MM. Carré fils aîné et Cie, à Paris, pré-
sentent leur système breveté d installation
et d'application du réservoir-élévateurd'eau,
qui s'installe dans les caves ou sous-sols et
qui permet la distribution de l'eau aux éta-
ges élevés par la pression de l'air compri-
mé. Ce système est assez généralement
connu maintenant pour que nous nous dis-
pensions de le décrire à nouveau.
165
Il en est de même du filtre à pressioi^
système Carré qui est d'un nettoyage si faci-»
le et si rationnel. Rappelons aussi que MM..
Carré ont acquis une expérience spéciale
dans l'établissement des travaux en ciment^
avec ou sans ossature métallique^ pour cana-
lisations, dallages, réservoirs, citernes, etc.^
et que l'on peut recourir à eux en toute
confiance pour l'entreprise de travaux de
cette nature.
MM. Cazaubon et fils, à Paris, présen-
tent leurs divers modèles de pulvérisateurs
portatifs et plus particulièrement les pulvé-
risateurs à bât dénommés Passe-Partout
que nous avons décrits en détail les années
précédentes, et qui sont souvent d'une ap-»
plication plus commode que les appareils
à traction sur roues.
M. Champenois-Rambeaux, à Cousances*-
aux-Forges (Meuse), expose comme à Thar
bitude des faucheuses, des moissonneuses,
des faneuses, des râteaux mécaniques, des
coupes racines, des hache-paille, des con-
casseurs de grains, des moulins à pommes,
des fouloirs à vendange, des roues dites
Impérissables pour voitures, etc. Tous ces
objets sont semblables à ceux qui ont été
présentés dans les concours précédents par
le même constructeur. Ils ne comportent
plus de modifications sensibles, par la simple
raison qu'ils sont arrivés aux dernières li-
mites des perfectionnements possibles.
M. Chandora, h Moissy-Cramayel (Seine-
et-Marne), expose des produitsagricoles d'un
domaine du Finistère qui était autrefois in-
culte et improductif et qui a été rendu fer-
tile par les travaux de dessèchement, de
drainage et d'aménagement qui y ont été
exécutés. Fondée en 1849, la maison Chan-
dora s'est consacrée à l'entreprise de tous
travaux d'assainissementdes terresau moyen
du drainage. Elle a acquis dans ces travaux
une expérience spéciale qui lui permet d'o-
pérer avec certitude et économie et de ga-
rantir en quelque sorte les résultats à obte^
nir.
A l'heure actuelle, la maison Chandora a
166
pose plus de 3.000 kilomètres de tuyaux de
drainage et assaini plus <lc ?0.000 hectares
de terres, qui n avaient que peu ou pas de
valeur et qui aujourd'hui comptent au nom-
bre des terres les plus fertiles.
I^s propriétaires de terrains impioductifs
ont donc tout avantage à s'adresser à H.
Chandora pour Ift charger d'étudier les
moyens de donner une valeur productive a
ces terrains, soit par le défrichement, soit
par le dessèchement, soit par le drainage,
soit par Virrigaiion. Après une rnpideétude
préalable, M. Chandora est toujours en si-
tuation de se prononcer formellement sur
la nature et sur le coût des travaux à entre-
prendre pour obtenir des résultats fruc-
tueux.
M. Dadd, à Paris, a fuit figurer au con-
cours une balayeuse mécanique à rouleau,
du système Person, une machine à cintrer
4es cercles en bois pour tonneliers, des ma-
chines à travailler les fers feu illards ou en
barres, une machine à percer, divers appa-
reils et chariots de tuyaux d*arrosage des
modèles adoptés par la ville de Paris et des
patins pour enfoncer les échalas de vigne,
instruments très commodes et très em-
ployés. Tous ces objets ne constituent d'ail-
leurs qu'une simple part de la fabrication
générale de M. Dard, fabrication qui s'étend
à toutes les machines et à tous les outils
d'un grand nombre de corps de métiers, et
qui se distingue par une grande ingéniosité
de conception,en même temps que par une
solidité exceptionnelle de construction.
MM. ËGROT ET Grange, à Paris, exposent,
comme a l'habitude, un magnifique ensem-
ble d'appareils pour la distillation des alcools
la cuisine à la vapeur de tous les aliments,
la pasteurisation des vins, l'étuvage des fu-
tailles, la cuisson des sucres dans le vide,
etc.. Les appareils de distillation sont de
toutes capacités, depuis les petits alambics
d'essai construits pour l'analyse du titre
alcoolique des vins, dont la contenance peut
n'être que d'un décilitre jusqu'aux puis-
sants appareils de distillation continue
montés sur chariot dont la valeur atteint
JOCILXAL MENSOEL DC L'ACADÉMIK ffAtlONALK. 107
I une dizaine de mille francs. Comme éche-
lons intermédiaires se trouvent les alambics
brûleurs du système Egrot, à rectificateurs
sphériques, en sept modèles de grandeurs
différentes pour les contenances de 50, 75,
100, 200, 300, 400, et 500 litres.
I^ construction de la maison Egrot et
Grange a acquis une réputation universelle
qui ne fait que grandir d année en année.
M. EiJjOTr, à Bornel (Oise), présente des
spécimens intéressants de fils d'acier, de
ronces artificielles et de grillages mécaiii-
quesgalvanisés. Ces articles ont des emplois
fréquents à la campagne pour Téfablisse-
mcnt do clôtures provisoires ou définitives.
Les produits de la fabrication toute spéciale
de M. Elliot sont de la meilleure qualité dé-
sirable.
M.Gariel, à Paris, expose les meilleurs
modèles do tous les instruments d'apicul-
ture et des ruches de différents systèmes,
appelées, d'après les noms de leurs inven-
teurs ruches Gariely Dadant, Layens^
Sagot, Saille, Toutes ces ruches 5ont de
construction perfectionnée, ayant chacune
des avantages propres, suivant la multipli-
cité de leurs cas d'applications. M. Gariel
expose aussi des barrières et clôtures agri-
coles en grillages galvanisés, avec montants
et supports en fer et un poulailler démon-
table, tout en grillage, avec porte.
M. Gautreau, à Dourdan (Seine-et-Oise),
présente 4 belles locomobiles à vapeur, dans
les forces de 4, 6, 7, et 8 chevaux, d'un fini
parfait de construction, ainsi que des bat-
teuses mobiles et fixes. Les batteuses mobi-
les sont au nombre de trois: l'une pouvant
être commandée par un manège indépen-
dant, l'autre dite à manège direct, et la troi-
sième à commande par plan incliné mobile,
dite trépigneuse. Ce n'est que récemment
que la maison Gautreau, qui est universelle-
ment réputée pour n'établir que de bonnes
et solides machines agricoles, s'est décidée
à donner satisfaction aux demandes qui lui
étaient faites depuis plusieurs années et
s'est mise à construire des batteuses trépi-
gneitses. Et fidèle à ses principes de progrès.
168
EXPOSITIONS ET CONCOURS.
169
elle a étudié et construit une machine plus
simple^ plus solide, et devant produire beau-
coup moins d'usure que toutes les machi-
nes du même genre construites jusqu'à ce
jour. Le tablier mobile du plan incliné, au
lieu d'entraîner avec lui tous ses galets, au
nombre d'une soixantaine dont le graissage
est à la fois difficile et défectueux, glisse sur
Hgrands galets fixes reliés deux à deux par
Qoarbrequi repose sur deux tourillons tour-
oanl très lentement, de sorte que non seu-
lement on n'a que 14 tourillons à graisser
au lieu d'une soixantaine de galets, mais
encore que le graissage de ces 14 organes
est beaucoup plus durable et peut se faire
en pleine marche. Il y a là un important
perfectionnement apporté aus moteurs à
plan incliné.
La nouvelle batteuse fixe au moteur se
recommande par de nombreux avantages
particuliers. Elle peut être montée sur
plancher comme les anciennes batteuses ou
tout simplement sur le sol au moyeu de
quatre pieds en fonte. Dans cette batteuse,
lesecouagede la paille est combiné de ia-
con à présenter l'ensemble des ' avantages
offerts par les secoueurs articulés et par les
secoueursrectilignes, c est-à-dire de rendre
une paille droite avec très peu de déchets.
Le grain est rendu complètement nettoyé,
prêt à livrer au commerce.
On doit reconnaître, en vérité, que les
batteuses Gautreau sont au nombre des
plus perfectionnées.
M. Gbillot, a Paris, expose des rouleaux
compresseurs pour chaussées macadami-
sées, des rouleaux plombeurs pour champs
cultivés, des rouleaux pour jardins, un
chariot basculeur, des poteaux indicateurs
pour routes ou limites de territoires et des
plaques pour voitures. Les plaques indica-
trices en zinc fondu, avec lettres en relief»
constituent certainement le meilleur systè-
me d'indications, car les inscriptions qu'elles
comportent durent indéfiniment, se remet-
tent à neuf très aisément et sont toujours
parfaitement lisibles.
MM. GoYENET et C'% à Paris, présentent
nne collection variée d'appareils à Jet de
vapeur, tels que : injecteurs pour alimen-
tation de chaudières, élévateurs, éjecleurs
de circulation, aspirateurs pour amorçage
dé pompes centrifuges et aspirateurs- com-
presseurs d*air et de gaz. Ces appareils sont
d'une grande commodité d'emploi et préfé-
rables dans beaucoup de cas aux pompes
de divers systèmes quMls ont pour objet de
remplacer.
M. Albert HiRT, à Paris, construit une
série complète de pompes aspirantes et
foulantes pour usages agricoles, horticoles
et industriels, dans les divers genres de
pompes à chapelet, pompes à pistons sim-
ples et plongeurs et pompes rotatives. Tou-
tes ces pompes sont de la meilleure cons-
truction possible et soutiennent favorable-
ment la comparaison avec les appareils de
même genre des plus renommés fabricants
français ou étrangers. Nous remarquons
plus spécialement une pompe à piston à
2 bielles enveloppantes en étrier, comman-
dée par un volant à manivelle placé du coté
du fond du cylindre. Cette disposition in-
génieuse réduit Tespace total occupé, tout en
assurant une grande longueur de bielle, ce
qui a pour effet de réduire la fatigue de la
tige du piston.
Il y a lieu de noter aussi Tingénieuse
combinaison (fune pompe rotative et d*uno
pompe à chapelet calées sur le même arbre,
ce qui permet, d*un même mouvement, de
refouler à une certaine hauteur une portion
de Teau élevée d'un puits par une pompe
à chapelet.
DansTexposition de M. Hirt se trouve
aussi un pulvérisateur breveté dénommé
justement monocycle, et formé de doux
récipients quadrangulaires disposés de cha-
que côté d*une seule roue en fer à large
empattement. Cette disposition originale
otfre des avantages marqués pour le travail
dans certains vignobles.
Enfin rappelons que M. Hirt est le con-
cessionnaire pour le montage des moteurs
à pétrole 5i/ccé5 de la maison Japy, dans la
région de Paris.
MM. jANNiiiL frères, à Martinvelle (Vosges).
exposent deux fauclieuses à deux chevaux.
170
JOURNAL MENSUEL DB L ACADEMIB NATIONALB.
171
dénommées l'une f Universelle, Tautre la
Reine des Prés ; une faucheuse à un cheval
appelée V Eclair ; une moisonneuse à un
cheval dénommée la Dériveuse ; une série de
concasseurs de grains et une série de cou-
pe-racines de différentes puissances.
La faucheuse V Universelle coupe à l'ar-
rière de l'essieu, et la Reine des Prés cou-
pe à l'avant de Tessieu. V Eclair coupe aussi
ù l'avant. Ces modèles de iaucheuses offrent
des avantages marqués sur les machines
américaines de même genre. Certaines de
leurs pièces sont en acier forgé, au lieu
d'être en acier coulé ou en simple fonte.
Les réglages de coupes comportent davan-
tage de divisions de hauteurs et les roule-
ments des essieux principaux se font sur
rouleaux cylindriques ou billes-galets. Les
leviers ou les pédales de mises en mouve-
ments ou de relevage de la barre coupante,
sont combinés de façon à être facilement à
la portée du conducteur et à être manœu-
vrés très rapidement.
Nous ne reviendrons pas sur la Dériveuse
que nous avons décrite en détail Tannée der-
nière, non plus que sur les coupe-racines
et sur les concasseurs de grains. Rappelons
seulement que Tun des cylindres des con-
casseurs est monté sur un cadre rigide, dont
le déplacement pour réglage, ne modifie
en rien le parallélisme des cylindres et ne
laisse prendre aucun jeu au cylindre mo-
bile.
MM. Jannel frères construisent encore
nombre d'autres instruments agricoles, dans
le détail desquels nous ne pouvons entrer
pour le moment. Observons seulement que
toutes les constructions de nos collègues sont
calculées, combinées et exécutées de ma-
nière à offrir les meilleures garanties de so-
lidité et à présenter un fini de travail qui
se rencontre rarement dans les fabrications
d'instruments agricoles.
M. Mercier, à Paris, expose des cuit-
légumes fixes ou à bascule, de diverses gran-
deurs, utilisant pour la cuisson l'action delà
vapeur d'eau produite, soit par un généra-
teur indépendant, soit par le fond de la bas-
sine. Nous remarquons aussi un chauffe-
vin en fer galvanisé et cuivre, pouvant
être employés pour la pasteurisation des
vins ; des bacs rectangulaires en tôle galva-
nisée ; des mangeoires et abreuvoirs ; des
fosses mobiles ; d'autres objets de tôlerie
galvanisée utiles en économie domestique
et en horticulture ; des barattes en verre ;
des clôtures en grillage mécanique ; des
meubles de jardin, etc. Au reste, la maison
Mercier fabrique ou vend une grande quan-
tité d'articles dont on se sert dans les exploi-
tations agricoles ou dans les maisons de
campagne, et Ton peut s'adresser à elle en
toute confiance pour se procurer les articles
de cette nature.
M. MoNTANDON, à Vemou (Eure), expose
une locomotive à vapeur de la force de
4 chevaux, d'une construction simple et
robuste ; des machines à battre dites Ver^
nonnaises de différentes forces, dont une est
combinée avec un plan incliné moteur ; des
manèges mobiles montés sur quatre roues;
des concasseurs à tous grains ; des hache-
paille combinés avec concasseurs ; des mou-
lins agricoles, dits Moulins de Vernon^ et
un broyeur de pommes.
Tous les appareils construits par M. Mon-
landon sont établis d'une façon très ration-
nelle qui combine heureusement la simpli-
cité et la solidité de la construction. Rappe-
lons que certains mouvements des machines
à battre sont montés sur roulements à billes,
ce qui diminuesensiblement la force motrice
absorbée par les rouages mécaniques.
M. Léonard Paupier, à Paris, a installé,
comme à Thabitude, une très belle exposi-
tionqui ne comprend pas moins de 103 arti-
cles du catalogue. Cette exposition groupe
de nombreux articles de mesurage et de
pesage, depuis les simples trébuchets sensi-
bles au dixième de gramme Jusqu'aux ponts-
bascules pour charrettes d'une force de
lO.OOO kilogrammes, en passant parde nom-
breux instruments intermédiaires.
Les appareils de portage et de roulage,
lelsque : diables, tricycles, brouettes variées,
le matériel de chemins de fer portatifs, voies
et wagonnets constituent aussi des articles
de la fabrication de M. Paupier, fabrication
172
exposiTions bt concours.
173
kossi Yarîée qu'intéressante et qui porte sur
un girand nombre d'objets utiles à TagricuN
lore, à rindustrie et au commerce.
MM. PÊRiN FRÈRES, àCbarloville ( Arden-
oes) montrent des spécimens de leurs clô-
lares agricoles constituées par de gros fils
métalliques traversant des pieux en fers à
Tdont les pieds sont noyés dans des mas*
ses de béton. Ces clôtures sont à la fois très
faciles à installer, très aisées à enlever, très
(iaiables, très économiques et très eflicaces.
MM. Périn frères ont également constitué
00 système de murs économiques, formés
démontants en fers à poutrelles, et de car-
reanx de bétons, qui peuvent être édifiés
très rapidement et très économiquement, en
quelque sorte sans le secours d'hommes du
métier. Ce système de murs économiques
pet3t être avantageusement utilisé dans un
grand nombre de cas, et notamment dans
liostallation de plantations en espaliers.
M. PuiuppE (Jules), à Houdan, expose une
collection aussi complète que variée d'ins-
truments et d'appareils d'aviculture. Gomme
nous traitons, en détail, dans une autre
partie du journal, de la pratique de Tincu-
batioo artificielle au moyen des appareils
de M. Philippe, nous n'en ferons pas un
DoaTel examen à cette place, et nous ren-
fû;ons nos lecteurs àTarticle spécial. Disons
seulement que M. Philippe exposait non
seulement les objets de sa fabrication in-
dostrielle, mais encore de nombreux pro-
duits de son élevage de volailles et qu'il a
obtenu de nombreuses récompenses pour
les sujets vivants qu'il a présentés.
M. RoDSSET, à Saint- Victor-sur-Loire (Loi-
re), continue avec succès Tintéressanie fa-
brication d'écbalas et de pieux métalliques
en feuillards d'acier, fabrication créée par
lOD prédécesseur M. Micolon. La variété des
objets confectionnés en feuillards d'acier
diQs les ateliers de Saint Victor-sur-Loire
lugmente même constamment. M. Rousset
a présenté cette année au Concours de Paris
des barrières, une tonnelle, des portillons,
une volière démontable, des piquets raidis-
seurs, des arceaux, des entourages d'ar«
bres, des gradins pour pots de fleurs et les
éléments d'un parc à mouton démontable.
M. Seguin, à Paris, présente des moteurs
à pétrole fixes du système Gnome en cinq
types de différentes forces et unelocomobile
formée d'un moteur de 4 chevaux monté
sur chariot spécial. Le moteur Gnome a été
l'objet d'une description complète, dans un
précédent numéro do notre Journal. Nous
ne reviendrons pas à nouveau sur cette
description. Répétons seulement que les
moteurs Gnome, dont le nom est celui des
petits génies actifs et laborieux des légen-
des, sont au nombre des moteurs de pétrole
les plus dignes d'élre appréciés comme
soliditéde construction, régularité de fonc-
tionnement et production économique de
la force motrice. On sait qu'ils fonctionnent
au moyen du pétrole ordinaire.
MM. Simon frères, de Cherbourg, dont
les établissements paraissent suivre un dé-
veloppement constant, exposent cette année,
en outre de la belle collection d'appareils
de cidrerie et de laiterie des années précé-
dentes, un certain nombre d'appareils en-
tièrement inédits qui prouvent que non
seulement on fabrique bien dans l'usine
Simon, mais encore que l'on étudie, que
l'on cherche constamment à créer des appa-
reils répondant aux besoins nouveaux de
notre agriculture et en outre que l'on per-
fectionne chaque jour les appareils en usage.
Au nombre des nouveautés présentées par
cette maison au concours, citons :
1* La nouvelle Presse à charge continue
pour cidres et vins. Cet appareil fonction-
nant au moteur est basé sur un principe
tout différent de ceux des presses continues
actuellement en usage ; il permet, avec de
très beaux rendements, d'obtenir des jus
réellement limpides, leur contenance en
lies ne dépasse pas 2 ou 3 % , tandis que
les presses continues actuelles donnent de
12 à 16 % de lies.
Cette presse dite à charge continue est
certainement l'un des appareils nouveaux
les plus intéressants.
Le principe sur lequel il repose est celui-
174
JOL'ItNAL MENSUEL DR L ACADEMIE NATIONALE.
175
ci : si l'on entraîne avec force un système
(Je deux plateaux correspondants dans les
branches d'un solide bâti dirigées en angle
aigu, les deux plateaux tendent naturelle-
ment à se rapprocher en produisant une
compression progressive des matières pla-
cées entre les plateaux. Arrivés afin de cour-
se, au point où Técarlement est le moin-
dre entre les branches d'un bâti, les pla-
teaux, qui sont montés sur une sorte de
plancherroulant analogue à celui des tré-
pigneuses ou moteurs à plan incliné, tour-
nent chacun autourd'un tambour, laissant
se dégager la masse pressée, et poursuivent
une course en sens inverse qui, après une
seconde rotation autour d'un autre tam-
bour, les ramène au point de départ.
Comme on le voit, cette nouvelle presse
est basée sur un principe nouveau qui peut
être fertile en applications variées.
2^ Le pulpomètre Simon, appareil qui
vient d'être créé et qui permet de mesurer
exactement le degré de broyage des fruits
pour comparer les différents broyages entre
eux.
3* Le broyeur-presse de laboratoire^
appareil spécial pour l'analyse des fruits.
4* Une belle collection de la nouvelle
baratte, désignée sous le nom de baratte
mor.o batteur Simon, Cet appareil ne man-
que pas d'attirer l'attention de tous ceux qui
s'intéressent à la fabrication du beurre.
La baratte mono-batteur est désignée parce
qu'elle ne comporte qu'un seul batteur,
lequel est une simple cloison à ouvertures
divisant en deux parties l'intérieur de la ba-
ratte. Ce batteur n'est d'ailleurs animéd'au-
cun mouvement propre, et c'est la seule
rotation de la baratte qui lui fait jouer son
rôle en précipitant alternativement la mas-
se de la crème sur les parois do la cloison
séparatrice.
Celte baratteest munie d'une grande ouver-
ture fermée par un tampon en fonte garni de
caoutchouc, d'une manœuvre aussi aisée que
sûre. La grande ouverture facilite, à la fois
le remplissage, la vidange et le nettoyage
delà baratte. Ces barattes nous semblent
justement appelées à jouir de la plus grande
vogue dans toutes les beurreries.
Mentionnons aussi de petits malaxeurs
pour ménages et une nouvelle série de moii-
lins concasseurs de grains y ainsi que des
manèges à un ou plusieurs chevaux.
Rappelons à nos lecteurs que, dans le
dernier concours de Tannée 18Q6, MM. Si-
mon frères, ont obtenu le Grand Prix Agro-
nomique, objetd'art, de la Société des Agri-
culteurs de France, pour les broyeurs et
pressoirs.
La Société de Nordenfelt, à Paris, expose
quatre modèles du Radiateur Salénius,
appareil qui a pour but la production immé
diate du beurre extrait directement du lait
pasteurisé, cest-à-dire porté à une tempé-
rature de 70 degrés centigrades. Ces quatre
modèles permettent de traiter respective-
ment 200, 500, 8G0 et 1200 litres de lait à
l'heure. Deux installations complètes fonc-
tionnant sur l'emplacement occupé par la
Société montrent au public la marche des
Radiateurs qui, recevant du lait chauffé à
70°, rendent, par deux ouvertures différen-
tes, d'une part, le petit lait, ou lait écrémé,
et. d'autre part, une m.isse de globules bu-
lyreux convenablement refroidi. Il ne reste
plus qu'à agglomérer, malaxer et délaîter
ces globules, pour obtenir un bcuire doux,
de très bon goût, d'un arôme délicat, de
qualité bien uniforme et d'une conserva-
lion supérieure à celle de tous les beurres
d'autres origines.
Nous avons d'ailleurs décrit en détail,
l'année dernière, le Radiateur Salénius^ei
nous pouvons, par conséquent, renvoyer
nos lecteurs pour détails complets à notre
journal de mars 1806. Nous pouvons toute-
fois ajouter que, dans les nouveaux types de
radiateurs,le refroidissement peut ôtreopéré
par un simple courant d'eau froide, sans
qu'il y ait nécessité de faire emploi de glace.
Quelques grandes exploitations agricoles
de France ont déjà installé des Radiateurs.
Les résultats fournis par ces appareils ont
été partout des plus satisfaisants, au triple
point de vue de l'excellente qualité des pro-
duits obtenus, du haut rendement en beurre
des laits traités et de réconomic réalisée
dans les frais de main-d'œuvre.
176
EXPOSITIONS ET CONCOURS.
177
U. Tenting, à Paris, a iustatlé un moteur
a gaz de son syslème qui commande lout
un agencement mécanique pour le rinçage
des boateilies. Le moteur élait alimenté par
Qo système de production du gaz artificiel
qui semble tout particulièrement recom-
modable pour los exploitations agricoles
eoceqa'il fournit un gaz propre à la fois à
récbirage et ù la force motrice, et revenant
i meilleur marché que le gaz de houille
lirré par les compagnies gazièrcs.
M. Tenting construit d'ailleurs des types
modifiés de son moteur à gaz qui deviennent
dâ moteurs à pétrole léger, ou essence,
og des moteurs à pétrole lourd, suivant les
désirs des acheteurs. Tous ces moteurs sont
àvoloDtéà inflammation électrique ou par
tabe incandescent. Ils sont applicables à
loaslescas de production de la force mo-
mce, ù l'éclairape électrique et à la locomo-
boQ automobile. Leur mécanisme de distri-
bation ne comprend que des soupapes ; il
est un des plus simples existants, et, par
suite, Tua des plus robustes et Tun de ceux
qui fonctionnent le plus régulièrement,
sans risques de dérangement.
Le catalogue mentionnait que M. Tenting
limit pi*ésenler une voiture à pétrole pour
ie transport de la betterave, mais nous n'a-
vons pu constater la présence de ce nou-
veau véhicule automobile.
M. Texier fils jeune, à Vitré, a été victi-
me d'une erreur du catalogue qui n'a pas
mentionné son nom et qui a fait figurer Ténu-
aération des objets qu'il exposait à la suite
d'une liste se référant à M. Texier fils aine,
«ieljnderneau. C'est ainsi que les articles
namérotés de 6838 à 0867 dans la partie du
cialoguc consacrée à cettedornière maison,
^^aieat effectivement présentés par notre
î^ciaire de Vitré.
Aq reste, quoique contiguës, les exposi-
^tots respectives des deux concurrents
« iient bien distinctes.
V. Texier fils jeune présentait des broyeurs
^«ioncs, des fouloirs à vendange, des pres-
''J»ri, des moulins agricoles, des manèges
^. particulièrement, toute la série de ses
Voyeurs de pommes à cyhndres divisés en j
sections dont les dentures sont disposées en
hélice. Ces broyeurs de pommes, munis de
ressorts à partir d'une certaine puissance,
ont remporté de nombreux succès dans les
concours pratiques qui ont été organisés de-
puis environ un an par diverses Sociétés
pomologiques et agricoles. Les broyeurs
Texier ont été classés dans les premiers
rangs de ceux qui fournissent les meilleurs
rendements pour une dépense de force dé-
terminée.
Nous remarquons aussi dans l'exposition
de M. Texier une collection de vis de pres-
soirs en acier, dont la fabrication est une
spécialité de notre Sociétaire et qu'il livre
au prix étonnamment réduit de 35 fr. les
lÔO kilogrammes.
M. ViAUD, à Barbezieux (Charente), expo-
se des charrues araires, des charrues vigne-
ronnes, des brabants doubles, des houes
ordinaires, des houe-semoirs, des semoirs
pour moyenne et grande culture,des râteaux
à cheval, des paroirs à allées, des hei^ses,
des déchaumeuses et des pressoirs. Tous ces
instruments sont d'une fabrication soignée,
avec la plupart de leurs pièces constitutives
en acier de qualité supérieure, ce qui per-
met, en réduisant l'échantillon des pièces
sans nuire à leur solidité, de leur assurer un
certain caractère d'élégance.
Les brabants doubles de M. Viaud ont
une tête basculante à ressort amortisseur
incassable et leur traction s'opère par une
tringle de tirage dont le point d'attache est
fixé à l'arrière de l'ancre. La marche de l'ins-
trument est ainsi rendue plus régulière et
1 âge est garanti contre toute torsion ou rup-
ture. D'un autre côté. grâceau ressortamortis-
seur de la tôle basculante, l'effet des à-coups
brusques ne se fait pas sentir directement
sur la tringle de tirage, ainsi mise à l'abri
des causes de rupture.
La houe-semoir est un appareil qui, ainsi
que son nom l'indique, peut fonctionner
tantôt comme semoir, et tantôt comme houe
ou bineuse, grâce à d'ingénieuses combi-
naisons d'organes qui permettent aisément
des transformations variées. Cet appareil a
été fort bien accueilli par la petite et la
178
JOURNAL MENSUEL Dl
moyenne culture dans toutes les régions
agricoles oii il a été présenté, et c'est par
centaines ifue depuis quatre ans seulement
il a été livré à de nombreux agriculteurs
qui se sont tous déclarés satisfaits de ses di-
vers emplois.
M. ViGounoux fils, de Nimes (Gard), ex-
posait des pulvérisateurs à grand travail,
soit à bat, soit à chariot, pour vignes bas-
ses, ou pour vignes échalassées, ou même
pour plantations de betteraves.
La construction des pulvérisateurs à grand
travail est la principale spécialité de notre
Sociétaire de Mmes, dont les efforts ont
abouti à la création d'appareils vraiment
puissants et vraiment pratiques.
Pour terminer cette revue du Concours
agricole de Paris, il nous reste à mention-
ner ceux de nos Sociétaires qui exposaient
des produits agricoles, des dérivés de ces
produits ou des matières utiles à Tagricul-
ture. G*est ainsi que nous derons signaler :
M. Bures, àCaen, présentant une liqueur
à base d'eau-de vie de cidre, dénommée la
Pomme ;
M. Lagache, à Paris, avec des pastilles,
des nougats et des produits de confiserie
dérivés du miel ;
M. GoDEPROY, à Orbiquet (Calvados), ex-
posant des beurres fins, et des fromages
genre Camembert et Livarot ;
M. Jacql'emln, à Malzéville (Meurthe-et-
Moselle), rappelant l'attention sur ses prépa-
rations de levures pures cultivées, dont on
peut tirer un si bon parti en vinification ;
M. Stlrm, directeur de la Société fran-
çaise du Carbonyle, exposant des spécimens
d'applications de l'huile de gouflron, dé-
nommée Carbonyle^ qui constitue un excel-
lent produitd'imprégnatlon assurant la con-
servation des bois;
M. Marlot, à Entrains (Nièvre), présen-
tant des boites d'une Graisse russe appli-
cable au graissage des essieux des voitures,
chariots et autres véhicules agricoles.
En finissant notre compte-rendu du Con-
cours agricole, nous nous posons la ques-
l'académie j^ATJONALE. 179
tion de savoir si, par la force des choses, le
Concours général de Paris ne se trouvera
pas avoir atteint, en 1897, l'apogée de sa
splendeur. Il ne pourra plus disposer, en
effet, Tannée prochaine, de la Galerie dite
do trente mètres, et du Dûme central voués
dès maintenant à la démolition, et même si
la Galerie des Machines est conservée à sa
disposition en 1898, elle ne constituera plus,
privée de ses annexes, q^'un cadre relati-
vement restreint, dans lequel le Concours,
resserré et étriqué, perdra beaucoup du
caractère brillant et grandiose qu'il a revêtu
cette année.
L'EXPOSITION DE GENEVE EN 18^6.
D'après un rapport du consul d'Angle-
terre à Genève, l'Exposition nationale qui
s'est tenue dans cette ville en 1896, du 1*^'
mai au 18 octobre, et qui a été cependant
si brillante, s'est soldée par une grande perte
financière. La C<mfédéralion helvétique
avait souscrit un million de francs ; la ville
et le canton de Genève ont fourni un fonds
de garantie de 500.000 francs, et la Compa-
pagnie de l'Exposition avait réalisé une
somme de 500.000 francs en actions qui
ont été souscrites par des patriotes genevois.
Toutes ces sommes ont été englouties, et il
restera en outre un déficit de 100.000 à
300.000 francs qui, espère-t-on, sera cou-
vert par les profits d'une loterie nationale.
Suivant le consul anglais, cet insuccès
financier de l'Exposition de Genève est dû
entièrement au mauvais temps exceptionnel.
L'Exposition a été inaugurée le l^' mai au
milieu d'une tempête de vent et de pluie et
elle a été close le 18 octobre dans des cir-
constances atmosphériques aussi défavora-
bles. Durant la saison entière, il n\v a eu que
peu de jours de beau temps, ce qui a dé-
couragé le public des visiteurs.
Le rapport du consul d'Angleterre cons-
tate que si Ton met à part le résultat finan-
cier de l'entreprise, l'exposition de Genève
a été, sous tous les autres rapports, unsplen-
dide succès, qu'elle a mis en évidence Tin-
Idustrie mécanique, l'agriculture et les arts
de la Suisse et qu'elle a été réalisée sur un«
180
INOUSTBIE.
181
échelle de proportions grandioses qui aurait
honoré même de beaucoup plus grandes et
plus riches nations.
EXPOSITION INTERNATIONALE DE
BRUXELLES
L*Expositioo internationale de Bruxelles
devait être ouverte officiellement et inau-
gurée par le roi des Belges le 24 avril der-
nier.
Mais, les travaux de construction et d'ins-
tallation de cette Exposition se trouvaient
tellement en retarda la date prévue, que Ti-
nauguration a été remise à une époque ulté-
rieure.
Cependant- TadminisU'ation de TExpo-
sition, pour éviter que des réclamations
ne soient soulevées par certains exposants,
a décidé que TExposilicn serait bien ouverte
au public à la date indiquée, quoique les
visiteurs niaient encore à examiner que des
chantiers en plein travail eten plein encom-
brement.
INDUSTRIE
LE MOTEUR ROTATIF BRAMBEL
Dans le précédent numéro de notre Jour-
nal, nous avons publié, avec croquis à Vap-
l'appui, sous le titre: Un moteur rotatif
idéale une notice relative à un moteur qui
aurait été inventé par un mécanicien amé-
ricain du nom deBi*ambel.
Nous avions puisé nos renseignements à
ce sujet dans le journal parisien La Loco-
motion automobile.
Notre confrère semblait bien suspecter
la réalité etia véracité de toutes lesdounées
'lontil se Taisait Técho. Mais son article était
rédigé de telle façon qu'il semblait que les
mérites et avantages du moteur en question
fussent proclamés et aftirmés par la très
importante et trèssérieuse publication qui a
pour titre: iSciefif//îc American.
Or, nous lavouons franchement, telle
est notre admiration pour le génie inventif
desÂméricains et telle est notre foi dans
fautorité que Ton doit reconnaître au
Scientific American^ que nous n'avons pas
hésité dans notre choix entre les doutes et
tes réserves du journal parisien, et entre ce
que nous croyions être les affirmations de la
^■de et sérieuse publication scientifiquede
Xew-York.
Certes, il est toujours fî\chenx d'être plus
ou moins dupe d'une mystification ; mais
nous aimons mieux pécher par excès de
confiance dans la grande valeur d'une
nouveauté scientifique que par excès de
défiance envers une manifestation de pro-
grès. Nous n'avons jamais considéré comme
particulièrement honorable pour la science
française, l'action de ce membre de l'Aca-
démie des Sciences, d'ailleurs physicien
d'un mérite reconnu, qui crut devoir pincer
le nez d'un présentateur du phonographe
Edison, afin de s*assurer que ce présenta-
teur n'était pas un ventriloque émérite I
Cependant, un examen plus approfondi
des dispositions du moteur dont nous avions
reproduit les croquis, nous a convaincus
que, contrairement ù ce que nous avions
pensé de prime abord, la vapeur ne pou-
vait travailler en détente dans le mouve-
ment du moteur en question, et que ce
mouvement ne pouvait être que le résultat
de la f force vive » de la vapeur s^échap-
pant du générateur. On sait que cette c/orce
vive delà vapeur » est la source du mouve-
vement de la turbine do Laval. On peut
donc supposer qu'elle constitue une source
d'impulsion pour le moteur dont les dispo-
sitions étaient figurées. Mais, il est alors
certain que ce moteur ne peut avoir tous les
avantages qu'on lui prétait et que ses bre-
vets n'ont pu être négociés pour les sommes
fantastiques qui avaient élé annoncées.
Désireux de nous éclairer complètement
àcesujet, nous avons fait venir do New- York
le numéro du Scientific American traitant
182
JOURNAL MENSUEL 01 L*ACADiMlB NATIONALB.
183
de la question, pt nous avons constaté que
cet inoportant organe scicntifiquesemouti-ait
sceptique à l'endroit des avantages et des
mérites du moteur en question, et complè-
tement incrédule au sujet des prix de vente
de ses brevets.
Le journal américain nous a appris que
Tinventeur du moteur de « sept millions de
dollars» étaitM. GrantBrambel(etnonBam*
bel), manipulateur télégraphiste, à Sleepy
Eye, localité de Tétat de Minnesoiah.
Comme le dit notre confrère : « Il est
évident que le monsieur de Sleepy Eye (en
français : œil endormi) est un jeune homme
très éveillé » et que « sa vocation de mani-
pulateur télégraphiste (telegraph operator)
est pour quelque chose dans la large publi-
cité que son histoire a atteinte. »
\.e Scient ific American parle bien des
bruits propagés par la presse américaine
depuis novembre dernier, où Ton parlait
déj*^ d*uu prix de 320.000 livres sterling, ou
1.030.000 dollars ou 8 millions de francs
oiïert par un syndicat anglais pour l'inven-
tion de la machine rotative de M. Brambel.
11 cite un extrait du journal The Daily
Chicago Tribune indiquant les mérites et
qualités de ce moteur, tels que nous les
avons mentionnés dans notre précédent
numéro, avec celte addition « qu'une ma-
« chine Brambel, pas plus grande qu'une
« soucoupe ordinaire, peut être montée sur
a écrémeuse centrifuge et l'entraîner à la
« vitesse de 6.500 tours par minute. »
Enfin, le Scientific American reproduit
le télégi'amme suivant publié par le New-
York Herald, et daté du 16 janvier 1897 :
« La vente de la machine rotative do
<c Grand Brambel au Syndicat Allen, de
« Londres, a été conclue, et l'inventeur
« de Sleepy Eye a des lettres de crédit sur la
« Banque d'Angleterre pour 6.700.000 dol-
« lars. Les sommes payées ont été : pour le
« brevet anglais, 1.600.000 dollai-s ; pour la
« France et TAllemagne, 2.000.000 dollars,
« et pour les Etats-Unis 3.000.000 dollars.
« Ces chiffres et le fait de la réception
« des lettres de crédit avaient été vérifiés
« par l'inventeur quand j'ai passéchezlui. »
Comme on le voit, l'assertion d'un cor-
respondant du NeW'York Herald est ab-
solument formelle. G'estce quia déterminé
le Scientific American a rechercher et à
publier les spicificatious et revendications
du brevet Brambel. Or, après avoir repro-
duit ces spécifications d'ailleurs fortcoofa-
ses et les croquis des dessins à Tappai du
brevet, le Scientific American n'hésite pas
à déclarer que a l'histoire ne peat pas être
regardée autrement que comme une rorsti-
ficalion ».
Si le journal parisien, qui a emprunté le
sujet de son article au Scientific American^
avait eu le soin de reproduire cette conclu-
sion de l'organe autorisé qui fournissait le
sujet, nous aurions complètement laissé
dans l'ombre la question du nouveau oio-
teur rotatif.
TRAVAUX EN CIMENT
ù armature métallique rivée et Ireillagée
de M. Paul DuPEnnAT fils,
à Nevers
L'idée première du revêtement de carcas-
ses de llls de fer entre croisés par un mor-
tier de ciment Portiand, de manière à cons-
tituer des surfaces continues de toutes for-
mes sous une épaisseur relativement faible,
est due à un inventeur français, M. Monter,
et date à peine d'un quart de siècle.
Comme cela arrive toujoui*s dans notre
pays, qui se vante de bonne foi d*étre ani-
mé plus qu'aucun autre d'un véritable es-
prit de progrès, le système Monier adû mul-
tiplier ses succès à l'étranger avant de ren-
contrer chez nous la faveur correspondante
à ses réels mérites. Aujourd'hui, d'ailleurs,
les constructions, les éditications ou lessim-
pies fabrications en ciment armé vont tou-
jours en se multipliant de plus en plus. En
révélant de mortier déciment des armatu-
res métalliques de formes appropriées, on fa-
brique ou on construit des cuves, des tuyaux,
des égouts, des abreuvoirs, des réservoirs,
des baignoires, des citernes, des passerelles,
des voûtes, des planchers, des murs, des ter-
rasses, etc. Bientôt on construira des mai-
sous entières à carcasse ou ossature métal-
lique revêtue de ciment.
184
INDUSTHIB.
185
L'idée-maitresse du ciment armé étant
roaJDteoant dans ledomaine public, lesdif-
réreDts constroctenrs onl surtout cherché à
perfectionner le système de construction des
carcasses métalliques et à se réserver la
propriété de diverses combinaisons déna-
ture à accroître la solidité et h rigidité des
camsses. C'est ainsi que notre Sociétaire,
M. Daperrat fils, de Nevers, a imaginé de
renforcer les treillis de fils de ierentro-croi-
sés qui sont ordinairement employés, par
i'idjooctton de bandes de fer feuillardqui
sont reliées entre elles au moyen de rivets,
eiqii eonsittoent une sorte de charpente
principale, soutenant la carcasse en treillis
de fib ordinaires.
Celte disposition consolide beaucoup l'en-
semble de l'ossature métallique. Elle cons-
titue donc un perfectionnement appréciable
pour lequel M. Paul Duperrat fils a obtenu
on brevet d'invention à la date du 28 sep-
tembre 1896. C'est ce perfectionnement qui
anln à notre Sociétaire le diplôme de mé-
daille d'or que lui a attribué tout récem-
ment notre Comité des Récompenses.
TRAVAUX DE FUMISTERIE
•up baaea solantlfiquaa et ralaonnéas
de M. Eugène Venet,
216, route de Bayonne, à Bordeaux.
Notre Sociétaire, M. Eugène Venet, de
Bordeaux, nous a adressé un long mémoire
exposant les principes théoriques et prati-
ques qui guident ses entreprises de travaux
de fumisterie, et lui permettent de garantir
les bons résultats de toutes les installations
qu'il réalise, au double point de vue de l'ac-
tivité normale du tirage des foyers et de la
production économique d'un chauffage
puissant.
Le texte du mémoire de M. Venet nous a
prouvé que l'auteur était parfaitement au
courant des théories scientifiques qui sont
applicables au fonctionnement de tous les
ipparrils de combustion et spécialement
des cheminées appropriées au chaufîage des
appartements. Il est évident, en outre, que
I& grande expérience de M. Venet lui vaut
des connaissances pratiques d'une réelle
valeur, lui permettant de discerner av pre-
mier examen les causes réelles du mauvais
fonctionnement de telle ou telle cheminée,
de remédier sûrement aux défauts ainsi
reconnus, et d'éviter toute défectuosité dans
ses constructions personnelles.
C'est ainsi que M. Venet s'est rendu
compte des proportions raisonnables à éta«
blir entre Touverture du cadre d'une che-
minée dans un appartement et la section du
conduit de fumée appelé à desservir cette
cheminée. Ces proportions doivent évidem-
ment être maintenues dans certaines limi-
tes, car il est bien certain que, l'activité de
la combustion étant dépendante desdimen-
sions d'un foyer, il y a corrélation directe
entre ces dimensions et colles des conduits
destinés à l'évacuation des gaz et fumées de
la combustion.
Beaucoup de cheminées d'appartements
laissent à désirer comme fonctionnement,
uniquement parce que le conduit d'évacua-
tion n'est pas en rapport avec la grande
étendue du foyer. Dans une semblable
situation, comme il est le plus souvent im-
possible d'augmenter les dimensions du
conduit d'évacuation, il y a lieu de restrein-
dre les proportions du foyer. C'est ce dont
beaucoup de fumistes ne se rendent pas
compte, mais ce que M. Venet a parfaite-
ment observé et compris.
L'expérience professionnelle de H. Venet
l'a convaincu qu'il fallait proscrire les con«
doits de cheminées en fonte de fer> et que
^dans le montage des conduitsen terre cuite^
briques ou maçonnerie, il était de la plus
grande importance de supprimer toutes les
bavures de mortiers formant des aspérités
qui servent de noyaux et de supports au.t
amas de suie.
Les conduits en fonte de for donnent
d'abord de bons résultats, mais comme ils
s'oxydent toujours intérieurementet comme
la suie adhère fortement à la rouille du fer,
il se forme rapidement, à Tintérieur des
conduits, une croûte d'épaisseur croissante^
qui réduit progressivement la section du
conduit et qui est d'une telle solidité que
l'on ne peut la détacher à l'aide du hétis-
186
JOURNAL MENSUEL DB L ACAUËXUL NATIONALE.
187
sotiy que Ton emploie dans les bpëralions
ordinaires du mnaonage.
A juste titre, M. Venet proteste contre
les rétrécissements exagérés que !es maçons
ou architectes font subir aux sections des
conduits de fumée à la sortie de i'ôpaisse:ir
des murs ou deè souches. Il y a encore là
une cause de mauvais fonctionnement dont
on ne se rend pas sufUsamment compte.
Enfin, M. Venet recommande de monter
au moins à la hauteur des constructions
avoisinantes les débouchés définitifs dans
l'atmosphère de tous les conduits de fumée.
Pour la constitution des foyers propre-
ment dits des cheminées d*appartetnents,
M. Venet applique les principes du système
Debret et dispose des plaques de fonte de
fer convenablement inclinées, derrière les-
quelles circule un courant d'air qui s'é-
chauffe au contact des plaques et peut
déboucher dans la pièce, suivant les cas,
soit à la hauteur do l'entablement de la
cheminée, soit à un niveau plus élevé à
faible distance du plafond.
L'application des principes exposés par
M. Venet dans le mémoire qu*n nous a sou-
rais, conduit certainement à la construction
de cheminées d*appartement d'un parfait
fonctionnement et d*uii rendement en
chauffage aussi bon que peut le comporter
remploi du système dit du « feu à lu chemi-
née ».
A ce point de vue, nous rendrons hom-
mage à la grande compétence dontM. Venet
a tait preuve dans la rédaction de son mé-
moire et à la sagesse de la plupart des vues
qu^il expose.
Nous savons que le nombre des partisans
du chauffage par le feu à la cheminée est
considérable, et nous nous expliquons par-
faitement que notre Sociétaire ait commen-
cé son mémoire par un éloge enthousiaste
de ce mode de chauffage.
Mais nous devons dire, à titre purement
personnel d ailleurs, que cet éloge ne nous
a pas convaincu, et que, si les cheminées
établies par H. Venet sont véritablement et
sérieusement perfectionnées, nous ne pou-
vons oublier que, suivant Franklin, u Tusage
% de la cheminée d'appartement est le meil-
€ leur moyen de brûler beaucoup de com-
tt bustible pour n*en obtenir que la moindre
a quantité possible de chaleur utile ».
LA FABRICATION DE LA EUÈRE DANS
LE MONDE
La consommation de la bière en Europe
a pris, depuis quelques années, une exten-
sion considérable. L'Allemagne, TAutricbe,
VAngleterre sont toujours les pays où cette
boisson est absorbée en plus grande quan-
tité ; mais la bière cesse d*étre une boisson
de luxe et devient un élément important
d'alimentation.
La production annuelle de la bière en
Europe est estimée, d'après la Revue cThy-
giènCy à 138 millions d'hectolitres. C'est
TAIlemagne qui en fabrique la quantité la
plus considérable : 47.802.937 hectolitres
dont 28 millions G55.'775 pour l'Allemagne
du Nord ; 15.325.79 1 pour la Bavière;
3.153.511 pour le Wurtemberg ; 2 millions
508.704 pour le duché de Bade et 759.258
pour l'Alsace-Lorraine.
C'est la Grande-Bretagne qui vient après
l'Allemagne dans la production générale de
la bière: 38.852.991 hectolitres.
Puis vient TAutriche : 13.7:28.431 hecto-
litres. La Bohème à elle seule est représen-
tée dans ce chiffre pour cinq millions d'hec-
tolitres, et la basse Autriche, où se trouve
Vienne, par plus de deux millions.
La France occupe le quatrième rang avec
10 millions d'hectolitres, chiffre absolument
identique à celui de la Belgique. C'est na-
turellement dans le Nord que se consom-
me la plus forte quantité de bière. Lille ar-
rive en tète avec 486.000 hectolitres par
an ; puis arrive dans l'ordre : Paris avec
263.000 hectolitres ; Roubaix, 199,000 hec-
tolitres ; Saint-Quentin, lOâ.OOO: Tour-
coing, 97.000 ; Calais Saint-Pierre, 74. 800 ;
Amiens, 65.000 ; Dunkerque, 60.000 ; cha-
cune des autres villes boit moins de 60.000
hectolitres par an.
Quant à la consommation annuelle par
tête, elle peut être dressée comme suit : Lille,
3.30 hectolitres ; Saint-Quentin, 2,40 hec-
tolitres ;Saint'Pierre-lez-Galai«, 1.4lheclo-
m
NKCROLOGIE.
isd
litres. Toutes les autres villes consomment
moins d'un hectolitre de bière par an et
par tête. Si nous recherchons les villes où
lise consomme le moiiisde bière, nous trou-
TODS : Nimes, six litres ; Toulouse et Lyon, 5
litres ; Nantes et Angers, 4 litres.
Après la France et la Belgique, viennent
(i»pays où la quantité de bière fabriquée
est considérable, relativement à la popula-
tion, mais où les chiffres prennent une
place moins importante dans la production
générale : le Danemark, dont la fabrication
est estimée, à 2.186.000 hectolitres, et la
Norvège, 1.712.445.
Notons ensuite, parmi les contres d'Euro-
pe : la Russie (2.928.513 hectolitres), la
Suisse (1.187.423 hectolitres), TEspagne
(1.025.000 hectolitres^ Tltalie (137.715), la
Turquie (140.000), la Roumanie (100.000»,
le Luxembourg (93.254), la Serbie (93.000),
la Grèce 1^6.68:3), etc.
Il est curieux de constater que, en dehors
de l'Europe, la boisson dérivée du houblon
n'est guère produite qu'aux Etats-Unis dont
la fabrication est estiméeà 36.918.614 hec-
tolitres pour 1892 ; au Japon, où elle se
chiffre par 220.718 hectolitres; on Austra-
lie, où Ton en produit 1 .611 .745 hectolitres
et en Algérie, où il s'en fabrique une moyen-
ne de 25.000 hectolitres.
COMMERCE
L.e COMMERCE EXTÉRIEUR
DE LA FRANCE
Voici la statistique olllcielle des résultats
du commerce extérieur de la France pen-
<iant les trois premiers mois des années 1897
et 1890:
mpORTATlONS
18^7
1S06
ObJeU d'aUmentatioQ 2^.217.000 2J9.272.0CO
Matières ûécessaires
a llndustrie 649.392.000 009.243.000
objets fabriqués 150.014. OQO 159.798. OJO
ToUl 1.031.t)53.000 1.033.313.000
EXHORTATIONS
Objets d'alîmeatatloQ 1:^5.784.000 14^.826.000
Matières nécessaires
à rindustrie 212.761.000 212.390.000
Objets fabriqués 43I..134.00D 443.838.000
Colis postaux 43.505.000 36 797.000
Total 82Î. 384.000'^ ^«35. 851. 000
Ainsi qu'on peut le constater, ces tableaux
comparatifs font ressortir de légères dimi-
nutions dans le mouvement de nos échan-
ges avec les pays étrangers, tant à l'impor-^
tation qu'à l'exportation .
NÉCROLOGIE
M. PAUL QIFFARD
M. Paul Giffard, frère et collaborateur du
célèbre inventeur Henry Giffard, vient de
mcorir à Nice à l'âge de 60 ans. Il a fait
patrtie de notre Société pendant vingt-deux
ans, depuis Tannée 1875.
No en 1837, M. Paul Giffard était de
douze années plus jeune que son frère et
possédait, comme lui, de grandes aptitudes
pour les sciences, en général, et pour la
mécanique en particulier. Il prit une part
considérable à ses recherches aéronautiques
et à l'invention de Tinjecteur connu sous
le nom d'injecteur Giffard^ qui a été une
véritable révolution dans Talimentation des
chaudières à vapeur, ainsi que Toriginc
d'une faute d'applications reposant sur son
curieux principe d*entrnînement mécanique
et de succion.
M. Paul Giffard a pris, pour son compte
personnel, en dehors de la collaboration
fraternelle, une centaine de brevets tou-
chant aux applications des propriétés phy*
190
lOOIUfAL MBNBUKL Dl
siques des gaz, appareils frigorifiques à air
comprimé, télégraphe pneumatique, etc.
On lui doit aussi vers la fin de sa carrière
les armes à gaz liquéfiés, qui ne répondirent
pas aux espérances de leur auteur, tout en
constituant une application pratique inté-
ressante. En 1875, M. Paul GiSard a publié
un livre intitulé: Solution du froid induS'
l'acadbmii nationali. 101
triei, qui a contribué à faire connaître les
principes rationnels des méthodes frigorifi-
ques et leur vaste champ d^applications pra-
tiques. On peut donc dire que H. Paul Gif-
fard soutenait dignement la grande réputa-
tion industrielle de son nom de famille. Sa
mort est une perte réelle pour l'esprit de
progrès et d'invention.
BIBLIOGRAPHIE
ALBUM NATIONAL ET DICTIONNAIRE
DE L'INDUSTRIE
La maison Arnaud et Cie, 20 et 22, rue
Richer, à Paris, publie cette année un ou-
vrage très précieux et indispensable à tous
par les nombreux renseignements qu'il ren-
ferme.
Tiré en un format in-4*, avec riche cou-
verture en plusieurs couleurs ornée de mo-
tifs or et argent, l'Album national et dic^
tionnaire de Vindustrie est appelé à se
trouver entre les mains de toute |>ersonne
s*intéressant à notre industrie.
Chaque article contenu dans le diction*^
naire a été traité très au long par les spé-
cialistes, au double point de vue historique
et technique; et, tout en demeurant dans
le domaine de Texactitude, les auteurs se
sont surtout appliqués à se servir dans leur
travail de formules simples et précises, et
d'un langage scientifique à la portée de
tous.
Nous ne croyons pas être téméraires en
prédisant à cet ouvrage de longs jours et de
grands succès. D*un autre côté nous ne sau-
rions trop conseiller aux Industriels» Corn-
merçantsjngénieurs, Architectes, Ck>ainiis-
sionnaires, et à tous ceux en un mot, qui
s'intéressent à Vindustrie Française d*en-
voyerleur adhésion avant le 1" juin 1897,
époque de Tapparition du volume.
En présence des nombreuses souscrip-
tions déjà recueillies, MH. Arnaud et Cie
ont abaissé le prix de ce magnifique ouvrage
à Dix francs payables après sa réception.
Le Directeur-^Gérant^ Rédacteur en Chef^
EuoàNB THlfiRY.
♦>♦«♦-
eilRIIOMT (Olts). • IMPRIMBRII DAIS rRiCRBI, PLACK SAIKT-ANDRÉ, 3«
JOURNAL MENSUEL
DE
L'ACADÉMIE NATIONALE
iciuoiB, uimricriiittii et cohgicuie
ASTOR, LENOX anp
TILDEN FOUNOATinisiQ
AORtCULTURe. — La latte contre les maladies de la vigne, communication de M. J. de Sokolnlokl, k Cliù
tGiroBde). — CoDsîdératioDS sur la nécessité de régénérer l'agriculture, par M. Parandier, à Arbois (Jura). — La
^oduction des vins et cidres en 1896.
*WI«TRIB. — Le développement industriel de la Russie. — Machines à vapeur et matériel électrique de îa Maison
'»«••. * Saint-Ouen (Seine). — La traction mécanique des tramways: avantages du système des locomotives sans
foyer, de M. Léon Franoq. à Paris. — Caractères d'imprimerie en terre cuite pour impression d'affiches, de
■. Oteaumall, à Paris. — Catalogue de la Société des Invention» brevetées, dirigée par M. Krats-Bouaaaoi à
Paris. — Propulsion des navires au moyen de turbines à vapeur.
iXPOSrriONS et concours. - Exposition de Bruxelles.
VARIÉTÉS. — L'expédition de M. Andrée au Pôle Nord.
OOMMCRCK. — Le commerce extérieur de la France. — L'exportation des vins français.lTHE NEW YOR FT
AGRICULTURE
ASTOR, LENOX AMD
_I'LD£N FOUNDATtOKio
LA LUTTE CONTRE LES MALADIES
LAVIQNE.
DE
Communication de M. J. de SokolnickI)
à Clinchon, par Castillon (Gironde)
H n^y a plus à dénier aujourd'hui refiica-
cité des sels de cuivre à l'égard du mildew,
enneiDi bien plus perfide et plus redoutable
sous nos latitudes que le black-rot, mais ils
smt absolument insuffisants, pour ne pas
dire nuls, à Tégard de ce dernier ; et comme
les succès portés à leur actif sont, sauf
quelques cas encore indéterminés, presque
toujours en raison directe de la multiplicité
des traitements, il n*y faut voir qu'un eflet
d'enrobage plus ou moins complet, eifet
qae Ton obtiendrait toutaussi bien avec des
produits moins nocifs, pourvu qu'ils fussent
très adhérents, témoin les ceps qui bordent
les grandes routes, et que préserve le plus
souvent la simple poussière que leur porte
le vent.
Ce qui est plus grave, c'est que leur em-
ploi surabondant compromet à tel point
l'avenir des vins, qu'au bout de quatre à
cinq ans au maximum, ils sont pour la plu-
part absolument maigris et finis, comme on
dit dans le métier, heureux lorsqu'ils ne
tournent pas en bouteille, ce que nombre de
négociants n'ont, aujourd'hui, que trop sou-
vent à déplorer.
Nombreux doivent être les propriétaires
qui, comme moi, ont observé ce fait. Si
vous cherchez à engendrer l'acescence dans
un vin provenant d'une vigne fortement
sulfatée, le micoderma aceti semble s'y
développer d'abord vigoureusement, puis
s'étiole et meurt au bout de peu de temps,
ep ne vous abandonnant qu'un liquide à
peu près tourné au lieu de l'exf^ellent vinai-
gre de ménage que vous en attendiez.
Il ne suffit donc pas de se préoccuper
seulement de la préservation du fruit, mais
aussi du produit qui devra résulter de sa
fermentation. Or, du troisième au cinquième
jour, suivant la température, le cuivre ap-
195
JOURNAL MENSUEL DE lVcaLÉMIB NATIONALE.
196
porté à la cuve se combine tout d^abord
avec Tacide acétique naissant, pour lequel
il a une très grande affinité. Ce n'est que
plus tard qu'il se précipite dans les lies,
qu'il neutralise absolument; mais avant,
il a fait œuvre néfaste en anéantissant à
tout jamais les germes mystérieux qui con-
couraient à la conservation de oe moelleux,
de ce velouté qu'après plus de vingt ans
même l'on retrouvait encore dans nos vins.
J'ai le regret de classer dans cette même
catégorie, c'est-à-dire comme funestes à
l'avenir des vins, les sels de plomb, zinc,
nickel, oobalt, cadmium et lithium, bien
que ce dernier m'ait donné, sous forme de
sel double de lithium ei de magnésium
(dans de modestes expériences, il est vrai),
des résultats extrêmement remarquables,
mais qui, néanmoins, pour moi, ne consti-
tuent que do l'enrobage.
Les sels de strontium, qui sont moins no-
cifs, m ont donné également des résultats
très encoulrageants, mais, à mon avis, c'est
toujours de l'enrobage ; tandis que les sels
ou persels de fer exerceraient une action cu-
rativo, sans nuire en rien tant à la plante
qu'à Vavenir du vin. De plus (et c'est pré-
cieux)^ ils ont plutôt tendance à augmen*
ter le volume des grains, au lieu de les atro*
phier. Les sels de nickel, bien que non
vénéneux, provoquent de ti*ès violents vo-
missements. Il en est de même de ceux de
cobalt, qui, industriellement, renferment
toujours du nickel en très {rrande quantité.
Est-ce à dire que nous devions renoncer
(Fores et déjà aux sels de cuivre ? Certaine-
ment non, mais jusqu'à ce que la scienco
nous ait trouvé mieux, il importe d'en ré^
duire l'emploi au strict nécessaire et de com-
pléter les traitements avec des poudres neu<-
très (mémedessilicatesinsolublesau besoin),
pourvu qu'elles soient impalpables et adhé«
sives.
Et c'est en m'inspirant de ces considéra**
lions que j'ai été conduit à préparer celle
dont, tout à l'heure, je vais vous donner la
formule, et à laquelle je dois cette année
de si surprenants résultats.
J'avais à dessein choisi pour expérience
des treilles de Malaga, parce que chez moi.
comme un peu partout, je crois, c'est une
variété sur laquelle toutes les maladies font
rage. J'ai attendu, avant tout traitement,
qu*elles y soient nettement accusées ; c'est
par l'anthracnose qu'elles ont débuté, Suivie
de près par l'oïdium, le coniothyriuro, et
enfin leblack-rot. Alors seulement j'ai pou-
dré le matin, à la rosée, puis après le cou-
cher du soleil. La persistance des pluies
m'a imposé bien souvent l'obligation de
recommencer ; néanmoins, non seulement
les maladies ont cédé au traitement, mais
les grains fendus par l'oïdium, déformés
parTanthrachnose^so sout cautérisés et ont
atteint leur maturité sans flétrir^ ni pourrir.
Quant au black-rot, j'ai vu, sur la même
branche, deux grappes obsolumenl «a con-
tact: l'une avait la majorité de ses graios
mortellement atteints au moment du pou-
drage, l'autre paraissait indemne et s'y est
mainteuue jusqu'à maturité, 6*est-à-dire
jusqu'au moment où j'en ai fait l'expédition.
Poussant plus loin l'expérience, j'ai avec
un couteau-greffoir, et sur diverses grappes,
amputé un grand nombre de grains, enle-
vant aux uns le quart, aux autres le tiers de
leur volume, puis j'ai poudré ; non seule-
ment ces énormes plaiesse sont rapidement
cautérisées, mais les grains sont arrivés à
parfaite maturité sans se ramollir ni pour-
rir.
Voici la formule de la poudre qui ma
donné les faits que je viens d'énoncer, et
que bon nombre de personnes ont pu cons-
tater de visuj et qui en ont été sur prises et
s'y sont grandement intéressées :
FOBMULE
Plâtre aluné 20 kilos
Bisuinie de chaux 10 —
Ciment de Porlland 15 —
Chaux hydraulique. 35 •—
100 kilos
J'ai esss^yé de substituer 5 kilos de sulfate
de cuivre à autant de sulfate de fer ; le ré-
sultat n'a pas été appréciable. A vrai dire,
le mildew ne s'est pas montré chez moi
cette année.
Comparativement, et au même moment
(j'observe à nouveau que les maladies étaient
m
4QRlGIILTfmS.
190
nr les témoiM, au moment du traitement,
an même degré d'intensité qqesnr les treil-
Im traitées à ma poudre] J'ai traité trois té-
BMiaSflepremier avec soufre sublimé à 10
pour IQO enivre ; le second avec un mé*
laoge de partie égale de chaux hydraulique
Kda soufre sublimé ii ^ pour 100 (ils en
ont été littéralement couverts) ; enfin, j'ai
ploQlé les grappes du troisième dans la
Bouillie bordelaise h 5 pour 100 cuivre et 3
kiloi de chaux ; pas une grappe ne s'est
aoiée.
Cestdonc le fer qui constitue en quelque
iorte le principe actif de ma poudre. A mon
irii, le reste agit plutôt hygrométrique^
aantel mécaniquement, sauf le bisulfite
dedumx, dont, malgré le faible dosage, le
ràle semble très actif. Or, on sait que le
iarestun des puissants régénérateurs des
pilotes, et qu'on l'y retrouve dans un très
ptad nombre en quantité notable. Oq n>
gnorepas non plus que cest lui qui, sous
btme de sel double (tartrate de fer et de
potisse), produit ce rèche qui est la caracté*
riitique des vins de la Gironde, et particu-
lièrement du Bordelais ; malheureusement,
psr suite de remploi exagéré des sels de
cuivre, ce caohetde noblesse a dû céder la
phceè TamerUime, lorsque ce n'est pas
Il sapidité.
Je termine en disant également de se
Méfier de remploi tardif et exagéré de la
chiQi; car, outre qu'il suffit d'en introduire à
bmvede très petites quantités pour alanguir
biarmeotation,8on pouvoir décolorant croU
a raison de la durée de cette dernière.
Quelques propriétaires, ignorant ces faits,
Ht cette année, et presque au moment de
Il cueillette, couvert leurs raisins de chau3(
kfdrsuliquei dans l'espérance d'atténuer la
psarriture ; non seulement la iSermenla^
^ 9'a pu s'achever, mais la couleur était
avenue ocreuse.
U préparatioii de cette poudre sera faite
H triturant ensemble toutes les matières
<N 1^ composent, et en passant ensuite au
iiaiis de crins, afin qu'elle soit homogène et
ti^lpable, condition primordiale ; tous les
Uriaats d'engrais sont, du reste, outillés
C'est aussi, je le crois, un excellent prot
cédé que les fumigations. A mou avis, l'en-
fumage au moyen de foyers allumés de dis*
tance en distance ne conviept que pour 1^
formation de nuages contre la gelée ; tandis
que pour le cas qui nous occupe, il fai^drait
projeter la fumée sur les grappes au moyen
d'un enfumoir à soufflet, du genre de cpu^
employés k l'enfumage des ruches, mais
construit ac( hoc.
Il est certain que, seloq la composition
de la matière, Ton arriverait à combattre
en même temps loïdium, parce que la fu-*
mée réalise Tenrobage le plusi parfait; mais
sous prétexte d'obtenir des fumées lourdes
et épaisses, il faut bien se garder d*employer
des matières empyreumatiques, sous^ peine
de voir le vin en contracter le goût, que
rien absolument ne saurait lui enlever. C'est
ce qui résulte d'une de mes expériences.
CONSIDERATIONS
sur la
NÉCESSITÉ DE RÉGÉNÉRER
L'AGRICULTURE,
Brochure par
M. A. N. Parandier, Inspecteur général de
1^ classe des Ponis-et^Chaussées en rat
traite, commandeur de la Légiop d'hon-
neur, mem})re de la Société national^
d'agriculture de France, etc.
aux Tourillons par Arbois (Jura).
Notre excellent et vénérable collègue ai
pendant la plus grande partie de sa longue
carrière administrative, appartenu au corps
des ingénieurs hydrographes ; c'est donc
constater d'un mot, en même temps, sa
haute compétence toutes les fois qu'il traite
des questions si intéressantes pour l'agricul-
ture de l'aménagement des eaux, de leurs
distributions, des irrigations, du dessèche-
ment des marais, etc., et à ce point de vue
spécial — éternellement jeune, puiscju'il
ne iait que remettre en honneur et en
pleine lumière les travaux qui avaient
illustré les Romains sur la côte d'Afrique,
en Algérie et en Tunisie — nou$ sommes
heureux de constater la sûreté d'information
199 KKOttNÀL MBNSUeL *I*
la science très réelle qui distinguent en gé-
néral les travaux techniques de M. Paran-
dier.
Sa brochure est virtuellement divisée en
trois parties ; dans la première, il réclame,
mû certainement par les plus louables
intentions, la paix et la tranquillité publi-
ques ; c'est là, il nous semble, un terrain un
peu spécial sur lequel nous n*avons pas à le
suivre ici. Dans la seconde, il s'étend lon-
guement sur tout ce que Ton devrait faire
en France au point de vue de Thydraulique
agricole : bassins et réservoirs supérieurs
pour capter Feau^des rivières et des fleuves,
en régulariser le cours et éviter, autant que
possible, les inondations, services des irri-
gations, assainissement des étangs et des-
sèchement des marais, etc.
Nous le répétons, on ^ent là, sans jeu de
mot, que notre savant collègue est absolu-
ment dans son élément, et il donne au cours
de ces chapitres d'excellents conseils que
nos cultivateurs et la plupart des commu-
nes, surtout en pays accidentés, feraient
bien de mettre en pratique, toutes les fois
que la chose estrénlisable bien entendu, soit
matériellement, soit comme capitaux.
Et même nous pensons que, poursuivant
le développement logique de sa pensée, it
était impossible d'exposer la grosse ques-
tion de 1 assainissement des villes en meil*
leurs termes et d'une manière plus claire et
plus précise que ne le fait M. A. N. Paran^
dier dans les lignes suivantes, que nous
sommes heureux de reproduire ici :
a Les réservoirs sont aussi nécessaires
pour l'assainissement des villes lorsque
celles-ci auront construit des égouts avec
l'application du principe: toutù i'égout, on
y introduit les eaux nécessaires d'où elles
.sortent pour leur utilisation culturale qui
accroît le produit des terres sur lesquelles
on les répand ; il en existe un bel exemple
dans la plaine de Gennevilliers, près Paris ;
on a récemment inauguré à Parisunnouveah
canal d'utilisation des eaux de ses égouts;
il en existe d'autres en France, à Reims,
par exemple, où les eaux d'ëgouts qui em-
poisonnaient les rivières dans lesquelles oh
les laissait couler librement, servent au-
L'^UUDfSllfK TIATIONALC. 200
jourd'bui à la fertilisation dTun terrain de
530 hectares, où elles sont aménagées par
un collecteur de 6,643 mètres de longueur
qui fournit par 24 heures 40.000 m. c. d'eau
fertilisante; ce système est très employé
dans les pays étrangers. »
On ne saurait mieux dire et constater la
vérité en termes plus précis; M. Parandier
aurait même pu ajouter que ce système du
tout à I'égout, très répandu à l'étranger,
y fournit partout les meilleurs résultats, en
enrichissant et fertilisant les terres et en
assainissant les villes.
Si nous n'avions craint de trop éteùdre
cette courte note, nous eussions cité volon-
tiers aussi toute la partie qui a trait à l'as-
sainissement des étangs et au dessèchement
des marais. Notre collègue donne là une
série de conseils pratiques,ex/?ro/i?^50, que
l'état, les départements, les communes et
les particuliers dans les campagnes, feraient
bien de suivre immédiatement, chacun
dans la mesure des moyens qui lui incom-'
bent.
La fortune, la prospérité générale et Thy^
giène publique ne pourraient qu'y gagner
en France.
La troisième partie ou plutôt la troisième
idée principale de la brochure de M. Paran-
dier se rapporte plus particulièrement aux
projets d'organisation de sociétés par actions
en nature et actions en numéraire, ayant
pour but de fournir les capitaux nécessahres
à l'exploitation en grand de la terre, autre-
ment dit le rêve de l'auteur serait d'indus*
trialiserh culture.
Il y a là tout un plan fort ingénieuse-
ment conçu, onnesauniitle nier, et qui
témoigne des préoccupations généreuses et
de Tardent amour de son pays qui animent
notre vénérable collègue; mais cependant il
convient, en si grave occurrence,de ne point
se laisser aller à des enthousiasmes irréflé-
chis, pas plus qu'ù des espérances trop hâ-
tivement conçues. Il faut tenir compte de
la répugnance souvent ombrageuse des ca-
pitaux à s'engager dans de nouvelles affai-
res, il faut tenir compte aussi et surtout de
Pesprit routinier de nos paysans qui n'ad-
mettront jamais l'ombre d'une atteinte por-
1
AGRICULTURE.
202
téc à la plénitude de leurs droits de pro-
priétaires, modestes sans doute, mais enliè-
renient indépendants.
Ce sont là autant de gros problèmes que
Toc ne saurait résoudre au pied levé; néan-
moins, quelle que soi t Topinion de chacun de
nous sur ces questions éternellement jeunes,
puisque les diverses solutions qu^elles com-
portent sont si longues à trouver, il est
certain que M. A. N. Parandier, dans cette
brochure sur la nécessité de régénérer Va-
gricolture, aussi bien que dans toules les
notes qu'il a publiéessurTaciduction d'eaux
potables dans les communes ou sur tous
iQtres sujets similaires se rapportant à ses
ésndes spéciales et à ses travaux d'ingénieur
bîdrographe, a su mettre en lumière quan-
tité d idées pratiques que Ton aurait tout in-
térêt à réaliser promptement.
Aussi nous ne voulons pas terminer cette
DOtice sans dire encore une fois combien
ooos sommes heureux de constater la fé-
conde et jamais lasse activité de notre ex-
cellent collègue, Tun de nos doyens à coup
fur et presque l'un de nos fondateurs, puis-
qoc Y Académie nationale a Thonneur de le
compter parmi ses membres depuis 1833.
Voilà, certes, toute une vie de labeur in-
œssant et de travail jamais interrompu que
BOUS croyons de notre devoir de saluer au
lassage, à propos de la récente brochure de
lolre e::cellent collègue.
LA PRODUCTION DES VINS ET CIDRES
EN 1896.
On connaît maintenant les chiffres défini-
tifs de la récolte des vins et des cidres en
Il ressort deschiffres publiés, qu'au total,
ia superficie del'ensembledu vignoblefran-
çais est aujourd'hui de 1.728.493 hectares,
en diminution de 18.509 hectares sur ran-
gée 1895, lesarrachages ayant encore dépas-
sé les nouvelles plantations.
La production totale des vins s'étant éle-
«ceà 44.650.153 hectolitres, le rendement
Bïojen à rheclare, pour Tannée 1890, res-
sort à 2Ù hectolitres, soit une augmentation
•le 11 hectolitres par rapport à la quotité de
rendement moyen de 1895. En 1893, année
considérée comme très favorisée, le rende-
ment moyen à Thectare n'avait dépassé que
de 2 hectolitres celui de 1896.
La production des vins, Tannée dernière,
a été de beaucoup supérieure à la moyenne
des dix dernières années, qui est do
30.517.000 hectolitres. Le mouvement delà
production a été, depuis 1886, le suivant :
Années Hectolitres Annëes Hectolitres
1886..
1887..
1888..
1889..
1890..
1891..
25.063.000
24.333.000
30.102.000
23.824.000
27.416.000
30.140.000
1892. .
1893..
1894..
1895..
1896..
29.082.000
50.070.000
39.053.000
26.688.000
44.656.000
La récolte de Tannée dernière est donc,
après celle de 1893, la plus belle de ces dix
dernières années.
C'est THérault qui tient la tête âans le
tableau delà production des vins: 7.623.059
hectoUtres. Viennent ensuite : l'Aude^ avec
3.608 .058 hectolitres, la Gironde, 3.354.552 ;
les Pyrénées-Orientales, 2.03S.079 ; le Rhône,
1.967.722 ; le Gard, 1.718.547 ; la Saône-
et-Loire, 1.530.095 ; la Loire-Inférieure,
l million 300.000 ; le Puyrde-Dôme,
1.290.527 ; TYonne, 1.076.359.
A la récolte des vins vient s'ajouter la
fabrication : celles des vjns de raisins secs a
été de 888.010 hectolitres, contre 758.114
en 1895 ; celle des vins de sucre s'est élevée
il 1.423.521 hectolitres, au lieu de 1.425.960
en 1895.
En outre, 7. 378. 76i hectolitres de vins
ont été importés en France pendant les dix
premiers mois de 1893. Les vins d'Espagne
figurent dans ce chiffre pour 4.030.031 hec-
tolitres ; les vins d'Italie pour 9.923 ; les
vins lie Portugal pour 160 ; les vins d'Algé-
rie pour 2.389.517 et les vins de Tunisie
pour 79.013 hectolitres.
£n ce qui concerne l'Algérie, les chiffres
déûnitirs de la récolte s'élèvent à 4.346. c32
hoctolilros pour une superficie de 118.118
hectares, savoir : département d'Alger,
42.887 hectares et 2.076.756 hectolitres ;
Oran, 55.769 et 1.532.204 ; Constanline,
19.462 et 737,572.
10
203
JOURNAL MENSUEL DE
Enfin, voici les résultats de la production
des cidres :
La récoUedes cidres s'est élevée, en 18^)0,
à 8.074.392 hectolitres ; ellea étéinrérieurc
de 17.512. 122 hectolitres à la production do
1895 et de 6.271.456 hectolitres à colle des
dix années antérieures.
L*ACADiMlE NATIONALE. 204
Alors qu'en 1805 trois déparlements (Man-
che, Calvados, Ille-el-Vilaine), avaient pro-
duit plus d'un million, les seulsdépartements
où la production, en 1806, ait dépassé 1 mil-
lion d'hectolitres, sont : rille-et-Vilaine,
1 million 138. 103 hectolitres ; la Seine-Infé-
rieure, 1.121.744 ; l'Eure, 1.057.120.
INDUSTRIE
LE DÉVELOPPEMENT INDUSTRIEL
DE LA RUSSIE
Il n'a pas été donné ù tout le monde d'al-
ler à Nijni-Novgorod pendant l'Exposition ;
mais tout le monde peut lire la très ins-
tructive étude que M. Maurice Verslraete,
consul de France à Moscou, vient de publier
sur cette Exposition, ou plutôt à propos de
l'Exposition de Nijni-Novgorod. L'étude de
M. Verstraete n'est pas, en effet, une œuvre
de circonstance : c'est le fruit de patientes
investigations entreprises sur place, depuis
plusieurs années, par un observateur qui
connaît bien le sujet dont il parle et qui
sait présenter les faits avec ordre et mé-
thode.
Le développement industriel do la Russie
est sans contredit un des phénomènes les
plus intéressants de la fin de ce siècle. En-
tré tard dans l'arène économique, l'empire
des tsars y a fait de brillantes étapes. Nous
n'avons pas laprétentionde passer en revue,
même sommairement, les progrès réalisés
depuis moins de quinze ans par l'industrie
russe. Il nous suffira de citer quelques chif-
fres qui ne manquent pas d'éloquence. En
1880, la Russie ne produisait que 201 mil-
lions de pouds (le poud — lo kilogr.SSO) de
houille ; en 1894, l'extraction a dépassé 528
millions. De 28 millions de pouds la fabri-
cation de la fonte a passé à 82 millions, celle
du fer a passé de 17 millions à 30 millions
et celle de l'acier de 18 à 41 millions de pouds,
en 1880, la production de l'or était de 2,0 11
pouds ; en 1894, elle a été de 2,759 ; le pla-
tine s'est élevé de 160 pouds à 310 pouds.
Mais c'est surtout dans les objets fabriqués
que s'affirme l'extraordinaire développe-
ment industriel de la Russie. En 1850, l'in-
dustrie cotoonière était absolument dans
l'enfance ; aujourd'hui, elle est une des plus
puissantes d'Europe. Sa consommation ac-
tuelle s'élève à 12 millions de pouds ; son
outillage comprend 4,500,000 broches et
plus de 100,000 métiers ; sa production est
évaluée à 350 millions de roubles. La fila-
ture Vikoul-Marosof occupe en permanence
11,500 ouvriers, — sans compter les périodes
d'activité exceptionnelle; — la Société de
Tver emploie 0,000 ouvriers ;à Moscou, à
l'usine Zûndel, l'effectif des ouvriers dépasse
2,300, etc. El ces gigantesques usines s'ac-
croissent constamment, parce qu'elles ne
peuvent pas suffire aux besoins pressants
delà consommation. Quelque perfectionnés
que soient les procédés de fabrication, la
filature reste au-dessous des demandes du
tissage. Et tout fait prévoir que le mouve-
ment ira en s'accentuant, la Russie ayant
l'avanlagede trouver sur sou sol une parie
d3 la matière première dont elle a besoin,
grâce au Turkcslan qui prend rapidement
place parmi les principaux pays producteurs
de colon .
L'industrie de la laine n'a pas suivi la
même progression. Néanmoins, on estime à
125 millions de roubles par an la valeur de
la production ; l'outillage comprend 580.000
broches et 35.000 métiers. Mais c'est sur-
tout l'industrie de la soierie qui a pris un
développement considérable. La fabrication
des tissus de soie et de brocart est de date
très aticicnne en Russie, mais celle inrius-
2C'n
INDUSTRIE.
206
trie très restreinle n'est devenue une grande
industrie que depuis quelques années à
peine. En 1880, la production russe en
soieries n'était que de 9 millions de roubles ;
en 1S95, elle dépassait 30 millions et on est
fondé à croire que les résultats de Tannée
1896 seront supérieurs. C'est à Moscou
même quo des Lyonnais ont établi la fabri-
cation mécanique des soieries. Certaines
maisons ont pris un développement inouï :
ainsi aujourd'hui, l'usine Giraud, fondée en
1875, est devenue la manufacture de soie-
ries la plus importante qu'il y ait en Eu-
rope et peut-être dans le monde. Elle dis-
pose de 2,000 métiers mécaniques et de 80
métiers à la main. Le personnel se compose
(le 15 contremaîtres et chefs d'ateliers, tous
Français, et de 2,200 ouvriers logés et nour-
ris à l'usine suivant la coutume russe.
Nous pourrions multiplier ces exemples
et montrer que dans toutes les branches de
[industrie la production de la Russie est en
plein développement; mais nous avons hâte
d'abordi^r une question plus intéressante.
Quel profit la France a-t-elle retiré de ce
développement industriel auquel elle a si
puissamnaent contribué par son c«)ncours
financier donné aux nombreux emprunts
rosses? Sur ce point, la réponse est mal-
heureusement facile à faire. La Russie s'est
outillée sans avoir recours à nos industriels,
et DOS produits fabriqués continuent de se
heurter aux barrières que la politique pro-
bibittonniste a dressées à rentrée des fron-
tières russes. Nous vivons sous le régime
des taxes exorbitantes inscrites dans le ta-
rif russe de 1891. Sans doute une conven-
tion est intervenue en 1893 entre la France
et la Russie, mais elle n'a porté que sur une
insignifiante détaxe de 10 ^jo sur les vins.
Quant au traité de commerce conclu Tan-
née suivante, en 1894, entre la Russie et
rAllemagne, il ne porte guère que sur les
produits que nous n'importons pas, tels que
le fer, la fonte, le coke. Il en résulte que
la fameuse clause delà nation la plus favo-
risée est à peu près pour nous lettre morte.
Cependant la Russie n'a pas complètement
atteint le but qu'elle visait en édictant
une politique ultra^protectionniste. Elle
n'avait pas dissimulé qu'elle tendait avant
tout à se passer de l'Europe au point de vue
industriel, et les industriels russes, réunis
en Congrès à Nijni-Novgorod, se sont van-
tés d'être arrivés à ce résultat. Cette espé-
rance est au moins prématurée. La Russie
ne se suffit pas encore à elle-même, comme
le prouvent les statistiques douanières. En
1891, la Russie importait pour 380 millions
de roubles; en 1893, nous constatons un
chiffre de 463 millions et le total s'élève à
571 millions en 1891.
Malheureusement les marchandises fran-»
çaises ne figu ren l sur les relevés douaniers q ue
pour des chiffres dérisoires : ainsi, en 1894^
TAllemagne a envoyé en Russie pour 20 mil-
lions de roubles de machines à vapeur ou
parties de machine, l'Angleterre en a expé-
dié pour 17 millions 1/2, et c'est à peine si
notre importation atteint 820,519 roubles !
L'Allemagne vend à la Russie pour 11 mil-"
lions de roubles de produits chimiques et
TAngleterre pour plus de 6 millions, tandis
que la part de la France dans cette impor-»
tation atteint au maximum 1 million. Il
n'est pas jusqu'è nos vins qui ne soient
menacés par la concurrence indigène. A
TExposition de Nijni, les vignobles russes
étaient représentés par plus de 100 expo*
sants.
M. Maurice Verstraete attribue la défa-
veur qui frappe les objets français,en Russie,
à la méthode défectueuse de nos commer-
çantsquine voyagent pas assez et ne savent
pas faire manœuvrer leurs commis-voya-
geurs, tandis que les Allemands excellent
dans cette stratégie. Il est possible, il est
même certain que nos industriels et nos
commerçants pourraient être plus experts
pour écouler leurs produits. Mais il faut
bien reconnaître aussi, à leur décharge,
que les efforts qu'ils ont faits jusqu'à
présent n'ont pas été très encourageants :
ainsi, à Nijni-Novgorod même, nous pour
rions citer tels groupes de négociantt
français qui s'étaient formés en Syn-
dicat pour la vente des produits exposés.
Nos compatriotes n'ont économisé ni leur
temps ni leur peine ; mais ils en ont élé
pour leurs sacrifices, et ces sacrifices ont clé
207 JOURNAL MENSUEL DE
très lourds. Evidemment on aurait mau-
vaise gi-âce, dans cette circonstance, d'ac-
cuser nos industriels d'apathie : ce n'est
pas leur faute si lesacheleurs russes donnent
la préférence aux Allemands. Leur échec
tient à d'autres causes. 11 ne serait pas sans
intérêt de rechercher ces causes ; mais le
sujet nous entraînerait trop loin.
Gkorges Michel.
{Journal des Débats.)
• f MACHINES A VAPEUR
ET MATÉRIEL ÉLECTRIQUE
de la maison Farcot,
à Saint-Ouen (Seine).
Les constructions mécaniques de la mai-
son Farcot, de Sainl-Ouen (Seine), ont acquis
depuis près d'un demi-siècle une renommée
qui s'est véritablement étendue à l'univers
entier. La fondation de la maison remonte
d'ailleurs à Tannée 1823, et, dès l'Exposi-
tion universelle de Paris, en 1855, les grands
succès et les plus hautes récompenses sont
venus consacrer la réputation de cette mai-
son, à la suite de tous les concours auxquels
elle a pris part.
La plus grosse branche d'affaires des éta-
blissements Farcot, estcertainement consti-
tuée, à rheure actuelle, par les fournitures
aux services de Tartillerie et delà marine de
différents États, ainsi qu'aux grandes entre-
prises d intérêt public.
Mais la maison pourvoitaussi aux besoins
des entreprises privées, lorsque ces besoins
sont d'une réelle importance. C'est ainsi
qu'elle a réalisé Tinslallation complète du
matériel mécanique et électrique de Tusine
possédée à Levallois (Seine), parla Compa-
gnie d'éclairage électrique du secteur des
Champs-Elysées.
Au sujet de celte installation, nous avons
trouvé dans la Revue technique des détails
intéressants concernant les avantages et les
mérites des appareils construits et installés
par la maison Farcot, et nous avons jugé à
propos de reproduire une grande partie des
explications ainsi publiées, afin de faire
essortir une fois de plus dans notre Jour-
lVcadAmie nationale. ^8
nal, qui a eu à s'occuper des travaux de
M. Joseph Farcot depuis 1»5T, la haute
valeur des conceptions et constructions mé-
caniques des établissements de Saint-Ouen.
La Compagnie d'Eclairage électrique du
secteur des Champs-Elysées, à Paris, possède
sur les bords de la Seine, quai Micbelet,
' à Levallois, entre le pont de la Jatte etcelui
d'Asnières^une usine dont l'emplacement est
particulièrement bien choisi : le charbon
lui arrive, en effet, directement par bateaux,
dans des conditions économiques très favo-
rables, puisque les transbordements et en-
trées sont évités. L'eau d'alimentation des
chaudières et celle de condensation sont à
sa portée immédiate, et elle a l'avantage de
n'être même pas à deux kilomètres de Paris,
tout en échappant ainsi aux réclamations
des voisins pour trépidations, fumées et au-
tres inconvénients de ville inhérents aux
usines intra-muros.
C'est en 1892 que fut créée et mise en
marche cette usine. Depuis le début de son
installation, le réseau a vu chaque jour le
nombre de ses abonnés croître, et cela à un
tel point; qu aujourd'hui il compte cent dix
mille lampes.
H convient, en outre, d'ajouter que ces
lampes sont réparties chez une clientèle
toute spéciale, qui est composée, en effet,
presque exclusivement par des quartiers
riches et compte beaucoup d'hôtels particu-
liers inhabités pendant les beaux mois de
Tannée.
Dans ces hôtels, la consommation ordi*
naire du courant est faible, mais en revan-
che, les jours de réception et de soirée, elle
est très élevée.
L'électricité est produite à l'aide de mo-
teurs à vapeur actionnant directement des
volants qui portent extérieurement à leur
jante des bobines dont l'enâemble forme
l'inducteur de la dynamo, l'induit est fixe
et repose sur le sol. Le courant est alter-
natif.
Jusqu'au commencement de l'année der-
nière, la production d'électricité nécessaire
au réseau était assurée par trois grouper
éleclrogènes A, B, C ; l'un deux constituait
le matériel de réserve. Chaque dynamo était
200
INDUSTRIE.
210
d'one puissance de 400 kilowatts apparents ;
deux groupes fonctionnaient jour et nuit,
sauf deux arrêts de deux heures par semai-
ne, et le troisième servait soit de rechange,
soit de secours aux heures de la journée où
la consommation des abonnés devient plus
considérable.
Une semblable marche surmenait les uni-
tés en jeu, et si la constitution robuste des
flLotenrs à vapeur leur permettait de résis-
ter à un tel travail sans que leurs divers or-
ganes en eussent ù souffrir, il n*en était pas
de même du matériel électrique, beaucoup
plus fragile. Aussi, pour remédier à cet état
de choses, la Compagnie d'éclairage électri-
que du Secteur des Champs-Elysées prit-
elle la résolution dinstaller un nouvel en-
semble électrogène, accroissant ainsi la ca-
pacité de Tusine, en déchargeant les ancien-
nes unités.
Les machines à vapeur déjà installées
étaient .sorties des ateliers de la maison
Farcot, à Saint-Ouen (Seine), et avait don-
Bé toute satisfaction ; le nouveau moteur
loi fut donc confié. De plus, comme depuis
plo^iears années cette Maison a ajouté à sa
construction habituelle de machines, chau-
dières, pompes, etc., celle du matériel élec-
trique, elle fut chargée d'établir le nouvel
alternateur, suivant les procédés Hutin Le-
blanc, dont elle s'est rendue acquéreur.
Cest ce nouveau groupe électrogène, sorti
complètement des ateliers de Saint-Ouen,
qoe nous allons examiner dans ses divers
détails.
Moteur. — Le moteur est mono-cylindri-
que à quatre tiroirs du type Corliss. systè-
me Farcot, à condensation ; le diamètre du
cjlindre est de 827 millimètres, et la course
da piston de 1.400 millimètres. Le volant
toarne à raison de 60 tours par minute.
L'installation de ce moteur porte à cinq
le nombre de ceux installés dans l'usine du
secteur ; deux machines à vapeur du même
système et de mêmes dimensions que la nou-
velle unité, commandent respectivement
on alternateur ; deux autres moteurs sem-
bibles, mais de 650 millimètres de diamè-
tre de cylindre et de i"*30 de course de
piston ; conjugués sur le même arbre de vo-
lant, actionnaient un troisième alternateur
qui vient lui-même d'être remplacé par un
alternateur Hutin-Leblanc-Farcot, identi-4
que à celui que nous décrirons plus loin.
Ces machines sont d'un type unique et^
comme toutes celles qui sortent de ces ate-
liers, leur construction générale est particu-*
lièrement soignée en vue de la parfaite se-*
curité d'un bon fonctionnement industriel
ininterrompu ; aucun organe,si minime qu'il
soit et quelque peu important qu'il paraisse,
n'est négligé, même dans ses détails ; c'est
ce qui a permis à ces moteurs de si bien se
comporter depuis leur mise en marche, alors
que leservice imposé était si pénible.
En dehors de la qualité exceptionnelle de
leurs matières premières et de la précision
d'ajustage des divers organes, il est bon
de remarquer que toute chance de rup-
ture, due aux dilatations inégales,est évitée
par la précaution qu'ont eue les construc*
teurs de rapporter la chemise intérieure du
cylindre au lieu de la faire venir de fonte
avec le cylindre proprement dit.
Dans ce même but, le cylindre est relié
d'une façon toute spéciale au bâti; il est
ceintré et relié avec ce dernier, qui, lui, est
fixé très solidement au massif de maçonne-
rie à l'aide du palier de bâti et de ses bou-
lons, tandis que le cylindre ne fait que re-
poser sur un support ou tabouret fixe qui
lui permet de se déplacer longitudinalemcnt
sous les efforts des dilatations.
Les paliers sont à graissage automatique,
des anneaux de grand diamètre baignent
dans l'huile et entourent l'arbre ; la rota-
tion de ce dernier les entraine et en même
temps l'huile, qui est ainsi élevée pour re-
tomber sur les surfaces en frottement, assure
leur lavage complet et très abondant, ce
qui garantit l'impossibilité de tout échauF-
femcnt.
I^s coussinets du palier principal sont en
fonte, à grande masse, et garnis d'antifric-
tion phosphorique spécial ; il sont disposés
de telle sorte que leur surface est complè-
tement utilisée, les coussinets latéraux
pouvant oscillier ; cet avantage est capital.
Les articulations principales, manetons,
311
JOUaNAL MENSUEL J» L ACADEMIE NATIONALE.
212
a>es de inouveraent de distribution, arbres
des tiroirs, etc., ne sont pas simplement en
acier qui, quelle que soit sa qualité, a Tiu-
convénient.tout en étant dur, d'être cassant,
mais bien on fer de première qualité, cémen-
té, trempé et ensuite rectifié h la meule à
éraeri, ce qui le rend bien supérieur à Ta-
cier pour ce genre d'organes et permet d*ob.
tenir des pièces ajustées avec une précision
remarquable et d'une durée assurée.
Un graissage bien compris s'ajoute aux
précautions de construction indiquées plus
haut et permet d'assurer des marches inin-
terrompues, sans usures anormales ou au-
tres incidents. Toutes les parties frottantes
du cylindre à vapeur sont lubrifiées à Vaide
d'un unique graisseur h pompe sur le piston
duquel agit la pression de la vapeur pour
envoyer aux points intéressés l'huile néces-
saire à Taide de divers tuyaux appliqués sur
le cylindre ; chacun est terminé par un
bouton permettant de régler le débit de
rhuile d'autant plus facilement que cette
dernière traverse des tut)esde verre à comp-
te-gouttes, où la rapidité de Técoule nent
peut se vérifier.
Le graissage des coulisseaux d(3 la crosse
de piston est assuré par des graisseurs à la
graisse ordinaire et celui de la tète de bielle
par de Thuile distribuée à laide de Iccheurs ;
celui du maneton est obtenu à l'aide d'un
dispositif spécial.
Le mode de distribution du moteur est
dérivé du système Corliss, mais il a été mo-
difié et amélioré à la suite de longues et
patientes recherches du service des études
de la maison Farcot .
Nous ne pouvons, sans le secours du des-
sin, entrer dans le détail de ce mécanisme
de distribution qui est forcément un peu
compliqué, mais nous pouvons en indiquer
sommairement les mérites.
Un des principaux avantages de celte dis-
tribution résulte de ce que l'organe de
déclanchement qui agit pour les grandes
introductions ne fonctionne pas constam-
ment, de sorte que dans la marche ordinaire
et habituelle, cet organe se transporte libre-
ment dans l'espace sans subir ni produire
aucun frottement sur la bosse et sur le flanc
de la came correspondante.
Un autre avantage résulte de ce fait que
les efforts perturbateurs transmis sur le pen-
dule par le déclic sontréduitsaa minimum,
les bosses des cames étant constituées à très
faible pente, de façon à. neutraliser, au
moins en grande partie, ces efforts par le
simple frottement des cames autour du sup-
port sur lequel elles jouent.
Dans tous les systèmes de machines
sans exception, les emportements sont à
craindre. Il suffit en effet que, par suite d'an
incident quelconque, le régulateur tombe
au bas de sa course ; il n'agit plus alors sur
les organes de la distribution, l'admission
de vapeur n'est plus régulière, et l'allure
de la machine augmente de plus en plus :
au bout de très peu d'instants, les ruptures
de volants ou de grosses pièces de trans-
mission de mouvement surviennent avec
tous les accidents qu'elles entraînent.
La maison Farcot a pris les précautions
nécessaires pour mettre son moteur à l'abri
de cet accident; en. effet, une disposition
spéciale des cames empoche tout emporte-
ment de la machine en cas d'accident au
régulateur.
Si ce dernier s'arrête et tombe au bas de
sa course, les cames agissent, suppriment
l'introduction de vapeur, et la machine,
au lieu de s'emporter, s^arréte et prévient
ainsi son conducteur que quelque chose
d'anormal est arrivé.
Il ne suffit pas pour rendre un moteur
très économique de le doter d'une distribu-
tion irréprochable, il faut encore compléter
l'action de celle-ci en éliminant une à une
les causes secondaires qui peuvent contri-
buer à la dépense de vapeur.
En première ligne, ce sont les espaces
nuisibles qui grossissent les chiffres de con-
sommation. Ils existent dans toutes les ma-
chines et dans les meilleures occupent en-
core 2 à 3 pour 100 du volume du cylindre.
On ne peutévidemment songer à les suppri-
mer, puisque leur existence est intimement
liée à celle du piston et des tiroirs, ainsi
qu'à leur fonctionnement. Il faut en consé-
quence chercher à les réduire à leur mini-
Î13
INDUSTniB.
214
mum ; et le cylindre Farcot, dont les espa-
ces nuisibles occupent à peine 1 pour 100
de son Yolume total, est sans aucun doute
la meilleure solution de ce problème difU-
cile.
Uu second élément qui joue un rôle im-
portant dans la réduction deconsommation
de Tapeur est lo mode de réchauffement de
cette dernière.
Les constructeurs, pour Tobienir avec son
maximumd'inlensité, onteusoin, dans leur
cDochine, non seulement de créer autour du
cylindre une enveloppe de vapeur, mais
eocore de prendre les dispositions néces-
saires pour que, constamment et énergique-
meot, ce fluide soit renouvelé. Dans ce but,
lis ont employé au réchauffement du cylin-
dre la Tapeur même du travail, lui faisant
parcourir Tenveloppeavant de pénétrer dans
les fond$ où sont placés les tiroirs de dis-
iribotîoo.
Les dépôts de buée empêchant leréchauf-
fement, si inévitables quand la vapeur sta-
tionne, sont donc écartés d'une façon cer-
taioe, et cela d'autant mieux que pour com-
pléter l'action de l'enveloppe, une pompe
ée purge spéciale lassèche constamment et
fait disparaître toute trace d'humidité.
D'autres causes viennent souvent s'ajou-
ter aux précédentes pour élever les chiffres
de consommation de vapeur des machines.
Elles ont été soigneusement éliminées dans
celle-ci.
O'est ainsi que les tiroirs d'admission et
d'échappement sont absolument indépen-
dants les uns des autres, en vue d'éviter
les condensations produites par le passage
successif de la vapeur de travail et de celle
d'échappement dans une même conduite.
La forme des tiroirs et leur mouvement
ont été déterminés avec soin ; ils sont cir-
culaires et animés d'unevitesse de rotation
très grande qui en permet louverture et la
fermeture rapide et évite le laminage de la
vapeur, si pernicieux lui aussi.
Nous compléterons l'étude rapide de ce
moteur en ajoutantquesa régularité de mar-
che est absolue, tout en assurant la plus
grande élasticité possible de puissance^ ce
qui est capital dans une exploitation de
secteur d'éclairage électrique. Le nombre
de chevaux effectifs obtenus à l'introduc*
tion de I/IO peut, en effet, être doublé sans
que coUc-ci dépasse 3/10 do la course du
piston. Ces variations de puissance sont
d'ailleurs obtenues sans que les chiffres
minimum de consommation soient de beau*
coup surélevés.
Alternateur. — La dynamo-volant est
un alternateur étudié et construit par la
maison Farcot, suivant les brevets de MM.
Hutin et Leblanc, dont elle est concession-
naire.
Ce dynamo, du type dit à circuits amor-
tisseurs, peut donner une puissance nor-
male de 600 kilowatts sous 3.000 volts sur
résistances non inductives, soit 400 kilo-
watts avec un facteur de puissance (rap-
port entre la puissance vraie mesurée
au wattmètre et la puissance apparente,
produit des ampères par les volts) de
0,8, la fréquence adoptée étant de quaran-
te périodes ou oscillations complètes du
courant par seconde, l'inducteur à 80 pôles.
En voici la description succincte :
Inducteur. — L'inducteur constitue la
partie mobile et sert en même temps de
volant à la machine. Il comporte 80 pôles
retenus sur le volant, d'un côté à l'aide
d'une couronne veaue de fondeiûe, avec le
volant de Tautrepar 20 segnienis mobiles
fixés eux-mêmes sur le volant.
Chaque pôle est forme? d'une pile de
tôles de 2 millimètres d'épaisseur, sur
laquelle est enroulée une bobine inductrice
formée de fils de 13"»"4 carrés de section.
Les80 bobines ainsi obtenues constituent
l'enroulement inducteur proprement dit et
sont disposées en quatre séries en parallèle,
aboutissante des bagues de prise de cou-
rant.
Outre cet enroulement, les pôles induc-
teurs sont également munis de circuits fer-
mes sur eux-mêmes, dits circuits amortis-
seurs, et formés de 6 boulons en cuivre de
530 millimètres carrés de section, réunis
entre eux par des atîgments en cuivre.
Le diamètre extérieur de cet inducteur
est de 5"*970. Une excitatrice Farcol de
215
JOURNAL MENSUEL PB L' ACADÉMIE NATIONALE.
40,000 watts, actionnée par le moteur lui-
même à Taide d'une courroie, fournit le
courant d'excitation ; elle est d'ailleurs sus-
ceptible d'alimenter plusieurs alternateurs
en même temps.
Induit. — L'induit comprend 80 bobines
montées en deux circuits en parallèle et
enroulées à plat dans des encoches ména-
gées à cet effet. Ces bobines sont disposées
deux par deux sur un paquet de tôles de
l'induit. Chacun de ces paquets est fixé aux
voussoirsen fonte d'une façon analogue à
celle employée pour fixer les bobines induc-
trices sur le volant.
L'isolation des bobines est faite à la mé-
canique et les paquets de l'induit sont isolés
de la masse par des cylindres en ébonite, et
entre eux à Taide de plaques également en
ébonite et de 2 à 3 millimètres d'épaisseur.
Le diamètre extérieur de l'induit est de
Comme nous avons eu l'occasion de le
dire plus haut, un second alternateur de la
même construction a été récemment ins-
tallé à la même usine. Des essais de couplage
en parallèle ont été faits avec les deux unités
Farcot, ils ont pleinement réussi ; les essais
de rendement n'ont pas été moins satisfai-
sants, et l'ensemble des opérations a permis
de constater un rendement de 92 pour 100
pour chacune des unités.
Générateurs. — La vapeur nécessaire à
la consommation des machines est fournie
par une batterie de 7 générateurs du type
Galloway de 100 mètres carrés de surface
de chauffe. Les gaz provenant de la combus-
tion de la houille traversent, avant de se
rendre dans la cheminée, haute de 40 mètres,
un économiseur Green de 340 tubes qui per-
met de réchauffer l'eau d'alimentation à
près de 100 degrés.
Cette eau est puisée dans la Seine même,
par des pompes centrifuges Farcot qui l'as*
pirent à l'aide d'une luyauteriede 70 mètres
de longueur et la déversent dans un vaste
réservoir, où elle est épurée avant d'être
envoyée aux générateurs.
Il ressort de tous ces détails que les ins-
tallations ainsi réalisées par la maison Far-
cot forment un ensemble des mieax cu>
pris, digne en tous points de la grande I^
nommée industrielle de cette niaison.
LA TRACTION MÉCANIQUE DES
TRAMWAYS :
Avantages du syatème des locomotives sa»
foyer
de M. Léon Francq, à Paris.
Il est bien certain que Tapplication •£
l'électricité ù. la traction mécanique à^
tramways a constamment donné de bo:
résultats, tant au point de vue de Técoifi^
mie d'exploitation par rapport aux dépen-
ses que nécessite la traction aninxale,qau
point de vue de la grande amélioration dts
moyens de transport mis à la dispositioa
du public.
Les différents systèmes de traction élêC'
trique par accumulateurs, par trolley av»
fil aérien, par trolley avec fil en canive»
souterrain, ou pfiv plots ou rail central ave
mise en circuit intermittente des seaie
parties de la voie couvertes par les voiture,
ont généralement fourni une solution ao^l
élégante que commode du problème de j
traction mécanique des tramways.
Ajoutons que la traction électrique, sacf
peut-être dans le cas de l'emploi des acci^
mulateurs, s'est généralement montrée plu^
économique que la traction par Valr com^
primé. Mais, il serait néanmoins téméraire
de conclure que la traction électrique Teci
porte en avantages, à l'heure actuelle, su'
tous les autres systèmes de traction mécv
nique. Cette conclusion a cependant èi
formulée avecassurance par plusieurs él^
triciens dans des rapports scientifiques li-
vrés à la publicité.
A titre de protestation et pour fixer coro^
plètementles éléments de la question, no*
tre Sociétaire, M. Léon Francq, l'ingénieur
bien connu qui a introduit en France 1«
système des locomotives sans foyer el qui
l'a si notablement perfectionné, a adresse J
la Société internationale des électriciens è
Paris, une importante communication sur
l'opportunité d'étendre partout l'applica^
217
INDUSTtllB.
218
tioii de la traction mécanique des tram-
ways prëtërablement à la traction aniraale.
Après avoir démontré tous les avantages
de ce mode de traction (resté si longtemps
dans l'enfance, à Paris tout particulière-
meot) ; après avoir passé longuement en
revue toutes les particularités, tant écono-
miques que techniques, des divers systèmes
de moteurs employés, des formes des voi-
tures, de leurs genres d'attelage, etc., sans
se livrer aux moindres considérations de
parti pris en faveur ou en défaveur de tel
ou tel système (électricité, air comprimé,
eao chaude ou vapeur, pétrole), M. Francq
fait connaître les résultats obtenus par
l'application de ses machines à eau chaude,
ou à vapeur sans feu, sur quelques lignes.
Dans le but d'intéresser nos lecteurs, et
de les renseigner avec toute l'exactitude
désirable, nous nous bornerons à reproduire
in extenso le fragment qui suit, du rapport
de N. Léon Francq, que nous empruntons
au Bulletin de la Société internationale des
électriciens de mars 1897 :
)Ccs résultats comprendront à la t'ois
les frais de traction, les frais totaux d'ex*
ploitation par kilomètre-train et par kilo-
mètre-voiture, le coelticient d'exploitation.
Ils s'appuient sur des documents qui ne
laissent place au moindre doute.
> Les frais de traction comprennent : le
combustible, les huiles et graisses, l'eau, le
ttbie, les chiffons et matières diverses, les
pièces de rechange, d'entretien et de renou-
vellement du matériel ; l'éclairage du dépôt
^ des machines, le chef de dépôt, les ma-
chinistes, les chauffeurs, les chargeurs, les
manœuvres, les ouvriers et le chef d'ate-
lier Jes redevances d'invention, les avaries
accidentelles, les assurances, les primes et
gratifications (1).
»En dehors des frais de traction, les dé-
penses d'exploitation comprennent : les dé-
(t) En généraL les frais de traction méca-
nique se subdivisent, savoir : un tiers environ
pour le combustible, graissage et matières di-
verses ; un tiers pour le personnel de conduite
«Ide surveillance et d'entretien ; un tiers
Poor le renouvellement du matériel.
penses générales (administration, direction,
comptabilité, imprimés, tickets, fournitures,
impôts, assurances, contrôle, téléphonie,
affichage, publicité, loyers, etc.) ; les dépen-
ses du trafic (contrôleur, chefs de station,
conducteurs, etc.) ; les dépenses du maté-
riel roulant voitures (éclairage, graissage,
nettoyage, entretien et réparations) ; les dé<-
penscs de la voie (garde, surveillance, net-
toyage, entretien, enlèvement des neiges»
arrosages, etc.).
» Ligne de Rueil à Marly. — Longueur
de la ligne 9250 m. dont 7300 m. environ
presque en palier, avec des rampes acci-
dentelles et de peu d'étendue ; le reste en
déclivité variant jusqu'à 59/1000'. Total des
montées 93 m. Deux voitures au train sur la
forte rampe; quatre à six voitures sur l'autre
partie. Service ininterrompu depuis 1877
jusqu'en 1890, malgré le rigoureux hiver de
1879-1880 ( — 24'» C. ). Départ d'heure en
heure seulement.
» L'exercice 1889 a produit une recette
brute totale de 163,205 fr., pour une dé-
pense de 109,980 fr. Le nombre de kilo-
mètres-trains a été de 124,619, les kilomè-
tres-voilures se sont élevés à 462,366.
» La dépense totale d'exploitation par
kilomètre- train a été de 0 fr. 8825, et par ki-
lomètre-voiture de 0 fr.2373.
» La traction a coulé 0 fr. 41 par kilomè»
tre-train (2), etO fr. 11 par kilomètre-voi-
ture.
)> Le coefficient d'exploitation étaitdonc de
66%.
« Quant à la consommation de charbon,
elle était de 5 kg. environ, malgré la condi-
tion défavorable d'un seul chargement par
heure.
» Ligne de Paris {Etoile à Courbevoie],
— Beaucoup d'éléments nous font défaut.
On y emploie des machines à foyer, en mau-
vais état, qu'on a transformées, comme on a
pu, en machines à eau chaude.
(2) La Compagnie du tramway à vapeur de
Paris à Saint-Germain annonçait, en 1S91, un
prix de revient de 0 fr. 46 pour un service fait
sur les rampe» de Courbevoie, Nanterre» Mar-
ly et Saint'Oermain.
219
JOURNAL MENSUEL DB l'aCADÊMIE NATIONALE. 220
9 En 1894, la Compagnie exploitante an-
nonçait à ses actionnaires une dépense de
traction par kilomètre parcouru, qui était
de 0 fr. 352, alors qu'elle dépensait ailleurs
0 fr. 557 avec les clievaui et 0 fr. 542 avec
la traction électrique.
» Le bénéfice d'exploitation, par kilomè-
tre parcouru, était de 0 fr.0776en moyenne
sur Tensemble du réseau, de 0 fr. 0184
avec la traction animale, deO fr. 0617 avec
la traction électrique, et enfin de 0 fr. 3043
avec la traction à eau chaude.
» Ligne de la Compagnie lyonnaise de
Tramways, — Trente-sept machines sont
en usage sur trois lignes.
» D'après le rapport présenté à la der-
nière assemblée, la dépense totale d'exploi-
tation a été, en 1895, de 0 fr. 835 par
kilomètre-train, avec un coefficient d'exploi-
tation de 66 %.
» La traction a coûté Ofr. 504 par kilo-
mètre-train et 0 fr 232 par kilomètre-voi-
ture.
» Chaque train est composé de la machine
et de deux longues voitures à boggies com-
prenant chacune soixante places.
» Les rampes sont assez nombreuses ; les
déclivités atteignent 45 millièmes.
» Ligne de Lille à iîot/ftai.r.— Longueur
de 11,666m. ; rampes nombreuses ; décli*
vite maxima53 millièmes ; trains à la demi,
heure entre Lille et Roubaix, et à 10 m. en-
tre Lille et le Lion-d'Or ; une ou deux voi-
tures à chaque train ; voie en mauvaiséiat;
installation défectueuse des chaudières.
» Pendant plusieurs années on a constaté
en moyenne une recette brute totale de
390,010 fr. par an, pour une dépense totale
d'exploitation de 243,090 francs. D'où coef-
ficient d'exploitation : 65 %. Dépense
totale d'exploitation : par kilomôlre-train
Ofr.OiO, par kilomètre- voiture 0 fr. 441. Dé-
pensede traction: par kilomètre-lrainOfr. 335
et par kilomètre voiture 0 fr. 227.
» Combustible brùlé par kilomètre-train,
en moyenne 5 kg.
» Ligne de Batavia à Kramat et Mester
Cornelis. — Le rapport présenté à l'as-
semblée en 1890 annonce une recette brute
totale de 312,1^03 florins pour une dépense
toialed'exploitation de 151,271 florins. Coef-
ficient d'exploitation : 69 0/0.
> L'exploitation totale a coûté 0 fl. 25par
kilomètre-train, y compris les frais d admi-
nistration en Hollande.
» La traction a coûté 0 H. 13 par kilo-
mètre-train.
» La ligne a une longueur de 12,615 m. ;
on y relève des courbes de 25 m. derayonet
des déclivités de 33 millièmes.
» Le combustible consommé par kilo-
mètre-train est de 4 kg. ; on le paye très cher,
ainsi que les mécaniciens et les pièces de
rechange, mais la main-d'œuvre ordinaire
est à bon marché.
» Le parcours annuel des machines est de
798,968 km., celui dos voitures de 2,251,883
km.
» Ligne de Marseille à Saint-Pierre.
— Nombreuses rampes, fortes déclivités
(54 mm. en courbe de 30 m.) et en tunnel ;
trains comprenant 2 voitures à boggies de
60 voyageurs chacune.
» D'après un rapport officiel, les recettes
brutes totales dans un exercice ont été de
264,683 fr. 60 ; les dépenses d'exploitation
de toute nature de 143,115 fr. 34 ; le coef-
ficient d'exploitation de 45 %.
» D'autre part, on indique, comme dé-
pense totale d'exploitation par kilomètre-
train, 0 fr. 80; par kilomètre- voilure,
0 fr. 40.
» La dépense de traction par kilomètre-
train est de 0 fr. 40 environ, et par kilo-
mètre-voiture de 0 fr. 20.
» Ligne de Saint- Germain à Poissy. —
La dernière application des moteurs à eau
chaude, modifiés par l'adjonction d'un sur-
chauffeur de vapeur, vient d'être faite au
mois d'août 1896 sur cette ligne.
)> Le parcours de Poissy à Saint-Germain
est de près de 6 km.
> Le train est composé de la machine, de
deux longues voitures à boggies de 50 et 60
places et d'un fourgon. Le poids total brut
du train complètement chargé atteint au
maximum 46 tonnes.
221
INDUSTRIE.
222
• La plus forte dëclivîtë «st de 52 rail-
lièffles, avec un arrêt en rampe ; iacote à
Poiisy est de 20 m. au-dessus du niveau de
Il mer, celle de Saint-Germain est de 60 m.
» Les machines partent seulement une
lois par heure ; elles réalisent le voyage
d'aller et retour, en dépensant juste la moi-
lié de la vapeur accumulée utilisable.
B Le combustible brûlé (grains lavés) est
de 5kg. 500 environ par kilomètre-train
pour le service d'hiver et y compris Tan-
(bracitedu surchauffeur ; il sera , en moyenne,
pour l'année de 5 kg. vraisemblablement.
> Les résultats de l'exploitation depuis
TouTerture de la ligne permettent d'indi-
qaer que la recette brute totale sera pro-
bablement de 110.000 fr. pour une année
de début, et que la dépense totale d'exploi-
tation ne dépassera pas 70.000 fr., d'où
coetBcient de 63 %.
> On estime que la dépense moyenne to-
ute par kilomètre-train sera de 0 fr. 80
toutau plus, et que la traction coûtera, par
kilomètre-train, de 0 fr. 40 à 0 fir. 45, y
compris l'entretien du frein continu auto-
matique par le vide.
B La traction se fait ici, en toute évidence,
dans les conditions les plus défavorables,
car il est bien certain qu'un service qu
justifierait quatre départs à l'heure dansi
cliaquesens, par exemple, donnerait lieu à
une dépense bien moindre en charbon et
dans les frais divers qui sont comptés à la
charge de la traction.
> En résumé, comme vous le voyez, Mes-
sieurs, les moteurs à eau chaude qui opèrent
la traction mécanique, sur des lignes à fai-
bletraAc, concourent à faire une exploita-
tion au coefticient variant de 45 à (56 %,
aTecun prix total d'exploitation par kilo-
mètre-train variant entre 0 fr. 8835 etOfr. 50,
ce qui correspond à une dépense de traction
variant de 0 fr . 504 à 0 fr. 20 par kilomètre-
train, et de Ofr. 232 à 0 fr. 11 par kilo-
mètre-voiture de 50 places environ.
> Dans ees conditions, on ne pourra af-
firmer que la traction électrique peut défier
u>as les autres systèmes que lorsqu'on ap-
portera des résultats plus avantageux.
• Je répète volontiers que je conserve
Tespolr qu*on y arrivera un jour, grâce à
des découvertes nouvelles et aux amélio-
rations mécaniques dans la traction élec-
trique. On y arrivera d'autant mieux que
l'on écartera de soi la pensée que, à l'heure
présente^ l'emploi de l'électricité est supé-
rieur à tout.
» Au point de vue de la dépense, il ré-
sulte, des communications faites par les in-
téressés eux-mêmes, que la traction élec-
trique a coûté : à Chillon-Yevey (Suisse)
(par l'utilisation des chutes d'eau) Ofr. 33,
à Berne 0 fr. 57, à Genève 0 fr. 48, à Zu-
rich 0 fr. 40, à Gènes 0 fr. 586, à Florence
0 fr. 582, à Montferrand-RoyatO fr. 477 par
kilomètre-voiture.
» On m'affirme qu'à Marseille, y compris
le renouvellement du matériel, le coût
n'est pas éloigné de 0 fr. 45. Aux Etats-
Unis, les communications qui m'ont été
faites signalent un prix minimum de 0 fr. 41 .
» Si Ton admet même que les prix ci-
dessus comprennent tous les éléments de
dépense de la traction, ainsi que les char-
ges de renouvellement du matériel, on peut
douter qu'ils permettent, à voiture isolée,
sans grande extension possible de la re-
cette, de donner un coefficient d'exploita-
tion et un bénéfice qu'exigent les capitalistes
qui veulent créerdes tramways mécaniques.
» Je conserve donc mon opinion quant
aux divers systèmes de traction. Les uns et
les autres ont leur place marquée selon
les lieux et les circonstances. L'étude de
chacun d'eux doit être faite, pour choisir,
selon la i*ecette maxima qu'il devra pro-
duire, en raison de la dépense minime qu'il
devi*a occasionner, pour la meilleure rému-
nérationdes capitaux, pour les plus grandes
satisfactions à donner au public par le bas
prix, la vitesse et le confortable, en suppri-
mant ti^ut danger, l'odeur, le bruit et les
causes d'insalubrité.
» Je serais heureux de voir admettre cette
conclusion, en ramenant l'union sur la
question de principe du développement de
la traction mécanique que nous appelons
tous de nos vœux pour le bien de l'huma-
nité, y»
223
JOURNAL MBNSDEL DK L*AGAOÙnS NATIONALK.
224
CARACTERES D'IMPRIMERIE
EN TERRE CUITE
pour impression d*afflohes.
de M. Chaumeil, céramiste^
avenue dltaiie, 97, à Parb.
^invention si ingénieuse de notre collè-
gue remonte déjà à plusieurs années, ce qui
ne veut pas dire qu*elle ne soit pas pratique,
mais simplement qu'il est fort ditlicile
de faire prendre une innovation quelcon-
que, surtout quand elle exige quelques ca-
pitaux pour être lancée convenablement.
Donc, lorsqu'il s'agit d'employer des ca-
ractères de grande dimension pour affiches,
ou il faut s'en tenir aux caractères d'im-
primerie en métal qui pèsent lourd et sont
coûteux, ou il faut se servir de caractères en
bois qui sous l'action de l'humidité ou de la
sécheresse peuvent se fendre ou modifier
la forme et les dimensions même des carac-
tères.
M. Chaumeil,avec ses caractères en terre
cuite, on plutôt en faïence mate à grains
très fins, très durs, d*un poli blanc, obtient
80 % d'économie sur les caractères en mé-
tal, avec une durée presque indéfinie et
une grande légèreté. Ses caractères ne sont
point cassants, affirme-l-il, et coûteraient
plutôt meilleur marché que ceux en bois.
Maintenant, il faudrait des capitaux assez
considérables pour mettre sur pieds une
grande entreprise de fabrication, capable de
fournir toutes les séries de caractères, si
nombreuses et si variées, que la clientèle
pourrait lui demander.
A ce sujet, M. Chaumeil possède les attes-
tations les plus encourageantes de grandes
imprimeries spéciales, telles que la Maison
Morris qui déclare s'être servi de ses carac-
tères en faïence et s'en être très bien trouvée.
Dans de semblables conditions, il semble
que la question était simple à résoudre et
que notre collègue, dont l'esprit chercheur
et la ténacité sont indiscutables, n'avaitqu'à
se mettre à Tœuvre modestement pour
tâcher de fournir aux premières comman-
des qui ne pouvaient manquer d'arriver.
Malheureusement, quand il s'agit de ré-
soudre un problème de cette sorte, quand
il s'agit de remplacer un matériel aiicien
par un nouveau, fût-il cent fois meilleur,
il convient de tenir compte dune foule de
contingences, qu'on nous pardonne ccoiot,
qui rendent la réahsation des espérances
primitivement conçues plus malaisée que
ion ne se Tétait imaginé tout d abord.
Nous faisions plus haut remarquer qu'il
faudrait tout d'abord procéder à une instal-
lation assez coûteuse, si l'on voulait se
mettre de suite en mesure de fournir à tou-
tes les demandes, ou du moins à peu près ;
mais ce n'est point là la seule objection
que les gens versés dans l'art typographique
permettent de formuler très nettement,
et sans vouloir se prononcer dans un sens
ou dans l'autre, parce que les moyens d'in-
formation vous font en partie défaut, il
convient néanmoins de tenir compte des
objections qui se présentent à l'esprit des
hommes de la partie^ comme l'on dit.
« Mes lettres en faïence coûtent 80 ^;
moins cher que celles en métal, résistent
parfaitement à la casse, quoi que Ton puisse
dire, et ont une durée considérable. »
Voilà ce que ditl'inventeur, et ce qui pa-
rait en effet très logique ; mais ceux qui
sont habitués à se servir des caractères
métalliques répondent avec non moinsd'ap-
parence de raison :
« Lorsque votre matériel est usé, il ne
vaut plus rien et il n'en est pasde même du
notre ; nousachetons 100 kilos de caractères
neufs pour 300 francs, mais on nous re-
prend cent kilos de vieux caractères pour
cent francs, ce qui fait que nous n'avons
plus que deux cents francs à verser. Et
quand bien même nous voudrions vendre
nos vieux caractères, sans en acheter des
neufs, en même temps, nous pourrions en-
core les revendre de 50 à 60 francs les 100
kilos, c'est-à-dire au sixième au moins de
leur valeur, ce que l'on ne saurait faire
avec des caractères en terre cuite, en
faïence qui, une fois usés, ne présentent
plus aucune valeur intrinsèque. »
Maintenant il est bien évident qu'à prix à
peu près égal,onaurait à lutter contre les ca-
ractères en bois ; mais là n'est pas l'objec-
225
INDUSTRIE.
tion la plus grave opposée, en ce moment,
parles typograpbes eux-mêmes qui s'expri-
ment à peu près en ces termes :
« Oui, Totre invention est fort inléressan-
te; mais nalhearensementelle arrive trente
los trop tard ; aujourd'hui on ne veut plus
que des affiches avec dessins, sujets, paysa-
ges. Tout cela est ex<^.cuté par les procédés
lithographiques, les lettres sont gravées du
némecoup sur la pierre, et précisément, en
dehors des affiches de théâtre proprement
dites, il ne reste plus place pour des carac-
tères quelconques dans les affiches com-
merciales, qu'ils soient en régule, en bois
ooen taleoce.
« Jetez un coup d'œil sur les murs oii les
afliches provocatrices, aux mille couleurs
chatoyantes accrochent et retiennent vos
yeux malgré vous, et voyez si nous exagé-
rons, si nous n'avons pas cent fols rai-
son. »
Et maintenant que nous avons exposé les
pièces du procès, comme Ton dit, il nous
sera bien permis de rendre ici un public
bommage non seulement aux travaux, aux
patientes recherches, au labeur obstiné de
notre collègue dont les céramiques héraldi-
ques et artistiques ont un succès chaque
jour grandissant, mais encore à son désin-
téressement complet.
Eu effet, M. Chaumeil est prêt à diriger
toutes les recherches, tous les travaux pré-
paratoires, à donner tous les conseils que
pf^orraii lui suggérer sa vieille expérience,
>i cette curieuse application pouvait tenter
on esprit entreprenant.
L'inventeur pense que les débouchés
soient immenses. Les typographes, pour
les raisons que nous avons énumérées plus
^ut, sont d*un avis contraire ou font des
réserves.
En tout cas la question mérite que l'on
s'y arrête, et c'est pourquoi nous avons tenu
^l'exposer succinctement à nos lecteurs.
CATALOGUE DE
INVENTIONS
LA I SOCIÉTÉ
BREVETÉES
226
DES
(Nouveautés pratiques, utiles ou agréables).
Directeur : M, Kratz-Bou.sac,
Ingénieur civil,
13, rue Saint-Laurent,
et 17, rue des Récollets, Paris.
Dans une courte préface qui ouvre ce
nouveau catalogue général illustré, M.
Kratz-Boussac déUnit lui-même très nette-
ment le but poursuivi par la Société qu'il
dirige depuis près de quinze années avec
une compétence et une activité qui n'ont
pas tardé à porter leurs fruits, en assurant
son prompt développement :
Exploiter toute nouvelle invention pra-
tique, sans distinction de nature ;
Rendre accessible au public une foule
d'objets nouveaux, utiles, agréables, prati-
ques ou curieux ;
Tenir à la disposition des inventeurs une
organisation spéciale et puissante,pour faire
connaître rapidement les produits de leur
intelligence et de leur imagination.
Voilà» en effet, tout un programme simple
et qui semble avoir été admirablement tenu
et réalisé, si nous nous en rapportons au
très curieux catalogue général illustré que
nous avons sous les yeux et qui vient d'être
publié par la Société des Inventions Bre-
vetées .
En effet, ce volume de grand format, il-
lustré encouleur etnecomprenant pas moins
de 182 pages, renferme, expliquée par le
texte et par l'image, la description de tout
pe que Ton peut iniaginer de nouveau en
fait d'inventions dans l'industrie parisienne
et Ton peut ajouter: dans toutes les bran-
ches de cette industrie.
Les tirs de salons, les jeux de Sociétés, les
Jouets articulés, pneumatiques, à vapeur,
mécaniques, etc., toutes les nouvelles in-
ventions se rapportant de près ou de loin à
la photographie et à toutes les découvertes
et inventionsd'Rdison ; tout ce qui peut ser-
vir utilement comme trousse de voyage, toi-
lette, fumeurs, fournitures de bureaux, etc.,
2'/7
JOCRNAL MRNSUEL DK L'ACADibUB NATIONALE.
228
dont les Anglais et ' les Américains, avec
leur sens pratique, sont si triands, à juste
titre ; puis, tous les petits instruments ou ap-
pareiîssi ingénieux et si nombreux en même
temps que la momcnclature en devient im-
possible etqui,cependant,répondan(,onpeut
dire, à^tous les besoins, à toutes les circons-
tances,à tous les goûts les plus divers ; mar-
teau universel, chalnettede sûreté pourclefs,
outil multiple, la canne pour fumeur et sur-
tout la canne qui boit, qui vide mystérieu-
sement le verre du commis-voyageur en
liquidesqui veut ménager son estomac.etc,
etc., forment vraiment Texposition la plus
séduisante et presque toujours la plus utile
des dernières inventions de l'esprit pari-
sien, si ingénieux quand il s*agit de cette
étonnante fabrication de bimbelots à la-
quelle il a pour toujoursdonné son nom.
Rien que la description des cannes dont
la gravure est reproduite dans ce catalogue
demanderait plusieurs pages; mais il faut
savoir se limiter.
Les ménagères trouveront là également
tout ce qui peut les intéresser en fait d*us-
tensilesde ménage, de cuisine de campagne,
d'éclairage, de vaisselle, de servicede table,
de lessivage* et buanderie, de lingerie, de
jardinage, etc., etc. Mais à quoi bon cher-
cher à donner une idée, même incomplète
de ce catalogue d'autant plus captivant que
chaque objet est très exactement représenté
par une gravure et qu'il y en a des centai*
nés qui se suivent sans interruption do la
première à la dernière page.
Autant vaudrait écrire toute l'histoire
présente des multiples et sans cesse chan-
geantes industries parisiennes qui sont
comme la gloire et le patrimoine de la
cité et concourent si puissamment à sa pros-
périté. Ce nouveau catalogue illustré de la
Société des inventions brevetées, dirigée
d'une main sûre et si compétente par notre
collègue, M. Kratz-Boussac ,est comme le
kaléidoscope le plus vivant, le plus complet
et le plus fidèle du mouvement industriel
dans ce qu'il a de plusintéressant, puisqu'il
met surtout en lumière l'esprit inventif,
l'imagination sans cesse en éveil et les trou-
vailles les plus récentes des inventeurs et
des ouvriers français, qui sont presque tou-
jours doublés de véritables artistes.
Tout le monde passera une heure agréable
en feuilletantcecata1ogue,uniqueen son gen-
re,quiest comme lelivre d'or du génie inven-
tif des Français —car M. Kratz-Boussac tient
a honneur de ne lancer que des inventions
bien françaises — et, de plus, nous sommes
i convaincu qu'il ne se trouvera pas un hom-
j me du caractère le plus grave, pas une
maîtresse de maison qui ne trouve à la lec-
ture de ce volume la description et l'image
de dix objets dont on ne peut se passer et
que Ton commandera le jour même.
Quant aux enfants, n'en parlons pas, ce
catalogue fera naître chez eux beaucoup
de désirs insatiables et leur fera construire
beaucoup de châteaux en Espagne,en atten-
dant la prochaine fête mémorable où l'on
peut espérer décemment des cadeaux, beau-
coup de cadeaux.
Et, ma foi, pourquoi ne pas le dire fran-
chement, ce catalogue nous semble destiné
à faire la joie des grandes personnes aussi
bien que celle des enfants et bien plus, il
nous semble encore appelé à plaire égale-
ment et à rendre d'égals services à toutes
les classes de la Société, tant sont variées et
nombreux les objets qu'il renferme et qui
sont capables d'exciter notre convoitise ou
de tenter notre imagination.
PROPULSION DES NAVIRES AU MOYEN
DE TURBINES A VAPEUR
L*emploi des turbines à vapeur a pris
depuis trois ou quatre ans une extension
considérable, et cette vogue s'explique tout
naturellement quand on envisage la simpli-
fication que leur usage apporte à la com-
mande des appareils, tels que les dynamos,
les essoreuses, les turbines des sucreries,
etc., qui doiventtourneràdes vitesses énor-
mes.
Le principe du fonctionnement de ces
moteurs est d ailleurs trop connu de nos
lecteurs pour qu'il soit nécessaire d'y reve-
nir ici.
Non contents du champ pourtant déjà si
vaste des applications dont nous venons de
239 INDUSTRIE
parler, les constructeurs ont cherché à re-
tendre en appliquant ces moteurs à la com-
mande directe des hélices de navires. Mais
là ils se sont trouvés arrêtés tout d*abord
par une difficulté des plus sérieuses. La trop
grande vitesse imprimée à Thélice a pour
effet de créer tout autour de celle-ei un
cylindre de vide, et, au lieu d'obtenir l'aug-
mentation de vitesse attendue, il so trouve.
60 réalité que la vapeur est dépensée en
pure perte pour faire tourner les palettes
de riiélice dans cette sorte de cavité, Tex-
trémité seule de riiélice agissant sur l'eau.
Ce phénomène, signalé pour la première
fois en 1892, lorsdes essais d'un petit navire
muni de turbines à vapeur construites par
an syndicat anglais, a été mis en évidence
par desexpériences fort intéressantes effec-
tuées en 1894 parM. £. Fraude et qui ont été
décrites dans un mémoire présenté par M.
Charles Parsons à la trente-huitième réunion
de VInstitution of Naval Architects, le 8
avril dernier.
S'inspirantde ces résultats, M. Parsons a
cherché à remédier à cet inconvénient en
diminuant la quantité de travail exigée de
chaque centimètre carré de la surface des
palettes. A cet effet, il remplace l'arbre à
hélice unique par deux ou plusieurs arbres
commandés chacun par une turbine qui
peut fonctionner isolément en utilisant
tonte la détente nécessaire, ou bien être
mise en communication par des tupux et
soupapes avec les aulre3 de façon à faire
passer la vapeur de turbine en turbine et
opérer ainsi sa détente complète. La tota-
lité de la force utilisable se trouve ainsi
divisée entre deux ou plusieurs arbres pro-
pulseurs ; le moteur unique nécessairement
volumineux se trouve remplacé par plu-
sieurs petits moteurs d'uneconstructionplus
facile et dont on peut sans inconvénient
230
diminuer la vitesse angulaire sans affecter
leur rendement économique.
Se basant sur ce principe et sur les résul-
tats des expériences rappelées plus haut,
M. Parsons a fait contruire un petit navire,
la Turbinia^ de 30 mètres de longueur,
2°70 de largeur au maître-couple et jau-
geant 441/2 tonneaux et actionné, comme
il vient d'être dit, par trois turbines dispo-
sées en série . ^
Les premiers essais faits au mois de dé-
cembre dernier ont permis d'atteindre la
vitesse déjà bien remarquablede 29,0 nœuds
à l'heure, pour un nombre de tours de 2.550
par minute. Depuis, on a modifié quelque
peu le pas des hélices et de nouveaux essais
faits dans les premiers jours d'avril* ont
donné successivement comme vitesse31,0l
nœuds et 323/4 nœuds. C'est la plus grande
vitesse obtenue jusqu'à présent sur un na-
vire à vapeur. La puissance développée par
les turbines à la prenaière de ces vitesses est
de940chevaux pour 2.100 tours à la mi-
nute. Si l'on admet pour le rapport entre le
nombre de chevaux eHectifs et celui des
chevaux indiqués le chiffre 00 qui est celui
admis pour les torpilleurs de bonne cons-
truction, on trouve que le nombre de che-
vaux indiqués, parla marche à3I, 01 nœuds
est de 1.576. La consommation de vapeur
est approximativement de 11.400 kilogram-
mes à l'heure, soit 7,2 kilogrammes par
cheval et par heure. La pression de la
vapeurauxchaudières était de lOkilogram-
mes par centimètre carré et aux turbines
de 9,6 kilogrammes.
Ces premiers essais, interrompus par suite
du mauvais temps, sont des plus encoura-
geants et permettent de présager un grand
avenir à ce nouveau mode de propulsion,
tout au moins pour les navires de petites et
moyennes dimensions.
231
lOURTIAL MENSUEL DE L^ACADfalE NATIONALE.
EXPOSITIONS ET CONCOURS
232
EXPOSITION DE BRUXELLES
L*exposition UDiverselle de Bruxelles a
élé officiellement inaugurée le 10 mai der-
nier, et a reçu ce Jour la visite du Roi des
Belges.
Il en a été de celte Exposition comme
de toutes les autres : après avoir été inau*
gurée, il ne lui restait plus qu*à être ache-
vée. Mais les inaugurationsofficiellesont au
moins cette heureuse conséquence d'être le .
signal définitif de la mise en train des der-
niers travaux d'installation. L*ardeur avec
laquelle ces travaux ont été immédiate-
ment poursuivis fait prévoir qu'ils seront
probablement terminés dans la première
quinzaine du mois de juin.
Dans notre prochain numéro, nous com-
mencerons à rendre compte de cette nou-
velle et importante manifestation des pro-
grès de la science et de l'industrie.
VARIÉTÉ
L'EXPÉDITION DE M. ANDRÉE
AU POLE NORD
Dans notre journal de mai 1896, nous
avons rendu compte en détail du projet
conçu par un ingénieur Suédois, M. An-
drée, à Telfet d'atteindre le pôle nord par le
moyen de l'aérostation . Nous avons décrit
en détail le ballon dénommé /ePo/e Nord^
que M. Andrée avait fait construire à Paris
pour Texécution de son audacieuse entre-
prise.
On sait d'ailleurs que M. Andrée n'a pas
eu Voccasion, en 1890, de tenter l'accom-
plissement de son expédition.
Accompagné de ses deux compatriotes,
MM. Strindberg, astronome, et Ëkholm,
météorologiste, il devait essayer d'atteindre
le pôle, en partant de la pointe la plus bo-
réale du Spitzberg.
Ces explorateurs quittèrent Golhembourg
dans ce but, le 7 juin 1890, sur le vapeur
Virgo avec leur aérostat le Pôle Nord et
son constructeur, M. Lachambre, l'aéro-
naute-constructeur parisien. Ils se rendi*
rent en premier lieu à Tromsoë (Norvège),
pour compléter leur équipement, prendre
le pilote des glaces et embarquer des pi-*
geons voyageurs destinés à donner de leurs
nouvelles au cours de leur périlleux voyage.
Puis ils mirent le cap sur le Spitzberg, où
ils arrivèrent vers la mi-juin. Là, ils s'ins-
Ullèrentà Vile des Danois, qu'ils jugèrent
être le point le plus favorable pour le gon-
flement et l'enlèvement du ballon.
Tout sembla d*abord marcher au gré de
leur désir. La température était normale, le
vend du Sud, prévu, qui devait les porter
au pôle, soufflait avec régularité. Pleins
d'espoir dans le succès définitif, ils se mi-
rent à Tœuvre avec ardeur pour activer le
départ. Malheureusement, leurs préparatifs
durèrent beaucoup plus longtemps qu^ilsne
l'avaient pensé. Il fallut perdre des jours
précieux à la coiislruclion du hangar desti-
né à protéger l'aérostat pendant les opéra-
tions du gonflement, installer les appareils
à gaz hydrogène, les générateurs, etc. Si
bien que, lorsque tout fut prêt et qu'il ne
restait plus qu'à démarrer, le vent soufflait
du Nord ; il était devenu tout à fait con-
traire et rendait le départ impossible.
M. Andrée résolut d'attendre, croyant à
un revirement momentané des courants aé-
riens. Pourquoi la brise Sud-Nord qui les
avait si malencontreusement abandonnés
ne reviendrait-elle pas?
Ce fut au cours de cette expectative que
le Fram, un beau matin de la mi août, ap-
parut soudain à Tiiorizon, à la pointe Est de
l'île d'Amsterdam, et qu'eut lieu larencon-
23J
VARIÉrÉ.
234
des
tre, aussi émouvante qu'inattendue
deax expéditions.
Cependant, le temps s'écoulait à File des
DsDois dans une attente vaine du retour de
la brise Sud. L'automne, autant vaut dire
l'hiver polaire, approchait à grands pas.
Ceùt été pure folie, désormais, de s'obstiner
àteoteran voyage, déjà très hasardeux par
lui-mêaié et, en tout cas, absolument irréa-
lisable eo dehors do la pleine saison d'été.
H. Aadrée le comprit et dut, bien qu'à regret,
se résigner à reprendre le chemin de la
Suède. Mais il annonça, dès son retour, que
soo expédition n'était que partie remise à
Tannée suivante. Le voilà qui tient parole,
car il s apprête à repartir pour le Spitzberg,
d'où il compte bien, cette fois, pouvoir
s élancer vers la région encore inexplorée.
Cette année, l'expédition se présente dans
des conditions meilleures. M. Andrée et
ses compagnons, en effet, partiront de Go-
tbembourg dans la deuxième quinzaine de
oui, soit une première avance de trois se-
niaines environ sur l'année dernière. En-
suite, ils trouveront tout en place, ou peu
s'en faut, quand ils arriveront à l'île des
Danois.
La charpente du hangar est restée ; il
Dvaura plus qu'à la revêtir de son enve-
loppe de panneaux de bois, opération qui
lécessitera seulement quelques jours. Une
semaine environ suffira pour remettre en
étal les appareils à gaz. Bref, tout sera prêt
dès la première quinzaine de juin. Or, les
vents du sud régnent dans cette région d'une
E^on constante en juin et juillet. M. Andrée
aura donc largement le temps d'en profiter
pour son départ.
Ensuite, la préparation matérielle de cette
seconde expédition sera considérablement
facilitée par ce fait que le gouvernement
Scandinave, la considérant comme une mis-
sion scientifique ofliciëlle, met deux bâti-
ments à son service. D*a bord une canonnière
de trois cents tonneaux, le Swensksund^
destinée à transporter les explorateurs, le
matériel aérostatique, et dont les cinquante
hommes d'équipage seront à la disposition
des aéronautes pour toutes les manœuvres
do gonflement et du départ de l'aérostat ;
en second lieu, un bâtiment à vapeuriqui
sera spécialement affecté au transport deS'
produits chimiques nécessaires à la produc-
tion de l'hydrogène. Quant au matériel aéros-
tatique, absolument rien n*y a été changé,
M. Andrée estimant que Texpérience faite
Tannée dernière a vérifié ses calculs. On
s'est borné à vernir à nouveau l'enveloppe
du ballon.
Cet aérostat, dont il est utile de rappeler
les principales dispositions, a été construit
à Paris, dans les ateliers aérostatiques de
M.Lachambre. A double enveloppe, on pense
lui avoir donné une telle imperméabilité
qu'il doive pouvoir rester trente jours en
l'air sans déperdition notable. Sa force as-
censionnelle, de 3,000 kilos, lui permet
de porter une nacelle de deux mètres de
diamètre, assez grande pour contenir trois
personnes, des sacs-lits en laine, des vivres
pour quatre mois, des armes, tous les ins-
truments scientifiques requis^ deux canots
pliants, deux traîneaux, etc. Cette nacelle
est couverte d'une toiture métallique, com-
portant une passerelle sur laquelle lesexplo-
rateurs doivent se livrer à leurs travaux et
à leurs observations. Elle est munie de
bouées de sauvetage, avec un système de
suspension permettant de la détacher du
ballon en quelque sorte instantanément,
dans le cas d'une chute à la mer.
Enfin — et c'est là la base de l'expédition
— le ballon est dirigeable, dans une certai-
ne mesure,grâce à un appareil consistant en
plusieurs voiles et en plusieurs guide^ropes
ou gros câbles traînant sur le sol. Avec ces
guideropes,— pratiques surtoutdansun pays
comme les régions polaires, dépourvu de
maisons et de fils télégraphiques — l'aéros-
tat, retardé dans sa marche, ne suivant pas
le vent, reste en arrière et, au moyen des
voiles qu'on oriente à volonté, on peut
le faire dévier suffisamment et disposer, jus-
qu'à un certain point, du lieu d*arrivée,
même avec un vent à moitié favorable.
Les guide-ropes du Pole^Nord pèsent
environ 1,000 kilos. Ilssont formésdefils
decoco imprégnés de vaseline, de façon à
conserver toute flexibilité et à fonctionner
indifl*éremmentsur les aspérités delà ban-*
JOURNAL MENSUEL DK 1.'aGADÉMI£ NATIONALE.
996
quise el sur mer, sans augmenter de poids
en absorbant de Teau .
L'équipago de raérostal sera quelque peu
modifié cette année ; M. Strindberg repar-^
tira, mais M. Ekbolm s'est retiré de Texpé-
dîtion. L'année dernière, il était marié de-
puis quelques mois au moment du départ,
el sa jeune femme, après avoir inutilement
sollicité, avec une or&narte remarquable,
de le suivre dans les septentrions HHMif^
triers ^ les dimensions du balkm déTen-
dent, d'ailleurs, d'être plus de trois dans
la nacelle ^ ne consentit h la aéparmikui
qu*à cause de l'engagement formel qu'elle
avait dû prendre, au moment de sesfiaoçail-
les, de laisser partir son mari avec eelte
Ballon avec ses voiles déployées et les guide-ropes à la irainet
première expédiiioq, Mais i'atiente lui fut
trop cruelle, et pour celte deuxième édi-
tion, elle a refusé son consentement.
r/eat de l'extrémité de Tile des Danois,
dans le couwnt de juin ou de juillet pro-
chain, par une journée claire et une brise
du Sud, que l'aérostat s'élèvera et que les
bardis explorateurs, MM, Andrée, Strind-
berg^t Fr^nl^l j sei'Qut emportés vers le pôle
situé à environ 1,200 kilométrée dp Ik, Ils
espèrent, suivant toutes les probabilité
résultant de la vitesse moyenne dei veuts
dans ces parages, à cette époque de l'annéei
y arriver à peu près dans 43 heures avec
une vitesse de 27 kilomètres à l'heure* Au
moyen des guide-ropes, le ballon ser^ipain*
tenu à une distance à peu près ÛX^ d§ 170
à 200 mètres du sol Les travaux auxquels
«3T
TABièré.
2B9
se lÎTreroDt les explorateurs pendant leur
voyage consisteront dans Tobservation des
différents ^ndroils dans lesquels ils se trou-
T€roDt, en croquis et vues photographiques,
eq ot^servations météorologiques, magnéti-
ques et géographiques. Ils prendront des
éthtoU lions de l'air pour faire des analyses
fli, s'il lear est possible, de descendre sur
Jabaaquise — éventualité peu probable,
car il est difficile à trois hommes de manœu-
?rer un ballon lorsqu'il n'est plus en l'air
<- ib prendront des pierres, des minéraux,
lOQt ce qui pourra, en résumé, avoir un in-
térèi scientifique. Quant à la fameuse mer
libre, ils n*espèrent plus la rencontrer.
L'année dernière encore, on pouvait consi-
dérer son existence comme probable, tant
à cause de certains calculs mathématiques,
qM des observations de H. Blanchard, de
riaalîiot, relatives à la migration régulière
vers le pâle de certains palmipèdes, incapa-
Uas d'y vivre sans eau. Hais l'hypothèse de
W flMr libre ne lient plus debout depuis le
retour de Nansen qui, sans avoir atteint le
pôle,ra approchée distance deParis àMâcon
et a ainsi résolu pratiquement le problème
géographique de cette région de la terre,
11 est avéré aujourd'hui que la mer po-
laire n*est qu'une immense étendue glac^,
i la surface de laquelle se iorment sous
raetiM des vents eu des courants, des cre*
vaaaes, des portions libres suffisantes peut-
être pour faire vivre certains palmipèdes,
mats essentiellement momentanées et qui
n'ont rien de commun avec la mer cons-
taouueat libre, liquide, dont on a tant
parlé.
Ajoutons qu'en été, les conditions météo-
rol<^qnes paraissent particulièrement favo-
rables à un voyage aéronautique dans les
parages poUirea. Tout d'abord, dans cette
laiaoD, le soleil se tenant constamment au-
dessns de Thorison, la nuit n'y existe pas
et ne vient jamais refroidir l'atmosphère,
dont ta température est toujours à zéro ou à
quelques degrés au-dessus.
Ensuite, à cette époque de l'année, il y a
absence totale d'orages et môme de tempê-
tes. Quant aux chutes de neige, elles sept
rares et peu abondantes pendant les mois
de juin. Juillet et août.
Aussi tous les hommes compétents, sa-
vants, explorateurs polaires, y compris Nor«
denskiold et NanseOi s'accordent-ils à dire
que H. Andrée parviendra au pale ou dans
ses environs.
Seulement, quesepassera^-il alors, com-
ment s*e(rectuera la descente de Taréos-
tat ? Voilà ou commence le mystère et l'in-
connu decc voyage» surtout dans l'ignorance
où l'on est des vents qui régnent autour du
pôle même.
Si l'aérostat est poussé vers la Sibérie ou
une autre oùte, les explorateurs auront des
chances de rencontrer des bateaux qui les
recueilleront. Mais si leballon» une fois ar-
rivé au pôle, s'arrête, tourne sur place, si
les courants aériens ne sont pas assez forts
pour Tentralner loin de ces déserts glaoéset
mortels, si, pour une cause quelconque, les
voyageurs sont acculés au naufrage sur la
banquise, à des milliers de kilomètres de
toute terre habitée, comment en sortiront-
ils sans chiens, réduits à s'attacher eux-
mêmes à leurs tratnaux ? On se le demande
avec effroi, quand on songe qu'un homme
de la trempe de Nansen a failli y rester,
avec des chiens nombreux et qu*il s'écriait
à son retour : « — A aucun prix, je ne vou«
drais revivre de pareils jo«rs ! »
Aussi, rhérmsme de M. Andrée et de ses
compagnons est-il Tobjet de l'admiration de
tous les hommes de progrès, qui font les
vœux les plus ardents pour que la Tie des
hardis explorateurs soit en tout cas sauve-
gardée, dût leur entreprise demeurer sans
résultats appréciables, ou même tout à f^it
stérile.
930
JOURNAL MENSORL DK L'ACADfalE FIATIOFIALB.
24Ô
COMMERCE
LE COMMERCE EXTÉRIEUR
DE LA FRANCE
La statistique ofHcielle accuse les chiffres
suivants pour les résultats du commerce
extérieur de la France pendant les quatre
premiers mois de Tannée courante et de
Tannée précédente :
lUPORrATIONS
1897
1896
ObJeU d'Alimeotatioa 2.a.359.000 350.561.000
Matières Décessaires
à l'Industrie 862.358.000 807.184.000
Objets fabriqués 2j9.848.000 212.694.000
Total....
• EXPORTATIONS
1.363.565.000 1.3:0.442.000
Objets d*alimeaUtioQ 199.076.000 207.113.000
Matières nécessaires
à rindustrie 303.553.000 279.071 .000
Objets fabriqués 614.029.000 619.453.000
Cofis posUux 56.534.000 52 002.000
ToUl 1.173.192.000 1.157.639.000 |
En comparant ces chiffres avec ceux qui
exprimaient les résultats du commerce esté* ,
rieur pendant les trois premiers mois de
Tannée, nous constatons que les résultats '
particuliers du mois d*avril sont les sui- î
vants : >
ImporUtious .^1.912.000 fr. .
Exportations 349.808.000 fr.
Comme on le voit, le chiffre des expor-^
talions a dépassé sensiblement celui des im- .
portations durant le mois d*avril 1897. Le,
fait est assez rare pour mériter d'être spé-
cialement signalé.
— ' ' ' /
L'EXPORTATION DES VINS FRANÇAIS -
L'exportation des vins français a lé-
gèrement progressé en 1896 : elle s'est élevée
à 1.739.000 hectolitres, contre 1.654.000.
en 1895.
La Gironde a perdu quelque peu sur
ses expéditions en f&ts, mais elle a sen-
siblement gagné avec ses expéditions en
bouteilles. C'est la Champagne surtout qui
a vu accroître ses demandes de l'étranger. Le
tableau suivant permet de se rendre compte
facilement de ces modifications commercia-
les, peu considérables au fond :
Exportation des vins de 1893 à 1896.
En hectolitres
1893 1391 1»6 1896
Vins 60 fûts et
eu outres :
de laOiroQdo. 687.234 87^.027 651.760 637.813
d^aiUeurs 574. 46t 562.6^ 731.656 782.225
Vins eu bouteilles :
delaOiroQde. Tf2.riii 47.566 46.783 56.735
d'ailleurs 219.958 5>.393 6?.725 58.956
Vins de Cham-
pagne ou
mousseux... 15;.405 161.331 2)8.402
Nos débouchés tendent à se modifier avec
le temps. C'est toujours d'Angleterre que
nous viennent les demandes les plussuivie.s ;
TAUemagne, qui nous avait transmis des
ordres importants en 1894, après la récolte
exceptionnelle de 1893, a notablement res-
treint ses commandes. L'élévation du chif-
fre de nos exportations en Belgique s'ex-
plique, en partie, par les approvisionne-
ments qui ont été faits depuis quelques
mois seulement, alors qu'on craignait un
relèvement des tarifs douaniers de ce pays.
Nous retrouvons peu à peu la clientèle que
nous avions perdue en Suisse, pendant la
période d*interruption de nos relations
commerciales ; mais il nous reste beaucoup
à faire pour revenir à la situation anté-
rieure.
Enfin, en Amérique, oii nous avons à
nous défendre contre l'accroissement de la
production sur place et la concurrence des
vins italiens, Texportation va en se restrei-'
gnant constamment.
Le tableau suivant résume la situation
actuelle :
Exportation des vins par pays de destina-
tion de 1891 à 1896 (en milliers éChec^
tolitres).
1891 1892 18^3 1894 1895 1896
Angleterre 339 323 314 297 307 337
Allemagae 254 249 246 392 244 216
Belgique 285 231 214 295 224 251
Suisse 307 251 26 18 79 131
Espagne 9 76 7 4 5 2.8
Etats-Unis 56 59 44 47 45 3*$
Brésil 41 28 26 34 32 27
République Ar-
gentine....... 109 154 125 108 97 90
Le Direeteur^érant, Rédacteur en Chef,
Eugène THIÉRY.
GlBSIfOMT (Olts). - IMPEIM BRIB PAIX rSBEBt, PLAGR tAlMT-ANDRé, ^.
JOURNAL MENSUEL
DE
L'ACADÉMIE NATIONALE
AGRICOLE, NANDFACTORIËRE ET COMMERCIALE
67* Annéd. - JUIN 1897.
SOMMAIRE
AttlllOUI.TUfie. — L'agriculture et le biméulUsme. — Traite mécanique des vaciies.
DCPOSITIOM8 ET CONCOURS. — Exposition d horticulture à Paris. — Exposition de Rc.in:s. ^ E<p'jVition dt
Bruxelles. — Exposition d'Arcachon. — Exposition universelle de 1900.
INDUSTRIE. — Ferronnerie d'art de M. Louis Tellier afné, à Lille.
COMMERCE. — Le commerce extérieur de la France. — Les exportations de France eu Russie.
AGRICULTURE
UAQRICULTURE ET LE BIMETALLISME
Dans notre Journal de novembre 1895,
Boas avons consacré un long article intitulé:
Leprix du Blé et la Question monétairCy
û iâ réfutation de la thèse saugrenue d'â-
pre laquelle lavilissement du prix du blé,
tombé à 18 fr. le quintal, était la consé-
quence directe de la baisse du prix de Tar-
geot-métal qui avait perdu 50 % de la va-
leur nominale que lui assignent les bases
d'établissement du sy^ème monétaire de la
France. Depuis cette époque, le blé a vu
son prix se relever sensiblement et remonter
auHiessus de 22 fr. le quintal, progressant
ainsi de plus de 20 %, pendant que Targent-
métal Subissait une nouvelle baisse de 4 ?i ,
qui porte sa dépréciation officielle à environ
^ % . à l'heure actuelle.
Ainsi les faitsont donné le démenti le plus
catégorique à la théorie de la corrélation in-
time entre le malaise de Tagricultureet les
questions monétaires. Gela n'empêche pas
qae quelques Sociétés d'Agriculture ne con-
tinuent à disserter sur les questions de mo-
nométallisme et de bimétallisme.^ avec une
persistance véritablement incompréhensible.
Cependant la lumière commence à se faire
dans les esprits les plus troublés par les
grands mots et les grandes phrases des cham-
pions de cette thèse absurde, dont la mise
en circulation est Tun des plus beaux fruits
connus du pédantisme doctrinal.
On n'accepte plus aussi bénévolement
qu autrefois les assertions diaprés lesquelles :
Vpar suite de la baisse de fargent-mé"
tal, les achats de blés dans les Indes consti-
tuent desopérations productives de 50 % de
bénéfice ;
2<» par suite des fluctuations des cours
du change^ l'achat de 300 fr. de blé à Bue-
nos-Ayres se règle au moyen d'un simple
billet de cent francs de la Banque de Fran-
ce.
Ce sont pourtant de telles absurdités qui
forment la base des doctrines de toute une
école nouvelle de prétendus économistes,
dont la suffisance n*a d'égale que la plus
parfaite ignorance des questions pratiques.
Cette école n'est d'ailleurs pas absolu-
243
JOUBNAL MENSUEL DE L* ACADÉMIE NATIONALE.
244
ment déconcevlée par le démenliquelesfails
infligent à ses doctrines, et ses principaux
représentants, qui forment le noyau de l'as-
sociation constituée sous le titre de Ligue
bimétallique française^ ont célébré en un
banquet, à la fin du mois de mai, un anni-
versaire de la fondation de cette association.
Dans les discours prononcés à la fin de ce
banquet, on s'est mutuellement félicité sur
l'étendue des résultats obtenus (!). Mais le
public n'est plus dupe de ces manifesta
lions de feinte satisfaction.
Voici, d'ailleurs, comment le Journal des
Débats a apprécié et commenté cette céré-
monie :
« La Lif^iK* himétalliquo françaiso a rélrlu'ô
n par un baïKiuo! son troisième anniversaire.
« On sait que eette Lij^ue avait été «réée sous
« les auspices des syndicats aj^ricoli's, alors
« (ju'il était de mode de dire aux cultivateurs
n que toutes leurs .soufTrances provenaient du
« monométallisme, et (jue la prospérité renaî-
« trait comme par enchantement du jour où les
« nations s'entendraient entre elles pour ado|>-
« 1er le bimétallisme ; ce fui un enthousiasme»
« g^énéral. Nous serions bien étonnés si le
« b.'aufeudu début durait encore. Les hommes
« qui dirij^enl les syndicats doivent être au-
« jourd'hui convaincus que le binu'tallisme
« n'est pas précisément la i)anacée (ju'on leur
« avait |)romi»e et que,d'ailleurs, celte entente
« entre les nations est au moins cliiméritpie.
« D'abord, il est (certain que jamais l'An^^^leterre
« n'entrera sur ce point en composition. Or,
« con^me sans le consentement de l'Anjflelerre
« toute entente est impossible, il est inutile de
« se bercer d'illusions. Quant aux Ktnts-l'nis
« qui viennent d'envoyer à Paris trois déléj^ués
« pour nétço<Mer une entente bimélalliste inler-
« nationale, M. Mac Kinley, (pii a été nommé
« contre le représentant de la frappe illimitée
« de l'argent sans entente internationale, est
« oblij?é de faire semblant de croire à une pos-
â sibilité d'entente internationale. Ainsi les bi-
« métallistes français ont une lon^^ue série de
« banquets en ])erspective avant de fêler le
« triomphe de leur cause. »
Ces banquets auront au moins l'avantage
de poussera une plus grande consommation
des produits de Tagricultui^e en général et
de ceux de la viticulture en particulier ;
cela ne peut manquer détre plus favorable
aux populations agricoles que toutes les
théories monétaires débitées par des gens
qui ne connaissent pas grand'chose du sys-
tème des monnaies de leur propre pays, et
qui ne comprennent rien du tout aux bases
sur le.*^queUes sont constituées les monnaies
des pays étrangers.
TRAITE MÉCANIQUE DES VACHES
Les différents essais pour constraire une
machine qui puisse traire les vaches avec
succès, ont tous échoué, non tant à cause
de rimperfeclion de l'appareil à tirer le
lait, que parce qu'il y manquait cette sorte
de sympathie qui doit exister entre l'animal
et son vacher. Aussi U sécrétion diminuait-
elle vite et la vache devenait sèche.
La différence existe même suivant la
main qui trait, et tel homme obtiendra de
la même vache plus de lait que tel autre :
il peut être plus doux, avoir un toucher
plus habile et mieux comprendre l'animal.
En tout cas, jusqu'à ces dernières années,
aucune machine n'avait donné une satis-
faction de quelque durée.
Récemment, cependant, ont paru sur le
marché, en Angleterre et aux Etals-Unis,
deux machines à traire qui peuvent encou-
rager ceux qui ne veulent pas de la traite à
la main.
L'une est fabriquée dans une ferme de
l'Iowa (Etats-Unis) ; l'autre en Ecosse.
La première fut inventée par la Cushmao
Covv Milker Cy, et le lait est extrait par
succion. Un jeu de tasses en verre munies
d'embouchures de caoutchouc s'adaptent
hermétiquement aux létines ; elles sont re-
liées par un tube également en caoutchouc
à un tuyau do métal qui se rend dans les
pots à lait, et, de là, à la chambre où Von
fait îe vide.
Pour opérer, l'air est pompé à la main
hors du réservoir. Les tasses sont attachée8
àla mamelle des vaches, la succion com^
mence, et, le lait coulant successivement
dans les tasses, les tuyaux de caoutchouc
et de métal, arrive au récipient. L'opération
se continue jusqu'à ce que tout le lait soit
extrait des tétines.
L'opération, pour se faire facilement, doit
prendre les vaches rangées dans leur éta-
ble. L'opérateur commence h un bout de la
ligne, plaçant les appareils aux vaches jus-
qu'à ce qu'il ait atteint la fin de la rangée,
243
EXPOSITIONS ET GUPICOUnS.
540
eteolevaot les tass^ à mesure que les pre«
mières soot traites.
U machine peut traire 10 à 15 vaches
arant qu'il soit nécessaire de faire ie vide k
DOQTeau, le nombre dépendant nécessaire-
ment de la qaanlilé de lait qu'elles donnent.
(hi peut traire de suite 75 à 100 bâtes, et
an Tacher eipérimenté en fait 35 â Theure.
Les vaches ne ressentent aucun malaise,
elles donnent volontiers leur lait, et celles
qaiont la mauvaise habitude de donner des
coaps de pied deviennent ordinairement
tranquilles après quelques traites.
Pour nettoyer Tappareil, il suffit de ver-
ser de Teau à rextrémité des réceptacles et
diDs chaque tasse, qui reste suspendue après
qo'oa s'en est servi .
Des centaines de vaches ont été trailes
par cette machine et durant plusieurs mois.
L'autre appareil, le Thistle (Chardon),
ttt fait en Ecosse etopère aussi par succion.
Il consiste en une machine à vapeur, pom*
peàair, avec tuyaulage approprié, des can-
oës à couvercle àair comprimé qui contien-
nent les tuyaux à vide et les tasses à tétines.
Le caractère spécial de cet engin est l'ac-
tion de succion intermittente qui est ana--
bgueà l'action produite par la bouche du
'eau. Tout est en caoutchouc et, une fois
h machine en mouvement, les tétines s'a-
BioHissent et les tasses sont fixées.
La force nécessaire pour opérer sur 10 va-
ches est estimée à 1/8*» de cheval et peut
ftre fournie par une machine à gazoline.
Knfin, un certain avenh* peut être réservé
* on troisième appareil patenté par le D' de
Laval, de Suède. Il travaille sur un prin--
cipe tout différent et est actionné soit par
la main, soit même maintenant par Télec^
tricité.
On le suspend sous la vache, et un sys*
tèmo de rouleaux étreint la tétine. En ma-
nipulante machine, ces rouleaux s'ouvrent
en remontant vers la base de la tétine, se
rapprochent de nouveau et descendent jus-
qu'à la pointe en extrayant le lait.
Le tout est disposé de façon à s'ajuster
aux mamelles des différentes vaches, à leur
rétraction au cours de la traite et à tous les
mouvements qu'elles peuvent faireenchan*
géant déposition.
Une sangle munie d'une tringle et fixée
au milieu entoure la vache, et sur la tringle
est suspeudu l'appareil à traire. Il est très
léger, étant fait en aluminum. Il est brève-
té en tous pays et l'on fonde sur lui beau-»
coup d'espoir, comme il en a été pour l'écré-
meuse du même inventeur.
Le lait extrait par ces divers procédés esta
l'abri du contact de l'air, depuis le moment
où il quitte la mamelle jusqu'à eetui où il
arrive au réservoir. Par conséquent, aucune
poussière, aucun germe malfaisant ne Tat-*
teint. Il est donc plus sain et moins svjet à
s'aigrir.
De nouveaux perfectionnements viendront
bientôt sans doute rendre réellement pra-*
tique la solution du problème de la traité
mécanique des vaches, problème qui aune
réelle importance pour les grandes expkn-
tanslioagri coles.
EXPOSITIONS ET CONCOURS
EXPOSITION D'HOfinCULTURC,
A PARIS
Dans les premiers Jours du moisdejuin,la
Wllante exposition annuelle de la Société
ûitionale d'Horticulture de France s'est te-
nue à Paris, sur son emplacement habituel
^^ iardin des Tuileries.
Parmi lesexposants industriels participant
à celte Exposition se trouvaient nos Socié-
taires MM. AuRouzE, BnotiUET, C.vRaÉ, Hirt,
et Mercier, qui présentaient leurs difTéren^
les spécialités bien connues, remarquées
quelques semaines auparavant au Concours
général agricole de Paris* Il suffira donc
247
ïOUliNAL IKNSUEL DV t*AGADtalK NATIONAliB.
348
de se reporter à notre Journal d*ÂvriI
pour avoir la description résumée des diffé-
rents articles exposés par nos Sociétaires.
Il eût été oiseux de répéter cette descrip-
tion dans des termes forcément identiques
à deux mois d'intervalle.
EXPOSITION RÉGIONALE DE RENNES
EN 1S07.
Cette exposition fort intéressante et fort
coquette de la grande cité bretonne justifie
parfaitement son nom, car elle est en effet
surtout régionale, et Ton pourrait dire seu-
lement régionale, à quelques exceptions
près, au point de vue industriel et com*
mercial.
Seule la section des Beaux- Arts qui forme
une véritable etimportanteexposition à part
dans un palais central, au milieu des jar-
dins de l'Exposition, renferme desexposants
de toute la France et plus particulièrement
de Paris, car les peintres de la capitale
avaient répondu à Tappel qui leur était fait
dans une très large mesure.
Avec ses deux corps de bâtiments paral-
lèles qui renferment tous les produits des
exposants du commerce et de l'industrie,
son pavillon central qui renferme la salle
obligatoire des fêtes et des galeries annexes
consacrées aux beaux-arts, son grand jar-
din central animé parun bassin pittoresque,
sa terrasse oii se trouvent tous les campe-
ments et tentes des Dames Françaises, des
ambulances, etc., et qui domine l'exposi-
tion, avec ses hangars consacrés à lexposi-
tion florale et horticole, on peut dire que
l'exposition de Rennes charme les yeux et
rappelle vaguement ces coquets villages ja-
ponais que l'on est habituée retrouver dans
toutes les exhibitions internationales.
En somme, c'est petit — beaucoup plus
petit que l'exposition similaire de Rouen,
Tannée dernière,— mais l'impression géné-
rale en est charmante et Ton ne regrette pas
son voyage.
Du reste, il était diiïïcile que Rennes, par
sa situation même, loin de tous centres in-
dustriels de premier ordre, puisse réaliser
Un effort plus important, au double point
de vue industriel et commercial, et l'on doit
lui savoir gré des résultats obtenus.
Elle a intitulé elle-même son exposition :
Exposition régionale^ et elle a bien fait.
Ville essentiellement savante et littéraire,
importante de 70.000 habitants sans doute,
mais ne nmfermant que peu d'usines, en vé-
rité, elle ne pouvait pas faire plus.
Mais comme elle s'en rendait un compte
très exact, elle a voulu, du moins, lui don-
ner tout l'éclat possible au point de vue de
la culture, des productions et des richesses
matérielles qui l'entourent, et sur ce terrain
nous sommes heureux de constater que ses
efforts ont été couronnés d'un plein succès.
C'est ainsi qu'en réalité dans ce vaste
Champ de Mars qui s'étend aux portes de la
ville, en descendant de la gare et avant d'ar-
river à ce beau canal qui relie l'Ule à la
Vilaine etqui rend à si juste titre les Ren-
nois fiers de leurs quais, l'exposition est en-
tourée et comme triplée parle cimcours hip-
pique et par le concours agricole.
Nous avons tenu à nous rendre à Ren-
nes pendant latenuede cesdivers concours,
nous avons pu constater de visu toute l'im-
portance du concours agricole et comme
c'est le seul qui nous intéresse ici avec Tex-
position proprement dite, nous allons donc
nous efforcer de rendre un compte aussi
fidèle que possible de l'un et de l'autre, en
examinant les diverses expositions de nos
membres.
MM. PelissonpérertCie, négociants, bou-
levard de laGare, à Cognac, bien connus pour
leurs spécialités de vieilleseaux-de-vie, ex-
posent trois pyramides de superlies fûts de
cognac en chêne poli et soigné, comme
s'il s'agissait de bois destiné à un mobilier
de salle à manger ; pour notre compte nous
ne saurions trop approuver cette façon de
procéder, que d'aucuns considèrent comme
une mise en scène inutile et superflue.
Nous pensons, au contraire, que le meil-
leur moyen de conserver intacts, purs
et fins d'arôme, des cognacs et des eaux-
de-vie de prix, est enct»re de ]es loger ^ sui-
vant l'expression consacrée, dans des ton-
neauxde choix, méticuleusement construits
et vérifiés.
249
EXPOSITIONS
Le long de la muraille, derrière les pyra-
mides dont nous venons de parler sont ac-
crochées au raur de nombreuses cartes de
la production des alc(»oI$ et eaux-de-vie et
des photographies, coïjuettement encadrées
quireproduisent les usines, la distillerie, les
appareils, etc., de la maison dont on peut
ainsi juger, non seulement de Vimporlance,
mais de la parfaite et pratique installa-
tion.
Une vue d'ensemble de Cognac complète
et donQÎne fort heureusement ces intéres-
sants documents et nous ne pouvons que
rendre hommage au goût avec lequel MM.
PeilissoD père et Cie ont su présenter leurs
productions au public.
Dans le vingt et unième groupe consa-
cré aux Ij<]u^de5, la collectivité nantaise b.
réuni tous les produits de ses membres ex-
posants dans une grande vitrine centrale
du plus heureux effet et d'une disposition
très pratique qui permet de retrouver im-
médiatement les produits de chacun des
membres participants; parmi eux nous ci-
int)nstout particulièrement M. Gh. Hugue-
:«x, négociant en liqueurs, 12, rue des Oli-
vettes, h Nantes, qui expose dans une série
de bouteilles une nombreuse collection de
vinaigres de vin, de vin apéritif et enfm de
liqueurs, telles (|ue VElexir breton, qui m*a
paru très populaire dans les cafés de Rennes,
les crèmes de menthe, de Moka, etc., le
^ignolet, les prunes à Teau-de-vie, lequin-
qoina Saint-Charles, également très répan-
du dans toutela Bretagne, etc. L'éloge des
iiqoeuri de notre collègue n*est plus à faire
et il y a longtemps qu'il a su conquérir et
SI garder une clientèle lidèle dans toute la
Bretagne et même en dehors des limites de
celte ancienne province ; mais ce qui nous
a le plus frappé dans son exposition de Ren-
nes, c'est lo choix judicieux de ses produits
ei la variété capable de répondre à tous les
goûts, à toutes les exigences, à tous les pa-
lais.
En effet, on n'a que l'embarras du choix
devant cette vitrine si bien garnie, et le
gourmet le plus délicat ne saurait y consta-
ter une lacune^ un oubli, ce qui me semble
le plus bel éloge que l'on en puisse faire.
ET CONCOURS.^ 25(J
M. Texier fils jeune, ingénieur- construc-
teurs de machines agricoles, à Vitré (Ille-et-
Vilaine), expose une série de broyeurs de
pommes, malaxeurs, hache-paille et à lé-
gumes ou racines pour bestiaux, pressoirs,
arbre de couche, vis centrales, etc.; tous
ces appareils sont très soignés, d'un travail
très fm et d'un fort joli aspect dans leur
couleur rouge.
Nous avons tenu à visiter les ateliers de
construction de machines agricoles et la fon-
derie de notre collègue à Vitré, en sortant
de l'Exposition de Rennes, et nous avons pu
nous rendre compte par nous-môme de
l'importance et de la perfection de ses ins-
tallations.
Nous avons retrouvé là ses broyeurs d'a-
joncs et de sarments, ses machines à battre
les grains, ses égréneuses, ses vis de
pressoirs à double vitesse avec manège uni-
versel, etc., dont nous avons eu souvent à
entretenir nos lecteurs et qui constituent
véritablemement ce qui a été fait de mieux
et de plus pratique dans cet ordre d'idées.
Du reste, M. Texiera fort justement tenu
à avoir deux expositions importantes de ses
instruments, une dans l'exposition propre-
ment dite et une autre au concours agricole
régional de Rennes qui se trouve à côté de
l'exposition et dont nous aurons un mot à
dire tout à l'heure, à propos d'autres expo-
sants.
Tout ce qui se rapporte à la fabrication du
cidre, à ce que l'on pourrait appeler la vais-
selle du cidre et qui sort de sa maison est
établi avec un soin et une précision remar-
quables, et il suffit d'examiner rapidement
ces divers appareils pour se crmvaincre
bien vite de leur supériorité. C'est ce qui
explique pourquoi ils se sont répandus si
vite dans toute la Bretagne et même dans
une partie de la Basse-Normandie, et com-
ment, en même temps, notre collègue a
remporté partout les plus hautes récom-
penses ; c'est ainsi qu'il a remporté à Paris,
à Rouen, ù Segré, etc., la médaille d'or, c'est-
à-dire lepremier prix pour toussesappareils
concourant à la fabrication du cidre et, pour
nous, qui suivons depuis longtemps ses
efforts persévérants, Il nous semble que sa
12
251
JOURNAL MENSUEL DE l'aGADBMIB NATIONALE.
252
double exposition de celle année à Rennes,
à TExposition même et an concours agri-
cole régional, est comme le conronneraent
d'une longue et laborieuse carrière où cha-
que effort do Tingénicur conslrucleur a été
couronné par un nouveau perfectionne-
ment, par une amélioration et par consé-
quent par un nouveau succès auprès d'une
clientèle chaque jour plus importante.
M. Albert L£MAiTRE,rabricantdevoiture8et
harnachements, 14, rue delà Gareà Alençon,
Ri dans l'un des deux grands pavillons de
ctiiéy une exposition des plus complètes et
des plus intéressantes ; ses huit voitures de
maître, vis-à-vis, dog-carts, paniers, voi-
tures de chasse, etc., sont tous ravissants
de formes, élégants et parfaitement soignés,
mais ce qui nous parait devoir le recom-
mander le plus particulièrement à Tatten-
tioD des visiteurs, en dehors de ces qualités
géoérales, qui ne sont pas pour nous sur-
prendre dans la fabrication même des voi-
tures de notre collègue, nous dirons que
cest leur variété même.
11 semble que l'on se soit efforcé d*expo-
ser des modèles qui répondent à tous les
goûts, à toutes les bourses et à tous les be-
soins de la vie, à la campagne et, certes, à
ce point de vue spécial nous sommes per-
suadés que Texpositlon de notre collègue
est appelée à avoir un grand succès à Rennes,
dans un centre on ne peut mieux disposé
pour trouver une clientèle nombreuse, ri-
che et toujours à Faffùt des véhicules
vraiment confortables et pratiques.
Comme M. Texier, M. Albert Lemailre a
tenu à exposer aussi au concours régional
de Rennes, et comme lui, il a su diviser et
approprier, on peut dire ses deux exposi-
tions, suivant les besoins et les goûts des
clientèles et du public différents auxquels
il s'adonnait ; c'est ainsi qu'à côté de tou-
tes ses voitures de luxe ou tout ou moins de
promenade, dont nous venons de parler,
il a su se restreindre au concours agricole à
n'exposer que des voitures et harnache-
ments pour les besoins de l'agriculture et le
transport des denrées. Je cite les termes
mêmes du catalogue et il faut reconnaître
que le programme a été largement tenu =
toutes les charrettes, tombereaux, voitures
maraîchères et de ferme, etc., sont là, expo-
sées dans leur simple et cependant ingé-
nieuse variété et, pour notre compte, nous
ne pouvons qu'applaudir à une si utile exhi-
bition destinée à faire pénétrer les progrès
les plus pratiques et, nous dirons volontiers,
les plus indispensables, jusqu'au fond de la
Bretagne.
MM. DumontetCie, les grands facteurs
d'orgues-harmoniums des Andelys, dans
TEure, ont, comme toujours, une exposi-
tion des plus complètes et des plus intéres-
santes.D'ailleurs, admirablement située dans
la grande salle d'entrée, elle esi bien faite
par elle-même, pour attirer et retenir l'at-
tention des visiteurs. Voici d^abord un or-
gue à tuyau pour chapelle aux proportions
élégantes et Gnes, peu encombrant, avec no-
tes puissantes cependant et qui conviendrait
certainement à la plupart des églises de
France de moyenne importance, puis à côté
se trouvent cinq petits modèles pour des
églises de campagne, puis des harmoniums
pour chapelles de catéchisme et même pour
salons où beaucoup de personnes cultivent
aujourd'hui, pour leur plaisir personnel,
l'harmonium, qui tient mieux les sons que
le piano, qui offre plus de ressources à cer-
tains points de vue et qui en tout cas l'ac-
compagne toujours agréablement, aussi bien
que le chant.
Tous les bois, les coffres sont en chêne
verni d'un joli travail ; certaines personnes
préfèrent simplement le chêne sous sa cou-
leur primitive ou seulement ciré, laissant au
temps le soin de lui donner cette teinte som-
bre, cette admirable patine qu'aucun vernis,
qu'aucune préparation ne saurait imiter.
Pour notre compte personnel [nous sommes
assez de cet avis. Mais, cependant, ce n'est là
qu'une question de goût et l'on ne saurait
nier combien est soignée la fabrication des
or^'ues qui sortent de la maison Dumont.
Mais ils sont surtout soignés au point de
vue de la fabrication technique, du son, des
effets obtenus et c'est principalement sur ce
point -— le plus important — qu'il nous pa-
BXPOftlTIONi BT GONGOUAS.
254
ralt intéressant d'insister tout particulière-
meol.
Il est évident que les harmoniums et or-
goes médiophones pour églises, sociétés
de chants et salons qui sortent de Timpor-
tante manufacture des Andelys sont tous
d*une exécution irréprochable ; quand nous
aurons ajouté qu'ilssont, en même temps et
suivant leur imp(»rtance, bien entendu,
d'un prix très abordable, on comprend
pourquoi ils se sontrépandus si rapidement
an peu partout en France.
La maison Dumont a su construire des
iostruments tout à fait réfractaires à l'hu-
midité, qui n*en souffrent pas et Ton ne sau-
rait croire combien ce résultat est impor-
tant, capital nous dirons, pour les églises
de province plus ou moins mal chauffées en
hiver et même pour les châteaux, les mai-
sons de campagne souvent fermées et dé-
laissées pendant la même rude saison :
être sûr de retrouver sa soufflerie intacte
constitue un avantage inappréciable pour
tous ceux qui savent ce que c'est qu*un har-
monium etqui aiment la musique.
X. Dumont a depuis longtemps obtenu ce s
excellents résultats et nous sommes heureux
de pouvoir le constater ici une fois de plus.
M. E. Cauvin-Yvose, dont la grande mai-
son centrale de la rue de Lyon, à Paris, est
ooonu dans le monde entier, possède aussi
des usines, des filatures, tissages et corde-
ries, ainsi que des succursales dans un grand
nombre de villes de France et d'Algérie, et
c'est ainsi que nous avons été charmé, si-
non étonné, de retrouver une de ses mai-
sons, fort bien installée, ma foi, à Rennes,
sur le boulevard Magenta, en descendant
de la gare.
Celte constatation doit suffire pour indi-
quer tout de suitequeson exposition doit être
importante. En effet, il a exposé tout une
série, toutes les gammes, on pourrait pres-
que dire, des toiles écrues imperméables et
peintes, des prélarts, des bâches et des sacs
qui sont vendus aux quatre coins du monde,
siDS exagération. On est vraiment étonné de
voir comment ces prélarts et ces bâches de
toutes couleurSjdepuis le vert jusqu'au rou-
ge, en passant par le havane et le bleu foncé,
sont d'un joli effet et parfois de nuances
vraiment très distinguées.
Notre collègue fabrique aussi des stores,
des bannes, des tentes de toutes dimensions
pour campement,pour bais,fétes ofticielles,
expositions, etc., et en parcourant le joli ca-
talogue illustré que ses employés distribuent
devant son exposition, on en arrive à se
demander, non pas ce qu'il fait, mais bien
ce qu'il ne fait pas avec ses toiles si diver*»
ses et si propres à tous les usages. Cette in*
dustrie a certainement pris une très grande
extension dans ces dernières années et,
étant donné, d'un côté la puissante instal-
lation de la maison Cauvin-Yvose^son souci
de faire sans cesse du nouveau et ses moyens
de fabrication et, d'un autre côté, le déve*
loppement incessant de nos colonies en
pays intertropicaux, on peut être assuré
que cette curieuse industrie des toiles écrues
imperméables n'a pas dit encore son der-*
nier mot. Partout où l'on aura besoin d'une
tente, d'un abri instantané, d'une salle im-*
provisée, d'un camp, d'une ville se dressant
de suite en attendant le maçon, on fera
appel aux produits si pratiques et si solides
de notre collègue. Autant dire que le cas
peut se présenter tous Les jours, sur tous les
points de la terre, partout où nous sommes
établis, où nous avons des intérêts. A ce
point de vue de l'exportation coloniale, l'in-
dustrie déjà si prospère de M. E. Cauvin*
Yvose nous a paru appelée à prendre rapi-»
dément un développement peut-être in<*
connu jusqu'à ce jour, et voiU pourquoi
nous avtînstenu à en direun mot en passant*
Nous avons dit plus haut comment TEx-*
position proprement dite, étant régionale,
était forcément resti^inte ; il est donc juste
d'ajouter que les organisateurs ont [su
grouper autour d'elle une série de concours
des plus importants etqui ont véritablement
donné un éclat particulier aux fêtes qui se
sont succédées à Rennes pendant le mois de
juin : concours musical ayant su grouper
3.500 exécutants, concours hippique^ con-
cours agricole, concours de gymnastique,
etc., etc. Parmi ces dei'oiers, les concours
^5 JOURNAL MENSUEL Dl
hippiques et agricole occupaient deux vastes
emplacements sur le Champ de Mars, de
chaque coté de Texposition, et comme i-l n'y
a que le dernier qui puisse intéresser plus
particulièrement nos lecteurs, c'est donc
le seul dont nous voulons nous occuper,
ici, en dehors de Texposition dont nous ve-
nons de faire un rapide compte-rendu.
Cependant, avant d'aller plus loin, il nous
« sera bien permis de formuler, en passant,
une modeste critique. En faisant pay^r un
franc pour visiter l'Exposition, ce qui est,
je crois, en dehors des abonnements, le prix
consacré partout, on faisait payer égale-
ment 25 centimes pour entrer au concours
hippique et autant pour entrer au concours
agricole, ce qui était bien modéré, mais il
fallait sortir de l'exposition pour aller visi-
ter ces divers concours et il semble que si
les trois champs d'Exposition ou de con-
cours avaient communiqué ensemble et si
ceux qui avaient payé leur franc avaient eu
le droit d'entrée directement dans les deux
concours, par des portes de communication,
sans être obligés de sortir, on aurait pu atti-
rer beaucoup plus de monde, surtout pen-
dant cette longue série de fêtes qui a duré
toute la première semaine de juin et qui, il
convient de le reconnaître, en dehors de la
Bretagne tout entière, avait attiré énormé-
ment de monde de partout et plus particu-
lièrement de Paris, dont la population est
toujours prête à courir les réjouissances
oflicielles et à profiter des billets de fa-
veur de tarif réduit, des trains de plaisir
que l'on met à sa disposition.
' Mais.en vérité,ce ne sont là que des criti-
ques de détail et que nous ne nous permet-
tons que pour démontrer une lois de plus
tout le plaisir que nous avons pris à Tinté-
ressante exhibition de Rennes.
Ceci dit en passant, examinons les exposi-
tions les plus importantes du concours régio-
nal agricole de Rennes qui s'est tenu du 29
mai ou7 juin 1897 et qui, toutes proportions
gardées, en définitive, apparaissait, par
certains côtés, comme beaucoup plus impor-
tant que l'exposition elle-même.
Du reste, en faisant cette constatation,
nous croyons n'être que les traducteurs (idè-
VACAJbiMlE NATIONALK. 256
les des sentiments mêmes des population^
agricoles et rurales de ces contrées qui ne
représentent pas encore la vraie Breta-
gne, qui sont établies sur plusieurs ancien-
nes provinces et dont l'esprit devient plus
ouvertchaque jour aux progrès delà science
et à ses incontestables bienfaits.
Aujourd'hui il n'est plus besoin de faire
de longues conférences pour faire compren-
dre aux paysans tous les bienfaits, toutes
les économies de temps €t d'argent à réali-
ser avec l'emploi raisonné et judicieux des
instruments, de la machinerie agricole et
et voilà pourquoi, chaque année,et fort heu-
reusement, nous avons à constater l'admira-
ble développement de nos concours agrico-
les jusqu'au fond desdépartements,réputés
comme étant les plus récalcitrants jusqu'à
ce jour.
Parmi les exposants qui ont installé l'en-
semble le plus complet des instruments
agricoles de toute espèce, il convient certai-
nement de citer, en première ligne, M. A.
Bajac, de Liancourt (Oisej. L'exposition de
noire collègue occupe une vaste partie du
centre du concours agricole et toute la sé-
rie do ses charrues et brabanls est surtout
fort remarquable.
Quand nous aurons dit que M. Bajac ex-
pose 115 pièces représentant tout ce que
l'on peut appeler la machinerie agricole,ou,
suivant une vieille expression consacrée par
l'usage, le mobilier de ferme: charrues, ra-
settes, herses, piocheurs, semoirs, arra-
cheuses, traîneaux, harnais, fouilleuses,
moulins à bras, etc., il nous semble que
nous n'aurons plus rien à ajouter pour don-
ner une idée de l'iinporlance de premier
ordre de l'exposition de notre collègue à
Rennes, et il ne nous restera plus qu'à le re-
mercier de poursuivre avec tant de persé-
vérance et, disons le bien vite, tant de
succès, son œuvre si utile de vulgarisation
de la machinerie agricole pratique à tra-
vers la France entière.
Rennes est entourée de contrées fertiles,
souvent encore un peu arriérés à ce point
de vue spécial et certes, M. Bajac ne pou-
vait pas trouver ua terrain plus utile pour
faire connaître et pour faire adopter la série
257
EXPOSITIONS ET CONCOURS.
258
siingënieufte et surtoutsi indispensable pour
l'igricullure, de ses admirables instruments
aratoires.
M. Jean Bernus, rue de Penthièvre,n* 4,
k Lyon, cipose une série d'objets d'un or-
dre plus restreint, intéressant plus particu-
lièrement le jardinage et qui néanmoins
semblai'^nt, pour la plupart, retenir très vi-
rement l'attention des visiteurs. Citons au
hasard ses pulvérisateurs, son pal injecleur,
ses pompes à purin ou pour jardin, ses ou-
tils de jardinage, ses divers ustensiles de
caves, ses barattes, etc., etc., qui, tous, sont
d'uDe exécution très soignée et d*un usnge
jouroalier à la campagne.
MM. Brouhot et Cie, à Vierzon, dans le
Cher» expose quatre machines, une à va-
peur, locomobile de 6 chevaux, une à pé-
trole de 4 chevaux, une machine à battre
de6 chevaux et une de 3 chevaux, qui sont
positivement des merveilles d'exécution et
de précision, d'un mouvement, et d'une
conduite relativement très faciles, après un
court apprentissage.
Le seul reproche que Ton pourrait peut-
èlre leur adresser, surtout pour les deux
premières, c'est leur prix encore relative-
ment trop élevé. On pourra nous objecter
qu'il est diflicile qu'il en soit autrement,
que même à ce prix, on réalise encore une
?i»S5e économie dans les fermes par l'em-
ploi de ces excellentes machines. Tout cela
eslclair, c'est entendu, mais cela n'empê-
ciie pas que nous voudrions les voir aborda-
Wes pour toutes les bourses à la campa^
^e, où souvent Ton n'est pas riche, ou
tout au moins pour tous les petits groupes
<ie deux ou trois cultivateurs qui se cotisè-
rent pour en faire l'acquisition.
Si l'on pouvait ainsi arrivera mettre ces
«cellentes machines relativement à la por-
tée de tout le monde dans nos campagnes,
ce serait certes un gi*and progrès accompli
ctroilà pourquoi il nous semble intéres-
«nt d'y insister tout particulièrement, en
Passant.
Dans un autre ordre d'idée.>, plus modes-
^au premier abord, mais non moins inté-
ressant, à la réflexion, M.J. Philippe, avi-
culteur à Houdan en Seine-et Oise, nous
montre une série de 22 numéros compre-
nant des couveuses artificielles, deséleveu-
ses,des gaveuses avec tous les accessoires qui
sont vraiment très dignes de retenir Tatten-
tion des fermières et même des simples
maltresses de ntaison à la campagne.
Tout le monde sait combien on a de mal
à obtenir des couvées régulières sur une
grande échelle dans les fermes et combien
il est difficile de les mener à bien. Et en di-
sant cela nous parlons simplement des œufs
de poules, couvés par des poules ; mais s'il
s'agit d'œufs de dindes ou môme de cannes,
les difficultés deviennent presque insurmon-
tables, il faut avoir toujours des poules cou-
veuses sons la main ou se résoudre à per-
dre ses œjfs aux quatre coins des haies qui
entourent les enclos, les vergers et les pâ-
turages de la ferme.
Avec ces couveuses artificielles, rien de
semblable à relouter, indistinctement les
œufs de poules, de cannes, de dindes, de
pintades,etc., arriventau monde et s*élèvent
lo'.u seuls, c'est bion le cas de dire, avec
la môme ponctualité, la môme régularité.
Voilà pourquoi nous signalons tout parti-
culièrement les appareils si simples et si
pratiques de notre collègue de Houdan à la
sollicitude des fermières et des ménagères
de nos campagnes, certains que nous som-
mes, à l'avance, de leur rendre une vérita-
ble service.
C'est de la maternité artificielle, soit, je le
veux bien, mais c'est de la maternité intel-
ligente et scientifique, guidée par la main
de rhomme et un thermomètre et,
voyez-vous, pour élever des poulets, de pe-
tits canards ou déjeunes dindes, c'est en-
core ce qu'il y a de meilleur, de plus sûr
et de plus pratique. Du reste, on le com-
prend si bien, même au fond de nos cam-
pagnes les plus reculées, que chaque jour
l'usage en devient de plus en plus général,
et c'est justice.
MM. Simon kreres, constructeurs de ma-
chines agricole, 70 à 74, rue Helain, à Cher-
bourg, ont une des plus' importantes expo-
259
JOURNAL 1UN8IIEL OB lVjU)^» NATIONALB.
260
gitioDS, qui ne comprend pas moins de 76
numéros ; la série de leurs broyeurs à bras,
k manège et marchant à laide d'un mo-
teur, de leurs manèges et de leurs malaxeurs
borizontaux ou verticaux.constitue certaine-
ment un des ensembles des plus complets
et des plus intéressants du concours agri-
cole. Nous en dirons autant de leurs barat-
tes dite monobatteur Simon qu'ils ont su
rendre aussi pratiques et aussi simples que
possible.
Puis viennent tous les accessoires, fort in-
génieux sans doute, mais de moindre im-
portance, comme les moules à beurre, les
tables à beurre, le pulpomètre Simon, etc. ,
sur lesquels il nous paraîtrait superflu de
nous arrêter, après Ténumération qui pré-
cède.
En somme, MH. Simon frères ont su réu-
nir là les spécimens les plus variés de leur
industrie et Ton ne peut que (U)nstater le
soin qu'ils apportent dans la construction
des machines agricoles.
f^a partie du concours consacrée aux ex-
posants producteurs n'était pas moins com-
plète et offrait aussi un réel intérêt, non
seulement pour les acheteurs, mais encore
pour tous ceux qui tiennent à se tenir au
courant des progrès très réels réalisés dans
ces dernières années par ce que nous serions
tenté d'appeler notre agriculture indus-
trielle et marchande au point de vue de la
production livrée directement au commerce.
C'est ainsi que nous devrons citer les fro-
magesdeNeufchâteldeM.IsiDORELEFEBVRE,
propriétaire-producteur à Nesle-Hodeng, par
Neufchûtel-en-Bray, dans la Seinelnférieu-
ro ; en plein centre de production, notre
collègue a su, depuis de longues années, se
créer une spécialité, en se consacrantexclu-
sivement à la fabrication des fromages con-
nus sous le nom de Neufchdtel et si jus-
tement appréciés. Aujourd'hui on peut
dire que sa marque est universellement
connue et a franchi depuis longtemps les
deux anciennes provinces de Normandie et
de Bretagne, et nous ajouterons, après avoir
dégusté ses produits, que c'est toute justice.
M. Hyacinthe Godbproy, à Orbec (Calva-
dos), se consacre plus spécialement à la fa-
brication des beurres frais et beurres demi-
sel si appréciés en Normandie et qui ont le
grand avantage de se conserver et de voya-
ger sans se détériorer. Ils ne se conserve
pas aussi longtemps que les beurres fondus,
bien entendu, mais il se conserve assez
pour supporter de longs voyages et être en-
core fort agréable à manger comme le beur-
re de table. Du reste, rien n'est plus simple
que de les faire dessaler au moment de les
servir dans la ravière,si on le désire. Ceux de
notre collègue nous ont paru préparés avec
un soin tout particulier et surtout admira-
blement lavés, entièrement débarrassés du
petit lait qui les t'ait surir si vite, inconvé-
nient que toutes les ménagères connaissent
bien. Les paysannes ont été souvent trop
rebelles aux nécessités de ce lavage minu-
tieux, et c'est ce qui explique, en partie, le
succès des entreprises de fabrication en
grand des beurres, avec les derniers perfec-
tionnements de l'outillage le plus complet,
comme celui de notre confrère.
Nous avons aussi remarqué dans son ex-
position des fromages, façon Camembert et
façon Livarot, excellents, parce qu'ils sont
faits avec des laits non écrémés. C'est là en-
core un point fort important, car malheu-
reusement en Normandie, comme ailleurs,
on est trop porté à faire des contrefaçons
à bon marché de fromages, avec des petits
laits écrémés qui n'ont pas plus de saveur
que de la colle de pûte prise à point. Tels
ne sont pas les excellents produits de M .
Godefroy et nous sommes les premiers ù
l'en féliciter; sa crème fraîche était égale-
ment excellente et ne le cédait en rien,
comme finesse et comme saveur,aux fameu-
ses crèmes de Blois, expédiées tous les ma-
tins dans des petits pots de grès, recouverts
de feuilles de vigne, et qui fait les délices
des gourmets de la capitale.
M. Eusèbo Chiffemann, u Lisieux (Calva-
dosj,est l'un des plus importants négociants
en fromages de la Basse-Normandie, et nos
lecteurs n'ont certainement pas oublié les
articles que nous avons consacrés ici-méme
261
EXPOSITIONS ET CONCOURS.
262
à ses excellents produits, et plus particuliè-
rement dans notre numéro du mois d'octo-
bre de Tannée dernière, à la page 481, à
propos de son Camembert phosphaté.
La série des fromages exposée par notre
collègue au concours agricole de Rennes
ne le cède en rien à celles (|uo nous avions
pu déjà examiner dans des exhibitions pré-
cédentes,et comme nous Tavions déjà cons-
lilê, on peut dire qu'il a su pousser cette
si intéressante industrie qui trouve des dé-
bouché maintenant un peu partout, dans
DOS colonies aussi bien qu'en Angleterre et
dans les pays d*outre*mer, à une rjre de-
gré de perfection. C'est là d'ailleurs ce qui
explique son succès et contribue chaque
jour à l'augmenter et à l'accroître sur des
bases durables.
M. Georges Jacquemin, de Malzéville
Mearthe et Moselle), chimiste-microbiolo-
gisle bien connu, qui possède aussi un la-
boratoire à Nancy et sur les remarquables
Invaax duquel nous avons eu, à maintes
reprises, l'occasion d'attirer l'attention de
DOS lecteurs, s'est adonné depuis longtemps
à la chimie biologique et a toujours dirigé
ses recherches vers les solutions pratiques.
Cest ainsi qu'il est arrivé à produire ses
levures sélectionnées qui rendent tant de
services dans les opérations de vinification,
etc., et dont nous retrouvons une intéres-
sante série d'échantillons à Rennes.
Ce sont là d'excellents produits, qui de-
mandent à être connus et on ne saurait trop
en répandre Tusage.
Etinaintenaut que nous sommes arrivé au
bout de ce compte rendu sommaire, nous
DeToalons pas le terminer, sans constater
encore une fois de plus l'eiïort vraiment
très honorable réalisé par la ville de Ren-
nes pour offrir une exposition intéressante
^ ses nombreux visiteurs et si elle n'a point,
<bns certaines de ses parties, toute Tam-
pleor que l'on aurait désiré, il faut du
moins reconnaître qu'elle est fort coquette
et que le concours régional agricole qui
«1 venu la doubler pendant quelques jours,
ao commencement de juin, a été, lui, très
réussi et très important.
Nous sommes d'autant plus heureux de
faire celte constatation que ce grand effort
ne sera pas perdu et que la vieille cité bre-
tone, aussi bien que la campagne environ-
nante, ne tarderont pas à en ressentir les
bien heureux effets.
Les concours et les expositions forment
pour nos cultivateurs comme la plus utile
des leçons do choses ; c'est là où ils savent
découvrir de nouveaux débouchés pour
leurs produits et qu'ils apprennent la né-
cessité de se procurer l'outillage agricole
qui leur fait encore trop souvent défaut.
A ce point de vue spécial ces expositions
régionales rendent chaque Jour des servi-
ces de plus en plus appréciées, de plus en
plus tangibles et nous sommes convaincu
que celle de Rennes pourra compter cette
année parmi les plus fructueuse*) et les plus
utiles pour ces départements de l'Ouest aux
productions si diverses et si intéressantes
pour la prospérité générale de la France f
EXPOSITION DE BRUXEULES.
L'Exposition internationale ouverte à
Bruxelles, dans le Parc du Cinquantenaire,
depuis le 24 avril dernier, n'était pas encore
complètement installée aux dates des 10 et
11 juin, soit cinquante jours après son ou-
verture officielle, et trente et un jours après
la visite d'inauguration de S. M. le Roi des
Belges qui avait eu lieu le 10 mai. Jusqu'à
présent, c'est cette Exposition de Bruxelles
qui, suivant le langage à la mode, détient
le record des retards dans l'achèvement. I^
fait est d'autant plus fâcheux que cette
Exposition est véritablement très brillante,
et qu'elle est digne de la réputation de ri-
chesse et de civilisation qui s'attache au
nom de la très industrieuse nation qu'est la
Belgique.
Au point de vue national, l'Exposition de
Bruxelles est tout à fait satisfaisante. Elle
manque peut-être de certains concours qui
avaient été assurés ù l'Exposition d* Anvers
de 1891, et, pour qui a conservé le souve-
nir vivace de cette Exposition d'Anvers, il
semble bien que la comparaison des deux
S63 lOORNAL MRNSUEL DR
grandes expositions belges ferait ressortir
certaines rivalités assez vives entre la capi-
tale politique et la métropole commerciale
du royaume. Mais enfin, si quelques-uns des
attraits de TRxposition d*Aiivers manquent
à l'Exposition de Bruxelles, il faut recon-
naître que celle-ci présente des avantages et
des mérites propres qui manquaient a celle-
là.
. Au point de vue international^ Bruxelles
1897 ne vaut certainement pas Anvers 1894.
Aucune des sections anglaise, allemande,
autrichienne, italienne, suisse, hollandaise,
espagnole, russe ou américaine de rex|)osi-
tion de Bruxelles n*est aussi belle et aussi
importante que l'était la section corres-
pondante d'Anvers, trois années aupara-
vant. Mais, il faut reconnaître que, par
compensation, la section française, déjà si
remarquable à Anvers, présente celte année
à Bruxelles un éclat qui, suivant l'expression
même d'un ministre belge, en fait le << joyau »
de l'Exposition.
A vrai dire, il semble que cette Exposition
de Bruxelles soit surtout une Exposition
franco-belge, plutôt qu'uneExposition inler
nationale, et, tout sentiment de chauvinis-
me mis à part, un Français peut se montrer
légitimement fier de constater que, dans ce
concours, la France paraît éclipser complè-
tement les autres nations. Mais il ne faudrait
pas oublier cependant que les industries de
grand luxe, ai brillantes et toujours si pros-
pères en France, ne sont pas les plus impor-
tantes pour la vitalité, pour la force et pour
la vraie richesse d*une nation.
Ce sont ces industries de grand luxe qui,
assurées de trouver une clientèle dans Taris-
tocratie et dans la riche bourgeoisie belg(^s,
ont contribué à donner à la section fran-
çaise, si grandiosement décorée et si luxueu-
sement garnie, un éclat véritablement in-
comparable. Il n'en peut résulter, dans tous
les cas, qu'un accroissement légitime de la
réputation de suprématie de la France dans
les industries d*art et de haut goût.
Une autre branche de la production hu-
maine dans laquelle la supériorité de la
France est peut-être encore plus indiscuta-
ble est celle des produits alimentaires. Ati^-
l'agademie nationale.
264
si la section franç^ïise devait-elle compren-
dre un superbe Palais de r Alimentation^
consacré au logement et à la présentation
de tous les produits naturels ou préparés,
envoyés par les exposants de France. Mais
ce Palais de TAlimentation était, de tous
les bâtiments, celui dont l'achèvement était
le plus en relard, et malgré qu'il ait été
inauguré le 16 juin parles ministres fran-
çais du commerce et des colonies, on ne
saurait espérer qu'il puisse être entièrement
terminé et complètement aménagé avant la
fin du mois de juin.
Au milieu de tous ces retards dans les
installations, i! va sans dire que la publica-
tion du catalogue général des exposants a
été le moindre souci des organisateurs.
Dans les bureaux du Comiié directeur de
l'Exposition, on n'avait pas la moindre idée
de l'époque à laquelle celte publication se-
rait faite, et nul employé n'osait être assez
altirmalif pour dire si le catalogue serait
édité avant ou après la clcUure de l'Expo-
sition elle-même.
Dans ces conditions, en l'absence d'an
catalogue ofliciel qui seul peut fournir une
base sérieuse de travail ordonné, il n'y
avait pas à songer à lentreprise de l'exa-
men méthodique des participations de nos
Sociétaires à l'Exposition de Bruxelles. Ce
n'est donc qu'au hasard de pérégrinations
plus ou moins aventureuses dans des gale-
ries encore livrées aux opérations d'ouvriers
charpentiers, menuisiers, tapissiers, pein-
tres ou vitriers, que nous avons pu remar-
quer les expositions do quelques-uns de
nos Sociétaires, expositions dont nous allons
rendre compte en suivant l'ordre alphabé-
tique des noms, sans distinction de natio-
nalité.
Bien entendu, ces premiers comples-r*n-
dus ne formeront qu'une série forcément
incomplète, qui devra être suivie d'une
autre série se référant à tous ceux de nos
Sociétaires exposants qui n'auraient pas été
mentionnés en premier lieu.
Suivant toutes probabilités, laseconde sé-
rie de nos comptes-rendus sera plus impor-
tante que la première. Il va sans dire que
nous recevrons avec empressement toutes
265
EXPOSITIONS ET CONCOURS.
206
i communications directes de ceux de nos
I Sociétaires qui tiendraient à nous signaler
certaines particularitésdeleurs participations
i rRxposilion bruxelloise.
M. BuAc, le constructeur universelle-
ment connu d'instruments aratoires, de
Liancourt (Oise), a tenu à faire figurer à
Broxellei quelque> spécimens de sa fabri-
cation. Nous remarquons une puissante
charrue défonceuse à bascule,dontles deux
âges sont munis chacun de 4 socs, et les
nouvelles charrues -brabants rauniesdegrif-
fns fouilleuses sur les côtés.
I La renomraéede la construction Bajacest
i d*aJHeurs aussi grande en Belgique qu'en
France, car notre Sociétaire a pris part avec
succès à différents concours agricoles prati*
qoes organisés chez nos voisinsdu Nord.
M\f. Joseph Bardou et fils, à Perpignan,
exposent dans une vitrine particulière les
différents échantillons de leur production
de papiers à cigarettes, dans tous les genres
admis par la consommation et sous les di-
verses formes usitées dans le commerce :
rouleaux, bobines, feuilles séparéeset cahiers
brochés. Nous remarquons les marques et
désignations suivantes :le Premier, le Nil^
Rosita^ Corcovita, papier au goudron de
Norvège^ papier à laigUy papier ri:{^ pa-
pier à la cuve, pur fil, etc.
Les étiquettes adoptées pour certains de
ces papiers sont en différentes langues sui -
Tant les pays de destination.
On sait que la fabrication délicate des
papiers à cigarettes n*est nulle part plus per-
fectionnéequedanslesusineset manufactures
de UM. Joseph Bardou et fils, dont les
produits sont classés au nombre des meil-
leurs.
MM. BocH frères, les grands céramistes de
la Louvière (Belgique), ont naturellement
l'one des plus belles et des plus attrayantes
iostallations de l'exposition. Leur fabrica-
tion s'étend des objets les plus ordinaires
en faïence pour usages domestiques, jus-
qu'aux pièces artistiques les plus délicates et
des plus grandes dimensions pour ornemen-
tation décorative. Nous voyons celle année,
pour la première fois dans les expositions
MM. Boch frères, des plats, vases et coupes
en faïences de couleurs sombres et à reflets
métalliques du genre de celles si admira-
bles qui ont assuré la notoriété du nom
de Massier, et qui sont fabritfuées en France
ù Vallauris et au golfe Juan dans le dépar-
tement des Alpes-Maritimes. Sans pouvoir
encore être comparées aux productions des
créateurs de ces faïences spéciales, les pro-
duits de ce genre exposés par MM. Boch
frères témoignaient du persistant effort de
ces industriels pour améliorer et grandir
constamment leur fabrication déjà si déve-
loppée et si perfectionnée. La manufacture
de MM. Boch est titulaire de notre médaille
de V" classe depuis 1857 et du Diplôme
d'Honneur de notre Société depuis 1868.
MM. BouLENGER et Cie, de Paris, exposent
de superbes spécimens de leur fabrication
d'orfèvrerie en argent massif ou en métal
argenté ou doré par voie galvanique. En
outre des services de tableconsistant en cuil-
lers, fourchettes, couteaux, tasses, timbales,
assiettes, soucoupes, théières, cafetières,
etc., des modèles les plus élégants et les
plus variés, MM. Boulenger présentent de
magnifiques surtouts de table, de^ services
à thé complets, des candélabres, des bou-
geoirs, des corbeilles ajourées, une splendi-
de garniture de table de toilette en métal
doré, style Louis XV, et plusieurs objets
d'art en argent et en vermeil choisis par le
ministère de Tagriculture pour constituer
ses grands prix cuUuraux. En 1891 la maison
Boulanger a obtenu le diplôme d'honneur
de notre Société, témoignage du rang élevé
auquel est parvenu le mérite de sa fabrica-
tion.
M. BrussoN jeune, à Villemur (Haute-
Garonne) a envoyé à Bruxelles une belle
vitrine renfermant des échantillons soignés
de sa triple industrie de la fabrication des
pûtes alimentaires, de la fabrication des
boitesdecartonnagesetdel'impression litho-
graphique. Nous avons expliquéen 1805,dans
notre compte-rendu de Texpositionde Bor-
267
deux renchatnement des circonstances qui
ont amené M. Brusson jeune, d'abord simple
fabricant de pâtes alimentaires: macaronis,
nouilles et pâtes découpées pour potages, à
confectionner lui-môme ses paquets et boî-
tes d'emballage et ensuite ses étiquettes, ce
qui Ta conduit à devenir fabricant de car-
tonnages et imprimeur lithographe pour le
compte d'autrui. Dans leurs trois genres di-
vers, les productions des établissements de
M. Brusson manifestent une supériorité de
qualité et de confection qui témoigne de la
vigilance avec laquelle « l'œil du maître »
surveille le travail dans tous les ateliers.
M, LÉOM Ghandora, de Moissy-Gramayel
(Seine-et-Oise), expose des tableaux repré-
sentant des plans et vues de travaux entre-
pris par ses soins pour opérer le drainage et
la mise enbonne condition d'exploitation de
terrains marécageux et improductils. Dans
ce genre de travaux, M. Ghandora a acquis
une très grande expérience personnelle qui
est la meilleure garantie du succès de ses
entreprises.
MM. Léon Chanée et Gie, fabricants d'é-
toffes d'ameublements et de velours, à Pa«
ris, exposent des pièces et bandes de leurs
tissus, dans les compositions et les dessins
des genres les plus nouveaux, en velours
en tapisserie, en satin, en étoffes brodées,
pQur tentures, rideaux et garnitures de
meubles. Les velours du genre Utrecbt fa-
briqués par la maison sont toujours parti-
culièrement remarquables par le bon goût
de leurs dessins et la solidité de leur con-
texture.
La maison Ghanéc possède des succursa-
les dans les principales villes de France et
tient une des premières places dans l'indus-
trie des étoffes d'ameublements.
M. GoLMAN, de Norwich (Angleterre), ex-
pose en une vitrine isolée des échantillons
des produits, poudre et huile, qu'il ex-
trait delà graine de moutarde. La poudre
jaune, désignée sous l'appellation de Cole^
man's Mustard, est assez connue du monde
entiei*, grâce aux prodigalités de publicité
JOURNAL MENSUEL DE l' ACADÉMIE NATIONALE. 26S
auxquelles elle a donné lieu, pour que nous
nous dispensions d'en parler à nouveau
dans nos colonnes.
M. CoNZA, à Paris, s'est réservé une vi-
trine dans la collectivité des industries du
papier (section française) à l'effet d'y pré-
senter un ensemble remarquable de bottes
en cartonnages pour confiseurs, dans les
genres les plus riches et les plus coquets.
Ces boîtes, dans des formes diverses et dans
différentes dimensions, sont recouvertes, ou
de papiersdécorés et imprimés de gracieuses
images, ou d'étoffes de satins, enrichies de
broderies ou ornées de peintures fines.
Cette présentation d'articles de choix
montre avec quels soins et avec quel bon
goût M. Gonza satisfait aux ordres qui sont
transmis à sa maison de commission par
les principaux confiseurs des cinq parties
du monde.
M. Cornu, à Paris, présente des spéci-
mens irréprochablesde ses capsules médica-
menteuses à base de gluten dont il réussit
la fabrication mieux qu'aucun de ses con-
currents. Les capsules à base^de gélatine que
prépare également notre Sociétaire, sont
d'une fabrication beaucoup plus courante
et n'offrent pas les mêmes garanties que les
capsules à base de gluten dont M. Cornu
s'est fait une spécialité.
MM. John Oewar et fils, distillateui's de
whisky, à Perth (Ecosse), ont installé, dans
la section anglaise, une jolie vitrine garnie
de bouteilles du whisky qu'ils livrent à la
consommation à différents prix, correspon-
dant aux différences d'âges et de qualités.
Le whisky de la marque John Dewar est
l'un des plus appréciés par les amateurs de
cette eau-de«vie de grains, et il y a lieu de
constater que, par son chiffre d'affaires, la
maison John Dewar et fils, dont le siège
commercial est à Londres, occupe une des
premières places dans le commerce des spi-
ritueux en Angleterre.
MM. Dt'BAiL, MoNNiN, Frossard etCie, de
Porrenlrug(Suisse), exposent quelques échan-
S69
EXPOSITIONS ET CONCOURS.
270
tilloDS de leur iabrication de montres en
acier, en nickel, en argent et en or. Cette
maison est titulaire de noire Diplôme d'hon-
neur depuis l'année 1890. L'année der-
nière, elle remportait à l'exposition de
Genève la plus haute récompense repré-
âenlée par une médaille d'or. C'est assez
dira que MM. Dubail, Monnin, Frossard et
Cie sont au nombre des fabricants de
montres les plus justement réputés dans
le monde entier.
M. FoRTiM, de Paris, a fait installer à lEx-
posjlion de Bruxelles, la grande Titrinesi
bien arrangée et divisée, dans laquelle il a
coutume de présenter les échantillons des
produits divers qu'il prépare ou fabrique
dans son usine de broyage de la rue Sedai-
ne. On voit, dans cette vitrine, toutes les
matières brutes ou préparées qui servent à
liiguisage et au polissage, tels que meules
dpicrres en grès ou en agglomérés d'émeri,
émeri en poudre de Naxos ou de Smyrne,
papiers et toiles d'émeri et de verre, pou-
dres de verre et de silex, brosses en iil d'a-
cier ou de laiton, rouge à polir, agates em-
iTianchées, etc.
Au reste, la maison Fortin est bien con-
ooe de tous les industriels qui ont à faire
usage de tous corps durs, et c'est à elle
qu'on a recours pour obtenir l'assortiment
le plus complet des produits employés au
polissage.
MM. Fry et fils, de Bristol (Angleterre),
présentent naturellement les échantillons
divers de cacaos et chocolats qui sont con-
nus de la consommation du monde entier
et qui sont particulièrement appréciés en
M. GAUTREAUjà Dourdan (Seine-et-Oise),
renvoyé une locomobile et une batteuse
qui, eertainement, donneront aux agricul -
teors belges une très haute idée de la cons-
truction française des machines agricoles.
MM. Giron frères, de Saint Etienne, ont
faitHgarer, dans les vitrines collectives des
tissus et des soieries, divers échantillons de
robans, de peluches et de velours, dans les
dispositions et les teintes les plus riches et
les plus élégantes. Pour ces produits, l'in-
dustrie française tient incontestablement le
premier rang, grâce à l'habileté et au bon
goût de manufacturiers tels que MM. Giron
frères qui, depuislSOO, possèdent le diplôme
d'honneur de notre Société.
M. Gouttière, à Paris, toujours sur la
brèche lorsqu'il s^agit de faire connaître et
apprécier les excellentes qualités des pianos
Elcké, a envoyé à Bruxelles six de ces ins-
truments, dont cinq droits et un à queue.
Les caisses de ces pianos sont très soignées,
mais d'un style sévère, qui prouve que le
fabricant tient surtout à faire estimer les
seuls mérites musicaux de ses instruments,
c'est-à-dire !a haute qualité de leur son et
la bonne tenue de leurs accords.
MM. Grobet frères, de Vallorbes (Suisse),
exposent des limes en toutes tailles et di-
mensions, dopais les plus petites et les plus
flnes pour ^horlogerie, jusqu'aux plus for-
tes à larges traits pour la serrurerie, la
charpente et la grosse mécanique. La vitri-
ne de ces fabricants renferme aussi des bu-
rins et grattoirs pour l'horlogerie et la gra-
vure sur métaux. Les limes et burins sont
d'une belle fabrication régulière et d'une
qualité excellente, grâce aux procédés de
trempe employés pour les durcir. Il y a déjà
longtemps que nous avons pu apprécier la
grande valeur de ces outils, pour lesquels
notre Société a décerné à MM. Grobet frères
un diplôme d'honneur l'année dernière.
MM. Grosselin père et fils, mécaniciens,
à Sedan (Ardennesj, construisent spéciale-
ment les machines pour la fabrication, le
travail et l'apprêt des tissus de laine et de
coton. Ils présentent plusieurs de ces ma-
chines^ parmi lesquelles la plus intéressante
était une machine à lainer à 24 travailleurs
prismatiques d'un nouveau modèle, machine
destinée au travail des tissus de coton.
Les machines de MM. Grosselin père et fils
sont d'une construction robuste et soignée
et d'un agencement ingénieux, qui les font
hautement estimer par tous les praticiens.
271 JOURNAL MENSUEL DE
Depuis 1805, notre Diplôme d*lionneur a
sanctionné les mérites de la fabrication de
MM. Grosselin père el fils.
M . Won GRUEL,de Paris, montre que l'art
do la reliure est toujours pratiqué dans ses
ateliers avec une habileté et un bon goût
qui ne sauraient être surpassés. En outre des
livres superbement reliés, nous remarquons
dans la vitrine de M. Gruel des coffrets recou-
verts de maroquin gaufré et doré, avec
ornements variés et élégants. On ne saurait
tirer meilleur parti des simples peaux de
maroquin qui, ainsi employées, deviennent
une matière de grande valeur artistique.
M . GoiLBEftT-M AUTiN, de Saint-Denis (Sei-
ne), présente des pièces de mosaïque sur
fond or et sur fonds blancs ou colorés de la
plus parfaite exécution. Parmi ces pièces
figurent plusieurs fragments destinés au tom-
beau de l'illustre Pasteur. On sait que la
réputation de mosaïste de M. Guilbert-Mar-
tin est universelle.
M. Hauton, à Saint-Nazaire, présente des
litres de son Brillant-oriental et des boîtes
de son Encaustique oriental^ produits qui
servent à la mise en couleur et à Tentrelien
des parquets et des meubles. Les produits
de M. Hauton seront particulièrement ap-
préciés en Belgique où le souci de la pro-
preté et du bon entretien des parquets et
des meubles est Tune des vertus nationales.
M. HïciNRiCHs, à Hodimont-Verviers, a
installé Tune des machines à vapeur qui
fournissent la force motrice dans le Palais des
Machines. C'est une machine à un seul cy-
lyndre, d'une force de 150 chevaux, à qua-
tre tiroirs semi-rotatifs commandés par grou-
pes de deux, au moyen de deux excentriques
de calages différents. La marche de cette ma*
chine était des plus régulières et des plus
silencieuses, ce qui est la garantie d'un fonc-
tionnement parfait aussi économique que
possible.
M. Heinrichs, qui a obtenu notre médaille
d'or en 1895, acquiert, par sa participation à
l'agalémib nationale. 272
l'Exposition de Bruxelles, un nouveau titre
à nos récompenses.
M. Henbicet, à Nantes, a tenu à faire con-
naître aux poptUations belges le papier Fru •
neau contre l'asthme, dont il est le prépa*
parateur. et qui trouverait certainement de
fréquentes occasions d'emploi au milieu du
climat humide des Flandres.
M. HuRLOT, à Paris, est l'un des plus im-
portants batteurs d'or de France. Il présente
en une grande vitrine isolée des cahiers d'é-
chantillons de feuilles d or dans les diverses
teintes jaunes, rouges et vertes demandées
par les diverses branches de la dorure.
Un tableau graphique placé au milieu de
la vitrine énumèie les principaux ouvrages
de dorure, remarquables par leurs dimen-
sions et leur destination, qui ont été exécu-
tés dans l'univers entier en employant les
feuilles d or de la maison Hurlot. Obser-
vons que des échantillons de ces feuilles
figurent au Conservatoin des Arts etMétiei^s
de Paris et au Musée royal technologique de
Buda-Pesth, comme les spécimens les plus
parfaits des produits de Tiridustriedu batta-
ge d'or.
Dans le battage du platine, qui est beau-
coup moins malléable que l'or, M. Hurlot a
obtenu des résultats supérieurs à ceux d«s
maisons concurrentes, et il présente égale-
ment dans sa vitrine des feuilles de platine
mesurant 22 ) millimètres de largeur qui
sont les plus grandes exécutées jusqu'à ce
jour. Le médaillierde la maisonHurlot com-
prend une médaille d'argent obtenueà l'ex-
position de Paris en 1889. Il est à espérer
que la récompense de l'exposition de
Bruxelles sera d'un ordre supérieur.
Dans la classe de l'économie sociale,
M. Hurlot expose en un tableau très claire-
ment disposé les résultats produits par la
caisse d'assurances en cas de maladie qu'ila
organisée en faveur de son personnel. Cette
caisse assure des indemnités journalières
très raisonnables aux ouvriers atteints de
maladies les retenant à la chambre. £lle
est alimentée par de légères retenues sur le
salaire du personnel et surtout par les libéra*
273 EXPOSITIONS
lités du patron qui couvre toujours les défi-
cits de la caisse lorsque les indemnités ver-
sées aux ouvriers ou ouvrières malades dé-
passent le montant des retenues réalisées.
Il Y là une institution philanthropique
qai est digue de servir d'exemple à tous les
palronset qui honore grandement M. Hur-
lot.
M. JiLENER, à Paris expose des albums
photographiques, des paroissiens et des li-
vres d'apparat dont les couvertures sont ri-
chement garnies et ornementées en toutes
matières: cuir, bois, ivoire, nacre, argent,
etc La sculpture, la dorure, la ciselure, le
repoussage, la gravure, etc., sont les arts
mis à contribution par M. Jeener pour
constituer les revêtements de livres les plus
luxueux qui se puissent imaginer. C'est de
la belle reliure, complétée par de Vorfèvrc-
rieet toutes autres industries artistiques.
L'exposition de M. Jeener est au nombre de
celles qui témoignent le plus hautement de
la supériorité de Tinduslrie parisienne.
MM. Amédée KoHLEnet fils, de Lausanne,
Dot installé dans la section suisse une su-
perbe \itrine en menuiserie artistique dé-
corée d'ornements en fer forgé, renfermant
les divers échantillons deleur chocolaterie,
parmi lesquels le chocolat dit à la noisette
jouit d'une réputation véritablement uni-
Terselle. L'excellente fabrication de MM.
Kohlerest assez généralement connue pour
que nous n'ayons pas besom d'en renouve-
ler les éloges.
M. Ferdinand Leborgne, fabricant de ta-
pis et d'étoffes d'amenblements à Lannoy
Nord), présente de magnifiques spécimensde
ses diverses fabrications. Les dessins en
sontiins et élégants et les teintes aussi va-
riées que bien choisies. Quanta la contex-
toredes tissus, de laine ou en soie, elle est
absolument parfaite. Au reste, la manufac-
ture de M. Leborgne est classée au premier
•^Dg pour la perfection de ses produits, et
«supériorité est consacrée par les plus hau-
!♦« récompenses remportées dans toutes les
«positions.
ET CONCOURS.
274
M. Maugin, de Paris, a envoyé à Bruxel-
les une supeibe collection de panneaux
décoratifs en tôle émnillée. Ces panneaux
sont bien moins coûteux que la faïence
ornée, se posent plus facilement et n'ont
pas la même fragilité ; ils offrent en outre
l'avantage de la mobilité, pouvant être
déplacés et transportés facilement, ce que
ne permettent pas les revêtements de
faïence. Ils forment une nouvelle classe
intéressante de motifs de décoration, soit
pour l'intérieur, soit pour l'extérieur des
maisons d'habitation. L'exposition de M.
Maugin comprend aussi des pots à lait,
agencés d'un système de fermeture herméti-
que rapide, qui est fort ingénieux.
MM. DE Naeyer et Cie, (le Willebroek
(Belgique), ont réalisé l'installation particu-
lière la plus considérable de toute l'Exposi-
tion de Bruxelles. Cette installation est
d'ailleurs en rapport avec la grande impor-
tance industrielle de cette maison qui
compte de si intéressantes branches de fa-
brication, telles que la grosse chaudronne-
rie, la construction mécanique et la confec-
tion des papiers bruts ou apprêtés pour
tous usages.
Les chaudières dites multitubulaires et
inexplosibles, dont nous publions la gra-
vure dans nos feuilles d'annonces, offrent
de telles qualités qu'elles ont été choisies
par les services d'organisation de l'Exposi-
tion pour la production de la vapeur de-
vant être fournie aux machines motrices.
Les géoéiateurs ainsi fournis et installés
pour MM. de Naeyer et Cie représentent
une force totale de 4000 chevaux. Il va sans
dire que le fonctionnement régulier et éco-
nomique de ces générateurs ne laisse abso-
lument rien à désirer.
Dans la Galerie desMachines, un puissant
moteur à vapeur, construit par MM. de
Naeyer et Cie eux-mêmes, met en mouve-
ment de gigantesques mécanismes qui, trai-
tant de simples bûches de bois, leur font
subir, sous les yeux du public des transfor-
mations successives aboutissant a la confec-
tion de bobines de papier pour journaux.
Il faut voir Témerveillement et Tadmira-
275
tlon de la foule devant la marche régulière
de tous ces mécanismes, et particulièrement
devant la pi*odigieuse machine qui recevant
la pâte liquide à l'une de ses extrémités
enroule une feuille continue de papier sec
sur une bobine géante à l'autre extrémité !
La machinerie préparant la pâte de papier
est représentée par une meule écorceuse,
enlevant rapidement Técorce des bûches de
bois qui lui sont présentées ; par une
meule défibreuse ou déchiqueteuse qui ré-
duit ensuite les bûches écorcées en des
fragments dont la plus grande dimension
n'atteint pas deux centimètres, et en des
chaînes élévatoires à godets qui, ramassant
les fragments déchiquetés, les versent dans
des cylindres digesteurs^ où la trituration
avec des produits chimiques appropriés les
transforme en la pâte de bois, qui sert de
matière première à la machine consacrée à
la fabrication directe du papier.
D'autres machines fonctionnent encore
dans l'installation deMM.de Naeyer ser-
vant à faire subir au papier toutes les pré-
parations: glaçage, découpage, pliage, ré-
glage, etc., qui le présente sous la forme dé-
finitive où il entre en usage.
Enfin mentionnons une installation con-
sidérable pour la fabrication de la glace en
longs prismes quadrangulaires. Bien
qu'ayant cessé d'être les concessionnaires
de la Cie des procédés Raoul Pictet, MM. de
Naeyer et Cie continuent la construction de
puissantes machines à glace, d'après un
système particulier, machines dont le ren-
dement est très économique.
L'ensemble de toutes ces installations iait
ressortir, pour la société de Naeyer et Cie
une puissance industrielle des plus impor-
tantes, dont il est peu d'exemples en £u *
rope.
Dans l'un des plus élégants salons instal-
lés par un groupe d'industriels parisiens,
nous remarquons et admirons un grand
▼ase décoratif en marbre rouge, orné de
serpents et d'une bordure en bronze, qui
est préseaté par la maison Parfonry et
HuvÉ FKÈREs, de Paris. Cette superbe pièce
semble destinée à l'ornementation de quel-
JOURNAL MENSUEL DK !l'aCAOÉIIU NATIONALE,
276
que salon de château royal ou impérial. Elle
témoigne en faveur de la bonne organisa-
tion artistique de la maison qui raexéculée.
MM. Paupv frères, de Paris, exposent
des spécimens de leurs carreaux de plâtre
en différentes formes et dimensions, pour
constructions d'intérieur rapides, économi-
ques et légères. Les formes de carreaux
remplaçant le hourdis ordinaire pour
planchers et plafonds, nous semblent parti-
culièrement intéressantes ; elles sont plus
économiques que les pièces semblables en
terre cuite. L'installation de MM. Paupy
frères est agencée de façon à montrer l'em-
ploi et la disposition de ces formes sur les
poutrelles ordinaires. Des photographies
encadrées reproduisent des vues intéres-
santes des établissements du MM. Paupy
frétées, dans la rue du Dessous-des Berges.
M. Jules Richard, de Paris, expose un
certain nombre des instruments de mesure
et de contrôle pour les sciences et l'indus-
trie, dans la construction desquels il a ac-
quis une réputation universelle. La plupart
de ces instruments peuvent être, à volonté,
dotés de mécanismes enregistreurs de la
plus grande utilité. L'emploi des enregis-
treurs Richard est de la plus haute impor-
tance pour toutes les branches d'industrie,
car ils permettentauxchefsd'établissements
de contrôler ce qui s'est fait pendant luur
absence et d'en tirer des indications pou-
vant servir à l'abaissement de certains frais
généraux. La maison Richard, qui est titu-
laire de quatre grands-prix aux expositions
universelles et de dil-huit diplômes d'hon-
neur, sans parler des médailles, fournit les
grandes administrations, les grandes usines
et les principales compagnies d*électricité.
MM. RicQLics ET Cie:, de Lyon, ne pou-
vaient manquer de faire figurer, en bonne
place, à TExpositioii de Bruxelles l'élégante
vitrine qu'ils savent si bien garnir des tU'»
cens de différente^grandeursremplisdeleur
alcool de menthe^ si connu et si apprécié. Il
n'en peut résulter qu'un accroissement de
la vogue de cet excellent produit.
277
EXPOSITIONS ET CONCOURS.
278
M. RucH, directeur de la Société fran-
çaise des couleurs d'aniline, à Pantin, ex-
pose des matières colorantes de sa fabrica-
tion, renfermées dans des bocaux, et dos
écheveaux de fils de laine et de coton teints
ea différentes nuances à Taide de ces pro-
duits. Il y a là une exposition un peu spé-
ciale, mais qui offre un grand intérêt à Tin-
duslrie de la teinture, car les matières colo-
rantes exposées par M. Ruch offrent des
avantages marqués sur les produits similai-
res rois en vente par d'autres manufac-
ture.
M.Seguin, de Bordeaux, présente les pro-
duits dentifrices : eai^ pâte et poudre, pla-
rés 80QS régide des Bénédictins de Tabbaye
de Soolac et dont la vogue ne cesse de s'é-
tendre grâce à leurs excellentes qualités.
MM. Simon frères, de Cherbourg, ont
eoToyéquelques pressoirs, moulins broyeurs
de pommes, malaxeurs de beurre et barattes
ioionobatteur. Les appareils de beurrerie
et notamment les barattes à monobatteur,
rotte création récente de MM. Simon frères,
seront sûrement appréciés par les agricul-
teurs des riches campagnes des Flandres où
ia production laitière a une si grande im-
portance.
MM. SucHARo et C'^ydeNeuchatel ^Suisse),
ont fait édifier dans les jardins de l'exposi-
lion uu pavillon pour la dégustation de
leurs excellents produits : cacaos et choco*
iats, et ont installé, à Tintérieur des galeries,
dans la section suisse» en même temps
qu'un comptoir de vente, assorti des échan-
tillons Taries de leur production, un kios-
que superbe renfermant des photographies
de leurs usines, ainsi que les intéressantes
figurations en relief, de leurs établisse-
ments et de leurs plantations. Nous avions
ni et remarqué tout c^la l'année dernière à
l'exposition de Genève, mais l'intérêt est
forcément nouveau pour la plupart des
visiteurs de l'exposition de Bruxelles.
De Tensemble de l'exposition de MM. Su-
chard et C et de la dégustation de leurs
produits, il se dégage l'impression que cette
importante maison tient une des premières
places dans l'industrie de la chocolaterie
qui compte tant d'industriels puissants.
M. Charles Schmautz, de Paris, expose
des rouleaux garnis de cuir employés dans
l'impression lithographique, f^ confection
soignée et régulière de ces instruments et
l'excellent choix des matières premières qui
les composent ont valu à la fabrication de
M. Schmautz une réfutation étendue qui
fait que sa clientèle n'est pas limitée aux
seuls imprimeurs lithographes français.
M. F. Tison, architecte-ingénieur, à Lille,
se préoccupe, dans tous ses travaux, des
considérations d'hygiène qui sont trop sou-
vent négligées par ses confrères. Tous ses
projets, toutes ses conceptions sont domi-
nés en première ligne par la question hy-
giénique. Aussi a-t-il remporté une médaille
d'or à une exposition d'hygiène qui sest
tenue à Lilie il y a quelques semaines.
A l'exposition de Bruxelles, M. Tison tait
figurer quatre tableaux représentant, en
plan et en coupe, avec tous les détails utiles
propres à Tex^ution :
l"* une maison pour habitation ouvrière ;
2^ une fenêtre de mansarde avec appui et
jet d'eau à l'extérieur, de façon à rendre
les infiltrations d'eaux de pluio, par vents
fouettants, absolument impossibles ;
3"* un calorifère à combustion lente avec
double fermeture à Teau et au sable, assu-
rent l'herméticité absolue ;
4** un filtre à eau à pression, dans lequel
l'eau entre par le bas, et sort par le hau t
d'un cylindre, après avoir traversé des cou-
ches successives, séparées par des toiles en
crin, de brique concassée, de pierre ponce,
de charbon de bois, de noir animal et de
gravier gros et petit. Ce filtre est à la fois
décx)lorant et désodorant, et assure une
purification complète de Veau traitée. L'eau
entrant par le bas du filtre, le nettoyage
s'opère aisément, sans démontage, par sim-
ple renversement du coui'ant d'eau.
Il serait vraiment à désirer que les idées
pratiques de M. Tison fussent plus souvent
appliquées dans les constructions publiques
279
lOORNAL HKN8UBL ÙE
et privées, au grand profil de l'hygiène des
populations.
M. ViAUD, constructeur d'instruments ara-
toires, à Barbezieux, a envoyé à Bruxelles
quelques charrues-brabants de sa construc-
tion, dont la tête basculante à ressort
amortisseur incassable sera certainement
remarquée parles agiMCulteurs belges.
MM. ViBERT Fnfc:ni£s, de Paris, dont les mul-
tiples produits do parfumerie fine conquiè-
rent une place chaque jour grandissante
dans la faveur du public, ont fait installer
à l'exposition de Bruxelles une très jolie vi-
trine garnie de tous les échantillons divers
de leur fabrication. La façon élégante dont
ces produits sont présentés au public est
une garantie des soins qui président à leur
préparation et qui leur «issurent des quali-
tés réellement supérieures.
Nous terminons ici notre premier compte
rendu de l'Exposition de Bruxelles, compte
rendu qui est nécessairement fort incom-
plet, en raison des retards subis par Taché-
vement des installations de l'Exposition et
par la publication du catalogue. Lorsque
nous serons en possession de ce document
officiel, nous reprendrons notre examen de
la brillante Exposition belge et nous com-
blerons les lacunes nombreuses que pré*
sente fatalement ce premier compte rendu.
l'agademib nationalb. 280
lité est le rendez-vous de nombreux bai-
gneurs et touristes qui y trouvent en même
temps qu'un climat salutaire, des distrac-
tions de toules sortes :
Les demandes de renseignements doivent
être adressées sans retard à la Direction de
TExposition à Arcachoii-les-Bains (Gironde).
EXPOSITION INTERNATIONALE
D*ARCACHON
Une Exposition internationale, sous le Pa-
tronage de la Municipalité, s'ouvrira le 15
juillet prochain, à Arcachon-les-Bains ^Gi-
ronde) .
Elle comprendra tous les produits du
commerce, industrie, hygiène, alimentation
et beaux-arts. Les demandes d'admission
seront reçues jusque fin juillet.
Cette exposition aura un grand succès,
Arcachon étant une de nos stations balnéai-
res les pins fréquentées, ainsi que le cons-
tate la statistique officielle qui établit un
mouvement de plus de 500.000 voyageurs.
Située à une heure de Br»rdeaux, cette loca-
EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1000
Les travaux préparatoires des construc-
tions ù édifier pour TExposition universelle
de Paris en 1900 se poursuivent avec une
activité normale.
La démolition du Pavillon de la ville de
Paris est complètement achevée. Celle du
Palais de Tlndustrie, momentanément en-
travée par l'existence du Salon de peinture
et sculpture, est poursuivie avec unegrande
activité depuis la clôture de ce Salon.
La démolition du Dôme central du
Champs-de Mars et de la galerie dite de
trente mètres est en cours d'exécution.
On a procédé méthodiquement à Penlè-
vement des terres végétales sur l'emplace-
ment des fouilles pratiquées pour la conit-
truction du grand Palais des Champs-Elysées.
Ces terres n'ont point été envoyées à une
décharge publique comme cela se fait dVi r-
dinaire, mais transportées au Ghamp-de-
Mars, où, exposées à Tair et à lu lumière,
elles subiront une sorte de revivification
par absorption d'azote, ce qui leur permettra
d être employées utilement pour l'établisse-
ment des jardins de l'Exposition autour des
Palais.
On travaille activement à la démolition
des bâtiments situés à l'angle du quai d'Or-
say, près du pont de l'Aima, où seront ins-
tallés au mois d'octobre prochain les servi-
ces administratifs de l'Exposition. Ces divers
services se trouveront ainsi placésà distance
intermédiaire entre les Champs-Elysées, le
Champ-de-Mars et l'Esplanade des Invali-
des, ce qui facilitera la surveillance des
divers chantiers, et ce qui ménagera au
public un accès plus aisé aux bureaux du
commissariat général et des services d'ar-
chitecture et de construction .
Tous les Comités départementaux nom-
281
INDOSTRIK.
282
mes par arrêté ministériel en date du 30
octobre 1896 ont élu leurs bureaux et ont
commencé à fonctionner. M. Alfred Picard,
commissaire général, a appelé particulière-
meot l'attention des Comités sur la néces-
sité d*opérer une sélection sévère des pro-
duits présentés pour élre exposés ; cette
sélection doit être le véritable moyen de
rendre l'Exposition tout à la fois intéres-
sante et instructive dans toutes ses branches.
Le Directeur général adjoint de Texploi-
latioD de la section française, H . Dervillé,
n adressé aux présidents des chambres de
commerce des exemplaires du règlement
général et de la classification, et des for-
moles dedemandes d'admission. Lesdeman-
des d'admission des exposants des départe-
ments doivent être établies sur ces formules
et transmises par l'intermédiaire des Comi-
tés départementaux .
Le ministère du commerce a publié l'ar-
rêté fixant les clauses et conditions généra-
les imposées aux concessionnaires d'expo-
sitions payantes , cT établissements de spec-
tacles et de consommations et d'établisse-
ments similaires.
Cet arrêté renferme les dispositions rela-
tives aux adjudications et actes de conces-
sions de gré à gré, aux projets, exécution et
entretien des ouvrages, à l'exploitation, etc.
Il spécifie que les concessionnaires doivent
justifier des qualités et ressources nécessai-
res au succès des entreprises, qu'ils sont
tenus déverser des cautionnements et qu'ils
doivent élire domicile à Paris.
En outre, les concessionnaires sont invités
à présenter, à l'appui de leurs demandes,
les projets d'ensemble des constructions ;
les projets du détail doivent être soumis,
dans les deux mois qui suivent l'approba-
tion des premières études, au commissaire
général qui se réserve le droit de les modifier.
Les intéressés pourront se procurer un
exemplaire de cet arrêté au (Jlommissariat
général de l'Kxposition, avenue delà Bour-
donnais, 26.
Enfin, signalons que, dans tous les pays
étrangers, l'idée de la participation à l'Ex-
position de Paris rencontre le plus sympa-
thique accueil, et que la plupart des gouver*
nements semblent disposés à favoriser tous
les efforts tendant à assurer le plus d'éclat
possible aux sections respectives de leurs
nations.
INDUSTRIE
I^RRONNERIE D'ART
de M. Louis Tellier aine.
177, rue Léon Gambetta, àLille.
Notre Sociétaire, M. Louis Tellier aine,
entrepreneur de serrurerie à Lille, complète
^es travaux purement industriels pour des
travaux artistiquesen fer forgé pour lesquels
ilsesent une inclination personnelle irré-
sistible.
Déjà en 1892, des travaux de ferronnerie
rf'art exécutés par M. Louis Tellier aine,
avaient été examinés par notre collègue,
^' Tison, ingénieur architecte de la même
vide, et avaient fait l'objet d'une apprécia-
tion des plus favorables qui fut sanctionnée
par l^attribuation ultérieure de la médaille
d'or de notre Société.
Depuis cette époque, M. Louis Tellier s'est
encore perfectionné dans cet art du fer for-
gé si difficile, mais si souple et si attrayant
et, considérant qu'il était arrivé à la pleine
maîtrise de sa production, il a présenté à
une exposition qui s'est tenue cette année à
Lille un ensemble de travaux variés duplus
grand mérite.
Voici comment un journal spécial a rendu
compte des objets exposés par M. Louis Tel-
lier aine :
« Il y a là toute une sériede travaut en fer
forgé, sans rivets ni adjonctions de parties
en cuivre ou en fonte, qui méritent toute
Taltention des artistes.
2^3 K)UIINAL MENSURL OC
« Ces travaux ont élé exécutés soit par
M. Louis Tellier lui-même, soit par ses
ouvriers, sous sa direction. Ce sont des créa-
tions personnelles de cet habile ferronnier
ou des compositions de MM. Cordonnier,
Newnam, Beitaut, etc., architectes.
« On admire surtout une magnifique
grille, entièrement en fer forgé, dont toutes
les pièces principales ont été faites par
M. re///er/w2-m^me.Nous signalerons parti-
culièi^ment, dans cette grille, une grappe
de raisin placée au centre, et dont chaque
grain est soudé à part ; puis les deux tteurs
de ta partie supérieure, ne présentant m vis
ni rivets ; la poignée de la porte, et le cor-
don formé d^unhomme sortantde la gueule
d'un monstre marin, etc.
« Ces travaux font grand honneur à M.
Louis Tellier aiué, qui a fondé sa saison en
1888, et qui, «Is de ses œuvres, est arnve
à une belle situation par son seul mérite.
Ce véritable artiste mérite d'autant plusd é-
loges qu'avant lui, la serrurerie d'art péri-
l'académie nationale. 2S4
datait à Lille, et qu'on n y exécutait plus ces
ornements si décoratifs, en fer forgé, en tôle
repoussée, etc., dont les architectes français
aiment avec tant déraison à tirer parti.
« Il a obtenu aussi un grand succès à Duo-
kerque, en exécutant les grilles très remar^
quées du Crédit lyonnais de oette ville. Ces
grilles sont la reproduction exacte de celles
de THâlel de Ville de Paris, qu'il avait co-
piées lui-mêmos avec le plus grand soin. »
Ayant fait appel une seconde fois à Tobli-
geance de notre collègue M. Tison pour en
obtenir une nouvelle appréciation des tra-
vaux de M. Louis Tellier atné, nous en
avons reçu un rapport des plus élogieux
pour Tartiste ferronnier, dont les travaux
sont estimés par ce juge compétent comme
arrivés au combledela perfection et comme
méritant la plus haute de nos distinctions.
Cette conclusion sera soumise en temps vou-
lu à la ratification de notre Comité des Ré-
compenses.
COMMERCE
LE COMMERCE EXTÉRIEUR DE LA
FRANCE
L'administration des douanes a fait pu-
blier la statistique suivante des résultats du
commerce extérieure de la France pendant
les cinq premiers mois des années 1897 et
1^96:
IMPORTATIONS l^ 1^
Objets d^ïiimentatioa 363.704.000 430.264.000
^f &stHr*!?! 1.052.261.000 l.o20.116.000
Total 1.679.152.000 1.:13.337.000
EXPORTATIONS
Objets alimentation 274.056.000 264.854.000
''fiastdr'!''' 305.811.000 342.815.000
Colis postaux 71.19:5.000 61. 385.000
Total 1.530.657.000 1.428.585.000
Les indications qui se dégagent de ces dif-
férents chiffres sont entièrement satistaisan-
tes à tous points de vue.
La diminution de 34.185.000 fr. dans les
importations s'ajoute à Taugmenlation de
102.102.000 fr. dans les exportations pour
constituer, dans la balance du commerce,
un solde en notre faveur de 136.287.000 fr.
Il importe aussi de remarquer que si les
importations totales sont en diminution de
34 millions, par suite d'une réduction de
plus de 66 millions dans les objets d ali-
mentation, il y H eu cependant accroisse-
ment de 32 millions dans Tentrée des ma-
tières premières nécessaires à l'industrie.
Or, Taccroissement de ce chapitre spécial
des importations doit être considéré comme
plutôt satisfaisant que fâcheux, attendu
qu'il est le symptôme d'un redoublement
d'activité dans les industries nationales qui
mettent en œuvre les matières premières
provenant de Tétranger.
Si nous comparons les chiffres afférents
aux cinq premiers mois de Tannée à ceux
qui concernaient les quatre premiers mois,
nous obtenons les résultats suivants pour
les deux mois de mai 1890 et 1897.
2fô
Mai 1896
3te. 895.000 fr.
270.916.000 fr.
Mai 1807
315.587.000 fr.
357.495 000 fr.
Inportatioiis..
ExporUtioDS..
Ensemble 613 Sll.OuOfr. 673.082.000 fr.
Il ressort de ces chiifres que le mois de
oii 1807 a présenté un ensemble de tran-
sadkms supérieur d'environ 60 millions à
celoidu mois de mai 1897. Mais ce qui est
plus satisfaisant encore, c'est que le solde
6t h balance du commerce qui ressortait
po8f environ 72 millions d notre détriment
en mai 1896, s'élève, en notre faveur, à
39.908.000 fr. en mai 1897. On peut donc
dire que les échanges commerciaux de no-
tre pays durant le mois de mai dernier ont
prudoit des résultats se chiffrant par près
de 110 millions à notre avantage, compa-
mivement aux résultats du mois correspon-
dant de Tannée dernière.
EqGd, constatons que le phénomène de
la supériorité de nos exportations sur nos
importations, phénomène qui s'était mani-
f«téau mois d'avril dernier pour la pre-
mière fois deppis peut-être quarante ans,
s'est oon-seulement reproduit, mais même
icoeotué durant le mois de mai . En etiet,
Uodisque l'excédent des exportations sur
la importations en avril ne s'était élevé
qu'à 17.896.000 fr., il a atteint pour mai le
djiffre de 39.903.000 fr.
Les résultats commerciaux du mois de
osai, au point de vue de nos échanges exté-
riears. doivent donc être considérés comme
toot à fait satisfaisants. Il ne reste plus qu'à
wohaiter le maintien du même courant de
prospérité dans le développement futur de
DOS échanges avec les pays étrangers.
LES EXPORTATIONS DE LA FRANCE EN
RUSSIE.
Dans notre Journal du mois de mai dernier,
nous avons publié sur le développement
industriel de la Russie, un article de M.
Tieorges Michel que nos lecteurs n'ont cer-
tainement pas oublié, et qui nous a valu
une fort intéressante communication de
M. V. Thiébaut, un de nos collègues établi
depuis longues annnées,à Soudak, dans le
gouvernement de la Tauride.
GOMMiiiacE. 286
Comme M. Maurice Verslraete, Consul de
France à Moscou, dont le récent travail a
été si remarqué, M. Thiébant possède éga-
lement une vieille expérience des choses
russes, et c'est pourquoi nous pensons qu'il
est intéressant de tenir compte ici de la plus
grande partie des observations si pratiques
qu'il a bien voulu prendre la peine de nous
soumettre.
D^ailleurs elles concordent trop avec nos
idées personnelles pour que nous leur mar«
chaadions la place.
Gomme il nous le rappelle lui-même, ce
sont celles qu'il a déjà exposées devant les
membres de l'Académie, il y a six ans, et
depuis elles n'ont point changé. On pourrait
môme dire que depuis cette époque la trans-
formation régulière et l'origine de la Russie,
son développement normal dans Tordre
économique n'ont fait que leur donner une
autorité et une actualité nouvelles.
C'est ainsi que suivant notre collègue, il
faudrait d'abord commencer par étudier les
besoins, les goûts et les moyens du peuple
russe, et ne lui présenter que des objets en
rapport avec ces élénoients^et non pas des ar-
ticles dont il ignore, quelquefois, jusqu'à
l'usage que l'on en fait et dont il n'a que l'aire.
C'est dans un autre ordre idées, ce que
nous avons toujours soutenu nous-méme,
lorsqu'il s'agit de faire du commerce d'ex-
portation sur la cote occidentale d'Afrique
par exemple.
Si un peuple porte des babouches, pour-
quoi s'obstenir à lui offrir des bottines à
talons Louis XIV sous prétexte que c'est
plus élégant ; et qu'on ne se méprenne pas
ici sur le sens exact de notre pensée : il est
bien évident que lorsqu'il s'agit d'objets fa-
briqués en Russie, comme le fait si juste-
ment observer, M. Georges Michel tonte ten-
tative deconccurrence deviendrait inutie ;
mais il ne faut pas oublier qu'en 1894 les
importations dans l'empire russe s'élevaient
encore à la somme de cinq soixante et onxe
millions de roubles représentées pour la ma-
jeure partie par des produits on des objet
manufacturés venant d'Angleterre et d'Al-
lemagne.
C'est donc sur ce terrain restreint et net*
287
lOUBNAL MENSUEL DB L ACADEMIE NATIONALE.
288
teroent défini, des importations venant de
rextérieur, que nous devons chercher à lut-
ier pratiquement contre nos deux redouta-
bles rivaux.
M. Thiébaut insiste avec non moins de
raison sur la nécessité de présenter nos pro-
duits directement sur le marché russe, et de
les vendre en roubles et au comptant afin (le
ne pas en laisser doubler le prix pardeno^i-
breux commissionnaires et intermédiaires.
Nous ajouterons qu'en effet il est plus
prudent de vendre au comptant toutes les
fois que la chose est possible, ou que Ton
ne se trouve pas en face d'acheteurs, de
clients, dont on connaît bien la solvabilité;
car il est toujours fort ditïicile de se rensei-
gner exactement sur la valeur des crédits
dans des pays aussi lointains.
On ne saurait trop conseiller à nos fa-
bricants des'efforcer d'arriver à produire des
objets à aussi bon marché que les Anglais.
Il est vrai que cette idée est difficile à
faire entrer dans la tête de la plupart de
nos industriels.
lisse refusent à faire delà camelote et
prétendent conserver le monopole de Télé-
gance et du luxe. C'est là une grave erreur ;
toutes les fois qu'il s'agit de mobiliers artis-
tiques et des applications si intéressantes
des arts à l'industrie, il est bien évident que
nous sommes la première nation, et que
nous devons chercher à conserver ce mono-
pole indiscutable du bon goût.
Mais au point de vue des affaires, c'est
là un ordre relativement restreint qui ne
constitue pas un chiffre d'exportation con-
sidérable, et qui ne doit pas nous détour-
ner de luttes plus modestes, sans doute,
mais à coup sur plus rénumératrices. A
force de s'enlélerdansde pareils eiTements,
nous finirions par jouer le rôle de la cigale
vis-à-vis des fourmis nos voisines, ce qui
ne saurait être Tobjet raisonnable d'une
grandenation industrielle comme la France.
Et nous sommes d'autant plus autorisés à
raisonner de la sorte, que même dans le
bon marché nous pouvons toujours conser-
ver une élégance de formes, une finesse et
une coquetterie que les imitateurs ne font
qu'enlaidir quand ils veulent les reproduire.
Si nos commerçants et nos industriels
voulaient bien se pénétrer de ces vérités,
nous avons la conviction qu'ils pourraient
facilement faire une concurrence sérieuse
à nos voisins.
Il est bon d'ajouter, qu'ils attendraient
d'autant plus aisément ce but, qu'ils ren-
contreraient un peu de bonne volonté, de la
part de nos hommes d'Etat, à demander
quelques facilités au gouvernement russe à
propos des tarifs douaniers.
Dans cet ordre d'idées il est bien certain
que la Russie ne demanderait pas mieux
que de chercher à nous être agréable dans
la mesure du possible, puisqu'elle serait la
première à y trouver son avantage.
Si l'on arrivait à réaliser promptementces
desiderata de notre collègue, il est plus que
probable que nos négociants arriveraient
bien vite à supplanter complètement sur le
marché russe, les rivaux qui ne sontdange-*
reux que par ce que nous les laissons maî-
tre du champ de bataille économique. La
plupart du temps nos amis ne leur donnent
la préférence qu'à regret et parce qu'ils ne
trouvent pas devant eux des représentants
de notre industrie et de notre commerce.
Pour nous, ces courtes observations nous
paraissent l'expression même delà vérité et
du bon sens, et s'il nous était permis d*en
tirer une conclusion, ne pourrait-on pas la
formuler dans ce simple aphorisme : l'infé-
riorité des Français provient de ce qu'ils sont
trop casaniers.
Que nos industriels et nos commerçants
ne se rebutent pas devant un premier in-
succès, qu'ils visitent la Russie, qu'ils y en-
voient régulièrement des représentants ; ils
seront assurés d'y trouver bon accueil, et
les résultats rémunérateurs ne se feront pas
attendre longtemps. P. V.
Le Directeur'Gérant, Rédacteur en Chtf,
EuoÈNB THiftRY.
OLUmOMT (OISB). - IMPIIMBRIB DAIX FKBMBt, PLACK lAlMT-AMDRB, 9.
JOURNAL MENSUEL
DE
L'ACADÉMIE NATIONALE
AfiRlCOLE, lANOFAirrORlKaE £T COHIERCULE
67* Année. — JUILLET 1897.
SOMMAIRE
AAHICULTURC. — Emploi rationnel en vinification des levures pures sélectionnéi:s, de UN. Ooorget laoquemln.
a Maizérille, près Nancy. ~ Paiile coupée pour litière. — Broyeurs de pommes à cylindres divisés, de UN. Toxler
ils i«uno, à Vitré (Ule-et-Vilaine). — Chambre syndicale des constructeurs de macliines et d'instruments d'agricul-
ture et d'honiculturc. — La production du tabac en Russie.
DISTINCTIONS HONORIFIQUES accordées aux Mambres derAcadémU Nationale.
EXPOSITIONS ET CONCOURS. — Concours agricole et exposition industrielle de Vesoul. — Exposition régie-
ojle de Bourges.
INDUSTRIE. — Projet de création d'un chemin de fer à voie étroite entre Alpnach, Stans et Altorf, par Ml. Luaty.
tD^ieur, à Brienz (Suisse). — La houille. — Les Emaux Bressans. — Moteur à ammoniaque pour tramways. —
l'oîds en verre. — La production du cuivre en 1896.
COMMERCE. — Le commerce extérieur de la France. — Le port de Dunkerque et- les importations de la RcpubU"
. que Argentine. — Les progrès des exportations de l'Allemagne en iHgb. — Le commerce extérieur de la République
Argentine.
NéCROLOQIE. — M. Amédée Fornet.
VARIÉTÉS. — Un musée municipal d'histoire naturelle.
THE NEW YORkI
Pm.lC LIBRARY
AGRICULTURE
ASTOR, LENOX ANO
TILDEN FOUN0ATir».c
EMPLOI RATIONNEL EN VINIFICATION
DES LEVURES PURES SÉLECTION-
NÉES
de M. Georges Jacquemin,
à Maizéville, près Nancy.
Noire cininent sociétaire M. Georges Jac-
quemin,qui a conçu l'idée du perfectionne-
mentdes procédés et résultats de la vinifi-
ctlion par remploi des levures pures sélec-
liooDées, vient de publier une nouvelle bro-
chure sur la question. Cette brochure rap-
pelle et résunae toutes les considérations
théoriques et pratiques qui se rattachent à
remploi des levures spéciales préparées
90QS h haute direction scientifique do
M. Jacquemin, dans les laboratoires de Tins-
titut La Claire, à Mo)*teau (Doubs),et contient
de nombreuses attestations relatives aux
résaliats obtenus lors des vendanges de
1896, ainsi que des conseils des plus judi-
cieux sur la propreté du matériel vinaire,
le traitement général des vins, leur collage
etla guérison de leurs différentes maladies.
Tous les viticulteurs et toutes le.*) person-
nes s*occupant du commerce des vins ont
le plus grand intérêt à connaître cette nou-
velle publication de M. Jacquemin. En la
lisant avec soin et attention, on y puisera
une foule de notions utiles, dont l'applica-
tion ouvrira certainement de nouveaux hori-
zons à la pratique de la vinification et contri-
buera efficacement à relever sensiblement
la valeur moyenne de la production vinîcole
générale.
Nous aurons sans doute Tocc^ision de
publier ultérieurement quelques extraits
de la brochure de M. Jacquemin ; mais, en
attendant, nous avons tenu à signaler l'ap-
parition de cette nouvelle brochure que de^
vraient connaître et posséder tous les viti-
culteurs de France, en raison des profits
certains qui doivent résulter de l'emploi
raditionnel des levures pures sélectionnées,
dont la théorie a été si heureusement con-
çue et établie par le distingué microbiolo-*
giste de Nancy.
291
JOURNAL MENSUEL DE L AGADEMIK NATIONALE.
292
PAILLE OOUPÉE POUR LITIÈRE
Le moyen très simple d'économiser la
paille des litières consiste dans l'emploi de
paille coupée à la place de la paille longue :
ce^moyen est en vogue en Angleterre et
nous ne saurions trop eu recommander
l'emploi.
Nous ne parlerons pas des machines pro-
pres à couper la paille; on peut se servir
d'un hache-paille quelconque ; par un
changement de roues dentées, on obtiendra
des morceaux d'environ 12 centimètres de
long.
L'économie résultant de l'emploi de pail-
le coupée^ au lieu de paille longue, est de
35 % ; de sorte que là oii il fallait 4 kilo-
grammes environ de paille pour la litière
d'un bœuf, il suffit de 2 kilog. 500 de paille
courte.
Cette économie s'explique par ce fait que
Ton ne peut jamais répandre d'une façon
bien régulière, la paille longue, dont les
longs filaments s'enchevêtrent et forment
des pelotes que Ton ne peut égaliser.
Dans ces conditions, la litière a, par pla-
ces, plus d'épaisseur qu'il n'en conviendrait.
. Avec la paille courte, au contraire, on
peut facilement former une couche de litière
d'une égale épaisseur. Avec la paille lon-
gue, les pelotes de fumier isolées, les par-
ties fortement mouillées peuvent être enle-
vées difficilement, et, à côlé, sont d'autres
parties oii la paille n*a subi aucune atteinte.
Au contraire, avec la paille coupée, on
enlève facilement tous les excréments et
les parties trop humides, et on lesrempiace
par de la paille neuve.
BROYEUR8 DE POiMMES A CYLINDRES
DIVISÉS
de M. Texier fils jeune, à Vitré
(Ille-et-Vilaine).
Nous sommes heureux d'apprendre que
le broyeur do pommes à cylindres divisés,
inventé et construit par notre sociétaire
M. Texier fils jeune, à Vitré (Ille-et-Vilaine).
vient d'être favorisé des récompenses sui-
vantes, obtenues en un délai de quelques
semaines:
l"" Une médaille d*or de la Société des
Agriculteurs de France ;
â^'Lne médaille d*or à TExposilion indus-
trielle de Rennes ;
3* Un premier prix représenté par .une
médaille d'or au concours du Comice agri-
cole de Meulan (Seine-et-Oise).
C'est avec plaisir que nous enregistrons
ces nouvelles récompenses qui s'ajoutent à
de sérieuses distinctions antérieures pour
témoigner des mérites pratiques de l'ap-
pareil en question.
CHAMBRE SYNDICALE
DES CONSTRUCTEURS DE MACHINES
ET D'INSTRUMENTS D'AGRICULTURE
ET D'HORTICULTURE
La Chambre syndicale des Constructeurs
de machines et d'instruments d agriculture
et d'horticulture de France a ainsi consti-
tué son bureau pour l'année 1897 :
Président : M. Egrot.
Vice-présidents : MM. Léonard Paupier et
Senet.
Secrétaire : M. Bariat.
Trésorier : M. Lelebvre-Albaret.
Le nouveau président, M. Ëgrot, et l'un
des vice-présidents, M. Léonard Paupier,
appartiennent à notre Société, de même
que le président sortant, M. Gautreau. Ce
deinier a présenté le nouveau bureau, le
23 juin dernier, à M. Méline, ministre de
l'agriculture, qui a promis son appui dans
les questions relatives au concours général
agricole et au transport des machines, ques-
tions intéressant particulièrement la Cham-
bre svndicale.
LA PRODUCTION DU TABAC EN RUSSIE
La Nature signale le deuxième * cente-
naire de l'introduction légale du tabac en
Russie. Ce fut Pierre le Grand qui, par un
oukase célèbre, leva les mesures prohibitives
édictées par ses prédécesseurs. Le tabac avait
été importé pour la première fois en Russie
par des commerçants anglais allant d'Ar-
khangel à Moscou. L'usage de lapipeet do la
rApe, d'abord considéré comme une simple
extravagance, se répandit si vite que l'em-
pereur Michel Fedorovitch fut obligé de le
2«
GXPOSITKMSS BT CONGOUES.
294
défendre dans leséglis6s et que le tzar Âleiis
Micbaîlowitob dut punir les réfractaires du
kooQt et de remprisonuement. Ces mesu-
res restant i no puissantes, Pierre le Grand
résolut d autoriser un vice qu'on ne pouvait
réprimer et d'en tirer profit. Il concéda le
noDOpoIe du tabac à une maison de Moscou
•]Qi le revendit à un amiral anglais. A partir
de 1716, le commerce devint libre et les
tzars, de tout leur pouvoir, favorisèrent les
plantations, se bornant à percevoir une taxe
sur les produits. Depuis 1838, cette taxe est
de 20 %s La Russie occupe aujourd'hui le
premier rang parmi les producteurs de ta-
bac. Sa récolte de 1895 a été de 62,693,584
kilogrammes et les 32 manufactures impé-
riales ont fabriqué, cette année-là, 5 mil-
liards de cigarettes.
DISTINCTIONS HONORIFIQUES ACCORDÉES AUX MEMBRES
DE L'ACADÉMIE NATIONALE.
Par décret en date du 13 juillet 1897, la décoration de Chevalier du Mérite agricole a
étécoDférée à :
M.DiRo (Louis-Denis), ingénieur-mécanicien, constructeur de machines-outils et machines
dirricoles, à Paris ; vice-président de notre Société.
EXPOSITIONS ET CONCOURS
CONCOURS AGRICOLE
ET EXPOSITION INDUSTRIELLE
DE VESOUL (Haute-Saône).
AFoccasion du concours région al agrico-
le, qui devait se tenir àVesoul du 26 juin au
Uoillet, un Comité d'initiative formé des
principaux commerçants et industriels de
il rille, parmi lesquels se trouvait notre So-
ciéuire M. Adrien Magot, Tabricant de
iiœt, a organisé, ainsi d'ailleurs que nous
eotTons parlé en temps utile dans notre
Joomal, une exposition industrielle spécia-
le dennt être ouverte du 20 juin au 1"
aoûL
Le concours agricole a eu l'importance et
Téclat qu*on pouvait en espérer au milieu
<ie k riche région de l'Est directement in-
^^recsëe, région comprenant toute la Fran-
cbe-Comté, le territoire de Belfoi*t, et des
pvties de la Bourgogne, de la Lorraine et
(felt Champagne.
Quant àTexpositioD industrielle, si elle
Dt pas offert l'ampleur des grandes ex-
positions provinciales qui se tiennent dans
^ Tilles de plus de cent mille habitants et
qoi dorent de cinq à six mois, on doit la
considérer commerelativement très brillan-
te pour une localité de dix mille habitants,
étant donné qu'elle ne devait pas durer plus
de cinq semaines.
La grande industrie proprement dite n*é-
tait pas représentée à l'exposition indus*
trielle de Vesoul. Mais cette exposition n'en
était pas moins aussi intéressante qu'at-
trayante, par la variété des installations réa-^
lisées et par le mérite réel des objets pré-
sentés.
Ayant visité en même temps le concoure
agricoleet l'exposition industrielle, installés
tous deux sur des emplacements contigus^
nous les confondrons dans les comptes ren-
dus que nous allons consacrer à ceux de
nos Sociétaires qui avaient tenu k honneur
d'y figurer.
Comme à l'habitude, l'ordre alphabétique
des noms déterminera l'ordre dans lequel
nous passerons en vue les différentes instal-
lations.
M. Bajac, de Liancourl, n*a pas présenté
au concours régional de Vesoul la masse
imposante des instruments aratoires qu'il
1
2&5
lOURNAL MENSUEL DE L^ACADÛllE NATIONALE.
296
sait si bien grouper au concours général
agricole de Paris. Mais son exposition, plus
spécialement composée d^instrumenls ré-
servés à la petite et à la moyenne culture,
n'en était pas moins très intéressante, et
elle a certainement donné aux agriculteurs
Tranc^comtois l'impression qu'ils se trou-
vaient en présence de la fabrication la plus
perfectionnée qui soit en matière de bra-
dants, de charrues, de scarificateurs, de
herses, etc.
M. Bernus, de Lyon, a présenté au con-
cours agricole do Vesoul les mêmes instru-
ments que nous avons vus aux concours
précéilcnls de Paris et de Rennes : pulvéri-
sateurs, soufreuses, pals-injecleurs, pompes
seringues, barattes métalliques et ustensiles
divers d'économie domestique en fer-blanc,
en cuivre, en zinc, elQ. Ayant décrit en dé-
tail les divers objets fabriqués par M. Ber-
nus, dans notre compte rendu du dernier
concours agricole de Paris, nos lecteurs
pourront se reporter à notre journal d'avril.
MM. Brolhot et C*«,àVierzon,ontenvoyé
à Vesoul une locomobile à pétrole, c'est-
à-dire un fort moteur à pétrole monté sur
chariot, lequel actionnait par courroie une
puissante pompe à trois corps et à pistons
plongeurs. Citons aussi une batteuse dite
roulant le grain.
M. Chambon, distillateur, à Saint-Céré
(Lot), a envoyé des échantillons d'une ftau
de noix, et de la liqueur spéciale qu'il fabri-
que sous la dénomination d^Elixir quercy-
nois.
Ces produits, quiont valu à M. Chambon
notre médaille d'or, ne saurait manquer d'ê-
tre favorablement appréciés par le jury de
l'exposition de Vesoul .
M. Chambrette-Bellon, de Bèze (Côte-
d'Or), avait voulu faire figurera l'exposition
industrielle de Vesoul une machine pour
rindustrie de la briqueterie. Mais, dans la
confusion produite par la manutention des
nombreuses machines du concours agricole,
la machine de M. Chambrette-Bellon n'est
pas arrivée à l'exposition industrielle, et s'est
trouvée réexpédiée à l'envoyeur après la
clôture du concours agricole. Ce (îlcheux
contretemps n'a donc pas permis à M.
Chambrette-Bellon de participer effective-
ment à l'exposition de Veseul .
M. Isidore Charlent, à Gembloux [Belgi-
que, a ex posé des paquets delà Charlentine^
poudre qui sert au lavage à froid et à l'en-
lèvement des taches de toutes étoffes de lai-
nes,de coton et de soie. Nous avons expéri-
menté Tannée dernière cet excellent pro-
duit pour lequel notre Société a décerné une
médaille d'argent
M. Chiffemann, de Lisieux, a présenté
dans la section des produits du concours
agricole les divers fromages de sa prépara-
tion, appartenant aux genres Camembert,
Pont-l'Evôque et Livarot, sous diverses dési-
gnations et marques caractéristiques. Les
soins apportés par H. Chiffemann à la
préparation et à la présentation de ses
fromages en font des produits de premier
ordre dans leurs différents genres.
M . DECHAMBeNoiT,directeur de l'usine de la
Pipée, fabrique mécanique de clous pour
chaussures, par Fontenoy-le- Château (Vos-
ges), expose en une vitrine comportant une
multitude de compartiments, les échantil-
lons si variés de la clouterie pour chau ssu-
res, en fer, en cuivre, en laiton et même en
aluminium. Il y a là une variété de formes
et de dimensions qui est quelque peu sur-
pi*enante pour les profanes, mais qui corres-
pond simplement aux divers besoins de la
fabrication des chaussures à semelles douées
ou garnies de clous. La fabrication de l'usi-
ne de la Pipée est dite mécanique, parceque
ce sont des machines spéciales qui façonnent
les diverses formes de clous, avec le mini-
num possible de main-d'œuvre. Aussi les
produits de cette fabrication mécanique
sont-ils plus réguliers et plus uniformes
que les produits de la fabrication à la main.
C'est par une combinaison ingénieuse des
procédés de la tréQlerie et de l'estampage
que la fabrication mécanique de la cloute-
2»7
KlPOSmONS ET COTiQOtBÉ,
298
rie est réalisée daDsTusinede la Pipée, dont
la production dépasse par jour 2.000 kilo-
pmmes de produits finis. Depuis 1881,
il. Decliambenoit est titulaire de notre mé-
dâillo de 2* classe qui ne semble plus en
npport avec la valeur industrielle de sa
fibrication. Ajoutons que M. Dechambenolt
mot accepté les fonctions de Membre du
Jury, s*e8t trouvé placé Hors concours.
M, DoRNiER-TuLLER, distillatour, à Fieu-
rier (Suisse) et à Pontarlier (France), expose
le spiritueux dénommé i4^5/n^/2e qu'il pré-
pare dans son établissement de Pontarlier,
et qui est très favorablement apprécié des
coDsommateurs si nombreux de ce produit.
MM. Egrot et Grange, de Paris, ont pré-
senté au Concours agricole quelques spé-
cimeos de leurs cuiseurs à vapeur, généra-
raieorspouréluvage de futailles, pasteuri-
sateurs pour vins, alambics à sphère de
rectification et appareils de distillation con-
lione. L'ensemble des installations de MM.
E^ot et Grange était certes moins impor-
tant qu*au Concours général agricole de
I^is; mais tel quel, il n'en donnait pas
nmios la plus haute idée de l'importance et
<ie la perfection de la fabrication de cette
importante uiaison, dont la réputation est
bailleurs universelle.
M. Ferry, pharmacien, à Vesoul, expo-
uii une collection complète de bandages
herniaires et de ceintures hypogabtriques ou
veoirières. Notre Sociétaire s'est fait une
spécialité de Vapplication de ces appareils
qui exigent beaucoup de tact et de soins dans
' leur appropriation aux maux qu'ils doivent
guérir ou soulager, et ce n'est pas trop de
leipërience d'un spécialiste consciencieux
comme M. Ferry pour en tirer tous les bons
effets qa*on peut en attendre.
Dans lexposition collective du Syndicat
I <lesdistillateurs de Kirsch de la Haute-Saône,
oous avons remarqué des produits de nos
' Sociétaires, H. Godard, à Aillevillers et M.
' ^«oss, à Gouhenans, qui ont déjà obtenu
iHAre médaille d'or pour leurs excellents
Kirschs.
MM. Gui tLABERT FRÈRES, de, Seillans(Var),
ont exposé un assortiment complet des pro-
duits finis de leur fabrique de bouchons.
Depuis les bouchons de grand diamètre, eu
un seul morceau de liège ou en plusieurs
morceaux collés, pour bocaux de confiseurs
et de pharmaciens, jusqu'aux bouchons mi-
nusculesde cinq millimètres à peine de dia-
mètre pour petits flacons des parfumeurs, il
y a là toutes les variétés de bouchons con-
venant aux divers besoins du commerce.
Les produits de la fabrication mécanique
de MM. Guillabert frères, produits qui ont
déjà fait l'objet de plusieurs rapports précé-
demment publiés dans notre journal,se dis-
tinguent par une absolue régularité de con-
fection et par l'excellente qualité de Técorce
de chéne-liège dont ils sont constitués.
MM. Jannel FRÈRES, les constructeurs
d'instruments agricoles de Martinvelle(Vos-
ges), ne pouvaient manquer de prendre
une part importante au concours régio-
nal de Vesoul qui était le plus à proximité
de leurs établissements. Nous revoyons là
leurs faucheuses et leurs moissonneuses,
notamment /^jDenveti^e, tant de fois décri-
te ou mentionnée dans notre Journal,
leurs râteaux et faneuses à cheval, leurs
concasseurs de grains à réglage parallèle
des cylindres, leurs coupe-racines, hache-
pailles, tarares et rouleaux unis ou brise-
mottes. Une batteuse de leur construction
est mise en mouvement par un moteur à
pétrole du système Benz construit par une
maison de Paris dont MM. Jannel frères ont
la représentation pour la région. A Vesoul
comme ailleurs, les machines et instru-
ments de MM. Jannel frères se faisaient
remarquer par une construction soignée,
aussi robuste qu'élégante.
M. Lapasset, fabricant de papiers à
cigarettes, à Perpignan, expose des cahiers
de son papier pur fil qui, sous la marque
Au raisin de Pia^ est fort apprécié pour
sa finesse et sa solidité de tous les fumeurs
délicats. Nous connaissons des iumeurs qui
ont adopté à perpétuité le papier lapasset
dans la persuasion qu'on ne saurait en
fabriquer de meilleur.
12
JOURNAL MBNSyfCli W L AGkWtm 19AT10NALB.
9»
Mf Maqhisb aiqé, à Rosoy, par Hortes
(Hautç«Marne)t expose des laines cardées
à triooter, des articles de bonueterie ea
laine et en cotoq, des coutils, dits de ména-
ge, et des droguets ou draps communs, for-
més d'une solide trame en coton et d*une
cl)alne en laine.
Voici en quels termes M. Magnier pré*
aente lui*méme les articles de sa fabrica-
lion:
« J*ai rhouneurde soumettre à Messieurs
a les visiteurs quelques types seulement
«des produits det ma fabrication qui ne bril-
ù lent pas par leur nouveauté, mais dont
c lô mérite consiste à présenter la plusgran-
n de résistance possible à Tusage.
<K Je suis le seul fabricant produisant le
« droguet indéchirable, fabriqué exclusive-
« ment avec (es laines de tonte du pays, et
c si justement apprécié par les con.«omma-
^ teurs.
M Mes coutils constituent également le
« meilleur article dans le genre à l'usage
a des travailleurs, en rais(m de leurcontex-
a ture spéciale, qui permet d*y faire entrer
c une énorme quantité de chaîne d'une
« grande force, ce qui les met dans l'im*
<^ possibilité de se rompre.
tt Toutes les personnes qui connaissent
« mes laines cardées à tricoter, sont unani-
<K mes à constater qu'elles sont supérieures
a à toutes autres, tant sous le rapport de la
V, résistance que sous celui de la solidité des
a teintes.
« Mes chaussons, bas et chaussettes, façon
« tricot sont aussi Tobjet d'une surveillance
a très active dans la fabrication. Ils peu-
a vent donc être vendus en toute confiance,
«car ils ne laissent rien à désirer pour la
(C force, la bonne exécution et le fini du
« travail.
« Bien que ne fabriquant pas les laines pei-
« gnées, je suis à même de livrer en toutes
a nuances unies ou mélangées, et à des prix
a avantageux, la qualité extra-supérieure
« quej^emploie pour la fabrication de ma
« Bonneterie. »
Nous ne saurions mieux caractériser nous-
même les produits exposés par M. Magnier.
300
Notre Sociétaire laisse à d'autres le soin de
varier la composition et les dessins des tis-
sus à reiïet de leur donner des aspects nou-
veaux et agréables àlayue, au détriment
souvent de leur qualité même.
Il ne s'applique, pour sa part, qu'à fabri-
quer des articles solides et résistants h
Tusage, les seuls qui conviennent aux habi-
tants des campagnes et qui ménagent leur
bourse, touten leur rendant pleinement les
services attendus. Une telle fabrication doit
se juger, non pas d'après l'apparence rao-
deste de ses produits, mais bien d'après la
réalité des qualités de durabilitéque recher^
che avant tout la clientèle rurale. A ce
point de vue, las articles fabriqués par M .
Magnier se classent absolument en première
ligne
M. Adrien Magot, l'un des patrons et
l'un des organisateurs les plus zélés de l'ex-
position de Vesoul, présente une collection
complète des limes de sa fabrication ^ limes
dont rexcellente qualité constante a placé
leur marque caractéristique, formée du des-
sin d'une colombe, au premier rang parmi
les marques les plus appréciées. Dans Tusine
do Pont Archer, près Vesoul, M. Adrien
Magot fabrique tous les genres de limes et
rApes, en toutes formes usuelles, en toutes
tailles et toutes dimensions pour toutes in-
dustries. En dehors des limes et râpes en
acier ordinaire, H. Magot produit les mêmes
articles en acier anglais marque Conjweror,
qui est d'une qualité tout à fait supérieure.
Ajoutons que, sur demande, les limes sont
aflfùtées au jet de sable sans plus-value, cet
affûtage ayant pour effet de donner plus de
mordant aux limes, condition fort appréciée
par beaucoup d'industriels. Nous n'insiste-
rons pas sur cette fabrication de limes et râ-
pes qui a été maintes fois mentionnée avec
éloges dans notre Journal, mais nous appel-
lerons spécialement l'attention de nos lec-
teurs intéressés aux questions d'outillage
pour le travail des métaux, sur les outils,
tels que burins, bédanes, alésoirs, tranches,
tarauds, équarissoirs, tamponnoi)*^, crochets
de tour et mèches hélicoïdales, que M. Adrien
Magot prépare en employant les aciers pro-
^l EXP081TI0MS
lilésdela maison John BearJsliavv et fils
deSbeflield.
HM. John Beardshaw et fils ont très heu-
reusement iaiaginé de constituer les barres
d'ader fondu pour outils en de certains
profils approprié:» aux divers besoins du
travail des métaux. L'adoption de ces pro-
mis permet de fabriquer la plupart des ou-
tils usuel», par simple limage ou meulage,
sans avoir à recourir au forgeage qui trop
souvent dénature les aciers travaillés.
H. Adrien Magot étant le concessionnaire de
la vente des aciei*s profilés de MM John
Beardshaw et fils pour une grande partie de
la France en dehors de la région de Paris, a
complété l'idée-mère de la création de ces
aciers, en s'en servant pour fabriquer lui-
méoie des outils préparés qui sont livrés,
prêts à l'usage, aux industriels appelés à
s'en servir.
Parmi ces outils, les mèches hélicoïdales,
formées d'une barre profilée en croix tor-
dae à chaud, nous semblent appelées parti-
calièreroent au plus grand avenir, en rai-
son de ce qu'elles produisent autant de tra-
vail que les mèches américaines^ tout en
coulant 40 <»/o meilleur marché. M. Magol
s'est mis en mesure de fournir les mèches
liêliçoldales en acier profilé, toutes taillées
et trempées, avec bout d'emmanchement
carré, dans les dimensions les plus usitées
aa-dessus de 10 millimètres de diamètre. Il
n'y a pas de doute que ces mèches ne soient
appelées à remplacer toutes autres dans les
ateliers métallurgiques lorsqu'elles auront
été essayés et appréciées.
Les outils et mèches en acier profilé de
M. Magot constituent un heureux complé-
ment de sa fabrication de limes et râpes et
doivent étendre sensiblement le champ des
opérations industrielles et commerciales de
notre Sociétaire.
Ajoutons que la fabrication de M. Magot
comprend aussi les scies plates et circulaires
pt^ur bois et métaux, les marteaux de diffé-
rentes formes pour diverses industries, et
les supports d'outils de tours pour l'emploi
<]es aciers profilés. Nous remarquons aussi
^n modèle spécial de manche à pince en fer
l^rni de caoutchouc pour tenir une tranche.
ET CONCOURS.
808
faite d'un simple morceau d'une barre d'a-
cier profilé. L'emploi de ce système de tran-
che est finalement plus économique que ce-
lui du système courant de tranche à oeil
pour le passage du manche.
La maison Magot est titulaire de notre
médaille de T® classe depuis 1885. En ^a
qualité de Membre du Comité d'organisation
de I Exposition et de Membre du Jury,
M. Adrien Magot se trouvait naturellement
placé hors concours à Vesoul. Mais les nou-
veaux développements de son activité indus-
trielle doivent appeler une nouvelle sanc-
tion de notre Comité des Récompenses.
M. Armand Mathez, à Fontenoy-le-Ghâ-
teau (Vosges), expose les diff'érents types de
cuillers et fourchettes de différentes formes
et dans des dimensions variées, qu'il pro-
duit dans ujie manufacture consacrée spé-
cialement à cette fabrication. Le gros de
cette fabrication est constitué par des cou'*
verts, cuillers et fourchettes, en acier étamé.
Mais les couverts d'acier peuvent être livrés
également nickelés, argentés ou dorés. De
même, la manufacture produit des couverts
en un métal blanc, recouvert d'argenture
ou de dorure.
Les couverts d'acier étamés ont de formes
si élégantes et d'un fini d'exécution si par^
fait que, non seulement la France, mais
même l'Angleterre, la Belgique, la Suisse,
la Turquie, les pays d'Orient et l'Amérique
du Sud sont devenus tributaires de la fabri-
cation de M. Mathez. Ajoutons que l'un des
modèles établis par la maison a été adopté
comme modèle-type par le ministère de la
guerre, et que M. Mathez a déjà dû fournir
plus de 100.000 pièces de ce modèle.
Remarquons que si la plus grande partie
des divers modèles sont unis, les modèles
spéciaux destinés aux pays musulmans et
aux pays d'Extréme-Orieut portent en relief
des dessins obtenus par estampage, confor-
mes aux modèles transmis par les commis-
sionnaires acheteurs.
Dans les conditions où elle est pratiquée,
l'industrie de M. Mathez nous semble dou-
blement inléressanteenceque non seulement
elle donne satisfaction aux besoins de la cou-
303
sommation intérieure, mais encore qu'elle
satisfait aux demandes du dehors, etqu'ain-
si elle constitue une de ces industries
d*exportation qui contribuent directement à
Tenrichissement du pays.
H. Mathez ayant été désigné pour faire
partie du Jury se trouvait naturellement
placé hors concours.
MM. Mercier et C*% d*Epernay, les négo-
ciants en vins de Champagne si connus du
monde entier, ont installé une estrade
garnie des bouteilles àétiquettes différentes,
dans lesquelles leurs vins sont livrés aux
consoAimateurs. Des vues photographiques
des établissements et caves de M. Mercier
et Cf^ font connaître la grande importance
de l^ur commerce et la bonne installation,
de leurs divers services de manutention et
de traitement des vins. Cette exposition
particulière deMM. Mercier et C**suftit adon-
ner une haute idée de retendue de leurs af-
faires.
M. Léon Parisse, directeur d'une impor-
tante manufacture de tôlerie à Larrière,
près Val d'Ajol (Vosges), a installé un édi-
fice original formé de pièces variées de sa
fabrication, qui en abritaient d'autres non
susceptibles d'être incorporées à la cons-
truction. Nous voyons là quantité d'articles
courants de tôlerie et de ferblanterie, tels
que : ustensiles de ménage, mesures de ca-
pacité, godets de moulins, cartons métalli-
ques de bureaux, seaux, etc., d'une excel-
lente confection et d'un fini parfait. Mais il
y a surtout lieu de remarquer à titre de créa-
lions propres à la manufacture de M . Pa-
risse, différentes pièces, telles que caisses
métalliques pour bouteilles de brasseries ;
pots de cardes pour filatures avec fonds
emboutis et fonds de bois à ressorts démon-
tables ; poulies pleines en tôle d'acier pour
ensouples de métiers à tisser et pour toutes
transmissions de moyennes forces ; caisses
à vaporiser en tôle perforée, soil noires,
soit étamées suivant un procédé garantissant
contre l'oxydation, etc. Tous ces articles dé-
notent une fabrication perfectionnée, digne
d'être considérée comme étant de tout pre-
mier ordre.
JOURNAL MBNSDkL Dl L^AGADÉMIS NATIONALB. < 304
MM. Përin frères, de Charleville (Ar-
dennesj, ont envoyé divers spécimens de
leurs produits en béton comprimé, tels que
tuyaux, conduits d'aqueducs, auges, man-
geoires, abreuvoirs, caniveaux, bacs, carreaux
pour murs économiques, tablettes pour
couvertures de murs, pieux en fer sur bornes
en t>éton pour clôtures ou construction de
murs minces, bornes, dalles et pièces de re-
vêtement pour puits.
Tous ces objets sont fabriqués par
MM. Péri n frères en employant las chaux
hydrauliques et ciments de leurs propres
carrières, dont les bonnes qualités ont été
reconnues par les services officiels des Ponts
et Chaussées et du Génie militaire.
Les objets en béton de MM . Périn frères
sont insensiblesà l'action de la gelée et of-
frent les meilleures garanties de durée et de
solidité, tout en étant d'un emploi très éco-
nomique.
Les pièces de revêtement pourpuitssont
ingénieusement combinées de manière à
permettre le creusement des puits dans des
terrains sans consistance, en supprimant
tout danger pour les ouvriers. Parleur em-
ploi, on obtient dans des conditions très
économiques des puits à parois lisses pou-
vant être entourés de matières filtrantes, et
se trouvant munis à l'intérieur d'une échelle
en fer facilitant la visite dès puits, le pla-
cement des tuyaux de pompes et les répara-
lions éventuelles.
La création de ces revêtements de puits
est vraiment très ingénieuse et très utile.
La maison Vve Rogée et Monnet, de Co-
gnac, est représentée à Vesoul par des
bouteilles de l'excellente eau-de-vie des
Cliarentes, à différents degrés d'ancienneté.
L'une de ces bouteilles porte la marque :
Fine Champagne 1835. C'est dire que tous
les visiteurs la contemplent avec un certain
respect, mêlé pourtant d'une soupirante
concupiscence.
M. Tisserand, i'd Jacobns aîné, à Port-
surSaône (Haute-Saône), occupe Tun des
emplacements individuels les plus vastes de
l'exposition de Ve>oul. Sur cet emplace-
906
EXPOSITIONS ST CONCOURS,
306
toent se trouvenl groupés et arrangés avec
méthode et bon goût des balances, des ro-
maines, des bascules, des poids en cuivre et
fn fonte, des mesures de capacité en fer-
blanc, des cabrouets, des diables, des
brooelles, des crics, des presse-jus, des voi-
tures pour enfants, des presses à copier et
des meuies à auges de bois et de fonte. Dans
bjtrdins, se trouve installé un pont-bas-
cule puissant, pour la pesée des lourdes
voitures toutes chargées et toutes attelées.
On voit que la fabrication de M. Tisse-
nnd est aussi variée qu'étendue, et qu'elle
embrasse la préparation d'objets qui, d*ha-
bitode,ront l'objet d'industries spéciales dif-
férentes. Mais, malgré son caractère géné-
ral, cette fabrication n'en est pas moins fort
soignée dans tous ses détails, et, qu'il s'a-
gisse des instruments de pesage ou du petit
matériel de transport, des presses à copier
00 des meules à aiguiser, tous les objets sor-
tant des ateliers de M. Tisserand peuvent
aisément soutenir la comparaison avec ceux
•joi portent la marque des meilleurs fabri-
cants spéciaux.
Depuis 1886, M. Tisserand est titulaire de
h médaille de 2* classe de notre Société. En
présence du témoignage d^activité et de dé-
veloppement industriel que fournit sa belle
participation à Texposition de Vesoul, il y a
l'en d'estimer qu'une plus haute récom-
pense est largement méritée.
M.WiLLiOT FILS, à Poix du Nord (Nord), a
eiposé des paquets des différentes qualités
de chicorée qu'il prépare et met en vente
soQs différentes marques, correspondant à
différentes qualités. La mai.son Villiot est
l'une des plus anciennes fabriques de chi-
corée delà région du nord, et elle a succès-
sifement gagné les plus hautes récompenses
honoriflques par son importance industrielle.
Récompenses obtenues par nos Socié-
taires à l'Exposition industrielle de
Vetoul.
Noire compte-rendu de l'Exposition de
Vesool était achevé quand nous avons eu
connaissance du Palmarès officiel de cette
eiposition.
La consultation de ce Palmarès nous a
fait reconnaître les récompenses suivantes
accordées aux membres de notre Société. .
Diplômes d'honneur avec mention
Hors Concours.
MM. Dechambknoit et Cie, à lia Pipée (Vos-
ges).
Magot (Adrien), à Vesoul.
Mathez, à Fonlenoy-le-Chateau (Vos-
ges).
Gun.LABEBT frères, à Seillans (Var)..
Lapasset, à Perpignan.
Mercier et Cie, à Epernay.
Parisse (Léon), à Larrière (Vosges).
Veuve Rogée et Monnet, à Cognac.
Charlent(J.), à Gembloux (Belgique).
Williot fils, à Poix (Nord).
Nous avouons ne pas très bien compren*
dre comment le jury a pu concilier le fait
de l'attribution d'un Diplôme d'Honneur
avec la concession antérieure de la mention
Hors Concours, Mais nous avons transcrit
purement et simplement les indications du
Palmarès officiel.
Diplôme d'Honneur.
.M. Tisserand, dit Jagobos aîné, à Port-sur-
Saôno.
Médailles d'Or.
MM. DoRNiER-TuLLBR, à Pofltarlier.
Ferry (Ch.), à Veioul.
Magnier aîné, à Rosoy (Haute-Marne)*
Périn frères, à Charleville.
Médaille de Vermeil.
M. Chambon, à Saint-Céré (Lot).
EXPOSITION RÉGIONALE DE BOURGES
I/Exposition régionale que la municipa-
lité de Bourges a ouverte à la date du 15
Mai, a, somme toute, été très réussie. L'in-
dustrie, le commerce, renseignement, et les
beaux-arts, y ont été représentés. D'ailleurs,
le coquet agencement du Palais de TExposi-
tion dans les nouveaux bâtiments de laHalle
307
JOURNAL MENSUEL DB î/ûCADimiE NATIONALE.
308
était bien fait pour flatter les yetixdu visiteur.
Ces vastes bâtiments, divisés en 3 grandes
galeries parallèle cou vertesde drapeaux, leur
grande entrée donnant sur une des plus
belles places de la ville, les massifs de fleurs
qui les entoure, puis, derrière les galeries,
le parc où Ton peut librement respirer le
frais, tout cela a un air de fête chatoyant
et grandiose qui dès l'abord gagne tous les
suffrages. Pourtant Texposition de Bourges
n'a pas entièrement répondu, au point de
vue du mouvement et de Timportance, à
Tattente générale. Faut-il s'en prendre à un
manque de diligence ou d*habileté de la
part des organisateurs ? Nous ne le croyons
pas, la véritable cause semble être la crise
malheureuse que traverse depuis trop long-
temps le petit commerce et la petite indus-
trie.
. Quoi qu'il en soit, nous devons constater
qu'exposants aussi bien qu'organisateurs,
tous ont rivalisé d'eflbrts pour offrir aux
regards des visiteurs une exposition aussi
intéressante que possible. Malheureuse-
n^ent, de nos nombreux Sociétaires établis
duns la région, très peu avaient répondu à
rappel du Comité d'organisation.
Nous avons du moins retrouvé, avec plai-
sir, parmi les groupes industriels, la magni-
fique exposition de MM. Brouhot et Cie, de
Vierzon. La grande renommée des moteurs
de cette maison et de ses machines s'expli-
que par la grande activité de ses adminis-
trateurs et leur recherche constante de tout
ce qui peut être un progrès, une améliora-
tion, soit dans la marche générale des ma-
chines ou dans un détail quelconque de
leur construction. Aussi cette maison ne
recule- t-el le devant aucun sacriflce et la
retrouvons-nous dans toutes les expositions
et toujours en tête de la liste des lauréats.
 l'Exposition industrielle de Bourges,
MM. Brouhot et Cie exposaient :
1° Un moteur de 5 chevaux à l'huile de
schiste, ne consommant pas plus de 1/2
litre par cheval et par heure. Sa construc-
tion est simple et robuste. Il ne craint pas
la poussière, marche sans feu, ni chalu-
luroeau, par suite sans aucun risque d'in-
cendie : ce qui le recommande spécia-
lement pour la conduite des batteuses,
instruments d'intérieur de ferme, scierie,
etc. Sa grande régularité le fait rechercher
pour la production de la lumière électri-
que, une autre qualité très appréciable pour
les exploitations agricoles, c'est que ce mo-
teur, comme la plupart de ceux de la mai-
son Brouhot et Cie, se construit également
fixe et monté sur socle et constitue alors
une excellente machina locomobile, qui
forcément rencontre la plus grande faveur
parmi les agriculteurs.
2^ Un moteur à l'huile de pétrole ordi-
naire.
30 Un moteur à gaz de 1 cheval, qui, par
sa construction simple^ sa grande facilité
de conduite, s'applique à toutes les indus-
tries en général, ainsi qu'à l'éclairage élec-
trique, sa granderëgularité de marche don-
nant une intensité constante. Â ce sujet, je
rappellerai, en passant, que les plus graii-
des maisons qui exposaient à Bourges
s'étaient adressées à la maison Brouhot et
Cie pour la production de leur éclairage à
la lumière électrique.
40 Une pompe horizontale à 2 corps.
Dans la Galerie des Beaux-Arts nous
avons retrouvé, de M. Florence, peintre-
verrier, à Tours, un beau vitrail que nous
avions déjà admiré il y a3 ans, à Texposi-
sition de Lyon.
Nous rapportons ici ce que nous en avous
dit alors :
€ M. Florence, à Tours, nous montre
« un vitrail religieux d'une belle composi-
tf tion, d'une grande richesse de coloris et
« d'une parfaite exécution de mise en plomb.
a La pièce exposée par notre collègue dé-
« montre que l'art du peintre verrier peut^
ft fleurir aussi brillamment en province qu'à
« Paris, et que même, dans ses manifesta-
« tions de caractère religieux, cet art ren-
« contre dans certaines villes des départe-
« ments, des sources d'aspirations plus vivi-
« fiantes que cellesque peutoffrir la capitale,
« par suite, sans doute, d'une plus grande
« intensité de foi ambiante. Cette pièce cons-
«lituele vitrage d'une grande fenêtre à
309 mousTtiiB.
sommet ogival. Elle représente Jeanne
d'Arc,rhumbie bergère de Domrémy écou-
tant ses voix, Tarchange saint Michel,
sainte Catherine et sainte Marguerite.
Lune des saintes lui présente un étendard
fledrdelisé, et l'autre une épée. Les mou-
lons et le chien de la bergère sont au
premier clan du tableau. Dans le fond,
lineendie d'une ville en flammes évoque
l'image de la guerre qui désole la plus
grande partie du pays, pendant que le
groupe d*un laboureur et de son attelage
placé plus près de Jeanne, démontre
qu'elle se trouve elle-même duns un
milieu plus paisible, et qu'il faut Tardent
encouragement de ses voix pour Turra-
ch<!r à ses occupations tranquilles. Ce
vitrage, si véritablement émouvant dans
sa conception et son ordonnance, est une
œuvre artistique du plus grand mérite. »
Nfms avons revu ce vitrail, qui a valu à
310
son auteur la médaille d orde notre Société^
avec une grande satisfaction ; mais nous
demeurons étonnés qu'il n'ait pas eneore
trouvé une destination délinitlve.
Quoique n'ayant pas pris une part directe
à l'Exposition de Bourges, nos sociétaires
MM. ViEiLLEMARD ET FiLs^imprimeurs- litho-
graphes, ont trouvé dans cette exposition
l'occasion de mettre en relief la perfection
de leurs travaux d'impression lithographi-
que, car la couverture en couleurs du cata*
logue de l'exposition, couverturequi montre
en première ligne une avenante moisson-
neuse berrichonne, se détachant au milieu
de vues de la ville de Bourges, du palais de
l'Exposition et du palais de Jacques Cœur,
est sortie des presses de la maison Vieille-
mard. L'éditeur du catalogue n'aurait certes
pu trouver ailleurs une impression plus
soignée et une composition plus réussie.
INDUSTRIE
PROJET DE CREATION
d'un chemin de fer à Vole étroite
reliant les villes d'AtPNACH, Stans et Altorf
et longeant la rive méridionale du lac
des Quatre-Cantons
Par M. LtissY, ingénieur
à Brienz (Suisse).
Inde nos nouveaux membres, M. Emile
Lussv, ingénieur des arts et manufactures,
^depuis quelque temps établi en Suisse,
où il s'est créé une sorte de spécialité com-
Die ingénieur civil et constructeur de voies
lerrée^à voie normale, ou étroite, à cré-
maillère, etc. Les travaux qui sont déjà
^soD actif sont, entre autres, la ligne à
^ie normale de Spiez-Erienbach, la ligne
î crémaillère de Glion-Rochers de Naye.
Actoellement M. Lussy a étudié et va
if^ prochainement exécuter, nous Tespé-
^8, une ligne à voie étroite (1 m.) de
Alpnach-Stans-Altorf. M. Lussy nous fait
parvenir un mémoire sur Texposé général
de la marche de la question depuis le dépôt
de la demande de concession auprès des
autorités fédérales, jusqu'à ce Jour, avec ud
résumé complet de toutes les études laites
en vue de l'exécution de cette ligne, étu-
des de rendement, études techniques et
élaboration d'un projet financier.
Nous ne saurions, on le conçoit, faire
uue étude absolument détaillée de ce mé-
moire. Il est en effet à la fois si judicieuse-
ment et si sommairement établi que l'ana*
lyser serait l'insérer en entier. B'ailleurs,
pour le cadre de notre publication il nous
semble que les parties générales sont sur-
tout intéressantes, savoir ce qui a trait di-
rectement à l'utilité du tronçon à construire
et, indirectement, par ce temps de tourisme
au charme pittoresque que la ligne elle-
même peut présenter. Quant au bon choix
du tracé, il faut s'en rapporter^ à cet égard,
à M. Lussy qui, n'en étant pas à son coup
311
JODENAL mOfSDKL Dl L'aCADÉMIB NATIONALB.
312
d'essai, a très certainement étudié la ques-
tion d'assez près pour que nous n'ayons
aucune critique à présenter. Quelques dé-
tails techniques et financiers ne seront
néanmoins pas sans intérêt ; nous en don-
nerons quelques-unes.
, Et d'abord M. Lussy présente la ques-
tion d'utilité comme suit :
• Depuis des annnées déjà, Tidée de relier
LucerDe à Altdorf, en suivant la rive (gauche
du lac des IV Gantons» avait été caressée par
des grens nombreux et compétents, et princi-
palement par des Nindaldiens et des Obna-
diens, désireux de voir leur patrie en commu<
nication directe avec les (^rrands centres .
Le pays, en effet, est riche en carrières four-
nissant une excellente pierre pour la fabrica-
tion de la cbaux et du ciment ; les montaf^nes,
peuplées d'arbres à bois dur d'une inflnie va-
riété, se prêtent excellemment à l'établisse-
ment de centres industriels ayant ces bois pour
matière première ; les vallées, sillonnées cha-
que été par des touristes toujours plus nom-
breux à mesure que les voies de communica-
tion s'améliorent, possèdent comme force mo-
trice puissante et facilement utilisable l'eau
de torrents rapides et nombreux.
Enfln, l'industrie laitière, la véritable ri-
chesse du pays, laquelle donne lieu à une ex-
portation considérable de beurre et de froma-
ge, n'attend que des moyens de communication
nouveaux pour prendre un nouvel essor.
11 en est de môme pour la meunerie et Tin -
dustrieetla soie, particulièrement développée
à Buochs.
Bref le canton de Nidwald renferme tous
les éléments nécessaires a faire vivre une ligne
de chemin de fer aujourd'hui plus que Jamais,
depuis que le tunnel du Saint-Gothard est venu
faire de la gare de Lucerne un centre de pre-
mier ordre pour le transit international, et
que le Brûnig ajoute encore un élément d'ac-
tivité à ce pays si fréquenté.
Aussi, ridée logique nous est>elle venue de
raccorder d'abord le Brûnig au Gotha rd en
réalisant le vœu si ardemment désiré des po-
pulations Nidwaldienneset Lucernoises, c'est-
à-dire de construire la ligne AIpnach-AItorf ;
ensuite de voir s'établir ce grand courant d'é-
trangers qui^ partis du lac Léman, de Thoune et
dé tout VOberland, viendront peupler la riche
vallée de Stans.
Il résulte de ce qui précède, que, logique-
ment, s'est présentée l'Idée de relier la ligne
directement au chemin de fer du Brûnig par
Alpnachstad ; de se faire un auxiliaire de cette
ligne si fréquentée ; de cette façon, les deux
demi-cantons, dont les intérêts mitoyens sont
nombreux, auront entre eux un lien facile, et,
tous deux se trouveront dans des conditions
de communications exceptionnelles avec le
canton de Lucerne et celui d'Uri et avec l'O-
berland bernois.
Il faut, en eflet, attirer son attention sur ce
taiiqu*aucune route ne permet de communiquer de
Nidwald en Uri ; la route de Stansstad-Stans
s'arrête à Beckenried.ei Je là, aucune voie car-
rossable ne permet d'atteindre Fluelen ; il y a
bien un excellent chemin de montagne par
Schoenegg et Eunnetten ûéhoncXidJiikSeelisberg ;
mais là s'arrête ce chemin ; ce qui précède
montre clairement l'importance qu'il y a d'éta-
blir une communication directe entre Becken-
rled et Fluelen. qui puisse être utilisée en
toute saison ; et aujourd'hui que les chemins
de fer à voie étroite ont fait leurs preuves.
non seulement en Suisse, mais un peu par-
tout en Enrope, 11 ne saurait y avoir d*hésita-
tlons dans le cas qui nous occupe : an lieu de
construire un» route coûteuse et peu indis-
pensable entre Beckenried et Islelen, bien
mieux vaut établir, do suite, une vole ferrée
économique reliant, non seulement les extré-
mité desdeux cantons de Nidwald et d'Ob>vald
entre elles, mais encore les mettant en com-
munication directe, par contact avec le Gothard
etle BrOnlg, avec tout le réseau des chennins
de fer suisses.
Ainsi se trouveront en communication direc-
te avec les grands centres industriels de Suis-
se et d'Europe des pays Jeunes, pleines de bon-
ne volonté et ayant tout en mains pour devenir
encore plus prospères.
Et pour cela un chemin de fer est nécessaire,
à condition qu'il soit économique.
Au point de vue stratégique militaire, cette
ligne, Alpnachstad-Stam-Altorf aurait une
grande Importance.
En elTet, chacun sait que les chemins de fer
à vole étroite (de mètre) ont pris un grand dé-
veloppement en France, particulièrement dans
le Nord etle centre vers l'Ouest.
Pourtant, ces réglons ne comprennent ni
hautes collines, ni vallées étroites, mais cons-
tituent, au contraire, d'immenses plateaux où
les grandes lignes ferrées ont des alig^ne-
ments droits atteignant plusieurs kilomètres de
longueur.
Eh bien, dans ces pays plats, on a trouvé que
le rêle à Jouer, au point de vue économique
général, par les chemins de fer à voie étroite,
était Immense et grandement utile ; et le grand
Etat-major général lui-même les utilise abso-
lument en vue de la mobilisation des troupes,
en temps de guerre.
Hommes, chevaux, matériel d'Intendance,
matériel de guerre, tout est transportable par
chemins de fer à vole étroite, absolument dans
les mêmes conditions que par chemin de fer à
vole normale.
Ce qui est admis en France peut l'être ii for-
tiori en Sut.>se, et la ligne Alpnachstad-Stans-
Altorf prendra un caractère Important au point
de vue stratégique, car elle permettrait de
transporter rapidement et sûrement, par gros
paquets, troupes et matériel de combat du
fond de TOberland bernois au pied du Gothard .
C'est un point de vue qui a son importance .
Dans un autre ordre d'idées, la ligne Al-
torf met en communication entre elles plu-
sieurs lignes de montagnes en pleine activité
d'exploitation ; sans parler de la ligne Stans-
313
INDUSTRIE.
314
Engelherg, concédée, qui se fera ppochainement,
DOQS avons : le chemin de fer du Stanserhorn^le
chemin de fer du Pilaie, connu universellement ;
celai du Burgenstock, entre lesquels la ligne
Alpnach-Âltorf jouera le rôle de trait d'union.
Qnand on ajoute que la ligne Alpnach-Altorf
relie, sur ses 40 km. de parcours, et dans les
trois cantons intéressés, des populations attei-
gnant 50,000 âmes et que 40 % de cette popula-
tion sont desservis directement, on voit immé-
diatement Tintért^t puissant qui se rattache à
l'exécution de cette ligne.
La ligne Alpnach-Altorf, telle qu'elle est pré-
Tue, forme l'un des bouts du grand réseau Cen-
tral Suisse.
La ligne Spiez-Erlenbach (premier tronçon
de la ligne projetée du Simmenthal,de la Gru-
yère et delaVeveyse), financée complètement,
et dont les travaux sont commencés, la ligne
Ûrienz-Interlaken, dont l'exécution est assurée»
formeront avec la ligne Alpnach-Altorf un
mojren de grande communication entre le lac-
Léman et les riches contrées de l'Oberland, le
lac de Lucerne et le pays d'Uri.
Celte ligne Alpnach-Altorf, tout en rendant
d'énormes services aux populations des con-
trées traversées, deviendra une ligne de tou-
ristes de premier ordre.
Elle est donc destinée à un avenir prospère.
La rive gauche du lac des IV Gantons, aussi
pitoresque, sinon plus que la rive droite, esi
appelée à bénéficier largement de rétablisse-
ment de cette ligne.
La rive vallée de Stans, en particulier, l'un
des plus beaux vergors qu'il soit possible d'i-
maginer, avec ses belles montagnes, ses val-
lées latérales si pitoresques, sa végétation
luxuriante, verra certainement s'accroître dans
des proportions énormes le nombre des touris-
tes venant se retremper au sein de sa belle
nature.
On peut dire de cette région qu'elle est quasi
nerge.
Aussi une vole ferrée ne peut-elle que profi-
ter largement de l'accroissement certain que
prendra la région desservie.
A lire ces lignes il est bien facile de con-
clore que le projet présenté par M. Lussy
rendra de sérieux services à une région
intéressante pour ses industries multiples.
Lec6té pittoresque n*était pas à négliger
complètement, en Suisse surtout : M. Lus-
sy s'en est aussi préoccupé, comme il le
«lit lui-même :
Mais nous nous sommes encore préoccupé
du côté pittoresque, qui a, à nos yeux, et très
Jastement, croyons-nous,une importance nota-
ble.
Notre ligne sera surtout alimentée par des
▼oyageurs étrangers aux cantons traversés ;
>assi, sommes*nous tenus à faire en sorte que
^ panorama offert à leurs yeux soit le plus
pandiose possible, sans pour cela contrarier
les lois de la technique rigoureuse ou de l'éco-
nomie intelligente et productive.
Pour en faire juges les autorités compéten-
tes auxquelles nous avons eu l'honneur de
soumettre notre demande de concession, nous
avons lait défiler devant leurs yeux tous les
points de vues admirables que l'on rencontre
en suivant notre tracé.
Partant d'Alpnach, le voyageur verra la val-
lée d'Obwald, en enfilade, avec ses riants villa-
lages ; une partie de$ Alpes Bernoises^ le Wet-
terhorn, la Jungjrau, h Pilate s'offrent à sa vue ;
depuis Alpnach on volt aussi le Righi ; puis,
longeant la côte escarpée du Rot:(ber^, en en-
trant dans la riante vallée de Stans, échappée
sur le lac des IV Gantons ; vue du Stanserhàm,
du Burgenstôckf du Bnsen, derrière lequel S'a-
perçoivent les Wallenstilcke ; échappée sur la
célèbre vallée d'Engelberg, la Reissend Nollen, par-
tie du majestueux Tillis, les Wendestôcke dont
les pics sont presque inaccessibles ; on passe
ensuite au pied du Buochserhom et on atteint
Buochs,
Là le lac offre au voyageur un panorama
grandiose. Les Mythen, le Righi, la Hochfluth,
la Frohnalp^ le Dieppen^ le Rophagen, le Rosstock,
le Katserstock, etc., etc., c'est-à-dire toute la
chaîne des Alpes Schwysoises et une partie des
Alpes du Canton d'Uri défilent sous ses yeux.
On aperçoit môme la croupe blanche du Glàr-
nisch, cime dominant Glarus.
A partir de Beckenried, la rive droite du lac
se présente sous des aspects superbes, et ce
panorama se soutient jusqu'à l'entrée du tunnel
de Seelisberg ; alors vient la côte pittoresque
du lac d'Uri avec VAxenstrasse, VAxenstein^
l AxenfelSy plus bas la Tellsplatte, etc., etc.
A l'extrémité du lac,on a une vue splendlde
sur le Reussthal, sur le Faulen, les Wingàllen,
le Bristentock, etc., etc.
Ce résumé rapide montre que nous nous
sommes attaché à rendre le trajet Alpanach-
Altorf intéressant à tous égards.
Voici donc la ligne posée. — Le tracé gé-
néral en a été établi en tenant compte des
données de rexpérience au point de vue
des pentes, rampes et courbes à admettre,
tant au point de vue aussi du minimonii de
dépenses tout en ouvrages d'art (tunnels
ponts, raiirs, etc.) qu'au point de vue des in-
demnités à payer plus ou moins fortes sui-
vant la valeur des terrains ( prairies, et
champs traversés), et même pour satisfaire
au mieux cette dernière condition, M. Lussy
a-t-il modifié (et modifiera-t-il si besoin est}
dans la limite du possible un tracé, simple
à vrai dire, mais dont l'étude dans ses dé-
tails n'est pas sans offrir des difficultés
réelles. Malgré toutes les conditions diver-
ses imposées par la région traversée, les
courbes de rayons inférieur à 200" n'attei-
315 JOOHNAL MENSUEL DE
gncnt que les 17% de la longueur de la ligne
et en même temps les déclivités entre
15Vooei20Voo ne dépassent pas, propor-
tionnellement à la longueur totale, les 26%.
» Il est bon de remarquer qu^avec la voie
étroite, les courbes de 500" équivalent, au
point de vue de la résistance à la traction,
aux alignements droits dans la voie norma-
le et que les déclivités les plus fortes sont
presque toujours combinées avec des aligne-
ments droits ou des courbes de 500™ et
plus.
La voie doit être constituée par des rails
Vignole soigneusement eclissés, posés sur
traverses métalliques, assurées dans un
ballast excellent, trouvé sur les lieux mêmes
au cours des travaux mômes de la construc-
tion.
Neuf stations sont réparties sur la lon-
gueur totale de la ligue : chaque gare est
construite sur un type unique, simple, peu
coûteux, d'un modèle courant dans la ré-
gion. Le service y est assuré par le minimum
de voies nécessaire et protégé parun ensem-
ble de signaux judicieusement choisi et dis-
posé.
Le matériel roulant se composera de :
3 machines ;
3 fourgons ;
15 voitures de voyageurs.
30 fourgons divers à marchandises^ sufli*
sant à assurer le service de 8 à 10 trains
par jour dans chaque sens, mettant environ
de 1 h. 34 à 1 h. 25 pour faire le trajet to-
tal (de 42 kilom.).
M. Lussy estime que celte ligne de 42
kilom. coûtera 7.425. COOfr. de construc-
tion.
Les dépenses d'exploitation sont évaluées
à 5.200 fr. par kilom. Les recettes d'ex-
ploitation i^oni évaluées, d'autre part, ù
14.000fr. par kilomètre.
11 en résulte un excédent de recettes par
kilomètre de ligne de 8.800 Ir. et pour la
ligne entière de : 8.800X 42 = 309. 000 fr.
Les prévisions de recettes semblent éta-
blies d'une façon très prudente et Ton ne peut
que souhaiter prompte exécution, bon et
plein de succès à la ligne dont M . Lussy a
établi le tracé et les conditions générales
t^ACADBIIIB NATIONALE.
316
d'exécution. — Un rapport de M. John E.
Brustlein, ingénieur^ ancien directeur de la
Birsig Thalbahn, directeur de laThemersee-
bahn, rapport joint au dossier qui nous a été
envoyé, conclut ainsi, après avoir approuvé ,
d'autre part, les différentes parties techni-
ques du projet:
«Nous pouvons constater que l'excédent des
recettes sur les dépenses permettra, comme
l'indique le rapport, un rendement qu'on est
en droit d'attendre d'uneentreprise industrielle,
établie, comme celle qui nous occupe, en de
bonnes conditions flnancières. »
Nous ne saurions finir sur de meilleures
paroles.
LA HOUILLE
Un journal belge propose que Ton célè-
bre, celte année, le sept centième anniver-
saire de la houille. C'est en effet, en 1197,
il y a actuellement sept centi ans, qu*un
forgeron habitant rue de Choque, ù Liège,
trouva, vers Publémont, une sorte déterre
noire dont il eut l'idée de se servir comme
combustible, le bois et le charbon étant très
chers h ce moment. Cette terre noire était
delà houille. « Mais, lapporle Jean de Preis,
Tauteur du Myreur des Histors, la décou-
verte de la noire veine s'étant ébruitée,
chacun prit de cette terre pendant deux ou
trois ans, jusqu'à ce que les bourgeois à qui
appartenait le champ le défendissent. Ceux-
ci commencèrent alors des travaux pour
Texploitation du nouveau combustible, le
vendirent, et ainsi s'étendit cette indus-
trie. »
Le forgeron qui avait découvert le nou-
veau combustible se nommait Hullio^^ de
Plainevaux. De là le nom de ce charbon
houille et des fosses houillères.
C'est donc à la Belgique que revient Thon-
neur d'avoir découvert le combustible uni-
versellement employé par l'industrie mo-
derne ; et il est certain que c'est en Belgi-
que que l'on commença à utiliser la houille.
Des documentsauthentiques nous montrent
les mines de houille en pleine exploitation
dans la principauté de Liège en 1228, dans
le Hainaut en 1229. L'emploi de la houille
ne fut introduit en Angleterre qu'au début
317 INDOS'fRlfc.
da quatorzième siècle : ce n'est qu*en 1340
que quelques fabricants privilégiés obtin-
rentrautorisation de brûler du charbon de
terre (on regardait alors ce combustible
comme dangereux pour la santé publique) :
et un siècle devait s'écouler avant que Ton
emplovât couramment la houille pour le
chauffage domestique.
En France, il n'y eut aucune exploita-
tion antérieure au quatorzième siècle ; les
houillières de Roche- la-Molière, dans le
Forez, furent ouvertes vers 1320. Au quin-
zième siècle, on découvrit quelques gise-
ments dans le Charolais, grâce aux indica-
tions d'ouvriers hennuyers employés par
les ducs de Bourgogne, nos souverains
d'alors. Et ce furent des Belges encore qui
eurent la plus grande part à la mise en pro-
duction du riche bassin du Nord ; la célè-
bre veine d'Anzin fut découverte le 24
Juin 173-1 par Pierre Mathieu, de Ix)deliu-
sart, ainsi que l'atteste une pien*e tombale
de l'église du bourg français. Le premier
édit sur les mines qui parle de la houille
en France est de juin 1(301.
Parmi les autres pays de l'Europe, T Au-
triche et la Bohême ont méconnu jusqu'au
«iècle dernier les richesses houillères qu'el-
les possédaient en leurs montagnes : sur
les conseils du prince Charles de Lorraine,
gouverneur général des Pays-Bas autri-
ànens pour l'impératrice Marie-Thérèse,
des Belges furent enfin appelés à Vienne
en 1757 pour faire les premières recher-
chessérieuses dans ce pays. Kircher, en son
Mondus ubterraeus^ rapporte qu'en Hon-
grie, de son temps (1665), on ne faisait au-
cun cas de la houille, parce que a sa force
toit si véhémente qu'elle consumait le fer
et tons les métaux ».
L'Allemagne du Nord, au contraire, sem-
ble avoir commencé l'exploitation de ses
différents massifs houillers vers Tan 1500.
Sais seules les mines de la Saxe, do
^ Silésie, des bords de la Ruhr et du bassin
<*e la Rurh prirent une certaine extension
3^nt notre siècle.
C'est dans ce siècle et surtout dans la der-
nière moitié du siècle que l'extraction de
âl8
combustible est devenu, comme on l'a dit,
le pain de l'industrie.
Voici les chiffres de la production houil-
lère dans les principaux pays du monde'
durant les deux dernières années !
En 1895
Tonnes
HelgiqUe 20.535.000
France
Allemagne....
Angleterre. . . .
Etats-Unis....
27.714.000
99.100.000
191.300.000
151.000.000
En 1896
Tonnes
20.458.000
28.320.000.
104.000.000
192.7QQ.000,
172.000,000
Totaux... 489.649.900 517.178.000;
Le tableau, ci-dessus, établit qu'en Belgi->
que, seulement, la production adiminuéen
1890 (et ce, à cause d'tiu commencement
d épuisement) de 77.000 tonnes, soit 0,39 %
environ.
Dans tous les autres pays la production de
combustible minéi*al s'est accrue sensible-*
ment :
L'Angleterre a atteint 1 %
La Ffance — 2,2 %
L'Allemagne — 4,7 %
Les Etats-Unis — 12 %
d'augment.
Enfin, pour les cinq grandes nations ci-
tées plus haut, il y a donc augmentation
totale sur 1895 de 21 millions 1/2 de tonnes
de houille.
LES ÉMAUX BRESSANS
(Extrait du Journal Lyon^Républicain,)
La mort ,de M. Amédée Fornel, le distin-
gué fabricant, décédé à Bourg le mois der-
nier, a rappelé l'attention sur 6e genre de
bijoux, généralOiHent désignés soUs le nom
de bijoux bressans.
On sait que ces joyaux tirent leur carac-
tère spécial de Temploi d'émaux aux Cou-
leurs vives ; mais ce que l'on cotinatl
peu, c'est l'origine de celte fabrication lo-
cale. Voici comment j'ai entendu raconter,
il y a quelque vingt ans.la genèse du bijou
bi*essan.
^^^ ^ ^.. „^ Rappelons-nous d'abord que la bijou te-
ï* honille s'est développée, parce que ce 'rie décorée d'émail— avec <i maillures «
310 JOURNAL MENSUEL DB
— est resiée en honneur, jusqu'au milieu
de ce siècle, dans la région du Lyonnais, de
la Bresse et de la partie du Dauphiné rive-
raine du Rhône.
C'était le plus souvent d'une exécution
grossière ; des bouquets blanc, noir et ocre,
sur des boucles d*oreiIles ou des cadenas de
chaînes. Il s'en faisait même des applica-
tions tout à (ait barbares. Ainsi les bagues
d'alliance étaient entaillées à coups de lime,
et l'ouvrier remplissait ces coches d'un
émail bleu ou noir. Les sœurs de l'Hôtel-
Dieu, qui reçoivent une alliapce, de leur
marraine, le jour de leur « croisure », avaient,
les dernières, gardé la tradition des bagues
a maillées ».
Remarquons, en passant, que cette façon
de parler ne provenait pas précisément d*u ne
altération du mot émaillé.On disait : maillé,
maillure; on ne disait jamais: mail pour
émail. Maillé est un vieux mot français qui
signifie tacheté, moucheté. Il s'en était suivi
une confusion entre la cause et refl'et, entre
émaillé et maillé.
Mais, à côté de ces emplois primitifs de
l'émail, il s'en faisait de plus délicats. Ce
n'étaient plus des incrustations dans l'or
même du bijou ; c'étaient des plaquettes,
préparées à part et serties ensuite, au moyen
dégriffés — parfois même, simplement col-
lées à la gomme laque. Les larges fermoirs
des jaserons, à quatre, six et même dix ou
douze rangs, étaient souvent ornés d'un de
ces émaux.
Ces pièces n'étaient point charoplevées.
Sur un fond noir, gros, bleu ou quelque-
fois vert, l'émailleur disposait rie légers
motifs, des pointillés en jaune d'or, des ara-
besques ou fleurettes en tons vifs : c'était
le procédé employé jadis par les peintres en
émail de Limoges. Ce genre de travail a
pour nom technique : émaux des orfèvres.
Quand les bijoutiers rencontraient de ces
plaquettes dans le vieil or qu'ils achetaient,
il les mettaient décote pour des remplace-
ments éventuels. Il y a, comme cela, dans
tout atelier, des boites de pierrailles et me-
nus objets destinés aux raccommodages,
surtout pour les genres passés de mode et
qui seraient coûteux à réassortir.
l'académib nationalb. 330
Op — c'est ici que commence l'historique
du bijou bressan — un bijoutier de Boui^,
celui-là même dont M. Fornet devait être
plus tard le successeur, possédait une aai-
ple provision de ces matériaux, les uns
provenant de plaques de cou, les autres de
bagues, croix ou boucles d'oreilles.
Vers le commencement du second em-
pire, un jeune substitut, familier de la
maison, et qui avait ses entrées dans l'ate-
lier, se plaisait, à la veillée, à suivre fout
en causant le travail des ouvriers.
Un soir que la botte aux émaux se trou-
vait renversée sur l'établi, il avise une mi-
gnonne plaquette, de couleurs éclatantes et
bien harmonisées.
< Eh ! dit-il cela ferait une charmante tête
d'épingle de cravate.. . C'est une idée. Mon-
tez-moi ce bibelot en épingle. »
L'épingle du substitut fit sensation. Pres-
sé de questions, il avoua d'où il tirait ce
bijou original, et tous les habitués des sa-
lons de la préfecture en eurent bientôt de
semblables à leurs cravates.
Mais, en ce monde, rien ne va bien loin,
si les femmes ne s'en mêlent. I^ar chance,
les dames, en revenant aux coiffures en
cheveux relevés, avaient repris la mode des
pendants d'oreilles. Mme la comtesse 1^
Hon ayant eu, à son tour, l'idée de se faire
monter des émaux en pendeloques, la for-
tune du nouveau bijou fut dès lors établie
et gagna jusqu'à la cour.
Le bijoutier se nommait Bonnet, mais
l'histoire ingrate ne nous a pas conservé le
nom du premier auteur d'une mode qui
eut une certaine vogue. En tout cas. un ob-
jet de parure, écloset lancé ailleurs qu'à
Paris, le fait n'est pas commun.
Les vieux émaux manquant bientôt, on
en fit de neufs — de véritables émaux
bressans, cette fois, car les anciens étaient
plutôt de fabrication lyonnaise ou gene-
voise. Il fallait, du reste, en approprier les
formes aux exigences de leur nouvel em-
ploi : il y en eut de ronds et de carrés, en
manière de pointes et de croissants. On
321
INDUSTRIE.
323
épuisa la gamme des couleurs et les jeux de
combinaisons.
Ces créations visaient à Toriginalité et
n'étaient pas toujours d'un goût parfait. Les
montures, en argent doré, manquaient sou-
vent de légèreté. Comme dans tous les gen-
res lancés par la mode, il y eut des copies,
pois des sous-copies et des imitations de
copies.
Entre tous les fabricants, Fornet se fit
reaiarquer par son goût sûr et par la va-
riété de ses productions. Aux expositions
de Lyon, 1872, de Vienne, 1873, de Paris,
1^8, il recueillait ses premières récom-
penses et remportait la médaille d'argent.
Mais le genre ainsi créé était limité dans
ses applications et toute mode est chose
éphémère. Fornet fut, je crois, seul à le
comprendre et à comprendre aussi quel
brillant parti l'artiste pouvait tirer des
étoaux, en sortant de Tornière commune.
Ils agissait de ne plus faire des plaquet-
tciémaillces, le thème principal et néces-
saire des objets, mais d'emprunter a Témail
S) puissance décorative pour les motifs ac-
œssoires. £n associant des cabochons mul-
ticolores aux arabesques du filigrane, For-
oetobtintdes effets saisissants.
Il est assez curieux dn voir ces deux pro-
cédés de Tart industriel — émail et fiîi-
i?ane — tous deux venus de l'Orient, se
rencontrer et s'accoupler sous la main de
i artiste bressan. Fornet ne se confina point
<iias le bijou, mais produisit de charmantes
pièces d'orfèvrerie, bougeoirs, cadres, béni-
tiers, plateaux.
Il conquit les plus hautes récompenses,
Doo seulement à l'exposition de Paris 1889,
liais aux expositions étrangères: Amster-
<i«nB, Anvers, Melbourne, Philadelphie,
Chicago, Moscou. Ce n'est pas peu de chose,
<^e la part d'un modeste fabricant de pro-
vince, que d'avoir affronté avec succès la
lollesur les points les plus divers du monde
industriel et des'y être fait une clientèle.
Tous les visiteurs delà dernière exposi-
tion de Lyon ont admiré sa vitrine ; il reçut
*néme les compliments du président Carnot.
î^^ amis avaient espéré que la croix de la
^'^n d'honneur couronnerait alors, pour ,
Fornet, la série des récompenses, et Ton
pensait que Texposition de Bruxelles serait,
au moins, une occasion de réparer cette
omission.
La croix n'eût rien ajouté à ses mérites.
Si un homme peut, à bon droit, être fier
des récompenses que lui ont décernées les
suffrages de ses pairs et quelquefois de ses
rivaux, il y a quelque grandeur pour lui à
se voir refuser une décoration qui, trop
souvent, témoigne plus encore d'efforts ac-
complis dans les antichambres qne sur le
véritable terrain de la lutte.
IjBs émaux bressans ont, d'ailleurs, reçu
un brevet plus éclatant et un titre plus du-
rable, de la main d'un poète, Gabriel
Vicaire, qui a chanté dans ses vers « cet
humble bijou », auquel le nom de Fornet
restera attaché :
Certes, ce n*estpas grrand'chose.
Un peu d'or, et, tout autour,
Du bleu, du vert et du rose.
La matière en est commune,
Mais quel charme sans pareil
Il a réclat du soleil,
La douceur du clair de lune.
M.J.
MOTEUR A AMMONIAQUE POUR
TRAMWAYS.
Un moteur à ammoniaque imaginé par
M. Mac-Mahon, ancien ingénieur de la ma-
rine américaine, a été soumis tout récem-
ment aux Etats Unis à des essais qui ont
donné des résultats assez concluants.
On sait que l'ammoniaque anhydre a la
propriété J'entrerenébullitiouà la pression
atmosphérique et à la température de —
33*6, et qu'il suffit de chauffer modérément
ce liquide pour obtenir une augmentation
de pression très rapide.
C'est sur ces propriétés que M. Mac-.Ma-
hon s'est basé pour établir son moteur.
Enchauffantrammoniaqueliquideà+2T'
on obtient delà vapeur ayant une pression
de 10,5 atmosphères, laquelle vapeur agit
dansles cylindres de la même façon que celle
de l'eau. Seulement au lieu de s'échapper
dans Tair après son action, comme cela a
lieu dans les locomotives, çu de se rendra
JOURNAL MENSUEL DS |.V«AD^IK NATIONALB.
«4
dalàs un condenseur analogue i ceux des
nlacbines marinesetautres, la vapeur dam-
moniaqueestioutsimplementrecueilliedans
un réservoir contenant de l'eau qui la dis-
sout et l'absorbe dans une proportion égale
à 1 .700 fois son volume.
. Le réservoir qui reçoit la vapeur d'éva-
cuation entoure le rés^ervoir u ammouique de
iélle sorte qu'il n^y a pas, ou presque pas, de
chaleur perdue.
Si, comme on l'affirme, la perte d'ammo-
(|ue par les fuites n'atteint que 10 % , en
toute une année, tandis que les frais de va-
porisation et de dissolution ne s'élèveraient
qu'à 0 ff. 19 par voiture-kilomètre, il sera
facile de prévoir les chances d'avenir offer-
tes par le nouveau moteur, en admettant,
toutefois, que l'emploi de Tammoniaque
ne soit pas accompagné des multiples diffi-
cultés qui ont fait rejeter Téther et le chlo-
roforme ver^ 1865, le sulfure de carbone
vers 1884, voire l'ammoniaque, lui-même,
vers 1866.
POIDS EN t VERRE
M. Stilfnid, à Bulach (Suisse], vient de
prendre des brevets d'invention pour un
nouveau systèmede poids en verre dont le
Conseil fédéral a cru devoir autoriser
l'emploi.
Le verre employé pour la fabrication
cjesdits poids est d'un genre spécial, soi-
{jneusement ailiné et refroidi, ce qui le rend
presque incassable.
Les différents types de poids en verre sont
de 10, 20, 50, 100, 200, 500 grammes et 1,2
et 3 kilogr. Ils sont de forme conique termi-
née par un bouton permettant de les saisir
facilement.
L'indication du poids est gravée sur la
partie supérieure du bout<m.
Ces poids qui, paraît-il, ont donne jus-
qu'à ce jour entière salisfaction, vont pro-
bablement entrer très prochai nemeut dans
Tusage courant d'une façon définitive. Ils
ne nécessitent pas les mêmes soins d'entre-
tien que les poids en cuivre et ne subissent
pas les mêmes déperditions par usure nor-
male.
LA PRODUCTION DU CUIVRE EN 1896
Durant l'année 1896, la production totale
du cuivre a atteint son chiffre le plus élevé;
elle a été de 378,258 tonnes. En 1887, clk
n^était encore que de 223,798 tonnes, f^
suivant une progression régulière, elle s*élai:
élevée jusqu'à 310,472 en 1892. Enfin, en
1895, la production du monde entier avait
été de 334,335 tonnes.
Dans le total de Tannée 1895, les Euis-
Unis entrent pour 208,893 tonnes, c'est-à-
dire pour plus de la moitié. L'Espagne et le
Portugal, qui en Europe sont les produclenrs
les plus importants, y entrent pour 53,375
tonnes, l'Allemagne pour 20,065 tonnes, le
Chili pour 23,500 tonnes, le Japon pour
21,000 tonnes, le Mexique pour 11, 150 ton-
nes, l'Australie pour 11,000 tonnes et la
colonie du Cap pour 7,4.50 tonnes.
COMMERCE
LE COMMERCE EXTÉRIEUR DE LA
FRANCE
La statistique officielle accuse les résul-
tats suivants pour le commerce extérieur
delà France durant les six premiers mois
de Tannée courante et de la précédente :
IMPORTATIONS 1897 1896
Objets d'alimenlatioD 44l.756.C0O 507.691.000
Matières oéceseaires
à rindustrie 1.220.337.000 1.1Ô5.162.000
Objets fabriqués 300.897.000 312.659.000
Total 1.974.990.000 8.ulG.552.000
2? EXPORTATIONS
Objets d'alimentatiou. 334.013.000 314.968 00*?
Matières nécessaires
à rindustrie 370.862.000 41I.476.0(ft'
Objets fabriqués 945.691.000 903.6l9.OiX'
Colis postaux 82.427.000 77 334. ôiM
Total 1.832.994.000 1.707 417.UÙ6
L'examen de ces chitfres fournit encore
l'occasion de constatations toujours très sa-
tisfaisantes. On voit d'abord que l'ensemble
des opérations du premier semestre de 1801
323
COMMERCE.
226
lUeinl 3.807.984.000 fr., dépassant de plus
de 85 millions les opérations du premier
semeslre de 1896.
I.^exccdent des importations sur les ex-
ponaiions, qui alleignait 308.135.000 fr.
pour les six premiers mois de 1890, ne s*é-
lè?e plus qu'à 141.096.000 fr. pour les six
premiers mois de 1897. C'est une différence
de 107.039.000 fr. à Tavantage de noire
pays.
En recherchant les résultats particuliers
aux mois de juin 1897 et de 1896, par la
comparaison des chiffres afférents aux six
et aux cinq premiers mois des deux années,
00 obtient les indications suivantes :
Juin 1897
295.838.000 rr.
302.307.000 fr.
Jain 1S96
302.115.000 fr.
2:8.832.000 fr.
Importât! ODS.
Bs|>oftalioQ59.
Ensemble 593. 145'. 000 fr. 581.047.000 fr.
Comme OQ le voit, l'ensemble des tran-
saclions de juin 1897 dépasse de plus de-
17 millions Tensemble 'les transactions de
juin 1896.
Il faut remarquer, en outre, que si la ba-
lance du commerce accusait environ 23
millions 1/2 îi noire détriment en juin 1893,
clîefait ressortir un solde de 6 millions l/2en
Dotre faveur en juin 1897. C'est un gain netde
près do 30 millions. Ce gain est inférieur à
celui du mois de mai précédemment qui,
ainsi que nous Tavons fait ressortir dans
notre journal du mois dernier, atteignait
environ 110 millions. Mais, précisément
en raison de l'élévation exceptionnelle de
ce dernier chiffre, on doit être pleinement
satisfait que le courant iavorable de nos
Changes se soit maintenu au point de lais*
I ^r encore un nouvel excédent favorable
I aussi important en juin.
Le mouvement général de nos échanges
exlériears qui se présente comme nette-
tnent avantageux pour notre pays depuis le
mois d'avril derniier, semble donc devoir
conserver le même aspect satisfaisant pen-
dant quelque temps encore. Si le troisiè-
aie trimestre de Tannée 1897 était aussi fa-
vorable que la deuxième, enverrait enfin,
<bn8 les résultats globaux, le chiffre des
^iportations devenir supérieur à celui des
importations, fait qui ne s*étdit pas produit
depuis la mise en vigueur du régime des
traités de commei*ce internationaux, c'est-
à-dire depuis 1800.
LE PORT DE DUNKERQUE
et les Importations de la République
Argentine.
Le consul de la République Argentine à
Dunkerque, M. Albert Mine, a exposé dans
la classe 1891 de TExposition de Bruxelles,
deux ouvrages reliés en maroquin tricolore,
nux couleurs nationales françaises et argen-
tines, dont le contenu mérite d'être mis en
lumière. Ces deux ouvrages sont :
P Un Album statistique du Commerce
entre la République Argentine et le Nord
de la France par le port de Dunkerque.dotïi
le texte illustré et renforcé de diagrammes
est imprimé en français et en espagnol ;
2^ Un volume intitulé: Le IraficduPort
de Dunkerque, avec texte en quatre lan«
gués : français, anglais, espagnol et italien,
ce qui a permis à l'auteur, en le répandant
à profusion de ses deniers personnels, de
faire connaître, dans tous les pays du globe,
rimportance du port de Dunkeri|uo à la-
quelle il a si largement et patriotiquement
contribué depuis plus de vingt ans.
Les statistiques de 1896 publiées par
M.Albert Mine mentionnent, entre la Répu-
blique Argentine et le port de Dunkerque,
un mouvement commercial de
173.191.239 kilogrammes,
ce qui équivaut à 11 1/16 % , autrement dit
à la neuvième partie des importations dudit
port en provenance de l'étranger.
Non seulement ce chiffre laisse loin der-
rière lui celui leplus élevé obtenu, en 1890,
par ce trafic qui avait été de I35.:330.814
kilogrammes, mais il est supérieur de :
plus de 47 % à celui de Vannée 1895 ;
plus de 9080% par rapport à Torigipede
ces relations en 1881, c'est-à-dire seulement
quinze ans auparavant.
Une semblable progression est sans pré-
cédent dans les Annales c^ommerciales de')
ports franç-iis ou étrangers les plus pros^
pères.
d3T JOURNAL MENSUEL DB
Pour montrer la part qu'a prise M. Albert
Mine dans le développement de ce irafic,qui
contribue si puissamment à maintenir le
port de Dunkerque au troisième rang d'im-
portance parmi nos ports français, puisque
le sixième du tonnage d'entrée des navires
y est de provenance argentine, il nous suf-
fira de reproduire ci-après quelques extraits
de nos principaux journaux :
Dans un article intitulé/e^ Grands Ports,
le journal le « Phare de Dunkerque y», du
22 mars 1891, s*exprimait ainsi : « Certains
« x^onsuls, et nous pourrions faire figurer en
« tête M.Albert Mine, Consul delà Képubli-
« que Argentine, ont compris toute Timpor-
tt tance qu'il y avait pour notre port à être
« connu tant à l'intérieur de la France qu'à
« l'étranger. »
Le journal le « Siècle » du 12 octobre
1893 termine comme suit un article que,
sous la rubrique: « Faits économiques », il
consacre au commerce de la France et de la
République Argentine : « C'est en grande
« partie au zèle ininterrompu depuis 1881
« du Consul à Dunkerque de la République
tt Argentine que nous devons de. constater
a ces heureux résultats ; la stratégie corn-
a merciale qu'il a appliquée sous toutes ses
« formes, avec de louables et persévérants
« efforts, pour atteindre ce but, est devenue
« pour la France une question nationale. »
Sous la signature de Téminent publiciste
M. Hector Dépasse, le « Progrès du Nord^^^
de Lille, a publié, à la date du 12 août 1896,
ces lignes que nous extrayons de son article
intitulé : le Port de Dunkerque : # Nous
a avons feuilleté avec le plus vif intérêt le
« rapport que l'honorable député de Douai,
tt M. Emile Dubois, nous faisait parvenir
« dernièrement sur le projet d'organisation
« de nouveaux magasins publies dans les
« terre*pleinâ desquais, et aussi les Statisti*
< ques de l'un de nos plus dévoués con--
« citoyens, M. Albert Mjne,qui ne connaît ni
« trêve, ni repos, quand il s'agit de lapros-
tt périté et de la gloire de Dunkerque. »
Rendant compte des têtes qui ont eu lieu
à Dunkerque à l'occasion de l'inauguration
de la grande Eclnse Trystram, le « Journal
des Débats », dans son numéro du 14 sep-
l'académib nationale.
2S»
tembre 1896, s'exprime ainsi : « Ce qui a
« contribué le plus à la prospérité de la
tt placé de Dunkerque, c'est qu'elle est de-
tt venue, grâce au concours de M. Mine,
t Consul de la République Argentine, le
a principal marché continental des laines. »
En 1881, lorsque les relations du port de
Dunkerque avec la Plata n'étaient encore
qu'à l'état embryonnaire, les droits de toute
nature perçus par l'Administration des
Douanes au profit du Trésor ne s'élevaient
qu'à 6.315.974 francs ; en 1896, ils ont at-
teint 16.875.567 francs.
Enfin, dans le remarquable rapport fait à
la Chambre des Députés, au nom de la Com-
mission des Ports, à la séance du 6 juillet
1896, le rapporteur M. le député Emile Du-
bois, de Douai, après avoir constaté que « les
tt Importations de la Plata se sont dévelop-
tt pées, depuis une quinzaine d'années, d'une
tt façon vraiment prodigieuse ; que l'imper-
« tation des laines, presque nulle encore à
« Dunkerqueeu 1881, avait dépassé de 52 % ,
tt en 1895, le chitfre des importations de
tt même origine faites par Anvers, considéré
(( Jusqu'alors comme le grand marché des
tt laines de l'Europe Occidentale ; qu'An-
tt vers était alors le rendez-vous de tous les
« industriels du Nord et de la Champagne ;
« qu'il bénéficiait àce titredes commissions,
« courtages, frets, transports, escomptes de
tt négociations de traites, etc., auxquels don-
tt nait lieu ce trafic considérable et que
tt nos fabricants payaient à l'étranger; M. le
tt député Dubois, disons-nous, ajoute judi-
tt cieusement : t Grâce aux améliorations
tt réalisées dans le port de Dunkerque et,
tt peut-être plus encore^ aux persévérants
tt et courageux eftbrts de Tintelligent et dé-
« voué Consul de la République Argentine,
t M. Albert Mine, la situation est aujour-
« d'hui complètement renversée : elle jus-
' « tifie l'heureuse dénomination de Port des
> « Laines appliquée par M. Mine au port de
tt Dunkerque. »
Ce qui ajoute encore du mérite à ces im-
portants résultats, c'est le désintéressement
absolu avec lequel M. Mine s'est et a dépensé
pour le produire, car, pour conserver son
entière liberté d action, il s'est abstenu
^ryf^'
3S9
OOMMERéB:
quoique négociant et nifilgrë les occasions
qoi lai enr étaient chaque jour offertes, de
toates affaires avec la République Argen-
tine, trouTant ailleurs un champ suffisam-
lofni faste pour ses opérations personnel-
les.
Eo relatant une convér^tion que M. Jules
Chrctie, actueHement en voyage à l'étran-
ger, a eu récemment avec un citoyen danois,
et en montrant le péril de la concurrence
cBrénée de « V Allemagne industrielle »,
M. Arthur Binet termine ainsi son article
empreint du plus pur patriotisme :
t Partant sur nos frontières, pour la dé-
f feose nationale, on trouve des soldats
' Tarme au bras, prêts à répondre par une
« balle bien dirigée aux menaces de l'enne-
cmi.
« Où senties sentinelles prêtes à répoudre
« au cri d'alarme que poussent de toutes
«paris, dans Tordre industriel et commer-
«cial, des patriotes et des écrivains clair-
■ voyants ! »
Duokerquois d'avant-garde, bien connu
par son énergique labeur, doué d'une rare
éoergieetd'unepersévéranceàtouleépreuve,
M. Albert Mine est certes l'une de ces sen-
tioelles dont la vie et l'œuvre peuvent être
citées comme exemple à tous ceux qui ont
î cœur la grandeur de la Patrie et soc déve-
loppement commercial.
Fils de ses œuvres, M. Albert Mine est
ofticierd'Académiedepuis le P' janvier 1881;
tia été promu officier de l'Instruction Pu-
blique le 30 mars 1894 ; notre Société lui a
rfécerné, le 29 octobre 1891, sa médaille de
1^ classe. Le 6 mai 1894, il recevait, delà
Société de Géographie de Lille, une médaille
<l'argent grand module. Il est certain que
d'autres distinctions honorifiques viendront
encore dans l'avenir récompenser l'intelli-
geut labeur de H. Albert Mine.
U8 PROGRÈS DES EXPORTATIONS
DE L*ALL£MAQNE EN 1895
Les chiffres définitifs relatifs au com-
nierre de l'Allemagne viennent d'être pu-
bliés, et ils font ressortir, pour 1895, une
2 ogmeniation de l'exportation des princi-
paux articles industrie, à Texcéplioii du
sucre.
La comparaison avec Tannée 1904 four-
nit les indications suivantes : '
VMeor.en
millioits
de m&rks
1895 1894
Industrie cotonnière îoo.6
— de la soie 151. É
— de laine ies.V
Confection et lingrerie fabriquée. 101.1
Industrie du fer 301 .»
Autres industries métalliques... IH.5
Machines ci imitrumenis jse.g
Charbons et cokes 1^5.8
Industrie des produil.H chimiques 299!o
— du cuir Î65.3
— du papier 104.4
Objets d'art et de littérature. . . . . 107.8
157.5
122.9
229.5
95.4
256.4.
100.2
133.5
139.7
270.9
Î32.0
91.9
100.4
L'augmentation, en 1805, est des plus sen-
sibles en ce qu'elle atteint: pour l'industrie
du coton, 27 % ; pour celle du cuir, 20 % ;
pour celle de la soie, 23 % ; piour celle
des machines, 19 % ; pour celle du fer,
18 % , et pour celle delà laine, V7 %.
LE COMMERCE E?CTÉRIEUR OE LA
RÉPUBLIQUE ARGENTINE.
Le bureau officiel de statistique de la
Bépublique Argentine vient de publier les
résultats du commerce extérieur de ce pays
pendant Tannée 1896.
Nous en détachons les renseignements
suivants :
Le mouvement général da. eoMmerce a
atteint la somme totale de 227.728.966 ps.
or, au lieu de 213.792.570 ps. or en 1895,
soit une augmentation de 13.933.393 ps. or«
Exportation, — L'exportation accuse
sur l'ensemble une diminution de 3,612.952
piastres. Les chapitres en diminution sont
les suivants : Animaux vivants 417,650 ps. ;
dépouilles animales 3,402,376 ps. ; résidus
animaux 381,764 ps. ; produits agricoles
bruts 2,121,784 p*«. ; produits forestiers
934,325 ps. ; articles divers 8,732.
Ces diminutions ont été surtout sensibles
sur Vexportation des bétes à cornes, des
cuirs (plus de 4 millions de piastres), des
suifs, de la graine de lin, du blé (plus de 6
an:
lOUHNAL MENSUKl M i»'A€ADâllB NATIONALB.
302
miUi«né etdottii) et Ai) bote de qu^racho
près d'un millionV
' Ity aeu, aQ Goatraifo, tugmentaiion de
106.759 ps. sur les matières animales mado*
Clôturées; de 3.848.381 ps. sur les produits
végétaux manufacturés ; de 13,858 ps. sur
les produits miniers, et de 31.515 ps. sur les
produits dé la chasse. Les matières ayant
fourni tes principales augmentations sont :
la laines en suint (près de deux millions et
demi), le maïs (près de six millions) et le
sbcre (3.300.000 ps.)
. L'exportation a eu les destinations sui*
vantes, comparativement avec Tannée 1805 :
l^rance.. ..' —
Aogleterre..
Allemagne
Belj^kiue
BrôsU
ËtaU-Unis
rialie....
Aulrss nations (moios
de 3 millions chacune)
Totaux '
1895
ps. or
20.357.169
14.674.783
13.aW.324
15.417.711
8.096.105
8.947.165
3.5)8.087
1896
ps. or
23.654.979
14.388.761
13.332.-85
12.0d2 348
6.401.362
6.401.362
3.8:7.059
34.582.494 32.092.213
118.936.838 115.670.961
€omme on le voit par ce qui précède,
c'ek^'la France qui tient toujours la tête
comme acheteur des produits argentins.
iZ/mpor/d/ioff.— A rimportation, on cons-
tate une augmentation de 17.202/^70 pias-
tres, or sur 1895 (112 millions au lieu de 95
millions)»
Parmi les principales augmentations, nous
noterons celle de 1,117,000 ps. sur les subs-
tances animales ; de 1,776,000 ps. sur les ta-
bacs ; de 591,496 ps. sur les substances vé-
gétales ; de 900,454 ps. sur les matières tex-
tiles; de 2,358,679 ps. sur les produits chi-
miques ; de 3 millions sur le bois et ses ap-
plications ; de 6 millions sur les métaux et
leurs applications ; d'un million sur la céra-
mique, et de plus de deux millions et demi
sur les produits manufacturés divers.
Il y a eu, au contraii-e, diminution de
655,006 ps, sur les sucres ; de 256,000 ps.
sur les fruits secs ; de 664.000 ps. sur la
yerba; de 635.000 ps. sur les vins en fûts ; de
près de 5 millions de ps. sur les tissus de
coton en général ; de 280,000 ps. sur la
cristallerie, et de 366,000 ps, sur les machi-
nes agricoles.
Au point de vue de la provenance, Timpor-
tation s'est divisée comme il suit :
Angleterre
Allemagne
France
Italie
Etas-Unis
Belgique
Brésil
Autres nations (moins
de 5 millions chacune)
Totaux
ps. of
39.524.270
11.162.549
9.116.870
10.363.129
6.686.999
7.441.356
4.095,665
6.464.894
i^g6
ps. or
44.729.966
13.895.0^
12.028.514
11 394.910
11.210.475
8.453.200
.5.152.621
0.193.251
94.S85.732 112 058.002
NÉCROLOÛIE
. U^ An^ée Fornet, Téminent bijoutier
de Bourg (Ain), qui fut, sinon absolument
le créateur des Émaux bressans^ au moins
Tartiste ingénieux et fécond qui a su élever
Qonsidérablement les mérites de ce genre
de bgoux et en propager la réputation dans
tout le monde civilisé, est mort prématuré-
ment le 23 juin dernier^ dans sa cinquante*-
sixiè»ie année.
M. Fornet a été emporté par la maladie,
au moment où, après avoir préparé une des
parlicipatioas à TEx position de Bruxelles
qui font le plus d'honneur à la section
fi*ançaise, il pouvait légitimement espérer
qu'une suprême distinction accordée par
le gouvernement français viendrait enfin
récompenser dignement une des plus hono-
rables carrière? de l'art industriel.
On sait que les Emaux bressans^ ainsi
nommés parce qu'ils tirent leur origine
du pays de Bresse, sont des pièces de bijou-
terie constituées par l'arrangement d'émaux
d'une ou de plusieurs couleurs enchâssés
dans des contours en or de formes variéeSf
3»
YARIICTK.
394
éaïaux qui jouent ainsi un rôle analogue à
celui des perles ou pierres précieuses jd^ns
les pièceside joaillerie.
Âo naste, nous publions dans une aulrè
partie du journal un article emprunté à
l'iiD de nos confrères, qui décrit l'origine eC
k natare des émaux bf^s^ans^ ainsi que la'
part prépondérante prise par M^ Fornet
dans le perfectionnement de cette intéres^
sinie bijouterie et dans la propagation de
ia connaissance à travers le monde.
Parmi les grandes expositions auxquelles
M. Fornet avait pris part et qui lui ont
toutes valu des récompenses d*un ordre
élevé, nous citerons : Lyon 1872, Vienne
1873, Philadelphie 1876, Paris 1878, Mel-
bourne 1881, Amsterdam 1883, Nice 1884,
Barcelone 1888, Paris 1889, Moscou 18dl,
Chicago 1893, Anvers 1894, Lyon 1894,
Innsbrack 1896.
Depuis 1889, M. Fornet était titulaire
du D;pIofn^ d*Hoone|ir de n9tre £ioci9të>, ^
laquelle il appartenait depuis 1873v ; i
- L'œuvre de notr^ e^^Uègue m périt pa$>
d'ailleurs avec lui. Lei^ ateliers qu'il a si bien»
Qrganiséset qu'il a»dot^ d'une tr^djtioi^';
artistique impérissable continueront la,
fiibrication des Emmx bfres^ansj sous la^
direction de Mme Veuve Fornet, qui trouvent
dans cette contin^iation des. travaux si cherS:
à son mari, la meilleure source de . CQnsQlar»
tion au milieu du n^lbeur qui Ta. frappée
si cruellement.
I M. Fornet n'était pas seulement on arr,
tiste et un industriel de mérite. : ses qqa^
iilés de cœur lui avaient valu d*universelles
sympathies dans sa région, où sa perte a
été très vivement res3entie, ainsi qu'en ont .
témoigné tous les journaux de la localité.
; Nous nous associons sincèrement aux regreto
' que laisse cet énergique travailleur, qui
I fut à la fois un homme dégoût et un hom-,
me de bien. ' '
VARIÉTÉ
UN MUSÉE MUNICIPAL
D*HI8TOIRE NATURELLE.
Un savant modeste et dévoué, M. A. Bou-
Mer. que notre Société a récompensé ep
1^11 pour son ouvrage intéressant intitulé:
les Mammifères de la France, a constitué
Qo ensemble de collections de géologie, de
minéralogie, de zoologie et de botanique,
qui, sous le nom de Musée municipal d'his-
toire naturelle^ avait trouvé place dans le
Palais des Arts libéraux de TExposition de
1889. Malheureusement, la démolition im-
minente de ce Palais va nécessiter le dépla-
cement de cet intéressant musée conçu
dans UD ordre d'idées essentiellement pra-
tique, et Ton ne sait encore dans quelles
conditions, ni même dans quel local il pour-
ra être reconstitué.
Nous faisons des vœux pour que Tadmi-
jiistration municipale, à qui Mé A. Bouvier
1 généreusement offert toutes ses collec-
tions, à la seule condition que la visite en
tût gratuite, se préoccupe sérieusement i^e*
procéder à une réinst^llation définitive 4^
ce musée qui, suivant le mot d'un rédac-
teur du Figaro^ M. Charles ChinchoUe, est.
le plus utile peut-être de tous ceux qu'il y^
a chei nous, ^
Voici, d'ailleurs, comment M. ChinchoHer
a rendu compte, dans le Figaro du 10 juil?
let 1807, d'une; visite qu'il a faite au nausée
des savants collectionneurs : ,.
a Là (au Palais des Arts-Libéraux), fires-
que seul, M. Bouvier a tout apfiorté, mé-
thodiquement classé en des vitrines con-
fortables. 11 2l consacré six ans à ce long
travail qui vient seulement d'être terminé
et qui allait être inauguré quand on a déci-
dé la démolition du palais. A peine amé-
nagé, il va falloir déménager. »
« Je ne veux point parler des curiosités
diverses que M. Bouvier a rapportées de
ses excursions au GoogOf en Océanie, etc^,
â35
JOUHNAL MfiPISUKL DR L ACÀDeMIB NATIONALE.
sae
eela s'^Bt déjà vu. Mais ce qu'on fie verra
nulle pari, c'est la collection méthodique
des marbres -pi^ venant des carrières fran-
çaises, des carrières étrangères appartenant
à des étrangers, des carrières étrangères
appartenant à des Français. Tous les mar-
bres sont ici, non seulement en blocs, mais
encore en plaques mesurant 25 centimètres
sur 50. On peut donc Juger admirablement
de leur eff^ décoratif. »
a Pour les onyx, M. A. Bouvier a imaginé
un moyen d'exposition qui est toute une
révolution dans Fart décoratif. Il en a fait
des carreaux que la transparence a trans-
forages en autant de merveilles. Quel joli
boudoir on lerait avec ces onyx verts, rou-
ges, jaunes, blancs, soit uniformes, soit mé-
lés ! La disposition imaginée par le savant
explorateur constitue une réelle invention
qu*il donne u tous et dont doivent s'inspirer
propriétaires, architectes, décorateurs. »
<c D'autres salles sont . réservées aux oi-
seaux, aux poissons, et la plupart des nu-
méros ont, à côté d'eux, le témoignage du
parti qu'on en peut tirer.
(c  côté d*un dindon sont toutes les
<( fourrures » qu'on a trouvé le moyen de
tirer de sa plume. Jai dit : toutes.
« A côté du plus vulgaire de nos pois-
sons, Tablette, est l'essence d'Orient que
les Allemands tirent de ses écailles et nous
vendent très cher quand nous pourrions
l^avoir pour presque rien chez nous. — C'est
avec elle qu'on fabrique les fausses perles.
a Ces exemples suffisent à démontrer
rimportanced'ùn tel musée où tout le mon-
de, de tout âge et de toute profession, peut
trouver son compte. »
Nous avons visité nous-méme le musée
de M. Bouvier, et nous avons été également
émerveillé parla transparence des carreaux
d'onyx, par les mérites scientifiques des
collections et par le bon sens pratique avec
lequel M. Bouvier s'est attaché & mettre en
relief les avantages matériels et les profits
qui pourraient être retirés d'une utilisation
intelligente de toutes les ressources oflertes
par la nature.
Lorsque ce Musée aura trouvé l'asile dé-
finitif auquel il a droit, nous Tannoncerons
avec plaisir à no> lecteurs, en leur recom-
mandant d'y faire une visite qu'aucun ne
pourra regretter.
P.-S. — Au dernier moment, uousappre-
nons que le Conseil municipal de Paris a
voté un crédit de 4. 000 francs, pour le trans-
fert des collections du Musée municipal
d'histoire naturelle dans les salles du Palais
d'Hiver, du Jardin d'Acclimatation, offertes
à cet effet par la Société propriétaire de
l'établissement. Cette solutionne satisfait
qu'à moitié M. Bouvier, qui aurait désiré
que l'accès du musée fût absolument gra-
tuit pour le public. Mais enfin, puisque la
Ville Je Paris n'est pas^ paraît-il, assez riche,
pour otfrir elle-même un abri aux si inté-
ressantes collections qui lui ont été si géné-
reusement offertes, il faut encorese féliciter
qu^elle ait bien voulu supporter les frais du
déménagement, et que la Société du Jardin
d'Acclimatation ait consenti à donner Thos-
pitalité au musée de M. Bouvier qui, san^
cela, eût été menacé de dispersion et dedes*
truction.
Le Directeur^Gérant, Rédacteur en Chef,
Eugène THlftRY.
OIBBMONT (OMB). — IMPSIMBaHIDAlX FEMBI, PLACR SAtNT-AKDRB, S.
JOURNAL , MENSU
AS
L'ACADEMIE NA
AGRICOLE, lANDFAerORiKRE ET COMIERCIALE
67* Année. -^ AOUT 1897.
SOMMAIRB
A8RIOUI.TURB — Le prix àubU et la valeur de l'argeat-métal. — Nouvelles études sur la vinification et sur la ré^
fni^^ratioD des moûts, par MM. Muntz et Rouss«aux. ~ Le carbure de calcium et le phylloxéra. — Les récoltes
d'orge et d'avoine en 1896.
■XPOSrriONS et concours. -Exposition de Bruxelles. {Suite.)
INOUSTRIB. — Manufacture de tôlerie, de M* Léon Parisseï à Larrière (Vosges). — Clouterie mécanique pour
chaussures, de M. D«ohambenolt «te**, à La Pipée (Vosges). — Appareil de sauvetage en cas d'incendie, de
■. PalQux, à Oran. — Produits spéciaux pour beurreriesetfromaçeries, de M. Charles JeaiHi«au, âJanzé (dle-et-
Viliune>. — La conservation du beurre frais. — La production de Vor et de l'argent en Russie.
OOMMERCe. — Le commerce extérieur de la France.
AGRICULTURE
UE PRIX DU BLÉ
et la Valeur de l'Argent-iMétal.
On se souvient que dans noire journal de
Novembre 1896, nous avons publié un arti-
cle sous le titre : Le prix du blé et la ques-
tion monétaire^ dans lequel nous démon-
irioDsTabsurdilédu raisonnement qui don-
nait comme cause à Tavilissemenl du prix
du blé, tombé à 18 fr. les 100 kilos, le fait
de rabaissement du prix de l'argent- métal,
qui avait perdu 50 % de sa valeur nomina-
le.
Bien plus efficacement c[ue notre propre
réfutation, la réalité des faits vient de prou-
ver la fausseté absolue de la thèse qui, pen-
dant trop longtemps, a fait Torgueil d'une
certaine école d'économistes, et qui, il faut
bien le reconnaître, avait trouvé une créan-
ce imméritée auprès d*un grand nombre de
notabilités du monde agricole.
Déji, dans notre journal de juin, nous
constations que le prix du blé venait de se
relever au-dessus de 22 fr. le quintal, pen-
dant que la baisse de rargent-métal s'était
continuée, amenant une nouvelle perte de
4 %.
Aujourd'hui, dans celte seconde quinzai-
ne d'août, le quintal de blé a dépassé le
cours de 30 fr., pendant que la perte de l'ar-
gent métal atteignait 60 %.
L'absurdité de la thèse d'une corrélation
intime entre les mouvements du prix du blé
et ceux du prix de l'argent-métal, est donc
surabondamment démontrée par la marche
des choses. Les inventeursou les champions
de la thèse en question y perdront peut-être
un peu de leur créditet de leur réputation
de profonds économistes ; mais ils ue ren-
dront pas les décorations que des gouver-
nants naifs ou crédules à l'excès ont cru
devoir accorder à des mérites qui ont été
fâcheusement considérés comme transcen-
dants pendant plusieurs années.
339
JOURNAL MBNSOEL DE L'ACADÉMIE NATIONALE.
340
NOUVELLES ETUDES
SUR LA VINIFICATION
ET SUR LA RÉFRIGÉRATION DES
mOUTS
Par MM. A. MuNTzet E. Rousseaux.
MM. A. Mûntzet E. Rousseauxont pour-
suivi aux vendanges de 1896, dans le Rous-
sillon, leurs recherches sur la vinification et
sur la réfrigération des rooûts.
Leurs études antérieures avaient montré
quelle influence fâcheuse est exercée sur
les vins par réchauffement qui se produit
dans le cours delà fermentation.
Le refroidissement des moûts destinés à
empêcher leur température de s'élever au
delà du point où la levure alcoolique est
détruite, avait paru être la solution prati-
que du problème d'une bonne vinification.
Celte conclusion se trouve confirmée
avec la plus grande netteté par les essais
faits aux vendanges de 1896, dans des con~
ditionsd'installation remarquables.
L'automne de 1896 ayant été relativement
frais, on eût pu croire que la fermentation,
même abandonnée à elle-même, pût se ter-
miner sans accidents. Cela est vrai dans
une certaine mesure pour les cépages d'une
teneur peu élevée en sucre, tels que Tali-
cante-boùschet et l'aramon. Mais il résulte
des considérations et des résultats qu'expo*
sent MM . Mûntz et Rousseaux, que, dans
les cas de vins qui ne sont pas faibles eu
alcool, tels que ceux du Roussi lion, de l'Al-
gérie et de la Tunisie, réchauffement ex-
cessif des moûts est toujours à craindre et
qu*il se produit même quand la cueillette
se fait par un temps frais. 11 y a donc le plus
grand intérêt à recourir d'une façon géné-
ral à la réfrigération des moûts.
MM. Mûntzet Rousseaux ont fait porter
leurs essais de 189G sur les points princi-
paux suivants : sur le degréde température
auquel il est préférable d'opérer le refroi-
dissement du moût ; sur le degré de tem-
pérature auquel on peut amener le moût et
son influence sur la marche ultérieure de
la termentatiou. Voici quelques-uns des
principaux résultats de ces recherches :
1<* Il existe une différence très grande, au
point do vue de leur richesse alcoolique et
de leur aptitude à la conservation, entre
les vins provenant de moûts non réfrigérés
ou refroidis après avoir atteint un échauffe-
ment excessif ;
2^ Pour être efficace, la réfrigération doit
être faiteavant quele moûtait atteint le point
critique auquel la levure commencée souf-
frir, et qui est un peu supérieur à 37 degrés :
3* C'est aux environs de 33 degrés qu'on
a le plus d'avantage à commencer la réfri-
gération.
4'' Il n'y a aucun inconvénient à abaisser
la température du moût jusqu'à 18 degrés
environ ; la fermentation n'en continue pas
moins sa marche régulière et les vins attei-
gnent la teneur alcoolique maxima corres-
pondant à la richesse saccharine du moût ;
5^ Dans les régions méridionales, la ré-
frigération a son utilité très réelle, même
pendant les automnes relativement frais,
qui sont rares d'ailleurs dans ces régions;
6"^ Avec une installation convenable, la
réfrigération s'opère avec fucilité sur les
quantités de vendange qu'on peut avoir à
traiter dans les grandes propriétés, et elle
n'occasionne que des frais insignifiants.
On voit que la réfrigération des moûts
devrait être adoptée par la viticulture méri-
dionale comme pratique courante. Elle per-
met, en effet , d'améliorer notablement la
quantité des vins au double point de vue de
leur richesse alcoolique et de leur aptitude
à la conservation. Ces considérations ont
la plus grande importance,la vinification
s*opérant presque toujours, dans ces régions,
d'une façon défectueuse, les vins restant
longtemps troubles et douceâtres, exposés
à des maladies qui font souvent perdre des
récoltes entières.
La formation dk l'ammoniaque dans les
VINS. — Lorsque la fermentation alcooli-
que s'accomplit normalement, la levure
seule — ou presque seule — est maîtresse
du ten'ain, et on obtient alors des fermen-
tations franches, caractérisées par la trans-
formation complète du sucre en alcool et
en quelques produits secondaires.
Mais lorsque l'action de la levure est en-
travée, principalement par l'érfhauffemeïit
excessif des moûts, d'autres organismes.
341
AGBlCtJLTORE.
342
qui eiisteot même dans la vendange la plus
saine et qoi avaient été annihilés par l'acti-
Tilé prépondérante de la Termentation al-
coolique, manifestent alors leur présence
et envahissent le moût, victorieux d'un or-
ganisme affaibli, par un de ces retours que
produit la latte pour la vie.
Toutes les réactions chimiques produites
sGosTinfluence des ferments de maladies
D6 paraissent pas avoir été étudiées. Des
ooDsidérations théoriques ont fait penser à
MM. Mùntz et Roussoaux qu*il y avait lieu
(fexaminer la production de Tammoniàque.
La plupart des bactéries sont, en effet, des
ferments des matières albuminoldes, qu'ils
décomposent en produits plus simples, par-
mi lesquels apparaît presque toujours Tam-
iQoniaque, dernier terme de leur action.
En examinant, au point de vue de leur
teneur en ammoniaque, des vins de diverses
origines et des vins de même origine, mai-
oUenusdans des conditions variées, MM.
Mûntz et Rousseaux ont pu mettre en res
Itefun certain nombre de faits qui parais-
sent intéressants au point de vue de la cons-
titolion du vin :
1^ Ce sont les températures de fermen-
tation les plus élevées, surtout celles ayant
lUeint ou dépassé 40 degrés, qui ont donné
ksplus grandes quantités d'ammoniaque;
œ qui rend la présence de Tammoniaque
eo forte quantité digne d'attention, c'est
b révélation d'une lermentation défectueu-
se du début, qui peut avoir quelquefois des
conséquences graves pour la conservation
ultérieure du vin.
2* Il existe une corrélation étroite entre
b présence des microorganisroes qui se
tronvcnt dans les vins, la proportion de
l'ammoniaque dans ces mêmes vins et Tap-
lilode des lies correspondantes à détermi-
ner les fermentations albuminofdes. MM.
Vonlz et Rousseaux ont, en effet, donné la
^UmoDStration que ce sont les microorganis-
nes qui constituent la cause de production
<fe l'ammoniaque dans le moût, lorsque la
températurede celui-ci s'élève outre mesu-
re.
3'Uy a une relation entre Tétat maladif
<iebvins (vins douceâtres, mannités, cassés,
etc.) et la proportion d'ammoniaque qu'ils
renferment ;
4"* La détermination deTammoniaquepré-
sente un réel intérêt, surtout dans les vins
qu'on veut laisser vieillir. En effet, les vins
qui semblent devoir se comporter le mieux
sont ceux dans lesquels la proportion d'am-
moniaque est peu élevée.
Comme, d'autre part, la température à
laquelle montent les moûts favorise la pro-
duction de l'ammoniaque, il y a intérêt, à ce
point de vue encore^ à empêcher les moûts
d'atteindre un échauffement excessif par la
pratique de la réfrigération judicieusement
appliquée.
LE CARBURE DE CALCIUM
ET LE PHYLLOXÉRA.
il paraît que le carbure de calcium, ce
nouveau produit du four électrique, ne
jouirait pas seulement de la propriété de
produire facilement le merveilleux gaz acé-
tylène, mais qu'il offrirait encore le pré-
cieux avantage de constituer le remède in-
faillible tant cherché contre le phylloxéra.
C'est du moins ce qui semble résulter d'ex-
périences sérieuses faites en Espagne et
dont un journal de Barcelone, El Terru-^
no^ a rendu compte en une longue notice
que nous allons résumer.
Cet organe étudie l'application du carbure
de calcium, sous la forme de question-
naire, et successivement se pose neuf
questions, qu'il s'empresse de résoudre pé-
remptoirement.
l^ Le carbure de calcium est-il à la fois
un insecticide et un engrais ?
t II ne peut être mis en doute par per-
sonne qu'il soit un insecticide; toutes les
expériences qui ont été faites ont constaté
qu'il tue effectivement le phylloxéra. L'ex-
plication en est donnée par la science d'une
façon très complète, mais tout ce que
peut dire la science nous est indifférent,
ainsi qu'aux agriculteurs, car nous savons
que ses théories sont souvent fausses et elle
l'a fréquemment prouvé. Tout ce que
nous demandons est de voir périr sous nos
yeux le phylloxéra, sous l'action du carbure
343
JODH!<AL MEINSDI-X DR L ACADÊIIIE flATlONALB.
344
de calcium ; or^ nous n'en pouvons plus
douter^ car nous Pavons vu.
Ses qualités comme engrais sonl égale-
meol indéniables, en raison même de la
nalure du produit et de son action sur le
terrain.
Nous avons, du reste, des preuves qui le
démontrent d'une façon tangible, comme
la vivacité et la vigueur promptement ac-
quises'par les ceps traités par le carbure de
calcium ; son action détermine aussi la
croissance des petites racines, et cela à l'é-
poque où la sève végétale se concentre et
se retire, c'est-à-dire dans les premiers
mois de Thiver.
2<» Le carbure de calcium est-il applica-
ble, îi ces fins, sur tous les terrains ?
Il Test réellement, car la nature et la
composition du terrain ne peuvent modi-
fier, en aucune façon, Tefficacité absolue
du carbure de calcium, comme insecticide ;
cela est si vrai, que nous avons obtenu les
mêmes résultats satisfaisants, aussi bien
sur les terrains forts que sur ceux très lé-
gers ; la seule précaution à prendre, pour
les uns comme pour les autres, est d'avoir
soin de bien tasser la terre, après l'appli-
cation du c^rl.iîre. »
S"" Quel est. le meilleur mode d'emploi du
carbure de calcium ?
« La manière de procéder est des plus
simples : il suffit de déchausser le cep
qu'on veut traiter jusqu'à une profondeur
de 40 à 50centiraètres, et d'y placer la quan-
tité de carbure nécessaire, en suivant, pour
le reste, les indications ci-après :
« Le long de la rangée de ceps que Von
voudra traiter, on creusera, à l'aide d'une
charrue à oreilles, un sillon de chaque cô-
té d'une profondeur de 15 à 20 centimè-
tres et séparé des troncs de ceps d'environ
25 centimètres. Aussitôt après on prend
une barre de fer ou de bois, selon la nature
du terrain, terminée en pointe et ayant
un diamètre de 10 centimètres, et on creuse
ans chaque sillon, près du pied de la vi-
gne, trois ou quatre trous d'une profondeur
de 30à 40 centimètres. On y jette le carbure
de calcium en petits fragments, d'après
les doses suivantes : si on exerce le traite-
ment sur une grande étendue de vignobles
à la fois, 100 grammes pour chaque cep ;
si on traite des ceps isolés, 250 à 400 gram
mes suivant l'intensité de l'invasion phyl-
loxérique. Ensuite, on doit recouvrir ces
trous et les sillons primitivement creusés
à l'aide d'un autre soc donné par la même
charrue, puis on entasse, après, la terre
autour du cep avec un rouleau en bois.
4"" Quelle est la meilleure saison pour l'ap-
plication du carbure de calcium ?
« C'est incontestablement le printemps,
soit ^n Mars, Avril ou Mai, car c'est à cette
époque que l'invasion phylloxérique atteint
son maximum de développement. Cepen-
dant, les expériences que nous avons pra-
tiquées pendant les mois d'été et d^autom^
me nous ont donné, à plusieurs reprises,
des résultats satisfaisants. »
h"" Une seule application sera-t-elle suffi-
sante, ou faudra- 1- il la renouveler?
« Celte question est étroitement liée à
la précédente, car si l'application est faite
au moment précis oii éclosent les œufs
d'hiver, il est incontestable qu'on aura ex-
terminé totalement, et cela avec un seul
traitement, tout le phylloxéra qu'il y a dans
la vigne. Mais si le traitement s'effectue à
d'autres époques de l'année, quelques œufs
peuvent ne pas être détruits et déterminer
aux premières chaleurs, une nouvelle in-
vasion provenant d'un foyer voisin, sur
lequel il n'aura pas été appliqué du carbure
de calcium ; de sorte que, abstraction
faite de ces deux cas, essentiellement for-
tuits, on peut affirmer qu'une seule appli-
cation suffit pour l'extinction du phylloxé-
ra. »
6** L'application du carbure de calcium
ne peut- elle causer de dommage ou préju-
dice au développement et à la fructification
de la vigne ?
« En aucune façon. Bien au contraire,
son action favorise particulièrement la végé-
tation des plantes en général, et non pas
exslusivement de la vigne, grâce à ses in-
contestables qualités comme engrais et, à
l'action salutaire qu'il exerce sur le sol, car,
décomposant ou modifiant ses éléments,
il rend utilisables pour le végétal les princi-
3e
AGRiCttLTURE.
346
pes nutritifs que le sol reDfermait à Vétat
inerte. Tout ce qui précède a été entière-
ment constaté dans tous les essais et expé'
riences effectués jusqu'à présent, »
? Yaurait'îl utilité à mélanger le carbure
de calcium avec des engrais animaux ou
chimiques ?
c Nous pouvons répondre à cela que nous
TavoDS employé, combiné ou mélangé avec
d'aaties produits divers, et qu'il i;ous a tou-
jours donné le mémo résultat satisfaisant.
< C'est pourquoi nous ne voyons aucun
inconvénient à ce que Ton iasse ainsi. Pour-
tant, nous ferons remarquer que quand il
sagit d'obtenir directement et exclusivement
VeitiDction du phylloxéra parle carbure
de calcium, mieux vaut l'employer seul.
Nous avons fait ainsi dans les dernières ex-
périences, et le succès a été complet.
8* Faudra- t-il appliquer le carbure de
calcium comme moyen préventif et prophy-
lactique?
« Quant à cela, il ne faut pas oublier que
si laction insecticide du carbure de calcium
est 1res rapide, et, comme l'expérience Ta
démontré, très durable, elle ne peut Télre
)u point d'empêcher, étant appliqué au*
joard'hui, l'invasion une ou deux années
après. Nous dirons simplement que, ulili-
saol les qualités d'engrais et de stimulant
des fonctions chimiques du sol que possède
ie carbure, il sera toujours avantageux
demeure en terre une certaine quantité do
ce produit, soit à l'époque de la planta-
lion, soit à toute autre époque qu'on juge-
ra convenable. »
î^ Comment agit le carbure de calcium ?
" Le carbure de calcium est le résultat
d'une combinaison intime de charbon en
poudre et de chaux vive, mélange qui s'ob-
tient ghkce aux hautes températures des
fours électriques.
< 11 ne se décompose qu'au contact de
l'bumidité, et le carbure de calcium se
transforme alors en chaux vive d'abord,
puis, à mesure que l'action de l'eau iievient
plus active, en chaux éteinte; l'acétylène
^la chaux sont les principaux produits ré-
sultant de la décomposition du carbure de
calcium, mais ce ne sont pas les seuls, car,
à une certaine époque de la décomposition,
il dégage de Tammoniaque en quantités
considérables. Il élève aussi sensiblement
la température du sol, favorisant ainsi la
végétation. C'est ainsi que M. Chuard, le
savant chimiste suisse, décrit Faction du
carbure de calcium sur le sol. »
On voit que le journal espagnol est des plus
aflirmatifs, et que, d'après ses indications,
il faudrait attribuer la destruction du phyl-
loxéra à l'action lente de l'ammoniaque dé-
gagé par la décomposition du carbure de
calcium.
Ce dégagement d'ammoniaque est d'ail-
leurs expliqué de la manière suivante par
M . Raoul Pictet :
tt De nombreuses expériences et des ana-
« lyses plus ou moins fréquentes nous ont
(c démontré que le carbure de calcium pré-
« sente une aflinité très particulière pour
« l'azote atmosphérique. Il retient ce gaz
tt par éclusion,sans se combiner avec lui.. ..
tt L'azote ainsi fixé, au moyen d'actions
tt physico-chimiques dans les profondeursdu
« carbure, se rencontre avec l'hydrogène
a qui se dégage pendant la décomposition de
« Teau.... De sorte que l'ammoniaque doit
« être forcément en proportion directe de
<c l'azote emmagasiné dans les pores du car-
« bure de calcium.... et comme ce dernier
« a la propriété de retenir de grandes quan-
tt ti lés d'azote atmosphérique, delà découle
c la production lente, aussi lente que la dé-
tt composition du carbure, d'importantes
<4 quantités d'ammoniaque. »
La production d'ammoniaque par l'effet
de la décomposition lente du carbure de
calcium semble donc un phénomène cer-
tain ; mais il reste à savoir si l'ammonia-
que ainsi produit possède bien le puis-
sant pouvoir destructeur du phylloxéra qui
semble résulter des expériences faites en
Espagne. Il est donc à souhaiter que des
expériences de même nature soient pro-
chainement entreprises en Franco, dans des
conditions de nature à leur assurer une
valeur réellement probante.
Il va sans dire que nous désirerions sin-
cèrement que les expériences françaises
aboutissent à la confirmation pleine et en-
16
347
tière des importants résultais obieims par
les viticulteurs espagnols qui ont eu au nnoins
le mérile d'essayer l'emploi du carbure de
calcium.
JOURNAL MENSUEL^ l« C4M;4DÉII1B NATIONALB. 348
La récolte des qualité dei'nières anoées
avait été, pour l'orge :
Hectolitres Quintaux
LES RÉCOLTES D*OROE ET 0*AVOINE
•Hissa
D*après le ministère de Tagrioulture, la
récolle d*orge pour 18V6 est évaluée à
17.405.060 hectolitres, correspondant à
11.211.630 quintaux, et celle de Pavoine à
92.07 l.aSO hectolitres, correspondant à
43.304.4^0 quintaux.
1885
19.014.73G
10.845.907
1894
17.074.408
10.838.526
18as
12.240.999
7.796.008
1892
16.248.516
10.450.001
Pour ravoine
:
1895
91.877.753
44.378.784
1804
01.878.731
02.501.524
42 724.304
1893
28.546.218
1802
83.001.354
38.934.037
EXPOSITIONS ET CONCOURS
EXPOSITION DB BRUXELLES
{Suite.)
(Voir le journal de juin.)
Notre seconde série de visites à TEi posi-
tion universelle de Bruxelles, qui a pris pla-
ce dans la première quinzaine d'août, nous
a enfin mis en présence d'une œuvre com-
plètement achevée dans son ensemble et
dans la plus grande partie de ses détails.
Ainsi terminée et complétée, avec sa déco-
ration splendide, la variété et la richesse de
ses installations, l'animation de la foule
émerveillée qui emplissait ses galeries, l'ex-
position bruxelloise offrait toutes les appa-
rences du succès, — disons même du triom-
phe.
Nous sommes d'autant plus heureux de
constater cette réussite de Texposilion belge
que, de Tavis général, la section française,
par son éclat particulier, constitue l'un des
principaux attraits de l'ensemble, et qu'elle
recueille une large part des témoignages
d'admiration que prodiguent les visiteurs.
Même au milieu des splendeurs incontesta-
bles de la section belge et de quelques autres
sections étrangères, les magnificences de la
section française attestent encore une supé-
riorité manifeste du goût français et spécia-
lement parisien. Cènes, même dans les in-
dustries de haut luxe, il est certaines pro-
ductions belges, anglaises, autrichiennes ou
allemandes qui soutiendraient fort bien la
comparaison avec les productions similaires
de France ; mais aucune nation ne peut en-
core offrir un ensemble de productions élé-
gantes, luxueuses et artistiques, comparable
à l'ensemble que présente la section fran-
çaise, qui est tout à la fois riche et somp-
tueuse, sans cesser d'être harmonieuse et
délicate.
Au reste, tous les visiteurs éclairés, même
les moins francophiles ou les plus franco-
phobes, se déclarent obligés de rendre hom-
mage à la supériorité d'éclat de l'exposition
française qui, cependant, ne montre pas
encore à Bruxelles toutes les ressources
dont il lui sera loisible de disposer à Paris
en 1000. On doit donc considérer la section
française comme une superbe préface de
l'œuvre plus grandiose et plus magnifique
encore qui se développera en 1900 sur les
bords de la Seine.
Après la section française, Texposition
nationale ta mieux groupée, la mieux orga-
nisée et la plus intéressante est celle de
l'Autriche -Hongrie, qui englobe une origi-
MO
Exptmrriofts rr concours.
350
Mie et a lira vante installatkm cmisaerée spé-
eialementaux profinces de Bosnie et d'Her-
aégOTÎM.
La section allemande est bien moins brit-
lante à BrutelTes qa'elle ne Tétait k Anvers
en 18M. A part qnetques installations re-
fnanfoables dans la galerie des machines,
dasse des constrtretions mécaniqaes, elle
s'offre aoeane osposition privée capable de
d4MiDer orne hante idée de Tindustrie aile-
ottnde, qai est cependant si prospère et si
paissante dauscertaines branches. II semble
bien (failleors que le gouvernement de
HBmrpfre d'Allemagne s'est comptèlement
^rntëresséde la partie! patron de ses natio-
naux à fexpositton de KruxeTles.
La section anglaise comporte naturelle-
ment des installations particulières fort bel-
les et fort remarquables ; mais elle manque
d'une eoordinatioa capable d'en faire res-
sortir Tensemble, et m'est nullemeni à la
hauteur de ta grande reiMMnmée industrielle
de r ADglpelerre. La même observation s'a)>-
l^ique à la seetioft des Etats-Unis.
Les seeliom des Pays-Bas, de la Simse el
de l'Italie smM assez intéressantes et réunie»
sent des produits manufacturés d'un réel
mérite. Comme àl'habitude les œuvres d'art
en marbre blanc et les meubles sculptés en
plein bois brillent dans la section italienne
d'un éclat incomparable.
En dehors de ses produits naturels, vins,
mioerais et huiles, l'Espagne ne présente
comme réellement intéressants que des ou-
vrages d'orfèvrerie en acier incrusté d*or.
La Russie n'est représentée que d'une la*
çon tout à fait insignifiante.
Certains pays lointains, comme le Para-
{^y,fei République Dominicaine et la Répu-
blique de Libéria, ont agencé des installa-
6ens convenables, où se trouvent mis en
reKef le» matières premières, Dbr denrée»
sgriceie» ou les produits industriels de ces
contrées.
Qtant au« sections de la Turquie, d\9 la
Perse, de la Chine et du Japon, elles ne sont
autre cbose que des bazars plus ou moins
ornementés, servant à- la vente de quelques
articles originaux dto ces pays. Ce sont plu''
tût des galeries de caravansérail que de»
sections d'exposition.
Après ces eonsidérattotis générales, nous
reprenorfs la soite des comptes-rendas con-
sacrés aux expositions part^euDères de nm
Socrétaîres. La première série de ces comp'
tes-rendus a paru dans notre jetifnal de
Juin. Ces! donc o»e seconde série qtfr t«
suivre. Cette seconde série eompreedra la
plus grande partie de ceux de nos Membres
qai n'avaient pas été mentionnés en juin ;
mais, conlrarrement * nos intentions, celle
seconde série ne potfrra être absolnmeitl
complète, en raison des drfftecfleés excep-^
tionnelles que présentarf la recherche des
participations de nos Sociétaires au milieu
des galeries multiples de Texposilion de
Bruxelles. Car, il faut bien te dire, Fun des
éléments de l'éclat qu'ofire Texpositjon de
Bruxelles est ïa grande diversité des objets
présentés ù la fois à Fobservation des visi*^
teurs. Mais cette diversité, qui n'est que Te
résultat de Tincohérence de la répartition
des emplacements alloués, est un grand obs^
tacle aux recherches et études méthodiques,
et si le public est ravi de îa grande variété
des objets qui s'offrent en môme temps à sa
vue, l'homme d^études est promptement
épwsé par des recherches multiples souvent
iûirueUieuses au mlieir dur labyrinthe des
installations. Il faudra dooie une troisième^
et j^nt-élre une quatrième série de eornp*^
tes-'Pettdue pour en finir avec notre Vravait
dTexamencto l'exposition de Bruxelles. Que
ceux de nos Sociétaires ^li n'ayant pas été
, cités eo |uin, ne se verraient pas> eaeore
mentionnés dans le présent numéro, nese^
considèrent cependant pas comme oubliés
ou laissés de côté. Nous ne les a^fon^pas
perdus de vue et nous ferons en sort» de
réparer ultérieurement les omissions^ dont
ils auraient été Fobjet.
C'est encore en suivant Tordre alphabéti-
que des noms que nous déveio]»perons not^e
secondé série de comptes rendus.
WP. Bar, à Rantigny (Oise), expose une col-
lection riche et variée de paillons métalli-
ques, en bandes ou en rondelles*, unis ou
' estampés d'ornements eu relief, en argent
351
JOURNAL MENSUEL DE L^AGA&ÉIUB NATIONALE.
352
fin, en argent faux, en similior, en cuivre,
en lailon coloré, en roaillechorl ou en alu-
minium. Ces paillons, qui servent k orner
soit seulement les costumes de théâtre dans
nos contrées, soit toutes les toilettes fémi-
nines indigènes en Orient et dans les Indes,
jouissent d'une vogue constamment grandis-
sante, qui alimente toujours de commandes
pressées les établitvsements de H. Bar. Cette
vogue a d'ailleurs pour cause principale la
perfection de la fabrication de notre Socié-
taire, qui est arrivé à produire dans des con-
ditions exceptionnelles de bon marché des
articles dont le clinquant séduit toutes les
coquetteries féminines.
M. Barbanson, fabricant d*engrais chimi-
ques, à Bruxelles, était inscrit comme Mem-
bre de la Société générale des fabricants
d'engrais chimiques de Belgique, qui a édi-
iié une splendide installation dans le voisi-
nage de Ventrée principale de Tex position,
et qui a fort bien réussi, par le bon agence-
ment de ses produits et la bonne disposi-
tion des tableaux indicatifs présentés aux
visiteurs, à attirer l'attention du public sur
Tiinportance de son industrie et sur les
avantages que peut en retirer Tagriculture.
Sur les gradins de la collectivité de la Gi-
ronde, nous avons remarqué des bouteilles
de vin rouge de Macau-M^oc de 1881, 1888,
1890 et 1893, sortant des caves du Ctiâ-
Leau Priban qui appartient à notre Socié-
taire, M. Th. Bellemer, de Bordeaux. Ce vin
ne saurait manquer d'être apprécié aussi
favorablement à Bruxelles que partout ail-
leurs.
MM. DE BoNT ET Leijten, à Amsterdam,
exposent des bonbons, des liqueurs, des
chocolats et autres produits de confiserie
Une qui leur ont valu une légitime réputa-
ion dans toute la Hollande. Préparés d'une
manière irréprochable, en n'employant que
des matières premières de choix, tous les
produits de la marque de Bont et Leijten
sont d'un bon goût parfait et dignes de flat-
ter les palais les plus délicats. Cette maison
est maintenant dans sa cinquante-quatriè-
me année d'existence.
M. Bossard-Lemaire, à Paris, qui ne s'est
décidé que tardivement à prendre part à
l'exposition de Bruxelles, ne se trouve pas,
pour cause, avantageusement placé. On doit
chercher sa vitrine au premier étage, bien
loin de remplacement consacré aux autres
parfumeurs parisiens. Cependant les pro-
duits renfermés dans cette vitrine .'extraits
de fleurs, parfums et cosmétiques divers
sont dignes de soutenir la comparaison
avec les produits similaires des plus renom-
més parfumeurs.
Au reste, c'est à juste titre que M. Bros-
sard-Lemaire désigne sa maison dans l'ap-
pellation de Parfumerie des Patriciennes^
et Ton sait que sa Reine des Crèmes et sa
Reine des Poudres de Ri\ sont au nombre
des produits les plus recherchés par les da-
mes du monde élégant.
M. Brochard-Quillet, à Cbâteaudun,
expose son excellente liqueur la Danoise,
le c(»gnac de la marque W. Marchand et
Cie, et l'eau-de-vie dite grande Champagne
extra de la marque Brochard et Cie. Le
jury ne peut manquer d'apprécier haute-
ment ces produits de premier ordre.
M. Bruelfils, à Souillac (Lot), présente
des cuirs tannés et corroyés au suif en noir,
en iauve foucé et en fauve clair. Les spéci-
mens présentés sont peu nombreux, mais
ils sont de toute première qualité, tant
comme contexture et dimension des Grou-
pons, que comme parfaite réussite du tan-
nage et du corroyage. Aucune autre tan-
nerie, dans le monde entier, ne pourrait
présenter des cuirs d'une qualité supé-
rieure et d'une meilleure préparation.
M. Bures aîné, à Caen, a fait figurer dans
la vitrine de la collectivité normande des
bouteilles de sa liqueur la Pomme, de
grands cidres de Normandie, et d'eaux-de-
vie de cidre sous les désignations de Calva-
dos et de Fi ne Calvados.
On sait que les produits portant la mar-
que de M. Bures aîné, jouissent d'une fa-
veur marquée dans toute la Normandie et
qu'ils sont comptés au nombre des produc-
tions les plus fines du terroir.
353
RXK)S1TI0NS ET CONCOURS.
354
M. Catz van Pekela, de Groningen (Hol-
linde), présente dans une belle vitrine de
chêne scalpté des flacons de difiBérenles
tailles dans lesquels est mis en vente l'ex-
cellenle liqueur qui, sous la dénomination
de Cat:[Elixer, a conquis dans les Pays-Bas
les suffrages de tous les gens de goût. Cet
éliiir tient dignement son rang au milieu
des grandes liqueurs fines dont la Hollande
est la patrie d*origi ne.
M. Chaize aine, àBellevue-la-Digonnière,
près Saint-Etienne (ï/)ire), expose une im-
portante collection de lisses pour tissage
au métier Jacquard, soit en fil de lin, soit
en til d'acier. Les lisses en fil de lin sont
dites sans nœud et sans coudage au mail-
lon. Quelques sortes sont constitués avec
emprisonnement d*œillets métalliques.
Les lisses de la manuracture de M. Chaize
sont d'une fabrication soignée qui les a
fait adopter exclusivement par un grand
nombre d'établissements de tissage. Aussi
la production de la manufacture dépasse-
t-elle maintenant 1.500.000 lisses par jour.
En dehors de.^ perfectionnements qu*il a
apportés à la fabrication des lisses, M.
Chaize aîné peut aussi revendiquer le mé-
rite d'avoir été l'innovateur de Tapplica-
tion du moteur électrique aux métiers à
lisser.
M. Chalut Voiry, à Tours, présente des
Tins de Vouvray vieux, dans la forme na-
turelle, et des vins de la môme origine sous
la Torme mousseuse. On sait que les vins de
Vouvray ont la même aptitude que les vins
de Champagne à prendre la mousse et à dé-
tenir ce breuvage délicieux et pétillant dont
le monde entier a le goût et Tappétit.
M. Chaumeil (Amédée), pharmacien, à
Annonay (Ardèche), expose des flacons de
différentes grandeurs de V Alcool de Men-
the des Cévennes qu'il prépare par distil-
lation d*un alcool parfaitement rectifié sur
de la menthe poivrée fraîche, récoltée dans
les montagnes de la chaîne des Cévennes.
Par son arôme fin et parfumé, par les soins
apportés à sa préparation et par ses vertus
balsamiques et thérapeutiques, cet Alcool
de menthe des Cévennes mérite d'être
classé au même rang que d'autres produits
du même genre qui jouissent depuis long-
temps, fort légitimement d'ailleurs, de la
faveur du public. On sait que Talcool de
menthe est susceptible d'une infinité d'em-
plois, et que son usage rend les plus grands
services dans les cas de migraines, diges-
tions difficiles ou troublées, dérangements
intestinaux. C*est Tune des préparations
cordiales les plus justement en vogue.
Quand il sera mieux connu du public, l'al-
cool de menthe des Cévennes préparé par
M. Chaumeil ne saurait manquer de trou-
ver une clientèle aussi fidèle que nom-
breuse.
M. Chevalier, à Puleaux, l'un des doyens
etTun des maîtres de Tindustrie des con-
serves alimentaires, expose dans des bo-
caux de verre toutes sortes de conserves
animales ou végétales, parmi lesquelles il
nous suffira de citer des poulets entiers rôtis,
des canards, des crêtes de coq, des langous-
tes, des écrevisses, des tomates, des ha-
ricots, des champignons, des truffes, des
pois, des asperges, des artichauts, des cèle-
leris, etc.
Grâce à la transparence du verre, on se
rend compte aisément de Texcellent état de
conservation dans lequel se maintiennent
les aliments ainsi préparés.
Bien entendu, pour la vente courante,
les mêmes produits sont placés dans des
boites de fer-blanc moins fragiles que les
bocaux de verre. Mais ces derniers ont au
moins l'avantage de montrer aux contem-
plateurs de la vitrine de M. Chevalier que
les produits mis en conserve par la maison
sont de tout premier choix, et que leur
préparation soignée et experte ne saurait
laisser rien à désirer.
Au centre de la vitrine,un médaillier gar-
ni témoigne des récompenses de premier
ordre déjà remportées par M. Chevallier.
M. CHiFFEMANN,à Lisioux, présente dans
une vitrine particulière, les boîtes de diffé-
rentes grandeurs et de différentes étiquet-
355
JOCBNAL HliNfttia Dl L ACADCHIH NATIONALF.
'xe
te» dans lesquelles se pré&enient aus con-*
£ûiiicoMteurt les divers fromages de 5a pré-
paration : camemberts, Pont-rE^éque, li-
varots, Saiot-Jacquei , Calvados.etc.L excel-
lente qualité de tous ces fromages de genres
variés assure a H . Cbiffemann une clientèle
d'acheteurs qui va en s'augmentant sans
2JM. Chorel et Escorbu, à Saint-Etien^
ne, esposent une splendide collection de ru-
bans de soie, brodés, brochés, moirés, im*
primés ou unis, en toutes couleurs et tou*
tes largeurs. L'industrie rubannièrestépha-
noise est ainsi représentée avec un éclat di-
gue de son importance.
MM. CossÉ-DtvALet Cie, à Nantes, ont
envoyé do superbos calottes de sucre candi
cristallisé, blanc et blond, obtenu par le
traitement exclusif du sucre do canne des
colonies, el destiné essentiellement à la pré-
paration dos vins mousseux de la Cbampa*
gne, de la Touraine et du Saumuix>ts. Pour
cet usage spécial, les sucres candis de
MH. Cossé^Duval et Cie sont reconnus
depuis longtemps comme supérieurs aux
cristaux tirés du sucre de betterave.
MM. CoTTANCE, Bagot ot Cic, de .Paris,
ont groupé sur une élégante étagère Pom-
padour, enfermée dans une superbe vitrine
blanche et or, la collection variée de leurs
produitsde parfumerie : savons, cosmétiques
parfums, eaux de toilette, pommades,
huiles, brillantines, vaselines, alcool de
menthe, etc.
Non seulement ces produits ont le béné*
fice d'une présentation soignée et élégante,
mais encore ils jouissent de qualités intrin-^
sèqoes excellentes, qui leur ont valu une
juste réputation dans le monde élégant.
Aussi la consommation éclairée estime-t-elle
la marque de MM. (:k>ttanoe Bagot et Cie à
régal des marques les plus réputées dans
le commerce de la parfumerie.
Le nom de Cusenibr évoque Pidée d*une
supériorité marquée dès qu'il s agit de breu-
vages ou de liqueurs. Aussi ce nom, inscrit
sur les bouteilles de Xère»* Vermouth, de
Rubis Cofnae,de Cognac du Château de Solan-
çoo,et de toutes les liqueurs de compoiiikHi
courante, est-il regardé comme le meilleur
certificat de q*.ialité pour les produits rea «
fermés dans ces bouteilles. L'important ëu«
lage do fûts et de foudres avec hi marque
Cogn^, installé & Bruxelles par la Société
anonjme de la Distillerie Cusenier, ne peut
d ailleursque frapper vivement Traiagination
des visiteurs et leurdonnerla meilleure idée
des produits d'uneentreprise dont le maidriel
do cave est si perfectionné el si soigné.
MM. Denis, Bënoist kt C, do Roubaix,
oxp9seni, en môme temps qu'une vue de
leurs importants établissements, un assorti^
ment varié de tissus de ooton, de lin, de
Jute, de laine et de soie, teints, apprêtés et
imprimés dans leurs atelicra. Nous voyons
dans leur intéressante vitrine du velours du
jute blanchi ; des impressions à simple el
double face sur satin, sur soie, sur ooioD,
sur velours de jute, sur velours de lin, sur
velours do coton, sur peluche de lin ; des
enlevages sur velours de coton ^ des pelu-
ches de lin teintes en des couleurs solides ;
des peluches de mohair et des imitations
d'astrakhan teintes par traitement spécial,
et des draperies teintes en noir inaltérable
et brillant. Par la variété, l'importance el
la perfection de leurs travaux, MM. Denis,
Benoist et C" se classent au premier rang
do l'industrie des teintures et apprêts dans
la région du Nord.
MM. Georges Duprat et C'% de Borduaux,
présentent des bouteilles de liqueur Stella^
devin Solis, d'apéritif Univtrsal et de vins
mousseux Borboleta, tous produits que
nous avons en l'occasion d'apprécier et dont
noua avons rendu compte il y a quelque
temps. Observons, d'ailleurs, que leur col*-
leotion est complétée par une anisette
et par un autre vin mousseux placé sous
l'égide de la marque Triomphe,
D;ins la collectivité des fabricants pari-
siens de chap'^aux pour dames, MM. Les
Fils de Léopold Picauo, à Paris, exposent
357
EXPOSITIONS ET CONCOURS.
358
qttdqaefl formes en paille, dans les couleurs
fivês et les contours tourmentés qui sont
présMiteroeut de mode. Ces formes suffisent
Adonner une idée du cachet spécial de
toutes les créations do la maison.
MM. Lbs Fils de L. Salles, ù Paris, ont
installé dans la section agricole une élégante
étagère garnie de velours rouge et surmon-
tée d'une médaillier fort bien garni, sur les
gradins de laquelle se trouvent des bocaux
de cristal remplis des produits chimiques,
engrais eX matières résiduairesqui font l'ob-
jet, soit de leur commerce, soit de leur in-
dostrie exercée à Tusine d'Ivry. Voici Té-
Dumération aussi complète que possible des
produits exposés: sulfate de fer, superphos-
phate d'os, superphosphate minéral, nitrate
de soude, nitrate de potasse, chlorure de
potassium, phosphate de la Somme, phos-
phate de l'Oise, sulfate de chaux, scories de
déphosphoratiou, engrais complet, coques
de cacao, poudre d'os, viande desséchéee,
marc de colle, déchets de laine en poudre,
iDoellcde plume,corne torréfiée, cuir torré-
fié, sang desséché, naphtate de chaux,
sulfate d'ammoniaque, phospho-guano,
phosphate précipité, sulfate de soude, sul-
fate de potasse, engrais normal animalisé,
cuir désagrégé, pyrite verte, etc.
On voit que MM. Les fils de L. Salles trai-
tent et vendent des marchandises de natures
fartées, qui toutes ont une utilité réelle Jus-
tifiant les soins mis à les recueillir et à les
mettre à la disposition de l'agriculture.
H. Octave Flinois, négociant en vins et
spiritueux, à Fluvy*le-Marlel (Aisne), a fait
iostailer une grande vitrine garnie d'étoffe
rooge et décorée d'imitations de sarments
de vignes et de grappes de raisins, dans la-
quelle une étagère, reposant sur des modè-
les réduits de foudres et de tonneaux, sup-
porte desl)OUteillesd'eaux-de-vie et de vins
de Champagne et des flacons de kirsch.
Les t>outeilles d'eaux-de-vie indiquent des
titres alcooliques de 48% 50-, 51%60*et 04^
Elles figurent à titre d'échantillons des pro-
Tisioos que renferment les caves de M. Octave
Flinois. Par le groupement et la présenta-
tion de ces pi^oduits, M. Flinois a tenu à don-
ner une idée des soins apportés à la consti-
tution de ses approvisionnements. Malheu-*
reusement, sa vitrine placée dans les sous-
sols du Palais de TAIimentation est un peu
en dehors des courants de la foule des visi-
teurs.
Dans la partie de la section française con-
sacrée à la bijouterie, une belle vitrine de
chêne ciré, garnie d'un voile de crêpe, pré-
sente aux visiteurs à la fois émerveillés et
attristés, la splendide collection de bijoux
dits Emaux bressans que notre regretté
Sociétaire, M. Fornet, de Bourg(Ain), avait
si soigneusement préparée pour l'exposition
de Bruxelles. Dans notre numéro de Juillet,
nous avons parlé en détail de ce genre de
bijoux. Nous ne reviendrons pas sur les des-
criptions déjà faites, mais nous dirons que
les objets contenus dans la vitrine de M.
Fornet et consistant en bracelets, boucles
de ceintures, colliers, broches, bagues, ca-
dres, miroirs, épingles de cravates, médail-
lons, reliquaires, bénitiers, etc., objets
constitués en filigrane ou en massif et dé-
corés d'émaux cloisonnés rouges, blancs ou
bleus, étaient vivement admirés par les vi**
siteurs. Une image religieuse disposée en
triptyque et montée sur le fond de satin
d'un riche écrin, constituait la pièce capi*
taie de cette exposition, attestant les ten-
dances artistiques du maître ès-bijouterie
que la mort a emporté à la veille d'un nou-
veau triomphe.
M. Fortin, ù Clermont (Oise), expose
des feutres blancs et gris de toutes les épais*
seurs usuelles, des qualités communes, fines
et extra-flnes, pour tous usages industriels
ou domestiques, pour l'ameublement, pour
la sellerie, pour l'impression des gravures,
pour la préparation des papiers peints, etc.
La manufacture de M. Fortin livre aussi,
en dehors dei feutres en pièces, des objets
en feutres établis sous leur forme défini-
tive, tels que tapis detableavec impressions
en couleurs, tapis de selle ordinaires et
extra-fin forts, plaques de feutres absor-
bants pour vieillards et enfants, disques à
359 JOURNAL MENSUEL DR L' ACADÉMIE NATIONALE
polir, et généralement tous les articles des-
tinés à des usages spéciaux et parfaitement
définis. Les échantillons exposés à Bru*
xelles étaient d'une contcxture et d'une
homogénéité parfaites, dénotant une fabri-
cation aussi méticuleusement soignée que
sérieusement organisée.
360
La manufacture de bonneterie Gour-
DON, à Lyon présente un choix ravissant
d articles de fantaisie pour enfants et pour
dames, en laine et en chenilles de soie^
consistant en châles, collets, mantelets,
coiffures et chaussures de bébés. Tous les
modèles présentés sont exécutés au crochet
et ont été créés dans les ateliers mêmes de
la manufacture. Ils sont à la fois d'une char-
mante fantaisie et d'une parfaite constitu-
tion, répondant en même temps aux exi-
gences de la coquetterie et aux besoins de
rhygiène, et offrant aussi les meilleures ga«
ranties de durée à l'usage.
M. GuÉRET, à Paris, ex pose un appareil pour
la fabrication des eaux gazeuses, une col-
lection de siphons pour le débit de ces eaux,
un appareil pour le remplissage, des siphons
et un appareil pour le tirage des bières
sous pression. Dans sa fabrication spéciale,
la maison Guéret a acquis une expérience
étendue qui est la meilleure garantie du
bon fonctionnement de tous les appareils
portant sa marque.
MM.HESSELiNKFRÈRES,d*Arnhem(Hollande)
présentent, dans un meuble spécial consti-
tué sous la forme d'un baril ouvert, des
flacons cachetés renfermant les échantil-
lons de quelques-uns des vins d'Espagne,
de toute première qualité, dont ils sont les
détenteurs, soit à titre de récoltants, soit à
titre d'acheteurs. On saitque MM. Hesselink
frères ont organisé le commerce des vins
d'Espagne et du Portugal sur des bases lar-
ges et bien comprises, et que les acheteurs
en gros peuvent s'adresser en toute con-
fiance aux caves d'Ârnhem pour s'approvi-
sionner de vins authentiques, parfaitement
soignés et d'une qualilé excellente.
A titre d'observation caractéristique de
l'esprit d'ordre et de méthode qui a présidé
à la répartition des emplacements c<incé-
dés aux exposants, nous constaterons que
MM. Hesselink frères d'Arnhem, (Hollande)
figuraient au catalogue de la section espa-
gnole, en i*aison il est vrai de leur comptoir
de Jerez delà Frontera, et que leur instal-
lation était placée dans la galerie centrale,
en plein cœur de la section belge.
M. JoANNE, de Paris, présente dans une
grande vitrine quadrangulaire, des bouteil-
les de spiritueux et liqueurs préparés dans
ses établissements et caves, soit dû quai de
laTournelle, soit d'Ivry-sur-Seine. Nous
remarquons l'absinthe et l'amer qui sont
désignés commercialement par le nom de
leur fabricant ; puis des crèmes d'abricot,
de vanille, de fraises, de cacao, de menthe ;
une liqueur dite du couvent, une liqueur
javanaise, une liqueur au brou de noix, du
curaçao, de l'anisette, du kummel, du ma-
rasquin, etc. On voit que les produits de la
distillerie Joannesont des plus variés. Inu-
tile d'ajouter que les soins apportés à leur
préparation les classent comme étant de
tout premier ordre.
Les établissements H. Jullien ,de Bruxel-
les, bien connusnonseulementen Belgique,
mais encore dans le monde entier, pour
leur fabrication soignée d'un matériel
d'imprimerie des plus perfectionnés, ex-
posent quelques types de leurs presses et
autres instruments et appareils pour impri-
meurs typographes ou lithographes. Nous
trouvons également dans leur installation
une machine à composer dite Linotype,
laquelle livre fraîchement fondue la ligne
typographique dont l'oiiérateur forme la
composition en manipulant un clavier. On
conçoit qu'il y a des merveilles de mécanis-
me dans cette machine dont les établisse-
ments Jullien ont le monopole de construc-
tion pour laBelgique. L'adjonction de cette
machine à Tensemble des fabrications de
ces établissements montre, d'ailleurs, que
tous les progrès de l'art de l'imprimeur sont
connus et appliqués de telle manière que
le matériel construit réunit toujours les
derniers perfectionnements connus.
961
EXPOSITIONS ET CONCOURS.
363
M.Laurent-Colas, de Bogny-sur-Meuse
(Ardeniies), expose en une grande vitrine
bien agencée un assorliment complet de sa
fibrication de ferrures perfectionnées pour
voilures de carrosserie ou de charronnage.
Les pièces exposées sont polies ou vernies, et
sont de forces et de dimensions variées, sui-
lant leur destination pour voitures puissan-
tes ou voitures élégantes. Nous voyons là des
brides pour ressorts, des mains de ressorts,
(les oieDOttes, des jumelles, des charnières
de portières, des compas de capotas, et des
Tis de freins mécaniques en divers modèles.
Toutes ces pièces, parfaitement finies, sont
des formes les plus élégantes pour leurs
Dsages divers. Elles sont généralement fa-
briquées en deux qualités: la première dési-
gnée par la marque d*une enclume entourée
des deui lettres L G, et la seconde marquée
simplement de Venclume. La première qua-
lité est garantie ; la seconde manque de cette
assurance de la garantie, mais quoique
eooslituée d'une matière première légère-
ibeot inférieure à celle qui est employée
pour la confection de la première qualité,
elle présente encore les meilleurs avan-
tages de solidité et de bonne construction.
MM. Martin, Maittr et Huberlano, à
f^Gt-sur-Sambre (Nord), exposent des étaux
de grande taille et des essieux de différentes
Ibrces pour voitures ordinaires et pour gros
camionnage. Nous remarquons aussi les es-
sieux à billes pour voitures de luxe, dont
ces Messieurs ont créé un système breveté
qui a été décrit en détail dans notre Journal,
il y a quelques mois. Au centre du panneau
S&roi des essieux neufs exposés, se trouve
on essieu rompu à force en son milieu, qui
prouve, par le caractère des déchirures de la
section brisée, que le métal employé était de
la meilleure nature fibreuse et qu'il oAre
toutes les garanties de résistance les plus dé*
»nbles.
MM. Mercier et Cie, d*Epernay, ont fait
Initier dans le Palais de TÂlimentation leur
■ustallation habituelle composée d*une éta-
^ surmontée de la statue d'une bac«
chante, agrémentée d'un portique orné de
pampres de vigne, et dont les gradins sup-
portent les modèles des différentes bouteil-
les dans lesquelles le vin de Champagne sor-
tant des caves du château de Pékin est livré à
la consommation. Des modèles de fûts et de
paniers complètent Tensemble, qui offre
encore à Tatlention du public un médail-
lier surabondamment garni, et des tableaux
représentant les caves et établissements de
la maison, ainsi que l'image populaire du
fameux tonneau monstre de l'Exposition de
Paris 1889.
M. Méré DE Chantilly, à Orléans, expose
Tensemble des produits de médecine et
d'hygiène vétérinaire, spécialement destinés
aux chevaux, dont il est le créateur et qui
sont si favorablement appréciés dans toutes
les écuries bien ordonnées. Parmi ces pro-
duits, citons l'onguent de pieds au goudron.
Tonguent rouge, la black mixture, l'embro-
cation anglaise, et toute la série des bols,
purgatifs, toniques, diurétiques, contre la
toux, contre la fièvre, etc.
La vitrine de M. Méré renferme égale-
ment des modèles anatomiques des jambes
du cheval, et la présence de ces modèles
indique assez que notre Sociétaire base
ses préparations de médicaments sur une
connaissance approfondie de la physiologie
chevaline.
M. MiNE(Albert), consul de la République
Argentine à Dunkerque,p«articipe à l'Exposi-
tion de Bruxelles en y présentant deux volu-
mes de renseignements statistiques dont
nousa vous parlé en détail dans notre dernier
numéro.
M. Moqdet-Lesage, directeur de la con-
fiturerie de Saint-James, à Paris, expose
des confitures de toutes sortes de fruits, en
pots de verre, en pots de grès, en boites de
fer blanc et même en sceaux de tôle éta-
mée. Sa vitrine contienten outredes modèles
de caisses d'emballage pour l'exportation
dans les pays lointains, et notamment une
caisse destinée au Congo, pays auquel s'in-
téresse si vivement la Belgique.
Nous n'avons plus à faire l'éloge des pro-
363
JOORNAL ME^flVCL Dl L'ACADKim NATIONALE.
3C4
avec
duiUde la confltureriedeSaÎDt-James,pro- j idée, A la fois des soins méticuleux
duits qui, préparés soigneusement et consti- lesquels MM. Pellisson pèreet fils praliqnent
leur industrie de la distillation, et de Tim-
tuées de matières premières de toute pre-
mière qualité, jouissent maintenant de la
plue haute réputation dans le monde entier.
M . DE NoRDENFELT, directeur de la société
créée sous son nom à Paris, ne prenait pas
une part directe à Texposition de Bruxelles.
Mais son nom était rappelé par les canons
de son système exposés par la maison C>)c-
kerill et par les radiateurs Salenius, appa-
reils pour la production du beurre extrait
directement du lait pasteurisé, dont la
Société de Nordenfelt à la concession pour
divers pays d'Europe.
M. Olivari, de Nice, expose en une vitri-
ne fort bien arrangée les pâtes alimentaires
de formes variées qui font Tobjet de sa fa-
brication. Grâce aux soins dont elle est en*
tourée, cette fabrication voit grandir peu à
peu sa renommée et prend chaque jour une
nouvelle extension. M. Olivari prépare tous
les genres de pâtes qui sont en vogue en
Italie, patrie d'origine de cette variété d'alir
ments«
MM, Pellisson père et fils, à Cognac,
ont exposé des bouteilles de diverses sortes
d*eau-de-vic de cognac dans les vitrines de
la collectivité des distillateurs charentais.
Comme exposants particuliers, MM. Pellis-
son père et lils présentent des bouteilles de
line Champagne de 10 et 20 ans d'âge, revê-
tues d'étiquettes anglaises, indiquant qu*il
s'agit là de produits d'une grande valeur,
destinés spécialement à la riche consomma-
tion britannique. Un tableau des agences
de MM. Pellisson père et lils indique que
cette maison est largement représentée en
France, eu Europe et dans tout le monde
entier. Des vues photographiques font con-
naître quelques-uns des vignobles et des
établissements de cette puissante maison.
Enfin, des bocaux de tartrate de chaux, pro-
duit retiré des vins après distillation, sous
la iorme brute et raftinée, et un avis indi-
quant que la production de ce résidu atteint
20.000 kilos par an, donnent une haute
portance des quantités de vins qui doivent
éire traitées pour qu'il soit possible d'en ti-
rer une telle masse de produits résiduaàres.
M. \lbert Pollet, à Tourcoing, expose
des fils de laines cardées de diff'érenles cou-
leurs, disposés adroitement en des panneaux
graduellement nuancés qui occupent le fond
d'une vitrine. Des écheveaux et des bobines
en fils de couleurs unies ou en fils formées
de brins diversement colorés complètent la
vitrine et montrent que la filature de M. Al-
bert Pollet produit, dans d*excellentes con-
ditions de fabrication, toutes les variétés de
fils de laine susceptibles d'être demandées
parles industries du tissage et de la confec-
tion des tricots.
M. Alphonse Pollet, à Tourcoing, est,
comme on le sait, l'un des principaux ini-
tiateurs en France de l'industrie de la con-
fection de draperies neuves au moyen des
laines effilochées, retirées des vieux draps
et tissus. De déchets qui étaient autretois
sans autre valeur que celle de matières à
engrais, les vastes usines de M. Alphonse
Pollet retirent aujourd'hui les éléments ser-
vant à préparer des draps dont divers échan-
tillons sont exposés dans une vitrine spécia-
le, sous les désignations de mêlions, twiUs,
armures y présidents, cheviottes. Certes, ces
étoffes n'ont pas la brillante apparence des
draperies de laines peignées ; elles sont for-
cément d'aspect commun et ne sauraient
servir à la confection de vêtements de luxe.
Mais, à défaut de la belle apparence, elles
offrent l'avantage d'un bon marché extra-
ordinaire, et c'est à leur concurrence qu'on
doit faire remonter les causes de l'abaisse-
ment général du prix des draperies et des
vêlements confectionnés. Au reste l'indus-
trie de M. Alphonse Pollet prend chaque
jour une nouvelle extension qui prouve
combien elle répond justement aux néces-
sités économiques de notre époque.
M. Pruvost, de Paris, présente six pianos
3fi5
EKPOsmoMft er congodiis.
306
dBstfabrieatioQ dont un en noyer, deui
eo piluMndre, un en sycomore et un laqué
t«rtafêcrehau«ement8d*or. L'élégance et
lefiai dei meubles préfiennent beaucoup en
hreor de la qualité des instruments. Il est
iacofltestable que la fabrication de M. Pru-
KHt est allée en s'améliorant constamment
éepois Tépoque oh notre Société lui accor*
itiit sa médaille de 2* classe.
)l)i Rabourdin, à Paris, exposent sous
litrioeun modèle réduit des installations
d'écuries qu'ils ont exécutées pour le comp-
te du Sultan, installations qui offrent le
immum du luxe et du confortable pou-
vant ôlre appliqués à la plus noble conquô-
le de l'homme. Il y a là de quoi rendre rô-
reur les malheureux Arméniens qui pour-
nlenl contempler l'exposition de MM. Ra-
bourdin !
Cen*est d'ailleurs pas seulement à Cens-
Uotinople que MM. Rabourdin ont eu Toc-
osion d'installer des écuries de grand luxe ;
ik ont opéré de semblables installations en
htcc, en Belgique, en Espagne, en Italie,
M Russie et Jusqu'à Buenos- Aires et dans
iîuircspays de l'Amérique du Sud. Partout,
Iniostallations exécutées par MM. Rabour*
'in oDt été considérées comme des modèles
'QS^nreet ont valu à leurs auteurs des té-
Boisages unanimes de satisfaction.
MM. Raynal et Roquclaure, de Capde^
i^lATeyron), ont fait figurera l'exposition
^ Bruxelles, non pas la totalité de leurs
^Qservas alimentaires, mais seulement ceU
vide cas conserves qui ne sont pas de pré-
pntioa courante en Belgique. Nous re*
li^IuoDs, dans la vitrine de cette maison
^lerrioeset boites de pâtés de foie gras
ècioards ;dea truffes on flacons et en bel-
^'lasgroupements de conserves diverses
^hourausemeot créés souslesdénominations
* iijiuner champêtre et de déjeuner du
^^^ifte, et enfin les préparations de gi-*
K tallesque galantines de chevreuil, de
fites, de pluvier, de cailles, etc.
I *^p sait, d ailleurs, que la marque Ray-
M «t Roqoelaare a prix place au rang des
punières dans le commerce des conserves
^Iwieniaires.
La maison Veuve Roofe et Moi^nict, de
Cognac, expose des eaux«de»vie portant bien
légitimement la marque Cognac si ni pie ou
la marque Co^n«cjii/r vin. Ces eaux-de*
vie proviennent exclusivement de la dis-
tillation de vins récoltés dans la Charente
ou la Charente-Inférieure, et sont donc ri-
goureusement authentiques. Les bouteilles
exposées sont revêtues d'étiquettes portant
des marques différentes, suivant Tâge ou
les crus des oaux-de-vie renfermées. Quel*
ques-unes de ces eaux-de-vie sont d'un
mérite et d'une valeur qui les mettent hors
de la portée de la consommation courante.
M. RuMPF, directeur de la Société Le Pro-
grès industriel f qui possède des maisons à
Bruxelles etù Paris, a installé un ensemble
de machines-outils qui est certainement
l'un des plus remarquables de toute l'expo-
sition belge. Sur le vaste emplacement du
Progrès Industriel^ nous voyons des ma-
chines b percer, à fraiser, à aléser, a affaler
les mèches et autres outils, à tailler les
fraises, à tailler les engrenages, à raboter,
à tourner horizontalement les bandages de
roues de wagons ou de locomotives ; des
tours universels pour charioter, fileter et
fraiser ; des tours h décolleter, dits univer-
sels, à revolver, avec tourelle horizontale
ou verticale ; des étaux limeurs, et géné-
ralement tous les genres de machines-outils
pour le travail des métaux.
Les machines du Progrès Industriel 80i\i
établies sur des données originales, diffé-
rentes des données habituelles de la cous^
truction classique. Mais elles sout toutes
fabriquées avec les soins et la précision qui
ont fait la réputation des machines améri-
caines. Certes, s'il est des machines de cons-
truction européenne qui puissent soutenir la
comparaison avec les machines-outils cons-
truites aux Etats-Unis, ce sont bien les ma-
chines du Progrès Industriel. Ajoulonsiiae
la maison fabrique aussi les instruments de
mesure et de vérification, tels que compas,
calibres, jauges, etc, ainsi que les pièces
d'outillage, telles que mèches hélicoïdales,
alésoirs, tarauds, coussinets, fraises de for-
mes, etc, avec la même précision minu -
367
lOUENAL MENSDBL DK L ACADEMIB NATIOffALI.
3e
tieuseque les établissements les plus reoûm-
mes des Etats-Uois.
L'exposition de machines-outils est com-
plétée par la machine à broder à pédales et
les métiers mécaniques à broder à plusieurs
exemplaires dont M.Rumpfestlecréateuret,
qui ont, sur tous les métiers suisses anté-
rieurs, Tavantage d'un travail plus parfait et
d'une production bien plus considérable,
par suite de la possibilité de battre un plus
grand nombre de points dans un temps
donné. Au reste notre Société a décerné
depuis plusieurs années deux diplômes
d'honneur au Progrès industriel pour ses
machines-outils et ses métiers mécaniques à
broder.
M. Segaust, à Saint-Denis, expose des
sachets de fleur d'amidon de froment, des
paquets d'amidon en aiguilles, des sachets
de tapioca au gluten pour diabétiques et
anémiques et des échaudés^ ces sortes de
pièces de pâtisserie légère qui sont généra-
roent consacrées à la nourriture des oiseaux
de cages ou de volières, mais qui convien-
nent bien à Talimentation des diabétiques,
par le fait qu'elles sont privées d'amidon.
La façon habile dont M. Sagaust sait tirer
parti des deux principaux éléments consti-
tutifs du froment : amidon et gluten, témoi-
gne de la bonne organisation de son indt^s-
tutifs et de la supériorité dequalité des pro-
duits de sa fabrication,
MM. Tabourier et Cie, de Paris, présentent
une ravissante collection d'étoffes de haute
nouveauté pour toilettes féminines en soie,
en satin, en mousseline, en crêpe, etc. Ces
étoffes sont unies ou imprimées, ou brodées
ou gaufrées. Elles sont d'une grande (inesse
de contexture et d'une grande élégance de
dessin et d'ornementation. Ce sont là de
véritables productions d'artistes, où se ma-
nifeste d'une façon éclatante la supério-
rité du goût français et spécialement du
goût parisien. Ou peut faire plus somptueux
à l'étranger, mais l'on ne pourrait faire aussi
délicat et aussi plaisant à la coquetterie raf-
fi née de nos mondaines.
MM . Valentin Roussel et fils, à Uou-
baix exposent des filés, en bobines et éch*
veaux, de laines cardées et de laines pe
gnées, dans les genres anglais et fraoça
pour le tissage d'articles de fantaisies. Cei
tains sont formés de brins de différent!
couleurs pour servir à la fabrication d*élo
fes mouchetées ou pointillées. Il y a là u
excellent ensemble de matières préparée
dont l'emploi par de bonnes manufactun
de tissage ne peut aboutir qu'à la fabria
tion d'étoffes de très bonne qualité.
M. VALTAT,à Paris,a installé coquettemei
une fausse cheminée drapée, garnie <
chenets, et surmontée d'une glace, au-de
sus de laquelle se trouve un médaillier.Ceti
coquette installation a pour but de préseï
ter des paquets d' allumettes-landaises o
allume-feux formés de rafles des épis à
maïs, copieusement enduites de résine
Ces allume- feux sont d'un emploi ausj
commode qu'économique.
MM. Verweegen ET KoK, selliers-harni
cheurs, à Amsterdam, exposent en vitrin
deux harnais de cabriolet, à bouderie d
cuivre de formes carrées, garniture à pas
sauts. Ces harnais sont de formes élégante
dans les pièces contournées, d'un excellen
choix des cuirs employés, d'une piqûre bie
régulière et d'un fini parfaitement soigne
On fait, certes, des harnais d'un façonnage
plus compliqué et d'une ornementation pli
riche ; mais ces harnais, qui ne sontsouver
que le résultat de commandes spéciales, n
peuvent être d'une confection meilleure <
plus experte que les travaux exposés pa
MM. Werweegen et Kok.
MM. Daniel Visser et fils, distillateurs, i
Schiedam (Hollande) préparent un genièvr
de Hollande, dont la marque a conqul
une réputation universelle. Ces messieui
ont édifié dans la section néerlandaise uni
pyramide formée de caisses d'exportatio r
aux côtés desquelles se trouvent des boa
teilles, des flacons et des cruchons cont^
nant le genièvre Visser. Les inscriptioie
des caisses montrent que les expédition
de la maison se fout principalement su
BaUvia, sur Porl-Rlizabeth, sur la Havane,
tar Manille, elc. II va sans dire que le
geDièvre deMH. Daniel Visser et fils, pour
être favorablement apprécié dans des pays
INDUSTRIE. 370
si lointains, n'en est pas moins fort goûté
dans sa patrie même, en Belgique, en Angle-
terre et dans toute l'Europe.
(A suivre.)
INDUSTRIE
MANUFACTURE DE TOLERIE
de H. Léon Parisse.
ï Larrière, près Val-d'Ajol (Vosges).
Dtns le compte-rendu de Texposition de
^esouK que publiait notre journal de juillet,
Boas avions écrit :
iH. Léou Parisse, directeur d'une impor-
« tante manufacture de tôlerie à Larrière,
«etc. »
Ayant attribué à la qualification de a di-
n^eur • une signification limitative qui
l'était nullement dans notre esprit, M . Pa-
nase s>st empressé de nous informer qu'il
léuitpas « directeur», mais bien « proprié-
uire et patron » de la manufacture en
question.
Bien volontiers, nous donnons acte à
H. Parisse de sa rectification, en lui affir-
oant qu*en employant Texpression qui ne
lemble pas lui avoir plu, nous ne voulions
que lui être agréable en indiquant que tous
ks travaux de la manufacture étaient exé-
cutés sous sa direction.
Noos ajouterons que, suivant notre juge-
aient, le fait de diriger les travaux d'une
naoufacture est certainement plus méritoire
^celui d'en être le propriétaire pur et sim-
ple. Ce n était donc pas diminuer M. Léon
fvtsie que de le qualifier de directeur.
Oooi qu'il en soit, rectification étant ainsi
Uie pour éviter toute confusion, nous
pouvons ajouter quelques détails au comp-
le-reodu sommaire, précédemment publié,
delà participation de M. Parisse à l'expo-
fition de Vesoul.
Observons d'abord que Tinsertion du nom
de M. Parisse parmi les lauréats de cette
exposition auxquels il a été décerné un
Diplôme d'Honneur avec mention Hors
concours^ signifiait que M. Parisse avait été
appelée faire partie du Jury d'un autre
groupe que celui dans lequel il exposait.
En se reportant à la liste que nous avons
publiée, on verra que le même fait s'est
produit pour plusieurs de nos Sociétaires.
Il y a un mois, nous avons déclaré ne pas
très bien comprendre comment on pouvait
concilier l'attribution d'un Diplôme d'Hon-
neur avec la concession de la mention Hors
concours. Nous persistons à penser que
cette manière de procéder n'était pas d'une
logique indiscutable.
Revenant à l'ensemble des objets expo-
sés par M. Parisse, nous devons proclamer
que, vrdimont, cet ensemble était des plus
complets et des plus méritants, et qu'il in-
diquait, en même temps qu'une connais-
sance parfaite du travail delà tùle de fer
ou d'acier, noire, étamée ou zinguée, une
ingénieuse prescience des partis ù en tirer
et des applications nouvelles à en faire.
Travaillée comme elle l'est dans les ateliers
de M. Parisse, la tôle doit, non seulement
rendre de bons services dans les ustensiles
où son application est d'usage courant, mais
encore se prêter avantageusement au rem-
placement d'autres matières: bois, cuir,
carton, etc., dans la confection d'une foule
d'objets, de création ancienne ou nou-
velle.
C'est ainsi que M.Léon Parisse a joint
progressivement à la fabrication des usten-
siles de ménage, pratiquée primitivement
371 JOURNAL MKN8UBL »i
daos l'usine de Larri^, )a fabrication
(farliclea de filatures, de tissages, de. mou-
lins, de brasseries, de transmissions, etc.,
étendaBt coosidérablement, de cette façon,
son champ d'affaires. Citons, par exemple,
les godets en tôle étamée pour appareils
élévatoires de moulins, dont M. Parisse a
réussi si bien la confection que son modèle
a été adopté en remplacement des godets en
cuir parcheminé ou en bois par nombre de
constructeurs, et notamment par notre So-
ciétaire, M. Daverio, à qui M. Parisse a livré
plus de 200.000 godets en trois années. Ob-
servons aussi que la vente d'articles com-
me les poêles à frire, les mesures à grains
et à liquides, les seaux et brocs en fer-
blanc, etc.. s'étend non seulement à toute
la consommation intérieure de la France,
mais encore à l'exportation pour la Tunisie,
la Turquie et les Etats de l'Amérique du
Sud.
Les caisses à bouteilles pour brasseries,
en fers feuilkrds, établies suivant un mo*
dèles breveté^ ont été appréciées par les
spécialistes comme devant être d'un emploi
si commode et si avantageux dans le travail
des caves de brasseries, que tous les inté*
ressés qui les ont vues à l'exposition de
Yeso«il, OAt immédiatement passé de fortes
commandes à M. Parisse.
Il en a été deméiae en ce qui concernait
les po4s à cardes pouf filatures et les pou-
lies et disques en tôle embeuiie pour lissa-
ges. Tous ces articles constituaient un nou-
veau matériel à la fois plus léger, plus ré-
sistant et plus durable à l'usage qiie l'aB-
cien, réalisant ainsi un sérieux et iecoAleS'-
table progvès.
Il ressort, en résumé, des constatations
que nous avons pu faire à l'exposition de
YesoulqueM. Léon Parisse est un indus-
triel vraiment progressiste, et qu'il dirige la
manufacture qu'il possède avec une com-
pétence remarquable, un constant souci de
la perfection et un esprit d'innovation aussi
pratique qu'ingénieux.
t'à£Â»ÈmZ NATIONALE.
37:
CLOUTERIES HÉCANIQUES POUR
CHAUSSURES
de MM. DcGUAUiCNorr, et C^
à La Pipée,par Foutenoy-le-Ohâteau ( Vosges)
A la suite de la publication dans notre
dernier numéro d'un paragraphe concernanl
les écbaetillons variés de clous pour chaus-
sures présentés par M. Dechambenoit et C'
à l'exposition de Yesoul, ces Messieurs^ noui
ont adressé une note, à la fois rectificative
et complécneotaire, de laquelle il résulte :
P que MM. Dechambenoit et Cie appar-
tiennent à noire Société defMiis 1876 ;
2^ qu'ils ont remporté les récompense
suivantes :
Médaille de I'* classe de l'Académie Na-
tionale en 1882;
Médaille de 2'' classe de l'Académie Natio-
nale en 1887.
Médaille d'argent à l'Ëxpoeiliicw indus-
trielle d'Epinal en 1881 ;
Diplôme d'honneur avec nominakîofi de
membre du juiyà l'exposition de VoassI de
la présente année.
3^ Que leur fabrieatiea n'a cessé d* aller en
augmeiilant depuis plusieurs années et
qu'elle dépasse aujourd'hui 2.700 kilograiS'
mes (au lieu duchiRrede 2.000 kilegramuMs
que nous avions cité), par journée €to tra-
vail.
Ces renseignements précisi, qui corrigent
quelques-unes de nos indicalions précédenr-
tes, ne peuvent manquer d être pris ea sé-
rieuse considération par notre Comité des
AFPAREI1. DE SAUVETASC BM CM
de M. Paloux, garde d'artillerie, chef-arti-
ficier à Oraa (Algérie).
Comme dans tous les pays chauds, les iw*
cendîes sont fréquents et souvent terri blei
en Algérie, et dernièrement ne voyone-nou^
pas encore le théâtre de- Maseara, dans W
province d^Oran préoisément, brûler poud
la troisième fois en moins de quelquei
années.
a73
LNmJSTHIK.
a74
I)tfS lors oo coinpretid comment M. Pa-
toux, avec ses cooDaissances spéciales, ait
éié amené tout naturellement à trouver,
sinon un préservatif absolu, du moins, des
mojens de secours plus prompts el plus effi-
caces en cas d'incendie.
U a donné le nom de chariot d co^
Imne de sauvetage et d'incendie à l'appa-
reil qu'il a imaginé, et ce nom lui-même
$etut>le tout d'abord le résumer et en donner
une idée exacte, avant même que Ton en
ait fait la démonstration.
Les journaux de l'Algérie en ont parlé
dès le commencement de 1895, voilà plus de
deux anset demi, et Ton ne peut que s'éton-
ner deue pas voir plus répandu un appareil
en somme fort simple, d'un mécanisme peu
compliqué et facile à manier et qui semble
appelé à rendre de réels services dans les
grandes villes ou les maisons sont générale*
ment Tort élevées.
Du reste, en voici, d'après les indications
par l'inventeur lui-même, une courte des-
(Tîption qui suffira amplement à faire saisir
fapparcil dans ses grandes lignes, aussi
bien qu'à faire comprendre tous les services
(]o'il serait appelé à rendre dans les villes de
quelque importance:
• Un chariot métallique monté sur ressorts
annula blés pour un besoin ultérieur, por-
tant à son centre de gravité une pompe
pneumatique à tirages formée de 8 à 10 tu-
bes concentriques en acier, de 2 mètres 20
de hauteur chacun, dont une partie pour
les raccords, et pouvant ensemble donner un
illonfçement vertical de 20 mètres environ,
banteuf bien suffisante.
« Le diamèlredu tube enveloppant serait
ëe50 centimètres, et celui du tube central
OQ du faîte de 18 seulement.
« Avec une épaisseur nécessaire de 2 "/"
pour la paroi de chacun, le poids total des
luttes avec organes intérieurs atteindrait 380
kilos environ.
1 De ces tubes les deux opposés seraient
fermés à leur partie extrême, et celui cen-
tral serait surmonté d'une cage ou corbeille
métallique à deux entrées, pouvant recevoir
de trois à quatre personnes.
« Eo prévision des cas où Fintensilé du feu,
c^lledola fumée, comme certains obstacles,
interdiraient Tabord du rei*de-chausaée ou
celui de quelque étage, un petit pont vo-
lant à longueur réglable (pouvant atteindre
5 mètres au maximum) serait iixé à la par-
tie supérieure de la colonne et à l'un des
flancs de la corbeille.
« Occupant une position verticale en temps
oixlinaire, ilse rabattrait au moment oppor-
tun pour prendre appui sur le garde-fou des
balcons ou l'embrase des fenêtres, ouvrant
ainsi un chemin de fuite aux personnes me-
nacées.
« La pompe serait complétée par deux pis-
taD9 et un balancier qu'actionneraient alors
six pompiers (otirant une force suflisante)
pour le refoulement de l'air nécessaire au
tirage, c'est-à-dire à l'élévation de la co-
lonne de fer constituée. Ces hommes pren*
draient place sur le tablier de la toiture.
« Un réservoir d'air occupant le dessous et
le centre du chariot assurerait le fonction-'
nement automatique et rapide de la pompe,
en temps voulu.
€ De plus, un tubage intérieur, coAcentri-
que au grand et formé de petits tubes assem-
blés et maintenus par des disques, serait
rempli de glycérine pour empèeber VaSaîs*
sèment anormal de la colonne^ mue par un
gaz compressible (l'air), lors delà réeeption
des personnes seeourues.
a Les extrémités du chariot porteraieat
chacune 2 leviers en acier emboîtés Tuo
dans l'autre en temps ordinaire et pouvant
se tirer pour donner appui au public qui
par son poids assurerait la stabilité de la voi-
ture afin de combattre le balaeceioeat éven-
tuel de la colonne dressée.
« Deux plates- formes articulées se rabat-
tant sur les cAtés du réservoir donneraient
place à un ou deux pompiers pour la récep-
tion rapide des secourus .
a Deux anneaux disposés sur les côtés du
tube principal permettraient de fixer parfois
rensemble à une colonne ou autre partie du
bâtiment.
« Une timonière ou un limon d*attelage,
ainsi qu'un siège démontable compléteraient
le dit chariot. »
Pas plus que notre honorable collègue^
375
JOURNAL MENSUEL DB L*AGADÉIUE NATIONALB.
376
nous ne voulons nous arrêter à des ques-
tions de détail qui nous paraissent inutiles
ici,ni nous étendre longuement sur le fonc-
tionnement qui est fort simple. Tout le
monde comprendra combien il est facile et
simple de placer le chariot le long de la
maison et de le mettre de suite en action.
Mais, comme le fait si judicieusement ob-
server M. Paloux, en cas dincendie dans les
théâtres, malheureusement si fréquents et
si terribles, il est évident que son apparol
paraît appelé à rendre de très réels et sur-
tout de très prompts services, ce qui est la
première des conditions, dans ces sinistres
d'autant plus redoutables qu'ils sont fou-
droyants et que la panique de la foule en
augmente encore Thorreur.
Enfin, dans tous les cas, qu'il sagisse
d'arracher des vies humaines à la plus
horrible des morU,ou qu'il s'agisse simple-
ment de sauver des bâtiments et de circon-
scrire le fléau, il est à peine besoin d'ajouter
que cet appareil permet Télévation rapide
d'un pompier armé d'une lance pour com-
battre le feu au point voulu, ce qui est pres-
que toujours impossible avec les moyens
actuels, etcequi expose souvent les malheu-
reux pompiers aux plus graves périls, lors-
qu'ils s'aventurent sur des pans de murail-
les ou des toits plus ou moins solides et où
ils ne sont que trop souvent eux-mêmes vic-
times de leur dévoûmenl et de leur lié-
i*oïsme.
Et maintenant notre conclusion sera sim-
ple ; c'est qu'il est à souhaiter que les corps
compétents et techniques veuillent bien prê-
ter à l'intéressante invention de M. Paloux
toute la bienveillante attention que, pour
notre compte, elle semble mériter à tous
égards.
PRODUITS SPÉCIAUX
pour
BEURRERIES ET FROMAGERIES
de M. Charles Jeanneau, à Janié
(Ille-et-Vilaine).
On peut dire que les moyens de transport
modernes, si rapides aujourd'hui, ont pro-
voqué de nouvelles découvertes dans la plu-
part des industries, de nouveaux perfection-
nements, de nouveaux procédés, en créant
des besoins aussi multiples que variés.
Autrefois on n*avait ni le désir, ni la pos-
sibilité de fabri(|uer en grand et d'expédier
les beurres et les fromages des pays de pro-
duction aux quatre coins du monde.
Aujourd'hui ces expéditions sontcouran -
tes et il s'est fondé en Normandie et en Bre-
tagne, tout aussi bien qu'en Canada, de
véritables usines ^ c'est bien le mot, pour
expédier ainsi les diverses transformations
de la laiterie jusqu'au fond du Japon et de
la Corée, par exemple.
Cela tient à deux causes : c'est qu'il fallait,
avant tout, trouver des moyens scientifiques,
pratiques et certains de pouvoir fabriquer
sur une vaste échelle les divers produits,
beurres et fromages, et trouver, en même
temps, des moyens de conservation faciles,
sains et presque indéflnis.
C'est alors que, pour répondre au pre-
mier besoin de fabrication en grand, on a
eu recours aux présures, et Ton peut affir-
mer que, dans cet ordre d'idées, les meil-
leurs produits connus sont ceux que Ton
obtient d'après les procédés Rich. Ëilersen
et C*% universellement connus sous le nom
de présures et colorants danois.
C'est ainsi que Ton peut coaguler 3,000
litres de lait avec un litre de présure de pre-
mière qualité et qu'avec la présure supé-
rieure (extrait concentré) on coagule
10,000 litres de lait avec un seul litre em-
ployé à cet effet de la précieuse comiosi-
tion.
liC colorant gras est employé pour les
beurres et le colorant aqueux pour les fro-
mages. Les cultures pures de ferments lac-
tiques, autrement dit : acidiAcateur normal
de la crème, sont également aujourd'hui
d'un emploi courant pour l'amélioration des
beurres, aussi bien que pour la régularisa-
tion de l'acidification de la crème, comme
le nom même l'indique.
Dans ces dernières années M. Charles
Jeanneau, agent général pour la France, la
Suisse et la Belgique, établi à Janzé (lUe-et-
Vilaine), a puissamment contribué à ré-
377
p^odre et à faire connailre ses produits si
précieux pour tous ceux qui fabriquent les
beurres et les fromages sur une grande
échelle.
Son installation et la réunion de tous ses
produits avaient été été très remarquées
cet été à Texposition de Rennes, et d'ailleurs
ils ont emporté les plus hautes récompen-
sesdans les diverses expositions et concoui*s
agricoles où il nous a été donné de les exa-
miner.
Le Sal prœservare, sel conservateur et le
sterilitaSj liqueur conservatrice, sont des
antiseptiques très puissants et complètement
inoffensifs, dont Tintervention souveraine
est reconnue efUcace depuis longtemps pour
1.1 conservation des beurres, crèmes, laits et
toos aliments en général ; et ils semblent for-
mer comme le complément naturel des cul-
tares pures de ferments lactiques dont nous
Tenons de parler plus haut.
H n'est pas sans intérêt d*ajouter que tous
ces produits sont très bon marché, et n'aug-
mentent le prix des marchandises traitées que
done quantité tout è fait insignifiante.
A côté de cet ensemble si important pour
les spécialistes, M. Charles Jeanneau avait
ëiposé à Rennes des papiers paraffinés, du
parchemin végétal, des éprouvettes et verres
gradués d'une disposition très pratique.
Du reste, placé dans l'Ille-et-Vilaine, en
Bretagne, proche la Normandie, au milieu
des grands centres de production, M. Char-
les Jeanneau, avec ses connaissances spécia*
les, était plus à même que quiconque de
populariser rapidement chez nos produc-
leor» les célèbres procédés danois. C'est à
coup sûr un moyen très pratique dans cette
industrie spéciale, qui grandit chaque jour,
de pouvoir lutter sur le terrain de Texpor-
lation contre les produits similaires des
éuingers, et plus particulièrement des
Américains du Nord.
Des échantillons sont envoyés par retour
da courrier sur unesimple demande, etdes
dépôts, en dehors de Janzé, sont installés au
Havre, à Rouen, à Bàleet à Anvers.
X'avions-nous pas raison de dire, en com-
mençant, que c'est grâce à la vulgarisation
de ces produits que rantii|ue et familiale
INDVSTAIE. 378
fabrication des beurres et des fromagess'est
tout à coup transformée en une véritable
industrie, grâce aux moyens de fabricatioa
et de presque illimitée découverts par la
conservation science moderne ?
LA CONSERVATION DU BEURRE FRAIS.
La conservation du beurre frais est un
des problèmes les plus intéressants qui se
posent à nos chimistes et à nos agronomes.
Le résoudre pour quelquessemaines, quel-
ques mois au plus, ce serait réaliser un véri-
table et très profitable progrès. Ou n'a pas
manqué d'en chercher les moyens. M . R .
Lezé, le savant professeur de Técole de
Grignon, les a relatés récemment dans une
excellente étude publiée par le Journal
d'agriculture pratique.
Trois procédés sont en présence : 1^ la
pasteurisation ou stérilisation par la chaleur ;
2"* la conservation par le froid ; 3"^ l'emploi
des antiseptiques.
La pasteurisation, d'après M. Lezé, donne
une conservation insuffisante parce que
Toxygène de l'air contenu d^ns les vases où
se conserve le beurre pasteurisé agit sur la
matière grasse et tend à la transformer en
produits à odeur de suif.
La conservation par le froid est excel-
lente. C'est ainsi que Londres reçoit des
beurres de la République Argentine, d'Aus-
tralie, de Nouvelle-Zélande. Mais ce pro-
cédé exige l'emploi d'un outillage frigori-
fique cotkteux et compliqué.
Restent les antiseptiques, sel commun,
poudres à base d'acide borique et de borax,
sels alcalins de soude, carbonate ou phos-
phate, acide salicylique. Ces modes de con-
servation chimiques sont scabreux, sauf
pour le sel marin, la plupart des spécialis-
tes en cette matière les accueillentavec une
grande réserve.
M. R. Lezé fait cependant exception en
faveur d'un nouveau produit conservateur,
qui donne de très bons résultats d'après les
expériences qu'il a faites à son sujet : c'est
la crysoléine^ ou fluorure de sodium, pré-
conisée par le regretté A.-M. Villon, et
dont H. Iribarnégaray, de Rayonne, vient
S7Q
JOURNAL MENSUEL Dl L*AflAI>tlllK NATIONALE.
380
de faire breveter les applications. Grâce à
ce produit» des beurres de la République
Argeutine, amenésà Paris,outpu élredégus-
iës, d'après ce que rapporte M. Lezé, et
trouvés très boDS au goftt en même temps
que très bien conservés.
Le liquide employé, la crysoléine, est in«
colore, inodore, et constitue un puissant
antiseptique.
Pour assurer la conservation du beurre
en particulier, on opère comme il suit,
d'après ce que déclare M. Iribamégaray :
On forme une solution contenant 5 gram-
mes de crysoléine pour 1.000 grammes
d'eau ;on place le beurre frais dans cette
solution, et le tout dans un malaxeur
broyeur. On procède alors à un broyage
complet du beurre au sein du liquide anti-
septique, de façon à forcer celui-ci à péné-
trer les diverses parties de la masse & con-
server.
Lorsque cette préparatioa est terminée,
les blocs de beurre sont disposés dans un
cylindre ou récipient étanche quelconque,
quelconque, imperméable à Tair et à Teau
et avec couvercle à fermeture hermétique.
Si le beurre ne remplit pas entièrement le
récipient, on verse sur sa surface supérieu-
re une certaine quantité de solution à 5
grammes de crysoléine pour 1.000 gram-
mes d'eau de manière i former au-dessus
du couvercle une nappe liquide protectrice
qui servira à chasser Tair du récipient au
moment de la pose de ce couvercle et àem-
pôcheri par la suite, tout contact entre le
beurre et l'atmosphère.
Le beurre peut alors se conserver pen-
dant des mois, même des années, disent les
pariisansde la crysoléine, sans altération.
On peuiaussi, sans crainte, Texpédier dans
les pays lointains et chauds.
Au moment do le livrer à la clientèle qui
doit le consommer, on procède à une der-
nière manipulation : la solution de cryso*
léine ayant la propriété de s'enlever totale-
ment du beurre par simple lavage, il suffit
de retirer le beurre du récipient et de le
laver en le broyant à l'eau fraîche et de le
mouler en pains ou molettes pour lui re«
donner le même aspect qu'au moment de
sa fabrication.
LA PRODUCTION DE L*OR ET DE
L*ARQENT EN RUSSIE.
La production de l'or en Russie offre une
grande importance, puisqu'elle représente
environ 15 % de la production totale du
monde entier. Elle excède, d'ailleurs, celle
de tous les autres pays, à Texception des
Etats-Unis, de TAustralie et du Transvaal.
Il a été, jusqu'ici, assez difficile d*établir
d'exactes statistiques. Nous devons, cepen-
dant, à l'obligeance de notre correspon-
dant à Saint-Pétersbourg de pouvoir don-
ner les chiffres officiels enregistrés à la
Monnaie impériale. Théoriquement, ces
chiffres devraient représenter la produc-
tion totale, puisque, d'après la loi, tout
Tor extrait du territoire russe doit être dé-
posé soit à la Monnaie, soit à une de ses
succursales. Eu fait, les infractions à cette
loi sont nombreuses. Dans les placers de
Trans-Baîkal, ei principalement dans ceux
qui avoisinent la frontière de la Mandchou-
rie, la proportion d'or détenue par les ex-
ploitants, et ne subissant de ce fait aucun
contrôle, s élève à 20 % du total. Dans les
autres districts, le commerce clandestin de
l'or est de moindre importance. On peut,
cependant, évaluer à 10 % la proportion de
métal précieux qui n'est pas soumis au con-
trôle de la Monnaie impériale. Encore, ce
chiflre peut-il être considéré comme un
minimum»
Pour l'année 1896, la production légale
de l'or, enregistrée à la Monnaie, a été de
46.653 kilogrammes.
Voici, d'ailleurs, la production pour les
six dernières années.
Année
Kilos
1891 39.183
1892 39.161
1893 33.619
1894 39.913
1895 47.825
1896 46.053
SI
iNDUftTaie.
38$
Ces chiffres accusent un très notable
accroissement de production pour l'année
It^ ; et si cette avance n a pas été main-
teoQe Tannée suivante, c'est uniquement
grâce à la fermeture d'un des placers les
{dos considérables de Sibérie.
A rinverse de ce qui se passe dans la
iplopart des pays producteurs d'or, on n'ex-
jkite en Russie que Tor des placers et des
tables d*alluvions. L'exploitation du quartz
lariAre o'existe que dans la région de
f Oural ; encore est-elle assez restreinte.
IkiDS tons les districts du Trans-Baïkal et
fcrAnK>t]r — c'est-à-dire les plus riches
^ tout l'empire — il n'eiiste qu'une seule
ssiae possédant une batterie de vingt bo-
^ds. Elle est établie à la mine de Baian-
2oarga. Par contre, la proportion d'or ex-
trait des placers dans cette région s'élève
ta moins à 90 5i du total . On sait, qu'au
coQtraire, aux Etats-Unis et en Australie,
b majeure partie de l'or est extrait de mi-
«es sooterraines. Quant au Transvaal, il ne
KiDble pas qu'on y ait jamais exploité un
»q1 placer.
Ces conditions présentent un intérêt con-
«idérable si l'on observe que la Sibérie, où
fe trouvent les gisements les plus riches,
ae possède pas de moyens de communica-
lUon, et qu'il serait, dès lors, impossible d'y
introduire des procédés d exploitation exi
jctat on transport de matériel.
I La Sibérie est, dans toute son étendue,
00 terrain plus ou moins aurifère. Dans
les provinces de l'ouest, la production a
lensiblement baissé en ces derniers temps
ytr suite de l'émigration des exploitants
ters les régions du Trans-Baîkal et de l'A-
Bioar qui sont beaucoup plus riches. A
rbcure actuelle, le véritable centre d'acti*
filé se trouve dans les pays tributaires de la
région de l'Amour : Onon, Amgoun et Bie-
b^a. Mais les exploitations s'étendent en
ftvant de ces points, et jusqu'à Khabarovsk
« Oussouri. Les gisements de la vallée
npérieure de la Lena sont ouverts à Tex-
pb^tation depuis quelques années seule-
nent.
La production de l'or en Russie se trouve
limitée par l'insuffisance des méthodes de
traitement aussi bien que par le manque dé
main-d'œuvre. Aussi, à l'heure actuelle,
se borne-t-on à n'exploiter que les placers
les plus riches. On estime que la quantité
de métal précieux abandonnée est à peu
près égale à celle que Ton extrait.
Une autre condition qui limite la pro-
duction de l'or en Sibérie est le climat ri-
goureux de cette région, où le travail de-
vient impossible pendant plusieurs mois de
l'année. Dans le Trans-Baîkal, le terrain
d'alluvions exploitable est perpétuellement
gelé. Les tiédeurs de Tété n'ont pour effet
que de le ramollir sur une épaisseur de
quelques pieds à peine. Au-dessous, le sol
doit être attaqué comme de la roche.
L'extension rapide du chemin de fer
transsibérien permettra sous peu un déve-
loppement plus rationnel de ces exploita-
tions, en même temps qu'elle facilitera
l'importation de la main-d'œuvre qui man-
que totalement.
L'or extrait sur le territoire russe y de-
meure en presque totalité. A l'heure ac-
tuelle, la monnaie d'or ne circule pas dans
le pays ; mais le gouvernement en a accu-
mulé un stock énorme— le plus considéra-
ble du monde entier — destiné, d'une part,
à faciliter peu à peu le retrait du papier*
monnaie, et, d'autre part, à constituer une
réserve de guerre.
La production de l'argent en Russie va^
rie fort peu. D'après les chiffres oflicieist
fournis par la Monnaie impériale, elle au-
rait été de 8,578 kilogrammes en 1894, de
12,108 kilogrammes en 1896 et de 10,455
kilogrammes en 1896. Ces chiffres repré-
sentent bien la production réelle, les pro-
ducteurs n'ayant pas intérêt, comme dans le
cas de Tor, à trafiquer clandestinement de
leur métal. La majeure partie de l'argent
est, d'ailleurs, extraite de mines apparte-
nant au gouvernement russe. Il en vient un
peu d'Alagyr dans le Caucase, mais la ré-
gion la plus productrice est encore la Sibé-
rie, et, principalement, les districts de Mert-
chinsk, Verkhno-Oudmsket Semepalatinsk.
On sait qu'il existe d'autres gisements. Mais
les mines de plomb argentifère de TAltaï
ne pourront être exploitées avantageuse-»
383
ment que le jour où le combustible pourra
y être amené par chemin de fer. Â l'heure
lOURNAL MENSURL DE L-ACADÉIIIK NATIONALE. 3J
actuelle la production de ce district est
peu près nulle.
COMMERCE
LÉ OOMMERCE EXTÉRIEUR DE L.A
FRANCE
• L'administration des douanes vient de pu-
blier les documents statistiques sur 1a coml
merce général de la France pendant les sept
premiers moi? de Tannée 1897.
Les importations se sont élevées, dU( !•'
janvier au 31 juillet 1897, à 2.295.298.000
fr., et les exportations à 2.125.397.000 fr.
Ces chiffres se décomposent comme suit :
IMPORTATIONS 1897 1S&6
"" fr7 fr.
Objets d'ulimeotatioû 519.639.000 5«8.66l.000
Matiôres nécessaires
à l'Industrie 1.414/132.000 1.36a. 57^.000
Objets fabriqués 360.927.000 362.079.0:0
Total 3.i95.298.000 2 313.315.000
BXPORTATI0N8
— fr. fr.
Objets d'alimentation. 389.638.030 359.67^.000
Matières nécessaires
à rindustrie 552.193.000 471.619.000
Objets fabriqués 1.092.682.000 1.029.169.000
Colis postaux 90.828.000 87.299.000
Total 2.125.397.000 1.947.760:000
En examinant attentivement les chiffi'es
qui précèdent, on est tout d'abord frappé
d'une importante diminution de plus ^e 69
millions, exactement 69.025.000 sur les
objets d'alimentation à l'importation ; mais
tout porte à croire que cette diminution de-
vra se trouver perdue, tout au moins en par-
tie, d*ici la fin de Tannée, si Ton est contraint
de laisser entrer temporairement en frln-
cbise les blés étrangers pour parer à la pé-
nurie de notre propre récolte, comme tout
semble l'indiquer.
Toujours h Timportation, les matières né-
cessaires à rindustrie sont en augmentation
de 52 . 160 . 000 f r. ce qui , en somme, ne sem-
Le Directeur-
ble qu^indiquer une reprise d'activité d'ass^
bon augure chez nous ; nous serions aién
tenté d'ajouter qu'il y aurait là un excellei
symptôme, si nous arrivions à tirer la m^
jeure partie de ces matières premières (!
nos propres colonies; Vimportat'ion des ol
jets fabriqués est en légère diminution i
1. 152.000 francs, il n'y a donc pas lieu i
s'y arrêter.
Passons maintenant à Texporlat ion i
constatons bien vite que là toutes les rubri
ques sont excellentes pour notre commer<
général à l'extérieur ; en effet, nous trou
vons une augmentation sur les objets d'ali
mentations: de30.015.000 fr. ; sur les mati^
res nécessaires à l'industrie, de 80. 580.00!
fr.;sur les objets fabriqués, de 63.513.000 fi
et enfin sur les colis-postaux eux-mêmes d
3.529.000 francs.
Maintenant si nous voulons recherche
quelle doit être la comparaison entre I^
mois de juillet des années 1896 et 1897, nou
trouvons les chiffres suivants :
Juillet 1897
Juillet 1896
Imporiations.. 320.308.000 fr. 297.768.000 ft
Exportations.. 292 403.000 » 240.343.000 »
Si donc les importations sont en légèri
augmentation de 22 millions, les exporta
tiens sont-elles en sensible augmentation di
52 millions, et si, nous le répétons, cett
avance se maintient régulièrement d'ici 1
fin de l'année et n'est pas en partie perdu
du lait de l'entrée sur une grande échell
des blés étrangers, on peut espérer voir 1
balance du commerce s'établir enfin dan
des conditions plus avantageuses pour )
commerce gén»^ral de la France.
Gérant, Rédacteur en Chef,
EuGÈNB THlftRY.
OLUMOMT (oI8B]« ^ IMPRIMBRIB OAIX rRBRU, PLACR SAiKt-ANDRB, à.
JOURNAL MENSUEL
DB
L'ACADÉMIE NATIONALE
AliRlGOLE, lANUFACTORiËRE ET COMIEBGIALE
67* Ann«e. - SEPTEMBRE 1897.
THE NEW YORK
PUBLIC LIBRARy
AfiTHR. LCUnYjihin^^
TILDEN FOUNDATIQNS'
SOMMAIRE —
*î«~ ^"""V"^' 7 Les récoltes de blés. -Emploi de la litière de tourbe paur le bétail. - Les fourmis et leurs
«▼«es. — L« récolte d'orge et d'avoine en 1807. twurrai» ec leurs
2S2ÏÏIÎÏ**w^^ CONCOURS. -Exposition de Bruxelles. {Suite.)
^^^l%Tk\lZ':A^^ ^" ^""^^'^ ---"» ^^ »" «^"--rs aux Etats.
^më???a^a7oi^! *^°""'"" extérieur de la France.- Etude de la situation économique, par IN. Jules Rooh«,
AGRICULTURE
LES RÉCOLTES DE BLÉS
Le miDistère de 1 agriculture a officielle-
ment évalué la récolte du blé en Franco
poar 1897 à 88.556.870 hectolitres.
Les chiffres officiels pour les récoltes des
innées précédentes étaient les suivants :
18?6 119.742 416 hectolitres
18î^ 119.967.745 —
11»* 122.469.207 —
1893 97.792.080 —
1«92 109.537.907 —
1801 77.637.560 —
Comme on le voit, la recolle de 1897, tout
en étant supérieure a celle de 1891, serait
véritablement des plus médiocres, et pré-
senterait un déficit de plus de 31 millions
«or la récolte de Tannée précédente.
11 va eu, en 1897, une surface ensemen-
cée de 6,544,860 hectares contre 6,870,352
î*ectares en 1898.
La récolte de méteil a été, cette année,
<ie 3,219,350 hectolitres contre 4,130,481
bectolitres en 1890.
^La récolte de seigle a été, cette année, de
n.o64,050 hectolitres contre 24,464,730
hectolitres en 1896.
Toutes ces récoltes seront notoirement in-
suffisantes pour répondre aux besoins de la
consommation, en sorte qu'il faudra recou-
nr sur une large échelle aux importations
lie céréales étrangères.
De .son côté, le Ministère de l'agriculture
de Hongrie vient de publier, comme il le fait
chaque année, une évaluation sur la récolle
du blé dans les divers pays. D'après ce docu-
ment, le rendement total du blé est estimé
à 573.760.000 quintaux métriques. Les
besoins de la consommation durant une an-
née étant évalués à 655. 150.000 quintaux,
on prévoit, qu'il y aura un déficit pendant
cette campagne, de 50.800.000 quintaux.
Les stocks de 1893, existant encore, sont
estimés de 36 h 45 millions. L'approvision-
nement total pour Tannée serait donc deOlO
à èl5 millions.
Enfin, publions, a titre de renseignements,
lerelevé suivant (Jesrécoitesdeblédu monde
entier en 181)7 et en 1896, établi par un
statisticien anglais, M. Dornbusch, dont les
évaluations sont toujours considérées comme
très sérieuses :
1S97.
Hectolitres.
Europe •. 456.95^.0)0
Amérique 25.i.75i> ( 00
A?*.e 86.130.000
Afrique 13.:^40.000
Australie 14.500.000
Totau.\ ^24.073.000 8.0.3-8.60J
Dans sa statistique delà production euro-
péenne M. Dornbusch compte la part de la
France pour 95.700.000 hectolitres.
Le journal le Bulletin des Halles nV
189^.
Hectolitres.
557.594.000
191.429.000
IUO.050.000
13.340.000
7.975.000
387 lOUBNAL MENSUEL DE
vait estimé la production française qu'à
82.787.70) hectolitres, et l'Association de
la Meunerie française avait fixé son évalua-
tion à 88.120.840 hectolitres. Cest ce der-
nier chiffre qui, comme on Ta vu plus haut,
se rapproche le plus près de l'évaluation
oflicielle de notre ministère deragricullure.
L'ACADéMIB NATIONALE.
388
EMPLOI DE LA
LITIÈRE DE TOURBE POUR LE BÉTAIL
Article de M. leprofesseur docteur Vogel,
publié dans leLandbote, de Winlerlliur,
traduit et communiqué par M. FniTZ
Marti, à Winterthur.
Il y a longtemps que Ton sait que la tourbe
peut fournir une excellente Utière pour les
étables, qui peut remplacer la paille ou
s'employer concurremment avec elle. La
litière do tourbe fournit au bétail une
couche molle et commode, qui absorbe
beaucoup d'urine et améliore à un haut de-
gré l'air dans les étables. Par ces motifs,
on emploie de préférence la litière de tour-
be pour les écuries de chevaux et les laite-
ries dans les grandes villes, et les avantages
ci-dessus indiqués sont déjà si grands qu'ils
suffisent pour recommander la litière de
tourbe dans tous les cas ou Ton est obligé
d'acheter de la paille et de la payer à un
prix très élevé, ou lorsque, dans uneexploi-
tation agricole, on peut employer avanta-
geusement la paille à un autre usage. Tout
agriculteur qui peut tirer d'un quintal
de paille le prix d'un quintal de bonne li-
tière de tourbe devrait par conséquent em-
ployer cette dernière. Il augmentera ainsi
la quantité de substances fertilisantes dans
le fumier qu'il répandra sur ses champs et
sur ses prairies.
Les avantages dont il vient d'être ques-
tion ne sont toutefois pas les plus essentiels.
II y en a un beaucoup plus important,
c'est que l'emploi de la litière de tourbe
est un excellent moyen de conservation du
fumier d'écurie. Sans doute la litière de
tourbe ne sera jamais une panacée univer-
selle, un moyen infaillible d'éviter toute
déperdition d'azote dans le flimier, mais,
grâce à son emploi, on préviendra la dispa-
rition d'une grande partie de cet azote qui
se serait perdu si l'on avait employé de la
paille, même en quantité abondante. On a
publié ces derniers temps, précisément sur
cette question, le résultat de toute une série
d'expériences qui, pour l'essentiel, arrÎTent
à la même conclusion.
Le professeur Pfeffer, à léna, a constaté
ce qui suit dans son travail sur les réactions
qui se produisent lors delà putréfaction:
On préleva sur le fumier qui provenait de
34 kgr. de litière de tourbe sur laquelle
0 vaches avaient passé la journée, des doses
pesées qu*on mit dans de grandes bouteilles
oii elles furent conservées longtemps dans
les conditions les plus diverses. Ainsi, le
contenu de quelques-unes de ces bouteilles
fut soumis à l'action d'un courant d'air qui
les traversait entièrement; dans d'autres
on se bornait à aspirer l'air en contact
avec la surface, etc. Nous renvoyons pour
le détail de cette intéressante étude au mé-
moire lui-même, qui a paru dans la revue
« Landwirthschafiliche Versuchsstalionen »,
et nous bornons à indiquer sommairement
le principal résultat, savoir que pendant un
espace de 5 mois il ne s'est dégagé de ce
mélange que très peu d*azote,et que l'asote
entraîné n'était pas essentiellement sous la
forme d ammoniaque, de sorte qu'il ne s'é-
tait guère perdu d^ammoniaque. Les per-
tes en substances organiques étaient de
même faibles, lorsque l'air n'avait qu'un
accès limité au fumier (qu'on perçait deux
fois par semaine). Les pertes n'acquirent
plus d'importance que longtemps après,
lorsque l'air fut mis en contact continuel
et intime avec le fumier.
Ces essais montrent que le fumier de
litière de tourbe, lorsqu'il est bon, c'est-à-
dire serré et humide, peut rester longtemps
sans qu'il y ait à craindre une dépei*ditîon
notable d'azote ammoniacal. Tout récem-
ment les résultats de ces expériences ont
été confirmés et complétés par le D^ Scbuei-
dewind dani un travail « sur la conserva-
tion de l'azote et sur les principales trans-
formations dos divers composés d'azote dans
le fumier d'écurie ». Le D' Schneidewind
fit agir une solution diluée de carbonate
889
d'ammoniaque d'une part sur de la paiUe,
d'autre part sur de la litière de tourbe, en
employant les mêmes quantités dans les
deux expériences ; il enleva les gaz qui se
dégageaient au moyen d'un courant d'air
et les analysa au point de vue de leur te-
neur en ammoniaque. Il constata que dans
l'espace do 24 heures la paille avait déjà
perdu 30,1 pour cent d'ammoniaque, tan-
disque la litière de tourbe n'avait rien per-
de. Même au bout de quatre jours, il n'y
ivail pas trace d'une perte d'ammoniaque
par la litière de tourbe.
Les résultats de ces expériences ajoutées
i celles de Pfeiffer méritent à un haut de-
gré Tatlention de nos agriculteurs. Il est
hors de doute que, pour un grand nombre
et nos exploitations, il serait utile et profita-
ble d'employer la litière de tourbe au lieu
de paille, ou du moins de les employer si-
multanément, abstraction faite même des
avantages indiqués quant à la conservation
de Tammoniaque . Si Ton fait encore entrer
dans la balance cet important avantage de
la litière de tourbe, on ne saurait se refu-
ser à reconnaître que dans nombre de cas
Tagriculteur fera bien de se décider pour
h litière de tourbe. Il pourra ainsi conduire
sur ses champs un fumier plus riche en
ammoniaque que s'il s*en tient à la litière
de paille. Sans doute, dans les endroits
écartés où Von ne peut se procurer qu'à
grand frais de la litière de tonrbô et oîi
Ton ne peut pas vendre la paille que Ton
récolte, àmoins de n'en tirer qu'un prix dé-
risoire, on peut se demander s'il y a réelle-
ment avantagea employer la litière de tour-
be sur une grande échelle.
On reconnaîtra dans bien des cas que le
coUivateur doit songer d'abord à utiliser
sa provision de paille. Mais, même dans ces
cas-là, on ne devrait pas renoncer à un
emploi au moins partiel do la litière de
tourbe. On peut le faire utilement etdune
manière pratique au moyen de rigoles tra-
cées derrière l'emplacement oii se tiennent
let animaux, avec couvercle percé, ou cons-
tmites en platelage de bois de façon à em-
pêcher les animaux d'y entrer. Ces rigoles
&ont remplies de litière de tourbe dans la-
AGRI€0LTURB« 390
quelle s'écoule l'urine et ou elle est aussitôt
absorbée. Seulement il faut avoir soin d'en-
lever la tourbe aussitôt qu'elle est complè-
tement imprégnée. Pour nettoyer l'écurie,
il convient de sortir la première, la tourbe
imbibée de purin, de la conduire et de
l'étendre sur le las de fumier et de la recou*
vrir immédiatement avec le fumier produit
par la paille. De cette façon on évite que
lalitièrede tourbe se dessèche, ce qui est ab-
solument nécessaire, parce que sans cela il
se perdrait facilement de l'ammoniaque en-
traîné avec l'eau qui s'évapore.
En publiant l'article ci-dessus, leL^n^fro-
tCy de Winterthur, l'a fait suivre des indi-
cations suivantes :
tt La Rédaction a appris avec plaisir qu'en
a Suisse aussi, dans le voisinage immédiat
« du canton de Zurich, l'on peut se procu-
« rer en abondance une excellente litière
« de tourbe, la maison Bachmann, Réel
tt et Cie, à Wœdensweil,ayant installé une
tt fabrique dans le but d'exploiter dans cette
« région lesvastestourbièresdeRotenthurm.
tt Cette entreprise a trouvé un si bon ac*
tt cueil qu'elle peut à peioe sufQre aux
tt commandes avec ses installations actuel-
tt les. Les tourbières situées sur une ligne
<r de partage d'eaux fournissent une tourbe
tt bien meilleure pour la fabrication de la
« litière que les tourbières situées dans les
tt bas-fonds, de sorte que l'on peut bien
« augurer de l'avenir de cette nouvelle en-
9 treprise, et espérer que notre agriculture
tt dont la position est si difficile tirera un
« avantage de la nouvelle ressource natu*
« relie qui vient de s'ouvrir. »
Nous croyons devoir ajouter, pour com*
pléter ces renseignements, que les machinée
spéciales employées pour la préparation de
la tourbe en vue du service de litière ont
été fournies à la fabrique de Rothenthurm
par notre Sociétaire M. Fritz Marti, de
Winterthur, qui a ainsi contribué à mettre
en train une exploitation des plus utiles à
l'agriculture.
391 JOURNAL MENSUKL DR
LES FOURMIS ET LEUffM RAVAGES
MoyeiM de t'en préserver.
Communication de M. Paul Noël,
Directeur du Laboratoire régional
d'entomologie agricole,
à Rouen (Seine-Inférieure).
Parmi les différentes variétés de fourmis
existantes, on doit citer en premier lieu la
fourmi jaune, que Ton rencontre le plus
souvent dans les jardins. Elle fréquente les
pots à fleurs et s'établit entre les racines des
plantes, où elle forme de petites taupiniè-
res. Cette fourmi monte sur les arbres frui-
tiers pour ronger au printemps les bour-
geons gonflés de sève. La fourmi brune
recherche de préférence les jardins maraî-
chers, on la trouve dans les couches où elle
nuit au semis. î-a fourmi mineuse se trouve
en abondancedans les jardins. Elle s'établit
sous les pierres, au pied des espaliers, des
murs et des serres, où elle creuse de pro-
fondes galeries. On rencontre souvent cette
espèce dans les appartements, dans les buf-
fets, à la recherche de matières sucrées. La
fourmi rouge, assez rare dans les jardins, se
trouve plus communément dans les parcs,
où elle forme des fourmilières au milieu des
gazons ; la piqûre qu'elle fait est cuisante et
assez douloureuse.
Les fourmis vivent en sociétés nombreuses
dans des habitations qu'elles construisentét
que Ton nomme fourmilières. Ces habita-
tions présentent des formes différentes,
selon les espèces ; quelques-uns, comme la
Formica rw/a, ramassent une grande quan-
tité de matériaux, tels que des morceaux de
paille, des aiguilles de pin, etc., qu'elles
entassent en masses coniques ; d'autres l'é-
tablissent en creusant assez profondément
dans la terre ;ou en trouve sous les pierres,
dans les vieux troncs d'arbres, dans les feu-
les des vieux murs, etc. Ces habitations sont
sillonnées de galeries, et renferment deâ
cellules distinctes pour les mâles, les femel-
les, les ouvrières, les larves, les chrysalides
et les œuls.
Les métamorphoses des fourmis s'opèrent
de la même façon que celles d'un grand
l'académie NATIONâLB.
392
nombre d'insectes. Leur vie se partage en
quatre périodes bien distinctes : celle d'oeuf,
celle de larve, celle de chrysalide et celle
d'insecte parfait. Les œuls sont blancs ou
jaunâtres, quelque peu allongés, et donnent
naissance à des sortes de petits vers sans
pattes, de couleur blanche, légèrement co-
niques, lesquels sont l'objet des soins les plus
assidus de la part des ouvrières,qui les trans-
portent de chambre en chambre, bien pro-
bablement dans le but de les placer dans
les meilleures conditions d'humidité et de
chaleur. Quand ces vers ou larves ont ter-
miné leur croissance, ils se changent en
chysalides, tantôt nues, le plus souvent en-
veloppées dans un cocon de soie de forme
ovalaire et que Ton nomme vulgairement
œufs de fourmis, lesquels sont rechercha
des aviculteurspour la nourriture des jeunes
faisans. Au moment de leur éclosion en in-
sectes parfaits, les jeunes fourmisse trouvent
trop faibles pour déchirer le tissu soyeux de
leur coque, et périraient dans leur berceau
si les ouvrières, dont la surveillance est très
active, Yie s'empressaient de les délivrer eu
ouvrant la coque avec leurs mandibules.
Les mœurs curieuses des fourmis ont été
étudiées avec attention par des naturalistes
qui en ont fait Tobjet de publications inté-
ressantes. Chacun connaît la soHicitudedes
ouvrières pour les larves, la façon dont elles
les nettoient et les nourrissent et le soinavec
lequel elles les transportent, ainsi que les
nymphes, pour les mettre en sûreté quand
un danger les menace, ou que la fourmilière
est attaquée ou détruite. Qui n'a suivi avec
intérêt les combats que se Hvrent certaines
espèces ? Combats dans lesquels sont dé-
ployées une bravoure et une stratégie qui
étonnentchez de si petits insectes ; de même
que chez les peuples des temps anciens, les
prisonniers sont amenés dans la demeure
des vainqueurs et réduits en esclavage, et là
sont employés aux travaux les plus dui's ;
d'autres variétés font Télevagodes pucerons,
dont elles recueillent la matière sucrée qu'ils
sécrètent ; ellesactivent même, en caressant
les pucerons avec leurs antennes, la sécré-
tion du liquide sucré qu'elles avalent dès
.^ju'il paraît.
m
EXPOSITIONS ET CONCOURS.
a94
Engéoéral, sauf quelques exceptioDS, les
foonoissoDt nuisibles, la plupart vivent de
rapines et presque toujours à nos dépens ;
elles s'introduisent dans nos maisons, dans
les buffets, pour s'emparer du sucre, du
fciel, des confitures, etc., elles s*attaqucnt
aux fruits mûrs concurremment avec les
guêpes. Dans les jardins, elles causent la
mort des plantes et des fleurs en s'élablis-
saot au pied ; elles montent sur les arbres
fraitiers, coupent les étamines et les pistils
des fleurs pour se procurer le sucde la sève,
etc. ; de plus, en allant à la recherche des
pucerons sur les feuilles des arbres, elles
bisseot échapper sur celles-ci un certain
acide, acide formique, qui brûle ces feuilles,
les recroqueville et fuit naître la maladie
appelée la cloque.
Il y a donc utilité à détruire les fourmis
dtns les maisons ; on s'-en débarrasse assez
Ucilement, en plaçant dans les endroits
quelles fréquentent des tampons de ouate
imbibés d'acide phénique, ou mieux encore
(ie la naphtaline, dont l'odeur forte les éloi-
;;ne. Dans les jardins, quand on connaltTem-
piacement de la fourmilière, oc fait péné-
irer dans son intérieur de Teau bouillante
cKi une solution de p(Hrole, de bpnzine, ou
une émulsion de savon noir à forte dose .
Uuand, au contraire, on ne connaît pas cet
emplacement, il faut attirer les fourmis en
HD endroit déterminé afin de les détruire en
Qttsse ; à cet effet, on place sous une tuile,
pareiemple^un mélange de cassonade et de
nùel, très recherché de ces insectes ; cet ap-
pât, auquel elles ne résisteront pas, ne tar-
<to pasà être couvert de fourmis, qu'il sera
alors facile de détruire.
Le goudron, à cause de Todeur qu'il dégage
^ probablement aussi de ses propriétés ag-
glutinantes, éloigne les fourmis ; on se ser
de ce produit pour garantir les arbres de ces
insectes. En plaçant un anneau de goudron
autour du pied de chaque arbre, ou une
corde goudronnéeenrouléeà 10 centimètres
de distance du sol, on peut être certain
qu'aucune fourmi n'envahira Tarbre ainsi
préparé.
LA RÉCOUTE D'ORQE ET D*AVOINE
EN 1897.
Le ministère de l'agriculture publie les
résultats de la récolte d'orge et d'avoine
d'après les relevés des rapports transmis
parles préfets dans les six semaines qui ont
suivi la moisson.
La récolte en orge s'est élevée à 15,542,210
hectolitres correspondant à 9,699,890 quin-
taux et à une surface en semence de 883,993
hectares.
La récolte des six années précédentes
avait été :
16.241.431
17.014.736
17.074.408
12.240.999
12.248.516
25.420.447
hectolitres en 1806
— en 1895
— en 1894
— en 1893
— en 1892
— en 1891
La récolte en avoine s'est élevée à 87 mil-
lions 016,990 hectolitres correspondant à
40,636,816 quintaux et à une surface ense-
mencée de 4,043,260 hectares.
La récolte des six années antérieures avait
été :
92.003.398 hectolitres en 1896
94.877.753 — en 1895
91.878.734
02.561.524
83.991.354
106.145.172
en 1894
en 1893
en 1892
en 1891
EXPOSITIONS ET CONCOURS
EXPOSITION DE BRUXELLES
(Suite.)
[Voir les numéros du Journal de Juin et
d'Août]
U succès incontestable de l'exposition de
Bruxelles s'est vigoureusement dessiné et
affirmé durant les mois d'août et de septem*
bre. L'affluencedesvisiteursa pris des déve-
loppements considérables au cours de ces
deux mois et a pleinement assuré l'équilibre
18
305 JOURNAL lUWftWi |«
ii saucier <ie Vi-nlrepriae. CeM \kun réaullat
d'aulaBt plu9 6atisfaisa<)t qu'il n*a élé atteint
par aucune dea expositions tenues depuis
oelte de Paris en 1889. En outre, un grand
nombre d'exposants paraissent avoir retiré
de leur participation des bénéfices fort ap-
préciables, tant sous le rapport des ventes
réalisées ou des commandes reçues, que
sous celui de l'extension de leur notoriété
couimçrciale au industrielle.
Il y a eu, certes^ quetqMCs déceptions et
quelques déboires. Mais il semble bien que,
dans son ensemble, l'exposition de Bruxel-
les aura été aussi féconde en résultats moraux
et matériels que véritablement splendide et
réellement intéressante.Le brillant succès de
la grande manifestation belge est d'un l>on
augure pour Texposition de Paris en 1900,
car il est peu des visiteurs des magnifiques
galeries de l'exposition de Bruxelles qui ne
se promettent de se rendre aux Palais pari-
siens de 1900, espérant y trouver encore
davantage de merveilles artistiques et in -
dustrielles.
Une quantité assez importante de nos
Sociétaires participant à l'exposition bruxel-
loise n'avaient pas été mentionnés dans nos
précédents comptes-rendus. Nous allons
réparer aussi complètement que possible
les omissions commises à leur égard, ayant
pu, au cours du mois de septembre, nous
livrer à des investigations méthodiques qui*
n'avaient pas pu être entreprises plus tôt, par
suite de la publication tardive des catalogues.
Suivant l'habitude adoptée, nos nouveaux
comptes-rendus seront classés dans l'ordre
alphabétique des noms.
M. Bah (Ferdinand), àCharleroi (Belgique],
fabricant de poudre insecticide, expose son
produit dans des bocaux de verre et dans'
des bottes de carton, ainsi que les soufflets'
en carton ou en étain propres à. projeter ta
poudre dansles endroits infectés par la ver- "
mine. Ayant acquis une expérience spéciale
dans la lutte contre les insecte-^ gênants ou
nuisibles, M. Bar se met à la disposition
du public, soii pour fournir toud produits
destructeurs, soit pour opérer lui-même sur
ptace rexterninalioa ds Wutes le& bestioles
l*A04iitell fUTIONALB.
a96
désagréables qui peuvent envahir les lieux
ek>s, et s'attaquer à noire épiderme, à nos
vêtements, aux objets mobiliers, aux fleurs,
aux plantes ornementâtes, etc. M. Bar g«r»n -
tit toujours la pleine efficacité de son iater-
ventioB.
M. Bastos, d'Oran, a tkit figurer dans le
pavillon de l'Algérie une petite vitrine déco-
rée d*aral)esques peintes et renfermant I es
types divers des paquets de cigarettes con-
fectionnées et mises en vente par sa maison.
On sait que les cigarettes Bastos jouissent
d'une grande vogue auprès des consomma-
leurs et qu'elles sont très demandées, non
seulement en Algérie, mats même dans toute
VEhirope.
M. le D' Edward Berchten, à Londres, est
l'organisateur de l'une des exposition d'en-
semble tes plus attrayantes et les phjs ins-
tr u cl i ves : celle de The European Petro*
leum Company, Celte exposition comprend
un étalage étendu de plans en relief, de vues
photographiques, de dessins, de modèles,
de maquettes, d'échantillons, de prodtiits,
d'instruments, d'outils, etc.. se rëASrant d
l'industrie «si importante de I^dxtraction du
pétrole ou naphte, de son transport et de
sa transformation en produits multiples qui
jouent maintenant un si grand rôle dans
l'économie de ta vie civilisée.
Dans cette exposition, on voit une collec-
tion complète de produits solides et liquides
— et parmi ces derniers depuis tes plus hui-
leux ou visqueux jusqu'aux plus volatils —
qui sont obtenus parle traitement de Fliuile
minérale naturelle.
Ce traitement de t'huile minérale aatu-
relle, pour en obtenir, en outre du simple
pétrole d'éclairage, une infinité de matiè-
res ayant chacune une utilité propre, consti-
tue une scieBce complexe, difficile et
délicate, dans laquelle notre Sociétaire
M. Edward Berchten, docteur de l'Univer-
sité de Philadelphie, est passé maître.
Aussi est-ce lui qui dirige le labora-
toire d'essais d'analyses de th€ European
Petroleum Company^ et qui préside à l'or-
ganisatioa des traitements chimiqjUQs etdes
dislillalion?) diverses au moyen desquels le
Diphie brut provenant du Cancan, de la
RoumaDje ou de la Galicie» donne une si
gMgnifique collection de produits variés,
parmi lesquels nous citerons : le goudron
de pétrole, le coke de pétrole^ les vaselines
bnineâ, jaones et blanches^ les onguents
géhtîoeas, les graisses et huiles minérales
pour Isbrificaiion, la cire minéraleou/'ara/-
fin max^ les pétroles lampants^ les gazolines
oe esMiiees minérales à différenis degrés de
(knsitë el de volatilité^ etc.
Par suite de sa profonde connaissance de
la cbtiaie spéciale des pétroles^ M. Bereh-
tn a été l'innovateur d'un certain nombre
de produits spéciaux «foi ont trouvé des
enplois particuliers dans on grand nombre
d iodostries^ Des échantillons de ces divers
prodoits sont présentés avec ordre et mé-
thoie àaam Vdipoaitton de ihe Europgan
Petr&imêm Cofnpany. Ajoutofls que l'orne*
ment principal de cette exposition est cons*
tiliié par wn bosie en cire minérale (para/'
fim wax) do la reine Victoria, buste qoi est
ffona néctttkm artistique merveilleiwe, et
4|«i, d'après les indications d une étiquette^
aarait îié eiéc»té par if. fierchten lui^-mé-
■e. Noire Sociétaire joindrait ainsi le
talettt d*iin senlpieur-^Kiodeleur de premier
ordre à la science d'un ingénieur-chimiste
hors de pair.
Dans la seule expositionde the European
Petroleum Company^ si bien agencée et
préparée par M. Edward fierchten, il y au-
féi matàèm à une élade si coiûplète et si
éieMhie i|w noue ne potfrvofie songera Fen-
trapreodre, et que nous devons^ noue bor-
ner àreadre u» homnage profond et sincè-
re el rhabflleté et à la seieaee d« Témineni
orgaaieateiM de eette exposition.
M. BcRTRANDy distiliaieur-liquoriste, à
CoQStaaiine^exposecdaas le pavillon algérien
les spécialités de vermouth-quinquina et
d'amer-quinquina^quisont si favorablement
appréciés par les consommateurs dans tout
ie midi de Ik France et dans nos colonies.
MtBioNOBti (Alphonse) y à Paris, s'est asso-
cié i la colleetivité des facteurs dinstru-
BXH)smor«s er coNCOuas.
ments de musique de Paris pour participer
à Texposition d'ensemble de cette i^llecti'
vite. Mais il ne s'y est fait représenter que
par un seul piano à caisse d'acajou ornée
de baguettes de cuivre. Ce piano n'était pas
muni du systômede pupitre ouvrant dont
M. Bloodelestle créateur et qui offre un
avantage marqué dans certaines conditions
d'asage. Il est certain que, pour une cause
ou pour une auti-e, M. Blondel n'a pas tenu
à figurer k l'exposition de Bruxelles avec
BB éclat digne de l'importance de sa maison.
M. r.AUviN-YvosK, à Paris, n'a envoyé à
l'expoflfition qu'une tente militaire d'an type
spécial, dresaée sur une carcasse en bois
d'un système aisément démontable, et abri-
tant un bâti en fer, ponvant servir de sttp^
port à des lits superposés. Placée dans un
eodroit écarté des jardins de l'exposition)
et n'étant revètoe d'aucune étiquette pou'^
vawt renseigner lepnblie sur sa destination,
sescommodités et ses avantages^ cette tente
*n a pt» e^tcitei' bien vivement la curiosité
des visitetir», ni donner une idée juste de
l'importance iiydcfstrielle de la rmison Cau*'
vin-Yvose,qui est cependant une entreprise
de premier ordre.
M. Samiïel CffATKNAY, propriétaire viti-»
cu4teur i Neufchâtel (Suisse), a envoyé à
Bruxelles des vins blanc» et roug^ de sa
production, tirés des vignoMes qn'rl possè-*
deàNetifehâftelmémeet àJ^uvernier, et don't
q«elques-^ns étaieM d'une an«Mnno ori-
gine remontant jiMqftf'à 1864.
M. Ghatenay est un viticulteur animé
dan tetwble esprit de progrès, qui joint à
des connfHssaneespi^ofondes ett matière de
ctillure de laf tig'ne, une science parfaite de
te pratique de het vinification et des vues
très nettes enc« qui concerne les traitements
à donmr %m pfbd^t de la vigne, depuis la
ntîs9 en C9ve d^ raisins josqu^à la mise en
en bouteille des vins faits.
C'est ainsi que notre Soeiétaire proscrit
absolument la présence des rafles dans l'o-
pération de la fermentation, et qu'il a créé
un système spécial de cuves à cloisons, dans
lesquelles ne sont introduitaque des grains
390 JOUBNAL MRNSURL DB
de raisins égrnppés, dont le marc ne peut
remonter à la surface du liquide. Ces cuves
Hont recouvertes de façon à préserver le con-
tenu du contact avec Tair extérieur, tout en
laissant libre dégagement à l'acide carboni-
que engendré parla fermentation tumul-
iueuse.
M. Cbatenay se tient au courant de tous
les progrès et de tous les perfectionnements
introduits, soit dans la pratique des opéra-
tions vilicoles, soit dans le matériel viuaire,
et s'attache à appliquer les meilleurs
systèmes, en faisant usage des meilleurs
instruments.
Ainsi sorgnés dans leur préparation et
dans leur traitement, les vins de Neucbâtel
de M. Samuel Cbatenay acquièrent une va-
leur intrinsèque de premier ordre. Aussi la
réputation des caves de M. Cbatenay, caVes
dont l'exploitation remonte à Tannée 1796,
va-t- elle en s'augmentant sans cesse dans
toute la Suisse, dans TAIIemagne du Sud et
même en France. Au reste, M. Cbatenay
ne cacbe pas qu'il s'inspire beaucoup dé
l'exemple des viticulteurs de Bourgogne, et
que, en adoptant leur principal cépage, le
fameux pinot on pineau^ en imitant leurs
façons do culture et en suivant leurs meil-
leures pratiques de vinification, il s'efforce
de produire des vins capables do rivaliser
avec ceux des meilleurs crus bourguignons.
Le terroir de Neucbâtel, léger et calcaire,
étaotéminemment fuvorableà la culture delà
vigne, Texcellence des résultats obtenus ne
dépend plus que d'un seul facteur : le ca-
ractère favorable ou non des phases clima-
tériques.
Le voisinage du lac tend malheureuse-
ment à produire un excès d'humidité sou-
vent peu favorable à la maturation des rai-
sins sur les coteaux neuchàtelois ; mais
quand le mois de septembre est sec et
chaud, la production decescoteauxestd'uhe
qualité excellente, et les vins qu'en retire
M. Cbatenay, par la pratique d'une viniBcà-
lion perfectionnée, sont d'un mérite réelle-
ment remarquable.
M. Chauvin, à Paris, exerce une indus-
trie compliquée qui a pour but de satisfaire
l'acadùiib nationale.
400
aux goûts et aux fantaisies du petit monde
où l'on s'amuse tantôt à jouer au cheval,
tantôt à jouer au soldai, au musicien, au
jardinier, au pâtissier, au postillon, etc.
Aussi la vitrine de H. Chauvin est-elle am-
plement garnie de fusils, de canons, de pis-
tolets, de sabres, de casques, d'uniformes,
de képis, d'épaulettes, de gibernes, de clai-
rons, de trompettes, de cornets à piston, de
cymbales, de toupies ronflantes, de guides
avec brassards pour attelages simulés, de
grelottières, de pelles, de seaux, de râ-
teaux, etc. , le tout pour bambins de 3 à 10
ans. Si tout cela n'assure pas toujours la
tranquillité des parents, cela fait certaine-
ment la joie des enfants, et rien n'est amu-
sant comme d'entendre les exclamations de
plaisir des gamins qui se trouvent tout à
coup en présence de la vitrine de M. Chau-
vin. Pour eux, c'est là certainement la plus
belle et la plus intéressante vitrine de toute
l'exposition, et ce n'est pas sans lutte que les
parents parviennent à les arracher à la con-
templation de toutes ces merveilles pour
les emmener voir de superbes étoffes, de
magnifiques meubles ou d'ingénieuses naa-
chines, dont tout l'ensemble ne vaut pas
à leurs yeux la panoplie composée d'un
casque, d'une cuirasse etd'un sabre, le tout
en fer-blanc, qui impressionne leur esprit
comme étant Tobjet le plus mémorable de
toute l'exposition !
M. FoNTANA, imprimour-éditeur, à Alger,
expose dan'$ le pavillon de l'Algérie des
ouvrages concernant notre colonie africai-
ne, composés, imprimés et reliés avec le soin
et la compétence qui mettent les travaux de
notre Sociétaire à la hauteur des plus parfai-
tes éditions établies dans la mère-patrie.
M. Geisler, aux Cbatelles, par Raon-l'Ë-
tape (Vosges), présente des types différents
des papiers fabriqués dans ses usines, à
base de pâte de bois, et une collection nom-
breuse et variée de gravures imprimées en
noir et en couleur, dites photocollogravu^
res. La désignation spéciale donnée par
M. Geisler à ces impressions indique assez
qu'il s'agit de reproductions de dessins obte-
401
EXPOSITIONS ET CONCOURS.
403
nues par des procédés particuliers, dans
lesquels I*emploi de la photographie et de
la gélaUne insolubilisée joue un grand rôle.
La maison Geislera édité des albums
pittoresques et des séries de cahiers d*éco-
liers ayec couvertures illustrées de scènes
historiques Instructives. Ces cahiers se ré-
pandent déplus en plus dans les écoles pri-
maires, où les élèves les apprécient autant
par les attraits de leurs couvertures, que par
la qualité du papier dont ils sont formés.
Les papiers ù lettres et enveloppes de la
labrication Geisler, en blanc et en cou-
leurs, sont aussi bien préparés que bien pré-
sentés, et se recommandent au choix du
public. L*ensemble des objets présentés est
complété par des vues photographiques de
Tosinedes Chatelles et de l'usine delà Cha-
pelle, qui constituent deux établissements
modèles.
M. Gross, àGouhenans (Haute-Saône), a
envoyé des vins et liqueurs, qui lui vaudront
sans nul doute une nouvelle récompense.
M. Heinrichs, constructeur-mécanicien,
à Hodimont-Verviers, en outre de la ma-
chine à vapeur à valves, du système Hertay,
qae nous avons mentionnée dans notre pre-
mier compte rendu deVexposition de Bruxel-
les, a aussi exposé une puissante pompe
centriruge pour travaux d'assèchement, qui
se trouvait d'ailleurs placée fort loin du mo-
teur présenté par le même constructeur.
M. SegundoiMBERT, de Puerto-Plata (Ré-
publique Dominicaine), a fait figurer dans
le pavillon spécial installé par le gouverne-
ment de son pays, des échantillons du Rhum
produit dans ses plantations de Las Flores,
Ce rhum est l'un des meilleurs que nous
connaissions.
M.leD' Krûsi, do Gais, prèi Saint-Gall
Suisse), présente, dans une modeste vitrine
delà section suisse des bandages herniaires,
des ceintures hypogastriques et quelques
médicaments spécifiques de sa création.
Dans le traitement des hernies et des
complications qui en découlent, U. Krûsi
a obtenu de nombreux succès, qui lui ont
fait une gi*ande réputation dans les cantons
de Saint-Gall et d'Appenzell et dans les
pays voisins,
M. Mélia, d'Alger, expose, dans le paviK
Ion de l'Algérie, une collection complète
des paquets de tabacs, de cigares et de ci^
garetlesqui sont mis en vente avec sa mar-
que de fabrique, laquelle est des plus esti^
mées dans tout le nord de T Afrique.
M. Navarro, de Sidi-bel-Abbès, est un
fidèle participant des sections algériennes
dans toutes les expositions et n'a pas maur
que d'envoyer a Bruxelles des échantillons
de vins rouges, de vins blancs, de vins de
liqueur, et de céréales de ses récoltes.
MM. Georges Iv. Popofp et Cie, de Sofia
(Bulgarie), ont, dans la section internationa-
le, une exposition qui est bien modeste* mais
qui nen est pas moins aussi intérressante
que fort importante par ses conséquences.
L'exposition ne consiste qu'en quelques
spécimens de pierres lithographiques, dont
deux sont revêtues de dessins représentant,
l'un, une villageoise bulgare, et Tautre, une
laveuse. Des épreuves tirées sur ces pierres,
•accusent une finesse d'impression égale à
celle qui s'obtient par l'emploi des meil-
leures pierres de Bavière.
, Jusqu'à ce jour, les quelques carrières de
pierres propresà Timpression lithographique
qui ont été trouvées en diflérents points du
monde en dehors de la Bavière, n'avaient
pu fournir que des pierres d'une qualité
bien inférieure à celle des pierres tirées
des fameuses carrières de Solenhofen, et il
y avait presque lieu de douter de l'avenir de
Ja lithographie par le fait que le gisement
;bavarois de pierres fines était menacé d'un
épuisement prochain. En effet, les pierres
d'autres provenances ne permettant que des
impressions grossières et imparfaites, on
pouvait croire que, faute de pouvoir désor-
mais disposer de pierres convenables, l'ar'
^e la lithographie devrait s'effacer et dispa-
raître, l'imperfection de ses résultats ne lui
permettant plus de lutter efficacement con-
tre les autres procédés de reproduction des
dessins.
L
403
lOORNAL USHBVÉL DB L*AGADElfIl NATIONALE.
404
Or, il y a environ deui ans, on découvrit
à 32 kilomètres dans l'est de Sofia, aux
pieds des monts Balkans, près du village de
Negouschevo, d'importants gisements, d'ex-
cellentes pierres lithographiques s'étendam
sur une superficie de 20 kilomètres carrés.
Pour l'exploitation de ces carrières, il se for-
ma une société en nom collectif sous la
raison sociale Georges Iv. Popoff et Cie,
qui appliqua immédiatement les procédés
les plus perfectionnés d'extraction et de
préparation des pierres.
Dans les deux couleurs: jaunes et grise-
bleue, les pierres de Negouschevo sont au
moins égales en finesse de grain et en qua-
lité générale aux pierres de Solenhofen.
Les carrières bulgares fournissent même des
pierres bleues d'une qualité fx/ra, qui sont
nettement supérieures aux plus betax pro«
duits des carrières de Solenhofen par Tho-
mogénéité parfaite de leurcontexture. Tou-
tes les pierres de Negouschevo peuvent être
fournies en de fortes épaisseurs, sans qu'il
y ait lieu de recourir à Tarlifioe du collage
qui semblait devoir devenir d'emploi cou-
rant dans la préparation des pierres de
Solenhofen, et sont susceptibles, pour la
plupart, de recevoir le même poli des deux
côtés. Ajoutons qu'on a réussi cette année
à retirer des carrières, des dalles parfaites
ne mesurant pas moins de quatre mètres
carrés de surface, résultat qui n'avait
jamais été atteint nulle part jusqu'à présent.
Comme on le voit, la découverte et l'ex-
ploitation des carrières de Negouschevo, qui
peuvent éti*e considérées pratiquement
comme inépuisables, sont des faits d'une
grande importance, qui intéressent tous les
imprimeurs lithographes du monde entier*.
Nous avons reçu de iMM. G. I. Popoff é^
C'^ des échantillons de leurs pierres litho**
graphiques, dont l'examen n'a pu que con*
iînner la bonne impression que nous avaient
causée les pierres présentées à l'expositiort
de Bruxelles.
M . PoppE Beutels, fabricant de chicorée,
à Lokeren (Belgique), a adopté comme mar-
que distinctive la désignation de La Ména-
gère économe. Dans une vitrine quadran-
gulaire en pitch-pif), placée dans la grande
nef de la section belge, M. Poppe-Beatels
expose des flacons de cossettes et de poudre
de racines de chicorée à différents degrés
de préparation, et des paquets de la chico-
rée-tapioca qu'il livre à la consommation.
De Texaroen de la vitrine de Poppe-Beu-
tels, il ressort la meilleure impression con-
cernant les soins donnés ù sa fabrication,
dont les produits ne peuvent être que de la
plus excellente qualité.
MM. Manuel Porc4r y Tio, à Barcelone
(Fispagne), ont Tait figurer dans la section
espagnole des échantillons d'huiles d'olive,
de vins rouges et des eaux minérales médi-
cinales de Notre-Dame de l'Espérance de
Tortosa. Ce sont là des produits dont le
mérite a été reconnu dans nombre d*expo-
sitions précédentes.
M. RocHAT, au Pont, vallée de Joux
(Suisse), expose des pierres pour pivots de
montres et de mouvements d'horlogerie;
des contrepivots en tous genres, sertis et
non sertis; des éouelles polies ; des ellipses
et des rondelles. Toutes ces menues fourni-
tures d'horlogerie sont exécutées avec une
grande précision et un fini parfait, qui font
apprécier très favorablement les travaux
de M. Rochat par tous les fabricants de
montresde la Suis^eetdelaFrancbe^Comté.
MM. Trespalacios et Aldabo, distilla -
teurs-liquoristes,à La Havane (Ile de Cuba),
ont envoyé à l'exposition de Bruxelles des
échantillons de leur^ produits spiritueux :
rhums, cognacs et liqueurs divei*ses, telles
que : vermouth, punch, crème de cacao,
aniselte et crème havanaise. Cgis produits
ont remporté, entre autres récompenses,
un diplôme de premier prix à l'exposition
de Chicago, oii leur examen consciencieux,
fait par un jury compétent, a abouti à leur
faire attribuer un ensemble de points va-
riant de 85 à 90 sur la quantité de 100
points considérée comme Texpression de la
plus haute perfection possible. I^e jury de
l*exposition de Bruxelles ne pourra que
sanctionner les appréciations flâvorables du
jury de Chicago.
4»
WïPWffïWrtS
M. Vaissier, le grand parfumeur-savou-
oier de Roubaix, si conuu par sa ^néHion
do fameax Savon des Princes du Congo ,
qui a fait tant de bruit dans le monde de
la réclame, a cru ne devoir participer à
l'upottiion de firiixelles i(^'^n mstallant
dans le ptvilkm officiel do l'Algérie «ne
origiBale vkrîDe de style mauresque^ qui
renferme les échantillons des savons, par-
fums, eaux de toilette et cosmétiques divers
préparés (lar la iQaaufacture de Roubaix.
L*éloge de tous ces produits n'est plus à
&ire, et ils sont maintenant appréciés par
le monde élégant à Tégal des produits des
meilleures marques parisiennes. En Belgi-
que, notamment, ils jonissetit d*une vogue
si complètement acquise que c*esl peut-être
là l'explication du fait que M . Vaissior n'a
pas jagé utile d'exposer autre part que dans
U section algérienne.
Hli. Yan Duyse frères, fabricants de bon-
chonS| à Lokeren, ont édifié, sur un em-
placement voisin du centre même de Tex-
position, un kiosque octogonal fort élégant,
dont les oolonnes revêtues d'écorces de
chéoe-liège eneadraient de belles tentures
en velours bleu. A Tintérieur du kiosque,
dei ouvriers et ouvrières taillaient des bou-
cikOQi, k Taide des machines à main bien
cooDoes. Autour du kiosque, des vitrines
vraugées méthodiquement avec beaucoup
dordre renfermaient les spécimens des dif-
férents types de bouchons préparés par
UM. Yan Duyse frères, et des vues photo-
^phiqoes des différents ateliers montraient
ttveequel esprit supérieur d'organisation, le
tnuil est r^arti et administré dans la ma-
Dubeture de ces messieurs.
Cest avec le souci constant de Timpor-
iasot réelle de Varticle qu*ils vendent, que
MM. Van Duyse frères conduisent leur in-
AiaCrie, ne se procurant que des matières
premières de la meilleure qualité, en assu-
rant la manipulation avec les soins les plus
niétieuleui, et contrôlant rigoureusement la
ternie nature et le calibrage régulier de
ler 'ceNC*»!^. 406
tous les bouchons livrés au commerce.
G^i*ttirtnsi que MM. Van Duyse s'assurent la
fidélité d'une clientèle qui devient de plus
en plus nombreuse, et qui se félicite de ce
que rexcellente qualité des bouchons four-
nis par la fabrique de Lokeren évite toutes
les pertes de liquides occasionnées par rem-
ploi de bouchons défectueux d*autres pro-
venances.
Mlld. Francisque Voland et C'% à Lyon,
exercent une très curieuse, très importante
et très délicate industrie ayant pour objet
la transformation de tous tissus de sole, dé
laine, de coton ou de Rbres mélangées',
transformalioù s'obtenant pàtr les moyens
mécaniques du gaufrage, dû trappage et de
VirUpressiori. Pour faire con'àailre la va-
riété des résultats qu'ils obtiennent, gricè
à un outillage considérable et à une ingé-
nieuse ot*gahisation du travail dans leurs
ateliers, MM. Francisque Voland etC" ont
garni une vaste vitrine d'un ensemble de
tissus en couleurs et nuances diverses d'un
etfet charmant, tissus qui, absolument unis
en entrant dans leur manufacture, en sont
sortis moirés^ crêpés, gaufrés ou revêtus de
couleurs variées, en un mot complètement
modifiés ou transformés.
MM. Francisque Voland et G* traitent tous
les tissus, depuis les plus vaporeux jus-
qu'aux plus compacts, depuis les gazes et les
mousselines jusqu'aux velours et étoffes
d'ameublement. En particulier, ils étublis-
senl les rubans de Lyon^ ou rubans qui,
formés primitivement d'une seule bande
unie d'une couleur uniforme, présentent,
après frappage et impression, sans addition
de fils ou de tissus^ des ornements en relief
de différentes couleurs, imitant les rubans
(fe Saint-Etienne recouverts de broderies
brochées. Il y a évidemment là une indus-
trie de tout premier ordre, tant par les diffi-
cultés de son exécution que par les mérites
de ses résultats.
(A suivre,)
407
JOUllUL nNSUIL M L'ACAIMtMn NATIONALI.
408
INDUSTRIE
LA PRODUCTION INDUSTRIELLE
DES PRINOIPALES NATIONS
Le Département du travail des Etats-Unis
a publié dernièrement des données statisti-
ques sur la valeur de la production indus-
trielle dans les principaux pays du monde
et sur diverses questions se rapportant à
rindustrie en général.
D*après la statistique eu question, la va-
leur totale annuelle de la production indus-
trielle des principaux pays serait à peu près
comme suit :
Voleur de la production
industrielle.
PAYS DOLLARS
Etats-Unis 7.000.000.000
Grande-Bretagne. . . 4 . 100 . 000 . 000
Allemagne 2.915.000.000
France 2.245.000.000
Russie 1.815.000.000 '
Autriche-Hongrie. . 1.625.000.000
Italie 605.000.000 '
Belgique 510.000.000 ^
. Espagne 425.000.000
Suisse 160.000.000
Le rapport cherche à expliquer le cbiffce
élevé indiqué pour les Etats-Unis, parle ren-
dement considérable des ouvriers améri-
cains, qu'il attribue à la supériorité de la
méthode de travail américaine et à remploi
de machines perfectionnées. Une autne
cause de cette énorme production serait te
prix peu élevé des matières premières et
l'impulsion qui en résulte pour la fabrica-
tion. . '
La valeur moyenne de la production d'un
ouvrier américain est donnée comme étant
de 1.888 dollars, contre 990 dollai-s seule-
ment pour l'Angleterre, 590 dollars poAr
r Allemagne, la France et la Belgique, 433
dollars pour la Suisse, 381 dollars pour la
Russie et 265 dollars pour Tltalie.
Il se comprend, dans ces conditions, que
le taux élevé des salaires payés au2 Etats-
Unis ne porte aucun préjudice à la pois-
sance compétitive de l'industrie améri-
caine.
Voici, au surplus, le salaire annuel moyen
que reçoivent les ouvriers industriels dans
les divers pays :
DOLLARS
Etats-Unis
Grande Bjrpfe^rt^i i£. W .Y.QR^
France. . IpG-BLlC . UBBARY^S
Belgique.! 165
Allemagne -xéfcW.CENox^Ho l^
Suisse . . . l . TH-Dtii .fDUWPèT "
Autriche-Hongrie 150
Espagne 120
Russie 120
La force de compétition del'industrie de»
Etats-Unis ne réside pas seulement dans la
capacité de production des ouvriers qu'elle
emploie, mais provient également de la
quantité de force motrice dont elle dispose
pour faire fonctionner ses machines. Le ta-
bleau suivant indique la situation respective
des divers pays sous ce rapport ^
Chevaux -vapear.
EtaU-Unis 18.000.00.1
Grande-Bretagne 12.000.003
Allemagne 9.000.000
France 5.000.000
Autriche-Hongrie 2.500.000
Russie 2. 500. 000
Belgique 1.000. 000
Bien que les chiffres ci-dessus soient né-
cessairement très approximatifs, ils aiéri-
tent néanmoins de iixer l'attention, car ils
caractérisent une situation dont pourrait
bien dépendre en partie la répartition future
de la puissance dans le monde.
4)9
LES HAUTES MAISONS ET LES ASCEN-
SEURS AUX ETATS-UNIS
(Extrait du Bulletin de la Société' des
Ingénieurs Civils)
Une des cbo<«es qui frappent le plus Té-
inoger auT Etats-Unis est i'éléyation con-
sidérable des constructions. Non seulement
on rencontre à New- York et à Chicago ces
bâtiments extraordinaires ayant 16 étages
et plus dont les journaux américains nous
doQoeotdes dessins, mais, encore, lescons-
tractions de 8, 10 et 12 étages sont très ré-
pandues dans les grandes villes de l'Union,
tellesque Philadelphie, Boston, Saint-Louis,
etc., et ont commencé à s'introduire dans
d'autres beaucoup moins importantes com-
me Pittsburg et Buflalo.
Nous croyons devoir résumer un article
très intéressant donné par V Engineering
Nem relativement à la raison d'être de
ces constructions et au moyen de les uti-
liser.
Lo journal américain constate que l'em-
ploi des bâtiments d'une grande élévation
amène des avantages très sérieux au point
de vue économique et social et qu'il répond
à ane véritable nécessité.
Il y a une utilité réelle pour la conduite
des affaires à ce que ceux qui s'en occupent
«trouvent concentrés sur une étendue rela-
tiTcment restreinte où ils trouvent de l'air,
de la lumière et de Tespace. Si on considère
par exemple, le quartier central des afTaires
à Chicago, pour réaliser le même résultat
avec des bâtiments ordinaires n'ayant pas
piosde cinq étages, il faudrait un emplace-
ment beaucoup plus considérable, ce qui
entraînerait des difticultés de diverses na-
tures et des dépenses importantes.
Pour prendre un exemple de Tautre côté
de l'Atlantique,on sait qu'à Londres, la Cité
est i peu près absolument consacrée aux
affaires. Or, l'immense quantité de transac-
tions qui s'opèrent dans cet espace limité
dan^ lequel les constructions ont un très
petit nombre d'étages par suite des habitu-
desanglaises et des restrictions administra-
tives^ amèneun encombrement et une gène
à laquelle les Américains ne voudraient pas
INDUSTIUB. 410
se soumettre. Le contraste entre les vastes
et clairs locaux occupés par une maison de
commerce de New -York ou de Chicago et
les bureaux sombres et étroits d'une maison
de la Cité, les deux faisant le même chiffre
d'affaires, est d'un effet caractéristique qui
a, d'ailleurs, été souvent signalé.
S'il estexact que l'ab^^ence, dans lesgran-
des villes d'Europe, de ces bâtiments élevés,
est amenée par des règlements de voirie
très étroits, il faut dire, d'autre part, que
l'emploi de ce genre de construction n'a été
rendu possible en Amérique que par celui
des ascenseurs à grande vitesse. Le dévelop-
pement des deux a été parallèle et, s*il en
eût été autrement, nous ne verrions pas
aujourd'hui tant de bâtiments de grande
élévation. II est certain que l'édifice de 30
étages actuellement en cours de construc-
tion à New-York n'aurait point été entre-
pris si on ne' disposait que des ascenseurs à
marclie lente dont on se servait, il y a 15
ans. Mais la question de la vitesse à obtenir
des ascenseurs pour franchir dans un temps
raisonnablement réduit ces grandes hau-
teurs n'est pas la seule en cau%, il y a éga-
lement la question de sécurité. C'est seule-
ment parce que ces appareils peuvent trans-
porter journellement à la montéeet àla des-
cente des quantités de personnes, avec
aussi peu de chances d'accidents que sur
les chemins de fer, queces appareils et, par
suite, les bâtiments élevés sont devenus
aussi rapidement populaires. 11 y a certain
nement une réelle appréhension et la cons-
dience d'un danger à se sentir enlevé à une
vitesse considérable dans un puits vertical,
et l'habitude seule et le sentimentde la sé-
curité peuvent les faire disparaître. Mais, si
un accident grave arrive à un ascenseur,
tout est remis en question ; on revient à
trouver que les escaliers ont du bon et qu'il
est plus sûr de ne pas se loger si haut.
•: A ce point de vue, l'accident survenu le
14 novembre dernier à un ascenseur d'un
bâtiment à 22 étages, en construction à
New-York, à l'angle de Nassau Street et de
Spruce Street, a une grande importance ; il
n'en faudrait pas beaucoup de ce genre
pour ébranler sérieusement la confiance du
411
lOURNAL MENSUEL DK L ACA DEMIE NATIONALE.
public dans les appareils de celte nature et
pour jeter dans un discrédit complet la
construclion des bâtiments élevés. Si on $o
reporte aux circonstances dans lesquelles
s'est produit l'accident auquel nous veuQus
de faireallusion, on trouve qu'il s'agit d'un
élévateur hydraulique fonctionnant avec de
l'eau sous une pression de 60 kg. par cen-
timètre carré, alors qu'on n'emploie généra-
lement que des pressions de 10 à 1^ kg.
Le but de ces pressions considérables
parait avoir été de réduire autant que possi-
ble les dimensions du cylindre hydraulique
et la place occupée par l'appareil, considé-
ration d'une réelle importance pour une
installation aussi considérable. Mais il ne
parait pas que l'emploi seul d'une pres-
sion élevée de l'eau soit la cause des dif«
ticultés qu'on a éprouvées à la mise en
marche de ces ascenseurs et de l'accident
qui est survenu à l'un deux. L'origine ep
vient uniquement de ce que ces ascen-
seurs doivent fonctionner à des vites-
ses excessives. Ou ne craint pas aujourd'hui
d'arriver à une vitesse de 700 pieds par mi^
nute, soit 3,55 m. par seconde et 1:^,80 kn^.
à l'heure, la vitesse des tramways à câble de
Broadway. La cabine de l'ascenseur avec s^
charge normale de voyageurs et son contrer
poids ne pèsent pas loin de 2 u et, ce poids
doit passer, de l'arrât à la vitesse normal^
indiquée plus haut et in versement de cette
vitesse à l'arrêt, dans un espacede moins dQ
3 m. ; de plus, l'appareil doit être sous 1q
contrôle du gamin qui en est chargé et doit
s'arrêter au niveau du plancher à un ou deux
centimètres près. En outre, le mouvement
d'accélération et de ralentissement doit étr^
graduel sous peine de voir les voyageur^
soumis à des sensations dont un trajet sur
les montagnes russes peut donner une idée^
Mais une difficulté encore plussérieusq
réside dans la question des appareils de
sûreté. Tout ascenseur pour service de per-
sonnes doit être muni d'un dispositif par
ler{uel, dès que la vitesse normale est dépas-
sée, soit par suite de la Rupture du câble,
soit par un dérangement du mécanisme,
soit pour toute autre cause, des griffes sont
mises en contact avec les guides et la cabine
est amenée à l'arrêt. Il n'y tTmit mmcoMt
difficulté lorsque les ascenseurs marchaiea:
à des vitesses de 1 à 1 m. 50 par secoade.
mais lorsque ces vitesses ontatteint 3 m. 10
il en a été tout autrement. Il doit nécessai-
rement exister une marge entre la vile^
normale de la cabine et celle à laquelle U
dispositif de siSireté doit fonctionner, laargi
nécessaire pour parer aux inégaUtes àt
vitesse provenant des variations dans b
charge de la cabine et dans la pression à
l'eau motrice. Si, par exemple,' la Titessed^
marche doitêtre de dm. 50 par seconde, os
peut admettre que le parachute agira èuM
vitesse de 5 à 5 m. 50 par seconde, soit 18à
20 km. à l'heure. Mais, à ces vitesses, un tr*
rêtsans danger est assez difficile à réaliser ;
pour amener un passage de 5 m. parseeond€
zéro dans une longueur très limitée
on risque d'arracher les guides de Tasceo-
seur ou d'amener quelque rupture qui,
loin d'améliorer les choses, ne ferait qu'ag-
graver les conséquences de l'accident.
Dans l'accident auquel il a été fait alla*
sion, la cabine n'est pas tombée ; elle ^
simplement descendue dans le puits à uoe
vitesse insuffisante pour faire agir le dispo-
sitif de sûreté, mais toutefois assez forte pour
avoir frappé les heurtoirs inférieurs av^
une violence qui n'a pas été sans amener
des conséquences fâcheuses, caruneper-
sonne a été grièvement blessée et dis autres
ont été plus ou moins fortement contu-
sionnées.
La descente intempestive de la cage a été
amenée par une circonstance insignifiante
en elle-même, la rupture d'un bou Ion qo:
a déterminé une ouverture permanente dêm
la conduite, de sorte que le plongeur e^
descendu comme si on avait ouvert le cli«
pet de décharge. Seulement, cetteouvertore
n'a pas été close automatiquement comme
l'eût été l'ouverture du clapet lorsque la
cabine est arrivée au bas desa course, et cel-
le-ci a frappé violemment les heurtoirs.
On conçoit que toute avarie amenant noe
fuite un peu considérable au cylindre hy-
draulique ou aux tuyaux qui sont en com-
munication avec lui, peut amener des eoo*
séquences du même genre.
413
moosTRie.
414
Lesjoaroaux ont cité rëcemment un aoci*
deot toalogoe dû à cequ'aueiresse formant
I joint avait été chassée par la pression hors
I de son logement. Il est permis de trouver
qoe remploi de joints de cette nature pour
I QD ascenseur hydraulique constitue une sin-
^lière négligence de la part du construc-
teor, i une époque ou les méthodes de tra-
rail sont assez perfectionnées pour qu*on
faim taire des joints plus précis et plus
SÙfS.
Il n'est pasinutilede faireobserver ici que
si h rupture du boulon qui a déterminé la
nniedereau s'était produite un moment
ptQitot, lorsque la cage était arrêtée à un
^e et que les voyageurs entraient ou sor-
nient, il y avait de grandes chances pour
qu'un ou deux eussent pu être pris dans la
porta et broyés,
D va là un danger auquelles construc*
temrs d'ascenseurs ne paraissent pas avoir
bit assez attention. Si, lorsque la cabine est
trrétée à un étage, elle n'est maintenue im«
mobile que par le mécanisme môme qui la
fiil monter, il y a undangerpermanentpour
les voyageurs.
Dira-t-on que les chances d'un semblable
iddeot sont tellement faibles qu'il n*y a
pas à en tenir compte ? On estime générale-
nient que l'ascenseur est une machine si
«impleet si sûre qu'elle ne court, pi»ur ain-
si dire, aucun risquede dérangement. Il est
intéressant de consulter à ce sujet les rap*
ports U'imestriels du chef du département
te constructions de la ville de New-York
qoi a la surveillance des ascenseurs dans ses
attributions. On trouve les chiffres suivants
pour les trois premiers trimestres des deux
innées 1895 et 1896.
jAiifiirà8«|tomte«
iMft im
îïombre d'ascenccurs Inspectés.. S.63E 4.257
Ascensenrs trouvé» défectueux.. 6î. 956
ascenseurs remis en bon état sur
nnvllallon du département 41 912
ascenseurs ayant donné lieu à
«l^spoursultes 16 182
Ces chiffres se.-nblent indiquer soit que
nospecliou actuelle est trop sévère, «oit que
la précédente ne Tétait pas assez. Le iait
que les inspecteurs du département de la
construction ont pu trouver en moyenne 95
ascenseurs défectueux par mois est surpre-
nant et quelque peu inquiéuint, d'autant
plus qu'il B*agit d'appareils ordinairement
placés entre les mains d'hommes compétents
et tenus dans le qui-vive par crainte d*ins-
pectionsimprévues.Enoutre, beaucoup d'as-
censeurs sont surveillés par des associations
qui s'en t'ont une spécialité. Si on admet que
inspection de 1890 a été particulièrement
sévèreet minutieuse, qui nous garantit qu'on
n'en reviendra pas plus tard aux errements
de 1805 ?
De ce qu*on est porté à attribuer la cause
réelle des difRcultés qu'on éprouve avec les
ascenseurs pour personnes aux vitesses con-
sidérables de ionctionnement qu*on emploie
actuellement, 8*ensuit-il que ces considéra-
tions doivent amener une réduction de ces
vitesses ? Nous ne le croyons pas. Des vites-
ses de 3 m. 50. par seconde sont indispen-
sables pour desservir dans de bonnes con-
ditions des bâtiments de 14 étages et plus.
Mais il est absolument nécessaire que les
constructeurs d'ascenseurs et les architec-
tes qui établissent les programmes auxquels
ces appareils doivent satisfaire, apportent la
plus sérieuse attention aux questions de sé-
curité qu'implique Tusage de vitesses aussi
considérables.
Nous no voyons aucune raison pour que
les cabines ne soient pas munies de freins
sous le contrôle du conducteur, freins par
lesquels celui-ci pourrait arrêter la cabine à
uù point quelconque de son parcours, indé-
pendamment du mécanisme moteur. Si ce
fi^in était mis en relation avec quelque mé-
canisme solidaire des portes kchaque étage,
on aurait une sécurité absolue contre une
mise en mouvement intempestive de la ca-
bine pendant l'entrée ou la sortie des voya-
geurs, dqeà une cause accidentelle ou à un
défaut d'attention du surveillant.
On doit dire un mot ici de l'emploi dé
buttoirs à air comprimé au bas des puits
d'ascenseurs.Ces appareilsétalent d'un usage
général il y a une douzaine d'années, et ils
étaient très eflicaces, car ils amortissaient
parfaitement, et sans inconvénient pour les
415
lOURNAL MBHSOBL Dl VàÇADiUlM NATIONALB.
416
voyageurs, le choc d'une cabine tombant de
la hauteur de plusieurs étages. Maison y a
renoncé à peu près complètement pour les
ascenseurs desservant 12 étages et plus.
Nouscroyons qu'on a eu tort; un heurtoir à
air ne sufQra pas, il est vrai, pour amortir
le choc d'une cage tombant librement d'une
grande hauteur, mais, s'il y a sur la ca-
bine même des dispositifs pour retarder la
descente, le buttoir pneumatique sera très
utile pour amortir l'arrivée à fond d'une
cabine descendant à une vitesse insuffi-
sante pour mettre en jeu les dispositifs de
sûreté, comme cela s'est produit dans l'acci-
dent qui a amené l'étude dont nous nous
occupons en ce moment.
Les dispositifs de sûreté à arrêt automati-
que ne sont pas suffisants à eux seuls. On
se rappelle qu'à la galerie des produits ma-
nufacturés à l'Kx position de Chicago, il y
avait des ascenseurs hydrauliques montant
les personnes jusqu'au toit de la f,^1erie à
une hauteur vertigineuse. Un jour, un de
ces ascenseurs, plein de monde, tomba p9it
suite de la rupture d'un câble ; après quel-
ques mètres de descente, le parachute auto-
matique arrêta la cabine, mais après l'arrêt,
il cessa de fonctionner et la cabine repi^it
son mouvement de descente pour être enco-
re arrêtée et ainsi de suite jusqu'en bas,
sans qu'il en résultât d*accident, mais en
faisant passer les malheureux voyageurs par
une série d*impressions dont on peut se faire
une idée.
Il est bien connu que les dispositifs au-
tomatiques sont exposés à ne pas fonction-
ner lorsqu'on en a besoin. C'est particuliè-
rement le cas des parachutes d'ascenseurs;
dans la vie normale d'un ascenseur, ils n'eu-
ront peut-être jamais occasion de fonction-
ner et on n'est jamais certain qu'ils opére-
raient d'une manière eflicace en cas de né-
cessité. C'est une raison de plus de leur ad-
joindre des dispositifs d'arrêt mis entre lès
mains du conducteur de l'ascenseur.
On peut dire, en résumé, que la question
de l'avenir des bâtiments élevés est intime-
ment liée à celle de la sécurité des ascer)-
seurs et que, pour les grandes villes des
Etats-Unis, cette dernière acquiert une im-
portance de premier ordre.
PROJET D'EXPLORATION DU POLE NORD
au moyen d'aéroetaU libres, pourvus d'appa-
reils photographiques et solentifiquea enre-
gistreurs,
Par M. Paloux, garde d'artillerie, chef arti-
ficier à Oran.
Un de nos Sociélaires, M. Paloux, garde
d'artillerie, chef artificier à Oran, nous com-
munique une note très intéressante sur les
moyensqu'ila imaginés pour parvenir scien-
tifiquement à la connaissance du pôle nord.
Sans partager complètement les espéran-
ces et l'opinion de notre colIègue,et tout en
ne nous dissimulant pas les nombreuses dit-
ficultés que ne manquera pas de rencontrer
la réalisation de son pmjet, nous sommes
heureux de rendre hommage à son ingénio-
sité, et nous nous empressons d*en mettre les
parties les plus essentielles sous les yeux de
nos lecteurs.
(Note de la Rédaction).
A cet effet il serait créé de 10 à 12 petits
aérostats cubant environ 60'"^ gonflés à
l'hydrogène pur et munis, s'il était néces-
saire et pratique, d'un appareil producteur
de gaz. En vue de certains avantages, ces
ballons pri^senteraient une forme allongée
dans le sens vertical (1).
Après cela, pour le lâcher en temps utile
du lest emporté, ils seraient pourvus d*un
sablier dont la vanne s'ouvrirait sous l'ac-
tion d'un courant électrique qui s*établjrait
par Vinterraédiaire de 2 câbles flottant iso-
lés Tun de l'autre et dont les extrémités ter-
minées par un gros fil d'acier assez long et
dénudé viendraient en temps opportun se
mettreen contact avec le sol qui fermerait
lui-même lecircuit par sa nature,étant donné
qu'il ne peutétre composé aux approchesdu
pôle que de neige, glace ou eau, voire terre,
corps éminemment conducteurs.
L'appareil électrique actionné par une
(l) Disposition qui permettrait de restreindre
l'envergure du système de suspension des ap-
pareils emportés et éviterait tout amas de neige
sur la surface supérieure de l'enveloppe au cas
d'une chute de celle-là.
417
INDUSTRIE.
418
pilesèebe porterait un électro-aimant qui
ordonDcrait la vanne du sablier.
Les cables, tenus écartés à leur base,
deTraieot avoir une longueur suTfisantepour
éviter au ballon la rencontre de quelques
icebergs on écueils élevés. Un de ces câbles
aorait une longueur supérieure au second
tt devrait traîner légèrement sur le sol en
Tued'y trouver un point d'appui devant
maioteoir chaque point du ballon parallèle-
aieuiàla direction suivie, par conséquent
d empêcher à ce dernier un mouvement de
rotation sur lui-même, ce qui serait néces-
saire pour Tenregistrement de la route par-
courue, comme on !e verra plus loin.
Tenir compte qu'aucun autre point d'ap-
pui que celui. désigné ne peut être puisse
daos l'élément fluide, si ce n'est la faible
énergie d'une aiguille aimantée s'orieotant
vers le nord.
U situation du ballon à la hauteur voulue
pour le contact du câbled'orienlation serait
issez facile à obtenir ; toutefois, les appa-
reik enregistreurs qu'emporterait Taréoslat
se devraient pouvoir fonctionner qu'à cette
(t)nditioo, afin d'obtenir des relevés orientés
joints à uno échelle uniforme.
Ces appareils enregistreurs, dont il nous
reste à parler, comprendraient 2 chambres
noires pour la photographie pourvues cha-
cune d'une boussole. Ensuite, pour leur
kmctionnement, il leur serait adjoint un
mécanisme d'horlogerie à mouvement cer-
taio(lj.
Les instruments de photographie, sans
être volumineux et pesants, seraient munis
d'une longue pellicule pouvant se dévelop-
per automatiquement et permettre la prise
d'un bon nombre d'images.
Ces appareils seraient placés en équilibre
stable de chaque côté du ballon, rendus
fixes par rapport à celui-ci daos le plan d'o-
rientation et devraient persister dans une
position horizontale qu'on obtiendrait à
'}) Ce mécanisme serait lubrillô à l'aide <le
glycérine au lieu d'tiuile végétale, celle-ci
pouvant subir Taction de la gelée. De môme,
pour mettre tous les appareils à Tabri d*an froid
trop excessif, ils pourraient être dans les limi-
tes du possible, recouverts de laine.
l'aide de pendules. Ils fonctionneraient en
commun sous l'action du mécanisme d'hor-
logerie.
Le premier serait orienté vers le ciel ailn
de relever à des heures différentes la hau-
teur du soleil el celle des étoiles (étoile po-
laire de préférence) pour le calcul ultérieur
des angles en un temps déterminé du par-
cours.
Le second appareil serait tourné face en
bas pour le sol à photographier, et devrait
fonctionner simultanémentavec le précédent
pour les comparaisons à établir.
Devant ou dans le champ de l'objectif do
chaque appareil serait disposée une bous-
sole légère et sensible renfermée dans le
dernier cas entre deux verres relativement
niinces pour leur transparence.
Ces boussoles auraient pour but, en figu-
rant dans le champ de photographie, d'indi-
quer la direction droite ou bifurquée par
rapport au pôle qu'aura suivie chaque bal-
lon et d'établir la liaison des clichés entre
eux.
Un thermomètre centigrade à l'alcool teinté,
disposé dans des conditions analogues, indi-
querait sur l'image parla hauteur du liquide
inscrite, la température des lieux traver-
sés.
I Le système d'horlogerie qui devrait offrir
uxie durée de march 9 proportionnelle aux
espaces à parcourir et à relever, ordonnerait
par un déclanchement rentrée en fonction
dès chambres noires dans un rayon voisin
du pôle, pour continuer ensuite le mouve-
inent des organes (^obturateurs et déroule-
ment de la pellicule) par intermittence. A
cet effet il serait tenu compte de la distance
k parcourir et de la vitesse du vent dans 1 e
réglage du moteur,
11 reste entendu que les appareils devront
fonctionner le jour et la nuit: le jour pour
les relevés terrestres et la hauteur du soleil
sur le niéridien du lieu, qui serait prise^
soit par l'appareil des vues du ciel, l'imago
du soleil lui étant transmise par la simple
k*éflexion d'un miroir orienté vers le sud,
soit encore par une chambre noire d'horizon
expliquée plus loin ; la nuit pour la hau-
teur des étoiles, en espérant un ciel pur
410 lOURNAL MENSUEL
ainsi qoe pour la photographie vague do
8oU éiani doDD^ qoe pendant les nuits d'été
les ténèbres n'envahissent pas absolument
les régions polaires et que même uu jour
permanent règne au pôle aux époques de
Tannée où seraient faites ces expériences.
£b vue d'assurer la photographie de
nuit, il pourrait éire fiiit usage d*nn petit
projecteur parabolique en métal, acttooné
en temps opportun par un accumulateur de
faible puissance.
Disons qu'il existerait un seeesd moyen,
moins compliqué même que celui décrit,
pour arriver à l'orientation des appareils
(moyen déjà prévu), maïs peat-*étre serait-il
raotns sûr. Eo substance le voici :
Le b^Uonnet serait dépourvu des câbles
traineurs et sérail maintenu à une haoleur
ptos grande, celte^ étant réglée par un
appareil sensible aux différentes pressions
atmosphériques qui ii cet effet commanderait
le sablier. Celui-là serait «n genrede baro-
nàtre formé d'un eylrndre creux obturé à la
base dans lequel jouerait assez librement
«n tube fermé au éomroetou cloche remplie
d^air 9î fkitant dans un bain d'alcool. Cette
clecbe,(tttî s'evfoiiçeraiten raison de la près-
sios almosphérique^formerait commutateur
pour les fonctions de la pile sur la vannedu
sablier.
Les attires appareils, restant eom{K>8és
el éiapoeés coeume il a été dit, seraient sus-
pendus en équilibre pariai& sur on pivot
sensible (1) et seraient rattachés à une Ion*
gute aiguille aimantée déjà désignée qui
les ma^ Jitiendrait dansla direction voulue [21,
Les autres boussoles décrites et conservées
ne foraient que eonirûler les résultats dJe
«elle «ajeuce.
Le bon fonctionnement de cette dernière
pourrait ^tve contrôlé facilement par anti-
oipatîofi. Uen serait de même pour l'en*
semble de Paérostat et des appareils enre*-
(l) DisposUioQ prine, ou liea de rattacher tous
les appapiiils au ballon, dans le buLde sous-
traire ces appareils aux oscillations diverses
que pourrait subir raérostï»!.
tt) Cette direction Sud-Nord Jusqu'au P^le
deviendrait forcément Nord;-Sud après avoi^
ft^noM ce dernier. .
M L'ACâbEMIE NAUONALS.
420
gistreurs, qu'on pourrait soumettre k «n
froid d'environ OÔ"^ température approxi-
mative de certaines régions polaires*
Dans rhypotbèae, de la réussite ce aeeoDd
moyen serait préfiéfftble, mais il est à crain-
dre que le déclanchemeot des appareiis
n'empêche k subiUté de raiguille ma jeore
aimantée. Sans cela, le baUoo mainteDU à
500 ou 80O mètres du sol, la chambre iK>tre
destinée à relever celui*ci pourrait embraa*
ser un grand horizon.
Dans les deux cas, une chambre notre
rotative (l) et construite pour les grandes dis*
tances pourrait être ajoutée aux deux ao^
très pour le relevé de l'horizon limite. Cette
chambre serait disposée dans Taxe vertical
du ballon, en dessous (ou en dessus dans le
2* type) du moteur et du plan des deux au-
tres chambres.
Ces trois chambres noires devraient être
parfaitement closes pour empêcher toute
pénétration du liquide au cas d'aa chuls de
l'ensemble à la mer, et de plus cet easeasble
devrait pouvo'rr flotter aftn d'être nu et
recueiMi par an navire de passage.
f.es belloiis seraient transportés à la der^
nière latitude(Terre de François-Joseph par
exemple) pour y étregooflés easviteetéqpui-
pé9 comme it est dil plus haut.
Leur lancement devrait s'eflEéetuer aox
temps propices et par les vents les plus fiavo-
râbles en espaçant leur départ d'aaou ptu-^
sieurs JOU79I pcwr les chaaees d'aae bonne
direction au moins sur plusieurs expérieaees
tentées.
l! serait rare ensuke que sur 10 eu 12
aérostats lan«és> un au moias ne rappordt
la deseripUec» idèle de la aeae poèaire,
recueilli qu'il pourra être sur nMTousur Tes
continents.
Peut-être, est-ce par ces nayena o« de
semblables que les rasystères des deus. pôhn
MOUS seront révélés^ c est«à-dir& ea mettant
à conaribution Ut vivante et paissante ménn^
mque, et la merveille que nous ont léguée
(1) Cette disposition oITrir ait plus de probabi-
lité pour le relevé d'une vue du pôle, soit que
le ballon passât à droite ou à gauche de celui-
ci.
421
Niepce el Daguerre, car rien n^afOrme que
k hërot dea régiona glacées (le docteur Nau-
m) le reate encore longtemps le champion
des voyageurs du pôle nord, arec la eerli-
GOMHmCK. ^W
lude que lui*mdme ne pourrait de nouveau
renouveler sa tentative audacieuse.
Paloux.
COMMERCE
VH2 NEW YORK
PUBLIC LIBRARyI
ASTOR, LENOX ANC
TILDEN FOUNDATIONS.
LC COiaiWflOB KXTÊRIKUII DK LA
FRANOE.
B*après lee publications officielles deFad-
ministration des douanes, pendant les huit
pr«iHers mois de l*annëe 1897, les impor-
tukms se sont élevées à :?.000.7e6.000 fhincs
«t les eipoHatione à 9. 40B. 899.000 fraecs.
Ces chiffres se décomposent comme
t«ii:
mpoftrATicKs
uk!)«U d'alia^eataiion
Matières oéceaeaires
à tlndustrie 1
OhiMs (AM^aéa
1897
fp.
605.118.000
1896
fr.
<i67. 288.010
592.309.00e 1.521.866.000
411.139.000 #8.587.000
TolaL....
nPMTATIOMS
2.009. 78e.000 2.597.74(^.000
^% d'alimenUUoo*
Matières nécessaires
âllUiisIvie
<%ts fabriqués 1
Coiîspostaox
ToUl "T
fr.
44i6. 189.000
fr.
403.762.000
685.390.000 543.115.000
229.6o2.000 1.163.340.000
97.118.000 %. 754.000
408.899 000 2.204 971.000
L'analyse de ces chifiVes et leur rappro*-
cbementavec Tes résultats des sept premiers
i&oisde Tannée, font voir que le mois d'août
s été moins fovorable que les troi.s mois
précédents à h situation fi^nérale de la
f^raoce vis-à-vis des pavs étrangers, au point
dcTue commercial.
Ed eiïet, durant le mois d'août, le solde
débiteur de la balance générale du commerce
a pissé de 169.901 .000 ft. à 200.867.000 fr.
f^nt ressortir pour ce mois une perle pro-
pre de 30.906.009 fr.
C^est ainsi qu'en août 1897 les importa-
lioBssetoot élevées à 314.468.000 fr. et
^ «porlaifons à 283 . 5(».000 fr.
En aofti 1896, tes importations n'avaient
été que de 264.425.000 et tes exportations
de 257.211.000 fr.
L'augmentation ctes eipartatioas SRt
Sftkielaisaiile ; nais elle est malhourense*
ment eontre-^balancée par un accroisseoient
des importations, portant sortont sur le^
objels d'alimenlationt ee cfm est la eonsé*
qnenee naturelle des mauvaises récoltes de
l'année en cours.
A la ftn du mois de juillet, nos importa-
tions étaient encore inférienres. d'environ
18 millions aux importations de hinnée
précédente ; mais i la Hn d'aoât, c'est une
augmentation de plus de l:^ millions que
nous avons à enregistrer, formée ^squ'à
concurrence d'environ 8 mitUons par les
entrées d^objets d*a1imentation.
Les exportations présentent, dansleur en-
semble, pour les huit premiers mors de-
Tannée 1897, une augnïentation de près do
204 millions, comparativement aux chiffres
correspondants de 1896. 11 y a là an résul-
tat entièrement fitrorable qui atténue heu-
reusement les mauvais effets du progrès
des importations, progrès qui vont atler en
se développant, du fait des entrées impor-
tantes de blés étrangers venant combler le
déficit de notre récolte.
CTUtNE DJÊ LA StTUATIOM ÉCONOMIQUE
Par 11. Jules&oGHSt
député de la Savoie.
Les gouvernements^ les économistes de
tous les pays ont cherché le ressort du pro«
grès économique, industriel et commercial,
et attachent, à juste titre, à la découverte
de ce secret la plus grande importance.
423
lOURNAL MENSUEL DB L'aCADAvIE NATIONALE. 424
On Ta cherché dans la législation, puis dans
des systèmes : protection, libre-échange,
combinaisons douanières. Ces efforts ont
été faits avec des vues préconçues, avec
ridée d'établir a priori un système de tonte
pièce, et de l'appliquer.
M. Jules Roche estime que ce n'est pas là
le chemin rationnel qu'il faut suivre. Il
voudrait que les économistes appliquassent
dans ce domaine la méthode, Timparlialité
qui servent de base aux recherches scienti-
liques. Pourquoi ne pas rechercher les lois
résultant de l'observation rigoureuse des
phénomènes ? Le chimiste, dans ses études,
n'y met aucune passion lorsqu'il regarde,
note et compulse les faits qui se passent
sous ses yeuï. Si l'économie poUtique est
une science, l'économiste doit se placei*,
dans l'étude des lois qu'il recherche, au
môme point de vue que ce chimiste. Ce
qui a empêché, jusqu'ici, l'économie de
devenir une science, c'est qu'elle touche,
de plus près que toute autre, aux intérêts
des hommes, à leurs intérêts immédiats.
M. Roche a voulu examiner, dans ses
lignes générales, l'évolution du mouvement
économique depuis une cinquantaine d'an-
nées. Tout dabord, voyons ce qui s'est
passé. On examinera ensuite si l'on peut
y trouver les éléments d'une loi générale.
Le développement des échanges interna-
tionaux a été considérable depuis une cin-
quantaine d'années, grâce aux grandes
transformations dues aux applications de
la science : chemins de fer, bateaux à va-
peur, perfectionnement de l'outillage, etc. ;
il eu est résulté un bouleversement du
monde, une nouvelle planète.
Si Ton considère les dix grands peuples
commerciaux, on trouve que le total (le
leurs exportations était, eu 1850, Je 8 mil-
liards ;^91 millions. A la télé se trouve l'An-
gleterre avec 2.:200 millions, puis la France
avec 1.068 millions, les Etats-Unis avec
71i> millions ; en quatrième ligne vient
l'Allemagne, ou plutôt l'ensemble des £iats
qui constituent maintenant l'empire alle-
mand, sauf l'Alsace-Lcrraine, avec 648 mil-
lions (chiffrequ'il aété difticile derasseip*
bler, mais qui est fort près de la vérité).
Puis viennent l'Inde, la Russie, etc. ; VEs-
pagne occupe le neuvième rang, elle ex*
portait alors pour 122 millions et le Canada
le dixième, pour 67 millions.
Dix ans plus tard, en 1860, nous trou-
vons un total d'exportations de 12 milliards
95 millions qui se répartissent ainsi :
Angleterre, 3.400 millions, France, 2.277
millions, puis au troisième rang, les Ktats
de l'Allemagne qui, avec 1.748 millions,
ont pris le rang des Etats-Unis ; ceux-ci
viennent en quatrième ligne : 1,^7 mil-
lions; puis l'Inde, 700 millions, la Russie,
660 millions, etc.
En 1869 — et nous prenons celte année-là
parce que l'année J 870 ne saurait servira éta-
blir une comparaison — les chiffres sont les
suivants : Exportations totales : 17 milliards
915 millions; Angleterre 4.750, France
3.075, Allemagne 2.897, Etats-Unis 1 .433
millions. Puis, en 1880 : Exportations tota-
les : 25 millliards ; Angleterre 5.575, Etats-
Unis 4.291, Allemagne, c'est-à-dire tout
l'Empire Allemand actuel, 3.019 millions ;
la France, tout en voyant son exportation
augmentée de près de 400 millions compa-
rativement à 1869, ne vient qu'au quatrième
rang avec 3.468 millions.
1885 : 25 milliards 175 millions serépar-*
tissant ainsi pour les dix premiers pays.
1 . Angleterre. . .
. 5.374 m
illions
2. P^lals-Unis. .
. 3.765
»
3. Allemagne.. .
. 3.531
a
4. France
. 3.088
t
5. Russie
. 2.155
D
6. Inde
. 2.148
»
7. Pays-Bas
. 1.933
»
8. Autriche
. 1.600
»
9. Australie
. 1.301
»
10. Belgique
. 1.200
»
Nous voyons la France, toujours au qua-
trième rang avec une diminution de près
de 400 millions, comparativement à 1880
(Krach de 1881, crise de 1882). La Russie
vient immédiatement après; l'Espagne, le
Canada ont disparu, de même l'Italie. En
1850, un pays comptait avec les dix premiè-
res nations s'il exportait pour 67 millions;
4i5
COMMERCE.
426
aujourd'hui, le dernier des dix pays accuse
pour 1,200 millions d'exportations. L'Italie
n'occupe que le onzième rang avec 950 mil-
lioos, puis l'Espagne avec 698, la Suisse
633, le Canada 421, la République Argentine
420 millions.
18^ : 31.262 millions pour les dix pre-
miers pays.
1. Angleterre.. . . 6.645 millions
2. Etats-Unis. .. . 4.380 »
3. Allemagne 4.108 »
4. France 3.753 »
5. Russie 2.815 »
6. Inde 2.658 »
7. Pays-Bas J.925
8. Autriche 1.905 »
9. Australie 1.634 »
10. Belgique 1.437 »
Enfin, en 1805 : 30 milliards d'exporla-
tioQs pour les dix premiers pays.
1. Angleterre 5.655 millions
2. Allemagne.... 4.^^80 »
3. Etals-Unis 4.037 »
4. France 4.374 »
5. Inde 2.956 »
6. Russie 2.764 »
7. Pays-Bas 2. 322 » en 1894
S.Autriche 1.834 » ,
9 . Australie 1 . 584 » en 1894
10. Belgique 1.153 »
Puis viennent Tltalie avec 1.038, le Ja-
pon avec 728, la Chine avec 703, l'Espagne
avec661, la Suisse avec 621 millions.
M. Jules Roche a eu Toccasion de visiter
un certain nombre d'expositions, l'année
«iernière à Nuremberg, Berlin, Genève et
surtout Nijni-Novgorod.
Cette dernière exposition lui a permis de
constater la puissance grandissante de l'in-
dustrie russe, dont le progrès ressort des ta-
bleaux précédents. Cette industrie est sans
doute appelée à prendre un développement
considérable, car c'est un pays presque en-
tièrement neuf encore ; lorsque les riches-
s^agricoles et minières de ce vaste empire
seront mises à jour par la science moderne,
lorsque les moyens de transport permet-
tront de les exploiter fructueusement, il se
produira un mouvement économique aussi
grand, toutes proportions gardées, que ce-
lui qui a marqué la découverte de l'Amé-
rique.
Les chiffres de 1895 accusent aussi une
augmentation pour la Chine elle Japon,
dont le commerce intérieur n'entrait guère
en ligne de compte autrefois. A ce propos,
M. Roche cite un fait qui s*est passé tout
récemment au cours de la période précé-
dant Télection du Président des Etats-Unis.
Ali début de la campagne électorale, les
fermiers de Touest ont pris parti pour
Bryan. Bryan était non seulement le candi-
dat argentisle, mais aussi celui du parti ré-
volutionnaire, et il était même piquant
d'observer que c'est ce candidat, professant
des opinions socialistes, qu'avaient choisi
les fermiers-propriétaires. Le fait s'expli-
que aisément : le blé avait subi une baisse
considérable ; Bryan, laissant soigneuse-
ment de côté ses idées communistes, décla-
ra que la valeur du blé serait rétablieavec
celle de l'argent. Mais, au printemps de
1896, il arriva que la Chine et le Japon se
mirent à acheter du blé aux Etats-Unis,
spontanément, sans aucune influence poli-
tique, douanière ou autre ; il s'est trouvé
que les Japonais et les Chinois voulurent
manger du pain de blé à la place du riz ha-
bituel. 11 s'en est suivi une hausse des blés ;
les Américains, avec cette rapidité dans la
décision qui les caractérise, se mirent immé-
diatement à organiser plusieurs compagnies
de paquebots transportant le blé en Chine
et, au Japon et les fermiers, rendus atten-
tifs à ce revirement par le parti opposé, et
convaincus qu'il suffit de trouver, des dé-
bouchés pour vendre sa marchandise, se
rallièrent au candidat de Tordre.
Ce détail qui, peut-être, a changé le cours
des événements en appelant Mac-Kinley à
la Présidence des Etats-Unis, montre com-
bien sont complexes les phénomènes écono-
miques et quelle circonspection il faut appli-
quer lorsqu'on veut trouver dans un systè-
me établi a priori une solution générale ré-
pondant à tous les cas qui peuvent se pro-
duire.
427
lOURNAL MENSUEL DE L'AGADÉIIIE NATIONALE.
428
Si Ton veol serrer de plus près encore le
détreloppement du commerce pendant les
dernières années, il faut con? idérer la som-
me totale des échanges, c'esuà-dire l'en-
semble des imp(»riations et des exportations.
Les seize premiers pays commerciaux
ont eu, en 1885, un échange toul de 61 mil-
liards 500 millions, et, en 1805, de 76 mil-
liards 458 millions.
Les quatre grands pays participaient dans
1h proportion suivante à ces échanges:
18SS im
Xillioni MiUioni
XiUitmi
Angleterre. 13.000 14.579 nitMtMcmntdt 1 bit
France 7.176 7.194 — 18
Allemagne. 7.159 9.r,88 — 2.427
Etats-Unis. 6.125 7.697 - 1 572
Ont encore gagné :
L'Inde anglaise l . 100 millions
Les Pays-Bas 1 .100 —
LeJapôn 1.000 —
La Chine 700 —
La Russie 800 —
L Autriche-Hongrie 600 —
LEspagne et l'Italie ont perdu. Ce sont
des pays nouveaux qui apparaissent. La pré-
dominance absolue de l'Angleterre s'affai-
blit. Et si Ton ne considère que les exporta-
tions seules, et qu'on prenne les premiers
vingt-cinq pays commerciaux, on trouve :
1686 1895
MilÛtni XmtoM
Exporta-
tions tota-
les des 25
principaux
pays 31.000 37.000 Mftfc ium aigmoit. 4t 6.000
Angleterre. 5.374 5.655 — 2«1
France 5 .765 3 .374 Mit ium «imintt. 4t 591
Etats-Unis. 3.531 4.037 ■•Itttniaaginent.di 306
Allemagne- 3.08S 4.280 — 1.192
Ont ensuite gagné :
La Russie 600 millions
Llnd© 800 —
Les Pays-Bas 400 —
L'Autriche-Hongrie. 200 —
Le Japon 530 —
La Chine 350 —
Ainsi, sur cette augmentation totale de 6
milliards, l'Angleterre n*a pris que 280 mil-
lions : donc, Taugmentation susdite de
1500 millions provenait surtout de ses impor-
tations. La France a perdu 301 millioas. Le
gros bénéfice revient à TAllemagne qui a
gagné 1.192 millions, chiffre énorme, quoi-
qu'il comprenne pour 250 millions environ
de métaux précieux.
Si Ton considère plus particulièrement
l'Allemagne, on trouve la situation suivante :
Commerce extérieur de TAllemagne, en
millions de francs :
Importations Exportations
1892 5.283J
1893 5.107,6
1894 5.356,9
1895 5.307,6
1S95 (les neuf pre-
miers mois). . . . 3.901,6
1896 (les neuf pre-
miers mois) 4 . 201 ,6
3.937,6
4.055,7
3.814,3
4.280,1
3.095,0
3.360,5
(3.170,^ sans
les métaux
précieux.)
Les pays avec lesquels TAllemagne aug-
mente le plus ses exportations sont :
1894 tSpS Augmentât,
millions miinons millions
L'Angleterre. . 793 845 52
La Russie 243 276 33
^Autriche.... 502 544 42
Les Etats-Unis. 339 460 121
La France 235 253 18
La Belgique... 187 199 12
La Suisse 235 274 39
Celte situation a provoqué une vive émo-
tion en Angleterre, d'autant plus que sa
puissance de production n'a pas diminué,
ainsi qu'il résulte des chiffres suivants se
rapportant à des branches d'industrie essen-
tiellement anglaises.
Exportation de fils de coton :
1854 ...
1855-59...
1860-64...
Poids en millloitt Vale«retiiiiilllioiiii4e
de livres anglaises livres sterling
Moyennes annuelUt Moyenott ■nnuiitlcf
147.13 6.600
183.21
123.70
8.680
8.500
420
COttHËHGB.
430
1870-74...
1875-79...
1880-84...
1885-89...
1^0-94,..
13.540
15.370
12.650
13.050
11.620
11). 310
150.90
205.51
232.41
248.88
251.98
235.98
Ainsi, la période de 1890-94 accuse sur
celle de 1865^69 un accroissement d'expor-
tation en poids de 84,98 millions de livres
togitises, eoît 56,8 % ; et une diminution
i exportation en valeur de 3.230.000 livres
sterling, soit 23,9 %.
Exportation de cotonnades unies :
QoMtité en millions
de yirds
Moyennes annuelles
1.458
1.338
1.769
2.409
2.621
3.122
3.439
3.410
1855-50. .
1860-64..
1865-69..
1870-74..
1875-79. .
1880-84..
lSfô-89..
1890-94. .
Valeur en millions de
livres sterling
Moyennes annuelles
18.17
21.74
31.46
34.22
30.99
34.28
32.43
30.91
Ainsi, la périodede 1890-94 accuse, sur cel-
lede 1865-69, une augmentation d'exporta-
tion en quantité de 1.641 raillions de yards,
soit 92.8 % ; et une diminution d exporta-
tion en valeur de 550.000 livres sterling (1
yard = 914 millimètres).
Exportation de cotonnades imprimées :
1H55-50.
Quantité en millions
de yards
Moyennes annuelles
827
Valeur en millions de
livres sterling
Moyennes annuelles
14.340
1860-64.
740
15.000
1865-69..
874
19.370
1870-74..
1.037
20.640
1875-79. .
1.048
18.890
l>«0-84..
1.371
21.050
1885-89. .
1.395
18.390
1890-94..
1.595
19.660
Ainsi, la périodede 1890 94 accuse, sur cel-
le de 1865-69, un accroissement d'exporta-
tion en poids de 691 millions de yards, soit
7'M % et un accroissement d'exportation
en valeur de 290.000 livres sterling, soit
1,5 % seulement.
Ces chiffres montrent combien sont com-
préhensibles les cris d'alarme de l'Angle-
terre et expliquent les efforts qu'elle fait
pour s'opposera l'expansion de plus en plus
redoutable du marché d'exportation alle-
mand, qui importe en Angleterre même des
cotonnades imprimées en quantité de plus
en pluâgranie.
Si Ton cherche à se fendre compte de
l'ensemble du mouvement économique des
pays commerciaux, il fkut se placer i un
autre point de vue encore : c'est de consi-
dérer, en même temps que la puissance
d'exportation d'un pays, le chiffre de sa po-
pulation. C'est ce qu'on appelle coefficient
individuel d'exportation qui s'obtient en di»
visant le chiffre total de Texporlation par
celui de la population. A ce point de vue
la classification susdite se modifie complète-
ment. Voici le classement des pays d'après
leur coefficient industriel d'exportation en
1895:
1 . Pays-Bas 463 francs
2. Australie 368 »
^' Suisse 207 »
4 Uruguay 186 »
5. Belgique 183 »
6. Danemark 141 »
7. Angleterre 149 »
8. Chili 124 »
9'. République Argentine 119 »
10. Canada 122 »
11. Suède 95 ),
12. Norwège 88 »
13. France 88 »
1,4. Allemagne 82 »
15. Roumanie 74 »
10. Etats-Unis 60 »
17. Autriche-Hongrie 48 »
18. Egypte 46 »
19. Grèce 40 »
20. Mexique 37 »
21 . Espagne 35 »
22. Italie 33 »
23. Bolivie 33 »
24. Portugal 29 »
25. Brésil 22 »
20. Russie 19 »
27. Japon 14 »
28. Pérou 14 »
29. Inde Anglaise 10 »
30. Chine 1 fr. 70
431
JOURNAL MENSUEL DE
Parce coupd*œil rapide sur la situation
économique des peuples commerciaux,
M . Roche montre qu'on se trompe, lorsqu*on
attribue à la politique, à la législation, une
influence déterminante sur les lois qui rè-
glent les échanges internationaux.
Parmi les pays mentionnés plus haut, il
en est «fui, au point de vue politique, sont
fort dissemblables et qui, néanmoins, accu-
sent le même mouvement ascensionnel
dans le domaine économique, d'autres qui
sont à un même état social et législatif et
qui sont dissemblables par leur développe-
ment industriel et commercial.
C'est que la situation économique dépend,
en première ligne, de Téta t de /^ro^ré^ ou
de décadence du pays.
l'académie nationale. 432
Au moyen dec-ombinaisons douanières ou
administratives, on arrive bien à modifler,
pour un temps, la marche des événements ;
mais les choses sont plus fortes que le légis-
lateur ; la politique peut tout au plus trou-
bler les lois économiques, maïs elle n'a pas
la force de s'y opposer.
Les hommes ont eu trop longtemps la su*
perstition i!es lois. La persévérance, le tra-
vail, la volonté de chacun sont avec les
dons de la natuœ, les sources principales
où une nation puise les qualités qui la font
progresser. Telle est la conclusion pratique
qui se dégage nettement de Tétude d'en-
semble que M. Jules Roche a si remarqua
blement menée à bonne fin.
Le Directeur-Oéranty Rédacteur en Cheff
Eugène THIÉRY.
♦>♦<♦-
CLBBMOMT (OUB). ^•IMPRIMBBIB DAIX PBÈRB8, PLACB SAINT-ANDRÔ, 3.
JOURNAL MENSUEL
DE
L'ACADÉMIE NATIONALE
A6R1C0LE, lANDFACTDRIÈRE ET COIIERCIALE
67* Année. - OCTOBRE 1897.
SOMMAIRE .
SÉANCE OU CONSEIL O'ADMINISTRATION.
AQUICULTURE. — Instruments agricoles et arracheuses de betteraves, de M. Bajac» à Liaacourt iOise). — La
triite mécanique des vaches. — L'agriculture en Angleterre.
muSTRIE. — La métallurgie du fer aux Etats-Unis.
PRODUITS PHARMACEUTIQUES. — Le vin Mâujean. de M. Maujean, à Sermaize (Marne).
VARIÉTÉS. — Intubmersibilité des navires, projets et considérations, par M. Paloux, à Oran. — Paris port de mer.
EXPOSITIONS ET CONCOURS. — Exposition de Bruxelles. {Suite.) — Exposition internationale à Bordeaux. ^
U« Comités d'admission à l'Exposition de 1900.
COmERCE. — Le commerce extérieur de la France pendant les neuf premiers mois de 1897. — Le commerce
géoéral de la France en 1896.
SÉANCE DU CONSEIL D'ADMINISTRATION
du 20 octobre 1897.
Par suite de respiration des pouvoirs de M. Vayson, arrivé au terme d'une seconde
période de deux années dans l'occupation des fonctions de Président de la Société, le Con-
seil d'Administration s'est réuni au siège social le mercredi 20 octobre, à l'eHet de procéder
au choix d*un nouveau Président.
Les termes de l'article XVI des Statuts interdisant la réélection immédiate deiM. Vayson,
le choix du Conseil d'administration, à l'unanimité des suffrages exprimés, s*est porté sur
M. Dabd, vice-président de la Société, officier d'Académie, chevalier du Mérite agricole,
^joint au maire du XV' arrondissement, constructeur-mécanicien, à Paris, qui a été élu
l^ident de l'Académie Nationale pour deux ans.
L'élévation de M. Dard à la présidence rendant nécessaire la nomination d'un nouveau
^ce-président, il a été procédé immédiatement à cette nomination, et, par treize voix,
fepré^ntant l'unanimité des suffrages exprimés, M. J. Sigaut, fabricant de biscuits, à Paris,
3 été élu Vice-Président de l'Académie Nationale pour deux ans.
Ed outre, le Conseil d'administration, mettant à profit Tolfre de continuation d'un con-
cours actif qu'a bien voulu faire M. Vayson, Ta nommé membre titulaire des Comités de
l'Agriculture, de l'Industrie et des Produits alimentaires.
Eofin, il a été procédé, en exécution du 2« paragraphe de l'article XII des Statuts, à la
<i>nsion du Conseil d'Administration, par tirage au sort, en quatre fractions qui devront
être soumises successivement à la réélection par l'Assembiëe générale annuelle. En consé*
435
lOVRNAL MENSUEL DE L*ACADéllIB NATIONALE.
431
querce de celte opération, les vingt membres du Conseil d'administration se trouvent
répartis en séries ainsi qu*il suit :
Première série : HH. Degoix, Hardon, Meyer, Richy, Vayson.
Deuxième série : MM. Bajac, Conza, Hurlot, Ménage, Sigaut.
Troisième série : MM. Andoynaud, Dard, Lagache, Paupier, Saint-Elme La Jousse.
Quatrième série : MM. Gaumont, Rabourdin, Robert d'Eshongues, Van Hecke, X
La première série devra être soumise à la réélection par l'Assemblée générale annuelle
du mois de février 1898, et, dans i*avenîr, la même obligation existera successivement les
années suivantes pour les autres séries, dans un ordre de roulement établi par le rang de
chaque série.
AGRICULTURE
INSTRUMENTS AQfNCOLES
ET
ARRACHEUSES DE BETTERAVES
de H. A.Bajac,
à Liancourt (Oise).
Nous apprenons avec piaisir que les éta-
blissements Bajac, de Liancourt, ont rempor-
té des succès notables dans les concours
d'applications pratiques pour instruments
agricoles, organisés à Toccasion de l'Expo-
sition de Bruxelles.
Aux expériences spéciales qui ont eu lieu
à tervueren-Bruxelles, le 23 septembre der-
nier, ils ont obtenu le Premier Prix Inter-
national rej)résenté par une prime de 400
francs.
Le Jury Belge leur a en outre accordé un
prix spécial, représenté par une médaille
de vermeil grand module, pour arracheuse
multiple.
Ajoutons qu'à l'Exposition Internationale
agricole organisé è la Haye du 16 au 26 sep-
tembre dernier à l'occasion du cinquante-
naire de la Société Royale Hollandaise, les
instruments d'agriculture de la maison Bajac
ont été honorés de l'attention particulière des
deux reines de Hollande.
Le Jury leur a accordé /^ Grande Médaille
d'Or^ la plus haute récompense décernée.
LA TRAITE MÉCANIQUE DES VACHES
Dans notre Journal de juin 1807, nous
avons parlé de quelques systèmes ayant
pour objet d'opérer mécaniquement la traite
des vaches. En voici un nouveau quia fait
quelque bruit en Allemagne depuis un cer-
tain temps et qui paraît fonctionner avec
un réel succès : c'est la machine à traire
Murehiand, qui est décrite, avec figure à
Tappui, dans le Journal de l'Agriculture
du 9 octobre, et dont nous allons expliquer
la disposition générale :
Un tuyau en fer de 25 millimètres de dia-
mètre, fait le tour de l'étable, placé à une
certaine hauteur au-dessus des vaches. Ce
tuyau communique, d'une part, avec une
pompe à vide, et d'autre part avec un réser*
voir d'air placé dans les combles, duquel
descend un autre tuyau plongeant dans une
bâche remplie* d'eau, placée sur le sol. Le
réservoir d'air et la bâche remplie d'eau
servent à la fois de dispositif accumulateur
et régulateur.
Voilà une première partie de l'appareil.
La seconde partie est constituée par des
seaux en cuivre étamé, hermétiquement
fermés, dont chacun se suspend sous le ven-
tre d*une vache au moyen d'une sangle en
cuir passée sur le dos de l'animal. De cfaa-
que têtu partent deux conduits en tabe
437
decaoutchouc, allant l'un au tuyau en fer
supérieur qui fait le tour de Vétable, et
Faotre aboutis ant à un système de quatre
raccords embrassant les quatre tétines de
la vache è traire.
Le fonctionnement de Tensemble est aisé
i comprendre. Parla manœuvre de la
pompe, on aspire l'air contenu dans la ca-
nalisation et dans les seaux, produisant
oDe dépression qui appelle le lait des ma-
melles. Le dispositif formé du réservoir
d'air placé dans les comliles et de la bâche
à eau placée sur le sol sert à régler et à
amortir la succion pratiquée par la manœu-
vre de la pompe, de telle manière que la
force de cette succion ne puisse dépasser
certaines limites.
Les seaux étant munis de couvercles en
verre, on voit le lait y arriver régulière-
ment dès que la pompe est mise en fonc-
tioDoement. Ainsi pratiquée, la traite peut
sopérer simultanément sur un nombre de
saches qui est théoriquement illimité.
Eq vérité, cet appareil nous semble de-
voir constituer une bonne solution du pro-
bièmedela traite mécanique des vaches,
et nous ne voyons pas quelles objections
peuvent être élevées contre son emploi,
étant donné qu'une installation bien éta-
blie doit fonctionner avec une parfaite ré-
gularité.
AGRICULTURE. 43g
Si Ton examine ensuite la proportion
entre les terres arables et les pâturages
L'AGRICULTURE EN ANGLETERRE
Le ministère de l'agriculture du Royaume-
Uni Tient de publier la statistique agricole
pendant l'année 1896.
Il ressort de l'examen de ce document
«lœ les bois et les terres en friche de la
^irande-Bretagne s'étendaient, en 1896, sur
15 millions d'acres (1), soit 21 0/0 de la
>^oe totale du pays, tandis que la sur-
^ice des terres cultivées était de 33.562.005
icres.
\l) Valeur de Tacre, 4.016 mètres carrés.
pendant les vingt dernières années, on re-
marque que la surface des terres arables a
diminué d'un million d'acres de 1876 à 1898
et do 1.220.000 acres de 1886 à 1896.
Comparés avec les chiffres de 1895, ceux
de 1896 accusent une diminution de 15.000
acres dans la surface des terres en culture.
Cette diminution porte principalement sur
les terrains figurant dans la statistique de
1895 .sous la rubique « trèfle ou terres ea
assolement », et qu'on a renoncé définiti-
vement à mettre en culture.
I^s autres transformations de culture
dans le pays entier se compensent à peu
près ; une légère augmentation dans la sur*
face du blé, des légumes et des fruits con-
tre-balance une réduction du houblon et des
terres en jachère.
Les chiffres relatifs à l'élevage en 1896
indiquent un accroissement du nombre des
chevaux, bœufs, moutons et porcs, par rap-
port à Tannée 1895.
Au cours de Tannée dernière, le prix
moyen du blé indigène a été de 6 doll. 36
cents (1) par quarter (2), en augmentation
de 75 et 81 cents sur les prix de 1895 et de
1894.
Le prix de Torge a haussé de 25 cents et le
prix de l'avoine de 6 cents seulement.
11 est à noter que les variations les plus
importantes se sont produites surtout pen-
dant le dernier trimestre de 1896.
En ce qui comporte l'importation des
produits agricoles, on remarque une aug-
mentation dans les chiffres relatifs aux
animaux vivants, à la viande, à la laiterie,
aux œufs et à la volaille.
Dans leur ensemble, les importations de
cérérales ont aussi augmenté, une réduction
dans celles du blé se trouvant plusque com-
pensée par des arrivages plus considérables
de maïs, d'avoine et de pois.
(1) Valeur du cent, 0 fr. 053.
(2) — du quarter, 2 hectol.
819.
439
'idURNAX MENSLIiL DR l'ACADÉXIR NATIONACK
440
INDUSTRIE
LA MÉTALLURGIE DE FER AUX
ETATS-UNIS.
L'Europe industrielle aura-t-elle avant
peu d'années à compter sérieusement avec
la concurrence de Tindustrie sidérurgique
des Etats-Unis ? Les fontes, fers et aciers de
l'Amérique vont-ils abaisser les prix des
produits similaires fabriqués sur le Conti-
nent et en Angleterre, de la même façon
que les céréales américaines ont avili la
valeur marchande des récoltes européen-
nes ?
A première vue, dît le journal canadien:
Le Prix Courant, cela semble impossible,
puisque les Etats-Unis défendent leurs fron-
tières par des droits d'entrée de 4 dol-
lars (1) par tonne anglaise de fonte, 7,84 dol-
lars par tonne de rails, 13,34 dollars par
tonne de fer en barres, que les prix de la
main-d'œuvre sont très élevés, et qu'enfin
les produits fabriqués ont à parcourir des
distances par voies tentées et par eau, pour
arriver aux ports d'Europe.
Mais il faut se rendre à l'évidence des
faits et tenir le plus grand compte des sé-
rieux avertissements donnés, dans ces der-
niers temps, par des ventes qui n'étaient
peut-être pas faites à des prix normaux,
qui n'étaient sans doute consenties à des
prix défiant toute concurrence que pour
écouler des stocks, ou bien étudier et prépa-
rer le terrain «n vue de prochaines campa-
gnes d'exportation.
Ce qui est constant, c'est l'abaissement
considérable des prix do revient des pro-
duits sidérurgiques des Etats-Unis, résul-
tant de la mise en œuvre de nouvelles mi-
nes de fer d'une richesse incomparable,
aussi bien que de l'entente entre les pro-
ducteurs de minerais, de coke et de fer, ce
qui permet de concentrer les efforts de
(1) Valeu du dollar (100 cents), 5 fp. 18.
puissances industrielles et financières consi-
dérables, pour arriver à la créatioa de gi-
gantesques établissements sidérurgiques où
les matières premières arrivent à des prix
très bas, où la main-d'œuvre est réduite au
minimum par l'emploi d'engins mécaniques
de grande puissance, où enfin les prix de
revient se trouvent abaissés dans une pro-
portion qui dépasse toute prévision.
M. Paul Trasenster, le savant professeur
de l'Ecole des mines de Liège, a tracé dans
la Revue universelle des mines Téchelle
décroissante de ces prix.
A la suite d'un voyage aux Etats-Unis en
1884, il estimait à 17 dollars le prix de re-
vient de la fonte Bessemer à Pittsburg à 11
dollars celui des fontes de moulage dans le
Sud et à 27 dollars celui des rails d'aciers
de Pensylvanie.
Sept ans plus tard, en 1891, un docu aient
officiel portait à 15,30 dollars le prix de
revient moyen de la fonte Bessemer dans
24 usines du nord des Etats-Unis, à 10,83
dollars le prix de revient moyen de la fonte
ordinaire dans 24 usines du Sud et à 25 dol-
lars celui des rails d'acier.
Jusque-là, la décroissance des prix ne
présente rien de bien exceptionnel, mais
depuis lors, la fonte Bessemer est descen-
due à Pittsburg, à 10 dollars et plus bas ;
les fontes del'Âlabama au-dessous de 6 dol-
lars, au fourneau ; les billettes d'acier, à 15
dollars et, tout récemment, les rails ont été
cotés 15 à 16 dollars.
Ce sont là des prix inconnus en Europe
et qui dénotent une véritable révolution in-
dustrielle. Il reste à savoir si ces prix résul-
tent d'une cause passagère telle qu'une
crise ou bien s'ils sont la résultante de
progrès industriels définitivement acquis.
D'après M. Trasenster, la baisse des prix
de revient .américains s'explique d'une part,
par la baisse de la main-d'œuvre résultant
! non seulement d'une réduction de salaires,
u\
INDUSTRIE,
441»
mais aussi de l'emploi de machines et d'ap-
pareils destinés à économiser le travail de
l'homme, d'autre part, par la fusion dos
intérêts des divers producteurs, par la sup-
pression des intermédiaires et par la réduc-
tion des profits.
Maîtres du marché intérieur, garantis
contre la concurrence étrangère par des
droits élevés, il semble que les producteurs
iméricains ne devaient pas être tenus à
serrer aussi étroitement leurs prix derevient
et leurs bénéfices unitaires.
C'est la concurrence intérieure qui les
tobligésà se défendre, alors surtout qu'une
nouvelle venue, la métallurgie de la ré-
gion du Sud, s'est installée avec des élé-
ments merveilleux, capables d'élever sa pro-
duftion à la hauteur de celle du Nord, si
elle trouvait des débouchés suffisants ; jus-
qu'alors, le développement des industries
de transformation y a été beaucoup moins
rapide que celui de la fabrication de la
fonte. Les Etats du Sud sont obligés de cher-
cher au loin des clients et de s'implanter
w le terrain jusque là réservé aux usines
du Nord.
Dans ce groupe méridional, quicomprend
les hauts-fourneaux de TAlabama. du Ten-
nesse et de la Virginie, on rencontre, côte
i côte, le charbon à coke et les minerais de
Ter. Aux environs de Birmingham, qui est le
principal centre sidérurgique de TAlabama,
Qoe coupe transversale longue de 15 mil-
lw(l) rencontre trois bassins houillers sépa-
rés par deux bandes siluriennes avec cinq
ilileurements de minerais de fer presque
tons en hématites rouges, contenant de 35
^^ % de fer, transformées en fontes sans
addition de fondant, grâce au calcaire mé-
langé au minerai.
Avec de pareils éléments, les hauts-four-
neaux du Midi peuvent fabriquer des fontes
«a prix de 6 dollars à 6,72 dollars la ton-
ne; c'est jusqu'à présent, faute de forges et
dadéries suffisantes, principalement sous
forme de fontes et notamment de fontes de
"^l^e, que les usines du Midi écoulent
teur production dans les Etats du Nord, et,
II) 2'> kilomètres environ.
depuis peu, en Europe, pir les ports de
Mobile, Nouvelle Orléans, {Pensacola, Sa-
vannah et Brunswick sur l'Atlantique, avec
un prix uniforme de transport de 2,50 dol-
lars pour tous les ports. Le prix de la fonte
estdonc, rendue aux ports du Sud, de 8,50
dollars à 9,25 dollars, ce qui lui permet-
trait d'arriver aux ports d'Angleterre moyen-
nant de bonnes occasions de Tret, comme
complément d'un chargement de coton,
à des prix capables de concurrencer les
fontes anglaises.
Mais les débouchés naturels de ces fontes
sont les Etats du Nord, où elles peuvent
arriver grâce à la modicité des tarifs de che-
mins de fer, qui ne représente guère pour
ces transports que 1,0 centime par tonne-
kilomètre.
Ce n'est qu'au cas où les fonles du Midi
seraient refoulées du Nord qu'il y aurait
peut-éiro à compter avec leur exportation
en Europe.
Il y a lieu déconsidérer, à cette occasion,
que les usines du Nord, loin de se laisser
entamer, se trouvent dans 1a meilleure si-
tuation pour accroître leur production et
en améliorer les conditions.
Dans le groupe du Nord, il y a deux di-
visions bien tranchées, celle de TEst ou du
versant Atlantique, comprenant des bassin,s
d'anthracite, des mineraisdefor et des acié-
ries puissamment outillées ; ce groupe fai-
blit en face des pro;;rès du groupe de
l'Ouest, dont Pittsburg est le centre.
La fabrication de la fonte et de l'acier a
fait de tels progrès dans cette dernière ré-
gion, qu'elle menace l'industrie de TEst et
qu'elle pourrait atteindre, un jour donné,
celle de l'Europe.
Les facteurs de cette colossale expansion
sonl, d'un côté, le coke de Connelsville,
près de Pittsburg, et, de l'autre, les mine-
rais de fer du Lac Supérieur ; ajoutons que
ces éléments sont mis en œuvre par l'esprit
d'initiative et la puissance financière de
quelques personnalités marquantes du mon-
de industriel, les Carneggie, Frick et Rock*
feller.
Le gisement exploité à Connelsville est
une grande couche en plat^ure de 5 à G
20
443
JOURNAL MENSUKL DR L ACADEMIR NATIONALR.
444
pieds (1) de puissance, afDeurant à flanc de
coteau sur plus de 70 kilomètres ; les facili-
tés d'extraction et d'abatage sont telles, que
le coke produit dans des l'ours assez primi-
tifs avec les charbons, ne revient pas à plus
de 1,15 à 2 dollars la tonne ; les 18.000 fours
du district ont fourni, en 1895, environ
7.400.000 tonnes dé coke.
Cette colossale industrie se trouve placée
entre les mains de la Compagnie H.-C.
Frick, dont le chef est associé à H. Carneg-
gie. On estime qu'il reste à extraire 450
millions de tonnes de houille de la seule
grande couche de Connelsville ; le coke
qu'elle produit est employé à fondre le mi-
nerai du Lac Supérieur constituant un gi-
sement incomparable comme étendue, ri-
chesse et surtout comme facilité d'exploita-
(1) Environ 1-80.
tion à ciel ouvert, par dérocheuses mécani-
ques; ce qui explique que sur place les
frais d'extraction et de redevance, tout com-
pris, ne dépassent pas 2 dollars la tonne
pour des minerais contenant plus de 60 et
jusqu'à 67% de fer.
Les usines Carneggie se sont assuré pour
nombre d'années un approvisionnement
presque illimité de ce minerai à un prix qui
ne dépasserait pas 2 dollars, franco Cleve-
land.
C'est avec de pareils éléments mis en œu-
vre par des industriels actifs, hardiset asso-
ciés, disposant de tous les capitaux néces-
saires, que la concurrence se poursuit en
Amérique ; pour le vieux monde, c'est dire
; à quel point elle est sévère et jusqu'à un
certain point menaçante.
{Chronique industrielle.)
PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Le VIN MAUJEAN
de M. L. Maujean, pharmacien-chimiste
de 1" classe, à Sermaize (Marne).
Ce qui distingue le vin Haujean de tous
les produits sim.ilaires et de toutes les spé-
cialités à peu près équivalentes, c'est qu'il
est, en quelque sorte, comme le résumé et
la synthèse de toutes les découvertes fécon-
des et bienfaisantes de la thérapeutique mo-
derne.
Ce vin n'est pas seulement bonparcequ'il
renferme de la viande, de la kola, du cacao,
de la coca, des écorces d'oranges amères et
des phosphates organiques, mais surtout
parce qu'il les renferme tous ensemble dans
les proportions nécessaires pour en faire l'un
des plus puissants reconstituants connus jus-
qu'à ce jour.
Notre savant et distingué collègue, sor-
tant de l'Ecole supérieure de pharmacie de
Paris, était, en effet, mieux armé que qui-
conque pour arriver à la formule définitive
de ce produit tonique et reconstituant en-
tre tous. M. Maujean ajoute qu'il est aussi
analeptique, antineura^thénique, apéritif
et digestif, et, étant donné sa composition,
nous ne faisons nulle difficulté pour le re-
connaître ; c'est tout à la fois un aliment et
un médicament précieux, dit son inventeur,
et il cite une longue suite de maladies dans
lesquelles, ou plutôt contre lesquelles il est
absolument souverain. ,
Sans vouloir donner ici cette longue
nomenclature, disons seulement que dans
tous les cas d'anémie et d'épuisement, de
surmenage et de fatigue générale il doit être
d'un effet excellent.
Pour nous, qui en avons bu, dégusté et
usé avec plaisir, il nous parait, encore une
fois, le résumé le plus judicieux et le plus
puissant de tous les reconstituants connus à
l'heure présente.
H5
FnOûinTS PHARMAClOITIQUItS.
448
H n'est point nécessaire d*appuyersurles
qualités nutritives des extraits de viande ;
tout le monde les connaît; or chaque cuillerée
devin Maujean renferoie le volume absolu
fc25grammesde viande de première qualité.
Il en est de mémo de la valeur nutritive
et reconstituante du cacao, et c*est avec
hesacoup de justesse et d*â propos que notre
eollègae rappelle le mot célè))re du gi*and
LiQoé, qui appelait le cacao l'aliment des
Dieux.
Tout le moade sait quel pouvoir merveil^
leox possèdent véritablement sur notre or-
poisme fatigué la kola et la coca, ces ré-
centes et précieuses conquêtes africaines ; il
est certain que ces végétaux l'emportent de
beaucoup sur le quinquina comme efficacité
immédiate, sans offrir les dangers de fièvre,
si l'on accentue un peu trop la médicamen-
Ulion.
Nous n'insisterons pas davantage sur les
propriétés de Fécorce d'oranges amères, qui
eâ connue de tous comme un antispasmo-
dique et un excitant de premier ordre.
Reste remploi des phosphates organiques
<]Qt jouent un si grand rôle dans la théra-
penliqae moderne ; on a trop employé jus-
<{u'i présent les phosphates minéraux qui
fatiguent l'estomac, sans, pour ainsi dire,
pouvoir s'assimiler, et certes l'emploi des
phosphates organiques, dont l'assimilation
ttlcomplète, constitue une des indications
•« plus précieuses en faveur du vin Mau-
iean.
Du reste, le professeur Robin s'exprimait
^n ces termes, à son sujet, devant l'Acadé-
ïniede Médecine, et il nous semble que l'on
^ peut pas mettre ses vertus en relief avec
pktt de compétence et d'une manière plus
t^isissante, en même temps :
• L'action de ces médicaments sur la nu-
taiioQ est extrêmement importante. Ils
instituent un puissant stimulant. Ils.agis-
*«ni efficacement dans toutes les maladies à
^' fessions nerveuses, car ils activent les
F**'nge8, comme le prouve l'augmentation
«*nsVurine des déchets organiques, d'où
•inesiimulation particulière du système ner-
''^lî une suractivité cérébrale et physique,
et mieux, une augmentation rapide do poids.
Nous pouvons citer un sujet atteint d'une
maladie d'Addison qui engraisse de trois
kilos en vingt jours ; un autre, atteint d'hy-
perténie gastrique, augmentant du même
poids en quarante et un jours ; les n'ixi-
ques récupèrent en moyenne cfnquantë
grammes par jour.
C'est doiic le médicament spéciRque dé
tous les états asthéniques, que cette asthénie
soit primitive, telles les neurasthénies &
formes dépressives, les albuminuries phos-
phaturiques et les chloroses torpides : oii
bien qu'elle soit consécutive à une maladie
infectieuse, telle que la convalescence de la
grippe et de rinfluenza, etc.
On en obtiendra aussi d'excellents effets
dans ces phtisies torpides avec dépression si
fréquentes chez les jeunes gens et qui sont
accompagnées d'une abondante phospha-
turie. »
Et c*est autorisé par la haute approbation
de cet illustre praticien que M. Maujean a pu
dire fort à propos lui-même,en résumant,en
quelque sorte, les qualités de son vin :
a Sa saveur est agréable; lesadultes^ les
enfants même le prennent avec plaisir. Son
action est pour ainsi dire immédiate ; dès les
premiers jours de son emploi, il provoque
une réaction vi laie très prononcée ; il abrège
ainsi la durée des convalescences parfois si
longues.
Stimulant, mais non pertubateurjl forti-
fie l'estomac, ouvre l'appétit, active la nutri-
tion languissante des constitutions molles et
lymphatiques, il ranime les forces des vieil-
lards, régularise les fonctions du cœur, fa«
cilite la croissance des enfants, leur donne
une charpente osseuse solide et leur évite,
par cela même, les déformations si fréquen-
tes des membres et de la taille. Son utilité
est incontestable pendant la grossesse : il
arrête les vomissements, fortifie la mère, four*
nit à l'enfant la matière osseuse nécessaire à
sa formation et lui assure une constitution
robuste.
Il donne k la jeune mère un lait riche et
abondant et lui fait supporter sans fatigue
les longs mois de l'allaitement.
Il est indispensable dansTanémie, la chlO"
447
JOURNAL MENSUEL Dl
rose, les paies couleurs, les maladies des os
en général et dans tous les cas où l'organisme
est débilité. On ne saurait trop le recom-
mander aux personnes prédisposées aux
maladies de poitrine. »
Hest évident qui! existe depuis longtemps
des quantités de spécialité de peptones, de
kola, de coca, do glycérophosphatos, etc.,
etc. ; mais, comme nous le disions au com-
mencement de cette note, le grand mérite
de M. Maujean consiste à avoir su, le pre-
mier, grouper, réunir et synthéthiser toutes
ces vertus éparses, toutes ces qualités cura-
Utcs séparées, et l'on peut ajouter qu'il n'y
est arrivé qu'après de longs et minutieux
travaux de laboratoire.
ifAGADiMlB NATIONALE. 448
En un mot, notre savant collègue a voulu
avant tout : nourrir l'estomac sans le fati-
guer, fortifier les dilTérents tissus de Torga-
nisme, ranimer l'appétit, et Ton peut dire
qu'il a dépassé le but qu'il s'était assigné
lui-même, en arrivant à la formule définitive
de son vin.
Chaque cuillerée à soupe représente 25
grammes de viandes et contient, en même
temps, 0,25 de phosphates organiques
(chaux, soude, potasse) ; cette dernière cons-
tatation suffit pour en démontrer Teflicacité
souveraine dans une foule de maladies, et il
nous semble que toute autre considération
serait superflue.
VARIÉTÉS
IN8UBMER8IBIUTÉ DE8 NAVIRE8
Réduction du tirage et facilité d'évolution.
Projets et considérations, par M. Paloux,
garde d'artillerie, chef artificier à Oran
(Algérie).
Nous sommes heureux de mettre sous
lesyeux de nos lecteurs la note suivante
qui émane d'un homme dont Tesprlt est
sans cesse en éveil pour arriver à trouver
une amélioration qui puisse servir à tout le
monde.
En tout cas, elle soulève un problème
fort intéressant, non encore résolu et qui,
aunom de rhumanité même, est bien di-
gne de retenir l'attention des spécialistes,
et de ceux qui s^occupent plus particulière-
ment des questions maritimes.
(Note de la Rédaction.)
Bien que nos propositions soient spécia-
lement scientifiques, éi Tappui de la pre-
mière nous évoquerons le souvenir de la
longue série des naufrages enregistrés ou
constatés depuis tant de siècles, et particu-
lièrement de ceux qui sont survenus à no-
tre époque, c*est-à-dire le naufrage des
navires de guerre anglais et espagnol :
« Victoria », « I^a Reine Régente », et celui
du navire do la marine marchande française,
« La Ville de Saint-Nazaire » ; naufrages
qu'il eût été facile de conjurer par des dis-
positions presque simples, dirons-nous, et
dont l'application sera faite un jour, nous
en avons Tassurance, quel que soit l'esprit
d'opposition qui puisse fatalement surgir^
comme i! en a été à toute époque. D^ail-
leurs, n'est-ce pas là le prélude de toutes
les améliorations rapportées dans l'histoire^
Cela dit sans autre commentaire, noua
entrerons immédiatement dans le corps dif
sujet que nous nous proposons de traiter.
Le premier des trois problèmes posésJ
qui est d'une importance capitale, serai^
résolu par les moyens suivants :
Contrairement à la distribution actuelle
des navires, même de ceux dits à cloison^
étanches, lesquels comportent de larges
couloirs ouverts à tous les étages et par-
courant toute rétendue de ces navires, ce
qui constitue des canaux d'envahissementi
ceux-là seraient flanqués dans leur lon-
gueur et selon leur importance de 7àd
440
VAMlirrES.
48)
enlreloiscs ou cloisons transversales faites
en inélal et assez solides chacune pour sup-
porter une pression d'eau égale à celle qui
igitoa peut agir sur les flancs du bâtiment,
cequ'il est faciled'obleniren consolidant ces
cloisons par deux lignes de tirants enfer qui
relieraient longitudinalement celles-ci en-
tre elles et seraient dissimulées dans l'épais-
«eor des ponts ou planchers.
Cette disposition diviserait alors le navi-
reen 8oulO travées ou compartiments bien
disliocts et indépendants les uns des au-
tres (1) avec rampe d'accès sur le pont pour
chacun de ceux dounant asile aux passagers.
La chambre élagée des machines et chau-
dières pour les navires à vapeur (bientôt à
pétrole (2) ou essence analogue) pourrait
ne pas être indivisible, mais comprendre au
contraire deux demi-chambres ayant chacu-
ne an moteur indépendant qui concourrait
an fonctionnement du même propulseur.
Ensuite, les cloisons précitées seraient ù
chaque étage ainsi qu'à la cale percées d'une
seule porte de communication ayant une
largenr moyenne et commune à toutes. Ces
portes seraient disposées suivant Taxe du
navire et dans un plan vertical entre elles.
Dans l'épaisseur donnée à la partie mé-
diane des cloisons et sur un peu plus de la
•argeur des couvertures inscrites serait mé-
nagée une glissière à mi- fer destinée à rece-
voir une espèce de vanne métallique à effet
malliple. Cette vanne, de la hauteur de la
cloison, serait percée elle-même de portes
correspondant en temps ordinaire à celles
qu'on aumit pratiquées dans chacune des
^otretoises.
Ces vannes, retenues en place par un dis-
positif à ce destiné, devraient, lors d'une
^^rte, sous le commandement de Tofficier
i^ quart agissant sur un mécanisme à
0) Autrement dit, cet état de choses consti-
perait le type du navire alvéolaire dont les
^ricaios ont fait mention a pris une com-
onnlcation donnée de ce premier chapitre.
W 11 est bon de reconnaître la supériorité
^ce nouvel élément sur la vapeur môme,
*ntàcause de son double rôle de combusti-
°^6 et d'action dynamique, duquel ressort le
^ de volume de son moteur, que de ses fa-
cttllés d'ofumisrasineent.
portée de sa main (commutateur électri-
que par exemple) et sous leur propre
poids, pouvoir s'abaisser et venir obstruer
à l'heure voulue, et dans un temps calculé
aliu do ne blesser personne^ chacune des
ouvertures sises dans les cloisons, et cela en
dépit de toute pression venant à s*exercer sur
les dites vannes à la suite d*une avarie. —
En cette circonstance, les personnes qui
viendraient à être emprisonnées dans le
compartiment envahi évacueraient ce der-
nier par la rampe dont il a été parlé.
Des matières plastiques, disposées sur le
pourtour des portes et de chaque côté de la
coulisse, assureraient Tétanchéité.
Par le moyen énoncé, d*une simplicité
absolue comme principe, on a compris le
fonctionnement général.
Au cas d'une rencontre entre deux navi«
res (run pouvant être une épave) ayant
pour conséquence le défoncement inférieur
ou latéral d'une travée, Teau ne pourrait
alors envahir que cette division du bâtiment
sans atteindre les autres aussitôt fermées par
les moyens indiqués.
De cette manière, le dégât consisterait- il
dans réventrement d'une des demi-cham«
bres des machines, ce qui serait Tun des
cas les plus graves. L*eau remplissant cette
travée ne pourrait ni détruire complètement
la force motrice, ni Jaire sombrer le navire
qui resterait soutenu par ses deux extrémi-
tés, lesquelles représenleraientencoredeîà
9 divisions non envahies, soit au moins les
7/8 de la capacité normale.
Pour toute avarie de ce genre, cet état de
choses permettrait, en outre, une réparation
tout au moins rustique de la brèche pro*
duite, capable de maintenir suffisamment le
navire à flots pour lui faire affronter la mer,
en même temps que l'eau embarquée pour-
rait être extraite à l'aide de pompes exis-
tant à bord.
En allant à l'extrême, le navire fût-il
coupé radicalement en deux parties ou tron-
çons, que chacun d'eux serait susceptible
de flotter, et l'ensemble, dépourvu de l'ac-
tion des machines qu'on peut supposer ne
plus pouvoir fonctionner à cette heure,
pourrait tenir la mer assez longtemps pour
451 lOORNAL MENSUEL DE
être recueilli et remorqué par un navire de
passage.
D'autre part, ces fragments du navire di-
visé, aidés d'une voile de circonstance, au-
raient des chances de pouvoir continuer
leur route, plus lentement il est vrai, et
d*aborder à quelque rivage.
Ce qui vient d*être expliqué pour les
écueils mouvants existerait au même titre
pour l66 écueils fixes, tels qu Ilots ou ro-
chers cachés, sans omettre Texplosion pos-
sible d'une chaudière à bord dont le mal
produit se trouverait ainsi localisé. Par sui-
te, aucun bâtiment soumis à ces règles de
construction ne saurait désormais disparaî-
tre.
Cela dit, qu'on n'oublie pas que les dis-
positions prises assureraient en outre par
les charpentes créées la solidité du navire
et, de plus, mettrait celui-ci à l'abri d'un in-
cendie général, événement plus encore re-
doutable en mer qu'un naufrage.
•Nous ajouterons que les résultats précités
ne sauraient être obtenus par le principe des
cloisons étanches actuelles, lesquelles ont
été appliquées différemment de ce qu'elles
devaient être, c'est-à-dire inutilement dans
le sens de la longueur et sans la résistance
suffisante en divers points, en même temps
que les coursives qui les traversent en bâ-
bord et tribord ne peuvent être automati-
quement et sûrement fermées à l'heure cri-
tique d'une collision.
Maintenant, on pourra nous objecter que
Tadoption de cette division du navire ré-
duirait les coitimodités d'embarquement des
marchandises ou pourrait empêcher le pla-
cement de certaines longues pièces à trans-
porter, à quoi nous répondrons que la sé-
curité pubUque domine tout autre intérêt,
comme aussi il est des accommodements en
maintes circonstances (1).
Voici donc, en quelque sorte, une entrée
en lutte contre tout naufrage possible, si ce
(1) Ainsi, les longrues pièces visées, qui com-
prennent surtout les bois de construction, ne
sont déjà transportées que sur des navires
spéciaux dépourvus généialcinonl de passa-
gers, et qui ne peuvent guère faire naufrage à
cause de la nature de leur ctiarge.
L ▲CADEMUE NATIONALE.
402.
n'est peut-être une base fondamentale éta^
blie.
A d'autres, aux armateurs et aux cons-
tructeurs de bâtiments de continuer le dé-
veloppement de cette modeste ébauche en
mettant le principe émis en vigueur.
Qu'ils sachent qu'en s'y conformant ils
assureront du môme coup fleurs intérêts et,
ce qui est au-dessus, les existences humai*
nés (|ui leur sont confiées et dont la valeur
n'appartient à aucun tarif.
Réduction du tirage.
Ce résultat serait atteint en copiant sim-
plement l'œuvre de la nature, c'est-à-dire
en donnant aux navires de guerre ou mar-
chands la forme rationnelle des poissoas à
marche rapide.
Celte forme est celle d'un ovale fortement
allongé et terminé à chaque extrémité par
des ogives dont celle de l'arrière (petite ba-
se) est à fermeture lente.
De mémo, la partie antérieure (grand dia-
mètre), représentant la proue du bâtiment,
aurait une profondeur d'immersion plus
grande que celle de Tarrière (1), les deux
parties se raccordant par unedroite oblique.
Ces formes et cette disposition auraient
pour effet de diminuer considérablement la
nature du frottement, car dès que les eaux
divisés seraient à leur maximum d'écarté-
ment, ces mômes eaux ou leurs molécules,
pour se rendre ensuite de ce point à la
poupe du navire, ne feraient qu'actionner
ce dernier en se resserrant sur lui, resti-
tuant ainsi une grande partie des forces uti-
lisées pour leur division ou déplacement.
Contrairement H cela, les bâtiments ac-
tuels, de largeur constante sur la majeure
partie de leur longueur, éprouvent de la
part du liquide ambiant une résistance per-
manente due en partie à son irottement sur
les flancs du navire.
De même, étant appliqué suivant certai-
nes données, le mode de construction pro-
posé ne saurait porter sensiblement at-
teinte au tonnage des navires, et d'autre
(l}Soit entre les deux parties une dilTùrence
de niveau éffale à l'anjçlode feinieture d*uu des
côtés du navire.
4SS
VARIÉTÉS.
454
pirt celui-là serait amplement racheté par
les avantages exposés.
Après cela, pour la stabilité du bâtiment,
celui-ci serait pourvu d*une quille ou arê-
te longitudinale de fond Taisant saillie d'au
moins un mètre, principalement en se rap-
prochant de la partie antérieure de la ca-
rène.
Cette arête, totalement métallique, au-
rait pour rôle d'empêcher les déplacements
latànux et brusques du navire (1), soit de
combattre tout chavirement en atténuant
du même coup le roulis, assez redoutable
pour les passagers.
En dehors de ses fonctions, cet organe ne
saurait nuire par le tirant d'eau qu'il aug-
(oeota^it, car généralement les ports ont
une profondeur qui répond au delà des be-
soins pour les navires marchands.
Les cuirassés, auxquels cette application
pourrait être également faite^ ne sauraient
eux-mêmes en souffrir, car les ports fermés
leur donnent déjà rarement accès.
n est même à supposer que cette arête
serait une ligne de force, et qu'en offrant
00 plan convenablement incliné à Pavant
die ne ferait que ramper sur un corps ren-
contré et prévenir un accident plus grave.
Cet organe, engagé même dans le sable
ou au milieu des galets, ne saurait, à notre
ivis, enliser le navire.
Enfin, pour parfaire Tassiette de ce der-
nier, sa section transversale se rapproche-
rait de la forme elliptique, sauf pour la
partie supérieure du bâtiment où elle ne
peut être admise. Cette forme, empruntée
de même au poisson, aurait pour effet d'à-
mortir l'action des lames en leur offrant,
ptr les courbes données, un glacis de re-
U)ur à la mer au lieu d'une surface perpen-
diculaire de résistance, ce qui, en outre, les
torterait du pont du navire.
Facilité d'évolution.
Ce troisième résultat serait obtenu par
l'&ppiication des formes précédentes don-
nées aux b&timents, résultat qui serait
^] Résultat dû à la surface de celle arôte ou
^e et au lest qu'elle constituerait par son
Krand bras de levier.
d'une indéniable utilité, surtout pour ceux
du service de guerre.
Tandis que théoriquement pour un navire
à flancs parallèles le cercle d'évolution
n'existe pas, puisque la ligne de marche
est subordonnée à celle des points d'appui
constitués (côtés de ce navire) formant
plans de direction, il en sera tout autrement
avec un vaisseau dont les flancs offriront
un angle de fermeture calculé.
Ainsi, pour un navire de ce modèle, la
courbe normale d'évolution sera en principe
proportionnelle à l'angle de fermeture du
bâtiment, courbe dont Taxe (pour le rayon
à déterminer] sera située au point de croise-
ment d'une droite prolongée suivant la
grande base du navire et d'une perpendicu-
laire élevée sur le milieu de la corde figu-
rée qui reliera les extrémités de la partie
extérieure et décroissante de ce même na-
vire.
Par suite de cette définition, la valeur du
rayon cherché pourra être exprimée par la
formule suivante :
R = H
H représentant l'hypothénuse du triangle
rectangle obtenu dans la figure ainsi for-
mée.
D*après cette dernière, on peut voir de
même que la diminution de résistance sera
proportionnelle à la surface d'action du
liquide comprise entre les points représen-
tant la courbe d'un navire actuel.
Il reste de toute évidence que la meilleure
forme à donner à un vaisseau de guerre
pour ces sortes de manœuvres serait, s'il
était pratique, une courbe circonstancielle
correspondante h celle d'évolution.
Maintenant, pour le cas où les navires
non pourvus de deux hélices auraient à
évoluer sur place avec rapidité, nous pro-
posons un appareil spécial (1), d'une grande
simplicité, qui serait relié au gouvernail,
par conséquent placé à l'arrière du bâti-
ment, en dessus du niveau de l'hélice, et
dont voici la description :
(1) Qu'on nous permette de croire que le
« Victoria »>, muni d'un appareil analogue, au-
rait pu fermer à temps son cercle d'évolution
et éviter, par là, la collision.
455 JOURNAL MENSUEL DE L*.
II se composerait d'un corps de propul-
seur ou a dévialeur » en bronze à coupe
transversale ellipliquc, évidéd*un canal in-
térieur à section semblable, et formant
dans son ensemble et plan un demi -cercle
d'épaisseur réduite, avec axe et prise de
courant vers sa partie médiane. Cet organe,
monté sur Tarbre-pivot du gouvernail, s'ar-
ticulerait avec Texlrémité circulaire d*un
canal qui serait relié lui-même à un réser-
voir d'eau actionné par un corps de pompe
à haute pression.
Pour son fonctionnement, cet appareil
aurait sesdeux bouches d'écoulement orien-
tées du côté opposé à celui du mouvement
à produire, après quoi l'eau du réservoir
précité étant refoulée, cette eau, par sa vi-
tesse et sa pression, agirait sur les deux
branches à plans inclinés du propulseur et
sur leau extérieure oii elle trouverait un
point d'appui pour refouler le navire en
sens inverse.
Disons que, pour les effets de déviation,
l'orientation de cet organe resterait con-
forme à celle du gouvernail, et, par consé-
quent, ne saurait nuire aux fonctions de oe
dernier. Contrairement à cela, les forces de
ces deux organes poun*aient se combiner
pour agir dans le même sens.
Cet appareil pourrait de même, en cer-
taines circonstances, remplacer l'hélice pour
une propulsion lente du bâtiment.
Paloux.
PARIS PORT DE MER
Au point de vue du tonnage total des
marchandises qui, venues par eau, se dé-
versent sur ses quais, Paris est déjà le pre-
mier port de France. Que sera* ce quand
l'accès de la capitale aura été rendu aisé
aux bâtiments de haute mer par un canal
maritime la reliant à Rouen.
Alors la possibilité donnée aux marchan-
dises venant de l'Océan d'atteindre sans
transbordements le cœur de la France, et
en même temps l'un des nœuds de voies
ferrées les plus importants du monde, dé-
tournera des ports belges tout le trafic des
ACADÉMIE NATIONALE . 4 56
départements de l'Est et d'une grande por-
tion de l'Europe centrale; alors les navires
se presseront innombrables le long des
quais du grand Port maritime de Paris, et
non seulement ce trafic, ravi depuis peu à
nos côtes par la Belgique, nous fera retour,
mais encore nos industries trouveront dans
cet état de choses une nouvelle aisauce pour
lutter contre la concurrence étrangère par
rabaissement du prix des transports qui en
résultera, après avoir reçu un nouvel essor
des travaux de construction du canal
auxquels elles auront eu à coopérer.
La création d'un canal destiné à faire de
Paris un port de mer accessible aux navires
tirant jusqu'à 5 m. 80 est depuis plusieurs
années l'objectif d'un groupe d'ingénieurs
et de savants, à la tête desquels se trouve
un des membres les plus distingués de
rinstitut, M. Bouquet de la Grye.
Le projet actuel de ce canal, étudié,
cela va sans dire, jusque dans ses moindres
détails et avec une compétence absolue, a
pris le nom de son auteur principal : il est
connu sous le nom de projet Bouquet de la
Grye, et sera sans doute exécuté intégrale-
ment, si, ce qui est à peu près certain main-
tenant, le principe de Paris port de mer
est admis définitivement.
D*après ce projet, le canal partirait de
Rouen, où cesse la navigation de la Seine
pour les bâtiments de haute mer. De Rouen
à Oissel il suivrait la Seine, puis il coape-
rait en ligne droite la boucle très accusée
que fait le fleuve entre Oissel et Pont-de-
TArche. A Pont-de-l' Arche il emprunterait
à nouveau le cours de la rivière jusqu'à
Sartrouville ; là il s'enfoncerait une seconde
fois à travers les terres, franchissant en
ligne droite la racine de la presqu'île formée
par la Seine entre cette dernière localité et
Bezons. Enfin, de Bezons à Paris la future
voie d'eau ne s'écarterait plus du fleuve dont
elle épouserait les derniers méandres en
aval de la capitale.
A Paris, le canal aboutirait à un grand
port à créer dit de Clichy-Paris. Sa lon-
gueur totale serait ainsi d'environ 185 kilo-
mètres.
Pour livrer passage aux navires de moins
i07
VARfETICS.
458
de 3.000 lonuenux et tirant par conséquent
)u plus 5 m. 80, la profondeur du chenal a
été prévue de G ni. 20. Cette profondeur,
bien qu'un peu faible théoriquement, serait
ODS doute suffisante dans la pratique, puis-
que de grands ports, tels que Hambourg,
Melbourne et Rouen n*ont guère plus de
creux à marée basse.
Cette profondeur régnerait sur 35 mè-
tres de largeur, largeur du plafond ; elle
pourrait d'ailleurs être aisément augmentée
par la suite si les nécessités du trafic ve-
osieni à l'exiger. Ce plafond se raccorde-
rait par des parois en pentes douces avec le
terrain avoisinant, de telle sorte que la lar-
geur disponible pour la batellerie avec une
profondeur d'eau minima de 3 mètres se-
rait de 45 mètres.
Outre les grands ports de Rouen déji\
existants, et de Clichy-Paris à créer, entre le
port deClichy et les entrepôts de Saint-Ouen,
eotre le grand port du Havre et tous ceux
Miués entre ce dernier et Rouen le long de la
ImseSeioe, déjà accessible à la navigation
maritime, de nouveaux ports seraient amé-
nagés sur le parcours de la voie nouvelle.
lue des plus sérieuses gènes apportées
à U circulation par la création de ce canal
serait certainement celle dont souffriraient
sur son parcours les riverains de la Seine.
Eq particulier le grand faubourg de
Saiot-Sever, bâti en face de Rouen, sur la
rire gauche du fleuve, ne se trouverait plus
relié à la ville que par un pont tournant ;
de même plusieurs lignes de la Compagnie
de rOaest devraient être, ici déviées nota-
blement pour éviter leur traversée actuelle
des méandres de la Seine, là munies de
poots mobiles pour franchir le fleuve, ponts
mobiles que Ton ouvrirait pour livrer pas-
sage aux navires et que Ton fermerait pour
permettre aux trains d'aller d'une rive à
l'autre.
Cet inconvénient, qui semble très grave
au premier abord, apparaît bien moindre si
Ton songe que, moyennant une réglementa-
tion bien faite, il serait possible de n'ou-
vrir ces ponts mobiles pour donner passage
aux gros navires qu'une dot^zaine de fois
par jour, soit, par exemple, toutes les deux
heures^ tandis que la durée des ouvertures
n'excéderait qu'exceptionnellement une di«
zaine de minutes.
Comme autre preuve du peu d'impor-
tance de cette gène, on peut d'ailleurs citer
roainIrS exemples.
Ne vient-on pas, tout dernièrement en-
core, de construire à Londres un pont
tournant sur la Tamise, en un point oii la
circulation, tant des voitures que des ba-
teaux, est l'une des plus intenses du monde
entier? Enfin, sans aller si loin, n'existe-t-,
il pas à Paris, coupant le canal Saint-Mar-
tin, un tablier mobile sur lequel la circula-
tion est plus du double de celle du pont de
pierre à Rouen et qui s'ouvre de quinze à,
vingt fois par jour pour livrer passage à
plus de douze mille chalands par an, sans
que cette gène nécessaire ait soulevé de
protestations.
La circulation devant le futur canal de*
vaut s effectuer de nuit comme de jour, il
va sans dire que cette voie nouvelle serait
éclairée après le coucher du soleil, et, )&i la
navigation fluviale voulait utiliser lei faci-
lités offertes par cet éclairage pour voyager
de nuit, elle aurait à solder un droit qui
sans cela ne lui serait pas demandé, puis-
que actuellement elle parcrmn la Seine
sans rien payer. Enfin, il en serait encore
de môme si cette batellerie voulait raccour-
cir sa route en empruntant les coupures lai-
tes par le canal à travers les presqu'îles d'Ois-;
sel et de Bezons.
Seuls les navires tirant plus de 3 mètres,
incapables par conséquent dans Tétat actuel
des choses de remonter la Seine jusqu'à
Paris, auraient à payer un droit de passage
à travers le canal en tout état de cause, et
ceci ne sera que justice, puisque sans lui ils
ne pourraient arriver à la capitale.
. Ces droits de passage ou d'utilisation des
facilités nouvelles offertes par lecanal, ainsi
que les primes prélevées pour les déchar-
gements effectués en s'aidant des quais
établis par ses constructeurs, pourront d'ail-
leurs être assez réduits, si l'on considère que
les basses évaluations portent à cinq mil-
lions de tonneaux la circulation à prévoir
dans les nouvelles eaux, et que l'entreprise
459
lOUBNAL MENSUEL DE L ACADEMIE NATIONALE.
400
totale ne coûtera pas plus de 150 millions
de francs d*après Tauteurdu projet, pas plus
de 250 millions d'après ses contradicteurs
les plus pessimistes.
- UoQ des questions qui soulèvent les plus
vives polémiques, quand il s'agit des détails
dlinstallation du canal, est celle des écluses.
) Le canal sera-l-il ou non muni d'éclu-
ses?
Certains ingénieurs pensent que quelques
écluses seront nécessaires, et cependant à
priori leur nécessité ne saute pas aux yeux.
Si la Seine avait naturellement partout
entre Paris et Rouen la profondeur de
6 m. 20 reconnue suffisante pour le futur
canal, les navires de haute mer pour-
raient atteindre la capitale sans travaux
autres que des dragages périodiques desti-
nés à empêcher l'enlisement de certaines
portions du lit.
Point ne serait besoin d'écluses. Or, au
moyen de dragages importants, on se pro-
pose de donner au fleuve cette profondenr
au détriment de sa présente largeur. Le
cube d*eau contenu dans la Seine actuelle-
ment entre Paris et Rouen sera évidemment
sufHsant, môme en temps de sécheresse,
pour remplir entre Paris et Rouen le canal
à créer, dont la largeur sera au fond de 35
mètres, au plan d'eau de 55, et dont la pro-
fondeur ne dépassera pas 6 m . 20, ce qui
représente une section droite moyenne m-
férieure à 280 mèires carrés.
D'autre part, la pente générale du fleuve,
assez régulière entre les deux grandes villes,
ne se trouvera pas sensiblement modifiée du
fait de l'exécution du canal ; elle subira
plutôt une petite diminution puisque à
R-ouen, point terminus aval, le canal aura
la profondeur môme du fleuve, tandis qu'a
Paris il sera un peu plus profond que le lit
de la Seine. La vitesse moyenne de régime
des eaux ne présentera donc pas de modi-
fication, elle se trouvera seulement régula-
risée. La vitesse du courant n'étant pas
changée, et la section du chenal d'écoule-
ment, comprenant celle du nouveau canal
et celle de la partie du lit actuel conserTée
pour servir de trop-plein, restant la même,
il s'ensuit que le canal sera constamment
rempliySans qu'il soit besoin de le couper
par des écluses dans le but de régulari-
ser les plans d'eau de ses différentes frac-
lions.
Enfin,la vitesse actuelle du courant de la
Seine, qui, comme on vient de le voir, ne
sera pas modifiée, permet aujourd'hui aisé-
ment à la batellerie de naviguer aussi bien
à la montée qu'à la descente ; à fortiori, elle
n'apportera aucun trouble dans la marche
des navires de haute mer à vapeur et môme
à voile, sauf pour ces derniers an moment
des calmes plats, moments auxquels en
toutes circonstances ils seront obligés d*a-
voir recours aux remorques, qu'il y ait des
écluses ou non.
Quoi qu'il en soit, il est dès aujourd'hui
décidé que cette importante question des
écluses doit être réservée jusqu'au moment
où seront établis les projets définitifs d'exé-
cution du canal.
A ce moment une commission technique
sera appelée à se prononcer en dernier
ressort sur leur utilité, et il y a tout lieu de
supposer que sa décision, concluant par la
négative, donnera toute latitude d'écono •
miser les 8 à 9 millions que coûteraient ces
écluses, et permettra, considération plus im-
portante encore, d'économiser aux navires
le temps que leur ferait perdre le franchis-
sement.
Pour terminer, disons que, si une déci-
sion prompte était prise relativement à la
transformation de Paris en port maritime,
de telle sorte que les travaux puissent com-
mencer bientôt, il serait encore possible,
en se hâtant un peu d'inaugurer le canal de
Rouen à Paris à l'aurore du XX* siècle.
Qui sait ? une revue navale, passée an
jour de cette inauguration par le chef de
TEtat dans les eaux du futur port de Clichy,
au pied môme de l'enceinte de Paris, sera
peut-être le clou tant cherché de l'Exposi-
lion universelle de l'an 1900?
m
i BXPOWM^S m GCiNOOURS.
\t.'.i.i"
im
EXPOSITIONS ET CONCOURS
EXPOSITION DE BRUX«I«U6«.: n /
.• . ..'. . .'i 'M. .: t
(Suite.) ' , I
(Voir les numéros du journal de-'juîïi^
ftoût et septerabré.) > '
U 20 octobre a eu Heu à Bf utelles, dané
Il grande salle des fêtes de rExposition, en
prince du roi des Belges, la cérémonie de
la distribution officielle des récompenses de
lExpoiilion. s
Le chiffré des récompensesdépasse 8.000.
La France en reçoit 2,676, dont 236
grands prix et 273 diplômes .d*hpnneur. j
L'Algérie, 330 récompenses, dont 4 grands
prix et 14 diplômes d'honneur. .
La Tunisie, 56 récompenses, dont 2diplô^
nés d^honnour.
, ,1
Nous, publions ci-aprè^ la, liste .des Ré-
compenses accordées à ceux des exposant^
de la section française qui appa]:lienneot ^
uHre Société. Par suite de retards apporté^
ilapub^cationdu palmarès officiel, nous
fie pourrons relater que dans notre prochs^icj
numéro les récompenses' acf|ordéês à no§
H»ciétajres étrangers. , ,
Exposants placés flORS CONCOUHS,
comme Membres 4u Jury* ; .
Chilut-Voïry, à.Tours. .
Chauvin (Alexis), à Paris* ,
Gacireau, à Bourdain.
Geisleh, aux Chatelles (Vosges).
GiuEL (Léon); à Paris.
GnaBERT-MARTiH)'à Saint-Debis.
Leborgne, à Launoy.
Méua, à Alger.
Mo(iCET-LESAGE, à Paris.
I Pellisson Père et fils, à Cognac.
De RicQLfes ET 0% à Lyon.
Société anonyme de la grande . dislilletf'ie
B. CusknieR; à Paris. ...
DIPJ-DMES DE GRANDS4PHÏX
BAJAC,à Liancôurt.
Blondel, à Paris.
Giron frères, à* Saint-Etienne.
Gouttière^ à Paris,
HuvÉ FRÈkESj'à'Paris.
Pruvost, à Paris.
Redouly et G% à Paris.
Richard (Jcles), à Paris.
TABCwiR|ER9tG*%,à Paris.
DIPLOMES D'HONI^UR
Bardou (Joseph) et fils, à Perpignan.
BouLENGER ET C'% à Paris.
Chaize frères, à Saint-Etienne.
Chandora, à Moissy-Cramayel,
Chanée et C'% ^ Paris. . ;
FoRNET, à Bo^rg.
Grosselin PkfLE ^^ Fils, à Sedan.
GuÉRET, à Paris.
Simon frères, à. Cherbourg. ,
ViBERT frères, à Paris.
VoLAND (Francisque), à Lyon.
DIPLOMES DE MÉDAILLES D'OR.
Bar, à Ranligny(Oise).
Bellemer, à Macau (Gironde).
Bruel fils, à Soûillab (Lot).
Brusson jeune, à Villemur.
Bures, à Caen,
CAuyi^-Y,vosE,à Paris.
Charel-Escorbia, à Saint-Etienne.
Cornu, à Paris.
CossÉ'Duval; à Nantes.
CoTTANCE, feAGOT et ÇiE, à Parls.
Denis-Benoist et Cie, à Roubaix.
Flinois, à Flavy-le-Martel (Aisne).
Fontana et CiE, à Alger.
Fortin, à Paris.
Fortin, à Clermont.
Gross, à Gouhenans.
Hurlot, à Paris.
Joanne, à Paris.
463
lOUBNAL MILNâUEL DE L*ACÀDlbllB NATIONALC.
404
Laubent- Calas, ù Bogny-sur-Heuse.
Martin, HAiTTEet Huberland^ à Pont-sur-
Sambre.
Halgin, & Paris.
Mercier et CiE.à Epernay.
MéRÉ oE Chantilly, à Orléans,
Hine(A.), à Dunkorque.
Olivari (Antoine), à Nice.
PoLLET (Alphonse), ù Tourcoing.
Pruvost, à Paris.
Raynal ErRoQUELAi;iiE| à (^pdenac.
Richard (Jules), h Paris.
Sbgaust, à Saint-Denis.
Vaissier (Victor), ù Roubaix.
DIPLOMES DE MÉDAILLES D'ARGENT
Rardou]ç-pKe(.ler, à Oran.
Bastos, à Oran .
Bertrand, à Constantino.
Brossard-Lemaire, à Paris.
Chalut- VoiRY» à Tours.
Chiffermann, àLisieui.
CoNZA, à Paris.
Duprat et Cib, à Bordeaux.
Flinois, à Fiavy-le-MarteL
Jeener, à Paris.
Navarro, à Bel-Abbès.
Paupy frères, à Paris.
PoLLET (Albert), à Tourcoing.
Ruch, directeur de la Société de couleurs
d'aniline, à Pantin.
Schmautz, à Paris.
Seguin, à Bordeaux.
Valentin-Roussel et FILS, à Roubaix.
Valtat, àï^aris.
YiAUD, àBarbezieux.
DIPLOMES DE MÉDAILLES DE BRONZE
Bardoux— Keller, ù Oran.
Bossard-Lemaire, à Paris.
Brochard-Quillet, à Chateaudun.
VvE Gourdon (A.), à Lyon.
Henrïcet, à Nantes.
SoKOLi4icKi, à Chinchon-Ia-Batàille.
MElNTIONS HONORABLES
Ghaumeil, à Annonay.
Hauton, a SaintNazaire.
Tison, à Lille.
EXPOSITION INTERNATIONALE
A BORDEAUX.
Une expo.siiion Internationale, organisée
par rUnion des Syndicats de Bordeaux et du
Sud-Ouest, aura lieu à Bordeaux du 27 no-
vembre à fin décembre 1897.
Cette Exposition comprendra tous les pro-
duits du commerce, Talimentation, l'hygiè-
ne, la viticulture, etc.
Toutes les demandes de renseignements
doivent être adressées à M. Jeau-Airred Vigé,
Directeur, membre de notre Société, 18, rue
Desbiey, à Bordeaux (Gironde).
LES OOMITÉ8 D'ADMISSION
A L'EXPOSITION DE 1000
Ijq Journal officiel du 18 octobre 1897 a
publié la liste complète des comités d'admis*
sion de l'Exposition universelle de 1900,
liste établie par arrêté du ministre du com-
merce et de l'industrie en date du 7 octo*
bre.
Cette liste, qui n occupe pas moins de 83
colonnes du Journal officiel^ est trop éten-
due pour que nous puissions songer à la
reproduire ; mais nous avons le devoir de
publier les noms des membres de l'Acadé-
mie Nationale appelés par leur notoriété à
faire partie des susdits comités d'admis-
sion. Voici les noms de ces Sociétaires avec
Tindication des classes auxquelles ils sont
attachés, et les désignations textuelles que
donne la publication officielle :
Classe 12.— Photographie.
Geisler (Louis), papiers, impressions di-
verses.
PiROU (Eugène), photographe portraitiste.
Classe 13. — Librairie, reliure, jour-
naux, etc.
Gruel (Léon), président de la chambre
syndicale de la reliure, libraire-relieur.
Classe 15. — Instruments de précision.
Richard (Jules), ingénieur-constructeur,
enregistreurs et indicateurs & distance.
465 tXI»OSlTlONS
Classe 17.— Instruments de musique.
GouTTièRE (Edmond), pianos.
Classe 19. — Machines à vapeur.
Faicot (Joseph), ingénieur des arts et
manufactures, machines à vapeur.
Classe 21 . — Appareils divers de la mé-
canique générale.
Caillait (Georges), ingénieur des arts et
mnufaclures, appareils de levage et ma -
ehioes auxiliaires pour la navigation (de la
maison Gaillard frères).
Classe 22, — Machines-outils.
Pinchart-Deny (Louis), machines-outils.
Classe 27. — Applications diverses de
l'électricité.
Trouvé (Gustave), constructeur électri-
cien. .
Classe 31. — Sellerie et bourrellerie.
FoRTiM (Eugène), feutres pour sellerie et
tapis de selle.
Classe 32. — Matériel des chemins de
fer et tramways.
Decauvillb (Paul), sénateur de Seine-et-
Oise, chemins de fer portatifs.
Classe 35. — Matériel et procédés des
exploitations rurales.
Bajac (Antoine), machines agricoles;
membre de la chambre de commerce de
Beauvais.
Brouhot (Charles), locomobiles agricoles.
Ghandora (Léon), ingénieur draineur.
Gautreau (Théophile), machines agrico-
les, ancien président de la chambre syndi-
cale des constructeurs d'instruments d'agri-
culiare.
Paupier (Léonard), instruments de pesage
^ petits chemins de fer, vice-président de
la chambre syndicale des constructeurs fran-
çais de machines agricoles et horticoles,
pMdeot honoraire de la chambre syndi-
cale des poids et mesures.
Classe 37. — Matériel et procédés des
industries agricoles,
Egrot (Alfred), ingénieur des arts et ma-
ET CONCOOR?. . 4^
nufactures, appareils à distiller (maison
Egrot et Orangé), président de la chambre
syndicale des constructeurs d'instruments
d'agriculture.
Hardon (Alphonse), ingénieur des arts et
nianu£ic|i2re&» . agriculteur et viticulteur,
secrétaire général du synélea^ dea ag^cul-
teurs et viticulteurs, membre du cMsatt
supérieur de Tagriculture.
Rabourdin (Charles), agriculteur*distilla-
tenr.
Classe 39. — Produits agricoles aliment
taires d'origine végétale.
MoNiN (le docteur Ernest), vulgarisateur
, de Thygiène»
Classe 42. — Insectes utiles et leurs
produits. Insectes nuisibles et végétaux
parasitaires.
Garicl (Raymond), appareils d'apicuN
ture.
Classe 51 . — Armes de chasse.
Debertrand (Edmond), colliers et arti-
cles de chasse (de la maison Lochet et De-
bertrand).
Classe 55. — Matériel et procédés des
industries alimentaires.
Lecornu (Pierre), matériel de confiserie.
Olivari, pâtes alimentaires.
Classe 56. — Produits farineux et leurs
dérivés.
Segaust (Gabriel), gluten et amidon.
Classe 57. — Produits de la boulange-
rie et de la pâtisserie.
^ ' SiGAUT (Jules) fils, pains d*épices.
Classe 58. — Conserves de viandes ^ de
poissons, de légumes et de fruits.
Chevalier (Charles), Président de la
Chambre syndicale des fabricants de con-
serves alimentaires.
Classe 5g. — Sucres et Produits de la
Confiserie ; Condiments et Stimulants.'
Cosse-Dcval (Victor), sucres.
Cusenier (Elisée), directeur des distille-
ries E. CusENiER et Gie.
4Qf JOURNAL MRNmL DK
' Moquet-Lesagé (Henri), Coiithiirerie de
SafDt-.Tamés.
'Tr^bdcien (Errtest), cafés et! chocolats.
Clause fX^.'^Vin$\€itMujiré$r'^ie.
c CHiLUT-VoiRV(Eugèifié), ▼In» de Vouvray.
Noilly-Prat, vet-rtioiith! ■
Classe 61. — Bi^issans diverses, . , .
tGuÉRBT (Gélealiii)^ matériel ^ar boisions
gazeuses, président de la chambre syndicale
des eaux gfze^ae?.. • • . »
Classe Qi. — Petite méfallur^'e,
^ CkZJiVÈOH (AUred), aiifcien iDg^nreur des
ponls et chaussées, robinetterie.
d^^è 65. — Décoration des édifices
publics e\ dès habitations!
Guil^ert-Martin (Auguste), mosaïste.
Ifutié '(Lucien), tnarbrerie.
Marrou (Ferdinand), ferronnerie.
Classe 6t. — Papiers peints,
'Jacque3 SiucÈ (Henri), couleurs pour p^-
pîèrs'peints.
^tewei j58. — AfeukUs <L bon marché.^ —
Meubles de. luxe.
, DiEi^sT I^Eug^ne}, meubles, vic^président
honoraire de la cbanf j^re'syndicale dçl'ft rpçu-
blemeut.
Classe eo. — Tapis. — Tapisseries.
Cn^rf^^ (l^), vclpursetpeittchçs d'ameu-
blement.
•'^'tEBORc^i ^Férdînatid), tapîs et étoffes c^a-
meublement.
.K - '. •;: ' ■ i ^' ■ ' ' ■ ■ '
Clasie 71 . — Céramique.
•'LAàROix i[Adolt).he), chirhîste, couleurs vi-
trifiables, émaux.
^^^Çjasj^l^^Apj^areils et, procédés du
chauffage et de la ventilation^ . \
^^ Mauçïk ,(Viçl^r). — Appfireils de chauXfa-
Classe 74. -r Appareils et procédés décf ai-
• ! r^^<? non-électrique.
Akar (Achille), appareils à ^z. '
'l*ACADÉIIIB WATIONALR. -W^
I Cto5e 75.— Matériel et procédé de la fila--
ture et de la corderie.
Gadeau DR Kervillk (iean- Victor) I cardes.
àïàsse 76. — Matériel et procédés de la
fabrication des tissus.
DiÊbERicHs (Théophile), métiers à tisser.
Classe 11'. — Matériel et procédés du bJ^n -
chimentt de la teinture^ de Vimpressio n
. • et de t apprêt des matières textiles à leurs
divers états.
GiLLET fils, teinture et apprêt (de la mai-
son Qillet et fils)*
Grosselin fils (Henry), tondeuses, laineu-
ses, fouléuses (de la maison Grosselin père
et fils).
VotANP (Francisque), gaufrage, moirage.
Classe 80. — Fils et tissus de lin^ de Chan-
* vre. Produits de la corderie.
Laniel (Henri), député du Calvados, toi-
les écrues et blanchies (de la maison LftDÎel
père et fils).
Classe 81 . — Fils et tissus de laine.
Tabourier (Léon), tissus de laine (de la
maison Tabourier et fils).
Classe S2. — Soies et tissus de soie.
Giron (Etienne), velours et peluches (de
ta maison Gfron frères).
Classe 86.— Arts chimiques et pharmacie.
BouiîE (Frédéric), raffinage (maison A.
Boude et fils).
' Deutsch (Henry), raffinage de pétrole et
de ses dérivés.
De RtcQL^s (Henri), alcool de menthe.
Classe 87. — Fabrication du papier.
Blanchet (Augustin), ingénieur des arts
et manufactures, papiers photographiques,
papiers fins (maison BUnehet frères et Klé-
CuviER fils, matériel pour pâtes de bois.
'' ^ Classe. SB. — Cuirs et peaux.
Berendorf (Edouard) fils, machines pour
le travail du cuir.
m
COMMERCE.
47Ô
Classe 89. — Parfumeries,
Beyer (Adolphe), machines pour parfu-
merie.
ViBERT (Lucien), parfumerie.
Classe 91. — Papeterie.
Brissard (Henri), machines à régler.
Marquise (Victor), porte-plumes, porte-
mines.
Toirày-Maurin (Charles), articles de bu-
reau, encres.
Classe 93. — Orfèvrerie.
BocLENGER (Adolphe), orfèvrerie argentée,
président de la chambre syndicale des fabri-
anls de couverts d'orfèvrerie.
Classe 94. — Joaillerie et bijouterie,
Desprès (Félix), bijouterie, joaillerie.
UuRAT (Greorges), bijouterie en doublé.
Classe 95. — Horlogerie.
GoNOY (Glaudius), président du syndicat
de la fabrique d'horlogerie.
Classe 98. — Industrie du caoutchouc et
de la gutta-percha. — Objets de voyage
et de campement. ►
Cauvin (Ernest), tentes, bâches, toiles, im-
perméables, conseiller général do la Somme.
Classe 99. — Bimbeloterie. s
Chauvin (Alexis), jouets, président de la'
chambre syndicale des fabricants de jouets
et jeux.
Classe 114. — Produits spéciaux destinés
à l'exportation dans les colonies. - •
ScHouTEETEN (Julcs), mcmbro de la cham-
bre de commerce de Lille, ancien président
du tribunal de commerce. -
COMMERCE
LC COiSMERCE EXTÉRIEUR DE LA
FRANCE
jpendant les neuf premiers mois de 1897.
H résulte des publications ofScielles de
radmioistration des douanes que, pendant
les oeuf premiers mois de Vannée 1897, les
importations se sont élevées à 2,897,955,000
ftwcs et les exportations à 2,714,089,000
francs.
Ces chiffres se décomposent comme suit :
IMPORTATIOMS
18P7
fr7
695.962.000
1896
t7.
739.'778.0CO
'JbjeU dalimentation
Matières nécessaires
à l'Industrie 1.738.572.000 1.658.809.000
^UftbriqaéB 463.421.000 400.333. OCO
Total «.897.955.000 2.85S.920.000
nwaTATioiis
fr.
£01.265.000
fr.
455.314.000
^U d'ilimentatioD.
Matières nécessaires
à Hnduslrie 719.S39.000 613.155.000
'*!«<• fabriqués 1.3:9.172.000 1.327.252.000
'^posUux 113.813.000 105 941.000
Total..
2.714.089.000 2.501.662.000
Comme on le voit, à la fin du mois de
septembre, les exportations étaient en aug**
mentation de 212.427.000 fr. et les împor^
tations en augmentation de 39.035.000 fr.
comparativement aux chiffres correspon-
dants de l'année précédente.
Si nous dégageons de la comparaison des
chiffres ci*desstis avec ceux qui ont été pu**
bliés il y a un mois, les résultats proprés ai|
mois de septembre, nous constatons que,
durant ce mois, les exportations se sont éle^
vées à 305.190.000 fr. et les importations
à 288. 189. 000 fr.
En septembre 1896, les exportations
avaient été de 296.691.000 fr. et les im-
portations de 261 . 1 80 . 000 fr .
Comme on le voit, le mouvement général
des affaires du commerce extérieur conti-
nue à être sensiblement plu^ actif en 189f7
qu'en 1896, et la balance de ce commierce
extérieur s*est maintenue favorable à nôtre
pays en septembre. Toutefois, il s'en faut
encore de 183.866.000 fr. que l'équilibre
se soit établi entre l'ensemble de nos expor-
tations et de nos importations/ eelles-ei de*
471 iOUHNAL MENSUEL DE L'aGA&ÊIHE FIATIONALB.
473
meuraDt .supérieures à celles-là, et malgré
ramélioraiioQ satisfaisante qui s*est mani-
festée dans la marche de nos relations
commerciales avec Tétranger, il a n*y plus
Ireu d'espérer que le chiffre des exporta-
tions arrive avant la fin de Tannée à dépasser
celui des importations. Ce n'est donc pas
encore en 1897 que nous aurons à enregis*
trer la supériorité de nos exportations sur
iir>s importations ; mais il est manifeste que
nous marchons vers Tobtention d'un sem-
blable résultat, que Ion n a pas eu à enre-
gistrer depuis près de quarante ans.
LE COMMERCE QÊNÉRAL DE LA FRANCE
EN 1896.
Le gros volume de près de 800 pages
consacré à la statistique du commerce de la
France avec ses colonies et les puissances
étrangères en 1896, publié par la direction
générale des douanes, commence par des
observations préliminaires sur l'esprit môme
qui a présidé à sa rédaction qui sont pleines
d'intérêt, parce qu'elles éclairent les innom-
brables tableaux, où il serait parfois ma-
laisé de se reconnaître.
C'est ainsi qu'à propos des expéditions
•ç^r transports mixtes^ nous y relevons cette
importante constatation : « Ainsi, des mar-
chandises expédiées de Londres sur Paris,
par Anvers, et importées par un bureau de
la frontière du Nord sont portées non plus
au compte de la Belgique, mais bien au
compte de l'Angleterre, toutes les fois que
les titres de mouvement mentionnent cette
dernière puissance comme pays de prove-
nance effective. On procède de même à l'é-
gard des marchandises exportées de France
par la frontière de terre, lorsqu'elles sont
accompagnées de lettres de voiture indi-
quant comme point de destination effective
un pays d'outre-mer. »
Si nos législateurs voulaient bien méditer
ces lignes et se rendre un compte exact du
commerce général qui nous est ainsi enlevé
au profit du portd'Anvers, en étudiant atten-
tivement les statistiques, nul doute qu'ils
ne s'empresseraient de voter les sommes
nécessaires pour achever l'outillage et Tins—
tallation du port du Havre, pour le mettre h
même de lutter contre son redoutable rival.
D*après le résumé analytique, nous
voyons que le mouvement du commerce
général de la France avec ses colonies et
les puissances étrangères est évalué pour
1896 (importations et exportations réunies
des marchandises de toute sorte), à une
somme totale de 9 milliards 522 millions,
ce qui représente une augmentation de
12 millions sur l'année précédente, et une
importante diminution de 90 millions sur
la moyenne de la période quinquennale an-
térieure à 1800. Tout ce que l'on peut dire,
c'est que la situation générale s'est un peu
améliorée par rapport à celle de Tannée
précédente.
A l'importation, les valeurs ont atteint le
chiffre de 4 milliards 929 millions. Elles ont
été supérieures de 9 millions à celles de
l'année précédente et inférieures de 219
millions à la moyenne quinquennale, ce
qui^pour nous qui croyons toujours à la réa-
lité de la balance du commerce, ne uous
paraît point une mauvaise chose, d'autant
plus qu'à l'exportation, le montant des va-
leurs a été de 4 milliards 594 millions. Il
est donc en excédent de 5 millions sur le
chiffre de 1895 et de 130 millions sur la
moyenne quinquennale. On voit par là que
si notre commerce général s'est peu relevé,
la comparaison entre les importations et les
exportations est, au contraire,- très rassu-
rante, et semble révéler un véritable réveil
de notre activité nationale.
Enfin, si nous nous en tenons, toujours
dansle même ordre d'idées, aux importations
etexportations réunies qti'il ne faut pas con-
fondre avec le commerce général qui com-
prend tout le mouvement transitaire aussi
bien que les admissions temporaires en plus,
nous trouvons pour 1896 un chiffre global
de 7 milliards 200 millions, représentant
une augmentation fort sensible de 106 rail-
lions sur l'année précédente.
C'est ainsi que dans les chiffres dn com-
merce spécial de 1896 les importations sont
comprises pour 3 milliards 799 millions et
473
GOMIIERGE.
474
les exportations pour 3 milliards 401 mil«
lions, ce qui représente sur Tannée 1895
BBe augmentation de 79 millions pour les
oarehandises importées et de 27 millions
pour les marchandises exportées.
U encore il est bon de faire remarquer
qae ces chiffres comparatifs, lorsqu'il s'agit
do commerce spécial, nous sont infiniment
moins avantageux que lorsqu'il s'agit du
commerce général, puisque nous n'avons
pins qae 27 millions au lieu de 130 millions
à I exportation.
La différence se retrouverait dans les ta-
bleaux du commerce transitaire à travers le
territoire, si nous avions la possibilité de les
rapporter aussi.
Quoi qu'il en soit, il y a une légère amé-
lionlion que nous sommes heureux de pou-
voir constater ici.
Le tableau n^ 4 nous présente un résumé
par pays de provenance et de destination
dn chiffre total des importations et expor-
tations réunies pour le commerce général
et pour le commerce spécial; il est du plus
haut intérêt et il y a là les chiffres détaillés
eooceroant soixante pays que notre com-
merce tout entier, que nos fabricants, que
DOS exportateurs reraient bien de méditer
avec le plus grand soin, pour en retirer les
easeignements et les indications pratiques
qu'il comporte.
Aussi, nous trouvons au premier rang
l'Angleterre avec un commerce général
avec nous pour 1896, de 1970 millions 3 et
Qo commerce spécial de 1541 millions 2.
Gomme nous le disions plus haut, cet écart
eotreles deux commerces pourrait diminuer
en partie à notre profit, ou augmenter à la
nibrique commerce général, si Ton veut, ce
qui revient au même, si nos ports et nos
moyens de transports étaient en état de
lutter contre ceux de l'étranger. Mais pas-
sons.
La Belgique vient au second rang, avec
d35 millions 2 au commerce général et
l'Allemagne au troisième rang avec784mil-
lions 1 ; cependant, la première faisait avec
nous 1.180 millions 7 en 1891 et l'Allema-
gne 862 millions 7. Il y a là des diminutions
qui doivent ne pas passer inaperçues, d'au-
tant plus que, nous ne saurions trop le re-
dire, on pourrait certainement enrayer
cette décadence commerciale lente, il est
vrai, mais régulière, en poursuivant l'achè-
vement du grand outillage national de nos
ports et de nos moyens de transports par
chemins de fer et surtout par canaux mari-
times.
Après les Etats-Unis, la Suisse, l'Espagne,
l'Algérie. ritalie et la République Argentine,
on est assez surpris dene voir arriver laRus-
sie qu'au 10® rang.dansses rapports commer-
ciaux avec nous, avec 289 millions en com-
merce général et 206 millions 2 seulement
en commerce spécial, et si aux importations
elle se relève un peu pour être au septième
rang avec 253 millions 9, aux exportations
elle passe au dix-septième rang avec 35
millions 1.
Ai nsi ,nous avonsexporté seulement 35 mil-
lions Tannée dernière en Russie ! Il semble
que nos fabricants et nosindustriels devraient
s'inspirer do la modicité de ces chiffres pour
chercher à se créer de nouveaux débouchés
dans ce grand empire moscovite dont les rap-
ports commerciaux avec nousnesuiventque
de loin les rapports diplomatiques et politi-
ques si cordiaux des deux nations.
A propos de nos colonies, le résumé ana-
lytique fait la constatation suivante : dans
l'ensemble de notre commerce extérieur,
les échanges entre les colonies et la métro-
pole n'excèdent pas, en commerce géné-
rale, 8 % à l'importation, 9 % à 1 exporta-
tion et, en commerce spécial, 10 % k l'im-
portation comme à l'exportation . II ne s'agit
donc ici que d'un très faible appoint ; mais
on voit par les constatations des dernières
années qu'il tend à augmenter. Ce résultat
doit être attribué à Textension de notre do-
maine colonial et aussi au développement
des relations commerciales de la métropole
avec ses établissements d'outre-mer.
Il y a là, en effet, des indices de vues
commerciales enfin plus pratiques et qu'il
serait temps de chercher à développer, si
nous voulons arriver à tirer véritablement
un profit sérieux de notre empire colonial.
Il y aurait bien des remarques curieuses
à faire pour chaque pays en rapports com-
475
JOURNAL MENSUEL i>l VàCkUtmE NATIONALE.
470
erciaux avec dous, môm e pour les plus
modestes, si le cadre de cet article nous le
permettait. Cest ainsi, par exemple, que la
République d'Haïti n'occupe que le dix-neu-
vième rang dans le commerce général avec
87 millions, tandis qu'elle pourrait en occu
per un beaucoup plus considérable, si, dans
rimporlation de ses cafés, le Havre ne se
laissait point distancer par Hambourg et
Gênes, tandis qu'il a seul, pendant de lon-
gues années, possédé le monopole presque ex-
clusif de cette exportation des cafés Haïtiens.
On pourra nous objecter qu'il n'y a point
lieu de regretter outre mesure que le com-
merce d'importation n'augmente pas.A cela
la réponse est facile : oui, si Ton est uni-
quement tributaire de l'étranger pour sa
consommation;mais si pourune denrée quel-
conque on arrive à créer cheznous un grand
centre d'affaires, il est évident qu'une par-
tie étant réexpédiée ù Tétranger, c est bien
notre commerce général, qui, sous forme de
transit, aura à y gagner.
Le tableau n^ 2 indique T importance
comparative en valeurs, à l'importation
comme à l'exportation, du commerce par
mer et du commerce par terre. La valeur
totale des transports par mer a élé de Ô
milliards 618 millions, importationset expor-
tations réunies.Le pavillon français est com-
pris dans ce chiffre pour 3 milliards210 mil-
lions, subdivisés comme suit :
Navigation avec les colonies et possessions
françaises et grande pè-
che 769.000.000
Navigation avec l'étranger. 2.441.000.000
Soit 3.210. OUO.UOO
La part de la marine étran-
gère a étéde 3.408.000.000
Si Ton veut bien se souvenir que le com-
merce général de lu France pendant cette
même année de 1895 a été de 9 milliards
522 millions, on voit donc que lecommerce
par mer a été de plus des deux tiers du
commerce par terre et ce n'est pas tout ; si
Ton y ajoutait les marchandises amenées
dans les ports par les voies fluviales et les
canaux intérieurs, on verrait combien le
commerce par eau est supérieur à celui réa-
lisé par les voies ferrées. Près de la moitié
de ce commerce par mer, à la vérité, est
effectuée par la marine étrangère, mais si Ton
voulait enOn s^ouiiller et créer les grands
canaux maritimes intérieurs, on relèverait
aussi rapidement le petit et le grand cabo -
tage et sur ce terrain même du commerce
international on cesserait rapidemeai, avec
un peu d'espritde8uite,d*étreles tributaires
de l'étranger. Et si nous insistons tant sur
la nécessité d'achever et d'outiller nos ports
comme le Havre, et de bien faire compren-
dre à nos différentes compagnies de trans-
ports par terre et par mer qu'il y a une
question de vie ou de mort pour elles com-
me pour la France à s'entendre et à se liguer
contre la concurrence étrangère, c*est que
nous en avons tous les jours la démonstra-
tion soûs les yeux. C'est ainsi que le résumé
analytique à la page 22 peut faire eette dou-
loureuse constatation :
a L'excédentaccusépar cette dernière caté-
gorie au commerce général aurait été moins
faible sans un changement survenu au cours
de 1896, dans le mode <l*expédition de cer-
tains produits d'origine suisse destinés à
l'Angleterre. Ces produits qui, naguère encore
transitaient par la France, prennent aujour-
d'hui une autre voie. Pour les tissus de co-
ton seuls, il s'est ainsi produit daus no-
tre transit une diminution de plus de 655
tonnes, correspondant à une valeur de 69
millions.
Voilà qui est fort regrettable, et encore
une fois, que nos compagnies de chemins
de fer s'entendent pour faire arriver direc-
tement, rapidement et à bon compte, les
marchandises d orip;ine suisse à destination
de TAngleterre par le port de la Palice, par
exemple, et nous sommes convaincus que
cetie véritable déchéance commerciale,
comme nation transitaire, cessera comme
par enchantement, car le chemin sera plus
court que celui d'Anvers.
Tout ce que nous venons de dire se troti-
ve malheui'eusement U*op confirmé par le
tableau 12 qui nous fournit la décomposi-
tion par mode de transport du poids des
marchandises ayant alimenté notre tn^
avec l'extérieur, et, à ce titrci il intéresse
477
GOMHRRCB.
47g
plus particulièrement notre marine mar-
cbaDde.
[| résulte des faits constatés en 180Ô que,
sur les 34.654.955 tonnes transportées,
19.985.719 (57.67 % ) ont emprunté la voie
maritime et 14.669.236 (42.33 %) les rou-
les de terre, c'est-à-dire les chemins de fer,
caoaux, etc. Dans le chilTro des transports
par mer, les navires français figurent pour
^MZAIS tonnes (33.34 % ), ceux des pays
de provenance et de destination pour
1386583 tonnes (42.96 % j et les pavillons
tiers pour 4.735.658 tonnes (23.70 % ), soit,
poor Tensenible des navires étrangers,
l'W22.241 ton nés (66,66 5^).
t Ces chiffres démontrent combien est
faible la part du pavillon national dans le
transport des marchandises que nous de*
mandons à Tétranger. Ces marchandises
sont chargées plutôt sur les navires des
pays de provenance ou même des pays
tiers. Mais il convient de remarquer que
DOS importations sous pavillon étranger con-
tât surtout en bois, métaux, pierres,
terres et combustibles minéraux, et que les
paysoù ces matières se trouvent en abon-
^bceont depuis longtemps constitué, pour
eo effectuer le transport, une flotte spéciale
juidéQe toute concurrence ». Ne vous sem-
l>le-i-il pas que cette constatation est faite
avec une résignation tranquille que ne com-
pone pas cependant la gravité exception-
nelle que traverse en ce moment notre ma-
rine marchande, et qu'avantdese déclarer
^incu il y aurait quelque chose à faire,
quand ça ne serait que l'outillage et Tachè-
^emeat de nos ports et de nos canaux mari-
times auxquels nous faisions allusion plus
haut ?
Dans le tonnage des marchandises impor-
'^ et exporlées,la proportion afférente aux
tiatières nécessaires à l'industrie dépasse de
^ucoup celle des deux autres catégories.
&mme nous en réexportons une partie
'fïnsibrraée par nosusines,avec une plus va-
'ue importante qui est payée par l'étranger,
'' n'y aurait point lieu de s'inquiéter outre
mesure de cette constatation si, au moins,
Dous prenions la majeure partie de ces ma-
^*îre8 premières —comme nous le pourrions
facilement — dans nos colonies ; malheu-
reusement il est loin d'en être ainsi et c'^t
là précisément ce qui est doublement pré-
judiciable et pour la métropole et pour ses
colonies ou pays de protectorat.
A propos des importations temporaires,
nous relevons les importantes déclarations
suivantes : l'augmentation porte è peu près
exclusivement sur les blés dont le mouve--
ment d^importation temporaire a passé do 33
millions en 1892, et de 29 millions en 1893,
à 37 millions en 1894, à 60 millions en 1895,
et à plus de 93 millions au cours de la
dernière année...
Pour les blés, la valeur des produits im-
portés est de 93 millions, alors que la valeur
des produits exportés est de 88 millions
seulement ; mais il convient d'ajouter à
cette dernière somme celle de 22 millions
représentant la valeur des sons provenant
des grains admis temporairement et qui ont
été versés dans la consommation après paie-
ment des droits.
On voit par là combien les accusations
d'agiotage sont erronées, combien le com-
merce transitaire à travers la France est im-
portant et pourrait surtout l'être davanta-
ge, comme nous le disions tout à l'heure, à
propos de la Suisse et du port de la Palice,
et combien enfin ne tarderaient pas à être
désastreuses pour notre commerce géné-
ral des lois arbitraires et d'exceptions, com-*
me celle du cadenas, dont il est question de-
puis trop longtemps déjà.
Et comme tout s'enchaîne logiquement
dans ces questions commerciales, le tableau
24 va encore nous apporter une nouvelle
démonstration de ce que nous venons d'af-
firmer.
Les marchandises étrangères expédiées en
transit par la France, en 1896, ont eu un
poids total de 5.897.664 quintaux métri-
ques ; c'est une augmentation de 169.921
quintaux métriques sur 1893.
Sous le rapport de la valeur, les opéra-
tions de transit représentent 613 millions ;
elles sont en diminution, sur 1895, de 43
millions. Ainsi que nous l'avons indiqué
plus haut, les tissus de coton de prove-
nance suisse et spécialement les broderies
479
JOURNAL MBNSOBL Dl L'aCADÉMIS NATIONALE.
4811
ODt à eux seuls donné une moins- value de
69 millions...
En ajoutant aux chiffres des opération^
do transit proprement dit les chiffres des
marchandises qui ont été réexportées après
avoir été placées sous le régime de l'admis-
sion temporaire, on obtient, pour 1895,
10.037.625 quintaux métriques avec une
valeur de 817 millions, tandis qu'en 1896,
11.032.270 quintaux, ne représentent en
valeurs que 787 millions. Cette diminution
de 30 millions de francs est en effet bien faite
pour nous faire réfléchir, car elle semble
la première indication fournie par la politi-
que de représailles économiques, dans la-
quelle il est toujours si dangereux de s'en-
gager.
Les perceptions detoutas natures opérées
par le service des douanes pour le compte de
l'Etat se sont élevées en 1896 à 469.316.350
irancs ; ceci représente bien une aug-
mentation de 25.235.853 francs sur Tannée
précédente ; mais comme la plus-value, rien
que pour les vins et les sucres, est de
24.300.C00 francs et qu'à l'égard des sucres
coloniaux, l'augmentation coïncide avec une
diminution de plus de 3 millions de francs
dans le produit des droits sur les similaires
étrangers, nous pensons que nous nous
trouvons là en face de mesures fiscales dé-
sastreuses dont nous n'avons pas à nous oc-
cuper ici.
Enfin un dernier mot à propos du com-
merce général de l'Algérie qui a passé de
1895 à 1896, de 588.006.000 millions à
523.209.000. Que Ton ne s'y trompe pas,
cette diminution réside surtout et avant tout
dans l'infériorité de nos moyens de trans-
ports par terre et par mer, dans notre outil-
lage économique incomplet, dans le non-
achèvement de nos ports, dans la création
de nos canaux maritimes toujours reculée,
dans le manque d'un chemin de fer de pé-
nétration reliant l'Algérie au Soudan, el
tant que l'on ne voudra pas voir en face le
danger et mettre surtout notre marine mar-
chande à la hauteur des marines marchan-
des étrangères, en lui donnant précisément
cet outillage, on pourra, on devra s'attendre
chaque année à de nouveaux déboires, à
de nouvelles déceptions.
Nous avons cherché à mettre en lumière
aussi fidèlement que possible l'esprit même
qui semble se dégager de ce gros travail de la
direction générale des douanes, et pour nous
il est éclatant et lumineux : il est temps que
la France achève de s'outiller pratiquement
et utilement, surtout au. point de vue de ses
moyens de transport par terre et par mer, si
elle ne veut pas finir par se laisser vaincre
tout à fait par la concurrence étrangère.
P. V.
Le Directeur-Gérant, Rédacteur en Chef,
Edg&nb THlfiRY.
»>»<♦
CttllMOMT (oIIB). — IMPRIMBRIB DAIX P1ÀBB8, PLACK SAlMT-AMDRé, S.
JOURNAL MENSUEL
tël^
DK
^^fiAB)
jfiO
L'ACADEMIE NATIONAÏrEi./
AfiRICOLE, lANUFiCTURlKaS ET COUERfilALE
67* Année. - NOVEMBRE 1897.
SOMMAIRE
AQUICULTURE. — La récolte de blé aux •Etats-Unis. — La récolle de blé dans la République Argentine. — Société
i'apicaltare delà Meuse. — La Chématobic du pommier, communication de M. Paul No«L à Rouen.
EXPOSITIOMS ET CONCOURS.— Le concours agricole de Paris en 1898. — Exposition de Bruxelles. {Suite.) —
Us Palais de l'Exposition de 1900.
••WHISTRIE. — L'électricité à Paris. — Le Pegamoîd. — Omnibus automobile de M. Tenting, à Paris. — La pro-
doctioa do fer dans le monde.
VARIÉTÉS.— Fêtes du Cinquantenaire de l'Association des ingénieurs de l'Ecole de Liège, toast porté par M. G.
lERCE. — Le commerce extérieur de la France pendant les dix premiers mois de 1897. — Le mouvement de
Uoavigattoo française en 1897.
BSLIOQRAPHIE. — Les Transports par terre et par mer, par M. Paul Vlbart. — Les plantes de grande culture,
pv ■• 0«hépaln. — La Nature et la Vie. par M. Gabriel Viaud. — La Papyrographic, par M. de Villanova.^
La Pbototntcrograpbie, par M. A. I.. Clément.
AGRICULTURE
U RÉCOI.TE DE BLÉ AUX ETAT8-UNI8
Lctat exact de la dernière récolte des blés
aux Etats-Unis n*est pas encore connu ; tou-
tefois, d'après les informations recueillies
nec soin, on estime que la superficie em-
blavée varie entre 15,400,000 et 15,900,000
hectares, le blé d*hiver occupant au moins
^ millions et demi d^hectares. Les rende-
ments moyens sont, avec de légères diffé-
rences dans les estimations, évalués^ 19quin-
iaux un quart à Thectare, pour lesblés d'hi-
ver, et à 15 quintaux un cinquième pour les
blés de printemps.
La récolte serait évaluée à 580 millions
de boisseaux, peut-être 598 millions. Com-
me le boisseau vaut 27 kilog. 18, le rende-
niem total varierait entre 157 millions et de-
mi et 1C2 millions et demi de quintaux mé-
triques. En prenant comme base le plus
faible de ces rendements, soit 157 millions
et demi de quintaux, le blé d'hiver figure-
rait pour 103 millions un quart et le blé de
printemps pour 54 millions un quart.
Les stocks anciens sont estimés atteindre
16 millions de quintaux. Quanta la consom-
mation américaine, elle est faible, relative-
ment à la consommation européenne ; pour
les 72 millions d'habitants de l'Union, les
statistiques sont d'accord à fixer aux environs
de 85 millions de quintaux la quantité né-
cessaire à l'alimentation, soit annuellement
un quintal et un sixième par této.
Les emblavures, de leur côté, exigent 15
millions dequintaux, soit un quintal à l'hec-
tare. Du fait de ces besoins, 100 millions de
quintaux sont ainsi absorbés par les Etats-
Unis.
Les quantités disponibles pour l'exporta-
tion seraient donc, pour cet exercice, de 57
millions au moins, et, plus probablement,
de 60 millions de quintaux, soit plus de
l million de quintaux par semaine.
Rappelons que le blé pesant en moyenne
"183 JOURNAL MBNSUBL DB
75 kilogrammes par hectolitre, les 60 mil-
lions de quintaux disponibles pour l'expor-
tation correspondent à une quantité de 80
millions d'hectolitres environ.
LA RÉCOLTE DE BLÉ DANS LA
RÉPUBLIQUE ARGENTINE
D'après les renseignements qui provien-
nent des principaux centres agricoles de la
République Argentine, il semble que la pro-
chaine récolte de blé sera de beaucoup su-
périeure à la moyenne aussi bien comme
qualité que comme quantité, etcompensera
largement les pertes épi*ouvées par les culti-
vateurs en 1896 et en 1897.
Le rendement moyen varie généralement
de 850 à 1,000 kilogr. à l'hectare. En pre-
nant le plus bas de ces chiffres, la récolte de
blé atteindrait au moins 3 millions de ton-
nes.
\ja, quantité de grain nécessaire pour les
tutures semailles, à raison de r.O kilogr. h
l'hectare, est évaluée approximativement à
150,00v) tonnes, en tenant compte de l'ex-
tension que la culture est susceptible de
prendre à la suite d'une année productive ;
la consommation intérieure est à peu près
de45),000 tonnes ;il resterajtdonc 1,400,000
tonnes, soit environ 18 millions 1/2 d'hectoli-
tres de blé à exporter.
SOCIÉTÉ D'APICULTURE DE LA MEU8E
Concours intomational do 1898
La Société d'apiculture de la Meuse met
en concours un Manuel classique d'a-
piculture, à rusage des écoles primaires.
Le travail jugé le meilleur sera récompen-
sé d'un objet d'art,d'une valeur de trois
cents francs ou do la somme en espè-
ces.
En outre du prix désigné ci-dessus, le jury
aura la faculté de décerner des médailles
danslecasoii plusieurs travaux lui paraî-
traient mériter des récompenses. De même,
ilseraen droit de nedécerner aucune récom-
pense.
Les manuscrits présentés devront être iné-
l'agâdémis nationale. 48
dits et écrits en langue française. Ik ne por
terontaucunesignalure, mais seront revêtw
d'une épigraphe répétée sur renvelopped'ur
pli cacheté qui contiendra le nom et l'adres
se de l'auteur et qui sera joint au manuscrit
Les plis porteurs des épigraphes correspoD-
dantes aux travaux couronnés seront seuls
ouverts d'office par le jury.
Les membres du jury seront désignés en
assemblée générale de la société ; ils ne
pourront prendre part au concours.
Les manuscrits et plis cachetés devront
être adressés à M. Alfred Boinette^ prësi*
dent de laSomélé, à Bar-le-Duc, avant le^o
décembre iSgS.
LA CHÉMATCBIE DU POMMIER
Moyen de prévanip sas ravages.
Communication de M. Paul Noël,
Directeur du Laboratoire régional d'ento-
mologie agricole à Rouen.
« Avec le froid, octobre amène Téclo-
sion du papillon d'une chenille, ennemie
terrible des pommiers, la chématobie, qui,
contrairement aux autres insectes qui s'eo-
dorment dès que vient Tbiver, éclot tou*
jours du 15 octobre au 15 novembre, pro-
duisant des ravages qui vont s'accroissant
toujours. Aussi croyons-nous bon d'indi-
quer aux cultivateurs les moyens d'enrayer
les progrès de ce fléau.
a L'œuf de la chématobie, pondu au mois
d'octobre précéilent, dans les lichens des
branches âgées déjà de deux ou trois ans,
donne naissance dès les premiers rayons de
soleil, alors que les bourgeons commencent
à s'entr'ouvrir, à une petite chenille noir-
verdalre, qui, dès sa sortie de l'œuf, s'in-
troduit dans les jeunes bourgeons et s'y ren-
ferme, dévorant, à mesure qu'elles appa-
raissent, les jeunes feuilles, puis plus tard,
les fleurs qui, castrées par cette chenille,
deviennent dans l'impossibilité d'être fé-
condées.
t La chématobie se change, au bout de
quelques jours en une chenille d'un tout
autre aspect, présentant cinq bandes bruu-
rose, dans un fond vert-jaunâtre, sur leur
485
EXPOSITIONS ET CONCOURS.
48^
peaa qui est alors verdâtre clair, et con-
tinue ses dégâts avec une voracité extra-
ordinaire, jusque vers le 10 juin, époque
où elle atteint son entier développement.
« Elle se laisse alors descendre vers la
lenre au moyen d'un léger fil de soie et
s'enfonce sous le gazon à une profondeur
de 5 à6 centimètres, entre les radicelles de
I herbe. Là, après un nouveau changement
de peau, elle se transforme en chrysalide et
reste dans cet état jusqu'au commencement
de l'automne.
« Du 15 octobre au 15 novembre, cette
chrysalide donne naissance à Tinsecte parfait.
« Le mâle seul est ailé et, dès sa sortie de
la chrysalide, il va féconder la femelle et
meurt immédiatement après l'accouplement.
La temelle, qui est aptère, c'est-à-dire qui
M possède que des moignons d'ailes insuf-
fiianls pour voler, s'empresse de gravir le
tronc des pommiers pour gagner les bran-
ches où elle déposera ses œufs.
« Il fallait trouver un moyen pour arrêter
la femelle dans son ascension et on a ima-
fjûé d'entourer le tronc de Tarbre à envi-
ron 1 m. 50 du sol d'une bandelette de
papier »îpais, large de 20 à 25 centimètres,
queron maintient à l'aide de deux bouts de
ficelle ou d'osier noués, l'un à sa partie su-
périeure, l'autre à sa partie inférieure, et de
l'eodujre de goudron de Norwège. Mais, si
i idée du papier englué était bonne, celle
du goudron de Norwège ne l'était pas au-
tant. En effet, le goudron de Norwège a le
défaut de sécher très vite et, malgré les ma-
tières grasses qu'on y joignait, il fallait re-
nouveler souvent l'enduit.
« Il était donc nécessaire de trouver
mieux. Aussi sommes-nous heureux do faire
connaître aux cultivateurs la nouvelle com-
position que le Laboratoire d'entomologie
agricole a trouvée, et le moyen de la fabri-
quer.
« On chauffe, pour chasser l'eau qu'il
contient, 400 grammes de dégras ordinaire,
le même qui sert à graisser les essieux des
voitures, en ayant soin d'opérer dans un
grand vase de cinq litres au moins, le dé-
gras produisant une grande effervescence
dès qu'il est soumis à l'action du feu ; puis
on y ajoute 400 gramn^es d'huiîe de poisson
et l'on remet le tout sur le leu en versant,
peu à peu, un kilog. de colophane en pou-
dre. La colophane dissoute, on retire le
tout du feu et on peutappliquer l'enduit dès
le lendemain.
a Cette composition a l'avantage de ne
pas sécher vite et de ne pas coûter plus
cher que le goudron. De plus, on est sûr, en
l'employant, d'avoir des pommiers complè-
tement épargnés par la chenille de la ché-
matobie, ainsi que cela peut être constaté
dans l'arrondissement de Duclair, ou de
nombreux essais pratiques ont été fails. »
EXPOSITIONS ET CONCOURS
UCONCOUR8 AGRICOLE DE PARIS
EN 1898
Par arrêté en date du 6 novembre 1897,
le ministre de l'agricuUure a décidé que le
Concours général agricole de Paris en 1898
|«l»eDdra au Champ de Mars, Galerie des
whioes, du lundi Tau mardi 15 mars. Le
Pf^gramme de ce concours sera mis inces-
^nnueni à la disposition des intéressés.
EXPOSITION DE BRUXELLES
(Suite.)
[Voir les numéros du Journal de Juin, Août,
Septembre et Octobre.]
Nous publions ci-après la liste de nos So-^
ciélaires étrangers figurant parmi les lauréats
de Texposition de Bruxelles :
Exposants placés HORS CONCOURS
comme membres du Jury.
BocH FRÎ-RKs, à La Louvière (Belgique) .
487
JOUaNAL MBNSUBL DB L AGAdÊIIIC NATIONALB.
48i
De NaeyeretCie, à Willebroeck (Belgi-
que).
Russ-SucHARD et Cie, à Neuchâlel (Suis-
se).
Diplômes de GRA.NDS PRIX
CoLM\NK, à Norwich (Angleterre).
J. S. Fry et fils, à Bristol (Angleterre).
Les Fils d'Amédée Kohler, à Lausanne
(Suisse).
De NAEYERETCiE,àWillebroeck (Belgique).
Société anonyme Le Progrès Industriel,
à Bruxelles et Paris.
DIPLOMES D'HONNEUR
CvTz Er FILS (van Pekela), à Groningen
(Hollande).
CoLMANN, à Norwich (Angleterre).
DeNaeyër ET CiE,à Willebroeck (Belgi-
que).
DuBAiL, MoNNiN, Frossard ET GiE, à Por-
rentruy (Suisse).
Grobet frères, à Vallorbos (Suisse).
DvNiEL Visser ef fils, à Schiedam (Hol-
lande).
Dlplônjs de MÉD VILLES D'OR
Berchten (D' Edouard) comme organisa-
teur de Texposition de VEuropean PetrO'
leum Company y à laquelle ontété attribués
un Grand prix et un Diplôme d'honneur.
GrfATENAv (S:imuel), à Neuchâtel (Suisse).
De Bont et Leijten, à Amsterdam (Hol-
lande).
Dewar et fils, à Perth (Angleterre.)
Heinrichs, kHodimont (Belgique).
François (Louis) et Cie, à Promontor (Hon-
grie).
PopoFF (Georges Iv.) et Cie, à Sofia (Bul-
garie.
Van Duyse frères, à Lokeren (Belgique).
Diplômes de MÉDAILLES D'ARGENT
GoLMANN, à Norwich (Angleterre).
HfissELiNK, frères et Oie, à Jerez (Espa-
gne).
RocHAT (J.-L.), au Pont (Suisse).
Trespalacios ET Aldabo, à la Havane (Ile
de Cuba).
Verwkbgen ET KoK, À Amsterdam.
Diplômes de MÉDAILLES DE BRONZE
Géralt et Cie, à Saint-Domingue (Répu-
blique Dominicaine).
Krùsi (D'i, à Gais (Suisse).
Poppe-Beutels, à Lokeren (Belgique).
Diplômes de MENTIONS HONORABLES
Amaresteanu et Cib. ù Bucarest.
iMBERT(Segundo), à Puerto Plata (Répu-
blique Dominicaine).
Il nous est impossible de clôturer cette
liste des récompenses sans observer que les
jurys de l'exposition de Bruxelles n'ont ja-
mais péché par excès de générosité, et en-
suite sans constater que nous n'avons pu
trouver, dans les longues colonnes du Pal-
marès officiel, les non» suivants de quel-
ques-uns de nos Sociétaires, qui auraient
dû cependant y figurer en bonne place :
MM.
Chevalier, à Puteaux.
Les fils de L. Salle, à Paris.
Les fils de Léopold Picard, à Paris.
Veuve Rogée et Monnet, à Cognac.
Ar villa et Cie, à Puerto Santa -Maria
(Espagne) et la Société anonyme des Eta-
blissements JuLLiEN, à Bruxelles.
Au reste, si l'exposition de Bruxelles a été
fort brillante dans son ensemble, elle n a
cependant pas brillé par la méthode et la
correction de son organisation générale. La
répartition des exposants en classes et grou-
pes a été des plus confuses et des plus désor-
données, et le catalogue a été dressé dans des
conditions fort peu satisfaisantes, avec des
nombreuses erreurs, de regrettables omis-
sions et de fâcheuses lacunes, qui ont eu
leur répercussion naturelle dans Vétablisse-
mentde la liste desrécompenses. Au point de
vue de la belle ordonnance de l'organisation
générale, l'exposition de Bruxelles en 1897
aura été beaucoup moins satisfaisante que
l'exposition d'Anvers en 1894, et le Ck)roitc
de l'exposition de Bruxelles aura été d'autant
plus inexcusable qu'il lui était extrêmement
facile de procéder avec méthode et clarté,
en copiant simplement les dispositions pri-
489
EXPOSITIONS iSï CONCOURS.
m
ses trois ans auparavant par le Comité de
l'Exposition d'Anvers.
Notre sociétaire, M. Albert Pollet, à
Toarcoing, a refusé la récompense du di-
plôme de Médaille d'argent qui lui avait été
décernée par le jury de l'exposition de
firaxelles, et a exposé ses raisons dans la
I lettre suivante, à laquelle nous croyons de-
; Toir donner le concours de notre publicité :
« Monsieur le Directeur,
« du Journal de Roubaix.
I t Permettez-moi de dire publiquement
«mes motifs de refuser la médaille d'ar-
* gent qui m^est attribuée à TExposition de
* Bruxelles.
< J'avais obtenu à Rouen, en 1896^ sur un
( nombre de 12 concurrents, une médaille
•^ d'or pour mes fils cardés nouveautés. A
* Bruxelles où j'étais le seul des filateurs
' français ayant répondu à l'appel du Comi-
« té) on me fait descendre à la médaille
'd'argent. Pourquoi un tel recul ?
* Les jurés belges, je le sais^ m'ont dé-
( cerné une médaille d or ; mais il me fallait
•compter avec l'intervention d'un compa-
' Wotc, membre du jury international qui,
^ pour des motifs à moi inconnus, me
adonna une cote tellement basse qu^elle
1 motiva ma descente injuste autant qu'ir-^
t r^lière à la médaille d'argent. >
a Veuillez agréer, etc. »
Cette protestation individuelle ne peut
que corroborer notre constatation, formulée
plus haut, que c les jurys de l'exposition de
Bnixelles n'ont jamais péché par excès de
générosité».
l£â PALAIS DE L'EXPOSITION DE 1900
On sait que le plan général de l'exposi-
tion universelle de Paris en 1900 comporte
la construction de deux Palais en bordure
de l'avenue qui réunira les Champs-Elysées
an nouveau pont Alexandre III et qui se
Couvera, comme ce pont, dans le prolon-
geaient de l'axe de l'esplanade des Invali-
Ces deux bâtiments sont dès maintenant
couramment désignés souslesnomsde Grand
Palais et de Petit Palais, Se faisant face
l'un à l'autre, le Grand Palais se trouvera
sur la droite, et le Petit Palais se trouvera
sur la gauche du promenoir se rendant de
l'avenuedesChamps-Elysées au Pont Aie xan
dre III.
Nous publions ci-après les vues d'ensem-
ble de ces deux Palais, telles que ces vues
ont été arrêtées dans les ateliers de dessin
des services d architecture de l'exposition.
Les conceptions de ces deux Palais sont
les n^sultats de compromis entre les divers
projets primés au concours spécial qui avait
été ouvert pour les projets de construction
de ces édifices principaux, et doivent être
considérées comme l'œuvre collective desar-*
chitectes Ch. Girault, Louvet, Deglane et
Thomas. Il est juste d'ajouter, toutefois, que
le Petit Palais est plus particulièrement
l'œuvre de M. Ch. Girault, dont le projet
primitif n'a eu à subir que des modifications
sans importance, en sorte qu'il est seul char-
gé de la construction du Petit Palais, tandis
qu'il a des collaborateurs dans la cons-
truction du grand Palais, construction dont
il reste le principal directeur en qualité
d'architecte en chef.
Le Petit Palais, dont la destination est
d'abriter des collections d'objets d'art, né
comporte qu'un étage principal divisé en
galeries pour la peinture et la sculpture;
L'étage inférieur, en soubassement, com-
prend également des salles d'exposition, di-
vers dépôts, et les services accessoires, c'est-
à-dire les locaux destinés aux bureaux, lo-
gement de concierge^ etc. lin partei*re de-
mi-cirdulaire iorme le centre de la compo-
sition et est entouré d'un promenoir fermé
ayant accès sur les salles et galeries princi-
pales. L'ensemble de cette composition est
du plus heureux aspect et les façades par-
faitement étudiées feront, croyons-nous, le
meilleur effet au milieu des plantations et
des massifs de verdure des Champs-Elysées.
Le Grand Palais devait répondre à de
multiples exigences de service. Destiné à
remplacer le Palais de l'Industrie, il doit se
prêter aux transformations que nécessiten
22
491
JOOBNAL MENSUEL DE L'aRADÉHIE NATIONALE.
'l. l ',1.1 '.l'i
iiiif
*'S|
iA^.î^ft^,v. :.MliliM
=3
o
^
m
EXPOSITIONS ET CONCOURS.
494
en
a,
a.
495
JOtJRNAL MKNStJlCL DB L^ACADâlIlR NaUONALS.
496
les expositions annuelles de peinture et de
sculpture, le concours hippique et nombre
d*exposilions périodiques. Enfin ildoit com-
porter également de nombreux services ac-
cessoires tels que : restaurants, salles de
concert, écuries, etc. Nous en indiquerons
sommairement les dispositions générales.
L'ensemble de Tédificese divise en quelque
sorte en trois parties comprenant une vaste
nef en façade sur la future avenue et paral-
lèleau Petit Palais, un autre corps de bâti-
ment parallèle à Tavenue d*Antin et une
partie intermédiaire qui relie ces deux corps
de bâtiment principaux.
L'une des grosses difficultés du projet d'en-
semble était précisément le défaut de paraU
lélisme des axes longitudinaux de la partie
antérieure et de là partie postérieure.
La grande nef, parallèle à la future ave-
nue, est destinée, comme Tétait celle du Pa-
lais de rindustrie, aux Expositions de sculp-
ture et aux assises annuelles du Concours
hippique ; une galerie d'exposition l'entoure
et se double sur la façade principale d'une
galerie promenoir.
La partie médiane comprend une nef ou-
verte perpendiculairement à l'entrée prin-
cipale, nef aussi longue que large, et con-
tenant avec deux galeries d'exposition un
grand escalier conduisant au premier étage.
La partie postérieure de l'édifice sur Tave-
nue d'Antin contient encore des salles d'ex-
position, des galeries de réceptions, entourant
un vaste hall circulaire, et comportant dans
les angles divers locaux de service.
Du côté nord se trouveront, par suite des
différences de niveau du i^ol extérieur, des
sous-sols destinés à l'installation des écu-
ries, tandis que du côte de la rue Jean-Gou-
jon, prolongée jusqu'à l'avenue des Champs-
Elysées, seront disposés des locaux affectés
à divers dépôts et services accessoires.
Au premier étage, le grand escalier don-
ne accès à un grand salon, dit salle de con-
cert, et dont l'indication au programme
avait donné lieu, de la partdes concurrents,
aux combinaisons les plus variées.
Nous croyons que cette pièce sera plutôt
un grand salon de réunion qu'une salle de
concert dont l'aménagement nous paraîtrait
difficile et peu pratique.
Cet étage, dans la partie antérieure, est
aménagé en galeries de peinture, avec ter-
rasse extérieure sur la nef. Dans la partie
intermédiaire, les galeries de peinture sont
accompagnées de petites salles d'expositions
où les tableaux pourront être disposés et
vus comme ils le seraient dans un apparte-
ment. Enfin la partie postérieure sur l'ave-
nue d'Àntin comprend également des gale-
ries et salles d'exposition.
Telles qu'elles ressortent des dessins que
nous publions, les façades des deux princi-
pales constructions de l'Exposition de 1900
semblent aussi harmonieuses qu'élégam-
ment artistiques, et Ion peut espérer que
leur contemplation constituera l'un des
meilleurs attraits de la grande et nouvelle
manifestation de progrès dont la capitale de
la France sera le siège à une époque que
l'on peut regarder maintenant comme rela-
tivement prochaine.
INDUSTRIE
U^EUECTRICITÉ A PARIS
Les Sociétés d'électricité de Paris ayant
demandé au Conseil municipal une prolon-
gation de leurs autorisations de canalisa-
tion, qui n'onteu jusqu'ici qu'une durée de
dix-huit ans, M. Oh. Bos, conseiller muni-
cipal, a été chargé d'étudier celte impor-
tante question. Pour appuyer ses études sur
des faits acquis et établis, il a fait une série
de voyages en France et à l'étranger, et il
vient de présenter au Conseil municipal un
exposé intéressant et complet sur les prin-
cipales conditions dans lesquelles sont ef-
fectuées à l'heure actuelle les distril^utions
de l'énergie électrique dans la capitale.
497
M. Ch. Bos montre d'abord, par des sta-
tistiques, que ce sont surtout les courants
continus qui conviennent à la distribution
proprement dite de Ténergio électrique. Les
courants alternatifs ou polyphasés sont plu-
U^l destinés à la transmission à distance de
rénergie. La réunion des deux systèmes
permettrait d'établir les usines en dehors
de Paris, de ti;ansmettre Ténergie à l'inté-
rieur de la ville par courants alternatifs ou
polyphasés, et de distribuer après transfor-
mation à Taide de courants continus.
A côté des stations centrales se trouvent
dans Paris des installations municipales et
particuiières(gares, magasins, théâtres, etc.).
On peut évaluer la puissance totale de tous
ces établissements, y compris les secteurs, à
95.385 kilowatu, soit 48.000 chevaux. Cette
puissance était utilisée, au P' octobre 1897,
pour alimenter 12.000 lampes à arc, 702.900
lampes à incandescence, et quelques mo-
teurs n'absorbant pas plus de 2.000 kilowatts.
Le prix de vente de Ténergie électrique
est à Paris au maximun de 0 fr. 15 Thecto-
watt-heure pour l'éclairage et de 0 fr. 06
rhectowatt-heilire pour la force motrice.
Le prix de réclairage public par lampes à
arc est de 0 fr. 40 le foyer-heure de 10
ampères, soit 0 fr. 076 rheclowatt-heure.
Au Havre, la Société X Énergie électri-
que^ qui elTectue la distribution de Ténergie
électriquedans la ville, fournit aussi Téner-
gie aux tramways. Le prix de vente aux
particuliers, tant pour l'éclairage que pour
la force motrice, est de 0 fr. 08 Thectowatt-
heure ; l'énergie est livrée aux tramways à
raison de 0 fr. 0175. Des pourparlers sont
engagés entre la municipalité et la Société
akin de baisser le prix de vente à 0 fr. 075
pour i éclairage et à 0 fr. 03 pour la force
motrice. M. Ch. Bos s'est rendu à Bruxelles,
oîi H. Wybauw, ingénieur-électricien de la
ville, lui a fourni tous les renseignements
nécessaires.
L'exploitation de l'éclairage au gaz et à
rélectricité est municipale. En 1896, les 3
usines alimentaient au total 45.600 lampes
de 16 bougies ; les bénéfices nets se sont
élevés à 197.784 francs. Le prix de vente
de rénergie est de 0fr.07 Pheciowatt-heure
INDUâTRIE. 498
pour l'éclairage et de 0 fr. 04 pour la force
motrice, le chauffage ou autres applica-
tions.
A Berlin, la Société de distribution la
Berliner EiektricitàtS'Werke dessert, à
l'aide de 5 usines, qui ont une puissance
totale de 10.864 kilowatts, 178. 671 lampes à
incandescence, 7131 lampes à arc de 10 am-
pères etl.700 moteurs d*environ6.449 che-
vaux. L'énergie électrique pour l'éclairage
est vendue à raison de Ofr. 075 l'hectowatt-
heure avec des rabais de 5 à 50 pour 100
suivant l'importance de la consommation.
Pour la force motrice, le prix est de 0 fr. 02
Thectowatt-heure. Les traniways payent
Thectowatt-heure 0 fr. 0125. Malgré ces
faibles prix, la Société fait de brillantes af-
faires, bien qu'elle soit obligée de payer à
la ville, comme l'expliquait M. Rathenau,
10 pour 100 des recettes brutes, 23 pour
100 des recettes nettes lorsque celles-ci dé-
passent 6 pour 100 du capital. Le charbon
coûte cependant à Berlin 24 francs la tonhe,
les salaires sont presque aussi élevés qu'à
Paris, et la Société a une concession de 30
ans seulement.
M. Ch. Bos nous donne ensuite une série
de prix de vente de l'énergie électrique dans
divers pays. En France, le prix de vente
moyen est de 0 fr. 10 l'hectowatt-heure ;
en Angleterre, la moyenne est de 0 fr. 06.
Los applications diverses (force motrice et
chauffage) sont considérablement dévelop-
pées à l'étranger, surtout en Allemagne ;
à Paris, nous n'avons que quelques exem-
ples.
M. Ch. Bos considère alors les applications
qui pourraient résulter pour l'automobilis-
me et notamment pour l'emploi des voilu-
res électriques. Les accumulateurs qui se-
raient nécessaires pour celles-ci pourraient
être chargés dans des postes spéciaux éta-
blis sur les réseaux de distribution. MM.
Ch. Mildé fils et 0\ et ensuite la Société le
Transport électrique ont fait des proposi-
tions pour installer des postes semblables
dans divers quartiers de Paris.
M. Ch. Bos termine son excellent exposé,
en montrant qu'à Paris les Sociétés d'élec-
tricité ont fait beaucoup de progrès ; mais
499
JOURNAL MENSUEL DE L' ACADÉMIE NATIONALE.
5O0
que le) redevances payées par elles ne sont
pas exagérées (100 francs par an par kilo-
mètre de canalisation, 5 ou 6 pour 100 sui-
vant les cas sur les recettes). Leurs prix de
vente sont de beaucoup trop élevés. Le
Conseil municipal de Paris accordera cer-
tainement des prolongations d'autorisations
si elles consentent à vendre Ténergie élec-
Irique à environ 0 fr, 10 Thecto watt-heure
pour réclairage et à 0 fr. 03 ou 0 fr. 04 pour
la force motrice et diverses applications, et si
elles s'engagent à effectuer de nouveaux
travaux pour l'Exposition de 1900. Il est
certain qu'une entente définitive intervien*
dra et qu'en 1900 la distribution de l'éner-
gie électrique sera aussi développée à Paris
qu'en toute autre ville. On doit féliciter M.
Cb. Bos d'avoir, dans son remarquable Rap-
port, groupé tant de renseignements pré-
cieux et qu'il était utile de faire connaître
dans notre pays, d'autant plus qu'ils démon-
trent que la ville de Paris est bien en ar-
rière de certaines villes étrangères, au point
de vue de Tapplication et de l'emploi des
naerveilleuses ressources fournies par l'é-
lectricité.
UE PÉQAMOID
(Extrait du journal La Nature,)
La cellulose, qui joue un si grand rôle
dans la nature, occupe également une place
considérable, la plus grande peut-être,
dans l'industrie. Il suffit, pour s'en rendre
compte, de citer deux industries colossales,
qui toutes deux utilisent la cellulose comme
matière première : ce sont l'industrie tex-
tile et celle du papier.
Outre ces principales applications, la cel-
lulose en a reçu une infinité d'autres, à la
vérité beaucoup moins importantes, mais
néanmoins très intéressantes.
Schoenbein, en 1845, utilisa pour les
armes à feu les propriétés explosives de la
nitrocellulose, trouvée en 1833 par Bracon-
not. Cette nitrocellulose, dissoute dans un
mélange d'alcool et d'éther devient le collo-
dion, qui révolutionna la photographie alors
à ses débuts.
En 1869 les Anglais Hyatt mêlent le col-
lodion avec du camphre et de l'alcool et le
transforment en une matière dure, élastique,
transparente, susceptible d'acquérir uq beau
poli : c'est le celluloïd. Cette substance se
prête avec docilité aux applications les plus
diverses. Son succès fut d'abord très vif,
m.'iis elle eut contre elle deux graves incon-
vénients : sa grande inflammabilité et $^
facile déformation par la cl)^leur.
Perfectionnez ce produit, rendez-le peu
ou point inflammable, empechez-le de se
déformer par la chaleur, donnez-lui la sou-
plesse et l'élasticité voulues pour ne point
s'écailler, même étendu sur les objets en
couches excessivement minces, et vous au-
rez le pégamoïd.
La découverte de cette nouvelle applica-
tion de la cellulose nitrée serait due à un
petit lithographe anglais, qui désirait sous-
traire les affiches illustrées à l'action si ra-
pidement destructive des agents atmosphé-
riques.
Il réussit si bien qu'il trouva — chose
rare pour les inventeurs — de gros capita-
listes qui prirent l'affaire en main et la lan-
cèrent habilement à l'aide de la réclame.
Le pégamoïd est-il vraiment une nou-
veauté ? Rien n'est moins sûr ; il nous re-
vient en effet qu'une maison anglaise faisait
depuis longtemps des articles dans le genre
du pégamoïd, mais cette fabrication cessa
à cause du prix de l'alcool qui entrait dans
la composition du produit.
Ce qu'il y a de certain, c'est qu'à cette
époque ce corps fit beaucoup moins de
bruit dans le monde que son similaire le pé-
gamoïd.
D abord, d'où vient ce mol bizarre ? Il
viendrait, para!t-il, de la suppression d'un r
dans le mot pergamo'id qui exprime l'idée
d'une substance ayant de l'analogie avec
le parchemin. Cette suppression de r s'ex-
plique par ce fait que tout mot déposé ue
doit pas appartenir à la langue courante
pour qu'il puisse acquérir la protection lé-
gale.
Que renferme le pégamoïd ? Bien que sa
composition exacte soit tenue secrète, on
sait qu'il renferme une cellulose nitrée, de
l'alcool et du camphre, c'est-à-dire, sauf
501
INDUSTRIE.
502
rétber, les éléments essentiels dont est cons-
titaé le celluloïd. Mais, en plus, on incor-
pore aux corps précédents certains mélan-
ges qui augmentent Fimperméabilité du
produit, lui donnent delà souplesse et fonf
disparaître son inflammabilité.
Il ne serait pas étonnant qu'il y entrât de
rhaile de ricin,donton connaît Todeur par-
ticulière, et les propriétés d*assou plissement
qu'elle communique aux corps.
Qodi qu'il en soit, ce que Ton peut dire,
cest que, par un procédé simple, peu coû-
leox, on applique une substance de la na-
ture du celluloïd, en couche excessivement
miflce, sur n'importe quel produit, tissu,
papier, cuir, etc., et l'adhésion est telle
qu'il est impossible de l'en séparer par des
moyeDS mécaniques.
Connaissant la résistance du celluloïd aux
réactifs chimiques, et en général à beau-
coup d'autres influences, on comprend que
la nouvelle substance dite pégamoïd com-
isuDique[aux objets sur lesquels elle est
i tppliquée des qualités nouvelles, dont la
I plupart sont très précieuses, telles que :
imperméabilité, facilité de nettoyage par
! im simple lavage, résistance à la chaleur,
I m corps gras, aux acides, aux alcalis, etc.
Ce qui augmente encore Tintérét de ces
précteoses qualités, c'est que le pégamoïd,
qui les possède par lui-même, les commu-
I nique aux corps sur lesquels on l'applique,
saosque ceux-ci perdent leur individualité.
Vous prenez une tenture faite, par exem-
ple, avec une étoffe imprimée. Elle a lesqua-
tités ot les défauts de ce genre de tissu,
c'esuà-dire qu'elle est agréable à l'œil par
l'harmonie de son dessin, la fraîcheur de
m coloris, mais qu'il faut éviter de la
Dooiller, et que si, par malheur, vous ren-
versez un encrier sur ces soies qui faisaient
^otre admiration, adieu la tenture, le plus
habile teinturier-dégraisseur perdra son
^ps i vouloir la nettoyer. Si sur cette
ifinture vous appliquez une couche tutélaire
-eût dit Scribe — de pégamoïd, les choses
cfauigent de face, les couleurs sont respec-
ta, leurs tons ne s'altèrent pas ; le tissu
Q't que très peu changé d'aspect et est resté
aotti souple, tout en devenant imperméa-
ble. Vous pouvez donc être aussi maladroit
qu'il vous plaira et renverser des tonnes
d'encre sur votre tenture, vous en serez
quitte pour salir beaucoup d'épongés à la
ramasser, mais votre étoffe sortira de l'é-
preuve intacte, je dirai même —si parado-
doxal que cela puisse paraître — plus fraî-
che qu'avant l'accident, car par le lavage
vous aurez enlevé la poussière qui pouvait
ternir votre étoffe. Donc imperméabilité et
facilité de nettoyage.
S'il vous prenait fantaisie de vitrioler
votre tenture — ce qui vaut mieux que de
vitrioler son prochain — le résultat serait
aussi anodin qu'avec l'encre, mais le net-
toyage demanderait un peu plus de précau-
tions, car on ne manie pas l'acide sulfurique
comme l'encre, encore que celle-ci noir-
cisse désagréablement les doigts. Cet exem-
ple suffira, je pense, à faire comprendre les
avantages de la pégamoïdation, encore un
néologisme.
Le tissu pégamoïd est un tissu de coton,
recouvert d'une couche plus ou moins
épaisse de pégamoïd et que l'on soumet à
l'opération bien connue du gaufrage, ap-
prêt mécanique employé dans l'industrie
des tissus et du papier.
La force du tissu écru utilisé dépend de
la nature du produit à fabriquer. Aussi,
pour faire des imitations cuir de Cordooe
on prend le tissu épais qui sert à faire des
velours d'Amiens. Quand on désire faire des
tentures plus souples, on diminue un peu
répaisseur.
La fabrication de ces articles est très
simple. Le tissu écru est teint en couleur
grand teint selon la nuance choisie, puis
on l'enduit mécaniquement de pégamoïd
coloré et on le soumet ensuite au gaufrage,
avec les machines ordinaires qui servent k
ce genre d'apprêt.
Une des plus intéressantes applications
qui aient été faites du tissu pégamoïd con-
siste dans les imitations de cuir genre Gor-
doue et Venise.
Il est extrêmement difRcile de pouvoir
distinguer ces imitations du vrai cuir, sauf
à l'odeur, et en plus ils ont l'avantage d'ê-
tre imperméables aussi bien à l'eau qu'aux
B03
JOORNAL MENSUEL DE lUcaDEHIB NATIONALE.
304
corps gras. On peut fVoUer ces imitations
avec de la graisse, on enlèvera facilement
au savon les taches formées, sans que le si-
rnili-cuir subisse la moindre altération.
On voit de suite quel intérêt le tissu pé-
gamoïd gaufré ou non présente pour la
tenture des endroits très fréquentés par le
public : hôtels, voitures, wagons, omnibus.
Plus d^ ces taches graisseuses qui ornent
trop souvent les coussins des voitures pu-
})liques ; cbaqqe matin un coup déponge
fissurera aux banquettes une irréprochable
propreté. Les compagnies de chemins de
fer, celle des omnibus de Paris (ligne des
Ternes-Filles-du-Calvairej, les compagnies
transatlantiques ont commencé dos e&sais
avec le tissu pégamoïd. Une assez longue
expérience est nécesaire pour indiquer si
les avantages que Ton constate au début se
maintiendront par la suite ; elle seule peut
indiquer des déibutsqui ne se révèlent sou-
vent qu'à l'usage.
L'odeur du tissu pégamoïd s'en va rapi-
dement à Pair ; après un ou deux jours, il
est complètement inodore.
Le tissu pégamoïd s*applique aussi aux
articles de maroquinerie ; porte-feuilles,
serviettes, porte-cartes, etc., faits de cette
façon, seraient, assure-t-on, plus solides
qu'en cuir et d'un dessin plus fln^ par suite
de la solidité du gaufrage qui résiste à l'hu*
midité et est imperméable. Entin, dernière
considération importante, le prix de vente
serait Inférieur à celui du cuir. II convient
aussi aux articles pour la reliure, depuis
les plus luxueux, comme le maroquin, jus-
qu'aux plus simples, comme le calicot uni ;
on y gagne pour la conservation et la pro-
preté des reliures.
11 en est de même des articles de bureau
et de papeterie, qui ne craignent plus les
taches d'encre, etc., etc.
Le tissu pégamoïd peut remplacer le
cuir ; aussi a-t-on fabriqué avec lui beau-
coup d'objets généralement en cuir, comme
articles de voyage et de chasse, de sellerie,
de carrosserie, d'armurerie même (douilles
de cartouches), qui sont imperméables, tout
en conservant une grande souplesse, et de-
viennent d'un nettoyage facile. Les tuyaux
et les courroies sont aussi imperméables et
inextensibles.
Ll* pégamoïd, au lieu d'être appliqué sur
dés tissus écrus pour constituer ce tissu pé-
gamoïd, peut également recouvrir des étof-
fes façonnées ; par exemple, les cretonnes
imprimées, les toiles à matelas, les stores
en toiles, etc.; ces tissus sont pégamoï-
dés. Pour les toiles destinées à la literif^,
la pégamoïdation paraît être une solution
heureuse de ce problème si souvent tra-
vaillé : empêcher toute humidité de péné*
trer la laine et le duvet. Là encore une
expérimentation en grand dans les hôpi taux
est nécessaire pour s'assurer de la durée et
de la façon dont se comporteront à l'usa-
ge de tels matelas. Nous croyons savoir
que des essais ont été commencés dans
quelques hôpitaux de Paris.
Dans le vêtement^ le pégamoïd est recom-
mandé pour les toiles à chaussures, qui
sont ainsi plus imperméables, pour le lin^
ge de corps, que l'on peut nettoyer par un
simple lavage rapide. Les tapis passés au
pégamoïd peuvent être lavés, savonnés avec
n'importe quel agent de propreté, sans
laisser aucune trace, même pour les genres
les plus délicats.
U convient de faire remarquer que les
tapis ne sont pas préparés à l'avance ; on fait
un choix et on indique ensuite son désir de
voir le tapis que l'on vient d'acheter passé
au pégamoïd. Le prix de ce traitement est
largement compensé parles avantages que
l'on en retire, puisque l'enci'e, même sèche,
peut s'enlever facilement au savon, sans
laisser de trace.
J'ai indiqué quel parti on avait tiré du pé-
gamoïd pour la protection des affiches.
Un^ autre application, aussi originale
qu'utile, est la protection des caries géogra-
phiques que sont obligés de consulter, même
par la pluie battante, excursionnistes ouof-
ticiers aux manœuvres. Les cartes sont ti-
rées comme à l'ordinaire, puis on applique
à leur surface une couche de pégamoïd, et
elles deviennent imperméables sans que la
netteté de la lecture soit diminuée.
Mais il est préférable d'imprimer directe-
ment la carte, comme on le fait pour lesaf-
505
INOUfn'BiC.
rm
fiches, sur toile préparée au pégamoïd. Com-
me la surface est très lisse, le tirage est
d*ane netteté remarquable ; la carte offre
Qoe grande résistance au déchirement.
Les journaux français quotidiens ontrap^
porté qu'aux dernières manœuvres, qui ont
ea lieu dans le nord de la France, le servi-
ce géographique de Tarmée avait remis à
rétat-major, à tili-e d'essai, quelques cartes
da terrain des manœuvres tirées sur tissus
pégamoïd. Ces cartes i m perméables, la va blés ,
d'une légèreté et d'une résistance incom-
pinibles, que l'on peut consulter par la pluie
la plus violente, et qu'il suffit de passer à
Teau pour remettre à Vétat de neuf si elles
ont été souillées par la boue, ont été très
appréciées. On en a fait un tirage supplé*
meataire pour les états-majors du général
de France.
Poar arriver à un résultat encore meilleur,
il faudrait, sur la carte ainsi tirée sur tissu
p^amoTd, passer une nouvelle couche de
pégamoïd, on aurait alors une carte parfaite
qoi défierait toute usure et toute humidité.
Les papiers de tenture passés au péga-
moïd peuvent être lavés ; il convient de
dire qu'ils ne brûlent pas plus vite que le
papier ordinaire . Les taches fraîches d'encre
s'enlèvent facilement, l'écriture aussi, à la
condition que les becs de la plume ne per-
cent pas la couche de pégamoïd ; il faut,
ponr faire l'expérience, écrire sans appuyer.
Il y avait, à. l'Exposition de Bruxelles,
une pièce oii tous les papiers étaient péga-
inoîdés, et on avait mis à la disposition
des visiteurs différents produits : encre, aci-
des, etc., que Von pouvait impunément
renverser sur les objets avoisinants, un coup
d'épongé enlevant immédiatement le dégât,
ie citerai en particulier une aquarelle qui a
reço bien des bouteilles d'encre, sans que
ses couleurs subissent la moindre altération.
Par ses applications nombreuses et ses
propriétés remarquables, le pégamoïd est
donc intéressant, mais il convient, avant de
^ prononcer définitivementsur sa valeur in-
dustrielle, d'attendre le résultat des essais
actnellement en cours.
Léon Lefèvre.
OMNIBUS AUTOMOBILE
de M. Tenting
46, rue Curial, à Paris.
Notre Sociétaire M. Tenting, à qui l'Acadé-
mie Nationale a déjà attribué le prix Aymar*
Bression pour ses constructions de voitures
automobiles, vient d'établir une puissante
voiture commandée par une Compagnie
d'Omnibus automobiles et destinée à faire
un service public de transports entre les
localités de La Roche-Guyon-Vétheuil et
âepteuil par Hantes. Nous avons eu leplai-
sir d'être véhiculés dans cette voiture pen-
dant l'un de ses voyages d'essais, et decons^
tater qu'elle répondait parfaitement à tous
les points du programme auquel elle est
tenue de satisfaire.
La force matrice nécessaire pour la pro*
pulsion de cet omnibus est fournie par un
moteur à pétrole à quatre cylindres de la
force de 16 chevaux, ou, plus exactement,
par quatre moteurs à un cylindre, déployant
chacun la force de 4 chevaux, et groupés
deux à deux sur une même tête de bielle
et sur une même manivelle.
Ces moteurs sont du système Tenting qui
a été décrit plusieurs fois dans notre Jour*
nal et qui est particulièrement remarquable
par la simplicité du mécanisme et Técono*
mie du fonctionnement. Rappelons que le
moteur Tenting est à allumage électrique,
par dérivation mécanique d'un courant issu
d'une bobine d'induction en communication
avec une pile ou un accumulateur. Ce mo-
teur peut être alimenté par l'essence miné*
raie ordinaire du commerce d'une densité
de 0,650 à 0,720. L a consommation est ga-
rantie ne dépassant pas 300 grammes par
cheval-heure. La vitesse normale de ce mo-
teur est dVnviron 240 tours à la minute,
occasionnant, par conséquent, beaucoup
moins de trépidations que d*autres moteurs
pour voitures automobiles, dont la vitesse
doit être de mille tours à la minute.
Rappelons aussi que le système inventé
par M. Tenting pour transmettre la force du
moteur au mouvement différentiel comman-
dant les roues motrices de l'arrière, est cer-
tainement Fun des meilleurs, pour ne pas
507
JOURNAL MENSUEL DE L ACADEMIE NATIONALE,
508
dire lo meilleur système existant. Dans ce
système, Tarbre du moteur commande la
rotation d'un volant plein dont la face pos-
térieure est profilée suivant un cône de fric-
tions, contre les bords opposés duquel vien-
nent s'appliquer deux plateaux-cônes de
plus faibles dimensions, à arbres indépen-
dants dans le prolongement Tun de Tautre.
On conçoit aisément que Tapplication
des plateaux-cônes contre les bords opposés
coniques du volant, fait tourner les plateaux-
cônes en sens inverses Tun de l'autre, ette
application est déterminée par un jeu de le-
viers commandé par une pédale, qui prend
le nom de pédale d'embrayage. Entre les
deux plateaux-cônes, et perpendiculaire-
ment à eux-mêmes, se place un plateau, que
nous appellerons plateau d' entraînement ^
dont la jante est garnie d'une bande de cuir,
et qui coulisse sur un arbre avec lequel il
est solidarisé par une longue clavette. A
une extrémitéde cet arbre est calé un pignon
commandant par chaîne de Galle la boite du
mouvement différentiel des roues motrices.
La transmission du mouvement du mo-
teur aux roues motrices se trouve ainsi
réalisée dans des conditions aussi ingénieu-
ses que pratiques. On comprend, en effet,
que si, faisant coulisser le plateau d'entraî-
nement sur son arbre, on assure les con-
tacts de ses bords en des points des pla-
teaux-cônes différemment éloignés des
centres de ces plateaux, on assure au pla-
teau d'entraînement une vitesse pouvant
varier aisément, sans aucune secousse, d'une
quantité zéro à une quantité maximum dans
les deux sens. On évite ainsi les chocs désa-
gréables et dangereux qui se produisent tou-
jours avec lesembrayages et les changements
de vitesse par engrenages.
Grâce à cette ingénieuse combinaison
d'organes, les voitures automobiles de H.
Tenting offrent les plus grands avantages,
comme douceur, commodité et sécurité de
manœuvre. Le nouvel omnibus, par le fait
de la grande puissance de son moteur, a
montré une facilité d'évolutions tout à fait
satisfaisante, démarrant, augmentant pro-
gressivement de vitesse, ralentissant, s'ar-
rétant, reculant et repartant avec une doci-
lité réellement merveilleuse. Il atteint faci-
lement la vitesse de 20 kilomètres à l'heure
en palier et conserve une bonne vitesse de
six à sept kilomètres sur les rampes les
plus fortes de nos routes nationales.
Quand on a été à même d'expérimeoter
personnellement le transport par cet omni*
bus, on reste convaincu que les solutions
données par M. Tenting au problème de la
locomotion automobile sont réellement an
nombre des plus parfaites qui aient été réa*
lisées jusqu'à présent.
LA PRODUOTION DU FER DAN8 US
MONQE.
La métallurgie du fer était pratiquée dès
le temps des Romains en Angleterre ; mais
jusqu'au XVII' siècle on se servit exclusive-
ment du charbon de bois, ce qui paralysa
toujours l'industrie anglaise et la rendit
souvent tributaire à cet égard de l'Allema-
gne et de l'Espagne. Ce ne fut que vers la fin
du siècle que l'on commença à employer les
hauts fourneaux à coke, dont Tusage avait
cependant été indiqué dès 1619 par Dudley.
A partir de ce moment, les perfectionne-
ments se multiplièrent, et la Grande-Bre-
tagne^ qui ne comptait en 1806 que 151
hauts fourneaux produisant 236.000 tonnes
de fer, en comptait, en 1840, 417 d'une
production de 1.500,000 tonnes. L'appari-
tion des chemins de fer vint encore aug-
menter la production, et en 1860 celle-ci
atteignait 3.700.000 tonnes fournies par
600 hauts fourneaux. Depuis, la progression
a continué comme le montre le tableau
suivant, emprunté à un intéressant travail
de M. Simmerbacb publié par Stahl und
Eisen ;
Prodaction
Prodaction par Jour et
Hauts
totale
par haut
Années
fourneaux
en tonnes
fourneau.
1860...
6ÔÔ
3.7li".390
18700
1865...
656
4.819.254
24.50
1870...
664
5.963.515
30.00
1875...
629
6.467.309
34.24
1880...
567
7.873.221
46.33
1885..
434
7.534.117
67.61
1890...
414
8.030.681
64.02
1895., ,
344
7.826.714
75.79
609
VABirirés.
5W
Le releTé suiTant donne, d'ailleurs, la
prodaction, en milliers de tonnes, des
principaux pays producteurs :
18Ô5 1870 1875 1880
Gr. «Bretagne
Euts-Unîs...
Allemagne. .
France
Gr. -Bretagne
£uts-Unis.. .
Allemagne . .
France
.819
932
712
990
1885
7.534
4.109
3.752
l.(
5.964
1.900
1.390
1.178
6.467
2.401
1.700
1.360
1890
8. 030
9.350
4.563
1.970
7.873
3.895
2.729
1.725
1895
7.827
9.627
5.789
2.006
On voit que si l'Angleterre tient encore
une place considérable en Europe pour la
production du fer, elle a trou.yé en Alterna*
gne et aux Etats-Unis des concurrents des
plus dangereux. Les Etats-Unis la dépassent
sensiblement, et T Allemagne est montée,
de 1864 à 1895, de 772.000 tonnes à
5.789.000. Bien que la France ait plus que
doublé sa production dans cette période,
elle n'en reste pas moins dans une situation
bien inférieure.
(Travail national,)
VARIÉTÉS
FÊTE8 DU CINQUANTENAIRE
é« r Association des Ingénieurs de l*éoole de
Uége.
Toast porté par M, G. Trouvé,
Notre sympathique etdistingué Sociétaire,
M. G. Trouvé, qui représentait la Sociétédes
Ingénieurs civils de Paris aux fêtes organi-
sées récemment à Liège pour célébrer le
onquantenaire de la fondation de TAssocia-
Uon des ingénieurs de TEcole spéciale de cette
îille, a porté au lunch d'adieu le toast sui-
vant, qui a exprimé éloqueroment des sen-
timents auxquels nous sommes heureux de
nous associer :
« Messieurs,
« Les fêtes auxquelles vous nous avez
< conviés touchant à leur fin, je sens mon
i eoeur déborder de reconnaissance.
a Je ne saurais me séparer de vous, pour
I rentrer eu France, sans vous remercier
• du fond du cœur, au nom de tous les
I membres de la Société des ingénieurs ci-
< vils de Paris, de l'accueil si charmant, si
< cordial, qui a été fait aux délégués étran-
• gers et en particulier à ceux de ma uatio-
• Dalité Je sens nos cœurs battre à Tunisson
< dans cette réunion ayant pour but de fêter
a la science de l'ingénieur dans toutes ses
« manifestions intellectuelles pour servir au
« bien général 'de Thumanité.
< De ce côté, Messieurs, la Belgique n'a
a rien à envier aux autres nations, si j*en
(( juge par ce qu'il nous a été donné de voir
(1 par robligeante initiative de l'éminent et
a aimable Directeur des Grands Etablisse-
tt sements Cockerill, àSeraing. Je reste vrai-
a ment pénétré d*admiration en songeant
c à votre belle patrie si petite territoriale-
ce ment, mais si grande intellectuellement
c et si immense au point de vue industriel.
« En vérité, je ne sais si l'on doit dire la
a Belgique est la continuation de la France
« ou bien la France est la continuation de la
« Belgique.
' « Oui ! la Belgique peut être fière de ses
« institutions libérales qui lui ont permis de
« développer avec sécurité toutes les riches-
« ses de son sol béni, dont découleront d'im-
« menses bienfaits.
» De vos Ecoles des Mines est sortie cette
a pléiade déjeunes savants ingénieurs qui,
a unissant leurs eiforts et leurs connaissan-
tf ces multiples, vont porter au loin, sous
a toutes les latitudes, le progrès sous toutes
« ses formes et dans toutes ses manifesta^
« tiens.
511
JOURNAL MENSUEL DR L ACADÉMIB NATIONALE.
>l
« Leur tâche est ardue ; mais D*ont*ilspas
foi dans le but qu'ils poursuivent? Ne sont-
ils pas armés pour frayer de nouvelles
routes au progrès ? D'autres les suivront
et si quelques-uns succombent, ils auront
tout au moins la douce consolation d'avoir
travaillé pour Tindustrie nationale, pour
leur patrie et pour le bien général de Thu-
manité tout entière.
« Gn même temps que je vous dis adieu,
t je vous convie au rendez- vous de noti^
« Grande Exposition de 1900, à Paris, o|
« vous éles certains d avance de rencontrii
u le plus bienveillant accueil et la place qoj
a vous appartient. ^
« Je lève mon verre en l'honneur de 1* As^
« sociation des Ingénieurs Liégeois.
a Je bois à la Belgique I Je bois à la France i
« Vive la Belgique ! Vive la France ! »
COMMERCE
1.E COMMEROE EXTÉRIEUR DE LA
FRANCE
pendant les dix premiers mois de iSgj.
b*après les documents réunis par l'admi-
nistration des douanes, les importations se
sont élevées, du 1*' janvier au 31 octobre,
à 3.238.4^)5.000 francs et les exportations
à 3.002.675.000 francs.
La part du mois d'octobre ressort dans ce
total, à 288 millions et demi pour l'impor-
tation et à 330 milions et demi pour l'im-
portation. Par rapport au mois d'octobre
1896, Tensemble de notre commerce, par
lequel se mesure l'activité des échanges
entre la France et les autres pays s'est ac-
cru de 30 millions environ.
Le mouvement des importations et des
exportations est résumé dans le tableau
suivant :
IMPORTATIONS
1897
fr7
803.958.000
1896
821.135.000
Objets d'alimentatioo
Matières néeesBaires
à l'industrie 1.909.891.000 1.821.104.000
Objei3 fabriqués 512.682.000 510.012.0:0
Total 3.228.485.000 3.152.251.000
EXPORTATIONS
fr.
571.685.000
fr.
523.007.000
Objets d*aUinentation,.
Matières nécessaires
à l'industrie 792.155.000 6i0.998.000
Objets fabriqués 1.516.355.000 1.486.802.000
Colis postaux 122.480.000 117.830.000
Total 3.002.675.000 2.808.637.000
L'ensemble de nos échanges avec les au-
tres pays s'est élevé^pendantlesdixpremiers
mois de l'année, à 6.231 millions, au lieu
de 5,001 pendant la même période de 1896.
L'augmentation a été de 270 millions soit
4 IjZ %. C'est surtout par le mouvement
des exportations que cet accroissement s'est
produit : en effet, celles-ci se sont accrues
de 7 •/• environ, tandis que les importations
ne se sont accrues que de 3 % .
Comme les importations d'octobre 1897
ont dépassé de 42 millions environ les ex-
portations du même mois, ce qui marque
une reprise vigoureuse du mouvement de
supériorité des importations sur les exporta-
tions, il n'y a plus lieu d'espérer de voir la
balance du commerce extérieur devenir
favorable à la France à la tin de l'année
1897.
LE MOUVEMENT DE LA NAVIGATION
FRANÇAISE EN 1896.
Dans un travail précédent nousavons ana-
lysé rapidement le commerce général de la
France Tannée dernière, suivant les statis-»
tiques qui nous étaient fournies par le pre-
mier et si Intéressant volume de la Direction
générale des Douanes ; aujourd'hui nous
voulons nous arrêter un instant à Texamen
de la navigation pendant la même période,
en nous en rapportant aux indications qui
nous sont fournies par le second volume,
513
COMMERCE.
514
plus spécialement consacré à la navigation
ioternationale et à notre cabotage.
Pour arriver à donner une vue d'ensem-
ble assez fidèle, nous n'aurons qu'à rappor-
ter ici, aussi clairement que possible, et
dans leur ordre naturel, les chiffres les
plas intéressants qui nous sont fournis par
le résumé analytique.
Le poids total des cargaisons ayant ali-
menté notre commerce extérieur pendant
i'aDoée 1896 a atteint'd4.654. 955 tonnes de
l.COO kilogrammes, dont 25.017.214 à Tim-
portalion et 9.637.741 à l'exportation. Dès
ies premiers chiffres que nous avons à citer,
eo voit combien est faible notre exportation
et,touten tenant compte du commerce tran-
sitaire qui se fait à travers la France et qui
peut modifier un peu Técart considérable
eDire ces deux chiffres, il est facile de se ren-
dre compte de la gravité d'une situationqui,
malheureusement , devient plus menaçante
ehaqne jour.
En effet, si, à un autre point de vue, nous
eumÎDons quelle est la part prise dans ce
mouvement général par le pavillon natio-
nal, nous sommes bien forcés de constater
oDe déchéance régulière et de plus en plus
grave depuis 1887.
A cette époque le commerce, fait sous
pavillon national, s'élevait à 9.311.477 ton-
neaux, tandis qu'en 1894 il tombait à
7.625.724 tonneaux, et si, depuis, il s'est lé-
^rement relevé,on peut attribuer peut-être
ce résultat à la loi du 2 avril 1889 qui ré-
serve au pavillon national la navigation en-
tre la f'rance et l'Algérie ; mais, en tout cas,
c'est bien peu de chose, et si de 1877 à 1896
notre pavillon s'est accru de 57.5%, les pa-
villons étrangers ont gagné 75.7 % pendant
le même laps de temps.
Une pareille constatation nous dispensera
d'insister sur la gravité exceptionnelle de la
crise que Ira verse notre marine marchande.
Onpeutdonc prévoir,dès à présent, quedans
nne nouvelle période de 20 ans, le tonnage
des pavillons tiers sera de 10 millions de ton-
neaux et égalera à peu près celui du pavillon
national. On entend p^rnavires tiers ceux
T>tportentun pavillon autrequeceluidu pays
d'où ils viennent ou à destination duquel ils se
livrent ; ils jouent à la merle rôle des che-
mins de fer à terre pour une nation tran-
sitaire.
La politique coloniale largement prati-
quée, avec les grands travaux de défense
commerciale, comme contre-partie néces-
saire, tel que Paris port de mer ou le per-
cement du col de la Faucille seraient les
seuls moyens de conjurer le péril. Malheu-
reusement, chez nous, les pouvoirs publics
n'ont pas assez de loisirs pour s'occuper de
ces questions vitales entre toutes.
Cependant, il faut reconnaître que le gou-
vernement avait présenté un rapport à l'ap-
pui du projet devenu la loi du 30 janvier
1893 sur la marine marchande, qui conte-
nait les lignes suivantes, que nous croyons
utile de rappeler ici: < L'une dés plus gran-
des causes d'infériorité de notre commerce
maritime est que nos navires ne peuvent
trouver dans nos ports, qui exportent surtout
les produits ouvrés peu encombrants de no.*
tre industrie, le chargement desortieque nos
concurrents réalisent au départ au moyen de
leurs charbons, bois, blés, etc. ; d'où llm^
possibilité pour nos armateurs d'encaissôr,
dès le début d'une expédition maritimoi
avant toute dépense d'armement, un fret
qui leur permettrait d'abaisser leurs prix et
d'entrer en concurrence avec les étran-'
gers. >
Voilà qui est parfait, la constatation est
aussi claire que navrante; mais pourquoi ne
pas donner le remède après avoir signalé le
mal et ne j)as dire : Les grands travaux in^
térieurs, en faisant de la France une nation
transitaire^ seront seuls capables de four-
nir ce fret nécessaire à la prospérité de notre
marine ? et le résumé analytique de M. Pal-
lain poursuit avec non moins de raison f
commentant en quelque sorte les lignes du
rapport officiel :
« Cette observation, basée sur la pénurie
du fret dans nos ports, est corroborée par la
différence notable qui existe entre l'entrée
et la sortie dans le poids moyen des cargai"
sons par tonneau de jauge* En 1896, cette
moyenne s'est élevée à l'entrée à L800 kilo^
grammes, tandis qu'à la sortie elle s^est
maintenue au-dessous de 940 kilogrammes^
515 JOUBNAL MENSUEL DE
En ce qui concerna apéûalement les na-
vires français, le poids moytA à la sortie
n'a même pas dépassé « 655 kil^gpvnmes
pnr tOHHHi é» jpïigrr On peut donc d«re
d'une manière générale que rm navires en
sortant de France sont sur lest ou n'ont en-
viron que le tiers de leur chargement. »
Et c'est un rapport officiel de l'Adminis-
tration des Douanes qui fait cette terrible et
écrasante constatation, et il ne se trouve pas
au sein du Parlement un député pour de-
mander l'exécution immédiate du Canal de
Paris à la Mer ou de celui des Deux-Mers,
l'achèvement du port du Havre, pour lutter
contre Anvers et Hambourg, le percement du
col de la Faucille pour lutter contre le Saint-
Gothard, etc., etc.
Vraiment on éprouve un grand sentiment
detristesse devant de pareilles constatations
et l'on est en droit de se demander à quoi
pensent ceux dont la mission naturelle pa-
rait être de veiller plus particulièrement aux
destinées du pays.
« Il eon^naat d'aitleon de remarquer,
aioote encore l^Administration, ainsi que
nous l'avons déjà fait, que les pays voisins
dunûtre,oii les marchandises encombrantes
se trouvent en abondance, ont, à la longue,
constitué; pour en effectuer le transport, une
flotte spéciale qui défie toute concurrence et
compte toujours sur le marché du fret des
unités disponibles, pouvant en outre être
utilisées dans Tintercourse entre les autres
pays. »
C'est toujours la constatation de notre
déchéance avec la même indifférence tran-
quille du statisticien bureaucrate habitué à
manier des chiffres et) si l'on veut bien s'en
rapporter à ce que nous disions dans notre
travail précédent, à savoir que notre com-
merce par mer est de plus des deux tiers de
notre commerce par terre, on en arrive fa-
talement à cette conclusion douloureuse que
les temps ne sont pas éloignés où, sur le
terrain commercial aussi bien que sur celui
des transports par mer, nous serons livrés,
pieds et poings liés^ tout à fait à la merci de
réiranger.
Il en sera ainsi fatalement, puisque nous
he toulons pas recourir aux moyens de dé-
L AGA£»EMIB NATIONALE.
516
fense, au grand outillage national auquel
nous faisions allusion plus haut.
Vienne une crise grave, une dépréciation
subite' du numéraire, et ce sera la ruine
; irrémédiable pour la nation.
â.ussi,pendant l'année 18d6,Ia proportion
pour cent du tonnage d'entrée a été de 29,9
pour les navires frmçats et de 70. 1 pour les
navires étran^rs.
A la sortie, U proportion du tonnage
français est de 41.1 % et celle du tonnage
étranger de 58.9 % , ce qui est, en quelque
sorte,une indice encore j^Ius grave de la dé-
cadence de notre marine sgtarchande.
Quant aux pavillons-tien, ils ont été de
16 % avec un tonnage de 3.685.774 ton-
neaux et de 17 % à la sortie, ayec un ton-
nage de 1.700.849 tonneaux.
Et que Ton ne s'y trompe pas, ce n'est
point contre Timportance de la marine étran-
gère ou des pavillons tiera dans nos ports
que nous nous insurgeons. Si nous savions,
à l'intérieur, devenir une grande nation
transitaire, par rapport à l'Europe, cet état
de choses pourrait être plein de bénéfices
pour nous. Mais encore est-il qu'il faudrait,
en même temps, que notre marine grandisse
et ne disparaisse pas devant celle de l'étran-
ger, car alors les conséquences économiques
désastreuses en seraient incalculables et nous
pensons qu'il n'est point besoin d'y insister
autrement.
On sait que sauf l'Algérie et la Tunisie,
nos colonies et pays de protectorat peuvent
commercer librement avec nous, sous n'im-
porte quel pavillon ; là encore ce n'est pas
de la libre concurrence dont nous nous
plaindrons, mais bien précisément du man-
que de concurrence de la part de nos com-
merçants et de nos armateurs.
Nous trouvons,dans le tableau 9,des indi-
cations bien intéressantes sur les pays étran-
gers, colonies ou pays de protectorat avec
lesquels la France a entretenu le plus (de
relations maritimes en 1895 et 1896. Ces
pays sont au nombre de 32,et nous ne vou-
lons que retenir deux ou trois chiffres de
la dernière année.
A ce point de vue, le tonnage total, entrées
et sorties réunies, de notre commerce ma-
517 COMMERCE.
rilfiDe avec TAngleteiTe a été de 8. 383. 308
tonneaux, tandisquelechilTre le plus impor-
unt qui vient eMtiite, afférent à l'Algérie,
ne s'élèveqn'à 2.656.333 tonneaux. On voit
tout de mite par là quel intérêt énorme nous
aioM à développer nos rapports commer-
ciaax avec l'Angleterre, surtout si Von com-
pare ce chiffre avec celui qui revient à la
Russie, 1.176.221 tonneaux, dont la par-
tie exportée par nous est tout à fait insi-
gnifiante, comme nous Tavons déjà constaté
dans le chapitre que nous avons consacré
au commerce général de la France.
Qtons eocore le Japon, qui est ea grande
progression avec 236.039 tonneaux, et Tlle
d'Haiti avec 91.936 tonneaux. Si notre mari-
ne marchande n'était pas si malade il y au*
rait beaucoup à faire dans ces pays oii nous
sommes très aimés et ou les Allemands, ainsi
•(ue les Anglais, font des efforts désespérés
foor arriver à nous supplanter tout à fait.
A fat page XV du résumé aQalytique,nouâ
Iroovond on entrefilet éuigmatique qui ne
BOUS dit rien qui vaille et qui parait plutôt
destiné à expliquer un jeu d'écritures qui
u'amrait d'autre but que de masquer la pé-
OQrie malheureusement trop réelle de notre
flotte marchande. Du reste, le voici tout en-
tier:
< Ainsi qu'on en peut Juger par le tableau
0* 16 qui présente la situation comparative
de notre effectif naval pendant les dix der-
nières années, le nombre total des navires a
pu Tarier au cours de cette période, mais leur
tonnage net est en diminution constante.
Cette diminution a pour cause pfincipale
los modifications apportéesdans la méthode
de jauge par les décrets du 21 juillet 1887,
da 7 mars 1889 et du 31 janvier 1893, modi-
Bcfttions qui ont eu pour résultat d'abais-
ter le teoaage net dans une proportion
nieyeiioede21 % pour les navires à vapeur
et de 15 s pour les navires à voiles. Il im-
porte de tenir compte de ces fadeurs dans
la comparaison du tonnage total de Teffec-
tif naval tel qu'il ressort du tableau n" 16. »
En admettant cette explication, que nous
De comprenons pas très bien, elle aurait dû
cesser d'avoir un eflet quelconque depuis
1^. Cependaut, il y a bien cette phrase :
518
mais leur tonnage net est en diminution
constante. Alors nous avouons ne plus com-
prendre du tout ou avoir peur de trop com-
prendre^et il se dresse naturellement à l'es-
prit un point d'interrogation que l'admin»-
tration des douanes ferait bien derésMkbtf,
dans l'intérêt môme de la vérité.
Si nous vooHons nous arrêter au décompte
de nos navires employés au pilotage, grande
pêche^ cabotage, navigation dans les mers
d^rope et Méditerranée au long cours,
nous verrions avec tristesse combien sont
faibles les chiffres consacrés à ces deux der-
nières rubriques.
Hais, avant de terminer, jetons encore
un coup d'œil sur le mouvement de la na-
vigation de l'Algérie avec les autres colo-
nies françaises et les pays étrangers; le»
navires chargés et expédiés directement de
l'Algérie ont effectué 161 voyages de moins
ee 1806 que l'année précédente et le tonna-
ge de ces navires a été en diminution de
208. 919 tonneaux.Cette diminution est com-
pensée en partie par le développement des
rapports mai*itimes avec la métropole: aug-
mentation de 176 navires, ce qui est bien, et
de 187.082 tonneaux, ce qui est encore in-
suffisant.
Il y a donc là un point tout particulière-
ment intéressant à étudier, ce qui aurait dû
attirer toute l'attention du parlement^ s'il
avait eu l'énergie et le bon sens de main-
tenir dans cette grosse question des Irans*
ports maritimes le système si simple et si
juste de l'adjudication publique contre celui
de l'entente directe avec les compagnies, ce
qui ouvre la porte à toutes les faveurs, à tou-
tes les routines et parfois aux suppositions
les plus malveillantes.
En formant un chiffre total de 4.026.521
tonneaux qui nous est fourni par l'adminis-
tration, on voit que le pavillon national a
couvert 2.859.771 tonneaux, soit un mou-
vement total de 71 % quant au tonnage.
Mais, dans la navigation entre l'Algérie et
l'étranger, le pavillon français n'entre que
pour 15 % et, nous ne saurions trop le répé-
ter, voilà le point délicat et vraiment fort
important pour notre propre avenir écono-
mique*
519 JOUBNAL MRNSORL DR
Du reste, le petit tableau suivant suffira i
mettre en pleine lumière le fait sur lequel
nous nous permettons d'insister tout parti-
culièrement ici :
WATlrM fruifait NATlrtt éirtifirt
Angleterre 7 •'• 93 %
Possessions anglaises
dans la Méditerranée
(Malle et Gibraltar).. 5 % 95 •.
Espagne 34 *; 65 %
Italie 4 % 96 %
Ces chiffres sont bien de nature à faire ré-
fléchir les capitalistes français, en leur mon -
trant combien pourraient être fructueux et
rémunérateurs leurs efforts tournés de ce
côté.
Dans un troisième et dernier chapitre,
nous nous arrêterons également à Texamen
succinct du mouvement du cabotage en
1896, parce qu'il nous semble qu'aucune de
ces questions ne doit nous laisser indiffé-
rents en ce moment.
It
UOUVEMEKTS DU CABOTAGE PENDANT
l'année 1896.
Après nous être occupé de la navigation
internationale dans le chapitre précédent,
il ne sera peut-être pas sans intérêt pour
nos lecteurs de nous arrêter un instant à
l'examen du cabotage français pendant la
même période de la dernière année.
Aussi bien, quoique très amoindries mal-
heureusement, il s'agit là de quantités qui
sont loin d'être négligeables et qui pour-
raient facilement être relevées et devenir
l'un des premiers facteurs de la prospérité
nationale, sinon le premier, comme nous
allons nous en convaincre au cours de cette
élude forcément trop courte.
Le poids total des marchandises de toutes
natures, dit le rapport officiel de M. Pallain,
expédiées par cabotage en 1896, a été de
8.182,270 tonnes de 1.000 kilogrammes. Ce
chiffre comprend à la fois le grand cabo*
tage, c'est-à-dire les expéditions de TOcéan
à la Méditerranée et réciproquement, et le
petit cabotage, c'est-à-dire les expéditions
entre les ports de la ihéme mer.
l'acadbmir nationale.
520
Le chiffre correspondant de 1895 était de
2.872.392 tonnes, et la moyenne des cinq
années antérieures, de 2.710.466tonnes.L6s
résultats de 1896 sont donc supérieurs de
3i09.878 tonnes à (.eux de 1895 et excèdent de
471.804 tonnes la moyenne quinquennale.
La part du grand cabotage dans les quan-
tités transportées en J89G a été de 287.650
tonnes ; celle du petit cabotage, de 2.804.620
tonnes.
Il ne faudrait pas se déclarer satisfait
parce que l'on relève une augmentation su"
périeure à 300.000 tonnes pendant Tannée
écoulée ; la triste vérité, c'est que le cabo^
tage, grand et petit, se meurt chez nous, et
que le chiffre total de 3.182<270 tonnes, cité
plus haut» est véritablement dérisoire pour
une grande nation aussi favorisée que la
France, et placée admirablement sur deux
mers.
Tout ce que nous devons faire en face
d'une situation aussi alarmante, et surtout
alarmante si nous la comparons à celle sans
cesse grandissante des Allemands et des
Anglais, c*estde rechercher quel les peuvent
être les moyens pratiques de relever notre
cabotage en pleine décadence. Le rapport
officiel a beau constater que « l'année 1896
présente ainsi, sur la période quinquennat
le, une augmentation de 3.345 navires et de
333.562 tonneaux ; elle se trouve, compa-
rativement à 1895, en excédent de 2.125
navires et de 491.706 tonneaux » au point
de vue général du mouvement de la navi-
gation» tant pour le grand que pour le petit
cabotage.
Ce n'est point, encore une fois,à ce point
de vue comparatif intérieur^ mais bien ex^
térieur avec les grandes nations concurren-
tes qu'i) convient de se rendre compte de
rinfériorité flagrante de notre navigation
côtière ; que l'on aille seulement chercher^
comme élément de comparaison, des chif<*
fres aux Ducks Sainte-Catherine de Lon-
dres, à Anvers et même à Hambourg et l'on
sera vraiment stupéfait de notre infériorité^
de notre faiblesse, de notre propre déca-
dence.
Pour arriver à nous faire comprendre,
nous sommes bien obligés d*entrer dans
521
quelques explications techniques
ainsi qu'à propos du tableau 31 le rapport
ofSciel dit : « Il s'agit à la fois, dans ce ta-
bleau, de la navigation à Toiles et de la na-
vigation à vapeur. Pour les deux naviga-
tions réunies, la proportion des chargés est
de 86 %, et celle des navires sur lest de
14 %. Le rapport entre le poids des cargai -
sons et le tonnage officiel des navires char-
gés estde 5 à 7 kilogrammes par tonneau de
jauge officiel. »
On voit tout de suite par ces deux chiffres
quelle dilTérence énorme il y a entre le
tonnage effectif et celui qui serait possible.
Tout cela tient à ce que ce que Ton est con-
venu d'appeler le grand cabotage^ c'est-à-
dire le cabotage d'une mer à l'autre, de l'O-
céan à la Méditerranée, est absolument mort
chez nous. Que l'on se rappelle les chiffres
que nous venons de citer au début de ce
chapitre : 287.650 tonnes pour le grand ca-
botage contre 2.894.620 tonnes pour le petit.
Ce n'est donc point une exagération d'af-
firmer que le grand cabotage est mort en'
France et que les chemins de fer d'un côté,
aussi bien que l'énorme circuit qu'il faut
accomplir autour des côtes du Portugal et
de l'Espagne ont achevé de le tuer.
Mais de tels chiffres, pour lamentables
qu'ils soient, doivent comporter un ensei-
gnement, et si l'on veut résolument lutter
sur ce terrain-là avec la concurrence étran-
ge et relever notre petit et surtout notre
grand cabotage chez nous, il faut se résou-
dre enfin à accomplir au plus vite les grands
travaux intérieurs, c'est-à-dire d'abord le
canal des Deux-Mers et Paris port de mer et,
eosuile, l'achèvement du port du Havre, le
percement du col de la Faucille et l'exécu-
tion du Transsaharien.
Le pre mier nous permettra delutter con-
tre Anvers, Hambourg etManchester; le se-
cond de lutter contre rAllemagne,contre Gè-
nes et de rattraper une partie du commerce
transitaire de la Suisse, pour le plus grand
bien de notre admirable port de La Palice,
comme nous l'avons déjà démontré dans une
élude précédente ; le troisième apportera dans
DOS ports tous les produits du Cenr re-Afrique ;
tous enfin concourront à apporter les élé-
c'est
582
ments de vie et de prospérité à ce malheu-
reux cabotage national, si gravement atteint
à l'heure présente.
L'Algérie va précisément nous fournir de
nouveaux arguments en faveur de la thèse
que nous développons en ce moment; mais,
avant d'y arriver, il est bon de jeter un coup
d'œil sur ce que le rapport ofllciel appelle
l'ensemble du mouvement commercial ;il
y a là un chiffre de 26.744.304 tonnes, au-
quel se sont élevés les transports par mer,
entrée et sortie réunies, dont le décompté
par port est vraiment instructif.
Marseille y entre pour 5.598.997 tonnes ;
le Havre pour 2.913.647; Dunkerque, Bor-
deaux, et Rouen pour plus de 2 millions de
tonnes, etc. ; mais l'admirable et incompa-
rable port de Brest arrive en dernier avec
le chiffra dérisoire de 280.315 tonnes, et
Rochefort, malgré un superbe bassin neuf,
remontant déjà au moins à dix ans, n'est
môme pas classé du tout, parce que partout
où domine l'autorité maritime militaire, l'é-
lément commerçant est considéré comme
négligeable et môme gônant. Comme ré-
sultats pratiques, c'est vraiment malheu-
reux, et il serait trop cruel d'insister.
Maintenant, avant de terminer, quelques
chiffres empruntés aux tableaux qui nous
sont fournis par l'Algérie, mettant en pleine
lumière l'impérieuse nécessité de Tachè-
vement des grands travaux intérieurs au
point de vue de l'achèvement de l'outillage
économique et de la défense contre la con-
currence étrangère :
c( Les marchandises et produits de toute
nature qui ont été expédiés entre les diffé-
rents ports de l'Algérie, sous le régime du
cabotage, pendant l'année 1896, ont atteint
178.844 tonnes de 1.000 kilogrammes,
chiffre supérieur de 15 % à celui de 1895
et de 5 % à la moyenne de la période quin-
quennale antérieure. » Mais ce n'est pas
tout ; suit un décompte fort intéressant des
matières transportées que le manque de
place nous interdit de reproduire ici, et qui
est cependant bien instructif pour quicon-
que veut bien se donner la peine de réfléchir
un peu. C'est ainsi que rien que les fruits
de table, par exemple, arrivent avec 5,048
523
lOURNAL MENSUBL DB L^ACADÉIIIS NATIONALK.
524
tonnes à occuper la place des 3 centièmes,
et Ton est en droit de se demander quels
développements prodigieux pourrait pren-
dre ce commerce seul si les canaux inté-
rieurs permettaient d'apporter ces flruits à
un bon marché extraordinaire jusque sur la
place de Paris.
Enfin, encore une dernière et courte cita-
tion, parce qu'elle nous paraît particulière-
ment suggestive; aussi bien ces quelques li-
gnes terminent le résumé analytique à pro-
pos toujours de TAIgérie^ et les voici :
« Pour les deux navigations réunies, la pro-
portion des navires chargés est de 79 %
quant au nombre et de 93 % quant au
tonnage ; celle des navires sur lest est
DE 21 % quant au nombre, et de 7 %
quant au tonnage. Le rapport entre le poids
des gai*gaisons et le tonnage ofTiciel des
navires est de 140 kilogrammes par ton-
neaux de jauge officiel, •
Nous pensons qu'il est encore inutile d'in-
sister ici sur le coté véritablement trop dé-
fectueux de ces chiffres et qu'il est permis de
croire fermement que Tachèvement de notn
outillage national et des grands canaux mari-
times à l'intérieur de la Métropole ferait des-
cendre rapidement cette proportion beau-
coup trop grande de navires sur lest, en
fournissant toujours ou presque toujours aux
navires allant à travers les deux mers le trel
de retour.
Ce sont là des 'idées qui auraient besoin
de grands développements, mais elles sont
familières depuis longtemps à nos lecteurs
et nous sommes persuadés qu'il suffit d'atti-
rer de nouveau sur elles leur attention pour
leur en faire toucher du doigt immédiate-
ment toute la haute et suprême importance
au point de vue de la prospérité et de Tave-
nir même de notre commerce.
P. V.
BIBLIOGRAPHIE
Les transports par terre et par mer,
tome 2, par M. PaulVibert. —Edité par
MM. Berger-Levrault et Cie, à Paris ;
5, rue des Beaux-Arts, et 8, rue des Gla-
cis, à Nancy. Prix : 10 fr.
Dans notre Journal deJMars dernier, nous
annoncions la publication d'un premier vo-
lume d'un ouvrage intitulé : Les Trans-
ports par terre et par mer y formé de la
réunion de nombreuses études ou chroni-
ques publiées antérieurement dans divers
journaux ou revues par notre collaborateur
M. Paul Yibert.
Un second volume du même ouvrage vient
de paraître, aussi intéressant et aussi ins-
tructif que le premier, et rempli comme
lui d'idées- neuves, d'aperçus ingénieux et
de comparaisons instructives.
L'ouvrage entier n'est pas le développe-
ment d^une thèse déterminée, non plus que
la tfmple description d'organisations éta*
blies : il est à la fois l'indication de ce qui
est, et l'évocation de ce qui pourrait ou de*
vrait être, en matière de tous transports de
voyageurs ou de marchandises. Le second
volume complète le premier dans le même
esprit d'amour du progrès et de recherche in-
cessante delà pc^rfection, quiest la caracté-
ristique du talent de M. Paul Vibert et lui
mérite l'estime de toutes les personnes
préoccupées des amélorationsà apporterdans
les conditions de la vie civilisée. Ce second
volume doit donc naturellement se joindre
au premier dans la bibliothèque de tous \
ceux qu'intéressent particulièrement les
questions de transports.
Les plantes de grande culture, par P. P.
Dehérain, membre de l'Institut. — Un
volume in-8^ carré de 236 pages, 4 fr. —
Chez MM. Georges Carré et C. Naud, édi-
teurs, 3 rue Racine, à Paris.
Dans son essai sur l'Économie rurale de la
France, Léonce de Uvergne évaluait en 1848
la production agricole de notre pays i cinq
milliards de francs ; il la portait à sept mil-
liards 500 millions en 1871, époque à la-
525 BIBLIOGRAPHIE.
qMlle parât la dernière ëdition de son ou-
vrage.
On a dMuii de Tenquôte agricole de 1882,
lapins récente que nous possédions, qu'à
ce moment la production agricole de la
France surpassait dix milliards et il est pro-
bable qu'aujourd'hui la reconstitution de
Doire f ignoble et les progrès incessants ac-
complis depuis quinze ans nous permet-
traient d'ajouter à ce dernier chiffre quel-
ques milliards de plus.
Comment les cultivateurs ont<iIs réussi à
donner, dans l'espace de cinquante ans, les
nleors qu'ils font chaque année surgir du
H>l ?€ 'est ce que le savant auteur de tant
d'oQvrages remarquables indique en étudian t
quelques-unes de nos plantes de grande cul-
inre. Il définit les progrès réalisés dans la
culture du blé, de la pomme de terre, des
betteraves fourragères et à distillerie et des
beuaaves à sucre.
n décrit k la fin de chacun des chapitres,
les principales industries auxquelles ces
plantes servent de matières premières : fé-
colerie, fabrication de Talcool et du sucre.
Toutes les personnes qui s intéressent aux
progrès de Tagricuiture, progrès qui ont fait
pttfer la production agricole de la France
et cinq milliards en 1850, à onze ou douze
eo ce moment, voudront savoir comment
a progrès ont été réalisés.
Elles nepourrontchoisirde meilleur guide
qseM. Dehérain, car la clarté est la qua-
liii maîtresse qui distingue ses livres et
Asare leur succès.
Ajoutons que l'ouvrage a été édité avec le
plus grand soin : ce n'est pas seulement
Qobon livre, mais encore un livre char-
nantdoni voici la division.
lE BLÉ, — Le prix de revient de l'hec-
tolitre de blé. — Place du blé dans Tasso-
Iwnent : — Jachère. — Plantes sarclées. —
Nptration du grain. — Semailles. — Le
blé pendant l'hiver. — Développement dui
bW. — Influence des fumures. — Expé-
'^Mcei exécutées à Roshamsted, par sir J.
B. Lawes et sir H. Gilbert. — Croissance.—
Floraison. — Création des hybrides. — Ma-
loralion. — Abaissement des prix de re-
^Dt. — Choix des variétés. — Emploi des
526
engrais. ^ Nouveaux débouchés. — Le blé
dans ralimentation des animaux. — Oscil-
lations des prix dans le passé. — Leurs cau-
ses. — Conclusion .
LA POMME DETERRE. — Origine. —
Propagation. — Travaux de Parmentîer. —
Développement delà pomme déterre. —
Culture de la pomme de terre industrielle,
ou fourragère. —Féculeries et distilleries. —
Pommes de terre de primeur. — La maladie
de la pomme de terre. — Lenteur des pro-
grès agricoles. — Les professeurs départe-
mentaux d'agriculture. — Emploi de la
pomme de terre à Valimentation du bétail.
BETTERAVES FOURRAGÈRES ET BET-
TERAVES DE DISTILLERIE. — Exigences
de la betterave. — Engrais employés. —
Développement de la betterave. — Accumu-
lation du sucre dans la racine. — Bettera-
ves fourragères. — Variétés employées. —
Mode de culture. — Lutte eatre la pomme
de terre et la betterave. — La fabrication de
l'alcool avec la betterave. — Distilleries
agricoles.
BETTERAVES A SUCRE. —La culture de
la betterave àsucre, jusqu'au vote de la loi
de 1884. — Loi de 1884, ses effets. — Fabri-
cation du sucre. — Les résidus. — Mélas-
ses. — Écumes. — Pulpes. — Production
du sucre dans le monde. — Lutte de la canne
et de la betterave. — Baisse des prix. —
Situation précaire de Findustrie sucrière.
La Nature et lu Vie, par Gabriel Viauû. —
Paris, Charles Mendel, 1897, in-12, 855
p. ; 3 fr. 50.
L'auteur, M. Gabriel Viaud, qui a mené
en faveur du végétarisme une campagne
vigoureuse, dont toute la presse a parlé, y
développe en fort bon style les idées dont il
s'est fait le fervent adepte, ainsi que la théo-
rie si originale des végétaux médicamenteux
dont il est le créateur.
L'ouvrage se divise en deux parties :
La première expose les principes : la
deuxième les justifie.
Les témoignages qu'il faut à l'auteur, il
les trouve dan.^ une large mesure en gla-
nant à travers les richesses de notre litttéra-
527
lOUai^AL MENSUEL DE l'aCàDBIUE NATIONALE.
&2^
ture. Il évoque nos poètes, nos romanciers,
nos historiens et nos philosophes et, à Taide
d'éloquentes citations, les fait entrer dans un
concert d'éloges en faveur du végétarisme.
M. Viaud prouve, en un mot, que tous
nos grands hommes ont été végétariens, du
moins en principe, et que nous devons ré-
tre, si nous voulons accroître nos facultés
intellectuelles et nous affranchir de bien
des maladies dont on recherche vainement
les causes ailleurs que dans ce quMl appelle
d'un mot pittoresque « la Nécrophagie »,
que nous traduirons par Texpression d'i^-
sage de la viande.
Tout le monde lira cette œuvre sincère,
attachante, d'une haute moralité. Sa place
est marquée dans toutes les bibliothèques et
surtout entre les mains des jeunes gens
auxquels elle enseignera la tempérance et
\z frugalité^ au sens propre du mot.
Là Papyrographie, notice il lusirée, par L.
de Villanova, éditée par iM. Charles Men-
del, 118, rue d'Assas, à Paris. Prix : 2 Ir.
La Papyrographie est un art nouveau,
ou plutôt une distraction nouvelle inventée
par M. de Villanova. Elle consiste à pro-
duire des dessins en superposant des papiers
d*épaiseurs différentes qui, présentés à la
lumière du jour ou de la lampe, donnent
Tillusion de la photographie ou des litho-
phanies allemaqdes. L'auteur explique clai-
rement la façon de procéder qui est facile
et ne coûte presque rien. Du papier, des ci-
seaux, un canif, de la colle de pâte, voilà
tout le matériel nécessaire. A cela il faut
ajouter un peu de patience. De nombreux
dessius explicatifs viennent compléter là
clarté du texte et sont suivis de plusieurs
motifs faciles à reproduire. Cette ingénieuse
distraction ne peut manquer d'être adoptée
par les jeunes tilles et, dans les soirées d'hi-
ver, elle alternera avec les travaux d'aiguil-
le et de crochet et donnera pour résultats :
des écrans, des abat-jour, des images trans-
parentes des plus gracieuses et des plus ori-
ginales. Ajoutons qu'il n'est pas besoin de
Le Directeur-Gérant, Rédacteur en Chef, Eugène THlftRY.
savoir le de.'^in pour se servir de la papyro-
graphie, le décalque suffit ; mais un dessi-
nateur obtient évidemment des œuvres plus
complètes.
La Photomicrographie, par A.-L. Clément,
Officier de Tlnstruction publique. Pré-
sident de la Section d'entomologie à la So-
ciété nationale d'Acclimatation de Fran-
ce. — Un vol, illustré de 95 figures, Prix :
2 francs. — Editeur : Charles MENDEL,
118, rue d'Assas, Paris. — 1897.
tt 1^ plaque sensible^ a dit M. Janssen,
c'est la rétine du savant ». Rétine puissante,
qui, chaque jour, découvre des merveilles
au bout du microscope, comme au bout
du télescope. Malheureusement, bien des
personnes, même des savants, ne peuvent
se donner cette rétine révélatrice (Pappa-
reil photomicrographique), parce qu'elle se
paie trop cher dans le commerce.
M. Clément, un fervent du microscope ef
de la photographie, a conçu l'idée d'allier
le microscope à la chambre noire^ et de ce
mariage de raison naquit Vappareil micro-
photographique économique^ dont il nous
enseigne l'agencement et l'emploi.
Mais les épreuves plates ne suffisent pas
à l'auteur et, pour obtenir le relief, il crée
divers appareils, entre autres le microscope
pseudO'Stéréoscopique formé par l^accou-
plement de deux microscopes.
Comment s'arrêter en si bonne voie ;
comment, après le relief, ne pas cbercber
la vie ? — Et voilà que le chronomicropho-
iographe livre au cinématographe les se-
crets de \ existence microbienne !
Après avoir traité des agrandissements,
M. Clément ferme son livre sur un chapitre
très pratique, relatif à V installation et à
l'emploi des appareils. Tous les raicrogra-
plies et amateurs photographes, toutes les
personnes possédant un microscope et une
chambre noire, trouveront dans ce chapitre
de quoi s'inspirer pour faire une installation
suivant leui*s projets, leurs besoins et leurs
ressources.
cmMOMT (Oltl). - IMPRIMBRII DAIX PRBUM, PLACN tAlMT-AMDRé, 3.
JOURNAL MENSUEL
n«
L'ACADÉMIE NATIONALE
AGRICOLE, lANDFACTDRlKRE ET COIIERCIALE
67* Année. — DÉCEMBRE 1897.
SOMMAIRE
AMUCULTURE. — Concours général agricole de Paris en 1898. — Un cnnsmi de \a pjinm.'de terr^. commun ica-
tioode n. Paul No«l, directeur du Laboratoire d'entomologie agricole, à Rouen. — La re'coUe des vins en 1897. —
Recette pour réloignement des fourmi?.
MOUSTRIC. — Appareils pour la fabrication de^ eaux et boissons gazeuses, de IN. Qpafflar, à Paris. -~ Manufac-
tare de chicorée torréfiée, de IN. L«grand-Balioye, à Fresnes (NorJ). — L'industrie lyonnaise des soieries.
iXPOStnOIIS KT CONCOURS. —Exposition de 1900 {flenseignements divers). -^ Cinquième Salon du Cycle.
— Exposition du Cycle.
COMMERCE. — Le commerce exte'rieurde la France pendant les onze premiers mois de 1897. — Le commerce
comparé de la France, de l'Angleterre et de l'Allemagne.
■tCROL-OOIE. - IN. Léon Talioupl«p.
MBLIOORAPHIE.
USTC aÉNÉRAI-E ALPHABÉTIQUE desHembres d« la Société admis pendant Tannés 1807.
TABLE aÉNÉRALE dss INatièPSS publiées psndant Tannés 1897 .
AGRICULTURE
CONCOURS GÉNÉRAL AGRICOLE
de PaHa, en 1808
Les intéressés sont informés que le con-
cours général agricole de Paris se tiendra
en la Galerie des machines, du lundi 7 au
mardi 1 5 mars i8g8.
Des formules de déclarations et io pro-
gramme du concours sont tenus à leur dis-
position dans les bureaux des préfectures et
soQs-préfectures.
Les déclarations doivent être parvenues
aux dates ci- après :
Poar les animaux,les instruments et pro-
duits agricoles et horticoles divers, au mi-
nistère de l'agriculture, le i5 janvier iSg8
an plus tard.
Poar les vins, cidres, poirés et eaux-de-
^ie, aux Préfectures,le 3t décembre iSg-j,
>n plus tard.
Le concours général de Paris 1898 sera
ainsi organisé :
Le 7 mars, réception des instruments et
machines agricoles, produits autres que les
volailles mortes, beurres et fromages, fruits
et légumes Irais, plants vivants.
Le 8, continuation des réceptions précé-
dentes, arrivée des bovidés munis de deux
longes, les taureaux étant munis d'un an-
neau et d'une mouchette.
Le 9, réception semblable, plus les laits.
— A neuf heures du matin,opération dujury
des vins, des cidres, poirés et eaux-de-vie,
qui seront reçus rfw;ew^/ 3 au samedi 5
mars et opérations du jury du concours spé-
cial d'instruments. — De dix heures du
matin à cinq heures du soir, exposition pu-
blique des instruments et machines agrico-
les.
Le 10, installation et classement des ani-
maux. Réception des volailles mortes — A
531
aOORNAL MENSOeL DB l' ACADÉMIE NATIONALE.
53:1
neuf heures du malin, opérations du Jury
des volailles vivantes et des produits. — De
dix heures du matin à cinq heures du soir,
exposition publique des instruments et rot-
chines agricoles.
Le 11, opérations du jury des animaux et
des volailles mortes. — De dix heures du
matin à cinq heures du soir, exposition pu-
blique de tout !e concours.
Les 12, 13, 14 et 15, de neuf heures du
matin à cinq heures du soir exposition pu-
blique.
UN ENNEMI DE LA POMME DE TERRE
Communication de M. Paul Noël,
Directeur du Laboratoire d'entomologie
régionale, à Rouen.
La faune entomologique s'augmente
chaque jour sans qu'aucune cause apparen-
te fasse comprendre d*oti vient cette aug-
mentation.
La cause est cependant toute naturelle.
11 suffit, en effet, qu'un peu de sécheresse
amène une disette de fourrages et qu'on soit
forcé d'en demander à la Norwège et au
Canada pour qu'immédiatement les insec-
tes qui se trouvent dans ces fourrages étran-
gers s'acclimatent chez nous et se repro-
duisent, donnant naissance à des espèces
qu'on n'avait jamais vues auparavant.
Un exemple frappant nous est donné par
une invasion A'Acherontia atropos (sphinx
à tète de mort) que nous subissons actuelle-
ment.
Il y a quelque temps des droits très forts
furent mis sur les maïs étrangers et, comme il
devenait très onéreux pour nos distillateurs
d'employer ces maïs à la fabrication des al-
cools, ils y renoncèrent et employèrent
pourles remplacer plus avantageusement la
pomme de terre qu'ils se mirent à cultiver
en grand. Le sphinx à tète de mort qui vit
sur la pomme de terre se développa énor-
mément. Si bien qu'aujourd'hui on en trou-
ve partout des grandes quantités. Il est mê-
me la cause, comme nous le verrons plus
loin, d'une transformation dans les mœun
des abeilles.
Ce lépidoptère, amené d'Amérique eij
même temps que la pomme de terre, pon^
un œuf qui donne naissance à la plus gran*
de chenille que l'on rencontre en Europe |
elle ne mesure pas moins en effet de \\
centimètres de longueur.
Elle est lisse, rayée obliquement, et al4
longéeavec une pointe anale bifurquée. Si
coloration est jaune verdâtre ou brun jaune.
Kllea la tète plate et ovalaire, munie d'unj
corne rocailleuse, rétrécie à sa base et con^
tournée en queue de chien sur le onzième
anneau. Son corps, déjà fort beau, est,d^
plus, constellé de points d'un bleu vifoij
d'un violet un peu foncé, excepté sur Ici
trois premiers anneaux et sur le dernierJ
Derrière la tète, elle porte une empreinte
en forme de selle.
On la rencontre maintenant très fréquemi
ment dans les plantations de pommes d^
terre vers le milieu de juillet. Elle se moni
tre aussi, mais plus rarement, sur ladouc^
amère, le jasmin, le syciet, etc. Comme el-
le est nocturne, c'est la nuit surtout qu'elle
déploie toute sa voracité.
Il y en a aussi quelques-unes en AUema^
gne qui apparaissent vers l'automne ; mai^
comme elles ne se perpétuent pas, on en peui
conclure qu'elles proviennent de femelld
qui y furent portées par leur vol.
Août amène Tépoque de la métamorpho|
se deces chenilleâ. Pour y procéder, ellei
s'enfouissent profondément dans le sol et]
construisent une cavité spacieuse dont elles
polissent les parois avec le plus grand soini
Elles en ressortent quelquefois au bout M
cinq ou six heures, ou bien elles ne font que
passer la tête au dehors pour dévorer queli
que feuille placée à leur portée.
Dans nos contrées, à l'époque de la récol^
te, on l'aperçoit isolée dans un creux de 1er
rain. C'est une grosse chrysalide déprimée
sur la poitrine avec la pointe anale bifur^
quée.
Lorsqu'arrive octobre, Tinsecte parfait
apparaît.
C'est le mastodonte des sphinx. De loui
les lépidoptères, c'est le plus développé. Eii
tài
AGRICULTURE.
534
tfel, transversalement, son corps mesure
^ de 20 millimètres et son envergure n'at-
teint pas moins de 10 à 11 centimètres. Sa
[ételarge est pourvu decourtes antennes et
fane trompe bien visible, épaisse, très cour-
te et oettemenl recourbée. Le corselet ova-
le est peu convexe, avec un double collier
bien marqué etlesépaulettes peu distinctes.
Pestrevôtu d'une couche épaisse de poils
bnns et porte à la partie supérieure, dessi-
lée eo jaune, avec deux points noirs, une
plaque blanchâtre, simulant assez nette-
nent une tête de mort, d*oiison nom. Son
ibdomen, ovalaire, est légèrement aplati et
^inée en pointe obtuse. Il est jaune fon-
eéavec une bande longitudinale bleuâtre,
«(cerclé de noir. Ses pattes sont courtes,
fisses et robustes, muni de crochets très
bru au bout des tarses.
Le fond de la couleur au-dessous des ai-
1» dan brun noir, est saupoudré de bleu et
traversé par deux lignes, d*un blanc jau-
titre, courtes et ondulées. Les inférieures
i^traverséesdebrun, de gris et de roux,
avec, au milieu, une petite tache claire.
Cet ensemble lui donne, surtout à cause
^ linforme dessin qui représente à peu
présQDe tête de mort, un aspect assez étran-
je, et, si Ton ajoute à cet aspect cette autre
iiflgaiière faculté qu'il a d'émettre un son
ligQ, sorte decri plaintif qu'il fait entendre
Wfâqu'il est inquiété, on comprendra faci-
koMot la terreur qu'il a inspiré et inspirera
ana doute encore longtemps aux supersti-
tieuses populations de la Bretagne.
I Maurice Sand rapporte àcesujetune anec-
dote dont un de ses amis, le savant entomo-
logiste Desparelles, fut témoin.
'J'ai vu, dit celui-ci, dans une nouvelle
<?Qe l'auteur raconte et dont son ami est le
principal personnage, à X..., une petite
^lle bretonne, la population s'attrouper au-
tour d'un de ces pauvres lépidoptères égaré
dans une rue. On tenait conseil, ondeman-
^it quel pouvait être cet animal affreux.
« — Il est venimeux, disait Tun.
« — Ça mord, disait l'autre.
< Le maire fut appelé... II nia le venin et
It morsure, mais assura que c'était sale, et
l'écrasa, bravement. >
Au siècle dernier, des curés ont même
prononcé la formule d'excommunication,
croyant voir, dans ce très inoffensif insecte,
un envoyé de Satan. Sancta simplicitas !
Les éYénements semblaient, du reste,
donner raison aux croyances superstitieuses
des personnes ignorantes et d'esprit faible.
Son apparition coïncida, en effet, une fois
avec une épidémie très meurtrière qui mit
tout Brest en deuil.
Cette faculté qu'a ce lépidoptère d'émet-
tre un son lorsqu'on le saisit ou s'il s'est
aventuré dans une chambre où il ne trouve
pas d'issue pour s'échapper (prévoyant le
sort qui l'attend, il semble pousser son cri
funèbre) a intrigué beaucoup les entomolo-
gistes et les observateurs inhabiles à dé-
couvrir l'organe mis en jeu pour la produc-
tion de ce bruit. Et, môme aujourd'hui,
malgré les longues et patientes recherches
auxquelles on s'est livré, on en ignore en*
core complètement Torigine.
On l'attribue, ditBerce, au frottement de
la spirl-trompe contre la téle ; à l'eau s'é-
chappant par les stigmates de l'abdomen ;
enfin, à la sortie par la spiritrompe de l'air
contenu dans une cavité particulière de la
tête. Cette dernière opinion semble être la
plus probable.
On a cru un moment, par erreur, que l'air
qui s'échappait d'une trachée,qui se trouvait
de chaque côté de la base de l'abdomen, dé-
terminait ce cri. Mais la femelle, qui est pri-
vée de cet appareil, a la faculté de crier
aussi fort que le mâle, sinon plus.
De même que dans son pays d'origine, l'A-
mérique, le sphinx reste sous nos climats,
tranquille et dissimulé pendant le jour, choi-
sissant de préférence les lieux les plus om-«
bragés. Il dort sur une pierre ou une écorce
d'arbre, les ailes horizontalement étendues
sur le corps et les antennes repliées sous les
ailes oii elles n'attirent pas l'attention. Mais»
dès que le crépuscule survient, ses yeux
s'allumentet commencent à briller. Il aban-
donne alors sa cachette, recherche unecom-
pagne et visite les fleurs devant lesquelles il
passe en faisant entendre un bruyant bour-
donnement.
Mais là ne se bornent pas ses exploits^ Nous
535 ioo.xAt MeNstiiiL -de
avons dit od coraniençant qu'il avait amené
une ti*an.^fermation dans les mœurs des
beilles, nous allons le démontrer.
Il est très Triand de miel, dans nos con-
trées, et les ruches lui fournissent un asile
bien approvisionné de cette substance; aussi
rechcrche-t-il tous les moyens possibles
pour y pénétrer, certain, quilest, d'y trou-
ver la chaleur et le souper.
II pénétrait autrefois dans la ruche et les
abeilles qui no pouvaient se douter de sa vi-
site se laissaient surprendre, et, effrayées
i;ar l'arrivé intempestive de cet ennemi d'un
nouveau genre pour elles, s'enfuyaient en
bourdonnant après avoir, toutefois, vaine-
ment tenté de le piquer, leur aiguillon étant
sans effet sur l'épaisse toison de téguments
durs et élastiques qui recouvre le dos du
sphinx à tète de mort.
Le lendemain, on retrouvait nombre d'a-
beilles mortes devant la ruche, qui, trop
souvent, était vide de miel et déserte.
Les abeilles ont alors pris leur précautions
pour éviter le retour d'un semblable état de
choses. Aussi maintenant peut-on voir les
abeilles élever, à l'époque de l'apparition de
l'Atropos, de véritables forteresses en pro-
polis à l'entrée de leurs ruches, ce qui en
rétrécit le passage et le rend inaccessible
au voleur qui reste à la porte, se morfondant
vainement.
Il peut arriver que les travaux des abeil-
les ne soient pas assez avancés pour empê-
cher le gros parasite de pénétrer. Elles se
groupent alors en masse sur l'entrée de la
ruche, et l'empêchent ainsi d'y pénétrer.
L'erreur, qui se glisse partout, a longtemps
attribué à la crainte du froid ces fortifica-
tions élevées par les abeilles. C'est absolu-
ment faux. I.es abeillesont d'autres moyens
plus pratiques de se garantir des intempé-
ries de l'hiver.
De même on a longtemps attribué cesdé-
sastres produits dans les ruches à l'intru-
sion des chauves-souris. Ces mammifères
se nourrissent d'insectes nocturnes et ne
mangent pas de miel. On ne comprend donc
pas pourquoi ils iraient s'attaquer aux abeil-
les. Cette erreur s'était tellement accréditée
danà l'esprit des apiculteurs, qu'il a fallu
i:'A(LADlt)IIK .NATIONALE. o3
des preuves raultipliéeset notamment la d<
couverte dans la ruche de sphinx dont l'a^
domen contenait plus de 50 grammes d
miel, pour les convaincre.
L'homme, prenant modèle sur les abeil
les, a muni, pour les protéger contre les d^
prédationsde ce voleur, les ruches perfec
lionnées, d'une cloison ou grillage en ft
blanc, dont les ouvertures, grandes seul^
ment de 8 à9 millimètres, laîs.scnt seul^
ment assez de place pour le passage desabeil
les et que le gros lépidoptère ne peut forcei
Quant aux ravages que peut causer laclic
nilleaux pommes de terre, ils sont trop pei
considérables pour qu'il y ait lieu de sei
occuper. Du reste, les fourmis se chargée
d'en dévorer les chrysalides et d'empêch©
ainsi VAcherontia atropos de se trop mul^
tiplier.
LA RECOLTE DES VINS EN 1897
I^ direction générale des contribution!
indird3tes vient de publier, dans le Bulle^
tin de statistique du Ministère des finances
son évaluation générale annuelle sur h
production des vins en 1897. Voici cett
note :
« Pour 1897 la récolle des vins en Franc
est évaluée, à 32,351,000 hectolitres, sol
une diminution de 12,305,000 hectolitres pa
rapport à la récolte de 1896 et de 126,00
hectolitres sur la moyenne des dix dernière
années.
« En comptant encore 3,987,000 hectoli
très pour l'Algérie, selon les estimation
provisoires qui ont déjà été transmises i
l'Administration, et environ 300,000 hecto
litres pour la Corse, on arrive aune produc
tion totale de près de 37 millions d'hectoli
très.
c( Des augmentations apparaissent dam
dix-huit départements, notamment dam
les six départements de la région du Midi
(Aude, Bouches-du-Rhône, Gard, Hérault
Pyrénées-Orientales et Vaucluse), tant pa
suite de la reconstitution du vignoble qu
«7
AGRICULTURE.
538
JET le fait d'influences atmosphériques fa-
forables. Sûr le reste du territoire les ge.
lées du printemps et les pluies froides de la
fin de Tété ont eu les plus fâcheuses consé-
qaeoces. La récolte en a été affectée sous le
rapport de la quantité dans 57 départements,
et aassi sous le rapport de la qualité dans
plusieurs régions.
< D'après les indications recueillies sur
la force alcoolique des Tins de- 1897, la ré-
colte se subdiviserait comme suit :
hectolitres.
ViQs Utrant moins de U degrés... 29.019.000
ViDs titrant 11 dejcrés 2.370.000
Vins Utrant plus de U degrés 962.000
I Enfin, suivant les estimations faites dans
chaque département, en tablant sur les divers
prix de vente chez les récoltants, la valeur de
la récolle de 1897 s'élèverait à 821,752,000
{rancs. Dans ce total, les vins de qualité su-
périeure (et par là il faut entendre seule-
ment les vins dont le prix de vente chez le
récoltant dépasse 50 francsThectolitre, sans
lesdroits) sont compris pour 33 millions de
iraocs correspondant à une quantité de
019,000 hectolitres, et les vins de qualité
ordinaire pour 769 millions de francs cor-
respondant à une quantité de 31,832,000
keclolitres. »
Cette note concorde avec les appréciations
généralesdéjà émises. Il convient d'y ajouter
lue, si Ton compare le résultat général, sous
le rapport de la qualité, avec celui de Tan-
Qée précédente, la proportion des bons vins
«i plus élevée en 1897.
RECETTE POUR LÉLOIGNEMENT
DES FOURMIS.
La Galette du Village donne un excellent
moyen de se débarrasser des fourmis ; il
consiste à disséitiiner une certaine quanti-
té de morceaux de charbon de bois dans les
endroits fréquentés par elles.
M. Joigneaux, qui a expérimenté cette re-
cette et qui la préconise, s'exprime ainsi :
« Nous avons pris quelques morceaux de
« charbon de bois, qui ne sont ni malpro-
tt près ni encombrauts, et les avons placés
< sur les tablettes d'une armoire de cuisine,
« prèsdes fruits, des sucreries et de la viao-
« de fraîche de boucherie Tout aussitôt,
« les fourmis qui ne fréquentaient que trop
« ces tablettes ont disparu.
« Nous avons, en outre, ouvert un trou
« avec la main dans une fourmilière du jar^
« din ; nous y avons jeté une ^ignée de
« charl)on de bois cassé par petits morceaux.
« Les fourmis ont également délogé. On
tt voit par là que rien n^est plus facile de
« débarrasser les pots de fleurs, pieds d*ar-
« bres fruitiers, les fraisiers, etc., des four-
« mis qui viennent s'y établir.
tf Voilà déjà plusieurs jours que nos essais
tt ont été exécutés, et lennemi ne revient
€ pas. Quand il reviendra, il nous suffira de
« remplacer le vieux charbon par du nou-
« veau. En somme, pas un sou à débourser
a en pure perte. Le charbon qui a servi
a dans Tarmoire et même dans la fourmi-
« lière du jardin ira tout simplement au
« réchaud ou au fourneau pour les besoins
« de la cuisine.
(1 Disons, en terminant, qu*il résulte de
« renseignements pris chez un charbonnier
« que jamais on n*a vu de fourmis dans sa
a maison. Cette exception a de Timportan-
« ce. »
•:4
530
iOORNAL MENSUEL M L^ACADEMIE NATIONALE.
54(1
INDUSTRIE
Al»l»AR£ILS PÙUm LA FABItlCATION
DES EAUX ET BOISSONS QAZBUSCS
de M. Greffier,
68 bis, Avenue de lia MoUe-Picquet, Paris.
Nous croyons devoir appeler à nouveau
l'attention de nos lecteurs sur les appareils
pour la fabrication des eaux et boissons
gazeuses que construit notre Sociétaire
M. Greffier.
Ces appareils, basés sur l'emploi du bi-
carbonate de soude, saturent le.H liquides
d'un gaz acide carbonique absolument pur,
sans odeur et d'une innocuité complète.
Ktablis sur des modèles de différentes gran-
deurs et avec une plus ou moins grande
complication d'organes,suivant leur destina-
lion, ils peuvent servir, soit à une fabri-
cation intermittente, soit ù une fabrication
continue. Les modèles pour la fabrication
intermittente peuvent, suivant leur gran-
deur, servir à la production de 10, 25, 40 ou
60 siphons ou 15, 40, 80 et 90 bouteilles,
par chaque opération pouvant durer de 20
minutes à une heure.
^appareil pour la fabrication continue,
qui est basé sur les mêmes principes que
les appareils intermittents, mais qui se
trouve complété par une série d'organes
spéciaux, permet de produire environ 100
siphons à l'heure, sans exiger d'autre force
motrice que celle de l'employé manipula-
teur. C'est le seul appareil à production
continue qui jouiss3 de cet avantage.
Les principes scientifiques sur lesquels
sont basés les appareils de M. Greffier ont
permis cette curieuse graduation de puis-
sance qui va de l'appareil approprié aux be-
soins d'un petitdébitant ou même d'une fa-
mille, jusqu'à l'appareil continu à débit puis-
9ant,pouvant convenir aux plus importantes
fabriques d'eaux gazeuset .
Nous ne pouvons songer à décrire ici les
appareils de M. Greffier, mais nous avon^
cru devoir à nouveau en signaler les méri^
tes. Au reste,M. Greffier à édité des brochuj
res spéciales^ illustrées de dessins descrip^
tifs, qu'il tient à la dispositioo des per^
sonnes intéressées.
Rappelons en même tempsque M.Grefi
fier est l'inventeur d'un alliage métallique
qu'il a fait breveter sous le nom d'Etain ar-
gentin Greffier, et dont il compose dc!
têles de siphons absolument irréprochables
au point de vue hygiénique. Cet alliage
n'est nullement attaqué par le gaz acide
carbonique des eaux ou boissons gazeuses,
et son emploi a été officiellement recommanj
dé par TAcadémie de Médecine pour la garn
niture des têtes de siphon, garniture qui
est trop souvent constituée à l'aide d'au^
très alliages métalliques renfermant de^
proportions de plomb dangereuses pour 1^
santé publique.
Les appareils de M. Greffier sont depui^
longtemps récompensés de notre médaill^
de première classe, et dès l'exposition uni^
versellede 1867 ils ontobtenu une raédail-
led'ordu jury international.
MANUFACTURE DK OHIOOft4E
TORRÉFIÉE
de M. Legrand-Baboye,
à Fresnes (Nord).
Les industries alimentaires ont pris en
France, depuis une trentaine d'années, un
développement considérable. La fabrication
des liqueurs, des conserves, du chocolat, de
la chicorée, est aujourd'hui pratiquée en
noire pays par des manufactures puissantes,
remarquablement outillées. Toutefois, ces
diverses manufactures ne sont pas épar-
pillées partout au hasard sur notre terri-
Ml
IlSdUSTRIE*
542
lloire ; elles sont au contraire groupées par
latégm*ies en cf^rtaities régions spéciales,
d'ordinaire à portée de la source des roa-
ijères premières qu'elles utilisent : c'est
lioti. par eiemple, que les fabriques de
conserves de poissons ont, en général, élu
domicile aa bord de la mer, sur les cdtes
jdi Bretagne surtout ; que les distilleries
d€ liqueurs sont nombreuses dans les
régions productives de fruits ;que les fabri-
qoo de chicorée enfin ont, les plus impor-
tantes du moins, choisi pour centre le dé-
piftement du Nord,c'est-à-dire un territoire
producteur de la chicorée et voisin de la
Belgique, une autre patrie de la fameuse
ficine.
Voulant traiter ici rapidement cette
ioiéressante question de la chicorée, nous
Doas proposons donc de donner tous les ren-
ingaementa susceptibles d'éclairer nos leo*
teors sur cette r:ibrication,et plus spéciale^
■eotsur les diveries phases ou plutôt sur
hi iméliorations successives apportées dans
Iniae de M. Legrand-Baboye depuis sa
édition.
Bepuis plus de cinquante ans, l'arrondis*
leineot de Valenciennes cultive en grand
h chicorée. On la sème en mai pour la
rtcolicr en octobre.
Récoltée, la racine subit, chez le cultiva-
teur roême,une dessiccation qui a lieu en des
càambres de chaleur, dites touraitles.
Ainsi séchée, la racine prend le nom de
tt»ssette, etestalors emmagasinés (mi grenier
^r la producteur jusqu'au moment propice
^ il trouvera un placement avantageux de
» marchandise.
C'est donc à l'état de cossettes que les
^bficants de chicorée reçoivent la matière
première. Elle est enmagasinéeen de vastes
I^ut d'oii on la tire au furet ù. mesure
<i^ besoins de la fabrication. L'opération
[Rincipaledo travail est la torréfaction. Elle
«effectue au moyen d'appareils torréfacteurs
perfectionnés, mus par la vapeur et qui
çrilleni la cossette exactement au degré vou-
Iq Ce degré exact est capital en la matière,
IH" lui dépendra en parlie l'arôme spécial
'InpmdoitX'esL la torréfaction rationnelle,
^ eflet, qui permet au bouquet de la coa-
sette de se développer. La torréfaction insuf-
fisante, comme la torréfaction exagérée,
donnent des résultats déplorables ; dans le
premier cas, le produit sera plat, snns sa-
veur ; dans le second, il aura un goût Acre
qui le rendra impropre â la consommation.
Nous devons mentionner aussi qu*à la cos-
sRtie a été jointe, dans le torréfacteur, une
certaine proportion de beurre de première
qualité, dont le rôle est d'éviter les coups de
feu au produit et de donner à ce dernier
une consistance butyreuse remarquablement
favorable au développement de Tarome
générique.
Des torréfacteurs, les cossettes passent k
des concnsseurs mécaniques chargés du
broyage ; puis interviennent les blutoil'squi
divisent automatiquement ce produit en
poudre et en quatre numéros de grosseur de
grains.
Restent alors les opérations de l'empa-
quetdge, complexe en cette industrie, car
la chicorée est offerte au public en divers
logements : en paquets décorés de chromo-
lithographies,en boites Illustrées, en caisses,
eh barils. SI, précédemment,on a utilisé les
machines, au contraire, c'est le travail à la
main qui intervient exclusivement, et ce
travail est confié a des ouvrières dont la
dextérité est réellement merveilleuse.
Telle est, dans ses grandes lignes, cette
curieuse fabrication.
Après avoir cultivé pendant de nombreu-
ses années la graine de chicorée, l'idée vint
à notre collègue d'en tirer parti au lieu de
la vendre, el c'est en i839 qu'il commençait
sa fabrication. Il s'installait d'abord en
petit, la force motrice était due à la traction
animale, puis peu à peuples affaires pre-
nant de l'extension, il dut agrandir de nou-
veau les magasins, changer complètement
l'installation primitive et avoir rccoui^ à la
vapeur comme force motrice.
A partir de ce moment, il étendit le rayon
de ses affaires, et, ne trouvant pa<( de df'ïbou-'
chés suffisants en France,il dut avoir recours
à l'Algérie, â la Tunisie et a une certaine par-
lie de l'Amérique du Nord. C'est en suivant
pas à pas les progrès de cette industrie, en
améliorant et perfecifon>miut son outillage
543
JOURNAL HRNSOSL DE t'ACAOtHIC NATIONAUI.
5^
de jour en jour, que M. LegrandBaboye est
arrivé à répondre à ce développement mer-
veilleux de ses relations commerciales.
C*est surtout grâce aux connaissances tech-
niques qu'il avait acifuises comme cultiva-
teur et qui lui permettent de faire Tacquisi-
tion des matières premières de toute pre-
mière qualité, et aux soins constants qu'il
ne cesse d'apporter dans la fabrication de
ses produits, qu'il estarrivé à faire connaître
avantageusement sa marque commerciale.
La principale marque de fabrique de
notre collègue est bien connue sous le nom
de : « il La Laitière Française », et Ton
peut dire qu'elle représente la chicorée la
plus aromatisée et la plus nutritive que
l'on puisse imaginer.
C'est d*ailleurs ce qui explique la faveur
plus grande chaque jour dont elle jouit au-
près des consommateurs.
Nous avons tenu nous-mêmes à nous
livrera une dégustation suivie et raisonnée
de cette chicorée et nousdevons reconnaître
qu'elle est \Taiment excellente prise le
matin, dans le café au lait.
Cela démontre, une fois de plus, que le
public, avec un goût très sûr, sait toujours
donner sa faveur aux meilleurs produits, ce
qui est du reste dans son intérêt bien com-
pris.
L'INDUSTRIE LYONNAISE DES SOIERIES
En réponse ii un article publié dans le
Travail national, la lettre suivante a été
adressée au rédacteur en chef de ce jour-
nal par l'Association de la fabrique lyon-
naise :
Lyon, le 2 décembre.
Monsieur le rédacteur en chef du Travail
national^ Paris.
Nous avons Vhonneur de vous adresser
la présente lettre pour protester énergique-
ment contre l'article signé Ch. Georgeot,
paru dans le n* du 2^ novembre 1897, sous
le titre : « La crise de la soie française. »
L'auteur de Tarticle, après avoir dit que
la convention franco-suisse avait acculé
industrie de la soie pure à une situation
déplorable, réclame, « au nom des patron
et des ouvriers de la région lyonnaise, tou
d'accord sur ce i)oint, des mesures qui leuj
permettent de ne pas descendre) plus avah
dans l'abîme oii ils sont malheureusemeDi
engagés ».
Il continue en disant qu'il a reçu d^
«renseignements absolument navrants su{
» la misère des ouvriers tisseurs de soii
» dans les diiïérents départements dont cet
» te industrie est la principale ressource
» manufacturière ».
Il explique que « les cinq départements
» du Rhône, de Saône-et-Loire, delà Loi^
» re, de Tlsère et de TAin comptent en^
» semble 25,000 métiers mécaniques e|
» 60,000 métiers à bras, pour la plupart, hé
» las ! maintenant inoccupés ».
Après avoir donné quelques indications;
sur les salaires payés dans ces départements^
l'auteur de l'article conclut ainsi :
« Telle est, exposée sans exagération, \t
» situation de la classe ouvrière dans la
» région lyonnaise à Theure oii nous som^
» mes. On comprend qu'elle se plaigne amè^
» rement et qu'elle commence même h en-
» trer en effervescence. La convention fran
» co suisse lui a littéralement retiré le pain
» de la bouche : qu'on nous permette cette
» expression un peu vulgaire, car elle rend
» bien la réalité.
» Les patrons ne sont guère plus heureul
» et voient arriver le moment où, eux aus^
» si, devront fermer leurs fabriques. Qu'ad
» viendra-t-il alors ? Ce sera, c'est déjà la
» misère de milliers d'hommes qui nede-
» mandent qu*à travailler pour gagner leur
» vie et celle de leur famille.
» On comprend qu'un pareil état de cbo
» ses ne saurait durer indéhniment, el
» qu'une solution s'impose à tout prix. »
Au nom de l'Association de la fabrique
lyonnaise, qui comprend 160 maisons de
fabrique de soieries, nous nous élevons coh'
trede telles allégations, absolument coib
traires à la vérité et de nature à discréditei
notre industrie.
Non, la fabrique lyonnaise ne descend
nullement dans un abîme, comme récrit
Tauteur de Tarticle. De même que les au-
W5
INDUSTRIE.
'i46
très industries françaises, elle lutte de tou-
tes ses forces, avec des profits très réduits,
coDlre ses coDcurrents étrangers, et les re-
levés officiels des douanes françaises mon-
trent que ses efforts ne sont pas infructueux,
puisque les exportations de soieries, tulles,
etc., se sont élevées à 242 raillions de
francs pour les dix premiers mois de 1897,
contre 213 millions en 1896, 227 raillions
ecl895et 184 millionsen 1894.
Quant à la population ouvrière, nous ne
fichons pas qu*elle soit en effervescence.
Le travail est heureusement abondant en ce
moment, et les prix de façon progressent
graduellement.
Les 25,000 métiers mécaniques et les
C0,ÛOO métiers à bras, indiqués comrae étant
pour la plupart inoccupés, sont, au contrai-
re, bien loin de chômer, et même, pour plu-
sieurs genres de tissus,les métiers manquent
absolument.
De même, les fabricants de soieries qui
possèdent des usines ne sont nullement à
la veille de les fermer ; Toutillage continue
à s'augmenter en se transformant et en se
perrectionnant. A Lyon, spécialement, les
efforts unanimes qui sont faits pour aider le
li^«seur urbain à transformer son métier à
bras en métier mécanique montrent bien
que ce n*est pas par des mesuresfactices que
Ion consolidera la situation de la fabrique
de soieries, mais par d'autres mesures par-
mi lesquelles se trouvent le perfectionne-
nieotet la puissance des moyens de produc-
tion.
Il oe nous convient pasd'entamerune po-
lémique au sujet de la convention franco-
^isse, et de Tinfluence, exagéréed ailleurs,
queTauteur de l'article lui attribue. Tout
le monde, à Lyon^ sait à quoi s'en tenir sur
œ point.
Quil nous soit seulement permis de faire
remarquer à Tauteur de l'article que, s'il
avait été exactement renseigné, on lui au-
rait ditque la mode, les caprices de la con-
sommation exercent une influence bien au-
trement puissante, et que les périodes de
calme qui se produisent en fabrique coïnci-
dent avec les éclipses que subit la mode des
soieries. Il ne faut pas chercher ailleurs.
Mais ce qui donne à la fabrique de Lyon
une supériorité incontestée sur ses rivales
étrangères, c*est que les fabricants lyonnais
créent sans cesse de nouveaux tissus, de
nouvelles contextures, etc. Aussi l'acheteur
est- il toujours assuré de trouver à Lyon,
non seulement les tissus classiques faisant
concurrence à ceux que produisent les fa-
briques étrangères^ mais encore et surtout,
— ce qu'il ne trouve pas ailleurs, —savoir,
cetle multitude si variée d'étoffes de nou-
veautés se renouvelant sans cesse.
C'est parce que l'article paru dans le Tra-
vail national altère complètement la vérité
sur la situation et ne tient aucun compte de
ce que nous venons de rappeler et que, au
contraire, en discréditant la fabrique lyon-
naise, il peut faire naître le doute et l'hési-
tation dans l'esprit des acheteurs, que nous
vous adressons la présente lettre, en vous
priant de bien vouloir la reproduire dans
votre prochain numéro.
Veuillez agréer, etc.
Signé : Le président ^
Le vice-président,
L. GONINDARD.
Le secrétaire^
Ed. Lami.
J-B. Bonnet.
Le trésorier^
• A.Jaillet.
Une lettre semblable a été adressée à la
Réforme économique qui avait inséré le
même article.
517
JOUB^AL MENSUEL 9|C I^^CAPPUIB NATIONALE.
EXPOSITIONS ET CONCOURS
EXPOSITION DE 1900
RENSEJGNEHENTS DlVEJtS
Au 15 juillet dernier, les dépenses enga-
gées pour rExposilion de 1000 sélevaient à
7 œillioNS 479,070 fr. 29.
Les dépenses tolaies de TEx position de
1900 sonl évaluées à 106.783.500 fr.Ul dont
la répartition est prévue de la façon suivan-
te : en 1896, 1 million 215.603 fr. 52; en
1897, 10.772.950 fr. ; en 1898, 29. 238.916 fr.
66 ; en 1899, 24.103.625 francs ; en 1900,
28.576.376 fr. 47 ; en 1901,2.785,975 fr. 26.
M. Alfred Picard, commissaire général de
rf;^po^itioi) de 1900, i^ soumis, à la fin de
noveipbre, au Ministre du comme^c^, le plan
général dps constructions à élever au Champ-
de-M^rs et à Tesplanade des Invalides.
I)ès que ce plan aui*a été ratifié par le Mi-
nistre, le commissaire général préparera la
miseeq adjudiciition des divers bâtiments.
Le^ adjudications auront lieu toutes suc-»
cessivement dans les premiers jours de Tan*-
née prochaine, de manière que les travaux
puissent être entrepris au printemps.
A l'Exposition de Paris en 1889, lesespa
ces occupés par les sections étrangères avaient
été les suivants :
•
Ëtats-Unis 11.154 met. carré
Grande - Bretagne el
colonies 20.976 —
Belgique 13.354 —
Allemagne 2.296 —
Autriche - Hongrie .... 3.307 —
Russie 4.521 —
Suisse 7.798 —
Italie 5.197 —
Rappelons aussi que le nombre des expo-
3gnts avait été, au total, de01,722.
Dès maintenant, sur la demande du repré-
sentant des Etats-Unis Jl est prévu Valtri^
bution à la grande Républi/fue américaine
d'un emplacement de J47.000 pieds carrée,
ou environ 13.230 mètre carrés, indépendam-
ment même de diverses annexes à installer
à part dans les jardins et parcs.
Lu gouvernement du Japon a fait voter,
pour sa participation à TExposition de 1900
une somme de 900,000 yens, soit X .500.000
francs.
Deux commissions officielles ont été nom-
mées au Ministère du Commerce en vue de
Tinsiallation d'une exposition générale des
produits actuels et d*une exposition des œu-
vres du siècle. En outre, un comité d'initia-
tive privée vient de se former sous l'inspira-
tion du premier ministre pour la partie des
beaux-arts et a décidé de réunir 200.000
yens pour aider à Torganisatiou de cette
section.
OINQUifeMe 9AUm DU oveuE
L'une des conséquences de la démolition
du Palais de l'Industrie aura été la scission
qui s'est produite cette année entre les di-
vers fabricants ou marchands de vélocipè-
des de la place de Paris.
On sait que depuis plusieurs années l'in-
dustrie et le commerce vélooipôdiqiies
avaient organisé, au cours du mois de
décembre, sous la dénomination élégante
de Salon du Vycle^ de très intéressaotei
expositions, qui ont remporté de ré^ls
succès.
Cette année, la chambre syndicale des
grands fabricants de cycles avait décidé
que, le Palais de Tlndustrie se trouvant
démoli et aucun autre local ne lui semblant
remplir les conditions désirables, il y avait
lieu de renoncer à tout projet d'exposition
cycliste.
549
EXPOSITIONS
Cette décision ne fut pas du goût d'un
certaio nombre de fabricants et de négo-
ciants.qui formèrent, en dehors delà cham-
bre syndicale de la corporation, un groupe
issez puissant et surtout plein d'initiative
eide hardiesse, lequel résolut d'installer
qoaod même une exposition spéciale, dans
an local assez vaste, situé rue de Rerri et
oioou sous le nom de Palais-Sport.
Pour cette exposition, le groupe en ques-
tiûQ choisit d'autorité la dénomination de
Salon du Cycle^ malgré une protestation
eitra-judiciaire de la chambre syndicale
des grands fabricants, en sorte que quel-
«|ues-uns de ces deniiei*s qui s'étaient ral-
liés à l'idée de faire une autre exposition,
puisque Ton eu organisait une en dehors
d'eux-mêmes, ne disposèrent plus que de
U dénomination ordinaire d'Exposition
du Cycle^ pour la manife-itation qu'ils
se mirent à préparer dans un autre local,
œnou sous le nom do Salle Wagram.
Le Salon du Cycle ayant été inauguré le
4 décembre, alors que VExposition du
Cycle ne devait ouvrir ses portes que le
iô décembre, c'est d'abord du Salon du
Cycle que nous nous occuperons.
ÂQ reste, cette entreprise nous a semblé
tout particulièrement intéressante en ce
qu'elle marque un louable esprit d'initia-
tive de la part de la petite et moyenne in-
dustrie cycliste, en ce qu'elle constitue une
<Mvre coopérative, ayant le caractère d'une
exposition /aite par et pour les exposants,
eteofin en ce que l'un de ses principaux
organisateurs, à titre de secrétaire général
du Comité, fut notre Sociétaire M. L. G.
l»ard, constructeur-mécanicien à Paris, fils
de notre sympathique Président.
M. L. G. Dard, constructeur de machi-
nes-outils pour le travail du bois et des
métaux, est l'un des jeunes industriels que
la fabrication nouvelle des cycles a attirés
et séduits, et qui se sont préoccupés sérieu-
sement des besoins et des développements
de cette industrie. Il s'est donc attaché à
compléter sa fabrication de machines-ou-
tiU par la construction de machines spécia-
les, destinées à l'industrie cycliste, en même
ET GONCoyas. 550
temps qu'il adjoignait à ses établissements
un atelier de montage de bicyclettes. Com-
me fabricant de cycles, M. G. Dard exposait
trois bicyclettes de prix difTérents, et de
différentes natures de roulements, et un
tandem, ou bicyclette à deux places. Com-
me constructeur de machines-outils, notre
Sociétaire exposait une collection variée de
machines à percer, de machines à tarauder
les rayons, de coupe-rayons, de poinçon-
neuses pour jantes, de cisiilles, de porte-
forets à engrenages, de porte-forets à ar-
chets et ù conscience, de montures de scies
à métaux, d*étaux,de tourets de polisseurs,
etc.
Signalons aussi une machine spéciale pour
le montage des bandages en caoutchouc sur
les roues de voitures.
Dans tous les articles établis par M. Dard,
on peut constater la maîtrise d'un mécani-
cien non seulement de profession, maisen-
core d'origine, et, qu'il s'agisse de bicyclet-
tes pu d'outils servant à les établir, on voit
que le constructeur est un praticien éméri-
te, dont les vastes connaissances générales
ont été fructueusement appliquées à la con-
ception et à la création de spécialités très
intéressantes.
M. Cerckel, à Paris, qui est l'inventeur
breveté d'un système spécial de générateurs
automatiques d'acétylène et de lampes por-
tatives pour l'éclairage au nouveau gaz, ne
pouvait manquer d'entrer dans la voie ou-
verte si brillamment et avec tant de succès
par les chercheurs qui ont réussi à appliquer
aux bicyclettes l'éclairage par le gaz acéty-
lène. On sait que l'acétylène, qui n'a pas en-
core pu réussir à prendre dans Téclairage
public et privé la grande place qu'on avait
espéré pour lui tout d'abord, a rencontré
dans son application aux lanternes de bicy-
clettes, uneoccasion d'emploi où il a rapide-
ment conquis la faveur du public.
Aussi M. Cerckel a-t-il complété des créa-
tions de générateurs automatiques et de lam-
pes portatives, par la fabrication d'une lan-
terne de bicyclette à acétylène qu'il a bapti-
sée de la dénomination la Luciphore ;
Cette lanterne, qui a été établie par Tune
5B1
JOURNAL MENSUEL DE
des personnes qui connaissent le mieux la
question de Tutilisation de racëtylène, est
Tun des meilleurs, pour ne pas dire le meil-
leur appareil de ce genre.
L'appareil est formé d'un générateur et
d'une lanterne proprement dite, reliés l'un à
l'autre par un tube de caoulchouc.
Le générateur se compose de trois étuis
s'embotiant les uns dans les autres. L*étui
intérieur se démonte en plusieurs parties
pour faciliter le nettoyage. Il contient un
tube capillaire à rainureet mèche intérieure
s'adaptant à la partie inférieure de Tétui
dans lequel se met le carbure. Cet étui est
emboîté dans le deuxième qui se termine
par un petit tube portant robinet de sortie
pour le gaz.
Le tout se place dans le troisième tube
nickelé où se met l'eau nécessaire à la dé-
composition du carbure de calcium. L'appa-
reil complet se fixe au cadre de la bicyclette
au moyen de doubles brides.
La décomposition se fait de bas en haut
au moyen du tube capillaire placé au centre
delà masse de carbure. Le gaz formé se sè-
che complètement en traversant la couche
supérieure et, à aucun moment, le carbure
déjà décomposé, formant pâte, ne peut
empêcher la distribution de 1 eau sur le car-
bure intact.
La charge complète decarbure de calcium
fournit un éclairage pouvant durer environ
sii heures. Cette lanterne est Tune des plus
favorablement appréciées par les cyclistes,
qui font usage de l'éclairage -à l'acétylène et
qui trouvent à cet éclairage les avantages
vainement recherchés jusqu'à présent par
remploi des lanternes ordinaires.
M. Grossot, à Paris, en grande partie à
l'instigation de ses fils, a adjoint à son usine
de construction d'appareils de chauffage,
un atelier de fabrication de bicyclettes dans
lequel ont été établis des types nouveaux
de machines réellement curieux et intéres-
sants.
Parmi les bicyclettes, nous signalerons
celles formées d'un cadre dit à double
bane parallèle et à double assise ; celles qui
sont munies de grands pignons et fournis-
l'acaoAue nationale. 554
sent des développements atteignant 14 mè-
tres d'espace parcouru par tour complet de
manivelles, et un modèle bien construit di
bicyclette sans chaîne.
Parmi les machines dites multiples, ou a
plusieurs places, il nous faut signaler une
sextuplette fort bien combinée et très soli-
dementconstruite, qui a déjà fait ses preu-
ves en service.
Mentionnons aussi un nouveau système
de disposition des rayons des roues de bicy-
clettes, et une construction spéciale de la
fourche d'avant d'une bicyclette dont la
tête et les fourreaux sont formés d'un seul
tubed*acier convenablement travaillé.
En résumé^ l'examen du Stand de M.
Grossot montre que sa fabrication, sans ja-
mais cesser d'être experte et consciencieuse,
est animée d'un esprit d'innovation aussi
sage que fertile, qui ne se rencontre que
trop rarement dans l'industrie en général.
EXPOSITION DU OYOLE.
L'exposition qui s*est tenue dans la salle
Wagram, sous le titre que nous venons de
reproduire, a peut-être été plus importante
et plus brillante que celle organisée au Pa-
lais-Sport. Les grandes maisons qui ont
formé le noyau des participants à cette
exposition ont naturellement lutté de ri-
chesse dans l'aménagement et la décoration
de leurs installations.
Il est à remarquer que l'industrie améri-
caine tend de plus en plus à surpasser l'in-
dustrie anglaise dans la construction des
machines de luxe.
Incontestablement, l'esprit inventif des
Américains a abouti à la création d'uo
grand nombre de dispositions originales,
soit dans la construction interne des bicy-
clettes et de leurs organes, soit dans leur
aspect d'ensemble, et si ces dispositions
nouvelles ne sont pas toutes du même mé-
rite, elles restent très intéressantes commdj
témoignages de l'esprit de progrès et dini
novation qui anime tous les constructeur
d'outre-Atlantique. Au reste, la bicyclettt
553 EXPOSITIONS
reâte en somme sans changement fonda-
mental dans les éléments de sa construction,
tels qu'ils existent depuis plusieurs années.
L'Exposition du Cycle ayant donné Thos-
pitalité à une section consacrée aux voitures
automobiles, nous ayons eu la satisfaction
de rencontrer dans cette section une ins-
tallation de nos Sociétaires de Vierzon,
MM . Brouhot et Cie.
Ces messieurs exposaient deux moteurs
à pétrole, l'un à piston vertical, Tautre à
piston horizontal, et une voiture automobi-
le. Nous ne reviendrons pas à cette place
sur les moteurs à pétrole construits par
MM. Brouhot et Cie, en vue surtout des usa-
ges agricoles, et qui, comme tels, joignent
une grande simplicité à une grande robus-
tesse et à d'excellentes conditions de fonc*
lionn^ment. Mais nous notons avec plaisir
que nos Sociétaires entrent résolument dans
la voie de la construction des voitures auto-
mobiles, voie qui est certainement pleine
d'avenir et qu'ils parcourront sûrement
avec succès, en raison de leur ingéniosité,
de leur grande compétence mécanique et
de la puissance de fabrication de leurs ate-
liers,
La voiture présentée était une sorte de
tilbury à deux places avec moteur horizon-
tal placé sous la caisse de la voiture.
Voici en quels termes MM. Brouhot et
Cie exposent eux-mêmes les principes qui
les guident dans leur construction de voi-
tnres automobiles :
« Nos automobiles se font depuis deux
places jusqu'à six places et plus \ la carros-
serie est faîteau goût des clients.
t Nos moteurs employés dans l'industrie
ont fait leurs preuves comme solidité et fa-
cilité de conduite ; simples et robustes ils
conviennent mieux que tout autre aux voi-
tures automobiles. Le poids dans un mo-
teur fixe est une qualité ; il n'en est pas de
même pour le moteur d'une automobile ;
aussi nous avons fait un moteur très solide,
mais léger, en employant les matières les
plusrésistantes et renfonçant seulement les
organes essentiels.
u Notre moteur pour automobiles est à
deux cylindres, et placé sous la voiture ; le
ET CONCOURS.
554
nombre des organes est aussi restreint que
possible et d'une grande solidité. Tous sont
très accessibles et d'une surveillance facile.
(c La direction est commandée par un pe-
tit volant dont la manœuvre >st des plus
simples. Nos voitures sont toutes munies
d'un mouvement de marche en arrière,
commandé par un levier qui commande
également les changements de vitesse, de
sorte que le conducteur peut évoluer dans
un espace très restreint.
a Nos automobiles peuvent marcher à
trois ou quatre vitesses différentes, toutes
imprimées au moyen du levier qui com-
mande aussi la mai*che arrière. Aussi le
passage d'une vitesse à une autre est des
plus simples.
« La connexion du moteur avec les orga-
nes de commande est faite au moyen d'un
manchon d'embrayage. Ce manchon est
manœuvré par un levier qui actionne éga-
lement, quand on te veut, un des freins de
la voiture. En mettant le levier à moitié de
sa course, on débraye seulement le man-
chon d'embrayage ; en prolongeant son
mouvement pour le ramener complètement
en arrière, on serre en même temps un des
deux freins.
L'ailtre frein se manœuvre par une pédale.
Si on fait agir en même temps les deux
freins et le débrayage, on peut arrêter ins-
tantanément. Le conducteur peut également
arrêter très facilement la marche du mo-
teur.
< Le pétrole employé dans nos moteurs
est ressenceordinairequi.se trouve partout.
Un réservoir placé sous la voiture permet
d'effectuer 120 kilomètres sans avoir à se
préoccuper de remplir le réservoir ; en en
emportant une provision équivalente, on
peut donc parcourir 240 kilomètres sans
avoir à se préoccuper d'en trouver d'autre.
« Les réservoirs à eau sont de capacité
suffisante pour faire le même parcours ; il
suffit, au bout des 120 kilomètres, de rem-
placer l'eau évaporée.
« Outre les avantages que nous venons
de signaler, nous avons encore à dire que
dans nos automobiles, grâce à un système
de notre invention (breveté s. g. d. g.) nous
555
JOURNAL MGNSCIRL DB
sommes parvenu! ù supprimer le différentiel
cause de tantde désagréments, ainsi que la
commande par chaîne. »
Pour aujourd'hui, nous ne compléterons
ces indications générales qu'en consialant
que Taspect général de la voiture est à la
fois simple, confortable et robuste. Nous
aurons certainement à re|)arler dans l'avenir
L'ACiiDAlllB NATIONALB. 536
dos voitures automobiles de MH. Broubot,
et Cie, car, maintenant qu'ils se sont lan-
cés dans Tindustrio de la construction de
ces voitures, nos Sociétaires ne sauraient
manquer d'y faire rapidement des progrès
importants, en imaginant de sérieuses inno-
vations.
COMMERCE
LC COMMCRCE EXTÉRIEUR DE LA
FRANCE
pendant les onze première mois de 1807.
Des chiffres officiels publiés par l'admi-
nistration des douanes, il résulte (|ue pen-
dant les onze premiei*s mois de l'année
1897, les importations se sont élevées à
5,585,201,000 francs, et les exportations à
3,362,15:^,000 francs.
Ces chiffres se décomposent comme suit :
IMPORTATIONft 1897 1896
Objets d'alimenUtion 918.565.000 9U. 513.000
Matières uécessaires
àliDduBtrie 2.100.471.000 1.98J.644.0a<>
Otjets fabriqués >.... 566.ie5.0ao 5^1. 052. 000
Total 3. 5:5. 291. 000 a, 457. 5^01'. 000
EXPORTATIONS
1897
1896
OtUeU d'alimentaUoa 651.602.000 586.577.000
Matières nécessKiires
à l'industrie 8îl. 835.000 759.311.000
Objets fabriqués 1.694.521.000 1.646. m. OOD
CoTis postaux 14l.lO4.O0O 12:j.14?.000
Total 3.362. 152. OJO 3.121.165.000
L'ensemble de nos échanges extérieurs
pour cette période de 11 mois atteint
6,947,853,000 fr., en augmentation de
368,978,000 fr., sur les chiffres correspon-
dants de l'année précédente. Cette augmen-
tation est composée par un aecroissement
de 127,992,000 fr. dans les importations et
par un accroissement plus satisfaisant de
240,980,000 fr. dans les exportations.
Si nous comparons les chiffres ci-dessus
à ceux qui exprimaient les résultats acquis
k la fin du mois d'octobre dernier, nous
obtenons les résultats suivants afférents
spécialement au mois de novembre :
Importations.
Exportatioas.
Totaux..
1897
356.7667000 fr.
359.477.000 »
1896
304.957.000 fr.
3U. 529.000 »
716.213.000 fr. 6l7.4rfd.000 fr.
On voit que le mois de novembre 1897 a
présenté une augmentation générale d'é-
changes de 98,757,000 ft'ancs, soît environ
16 % sur le mois de novembre 189(5,
augmentation constituée par un accrois-
sement de 51,809,000 fr. dans les importa-
tions et par un accroissement de 46,948,000
fr. dans les exportations.
Comme on le voit, l'année 1897 aurait été
assez favorable à notre paysan point de vue
du commerce extérieur,st les mauvaises ré-
coltes n'avaient rendu nécessaire un sensible
développement de l'importation des pro-
duitsalimentaires.C*est ainsi que les entrées
d'objets d'alimentation qui ne s'étaient éle-
vées qu'à 91,378,000 fr.en novembre 1896,
ont dû atteindre 114.5J3,O0Ofr. en novem-
bre 1897. De la sorte, le bénéfice des aug-
mentationsd'exportations se trouve absorbé
en grande partie par la perte résultant de
l'accroissement forcé des importations.
Cependant il y a lieu de constater avec
satisfaction que la balance du commerce
extérieur qui présentait un solde à notre
détriment de 333,043,000 fr. pour les onie
premiers mois de 1896, n'accuse plus qu'une
i67
COMMkRCe.
55j
diffiéreoca iléfavorabledd 223,049,000 fr.pour
les 0IIZ6 premieri mois de 1897. Il y a donc
déjà, pour onze mois, uo gain réel d6 près
de 113 millions d*une année sur l'autre. *
1^ C9MMERCE COMPARÉ DE LA
FflAMCEf DE L'ANGLETERRE ET DE
L'ALLCMAaNE
Le rapport de M. Charles-Roux sur le
budget du commerce qui vient d*étre im-
primé et distribué à la Chambre des dépu-
tés,contient une intéressante étude de notre
situation commerciale. Cette situation ne
parait pas k M. Charles Roux aussi favora-
ble que certains voudraient le dire. Sans
doute, nos importations et nos exportations
réunies pour le commerce spécial ont at-
ttim Taa dernier 7 n>illiards 200 millions,
60 augmentation de lOd millions sur Tannée
précédente. Mais ce résultat, en appai*Qnce
brillant, est en réalité bien modeste, « si
Ton procède par comparaison et si Ton
prend la peine de regarder ce qui se passe
chez nos Toisios > :
« Il est incontestable, dit M. Charles-Roux,
que, depuis deux ans, nous assistons à une
reprise générale des affaires. A Vexception
de l'Espagne, qui traverse une ère de dlKi-
coltés, tous les pays dont nous avons par-
couru les statistiques pour Vannée 18QC ont
vu grandir leur commerce extérieur. Nous
avons ressenti les heureux etfets de cette
situation générale, mais dans quelle pro-
portion, comparativement à TAngleterre et
à TAllemagne ? Voilà ce dont il faut se ren-
dre compte avant de chanter victoire.
« Or, pendant que nos échanges augmen-
teol de 106 millions sur un mouvement de
7.200 milUoQS (commerce spécial), ceux de
FAnglelerro croissent de 800 052.335 francs
sur un mouvement de 18.454. 7o2.950 francs.
~ et ceux de l* Allemagne de 361.503.750
francs, sur un mouvement de 9.659.715.000
francs (commerce spécial) .
a 11 ressort de la brutalité des chiffres
qu^il n'y a pas de quoi être lier et que no*
tre augmentation générale de 106 millions,
à coté des 361 millions et demi de l'Alle-
magne, est plus que modeste. »
Cds conclusions de M. Charles-Roux res-
sortent des chiffres suivants publiés dans
son rapport, et relatifs pour les trois pays de
France, d*Angleterre et d'Allemagne au
Commerce spécial y c'est-à-dire ne s'appli-
quant qu'aux marchandises véritablement
consommées ou produites dans le pays mô-
me, sans tenir compte des marchandises qui
ne font que transiter et dont la valeur se
trouve comprise dans les chiffres du Com*
mer ce général.
Frange.
1895 &S96
mJlHoBft miUiMi»
3.780 3 79.»
3.374 3.401
Augmenta-
tiooft en 1896
Importations.
ExportatioQs.
Totaux..
miBittBft
79
27
7.094 7.:i70 lOd
Angleterre
1393
millians millions miUioos
Aa8i°*nta-
1896 tions eu 1866
Importations...
ExportatloBS...
10.418
7.14^
11.045
7.400
eiîT
Totaux 17.5t)4 18.454 8vO
ÂLLEM.\QNE.
1899 1896
millions minions mitliont
Augmenta •
tions e» i8oS
Importations...
Exportations...
Totaux....
5.150
4.147
5.404
4.254
254
107
9.297
9.058 361
Ces divers ehiffretsont plus instructifs et
plus eooduaols que de loognes considéra*
tions.
NÉCROLOGIE
Nous avons eu le «if regret d'apprendre
la mort prématurée de M. Léon Tabouriisr,
décé<{é à Tàge de 39 ans. H. Léon Tabou-
rier était le okiaf aeitfel 4el'i«aparUat^ vm*
son de tissus et nouveautés qui, sous les
raisons sociales successives de Hooper^
559
JOURNAL MENSUEL DR t ACADEMIE NATIONALE.
560
Carro\ et Tabourier, puis Tabourier et
Bisson^ puis Tabourier et Cie, appartient
à notre société depuis Tannée 1851 et pos-
sède notre diplôme d'Honneur depuis 1863.
Il occupait une des plus hautes situations
commerciales et industrielles de la place de
Paris, situation qui lui avait valu la croix
de Chevalier de la Légion d'Honneur.
Tout récemment, dans notre compte ren-
du de l'exposition de Bruxelles, nous avions
encore à exprimer notre admiration devant
les merveilles exposées par la maison Tabou-
rier et Cie, merveilles attestant une sûreté
de goût véritablement impeccable . Il y avait,
là, une preuve de l'habile direction person-
nelle de M. Léon Tabourier, en même tomps
d'ailleurs qu'un nouveau témoignage de la
force des traditions artistiques qui guident
la marche de la maison dans la recherche
constante de ce qu'il y a de plus beau et
de plus parfait en matière de tissus. Si
cruellement qu'elle soit atteinte par la
perte de l'un de ses chefs, une telle maisi^n
ne peut cependant péricliter, car le princi-
pal mérite de ses fondateurs et de ses direc-
teurs a été d'en faire une œuvre à la lois
belle et durable.
BIBLIOGRAPHIE
De l'aspergillus fumigatus chez les ani-
maux DOMESTIQUES ET DANS LES ŒUFS EN
INCUBATION, par LucET (Adrien), Vétéri-
naire. — Un vol. illustré de 14 micropho-
tographies hors texte, couronné par la
Société centrale de Médecine et récom-
pensé par l'Académie de Médecine. Prix :
3 francs. — Editeur : Charles Mendel,
118, rue d'Assas, Paris. — 1897.
VAspergillus Fumigatus est une moisis-
sure parasitaire^ un champignon qui enva-
hit certaines cavités du corps des animaux,
même de l'homme^ et y occasionne des dé-
sordres entraînant fatalement la mort. Il
est répandu dans toutes les substances ali-
mentaires des animaux. L'auteur l'a trouvé
dans 48 échantillons de grains sur 60, et
dans 18 de fourrages sur 24.
Ayant eu à plusieurs reprises l'occasion
de constater la présence de VAspergillus
Fumigatus sur des animaux malades, l'au-
teur a poursuivi l'étude biologique et expé-
rimentale de ce parasite. II nous donne ses
caractères, la façon dont il se comporte dans
des milieux de culture naturels et artificiels,
sa résistance aux causes de destruction spon-
tanée ou provoquée, son action pathogène
chez différents animaux, les moyens à oppo-
ser aux affections qu'il provoque.
Contrairement à l'opinion reçue, il a cons-
taté queVAspergillus Fumigatus est capa-
ble de développer une affection spéciale,
autonome, ayant sa gravité propre, par-
fois contagieuse et épi^ootique.
Enfin l'auteur a retrouvé le parasite dans
les œufs en incubation ; il en détermine
donc l'origine, expose ses recherches expé-
rimentales et en déduit les moyens prati-
ques de préserver les œufs. Cet ouvrage
ouvre de nouveaux horizons à la science.
La PHOTOGRAPHIE ANIMÉE, SCS Origines, son
exploitation, ses dangers, par A.-L. Don-
nadieu, Docteur ès-ciences. Une brochure
in-8*»:un franc. — Charles Mendel, Edi-
teur, 118, rue d'Assas, Paris.
Il importait, après l'horrible catastrophe
du Bazar de la Charité, d'étudier les condi-
tions dans lesquelles le cinématographe
menace la sécurité des spectateurs et d'ap-
peler l'attention sur les dispositions qu'il
conviendrait d'adopter pour éliminer les
risques d'accidents. Telle est l'origine du
travail de M. Donnadieu, qui est conscien-
cieusement écrit et qui se recommande à
l'attention de nos lecteurs.
♦>♦<♦
LISTE GÉNÉRALE ALPHABÉTIQUE
DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ ADMIS PENDANT L'ANNEE 1897,
Aharesteanu et Cib. négociants en vins et spi-
ritueux, 18, Strada Lipscani, à Bucarest
(Roumanie).
Arvilla et Cie, propriétaires-viticulteurs,
négociants en vins, à Puerto-de- Santa- Ma-
ria (Espagne).
Bar (Ferdinand), fabricant de poudre insecti-
cide, 6, rue du Commerce, àCharleroi (Bel-
gique).
Bastard (Auguste), distillateur-liquoriste, à
Cromary, par Voiray (Haute-Saône).
Berchten (Edouard), ingénieur - chimiste,
docteur en philosophie, 19, Ashmonnt
roid, South Tottenham, London, N. (An-
gleterre).
Beyersûorf (Albert), fabricant d'horlogerie,
71, ruedu Parc, à Ghaux-de-Fonds (Suisse).
Bi.och (Joseph), fabricant d'horlogerie, à
Chaux-de-Fonds (Suisse).
Castellanos (Eduardo), chimiste, 16 a, calle
0, n»47, à Guatemala (République de Gua-
temala) .
Chatbnay (Samuel), négociant en vins, àNeu-
châtel (Suisse).
Chauueil (Amédée), pharmacien de i'" classe
à Annonay (Ardèche).
DesHOULièREs-J&GER (Gaston), fabricant de
faïences et de poteries, à Chauvigny (Vien-
ne).
DucHESNE (Albertine), parfumerie de luxe, 6,
rue du Roule, à Paris (Seine).
Flinois (Octave), négociant en vins et spiri-
tueux, à Flavy-le-Cbatel (Aisne).
François (Louis) et Cie, négociants en vins
mousseux hongrois, à Promontor (Hon-
grie).
(îiralt (Cristobalj et Cib, fabricants de rhum
à Saint-Domingue (République Domini-
caine) .
Gdili.emin (Louis), pharmacien, Pharmacie-
Normale, II, rue des Granges, à Besançon.
Jeanneau (Charles), produits divers pour
beurreries et fromageries, rue Chàteau-Gi-
roD, à Jauzé (lUe-et- Vilaine).
KrUsi (Docteur), médecin-orthopédiste, à
Gais, canton d'Appenzell (Suisse).
Lazare (Philippe), distillateur, 29, boulevard
des Alpes, à Sainte - Barnabe, Marseille
(Bouches-du-Rhône) .
LussY (Emile), entrepreneur de travaux pu-
blics, à Bnenz, canton de Berne (Suisse).
Marabotti, confiseur, Nizza Monferrato
(Prov. Alessandria) (Italie).
Mathez (Armand), fabricant de couverts en
acier étamé, à Fontenoy-le-Ghâteau (Vos*
ges).
Meyer (Alfred), chimiste. 10, rue de Chateau-
dun, à Paris.
Paloux (Julesj, garde d'artillerie, à Oran
(Algérie).
Parisse (Léon), fabricant de tôlerie, à Lar-
rière (Vosges).
PiNT (A.), professeur de calligraphie, Pers^
pective Nevsky, i3/9, Hb 20, à Saint-Pé-
tersbourg (Russie).
Pollet (Albert), Hlateur de laines cardées, à
Tourcoing (Nord).
PopoFF ET Cie (Georges Iv.), exploitants de
carrières de pierres lithographiques, 16
rue Mokowska, à Sofia (Bulgarie).
Poppe-Beutels (Charles), fabricant de chico-
rée. Grand Quai, à Lokeren (Flandre-Orien-
tale) (Belgique).
Rochat (Jules), fabricant de fournitures pour
horlogerie, au Pont (canton de Vaud) .
(Suisse).
Rossei.-Brunner, fabricant de confiserie, à
Zurich (Suisse).
Sala (Luigi), distillateur, via Piacenza, n* 24,
Alessandria (Egypte).
Sandomirsky (Froiem G.), négociant en bois,
exploitant d'une scierie mécanique, à Kre-
mentchough (Russie).
Stewart (J. et G.), distillateurs de whisky,
m, High Street, à Edinburgh (Ecosse).
Trespalacios y ALDABo,fabricants'de liqueurs,
427, Principe Alfonso, à La Havane (Ile de
Cuba).
Valentin-Roussel fV.), filateur de laines, 21,
rue de la Paix, à Roubaix (Nord).
Van Duysk frères, fabricant de bouchons, à
Lokeren (Belgique).
ViGÉ (Jean), négociant, 12, rue Desbiey, à
Bordeaux (Gironde).
^ ^
TABLE GENERALE
DE$
MATIÈRES PUBLIÉES PENDANT L'ANNÉE 1897
ET DIS
Moms dei Membres de là •aolété dont les pi^oduits ou tr«jiveuic
ont été mentionnés durant cette année.
LXVlle ANNÉE
Agriculture. — Concours agricole de Paris,
o3. — Les concours régionaux agricoles en
1897, 66. — Concours de là Société d'Api-
cufture de la Meuse, 67. — Incubateur au-
tomatique de haute précision, système de
M. J. de SokolniCktyà Chinchon, près Cas**
tillon (Gironde), 69. - Influence de la lu-
mière violette f ur la croissance de certains
jeunes animaux, communication de M. J.
de Sokolnicki, 70* — La sidération ou
fumure verte, communication de M. Auguste
Herzog, docteur ès-sciences à la Société
des sciences, agriculture et arts de la Basse-
Alsace à Strasbourg, 97. — Culture de vi-
gnes chinoises et japonaises à Dancignv
(Orne), communication de M. L. Lindet, a
TAcadémie des sciences (séance du 1 3 mars
i8g7), 144.— Instruments et appareils d'avi-
culture de M. Philippe, à Houdan (Seine-
et-Oise), communication de M. L. Fontaine,
f professeur à Técole pratique des Faurelles
Charente), 148. — La production des vins
en Italie, 1.S4. — La sériciculture en 1895,
i55. — La lutte contre "les maladies de la
vigne, communication de M. J. de Sokol-
nicki, à Chinchon. par Oastillon (Gironde),
193. — Considérations sur la nécessité de
regénérer l'agriculture, par M . A . N . Pa-
randier, inspecteur général de 1'» classe ,
des ponta-et-chauasées en retraite, com-
mandeur de la Légion d'honneur, etc., aux
Tourillons, par Arbois (Jura), 198. — La |
production des vins et cidres en 1896, 201. i
-»- L'agriculture et le bimétallisme, 24!.— 1
Traite mécanique des vaches, 244. — Em- 1
ploi rationnel en vinification des levures
pures sélectionnées de M. Georges Jacque-
min, à Malzéville, près Nancy, 289. — ;
Paille coupéepour litières. — Broyeurs de j
pommes à cylindres divisés de M. Tixier
fils jeune, à Vitré (Ille-et- Vilaine), 291. —
Chambre syndicale des constructeurs de
machines et d'instruments d'agriculture et
d'horticulture, 292. -^ La production du
tabac en Russie, 192. -^ Le prix du blé et
la valeur de l'argent^métal^ 337. — Nou-
velles études sur la vinification et sur la
réfrigération des moûts, par MM. A. Muntz,
et E. Rousseaux,339. — Le carbure de cal-
cium et le phylloxéra, 342. — Les récoltes
d'orge et d'avoine en 1896, 347. — Les ré-
coltes des blés, 385. — Emploi de !a litière
de tourbe pour le bétail, article de M. le
Professeur docteur Vogel, publié dans le
andbole.ét Winterthur, trcrduit et commu*
nique par M. Fritx Marti, à Winterthur,
387. — Les fourmis et leurs ravages, moyens
de s'en préserver, communication de M. Paul
No(il, directeur du laboratoire répjonal
d'entomologie agricole, à Rouen (Seine-
Infcrieure), 391. — La récolte d'orge et
d'avoine en 1897, 394. — Instruments
agricoles et arracheuses de betteraves de M.
A. Bajac, à Liancourt (Oise), 435. — La
traite mécanique des vaches, 4.36. — L'agri-
culture en Angleterre, 437. — La récolte du
blé aux Etats-Unis* 481. — La récolte de
blé dans la République Argentine, 483. —
Société d'Apiculture de la Meuse, concours
iiiternational de 1898, 483. — La chémato-
bie du pommier, moyen de prévenir ses
ravages, communication de M. Paul Noél,
directeur du Laboratoire régional d'ento-
mologie agricole à Rouen, 484, — Concours
général de Paris en 1898, 529. — Un en-
nemi de la pomme de terre,* communica-
tion de M. Paul Noël, directeur du labora-
toire d'entomologie agricole, à Rouen, 53i.
— La récolte des vins en 1897, 536. —Re-
cette pour l'éloignement des fourmis, 538.
ÂSSEMBLÉF GÉNÉRALE DES SOClÉTAIRRS. — Con-
vocaiion de l'assemblée générale, 9. —
565
TABLE DàS MATIÈHE».
686
Comptf-rendu de rassemblée du 23 février,
49-
ÂtROuzE, à Paris. — > Concours agricole de
Paris, i58.
Bajac^ à Liancourt (Oise). — Concours agri*
'.•oie de Paris, iSq. — Exposition régionale
de Rennes en 1097, 256. — Exposition de
Bruxelles, a65. — Concoûr* agricole et
exposition industrielle de Vesoul (Haute-
Saône], 394. — Instruments agricoles et
arracheuses de betterares, 435.
Bar, à Rir,tigny (Oise). — Exposition de Dru-
iclles. 33o.
Bik (Ferdinand), à Charlcroi (Belgique). —
î'.xposition de Bruxelles, 393.
Bardoc et fils (Joseph), à Perpignan. — Expo-
sition de Bruxelles, a63.
Barbanson, fabricant d*engrais chimiques, à
Bruxelles. — Exposition de Bruxelles, 33 1.
Bastos, à Oran. — Exposition de Bruxelles,
396.
Bei.lbmer (Th.), à Bordeaux. — Exposition
de Bruxelles, 33 1,
Bbrchtev (O Edward), à Londres.— Expo-
sition de Bruxelles, 396.
Bernus (Jean), à Lyon. — Concours agricole
de Paris, 161. — Exposition régionale de
Rennes, 237. — Concours agricole de Ve-
soul, 293.
Bbatiuiio, à CoQstantine (Algérie). — Expo-
sition de Bruxelles, 397.
B18L10GRAPHIB. — Les transports par terre €t
par mer, tome I, par Paul Vibert, 141 . —
Le diabète sucré, ses causes, ses etiets, sa
guérison, par le D' H. Henri, 142. — Album
national et dictionnaire de Tlndustrie, 190.
— Les transports par terre et par mer,
tome II, par M. Paul Vibert, 32J.— Les
plantes de grande culture, par P. P. Dehé-
raifi, membre de Tlnstiiut, D2a.— La nature
et la vie, par Gabriel Viaud, S26.— La pa-
pvrographie, notice illustrée, par L. de
vîllanova, 527. — La photomicrographie,
par A. L. Clément, otficier de l'instruction
f»ubliaue, président de la section d'entomo-
ogie a la Société nationale d*Acclimatation
de France, 328. — De l'asffergiUus fumiya-
tus, par M. Adrien Lucet, ^39. — La pho-
tographie animée, par M. Donnadieu, !>6o.
BtONDEL (Alphonse), à Paris. — Exposition de
Bruxelles, 397.
BocB frèrei, k la Lourtère (Belgique). — Ex-
position dû Bruxelles, 263.
BoEHM (Eugène), à Mulhouse (Alsace-Lor-
taine). — Carreaux agglomères à base de
cuir comprimé, i23.
BosT {ht) ET LEijTEN,à Amsterdam.— Expo-
shion de Bruxellea, 33 1.
Bossafd-Lemaire, a Paris. — Exposition de
Bruxelles, 352.
Boulenger et Cie, à Paris,— Exposition dé
Bruxelles, 266.
Bourouet (Martial), tg, rue des ErtviergeS. k
Paris. — Poulies de transmission, en fer
forgé, à bras nlire, 128.
Bouvier (A.), à Paris. — Un musée munici-
pal d'histoire naturelle, 333.
Brochard-Quillet,. à Châteaudun. — Le
rhum Joptonn, 92.— Exposition de BruicU
les, 332.
Broquet, à Paris. — Concours agricole de
Paris, 164.
Brouhot et Cih\h Vierion (Cher).— Concours
agricole de Paris, 164.— Exposition de Ren-
nes, 287. — Concours agricole de Vesoul.
«93.— Exposition de Bourgc.% 307. — Ex-
sition du Cycle, 553*
Bruel riLs,à SouiUac(Lot).— Exposition de
Bruxelles, 332.
Brusson jeunes, à Villemur (Haute-Garon-
ne).— Exposition de Bruxelles, 266.
Bures, à Caen.— Concours agricole de Paris,
178.— Exposition de Bruxelles, 332.
Carré fils aîné et Cie, à Paris. — Concours
agricole de Paris, 164.
Catz van Pbkkla. à Groningen (Hollande). —
Exposition de Bruxelles, 353.
Cauvin-Yvose (E.), à Paris. — Exposition ré-
gionale de Rennes, 1897, 233. — Exposition
de Bruxelles, 398.
Cazaubon et fils, à Paris. — Concours agri-
cole de Paris, i63.
Cerckel, à Paris. — Salon de Cycle, 33o.
ChaÎzs ainé« à Bellevue-la-*Digonnière, près
Saint-Etienne (Loire). — Exposition de
Bruxelles, 333.
Chalut- Vomr, à Tours. — Exposition de
Bruxelles, 333.
Chambon, â Saint*< iéré (Lot). — Exposition
industrielle de Vesoul, 295. .
Chambrbtte-Bellon, à Bèze (Côte-d'Or). —
Exposition industrielle de Vesoul, 293.
Champenois-Rambeaux, à Cousances-aux-For-
ges (vVieuse). — Concours agricole de Parts,
i63.
Chandora, à Moissy-Cramayel (Ssine-et-Mar-
ne). — Concours agricole de Paris, i63. —
Exposition de Bruxelles, 267.
Chanée (Léon) et Cie à Paris.— Exposition de
Bruxelles, 207.
Charlent (Isidore), à Gembloux (Belgique)—
Exposition industrielle de Vesoul, 296.
Chatknay (Samuel), propriétaire viticulteur,
à Neufohâtel (Suisse). — Exposition de
Bruxcll'îs. 39S.
Chalmeil (A.), à P.iris. — Terres cuites et
faïences a décors héraldiques, 80. — Carac-
tères d'imprimerie en terre cuite pour atlî-
ches, 223.
Chaumeil (Amédée), pharmacien, à Annonay
(Ardèche). — Exposition de Bruxelles, 333.
567
JOUBNAL MENSUEL DE L ACADEMIE NATIONALE.
568
Chauvin, à Paris.— Exposition de Bruxelles,
399.
CHEVALiER,à Puteaux. — Exposition de Bruxel-
les, 354»
Chiffemann (Eusèbe), à Lisieux (Calvados). —
Exposition régionale de Rennes en 1897,
260. — Exposition industrielle de Vesoul,
296. — Exposition de Bruxelles, 354.
Ghorel et Escorbu, à Saint-Etienne. — Ex-
position de Bruxelles, 355.
CoLMAN, à Norwich (Angleterre). — Exposi-
tion de Bruxelles, 267.
Comité des Récompenses. — Réunion du 22
février it'97, 49.
Commerce. — Le Commerce extérieur de la
France, 93. — Le Commerce de l'Angleterre
et la concurrence étrangère, 94. — Le Com-
merce extérieur de la France, 139. — Le
Commerce extérieur de la Suisse, 140. —
Les Exportations comparées de l'Angle-
terre, de l'Allemagne et de la France, 140.
— Le Commerce extérieur de la France,
188.— Le Commerce extérieur de la Fran-
ce, 239. — L'exportation des vins français,
239. — Le Commerce extérieur de la Fran-
ce, 283. — Les Exportations de la France
en Russie, 285. — Le Commerce extérieur
de la France, 323. — Le Port de Dunkerque
et les Importations de là Républiaue Ar-
gentine, 326. — Les Progrès des Exporta-
tions de l'Allemagne en i8q5, 32q. — Le
Commerce extérieur de la Répubîicjue Ar-
gentine, 33o. — Le Commerce extérieur de
la France, 383. — Le Commerce eiciérieur
de la France, 421. — Etude de la situation
économique par M. Jules Rocher, député
delà Savoie, 422. — Le Commerce exté-
rieur de la France pendant les neuf pre-
miers mois de 1897, 469. — Le Commerce
général de la France en 1896, 471. — Le
Commerce extérieur de la France pendant
les dix premiers mois de 1897, 5 11. — Le
mouvement de la navigatioii française en
1896, 5 12. — Le mouvement du cabotage
pendant Tannée 1896, 519. — Le commerce
extérieur d^ la France pendant les onze
premiers mois de 1897,555. — Le commer-
ce comparé de la France, de l'Angleterre et
de l'Allemagne, 557.
Conseil d'administration. — Séance du 26
janvier, 9. — Séance du 20 octobre 1897, 433.
CoNZA, à Paris. — Exposition de Bruxelles, 268.
Cornu, à Paris. — Exposition de Bruxelles,
268.'
CossÉ-DuvAL ET Ci«, à Nantes. — Exposition
de Bruxelles. 355.
CoTTANCE, Bagot bt Cie, à Paris. — Exposi-
tion de Bruxelles, 355,
CusENiER, à Paris. — Exposition de Bruxel-
les, 355.
Dard (L.), à Paris. — Concours agricole de
Paris, 166. — Nomination comme Président
de la Société, 434.
Dard (L. G.). — Salon du Cycle, 549.
Dechambenoit et Cie, à la Pipée, par Fonte-
noy-le-Chàteau (Vosges).— Exposition de
Vesoul, 296.— Clouteries mécaniques pour
chaussures, 372.
Demarco et Miret, à Montevideo (Uruguay).
— Confiserie américaine et conserves de
fruits, i35.
Denis, Benoist et Cie, à Roubaix. — Expo-
sition de Bruxelles, 356.
Dewar (MM. John et fils), distillateurs à
Perth (Ecosse).— Le Whiskey, 89. — Ex-
position de Bru^^elles, 268.
DiKANsxY (H.J, à Kharkov (Russie). — Vernis
pour meubles, 82.
Distinctions honorifiques accordées a»ix
membres de l'Académie nationale, 11, i56,
293.
DornieR'Tuller, à Fleurier (Suisse) et à
Pontarlier (France). — Exposition Indus-
trielle de Vesoul, 297.
DuBAiL, MoNNiN, Frossard ET CiE, à Pvirreo-
truy (Suisse). — Exposition de Bruxelles,
268.
Dumont ET CiE, aux Andelys (Eure). — Ex-
position régionale de Rennes en 1897, 252.
DuPERRAT FILS (Paul), à Nevers. — Travaux
en ciment à armature m étallique rivée et
treillagée, i83.
DuPRAT (Georges) et Cie, à Bordeaux. — Ex-
position de Bruxelles, 356.
Egrot et Grange, à Paris. — Concoursagri-
cole de Paris, 166. — Exposition de Vesoul,
97.
Eluott, à Bornel (Oise).— Concours agrico-
le de Paris, 167.
Expositions et Concours. — Exposition de
Bruxelles, 11, 180, 23i, 262, 347, 393, 461,
486. — Exposition Industrielle à Vesoul
(Haute-Saône), 73.— Exposition Régionale
à Gap (Hautes- Alpes), 73.— Une expositio n
dans l'Amérique Centrale, à Guatemala,
en 1897, règlement général, 75. — Expo-
sition industriel de Vesoul, i3i. —Con-
cours agricole de Paris, i56. — Expo-
sition de Genève en 1896^ 179, — Exposi-
tion d'horticulture, à Pans, 245. -- Expo-
sition régionale de Rennes en 1897, 247. —
Exposition internationale d'Arcachon, 279,
— Exposition universelle de 1900, 280. —
Concours agricole et exposition industrielle
de Vesoul (Haute-Saône), 293.— Récom-
penses obtenues par nos sociétaires à VEx-
position industrielle ds Vesoul, 3o5. — Ex-
position régionale de Bourges, 3o6.— Expo-
sition internationale a Bordeaux, 464. — Les
comités d'Admissions à l'Exposition de
1900, 464. — Le concours agricole de Paris
en 1898, 485.— Les Palais de l'Exposition
de 1900, 489. — Exposition de 1900 (Ren-
seignements divers), 000. — Cinquième Sa-
lon du Cycle, 000. — Exposition du Cycle,
000.
56D
TABLK DES UATIERES.
570
F.uicoT, à Saini-Ouen (Seine).— Machines à
fapeur et matériel électrique, 207.
Ferry, à Vesoul . — Exposition industrielle
de Vesoul, 297.
Flihois (Octave), à Flavy-le-Martel (Aisne). —
Exposition de Bruxelles, 357.
Fontaine (L.), professscur à l'école pratique
des Faurelles (Charente). — Instruments et
appareils d'aviculture de M. Philippe, à
Houdan (Seine-et-Oise), communication,
FoNTANA, imprimeur-éditeur, à Alger.— Ex-
position de Bruxelles, 400.
FoRNET, à Bourg (Ain).— Les Emaux Bres-
sans, 3i8.— Nécrologie, 33i. — Exposition
de Bruxelles, 358.
Fortin, à Paris. — Exposition de Bruxelles,
269.
Fortin, à Clermont (Oise). — Exposition de
Bruxelles, 358.
Francq (Léon), à Paris. — La traction méca-
nique des tramways ; avantages du sys-
tème des locomotives sans foyer, 216.
Fritsch du Val et Cie, seuls dépositaires
à Bordeaux. — Liqueurs fines de la Marti-
nique, i3i.
FkY ET FILS, à Bristol (Angleterre), — Expo-
mion de Bruxelles, 269.
Gariel, à Paris. — Concours agricole de
Paris, i67.
Gautreau, à Dourdan (Seine-et-Oise). -;-
Concours agricole de Paris, 167. — Exposi-
tion de Bruxelles, 269.
Geisler, aux Chatelles, par Raon-l'Etape
(Vosges). — Exposition ae Bruxelles, 400.
Giron frères, à Saint-Etienne. — Exposi-
tion de Bruxelles, 269.
Godard, à Aillevillers (Haute-Saône). — Ex-
position industrielle de Vesoul, 297.
GoDBFROY, à Orbiquet (Calvados). Concours
agricole de Paris, 178. — Exposition de
Rennes, 260.
GouRDON, à Lyon. — Exposition de Bru-
xelles, 359.
Gouttière, à Paris. — Exposition de Bruxel-
les, 270.
Greffier, à Paris. — Appareils pour la fabri-
cation des eaux et boissons gazeuses, 539.
Grillot, à Paris. — Concours agricole de
Paris, 168.
Grobet frères, à Vallorbes (Suisse). — Ex-
position de Bruxelles, 270.
Gross, à Gouhenans (Haute-Saône). — Ex-
position industrielle de Vesoul, 297. —
Exposition de Bruxelles, 401.
Grosselin père et fils, mécaniciens à Sedan
(Ardennes). — Exposition de Bruxelles,
270.
Grossot, à Paris. — Salon du Cycle, 55 1.
Cruel (I-éon), à Paris. — Exposition de
Bruxelles, 271.
GuÉRET, à Paris. — Exposition de Bruxelles,
359.
Guilbert-Martin, à Saint-Denis (Seine). —
Exposition de Bruxelles, 271.
GuiLLABBRT FRERES, à Scillans (Var) . — Ex-
position industrielle de Vesoul, 29S.
GuiLLON (G.), à Salon (Bouches-du-Rhône).
— Les huiles immuables, 83.
Guillemet et Cie, à Paris. — Concours agri-
cole de Paris, 108.
H
Hauton, à Saint-Nazaire. — Exposition de
Bruxelles, 271.
Heinrichs, à Hodimont-Verviers. — Exposi-
tion de Bruxelles, 271, 401.
HBNRicET,à Nantes. — Exposition de BruxeN
les, 272.
Herzog (Auguste), docteur ès-sciences. — La
sidération ou fumure verte, communication
à la Société des sciences, ai^riculture et arts
de la Basse -Alsace, à Strasbourg, 97.
Hessblink frères, à Arnhem (Hollande). —
Exposition de Bruxelles, 359.
HiRT (Albert), à Paris. — Concours agricole
de Paris, 169.
HuRLOT, à Paris. — Exposition de Bruxelles,
272.
Industrie. — Bijoux et ouvrages artistiques
en cheveux de M. Jeaudonnenc, bijoutier,
fabricant-dessinateur en cheveux, passage
du Havre, 39 à 43, à Paris, jy. — Terres
cuites et faïences à décors héraldiques de
M. A. Chaumeil, 97, avenue d'Italie, 80.
— Vernis pour meubles de M. H. Dikansk>r,
à Kharkov (Russie). — Un moteur rotatif
idéal, 119. — Essieux de voitures à roule-
ments sur billes de MM. Martin, Maitte et
Huberland, à Pont-sur-Sambre (Nord),
122. — Carreaux agglomérés à base de cuir
comprimé, de M. Eugène Boehm, à Mul-
house (Alsace-Lorraine), I25.— Poulies de
transmission en fer forgé à bras olive de
M.Martial Bourgnet, 19, rue des Envierges,
à Paris, 128. — Produits de parfumerie de
la fabrique de La Cruz del Canwo de M.
Diego Léon Sotelo, à Séville (Espagne),
129. — Le moteur rotatif Brambel, 180. —
Travaux en ciment à armature métallique
rivée ettreillagée de M. Paul Duperrot fais,
à Nevers, i83. — Travaux de fumisterie
sur bases scientifiques et raisonnées de
M. Eugène Venet, 2i6,route de Bayonne, à
Bordeaux, 184. — La fabrication de la
bière dans le monde. — Le développement
industriel de la Russie, 2o3. — Macnines à
vapeur et matériel électrique de la maison
Farcot, à Saint-Ouen (Seine), 207. — La
traction mécanique des Tramways : avan-
tages du système des locomotives sans
foyer, de M. Léon Francq, à Paris, 216. —
571
JOUEMAL MENSDKt DE L' ACADEMIE NATIONALE.
572
Caractères d'imprimerie en terre cuite pour
impression d*afnches, de M. Chaumeil, ce*
ramiste, avenue d*Italie, 07, à Paris, 223.—
Catalogue de la Société des inventions bre
• vetées (nouveautés pratiques, utiles ou
agréables)^Directeur M. Kratz-BoussaC, in-
génieur civil, i3, rue Saint-Laurent et 17,
rue des Récôllets, à Paris, 226. — Propul-
sion des navires au moyen de turbines a
vapeur, 228. — Ferronnerie d'art de M.
LouisTellier aîné, 177, rue Léon Gambetta,
à Lille, 281. — Projet de création d*un
chemin de fer à voie étroite, reliant les
villes d'Alpnach, Stans et Altorf et longeant
la rive méridionale du lac des Quatre-Can-
tons, par M. Lussy, ingénieur à Brienz
(Suisse), 309. — La Houille, 3i6. — Les
émaux bressans, 3 18. — Moteur à ammo-
niaque pour tramwavs, 322. — Poids en
verre, 323. — La proauction du cuivre en
1896, 324. — Manufacture de tôlerie de M.
Léon Parisse,à Larriëre, près du Val d*Ajol
(Vosges), 369. — Clouteries mécaniques
pour chaussures de MM. Dechambenoit et
Gie, à la Pipée, par Fontenoy-le-Château
(Vosges), 37a. — Appareil de sauvetage en cas
d*incendie, de M. Paloux,garde d* Artillerie,
chef artificier, à Oran (Algérie). 372.— Pro-
duits spéciaux pour beurreries et fromage-
ries de M. Charles Jeanneau à Janzé (Ille-
et-Vilaine), 375. — La conservation du
beurre frais, 378. — La production de Tor
et de l'argent en Russie, 38o. — La pro-
duction industrielle des principales nations,
407. — Les hautes maisons et les asccn*
seurs aux Etats-Unis (extrait du bulletin de
la Société des Ingénieurs civils), 409. —
Projet d'exploration du pôle Nord, au
moyen d^aérostats libres, pourvus d'appa-
reils photographiques et scientifiques enre-
gistreurs, par M. Paloux, garde d artillerie,
chef artificier à Oran, 410.— La métallur-
gie de fer aux Etats-Unis, 4*39. — L'électri-
cité à Paris, 495. — Le Péeamoïd, 499. —
Omnibus automobile de M. Tenting, 46,
rue Curial, à Paris, 5o6. — La production
du fer dans le monde, 5o8. — Appareils
pour la fabrication des eaux et boissons
sazeuses, de M. Greffier, à Paris, 53q. —
Manufacture de chicorée torréfiée de M. Le-
grand-Baboye, à Fresnes, 540. — L'indus-
trie lyonnaise des soiries, 543.
jACQUEMiN,à Malzéville (Meurthe-et-Moselle).
— Concours agricole de Paris, 178. — Ex-
position de Rennes, 261. —Emploi ration-
nel en vinification des levures pures sélec-
tionnées, 289.
Jannbl frîcres. à Martinville (Vosges).— Con-
cours agricole de Vesoul, 298.
Jbanneau (Charles), à Janzé (Ille-et-Vilaine).
— Produits spéciaux pour beurreries et
fromageries, 375.
JfiAUDONNBNc, à Parîs. — Bijoux et ouvrages
artistiques en cheveux, 'j'j.
Jbknek à Bruxelles. — Exposition de Bruxel-
les, 273.
JoAifNE, à Paris. — Exposition de Bruxelles,
3Ô0.
JuLLiEN (H.), à Bruxelles. — Exposition de
Bruxelles, 36o
K
KoHLER et fils (Amédée), à Lausanne. — Ex-
position de Bruxelles, 273.
Kratz-Boussac, à Paris. — Catalogue de la
Société des inventions brevetées (Nou-
veautés pratiques, utiles ou agréables), 236.
KrUsi (D'I, à Gois, près Saint-Gall (Suisse).
— Exposition de Bruxelles, 401.
Lagache, à Paris. — Concours agricole de
Paris, 178.
Lapasset, fabricant de papiers à cigarettes, à
Perpignan. — Exposition industrielle de
Vesoul, 298.
Laurent-Colas« à Bogny-sur-Meuse (Arden-
nes).— Exposition de Bruxelles, 36i.
Lefebvre (Isidore), à Nesle-Hodeng, par
Neufchâtel-en-Bray (Seine-Inférieure). —
Exposition régionale de Rennes en 1897,
259.
Legrand-Baboye, à Fresnes (Nord). — Ma-
nufacture de chicorée torréfiée, 540.
Lemaitre (Albert), carrossier-sellier à Alen-
çon. — Exposition régionale de Rennes en
1897, 25 I.
Leborgne (Ferdinand), fabricant de tapis et
d'étoffes d'ameublements,à Lannoy (Nord).
— Exposition de Bruxelles, 273.
LiNDET iL.).— Culture de vignes chinoises et
japonaises, à Damigny(Orne), communica-
tion à l'Académie des sciences (Séance du
i3 mars 1897), 144.
Liste générale dos membres de TAcadémie
inscrits à la date du !•' janvier 1897, 17.
Liste générale alphabétique des membres de
la Société admis pendant l'année 1897,1000.
LussY, ingénieur à Brienz (S'iisse). — Projet
de création d'un chemin de fer à voie étroi-
te, reliant les villes d'Alpnach, Stans et Ai*
torf et longeant la rive méridionale du lac
des Quatre-Cantons, 309.
M
Magnier aine, à Rosoy, par Hortes (Haute-
Marne).— Exposition industrielle de Ve-
soul, 299.
Magot (Adrien).— Exposition industrielle de
Vesoul, 3oo.
Mablot. à Entrains (Nièvre). — Concours
agricole de Paris, 178.
Marti (Fritz), à Winterthur. — Emploi de la
litière de tourbe pour le bétail, 387.
j73
T4BLË DBS MATIÈRES.
574
Martik, Maitte et Uubkrland, à Poni-sur-
Sambrc (Nord). — Essieux de voitures à
roulements sur billes, 12a. — Exposition
de Bruxelles, 36 1,
Mathes (Armand), h Fontenoy-le- Château
(Vosges!.— Exposition industrielle de Ve-
soûl, 3oa.
Maujean (L.), pharmacien-chimiste de f*
classe, à Sermaize (Marne). — Le vin Mau*
I jwn, 443.
I MAuom, à Paris. — Exposition de Bruxelles,
274.
Mkua, à Alger. — Exposition de Bruxelles,
403.
MiBciER, à Paris. — Concours agricole de
Ptris, 170.
Mercier et Cie, à Epernay.— Exposition in-
dustrielle de Vesoul, 3o3. — Exposition de
Bruxelles, 36 1.
Mébé de Chantilly, à Orléans. — Exposition
de Bruxelles, 362.
MiKc (Albert), consul de la Républic|ue Ar-
gcmîne à Dunkerque. — Exposition de
Bruxelles, 362.
Montandon, à Vernon ',Eure). — Concours
tgricole de Paris, 171.
Moqi'et-Lesage, directeur de la confiturerie
de Saint-James, à Paris. — Exposition de
Bruxelles, 362.
Mousset, à Angoulême. — La Présidente, li-
queur tonique et digestive, i33.
MuNTZ (A.) et E. Rousseaux. — Nouvelles
études sur la vinification et sur la réfrigé-
ration des moûts, 339.
N
Maeyer (de) et Cie, à Willebroek (Belgique).
— Exposition de Bruxelles, 274.
Navarro, à Sidi-bel-Abbès.— Exposition de
Bruxelles, 402.
Nécrologie.— M. Paul Giffard. 188. — M.
Amédée Fornet, bijoutier à Bourg (Ain),
33i.— M. Tabourier, à Paris, 537.
Nobl (Paul), directeur du Laboratoire régio-
nal d'entomologie agricole, à Rouen (Seme-
Inférieure). — Les fourmis ot leurs ravages,
moyens de s'en préserver, 391. — La ché-
matobie du pommier, 484. — Un ennemi de
Il pomme de terre, 33 1.
Nordenfelt (de), à Paris. — Concours agri-
cole de Paris, 175.— Exposition de Bruxel-
les, 363,
Olivari, à Nice.— Exposition de Bruxelles,
363.
Palous, sarde d'artillerie, cbef artificier, à
Oran {Algérie).— Appareil de sauvetage en
cas d'incendie, 372.— Projet d'exploration
du pôle Nord au moyen d'aérostats libres,
pourvus d'apparvils photographiques et
scienti(i«^ues enregistreurs, 416. — Insub*
mersibilité des navires, réduction du tirage
et facilité d'évolution, projets et considéra*
tions, 447.
Parandier(A. N.), Inspecteur général de %*•
classe des Ponts-et-Chaussées en retraite,
commandeur de la Lé};ion d'honneur, mem-
bre de la Société nationale d'agriculture de
France, etc., aux Tourillons, par Arbois
(Jura). — Considérations sur la nécessité de
régénérer l'Agriculture, 198.
Parisse (Léon), à Larrière, près le Val-d'Ajol
(Vosges). — Exposition de Vesoul, 3o3. —
Manufacture de tôlerie, 369.
Paupier (Léonard), à Paris.— Concours agri-
cole de Paris, 17 t.
Paupy frbres, à Paris. — Exposition de Bruxel-
les, 276.
Pellisson père et Cib, à Cognac. —Exposi-
tion régionale de Rennes en 1897, 247. —
Exposition de Bruxelles, 363.
PÊRiN frères, à Charleville (Ardennes). —
Concours agricole de Paris, 172. — Expo-
sition de Vesoul, 304.
Phillippe (Jules), à Houdan. — Concours
agricole de Paris, 172. — Exposition de
Rennes, 238.
Picard (Les fils de Léopold), à Paris.— Ex-
position de Bruxelles, 336.
Pollet (Alphonse), à Tourcoing. — Exposi-
tion de Bruxelles, 364.
Pollet (Albert), à Tourcoing. — Exposition
de Bruxelles, 364.
PopoFF (Georges Iv.) et Cie, à Sofia (Bulgarie)
— Exposition de Bruxelles, 402.
Poppe-Beutels, fabricant de chicorée, à Lo-
keren (Belgique). — Exposition de Bruxel-
les, 4o3.
Porcar y Tio (Manuel), à Barcelone (Espa-
gne).— Exposition de Bruxelles, 404.
Produits alimentaires. — Les huiles immua-
bles de M. C. Guiilon, propriétaire, à Sa-
lon {Bouches-du-Rhône|,83. - Le Whiskev
de MM. John Dewar et fils, distillateurs à
Perth (Ecosse), 89. — Le rhum Joptonn
(old Jamaïca ru m), de M. Brochard-Qui-
let, à Chàteaudun, dépositaire pour la Fran-
ce et les colonies, 92. -» Liqueurs fines de
la Martinique de MM. Fritsch du Val et
Cie, seuls dépositaires à Bordeaux, i3i. —
La Présidente, liqueur tonique et digestive
de M. Mousset, 19, rue des Boissieres, à
Angoulême, i33. — La confiserie Améri-
caine et les conserves de fruits de MM. De-
marco et Miret, à Montevideo (Uruguay),
i33.
Produits pharmaceutiques. — Le vin Mau-
jean de M. L. Maujean, pharmacien-chi-
miste de ir« classe, à Sermaize (Marne), 443.
Pruvost, à Paris.— Exposition de Bruxelles,
364.
Rabourdin, à Paris. — Exposition de Bruxel-
les, 363.
575
JOURNAL IIKNSUICL DK L ACADEMIK NATIONALE.
:»7ti
Raynal et RoQi'KLALRK, à Capdenac (A.vey-
ron). — Exposition de Bruxelles, 365.
RÉCOMPENSES décernées par rAcadémie Natio-
nale, liste des lauréats, Sg.
Richard (Jules), à Paris. — Exposition de
Bruxelles, 276.
RîCQLÊset (liE à Lyon. —Exposition de Bru-
xelles, 276.
Rochat, au Pont, vallée de Joux (Suisse). —
Exposition de Bruxelles, 404.
VveRoGÉE ET Monnet, à Cognac. — Exposi-
tion industrielle de Vesoul, 304. — Expo-
sition de Bruxelles, 366.
Roussel (Valentin) et fils, à Roubaix, — Expo-
sition de Bruxelles, 367.
Rousset, à Saint- Victor-sur- Loire (Loire), —
Concours agricole de Paris, 172.
RucH, directeur de la Société française des
couleurs d'aniline, à Paris. — Exposition
de Bruxelles, 277.
RuMPP, directeur de la Société Le Progrès in-
dustriel, à Paris. — Exposition de Bruxel-
les, 366.
Saixes (les fils de L.), à Paris. — Exposition
de Bruxelles, 357.
Schmautz (Charles),à Paris. — Exposition de
Bruxelles, 278.
Segaust, à Saint-Denis (Seine). — Exposition
de Bruxelles, 367.
Séguin, à Paris. — Concours agricole de
Paris, 173.
Séguin, à Bordeaux. — Exposition de Bru-
xelles, 277.
Segundo-Imbbrt, à Puerto-Plata (République
Dominicaine) — Exposition de Bruxelles,
401.
Simon frères, à Cherbourg. — Concours
agricole de Paris, 178. — Exposition de
Rennes, 258. — Exposition de Bruxelles,
277.
SoKOLNiCKi (J. de), à Chinchon, par Castillon
(Gironde). — Incubateur automatique de
haute précision, 69. — Influence de la lu-
mière violette sur la croissance de certains
jeunes animaux, 70. — La lutte contre les
maladies de la vigne, 193.
SoTELO (Léon Diego), à Séville (Espagne). —
Produits de oarTumerie de la fabritjue de
La Cruxiel Campo, 129.
Sturm, directeur de la Société française du
carbonyle. — Concours agricole de Paris,
178.
SucHARD ET CiE,à Ncuchatel (Suisse).— Expo-
sition de Bruxelles, 277.
TABOURiERD ET CiB, à Paris. — Exposition de
Bruxelles, 367. — Nécrologie.
Tkllier aixé (Louis), à Lille. — Ferronnerie
d'art, 281.
Tentino, à Paris. — Concours agricole de
Paris. 176. — Omnibus automobile, 5o6.
Texier fils jeune, à Vitré. — Concours agri-
cole de Paris, i76. — Exposition de Ren-
nes, 25o. — Broyeurs de pommes à cylin*
dres divisés, 291.
Tison, à Lille.— Exposition de Bruxelles, 278.
Tisserand, dit Jacobus ainé^ à Port-sur-Saôce
, (Haute-Saône). — Exposition industrielle
I de Vesoul, 304.
I Trespalacios et ALDABO,à la Havane (Cuba).
j — Exposition de Bruxelles, 404.
i Trouvé, à Paris. — Toast porté aux fêtes du
cinauanteaaire de l'Association des élèves
de rEcole de Liège, 509.
Vaissibr, à Roubaix. — Exposition de Bru-
xelles. 405.
Valtat, à Paris. — Exposition de Bruxelles,
368.
Van Duvse frères, fabricants de bouchons, à
Lokeren (Belgique). —Exposition de Bruxel-
les, 405.
Variétés. — L'expédition de M. Andrée au
pôle Nord, 23i. — Un musée municipal
d'histoire naturelle, 333. — Insubmersibi-
lité des navires, réduction du tirage et faci-
lité d'évolution, proiets et considérations,
par M. Paloux, âarde d'artillerie, chef ar-
tificier à Oran (Algérie), ^7. — Paris-Port-
de-Mer, 455. — Fêtes du cinquantenaire
de l'Association des Ingénieurs de TEcole
de Liége,Toastportépar M. G. Trouvé, 509.
Venet (Eugène), à Bordeaux. — Travaux de
fumisterie sur bases scientifiques et raison-
nées, 184.
Verweegkn et Kok, à Amsterdam. — Expo-
sition de Bruxelles, 368.
Viaud, à Barbezieux (Charente). — Concours
agricole de Paris, 177. — Exposition de
Bruxelles, 279.
ViBERT FRBRES, à Paris. — Exposition de
Bruxelles, 279.
ViBERT (Paul), à Paris. — Les transports par
terre et par mer, tome 1, 141.— Tome 11,523.
ViGouROux fils, à Nîmes (Gard). — Concouis
agricole de Paris, 178.
Visser (Daniel) et fils, distillateurs à Schie-
dam (Hollande). — Exposition de Bruxel-
les, 36'<,
VoLAND (Francisque) et Cie, à Lyon. — Expo-
sition de Bruxelles, 406.
W
WiLLiOT FILS, à Poix-du-Nord (Nord).— Ex-
position industrielle de Vesoul, 3o5.
Le Directeur-Gérant, Rédacteur en Chef, Eugânb THlfiRY.
C BBIfONT (OUB). — IMPBIMBBIB PAIX FB^M, PLAGK SAtMT-ANOBi, 3.
JOURNAL MENSUEL
DE
L'ACADÉMIE NATIONALE
AGRICOLE, MANUFACTURIÈRE ET COMMERCIALE
SOIXANTE-HUITIÈME ANNÉE
CLlilililli!iT't»llSE. — IMPHlIfERlË DAIX FRÈRES, PLACE SAINT-ANDRK, 3.
JOURNAL MENSUEL
DE
L'ACADÉMIE NATIONALE
AGRICOLE, MANUFACTURIÈRE ET COMMERCIALE
ASSOCIATION FONDEE A PARIS LE aG DECEMBRE i83o
Fondateurs : CESAR MOREAU — AYMAR-BRESSION
SOIXANTE-HUITIÈME ANNÉE
SIÈGE SOCIAL: 66, RUE CAUMARTIN
PARIS
1898
THE NEW YORK
PUBLIC LIBRARY
124742
ArrOR, UEHOX A NO
TILDEN FOUNDATIOMai
R 1899 L
JOURNAL MENSUEL ,
DR
L'ACADÉMIE NATIONALE
AGRICOLE, HANDFACTDRIiSRE ET COIIBRCULE
68* Année. — JANVIER 1898.
SOMMAIRE
téAMCC OU COM8EIL D'ADMINISTRATION.
CONVOCATION DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ANNUELLE DES SOCIÉTAIRES.
DISTINCTIONS HONORIFIQUES aooordé«s aux Mombras do l'Académie National*.
AGRICULTURE. —La production des vins et cidres en 1897.
PRODUITS ALIMENTAIRES. — Liqueurs et spiritueux de MM Tratpalaolos et Aldabo, à La Havane.
CDMMEBCM. — Le commerce exte'rieur de la France durant l'année 1897.
NÉCROLOQIK. — M. le D' Gérard.
LISTE GÉNÉRALE DES MEMBRES DE L'ACADÉMIE AGRICOLEi MANUFACTURIÈRE ET COMMER-
CIALE.
SÉANCE DU CONSEIL D'ADMINISTRATION
Le Conseil d'administration de la Société s*est réuni au sièj[e social, le jeudi 20 jai\vier
sur convocation de M. le Président, conformément à la prescription de Tarticle XIV des
Statuts.
Au nom du Comité de Contrôle administralii et financier, M. Léopold Degoix, membre
«le ce comité, a présenté un rapport résumant les comptes de l'exercice écoulé et concluant
à l'approbation de la gestion de la Société pendant l'année 1897. Ce rapport a été approuvé
à lunanimité.
Le C!onseil a fixé au vendredi, 25 février, à 2 heures précises., la date de l'Assemblée
générale annuelle des Sociétaires qui se tiendra au siège social.
CONVOCATION DE L'ASSEMBLÉE GÉNIîRALE ANNUELLE
DES SOCIÉTAIRES
En conformité de Tarticle XV des statuts et suivant décision prise dans la séance du
20janYierl898,le Conseil d'administration convoque les membres de T Académie nationale
agricole, manufacturière et commerciale, en assemblée générale annuelle, au
siège de la Société, pour le vendredi 25 février 1898, à 2 heures précises del'après-
midi.
lie présent avis doit tenir lieu de lettre de convocation.
. 11
JOURflAL mNSDBL 0B L'aGADÉMUI NATiONALK.
DISTINCTIONS HONORIFIQUES
ACCORDÉES AUX MEMBRES DE L'ACADÉMIE NATIONALE
Par décret du Président de la Républi-
que en date du 31 décembre 1897, rendu
sur la proposition du Ministre du commerce
et de Tindustie, à Toccasion de l*exposition
de Bruxelles, ont été promus ou nommés
dans Tordre de la Légion d'Honneur :
Au grade d* officier :
M. Gautreau (Théophile), constructeur-
mécanicien à Dourdan (Seine-et-Oise). Pré-
sident honoraire de la chambre syndicale
des constructeurs de machines agricoles.
Membre des comités d'admission de Paris,
Moscou, Chicago et Bruxelles. Meaibre di
jury international à Bruxelles. Exposan
hors concours. Chevalier du 13 juillet 1881
Au grade de chevalier :
M. Gouttière (Edmond-Louis-Henri), fac
teur de pianos à Paris. Vice-présideot de h
chambre syndicale des instruments de mu
sique. Médaille d'or à VExposition uni ver
selle de Paris 1889. Grands prix aux exposi
lions d'Anvers et d'Amsterdam. Metnbn
du jury à l'exposition de Rouen Granc
prix à Vexpositionde Bruxelles.
AGRICULTURE
LA PRODUCTION DES VINS ET CIDRES
EN 1897.
Svftrisiti en
«igné!.
Tiatiê
kMtaUtiM.
24.333.000
30.)02.0<)0
.'^O.l^O.OJO
«9.0S5.000
50.0î0.00<»
39.<5:^.0O«>
2^.688.000
44.6,')6.0(>0
__ I Metim.
I 1887 1.944.150
Le Bulletin de statistique du Ministère }^ \ 'f\^^^
des finances a publié les i'enseignemenls 18^)!!. !!!.'!....'.'! i.8i6..'>i4
suivants concernant la rétoUe des vinsel i jg^l;; •• •• • î '7^12^88
des cid res en 1 897 : : i m'. V.'.'.W \ \ . \\\ 1 *. 7im '. m
. ^ I 1894 1. 706.811
Vlfis. ^ Les efibrls de la Viticulture pour 1895 1.74^.002
reconstituer le vignoble se manifestent par • ^^^"^ ^'^^^''^^^
des augmentations de la superficie produc- ' Moyennes 1.8O0.359
tive dans 27 départements. Toutefois, dans ' 1897 (lo premiers
„ ,, , ,^ ,. , ' uaoïs) 1.689.93Î
1 en:>emble, les arrachages 1 ont emporté ;
sur les jïlahtfttions nouvelles et l'étendue 1 vim d« toutti torttt
totale du vignoble français a diminué en
1897 de 39,502 hectares ; ellfe m aujOU^ ' ^^ im,prUiio«».
d'hui de 1,688,931 hectares. .] ^ h«toUtr.8
La production toUle s'étant élevée à î 1888'.;..; ;;.;;;;.*; i2'o(u'ooo
82,350,722 hectolitres, le rendement moven I \^^'>Z\\\\V.\'..\\ io'4ro.ooo
ft rhettifti-e, pous Tannée 1897, resFoMft 20 mîi:::::;:::*;:'; 1078*000
hectolitres, BOlt une dimitrutlon deô hecto- ' \f^^ "••. i'^^}^^l
IIH*B8 par rapport à la quotité du rendement ' imm!;. ;.';;;..'.;;; 4^^2000
•"«y«" <»« i89«- : i>t;-::::::::::: I^^Z
Voici quel a élé, depuis 1887, le inouw^ ^ ^^ -^-j^;^
ment de la production, de 1 importation et , ,^,,, ..^
. ,, . . j . I 1^»^' ('0 premiers
de 1 exportation des vins : mois 5.837.000 1 448 000
32.476.(kX>
32.3:.1.000
ExforUtitn.
ht«ttUtrti
2.402.000
2.118.0U0
2. 166.000
2.162.0<X)
2.04Ï» JHH)
1>45.(:(H>
l.50t) 0<)0
1.:21."IH)
1.696.(K)0
i. 781. 000
1.951.000
M
PRODUITS AMllENTAtHCS.
I U production deê vins de raisins secs a
été de 461,422 hectolitres (dont 222,702
hectolitres pour la rabrieation industrielle
comptée de novembre à novembre) contie
888,010 hectolitres en 1806. La fabrication
ies tins par addition de sucra et d'eau éUf
bmati» s'estélevée à 1^040,061 hectolitres,
contre 1,426,531 hectolitres en 1806. Nous
[mblions pour la première fois cette année
rimportance de la fabrication des picluet-
tes pour la consommation de famille ; cette
iabrication a été de 3,743,188 hectolitres.
Dans le chiflVe de 5,837,583 hectolitres,
importés pendant les dix premiers mois de
1897, les vins d'Espagne figurent pour
2,^1,558 hectolitres ; les vins d*IUliepour
T,085 ; les vins de Portugal pour 558 hecto-
litres ; les vins d'Algérie pour 2,023,008, et
les vins de Tunisie pour 40,424 hectolitres.
Ko ce qui concerne l'Algérie, les chiffres
déânitifs de la récolte s'élèvent à 4,367,758
hectolitres pour une superficie de 118,823
hectares, sa\'oir :
ûéptrtements d'Alger . . . .
— d'Oran...
— de Constant ine.
Totsox
hOCttfM.
45^668
18.675
54.480
2.186".289
762.812
4.418.657
118.000 4.367.Î5S
GiDftBs. — La récolte des cidres s*est
tlerée, en 1807, à, 6.788,715 hectolitres ;
elle est inférieure de 1,2<S5,677 hectolitres h
ti production de )896 et de 7,344,406 hec-
tolitres à celle do la moyenne de dix années
antérieures.
Le tableau-ci après résume le mouvement
de la production, de l'importation et de
Teiportation des eidres depuis 1887 :
AaaéM.
u
Frtteittta. laforttlita. ItftrtttitB.
1887.
htittUtnt.
13.437 000
9.767.000
3.701.000
11.0^.000
9.280.000
15.141.000
3l.r:09.000
15.541.000
26.587.000
8.074.000
14.323.0C0
6.189.000
kiH)Utni.
94'!
8.319
7.035
684
402
845
744
57H
525
2 0J7
193
kMUatm.
14.000
1888.
1839.
13.000
llf.OOO
Ih90.
9 (lOU
IJ'91 .
1892.
10.000
10.000
1893.
1891.
1>9.>.
14.000
18 000
^{.000
1896.
1 97
inle
onne —
(10 prô-
1-8 mois)..
26.000
14.900
19.633
Les tableaux détailléi de la ph)ductton
par département font ressortir que les dé-
partements ayant produit le plus de vins
sont les suivants :
hectolitres.
l'Aude avec 4.028.372
les Bouchesdu-Rhône » 1 . 200 . 882
le Gard » 2.730.083
la Gironde » 1.338.277
l'Hérault » 10.007.706
les Pyrénées-Orientales... > 2.143.068
La Gironde, dont la production dé 1806
s'était élevée à 3,354,552 hectolitres, accuse
ainsi une énorme différence en moins de
2,018.275 hectolitres pour 1807.
Les départements ayant produit le plus
de cidifs sont les suivants :
hectolitres
1 îUe-et-Vilaine avec 1 .002.065
le Calvados 0 770.000
la Manche » 884.801
rEure » 610.174
la Seine-Inférieure v . » 525.710
etlaSarthe » 267.005
PRODUITS ALIMENTAIRES
UQUEUfIS Ef SPIRITUEUX
de MU» Trbspalacios et Aldabo,
à La Havane (lie de Cuba).
Au milieu delà triste guerre civile qui
^Mioie l'Ile de Cuba, le commerce et Tin-
daHrie, s'ils soyt gênés dans leur paisible
développement, ne sont cependant pai pA^
ralysés d'une façon absolue. C^esl ainsi (jue
•lous pouvons enregistrer de remarquables
manifestations d'activité de nos sociétaires
MM. Trespalacios et Aldabo, distillateurs de
La Havane, lesquels, pour faire sanctionner
les mérites de leur fabrication ou de leur
15
manutentiou consciencieuse el soignée, ont
présenté des spécimens de leurs produits à
l'exposition de Bruxelles, à une exposition
particulière de Londres, et à nous-mêmes.
La liste ofGcielle des récompenses de
r^xposition de Bruxelles n*a enregistré que
l'attribution d*une médaille d'argent à MM.
Trespalacios et Aldabo. Cependant, MM.
Trespalacios et Aldabo annoncent avoir été
récompensés d'une médaille d*or, et il est
probable que c'est bien là la récompense
décernée à leurs excellents produits, à la
suite d'une décision d'un jury supérieur de
TExposition de Bruxelles, qui a dû rele-
ver d'un degré bon nombre des décisions
du premier jury, lesquelles étaient vraiment
entachées d'une mesquinerie trop étroite.
Des récompenses accordées par le jury
de l'exposition particulière de Londres,
nous ne parlerons pai<, parce que cette ex-
position semble être une de celles dans les-
quelles les plus hautes récompenses de
Grands Prix ou de Grands Diplômes d'Hon-
neur, avec ou sans croix ou insignes de mé-
rite, sont d'avance assurées à tous les expo-
sants, quels que soient leurs produits et
quelle qu'en soit la qualité, pourvu qu'ils
aient opéré un versement d'une certaine
importance.
Il nous reste donc à examiner les mérites
propres des produits qui ont été soumis à
nos appréciations par MM. Trespalacios et
Aldabo.
En voici l'énumération :
Cognac de 1866,
Rhum supé rieur f
Punch impérial,
Anisette^
Crème de cacao à la vanille,
et Crème havanaise.
Le premier produit ne dérive naturelle-
ment pas de la fabrication propre de MM.
Trespalacios et Aldabo. Il n'est le résultat
que d'un emmagasinement opportun effec-
tué parla maison pour s'assurer la disponi-
bilité d'un cordial de tout premier ordre.
A la dégustation, le Cognac de 1866 s'est
révélé comme offrant toutes les qualilésd'un
produit véritablement authentique. Cepen- I
lODRNAL MBNSOKL DB l'aCADÉMIK iNATIONALR. \{
dant le vieillissement de cette eau-devie n(
paraît pas s'êireopéré dans toutes îescondi
tions voulues pour assurer le développe-
ment de cet arorae incomparable et indéfi-
nissable qui est le cachet distinctif des ca
gnacs de vieille souche. Nous voulons bieij
croire que ce produit a 31 ans d'âge ; mais
il nous semble que, dans ce nombre d'ani
nées, il y en a trop de passées en bauleillei
t't pas assez, par conséquent, de pass'^es ei^
fûts de bois.
Or, on sait que les années de bouteille,
qui ont tant d'eifet sur les vins, sont pres-
que sans influence sur leseaux-de-vie, L'an^
cienneté absolue du cognac de MM. Tres-
palacios et Aldabo ne vaut donc pas plusj
comme mûrissement et bonification du proi
duit, qu'une ancienneté relative beiucoup
moindre, correspondant aux années passées
en fût. Il n'en est pas moins certain qu'il
y a là un produit de premier ordre.
Le rhum supérieur de M. M. Trespalacios
et Aldabo méritait réellement son qualifica-
tif. Provenant réellement de la région des
Antilles, sa patrie d'origine, obtenu par les
meilleurs procédés de distillation, traité et
soigné par des dégustateurs spécialistes, ce
rhum a les meilleures qualités d'arôme que
puissent souhaiter ses aficionados les plus
difficiles.
Le Punch impérial pvéptLTé à l'aide du
rhum supérieur, convenablement dilué et
édulcoré, est, conséquemment, d'une excel-
lente finesse.
L*anisette, la crème de cacao et la crème
havanaise sont des liqueurs délicates et fi-
nes, parfaitement fondues et offrant toutes
les qualités àla fois toniques et doucereuses
qui peuvent être demandées aux produits
spécialement destinés à la consommation
féminine. La crème havanaise {crema haba-
nera) est d'un arôme spécial, sui gêner is,
emprunté sans doute à un ou plusieurs fruits
du pays, ce qui la fait particulièrement ap-
précier dans sa région d'origine. Mais, de
ces trois liqueurs également méritantes, nous
préférerions certainement» par goût person-
nel, l'anisettcqui était qualifiée à juste ti-
tre de superfine, et qui aurait pu soutenir
la comparaison avec les liqueurs similaires
^^ COMMERCE
des meilleurs marques françaises ou espa-
gnoles.
En résumé, notre conclusion définitive
est que les proiuits qui nous ont été présen-
18
tés par MM. Tœspalacios et Aldabo sont d'un
mérite réellement supérieur, digne d'être
consacré par une distinction d'un ordre élevé.
COMMERCE
LE COMMERCE EXTÉRIEUR DE LA
FRANCE
durant l'année 1897
I.*^ Statistiques provisoires de Tadminis-
tratioQ des douanes accusent les résultats
suivants pour le commerce extérieur de la
France durant les deux dernières années :
IMPUR fATIONS
18P7
1S&6
fr. fp.
i^bjeU d'aUmeotatioQ 1.035.753.000 1. 006. 012. 000
Matières oécessaires
a rindustrie 2.343.110.000 2.173.582.000
Objets fabriqués 621.263.000 618 385. OUO
Total 1.000.126.000 3.798.579.000
BXK>kTATIONS
1897
fr.
729.053.000
189G
fr.
651. ";93 000
Objets d'alimentatioD.
Matières nécessaires
a TiDdustrie 943.9ô8.000 836.207.000
<AieU fabriqués 1.840.174.000 1.766.764.000
ColU postaux 162.428.000 146 156.000
Total 3.675.613.000 3.400.920.000
On voit que l'ensemble des échanges ex-
térieurs pendant Tannée 1897 a atteint
T milliards 675.739.000 francs, dépassant
de 476.240.000 francs Fensemble correspon-
dant de 1896. Ce résultat est d'autant plus
ia?orable qu'il est constituépar uneaugmen-
Ution de 274.693.000 fr. dans les exporta-
lions, tandis que les importations ne se sont
accrues que de 201 .547.003 fr. La balance
du commerce est restée défavorable à notre
pays, mais elle ne présente qu'un solde défici-
laire de 324.513.000 fr. pour Tannée 1897,
tandis que le solde de même nature avait at-
teint 367.659. OOOfr. pourl893. C'est un gain
déBoitif de 73.146.000 fr. Ce gain aurait été
beaucoup plus considérable si le mauvais
rendement agricole de 18^7 n'avait nécessi-
té des augmentations importantes dans les
entrées d'objets d'alimentation et de matiè-
res premières nécessaires à l'industrie.
Si l'agriculture n'a pas ù se féliciter des
rendements de Tannée 1897, il est bon de
remarquer quelle a pu trouver quelques
compensations à ses déboires dans le relève-
mentsensible qui s'est produit dansles prix
des principales denrées de sa production .
Quant à Tindustrie en général, elle ne peut
que se montrer satisfaite de l'accroissement
d'affaires que lui a apporté Tannée 1897.
Nous sommes convaincus que, pour une
grande part, cet accroissement est dû au vas-
te mouvement de transactions qui s'est pro-
duit à l'occasion de l'Exposition de Bruxel-
les, oii Tindustrie française a brillé d'un si
vif éclat.
Si nous recherchons, par la comparaison
avec les chiffres antérieurs, qucU sont les
résultats propres spécialement au mois de
décembre, nous obtenons les chiffres sui-
vants :
1897 1896
Importatioos fr. 414.835.000 341 .370.0;)0
Ex portations fr. 313.461.000 279.754.000
Totaux fr. 7:^8.296.000 6iï AZi .oOi)
On peut ainsi constaterque le mois de dé-
cembre 1897 accuse sur le mois de décem-
bre 1896 une augmentation générale d'é-
changes dépassant 107 millions, dont envi-
ron 73 millions aux importations et 34 mil-
lions aux exportations. Gomme on le voit,
notre commerce extérieur a Uni Tannée
1897 dans d'assez bonnes conditions d'acti-
vité.
lô
JOORNAL MiCNSUKL DS t'AGâOÉMIE NATIONALE.
/
NÉCROLOGIE
L*un des plus anciens collaborateurs du
journal de notre Société, le docteur Gérard,
est mort au milieu du mois de janvier, dans
sa soixante-troisième année.
Nos anciens Sociétaires ont certainement
conservé la mémoire des nombreux rapports
toujours consciencieux, clairs et spirituels
qu*il a publiés dans notre jouroal, concer-
nant des questions médicales ou des produits
pharmaceutiques.
Rappelons que la vie du docteur Gérard
ofTrait un bel exemple de Tefticacité de la
volonté et de l'amour du travail. Ancien of-
ficier au corps des ioent-gardes, H. Gérard
n*avait entrepris ses études médicales, qu';
un âge déjà très avancé,après Tintemiptioi
de sa carrière militaire, et avait réussi :
mener à bien, en pleine maturité de la vie
une enlreprisequi réclame presque toujour
les forces et Tardeur de la jeunesse. On sai
d'ailleurs que le cboîx de sa thèse 4e docta
rat, qui fit quelque bruit en son temps, dé-
notait chez M. Gérard une hardiesse d'espri
vraiment peu ordinaire. L'Académie Natio-
nale perd en la personne du docteur Gé-
rard l'un de ses vétérans les plus aimés el
l'un de ses guides les plus autorisés.
LISTE GÉNÉRALE DES MEMBRES
PE L'ACADÉMIE NATIONALE, AGRICOLE, MANUFACTURIERE ET CQMMERCIALi
Inserits 4 la data du l*'' Janviar 1898
[Publication faite en exécution de V article VI des Statuts).
PRÉSIDENT PC LA SOCIÉTÉ
M. Dard (L.), officier d'Académie, chevalier du Hérite agricole, notable commerçant
adjoint au maire du XV* arrondissement, constructeur mécanicien, à Paris. (Elu le 2C
octobre 180T.)
VICE-PRÉSIDENTS DE LA SOCIÉTÉ
M. Oonza (M. A.), officier d'Académie, notable commerçant, négociantrcofnmissionnaire^
à Paris. (Elu le 25 février 1896.)
M . Sigaut (J.)> fabricant de biscuits, à Paris. (Elu le 20 octobre 1807.)
MEMBRES DU CONSEIL D'ADMINISTRATION
V Série^ soumise à la réélection par l'Assemblée générale annuelle de 1898 ;
MM. J
Degoix (L.j, chevalier de l'ordre du Christ de Portugal, membre du Conseil de la SpciétJ
des Etudes coloniales et maritimes, assureur maritime. j
Haudon (A.), chevalier de la Légion d'Honneur, officier d'Académie, chevalier du Mérid
agricole, ingénieur des arts et manufactures, membre du Conseil supérieur de Tagricul
ture, agriculteur et viticulteur.
Meyer (Alfred), chimiste.
RicHY (E.), négociant commissionnaire.
Vayson (J. A,), chevalier de la Légion d'Honneur, commandeur des ordres du Christ dl
Portugal, de Charles III d'Espagne, de la Couronne d'Italie et de Saint-Grégoire-le*
21 LISTE GÉNÊIALE DF.S MEIUBRES DE LA SOGIÉTé. 23
Grand, ancien fabricant de tapis à Abbeville, ancien Président du Tribunal de commer-
ce et de la Chambre de Commerce de cette ville, ayant occupé la Présidence deTAr^adémie
Nationale depuis le 28 avril 1891 jusqu'au 20 octobre 1897, date de l'expiration statutaire
de ses pouvoirs.
C* Série, soumise à la réélection par r Assemblée générale annuelle de 1899 :
MM.
BuAc (A.)t chevalier de la Légion d'Honneur, constructeur d'ins'ruments agricoles.
CoNZA, vice-président de la Société.
Hlrlot, batteur d*or.
Ménage (Ch.), commandeur de Tordre du Christ de Portugal, chevalier de Tordrederim-
maculée-Conceplion, banquier.
SiGiuT (J.), Vice-Président delà Société.
3* Série^ soumise à la réélection par r Assemblée gén ir.ile annuelle de 1900 :
MM.
AroovNAUD (M.), chevalier de la Légion d'Honneur, officier de l'Instruction publique,
expert près le tribunal civil et la Cour d'appel pour l'ameublement et la tapisserie.
Daïd (L.), Président de la Société.
LiGACHE, confiseur.
LaJousse (Saint-Elme), agent maritime.
Padpier (L.), chevalier de la Légion d'Honneur, chevalier de l'ordre d'Isabelle la Catholi-
que, notable commerçant, fabricant d'instru ments de pesage.
4* Série, soumise à la réélection par V Assemblée générale annuelle ck li)01 :
MM»
Gai jioMT (Gontran), assureur maritime.
Rabourdin (H.), constructeur d'installations d'écuries.
Robert o'Eshougues, chevalier de la Légion d'Honneur, chei de bataillon en retraite.
Van Hrcke (Jules), comptable.
PIRECTEUR
M.E. Thiêrv.
INGÉNIEUR-CONSEIL
M. Maurice Clermont.
COMITÉS
Comité d'Admission : M. Ménage, président, MM. Degoix, Van Hecke et Maurice
Clermont, membres.
Comité d'Agriculture : M. Hardon, président ; MM. Vayson, Bajac, Vibertet Maurice
Clermont, membres.
Président honoraire : M. Tancrède.
Comité d'I/idustrie : M. Paupier, f re^/rf^/i^ ; MM. Vayson, Rabourdin, Caron, Audoy-
naud, Wiggishoff, Hurlot, Bar, Vibertet Maurice Clermont, membres.
Présidents honoraires : MM. Trouvé, Egrot et Parfonry.
Comité du Commerce : M. Conza, président; MM. Richy, Robert d'Eshougues et
Vibert, membres.
Comité des Produits alimentaires : MM. Conza, président ; Vaysop, Sigaut,
Vibert, Maurice Clermont et Lagache.
S3 iOtllNAL llCNSL'Bt DE L* ACADÉMIE NATIONALE. 2
Comité de Contrôle administratif et financier : M. Ménsige, président, MM. Au-
doyiiaud, Degoix, Sigaul et I.a Jousse, membres.
Le Comité des Récompenses est constitué de la réunion des Membres du Consei
d'Adipini^trqtion c( (i^9 diiïérents Comités.
RiHis et adresses des Seelfttiires ioserits à tt date dn 1*" Janiier 1 891
AdamI (Anloiiic\ fabricant de halals. exporta-
teur de cl.lendenl, grenille, paille df sori^lio
et osiers, à Sprésiano (Italie).
Agombart (flls). faliricant de chaux, 10, rue
Neuve-Saint-Martin, Saint-Quentin (Aisne).
AKlea. fabricant de machines agrricoles et in-
dustrielles, 15, paseo de la Aduana, Barcelo-
ne (Espagne).
Akar, fabricant d'appareils d'éclairajre et de
chautrage par le gaz, rue Mazarine,42, Paris
Alaxander, ingénieur mécanicien, Barcelone
(Espagne).
AHalre, ingénieur des arts et manufactures,
64, rue Gide, Levallois-Perret (Seine).
Allemand, fabricant de nougat et confiserie,
route d'Uzès, Nîmes (Gard).
Altan. pharmacien. Strada Batistea, n' 44 bis,
Bucharest (Roumanie).
Amaresteanu et Cîe, négociants en vins et spi-
ritueux, 18, Strada Lipscani, à Bucarest
(Roumanie).
Amos Tatham et flls, fabricant d'aiguilles
pour machines et bonneterie, Belper Street
work, llkcston, near Nolllngham '.Angleter-
re).
Anderton, villa Cybèle, golfe Juan (Alpes-
Mari time.s).
Angell (le commandeur de), manufacturier,
Milan (Italie).
Anselmi, fabricant de biscuits, Galle Ccrro,
90, Montevideo (Uruguay).
Arbena, fabricant de rasoirs, Jougne (Doubs).
Arboz llls, constructeur-mécanicien, fondeur,
à Estravaux, par Fresne-Saint-Mamès (Hau-
te-Saône).
Argamakov, colonel inspecteur du corps des
cadets, Polotzk (Russie).
Arlatte, fabricant de chicorée, Cambrai (Nord).
Armand vG.)ot Gie, manufacturiers en soies,
2, quai de Relz, Lyon (Hhùnc).
Arnaud Soubeyran (Maison), conllserie et fa-
brique de nougats aMontéliuiar (Drôme).
Ar.nou, ncyrociant en cafés, 3, rue de Lévis,
Paris.
Artige, chimiste manufacturier, Aubenas (Ar-
dèche).
Arvillaet Ole, propriétaires viticulteurs, né-
gociants en vins, à Puerto de-Santa-Maria
(Espagne).
Auberjonoit, agronome, domaine de Beau-
Cèdre, près Lausanne (Suisse).
Aubert, fabiicantde cuirs. Toulon (Var).
Aubéry, à Marcigny, arrondissement de Cha-
rolles(Saone-et-Loire). -
Audoynaud, aîné, expert près la Cour d*Api>e]
et le Tribunal civil en ameublement et Ui-
pisserie, boulevard Henri IV, l*aris.
Auerbaoh (de), ingénieur des mines, conseil
1er d'Etat, 3:?, rue Moïka, Saint-Pétersbourg
(Russie).
Aupand-Wirth, manufacture de Pianos, place
et rue de la République, 4S, Lyon (Rhône).
Aurouze, fabricant de pièges, 8. rue des Hal-
les, Paris.
Auzanneau, Direcleurde la Société Générale
de renseignements commerciaux, H, fau-
bourg Poissonnière, Paris.
Azémard, menuiserie et meubles, 1, rue d'Oran
Cannes (Alpes-Maritimes).
Bablot- Mettre, propriétaire, cultivateur et
meunier, à Jonchery-Saint-Suippe (Marnr\
Badepteoher (Joh), fabricant du porte-faux
universel breveté, à Laugnau, canton de Ber-
ne (Suisse).
Bajao, constructeur d'instruments aratoires.
Liancourt (Oise).
Baleyguier. fabricant de serrures, Saint-Bon-
net-le-C bateau (Loire).
Bannier, fabricant de bastissages et cloches
mérinos, 3, rue de la Roche, vienne (Isère}.
Bar, fabricant de paillons, Rantigny (Oise).
Bar (Ferdinand), fabricant de poudre insecti-
cide, (i. rue du Commerce, à Charleroi (Bel-
gique).
Barbanson, fabricant de noir animal et engrais
chimi(iues, 5, quai du Comme»*ce, Bruxelles
(Belgique).
Barbe, médecin vétérinaire, Bazas (Gironde).
Barbet, fabricant de biscuits, La Rochelle
(Charente-Inférieure).
Bardié, fabricant de meubles, cours Tourny,
49, à Bordeaux (Gironde).
Bardou (Joseph) et (lis, fabricants de papiers
à cigarettes, avenue de la Gare, Perpignan
(Pyrénées-Orientales).
Bardou-Job (Maison), fabrique de papiers à
cigarettes, 13, rue Saint-Sauveur, Perpi-
gnan (Pyrénées-Orientales).
Barette, constructeur, Romilly-s-Andelle (Eu-
re).
BaHerin, pharmacien chimiste. Tarare (Rhô-
ne).
Barraea, tabacs et cigares, 4, A, Norte n* 11
(Guatemala)
LISTK GEMCRALE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ.
20
Batlard, directeur de la Bonne-Foi. Compa-
},'nie d'assurances, 241, rue de Crimée, Paris.
Bastard (Auguste), distillaleur-liquoriste, à
Cromary, par Voiray (Haute-8a<^ne).
Baatardet Redard. fal)ricants de verres de
montres, 21, quai des Berjfues, Genève (Suis-
se'.
Battoa, négociant «n tababs, .Cran ( AlKérie).
Bayle fils frères, fabricant de conserves ali-
mentaires, 2*5, rue Lacour, Bordeaux (Giron-
.le .
Beauvallet. fabriicnnt de poudre de rubis, 8,
rue Oberkampf, Paris.
Beckett, agriculteur-éleveur, Pretoria, Répu-
blique Sud- Africaine.
Beltemer, négociant, 6-8, rue du Jardin-Pu-
blic, Bordeaux (Gironde).
Béleouasov Uean), tailleur, coupeur, chez M.
Kovalev, cité de Saint-Pétersbourg, Grande
Perspective, n* 33, à Saint-Pétersbourg (Rus-
sie).
Ballon, fabricant de savons, IG, boulevard de
la I^ix, Marseille (Bouches-du-Rhône).
Bepohten (Erlouard), ingénieur-chimiste, doc-
teur en philosophie, J9. Ashmonnt road.
South Tottenham, Lonion. N. (Angleterre).
Berg (le comte de), chambellan de S. M. le
Tsar, château de Sagnitz, près Riga (Russie).
Berl, fabricant de lits et meubles, 11, rue des
Truis-Bornes, Paris.
Beroud et Sadier, grande verrerie lyonnaise,
ôl, route de Vienne, Lyon (RhAne).
BerUiolet, fabricant de chemises en gros, 82,
me Hauteville, Paris.
Bepti^nd, distillateur liquoriste, 62, rue Dam-
réraont, Constantine (Algérie).
Beyer, frères, constructeurs mécaniciens, 18,
rue de Lorraine, Paris.
B«yeradorf (Albert), fabricant d'horlogerie,
Tli rue du Parc, à Chaux-de-Fonds (Suisse).
BlalMud, constructeur de fours pour la bou-
langerie, 5, rue du Roule, Paris.
BIber, fabricant de chocolat, Horgen (Suisse).
Blaohère, distillateur, 14, rue Molière.. Avi-
gnon (Vaucluse).
Biaise ;MlIe), fabricante de fours à revivifier
le noir animal, Signy-le-Petit (Ardennes).
Blanc Charles), cuivreries et appareils pour
eaux et gaz, 92, boulevard Richard-Lenoir,
Paris.
Blanohet frères et Kléber, papeterie de Rives,
Rives-sur- F ivre (Isère).
Blooh (Joseph), fabricant d'horlogerie, à
Chaux-de-Fonds (Suisse).
Blondel (Alphonse), facteur de piano, 53, rue
^e l'Echiquier, et 19, fauboui^g Poissounière,
Paris.
Booh, dbecteur çrérant des manufactures de
fafenees, Kéramis (Belgique).
^û^no, géomètre, 15,rue Grande- Vassilikovs-
^aya, à Kiev (Russie).
Bodanttein, fabricant de pianos au Caire et
a Alexandrie (Egypte),
^••hm, architecte entrepreneur, 8, quai d'O-
>^, Mulhouse (Alsace-Lorraine).
Bolnette, viticulteur-négociant, Bar-le-Duc
Meuse).
SolMelet, mécanicien, 5, route de Rosny-Bon-
*ly (Seine).
Bolaaière, fils, fabricant de tuiles métaliques
en zinc, rue de l'Hôpital, 3î^ Rouen (Seinu-
Inférieure).
Boldoot, fabricant de parfumerie, Singel S. S.
02, Amsterdam (FîoUando).
Bollée (Auguste), constructeur hvdraulicicn,
avenue de Paris. Le Mans (Sartlîe).
Bon et veuve Garoln,* fabricant d'article.<« de
voyage, 16, rue Belle-Cordière, Lyon (Rhô-
ne).
Bonnard, propriétaire, 15, rue de la Planche,
Paris.
Bont (de), fabricant de chocobit ot liqueurs,
quai de Singcl, Amsterdam (BoUande).
Bony, fabricaiîl de caries à Jouer, Lunéville
(Meurthe-et-Moselle).
Borgey (Philiberl). marchand de cuirs et cou-
peur en chaussures, rue de Gôues, 11, à
Oran (Algérie).
Borgnia, fabricant de soieries, 8, rue du Grif-
fon, Lyon (Rhône).
Bornibua, fils, fabricant de moutarde, 00, bou-
levard de la Villette, Paris.
Borranl, librairie, 9, rue des Saints-Pères, Pa-
ris.
BoaardJIanz, fabricant de tabacs, Tifils (Rus-
sie).
Boaaapd-Lemai ra, fabricant de parfums, 5,
rue de la TAcherie, Paris.
Bouoller-Brladet, constructeur de pompes, 18,
rue de THôlel-de-Ville, à Troyes (Aube).
Boude fila, rafffineur de soufre, 52, rue Saint-
Férréol, Marseille (Bouches-du-Rhône).
Boulanger, fabricant d'orfèvrerie, 4, rue du
Verlbois, Paris.
Bouleaaue, régisseur, Salnt«Lys (Haute-Ga-
ronne).
Bouroler (Louis), constructeur d'appareils de
chaufi'age, rue delà Trèsorle, 87 et 89, Bor-
deaux.
Boupdin, propriétaire, 13, avenue de la Répu-
blique, Paris.
Boureau, piqueur, 46, avenue de Villiers, Pa-
ris.
Bourgeola frères, fabricants de ferronnerie,
Nouzon (Ardennes).
Bourguet, constructeur mécanicien, 19, rue
desfinvierges, Paris.
Bozon* Vendu Paz, fabricant de pAtes alimen-
taires, Saiut-Ktienne-de-Cuines (Savoie).
Braby, Bushey-Lodge, à Teddington (Angle-
terre) .
Bretel, frères, négociants, exportation de beur-
res, Valognes (Manche). .
Brocard, fabricant de parfumerie, rue Illnc-
ka, Moscou (Russie).
Brocha Pd-Qulllet, produits alimentaires, 16,
place du Dix-huit-Octobre, Châteaudun ^Eu-
re-et-Loir).
Brodure, céramiste, Spa (Belgique).
Broquet, constructeur de pompes et machines
hydrauliques, Ul, rue Oberkam
Brouhot et Cle, constructeurs mécaniciens,
route de Paris, Vierzon (Gher).
Bruël, père et fils, 8oulllac (Lot).
Brugtèrea, viticulteur à Goustèges-Montbarla,
par Lauzerte (Tarn-et-Garonne),
Bruaaon Jeune.fabricant de p/Vtes alimentaires
à Vlllemur (Haute-Garonnej.
27
JOUHNAL MENSUBL OB (.ACAOÉIIIK NATIONALB.
ZS
Buirette-Gaulard, peignage, filature, teinture
et blanchissante de laine, auippes (Marne).
Buisson, négociant en vins, au Buisson de Ca-
bans (Oordogne).
Burdin. imprimeur-éditeur, rue Garnier, An-
gers (Maine-et-Loire).
Bures atné, distillateur liquoristc, 33, rue de la
Geôle, Caen ^Calvados).
Caamano et Cle fabricants de conserves ali-
mentaires, Noya, province de Coruna (Espa-
gne).
Cabran, distillateur, la Grau-d'Hyères (Var).
Gaillard frères, mécaniciens-constructeur. 63,
quai d'Orléans, Le Havre (8elne-lnférieure).
Oanellopouiot (Jean), chimiste, lld, quai Jem-
mapes. Paris.
Oapelle, graveur do plaques pour etampes, 52,
rue MoulTetard, Paris.
Carissimo, fal)ricant de tissus, 19, rue Nain,
Roubaix (Nord).
Oarof et Cle, fabricant de produits chimiques,
Ploudalmezeau (Finlslère).
Carron, fils teinture et blanchiment de coton,
46, rue de Lyons-la-Forôt, Rouen (Seine-In-
férieure).
Carré fils atné, ingénieur constructeur, 127,
quai d'Orsay, Paris.
Carré (Téophile), directeur gérant de la cris-
tallerie de Lyon, Oullins (Rhône).
Catalonga, ingénieur-conseil, 15, rue des Hal-
les, Paris.
Casait, fabricant de linge de table damassé,
36, rue des Fontanella, Barcelone (Espagne).
Casiez-Bourgeois, fabricant de chicorée. Cam-
brai (Nord).
Caspari pharmacien, Vevey (Suisse).
Castellano (Prudencio), fabricant de produits
chimiquesi 16a, Caiie O, N* 45 bis, ville de
Guatemala.
Castelianos (Eduardo), chimiste, 16 a, colle O*
n*47, à Guatemala (République de Guatema-
la).
Catala, représentant de commerce, Castelsar-
riizin (Tarn-et-Garonne).
Catz van Pekela, liqueurs, Gronlngen (Hollan-
de).
Cauoai-Labrand (Vve), distillateur liquoriste,
Saint-Germain-au-Bois (Saône-et-Loire).
Caulliez et Deloutre, fllateurs de laine, Tour-
coing (Nord).
Cauvin, fabricant de bâches», 55, rue de Lyon,
Paris.
Cavène, pépiniériste, Bagnol-St-Cèze(Gard).
Cazaubon, fabricant d'appareils pour eaux ga-
zeuses, 43, rue Notre-Dame-de-Nazarelh,
Paris.
Cerokel, fabricant de couleurs d*aniline et de
produits chimiques, 26, rue Bergère, Paris.
Chailly, huiles et graisses pour Tindustrie,
usine des Usurlines de Saiiit-Oenis (Seine).
Chalze atné, manufacturier, Bellevue-la-Di-
gonnière, près Saint-Etienne (Loiret).
Chalet, fabricant de meubles, chaises et fau-
teuils, rue aux Sieurs, Zl, Alençon (Orne).
Chalut- Voiry, négociant en vins, 62, rue des
Halles, Tours (Indre-et-Loire).
Chambon, distillateur, Saint-Céré (Lot).
Chambrette-Bellon, constructeur, Bèze(Côte-
d'Or).
Champenois-Rambeaux, fondeur-coastructeur
Cousances-aux-Forges (Meuse).
Champigneulle (Ils, de Paris, peintre-verrier
96, rue Notre-Dame-des-Champs, Paris.
Chandora, entrepreneur de travaux dedessé-
chement, Moissy-Cramayel (Seine-et-Marne^
Chanée et Gie, fabricants de velours d'Utrecht.
23, rue de Cléry, Paris.
Chantaud, pharmacien, 54, rue des Francs-
Bourgeois, Paris.
Chapel, Louis, distillateur, 17, rue de BelfoH,
Lyon (Rliône).
Charltonsnko. fabricant de sucre, Soumy, gou-
vernement de Kharkow (Hussie).
ChaHent (Isidore), négociant en produits pour
le blanchissage et la teinture, 9, avenue du
Préau, Eltcrbeek, Bruxelles (Belgique).
Charnoz, carrelages céramiques, Paray-le-
Mon ial (Saône-et-Loire).
Chatelard, industriel, Goncarneau (Finistère).
Chatenay (Samuel), négociant en vins, Neu-
chàtel (Suisse).
ChatlIoT, propriétaire, domaine de Mokhovolé
district de Novossil, gouvernement de Toula
(Russie).
ChatwQod, fabricant de cofTres-forts, 76, New-
gate Street, Londres (Angleterre).
Chaumeil, fabricant de terres cuites, 172, ave-
nue de Ghoisy, Paris.
Chaumeil (Amédée), pharmacien de l'* classe,
à Annonay (Ardèche).
Chauvin, fabricant d'équipements militaires, 24
et 26, rue Chariot, Paris.
Chefdebien (le baron de), propriétaire, Perpi-
gnan (Pyrénées-Orientales).
Cheffer (Vladimir), Ingénieur, directeur tech-
nique de la maison À. Eggers etG«, fabrique
de plomb et étain laminés, Sadovaîa, 4y,
Saint-Pétersbourg (Russie).
Chevalier, fabricant de conserves alimentai-
res, 22, rue de l'Oasis, Puteaux (Seine).
Chloôt, fabricant de roues de voitures, 78, rue
des Arts, Levallois-Perret.
Chiffemann (Eusèbe), négociant en fromages,
rue d'Alençon, à Llsieux (Galvadosj.
Chollet, manufacture de chaussures, 13. rue
Duplessis, Versailles (Seine-et-Oise).
Choquart et Cie, malterie et brasserie, Por-
rentruy (Suisse).
Chorel Esoorbla, fabricant de rubans et ve-
lours, 5, place Marengo, Saint-Etienne (Loi-
re).
Chute et Brooks, photographes. Galle Florida,
74, Buenos-Ayres (République Argentine).
Cleeves, Parkgate, directeur de houillères,
Rotterdam lYorkshire) (Angleterre).
Cléry (le docteur Hugues), chimiste, Marseille.
Colman, fabricant de moutarde, Norwich, Nor-
folk (Angleterre).
Comabella y Quimet, docteur de la Faculté de
Pharmacie, :;;3, Galle del Garmen, Barcelone
(Espagne).
Comendador Lauion, docteur en médecine et
chirurgie, 13, Rambla de Gannaletas princi-
pal, Barcelone (Espagne).
Cornet, fabricant de châles, Bagnères-de-Bi-
gorre Hautes-Pyrénées).
99
Q|M*lli
féri
€>Mip«9nle Franoo-AMemoncle,
Munich (Allemagae).
0«ii»Unt. mécanicien, 11, rua de Neuilly, Cli-
chy-la-Garenne (Seine).
•t fllt, fabricants de savons, Uvourne
m, négociant, 50 rueMeslay, Parla.
^fhMrael et Cia. rafOneurs, Nantes (Lolre-In-
^érieure).
Q#mu«tWarifi. fabricant» da capsules médi-
camenteuses, 4lt ru« de V^nves, Paris,
Çopii^t (Raymond), distillateur, hvi Roche-
Beaucourt (Dordogne).
CoMé-Diival et Cje, fabricants de sucres can-
dis, Nantes (lioire-lpfèrieure).
ÇMtf . fabricant tanneur, et propriétaire ex-
ploitant de forêts de cbônes-llègas, Céret
(Pyrénées-Orientales).
C^te-Fo|oh«p (Je^n-Baptiste), proprlélaire-
negoclant en vins à Montpellier.
9;ni|np« QfigQt ef 0|«, parfumeurs, 35, rqe
lurbigo, Paris.
raiiMi fabricant de produits réfractaires
ialon-sur-Sa4ne (Saône- et-Loire).
Cousin frères, roanufactpriers, Gomloes
0^09, horloger, 39, rue de Palestro, Paris.
Cuttnod Sautter et Gie, constructeurs électri-
ciens, 10, rue Voltaire, Qenève (Sujsse).
Oyrel(le vicomte de), propriétaire, 83, rqe Gre-
pelle-Saint-Gerroain, Paris.
CuMnlttp (Elysée), distillateur, ^<^j boulevard
Voltaire, Paris.
Cuveliep, Thomery (Seine-et-Marne).
Ouvier (ils, fondateur, Seloncourt (Doubs).
Daix frères, imprimeurs, Glermont (Oise).
f^marval frères, constrAicteurs de fours et
d'installations de boulangeries, 53, rue Jean-
JacquesHousçeau, Paris.
Danguin, agriculteur, Theizé, par le Bols
d'Oingt (Rhône).
Danto Rogeat et Ola, fabricants d'articles en
fonte émaillée et d'appareils de chaulTage, fô,
rue des Gulattes, Lyon (Rhôoe).
Durd, constructeur mécanicien, 31, rue Péri-
gnon, Paris.
Dartout, fabricant de produits céramiques, 28
rue Paradis, Paris. ,
Daverio, constructeurs de moulins à cylindres,
Zurich (Suisse).
Davidov (Dimitri), marchand tailleur à Kos-
troma (Russie).
Dabapqiie, constructeur mécanicien. Four-
mies (Nord).
P^caifvilte (Paul), sénateur, 8, place d'Iéna,
à Paris.
Déohambenoit, manufacture de clouterie mé-
canique pour chaussures. Usine de la pipée,
par Fontenoy-le-Ch4teau (Vosges).
Deopoix-Donau, tanneur, Givet (Ardennes).
Defraooa, fabrioant de carrelages cérami-
ques, Pont-Sainte-Maxence (Oise).
Dagolx, assureur maritime, rue Vivien ne, 33,
ftris.
MSTIS GÉN^RALK P|î8 ME1|BHE6 DK U SOCIÉTÉ
Distillerie, à
30
Deisa fils, fabricant de produits chimiques, 15,
rue Voila, Paris.
Pelamarre, fabricant de bitter, 4, rue de Bou-
logne, Saiivlc, par le Havre (Seine-Inférieu-
re).
Dalatailta, entrepreneur de charpentes, 30, rue
d'Ambrolse, Tours (Indre-et-Loire).
Dalaunay et Lefèvre, fabricants de meubles
d*art, 53, faubourg Saint-Antoine, Paris.
Delaviepre, fabricant d'articles pour sucreries,
Souppes (Seine-et-Marne).
Delîala et Cie, fabricant de produits de phar-
macie, Lausanne (Suisse).
Palpuy, constructeur hydraullclen à Gollon-
ges au Mont-d'Or (Rhône).
9am||poo#t Wret, conflseurs, 321, Galle 18 de
julio, Montevideo (Uruguay).
Pemoyanoourt, fabricant de sommiers élastl*
ques, Qwlly, par Songeons (Oise).
Denis-Benoiat (A.) et Gle, teinturiers apprô-
teurs. boplevard de la Répqbllque, Roubalx
(Nord).
Pasaymprd (frères), négociants, 17, rue Neuve,
Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
PaahQMlièraa-Jaegar (Gaston), fabricant de
faïences et de poteries, à Chauvlgny (Vien-
ne).
Deanoa, fabricant de briques, tulles et car-
reaux, Ecommoy (Sarthe).
peutaoh (les flls de), m^inufacturlers en huiles
minérales, 50, rue de Ghàteaudun, Paris.
Deviliiera. distillateur, 4^, route d'Orléans,
" Grand-Monlrouge (Seine).
Dawar (John)^ et 111s, distillateurs de l'Old-
Highland Whisky, Perth (Ecosse), et 48,
Luna Street, London,E. G.
Deydlep, Galle San Martin, 159, Mendoza (Ré-
publique Argentine).
Diadaripha, constructeur de métiers à tisser,
Bourgoin (Isère).
Diégo-Pona, propriétaire, viticulteur, Président
de l'Association rurale de TUrugnay, 406,
calle Uruguay, Montevideo (Uruguay).
DIam, fabricant d'articles de ménage repous-
sés, 31, rue Ghabrol, Paris.
qiai^at et flls, ameublements, 86, faubourg
Saïut-Antolne, Paris.
Dikanaky (Hirsch), fabricant de vernis pour
meubles, Kharkov, Russie.
polizy, mécanicien, 41, rue des Trols-Bornes
Paris.
Domèra, artiste graveur, Rlo-de-Janelro (Bré
sil).
Donnamatta (A.), libraire, 30, rue des Saints
Pères, Paris.
Doré, peintre décorateur, 25, boulevard Saint
Michel, Paris.
Dornier-Tiillar, distillateur, Fleurler (Suisse)
Doaaoha, (frères), fabricant de peignes en mé
tal, 84 a 90, rue de la Plaine, Lille (Nord).
Pouillard, constructeur de chaudières à va-
peur, rue de la République, Fontenay-le-
Gomte (Vendée).
pmella, fabricant de savons qt lessives. Se-
' raucourt (Aisne).
D|ibai|, Monnin, FiHiaaard at Cia, manufactu-
riers en horlogerie, Porrentruy (Suise).
Dubiaz, distillateur, Ornans (Doubs).
31
JOURNAL MENSUEL DB L ACADEMIE NATIONALE.
3J
Dubois, chimiste, 9, nie de la République, Mar-
seille (Bouclies-du-HIiôue).
Dubois, (Camille), distillateur, 10, rue des Qua-
tre-Roues, Le Mans.
Duboit-Oudin, fabricanls de colTres-rorts, bou-
levard Pommery, Reims (Marne).
Duohesne (Albertine), parfumerie de luxe, ù,
rue du Roule, à Paris (Seine).
Duoourneau. fabricant de machines à boucher
les bouteilles, Le iJouscat (Gironde).
Duhotoy (Vve). fabricant de voitures d'enfants,
115, rue S.iint-Maur, Paris.
Dumont et Cie, manufactures d'orgues. Les
Andelys (Eure).
Duperrat (dis), entrepreneur, 8, rue Charles
Roy, Nevers (Niè^'re).
Dupont, fabricant de fauteuils mécaniques
Cour malades et blessés, 10,rueHautefeuille,
»aris.
Duprat et Oie (Georges), négociants, commis-
sionnaires, exportateurs eu vins et liqueurs,
102, boulevard de Gauderan, Bordeaux (Gi-
ronde).
Dutiili (Pierre), propriétaire viticulteur, Puyoo
( Basses-Pyrénées).
Edelber^, fabricant d'Instruments de physi-
que, Kharkoir (Russie).
Earot, constructeur de chaudronnerie, 23 rue
Afathis, Paris.
Ehrenepepger, fabricant d'articles de voyage,
23, cours de l'intendance, Bordeaux (Giron-
de).
EUiott, fabricant de grillages mécaniques,
Bornel (Oise).
Engiisli, fabricant d'aiguilles, Reddicth (Angle-
terre) .
Esparbèe, distillateur, 43, rue Bayard, Toulou-
se (Haute<Gnronne).
Esseui (nis). distillateur, 24, rue Charles Mon-
selet, Nantes (Loire-Inférieure).
Eeteva y Olliver, fabricant de conserves, 8o-
corro, 46, Palma-Mallorca, Iles Baléares (Es-
pagne).
Etchéberpy, constructeur d'instruments de pe-
8age,S3, rue Serviez, Pau (Basses-Pyrénées).
Eyriaud des Vergnes, inspecteur général des
Ponts et Chaussées, 102, boulevard Ilauss-
man. Paris.
Fabre, minotier, Saint-Saturin-lès-Avignon
(Vaucluse).
Faïnstein, professeur de mnémotechnle, Elca-
terininskaïa oulitsa n* 28, Kb. n''22, maison
Alitarow, Odessa (Russie;.
Farcot, constructeur mécanicien, Port-Saint-
Ouen (Seine).
Fascio, constructeur d'appareils de chaufTage,
66, rue Paradis, Marseille (Bouches-du-Rhô-
ne).
Fauconnier (François), directeul* de la fabri-
que de produits céramiques, Maubeuge
Faups (Edouard), propriétaire, négociant en
machines agricoles et engrais, 8, cours d'Al-
succ-Loraiae. Bordeaux.
FavroQu 'lirnest), distillateur à Ghatelleraull,
(Vienne).
Fayaud. propriétaire, agriculleur, SidiBel-
Alibès f.Vl^férie).
F«naitte et Daspeaux. fabricants de la pétréo-
llne Luncelot, 11 bis, rue du Conservatoire,
Paris.
Ferrièrd (Henri), propriétaire-viticulteur, 61.
quai des Chartrons, Bordeaux.
Ferry, pharmacien, 6, rue de la Gare, Vesoul
(Haute-Saône).
Ferry, entrepreneur de travaux publics, 19,
phice de la Banque, Dijon (Côte-d'Or).
Flllat, mécaniclen-orthr>pédiste, 1,3, rucChaa-
vain, Nice (Alpes-Maritimes).
Flammler, mécanicien, directeur des usines
de M. E. Méric, Pinto, près Madrid (Espa-
gne).
Fieury, négociant en vins. Tours (Indre-et-
Loire).
Flinolt (Oclave), nésrociant en vins et spiri-
tueux, à Flavy-le-Chatel (Aisne).
Florenoe, peintre verrier, 35, rue des Ursuli-
nes,à Tours (Indre-et-Loire).
Fontana. imprimeur, 27, rue d'Orléans, Alger
(Algérie).
Forestier, fabricant de serrurerie, Valines
(Somme).
Fornet, fabricant de bijouterie-Joaillerle,Bourg-
en-Bresse (Ain).
Fortin, manufacture de papiers et toile à po-
lir, 34, rue Sedaine, Paris.
Fortin, fabricant de feutres, usines de la Ma-
rette, Clermont (Oise).
Fougeron, fabricant de pâtes et terrines d*a-
louettes, Pithiviers (Loiret).
Fraisse, Brugoer et Cie, teinturerie et lavage
cliimique, Morat, Fribourg (Suisse).
François (Louis) et Cie, négociants en vins
mousseux hongrois, à Promontor (Hongrie).
Frank, reliure électrique, 13, rue des petits-
Carreaux, Paris.
Frèra (Georges), fabricant d'enveloppes de
bouteilles. Pressac (Gironde).
Fretin, manufacture de cliaussures, 64, rue de
Rennes, Paris.
Fritsoh (Jean-Fréderic), négociant en vins et
spiritueux, 15, avenue du Parc, Le Bouscat
(Gironde).
Fry (J. 8.) et fils, fabricant de chocolats, 12,
Union Street, Bristol (Angleterre).
Qaday, négociant en ganterie, 5, rue Vauban,
Grenoble (Isère).
Gadeau de Kervilie, fabricant de plaques et
rubans de cardes, rue Dupont, 5,7, Rouen
(Seine-Inférieure).
Qalllao (Léo), négociant en vins et spiritueux,
161 et 16 J, rue du Jardin public, Bordeaux
(Gironde).
Gailly, tanneur corroyeur. Romans (Drôme).
Qallet, fabricant decolTres-forts, 66, boulevard
Magenta, Paris.
Garcia-Royo (José), société hygiénique phar-
maceutique, Valence (Espagne).
33
LISTE GKNKRALK DRS MEMBRES DE L\ SOGIErE.
34
Garrio, négociant en vins, Layrac (Lot-ot-Ga-
ronne).
Oarriga, négociant, Galle de la Reina, 45, Ma-
drid (Espa^rne).
Qaumont, assureur maritime, 32, rue Belle-
fond, Paris.
Gauthier- L.esti en ne et Cie. carrières et scie-
ries de pierres, Soig:nies (Belgique).
Qautreau, constructeur de machines agricoles,
Dourdan (Seine-et-Oise).
Qeisiep, fabricant de papiers, aux Ghatelles par
Raon-FËtape (Vosges).
Qé'ln, fabricant d'horlogerie, Montbéliard
(Doubs).
Gèlineau (le docteur). 15, rue d'Aumalc, Pa-
ris.
Gennadius^ inspecteur d*agriculture, Athènes
(Grèce;.
GéraiMl (le docteur), 14, rue d'Amsterdam, Pa-
ris.
Qéraudel, pharmacien, Ste-Menehould (Marne).
Gianaclia, fabricant de cigarettes, rue de
'Mousl£i, le Gaire (Egypte).
Gilbert, mécanicien, Loudun (Vienne).
Gillet et fils, teintureries, 9, quai de Serin,
Lyon (Rhône).
Girard -Perregeaux, fabricant d'horlogerie,
Chaux-de-Fonds (puisse).
Qiralt (Oriatobal)et Cle, fabricants de rhum à
Saint-Domingue (République Dominicaine).
Giraud, parfumeur distillateur, avenue Sain-
te-Lorette, Grasse (Alpes-Maritimes).
Giron frères, rubans et velours, 11, rue Royale,
Sainte-Etienne (Loire).
Glafey, fabricant de veilleuses, Nurnberg (Al-
lemagne).
Gobert, directeur de la pharmacie centrale, 26
rue Ësquermolse, Lille (Nord).
Godard, fabricant de kir.<«ch, Aillcvlllers (Haute-
Saône).
Godard -Vasaour, négociant en vins, proprié-
taire, 87, rue du Bardâtre, Reims (Marne).
Godefroy, fabricant de beurre, Orbiquet (Gal-
vados).
Godet, serrurier-constructeur, 2ô9, rue Salnt-
HoDoré, Paris.
Gollies, pharmacien, Morat (Suisse).
Golly, constructeur fondeur, Saint-Dié (Vos-
ges).
Gondy, fabricant d'horlogerie, Besançon
(Doubs).
Goppeisrœder {docteur), professeur de scien-
ces chimiques, Mulhouse (Alsace).
Gorte (frères), manufacture de broderies. Cor-
des îTarn).
Qotehier et Gle, fabricants d'horlogerie. Bien
ne (Suisse).
Qottsau, fabricant de grils, 2S, rue de l'Entre-
pôl, Paris.
Gourde, fabricant de boutons en papier, 30
rue Moret, Paris.
Qourdon (Vve). manufacture de lainages. 3,
rue de Sainte-Marie-des-Terraux. Lyon (Rhô-
ne).
QoMPdet. gérant de la Société des usines de
Villars (Vosges).
Gottoeard (lis, fabricant de couleurs et vernis,
hi, rue de la République, Montreuil (Seine).
Qouttière, facteur de pianos, 47. rue de Baby-
lone, I^aris.
Qoyard. fabricant de creusets rjCractalros, 4î,
rue Alexandre Dumas, Paris.
Qranddemange (G.), Ingénieur, constructeur,
83, rue Saini-.Maur, Paris.
Qrandsire fils, fabricant de bourrelets métal-
liques, 37, rue Juc lues-Fanquet, Bolbec (Sei-
ne-lnférleurc).
Qraavea, insrénleur, fabricant de michlnes
agricoles. Berdiansk (Russie).
QrafAerflis, fabricant de produits chimiques,
avenue delà Motte-Piquet, 58 bis, Paris.
Granier, fabricant d'appareils pour l'éclairage
au gaz, 15, faubourg Montmartre, Paris.
Grillot, fon'leur-construcl'îur, 02, rue Ober-
kampf, Paris. .
Grobet, fabricant de limes. Vallorbes (Suisse).
Groas, négociant en vins et spiritueux, Gouhé-
nans vHaute-Saône).
Qroasetin (pore et Uls), constructeurs-môcaai-
clens, Sedan (Ardeunes).
Grosaot, fabricant d'appareils de chauffage,
45, faubourg du Temple, Paris.
Groaapietioh, fabricant de pianos, Konig-
Strasse 11 (passage). Breslau (Allemagne).
Gruel, relieur, 418, rue Salnt-Honoré, Paris.
QrUnberg. fabricant de meubles, Vassili Os-
tror, 17- ligne, n* 54, Saint-Pétersbourg (Rus-
sie).
Guônot, fabricant de produits chimiques, au
Greusot (Sa6ue-et- Loire).
Quôrauit-Godard, cultivateur, FèreGhampe-
noise (Marne).
Guéret frères, fabricants d^apparells pour eaux
gazeuses, 72, boulevard delà Gare, Paris.
Guertin père et fils, llquorl^tes. Sablé (Sar-
the).
Guilbert-Martln, chimiste verrier, 20, rue Ge-
nin, Saint-Denis (Seine).
Guillabert frères, fabricants de bouchons et
spécialités en liège, Seillans(Var).
Guillard, entrepreneur d'installations d'écu-
ries et de selleries, avenue Mac-Mahon, Pa-
ris.
Quillemin (Louis), pharmacien, Pharmacie-
Normale, U, rue des Granges, à Besançon,
Guillon (Claude), directeur de la société des
huiles immuables. Salon (Bouches-du-Rhô-
ne).
Guillon fila, professeur de trait, Romanèche-
Thorins (Sa6no-et-Loire).
Guyanet, ingcénieur constructeur, 83, boulevard
Magenta, Paris.
Guyot, propriétaire, 15, boulevarJ du Temple,
Paris.
Guyot, Ningrea et Oie, néoroclants en cafés,
13, rue de la Faïencerie, Nancy (Meurthe-et-
Moselle).
Gwynne (John et Henry], constructeurs da
pompes, Hammersmith Iron W.)rks, Londres
W. (Angleterre).
Haaa ( et dis), fabricant de tapis, Vienne (Au-
triche).
Hafner, médeciu-dentisle. Agram (Autriche).
Haggipawlu et Fils (Grist), propriétaires et
négociants en vins, Limassol(Ue de Ghypre).
25
iOCn.MAL ME.N5CEL l>È l*ÀCAl)Clllll NAttUNALK.
SO
Hal!aip0« 33, rue Saint-Jacques, Paris.
Haquat, fabricaot de chicorée, 101, rue d'Arras
Lille (Nord).
Harden, ingénieur des arts et manufactures,
airriculteur, viticulteur, membre du conseil
supérieur de l'Agricultui^e, IW, avenue des
Champs-Elysées, Paris.
Hauton, fabricants du Brillant Oriental, Saint-
Nazaire-sur-Loire (Loire-Inférieure) .
Henrioet (Henri), pharmacien -chimiste prépa-
rateur du papier Fruneau contre Tasthme,
Nantes (Loire-Inférieure).
Heinriohs, mécanicien, àodimon^ Verviers
(Belgique).
Henry, constructeur d'instruments agricoles,
Bézlers (Hérault).
Henry, constructeur mécanicien, Rosnay-L*hd-
pital (Aube).
Héftse, fabricant d*étofres pour ameublement,
21, perspective de Newskl, Saint-Pétersbourg
(Russie).
Hesselink frères, exportateurs de vins, Mark-
siraat F. 20, Anahem (Pays-Bas).
Hirt, fabricant de pompes rotatives, leo, mu-
bourg Saint-Martiu, Paris.
Htsinper (le bai*on de) , propriétaire des forges
de Hiilnaes (Russie).
Hoferet Klintsei,fabricant8 d'appareils collec-
teurs de poussières, 11, Alemengasse, Bâle
(Suisse).
Honig, constructeur de pompes, Cologne {Xi-
lemâgne).
Httbault, fabricant de velours, président du
Tribunal de Commerce, Amiens (Somme).
HUokel, pharmacien, Héricourt (Haute-Ss6ae).
Huë, fabricant de baromètres métalliques, 79,
rue des Graviillers, Paris.
Huguenin, négociant en liqueurs, 12, rue Oli-
vettes, Nantes (Loire-Inférieure).
Hummeltnok, fabricant de lait conservé, à
Vlaardingen (Hollande).
Huntley et Palmere, fabricants de biscuits 9,
Roaa Lane Reading (Angleterre).
HUrlImanrt, brasseur, Enge (Suisse).
HuHot (Gustave), fabricant d'or en feuilles, 10,
rue Chàteau-Landon, Paris.
Hurtinet, imprimeur, 13, avenue Parmentler,
Paris.
Jaoquemin, chimiste-mi crobiologiste à Malzé-
vlîle, près de Nancy (Meurthe et Moselle).
Jacques Sauoe et Cie, fabricants de produits
Eour la fabrication des papiers peints, 183,
oulevard de Charonne, Paris.
Jankoweki, professeur de tenue de livres, Ri-
ga (Russie).
Jannel (Ulysse), ingénieur constructeur, Mar-
tinvelie (Vosges).
Jari'y (Jean), distillateur, à La Ghapelle-Basse-
Mer (Loire-Inférieure).
JastrebzskI, 16, rue Saint-Jean, Cracovie (Au-
triche).
Jean (Jules), directeur du Comptoir agricole
des Alpes, rue Garnol, à Gap (Hautes-Al-
pes).
Jeanneau (Charles), produits divers pour be«r-
rerie et fromageries, rue Chàteau-GiroD, à
Jauzé (lile-el-Viiain e;.
Jâanne^t. fabricant de chapeaux de paille
Neuchàtel (Suisse).
Jeaudonneno, fabricant d'otivrages et btJdUx
en cheveux, passage du Havre, 39, 41, 43,
Paris.
Jeener, industriel, 76, faubourg Salnt-Marlin,
Paris.
Jehsl fils aîné, négociant propriétaire, 2, rue
Arago, Alger (Algérie).
Jeanne, fabricant de liqueurs, 5j, 57, Quai de
la Toumelle, Pans.
Jordan (Fritz), pharmacien, Neufiihdtel (Suis-
se).
Jouanin, dentiste, 3, rue Girodeau, Moulius
(Allier).
Joué (dis), distillateur, 8alnt-Laurent-de-la-Sa-
lanque (Pyrénées-Orientales).
Joya, constructeur-mécanicien, cours Berriat,
Grenoble (Isère).
Julien, négociant en liqueurs, Lavaur (Tarn).
Julien, fabricant de matériel d'imprimerie, 30,
me de Launoy, Porte de Nlnove, Bruxelles
(Belgique).
Jus, ingénieur, Batna (Algérie).
Kahn frères et Blooh, fistbricant de limes, 152,
rue de Strasbourg, Nahcy (MeUKhe-et-Mo-
selle).
Kaps (Hirnest Eugène), faveur de pianoStCaro-
lastrasse, n* PL Dresde (Allemagne).
KAps Willam-Ernest), facteur de pianos. Se-
minarstrasse. Dresde (Allemagne).
Kinsmen et Ole, fabricants de mèches de sft-
reté, Seyssel (Ain).
Kieber, ûlaleur de laines. Obwodnicanal, lf6,
Saint-Pétersbourg (Russie).
Kocli, confiseur glacier, au Pont-du-Rhin, Bà^
le (Suisse).
Koerting frères, ingénieurs-coAstrucleurs, 00,
rue de la Chapelle, Paris.
Kolher (les fils d'Amédée), fabHcants de ehO"
colats, Lausanne (Suisse).
Koplowskt, fabricant d*obJets en marbre, Re-
vel (Russie).
Kratz-Bouesao, négociant, 3, rue Sainl-Lott^
reht, Paris.
KrUsi (Docteur), médecin-orthopédiste, à Gais.
canton d'Appentell (Suisse).
Laae, impHmeur*lithographe, 16, rue Pierre*
Levée, Paris.
Lto (Docteur du), propriétaire egricuUeur,
Château-de-la-Gaupnine, par Gasoats-les-
BéElers(Hérault).
Lacroix, artidcler, 3Î rue Rempart-Maûlablau.
Toulouse (Haute-Garonne^.
Laoroix, chimiste, fabricant de couleurs vitM-
fiables, 186, avenue Parmentier, Paris.
LéfAte et Cie, fabricants de plaques et pou-
dre à souder le fer, 102, avenue Parmentler,
Paris.
Lafflte et Cie, nt^gociants en eau-de-Vie. GoU-
tras (Gironde)
La^»roe (Léon-Maiâondieu). dlsUltale ^r à
Mouzaïavllle, département d^Alger.
Lagache, conOseur, 1, rue des Pellts-Champs,
La Jousse (SainUElme), agent maritime, 8S
■ !«' *^ou\evard de Latour-Maubourg, Paris,
"'"•'•u^abricant de chocolats, 85, rue de Ri-
voli. Paris.
Langlois. entrepreneur de travaux publics,
Acqui^'ny (Eure).
Lanine, fabricant de vins mousseux et de li-
monades, près du pont Moskvoretsk, Mos-
cou (Russie).
*^rïï*!f.î' J«^*'^i?"^^.® papiers à cigarettes
rue du Fou r-Saint- Jacques, 35, Perpignan
(Pyrénées -Orientales). p*if»an
Laporte (Jean Romain), fabricant de biscuits
de luxe, a Règles, Bordeaux (Gironde.
*iî??; ^f ^r^^??"* ^^ S*'*"® ^^^^^^ et de lait con-
centré, Fribourg (Suisse).
^^ÎL^^•il?"V£*'5Î^P^P®"®'*'^» place du Théâ-
tre, Lille (Nord).
Latour-Daury (Armand), imprimeur, éditeur,
t), place du Progrès, Ciney (Belgique).
^(îsere)' ^^^"*^^*®"'"' P^^^® Grenette, Grenoble
Laurent-Colas, fabricant de ferrures pour voi-
lures, Bogny-sur-Meuse (Ardennes).
goîuèmê'/&ir"* "*' '^^*"'''' ''' '•"' ^'^"-
Lauvln, distillateur, \U, boulevard de Stras-
t>ourg. Le Havre (Seine-Inférieure).
Law (Samuel) and Sons, Limited, fabricants
Mo^Hn'îfH xPr^^^? ".HT Plaques'et rubans,
Moorland Mills, Cleckheaton (Angleterre).
Lazare (Philippe), distillateur, ?9, boulevard
.uî -^'Pff» ^Sainte-Barnabe, Marseille (Bou-
cnes-au-Rhone).
^liîfr^'^l",?^.'®^! «marchand de fers, cons-
tructeur, Altkirch (Alsace-Lorraine).
Uborgne, fabricant de tapis et étoffes pour
aoaeuulement, Lannoy (Nord). ^
Le CalJenneo, constructeur-mécanicien, Lan-
derneau (Finistère).
^A^*' /^.^".^•'^nt ^« savon minéral, Maisons-
Alfort (Seine).
*^?.«i'*& f ^'ÇL^*J^"f ^e carrières, Montreuil-
sous-Bois (Seine).
Lêocrnu, constructeur-mécanicien. lu, rue
Oberkampf, Paris.
Ufebyre (Isidore), propriétaire, producteur,
spécialité de fromages de Neufchàtel, Nesle'
Hodeng par Neufchàtel-en-Bray (Seine-In-
^•"î^^' o^'^V'^i?^"^ ^® céruse, 4, rue Alain-
de-Lille, 3, Lille (Nord).
Lago, constructeur, mécanicien fondeur, ave-
nue de Paris, Le Mans (Sarthe).
Legratid-Baboye, fabricant de chicorée et
glands doux, Fresne (Nord).
LegHs, négociant, 89, rue des Chantiers, Ver-
sailles (Seine-et-Oise).
Lamaftra, fabricant de voitures, rue de ia Ga-
re, Alençon (Orne).
^^^'^^^''àietCle, fabricant de plumes métalli-
ques, 100. Charlotte Street, Birmingham (An-
glelerrej. ^
Lepage, fabricant de draps, 4, faubourg de la
Cassine, Sedan (Ardennes).
Lépreux, fabricant déplumes métalliques, 38,
LlSTt (iÉNKBALE DliS MEMUBES bE LA. SOCIÊTiî
38
rue de la Gare, Boulognc-sur-Mer (Pas-de-
Calais).
Leriche, fabricant de cofTres-forts et serrures,
62, boulevard de Strasbourg, Paris.
Lespine, propriétaire, Saint-Estèphe (Giron-
de).
Lestout fils, fabricant de produits résineux,
place Belcier, Bordeaux (Gironde).
Lestrade, 10, rue de la Neva, Paris.
Lesueur. entrepreneur de travaux publics.
Djebel-Stora (Algérie).
Levainvilla «t Rambaud, fabricants de couleurs
et vernis, 14 et 16, rue du Parc-Royal, Paris.
Lavy, imprimeur lithographe, Epernay (Mar*
L'héritier-Quyot. négociant, Dijon (Côted'Or)»
Lillenthal, professeur de sciences commercia-
les, rue Dolgoroukov, maison Finoguenov
Moscou (Russie).
Lippmann, ingénieur, 36, rue Chabrol, Paris.
Lobiti flls, constructeur-mécanicien, à Alx
(Bouches-du-Rhône).
Loohet atné et De Bertrand, fabricants de col-
hers pour chiens, 192, rue Saint-Maur, Paris.
Loir, fabricant de ouates et cotons cardéi.
Coëmont (Sarthe).
Lùoet-Fleury, négociant, Orléans (Loiret).
Lugllen-Leroy, propriétaire, au château de
Houbers-sur-Canches, par Frévent (Pas-de-
Calais).
Lusoan (Alexandre), manufacturier, fabricant
de gazes en soie pour blutage, Blajan
(Haute-Garonne).
^¥î,*y 0?*?^^^), entrepreneur de travaux pu-
blics, Brienz, canton de Berne (Suisse).
Magnier aîné, fabricant de laines à tricoter,
Rosoy (Haute-Marne).
Magot, fabricant de limes et scies, Vesoul
(Hante Saône),
Maître. Fonclause et Cle, fabricants d'instru-
ments de musique, 81, rue Saint-Maure. Pa-
ris,
Majetté, imprimeur lithographe, Chàteauroux
(Indre).
Maquaire, 31, boulevard de Montmorency, Pa-
Ma^abottl confiseur, Nizza Monferrato (Prov.
Alessandria) (Italie).
Marc et Colouble, exploitants de scieries mé-
caniques, Prechac (Gironde).
Marchand, fabricant de produits réfractaires
et de machines à graver au Jet de sable, 126,
route de la Révolte, Saint-Denis (Seine).
Marchand frères, fabricants d'huiles, Dunker-
que (Nord).
Marchier. pharmacien chimiste, Pouzin (Ar-
deche). ^
Marlot fils, fabricant de cirages et de peintu-
res, Entrains (Nièvre).
Marquise, fabricant de crayons, Salnt-Paul-
en-J arrêt (Loire).
Mai'i^out fabricant de sucrerie artistique, 9d,
rue Saint-Nicolas, Rouen (Seine-Inférieure).
MaiHl (Frili), constniCteur-mécanicipn, et né-
gociant en machines agricoles, Winterthur
(Suisse).
39
lOUaNAL MBNSUBL UE l'aCAD^IK NATIONALE.
40
Martin, négociant en liqueurs* Pont-de-Yaux
Martin* Maitte et Huberland. fabricants «i*es-
sleux, l^ont-sur-Sambro (Nord).
Martinet, fabricant d'huiles, 52, boulevard des
Dames, Marseille ( hes-du-Rhône).
Martinoveicy, propriétaire, Wosnessenslc, gou-
vernement de Kherson (Russie)
Maeeler (Jérôme) fils, fabricant de faïences
d'art, Vallauris (A^lpes-Marltimes).
Mathez (Armand), fabricant de couverts en
acier étamé,!à Fonlenoy-le-Chàleau (Vosges).
Matignon, banquier, négociant, Cognac (Cha-
rente).
Matile frères, fabricant d'horlogerie, 9, rue
«ai nt- Pierre, Besançon (Doubs).
Mathile (Paul-Ali) propriétaire, éleveur à la
ferme modèleet grande laiterie de Montfavet,
près Avignon (Vaucluse).
Matrot, constructeur-mécanicien, Jolnville
(Haute-Marne).
Mattoe-Perez (de^ agriculteur, propriétaire
d'usines, Evora (Portugal).
Maugin. ingénieur-constructeur, 30, rue Bas-
froi, Paris.
Maujean, pharmacien de P* classe, 3, rue Bé-
nurd, Semaize (Marne).
Maurel, minotier, rue de l'Arbre, Marseille
(Bouches-du-Rhôné).
Mazeau, viticulteur à Salnt-Philippe-d' Aiguil-
le (Gironde), par Gastllllon (Dordogne).
Mazrand et Cie, fabricants de sacs en papier
avec Impressions, Cirey-sur-Vezouze (Meur-
the-et-Moselle).
Meintièe, agriculteur et minotier, 161, Preto-
ria (République Sud- Africaine;.
Mélia, négociant en tabacs, place du Gouver-
nement s. la Régence, Alger (Algérie).
Ménage, banquier, 4, rue de Naples, Paris.
Mercier, fabricant de lessiveuses et buan-
deries, 16, quai du Louvre, Paris.
Mercier, fabricant de caoutchouc, 5, rue Klô-
ber, Saint-Ouen (Seine).
Mercier et Cie, fabricants de sucre, Bresle?
(Oise).
Mercier et Oie, négociants en vins,
de Pélcin,près Eperuay (Marne).
Méréde Chantillv. pharmacien, 68, rue d'il-
llers, Orléans (Loiret).
Méric. fabricant de chocolats, 18, 20, rue
Mayor, Madrid (Espagne).
Metaxa (Spiridon. A.), chef de la Maison S. et
E. Melaxa, distillerie d'eau-de-vle de vin,
place Garayscaky, Le Pirée (Grèce).
Métayer, négociant, usine de Saint-Cyr, Ren-
nes (llle-et-Vilaine).
Meyer (Alfred), chimiste, 10. rue de Chateau-
dnr, a Paris.
Meyian, fabricant d'horlogerie, au Sentier (Suis-
se).
Micliaud, distillateur, rue de Plffoux, à Cha-
tellerault (Vienne).
Miicaïlov fabricant d'appareils de ventilation,
coin de la perspective Klinsky et de la Ve-
reislca, Saint-Pétersbourg (Russie).
Miicaïioft, et fils, tissus de laine, Moscou (Rus-
sie).
Minièrae, château de Frinestes, Nérac (Lot-
et-Garonne).
château
MonjBenet, fabricant de vermouth, Ycnne (Sa-
voie).
Monier (Victor), négociant en cuirs juge au
irlbuunl de commerce d'Oran, 6 et 8. rue de
Gênes, à Oran (Algérie),
Monin (docteur), 40, rue de Luxembourg vP^-
rls).
Moniotte. fondeur mécanicien, Dôle(Jura)-
Monloup (M- Alphonse), Professeur de comp-
tabilité, 13, rue Pults-Gaillot, Lyon (RlionC;.
Monna, statuaire, 23. rue Salnt-Etlenne, Tou-
louse (Haute-Garonne).
Monnet, Jean-Gabriel), propriétaire, négociant
en eau-de-vie. Cognac (Charente).
Montandon, constructeur do machines agi ico-
les, Vernon (Eure).
Moquet-Leoage confiturerie de Saint-James.
7, rue Suini-Gllles, Paris.
Morales, directeur de l'usine de la Cie Colo-
niale, Pinto (Kspagne).
Moreau, docteur médecin à Salnt-Jean-d'An-
trle, par 8alnt-A'>nanl-en-Marls (Charente-
Inférieure).
Moral, vice-consul de Perse, 81, rue Dauben-
ton, Roubaix (Nord).
Mougeotte atné, constructeur-mécanicien, Me-
lay (Haute-Marne).
Moueieau, Ingénieur civil, constructeur de
fours perfectionnés pour la boulangerie, 103,
rue Porte-Dijeaux. Bordeaux (Giroude).
MouMet (Pierre), distillateur, 24, rue Saint-
Roch, Angouléme (Charente).
Munler(les lllsde Ch.), constructeurs, 25, rue
des Archives, Paris.
Murât, fabricant de bijoux, 6 rue des Archi-
ves, Paris.
Naeyer et Oie (de), manufacturiers. Wille-
broecic (Belgique).
Naee et Hecicmann, distillateurs^ Belfort.
Navarro (Pedro), propriétaire agriculteur, à
Bel- Abbés (Algérie).
Nechitch, parfumeur, inventeur de divers pro-
duits chimiques, 17, rue Assalit, Nice (Alpcs-
Marillmes).
Nègre, fabricant de fruits confits, Grasse (Al-
pes-Maritimes).
Neher fOscnr) et Cie, fabricants d'amidons et
produits dérivés, Mels, canton de Saint-Gall,
(Suisse).
Nier, négociant (aux Caves de France), 119.
12», Leipzigerstrass. Berlin W. (Allemagne.
Nieuwenhuye, Junior et Cie, fabricants de
conserves alimentaires, Amsterdam (Hollan-
de).
Noiliy, Prat et Cie. négociants, boulevard du
Rhône, Marseille ^ouches-du-Rhône).
Ncrdenfelt (Thorstcn de), directeur de la So-
ciété Nordenfeit pour constructions mécani-
ques, S, rue Auber, Paris.
Noulet, constructeur mécanicien. Braquegntes
(Belgique).
Olivari fils, fabricant de pâtes alimentaires.
42, quai de la Place d'Armes, Nice (Alpes-
Mantimes).
a
LISTF: GKNERAI.K DIîS UëUBRKS OK IA SOCIETE.
42
Oor. facteur de pianos, 50, A, rue Neuve, Bru-
xelles (Belgique).
Oudot'ArbBn, artiflcier, boulevard Pommerol,
Lyon, Brotteaux (Rhône).
Pacoard frères, tourneurs en cuivre, 182, bou-
levard de la Villette, Paris.
Paloux (Julesj, garde d'artillerie, à Cran (Al-
gérie).
Panohaud. pharmacien, Vevey (Suisse).
Parandier. ancien inspecteur général des
lK)nls et chaussées, 3^, rue des Ecuries-rt' Ar-
tois, Paris.
Paretrteau atné et Lagrolet, négociants en
vins et spiritueux, 10, rue Camille-Godard,
Bordeaux (Gironde).
Parronry, sculpteur-marbrier, 62, rue Saint-
Sabin. Paris.
Paria (Octave), négociant en vins, Dijon (Cô-
le-d'Or,.
PaHaae (Léon), fabricant de tôlerie, à Larrière
Vosges}.
Paasy, fournitures pour horlogeries, Thones
Haute-Savoie).
Peupler (Léonard), fabricant d'instruments de
pesage, 1 et 3, rue Stendhal, Paris.
Paupy frères, fabricants de carreaux en plâ-
tre, 65. 67, boulevard de la Gare, Paris.
Pavlov, fabricant de tissus, PereslaviZalesky,
gouvernement de Vladimir (Russie).
Pavy frères, fabricant de masques, 144, rue
Saint-Denis.
Péoheux, sculpteur, fabricant de meubles
d'art, 61, avenue de Wagram, Paris.
PeichI (Chevalier de), directeur général de la
société du Lloyd Autrichien, Triesle (Autri-
che,.
Pelltl, conflseur, Calcutta (Indes).
Pelletier, fabricant de toiles métalliques, Gon-
nerré (Sarthe).
Pellisson père et Cie, distillateurs, boulevard
de la Gare, Cognac (Gironde).
Pérès, négociant en vins. 11, rue d'Enghien
Bordeaux (Charente).
Perin frères, constructeurs de clôtures métal-
liques et de béton. Charleville (Ardennes).
Petit et Aroencam. fabricants de machines à
coudre. 10», boulevard Sébastopol, Paris.
Pfaendier. fabricant de dentelles et de linge-
rie flne, Rheineck (Russie).
Philippe, aviculteur, Houdan (Seine-et-Oise).
Picard (les fils de R.), fabricants d'horlogerie.
U. rue l.éopoM-Roberl, à Chaux-de-Fonds
(Suisse ;-
Picard (lesflisde Léopold), fabricants de cha-
peaux de paille et de feutre, 45, 47, rue d'A-
bookir, Paris.
PierottI dis, fabricant de chapeaux, 15, Cours
Beliunce, Marseille (Bouches-du-Rhône).
Pierson, sculpteur statuaire, Vaucouleurs
(Meuse).
Plllon. fabricant de cierges et bougies, Cler-
inont (Oisej.
Plnciiart-Deny, ingénieur constructeur. 58, rue
Saint-Sabin, Paris.
PInt A.,, professeur de calligraphie. Perspec-
tive Nevsky; 13/9, Hb 20, u Saint-Pétersbourg
.Ru.^sie;.
Pivetta,2, Strada San Giacomo, Naples (Italie).
Pibnas-Maoaya, ingénieur-mécanicien, 92, San
Pablo, Barcelone (Espagne).
Pléneaud aîné (Jean-Albert), exploitants de
carrières et fabricant- de briques et tuiles
mécaniques, chemin de la Sauve, à Bor-
deaux-Bastide.
Plojoux (Marc), fabricant d'horlogerie et bi-
jouterie, 30, rue du Rliône, Genève (Suisse).
Pogojev, horticulteur-pépiniériste, Godgriews-
kaïa oulltsa, propre malsonàToula (Russie).
PohI, fabricant d'instruments de chirurgie,
S'Gravenhage (Hollande).
Poliand, fabricant de produits réfractaires, 59,
rue du poteau, Paris.
Pollet, fabricant de tissus de genres anglais,
rue de Bradfort, Tourcoing (Nord).
Pollet (AlbertJ, fllateur de laines cardées, à
Tourcoing (Nord).
Popoffet Oie (Georges Iv.), exploitants de
carrières de pierres lithographiques, 16, rue
Mokowska, à SoQa (Bulgarie).
Popov (Société des successeurs de Madame
Veuve), distillerie, près du Grand-Pont- dc-
Pierre, Moscou (Russie).
Poppa-Boutels (Charles), fabricant de chico-
rée. Grand Quai, à Lokeren (Plandre-Orlen-
tale) (Belgique).
Pooar y Tic, fabricants d'huiles d'olive, Bar-
celone (Espagne).
Portier (Jean-Bastipte), luthier, 21, rue Val-
benoîte, à Satnt-Btlenne (Loire).
Pouohain (Victor), illature et tissage de lin,
Armentlères (Nord).
Pougeois, sellier, 78, Avenue de Villiers, Pa-
ris.
Povalyaev (V.), professeur de Calligraphie,
rue Dolgoroukov, 90, Slmféropol (Russie).
Pradon, fabricant de papiers à cigarettes, 45,
rue de Maubeuge, Paris.
Prast, conflseur, 8, Arénal, Madrid (Espagne).
Proux (Etienne), pâtissier, 18, rue de l'Hôtel-
de-Ville, SalnWean-d'Angely (Charente-In-
férieure).
Prudon, pharmacien, 3, rue de la République,
Lyon (Rhône).
Pruvost, fabricant de pianos, 77, rue Salnl-
Maur, Paris.
Pruzynski (de), calligraphe, Kazanskaïa ou-
lltsa, n* 26, Kb., 43, Saint-Pétersbourg (Rus-
sie).
Puei, teinture et nettoyage. Allées Paul Rl-
quet, Béziers (Hérault).
Quartier (Emile), fabricant de montres, les
Brenets (Suisse).
Quévillon. (F.) Colonel du 144- d'Infanterie à
Bordeaux.
Rabourdin (Henry , constructeur d'installations
d'écuries, 39, rue d'Anglas, Paris.
Rabourdin frères, constructeurs d'installations
d'écuries, selleries, étables, chenils, 39, rue
Boissy-d'Anglas, Paris.
Raissac, distillateur, Revel (Haute-Garonne).
43
lOUBNAL MENSUEL DB t'AGAbÊMlE NATIONALE.
44
Rambaud (Lucien), couleurs et verois, 14, lô,
rue du Parc-Royal, Paris.
Ramogrino, docteur en médecine, 26, rue Saint-
Sépulcre, Marseille (Bouches-au-Rhône).
Rapin, pharmacien, Montreux (Suisse).
Raval, préparateur de coraux, La Galle (Algé-
rie).
Razout (de), fabricant de pains d'éplce» et de
biscuits, Avallon (Yonne).
Redouly et Ola, entrepreneurs de peinture, 11,
rue Saint-GeoPijes, Paris.
Regat, pharmacien, 13, place de la Motte, Li-
moges (Haute-Vienne).
Reig Py, propriétaire-viticulteur, à Banyuls
(Pyrénées-Orientales) .
Reia, ingénieur civil, 38, rue Ommegang, An-
vers (Belgique).
Remlinger et Vinet. fabdcanU de miroiteries,
26, rue de Charonne, Paris.
Rémond (Saint-Bdme), fabricant de Umes et
râpes, 138, rue Saint-Maur. Paris.
Renard, horloger mécanicien, Ferrlères (Oise).
Ranouard et Cla, fabricants de l'eau de mé-
lisse des Carmes, 14, rue de l'Abbaye, Paris.
Richard (Jules), ingénieur-constructeur, 8, Im-
passe Fessard, Paris-
Richard, fabricant de conserves alimentaires,
4*^, rue de Chanzy, Rochefort-sur-Mer (Lha-
rente-Inférieure).
RIcher, fabricant de toiles, Alençon (Orne).
RIchy, commissionnaire exportateur. 50, rue
Paradis. Paris.
Rioou (Henri), fabricant de Produits Insectici-
des et ratlcides, 61, rue Jeanne-d'Arc, Rouen
(Seine-Inférieure).
Ricolès (de), distillateur d'essences, 9, cours
d'Herbouville, Lyon (Rhône).
Rléter et Ole, constructeurs mécaniciens,
Winterlhur (Suisse).
Rlatelhuebar, fabricant de lampes et suspen-
sions, 2/, rue du Chemin-Vert, Pans.
Robartd*Eahouguea, ofûcieren retraite, 4, rue
d'Aumale, Paris.
Robert Outortra, propriétaire, Ernée (Mayen-
ne). . ^
Robinat, conflseur, Odessa (Russie).
Rechat (Jules;. fabric:mt de fo"^,"*^^^^^^
horlogerie, au Pont, canton de Vaud (Suisse).
Rodaok. fabricant d'articles de maroquinerie,
1 Kolmarlct, Vienne (Autriche..
Rolaa-Sanaulnattl (Knrigudde), infénieur-cé-
rimist* Calle-de-la-Florlda, 3, lïadrid (Es-
Rcmet,^ négociant en draperies et nouveautés,
Alençon (Orne).
Romstorfar, architecte de l'Ecole des arts et
lU^UerT, Czernowitz, Rukowine (Autriche).
Ron«l et Slngan, confiseurs, Pia»ïa Golonna,
Rome (Italie). ^ ^
Roqualaure, conserves alimentaires, Capdenac
(Aveyron). . r/ » u
Bordorf et Ole, facteurs de pianos, /uiich
B;ÏÏ-Brunner, fabricant de confiserie, à
Zurich (Suisse). .
Bcth-Wleyer at Cla, tissage mécanique de co-
ton et teinture, Oftringen (Suisse).
Rcugié aîné, confiseur disliUateur, Gramat
(Lot).
Rouiller fila et Maanard. manufacturiers en
cuirs, 2?8, boulevard Voltaire, Paris.
Roure-Bartrand fila, fabricant d'essences et de
parfumerie, Grasse (AJpes-Maritimes).
Rouaaeau-Bricout (Vva). vins et eaux-de-vi<%
41, rue Royale, Saint-Quentin (Aisne).
Rouaaaiat, fabricant iTlnstruments agricoles.
Villemeneux, commune de Tancron, par Li-
zy-sur-Ourq (Seine-et-Marne).
Rouaaat, manufacturier, fabricant d'échalas et
piquets en acier, Saint-Vlctor-sur-Lolre, par
Firminy (i-oire).
Royé Mbaume, négociant en vins, Beaune
(Côte-d'Or).
Roz, fabricant de bouteilles de chasse et de
voyage, 205, rue du faul)ûurg Saint-Marlln,
Paris.
Rozièra, chimiste aux Lilas (âeine).
Rufflar daa Almaa, fabricant de meubles chi-
nois etjaponais. 11, rue Basfrol, Paris.
Rumpf, négociant, direoieur du Progrès Igdus-
trlel, 16, rue de l'Echiquier, Paris.
Ruaa^uchard, fabricant de chocolats, Neu-
chAtel (Suisse).
8«lnt-Danla (de), négociant, à LongueviUe
(Manche).
Sala (Luigi), distillateur, via Placeiiza, n* «4,
Alossandrîa (Egypte).
Sailaa (les Fils de), fabricants d'engrais, 127.
rue de Turenne, Paris.
Salvat, fabricant de produits résineux, Mor-
ccnx (Landes).
8amgulne,fabricantde cloches, 54, PlaniUkaïa.
Moscou (Russie).
Sancy, fabricant de couleurs et vernis, «3,
boulevard Richard-Lenoir. Paris.
8andera et Ole, manufacture de savons, Leyde
(Hollande).
Sandomirsky (Froiem G.), négociant en bois,
exploitant d'une scierie mécanique, a Kre-
mentchough (Russie).
Saas, fabricant de broderies, Pereslavl-Zales-
slcy, gouvernement de Vladimir (Russie).
Savigny fila, néffocianl en cafés, place GUate-
let, Chartres (Eure-et-Loir).
Scalabra-peloour, Ûlateur, Tourcoing (Nord;.
Sohaick frèrea, fabricants de clous «t boucles,
17, rue de Magdalena, Lisbonne (Portugal).
8chmautz (Chartes), fabricant de rouleaux et
cylindres pour imprimerie lithograpbique,
31, rue de Sèvres, Paris.
Schmidt, fabricant de meubles. Porte de TAr-
bate, Moscou (Russie).
achoofffa, pharmacien chimiste, rue de la Mon-
tagne, 15, Bruxelles (Belgique).
Schudei et Cle, négociants en vins et li<}ueiirs,
Leiden Hollande).
Schweingrubar, fabricant de ressorla, me du
Stand, n-258,A., Salat-Imwr (Suisse),
Ségaud et Pottier, pharmaciens chimistes,
Chàteau-Regnault-Bogny (Ardennes^).
Ségaust. fabricant d'amidon, 30, rue de la
Brèche, Saint-Denis (Seine).
Séguin (Louis,, ingénieur des arts el manuflBC-
tures, constructeur mécaeiclen, H qu^ du
Petit-Gennevilliers, GennevilHers (Seine).
45
LISTE GENERALE DES M&MBJiES DE LA SOCIETE
46
Béguin, parfumeur, 106, rue Groix-de-8eguey,
B^irdeaux (Gironde).
Semadeni. conQseur, Kiew (Russie).
Bicra de Fontbrune, propriétaire, 2, avenue
()u Calvaire, SainUGIoud (Seine).
Sigautfirs, fabricant de pains d*éplces, 8 ave-
nue de Paris, Qentilly (Seine).
8ilve9tre-Obriot. fabricant de ciragre, Mont-
bard Côte-d'Or).
Simirenko, fabricant de sucre, Bofçouslaw
Russie).
Simmonds (Peter Lund), The charter Uouse,
14. E. C, Londres (Angleterre).
Simmonds (L. V.}, agents de publicité et de
reprèseutàtion aux expositions, 17, Saint-John
Street Road B.C. Londres (A.ngleterre).
Simon frères, constructeurs de machines agri-
coles. 70, 7%, 74, rue Uelain, Cherbourg (Man-
che..
Simon fils, pharmacien, 4, faubourg de Fran-
ce. Beifort < territoire de Belfort).
Simono. fabricant de carrelages mosaïques, au
(-aleau ^Nord;.
Sicousèo (Paulj, viticulteur, Athènes (Grèce).
SkvoKsov, fabricant de cuirs, Kojevniki, Mos-
cou Russie^
Smet de . fabricant de carrelages céramiques,
Canteleu, Lille (Nord).
Smiliié. photographe du Muséum national,
Washington (Etats-Unis).
Smoline vDlmitri), fabricant de suifs, Kourga-
ue. gouvernement de Tobolsli (Sibérie).
Société anonyme de hoiililone (Premiépe), 48,
Ekaterinoslavskaia Oulilsa, Kharkov (Rus-
sie;.
Soléros, négociant, 11« rue Monge, Paris.
Solon et Cie, négociants en vins, Athènes
Grèce .
Sotelo y Eecobedo (Diego de Léon), avocat et
rabri';ant d'eau de Heurs d'oranger, fabrique
'le la Cruz una del Gampo, 26, Galle Com-
pas de la Laguna, à Sévllle (Espagne).
Souza Soaréo (de;, établissement industriel
Pharmaceutique, Pelotas (Brésil).
Sjïocht, fabricant de liqueurs, Pernau-en-Livo-
nie ;Russie).
Stadieret P«ttlno«o, lithographe, M, Ligûwka,
:>aint-Pétersbourg (Russie).
MewoH.J.ei Ga disUUateursde whi:>ky, lU,
Hii^h Street, à Edinburgh (Ecosse .
Stollo, chef de la maison Dcncker et Cic, négo-
«lant de l'* guilde, Wassily-Ostrov, Voikoos-
îizpéreoulok, Saint-Pétersbourg (Russie).
Slollworok frères, fabricants de chocolats, It,
Bruckenstrasse, Cologne (Allemagne).
Subervielle, membre de la Société d*accl!mala-
UoD, 30, rue de Colysée, Paris.
Sundheim et Doetech, propriétaires-viticul-
teurs, a iluelva (Espagne),
Swann, pharmacien, 12, rue Gastiglione, Paris.
Swatek, fabricant de draps de laine peignée,
î^ijlerz ^Russie).
Sylvaalre file, négociant en vins lins, Montpel-
lier ;Hérault'.
Tabard et Cle fabricants de soieries, 3, rue
('dret, Lyon (Rhône).
Tabouriep et Bieeon, fabricants de broderies,
6, rue d'Aboukir, Paris.
Tajan, fabricaMt d'instruments pour l'agricul-
ture, 62, rue d'Espagne, Bayonne (oasses-
Pyrénées;.
Tancréde, fabricant d'engrais, 32, bis, rue Pas-
quier, Paris.
Taueeig^ négociant en vins, Funfkirchen (Au-
triche).
Taverne, négociant en fers, Marquise (Pas-de-
Calais).
Tellier, constructeur de serrurie d'art, 17, rue
Léon Gambetta, Lille (Nord).
Tenting. constructeur mécanicien, -10, rue Cu-
rial, Paris.
Texier Aie Jeune, constructeur de machines
agricoles. Vitré (lUe-et- Vilaine).
Théodoraky. agronome, 17, Strada Tailor-Bu-
carest (Ifollande).
Thiébaut,directeur9 des cave» impériales pour
la fabrication des vins de chan^pagoe, à
Soudak, gouvernement de Tauride (Russie).
Thiellay, chimiste parfumeur, Amersham
Park,New Cross, Londres S. E. (Angleterre).
Thivet-Hanotin, fondeur constructeur, 19, rue
du Chemin-de-fer, Saint-Denis (Seine).
Thomae, constructeur d'instruments agricoles,
Pineaux Saint-Ouen (Vendée).
Thomae (Georges;, constructeur mécanicien, 7/,
Deansgate Manchester (Angleterre).
Thomeret fréree et Creuevaux-Proutat, fa-
bricants de limes, Arnay-le-Duc, par Beau-
ne (Côte-d'Or).
Thury et Amey, constructeurs mécaniciens,
12, Chemin ae% Sources, Genève (Suisse).
Thy (\e comte de), propriétaire, Autun (Saône-
et-Loirc).
Tierce, constructeur de machines, 12, passage
Dupont, Rouen (Seine-Inférieure).
TInc, pharmacien, rue Trajan, Galatz (Rouma-
nie;.
Tieon, ingénieur architecte, 77, rue Colbert,
Lille (^iSord).
Tieeerand dit Jaoobue aîné), fabricant d'ins-
truments de pesage, Port-sur-Saône (Haute-
Saône).
Tivolller, propriétaire, rue Alsace-Lorraine.
Toulouse (Haute-Garonne).
Tofflin etCie, fabricants de dentelles, Caudry
;Nord;.
Toiray, fabricant d'encres, 4 el 6, rue des Hau-
diiette», Paris.
Torok (de), pharmacien, 12, Kéraly-utcta, Bu-
dapest (Autriche-Hongrie;.
Toboubaline, à Tchourouk-so«, gare de Ka-
bouletz. Chemin de fer Traoscaucasien (Hus-
siey.
Tranoart fabricaoi de chaussures cousue» et
do lij^es piquées, 15, rue Pont-au-Hrouettes.
à Abbeviile (Somme).
Trébucien, négociant en cafés, 25, Cours de
Vincennes, Paris.
Tremauft. constructeur mécanicien, 140, rué
d'Allemagne, Paris.
Trospalacios y Aldabo, fabricants de liqueurs,
427, Principe Alfonso, à La Havane (lie de
Cuba).
Trezaa di Mueella (le commandeur), proprié-
taire, 2>i, rue Beaujon, Paris.
JOURNAL MliNSUKL DK L'ACàDÉMlB NAT10N\LK.
47
Trouvé, ingénieur électricien. 14, rue Vivienne.
Paris.
Tsapline, pholojçraphe à Morchansk, propre
maison, gouvernement à Tambov (Russie;.
Tuai, fabricant de conserves alimenlaires, 6 bis,
quai Duguav-Trouin, Nantes (Lolre-inferieu-
re).
U
Uoke, noble Russe, Dire.iteur de la Société
pour la fabrication des briques réfractaires et
autres produits de terre glaise, Borovitchi
(Russie), gouvernement de Novgorod.
VaUtler, parfumeur, 2, rue de Mouveaux, Rou-
balx (Nord).
Valentin Roussel (V), Ûlateurde laines, 21, rue
de la Paix, à Roubalx (Nord).
Vais frères, ingénieurs constructeurs, 26, Galle
de Gampo Sadraga, Barcelone (Espagne).
Valtat, négociant en bois et charbons, 7, rue
d'Edimbourg, Paris.
Van Ouyse frères, fabricant de bouchons, à
Lolceren (Belgique).
Van Haoke, compUble, 43, rue Richer, Paris.
Van Houten et Zoon, fabricants de cacao, Wesp
(Hollande).
Varnali, viticulteur, à Reni, district dlsmaïl
(Russie).
Vassal, constructeur mécanicien, 50, chemin de
la Viabert, à Lyon (Rhône).
Vauzallas (Baron Antoine de), propriétaire
des Usines d'engrais chimiques, à Ceneviè-
res (Lot).
Vayson. ancien fabricant de tapis, Abbeville
(Somme).
Vazon, propriétaire, Airvault (Deux-Sèvres).
Venèous (Les îlls), fabricants de bougies per-
fectionnées, 50, rue du Milieu, Ivry (Seine).
Vanet (Eugène), constructeur d'appareils de
chaulrage, 216, route de Rayonne, Bordeaux
(Gironde).
Varnatte Jeune, fabricant d'instruments ara-
toires, 49, route d'Agde, Béziers (Hérault).
Verweegen et liok, selliers, 86, Kalverstraat,
Amsterdam (Hollande).
Viaud (Pierre), constructeur d'instruments
agricoles, à Barbézieux (Charente).
VIbert frères, parfumeurs, 28, boulevard Sébas-
topol, Paris.
Vichy (Le marquis de), distillateur, 40, rue du
Parc, Ivry (Seine).
Vieillemard et ses fils, imprimeurs litliogra-
plies, 16, rue de la Glacière, Paris.
18
Vigneral (le comte
teau-de-Rl, p
Vigé (Jean), négociant, 1;?, rue Dcsuiey, a
Bordeaux (Gironde).
de), propriétaire au Ghà-
par Putanges T(Orne),
Vigoureux fils, constructeur d'inslruaienls
agricoles et viticoles, Nîmes (Gard).-
Ville Chabrolle (de), distillateur iiquoriste, la
Châtre (Indre).
Visser et flis. distillateurr., Schiedam Hollan-
de).
Vlad^ianu, propriétaire, député au Parlement
roumain, Garjoaca.par Fargul-Fruraos ^Hou-
manle).
Voeloker- Coumet.fabricant de chlcorée,BayoD
( Meurthe-et- Moselle).
Voisin-IMIgnon, distillateur, Marseillan (Hé-
rault).
Voland et Cle. Gaufrage et impressions de tis-
sus de soie, 38, rue Moutbernard, Lyon
(Rhône).
Vouteau fils, fabricant de chaussures, 17, rue
Inkermann (Indre-et-Loire).
W
Waag et fils, fabricants de moutarde et d'huile
de moutarde, Doubovka, gouvernement de
, Saratov (Russie).
Wallon, fabricant de lissus, 49, rue du Val-
d'Eauplet, Rouen (Seine-Inférleurej.
Waterlot-Qhesquière, torréfacteur de cafés,
150, rue de Paris, Lille (Nord).
Wegner, fabricant de courrni'^« mécaniques,
14, Ulica Ar. Kotzebue, Varjovie (Russie).
Welby,corroyeur, 5, rue Jeanne d'Arc, Rouen
(Seine-Inférieure).
Wiggishoff, fabricant de parfumerie, 153, rue
Marcadet, Paris.
Williot, négociant en bières, houblons et chi-
corée, Porx-du-Nord,par Englefoutalne (Nord -
Wodzloki (le comte), propriétaire agricul-
teur, fabricant de sucre, Gzarnomln, poste
Popiéluchy, gouvernement de Podolie, par
Odessa (Russie).
Ygouf, fabricant de poteries de grès, au Tron^
quay (Calvados), par Balleroy.
Yvon, propriétaire, Gimeux (Gharente-.
Zambon (Vincent), enlrepeneur mosaïste. 60
rue Emeriau, Paris.
Zambon (Dominique), mosaïste, 60, rue Em^
riau, Paris.
Vienne, fabricant de marbreries artistiques, Zentler frères, fabricants d'iiorlogerie, 2, plac<
Gousolre (Nord). ' de Longemale, Genève (Suisse).
Le Directeur-Gérant, Rédacteur en Cft^,
Eugène THIÉRY.
CLcuiluAT (o18K)« — IMPMtMIRIB DAIZ FRBHKS. PLACK «aINT-ANDRÉ, 3.
JOURNAL MENSUEL
DE
L'ACADÉMIE NATIONALE
À6RIC0LE, lANDFACTORliSRE ET COIIERCIALE
68* Année. - FÉVRIER 1898.
SOMMAIRE
RéUNlOM ANNUELLE ÙU COMITé DES RÉCOMPENSES.
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ANNUELLE DES SOCIÉTAIRES.
RÉCOMPENSES DÉCERNÉES PAR L'ACADÉMIE NATIONALE.
DISTINCTIONS HONORIFIQUES aooopdées aux Membres de l'Académie Nationale.
AORICULTURE. -- Les concours régionaux agricoles ca 189S. — Les rdcoltes en terre. — Le clnrbon de bois et Ui
loonnis. — 1^ fr.mde dans le commerce des engrais.
INDUSTRie — Dispositif d'éclairage intérieur des voitures de place, communication de M. Q. Trouvé, a Paris. —
Fabrication de montres, de M. Joseph Bloch, à Chauds-de-Fonds (Suisse). — Mandoline métallique, de M. Ji B.
Portier, i Saint-Etienne.— Museliërt'S et bavettes pour chevaux atteints de tics, systèmes de M. Pougeois, à Paris.
EXPOSITIONS ET CONCOURS. — Exposition universelle de 1900. — Exposition à Alençon. — i5« Exposition-
Concours culinaire et de l'alimentation. — Exposition industrielle à Rochefort-sur-Mer. —Exposition à Dijon.
COMMERCE. — Le commerce exte'rieur de la France. — L'activité commerciale de l'Allemagne en 1896.
VARIÉTÉS. — Lapopulation de l'empire russe. — Le record des sondages terrestres.
BIBLIOBRAPHIE.— Agenda Charles Mendel. — Ce qu on peut voir avec un petit microscope, par M. Coupin.
Réunion annuelle du Comité des récompenses.
LoComilé des Récompenses, foi-raé de la
réuoioo des Membres du Conseil d*Admi-
oUtration et des diiïérents Comités, s'est
réuni au siège de la Société, le lundi 21 l'é-
TTier 1898, sous la présidence de M. Dard,
président de la Société.
Il a examiné les propositions de récom-
penses faites par le Directeur, en a apprécie
les motifs et les justifications, et a arrêté dé-
finitivement la liste des distinctions à décer-
ner par l'Académie Nationale pour Texercice
1897, distinctions devant être proclamées à
rassemblée générale annuelle du *25 février
1808, conformément aux Statuts.
Assemblée générale annuelle des Sociétaires
du 25 Février 1898.
Eq conformité de Tavis de convocation
[Hiblié dans le précédent numéro de notre
Journal mensuel, l'Assemblée générale
vinuelle des Membres de TAcadémie Natio-
nale a été tenue au siège social le vendredi
25 février 1898. La réunion était présidée
par M. Dard, Président de la Société, qui a
ouvert la séance à 2 heures 1/4.
La parole a été donnée au Directeur qui
a donné lecture du rapport suivant présenté
à l'assemblée générale au nom du Conseil
'd'administration :
51
JOURNAL UEISSUEL DE
« Messieurs,
« C'est avec un légilirae or^^ueil que notre
Association, qui vient d'entrer dans sa soi-
xante-huitième année d'existence, peut jeter
un regard sur sa carrière passée. Cette car-
rière, quia été traversée par de nombreux
événements politiques et économiques, a
toujours été conforme au programme d'en-
couragement au progrès des sciences et des
arts, qui a été la base de la fondation de la
Société en 1830 et qui constitue sa raison
d'être dans ie présent et dans Tavenir, aus^i
bien que dans le passé.
« L'histoire générale de la civilisation prou-
ve que si la marche du progrès est cons-
tante, elle n'offre cependant pas les carac-
tères de la régularité absolue, et que les pé-
riodes de'rapide avancement ne se produi-
sent qti'àd'assez longs inlervalles, séparées
entre elles par des périodes beaucoup plus
longues, de ralentissement accentué et pres-
que de stagnation.
« Intimement liée à cette marche du pro-
grès, l'existence de notre Société a pré-
senté des phases alternatives d'activité fé-
brile et de calmerelatit. A de certaines épo-
ques, les communications relatives à d'in-
génieuses inventions et à do nouveaux pro-
grès agricoles et industriels, ont littérale-
ment afflué au siège social, offrant une
ample matière à la publication de nos an-
nales, c'est-à-dire de notre journal men-
suel, et nécessitant même l'addition de
nombreuses pages à celles qui en forment
le cadre ordinaire. Mais, durant des pério-
des de temps plus prolongées, les communi-
cations directes de nos Sociétaires se sont fai-
tes plus rares, en quelque sorte moins inté-
ressantes, et, en tout cas, moins importan-
tes. Dans ce cas, h direction a dû prendre
les initiatives nécessaires pour compléter
elle-même le cadre des publications de la
Société, de manière à assurer la permanence
de leurs proportions régulières.
« L'année qui vient de s'écouler appar-
tient encore au cycle des époques sinon
stériles, du moins peu fécondes. Aucune
feouvea^té primordiale n'a germé dans le
thamp des sciences et de ritidustrie, et Ton
n'a eu que des progrès peu importants à
L^AGADÉMIK NATIONALE. 52
enregistrer dans les méthodes agricoles et;
dans les procédés des arts et manufactures.
" Il est juste de remarquer, toutefois, ,
que si l'agriculture et l'industrie n'ont pas j
à marquer d'une pierre blanche l'année
1897, cette autre branche de l'activité hu-
maine qui s'appelle le commerce a cepen-
dant bénéficié do quelques développenaems
importants. Entre les diverses nations et les
divers pays du monde, les échanges tendent
à se multiplier sans cesse, car on voit par-
tout se développer le goût, et même le be-
soin des produits étrangers ou exotiques.
C est ce qui explique que les statistiques de
ce qu'on appelle le commerce extérieur, ac-
cusent chez presque tous les peuples des
augmentations importantes.
« En ce qui concerne la France Holam-
ment, le relèvement de ses exportations a
pris l'année dernière une ampleur réelle-
ment satisfaisante. A noire avis il faut en
chercher la cause principale dans Técla-
tant succès que notre industrie nationale a
remporté à la brillante exposition de Bru-
xelles.
« Vous savez, Messieurs, que tous les visi-
teurs de cette Exposition (ils ont dépasse le
nombre de six milHons !) ont t^té unanimes
à reconnaître que la France était la grande
triomphatrice dans ce concours internatio-
nal.
« Aussi, dans l'exposé des motifsdu projet
de loi tendant à autoriser les promotions et
nominations dans Tordre de la Légion
d'Honneur en faveur des participants à l'ex-
position de Bruxelles, M. le Ministre du
(Commerce a-t-il pu légitimement s'expri-
mer ainsi :
(( Malgré le peu de temps qui leur a été
« donné pour se préparer à celle manifes-
te tation internationale, nos artistes, nos in-
a duslriels, nos agriculteurs ont tous tenu
« à honneur de se monti^er dignes de notre
« vieille réputation, et, grâce à leur vaillant
« concours, notre pays vient de remporter un
«succès éclatant que beaucoup d'entre vous
a ont pu constater par eux-mêmes et que
«nous sommes heureux de proî^lamer.
« Jamais la participation française k une
« Exposition européenne n'avait été aussi
53 A^SEMBL GéNKR^LE ANNUELLE DES
• brillanle ei aussi admirée de tous les visi-
• leurs.
< Le jury international des récompenses
' a largement confirmé l'opinion publique ;
' il a attribué 3,061 récompenses aux 3,558
«exposants français. Sur les 550 grands prix
j accordés aux différentes nations roprésen-
t tées à Bruxelles, nos nationaux en ontob-
•«tenu 238, etsurles3,415liautesrécompen-
» ses accordées (grands-prix, diplômes
t d'honneur, médailles d*or), les exposants
« français en ont remporté 1,403, soit 40 %
t ainsi répartis :
«238 grands prix, 392 diplômes d'hon-
• neur, et T74 médailles d'or.
« En dehors de ces 3,001 récompenses,
• 1.383 diplômes de divers degrés ont été
• décernés aux collaborateurs et coopéra-
« leurs français.
< Vous comprendrez toute Timportance
« des résultats atteints quand nous aurons
ajouté que les exposants belges, qui ont
< participé à l'Exposition au nombre de
• 5,430, n'ont obtenu que 2,990 récompen-
• ses deot 202 grands prix.
« T»Bt d efforts amenant de» résultats si
> booorables pour notre pays nous ont pa-
« ni fflcriler d*étre récompensés par des dis-
• liACtioDs spéciales »
• Vous connaissez, Messieurs, les distinc-
tions spéciales que le gouvernement a ac-
e«dées tuK principaux lauréats de la sec-
tion française de l'Exposition de Bruxelles.
.\prèsle jury de Hruxelles, apr^s le gouver-
nement français, l'Académie Nationale avait
ïossi à récompenser ceux de ses Sociétaire>
qui s'étateiit particulièrement signalés dans
le grand concours universel dont la capitale
(le la Belgique avait offert le spectacle au
monde.
« Notre Comité des Récompenses n'a pas
failli à celte tâche, et il s'est consciencieu-
sement appliqué à rechercher quels étaient
ceux de nos Sociétaires qui, par leur parti-
cipation à Texpositionde Bruxelles, s étaient
créés des tilres nouveaux aux encourage-
ments officiels de notre Association.
«II a fallu reconnaître, d*ailleurs, que,
conformément aux constatations déjà faites
dans nos rapports des années antérieures,
soiUÉrAïass du 23 février 1898.
54
un grand nombre de nos Sociétaireslauréats
de l'exposition belge, se trouvaient virtuel-
lement placés hors concowr5,vis-à-vis de no-
tre Comité des récompenses, par la raison
majeure que, souvent depuis bien longtemps,
noire Association leura conféré la plus haute
de ses distinctions. et qu'elle ne peut songer
•A leur renouveler indéfiniment des confirma- '
lions ou des rappels de notre récompense
suprêr»e qui s'appelle le Diplôme d'Hon-
neur, Mais, envers ceux des exposants de
Bruxelles qui n'avaient pas encore reçu cette
haute consécration, notre Comité des Ré*
compenses a pu disposer d'une plus grande
liberté d'action, et c'est à la suite d*un exa-
men approfondi des titres de chacun d'eux
qu'il a arrêté la nature des distinctions de-
vaut leur être attribuées, au nom de notre
Société, en récompense de leur participation
au grand tournoi international si brillam-
ment organisé en Belgique.
< De même que l'exposition universelle de
Bruxelles, les expositions purement natio-
nales de Bourges, de Rennes et surtout de
Vesoul ont fourni à la direction de la Socié-
té et au Comité des Récompenses, des occa-
sions nombreuses et intéressantesd'enregis^
trer les manifestations d'activité d'un bon
nombre de nos Sociétaires, et en même temps
d'encourager ces manifestations en leur ac-
cordant de justes sanctions.
a Enfin, les communications adressées di«
rectement à l'administration de la Société
et les envois de produits qui y ont été faits,
ont motivé d'auti*es décisions du Comité des
Kécompenses, lesquelles ont contribué à for-
mer l'ensemble des distinctions que l'Aca-
démie Nationale décerne pour l'année 1897.
11 y a lieu de remarquer aussi que cet en-
semble de distinctions est dignement com-
plété par les Médailles que, sur la demande
de plusieurs Sociétaires, l'Académie décerne
à des coopérateurs dévoués et méritants, en
témoignage de reconnaissance pour leurs
sentiments de fidélité et pour le zèle qu'ils
ont déployé au service de leurs patrons.
« Après cet exposé, il ne me reste plus
qu'à vous donner lecture, Messieurs, de la
liste entière des récompenses que notre So-
ciété décerne pour Tannée 1897, récompen-
55
^OUliNia MENSUEL DE L'aGADÉMIB ffATI0N4LB.
so
ses dout ]a proclamation forme la partie
principale de Tordre du jour de la présente
Assemblée. »
Le Directeur lit la liste des récompenses
qui est publiée plus loin.
Après cette lecture, il reprend :
(c Messieurs,
« Le dénombrement des récompenses qui
viennent d'être proclamées donne les résul-
tats suivants :
Diplômes d'Honneur
Diplômes de Médailles d'Or —
— — de Vermeil.,
— — d'Argent —
— — do Bronze..
Tolal.
25
25
9
7
4
70
Les Médailles de Coopérateurs sont au
nombre de huit, dont une d'or, cinq de ver-
meil et deux d'argent.
Ces chiffres de récompenses sont encore
inférieurs à ceux de Tannée précédente et
restent bien au-dessous des chiffres des an-
térieures. La raison principale de cette di-
minution du nombre de nos récompenses
annuelles est bien, à la vérité, que beaucoup
de nos Sociétaires ne sont plus susceptibles
de figurer parmi nos nouveaux lauréats,
puisqu'ils sont arrivés au sommet do notre
hiérarchie honorifique. Mais, il est malheu-
reusement incontestable aussi qu'un certaiii
ralentissement s'est produit dans la marciie
du progrès, ainsi d'ailleurs que nous en fai-
sions la remarque au début de ce rapport.
De ce ralentissement, il est résulté une nou-
velle réduction des ressources de notre So-
ciété, mais les recettes de 1897 ont d'ail-
leurs permis de pourvoir à toutes les néces-
sités du fonctionnement social.
« Rn conformité du 4* paragraphe de Tar-
licle XII des Statuts, le Conseil d'adminis-
tration a fait choix de M. L. G. Dard, in-
génieur-constructeur, à Paris, fils de notre
sympathique Président, pour entrer daiis
ses rangs. La présente Assemblée générale
doit ratifier cette nomination. En raôme
temps, elle doit procéder à la réélection d'une
des fractions formant le quart du Conseil
d'administration, conformément au 2* para-
graphe du même article XII des Statuts.
Cette fraction, qui constitue la première série
des Membres du Conseil d'administration,
est ainsi composée, suivant les résultats du
tirage au sort qui a eu lieu le 20 octobre
dernier :
MM. Degoix,
Hardon,
Meyer,
Richy,
Vayson.
c La ratification de la nomination de
M. L. G. Dard et la réélection de la première
série des Membres du Conseil d'administra-
tion doivent constituer un témoignage de
l'approbation donnée par Tassemblée géné-
rale à la marche delà Société durant Tannée
1897. C'est dans cette pensée que le Conseil
d'administration sollicite de Tassemblée uu
vote favorable à la ratification et à la réé-
lection dont il s'agit. »
A la demande de M. le Président, Tas-
semblée se prononce à l'unanimité pour
la ratification et la réélection proposées.
L'ordre du jour étant épuisé, la séance a
été levée à 3 heures.
04 LISTE GfiflKRAnK DES RËGOUPKNSES. D
RÉCOMPENSES
DÉCERNÉES PAR L'ACADÉMIE NATIONALE,. AGRICOLE,
MANUFACTURIERE ET COMMERCIALE
A CbUX DE SES MEMBRES QUI ONT SOUMIS DES TRAVAUX OU DES PRODUITS AUX JUGE-
MENTS DE SES COMITES, ET A CEUX DONT l' ACTIVITÉ s'EST PLUS PARTICULIÈREMENT
SIGNALÉE DURANT l' ANNÉE 1897.
Diplômes d'Honneur.
A MM.
Bepchten (D' Edward), à Londres. — Tra-
vaux, découvertes et progrès réalisés
dans la chimie et le traitement industriel
des pétroles.
Chorel et Escorbia, à Saint-Etienne. —
Hubans et velours.
Conza, à Paris. — Cartonnages riches pour
confiserie.
Dechambenoit et Cîe, à La Pipée ( Vos-
ges!. — Fabrication mécanique de clous
pour chaussures.
Denis, Benoist et Cie, à Uoubaix. —
Teintures, apprêts et impressions de tis-
sus.
Heinrichs, à Hodimont-Verviers (Belgi-
que). — Machines à vapeur et pompes
centrifuges.
Hesselink frères, à Arnhem (Hollande).
— Vins d'Espagne et de Portugal.
Hurlot, à Paris. — Industrie du battage
tVor.
Jeaner, à Paris. — Fabrication d'albums à
reliures riches et artistiques.
Legrand-Baboye, à Fresnes (Nord). —
Manufacture de chicorée torréfiée.
Magot (Adrien), à Vesoul. — Fabrication
«le limes, de scies et d*outils en acier pro-
ttlé^.
Matiie (P. Ali), à Montfavet (Vaucluse). —
Succès dans Télevage du bétail et la pro-
duction laitière.
Melia, à Alger. ^ Tabacs, cigares et ciga^
rettes.
S. E. Metaxa, au Pirée (Grèce). — Eaux-
de-vie et liqueurs.
Parisse (Léon), à Larrière, près le Val-
d'Ajol (Vosg[es).— Création et fabrication
gerfectionnée d'articles de tôlerie et de fer-
lanterie.
Paupy frères, à Paris. — Fabrication de
carreaux et hourdis en plâtre.
Peleti (Federico), à Calcuta. — Produits de
confiserie et de distillerie.
Philippe (Jules), à Houdan (Se!ne-et-Oise).
— Appareils, instruments et produits d'a-
viculture.
Pollet (Alphonse), à Tourcoing. — Tissus
de laines effilochées, genre anglais.
Pruvost, à Paris. — Pianos.
Salles (Les fils de L.), à Paris. — Fabrica-
tion d'engrais.
Schmautz (Charles), à Paris. — Rouleaux
en cuir pour impressions lithographi-
ques.
Tellier aîné (Louis), à Lille. — Travaux de
ferronnerie artistique.
Tisserand, dit Jacobus aine, à Port-sur-
Saône (Haute-Saône). — Instruments de
pesage, presses à copier et meules mon-
tées.
Visser (Daniel) et fils, à Schiedam (Hol-
lande). — Spiritueux et liqueurs.
Diplômes de Médailles d'Or.
A MM.
Barbanson, à Bruxelles. ~ Fabrication
d'engrais.
Bloch (Joseph), à Chaux-deFonds (Suisse).
— Fabrication de montres soignées.
Chatenay (Samuel), àNeuchâtel (Suisse).—
Vins rouges et blancs,
Chauvin, à Paris.— Jouets et équipements
pour enfants.
DarJ (L G.), à Paris. — Construction d©
machines, appareils et outils pour Tindus-
trie vélocipeaique.
Flinois (Octave), à Flavy-le-Martel (Aisne).
— Vins et spiritueux.
François (Louis) et Cie, ù Promontor
(Autriche-Hongrie). — Vins mousseux de
Hongrie.
Godefroy, à Orblquet (Calvados). — Beur-
res uns.
&9
JOURNAL MENSUEL DK L AGA DEMIE flATIONALB.
m
Greffier, à Paris. — Appareils pour la fa-
brication des eaux gazeuses.
Grossot, à Paris. — Construction de
cycles.
Jeanneau (Charles), à Janxé (lUe-ei- Vilai-
ne). — Produits spéciaux pour beurreries
et fromageries (colorants, présures, fer-
ments et conservateurs).
Lapasset, à Perpignan. — Papiers à ciga-
rettes.
Lusay (Emile), à Belfaux (Suisse).— Etudes
et constructions de chemins de fer en ré-
gions accidentées.
Magnier aîné, k Rosoy (Haute-Marne) . —
Laines cardées, draps, coutils et articles
de bonneterie.
Maihez (Armand), à Fontenoy-le-Chàleau
(Vosges;. — Fabrication de couverts en
acier et en métal blanc, avec éiamage.
nickelage, argenture ou dorure.
Pollet (Albert), à Tourcoing.— Fils de lai-
nes cardées.
Popolf (Georges) et Cie, àSo6a iBulgarid.
Pierres lithographiques des carrières de
Negouschevo.
Proux (Etienne), À Saint Jean-d'Angély.
— Produits nouveaux de pâtisserie fine.
Robinat, à Odessa. — Produits de confi-
serie.
Sala (Luigi), à Alessandria (Italie). — Ou-
vrages sur la vinification et la prépara-
tion des liqueurs.
Sotelo (Léon Diego), à Séville. — Produits
de parfumerie.
Treapalaolos et Aldabo, La Havane (Ile de
Cubai. — Spiritueux et liqueurs.
Valentin-Roussel. à Roubaix. — Fils de
laines peignées et cardées.
Van Duyse f rèrea, à Lokeren (Belgiquei .
— Fabrication perfectionnée de bouchons
et article en liège.
Verweagen et Kok, à Amsterdam. —
Ilnrnais d'une confection fine et soignée.
Diplômes de Médailles de Vermeil.
A MM.
Bastard (Auguste), à Cromary (Haute-
Saône). — Liqueurs.
Bastoa, à Oran.— Tabaos, cigares et ciga-
rettes.
Boasard-Lemaira, à Paris. — Produits
de parfumerie.
Broohard-Quillat, à Cbàteaudun (Eure-
et-Loir). — Curaçao Rrochnrd.
Maujean, à Sermaize (Marne).— Vin Mau-
jean et extraits concentrés pour prépara-
tion de sirops.
Navarro, à Sidi-bel- Abbés. — Vins et fa-
rines.
Rachat, au Pont, vallée de Joux (Suisse).
— Fournitures pour horlogerie.
Sandomiraky, à Kremcntchough (Russie).
— Exploitation d'une scierie mécanique.
Valtat, à Paris. — Article de chaufTage.
Diplômes de Médailles d'Argent.
A MM.
Arvilla et Cle, à Puerto de Santa-Maria.—
Vins d'Espagne.
Elliott, à Bornel (Oise). — Grillages méca-
niques galvanisés.
Kruai (D"*), à Gais (Suisse). — Bandages
herniaires et médicaments spéciaux.
Paloux (Jules), à Orart. — Eludes et pro-
jets concernant diverses branches des
sciences et de l'industrie.
Pougeoia, à Paris. — Muselières et bavet-
tes en cuir et aluminium pour chevaux
vicieux.
Poppe-Beutels, à Lokeren (Belgique). —
Fabrication de chicorée torréfiée.
Venet (Euj^ène), à Bordeaux. — Travaux
spéciaux de fumisterie, sur bases scienti-
fi(iues et raisoiînées.
Diplômes de Médailles de Bronze.
A MM.
Amareateanu et Cie, à Bucarest. — Vins
de Roumanie.
Bar (Ferdinand), à Charleroi (Belgique).—
Produits insecticides.
Chaumeil (Amédéei, à Annonay (Ardéche;.
—Alcool de mentlie des Cévennes.
Qiralt (Crislobal) et Cle, î\ Saint-Domin-
gue. — Bhum.
ai
LtSTE OémUALK UB8'HÉC0MPKNSKS.
02
COOPÉRATEURS
Récompenses décernées aux Coopérateors de Membres de la Société en conformité da
paragraphe 3 de l'article II des Statuts.
Médaille d'Or.
A M.
Sergés (Amand), chef comptable de la
maisoD de Neuûize et C'*'. -- 41 ans de
bons et loyaux services.
Médailles de Vermeil.
A MM.
Clément (Ilippolyte), fiférant de la Faïen-
cerie de Chauvigny, maison Deshonliéres-
Jâger, à Chauvigny (Vienne). — 18 années
de services.
Laneard (Henrij, contremaître de M. P.
Fortin, fabricant de produits pour le po-
lissage, à Paris. - 15 années de services.
Liberealle (Eugène), fondé de pouvoirs de
M. P. Fortin, fabricant de produits pour
le polissage, à Paris. — 15 années de ser-
vices.
Panneo (Jean), ouvrier-ajusteur mécani-
cien, chez M. Paul Le Caliennec, cons-
tructeur de machines agricoles, ù Lander-
neau (Finistère). -— 21 années de services.
Vornis (Madame Adolphine), employée
chez M. Pierotti fils, fabricant de cha-
peaux de paille et de feutre et de fourni-
tures pour modes, à Marseille. — 18 an-
nées ae services.
Médailles d'Argent.
A MM.
rieschelle, ouvrier tisseur, chez M. J.
Vayson, à Abbeville. — 36 années de ser-
vices.
Groaboillot (Emile), chef d'expéditions,
chez M. P. Fortin, fabricant de produits
pour le polissage, ù Pari3. — 10 années de
services.
DISTINCTIONS HONORIFIQUES
AOCORDÉES AUX MEMBRES DE L'ACADÉMIE NATIONALE
Par arrêtés du ministre de Tinstruction publique
A été nommé Officier de l Instruction
publique :
M. Gi'iLBEnT-MARTiiN (Auguste), fabricant
d'émaux, à Paris.
Ont été nommés Officiers cT Académie :
UiRLOT (Gaston-Alphonse), administra-
teur de la Caisse des Ecoles du 10* arrod •
dissement, délégué cantonal.
Vayson (Jean-Antoine), manufacturier à
Abbeville, ancien président de notre So-
ciété.
YiRiLi.KMARD (Hippoiytc-Emanuel), impri-
meur-lithographe, à Paris.
63
iODRNAL «EmOBL DR L ACAOÉMU NATIONAIX.
G4
AGRICULTURE
LE» CONCOURS RÉGIONAUX
LE8 EN 1898.
AQRICO-
Le Journal officiel a fait connaître que,
par arrêté en dalcdu 13 janvier, le prési-
dent du Conseil, Ministre de Tagriculture,
a décidé que les concours régionaux agri-
coles se tiendront, en 1898, dans les villes
et aux époques suivantes : Limoges^ du 28
mai au 5 juin ; — Mé{ièreS'Charleville,
du 4 au 12 juin ; — Alençorty du 25 juin
au 3 juillet ; — Tarbes, du 20 au 28 août ;
— Lyon, du 27 août au 4 septembre. — Les
programmes de ces concours sont tenus à
la disposition des intéressés au ministère de
Tagriculture.
LES RÉCOLTES EN TERRE
Le ministre de Tagriculture a fait con-
naître Vétat des ensemencements et révalua-
lion des récoltes en terre à la date de jan-
vier 1898, d'après les rapports des profes-
5eurs départementaux d'agriculture. Voici
les résultats généraux de ce travail en pre-
nant pour terme de comparaison Tannée
1890 :
Ensemencements
BLé
5 départements ont une superficie supé-
rieure (le plus de 30 % .
4 départements ont une superficie supé-
rieure de 21 à 30 % .
15 départements ont une superficie supé-
rieure de 11 à 20 %.
21 départements ont une superficie su-
périeure de 0 à 10 % .
25 département ont une superficie supé-
rieure de 1 à 5 % .
13 départements ont une superficie éga-
le.
3 départements ont une superficie infé-
rieure de 1 à 5% .
I 1 départe;ncnl a um; suporflcie inférieure
I de 10 X .
, SEIGLE
I
I département a une superficie supérieure
' (le 25 % .
I 4 départements ont une superficie supé-
rieure de 1 1 à 20 % .
9 départements ont une supertie supé>
rieurede 6 à 10 %.
12 départements ont une superficie supé-
rieure de 1 à 5 % .
46 départements ont une superficie égale.
II département ont une superficie infé-
rieure de 1 à 5 % .
1 département à une superficie inférieure
de 10 •/. .
1 département a une superficie inférieu-
re de 40 % .
2 départements ne cultivent pas le sei-
gle.
I Voici maintenant les résultats en ce qui
J concerne Tétat des cultures :
Etat des cultures
BLÉ
[ 13 déparlomcnts ont la note très bon ; 44
bon ; 28 assez bon ; 2 passable.
SEIGLE
19 départements ont la note très bon ;
47 bon ; 19 assez bon.
LE CHARBON DE B0I8 ET LE8 FOURMI8
Dans noire Journal de Décembre, nous
avons reproduit une note du journal la
Galette du F///^^^, indiquant, sur la foi de
M. Joigneaux, que des morceaux de charbon
de bois, convenablement disséminés, avaient
la propriété de déterrai rfer Téloignement
des fourmis.
A ce sujet, un de nos Sociélaires, M. Guil-
f>5
AGRICULTURE.
66
SandheiQ,de Huoiva (Espagne), nous a adres-
sé la communication suivante, de laquelle
il résulte qu'il doit y avoir eu erreur dans
les observations faites par M. Joigneaux.
a Dans le numéro du journal correspon-
«daotau mois dedécembre 1897,page 538,
« j étais heureux de lire une recelte pour
« réioignement des fourmis par l'emploi du
« charbon de bois.
« Souffrant beaucoup de la voracité des
« fourmis, à ma visite cette semaine à la vil-
•^ la Onuba, dans la haute montagne, j'ai
« fait l'essai du charbon de bois, le répan-
^ dant avec profusion sur quatre grands
• nids de fourmis, et je regrette de vous le
« signaler, cela sans le moindre succès. Les
« fourmis, quoique en désarroi durant les
< premiers moments, sont de suite retour-
< nées à leurs repaires, travaillant à enle-
« ver le menu charbon, et débarrassant les
• innombrables entrées de leurs demeures.
« Comme elles devaient traverser dos chc-
< roins du jardin, j'ai placé une forte quan-
« tité de menu charbon sur Taxe de leur
■ passage : elles n*ont pas même contourné
« l'obstacle, et la plus grande partie sinon
• toute leur procession allait et venait en li-
« goe droite, passant par-dessus le charbon.
« J'ai fait ces expériences, en renouvelant
• le charbon, pendant trois jours.
« En faisant appel ù mes souvenir.^, il me
•i revient, d'ailleurs, que dans une de mes
« propriétés, au milieu d'une forêt de pins,
«il existait une clairière où Ton faisait du
• charbon de bois, et que précisément sur
< ce point il y avait abondance de nids de
• fourmis. Je ne crois donc pas que le char-
«bon de bois constitue un remède pour
« réioignement des fourmis, et je constate
« que, jusqu'à présent, c'est l'emploi du pé-
< troleou de la chaux vive qui m'a donné
« les meilleurs résultats. »
U FRAUDE DANS LE COMMERCE DES
ENQRAI8
(Extrait du Journal de r Agriculture.)
A maintes reprises, nous avons eu à si-
gnaler les efforts persévérants poursuivis par
certains^commerçants malhonnêtes qui par
courent les campagnes en essayant de pla-
cer chez les cultivateurs des engrais qui sont
vendus à des prix exorbitants par rapport ù la
composition annoncée, ou bien qui parfois
même n'ont aucune valeur. Celte industrie
malsaine et coupable parait, d'après divers
échos que nous recevons, vouloir prendre
une nouvelle activité ; ses efforts sont si-
gnalés de plusieurs côtés à la fois, encoura-
gés peut-être par la faiblesse que certains
tribunaux ont montrée, comme nous le ver-
ronsplnsloin. En effet, si l'on a le plaisii
d'afflrmer que les associations agricoles,
notamment les syndicats, comme les pro-
fesseurs d'agriculture, multiplient leurs ef*-
forts pour réprimer ces fraudes, on a le de-
voir de constater que leurs tentatives ne
sont pas toujours suffisamment encouragées.
Voyons d'abord les faits récents. M. Ma-
réchal, professeur départemental d'agricul-
ture du Pas-de-Calais, nous communique
la lettre suivante qu'il a adressée aux pré^
sidonts des associations agricoles de ce dé*
partement :
« Monsieur le président, au cours de Van-
née 1897, nous avons appelé votre attention
à maintes reprises sur les agissements de
certains marchands d engrais qui ont jeté
leur dévolu sur notre région ; malgré cela,
nous avons encore à constater de nouveaux
exemples de fraudes que veulent bien nous
signaler de dévoués correspondants. On y
retrouvera les mêmes procédés déjà dénon-
cés, mais plus perfectionnés. Voici ce que
l'on nous écrit du canton de Gufnes :
« Le samedi 8 courant deux cyclistes, élé-
gamment vêtus, casquette galonnée, se pré-
sentent chez un cultivateur de notre com«'
mune. Ils lui parlent ainsi, en substance :
Nous sommes les représentants de \^ Société
d'agriculture de Boulogne^ ville que nous
habitons. Nous venons vous offrir les en-
grais que cette Société est chargée de ven-
dre en toute confiance. Nous avons la com-
mande de MM. X, X, X... (déclaration faus-
se). Nous allons prendre la vôtre, hâtive-
ment, car nous sommes pressés.
07 JOURNAL MENSDEI, 01
«Convaincu par des argumenls très in-
génieux, mais après bien des hësilations,
noire cultivateur se laisse faire. 11 signe, au
crayon, sur un carnet à souches, et on lui
remet le bordereau ci-joint.
c Je suis persuadé, ajoute notre corres-
pondant, que je me trouve en présence (Tune
nouvelle victime des exploiteurs qui infes-
tent notre département, comme tant d'au-
tres du reste.
c Je le regrette d'autant plus que vos sa-
ges avis sont répétés à tout venant, et le
plus souvent possible : on est venu me con-
sulter, mais un peu tard, sansdouto. »>
Il n'y a malheureusement aucun doute.
H s*agit bien, ainsi que nous le prouve le
récépissé joint à la lettre, des engrais dont
nous avons évalué la valeur dans notre
précédente circulaire, à5rrancs environ. Le
cultivateur Tayant payé 22 francs, il est
donc frustré de 17 francs, soit pour une com-
mande de 1,000 kilog. une perte sèche de
près de 170 franco.
Un autre correspondant du canton d'Huc-
queliers nous écrit de son côté :
, « Un représentant de la maison S. a fait
son apparition ces jours derniers dans no-
tre petite commune. Il s*est fait accompa-
gner par le garde-champôtre, s'est dit en-
voyé par le maire, par le Syndicat, d'ac-
cord avec les principaux cultivateurs du
pays.
a De celte manière et malgré les avertis-
sements qui ont été donnés plusieurs fois,
quatre personnes se sont laissé tenter.
« Frappéde voir circuler, dans une rue
très peu fréquentée, un individu en costu-
me de cycliste accompagné du garde, j'ai
fait aussitôt demander ce dernier. Une fois
au courant^ j'ai fait prévenir les personnes
que le courtier n'avait pas visitées encore,
et celles qui avaient déjà acheté en priant
ces dernières de venir me trouver immé-
diatement. L'uned'elles arriva aussitôt, son
contrat ù la main. Après lui avoir expliqué
que son engrais valait un peu plus de 5 fr.,
et non 22, je l'engageai à essayer par des
menaces de se faire rendre son engagement.
Fort vexé comme bien l'on pense, notre
cultivateur rechercha son vendeur, l'arrêta
l'académik nationale. 68
en pleine rue. L'entretien fut assez orageux ;
les professeurs d'agriculture et l'inslituleur
furent quelque peu malmenés, parait-il.
Mais le cultivateur avait réservé un argu-
ment qui fit aussitôt son effet : c SI vous
a ne me rendez pas immédiatement la feuil-
« le que j'ai signée, dit-il, j'envoie mes en-
■ fanls dans les communes voisines avertir
« les maires, les gardes et les cultivateurs et
^ je vous fais suivre partout où vous irez. ^
L'individu devint doux comme un mouton :
le contrat fut brûlé.
a Deux autres cultivateurs, avertis dans
les champs où ils se trouvaient, partirent
à sa suite, le rattrapèrent dans une commune
voisine et obtinrent le même résultat.
« Un seul no s'est pas dérangé, mais il n'a
pris qu'un sac. »
Nous remercions bien sincèrement dos
correspondants de leur zèle et de la précieuse
collaboration qu'ils ont bien voulu nous
prêter en la circonstance. Si nous avons te-
nu à vous donner connaissance de leurs
lettres, c'est pour montrer une nouvelle fois
quels services peuvent nous rendre les per-
sonnes éclairées, les instituteurs particu-
lièrement, qui comprennent bien leur devoir.
Nous y voyons la nécessité qu'il y a pour
les maires à surveiller les agissements par-
fois aussi inconscients que funestes de leurs
gardes. Quant à vous, Monsieur le prési-
dent, vous y trouverez une nouvelle preuve
de la nécessité qu'il y a de toujours mieux
renseigner vos adhérents sur leurs vérita-
bles intérêts. Peut-être aussi no sera-t-il
pas inutile de signaler l'exemple des trois
cultivateurs delà petite commune du can-
ton d'Hucqueliers, qui ont si bien su se ti-
rer d'un mauvais pas.
Nous demeurons à votre disposition. Mon-
sieur le président, pour tous renseigne-
ments utiles et vous prions d'agréer, etc.
C. Maréchal,
Professeur départemental d'agriculture.
Le même industriel parait opérer aussi
au delà de la frontière. Voici, en effet, ce
qu'écrit, la semaine dernière, M. Alexan-
dre Lonay, agronome de l'Etat, k Mons
(Belgique) :
60
AGRICULTURK. 70
Nousavons sous les yeux le contrat « fait
en double » d'une vente de ÔOO kilog. en-
ivrais S- . . n"" 6, au dosage indiqué au dos
du contrat, au prix de dix-huit francs,
tnoco en gare à Warquignies-lcs-Dour,
payable fin mars 1808.
Et voici textuellement comment l'engrais
est désigné :
!^•6. Sitferpliosfhaîe.
Il a 13 pour 100 d'acide phosphorique total dont :
1) à 12 p. 103 d'acide phosphorique soluble à
l'eau et au citrate d'ammoniaque.
2i à 26 p. 100 d'équivalent en phosphate trical-
cique.
Et voilà ! 18 francs pour un superphos-
phate titrant lu à 12 pour 100 d'acide phos-
phorique cotable et valant, eu réalité, 3 tr.
cO environ.
L'imbécile (je ne trouve pas d'autre ex-
pression), qui a consenti ce mirifique mar-
ché, se propose, sur le conseil qui lui en a
été donné, de ne pas payer l'engrais à Té-
rhéance de fin mars. Il est probable, en ef-
fet, que le vendeur ne le poursuivra pas
pour une fourniture facturée 108 francs
mais qui, en réalité, ne vaut qu'euviron 20
francs.
Dans une autre région, M. Allard, pro-
tesseur d'agriculture de la Haute-Saôno,
nous communique une afiiche qu'il fait pla-
carder dans les communes du département,
sur le choix des engrais, et dans laquelle il
signale notamment les tromperies dont les
cultivateurs sont trop souvent victimes, re-
latirement à l'emploi des engrais, a Tou-
jours, dit-il, c'est à la faveur d'un langage
de mensonges, et souvent par des moyens
frauduleux, que les courtiers arrivent à sur->
prendre la bonne foi des acheteurs et à les
tromper. » — Voici quelques exemples em-
pruntés à ceUd affiche :
1* Engrais vendu à Pesmes :
? p 100 d'azote organique à 1 fr. 70. . . .
•'pour 100 d'acide phosphorique so-
luble à 0 fr. 50........;
3 pour 100 d'acide phosphorique in-
solubleàO fr. 20
Valeur exacte des 100 kllog. de ren-
drai»
Cet engrais a été vendu 22 fr. les 100 ki-
log-i soit 16 fr. 60 plus qu'il ne vaut.
3fr.40
2 50
0 60
6fr.50
2<> Enfi^rais vendu à Vauviliers :
5 pour 100 d'acide phosphorique so-
luble à 0 fr.50
6 pour lUO de potasse à 0 fr. 53
Valeur exacte des 100 kilog. de l'en-
terais
= 2 fr.50
= _|| 30
5fr.80
Cet engrais a été vendu 16 fr. les lOQ ^i-
lo^ , soit lOfr. 20 plus qu'il ne vaut.
3» Autre engrais vendu à Vauoillers :
2 pour 100 d'azote à 1 fr. 70 = 3rr.40
10 pour 100 d'acide phosphorique so-
lublft à 0 fr.50 5 00
Valeur exacte des 100 klloîç. de l'en-
grais 8 fr. 43
Cet engrais a été vendu 21 fr. les 100 ki^
logr., soit 12 fr. 60 plus qu'il ne vaut.
Il n'est pas douteux que de semblables
agissements constituent des tromperies daus
lesquelles l'intention est d'autant plus évi-
dente que Ton prend ses précautions pour
paraître obéir ù la loi sur le commerce des
engruii.llya donc là une véritable escro-
querie. Mais si vous employez publique-
ment cette dernière expression, même quand
vous avez pour mission de détendre les
cultivateurs contre ces gens-là, vous trou-
verez parfois des tribunaux qui vous con-
damneront.
Telle est la mésaventure arrivée, il y a
quelques mois, à un professeur départe-
mental d'agriculture, et contre laquelle on
doit protester.
Le ministre do l'agriculture a chargé ex-
pressément les professeurs départemen-
taux d'exercer une surveillance active sur
les agissements de la nature de ceux que
nous rappelons aujourd'hui. Dans une cir-
culaire en date du 20 avril 1894, il leur a
été recommandé de « s'efforcer, par tous les
moyens en leur pouvoir, de mettre les cul-
tivateurs à même de se détendre contre les
agissements d'industriels souvent malhon-
nêtes qui les trompent, soit sur la qualité,
soit sur le prix des marchandises vendues. »
Or, dans un département du Centre, un in-
dustriel colportait dans les campagnes un
engrais qu'il vendait 15 ir. les 100 kilog.,
alors que sa valeur réelle, constatée par des
analyses régulières, était de 5 fr. 50. C'est
donc bien le cas prévu dans la circulaire
citée. Le professeur départemental d'agricul-
ture, ayant un journal à sa disposition, y
71
MHJBffAL MENSURL Dt L'aCADÉMIE NATIOlfAtB.
publia une lettre dans laquelle un cultiva-
teur lui signalait celte u escroquerie ». L'in-
dividu mis en cause s'adressa au tribunal.
Celui-ci lui donna raison, dans un juge-
ment condamnant le professeur d'agricul-
ture pour avoir publié une expression inju-
rieuse à l'égard du marchand.
On avouera que ç*est peu encourager les
professeurs d'agriculture à faire leur de-
voir. Le Ministre de Tagriculturo les incite
à prémunir les cultivateurs par tous les
moyens en leur pouvoir, et la justice inter-
vient pour leur interdire d'appeler les cho-
ses par leur vrai nom. L'audace et Tinso-
lence dos fraudeurs no pourront que s'ac-
croître de la facilité qui leur est donnée
contre ceux qui sont chargés de leur arra-
cher leurs victimes. On a le droit d*espë-
rer qu'un jugement semblable ne constitue-
ra pas une jurisprudence définitive, car il
va à rencontre des plus légitimes intérêts
des cultivateurs, au bénéfice dçs fripons.
Celui qui poursuit un voleur dans la rue,
en criant : Au voleur ! scra-t-il bientôt
poursuivi pourinjure ?
Henry SACNiea.
INDUSTRIE
DiSPOSITIF D'ÉCLAIRAGE INTÉRIEUR
DES VOITURES DE PLACE.
Communication de M. G. Trouvé, ingénieur-
constructeur, l4,rueVivienne, à Paris.
Le journal Le Figaro du l*" janvier 1898
a publié la note suivante :
a Nous avons eu le plaisir de monter
<c hier soir dans une voiture de place où il
« nous a été permis do lire le journal et de
« prendre des notes. Un très ingénieux sys-
« tème d'éclairage, inventé par M. G. Trou-
ce vé, h qui l'on doit déjà tant de découver-
tt tes, fournit instantanément la lumière
« au voyageur. Ce sont les Citadines de la
« Compagnie Camille qui ont inauguré cet
tt heureux système dont nous espérons voir
X se généraliser l'emploi. »
Voici la description du dispositif qui réa-
lise l'éclairage si favorablement apprécié
par le rédacteur du Figaro :
Depuis l'exposition d'électricité de 1881,
j'ai adapté un éclairage électrique à de
nombreuses voitures de maîtres, à des voi-
tures pour service de luxe qu'on appelle
voitures de remise^ ou à des voitures com-
merciales installées dans un but de réclame.
Un grand nombre de mes clients, médecins
ou ingénieurs, ont ainsi leur coupé éclairé
intérieurement, leur permettant de prendre
des notes ou deJire le soir comme en plein
jour.
Cet éclairage, qui convient à beaucoup
de personnes, a cependant quelques incon-
vénient.^. Il éclaire trop complètement l'in-
térieur de la voiture, y mettant en pleine
lumière la ou les personnes qui s'y trouvent,
et les exposant ainsi aux regards indiscrets
des passants. En outre, il comporte une
dépense d'entretien qui, quoique relative-
ment modeste pour le propriétaire d'une
voiture, serait trop lourde pour une cora-
pagnie de voitures de place.
C'est pour remédier à ces inconvénients
que je viens de créer le nouveau dispositif
d éclairage déjà adopté par les Citadines,
lequel ne comporte aucune augmentation
de dépense journalière, et laisse convena-
blement localisée dans l'intérieur de la voi-
ture la zone de lumière qu'on peut utiliser
ou non à volonté.
En effet, par Pemploi de ce dispositif :
P J'utilise la lumière même des lanternes
ordinaires de la voilure.
2^ Je réduis le champ d'éclairage aux
dimensions strictement nécessaires pour
qu'on puisse lire confortablement et pren-
dre des notes, sans que la physionomie
73
INDUSTRIE.
74
des personnes occupantla voiture se trouve
éclairée de façon ù pouvoir être distinguée
du dehors.
Ce dispositif, dont l'eflicacité est si bien
appropriée au but à atteindre, se conapose
simplement d*une lentille, dont Tune des
faces est plane et dont lautre face est con-
veie, et qui e^t placée dans Tintérieur de
chaque lanterne, avec une direction et une
ioclinaison convenablement choisies pour
projeter, à travers les glaces de devant de
lu voiture, un cône de lumière dans l'angle
opposé de la banquette intérieure.
A l'intersection des deux cônes lumi-
neux, lesquels sont d'ailleurs tort peu éva-
sés, la lumière est très vive, permettant la
lecture aux vues les plus faibles. Pour les
vues ordinaires, la lumière est même suffi-
sante dans les coins opposésde la banquette
du fond de la voiture.
On peut d'ailleurs aisément renoncer au
bénéfice de cette lumière intérieure, sans
recourir à l'intervention du cocher, en abais-
sant deux petits stores d'une installation ap-
propriée à cet effet.
Il n'y a pas de doute que ce ne soit là la
solution la plus simple et la plus économi-
que du problème de l'éclairage intérieur des
voitures de place, de remise ou de maîtres.
G. T.
En insérant cette communication relative à
aoe nouvelle manifestation de l'esprit si inven-
tif de notre ingénieux Sociétaire, M. G. Trouvé,
Qous lui adressons nos plus sincôres félicita-
tions, et nous lui renouvelons Tiiommage de
notre admiration pour son imaj^ination créa-
trice si variée et si féconde on résultats prati-
ques. E. T.
FABRICATION DE MONTRES
de M. Joseph Bloch,
& Ghaux-de-Fonds [Suisse).
U fabrication suisse de Thorlogerie s'est
sinon transformée, du moins modifiée con-
sidérablement depuis un petit nombre d'an-
nées, sons l'influence de la redoutable con-
currence américaine. Un moment désorien-
tés parles résultats surprenants qu'obtenait
l'industrie horlogère des Etats-Unis, les fa-
bricants suisses se sont hardiment appro-
priés les procédés et les priacipes de leurs
rivaux d'Outrc-Atlantique, c'est-à-dire le
perfectionnement de Toutillage, Textrème
division du travail, l'extension du machi -
nisme et la spécialisation à outrance des
détails de fabrication. En adoptant déllbé-
ment l'emploi des principes et procédés
américains, l'industrie suisse, forte de sa
prééminence antérieure, de la valeur de ses
traditions et de l'habileté professionnelle de
sa main-d'œuvre, a pu reprendre rapide-
ment le premier rang dans la fabrication de
l'horlogerie, aussi bien au point de vue de
la qualité et des mérites des produits qu'à
celui du bon marché relatif des prix de re-
vient et de vente.
C'est là une constatation que nous avons
pu faire à nouveau, en examinant onze
montres soumises à notre appréciation, à
titre d'échantillons d'une fabrication cou-
rante, par notre sociétaire, M. Joseph Bloch,
de Chaux-de-Fonds (Suisse).
De ces onze montres, huit étaient à ca-
dran visible ordinaire, genre dénonnné
lépine.ei trois étaient des savonnettes, c'est-
à-dire munies d'un couvercle qu'il y a lieu
de faire ouvrir au moyen d'une poussette,
chaque fois que l'on veut consulter les indi-
cations du cadran. L'ensemble formait un
échantillonnage assez complet depuis le
petit remontoir en or pour dame, de 9 li-
gnes, jusqu'à la savonnette-chronographe à
répétition de 21 lignes, et depuis la simple
montre en argent, n'indiquant que l'iieure
et les minutes, sans trotteuse pour l'indica-
tion des secondes, jusqu'à la montre à mul-
tiples indications, montrant le jour de la
semaine, la désignation du mois, le quantiè-
me de ce mois, et les phases de la lune.
Les cadrans, les boites et les aiguilles
étaient des divers genres d'ornementation
qui sont classiques dans l'horlogerie. Une
mention spéciale doit être faite cependant
des deux petits remontoirs de dame, en
genre antique, dont l'un était flinqué d'un
émail scintillant rouge vif, recouvrant le
cadran et la botte, et dont l'autre avait la
boite ornée d'une peinture genre Watteau
75
JOURNAL MENSUEL M L'AGADÉMIE NATIONALE.
7H
en émail, représenlaDt une élégante mois-
sonneuse.
L'or des bottes de ces différentes montres
était au titre de 18 carats. C'est dire que le
marché français se trouve interdit à ces ob-
jets, puisque notre législation ne permet pas
le commerce d'objets en or d'un titre aussi
faible. Cependant les pays étrangers s'ac-
commodent fort bien de ces alliages d'or, et
si M. Joseph Bloch ne peut vendre en Fran-
ce par suite des exigences de la douane ou
du contrôle des matières d'or et d'argent, sa
fabrication trouve de larges débouchés en
Allemagne, en Autriche- Hongrie, en Russie,
en Suède et Norwège, en Hollande, en Bel-
gique, en Italie, en Orient, etc.
Son chiifre d exportations atteint annuel-
lement près d'un demi-million de francs, et
tend à progresser sensiblement.
Les mouvements des montres de M . Jo-
seph Bloch ne sont pas de sa fabrication
propre. Ils proviennent des meilleurs fa-
bricants spécialistes, qui ont su adopter les
procédés américains pour arriver à la pro-
duction de pièces de précision oblenues
mécaniquement à bon marché, avec des
garanties rigoureuses d'interchangeabilité.
Ces mouvements sont soigneusement véri-
fiés et repasses dans les ateliers de M. Jo-
seph Bloch, de façon à offrir toutes les pro
habilités désirables d'une marche-sûre et
régulière. Dans les calibres normaux, les
échappements sont du système à ancre,
avec spiral Breguet, à balancier coupé, réu-
nissant ainsi les meilleurs éléments d'un
fonctionnement irréprochable.
L'une des pièces, remontoir à boite d'ar •
gent niellé, avec indication des secondes,
des jours, des quantièmes du mois et des
phases lunaires, avait un mouvement exé-
cuté entièrement par le fils même de notre
Sociétaire, M. Jean-Louis Bloch, à qui son
père a fait suivre les cours de l'École d'hor-
logerie de Chaux-de-Fonds, en vue de lui
assurer les connaissances techniques les plus
étendues. Ajoutons que ce mouvement a
mérité un bulletin très satisfaisant du bu*
reau de l'Observatoire de Chaux-de-Fonds.
L'un des remontoirs d'argent avait un
mouvement du système Glashtitte, dans le-
quel les déplacements de Taiguillo com-
mandant l'avance ou le retard sont réglés
par une came de forme spéciale.
En résume, nous devons conclure, d'après
les spécimens qui nous ont été soumis et
qui ne représentent cependant pas la totalité
des genresde fabrication de M. Joseph Bloch,
que notre Sociétaire exerce son industrie
dans de bonnes conditions de perfection et
qu'il a droit à une distinction en rapport
aver! les mérites supérieurs des articles de sa
manufacture.
MANDOUNK MÉTAUUIQUE
de M. J. B. Portier, luthier,
à Saint-Etienne (Loire).
Notre Sociétaire, M. J.-B Portier, dont h
remarquable exposition de travaux de lu-
therie nous avait vivement frappé à Bor-
deaux en 1895, a soumis à notro apprécia-
tion une mandoline qu'il a exécutée lui-
même, entièrement en métal.
Du travail de confection de cet instru-
ment, nous pouvons dire qu'il est absolu-
ment parfait, et qu'il prouve, une fois de
plus, que M. Portier est aussi habiledans le
travail du métal que dans celui du bois. Or,
il y a là une double aptitude qui ne se ren-
contre que très rarement, el à laquelle
nous sommes heureux de rendre hommage.
La table d'harmonie de cette mandoline
métallique est formée d'une plaque de
maillochort. enjolivée de gravures au bu-
rin, et la caisse d'harmonie est constituée
d'une feuille de laiton emboutie dans la
forme ordinaire des coques de mandoline,
avec renforts de cuivre rouge sur les bords
et à la base. Le manche est formé d'un
corps creux en laiton et cuivre rouge, re-
produisant les contours ordinaires des man-
ches en bois. A part quelques parties en os,
tout, jusqu'au chevalet, est donc métallique
dans cet instrument, sans comprendre le
moindre échantillon de bois.
Mais si Texécution matérielle de l'instru-
ment nous a semblé absolument parfaite,
et si même nous avons reconnu qu'il y
77
INDUSTRIE.
78
anit là an appareil résonnateur d'une va-
leur propre incontestable, nous avons dû
recourir, pour Vappréciation des mérites
musicaux relatifs de celte mandoline métal*
lique, au jugement d'un de nos amis, musi-
cien émérite et précisément amateur de
mandoline.
Voici quelle a été Topinion de notre
ami :
t L'idée de la construction d*une man-
doline métallique^ n'est ni absolument
nouvelle, ni particulièrement heureuse.
Beaucoup de contempteurs de la mando-
line reprochent surtout à cet instrument
le caractère métallique des vibrations de
ses cordes d'acier. Par contre, les ama-
teurs de mandoline trouvent des charmes
particuliers auxeflets qui s'obtiennent sur
la base des vibrations courtes de Tinstru-
ment. Or, la mandoline métallique de
M. Portier exagère naturellement le ca-
ractère métallique des sons rendus, et
offre une sensible prolongation de durée
des vibrations obtenues, en sorte que,
comparativement aux mandolines' en
bois, elle présente à la fois un accroisse-
sement des défauts et une diminution des
qualités propres de cette espèce d'instru-
ments.
« M. Portier s est en vain efforcé de remé-
dier le plus possible à Texcès de sonorité
de sa mandoline métallique, en interpo-
Mnt des garnitures de drap entre le che-
valet et la table d'harmonie, et entre les
cordes et une baiTO de tension disposée
spécialement en arrière du chevalet. Mal-
' gré ces expédients, la mandoline métal! i-
* que de M. Portier offrira toujours le dë-
* faut capital d'être trop métallique ! Cer-
* les, je ne doute pas que Mademoiselle
^ Julie Portier, à qui son père a dédié cette
' mandoline ne puisse eu tirer des effets
-assez heureux. Peut-être cet instrument
' trouverait-il une place appropriée dans un
'groupement harmoniqueou symphonique
■ spécialement combiné ? Mais, person-
* nellement, je suis d'avis, avec tous les
* naandolinistes que j'ai consultés, que Tin-
'novatioo de M. Portier, tout en étant su-
tt périeurement exécutée, ne marque aucun
« progi'ès réel et qu'elle demeurera sans
a portée pratique et sans chance d'avenir. »
Nous ne pouvons que nous incliner de-
vant ces conclusions d'un musicien compé-
tent. Mais nous tenons cependant à féliciter
H. Portier d'avoir conçu une idée neuve et
d'en avoir assuré la réalisation pratique
dans d'assez bonnes conditions. Il a eu au
moins la satisfaction de voir son rêve pren-
dre corps, & défaut du suprême contente-
ment que peut procurer l'obtention d'un
progrès incontestable et incontesté»
MU8EUÈRK8 ET BAVETTES
pour chevaux atteints de tics
Systèmes brevetés de M. Pougeois
78, avenue de Villiers, à Paris.
Notre Sociétaire, M. A. Pougeois, sellier
barnacheur, à Paris, apporte un louable
esprit d'innovation dans l'exercice de sa
profession, et s'est déjà distingué par la
création d'articles nouveaux pour le harna-
chement des chevaux» articles qui répon-
dent à des besoins spéciaux, incomplète-
ment satisfaits jusqu'à ce jour par l'indus-
trie de la sellerie. Le^ genouillères^les jam-*
bières, et le^ bottines à boulets à garnitures
de caoutchouc, des modèles créés et fabri-
qués par M. Pougeois, ont rencontré un
succès mérité dans le commerce dit des
articles d'écurie.
Plus récemment, M. Pougeois vient de
créer une collection de muselières et de
bavettes, en quatre modèles différents, qui
ont pour but de remédier aux effets des tics
dont sont atteints certains chevaux.
Voici comment M. Pougeois expose lul«
même les inconvénients auxquels ses appa-
reils ont pour but de remédier :
« Un grand nombre de chevaux sont
« gourmands, rien ne les rassasie et ilsman-
c gent tout ce qu'ils trouvent ; leur ventre
« se gonfle, ils deviennent difformes, lourds
79
JOURNAL MENSUBL DB
a el ne peuvent plus rendre les services
« qu'ils doivent donner.
« On a créé jusqu'à ce jour une infinité
a de muselières de toutes formes et de toute
« nature pour combattre et faire disparaître
« cette maladie commune à beaucoup de
« chevaux, mais aucun résultat sérieux
0 n'ayant encore été obtenu. J'ai pensé que
« le dernier mot n'était pas dit sur cette
u matière, et après de nombreuses recher-
uches, je suis arrivé à cx)nfectionner plu-
a sieurs nouveaux modèles de muselières,
« très légères, bien aérées et tout à fait
« a(>propriées aux différents tics des che-
c( vaux.
« Au cheval qui se contente de manger sa
tt litière^ mon modèle n® 1 suffit.
a Si le cheval ne se contente pas de man-
c ger sa litière, s'il fouille et recherche le
<( crottin, ma muselière n"" 2 possède un
tf appareil qui Tempéche d'atteindre ledit
« crottir. tout en repoussant la litière.
a Incapables de satisfaire leurs désir.";, ou
(( pour mieux dire, leurs tics, certains che-
r< vaux n'hésitent pas à employer tous les
« moyens pour se débarrasser de l'engin
« qui les gène et se frottent aux murs, sur-
ce tout s*ils sont au box, ma muselière n"" 3
a est munie d'un appareil qui les empêche
« de s'en défaire.
a Beaucoup de chevaux ont d'autres lies,
a ils arrachent leurs couvertures et les dé-
a chirent, ainsi que les bandages dont on
tt leur entoure les jambes.
« Ck)mbien n'a-t-on pas fait d'appareils
tt ou bavettes, en cuir union ferré, en mail-
tt les, en bâtons de bois, en fer de fourche,
l'académie mationalb. SO
a dit quenouille. Or, on hésite à en faire
« usage, non pas qu'ils ne conviennent pas
a au service qu'on leur demande, mais à
tt cause des nombreux Inconvénients qu'il s
«occasionnent àTécurie.
< Mon modèle n"^ 4, bavette à oreilles et
c galeis, ne présente aucun des désavanta-
ttges des précédents.
c Avec lui plus de poids causant des maux
<( de tête au cheval, déplus rigidité du
« corps, le cheval est libre de ses meuve-
tt ments et conserve toute sa souplesse, lors
tt que attaché dans le box, il tente de pren*
<i dre ses couvertures avec les dents, il
tt s'en trouve cependant empêché, l'oreille
<c de la bavette repoussant l'objet à saisir.
tt Se sentant impuissant, le cheval cherche
c à attirer l'objet avec les lèvres ; j'ai souvent
« constaté ce fait; aussi ai-je muni ma ba-
tt vette de galets qui, par leur roulement
tt continu, paralysent l'action du cheval et
« le forcent à renoncer à l'objet qu'il veut
tt déchirer.
« Mes articles brevetés n" 1, 2, 3 et 4
tt sont confectionnés en cuir de toute na-
tt ture, avec dessins et découpures varia-
« blés. Je les établis également en alumi-
ttuium rigidifiéde la môme façon et dans les
tt mêmes formes que les muselières et bi^
« vettes en cuir.»
AjoutOQs que les divers appareils créé^
par M. Pougeois ont déjà reçu la consécra •
tion d'expériences nombreuses et prolon*
gées, et qu'on leur a reconnu une pleine
efficacité dans toutes les écuries où l'on a
été amené à en faire usage.
EXPOSITIONS ET CONCOURS
EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1900
(Renseignements divers)
COMITÉS d'admission.
Le Journal Officiel du 24 janvier 1898 a
publié une liste complémentaire des Mem-
bres des Comités d'Admission nommés par
arrêté du Ministre du Commerce et de l'In-
dustrie.
Dans cette liste complémentaire, nous
avons trouvé les noms suivants de Membres
de notre Société :
Classe 1 .
M. Thivet-IUnctin, adjoint au maire de
81
Saiot-Denis, membre des Comités de direc-
tion de rAssociation philotechnique et de la
Ligue de l'enseignemcnl.
Classes».
M. Brl EL, président du syndicat des cuirs
du Sud-Ouest, à Souillac (Lot).
Classe 89.
M. Semezies, de la maison Séguin, par-
famerie, à Bordeaux.
Classe 109.
M. ViBERT(Paul), économiste.
D'autre part, quoique n'ayant pas relevé
son nom dans les publications du Journal
Officiely nous savons aussi que notre Socié-
taire M. AuDOYXALoatnéa élénommé Mem-
bre du Comité d'Admission de la classe 108.
PLAQUETTE d'eNTRÉE PERMANENTE A
l'exposition.
Le ministre du commerce, M. Henry
Boucher, vient de commander au graveur
Daniel Dupuis le modèle d'une plaquette
de métal, do quatre à cinq centimètres de
bani, qui remplacera le laissez-passer en
carton délivré soit aux exposants, soit aux
personnages officiels, pour leur permettre
rentrée dans Tenceinte de l'Exposition.
Le modèle initiai en plâtre, beaucoup
plos grand de dimensions, a été présenté
récemment à M. Henry fioucher. Il com-
porte une face, point de revers. On y
voit une Renommée courant à la surface du
globe pour trompetter aux quatre coins du
inonde la grande nouvelle de la fcte des
nations. Dans sa main gauche, elle tient le
flambeau du progrès. Sur le champ de la
plaquette, au-dessus du globe terrestre, un
soleil levant. Au sommet de la composition,
les mots: Exposition de igoo.
L'encadrement de la plaquette est de (or-
me échancrée ou concave sur les côtés, con-
vexe en haut et en bas.
expositions et concours. 82
EXPOSITION A ALENÇON
A Toccasion du Coucoui's régional agri-
cole qui aura lieu cette année à Alençon,
il sera tenu dans cette ville, sousle patrona-
ge de la municipalité et de la chambre de
commerce, une exposition nationale de l'in-
dustrie, du commerce et des beaux-arts qui
s'ouvrira le 4 juin 1898, et qui doit durer
deux mois, pouvant d'ailleurs être prolongée
s'il y a lieu.
Parmi les Membres du Comité d'organisa-
tion, figure, en qualité de Vice- Président,
noire Sociétaire, M. A. Lemaitre, le grand
carrossier d'Alençon, qui recommande spé-
cialement cette exposition à l'attention de
ses collègues de l'Académie Nationale, qui
serait heureux de les y recevoir, et qui se
met à leur disposition pour leur faire tenir
des exemplaires du règlement et de la for-
mule de demande d'admission, et pour leur
fournir tous les reuseignemenls complé-
mentaires désirables.
Nous joignons notre recommandation à
celle de M. A. Lemaitre, car il est certain
que l'exposition d'Alençon sera une œuvre
collective d'un réel intérêt général, et non
l'une (le ces entreprises privées, organisées
dans un simple but de spéculation, qui se
sont si fâcheusement multipliées depuis
quelques années.
15* EXPOSITION-CONCOURS CULINAIRE
ET DE L'ALIMENTATION.
La i5* Exposition-Concours culinaire
et de r alimentation (dont nous respectons
la dénomination officielle, malgré qu'elle
soit peu conforme aux principes de la syn-
taxe grammaticale) aura lieu cette année du
19 au 28 mars inclus, à Paris, salle Wa-
gram, 39 avenue de Wagram.
Etant organisée par Y Union philanthro-
pique culinaire et de V alimentation^ qui a
pour but de fonder une maison de retraite
pour les vieillards des corporations alimen-
taires, celte Exposition se recommande à la
fois par son but humanitaire et par son
caractère nellemont spécialisé.
83
iODRNAL HKNSUBL DE L'ACAOélUB NATIONAUt.
84
Pour ren^ignemeiiU et demandes d'ad-
mission, s'adresser au siège do V Union
philanthropique^ 43, rue Montorgueil.
EXPOSITION INDUSTRIELLE
A Rochefortiur-Mer
(Charenle-Infërieuro).
Une exposition internationale et colonia-
le, sous le patronage du département, de la
municipalité et de la Chambre de commer-
ce, aura lieu àRochefort-sur-Merdu P'juin
au 1" octobre 1898.
Cette Exposition sera établie sur Tespla-
nadeet le square Roy-Bris, sur une super-
ficie d'environ 50,000 mètres carrés. De gran-
des fêtes seront organisées pendant toute la
durée de TËxposition.
Les demandes de renseignenaeatsdoiveQt
être adressées à la mairie de Roche fort- sur-
Mer.
EXPOSITION A DIJON.
Une exposition industrielle internatio-
nale doit avoir lieu a Dijon du P*^ juin au
30 octobre 1898,
S'adresser, pour renseignements à la Di-
rection générale de TExpositron, 1, rue
d*Auxonne à Dijon, ou à M. Félix Benoit,
commissaire général, 38 rue Monge, à Di-
jon
COMMERCE
LEOOMMERCE EXTERIEUR DELA
FRANCE.
(Premier itioUd^ 1SOS.)
Voici, diaprés les publications officielles de
l'administration des douanes, les résultais
du commerce extérieur de la France pen-
dant le mois de janvier 1898 :
IMPORTATIOMt 18P8 1897
Objets d'iilfraemaHoo 106.588.000 <Î(>.821.000
Matières Décessaires
à rindustrio 204.542.000 234.262.000
Objets fabriqués 44.938.000 41.786.000
Total 350 . 068 . 000 352 . 869 . OOO
EXPORTATIONS 1898 1897
Objets d'alimentatioD. t0.0o3.000 3:: 879.000
Matières nécessaires
à l'industrie 67.917.000 60.629.000
ObJeU fabriqués 119.1^8.000 127.650.000
Colis postaux 12.201.000 14 051.000
Total 239.360.000 ' 241.209.000
Il ressort de ces chiffres que Tannée 1898
a débuté dans de moins bonnes conditions
que Tannée 1897, et qu'il est particulière-
ment fâcheux que les importations d'objets
d'alimentation aient dû s'élever en janvier
1898 à plus de lOG millions, dépassant ainsi
d*enTiron 40 millions les importations de
même nature de janvier 1897.
L'ACTIVITÉ OOMMCnOIALE DB L*Al.LC-
MAGNB BN 1806
(Extrait du Journal des Chambres de
Commerce.)
L'Allemagne, au point de vue industriel
et commercial, traverseune période de pros-
périté qui dure depuis trois ou quatre ans.
Les signes visibles en sont nombreux, il est
dilticile de répondre à la question de savoir
combien de temps se prolongera cette situa-
tion favorable, qui trouve son expression
dans les cours élevés des valeurs industriel-
les. Pour l'industrie du fer, parmi les cau-
ses directes qui lui sont venues en aide, il
faut citer la réouverture de débouché) en
Russie, les commandes considérables de
TÉtat prussien en matériel de chemins de fer
(70 millions de marks), la construction de
prèsde huit rai lie kilomètres de voies ferrées
d'importance locale, enfin les applications
K
COMMERCE.
croissantes de l'éloclricité. Des eflbrU coq-
sidérablessoDt faiU pour créer des barrages,
des réiervoirs, dcDDant la force motrice ;
des travaux ont été mis en train de plusieurs
eûtes.
L'Allemagne est un concurrent redouta-
ble, moins peut-être que le font croire les
pessimistes qui, par leurs appréhensions ré-
pétées dans des articles, des brochures, des
lirrts, lui font une prodigieuse réclame,
mais il est nécessaire do suivre de très près
les progrès, la marche générale des af-
faires (1).
Nous voudrions aujourd'hui placer sous
les joux de nos lecteurs le résumé du rap-
port annuel de la Chambre de commerce
de Berlin [Aellesten Kollegium der Kauf-
mannscha/t) sur Tannée 1806.
La plupart des branches du commerce et
derindustrie de la capitale ont eu un mou-
rement satisfaisant, notammentle commerce
des produits miniers, métallurgiques, ma-
chines, électrotechnique, papier, produits
ciiimiques, une partie de Tindustrie textile.
Toutefois la hausse des matières premières,
surtout celle des métaux et du combustible
na pas été sans influer sur les bénéfices, les
prix des objets fabriqués n ayant pas pro-
ifreuédansla même proportion : l'industrie
i pu écouler une très grande partie de sa
production sur le marché intérieur. Des
résultats moins avantageux ont été obtenus
p%r quelques branches de l'industrie textile,
ie commerce des matériaux de construction,
t) droguerie, Talcool, le suif, le sucre. U
(etnpérature du printemps et de Tété a été
froide et humide ; les récoltes s'en sont
ressenties.
U nouvelle législation sur les bourses,
clief'dœuvre d'une réaction intelligente,
n'est entrée en vigueur que le 1«' janvier
IW. mais, comme elle entraînait Tinterdic-
^(OD de Tun des rouages les plus délicats et
1^ plus indispensables du commerce, Tim-
P^rtance de la place de Berlin comme mar-
(hé inieroalional s'en est trouvée atteinte,
^ciuellement le marché des céréales en Al-
'l De 1880 à 189(5, le nombre de chevaux-va-
>^f de» machines fixes en Prusse a augmenté
<*«t447,3W,à2,53l,9ao,
lemagne est désorganisé comme Ton sait :
les bourses officielles n'existent plus, il ne
se publie plus de cours authentiques de
transactions qui se font en dehors des lo-
caux officiels qui restent vides. Le gouver-
nement et les chambres d'agriculture cher-
chent à suppléer à cette absence de cote,
en insérant dans le Messager officiel des
indications sur les prix, qui ne présentent
pas les mêmes garanties d'exactitude qu'au-
trefois et qui offrent de grands écarts.
La consommation de la houille en Alle-
magne a augmenté de 8 n en 1896, à Ber-
lin de 13 % ; les prix ont haussé ; l'industrie
du fer a été fort occupée par des comman-
des de rails, de luyaux et de poutrelles ; le
marché intérieur a offert un meilleur dé-
bouché que les années précédentes. L'indus*
trie chimique est Tune des colonnes de la
prospérité allemande ; des conditions scien-
tifiques et fiscales y contribuent. Les quan-
tités veudues ont augmenté, mais les prix
ont eu tendance à fléchir : U vente des pro-
duits pharmaceutiques et photographiques
grandit. Quanta l'industrie textile, quelques
branches ne sont pas en bonne voie, notam-
ment les lainages, les passementeries, la
confection, tandis quels toile, la soierie, les
tapis, les étofles d'ameublement, les toiles
cirées ont eu un courant d'affaires satisfai-
sant. Il en est demômepour le papier, mais
l'accroissement de la production arrête la
hausse des prix.
Une part considérable du rapport berli-
nois est consacrée aux questions législatives
allemandes et internationales, et c'est là
qu'on rencontre des renseignements sur le
petit conflit douanier qui a éclaté entre la
Russie et TAIlemagne en 1896, sur le traité
de commerce japonais-allemand, signé le
4 avril 1896, calqué sur le traité anglo-japo-
nais, mais étendu à quelques nouveaux ar-
ticles ; VAIIemagne a conservé son autono-
mie douanière vis-à-vis du Japon, les droits
de celui-ci varient ei.tre 10 et 15 % de la
valeur ; larticle 17 du traité a pour objet
de garantir les marques de fabrique, les
dessins, découvertes, raisons sociales, con-
tre le talent de contrefaçon des Japonais,
en accordant aux Allemands qui auront
87
JOURNAL MENSUEL DB L' ACADÉMIE NATIONALE.
rempli les formalités nécessaires au Japon
les mémesdroits qu'aux Japonais. La guerre
douanière qui existait depuis le 16 mai 1894
entre l'Allemagne et TEspagne est entrée
dans une phase moins aiguë : la surtaxe de
50 % a étésupprimëedepuisle25 juillet 1890
etlesproduitsespagnolsentrent au tarif géné-
ral allemand, tandis queTEspagne accorde
le tarif minimum. A. la suite d'une mo-
tion du Reichstag, le gouvernement im-
périal fait procéder à une enquête sur les
résultats des traités de commerce, enquête
qui durera un certain temps. En attendant
qu'on en connaisse les conclusions, on trou-
ve des élémentsdans les rapports des Cham-
bres de commerce. Depuis vingt-cinq ans,
la politique commerciale de TAllemagne a
passé par trois phases distinctes : la pre-
mière, relativement libérale, finit avec ré-
volution du prince de Bismarck vers la
protection, évolution marquée par la lettre
du 15 décembre 1878 : Talliance desagricul-
teurs et des industriels permet la revision du
tarif ; le droit sur les blés est porté à 1 M,
en 1879, à 3 M. en 1883, à 5 M. en 1887.
A cette période d'autonomie douanière
succède une politique plus éclairée, celle
des conventions commerciales avec TAutri-
che-Hongrie, la Belgique, la Suisse, Tltalie
(l«'février 1892), avec la Roumanie (I" jan-
vier 1894), avec la Russie (20 mars 1894) ; les
droits sur les céréales sont abaissés à 3 Af .
50 de la stabilité du tarif acquise jusqu*en
1904.
La Chambre de commerce de Berlin se
prononce naturellement en faveur des trai-
tés de commerce ; elle fait apprécier l'im-
portance extrême de la sécurité dans les
relations commerciales, sécurité qui est
aussi avantageuse que les abaissements de
tarifs. L'essor de TAllemagne, depuis quel-
ques années, est dû, pour une bonne part,
aux traités conclus par le comte de Ca-
priv). Le même jugement est porté par la
chambre de commerce de Hambourg, par
celle de Breslau, par celles deMagdebourg,
de Cologne, de Dusseldorf, de Bonn, de Kiel,
de Halle, de Zittau. Tous ceux que n'aveu-
glent pas des préjugés sont d'accord pour
reconnaître les services que les traités de
commerce ont rendus à TAIIemagne : Tex-
portation a progressé de 7 millions de tonnes
en sept ans ; elle représente 2 milliards et
demi de francs de salaires et donne du tra-
vail à 4 millions de personnes. On comprend
que,dans cet état de choses Jes revendications
des agrariens, avec leur antagonisme hai-
neux contre les intermédiaires, contre les ca-
pitalistes, avec leurs projets insensés de sup-
primer Hmportation des céréales pendant six
mois, au risque de rompre les conventions
internationales. Unissent par exaspérer. Le
gouvernement impérial montre beaucoup de
condescendance, que l'on qualifierait même
de faiblesse, à Tégard des grands propriétai-
res fonciers.
Lerapport de la chambre de commercede
Berlin, après avoir traité les questions d'or-
dre général, nous renseigne plus en détail
sur les principales branches du commerce
et de l'industrie locale. Il est intéressant de
voir, d'année en année, leseiforts croissants
des producteurs en vue de se créer des dé •
bouchés. Le commerce local des fleurs, à
Berlin, souffre de la concurrence des pro-
ducteurs du Midi, qui, non contents d'avoir
des dépôts en Allemagne, vont chercherdes
acheteurs directement en Russie. Avec rabais-
sement des prix, la consommation augmente.
Quant aux légumes, rhiver, c'est l'étranger
qui dicte les prix ; certains pays se sont faii
une spécialité : la Hollande, celle deschoux
rouges et des choux de Milan ; l'Italie ei
la rôle d'Afrique, celle des choux-fleurs.
Pour les fruits, il en est de même ; c'est au
dehors que l'Allemagne s'approvisionne ;
les pommes américaines, qui se vendent 15
à 18 fr. 75 le quintal, font facilement concur-
rence aux qualités plus coûteuses du Tyrol.
Le commerce du sucre,de l'alcool, n*a pas
été bien lucratif ; pour l'alcool, les produc-
teurs cherchent de plus en plus, à se passer
de Berliii, à atteindre directement le con-
sommateur du centre et de Touest. Eu
1895-1896, la production d'alcool a été de
330 raillions de litres, contre 291 millions
en 1891-1895. Il en a été consommé 225 mil-
lions, contre 218 millions ; la dénaturation
a porté sur 76 millions (y compris les per-
89 COMMBBGE.
tes » l'exportation sur 27 raillions. L'emploi
de Talcool dénaluré va en croissant (1).
En 1895-1896, les 90 brasseries do Berlin
ont produit 3,613,521 hectolitres, contre 75
brasseries et 2,999,024 hectolitres en 1891.
L'année a élé plus lucrative, bien que la
consommation ait été entravée par l'été
froid et humide. Une seule brasserie a vendu
478,000 hectolitres. Les 22 brasseries par
actions ont distribué 7 1/2 % de dividende
en moyenne. Une agitation s*est faite afin
d'imposer l'indication obligatoire do la coiï-
tenance exacte des fûts et bouteilles, afin
d'empêcher les abus de la concurrence dé-
loyale, et le Reichstag a adopté une motion
dans ce sens.
Pour le commerce des vins, la consom-
V. lî'ion se développe, surtout pour les vins
de qualité inférieure et à bon marché. La
concurrence est extrême, on abuse do la ré-
clame ; les vins qu'on écoule sont souvcn*,
ou trop jeunes et mal soignés, ou falsifiés. On
a recherché, en y mettant le prix, les Bor-
deaux des années 1874, 1875 et 1870. Parmi
les vins allemands, les années 1862, 1868,
1S76 sont excellentes, deviennent rares et
se paient en conséquenco, 1884, 1880, 1889
se recommandent.
Pour la première fois, depuis des années,
Tindustrie du tabac n'a pas été alarmée par
des projets fiscaux. Au lieu du tabac de
Goba, on s'est servi davantage de tabacs du
Mexique et du Brésil, (|ui ont haussé. L'in-
surrection cubaine, en portant atteinte à la
culture dans Tile, gêne les fabricants alle-
mands. On trouve à Berlin 371 fabriques de
cigares, avec 1,367 ouvriers ; une seule oc-
cupe plus de 100 ouvriers ; il faut y join-
dre 726 ouvriers qui travaillent chez eux ;
OD compte 44 fabriques de cigarettes.
La consommation du thé augmente en
Allemagne, bien que l'on y reste bien loin
derrière les chiffres de l'Angleterre, de la
Russie, de la Hollande. Si l'on consomme
davantage de chocolat, le nombre des fa-
briques grandit encore plus vite ; les fabrî-
quesqui travaillent pour l'exportation jouis-
sent de quelques privilèges.
90
11) L'alcool, en Allemagne, est exempt de droit
pour l'usage industriel.
Le commerce des conserves de légumesa
prospéré^ mais le projet de défendre de ver-
dir artificiellement les légumes va amener
des changements dans les procédés em-
ployés. Les tentatives de produire des cham-
pignons et de. se passer de l'importation
française ne réussissent pas.
Les négociants en bétail ne sont pas satis-
faits de l'année 1896 ; ceux qui font l'en-
graissage n'ont pas vu la baisse des bêles
maigres, ni la hausse des bêtes grasses ; ils
ont perdu de l'argent. La prétention agra-
rienne de fermer les frontières à l'importa-
tion se heurte à des résistances. L'importa-
tion a diminué pour le bélail, les porcs et
m(»utons. A Berlin, les transactions ontpor-
tésur201,()00 bœufs, 877,000 porcs, 165,000
veaux, 574,000 moutons ; il a été abattu
144,000 bœufs, 684,000 porcs, 138,000 veaux
390,000 moutons. Le prix moyen par 50 kilo-
grammes de viande a été de 37 à 58 Af. pour
lobœjf, de 30 a 46 M, pour le porc, de 41 a
01 Af. pour le veau, de 42 à 48 M. pour le
mouton, de 52 Af. pour Tagneau.
La consommation du lait à Berlin (pour
1,700,000 habitants) est évaluée a 172 mil-
lions et demi de litres, qui s'achètent de 10
à 11 pf. franco gare et se vendent en détail
18 à 20 pf. Le lait de première qualité (pour
enfants) se paie de 35 à 60 pf. le litre. Il a été
reçu k Berlin 26 millionset demi de kilogram -
mesd'œufs, dont 2,410,000 ont été réexpé-
diés ; la consommation moyenne serait de
220 œufs par tète. En dehors des œufs d'Ita-
lie et de Russie, il en arrive au printemps
de Bulgarie, en hiver de Grèce et d'Egypte.
Un article de consommation, qui est en
décadence marquée, c'est l'écrevisse ; la de-
mande pour la France et la Belgique dimi-
nue. Le public mange de plus en plus des
huîtres : il en a été importé en 1896, en Al-
lemagne, 9,168 quintaux, dont 1,670 de Bel-
gique, 4,770 des Pays-Bas. L'huître anglaise
est très recherchée à Berlin ; elle a baissé
de prix et aussi de qualité. Le caviar a été
cher et peu abondant. L'Allemagne en ab-
sorbe <ie 32,000 à 48,000 kilogrammes par
an.
On sait qu'il existe à Berlin une fabrique
royale de porcelaine, dont le magasin de
91
JOURNAL MKNSURL Dt L ▲CADËMIE NATIONALE.
92
vente est dans la Lcipzigerslrasse : ses pro-
duiis sont très recherchés par Tindustrie
chimique, de même qu'elle a une clientèle
en Amérique.
L'industrie des lampes a eu un peu plus
d'activité, mais !a concurrence est intense,
les prix très bas ; les troubles en Orient ont
réduit les débouchés ; on se p\ti\nl(]es car te Us
qui renchérissent la matière première; le pu-
blic achète très peu d objetsen bronze. L*in-
dustrie du zinc, que facilite le triomphe du
simili) est plus satisfaite.
Les fabricants d'argenterie ont eu fort à
faire, en vue de l'exposition industrielle de
Berlin. Les orfèvres de Berlin prétendent
qu'ils arrivent à faire concurrence à Paris.
Le goût du public est toujours aux objets
de style Louis XV, et aux objets de lorme
anglaise. La stabilité relative du cours de
l'argent (entre 92 1/2 et 88 Af le kil.) a faci-
lité les affaires. Les diamants de belle qua-
lité ont haussé de 5 % ; les perles ne ces-
sent de monter, l'an dernier de 20 à 25 % ;
rémeraude de première qualité a haussé
de 50 à 00 % ; le rubis n'a pas varié et est
recherché.
Notre résumé est bien incomplet. ; il ne
rend pas justice à l'industrie berlinoise, car
faute de place, nous sommes obligés de
nous borner. Nous voudrions signaler un
rapport consulaire anglais (dont l'auteur est
M. Schwabach, consul général à Berlin et
chef de la maison de banque S. Bleichrœ-
derj. M. Schwabach rx)nstate que le chif-
fre des affaires entre l'Allemagne et l'Angle-
terre a augmenté en 1896. L'importation
de lio a dimitmé, le fabricant de toile en
Allemagne aélé anxieux deVissue de l'élec-
tion présidentielle aux Etats-Unis. II achète
du fil en Irlande, fait tisser en Bohème,
blanchir en Irlande et exporte aux Etats-
Unis.
Une branche importante du commerce à
Berlin est celle de la confection des man-
teaux pour dames. Le débouché anglais est
moins important que par le passé. Cela tient
a la mode qui a adopté les manteaux courts
et aussi à la concurrence des tailleurs Israé-
lites, établis à Londres et à Mancliester,qui
peuvent produire à meilleur marché que
leurs confrères d'Allemagne. Aussi aujour-
d'hui, l'Allemagne n'y exporte plus les arti-
cles à bas prix, mais ceux de première et de
.seconde qualité. Berlin vend pour une ving-
taine de millions de marks de manteaux en
Angleterre j quelques maisons seules font
pour 14 millions avec des négociants en gros.
Il en est qui envoient tous les quinze jours
\euvi voyageursà Londi'es. Le Canada esiun
bon client de l'Allemagne.
Il vient moins de peluches d'Angleterre ;
la mode a changé et la peluche de soie s'a-
chète à Crefeld .
Le commerçant et le fabricant anglais
sont moins souples que leurs rivaux alle-
mands ; ils ne savent pas comme ceux-ci se
plier aux goûts, aux manies de leur clientè-
le. En Angleterre, l'importation allemande
des jouets, en étain, en fer-blanc, aaugmen-
té, de même celles des chromolithographies
(calendriers, cartes diverses) : Berlin et
Francfort sont deux grands centres de fabri-
cation. Certaines maisonsanglaises en achè-
tent pour i million de marks en Allemagne.
VARIÉTÉS
LA POPUiJ^TfON OE 1.«CIIIPmE RUSSC
Le premier recensement général de la po-
pulation de rfimpire russe ne date que de
Tannée dernière. D'après oe recenaeiBeiit,
la population de la Russie d'Europe était de
94,188,750 habitante ; celle de la Pologne,
de 9,722,i33, tandis que la Sibérie, les
Steppes, le Turkestaii, Anne-Darius et lé
Palmir avaient 7,590,887 habitants et la
Finlande 2,527,804 ; l'ensemble ée la po-
93
VARIETES.
94
pahlion Je tont i'Empire s'élevait ainsi, à
129,211,113 habitants, contre 119,059,339
en 1891.
La plupart de la population habite dans
les campagnes ; cependant sous l'action de la
grande industrie, qui a fait dans ces der-
oiers temps des progrès importants, on trou-
ve que la population urbaine, celle surtout
des villes ayant plus de 100,000 habitauts,
augmente rapidement. Pour ces dernières,
en effet, dans la période 1891-J3, l'aug-
mentation auraitété, en moyenne,de23.2% ;
mais pour quelques villes où Tindus-
irie a pris plus d'esspr, telles que Saratow
et Lody, par exemple, l'accroissement a at-
teint la proportion de 143 et 109 % respec-
tivement.
Par rapport aux sexes, ils se balancent a
peu près, si on considère Tensemble de la
population ; cependant dans la Russie d'Eu-
rope et dans la Finlande, il y aurait 102 fem-
mes pour 100 hommes, tandis que dans le
Caucase, la Sibérie, les Steppes, le Turkes-
tanet tes provinces transcassiennes, les hom<
mes sont plus nombreux que les femmes,
dans la proportion de 100 à 93,89 et même
iiS3 (provinces transcassiennes). Il en est
de même aussi pour les grandes villes, oii, à
Vexception de Varsovie, Lody et Saratov, les
hommes se trouvent en prépondérance. C'est
àTidiset à Bakou où l'élément masculin
est le plus largement représenté. La Russie
orientale paraît aussi plus favorable au sexe
masculin que la Russie occidentale : les pays
habités par les musulmans présentent aussi
nne proportion plus grande d'hommes que
de femmes.
Maintenant, si on examine les progrès de
la population de Tempire russe depuis 1851,
on trouve que la Russie d'Europe a vu aug-
menter le nombre de ses habitants de 59,3
à 106,2 niillioas, la Russie asiatique de
^,9â23,3 millions, tandis que dans Tempire
la population est montée de 67,3 à 129,2
millions. Ainsi, dans la période 1851-1897
la population de la Russie aurait presque
doublé.
Si Ton compare, par rapport à la popula-
tion, l'Allemagne, la France, les Etats-Unis
et la Russie, en 1851 et en 1897, on arrive
aux résultats suivants (en millions) :
i85i 1897 AUGMENTATION
— — en général pour cent
France 34,2 38,5 4,3 12,6
Alleraafi:ne. 35,1 52,3 17,2 49
Etats-Unis. 23,5 73,5 50 212.8
Russie 67,38 12J,2 62 91
On voit, par ces chiffres, que TAllemagne
a augmenté sa population quatre foi«, la
Russie sept fois, et les Etats-Unis presi|ue
dix-sept fois plus rapidement que la France.
La place que notre pays a tenue autrefois en
Europe et l'influence qu'il a exercée sur les
événements politiques contemporains, pa-
paraissent être perdues. Malheureusement,
même dans le domaine économique, dans le
mouvement du commerce international, la
France a été dépassée par TAllernagneet les
Etats-Unis, et sous peu elle le sera aussi par
la Russie.
LE« RECORD» DES SONDAQE8
TERRESTRES.
Le « record » de la profonde ir .atteinte
dans les sondages à la surface de notre pla-
nète, vient d'être établi par une communi-
cation de H. Zundel, industrielle à It So-
ciété industrielle de Mulhouse.
Il s'agit d'un sondage effectué dans la
Haute-Silésie, à Peruchowitz,etqui a atteint
rénorme profondeur de 2 kilomètres, exac-
tement 2.003 m. 34au-desous de la surface
du sol. Le sondage le plus profond que Ton
connût auparavant était celui de Schhde-
bach, près de Leipzig, avait une profon-
deur de 1.748 mètres.
Ce grand trou a été foré dans le but de
se rendre compte de la nature des couches
du sol et des résultats que Ton pourrait ob-
tenir en les mettant en exploitation. Aussi
ne s'agit-il pas d'un puits de mine dans le-
quel on puisse descendre : commencé avec
trente-deux centimètres à l'orifice, il se
termine avec un diamètre de vingt-sept
centimètres au fond, après avoir traversé
tuutes sortes d'obstacles, des marnes, des
05 JOORNAL MENSUEL DE l'aCAOEMIE NATIONALE.
sables mouvants, des roches dures dont le
lô
forage ne peut se faire qu*en armant les
trépans avec des diamants.
A 200 mètres de profondeur, le poids des
tiges de sonde superposées atteint 13.700
kilogrammes ; aussi, de nombreuses rufH
tures de tiges se sont-elles produites au
cours de l'opération. C'est alors toute une
affaire que de retirer la partie brisée ; les
sondeurs ont, dans ce but, des procédés
d'une ingéniosité extrême.
Au point de vue scientifique, on a pu
constater, dans ce sondage, que la tempé-
rature 12^1 à la surface du sol, atteignait
QT3 ù 2.003 mètres au fond. L'accroisse-
ment de température de 1 degré centigrade
correspond donc à un enfoncement de 35
m. 45, au lieu des 31 m. 83 classiques ad-
mis lors du forage du puits artésien de Gre-
nelle. Rien ne dit, d'ailleurs, que l'un ou
l'autre de ces chiffres soit absolu : il est
plus vraisemblable nue la région et la na-
ture du sol traversé ont sur la progression
thermique une certaine influence.
BIBLIOGRAPHIE
L'Agenda Charles Mendel ' pour 1808
vient de paraître, et c*est un événement
pour la corporation si nombreuse aujour-
d'hui des Photographes-Amateurs. Plus en-
core cette année que les précédentes il aura
du succès, car, indépendamment des matiè-
res techniques, scientifiques, littéraires et
humoristiques qu'il contient et qui en font
un ouvrage indispensable au^L fervents du
gélatinOi il comporte quantité de renseigne-
ments nouveaux et quatre bons primes qui
feront ia joie des amateurs.
L'ouvrage forme un beau volume de 30()
pages grand formai avec gravures, et esteu
vente, au prix de unfranCy chez tous les li-
braires et chez Charles Mendel, 118, rue
d*Assas, ù Paris. (Franco 1 fr. 60.)
^ Ce qu'on peut voir avec un petit micros-
cope, par H. CoupiN, docteur ès-sciences.
Une br.rhure de 120 pages, avec dix
planches renfermant 263 figures dessinées,
d'après nature, par Tauleur, 2 francs. —
Charles M hiNdel, Editeur, 118, rue d'Assas,
Paris.
Ainsi que le déclare lauleur dans sa Pré-
face, cet ouvrage n'a aucane prétention
scientifique ; il est simplement compose
d'une série d'observations microscopiques
telles que tout le monde peut les faire avec
un instrument très ordinaire. C'est le pre-
mier livre traitant, à ce point de vue, de vul-
garisation praiifjue, de l'emploi du micros-
cope et des moyens de se procurer des ma-
tériaux d étude. Il sera d'une réelle utilité
aux jeunes botanistes et à toutes les person-
nes qui s'intéressent aux merveilles du
monde inconnu des inflniment petits.
Le Directeur^Gérant, Rédacteur en Ch^,
EuGÈNB THIÉRY.
CIMIIOKT (oI8B). - IMPmifBRIB DAIZ PRKRBS, PLAGR SAINT-ANORB, 8.
JOURNAL MENSUEL
DE
L'ACADÉMIE NATIONALE
AGRICOLE, lANDFACTDfilÈRE ET COIIEBCIALE
'^i '.
68- Année. — MARS 1898.
SOMMAIRE
AGRICULTURE. — Le concours agricole de Paris en 1898. — Présures et colorants pour beurres de M. Ch. Jean-
Beau, à Janzé (Ille-et -Vilaine). — Courroie de sûreté pour machines à battre. — Les cultures dérobées d'automne.
DISTINCTIONS HONORIFIQUES accordées aux HCembrea de l'Académie Nationale.
EXPOSITIONS ET CONCOURS.— L'exposition de 1900. — Exposition à Cliàteauroux.» Exposition à Perpignan.
INDUSTRIE. — De Temploi de Talcool comme source de force molrici.— Les industries textiles en France en i8p6.—
L'iodostrie et le commerce des tissus en Russie. — Moyen de prévenir les déraillements des trains rapides dans le
passage des courbes, communication de M. Paloux, à Oran. — Extraits fluides pour sirops, de M. Maujean, à
Sermaize rMarae). — Développement de principes aromatiques par fermentation alcoolique opérée en présence de cer-
taines feuilles, communication de M. Georges Jacqueinin. à Maizéville, près Nancy.
PRODUITS AMMENTAIRES.— Fromage de Gruyère et tromage d'Emmenthal, communication de M. Ch. Martin,
directeur de l'école d'industrie laitière de Mamirolle (Doubs). — Le curaçao Brochard, de M. Brochard-Qulllet, à
ChatcauduD. ~ Gâteaux aux amandes, de M. Etienne Proux, à Saint-Jean-d'Ângely.
COMMERCE. — Le commerce extérieur de la France. ~ Le commerce extérieur de la Suisse en 1897.
AGRICULTURE
LE CONCOURS AGRICOLE
DE PARIS EN 1898
Le Concours général agricole de Paris s'est
encore lenu cette année, sans doute pour la
dernière fois, dans la Galerie des Machines,
magnifique reste de TExposition de 1889
qui est menacé de disparition par les plans
«ïes services d'architecture de Texposition
de 1900. Le Concours a donc présenté en-
coreone fois un magnifique coup d'oeil d'en-
semble, et son importance a été telle que
non seulement Timmense nef du Palais
des .Machines et la galerie du V étage qui
en lait le tour se trouvaient complètement
occupés, mais encore qu'il a fallu reléguer
au dehors une grande partie des machines
agricoles, et notamment tous les moteurs,
les chariots, les locomobiles et les batteu-
ses.
Les catalogues du Concours comprenaient
2467 articles pour les animaux gras et les
animaux reproducteurs ; 197 lots pour le
concours de volailles mortes ; 2799 articles
pour les produits de laiterie et produits
agricoles divers ; 2873 lots de vins,de ci-
dres, de poirés et d'caux-de-vie, et 8152
instruments et machines agricoles.
Ces chiffres sont sensiblement supérieurs,
sauf en ce qui concerne les animaux gras,
à ceux des années précédentes. Notamment
les machines et instruments agricoles, qui
comprennent cette année 8152 numéros du
catalogue, n'en comptaient que 7476 en
1897 et 6732 en 1896.
On voit que le Concours agricole de Pa«
ris ne cesse de grandiren importance d'an-
née en aunée.
Il faut toutefois faire une exception en ce
qui concerne les animaux gras, moins nom-
breux cette année que précédemment. La
raison en est que, par suite même des pro-*
09
JOURNAL MENSUEL DB l' ACADÉMIE NATIONALE.
100
grès rtfalisés par rélevage national, la pro-
duction danimaux convenablement en-
graissés est devenue une chose courante,nor-
maleet régulière, ne motivant plus la re-
cherche de distinctions exceptionnelles,
recherche qui est devenue d*autant plus
aléatoire que la quantité des animaux ame-
nés à la plus parfaite condition se montre
chaque année plus considérable.
La plupart des éleveurs trouvent donc
maintenant plus de profit à diriger leurs bes-
tiaux gras directement vers les marchés des
abattoirs parisiens, sans les faire passer
par les stalles du Concours agricole, où leur
séjour entraîne des frais de toutes natures.
Dans leur ensemble, les animaux repro-
ducteurs témoignent d'une amélioration sé-
rieuse dans toutes les races domestiques,
grâce aux pratiques de la sélection et des
croisements judicieux, et grâce aussi aux
progrès apportés dans le logement,ralimen-
tation et le traitement général des bestiaux.
A ce point de vue, la France marche enfin
sur les traces de l'Angleterre, et nos popu-
lations rurales comprennent peu à peu que,
pour avoir de beaux animaux, il ne suffit
pas de les laisser croupir sur leur fumier
dans des étables infectes, de ne leur four-
nir que des aliments salis ou gâtés en quan-
tités insuffisantes, de ne leur faire boire
quedeTeau fortement mêlée de purin, et
de ne leur prodiguer que les coups de tri-
que, avec une générosité se manifestant seu-
lement dans cette affirmation de la supé*
riorité des hommes sur les bêtes.
L'exposition des machines et instruments
ne révèle pas de nouvelles créations dans
la mécanique agricole, mais fait ressortir
cependant des perfectionnements de détail,
ftyant tous leur intérêt et leur utilité. Les
moteurs à pétrole envahissent de plus en
plus le champ des applications agricoles,
et ils rencontrent de plus en plus de faveur
sous la forme de moteurs fixes, pour la mi-
se en mouvement des instruments d'inté-
rieur de ferme. Même, les locomohiles à
pétrole se multiplient avec succès, se fai-
sant de plus en plus puissantes pour mieux
rivaliser avec les locomotives à vapeur.
Mais le principal triomphe des moteurs à
pétrole dans leur application aux besoins
del'agriculture, est constitué par Tinstalla-
tiondeces moteurs dans le corps même
des machines h battre, de manière à réa-
liser un ensemble autonome absolument
complet.
Cette adaptation d*un moteur à pétrole
à une machinée battre, qui était une nou-
veauté Tannée passée, est devenue cette
aimée une habitude courante dans la fa-
brication des machines agricoles, et tous
les grands constructeurs présentent au Con-
cours des batteuses automotrices, c'est-à-
dire des machines à battre renfermant dans
le bâti un moteur à pétrole, soit de leur
propre fabrication, soit de la fabrication
d'un autre mécanicien spécialiste.
Il y a lieu de remarquer, d'ailleurs, que,
les uns après les autres, tous les anciens
constructeurs de machines à vapeur en
sont venus à la construction des moteurs à
pétrole, soit en reproduisant dos modèles
anciens ayant fait leurs preuves, soit en
créant eux-mêmes des types nouveaux réa-
lisant quelques perfectionnements de détail.
D'une façon générale, on tend de plus en
plus à établir les moteurs de façon ù pou-
voir employer les pétroles dits lampants;
cependant beaucoup de constructeurs tien-
nent à no pas abandonner les essences de
pétrole qui, si elles sont plus inflammables,
offrent l'avantage de supprimer tout risque
d'encrassement des cylindres.
Observons enfin que, malgré le succès in-
contestable et d'ailleurs mérité des moteurs
à pétrole, les machines à vapeur, d'une
marche si douce, si silencieuse et si élasti-
que, conservent des partisans fidèles, qui
leur trouvent des avantages particuliers
n'ayant pu encore, à leurs yeux, être dépassés
par ceux des moteurs à pétrole.
Après ces considérations générales, nous
allons examiner en détail les participations
de nos Sociétaires au Concours agricole de
Paris, en suivant comme à l'habitude Tor-
dre alphabétique des noms.
M» AuRouzE, à Paris, expose des boîtes
d'élevage, des filets de faisanderie, des
muesj des poussinières, et toute la coUec-
ru r4j^
101
AGRICULTURE.
102
tion si complète des pièges que fabrique sa
maison pour la capture ou la destruction
des animaux nuisibles. Tousces pièges sont
extrêmement ingénieux dans leur simpli-
cité^ et permettent de lutter efficacement
contre les déprédations de la faune sau-
Tage.
M. Bajac, à Liancourl (Oise), est encore
l'un des principaux exposants du Concours,
bien que la nomenclature des objets qu'il
présente ne comprenne que 190 articles du
catalogue aa lieu de 238 articles de l'année
dernière.
Ces articles sont, comme à l'habitude, de
la plus grande variété, et vont de la binette
à main, simple outil d'une valeur de 6 fr.,
jusqu*â la charrue-bascule à 8 socs, devant
élre actionnée par treuil à manège ou à va-
peur, et cotée 2.325 fr. Ci tons les principaux
chapitres de la nomenclature du catalogue
aiïérente aux instruments de M. Bajac :
charrues défonceuses polysocs, brabants
sioiples et doubles, brabants bisocs doubles,
charrues ordinaires perfectionnées, char-
raes vigneronnes, billonneurs- butteurs,
fouilleuses en acier, déchaumeuses simples
et doubles, scarificateurs-extirpateurs, her-
ses articulées à dents d'acier, herses
écroutteuses-émotteuses, houes à cheval,
arracheusesde betteraves, attelages de che-
vaux et de bœufs, outillage d^horticulture
et moulins agricoles.
En ce qui concerne les instruments de la-
bour de la maison Bajac, rappelons qu'ils
constituent des outils véritablement perfec-
tionnés, qui sont hautement appréciés par
tous les agriculteurs soucieux de progrès.
Nous remarquons cette année, à côté de
la charrue brabant double classique, cons-
tituée par deux corps de charrue superpo-
sées et travaillant alternativement, un ins-
trument de même famiIle,maisconçu sur un
plan tout différent : c'est le brabant^ba-
lance avec versoirs à claire-voies pour la-
bours à betteraves.
La disposition adoptée par M. Bajac — et
qui est d'ailleurs la même que pour les gros-
ses charrues défonceuses à vapeur et à ma-
D^e qu'on trouvedans la même collection,
— a pour but de faciliter la manœuvre à
chaque changement de raie. Comme il s'a-
git ici de faire de gros labours qui exigent
un outil d'une certaine force, le brabant
double ordinaire devient assez lourd à roa«
nier ; le brabant-balance supprime radica-
lement cette difficulté, puisque les deux
corps de chaiTue se font équilibre et qu'il
suffit d'une faible impulsion pour provo-
quer le mouvement de bascule et mettre la
machine en position d'attaquer un nouveau
guéret.
Les versoirs sont à claire-voie pour per-
mettre de passer facilement en toutes ter*
res, mêmes grasses et très collantes.
Chacun des corps de charrue est muni
latéralement d'un appareil fouilleur qui
ameublit la couche profonde au-des.sous de
la l'aie de labour, et cela sans que le fouiU
lago soit piétiné par les animaux ; nous in-
sistons sur cette particularité très apprécia-
ble, qui jusqu'à présont a été négligée bien
à tort dans les travaux de sous-solage.
Le brabant-balance de M. Bajac exécute
des labours de 0"25 à 0">35 de profondeur,
fouillageen plus, avec une traction de 6, 8
et 10 bœufs ; il a été expérimenté l'an der-
nier par des agriculteurs fabricants de sucre,
et on peut dire aujourd'hui qu'il est entré
complètement dans le domaine de la prati-
que.
Signalons aussi la planteuse de pommes
de terre, machine d*une extrême simplicité
qui plante de la façon la plus régulière les
tubercules de toutes formes et de toutes
grosseurs, et peut en outre se transformer
en sarcleuse, batteuse et arracheuse, des
houes de tous modèles pour la betterave,
les céréales, le maïs, la vigne, etc.^ etc.
Enfin, mentionnons à nouveau Tarra*
cheuse mécanique de betteraves système
Bajac, la triomphatrice des concours inter-
nationaux de Cambrai 1895, Amsterdam et
Laon 1896, Tervueren-Bruxelles 1897.
Quand arrive la saison d'arrachage, les
agriculteurs-betteraviers se disputent cette
remarquable machine, parce qu'elle arra-
che réellement en tous terrains et par tous
les temps, parce qu'elle ne casse ni ne
froisse la betterave, parce qu*elle ne laisse
103 JOURNAL MENSUEL DE L
aucune racine non arrachée, parce qu'elle
est de traction relativement légère et de
conduite facile, parce que son prix la met à
la porlée de tous, parce qu'enfin elle ré-
pond à tous les desiderata de la culture
betteravière.
Parmi les petils inslrumenls dont M. Ba-
jac ne dédaigne pas la fabrication, en dépit
du caractère colossal d'autres constructions,
nous avons trouvé, celle année, comme
nouveauté vraiment très utile et très inté-
ressante des appareils surnommés ressorts
amortisseurs -compensateurs de traction^
qui, intercalés dans les traits d'atlelage,assu-
rcnt une meilleure utilisation de la force
des animaux, et évitent les inconvénients de
toutes natures qui peuvent résulter de
coups de collier trop brusques.
En résumé, on peut dire que, comme à
Tordinaire, Texposilion de M. Bajac est à la
l'ois Tune des plus importantes et des plus
intéressâmes de tout le Concours agricole.
M. Broquet, à Paris, présente une collec-
tion très complète de pompes à piston, as-
pirantes à balancier ou à volant ; de pom-
pes aspirantes et foulantes ; de pompes ro-
tatives à palettes; de pompes rotatives h
pignon ; de pompes à chapelet, ouvertes ou
fermées sur colonne ; de pompes à piston,
aspirantes et refoulantes, commandées par
manège, avec engrenages à retour rapide,
etc.
M. lîroquet a réalisé une ht^ureuse appli-
cation de ses engrenages à retour rapide en
établissant cette année une nouvelle pompe
dite Pompe borne à volatit, type spécial
breveté de la maison Broquet.
Celte pompe résout le problème de l'élé-
vation, par la seule force de Thomme, des
eaux des puits des grandes profondeurs.
Jusqu'à présent, en effet, les fins de course
de chaque coup de piston, c'est-à-dire les
passages de points morts, offraient un sur-
croît de résistance qui ne pouvait être vain-
cu que parla force mécanique d'un manège
ou d'un moteur. Or, par suite de Tapplica-
tion des engrenages à retour rapide du sys-
tème Broquet, engrenages constitués par
deux roues dentées de forme ovoïde apla-
AGADÊMIE NATIONALE.
101
tie, tournant excentriquemcnt, les passager
aux points morts se trouvent facilement dou-
blés, sans qu'une augmentation d'effort
soit nécessaire. Il en résulte qu'un honame
peut maintenant élever l'eau de puits très
profonds avec une pompe à un seul corps,
résultat qui n'avait pu être atteint jusqu'à ce
jour.
Cette pompe nouvelle de la maison Bro-
quet est appelée à rendre de très grands
services partout où l'on ne dispose que de
puits d'une profondeur de plus de huit mè-
tres.
MM. Brouhot et Cie^ à Vierzon (Cher),
exposent deuxlocomobiles à vapeur, un mo-
teur à pétrole lourd, deux moteurs à essen-
ce, dont l'un horizontal et l'autre vertical,
une pompe à piston et trois batteuses de
différentes puissances. Tous ces instruments
sont de la construction solide, soignée et
bien finie, qui est la caractéristique de la
maison Brouhot.
MM. Cazaubon ET FILS, à Paris, présen-
tent trois types de leur pulvérisateur dénom-
mé lo Passe-Partout^ types montés sur bâu,
pour être chargés à dos de cheval, d'âne et
de mulet. Chaque pulvérisateur est accom-
pagné d'une pompe dechargement.il en est
de même d'un pulvérisateur de plus petites
dimensions, dit à dos d'homme. Les pulvé-
risateurs fabriqués par MM. Cazaubon et
fils sont au nombre di^s instruments recon-
nus comme étant de l'emploi le plus prati-
que et du meilleur fonctionnement.
MM. ChampenoisRambeaux et Cie, à Cou-
sances-aux-Forges (Meuse), ont une exposi-
tion comprenant 125 numéros, lesquels
s'appliquent à des objets d'importances très
diverses, depuis de simples pièces de cons-
truction, telles que des roues de brouettes,
jusqu'aux machines importantes et compli-
quées, telles qu'une moissonneuse-lieuse
Mac-Cormick du modèle le plus nouveau.
En outrede cette lieuse Mac-Comick, nous
remarquons une moissonneuse-lieuse àpla-
te-forme, type Adriance ; des moissonneu-
ses Wood : des moissonneuses Albion, des
m AGRICULTUHB.
moissonneuses combinées, modèles dénom-
més Etoile et Merveilleuse ; des faucheuses
Albion, Osborne, Wood, Etoile et Progrès;
une faneuse Osborne ; des râteaux Osborne,
Lion, el Lion- Progrès; des haclie-paille de
différentes grandeurs ; des brouettes à sacs ;
des aplatisseurs de grains ; des brise-tour-
teaai ; des moulins à pommes ; des fouloirs
à vendanges; des coupe-racines ; des meules
montées pour afTùtage ; des rouleaux d'agri-
culture,en tôle d'acier ; des roues en fer pour
loulessortes de machines agricoleset de voi-
tures ; des roues mixtes en fer et bois, dites
Impérissables, également pour machines et
voitures de toutes sortes, et des poulies en
acier forgé en deux pièces pour transmis-
sions.
La grande variété de ces objets exposés
indique assez quelle est l'imporUince de la
fabrication de M. Champenois- Rambeaux,
et avec quelle compétence ses ateliers sont
dirigés.
106
Nous ne décrirons pas à nouveau les appa-
reils de distillation continue et les alambics
brûleurs du système Ëgrot dont il a été tant
de fois question dans notre journal. Signa-
lons cependant un nouvel appareil de distil-
lation et de rectification du système Guil-
laume, breveté en France et à l'étranger, et
qui produit du premier jet de Talcool extra-
fin à 90^. Dans la fabrication des appareils de
distillation, et de cuisson,eten général dans
celle de tous les articles en chaudronnerie
de cuivre rouge, la maison Egrot et Grange
continue à tenir incontestablement la pre-
mière place.
M. Chandora, à Moissy-Cramayel (Seine-
et-Marne), expose des plans de travaux de
dessèchement, de drainage et d'irrigation,
ainsi que des produits agricoles d'un domai-
ne du Finistère dont il dirige l'exploitation
après l'avoir mis en bon état de culture.
M. Dard, à Paris, expose des machines à
cintrer les cercles en fer et les cercles en
bois pour tonneaux et cuves; une machine à
refouler les cercles de roues ; une machine
à balayer facilement réversible; un appareil
d'arrosage avec chariot pour le transport des
tuyaux ; une machine à percer ; desappareils
s adaptant auxpiedsdes vignerons pour faci-
liter renfoncement des échalas, etuneinté-
ressante machine à couder le fer dont
K. Dard a entreprisrécemment la fabrication
et dont nous aurons à reparler ultérieure-
ment.
L'exposition de MM. £grot et Grange, à
l*aris, est, comme à l'habitude, l'une des
plus imposantes de tout le concours, grâce
^ l'éclat du cuivre rouge dont sont formés la
plupart des appareils exposés, appareils con-
cernant la distillation, la pasteurisation ou la
simple cuisson des aliments du bétail.
M. Gautreau, à Dourdau (Seine-et-Oise),
expose une forte belle machine à vapeur
demi-fixede la force de 20 chevaux, et plu-
sieurs machines batteuses à grand travail et
double nettoyage, dont l'une renferme un
moteur à pétrole dans son bâti. Nous cons-
tatons aussi que la maison Gautreau, sui-
vant l'exemple quia été donné par d'autres
maisons de constructions mécaniques, a
maintenant abordé la fabrication des mo-
teurs à pétrole, dans laquelle elle est appe-
lée à réussir aussi bien que dans les cons-
tructions de locomobiles à vapeur.
M. GoDEFROY, éi Orbec (Calvados^ a expo-
sé des beurres extra-fins, des boites de crè-
me fraîche, el des fromages de Cacnembert,
de Pont-l'Evêque et de Livarot, qu'il pro-
duit à la gi'ande laiteried'Orbiquet, et qu'il
expédie dans toute la France par colis
postaux. Tous ces produits sont de la meil-
leure qualité jusqu'ici obtenue.
M. Grillot, à Paris, expose un rouleau
compresseur pour routes, un rouleau com-
presseur pour prairies, un rouleau brise-
mottes, des rouleaux de jardin, un chariot
basculeur, des bancs en fonte et bois, des
pilons, des raclettes, des râteaux, des po-
teaux indicateurs pour roules et des pla-
ques indicatives en zinc fondu dont nous
avons déjà fait ressortir les avantages.
M. HiRT (Albert), à Paris, présente des
pompes rotatives à palettes sur chariots et
6
107
JOOllNAL MËINSUEL DB l' ACADEMIE NATIONALE.
1()S
surloDneaux pour arrosage et Iransvase-
raent ; des pompes à piston sur chariot et
des pompes à chapelet. Tous ces appareils,
construits par un spécialiste expérimenté,
sont de la meilleure fabrication et du meil-
leur rendement.
M. Jacqukmin (Georges), à Maizéville,
près Nancy, a exposé des cultures de levu-
res sélectionnées des grands crus de France.
M. Jacquemin a continué Tœuvi'e de
Pasteur, et a dirigé ses recherches sur l'é-
tude des ferments ; ses travaux, qui ont eu
le plus grand retentissement, ont été ré-
compensés par le grand prix agronomique
de la Société des Agriculteurs de France et
par 12 médailles d'or aux di^-erses exposi-
tions. Quant à l'action des levures, nous
pouvons la résumer ainsi :
Les levures sélectionnées, ajoutées au
moût, le font entrer immédiatement en fer-
mentation, anéantissent tous germes de bac-
téries nuisibles, mycodermes. moisissures,
causes des maladies des vins ; garantissent
une vinification parfaite, même par les an-
nées les plus défavorables ; assurent une
très grande plus value et augmentent le
degré alcoolique des vins produits.
Aussi remploi des levures de M. Jacque-
min va-t-il en se généralisant de plus en
plus, d'année en année, dans les régions vi-
nicoles.
MM. Jannel frères, à Martinvelle (Vosges),
exposent des concasseurs en quatre dimen-
sions ; des coupe-racines avec ou sans vo-
lant, avec ou sans trémie ; des faucheuses
de modèles différents, dénommés lUni-
verselle^ la Reine des Prés et / Eclair^ et
des moissonneuses des mêmes modèles,
constituées par l'addition de dispositifs ad
hoc, et la moissonneuse à un cheval bien
connue sous le nom de la Dériveuse. Les
instruments de MM. Jannel sont caractéri-
sés par d'importants perfectionnements de
détail qui marquent une supériorité mar-
quée sur les instruments de mêmes modèles
de provenance américaine ou anglaise.
Cette année, MM. Jannel ont sensible-
ment allongé les doigts de leurs faucheuses *
et moissonneuses, ont déplacé les points
d'attache des suspensions des barres cou-
pantes, et ont adopté pour leurs roues d en-
grenage une fonte d'acier extra-douce qui
est pratiquement incassable. Les coups de
marteau peuvent déformer les dents de ces
roues d'engrenage, mais ils ne les cassent
point. Il est donc certain que les instru-
ments fabriqués par MM. Jannel frères of-
frent une sécurité d'emploi qui ne se ren-
contre pas au même degré dans les machi-
nes étrangères.
M. Lagache, confiseur, à Paris, participe
au concours agricole comme exposant de
miels de diverses provenances, et de cire.
En réalité, ce ne sont pas seulement ces ma-
tières premières qui constituaient les mar-
chandises du comptoir installé par M. Laga-
che. Les pastilles, les bonbons, les nougats
et les sucreries diverses, attiraient les re-
gards et les convoitises des visiteurs bien
plus que le miel et la cire.
M. Matile (Ali), éleveur laitier à Montfa-
vet (Vaucluse), a présenté dans le groupe
des animaux reproducteurs des génisses et
vaches laitières des races tarentaise, com-
toise, fribourgeoise et de Schwitz et d'Ap-
penzell qui lui ont valu de nouveaux suc-
cès.
M. Maugin, à Paris, expose un assorii-
ment complet de pots à laits en fer battu
étamé de différentes grandeurs, des modè-
les courants usités dans le commerce ; des
boites coniques ; des tapettes ; des bassines ;
des seaux ; des teriines de comptoir ; des
carafes à lait, et des bidons de diverses
contenances.
Quelques-uns des pots et des bidons sont
munis d'un système ingénieux de ferme-
turc hermétique constitué par l'emploi judi-
cieux d'un anneau de caoutchouc. L'expo-
sition de M. Maugin comprenait également
des panneaux en tôle émaillée décorée,dont
la fabrication est l'une des plus intéres-
santes spécialités de notre Sociétaire. Des
tables de jardin, constituées de panneaux
semblables, sont d'un aspect riant et gra-
100
et u'uoe grande facililé d'enlrelicn
cieux,
eu boo étal de propreté.
M. Mercier, à Paris, expose des appareils
dénommés cuit-légumes, à chauffage par
la vapeur ou par foyer; des berceaux dé-
montables en fer, toutes sortes d'instru-
ments et d'outils de jardinage d'horticultu-
re et d'élevage ; des meubles de jardin ; des
fosses mobiles en fer galvanisé ; des bacs
[>our arbustes; des coffres à avoine, etc.
Li maison Mercier tient à peu près tous
les articles d'économie domestique utiles à
la campagne, et l'on comprend que nous
u'eo puissions donner ici une énumération
complète.
M. MoxTANDON, à Vernon (Eure), expose
des machines à battre, des concasseurs, des
hachepaille et des moulins à pommes.
Luoe des machines à battre renfermait
dans sou bâti un moteur à pétrole d'un
autre constructeur, constituant ainsi l'une
de ces motobatteuses dont la création, da-
tant au plus de l'année dernière, a eu un
si grartd et si légitime succès.
M. Palpier Léonard), à Paris, préiente
une collection complète d'instruments de pe-
lage, allant de la balance trébuchet sensible
au centigramme jusqu'au pont bascule mon-
I lé sur cuve en maçonnerie pour peser des
chargements delO,OGOkilogrammes,en pas-
I ^ut par toute la variété des balances de
comptoir, des romaines et des bascules de
diverses forces, pour différents usages.
I L'exposition de M. Paupier comprend
I aussi les séries de mesures en bois, de me-
sures eu étain et de mesures en fer-blanc,
employées dans le commerce de détail ; des
crics de différentes forces ; des brouettes en
Iwiset en fer, de formes variées pour di-
vers usages ; des diables ; des tricycles por-
teurs, et tout le matériel de chemins de
fer portatifs, wagonnets et voies, dont no-
tre Société construit un système robuste,
Simple et économique.
I Comme ensemble, l'exposition de M.
Paupier est au nombre des plus importan-
tes et des plus intéressantes de tout le con-
cours.
ACniCCLTUnE.
MM
110
Perin frèrls, à Gharleville, mon-
trent des spécimens de leurs éléments
de clôtures métalliques pour enclos agrico-
les, à base de béton. Ils ont édifié, de plus,
un mur de leur système dit économique,
formé de carreaux en béton intercalés entre
des montants en fers à poutrelles placés de
distance endistance.
Ces spécialités de MM. Péri n frères, bien
que n'offrant plus l'attrait delà nouveauté
pour les visiteurs attitrés des concours agri-
coles, n'en sont pas moins du plus grand
intérêt pour tous les . agriculteurs qui veu-
lent introduire le progrès dans laménage-
ment de leurs exploitations.
M. Philippe, à Houdan (Seine-et-Oise), a
non seulement présenté des lots remarqua-
bles d'oiseaux de basse-cour qui lui ont va-
lu de nombreuses récompenses, mais a en-
core installé une exposition complète de
tous les appareils et ustensiles d aviculture
qu'il construit et qui sont en usage dans son
établissement d'élevage. Les couveuses, les
éleveuses, les couveuses-éleveusos, les ga-
veuses, les poulaillers, les pigeonniers,, les
augettes, les abreuvoirs, etc., de la fabri-
cation de M. Philippesont trop connus pour
qu'il soit utile de les décrire à nouveau dans
notre journal. Signalons toutefois spéciale^
ment l'ingénieuse mangeoire à bascule, qui
met le grain destiné aux volailles domesti-
ques à l'abri des consommations illicites
des oiseaux sauvages. On sait que cette
mangeoire est munie d'un couvercle s'ou-»
vrant automatiquement quand une poule
prend place sur une plate-forme faisant
partie de l'appareil, et se refermant quand
la poule a quitté la plate-forme. Cet inté-
ressant appareil assure d'importantes éco-
nomies de grains.
M. RoussET, à Saint-Victor-sur- Loire
(Loire), expose des tonnelles, des treillages,
des gradins porte-fleurs, des entourages
darbres, des volières démontables, des pan-
neaux pour clôtures, des portillons, des pa-
quets et deséchalas, en feuillards d*acier
tordus en hélice ou conservés plats. Cette
matière première, à la fois si simple et si
111
JOURNAL MICNSUeL DK L ACADKBIK NATIONALE.
112
résistante : le feuillard d acier, est très heu-
reusement utilisé sous des formes diverses
par M. Rousset.
M. Seguin, au Petit-Gennevillers (Seine),
avait installé un puissant moteur Gnome de
15 chevaux dont le fonctionnement régulier
était très remarqué par les visiteurs du con-
cours.
Rappelons que les moteurs Gnome^ qui
ont été décrits en détail dans notre journal,
consomment du pétrole lourd et qu'ils sont
au nombre des moteurs à pétrole les mieux
combinés pour rendre les services pratiques
qu*on en peut attendre.
MM. Simon frères, à Cherbourg, ont ins*
tallé comme à l'habitude une brillante ex-
position de machines et instruments :
broyeurs, pressoirs, fouloirs, pressait conti-
nues, barattes, concasseurs, etc., formant
uiî ensemble des plus remarquables et qui
prouvent que non seulement Ion s'attache
à faire bon dans leurs établissements, mais
aussi que chaqueannée estune marche vers
le progrès.
Leur nouvelle presse continue pour vins
et cidres a donné d'excellents résultats dans
le Midi et en Normandie où elle a fonctionné
pour la première fois.
Leurs nouvelles barattes, type 1897, ont
obtenu le 1" prix, médaille d'or, au Con-
cours ofticiel de Rennes de juillet dernier
et obtenu un égal succès dans beaucoup
d'autres concours.
Leurs pressoirs à cidre et à vin avec toi-
les ont obtenu au concours spécial de Nan-
tes, octobre 1867, après dix jours d'expé-
riences sous la direction de M. Ringelmann,
directeur de la station d'essais, le 1" prix,
médaille d'or, à l'unanimité du Jury.
k Bruxelles, MM. Simon Frères ont obtenu
un diplôme d'honneur.
Nous prédisons aux nouveaux iouloirs de
la maison Simon Frères du type 1898,expo-
sés pour la première fois au concours de
Paris un succès au moins égal à celui obte-
nu par leurs remarquables broyeurs de fruits
dont ils sont les dérivés.
Bien intéressants leurs malaxeurs pour le
beurre, dont ils présentent quelques nou-
veaux types pour cette année dans les petii$
appareils.
Comme toujours, les Établissements Si-
mon Frères figurent au nombre des mai-
sons qui ont cette année encore apporté
quelques nouveautés au concours agricole
de Paris.
La Société Nordenfelt, à Paris, a pré-
senté à nouveau le radiateur Salénius, ap-
pareil qui extrait directement le beurre du
lait pasteurisé, et qui, remplaçant à la fois
récrémeuse, le réfrigérant de la crème et la
baratte, est d'une application tout indiquée
dans les grandes exploitations agricoles.
M. Tenting, à Paris, exposait un moteur
à pétrole de son système, mettant en mou-
vement des machines à rincer les bouteil-
les, et une forte voiture automobile, desti-
née à un service de livraison de marchandi-
ses.
On sait que les systèmes de moteurs et
d'automobiles de M. Tenting se recom-
mandent par une grande simplicité de mé-
canisme, qui assure la régularité de leur
fonctionnement.
Rappelons que la régulation du moteur
Tenting e^t assurée par l'intervention d'une
cale empêchant la soupape d'échappement
des g3z brûlés de se refermer. Ce dispositif
est bien préférable, au point de vue écono-
mique, aux dispositifs les plus communé-
ment employés dans les autres moteurs à
explosions, et qui ont pourobjet d'empêcher
l'ouverture de la soupape d'échappement.
M . Texier jeune, à Vitré (lile-et-Vilaine)
expose une belle collection de broyeurs de
pommes, de toutes puissances, du système
dit à cylindres divisés qui a été créé et est
construituniquement par notre Sociétaire et
qui donne toujours les meilleurs résultats.
Ces broyeurs sont d'ailleurs accompagnés,
cette année comme les précédentes, de mou-
lins agricoles, de pressoirs, de fouloirs à
vendanges, de trieurs de grains, de hache-
paille, de manèges à chevaux, etc.
Nous remarquons particulièrement une
113
faucheuse à 2 chevaux, d'un système spé-
cial créé par M. Texier, qui semble réali-
ser à la ibis le maximum de simplicitéet
d'effet utile.
N'oublions pas de signaler une belle col-
lection de vis de pressoir, parfaitement
exécutées, que M. Texier peut livrer, grâce
ù remploi d'un outillage spécial, au prix
surprenant de bon marché, de 30 fr. les
100 kilogr.
M. ViGouROux FILS, à Nîmcs (Gard), a
exposé une belle série de pulvérisateurs à
grand travail, soit à traction, soit à bât, dis-
posés intelligemment suivant la nature des
cultures à traiter, qu'il s'agisse de vignes
hautes, de vignes basses, de céréales, de
betteraves ou de pommes de terre .
La grande expérience acquise par M. Vi-
goureux dans la construction des pulvéri-
sateurs est la conséquence naturelle de la
vogue et de la fréquence des occasions d'em-
ploi de ces appareils dans la région viticole
au centre de laquelle se trouvent les ate-
liers de notre Sociétaire. Aussi doit-on con-
sidérer les appareils de M. Vigoureux com-
me réunissant la plus grande somme de
progrès et de perfectionnements possibles.
Notre compte-rendu du Concours agrico-
le de Paris s'arrête ici, quoique peut-être
aousayonsorais d'examiner les participa-
tions de quelques-uns de nos Sociétaires.
Noos nous en excusons auprès d'eux, en
invoquant cette circonstance atténuante que
vraiment la durée du concours se trouve
être trop limitée par rapporta l'importance
qu'il aacquise,aussi bien au point de vuede
l'étendue et de la complexité desinstalla-
tioDs d'exposants qu'à celui de Talfluence
sans cesse grandissante du public des visi-
teurs. Non seulement on ne peut disposer
d'assez de journées pour tout examiner en
déiail,mais encore tout travail méthodique
de recherche et de visite se trouve-t-il gran-
dement entravé, sinon même rendu tout à
fait impossible, par la trop grande quantité
de foule qui remplit les galeries et obstrue
soDTent tous les passages. Il y a là, certes,
1 affirmation d'un succès triomphal pour le
AGRICULTURE. 114
concours agricole de Paris, mais la tâche
des observateurs consciencieux s'en trouve
rendue singulièrement plus ardue et plus
difficile.
PRÉSUMES ET COLORANTS POUR
BEURRES,
(procédés RiCH. Eilersen et Cie),
de M. Charles Jeanneau,
à Janzé (Ille-et- Vilaine).
Dans notre numéro du mois d'août 1897,
à la page 375 et suivantes, nous avons déjà
eu l'occasion de donner un compte-rendu
détaillé des produits spéciaux pour beurre*-
ries et fromageries que nous avait adressés
notre collègue, et dont nous avons été à
même d'apprécier de nos propres yeux, par
nous-mêmes, toute l'importance à l'exposi-
tion régionale de Rennes.
Dernièrement M. Charles Jeanneau vient
de nous adresser deux échantillons de ses
produits si intéressants ; nous nous sommes
empressés de nous en servir et de les expé-
rimenter, et sans vouloir revenir sur tout ce
que nous avons dit ici d'une manière géné-
rale et ce à quoi nous n'avons d'ailleurs rien
à retrancher, qu'il nous soit au moins per-
mis de dire encore aujourd'hui quelques
mots des deux produits que nous avons là^
sous les yeux, et de Tefficacilô desquels
nous avons tenu à nous rendre compte par
nous-mêmes.
Nos lecteurs se souviennent sans doute
qu'il s'agit toujours là, sous le nom géné-
rique de présures et colorants danois, de
ferments lactiques, pour l'amélioration des
beurres (acidification normale de la crème].
Voici d'abord une petite bouteille de pré-
sure, première qualité, désignée sous le nom
de V Armoricaine ; ce liquide est transpa-
rent et incolore et il suffit d'en employer un
litre pour coaguler 3,000 litres de lait.Cette
présure s'emploie après le colorant, lorsque
Ton se sert de ce dernier ; seulement, il
convient d'éviter strictement tout rappro-
chement au contact de la présure avec le
colorant, ce qui est d'ailleurs très simple à
observer.
115
JOURNAL MENSUEL DE L*ACADÉIIIE NATIONALP.
IIG
D'une manière générale et pour ne citer
que des points de repère iroporUnts, mais
ftulTisaDts pour éclairer le lecteur, le temps
de prise varie comme suit : pour î(K) litres
de lait :
pour coagulation en
A U température de
3 lieore» i h. i/a i heure.
35r
?8-
grain.
10
14
18
grain.
15
21
gram.
20
2S
34
A ia tcmpc'ruturc de
Pour coagolation en
45minul. 33 minut. 3o niinui.
35-
.if
2S*.
gram.
Ml/2
45
gram.
35
45
dO
gram.
40
54
es
C'est ainsi que dans la pratique on peut
dire qu'une cuillerée à soupe représente 15
grammes et une cuillerée à café 5 gram-
. lues.
La présure, pour conserver tontes ses pro-
priétés et toute son efticacité, doit être mise
en bouteilles bien bouchées et tenues cou-
chées dansunendroit obscur et froid,comme
une bonne cave ordinaire, par exemple. Par
contre et tout naturellement, il faut surtout
éviter Texposition au soleil.
L'autre extrait concentré de présure con-
nue sous le nom et sous la marque La Da-
noise peut avec un litre coaguler \2AtQ0
litres de lait.
Les recommandations générales que nous
venons de formuler tout à l'heure à propos
de l'Armoricaine s*appliquent également à
la Danoise et par conséquent il est inutile
d'y revenir.
Ceci dit, nous n'avons plus qu'à donner
ici le tableau afférent à son temps de prise
qui varie comme suit, pour 100 litres de
lait :
Pour coagulation en
a lituret i h. i/a i heure
A U tcmpéiuture de
35-.
A la tempcrature de :
gram.
212
3 12
4i;2
gram.
3 1, 2
4 12
6
gram.
5
B12
Pour coagulation en
45 minut. 33 minut. 3o minut.
H.V.
30-,
28'.
gram.
0 1,2
111;2
gram.
tf I 2
11 1,2
15
gram.
10
13 1/2
17
Gomme nous ravonsdéjàdit,les prescrip-
tions générales pour remploi et la conser-
vation de la Danoise sont les mêmes que
celles énoncées plus haut à propos de YAr-
moricaine.
Nous avons tenu à exécuter par nous-
mêmes partiellement quelques-unes des
opérations que nous venons d'indiquer el
nousavonseu leplaisirde constater qu'elles
réussissaient pleinement et donnaient tous
les résultats promis. Aussi nous ne saurions
trop insistersur Tutilitéde cesprodnitsdans
la grandeindustriede la laiterie, lorsqueVon
fait les fromages et les beurres surunevasie
échelle, aussi bien que dans les pays neufs
oii ces présures deviennent les plus précieui
des adjuvants préparatoires.
COURROIE DE SÛRETÉ IH>UR M ACHINES
A BATTRE
Les ouvriers chargés de présenter les
tiges de céréales aux machines à battre
sont souvent blessés aux mains et fâcheuse-
ment estropiés. Pour éviter ces accidents,
voici un procédé bien simple, dit Y Agri-
culture moderne :
Une lanière légère en bon cuir souple est
fixée par un bout à une sorte de bracelet
également en cuir, destiné à emprisonner
le poignet droit ou gauche, selon le cas, de
l'ouvrier engreneur.
L'autre extrémité est cousue à un piton
que Ton visse sous la table d'alimentation
à une distance calculée de telle façon que
la main ne puisse s'approcher à plus de 10
centimètres du batteur.
Le bras prisonnier n*est pas gêné dans
ses mouvements utiles, il est seulement
arrêté à distance convenable du batteur ;
il n'en résulte aucune gêne dans le ira*
vail.
Muni de cette courroie de sûreté, un ou-
vrier i.iexpéri mente pourra être placé à ce
poste dangereux ; il n'y aura aucun accident
à redouter, à la condition, bien entendu, de
ne jamais engrener sans être porteur du
bracelet de garantie, que tout agriculteur,
tout mécanicien devrait exiger.
117
EXPUSITIONS
Comme on le voit, ce moyen n'est ni com-
pliqué, ni coûteux.
LES CULTURES DÉROBÉES D'AUTOMNE
Depuis quelques années, nous avons si-
grtalé les efforts poursuivis par M. Dehé-
rain en vue de propager les cultures déro-
bées d'automne, dans le double but d'enri-
chir le sol par renfouisseraent des légumi-
aeuses, principalementdesvesces, cultivées
liosi, et d'empêcher Tentrainement des ni-
trates par les eaux de drainage. Dans un
nouveau mémoire publié par les Annales
agronomiques^ M.Dehérain constate les ré-
sultats particulièrement remarquables qu'il
a obtenus dans les cultures dérobées d'au-
tomne en 1897 ; en voici les conclusions :
« 1* Pendant l'automne humide de 1897,
les cultures dérobées ont fourni des récoltes
abondantes, atteignant 4,5 et même 6 ton-
nes de matière sèche à l'hectare ;
a 2* Les récoltes les plus fortes ont été
obtenues sur des terres qui avaient reçu, à
l'automne de 1896, une légère fumure de
superphosphates, et qui avaient porté déjà
une culture de vesce en 1893 ;
«3* Les parcelles qui, sans avoir porté de
la vesce en 1893, avaient été emblavées en
KT CONCOLIIS. 118
trèfle en 1894, ont donné des récoltes bien
supérieures à celles des parcelles qui étaient
restées sans légumineuses depuis plusieurs
années ;
ce 4** La quantité d'azote contenue dans les
récoltes des bonnes parcelles atteint celle
que renfermeraient 13 tonnes de foin de
prairie ou 36 tonnes defumier de ferme ;
a 5° Sans doute le succès des cultures dé-
robées n*est pas assuré, mais il faut rappe-
ler cependant quependantlesseptdcrnières
années elles n'ont complètementavorté que
sous rinfluence de Texcessive.sécheresse de
l'automne de 1895. On peut donc semer sur
les chaumes avec de grandes chances de
réussite. Remarquons enfin que si les culti-
vateurs avaient à leur disposition de5 eaux
d'irrigation, ils seraient certains d'obtenir,
chaque année, des cultures dérobées aussi
abondantes que celles de 1897, et, par suite,
ils doubleraient pour le moins leurs res-
sources fourragères, ou augmenteraient dans
une large mesure les matières fertilisantes
à enfouir.
11 ressort de ces conclusions que la série
des sept années d'expériences poursuivies à
Grignon a confirmé, d'une manière complète,
les déductions de M. Dehérain. D'autres ex-
périences, notamment celles faites par M.
Berthault à Grignon et dans le Berry, ont
donné les mêmes résultats.
DISTINCTIONS HONORIFIQUES
AOCORDÉES AUX IMEIMBRES DE L'ACADÉMIE NATIONALE
Par décret en date du 5 janvier 1898, M. Joseph Nègre, confiseur-distillateur, à
Grasse (Alpes-Maritimes), a été nommé Chevalier du Mérite agricole^ en reconnais-
sance de sa création des fleurs sucrées et des nombreuses récompenses remportées
daos les concours.
EXPOSITIONS ET CONCOURS
L'EXPOSITION DE1900
Les services d'architecture de TExposition
de 1900 ont arrêté définitivement les plans
des constructions è édifier sur TEsplanade
des Invalides et au Champ-de-Hars.
Sur l'Esplanade, seront construits deuK
grands Palais symétriques consacrés au « Mo-
bilier et aux Industries diverses ».
119
JOCRNAL MRNSURL DK L ACADEMIB ISATIONALE.
120
Le Ghamp«de-Mars comprendra deux
rangées de Palais bordant une allée centra -
e, et qui seront ainsi dénommés:
Sur le côté gauche, en venant de la Sei-
ne :
IMe Palais des Mines et delà Métallurgie ;
2« le Palais des Fils, Tissus et Vêtements ;
3*> le Palais du Matériel et des Procédés
généraux de la Mécanique.
Sur le côté droit :
P le Palais de l'Education, de FEnseigne-
roent et des Instruments et Procé«lés géné-
raux des Lettres, Sciences et Ans ;
2* le Palais du Génie civil et des Moyens
de Transport ;
3* le Palais des Industries chimiques.
Puis, occupant toulelalargeurduChamp-
de-Marsetface à Pallée centrale deux groupes
parallèlesde trois palais ccmtigus, occupant
remplacement actuel de la Galerie des Ma-
chines, laquelle est ainsi condamnée à dis-
paraître, etqui seront consacrés, d'une part
à rKleciricilé et d'autre part à TAgricullure
et aux Aliments.
Il est à souhaiter que cette profusion de
palais nouveaux .«loit assez belle pour ne pas
faire doublement regretter les démolitions
systématiques des anciens palais de TExpo-
3ition de 1889 et de la Galerie des Machines,
démolitions qui semblent, à beaucoup de
bons esprits,étre à la fois des actes de van-
dalisme et des témoignages d'un esprit de
gaspillage véritablement désordonné.
EXPOSITION A CHATEAUROUX
Le conseil municipal de la ville de Cbà-
teauroux, chef-lieu du département de Tln-
dre, a décidé qu'une exposition nationale
industrielle, commerciale et agricole aurait
lieu dans cette ville du 1" août au 30 sep-
tembre prochain ; elle sera installée sur la
place Lai'ayetteoù vont être édiliées dévas-
tes galeries en fer.
Pour demandes de renseignements et de
règlements, s'adresser à la mairie de Chà-
teauroux.
EXPOSITION A PERPIGNAN
Une Exposition industrielle, vinicole et
agricole, sous le patronage de la Munici-
palité aura lieu dans cette ville, Promenade
des Platanes, du 15 mai au 15 juin 1898.
Pour les renseignements, s'adresser à la
mairie de Perpignan.
INDUSTRIE
DE L'EMPLOI DE L*ALOOOL
oommB source de force motrice.
L'Association des Distillateurs d'Allema-
gne ayant chargé sa station d'essais de pro-
céder à des expériences en vue d'utiliser
Talcool à la production de la force motrice,
voici quel a été le rapport officiel établi à
la suite de ces expériences :
« La possibilité d'employer l'alcool pour
les moteurs est maintenant, grâce à nos
efforts, bien démontrée. Comme Ta prouvé
l'essai récent d'un moteur, nous avons dans
l'alcool une excellente source de force mo-
trice qui peut avantageusement entrer en
concurrence avec d^autres combustibles.
« L'épreuve en question a eu lieu les 21
et 27 mars 1897, dans l'usine de MM. Kœr-
ting frères, a Kœrtingsdorf, près de Hano-
vre, et a été prolongée pendant environ
1 heure après le moment où la machine
eutatteint son allure de régime. Pour cet
essai on avait placé aux endroits voulus
tous les instruments nécessaires à l'évalua-
tion exacte du travail, tels que frein, indi-
cateur, vase mesureur d'eau de réfrigéra-
tion et divers thermomètres.
<c Pendant Tessai, on nota le nombre de
tours (le machine, la température elle vo-
121
LNDDSTRIK.
122
lume de Teau de réfrigération du cylindre,
ainsi que les oscillations du dynamomètre
à ressort faisant équilibre à la charge du
frein ; mais on n observa partout que des
écarts peu notables.
« L'alcool employé dans cette expérience
avait une richesse pondérable de 03 p. 100,
ce qui correspond à une densité de 0,8140
environ 95,5 en volume); le frein était en
moyenne chargé de 77 k. 5, le rayon de
la poulie chargée du frein était de 0 m. 4025
et la vitesse moyenne était de 228 tours par
minute.
« L*essai terminé, en comparant le tra-
vail du moteur à la consommation de
l'alcool, on constata qu'il avait fallu brûler
0,40 d'alcool pour la production d'un che-
val horaire.
« Comme eau de réfrigération pour com-
battre réchauffement du cylindre pendant
le fonctionnement, on employa 21 litres 80
par cheval horaire, consommation qu'on
aurait encore pu diminuer, car l'eau s'é-
coulant de la chemise du cylindre n'avait
en moyenne que 58*» C.
L'allure de la machine était très tran-
quille et tout à fait régulière.
« Les détonations anticipées et les détona-
tions tardives qui occasionnent des chocs
violents dans le cylindre moteur et qui sont
si pernicieuses pour la durée de la machi-
ne et la sécurité du travail, manquaient
presque complètement, comme l'indiquent
les diagrammes fournis par l'indicateur ;
celatientàce que la combustion de Tal-
cool est complète.
« Cette dernière propriété de l'alcool est
de la plus haute importance quand on
compare ce combustible aux autreségale-
ment employés pour les moteurs à détona-
tion. Par suite de l'absence de carbures
lourds dans l'alcool, il ne se produit ni en-
crassement, ni accumulation de suie ; il en
résulte une marche réellement continue, si
peu que le conducteur connaisse sa ma-
chine.
« Le moteur en question avait été cons-
truit par MM. Kœrting frères dans le but
défaire des essais et était du type des mo-
teurs à pétrole de cette maison ; on avait
seulement monté un dispositif particulier
pour la gazéfication de l'alcool. D'après ses
dimensions, le moteur devait fournir 6 che-
vaux avec le pétrole, tandis que, par l'em-
ploi de l'alcool, il produisait d'une iaçon
continue 9 chevaux 933, avec naturellement
une consommation plus grande de calorique,
prise dans le sens absolu, que celle qu'il
exigeait pour la production des 6 chevaux
en brûlant du pétrole. Ce fait prouve que
Talcool est utilisé d'une façon beaucoup
plus parfaite que le pétrole.
«Si l'on veut, pour des raisons quelcon-
ques, diminuer pendant un certain temps
la capacité productive du moteur, on peut
jusqu'à une certaine limite, sans gaspiller
le combustible, diminuer la puissance ca-
lorique de l'alcool en y ajoutant de l'eau
ce qui donne une utilisation absolument
économique du moteur. »
Complétons ces renseignements en ajou-
tant que l'essai d'un autre moteur avait
précédemment accusé une consommation
de 0 1. 85 d'alcool par cheval horaire, ce
qui constituait une dépense notablement
supérieure à celle des moteurs à pétrole. On
voit par l'essai ci-dessus que l'on peut pro-
duire un cheval horaire en brûlant 1/2 litre
d'alcool ; comme les moteurs à pétrole brû-
lent environ 1/2 litre de pétrole par cheval,
on voit que pour produire la force à dé-
pense égale, le prix de l'alcool devrait être
égal à celui du pétrole.
En France le pétrole coûte actuellement
0 fr. 40 le litre ; comme l'alcool à 90* vaut
38, soit 40 fr. à 95% il faudrait donc pou-
voir se procurer l'alcool au prix coûtant en
fabrique, ce qui n'est guère possible, car il
faudrait dans tous les cas le dénaturer,
et cela entraîne forcément à des frais. On
pourrait peut-être remplacer l'alcool rec-
tifié, puis dénaturé, par des flegmes à 95-96''
Gay-Lussac, également dénaturés, que l'on
pourrait se procurer au prix de l'alcool rec-
tifié pris en fabrique.
On arriverait ainsi à produire la force
motrice au même prix qu'avec le pétrole ;
et comme, d'après ce qu'on a vu plus haut,
on peut, avec l'alcool, faire le même tra-
vail avec un moteur notablement plus petit,
123
JOURNAL HENSUEL OB
d'oii économie sérieuse dans le prix d'achat,
l'alcool pourrait être avantageusement
substitué au pétrole, indépendamment de
l'avantage résultant d'un maniement beau«
coup plus agréable.
LES INDUSTRIES TEXTILES
•n Frano« en 1890.
(Extrait du rapport de M. A. Picard, pré-
sident de la commission permanente des
valeurs de douanes, sur le commerce exté-
rieur de 1890.)
Actuellement, les filatures se divisent en
trois catégories : filatures travaillant à for-
fait, c'est à-dire achetantdes lai nés qu'elles
transforment en flls et qu'elles vendent à
leurs risques et périls ; filatures à façon,
recevant des laines pour le compte d*autrui
et les transformant, moyennant un prix dé-
battu; filatures travaillant pour des tissages
qui appartiennent aux mêmes industriels.
Autrefois il n'y avait guère de filatures à fa-
çon. La multiplication de ce mode de tra-
vail parait avoir eu des résultats assez fâ-
cheux pour Tindustrie de la filature : il s'est,
en effet, crééde nombreuses usines d'impor-
tance minime ou moyenne, qui se sont fait
une concurrence acharnée, contribuant ain-
si à Tavilissement des prix de la façon et par
conséquent du fil.
La marche du tissage a été parallèle à
celle de la filature. Très active jusqu'à la fin
de mai, suffisamment occupéejusqu'en sep-
tembre, la fabrication a rencontré ensuite de
sérieuses difficultés ; les cours des lainages
se sont dépréciés.
Dans l'ensemble, les bénéfices industriels
de 1896 ont été peu satisfaisants.
Un des faits les plus caractéristiques de
Tannée est le retour du goût vers les étoffes
de laine douce, au préjudice des étoffes de
laine cheviotte, depuis si longtemps en vo-
gue. On a employé de préférence les laines
croisées fines, soit dans la draperie pour
homme, soit dans les étoîTes pour robe.
Noire industrie lainière exporlaut envi-
ron la moitié de ses produits, une gênesen-
l'académie .nationale. 124
sible devait nécessairement résulter de la
diminution des sorties en 1890.
Cette industrie ne reste pas moins Tune
des branches les mieux constituées de l'ac-
tivité nationale. Son outillage est générale-
ment à la hauteur des progrès nouveaux.
Bien que l'Allemagne nous serre de près,
la France tient encore le premier rang.
L'année 1893 a été une année de décep-
tion pour la fabrique et le commerce des
soieries. D'abord chargée d'ordres et fort
occupée, rindustrie a manqué ensuite de
commissions à long terme; l'alimentation du
tissage à la main est alors devenue difficile.
Malgré tout, la production des manufac-
tures lyonnaises a atteint, en tissus de gen»
res divers, 400 millions de francs, chiffre à
peu près égal à celui de 1895. Mais les tissus
de soie pure, qui jouent un rôle prépondé-
rant dans l'économie générale de ces manu-
factures, ont perdu plus de 10 % . Aucune
fabrique du monde n'a, on ne saurait trop
le répéter, autant de ressources et de sou-
plesse que la fabrique de Lyon ; nul ne
possède des ouvriers et des chefs d'atelier
doués de lam^me aptitude, des dessinateurs
aussi habiles, des fabricants plus expéri-
mentés, plus persévérants et plus hardis.
A Sainl-Étienne, la production a baissé,
sinon en quantité, du moins en valeur : 87
millions de francs, au lieu de 94 millions.
Elle se rapproche beaucoup de la moyenne.
Les rubans figurent dans le total pour 80
millions de francs. Partout, du reste, les
affaires relatives à cet article de fabrication
ont été fort calmes en 189(3, et, si la Suisse
nous dispute le premier rang pour Texpoi''
tation, nous restons tout au moins à la tète
de la production manufacturière. Trois faits
caractéristiques sont à signaler en ce qui
touche Saint-Élienne : î" l'augmentation de
l'outillage industriel ; 2** l'émigration des
métiers et des ouvriers vers la campagne :
30 l'utilisation de l'énergie électrique com-
me force motrice des métiers. Il convient
encore de mentionner les résistances oppo-
sées par Sainl-Éiionne aux tendances qui se
sont manifestées à Baie et aux États-Unis en
i2:j
INOISTBIE.
126
faveur de la création de grandes usines ; la
place y a perdu une assez forte production
de rubans unis de soie pure, mais elle a gar-
dé, en revanche, sa souplesse d'organisation
et son originalité.
La production de la Picardie peut étrees-
timée à 18 millions de francs en 1806, au
lieu de 31 millions en 1895. Cette réduction
est due à la disparition des articles dits cré-
pons et tricotines, dont la vogue était naguè-
re si grande. D'ailleurs, le chiffre du 18 rail-
lions se rapproche beaucoup plus de la
moyenne que celui de 31 millions.
Dans l'ensemble, la production française
des tissus de soie pure ou mélangée a at-
leinl, en 1896, 607 millions de francs. Celle
des saules étoffes, déduction faite des ru-
bans, des tulles, des dentelles, de la bonne-
terie et de la passementerie, représente 465
millions.
En Angleterre et dans les colonies britan-
niques, les affaires ont été très actives pen-
dant Tannée 1896. La France occupe tou-
jours la première place sur le marché an-
glais, de même que sur le marché du mon-
de entier.
Aux États-Unis, la campagne a été mau-
vaiie pour Tindustrie et pour le commerce
des soieries.
La Suisse a souffert comme Lyon, durant
le second semestre. Sa production n'a ce-
pendant pas été inférieure à celle de 1805.
En Allemagne, les conditions générale-
ment défavorables au commerce et la dimi-
nution dans la vente des velours, qui for-
ment une partie très importante de la fabri-
cation allemande, ont exercé une influence
fâcheuse sur les transactions.
La fabrique italienne prend, chaque an-
née, une extension nouvelle. L'exportation
augmente, alors que rimporlation demeure
stationnaire.
En Russie, la production des tissus de soie
continue à se développer.
En ce qui concernerindustrie cotonniôre,
sans être aussi favorable qu'en 1895, la si -
luation de la filature française en 180C a
été néanmoins très satisfaisante.
Le développement, peut-ùlre un peu trop
rapide, de notre tissage s'est ralenti. Au
cours de 1896, le nombre des métiers nou-
veaux n'a pas dépassé 2,000, dont la moitié
pour la région de Roanne.
Bonne pendant le premier semestre la
situation de rindustric et du commerce des
tissus de coton était moins satisfaisante pen-
dant le second semestre, et tendait à de-
venir mauvaise vers la fin de Tannée. La
concurrence des tissages a pesé sur les prix.
Cependant les bénéfices de la campagne doi-
vent être consitlérés comme assez rémuné-
rateurs.
J'ai dit précédemment que les statistiques
douanières assignaient à notre exportation
de tissus une importance chiffrée par 25 mil-
lions de kilogrammes. En tenant compte des
étoffes employées dans la confection d'arti*
clés divers et sortis, par suite, sous une au-
tre forme, on arrive à 27 millions de kilo-
grammes.
Le mouvement vers l'Algérie et l'Indo-
Chine mérite d être particulièrement remar-
qué. C'est sur ces colonies que nous de-
vons surtout compter pour un avenir im-
médiat. Il y a là des perspectives rassuran-
tes pour le sort de notre tissage, si l'on a la
sagesse de ne pas accroître outre mesure
son matériel.
Une mention spéciale est due à l'industrie
nationale de l'impression. Ceite industrie a
fait de réels progrès ; la production des
étoffes imprimées en France atteint mainte-
nant 18 millions de kilogrammes et 80 mil-
lions de francs.
Dans toutes les branches de l'industrie
cotonnière, l'Angleterre occupe la première
place. Son exportation coloniale est de 1
milliard 280 millions de francs. Malgré le
développement de la filature et du tissage
aux Indes et au Japon, elle y trouvera long-
temps encore de larges débouchés.
£u 1890, l'Allemagne a gardé pour sa
consommation près de 250 millions de kilo-
grammes de coton. L'élévation de ce chiffre
s'explique par l'accroissement de la popula-
tion allemande. Nos voisins exportent moins
que nous. Par l'excellent outillage et Tintel-
ligenie conduite delà teinture et des ap-
prêts, ils ont su conquérir une place envia-
ble sur les marcliéi de libre concurrence.
127
JOURNAL MRNSURL DB L ACADEMIE NATIONALE.
128
L*indu8lrie ilalienne a pris un essor re-
marquable. Elle contribue puissamment à
alimenter certaines régions de l'Amérique en
flanelles de coton et draps pour vêlements
d'homnie.
Pour les pièces do lingerie et vêtements
confectionnés^ nos principaux clients ont
é'é : pour la lingerie, l'Angleterre, l'Algérie,
le Brésil, les Etats-Unis, la République Ar-
gentine ; pour les confections destinées aux
hommes, l'Algérie, le Chili, la Tunisie, la
République Argentine ; pour les confections
destinées aux femmes, l'Allemagne, TAngle-
glelerre, la Belgique, les Etats-Unis.
L'exportation de la lingerie continue à dé-
croîire,par suite de la concurrence que l'Al-
lemagne et TAutriche-Hongrie nous font,
grâce au bon marché de leur main-d'œuvre.
Il y a lieu d'ajouter qu'en 1896 la mode n'a
pas été favorable aux articles de lingerie
pour femmes.
Nous devons d'autant plus nous féliciter
de l'augmentation dont bénéficient les sor-
ties de vêtements d'hommes, que l'Allema-
magne et l'Autriche Hongi*iesont des rivaux
redoutables. L'exportation des vêtements
confectionnés pour femmes estégalement en
progrès ; sa valeur serait notablement ac-
crue, si l'on pouvait connaître et ajouter au
chiffre des statistiques douanières le prix des
confections emportées par les voyageurs à
titre d'effets personnels.
A propos des vêtements confectionnés, le
rapport de !a 4* section appelle l'attention
des intéressés sur la création, à Paris, de
maisons étrangères, qui ont su recruter une
clientèle assez . nombreuse et qui ont une
tendance naturelle à employer des tissus de
leur pays.
L'INDUSTRIE ET LE COMMERCE DES
TISSUS EN RUSSIE.
(Extrait de l'ouvrage: la Russie industrielle
par M. Verstraete, attaché commercial
à l'ambassade de France, à Saint-Péters-
bourg.)
En tissus, l'industrie russe fait surtout
des draps unis. Les manufactures de Saint-
Pétersbourg et de Moscou, qui travaillent
pour l'armée, produisent en grand cet arti-
cle. Une fabrique de Saint-Pétersbourg ex-
posait à Nijni-Novgorod des draps noirs
unis, genre Sedan, des draps anglais, et
toutes les variétés qu'elle produit pour uni-
formes, ainsi que toute la série des couleurs
qui distinguent les classes et les catégories
de la hiérarchie russe.
Les prix qu'elle indiquait ne laissent guère
d'espoir à l'importation étrangère, grevée
par des droits spécifiques très élevés qui
prennent un caractère prohibitif, dès qu'il
s'agit de tissus d'hiver. Peut-être serait-il
encore possible de réaliser quelques affaires
en articles légers et aussi en étoffes de haute
qualité, que l'industrie russe ne produit
pas.
Lorsque cette manufacture elle-même a
entrepris la confection de draps dans les 10
à 12 roubles l'archine, elle a échoué. Hais
le champ à exploiter ne serait pas vaste ;
on aurait surtout pour clients les tailleurs
à la mode, obligés de satisfaire aux deman-
des d'une clientèle spéciale, et certains
marchands de draps tenus d'avoir des as-
sortiments complets.
La fabrication des draps communs est
surtout pratiquée dans la région moscovite.
En lainages nouveauté, la Pologne possède
une supériorité incontestable qui s'est net-
tement affirmée à l'Exposition du Nijni-Nov-
gorod. D'importantes maisons ont abordé
avec succès la fantaisie et la nouveauté.
Leurs marques sont connues dans toute la
Russie. La production de Moscou com-
prend surtout l'article national, les châles,
les cachemires, les doublures, les broderies
sur les tissus de laine^ et tout eu ayanten sa
faveur le plus gros chiffre d'affaires, elle
ne donne pas au même degré le cachet «le
la nouveauté.
C'est dans les vitrines des Polonais que
l'on rennarquait, à Nijni-Novgorod, les meil-
leurs lainages, pour dames. Quant aux ma-
nufactures de Saint-Pétersbourg, elles com-
mencent à peine à faire la nouveauté.
Les manufactures étrangères peuvent en-
core écouler des tissus nouveautés. L'im-
portation n'en est sans doute pas très consi-
12D
INDUSTRIE.
130
dérable (environ quatre ralliions de roubles
par an), mais elle semble plutôt augmen-
ter. Elle est favorisée d'abord par la mode,
ensuite par rinsuffisance des fabriques rus-
ses, envisagée au double point de vue de la
quantité des métiers et de la qualité des
étoffes. J'ai déjà eu Toccasion de signaler
le lent développement du tissage. En ce
qui concerne la qualité des étoffes, on peut
dire d'une manière générale que le lainage
russe, voire même le lainage polonais, n*est
pas bien apprêté. Ce défaut est particuliè-
rement sensible dans les étoffes nouveauté,
qui empruntent surtout leur charme et
leur valeur à la fraîcheur de leur aspect .
llmanqueau tisserand russe le tour de main
adroit, la science délicate d'approprier une
clotle à sa nature et à son emploi, au
moyen du finissage. Les étoffes foulées, les
cbeviottes, les articles tissés teints pour da-
mes, sont les uns et les autres traités d'une
manière défectueuse. La teinture des étof-
fes en pièces est à peine satisfaisante, celle
de la laine en Hottes laisse encore plus à
désirer. Il n'existe guère qu'une fabrique,
à Pouchkine, près Moscou, qui fasse en
Russie, d'une manière à peu près conve-
nable, les apprêts et la teinture.
Malgré cette exception et quelques autres
que Ton rencontre en Pologne, la question
des apprêts n'a pas encore été sérieusement
étudiée par les industriels russes. Peut-être
nos compatriotes pourraient-ils s'en occu-
per avec profit. L'art d'accroître, par l'ap-
prêt et le finissage, la valeur marchande
d'une étoffe sans en augmenter sensible-
ment le prix de revient, est de Tessence
même de leur génie, et en mettant au ser-
vice de l'industrie russe leur expérience, ils
n'auraient guère à redouter de réaliser leurs
l>énéfices aux dépens des importations fran-
çaises.
Les statistiques douanières montrent, en
effet, que ce sont surtout les lainages an-
glais et allemands qui font concurrence aux
lainages russes. Les articles français sont
négligés ; d'ailleurs, ils ne sont pas offerts
aux époques et aux conditions d'usage. Les
échantillons doivent être présentées en
avril, pour la saison d'hiver, et en novembre
pour la saison d'été ; à ces dates, les hôtels
moscovites se remplissent de commis voya-
geurs anglais et allemands.
Mais les voyageurs français, eux, ne pas-
sent, plus tard, quequand il n'y a plus qu'à
glaner, et lorsqu'ils exhibent à Moscou la
collection longtemps cachée comme un ob-
jet précieux, le négociant leur montre des
étoffes identiques d'un dessin pareil que
quelque voyageur allemand lui a vendues,
le mois passé, à un prix moindre, avec un
crédit plus long et un escompte plus élevé.
Un article russe de grandeconsommation,
c'est le châle ; les paysannes s'en couvrent
la tête: elles ne portent pas de bonnets. La
fabrication des châles est surtout pratiquée
dans le centre moscovite, oii certaines ma-
nufactures se sont fait de cet article une
spécialité.
On remarquait encore, à l'exposition de
Nijni-Novgorod, des étoffes en laines de
chameau très solides et d'un bon usage.
En tapis,rindustrie russe est très arriérée,
sans doute à cause de la concurrence de s
tapis du Caucase, du Daghestan, du Turkes-
tan et de la Perse, dont il se tient chaque
année un important marché à la foire de
Nijni-Novogorod, et dont Tiflis est le grand
entrepôt. Les industriels du centre mosco-
vite ne font guère que la moquette de di-
mensions moyennes et à grands dessins, de
tons trop heurtés, et d'une maladresse en-
fantine d'exécution. A Varsovie, on travaille
mieux. Une maison fait bien la moquette à
haute laine, la moquette rase en velours de
laine imprimé, la descente de lit à haute
laine, les portières en chenille de laine,etc.,
il n'y a pas longtemps, les meilleurs fabri-
cants russe faisaient venir de Beauvais leurs
chaînes imprimées ; les droits de douanes
sur les tapis étant prohibitifs, à présent, ils
commencent à faire eux-mêmes leurs chaî-
nes.
. La Russie exporte quelques lainages par
la frontière d'Asie, maison faible quantité :
37,000 pouds en moyenne. Son exportation
comprend surtout des étoffes feutrées.
Les exposants de la section des lainages
(exposition de Nijni-Novgorod) étaient au
nombre de cent vingt, y compris les fabri-
131 JOUUNAL MKiNSUEL Dft l'aCAOÉMIL ^Ano^ALK.
cants do lapis. A rexposilion de Moscou « en
1882, on n'en comptait que quatre-vingt-
six.
132
trains éclairs que l'on propose de mettre eu
circulation sur nos lignes françaises.
MOYEN DE PRÉVENIR* LE8 DÉRAILLE-
MENTS DE8 TRAIN8 RAPIDES DANS
LE PASSAGE DES COURBES.
Communication de M. Paloux,
garde d'artillerie, chef artificier à Oran.
Je viens de constater au cours d'une pe-
tite expérience que les galets d*un véhicule
mis en mouvement rapide sur une voie cir-
culaire en métal, déraillaient fort souvent,
par suite d'une trop grande adhérence du
boudin des galets extérieurs, sur les rails
conducteurs installés, adhérence qui, en
dehors de la force centriTuge, laquelle est la
première cause, est due à un grippement
des métaux rais en contact entre eux.
Un moyen connu en cent autres cas, mais
nullement utilisé jusqu'ici en cette circons-
tance (à ma connaissance du moins] a surfi
pour empêcher ce fait de se répéter ; ce
moyen n'a été qu'une simple lubrification
du boudin des galets ou celle du rail exté-
rieur.
Vu le résultat obtenu, j'ose proposer l'ap-
plication de ce procédé simple sur les voies
ferrées avec l'emploi des trains rapides.
A cet effet, le boudin ou bourrelet do la
roue guide de la machine placé du côté du
rail extérieur de la courbe, ou simplement
celui-ci, serait graissé latéralement et auto-
matiquement au temps du passage du train,
ce qui faciliterait du même coup le glisse-
ment de toutes les roues. Après quoi un or-
gane ad hoc^ placé à la dernière voiture, es-
suierait le dit rail une fois le train passé, afin
de ne pas diminuer le mordant qui devient
nécessaire aux trains de marchandises, sur-
tout aux rampes.
De même, afin de ne pas nuire à l'adhé-
rence des roues motrices des machines
express, un système d'essuyage pourrait
s'eflectueren temps utile sur ces dites roues.
Cette application me semblerait prendre
surtout de l'importance avec Tétude des
EXTRAITS FLUIDES POUR SIROPS
de L. Mauje\n, pharmacien à Sermaize
(Marne).
Nos lecteurs connaissent depuis long-
temps les travaux de notre savant collègue
M. L. Maujean, pharmacien-chimiste de
P* classe de l'Ecole supérieure de Paris, car
nous avons eu l'occasion d'en parler ici
même à plusieurs reprises. Aussi, comme
tous les chercheurs, il est infatigable et
comme la dernière application pratique de
ses investigations nous paraît appelée à ren-
dre de grands services, il nous semble
intéressant d'en dire de suite deux mois,
en attendant une étude plus complète et
approfondie sur les détails mêmes de la
fabrication et les appareils employés.
M. L. Maujean, établi depuis plusieurs
années à Sermaize, y possède une installa-
tion scientifique très complète et très mo-
derne, qui lui permet de poursuivre avec
succès ses travaux de recherches. C'est ainsi
qu'avec son laboratoire spécial d'analyses,
notre collègue peut se livrer en toute sécu-
rité, comme à Paris, aux recherches chimi-
ques et micrographiques et procéder à toutes
les analyses médicales et industrielles qui lui
sont demandées dans le pays.
Nous avons là, sous les yeux, quelques
échantillons de ses extraits fluides pour
sirops et, après les avoir essayés, nous pou-
vonsaffirmer.en connaissance de cause, qu'il
sont appelés à rendre de réels servicesdans
les familles, dans la plupart des circonstan-
ces de la vie courante, et il suffit d'en énu-
mérer quelques-uns pour convaincre nos
lecteurs qu'il n'y a rien d'exagéré, en effet
dans cette assertion.
Je citerai donc parmi les principaux les ex-
traits de bourgeons de sapin, d'écorces d'o-
ranges a mères, de chicorée composé pour
sirop anti.scorbutique,pourMiel-Kosat, pour
sirop De;^essart, et enfin l'extrait de Poly-
gala.
l:i3
Tous ces cxlrailscoiiteDus dans des petites
bouteilles, hautes comme le doigt, bien
bouchées et capsulées,peuvent se conserver
indéfiniaicnt et se transporter facilement
dans n'importe quelle poche, en voyage ;on
peut toujours avoir ainsi sous la main deux
ou trois de ces petites bouteilles et comme
Il suflil de mélanger l'extrait dans la pro-
portion de 100 contre 900 de sirop simple,
on voit comment Ton peut instantanément
se procurer un excellent sirop d'écorcesd'o-
ranges amères, de bourgeons de sapin, etc.
suivant les besoins du moment ou l'indispo-
sition subite qui vous atteint.
On n'a pas toujours dans nos villages per-
dus, au fond d'un hôiel en province, le li-
tre de sirop simple sous la main, direz- vous
peut-être ?
A cela la réponse est facile : si Ton n'a
point le sirop, si le pharmacien est fermé, on
a toujours du moins une livre de sucre à sa
disposition qu'il est facile défaire fondre
dans un peu d'eau et, de la sorte, avec la
petite fiole de M. L. Maujean,on a de suite
un excellent sirop qui calme la toux, redonne
des forces ou débarrasse le malade, en at-
tendant que Ton envoie chercher un méde-
cin si la chose est nécessaire.
Tous les extraits que notre collègue à
bien voulu soumettre à notre appréciation
sont très aromatiques et renferment, sous
un petit volume, comme l'indique leur
nom même, tous les principes actifs des
substances servant à préparer les sirops cor-
respondants.
Le procédé employé pour la fabrication
est nouveau et, comme nous le disions plus
baut, il est probable que nous aurons Toc-
casion d'y revenir un jour plus en détail ;
mais, en attendant, nous tenons à constater
que ces extraits fluides pour sirops sont fa-
briqués avec un soin extrême et toutes les
garanties scientifiques désirables par M. L.
Maujean et qu'ils sont appelés à rendre de
grands services, non seulement pour ceux
qui sont habitués à voyager fréquemment,
comme nous le faisions remarquer tout à
riieure, mais encore, et nous serions pres-
que tentés de dire surtout, aux pharmaciens
LNDUSTIUK.
eux-mêmes qui
• 134
seront fort heureux de
trouver ainsi toujours tout prêts et sous un
très petit volume tous les sirops dont ils
peuvent avoir besoin sur Theure, et qu'il est
souvent aussi encombrant que coûteux d'a-
voir préparés longtemps à l'avance sur une
grande échelle.
Sans compter que ces extraits se conser-
vent infiniment mieux que les sirops prépa-
rés lesquels tendent toujours à fermenter.
A ces divers point de vue, ces extraits
fluides pour sirops de notre collègue sont
appelés certainement à un succès d'autant
plus rapide et plus mérité qu'ils semblent
répondre à un véritable besoin du public
et peut-être plus encore des pharmaciens.
DÉVELOPPEMENT DE PRINCIPES
AROMATIQUES
Par fermentation aloooUc|ua opérée en
présence de certaines feuilies,
Communication deM. Georges Jacquemin ,
à Malzé ville, près Nancy.
Les feuilles, à différentes époques de la
végétation, sont le siège d'une élaboration
de principes immédiats, que la plante utilise
au profitd'autres organes, du fruit par exem-
ple, soit dès qu'ils ont été (ormes, soit après
les avoir tenus en réserve pour les aban-
donner au moment voulu. Lefruit, en effet,
peut acquérirau temps delà maturation une
saveur caractéristique, duc, suivant toute
probabilité, à l'introduction de ce principe,
dont on a perçu l'odeur caractéristique dans
la feuille du cassis par exemple, ou à l'arri-
vée et au dédoublement du principe en
question, dont onna pu entrevoir Vodeur
ou la saveur^ dans la feuille du pommier,
du poirier, du framboisier, etc.
Les feuilles de bien des végétaux, portant
des fruits k saveur nettement caractéristique,
n'ont par ellos-mômes rien qui puisse faire
soupçonner en elles la cause de cette saveur
si bien définie. Qu'on les froisse entre les
doigts, ou qu'on les broie dans un mortier de
porcelaine, on ne perçoit aucune odeur ou
JOURNAL MENSUEL DR L'aGADÊMIB NATIONALE.
135
aucune saveur aromatique ou parfumée.
Qu'on les fasse bouillir avecdeTeau, et Ton
n'en sentira généralement pas davantage.
Il m'a semblé que ces principes particu-
liers à certaines feuilles, dont rien ne sau-
rait par des moyens physiques révéler la na-
ture ou pressentir le rôle physiologique que
je leur attribue dans le Iruit en voie de ma-
turation, pourraient bien être assimilés à des
glucosides. On peut concevoir en effet que
de lels corps, arrivant dans le fruit à une
certaine période de la vie du végétal et y
rencontrant une diaatase, se dédoublent
sous cette influence en glucose ou matière
sucréequi augmente la saveur sucréedu fruit,
et en un principe plus ou moins aromatique
qui caractérise cette saveur.
Guidé par cette hypothèse, que j'avais
imaginée, j'ai été conduit aux expériences
suivantes, qui peuvent être résumées en
quelques lignes et qui ont servi de point de
départ à beaucoup d'autres du même genre,
dont je me propose de présenter les résultats
à la Société dès que mes travaux seront ter-
minés.
Je fais immerger, par exemple, des feuil-
les de pommier ou poirier dans un liquide
sucré à 10 ou 15 % de sucre, puis j'y ajoute
une levure ou saccharomycès choisi de ma^
nière à déterminer la fermentation sans don-
ner de bouquet. Dès que la fermentation est
en marche, on sent manifestement une
odeur de pommes ou de poires, suivant la
nature de la feuille, et lorsque la fermenta-
tion est termint^e, après dépôt de la levure,
on obtient un liquide d'un jaune-paille plus
ou moins accentué, qui, soumis à la dégus-
tation, manifeste les caractères d'une bois-
son à bonne saveur qui rappelle la pomme
ou la poire et qui, par distillation, donne
uneeau-de-vie possédant un fin bouquet de
fruit, pomme ou poire.
Ce résultat de nombreuses expériences
démontre bien que la levure par une dias-
tase qu'elle excrète, opère le dédoublement
de ce glucoside, de ce principe particulier
des feuilles, en un produit aromatique spé-
cial et en un sucre qui fermentera avec le
130
sucre du liquide qui fait fonction de milieu
de cette vie cellulaire.
Une fermentation du même genre, en
présence de feuilles de vignes, donne un
liquide à odeur et saveur vineuse très mar-
quées, et par distillation une eau-de-vie de
fin bouquet, que l'on ne peut qu'assimilera
une fort bonne eau-de-vie de vin. Cette ex-
périence a été réalisée avec les feuilles de la
vigne de ma propriété de Malzéville, près
Nancy, qui donne un vin sans bouquet mar-
qué. Il est permis d'espérer que la saveur
vineuse serait accompagnée d'un bouquet
d'autant plus fin que les feuilles provien-
draient de cépages producteurs de meilleurs
vins : c>^t la démonsti'ation de cette hypo-
thèse que je vais tenter expérimentalement.
Il est encore une remarque à signaler,c*est
que le développement d'un principe aroma-
tique, par fermentation des feuilles dans
un moût sucre, est d'autant plus intense
que Ion s'approche de l'époque où le fruit
pourra user de cette réserve en vue de sa
maturation. On comprend que, fin mai oh
commencement de juin, les feuilles ne sau-
raient donner un résultat aussi complet que
fin juillet et août. Quoi qu'il en soit, les ré-
sultats que Ton obtient en juin sont déjà
fort remarquables.
Certains de ces principes aromatiques
étant très volatils, il s'en dégage beaucoup
pendant la fermentation ;ce fait est trè^en
évidence dans la fermentation des feuilles
de framboisier, sur laquelle je reviendrai.
Or, si l'on voulait éviter cette déperdition, il
conviendrait de diriger les ga/ de la fermen-
tation à travers un condensateur garni d'al-
cool, qui dissoudra l'arôme dégagé, ou de
faire passer ce gaz odorant à travers tout
appareil pouvant servir à fixer les huiles
essentielles ou les parfums les plus fugaces.
Dans toutes ces fermentations de feuilles
diverses, j'ai constaté que l'intensité de l'o-
deur du principe aromatique était plus
grande, mieux accentuée, lorsqu'on opérait
la distillation avant que la fermentation fût
entièrement terminée
137
PRODUITS AUMENTAIRES.
138
PRODUITS ALIMENTAIRES
FROMAGE DE GRUYÈRE
ET FROMAGE D*EMMENTHAL
Communication de M. Ch. Martin,
directeur de TEcoIe d'industrie laitière
de Maroirolle (Doubs).
La production française de Gruyère s'est
élevée, en 1892, à 18,580,077 kilos ; elle
était, en 1882, de 14,773,423 kilos ; ce qui
représente, pour la période 1882-1892, un
gain de 3,8<:6,Ô54 kilog.
Depuis, Taugmentation a continué de se
manifester. Dans le Doubs, par exemple, la
quantité fabriquée en 1897 dépasse de
247,000 kilog. le total constaté lors de la
dernière enquéte.Les fruitières de la Haute-
Savoie transformaient 385,092 hectolitres
de lait en Gruyère il y a six ans : elles en
utilisent dans le même but plus de 450,000
hectolitres aujourd'hui. L*accroissement ne
sest sans doute pas limité à ces deux ré-
gions.
Daotre part, depuis 1892, certains dé-
partements ont introduit la fabrication du
Gruyère ; tels le Calvados, la Lozère, etc.
Bref, la production française atteint annuel-
iement 20 millions de kilog. : c'est, com-
parativement au chiffre de 1882, une plus-
value de 5 millions de kilos.
L examen des importatious de fromages
suisses en France depuis quelques années
permetde constater certains faits intéres-
sants.
Pendant la période 1886-1891 le total des
entrées est descendu progressivement de
^^506,000 kilog. à 6,578,000 kilog. Cette di-
DDinution de 30 pour 100 s'est produite sous
le régime du droit de douane de 4 francs
P>r 100 kilos., tout simplement parce
que l'industrie nationale similaire a pro*
K^^ssé tout & la fois en quantité, comme le
prouvent les chiffres cités plus haut, et
>QS8i en qualité.
De 1892 à 1897, le mouvement de décrois-
sance s'est brusquement arrêté.
En déduisant la quantité de fromages fran*
çais envoyés en Suisses, on voit que l'excé-
dent des importations étrangères s'est main-
tenu sans variations très sensibles, pendant
la période considérée, autour de 6,030 ton-
nes par année. Et pourtant les droits ont
été portés à 15 francs le 1" janvier 1892,
puis à 25 francs le V janvier 1894, enfin à
12 francs le 16 août 1895.
Incontestablement ces tarifs élevés ont in-
fluencé favorablement les cours ; mais ils se
sont montrés impuissants à diminuer les
importations.
L'explication en est facile à donner. En
effet, la très grande partie des produits
suisses entrant actuellement en France est
constituée parles Emmenthals (pièces de 60
à 90 kilogs.) que certains consommateurs ne
veulent à aucun prix remplacer par le gru-
yère de format ordinaire. L'accroissement
de la production française depuis 1892 ne
pouvant se substituer àTEmmenthala donc
dû chercher un débouché au dehors et, de
fait, le tableau comparatif de nos exporta-
tions de fromages durant ces dernières an-
nées indique un mouvement .ascendant très
marqué.
La préférence accordée à l'Emmenthal
est une mode que les dimensions du produit
ne suffisent pas à justifier. Mais une mode
ne se discute pas, elle s'impose, et puis-
que les amateurs consentent à payer leur
fromage favori avec une plus-value, l'in-
dustrie nationale doit s'efforcer de leur en
fournir.
Des chiffres précédents, une conclusion
se dégage, c'est qu'il faut absolument fabri-
quer en France V Emmenthal.
Protégée par un droit de 12 francs, assu-
rée d'un débouché dans le pays même, cette
industrie se présente actuellement avec tou-
tes les chances de succès.
Aux gérants des fruitières, aux industriels
13J JOURNAL MENSUEL DE
qui voudraient la tenter, l'école de Mami-
roHe peut donner toutes le$ indications né-
cessaires.
Depuis plusieurs années, celte fabrica-
tion si importante pour notre pays a été
l'objet de nombreuses recherches à réta-
blissement ; elle y est aujourd'hui enseip:née
d'une façon régulière, et chaque jour la
moitié du lait se transforme en Emmenthal.
LE CURAÇAO BROOHARD
de M. Brochard-Quillet, à Châteaudun
(Eure-et-Loir).
Celte nouvelle liqueur ne le cède en rien
à ses devancières,et nos lecteurs se souvien-
nent certainement que nous avons eu plus
d*une lois l'occasion de parler ici même des
excellents produits qui sortent de la Maison
Brochard-Quillet, de Châteaudun, et de lui
rendre, en même temps, un hommage jus-
tement mérité.
Aujourd'hui notre collègue nous pré-
sente, sous le nom de Curaçao Brochard,une
liqueur tonique et digestive d'un goût très
fin et d'un arôme très délicat, capable de
plaire à tous les palais,car elle n'est ni trop
forte, ni trop douce.
C'est là un point sur lequel nous insistons
tout particulièrement, car il est désagréable
pour la plupart des consommateurs de dé-
guster, sous ie nom de liqueur verte, par
exemple, une espèce de tord-boyaux, ou
sous le nom de liqueur de dame, une eau
sucrée vraiment par trop fade.
Cette fois rien de pareil à redouter, car ce
curaçao est assez alcoolisé pour ne pas
avoir précisément l'aspect trop liquoreux
que l'on reproche i certaines liqueurs et il
ne l'est pas assez pour faire peur au palais
délicat des dames.
Le curaçao Brochard est à base d'écorce
et de zeste d'orange, d'où son sous-titre
sur la bouteille de: Royale Flower Yalencia.
— Royale Flou^er Valencia, c'est-à-dire
véritable orange de Valence, la plus renom-
mée du monde entier, comme chacun sait.
Et que l'on ne s'y trompe pas, ces soins par-
L'aGADÉMIB NATIONALE. 140
ticuliers, cette provenance authentique et
rigoureuse ont une importance plus grande
! que Ton ne saurait se l'imaginer, car il ne
faut pas perdre de vue que les oranges ont
des qualités très différentes, suivant leurs
pays d'origine, absolument comme les rai-
sins.
Donc une fois en possession de oes oran-
ges de Valence, M. Brochard-Quillet pré-
pare ensuite cette liqueur avec de la fine
Champagne des Charentes, de manière à ce
que tous les produits employés soient non
seulement de premier ordre, mais surtout,
comme conséquence naturelle, absolument
sains, digestifs et hygiéniques. Pour une 11-
queur, il faut bien reconnaître que ce sont
là les premières qualités à exiger, si Ton a
tant soit peu le souci de sa sauté.
Ainsi préparé, le curaçao Brochard pèse
43 degrés d'alcool pur, ce qui donne un*
bonne force moyenne à la liqueur qui peut
être dégustée à la fin d'un repas avec un
égal plaisir pour tout le monde, car,par un
habile mélange, le sucre semble cacher
l'alcool, el ce dernier semble dissimuler le
premier.
Uigé dans d'élégantes bouteilles, dont le
verre, légèrement teinté, s'harmonise avec
la liqueur blonde qu'il renferme, ce curaçao
apparaît vraiment comme le plus tentateur
des breuvages.
En bas de l'étiquette, nous relevons celte
phrase suggestive dans sa concision : Deli-
cious and digestive Liquor.
Ces quatre mots anglais ne sont pas mis là
sans raison ; ils prouvent simplement que
la Maison Brochard-Quillet voit ses produits
plus demandés chaque jour à l'étranger,
particulièrement en Angleterre et aux
Etats-Unis, et alors il est tout naturel de s'a-
dresser à sa clientèle dans la langue qui lui
est familière.
Pour notre compte, c'est là un exemple
très pratique, que nous voudrions voir sui-
vre par tousnos commerçants et industriels,
capables d'exporter leurs produits au loin.
1-11
COMIIbRCE.
142
GATEAUX AUX AMANDES
de M. Etienne Proux,
à Saint-Jean-d'Ângély.
Notre collègue de la Ch arente-Inférieure
fait et vend sur une grande échelle, depuis
longues années, toutes les bonnes choses
que comportent la pâtisserie et la confise-
rie, de même que les glaces, sorbets, vins
fins, liqueurs, etc., et depuis longues années
également, il est titulaire de nombreuses
récompenses aux expositions de Paris, de
Toulouse, d'Hanoï, etc.
Mais ce qui nous intéresse le plus particu-
lièrement aujourd'hui, c'est sa fabrication de
biscuits, qu'il n*a cessé d'étendre et de per-
lectionnerdans ces dernières années.
M. Etienne Roux s'est efforcé surtout de
fabriquer des biscuits et des gâteaux de pâ-
tes différentes qui cependant puissent se
garder assez longtemps frais pour affron-
ter l'exportation lointaine.
La médaille qu'il a remportée à Hanoi en
1887 est la meilleure preuve qu'il a victo-
rieusement résolu ce problème délicat.
Aujourd'hui, notre collègue offre à sa
clientèle un gâteau de pâtes d'amandes
vraiment très fin et de qualité supérieure.
Après avoir commencé par l'envelopper
dans un glaçage uniforme,notre collègue Ta
remplacé par un semis d'amandes grillées
qui donne, tout à la fois, plus de goût et
plus de saveur au gâteau.
Eq restant emballés, ces gâteaux, comme
nous le disions plus haut, peuvent se con-
server facilement, pendant un temps assez
long et affronter le? délais plus au moins
longs qu'entraîne fatalement l'exportation.
C'est donc un énorme avantage, non seu-
lement pour le fabricant qui peut de la
sorte étendre presqu'indéfiniment, à tra-
vers le monde, son cercle d'affaires, mais
aussi pour toutes les personnes qui, sans
aller aussi loin, sont heureuses de pouvoir
emporter en voyage, en allant à la campa-
gne, toute une provision de gâteaux toujours
frais et qu'il suffit de tirer de leur boite
pour les servir au moment propice.
Ils sont en effet enveloppés et conservés
dans d'élégantes boites en bois, toutes re-
couvertes de papier doré, ces gâteaux ex-
quis, et là ils se tiennent longtemps frais,
sans broncher.
A la campagne, à lâchasse, si tout à coup
vous avez du monde à dîner, ou simple-
ment un lunch, un thé improvisé, il est bien
certain que ces gâteaux portatifs deviennent
des gâteaux sauveurs pour la maîtresse delà
maison.
Ce gâteau d'amandes peut encore servir
d'entremets léger, étant sans farine et peu
sucré, ce qui plaît à la généralité des esto-
macs, aujourd'hui tous plus ou moins en-
dommagés, comme chacun sait.
Mais on peut le manger seul aussi, ou
bien avec le thé et le lait, le matin, etc.
Il est inutile d'insister davantage, mais
enfin, il nous a paru intéressant de consta*
ter, en quelques mots, non seulement la
bonne qualité des gâteaux fabriqués par
M. Etienne Roux, mais surtout les avantages
qu'offrait In facilité avec laquelle on peut
les conserver et les faire voyager au loin.
COMMERCE
LECOMMEROE EXTÉRIEUR DELA
FRANCE.
Les Statistiques officielles de l'administra-
lioD des douanes font connaître que les im-
portations se sont élevées, du 1«^ janvier au
îi8 février 1898, à 725,581,000 francs, et
les exportations à 483,875,000 francs.
Ces chiffres se décomposent comme suit :
IMPORTATIONS 18P8 1897
Objets d'alimentation 209.406.000 145*923.000
Matières nécessaires
à l'industrie 416.565.000 443.022.000
Objets fabriqués 91^.610.000 93.655.000
Total 725.581.000 682.600.000
143
JOURNAL IIENi^UEL DR L ACADEMIE NATIONALE.
144
BXPORTATIONS
1898
1897
Objets d'alimentation.
Matières nécessaires
à rindustrie 128.673.000
Objets fabriqués 249.973.000
Colis posUux 25.341.000
. ToUl
79.885.000 79 14G.000
12'3.867.000
257.174.000
25.784.000
483.875.000 491.971.000
Comme on le voit, l'année 1898 se mon-
tre moins satisfaisante que ia précédente.
Tons les chapitresdu résumé statistique pu-
blié ci-dessus donnent lieu à des constata-
tions qui marquent une infériorité pour
Tannée courante. Nous importons plus d'ob-
jets d'alimentation et d'objets fabriqués et
nous en exportons moins. Si nous impor-
tons moins de matières nécessaires à l'in-
dustrie, cela prouve que noire industrie
nationale voit se réduire son activité, et si
nous exportons un peu plus de matières
ayant le mAroe caractère, cela indique que
l'industrie étrangère tend à se développer.
Rapprochés Tun deTautro^ces deux faits sont
fâcheusement regrettables pour la richesse
de la France.
LE OOMMEROE EXTÉRIEUR DE LA
8UI88E EN 1897.
Les statistiques provisoires, publiées par
» douanes fédérales de Suisse établissent
que le chiffre des importations a été, en 18^7,
de 1.034.050.000 fr. et celui des exporta-
tions de 693.132.000 fr., soit une différence
de 341 millions en faveur des premières.
En 1890, le chiffre des entrées avait éié
de 994 millions et celui des sorties de 688
millions.
Sur le total des exportations en 1897, les
montres figurent pour 91.310.0)0 fr, les
boites à musique pour 2.750.000 fr.,le
fromage pour 38.275.000 fr., et le lait con-
densé pour 19.775.000 fr.
Il y a eu augmentation dans les exporta-
tions de soieries, de machines, d'horloges
et de matières colorantes, et diminution
dans celle de cotonnades, de lainages et de
toiles.
Le chiffre total du co:nmerce extérieur
suisse, importations et exportations cumu-
lées,a doncatleint 1.727.182. 000 fr. en 1897.
Pour une population de moins de 3 millions
d'habitants, c'est-à-dire 12 fois moindre
que la population française, ce chiffre de
commerce doit être considéré comme très
satisiaisant,attendu qu'il n*est que 4 fois 1/2
moindre que le chiffre du commerce exté-
rieur de la France.
On pourrait en conclure qu'au point de
vue des échanges avec les pays étrangers,
chaque citoyen suisse développe environ
deux fois et demie plus d'activité féconde
que chaque citoyen français.
Le Directeur-Gérant, Rédacteur en Chef,
EoGÈNK THIÊRY.
CLIBMONT (0I»b), -IMPatMBBIB DAIX FRBRB8, PLACK SAINT-ANDRÉ, 3.
JOURNAL MENSUEL
DE
L'ACADÉMIE NATIONALE
AtMCéit, lUDrieriiMtiE a cauucuu
1^ 1
68* Annéo. — AVRIL. 1898.
SOMMAIRE
AORICULTURE. —• ^ bas le moinean *, communication de M. Paul Nof»l, directeur du Laboratoire d'entomolo-
pe agricole de la Seine-Infcrieure, à Rouen. — Conseils aux viticulteurs, par M. le D*- Qrandclémsnt. — Deux nou-
veaux enoemisde» arbres fruitiers, comniunication de M. Donaiffe. à Carignn'i (Ardennes). — La uiellc des blés. —
Les poules pondeuses. — La production du miel en Tunisie, communication de Al. Th. Blow.
INOUSTRIK — La fabrication du carbure de calcium en fin d'annëe 1897. —Elévation du point d'iofUmmailon des
huiles de pétrole, rroccdd de M. E. Berchten, à Londres.— Le marché des métaux à Londres pendant l'anuée 1897,
revae publiée par le iournal Ironmonger.
PRODUITS ALIMEMTAIRES. — Valeur alimentaire du sucre, observations et expériences de M. Ohauveau. «
Produits de confiserie, de M. Rossai -Brun non, à Zurich (Suisse).— Traités sur la fabrication des liqueurs et la yi*
oiScatioo. de M. Luigi 8ala« à Alessandria (Italie).
COBMKfflCK. — Le commerce extérieur de la France en 1897. — Le commerce extérieur de la France pendant les
Trois premiers mois de 1808. — Le commerce exiérteur de TAngleterre en 1697. —Le cunirocrce extérieur de TAIIé-
reij'iie en 1897. — Les écnang«-s extérieurs des principaux pays du monde.
SCICMCE8 MÉDICALES. — Le Tétanos à Saint-Domingue, communication de M. Naroiao Albert!, à Saoto^
Domingo (République Dominicaine).
VARIÉTÉS. — Le chemin de fer métropolitain de Paris. — Une statistique intéressante des chemins de fer français.
— I^ production totale des principaux pays d'Europe.
AGRICULTURE
« A BAS LE MOINEAU »
CommuDication de M. Paul Noël, directeur
du Laboratoire d'entomologie agricole de
la Seine-Inférieure, à Rouen.
Au mois d'octobre dernier il m'était de-
mandé par la Préfecture de la Seine-Infé-
rieure, 8i le moineau commun (fringella do-
roestica) était utile ou nuisible à Tagricul-
tare.
Cette demande, émanant du Ministère de
1 Agriculture, était lancée un peu partout,
et tout aussitôt les réponses affluaient de tous
côtés, et de toutes ces réponses il résultait
qu'on devait être partisan de la conservation
du moineau, « cet oiseau qui détruit tant d'in-
sectes ».
KoD opinion était déjà faite lorsque je re-
çus la demande de M. le Préfet, mais jai
^oolu, malgré tout, et pour plus de sécurité,
faire une enquête sur le moineau, enquête
ciuoje m'empresse de faire connaître aui
lecteurs de ce journal.
Voici mes résultats :
Du mois de septembre au mois d'avril, le
moineau, dans le département de la Seine-
Inférieure, ne peut manger d'insectes, puis-
qu'il n'y en a pas pendant ces huit mois de
l'année.
Je sais bien qu'il existe des œufs, des lar-
ves et même quelques insectes enfouis dans
le sol, mais le bec du moineau est absolu-
ment incapable de les capturer.
Pendant ces huit mois de Tannée il ïùu
été impossible de trouver un moineau en
forêt, tous étaient dans les villes et dans les
villages.
Cinquante-huit autopsies ne m'ontfourni
quedes estomacs contenant des grains de blé
et de l'avoine provenant des déjections des
chevaux.
147 iOCHNAL MENSUEL DE
Je suis donc fixésur leur nourriture. Pen-
dant ces huit mois, ils sont granivores.
Voyons maintenant quelle quantité de
blé le moineau détruit dans la Seine-Infé-
rieure.
Pour me procurer des moineaux, j*ai tout
simplement ouvert la porte d'un grenier ù
blé chez M. Ponchy, cultivateur à Boisguil-
laume, près Rouen. 200 moineaux sont en-
trés ; j'ai fermé la porle, et j'en ai capturé
44.
Ces 44 moineaux, placés dans une cage,
sont morts en 3 jours, sans avoir presque
mangé. Plusieursavaiôntélécapturésàcoups
de fouet et étaient blessés.
J'ai renouvelé Texpérience deux fois et
toujours avec le même insuccès ; il mourait
des moineaux tous les jours, et je ne pou-
vais pas faire une juste moyenne.
C'est alors que l'idée me vint de placer
dans une cage 3 moineaux, 2 mâles et 1
femelle, et 3bunettes [Accenior modula-
ris).
Les bunettes sont des oiseaux granivores
très peu farouches, s'accommodant très bien
en cage et mangeant aussitôt capturés.
Or, les moineaux, les voyant faire, font
comme elles, et, au bout de 3 jours, il suffit
de placer une séparation dans la cage pour
isoler les moineaux des bunettes, et rien
n'est plus facile que de faire des essais pra-
tiques et certains.
Il DO faut pas leur donner du blé seuldès
le premier jour. On le mélange avec du
chénevis, du millet long et du millet rond,
que les moineaux prêtèrent au blé.
En 7 jours, un nioineau mange 63 gram-
mes de ce mélange de grains.
Soit 9 grammes par jour.
Après avoir fait ces essais pendant 3 jours,
on possède des moineaux bien préparés
pour les expériences. Il faut nécessairement
mettre la cage dans un endroit éclairé et où
il n'entre personne, de façon à ne pas les
effaroucher.
Un moineau mange 56 grammes de blé en
5 jours.
Soit II grammes par jour.
Or, voici le calcul que nous pouvons faire.
L ACADEMIE NATIONALE. 148
en supposant, ce qui est bien au-dessous de
la vérité, qu'il n'y ait pas dans la Soine-Iu-
férieure plus de moineaux que dliabitanis,
nous avons dans notre déparlement 837,876
moineaux qui dévorent journellement 9.23(]
kilog. 670 de grains.
Du i^' septembre au T' mai, nous avons
210 jours, donc du l**" septembre au V^ mai,
le moineau, dans la Seine-Inférieure a dé-
voré 2,217,000 kilog. de blé.
Le blé, dans notre département, se veod.
en moyenne, 26 fr. les 100 kilog., les moi-
neaux ont donc mangé depuis le mois de
septembre 576,420 fr. de blé.
Heureusement, ils ne se nourrissent pas
qu'avec du blé et la consommation qu'ils
font de cette denrée peut être évaluée au
cinquième seulement de mon résultat, soit
plus de 100,000 fr., ce qui est énorme, car,
avec tout ce blé perdu; on aurait pu nour-
rir des poules et des pigeons en quantité.
Mais le moineau ne cause pas de tort qu'au
blé et il s'attaque à toutes les céréales.
Il nous reste maintenant à continuer no-
tre enquête depuis le mois de mai jusqu'au
mois d'août, époque où, dit-on, le moineau
détruit pour sa couvée des myriades de han-
netons.
Or, nous savons approximativement ce
qu'un hanneton coûte par an à Tagriculture,
il nous sera donc facile de défalquer cette
somme de 100,000 fr. que le moineau nous
a déjà coûtés.
Nous ferons remarquer dès aujourd'hui
que le moineau n'.i pas qu'une couvée, mais
bien trois couvées de 5 œufs chaque an-
née.
Des autopsies seront faites toutes les se-
maines et nous aurons alors un chiffre
exact.
J'ai, pour ma part, hâte de voir les moi-
neaux aux mois de juin et juillet trouver
des hannetons pour nourrir leurs petità, et,
d'avance encore je crie : « A bas le moi-
neau ! ... »
149
CONSEILS AUX VITICULTEURS
Delà NÉCESSirÉ DE PRÉPAREIl LA RECONSTI-
TUTION DES VIGNOBLES EN PLANTS HYBRI-
DES PRODUCTEURS DIRECTS, RÉSISTANT AU
BLACK-ROT, résumé et conclusions d'un
rapport présenté à la Société régionale de
viticulture de Lyon,
Par M. ie D' Grandclément.
Ou allons-nous ? — Qiie devons-nous
faire ? — Telles sonr, ce me semble, les
deux questions que tout viticulteur s'adres-
se en ce moment avec anxiété.
Je vais essayer d'y répondre de mou
mieux avec précision ; si l'avenir venait à
démontrer que je me suis trompé, je de-
mande d'avance que Ton me pardonne en
rjiisoQ de la droiture et de la sincérité de
mes intentions, qui n'ont qu'un but : venir
en aide à celte masse de petits vignerons
qui demandent à la culture de la vigne
leur pain de chaque jour et ne savent plus
ce qu'ils doivent faire en présence de tous
ces éléments déchaînés contre eux.
1' Oïl ALLONs-NOus ? — La chose ne me
paraît pas douteuse ; de gré ou de force,
nous marchons rapidement vers l'abandon
forcé et obligatoire de tous ou presque
tous nos anciens plants, parce que Tim-
mense majorité de nos vignerons ne feront
pas ou ne pourront pas faire le nécessaire
pour les défendre contre ces deux ennemis
nouveaux les plus redoutables de tous : la
pourriture et le bîack-rot.
D*une part, en elfet, les vinifera ont une
réceptivité trop accentuée et surtout trop
prolongée pour les germes de ces maladies,
tout au moins le black-rot;
Et, d'autre part, nous ne possédons au-
cun bon remède qui les combatte directe-
ment et les prenne corps à corps.
Car, ne l'oublions pas, les préparations
cupriques qui tuent directement et facile-
mâot le mildiou ne peuvent rien contre les
pycnides (ou réceptacles des spores du
black-rotj, dont les enveloppes épaisses ne
se laissent pas pénétrer par elles pas plus
AGRiCULtCRE. 150
que par n'importe quel autre toxique cher-
ché ou rêvé : le cuivre ne fait que consti-
tuer une sorte de carapace ou de blindage
aux parties vertes du végétal qui se trou-
vent en état de réceptivité au moment de
son emploi. Or, à ce compte-là, comme il
pousse tous les jours des parties vertes nou-
velles qui passeront par cet état plus ou
moins prolongé de réceptivité, il faudrait
sans cesse étendre ce blindage. On nous
dit bien : « Il sufGra de blinder tous les
vingt jours, au moment des incubations
périodiques du champignon » ; mais trou*
ve\ donc le moment exact : qui s^en char^
géra ?
Non, nous ne pourrons pas monter cons-
tamment la garde autour de ces vieux ser-
viteurs, quelque vénération que nous ayons
pour eux ; d'autant plus encore que nous
n'avons rien pour préserver des atteintes de
la pourriture, cette autre peste plus néfaste
encore^ ceux d'entre eux qui lui sont sensi-
bles,el, malheureusement, c'est le plus gi*and
nombre.
Non. qu'on le veuille ou non, nousserons
obligés de recourir à des plants plus robus-
tes et plus résistants, k des hybrides qui ne
seront pas constamment en état de récepti-
vité et toujours prêts à se livrer ainsi sans
défense aux germes de la pourriture et du
black-rot : à des plants, en un mot, que
nous puissions défendre : des atteintes du
black-rot^ avec les sulfatages destinés à com-
battre le mildiou et que nous ferons mieux
et plus complètement, et de celles de la
pourriture^ par un poudrage fait au mo-
ment de la floraison avec du soufre mélan-
gé de chaux, de sulfostéatiteet,aubesoin,de
naphtaline pour combattre en même temps
la cochylis ; de chacun 25 pour 100.
2* Que devons-nous faire ? — Eh bien !
ces plants hybrides nouveaux ^smon indem-
nes, tout au moins faciles à défendre ainsi
contre ces deux maladies implacables, nous
en connaissons déjà un certain nombre, qui
nous donneront en même temps toute sa-
tisfaction sous le rapport de la qualité et
delà quantité du vin.
Je cite les plus connus et les plus re-
151
JOURNAL MENSUEL DR L ACADEMIB NATIONALB.
1L2
commandables à ce jour : les 201, 503, 4 101,
631,84-61, etc., de Couderc : loSeibel n'I ;
Thybride Pardes-Lacoste ; le plant des
carmes, etc.
L'an prochain, nous eu aurons bien d'au-
tres et probablement meilleurs encore, ceux
de Castel en particulier ; puis chaque année
verra une nouvelle collection, au milieu
de laquelle nous ferons un choix raisonné.
En conséquence, pour ne pas nous mettre
trop en frais et procéder avec prudence et
sûreté, achetons chaque année quelques di-
zaines de boutures de ceux de ces hybrides
déjà signalés comme bons ou sufTisants ;
gi*errons-les, ces boulures, à la fente et à
fleur du sol sur de gros ceps décapités ; de
cette façon, déjà k la (in de la première an-
née nous aurons du bois de taille, et la Fé-
conde annexe, nous jugerons la valeur du
produit; chacun de nous pourra ainsi choi-
sir celui ou ceux qui conviendront le
mieux à son sol, exposition, climat, etc. ;
puis, lorsque nous no pourrons plus lutter
efficacement soit contre la pourriture, soit
contre le black-rot, avec nos anciens
plants^ ces vieux serviteurs, nous les greffe-
rons à l'écusson ; nous les écussonnerons,
comme nous faisons pour changer nos varié-
tés de pêches. — La greffe ù l'écusson,
procédés Massabié ou Salgue, voilà l'avenir,
voilà l'opération simple et facile qui va
nous permettre de transformer à volonté
la nature de nos plants, sans arracher, sans
perdre même de récolte, et tout cela avec
un minimum extraordinaire de travail et de
dépense.
Mais habituons-nous à la pratiquer dès à
présent cette greffe ; car, pour la réussir, il
y a des pratiques délicates à connaître et un
coup de main à acquérir.
Voilà ce que je tais depuis deux ans ; la
première année, mon dévoué serviteur, au-
quel j'ai confié le soin de me placer des
écussons en a réussi vingt-cinq sur mille, il
y a deux ans,et50 à 00 pour 100 Tan der-
nier, en ne faisant que cela du 15 mai au t?0
juillet. Voilà la période de temps pendant
laquelle il faut écussonner la vigne ; on ne
peut pas commencer plus tôt et il ne faut
pas opérer plus tard.
Faites comme mot ; vous ne courrez au-
cun risque, vous ne compromettrez rien ;
si vous ne réussissez pas à écussonner qo
cep cette année, vous recommencerez lo-
pération l'an prochain, tout en le laissant à
fruit.
Voilà, ce me semble, Vavenir Je la viti-
culture assuré, malgré tous les points noirs
qui obscurcissent notre horizon.
Voilà également la viticulture de Vavenir:
c'est la viticulture ramenée à ce qu*elle étaii
dans le passé, c*est-à-dire plus de greffage,
et la possibilité comme par le passé, de per-
pétuer nos vignes par le provignage et sur-
tout le marcottage, pour les léguer à nos en-
fants et même à nos pe'.ils-enfants.
D' Grandclf.ment.
DEUX NOUVEAUX ENNEMIS
DE8 ARBRES FRUITIERS EN EUROPE.
Communication de M. Demaiffe,^ Girignin
(Ardennes).
On vient de signaler en Europe l'appari-
tion de deux nouveaux et terribles ennemis
des arbres fruitiei*s qui nous auraient été
importés de Californie . Ils appartiennent au
groupe (les Coccidœ^ que Ton désigne ordi-
nairement sous le nom de cochenilles ; ce
sont VAspidiotus perniciosuSy ou pou de
San José, et Xlceryo purchasi^ ou pou flot-
tant, assez voisin de la cochenille du citron-
nier.
Ces deux insectes causent actuellement
d'immenses ravages en Amérique, et il se
pourrait que d'ici quelques années, si l'on
ne prend de grandes précautions, nos ver-
gers tussent également envahis par ces des-
tructeurs. *
Le pou de San-Joséa été trouvé dernière-
ment par le D' Franck, sur les poires entrées
en Allemagne par le port de Hambourg et
arrivant d'Amérique. Ces insectes étaient
bien vivants et capables de propager le re-
doutable fléau. Nous ne parlerons pas da-
vantage de ce pou dont toute la presse hor-
ticole européenne s'est occupée en signalant
le danger qui menaçait nos cultures.
153
AGRlCULtUne.
154
VIcerya purchasi est également une co-
cheDillequi selon toute probabilité vient
d'Australie. En 1870, on signalait déjà sa
présence en CaIifornie,au Mexique,en Nou-
felIe-Zélande ; malheureusement depuis
plusieurs années il existe également au Por-
tugal, où il aurait été importé soit de Cali-
fornie par des vignes américaines, soit d'Aus-
tralie par des arbres tels que V Acacia Me-
lanoxylon et le Carinocarpus lœwigatus.
Dans certaines localités des environs de Lis-
bonne, tous les arbres et arbustes sont dé-
jà complètement envahis : les orangers et
les mandariniers sont particulièrement at-
taqués, mais les ravages s'étendent indistinc-
tement sur toutes les essences.
La iemelle, aptère, longue de 4 à ô mil-
limètres, reste immobile, appliquée sur les
branches et sur les rameaux des arbres, son
loug rostre enfoncé dans le parenchyme cor-
tical. Son abdomen présente un nombre in-
calculable de petites glandes sécrétant une
sorte de duvet laineux, analogue à celui que
1 on observe sur le cx)rps du puceron lani-
gère [Schi\oneura Lanigera), Elle pond de
1,000 à 1,200 œufs elliptiques, de couleur
rouge, qu'elle recouvre de son abdomen,
Après sa mort, son corps desséché forme
QDc sorte de carapace protégeant ces œufs
qui résistent ainsi parfaitement aux intem-
péries de rhiver, et aux divers insecticides
que Ton pourait projeter pour les détrui-
re ou empêcher leur éclosion.
Les mâles sont ailés, longs de3 à 4 milli-
mètres ; ils sont de couleur rougeâtre et
Dont pas de carapace. L'éclosion commence
au printemps pour se prolonger jusqu'à
lautomne. Lei jeunes larves, d'abord rougeâ-
très, puis oranges, quittent bientôt leur
abri naturel et se déplacent le long des ra-
meaux; leurs téguments sont alors peu épais,
et c'est à ce moment qu'il convient de les
combattre en employant des insecticides.
En Californie, on se servait d*abord des
cyanures, mais ces solutions sont tellement
dangereuses qu'on a dû les abandonner.
On a actuellement recours à la potasse, à
lasoude, au lysol ; on recommande particu-
lièrement la formule suivante :
2kilog. savon noir dissous dans 5 lilres
d'eau chaude et 2 kilog de térébenthine ; la
solution est complétée à 100 litres.
Ces insecticides sont malheureusement
sans effet sur les œufs, parce que les jeunes
larves sont abritées sous les carapaces des
femelles ; d'autre part les éclosions se pro-
longeant pendant tout les cours de la belle
saison, il en résulte qu'il conviendrait, pour
combattre ces insectes parasites d'une fa-
çon efficace, de répéter souvent les traite-
ments, qui pour des arbres d'une certaine
taille sont très difficiles et dispendieux.
Aussi nous espérons que l'on prendra tou-
tes les précautions possibles pour empêcher
l'introduction de ce destructeur en France,
en visitant soigneusement ou même en in-
terdisant l'importation de certains déchets
de matières utilisées pour les emballages,
ainsi que celle des plantes provenant de
pays où existe ce redoutable ennemi*
LA NIELLE DES BLÉS
Depuisde nombreuses années, celte anguil-
Iule cause de graves dégâts dans le nord de
la France.
Le grain de blé attaqué par l'anguillule,
est atrophié, globuleux, plus ou moins
ratatiné, d'un aspect noirâtre, extrêmement
dur quand il est sec.
Quand on coupe ce grain, on voit qu'il
est composé d'une enveloppe très épaisse
remplie d'une matière blanchâtre ; si l'on
place sous le microscope, à un grossissement
de 30 à 40 diamètres seulement, un peu de
cette matière diluée dans une goutte d'eau,
on voit que cette matière est formée d'une
quantité innombrable de petits vers filifor-
mes, qui s'animent et serpentent plus ou
moins rapidementdans la goutte d'eau.
Les anguillulesde la Nielle à l'état de lar-
ves, c'est-à-dire non encore pourvues d'or-
ganes sexuels, possèdent la propriété de re-
trouver le mouvement et la vie, après être
restées longtemps, plusieurs années même,
en état de dessiccation et de mort apparen-
te ; elles possèdent,en outre, une résistance
non moins remarquable à l'action de cer-
8
155
JOURNAL MENSUEL DE L'AGàDGMIE NATIONALE.
156
taines substances, qui tuent rapidement la
plupart des autres animaux. Les poisons les
plus actifs, pourvu qu'ils n'agissent pas chi-
miquement sur les tissus, sont complètement
inofiensirs pour la vie de ces anguillules«
Lessubstances qui agissent chimiquement
sur les tissus tuent ces anguillules plus ou
moins rapidement; telles sont ledeuto-chlo-
rure de mercure, le sulfate de cuivre, les
acides et alcalis, même très étendus d'eau :
l'arsenic, Tarséniate de soude, l'alcool, ont
une action relativement très lente ; celle des
substances acidesest au contraire très promp-
te : l'acide sulfurique, par exemple, même
étendu de 200 fois son volume d'eau, les tue
en quelques heures.
Le grain contenant des anguillules ne ger-
me pas; quand on sème les blés sains en
même temps que les blés niellés, les pre-
miers se développent, tandis que les der-
niers, simplementgonflés par l'humidité du
sol, s'ouvrent et donnent passage aux an-
guillules auxquelles Thumidité a' rendu la
vie.
Celles-ci se dirigent dans la gemmule qui
sont des grains de blé en germination et se
logent sous les feuilles qui entourent la
jeune tige destinée à porter plus tard l'épi.
La plante se trouve donc dès sa sortie de
terre envahie par les anguillules. Si Tannée
est sèche, elles demeurent immobiles, col-
lées pendant le développement de la plante
à la face interne des feuilles inférieures sans
pouvoir atteindre l'épi ; au contraire, si l'an-
née est humide, elles montent en même
temps que l'épi, s'introduisent dans l'ovule,
au moment où cel ui-ci n'est en réalité qu'une
pâte molle et laiteuse, et là,absorbent la ma-
tière devant former le grain, grossissent et
se modifient ; les sexes se dessinent, les ac-
couplements ont lieu et les femelles produi-
sent des myriades d'oeufs, puis meurent.
Bientôt ces œufs donnent naissance à des
anguillules qu*on trouvera plus tard dans le
blé niellé.
Les moyens pratiques de destruction con-
sistent à nettoyer soigneusement au moyen
du tarare, les grains qu'on a l'intention d'en-
semencer ; puis après la récolte, lorsque le
blé aura été battu, arroser le tas avec un
solution composée de : sulfate de cuivre, 1
kil. 500 ; acide sulfurique, 200 grammes ;
eau, 100 litres.
LE8 POULES PONDEU8E8
A quellft époque faut-il renouveler sa
basse-cour ? Et quel est l'âge que ne peu-
vent dépasser les pondeuses ?
Voilà deux questions qui seront toujours
d'actualité.
La première n'exige qu'une courte ré-
ponse ; la saison qui convient le mieux pour
régénérer son poulailler est, sans contredit,
l'automne, et voici pourquoi : à cette épo-
que de l'année, les poulettes, nées au prin-
temps, ont déjà acquis leur complet déve-
loppement. Ellessont magnifiques de taille
et de belles couleurs. Leur santé et leur
belle humeur florissantes font plaisir à
voir.
Bientôt, dans quelques semaines à peine,
elles se mettront à pondre, et nous pour-
rons ainsi récolter^durant tout l'hiver,! eurs
œufs pràcieux et abondants.
La seconde question demande comme ré-
ponse de plus longs développements, car
elle porte avec elle le secret de la prospérité
ou de la décadence économique delà basse-
cour.
Avant de pondre son premier œuf, l'o-
vaire de la jeune poule renferme de 400 à
650 œufs, suivant le plus ou moins de pro-
pension à la pondaison que possède la race
à laquelle elle appartient.
Ainsi une poule Hambourg, crayonnée,
dorée— la reine des pondeuses gallines —
a un chapelet d'œuis qui peut aller jus-
qu'à 700, tandis que le Brahma, cette autre
reine de beauté, ne donnerait guère plus
de 340 à 420 œufs, si on la laissait mourir
de vieillesse.
Les poules âgées ne pondent jamais l'hi-
ver. De plus, elles ne pondent que tous les
deux ou trois jours. Après 15 jours, elles
s'arrêtent pendant 8 jours. Elles ne donnent
donc pas plus de 70 à 80 œufs par année.
C'est peu, beaucoup trop peu, carà ceeanap-
157
AGRICULTURE.
158
le I éleveur, au lieu d'y trouver profit, ne
récolte que pertes de sa basse-cour.
Au contraire, les jeunes poules pondent
à merveille. Elles n'arrêtent leur ponte que
tous les 4 ou 5 jours, et encore pendant un
mois seulement. Aussi le nombre d'oeufs
qu elles donnent par année est-il vraiment
prodigieux parfois : on cite plusieurs exem-
plesde poules de Campine qui ont procuré
à leur propriétaire un rendement annuel
de 270 à 295 œufs!
Cecbiffreestexceptionnel,je le veux bien.
Mais il n'en est pas moins vrai que les jeu-
nes poules pondent beaucoup plus que les
vieilles. Tout le monde sera d'accord sur ce
point, car chacun a pu être juge par lui-
même du fait que nous avançons.
 quel âge faut-il se défaire maintenant
d'une pondeuse ? Nous répondons : à trois
ans. Certains disent: quatre ans. Mais noHS
ne partageons pas leur avis et cela pour des
raisons motivées :
La première année, une poule donne de
34 à 75 œufs.
La seconde année, la même poule donne
de 100 à 160 œufs.
La troisième année, de 90 à 140 œufs.
La quatrième année, de 65 à 95 œufs.
La cinquième année, de 40 à 78 œufs.
Et ainsi de suite.
La ponte va toujours en diminuant, d*an<'
née en année, pour tomber à une produc-
tion annuelle d'une dizaine d'œufs lorsque
la poule atteint sa huitième année.
Par contre, avec des jeunes poules, on
est assuré d'avoir des œufs frais constam-
iieot.
(Revue avicole.)
LA PRODUCTION DU BIIEL EN TUNISIE
CoouDunieation de M. Th. Blow au Bul-
letin de la Direction de t Agriculture et
du commerce de la Régence de Tunis.
Pendant les mois d'août et de septembre,
j'ai étudié avec beaucoup d'attention la ques-
tion de rApiculturei dans la Régence. Au-
tant que j'ai pu m'en assurer, certaines ré-
gions y sont, à mon avis, absolument sans
égales dans aucune partie du monde au point
de vue des ressources qu'elles offrent pour
la production du miel. Ces districts sont les
collines sur lesquelles croissent d'immen-
ses quantités de romarin {rosmarinus offi^
cinalîs)^ de bruyère {erica multiflora) et de
beaucoup d'autres plantes mellifères. Il en
existe, j'imagine, des millions d'hectares et,
dans la plus grande partie, le miel est abso-
lument perdu, faute d'abeilles pour le récol**
ter. Le miel peut non seulement y être ob-
tenu en grande quantité, mais la qualité on
est aussi remarquable ; en fait, il ne peut y
avoir de miel plus fin que celui que donnent
en hiver et au printemps la bruyère et le ro-
marin. Le climat est favorable à Tapicultu-
re, car les abeilles peuvent travailler pen-
dant une bonne partie du temps où ces plan-
tes sont en fleur (l'hiver comme nous l'en-
tendons en Europe n'existant pas). La bru-
yère et le romarin commencent à fleurir en
novembre et décembre, pour continuer jus-
qu'en mars et avril, et pendant ces mois l'a-
piculteur peut compter sur une abondante
récolte. Plus tard, apparaissent le calicolo'
me villosa^le thymus numidicus et d'autres
espèces de thymus, quelques espèces de m-
tus et beaucoup d'autres plantes mellifères;
de sorte qu'en réalité il y a une bonne ré-
colte de novembre à mai, ce qui est une pé-
riode de très longue durée, surtout si l'on
considère la plus grande abondance des plan-
tes mellifères pendant tout ce temps.
Il^st à remarquer que chaque kilogramme
de miel récolté est autantde gagné au point de
vue de la richesse nationale d'une contrée»
car celui qui n'est pas recueilli parles abeil-
les est absolument perdu. Les producteurs
de fruits et ceux qui possèdent des vergers
d'amandiers ne doivent pas oublier non plus
que leurs récoltes seront considérablement
augmentées s'ils ont beaucoup d'abeilles
pour assurer Complètement la fécondation
des fleurs.
Les aoeillesde Tunisie sont très rustiques,
laborieuses, en un mot, tout ce que Ton peut
désirer de mieux pour le pays et je recom-
mande fortement qu'on ne tente pas Tintro-
159
JOURNAL MENSUEL DE L ACADÉMIE NATIONALE.
Itx)
duction d'abeilles étrangères ; en outre, les
tunisiennes n'étant pas, autant que j'ai pu
m'en assurer, sujettes à la maladie appelée
loque (qui a causé et cause encore tant de
ravages parmi les abeilles d'Eropes), je con-
seille qu'il soit pris les mesures les plus rigou-
reuses pour prohiber absolument Timporta-
tion d'abeilles d'autres pays, car il y aurait
un très grand risque que la maladie fût in-
troduite, puisqu'elle est répandue partout
en Europe.
Le choix de l'emplacement d'un rucher de-
mande un certain discernement ; le seul in-
convénient de quelque importance que pré-
sente la contrée, c'est qu*elle est exposée à des
vents violents et fréquents; on devra donc
choisir des endroits abrités le plus possible de
ces vents.L'ombreestégalement très désirable
pour les ruches, en raison de la grande cha-
leur qui règne en été. La meilleure manière
d'obtenir cette ombre est d'élever delà vigne
sur des tonnelles, sous lesquelles, si ellessont
suffisamment larges, on pourra abriter con-
venablement deux rangées de ruches.
Je suis d'avis qu'on ne doit récolter que
du miel extrait (le miel en rayon est plus
difficile à manipuler ; on en obtient beau-
coup moins et, dans une contrée comme la
Tunisie, où il y a peu de chemins de fer, il
serait beaucoup plus sujet à éprouver des
avaries dans le transport sur routes), et j'esti-
me que dans un rucher bi»^n dirigé on peut
obtenir une moyenne de 25 à 30 kilogram-
mes par ruche en saison ordinaire.
Le miel se vendra facilement à un bon
prix, à peu prèspartout, grâce à ce qu'il estde
belle qualité, tant comme goût que comme
couleur.
Si Ton prend pour base un rendement de
25 kilogrammes seulement par ruche, calcu-
lés au prix modiquede 1 franc par kilogram-
me, les profits d'un rucher de 1,000 ruches
seraient très considérables;î,000 ruches, avec
les abeilles et tout l'outillage au complet,
coûtant environ 25.000 francs, cela donne
1.000 X 25 = 25.100 kilogrammes à 1 franc
= 25.000 fr., moins 35 pour 100 pour la di-
rection et 15 pour 100 pour l'intérêt, lamor-
tisseraent. etc., — 12.50? francs, soit un ren-
dement do 50 pour 100 par an. Ou bien, si
Ton adopte pour ce rucher, comme cela te
faitbeaucoup dans quelques pays, le système
du métayage, qui donne généralement d'ex-
cellents résultats, le rendement net, après dé-
duction d'environ 3.750 francs pour intérêts
et amortissement, serait de 8.750 francs
soit entre 30 et 40 pour 100 par an.
INDUSTRIE
LA FABRICATION DU CARBURE DE
CALCIUM EN FIN D'ANNÉE 1897.
Les destinées du merveilleux éclairage au
gaz acétylène étant étroitement dépendantes
de l'organisation générale de la fabrication
du carbure de calcium dans les divers pays
du monde, il est intéressant de connaître
quel était rétat de celte organisation à la
fin de Tannée dernière.
Voici, à ce sujet, quelques renseignements
précis empruntés à la Revue industrielle :
Europe. — 11 y avait en Europe 10 fabri-
quesde carbure dontla principale, qui four-
nit TAllemagne et l'Europe de l'Est, est celle
de Neuhausen (Suisse), près des chutes du
Rhin, àSchaffliouse. Cest le premier éta-
blissement, sauf une installation faite en
France, où Ton ait commencé à fabriquer
des carbures sur une grande échelle, à Tai-
dedu four électrique et d'une chute d'eau.
Cette usine fournit actuellement 00.000 kg.
de carbure aux chemins de fer allemands
pour renrichissemenl de leur gaz d*huile et
pour Téclairage de leur stations, magasins,
etc. Elle met en vente du carbure-type, pou-
vant donner de 300 à 320 litres d'acétylène
par kg. aux prix et conditions suivantes :
De là 1000 kg. 0,60 le kg. ;
161
INDUSTRIE.
162
De 1000 à 5000, 0,50 le kg. ;
De 5000 et au-dessus, 0,45 le kg.
Ces prix s'appliquent pour carbure pris à
l'asiae non emballé.
Une autre usine, celle de Bitterfeld (Alle-
magne) vend le carbure aux conditions sui-
fantes:
0,66 fr. le kg: pour petites commandes ;
0,50 fr. le kg. pour fortes commandes;
et 0,46 fr. le kg. pour les marchés impor-
tants ; livraison à Hambourg, emballage non
compris.
Une association, dont le siège est à Franc-
fort, a été organisée en Allemagne entre les
principaux fabricants de carbure, dans le
but de faire connaître la nouvelle industrie
n d'amener les municipalités et les Compa-
gniesd'assurances à ac<!epter Tacétylène com-
me un article de commerce ne motivant
pas une réglementation spéciale.
En Angleterre, le prix de vente du car-
bure serait de 400 fr. la lonne de 1015 kg.
Enfin, il existe des usines de carbure à Ter-
ni Italie , à Genève, à Rheinfeld; Tune des
grandes stations centralesd^électricité d'Eu-
rope vient aussi de commencer la tabrica-
tion du carbure.
Ajoutons que la Deutscher Yereiii fur
Acetylen und Carbid fait des démarches afin
de décider les mesures à prendre en vue
d'une première exposition d'acétylène à
Berlin.
Amérique. — Il existe actuellement, aux
Kiats-Unis, 6 établissements pour la fabri-
cation du carbure de calcium. Le plus im-
portant est celui de Niagara Falls, qui peut
produire jusqu'à 10 tonnes de carbure
P^r jour. Le seul établissement existant au
Canada est celui de Sainte-Catherine. La
production du carbure aux Etats-Unis avait
atteint pendant l'année 1897 le chiffre de
1.744 050 kg., et le Canada a fourni pendant
I )a mémeanuée 543.600 kg., ce qui donne un
^oul général de 2.287.650 kg., représentant,
iO,3863 fr. le kg.,une valeur de 883.75(J fr.
De nouvelles usines qui sont, dit-on, en
projet utiliseront une force totale approxi-
«native de 100.000 ch. pour la fabrication du
<^bure. {Revue industrielle,)
ÉLÉVATION DU POINT D*iNFLAIMIMATiON
DES HUILES DE PÉTROLE.
Procédé de M. E. Berchten, à Londres.
Le journal de Londres The City Press Aw
2 février dernier, a publié la note suivante,
qu'il nous paraît utile de reproduire en rai-
son de cequ'ellesignale un important résul-
tat nouveau des travaux de notre Sociétaire
M. E. Berchten :
« 11 semble extrêmement probable que des
<c mesures législatives seront prises dans un
« prochain avenir pour prévenir la vente et
tt l'usage dans notre pays d'huiles minérales
aayantdespointsd*inflammation(/7a^A;7o/nf)
« trop bas et par conséquent dangereux.
tf Naturellement, en raison de cette proba-
a bilité, Vattention de toutes les personnes
<t engagées dans le commerce de Thuilemi-
a nérale est soigneusement dirigée vers tout
n ce qui touche ce sujet. On dit môme qu'une
» maison s'approvisionnant à des sources
« européennes de pétrole s'est déjà arran-
« géede façon à pouvoir fournir une huile
a de sûreté aux mêmes prix que les variétés
tt d'huiles américaines à faibles points d'in-
A tlammation. D'autres maisons poursuivent
« des recherches dans le même but, mais
c par des voies différentes. Mais l'attention
<c doit être attirée sur la proposition faite
a par M. E. Berchten, docteur en philoso-
« phie, demeurant 28^ Devonhsbire Gham-
« bers, Bishopsgate street, d'élever le point
« d'inflammation d'huiles à inflammation
« basse par une méthode simple et pendis*
a pendieuse.
(( M. Berchten qui, disons* le en passant,
c a acquis l'expérience le plus étendue des
a terrains pétrolifères d'Europe et d'Améri-
tt que, ne nous a naturellement pas dévoilé
« les détails de son procédé, mais il est prêt
(C à fournir des données qui montreront qu'il
a est à même d'assurer de remarquables ré-
u sultats. Il peut prendre, suivant ce qu'il
K a déclaré au représentant de The City
a Press, de l'huile inflammable à basse tom-
« pérature, c'est-à-dire à 70", et élever son
a point d'inflammation à 105% grâce à un
163
lOURNAL MENSUEL DE L'aGADAmIB NATIONALE.
16^
« traitement ne coûtant pas plus de 2 shil-
« lings 6 deniers par tonne, c'est-à-dire quel-
« que chose comme 1/8* de penny (1 centi-
« me 1/4) par gallon (4 litres 54 centilitres).
€ De plus, iJ promet que de nouvelles ré-
« ductions dans le prix de revient du traite-
« ment seraient obtenues dans une manu-
<c facture spécialement équipée pour opérer
c sur de grandes quantités d'huile en une seu-
a leopération. Il affirmeaussique Thuile ainsi
« traitée brûle plus longtemps que dans son
u état primitif.
« Il est manifeste, par conséquent, que si
« ces résultats peuvent se soutenir dans la
« pratique, etsi les propositions de M.Berch-
« ten sont réalisées effectivement sur une
« large échelle, les consommateurs d'huile
« pour usages domestiques auront à leur
a disposition un parfait éclairage de sûreté,
«t et cela sans augmentation appréciable du
« prix de revient. »
LE MARCHÉ DES MÉTAUX A LONDRES
pendant Tannée 1897
(Revue publiée par le journal /ronmon^er.)
CUIVRE
Le coup d'œil rétrospectif sur Tannée qui
vient de se terminer ne fournit ni aux pro-
ducteurs, ni aux spéculateursToccasion de
se féliciter de leurs opérations. L'année 1807
s*est présentée pour eux sous les plus heu-
reux auspices, au point de les engager à
élargir de plus en plus le champ de leur ac«
tion, pour laisser ensuite leurs rêves irréa-
lisés.
En janvier tout annonçait une année fe*
conde ; la consommation faisait des progrès
énormes, et la production, malgré tous ses
efforts, ne pouvait pas satisfaire la deman-
de. L'une des plus grandes maisons se lan-
ça aussitôt dans de vastes opérations, et
d'autres la suivirent bientôt, de sorte que
les Tintos comme les GMB, firent rapidement
des progrès. Au commencement de février,
cependant, un changement se produisit.
Les troubles en Crète et l'agitation ou
vrièresurla côte nord-est, paralysèrent Vtr-
deur des promoteurs et les cours commen
cèrent graduellement à baisser.
En avril, TAmérique, dont les envoti
avaient été assez restreints pendant les moi:
précédents, faisait de nouveau des expédi-
tions importantes, de sorte que les stocks
eurent bientôt dépassé la consommation de
plus de 2,400 t.
Les troubles de Grèce aidant, la baisse
fut rapide. La cote la plus basse a été at-
teinte en mai. Depuis cette époque, quel-
ques reprises eurent lieu, mais les mouve-
ments du marché pendant le reste de Tan-
née suivirent pas à pas les espoirs ou les
découragements provoqués successivement
par la grève des mécaniciens. Sans cette lut-
te intempestive Tannée aurait certainement
justifié les excellents résultats que promet-
taient les débuts. En août et septembre Ta-
mélioration est devenue plus stable, grâce
à la fermeté des statistiques, surtout en Amé-
rique, où les affaires étaient excellentes, et
oii on ne poussait pas, par conséquent, aux
exportations. Ce qui a affermi aussi la cote,
c'est la faiblesse des stocks dans les mains
des consommateurs, qui ont toujours acheté
avec la plus grande circonspection, parce
(|ue la situation n'encourageait pas la for*
mation de stocks.
Un autre facteur important était le comp«
te assez important des baissiers qui allaient
être lorcés découvrir, éventualité escomptée
avec joie par les haussiers. Mais tous ces
éléments de fermeté ont été réduits à néant,
et le marché a clôturé à un niveau beau-
coup inférieur à celui de Tannée dernière.
Le prix du cuivre au comptant a varié en-
tre 51 liv. st. 17 s. 6 d. et 47 liv. st. ; les
cuivres raffinés et manufacturés ont subi
des fluctuations à peu près similaires.
Quant à la production, les statistiques ont
accusé une notable augmentation, et, malgré
les grèves qui ont désorganisé la construc-
tion mécanique dans la deuxième partie de
Tannée, les livraisons sont supérieures à
celles de 1890. Les stocks visibles vers le
milieu de décembre étaient à peu près égaux
à ceux de la lin de Tannée 1896, mais il y a
eu de notables changements pendant Tan-
165
INDUSTRIE.
16Ô
née. Ainsi, en janvier et février, il y a eu
une baissede plus de 4.000 t., et les statisti-
ques accusaient 3G,S59 t. à la fin de février,
mais en mars Tacoumulation a commencé
et on notait a3,224 t. Ce chiffre est porté à
34,000 t. à la fin d*octobre, après quoi une
baisse soutenue le ramène à 32,650 t. au
15 décembre.
Dans les expéditions, l'Amérique tient la
première place, mais les variations des ex-
péditions mensuelles sont assez curieuses.
Ainsi en janvier les expéditions des Etats-
Unis en Europe atteifçnent 12,495 t., en fé-
vrier,6,813 t., en mars 8,4 12 t., tandis qu'en
avril elles montent jusqu'à 12,924 t. "
L'Espagne et le Portugal ont envoyé jus-
qu'à la fin de novembre 22,881 t. contre
13,930 t. dans la période correspondante de
l'année précédente ; TAustralie a fourni une
quantité plus forte qu'en 1896, tandis que
le Chili et les autres pays en ont fourni
moins.
La situation de Tannée. 1898 dépendra
beaucoup de la grève des mécaniciens. Le
travail sera abondant lorsque la grève sera
terminée ; d'importantes commandes de ma-
chines^ de locomotives et d'outils de toute
sorte attendent Texécution. La consomma*
tioD sera très importante et elle fera sans
doute de l'année qui commence une période
de prospérité qui effacera le pénible souve-
nir de l'année passée.
ÉTAIN
Les influences prépondérantes de l'année
passée peuvent être résumées en quelques
mots : décroissance de la production dans
les détroits, et baisse considérable de l'ar-
gent. La cote la plus basse de l'année est
celle de janvier : 58 1. 10 s. ; pendant ce
mois une poussée de hausse s'est fait sentir,
grâce iQX rapports continuels sur la diminu-
tion de la production, joints aux avis favo-
nbles sur les meilleurs achats du pays de
Gilles et de l'Amérique, de sorte que le
compuint a haussé jusqu'à 63 1.
La confiance a été soutenue au common-
cemeni de février par la décroissance dans
les statistiques, mais à ce moment Timpres-
ftioD générale se faisait parce que la hausse
était suffisante, et la baisse, commencée
alors, ne s'est arrêtée qu'à la cote 59 I. 2 s.
6 d. atteinte en mars. Les influences les plus
sérieuses qui ont pesé sur la cote étaient les
complications politiques en Grèce, l'auge
mentation des stocks, la démonétisation de
l'argent au Japon (où l'étalon d'or a été in-
troduit au taux de 32 1/3 contre 1) et les
offres d'étain d'Orient sur le marché de
Londres. La possibilité de l'introduction de
l'argent japonais sur le marché est restée
comme un nuage menaçant à l'horizon pen-
dant plusieurs semaines ; mais le marché
s'est ressaisi, et en avril la cote avait atteint
60 1. 7 s. 6 d. lorsque éclata la guerre en Grè-
ce. En même temps de nouvelles difficultés
ouvrières se faisaient sentir dans le pays
de Galles, de sorte que les prix tombaient
aussitôt au prix de 59 1. 6 s. 3 d. Ils ont
progressé ensuite jusqu'à 63 1. 10 s. en juin,
parsuitedesfaibles expéditions des détroits,
oii les prix étaient bien supérieurs à ceux
de Londres. La réduction des statistiques
jusqu'à 1.750 t., à la fin de juin, a soutenu
un peu les cours, mais quelques ventes à
bas prix d étain des détroits, provoqués par
la baissede l'argent, ont ramené les cours à
611.5 8.
Les fluctuations pendant la deuxième par-
lie de l'année ont été pou importantes. Quel-
ques achats de l'Amérique ont soutenu la
cote en août, et les statistiques ont en géné-
ral eu un caractère favorable pendant tout
le mois. Les rapports venus des Détroits en
octobre ont confirmé les précédantes nou-
velles sur la diminution delà production.
On attribuaitgénéralementcette diminution
à l'épuisement des gisements les plus riches,
aux nouvelles rigueurs du coJe minier, et
à la rareté de la main-d œuvre, toutes cho-
ses qui contribuaient à restreindre fatale-
ment la production.
La hausse jusqu^à 63 1. 2 s. 6d. en octo-
bre a été provoquée par une demande acti-
ve de la spéculation, encouragée parla meil-
leure tendance de l'argent, les prix élevés
réalisés dans les ventes d'étain hoUandaiset
l'abstention dos vendeurs. L'amélioration ne
s'est cependant pas maintenue longtemps,
et les prix ont de nouveau fléchi, grâce à la
l&ï
lOUBNAL MENSUEL DE lVjLDÙIIE NATIONALE.
168
tendance dequelques haussiers à abandon-
ner la lutte en réalisant leur stock.
D'une façon générale on ne peut pas con -
sidérer Tannée 1897 comme satisfaisante.
Les prix ont subi de nombreuses fluctuations,
et la clôture de Tannée a été plus basse que
Touverure. 11 est cependant rassurant de
voir que Tannée 1898 se présente dans de
meilleures conditions. La consommation
fait de rapides progrès, et il est probable que
la production diminuera encore dans les
Détroite.
PLOMB
Le marché du plomb a progressé d'une fa-
çon soutenue et presque continuelle depuis
Touverture jusqu'en septembre, où la cote a
monté brusquementde IJ 1.15s. à 131.10s.
3 d. pour le plomb doux d'Espugne, et de
121.1 s.3d.à 14 1.5 s. pour le plomb anglais.
Mais peu après les cours ont de nouveau
baissé et en décembre la réduction a été très
importante. La consommation a été soute-
nue pendant Tannée, et comme les stocks
sont toujours restés faibles, les cours ont
progressé.
En septembre et octobre la rareté s'est
encore accentuée en même temps que les
troublei survenus en Espagne retardaient
encore les expéditions. Lorsque les affaires
ont repris leur état normal, les prix ont
baissé et toutes les circonstances indiquent
actuellement une nouvelle tendance à la
baisse .
ZINC
Le marché du zinc a été assez satisfaisant
pendant Tannée passée. La demande a été
soutenue par suite des ordres assez impor-
tants en tôles galvanisées qui ont été placés
de temps en temps. La dépression dans les
tôles, provoquée par une concurrence ir-
raisonnée, a eu une heureuse influence sur
le zinc, et si les prix n'ont pas été beaucoup
plus élevés à la tin de Tannée qu'au com-
mencement, il est cependant satisfaisant de
remarquer qu'ils sont restés soutenus pen-
dant une longue période.
Après avoir atteint 18 1. en janvier, les
marques ordinaires n'ont pas dépassé 17 1.
18 s. 9 d. dans le mois de février, mais la
cote est tombée jusqu'à 17 1. en mars,
elle a oscillé entre 17 1. 5 s. jusqu'en octo-
bre. Une plus grande activité s'est manifes-
tée à ee moment-là et les prix ont haussé
jusqu'à 13 1. 2 s. 6 d. en novembre ; la clô-
ture de Tannée a été soutenue avec des
prix un peu plus élevés qu'à Touverture.
D'une façon générale la demande a été
excellente pendant Tannée passée, et si les
Etats-Unis n'avaient pas envoyé des quan-
tités si importantes, il y aurait eu pénurie
de métal sur le marché. Il est à noter qu'une
grande partie des approvisionnements
venus des Etats-Unis a été écoulée enÂ.n-
gleterre par suite d'une surproduction et
les expéditeurs ont été contents de se dé-
'barrasser de leurs stocks.
Le trait caractéristique de cette année a
été la quantité considérable de zinc élec-
trolytique offert sur le marché de Londres
par des maisons allemandes et par l'Aus-
tralie.
ANTIMOINE
Il y a peu de choses à dire sur ce métal,
pour lequel la demande est toujours res-
treinte, dont le prix a peu varié. L'ouver-
ture de Tannée a été soutenue à 1. 30, et ce
prix aété porté à 1. c03 s. en février et mars.
En avri I et mai la cote offlcielle était 1 . 30 10
s. à I. 31, mais dans Tespace de deux mois
il y a eu une réduction jusqu'à 1. 29 10 s. à
1. 30 ; plus tard ce métal a encore perdu 10
s. Mais la fermeté est revenue et Tannée
s'est clôturée avec un ton plus ferme qu'el-
le n'avait commencé.
MERCURE
Aucun fait saillant ne s'est produit sur le
marché du mercure, qui est resté entre les
mains de ceux qui y détiennent depuis si
longtemps la souveraineté. Les prix extrê-
mes de Tannée ont été 1. 6 13 s. 6 d. en jan-
vier et 1. 7 7 s. 6 d. en mai et juin. Un
saut brusque de 1.0 17 s. 0 d. à 1. 7 5 s.
eut lieu en mars, et ce cours plus élevé
s'est maintenu en avril ; le mois suivant il
y a encore eu un progrès de 2 s. 6 d. En
juillet le prix est retombé uu niveau de
mars et il a atteint 1. 6 15 s. en septembre et
PRODUITS AUUENTAIRES. 170
octobre, mais Tannéo s'est clôturée avec
une amélioration de 2 s. 6 d .
PRODUITS ALIMENTAIRES
VAUEUR AUMENTAIRE DU SUCRE
Oi>servations et expériences de H. Ghauveau.
Dans deux communications faites à TAca-
demie d«s Sciences, aux séances du 20 décem-
bre 1897 et du 14 mars 1898, M. Cbauveau,
membre de cette Académie et de la Société
nationale d'agriculture, a fait connaître les
expériences et recbercbes auxquelles il s'est
livré pour déterminer exactement la valeur
alimentaire du sucre.
Les résultats de ces travaux établissent
la supériorité de la valeur nutritive du sucre
sur celle même de la graisse,eu égard à leur
valeur thermogène réciproque, et ont ame-
né M. Cbauveau à conclure que le sucre
pouvait remplir le rôle d'un excellent ali-
ment.
H. Cbauveau a réuni Tencbaînement des
lails qui résultent de ses recherches dans
une série de propositions méthodiques for-
mulées comme il suit :
« l^ Les quantités de sucre ou de graisse
qa'il faut ajouter a une même ration fonda-
mentale de viande, pour entretenir égale-
ment bien le sujet qui travaille, ne sont pas
des quantités isodynames. La valeur éner-
gétique 0.756 en sucre agit généralement
aussi bien, sinon mieux, que la valeur éner-
gétique 1 en graisse.Cette différence, déjà si
notable, à l'avantage du sucre, est même
susceptible de s'accentuer d'une remarqua-
ble manière.
t 2^En effet, en ce qui concerne le sucre,
le rapport de la valeur nutritive à la valeur
énergétique n'est pas constant.Dans certaines
conditions physiologiques, comportant l'é-
dification de tissus nouveaux ou la recons-
titution des éléments anatomiques d'un or-
ganisme épuisé, ce rapport peut être accru
considérablement, tandis que pour la graisse
il reste à peu près au même chiflTre ou s'é-
lève à peine.
« 3<^ L'augmentation qu'éprouve alors le
pouvoir nutritif du sucre tient à ce que,
dans lesdites conditions physiologiques, cet
aliment favorise l'assimilation en nature des
albuminoïdes, et aussi à ce qu'il modère le
travail de désassimilation.
<c 4^ Donc, s'il est erroné de mesurer la
valeur nutritive d'un aliment de force à sa
valeur thermique, il ne le serait pas moins
de déduire cette valeur nutritive exclusive-
ment de la faculté que possède l'aliment de
se transformer plus ou moins économique-
ment en glycogène musculaire.
ce 5* En réalité, tout élément doit être ju-
gé, au point de vue de sa valeur nutritive,
à l'aide de deux critères : 1"" son aptitude à
fournir le potentiel directement et immédia-
tement employé à la dépense énergétique
qu'entraînent les travaux physiologiques ;
2? rinfluence indirecte que cet aliment est
capable d'exercer sur les dépenses et les res-
titutions spéciales attachées au renouvelle-
ment et la formation des éléments anatomi-
ques de l'organisme.
t 6^ A ce double point de vue, la supério-
rité des sucres sur les graisses est de toute
évidence. Elle se traduit toujours en toutes
circonstances,surtout dans les cas où s'active
la fonction rénovatrice et formatrice des tis-
sus animaux.
(c Ceci indique l'importance de la place
que le sucre peut tenir dans Talimentation.
a Les très nombreuses constatations que
j'ai déjà faites sur les animaux au repos,
soumis à une simple ration d'entretien, et
dont quelques-unes ont été publiées parCon-
tejean, me laissent penser que les proposi-
tions précédentes s'appliquent aussi bien à
^^^ JOURNAL HRNSUBL Dt
ces animaux qu'à ceux qui travaillent. On
conaprend aisément qu'il en soit ainsi, quand
un réfléchit au rôle considérable, que même
à l'état de repos, le travail physiologique
des muscles joue dans la vie de Tanimal.
« Mais je ne me prononcerai définitive-
ment qu'après avoir terminé une série expé-
rimentale qui m*aidera à montrer que mes
propositions ne sont nullement en désac-
cord avec celles que Lawes et Gilbert ont
tirées de leurs très belles recherches sur le
croit chez les animaux à l'engrais.
a Je tiens à faire remarquer, en termi-
nant, que les éludes expérimentales sur la
valeur nutritive du sucre soulèvent, à côté
des plus délicats problèmes de la physiolo-
gie pure, d'importantes questions d'intérêt
général,touchant à la fois à l'hygiène alimen-
taire et à l'économiepolitique. Les pouvoirs
publics ont-ils raison de traiter le sucre
comme un aliment de luxe imposable à mer-
ci? Ne conviendrait-il pas, au contraire, de
le mettre à portée de toutes les bourses et
d'en étendre ainsi considérablement l'usage?
a Producteurs et consommateurs, sans
compter l'Etal lui-même, n'y trouveraient-
ils pas également leur compte y II serait à
désirer que ceux à qui incombe le soin de
résoudre ces questions fussent tout à fait
familiarisés avec, les indications fournies sur
0lles par la science. Peut-être sentiraient-
ils alors ce qu'il y a d'irrationnel dans les
mesures fiscales tendant à restreindre la con-
sommation du sucre. »
. Dans la dernière partie de ses observa-
tions, M. Ghauveau fait ressortir combien le
Jourd impôt qui pèse sur le sucre est irra*
tionnel en présence des conclusions de ses
recherches. Il est bien certain que si l'on
pouvait arriver à supprimer cet impôt, on
rendrait le plus grand service aussi bien aux
producteurs qu'aux consommateurs; on ren-
jdrait également service ù l'Etat qui serait
déchargé d'un de ses plus lourds souois.
On peutse féliciter que les conclusions de la
science puissent être invoquées désormais
quand il s'agira do réaliser une transforma-
.tion des impôts de nature à développer la
.production du sucre.
t'ACADilOB NATIONALK. 172
PRODUITS DE CONFISERIE
de H. RossEL BauNNEa
à Zurich-Tiefenbrunner (Suisse).
Tous les produits imaginables sortent
de la grande confiserie de notre collègue
suisse et il suffit d'en citer les principaux
pour en être aussitôt convaincu. En effet,
tous les bonbons fourrés si à la mode et si
recherchés, à juste titre depuis quelques an-
nées, les dragées,les fondantSjles marrons et
fruits glacés, les biscuits, les pastilles phar-
maceutiques pour dissimuler les médica-
ments, les spécialités pour œufs de Pâques,
et articles de Noël, etc., etc., se trouvent dé-
crits et énumérés tout au long sur tous les
catalogues de la maison.
Mais précisément parce que tous les bon-
bons, toutes les sucreries et confiseries pos-
sibles sortent de la fabrique de M. Rossel-
Brunner, il est intéressant de savoir se bor-
ner pour ne parler aujourd'hui que d'une
de ses spécialités les plus curieuses et les
plus perfectionnées, nous voulons parler de
l'innombrable série de bonbons connus
généralement sous le nom de berlingots et
de bonbons anglais.
Notre collègue suisse nous a adressé une
série d'échantillons qui défient vraiment
toute concurrence.
Voici les bonbons anglais acidulés, voici
les berlingots classiques à la menthe, en
voici qui sont fourrés, en voici de toutes
les formes et de toutes les couleurs, et
cette assertion n'a rien d'exagéré; de toutes
les formes en effet, depuis le petit oreil-
ler légendaire jusqu'aux tubes de toutes le^
longueurs et de toutes les dimensions, de
toutes les couleurs, car par des procédés
fort ingénieux et qui confondent l'imagina-
tion des profanes, ces longs tubes ou ces
longs bâtons cassés en morceaux plus ou
moins épais, sur la tranche, continuent tou-
jours à représenter une fleur, un papillon,
une tête d'homme, un buste môme de
personnage, etc., etc.
C'est prodigieux et naturellement ce ne
sont pti9^ seulemen.t les enfants, mais les
173
PRODUITS AUMENTA1RES.
174
grandes personnes elles-mêmes qui voient
leur curiosité excitée au mémo degré que
leurgoumandise.
II est à remarquer combien ce genre de
sucreries, de confiseries, s'est développé
dans ces dernières années ; c'est ainsi que
certaines vitrines de grandes épiceries
voient aligner cinquante à soixante bocaux
renfermant les types les plus divers et les
plas variés de bonbons anglais et de berlin-
got.
S'il en est ainsi, cela tient à plusieurs
causes qu'il n'est peut-être pas très diffi-
cile de découvrir et dont les deux principa-
les consistent en ce que ces bonbons n'em-
pâtent pas la boucbe et se conservent bien
pendant un temps presque indéfini.
Mais il faut bien reconnaître que les
Suisses ont encore une excellente raison de
voir cette branche spéciale de la confiserie
sedévelopper chez eux et c'est nous-mêmes
qui la leur avons fournie. Ce n'est pas nous
qui nous en plaindrons, puisqu'il s'agit
d'un peuple voisin et ami, mais la cons-
tatation n'en est pas moins piquante à faire.
Avec nos primes à l'exportation et toutes
les facilités et protections agricoles que
nous avons accordées chez nous à nos produc-
teurs et fabricants dô sucre, il en est résulté
que les étrangers peuvent se fournir de
la matière première à meilleur compte que
nos propres confiseurs.
Les Suisses, avec leur instinct merveilleux
des affaires, se sont empressés de tirer parti
de cette situation tout à fait exceptionnelle,
et voilà comment, en croyant protéger chez
nous la grande industrie, lesraffineurs, nous
avons, en même temps et par contre-coup,
provoqué le développement de toutes les
industries transformant la matière premiè*
re, c'est-à-dire le sucre, à Tétranger. Ces
mesures de protection, dans l'espèce, ont
bien été et ont été surtout pour nous des ar-
mes à deux tranchants, et certes ce ne sont
pas les confiseurs suisses qui s'en plain-
dront.
On savait déjà que les Suisses des cantons
italiens passent pour les meilleurs pâtissiers
du monde, ou tout au moins pour les ri-
vaux souvent heureux des Français et des
Viennois ; voilà que ceux de Zurich nous
montrent qu'ils ne sont pas, non plus, infé-
rieurs dans les diverses spécialités de la con-
fiserie : cela n'est pas pour nous étonner,
car depuis longtemps nous connaissions, à
ce point de vue spécial, les aptitudes si re^
raarquables de nos voisins.
Quoi qu'il en soit, M. Rossel Brunner fait
des bonbons anglais et fourrés, des berlin-
gots de premier ordre, avec des reflots de
moire et do satin ravissants, et comme ces
diverses qualités sont exquises, il est tout
naturel que le succès ait répondu rapide-
ment à ses efforts. C'est ainsi qu'il rempor-
tait une médaille d'argent à Zurich en 1883,
et une à Winterthur en 1889, une médaille
d'or à Zurich en 1894 et un grand diplôme
d'honneur à Arcachon en 1897, etc., etc.
Ces récompenses justement méritées prou-
vent !a bonne et vieille renommée de la
maison, et voilà pourquoi on ne saurait trop
louer M. Rossel Brunner de ses efforts pour
toujours faire mieux et pour toujours trou-
ver du nouveau dans ses modèles, n en fût
il plus au monde.
En tout cas cette dernière expression ne
serait pas applicable à la confiserie, si nous
en croyons nos yeux et notre palais, lorsque
nous examinons et dégustons les produits si
varit^s et le bataillon serré des innombrables
modèles de bonbons qui sortent de la grande
fabrique de confiserie suisse de notre collè-
gue de Zurich. P. V.
TRAITÉS SUR LA FABRICATiaN DES
LIQUEURS ET LA VINIFICATION.
[Il Liquoristo pratico et la vinifea\ione ,)
De M. Luigi Sala, à Alexandria (Italie).
Nous avons là, sous les yeux, la seconde
édition du magnifique volume // Liquoristo
pratico de notre savant collègue Luigi
Sala, de Mihn, et nous devons commencer
par déclarer que ce manuel de près de 450
pages est un des plus complets que nous
connaissions.
Naturellement les ouvrages de M. Sala
175
JOURNAL MRNSUEL DK
sont en italien, et si nous ne nous arrêtons
pas aux citations que nous poumons faire
dans sa belle langue maternelle, c*est pour
donner plus de clarté à ce compte rendu.
Il y a dans ce gros vol u met très coquet-
tement édité, tout un ensemble des plus
récents systèmes, et plus de 1.000 recettes
dont 200 entièrement inédites, du plus
haut intérêt, non seulement pour les liquo-
ristes, les chimistes et les distillateurs, c'est-
à-dire pour les gens de la partie, mais
encore pour toutes les maîtresses de maison,
soucieuses de Taire elles-mêmes et à bon
marché d'excellentes liqueurs.
Il y a là tout une série de recettes pour
faire soi-même, ou fabriquer en grand le
double kummel cristallisé, le genièvre des
Alpes, le vermouth de Turin, le bitter, le
Fernet-Branca, le fameux mélange Pipper*
mint, etc. , qui feraient la joie de bien des
gens si Ton savait pouvoir se les procurer
dans ce précieux volume.
Et pour ne citer que les principaux cha-
pitres, nous trouvons treize recettes diffé-
rentes sur le ratafia, puis quatre autres sur
le marasquin, puis de longs chapitres sur
les rhums, les cognacs, et enfin un très cu-
rieux sur les innombrables élixirs connus.
Les crèmes, les liqueurs fortes et fines,
les vermouths, si remarquables en Italie,
les fruits conservés dans Talcool, lespunchs^
les sirops, les marmelades, les gelées de
fruits, les conserves, les pastilles, les bon-
bons fourrés, etc., etc., sont aussi passés
en revue et analysés avec un soin méticu-
leux et une compétence remarquable par
H. Louis Sala.
Son second volume sur la Vimfica{ione
est un traité complet et pratique de fabrica-
tion des vins et vinaigres.
l'agademib Nationalb. 176
Les vins fins, les vins de fruits et toni-
ques, les vinaigres industriels et aromati-
ques, les eaux de toilette, etc., sont passés
en revue avec une égale conscience et uoe
compétence aussi indiscutable que dans le
premier volume.
La partie didactique et d'exposition qui
se trouve en tête de ces deux intéressants
ouvrages montre que l'auteur est tout à la
fois un chimiste érudit et un industriel pra-
tique.
Et c'est précisément par cette constatation
que nous voulons finir, car elle est la meil-
leure démonstration, en même temps, de
l'utilité de ces deux ouvrages et des services
qu'ils sont appelés à rendre aux spécialistes
comme les distillateurs et aux femmes du
monde désireuses de faire eux-mêmes leurs
liqueurs et toutes ces chatteries.
On voit bien^que notre aimable collègue
est habitué aux savants mélanges et aux
agréables mixtures, car il a su rendre ses
deux livres aussi utiles que pratiques, aussi
faciles à lire que complets et documentés.
On pourra nous objecter qu'ils sont écrits
en italien et que tout le monde ne com-
prend pas la langue harmonieuse du Tasse ;
à cela il est facile de répondre d'abord que
l'italien n'est pas bien difficile à comprendre
et à traduire par des français, puisque nous
avons la même origine latine et qu'enfin
il n'y a même pas besoin de savoir la langue
pour se servir des recettes renfermées dans
ces deux volumes.
Enfin — et c'est un vœu que nous for-
mulons ici bien sincèrement — peut-être
M. Luigi Sala trouvera-t-ille moyen de faire
traduire et éditer ses intéressants volumes
en France : il serait assuré d'un grand et
légitime succès. P. V.
COMMERCE
LE COMIMERCE EXTÉRIEUR DE LA
FRANCE EN 1897
Nous avons publié, dans notre journal de
janvier,les résultats généraux du commerce
extérieur delà France durant Tannée 1897,
qui se décomposaient en 4.000.126.000 fr ;
d'importations et 3.675.613.000 fr. d'ex-
portations.
Voici les chiffres afférents aux principaux
1-/7
COMMERCE.
178
pays avec lequels ont été trailés nos échan-
ges de 1897 :
Pays.
Angleterre . .
Allemagne .
Belgique. . . .
Suisse
Italie
Espagne
Russie
Turquie
Ruts-Unis. .
Brésil
République
Argentine.. .
Importations
48S.898.000
308.482.000
285.173.000
79.499.000
134.650.000
236.363.000
227.157.000
105.100.000
436.999.000
94.010.000
Kxporla lions
1.178.605.000
375.045.000
517.128.000
190.967.000
151.738.000
97.491.000
26.369.000
49.447.000
216.205.003
60.; 92.000
210.896.000 51.635,000
Gomme on le voit, TAnglelerre, TAlle-
magne, la Belgique, la Suisse, Tltalie nous
achètent plus qu'elles ne nous vendent. La
situation est différente en ce qui concerne
VEspagne, la Russie, la Turquie, les Etats-
Unis, le Brésil et la République Argentine.
LE COMMERCE EXTÉRIEUR DE LA
FRANCE
pendant les trois pre mie ra mots de 1898
L'administration des douanes a publié les
chiffressuivants concernant les résultais du
commerce extérieur de la France pendant
les trois premiers mois des années 1897 et
1898:
IMPORTATIONS
349.721.000
1897
217.531.000
Objets d'ali m dotation
Matières nécessaires
à rindostrie C22.317.000 642. 656. OJO
Objets fabriqués 158. 163.000 152.738.000
Total...,
1.130.2)1.000 1.012. ?25.0J0
EXPORTATIONS 1893 lô97
Objeto d'alimeatation 13].4ll.0j0 134.293.000
MaUéres nécessaires
à rmdustrie S03.107 .000 211. ri5.000
Objets fabriqués 417.730.0)0 4:V> 674.00 )
Colis postaux 39.737.030 43.505.000
Tolal 800.01S.030 815.587.000
Ces données statistiques officielles sont
encore peu favorables pour Tannée en
cours. La France continue à moins exporter
et à importer davantage. Comparativement
au premier Irimestre de 1897, les importa-
tions ont présenté une augmentation de
117.276.000.Cette augmenUtion est le résul-
tat des deux accroissements de 132.190.000
fr. dans les importations d'objets d'alimen-
tation, et de 5.425.000 fr. dans les importa-
tions d'objets fabriqués, diminués d'une
réduction de 20.339.000 Fr. dans les impor-
tations de matières nécessaires ili l'industrie,
réduction dont le caractère est plutôt re-
grettable.
Tous les chapitres de l'importation accu-
sent donc des résultats défavorables. Il en
est do même pour les chapitres de Texpor-
lation qui présentent tons des diminutions,
dont l'ensemble atteint 15.c09.000 fr.
La balance du commerce, qui présentait
un solde en notre défaveur de 197.338.000
fr. pour le premier trimestre de 1807, offre
un solde de même sens de 330.183.000 fr.
pour le premier trimestre de 1898. Il y a
donc une perte certaine de 132.845.000 fr.
accusée déjà par les résultats de l'année
1898, comparativement aux résultats corres-
pondants do l'an née 1897.
LE COMMERCE EXTÉRIEUR DE
L'ANGLETERRE EN 1897
L*année 1897 a été traversée pour TAn-
gleîerre par bien des incidenis sérieux, ne
fûl-ce que le grand conflit ouvrier qui
se solde par une perte de plus de 250 mil-
lions de francs.
Néanmoins, les résultats, an point de
vue du commerce, ont été réellement satis-
faisants.
Le trafic des chemins do fer s'est large-
ment accru, lies chiffres représentant les
opérations commerciales de la Chambre de
compensation des banquiers de Londres et
des clearing-houses provinciaux présentent
des augmentations. Le revenu accuse une
très substantielle plus-value. On trouve
179
JOURNAL MENSUEL DB L' ACADÉMIE NATIONALE.
180
dans lesslalistiques du département du tra-
vail au Boardoftrade la preuve d'un em-
ploi plus complet de la population ouvrière
et d'un mouvement de hausse des salaires.
Tous ces signes révèlent un redoublement
d*activité du commerce intérieur.
Les résultats afférents au commerce exté-
rieur sont sans contredit moins favorables .
Si les imporUtions de 1897 (£451,240,000)
dépassent de£ 9,10J,000 celles de 1890
(£ 441,800,000), les exportations (£23 i,-
350,000) sont en diminution de 5,795,000
Quant aux réexportations (£ 59,834,000),
elles se sont accrues de 3,000,000.
Finalement le total des transactions du
commerceextérieur a atteint £ 745 millions
contre £ 738 millions Tannée précédente,
ce qui représente une augmentation de
£ 7,234,000 ou d'un peu moins de 1 % du
total.
Un des mois les plus mauvais a été décem-
bre 1897, à cause des tempêtes et des brouil-
lards. Les importations ont diminué de
£2.286,000, les exportations de £ 1,015,050.
IjCs résultats de toute Tannée ont été fâ-
cheusement affectés.
Si nous voulons transcrire ces indications
en francs, au change de 25 fr. 20 la livre
sterling,nous obtenons les chiffres suivants :
Importations 11.371.248.000 fr.
Exportations 5.905.620.000 fr.
Kéexpoitations 1.507.817.000 fr.
Total.
18.784.685.000 fr.
Rappelons, pojr permettre une compa-
raison instructive, que le chiffre total du
commerce extérieur de la France, pour la
même année 1897, a été de 7.075.739.000
fr., composé de 4 .000.126.000 fr. d'importa-
tions et de 3.675.613.000 fr. d'exporta-
tions.
D*u ne manière générale, à Timpôrtation,
l'Angleterre, en 1897, a eu plus à payer en
articles d'alimentation et moins en matières
premières pour Tindustrie textile. Dans le
premier cas,il y a eu, à cause delà hausse du
blé etdequelquescéréales, augmentation de
valeur en même temps que diminution du
volume des céréales Importées. Par contre,
les prix du sucre, du café, du thé, ont été
moins élevés en 1897 qu'en 1893, et la di-
minution d'un côté a compensé à peu près
complètement Taugmentation de Tautre.
En ce qui concerne les matières prenniè-
res textiles, il y a eu augmentation de vo-
lume importé, mais diminution de valeur.
L'Angleterre aurait eu à payer £ 3,500,000
de plus sur le coton et £ 2,400,000 de plus
sur la laine, si elle avait dû acquitter pour
la quantité importée les pris de 1896.
Aux exportations, Tinfluence fâcheuse de
la grève des mécaniciens apparaît dans la
diminution des envois de machinerie et
de matériel d'usines. Les expéditions de pro-
duits textiles ont diminué à lafois de valeur
et de quantité. Une partie de la première de
ces deux diminutions constitue moins une
perte pour le manufacturier que pour le
producteur anglais, par suite de la dépré-
ciation des prix.
Quoi qu'il en soit de cette répartition des
moins-values, il est incontestable que le
commerce d'exportation de TAngleterre, en
1897, a trahi un défaut sensible d'élasticité.
Les exportations anglaises peuvent se di-
viser en deux groupes : les objets d'alimen-
tation et matières premières, pour £ 30
millions en 1897, et les objets manufacturés,
complètement ou partiellement pour £ 205
millions (5.166 millions de francs), ce qui
est encore un beau chiffre, comparé à ce-
lui des exportationsdeFranceet même d'Al-
lemagne.
LE COMMERCE EXTÉRIEUR DE
L'ALLEMAGNE EN 1897
Les statistiques officielles de Tempire
d'Allemagne accusent les chiffres suivants
pour les mouvements du commerce exté-
rieur durant Tannée 1897 :
4.832.890,000 marks
3.808.130.000 marks
Importations.. .
Exportations
Total 8.641.020.000 marks
Comparativement aux résultats de 1896,
ces chiffres font resisortir les augmentations
suivantes :
181
GOMMBRCB.
182
Augmentation des importations 339.240.000
— des exportations 54.310.000
Augmentation totale 393.550.000
Si nous convertissons en francs les chif-
fres du commerce allemand de 1897 expri-
més en marks, nous obtenons les résultats
suivants :
Importations 0.041.112.500 francs
Exportations 4.7(30.162.500 francs
Total...,. 10.801.275.000 francs
Rappelons que les chiffres du commerce
français pour 1897 ont été les suivants :
Importations 4.000.126.000 francs
Exportations 3.675.613.000 francs
Total 7.675.739.000 Irancs
En comparant les chiffres du commerce
français aux chiffres du commerce allemand,
ouconsuteque les importations allemandes
ODt dépassé de plus de 2 milliards, soit d'en-
viron 50 % , les importations françaises ;
que les exportations allemandes sont supé-
rieuresaux nôtres pour plus d'un milliard,
soit environ 30 %, et que, dans son ensem-
ble, le commerce extérieur allemand est de
40 % plus important que le commerce ex-
térieur français !
Il y a là*une constatation qui va singu-
lièrement à rencontre des convictions enra-
cinées dans Fesprit d'un grand nombre de
nos concitoyens.
LES ÉCHANGES EXTÉRIEURS DES
PRINCIPAUX PAYS DU MGWDE
Nous croyons spécialement intéressant de
publier le tableau suivant du mouvement
les échange» extérieurs des principaux pays
du monde durant la période décennale al-
lantde Tannée 1887 à l'année 1896 inclusi-
vement.
Pty«. 1S57.
Allemagne . 7.713
Autr.-Hong. 3.0^6
Belgique.... 2.072
Espagne 1.533
France 7.272
lUlie 2.610
Pays-Bas.... 4.434
Roy. -Uni... 16.230
Kussie 4.090
Suisse 1.443
Canada 967
EUU-Unis,. 7.182
Chine 1.033
Indes-Angl.. 4.111
Japon 554
Australie... 2.744
{Valeurs en millions de francs.)
1888. 1889. 1890. 1891. 1892. 1893.
7.096
3.116
2.778
1.479
7.354
2.066
4.972
17.304
720
429
954
231
191
310
702
3.120
8.836
3.348
3.015
1.763
8.021
2.342
4.873
18.744
4.792
1.602
995
7.623
1.138
4.593
837
3.324
9.228
3.414
3.109
1.879
8.190
2.215
4.973
18.888
4.442
1.657
1 .039
8.386
1.176
4.815
741
3.349
9.048
3.473
3.319
1.951
8.337
2.003
5.200
18.777
4.403
1.304
1.047
8.945
1.289
4.951
763
3.652
8.611
3.3:M)
2.90«)
1.610
7.619
2.132
5.037
18.046
3.573
1.527
1.121
9.476
1.305
6.936
874
3.148
8.711
3.661
2.931
1.480
7.090
2.155
5.260
17.195
4.309
4.474
1.179
9.427
1.471
4.966
955
3.004
1894.
8.521
3.6'.I4
2.878
1.478
6 928
2 121
5 365
17.203
4.978
1.447
1.126
7.800
1.596
1.199
1.237
2.817
1895.
8: 257
3.661
3.066
1.643
7.0î)4
2.225
5.506
17.717
4.721
1.579
.1.104
7.897
• 1.732
5.052
1.389
2.888
1896.
8.578
3.786
3.244
1.606
7.199
2.225
18.617
1.681
1.168
8.40()
1.835
»
3.250
Si Ton envisage Tensemble de cette pé-
riode décennale, on est nécessairement frap-
pé des progrès considérables du commerce
extérieur total dans les pays d'Extrême-
Orient, spécialement au Japon et en Chine ;
La plupart des nations européennes, ainsi
que la Chine, ont vu, pendant la mc^me
période, leur importation croître plus que
leur exportation. Un phénomène inverse
s'est produit en Espagne, en Italie, aux
Etats-Unis, aux Indes, au Japon, en Austra-
lie ; les entrées se sont même réduites dans
plusieurs de ces pays.
183
JOURNAL MKNSUEL DE L'aGADBMIK NATIONALB.
SCIENCES MÉDICALES
184
LE TÉTANOS A SAINTOOMINQUE.
Histoire. —Tpaitemont. — Déductions.
Communication de M. Narciso Alberti,
Licencié en médecine, chirurgie et pharma-
cie, à Santo-Domingo (République Domi-
nicaine).
En Tannée 1857, la villede Sanlo-Domin-
go se trouvait assiégée et des combats infinis
se livrèrent dans ses alentours. L^hopital
militaire était toujours rempli de malades et
de blessés, et le sort de ces derniers était si
mauvais, que Ton connaissait déjà le dicton :
homme blessé est homme pdmé{l), et, par
suite, homme mort.
A la fin, la cité se rendit après onze mois
de siège, et l'on vit dans Tarmée des vain-
queurs quelques soldats qui, après avoir été
atteints de tétanos, avaient été soignés par
leur famille dans le camp même et sauvés
de la mort.
Cela donna pour résultat la propagation
du faux bruit d'après lequel le médecin mi-
litaire était expressément Tauteur des spas-
mes des malades, et peu s'en fallut qu'on
ne l'assassinât.
Durant les années 1864 et 1865, les armées
espagnoles furent éprouvées par cette terri-
ble maladie^ et tous les efforts du corps de
santé militaire espagnol furent inutiles pour
la prévenir et l'éviter.
Bien des fois, on dut pratiquer des am-
putations de jambes,comme conséquence des
ras de tétanos produits par de simples mor-
sures de la puce nigua.
Dans un pays comme celui-ci, où le téta-
nos est si fréquent qu'on le considère com-
me endémique ; où les enfants, les adultes
et les vieillards succombent dans les vingt-
(1) Le mol pdmè est la traduction litt(^rale du
mot espagnol fâsmtf^o^ et doit être interprété com-
me signifiant, exactement : entré dans les spasmes
de Vagonie.
quatre ou les quarante-huit heures après
avoir reçu une légère égratignure ; où les
injections de quinine sont presque inappli-
cables ; où l'accouchement est un événe-
ment alarmant à cause de la fréquence du
tétanos puerpéral ; où toute opération de
chirurgie cause une telle horreur que ceux
qui le peuvent vont se faire opérer à l'étran-
ger, et que les pauvres préfèrent mourir sans
être opérés, le tétanos est un fantôme qui
terrifie le médecin, la famille etle malade.
D'autrepart, il faut convenir que de l'an-
née 1844 àl'année 1870, les mille vicissitudes
politiques par lesquelles a passé ce pays ne
pouvaient moins faire que d'affecter grave-
ment la manière d'être de la profession mé-
dicale dans la République dominicaine.
Sans école, sans académie, sans hôpital ;
quelquefois avec des changements radicaux
de personnel dans les fréquentes successions
de gouvernements, l'art de guérir se trou-
vait relégué entre les mainsd'un petit nom-
bre de praticiens et de tel ou tel médecin
qui était seulement de passage dans le pays
ou qui n'y vivait qu'un laps de temps plus
ou moins écourté. Dans ces conditions, il est
aujourd'hui complètement impossible d'éta-
blir des statistiques, d'assembler des données
exactes et de faire de vraies déductions, au
sujet de ce que pensaient du tétanos les mé-
decins qui exercèrent la profession en Saint-
Domingue.
Le fait unique que l'on peut donner com-
me certain est que, dans la ville, les tétani-
ques soignés par les médecins mouraient, et
que, dans les campagnes, les tétaniques
soignés par les paysans étaient sauvés.
En l'année 1870, vint dans ce pays le doc-
teur Manoel Duran,qui fonda ce que je puis
appeler une petite Ecole [Escuelita] de Mé-
decine, petite non pas parce que Ton n'y
répandait pas de grandes lumières, mais en
raison du nombre restreint des élèves qui la
fréquentaient.
Quoi il en soit, c'est à ce docteur Manoel
1S5
SCIENCES MEUICALES
186
Duran qu'est due l'idée de fonder une Eco-
le de Médecine dans la République domi-
nicaine.
Plus tard, le Président Ignacio Gonzalez
choisit les élèves les plus en progrès, et les
envoya à Paris suivre de nouveaux cours de
médecine dans cette ville.
Avec ceux qui revinrent déjà docteurs,
avec d'autres bons éléments comme le doc-
icurÂrvelo, le Président Padro Merino, dé-
ployant une surabondante bonne volonté cl
(Je g/ands desseins, fonda un Institut proies-
sionnel, qui a donné quelques licenciés
comme l'auteur de cet article.
A ce petit groupe de jeunes, à ses oberva-
lioas, à son étude, à l'échange des iducs et
desprocéilés, à leura recherches, à leur per-
sévérance et à leurs succès, et en particulier
à i étude, au raisonnement et a l'esprit cri-
tique du licencié José de Jésus Brenes^ on
doit d avoir arraché aux paysans le secret de
laguérison destélaniques^ct d'avoir converti
le procédé empirique en une méthode ra-
tionnelle et applicable en clinique particu-
lière, arrivant jusqu'à cette extrémité de
considérer les cas de tétanos les plus défa-
vorables comme aussi susceptibles de gué-
risoD qu'une pneumonie ou une pleurésie.
Le procédé indigène consiste à adminis-
trer à rintérieur et à Taxtérieur le suc de lu
plante anamu [Periveria aliacea L.), et à
:K)amettre le tétanique aux fumigations dun
(»ain de termites (Termes L.) (1).
La méthode rationnelle que nous avons
suivie, quelques-uns des convaincus qui
croyonsque le tétanos est guérissable, est un
mélange de procédé rationnel et de procédé
empirique.
Ledernier cas de tétanos guéri par moi
dans la ville do Seybo pourra servir de gui-
de pouf faire connaître le procédé suivi, les
médicaments employés, les quantités et les
formes dans lesquelles cela a été fait, et
l'heareux résultat obtenu.
(») L'expression pain de termites est la traduc-
tion littérale de Texpression espagnole pan de co-
viejen. Il s*agil sans doute d'une masse agglomé-
rée de cadavres de fourmis-termites qui avaient
èlc recherchées, écrasées et rassemblées à cet
Ayant ôté requis pour soigner un téta-
nique, je montai ù cheval et à une lieue de
la ville, dans une cabane, je vis un indivi-
du derace indigène et de constitution ro-
buste, âgé d'environ trente ans, qui s'étajt
blessé huit jours auparavant et qui élait at-
teint du tétanos depuis deux jours.
C'était un bûcheron et sa blessure, pro-
duite par une hache, était au pied gauche,
s étendant depuis la naissance du gros orteil
jusqu'au dernier muscle métatarsien au point
où il s'articule au tarse.
Ck)mme la hache avait fendu le pie.i de
part en part, ce pied était fort enflammé et
l'extrémité ressemblait îi un petit jambon
dont on aurait coupé un morceau. La bles-
sure et ses bords étaient blancs comme du
papier. L'hémorragie avait été si abondante
que, suivant ce que disait la famille, le bles-
sé avait éprouvé des vertiges fréquents.
La première chose que je décidai, fut de
faire transporter le blessé u la ville, a(in qu'il
fût sous ma surveillance. La blessure fut la-
vée trois fois par jour avec de la liqueur do
Van Swieten laudanisée, et ensuite saupou-
drée dépendre de quinquina. On frictionna
les parties meurtries avec de Tonguent mer-
curiel et Ion fit quatre onctions journalières
avec une pommade composée par parties
égales de saindoux et de sucd'anamu,
 l'intérieur, on administra la potion sui*
vante :
Bromure dcslronlianc ou de potassium 20 gr.
Elixir parégorique 4 »
Teinture de valériane i
Teinture de quinquina \ 60 »
Ëlixir de pepsine '
Eau 320 »
à prendre une cuillerée toutes les demi-heu-
res ou toutes les heures.
Il y avait en outre des foyers allumés où
brûlaient des pains de termites et des feuilles
desauge, foyers qui, outrequ'ils maintenaient
une température élevée dans l'habitation,
enveloppaient le patient d'un épais nuage de
fumée. Cesfumigationsconstantesfirentbeau-
coup de bien au malade et modifièrent les
manifestations spasmodiques ; nous les aug-
mentâmes ou les diminuâmes suivant le plus
ou moins d'intensité des contractures. La
187
JOURNAL MENSUEL DR l'aGABÉMIE NATIONALE.
188
blessure changea de couleur jusqu^à devenir
rosée.
Les doigts et les métatarses coupés se gan-
grenèrentet s'amputèrentspontanément. Le
douzième jour de traitement, Tétat du ma-
lade devint si grave qu'on arriva à douter
qu'il guérirait. Il se présenta une dysphagie
et uneanuriesi complètes qu'il était impos-
sible de faire avaler une seule goutte de mé-
dicament, et qu'il n'y avait pas émission de
la plus petite quantité d'urine.
Alors je Us ajouter du camphre à Ponc-
tion et fis poser sur la plaie quatre enèmes
par jour, avec quinze grammes de teinture
d'assa-fœtida sur chacune.
Le malade vit son état s'améliorer jusqu'à
la complète guérison du tétanos et à la cica-
trisation de sa blessure, et retourna à sa ca-
bane cinquante Jours après en être sorti.
L'homme avait pris : 40 grammes de brc-
mure de strontiane ; 110 grammes de bro-
mure de potassium.On avait consommé envi-
ron deux cents livres de feuilles (Vanamù,
avec six livres de camphre et huit onces de
teinture d'assa-fœtida.
Dans sa convalescence, l'individu présen-
ta tous les symptômes du bromisme.
A première vue, on comprend qu'il n'y
ait pas là un spécifique particulier ; que le
procédé thérapeutique suivi est une mé-
thode sut generis^ mélange de choses ra-
tionnelles et de choses empiriques ; que
l'hydrate de chloral en est exclu ; que l'o-
pium n'entre qu'en très petite quantité ; que
la base delà médication paraît être le brome
et le camphre ; que le suc de Vanamù ne
parait jouer qu'un rôle secondaire, et que
Ton ne sait pas d'une manière certaine quel
rôle remplissent les fumigations de termites
et de plantes aromatiques.
A la vérité, pour moi, il n'y a pas de spé-
cifique, et la guérison d'un tétanique dépend
du concours des médicaments employés et
de la manière de les utiliser.
La méthode empirique du suc de anamii
à l'intérieur et à l'extérieur, avec les fumi-
gations d'un pain de termites et de feuil-
les de sauge, est le procédé dont usent les
gens de la campagne et qui leur donne d'heu-
reux résultats.
On ne peut objecter que ce n'est pas le
tétanos que guérissent les paysans, car ici
les enfants eux-mêmes connaissent et dia-
gnostiquent le tétanos.
Je n'ai pas vu l'opium donner de bons ré-
sultats. En revanche, les sels de morphine
et les irictions mercurielles prescrites par le
docteur Al fonseca ontdonné deuxguérisons.
Quant à l'hydrate de chloral, aucun prati-
cien accoutumé à soigner les tétaniques n'en
fait usage ici.
Les licenciés Luna et Brenes emploient, à
la dose de 10 à 12 grammes par jour, le bro-
mure de potassium qui leur donne d'excel-
lents résultats.
Quelle que soit ?a manière dont agissent
les fumigations de matièresorganiquesdaos
les voies respiratoires d'un tétanique, soit
parles huiles essentielles volatilisées,soit par
les produits empyreumatiques, soit parle
carbone ou l'oxyde de carbone, le fait est
absolument certain et ne peut être nié. Ces
fumigations diminuent le nombre et Tinten-
sité des spasmes aboutissant à régulariser
et à affaiblir les contractures du tétanique,
fait qui ne peut s'expliquer par l'élévation
de la température, puisque les chambres de
vapeur n'ont pas donné de résultats en Eu-
rope.
Deux objections seulement peuvent m'é-
tre faites :
P On peut me demander : combien de
cas de tétanos avez-vous soignés et combien
on avez-vous guéri avec ce système ?
J'ai 6U à soigner six cas de tétanos ; dans
les trois premiers, je n'ai pas usé du procé-
dé et j'ai perdu les malades ; dans les trois
derniers, j'ai employé ce système, eties ma-
lades ont été sauvés.
D'autres praticiens qui ont employé une
médication identique ont obtenu d'heureux
résultats, et si je ne publie pas ici une sta-
tistique, ce n'est pas manque de volonté et
ce n'est pas de ma faute.
2® La seconde objection est la suivante :
« Dans les cas aigus où l'individu ne vit
pas plus de 24 ou de 48 heures, on ne peut
appliquer la méthode décrite. » Il est cer-
tain qu'ici, en Saint-Domingue, j'ai tu mou-
rir divers tétaniques en aussi peu de temps;
189
VAPIETES.
100
mais Ton ne peut aucunement nier qu'en au-
cun de ces cas. on n'avaitpasusé d'un traite-
ment semblable à celui dont il s*agit, et(jue
dans ceux de ces cas oii Ton avait usé d'in-
jections hypodermiques de morphine à hau-
tes doses, la mort est survenue plus rapide-
ment, aussi prompte à se présenter, que
lorsqu*on administrait de grandes quantités
d'opium par la voie stomacale.
(Test avec le seul but d'être utile à Thu-
manité que j'ai écrit les présentes lignes et
que j'ai condensé en elles mes observations
particulières comme médecin, comme pbar*
macien, entre les mains desquels ont passé
33.000 recettes ou ordonnances dont j'ai pu
apprécier les résultats, et aussi comme ami
et compagnon des docteurs Alfonseca, Paga-
ni, Luna, Brenes et Castro, qui m'ont laissé
faire toute espèce d'études dans les casde té-
tanos qu'ils ont eu à soigner.
VARIÉTÉS
LE CHEMIN DE FER* MÉTROPOLITAIN DE
PARIS
Après avoir passé par des vicissitudes
sans nombre, la question de l'établissement
d an chemin de fer métropolitain à Paris
semble enfin résolue. Les Chambres ont en
elTet^ donné leur sanction à deux projets de
loi, dont l'un autorise la ville de Paris à em-
prunter la somme de 165 millions pour cons-
truire un réseau métropolitain de chemins
de fer, et dont Vautre détermine les condi-
tions matérielles dans lesquelles devra ôtre
établi ce réseau.
Aujourd'hui que tous les pouvoirs publics
sont définîtivementd'accord, les travaux vont
incessamment commencer. lia été entendu
que la grande ligne transversale est-ouest,
da cours de Vincennes à la porte Dau phi ne,
qui doit desservir principalement les accès
del'Expositi on,doit être exécutée pour 1900.
Le réseau métropolitain comportera six
lignes principales, dont suit Ténumération:
1" ligne, de la porte de Vincennes à la
porte Dauphine .
2» ligne, circulaire, suivant le tracé des
anciens boulevards extérieurs.
3* ligne, de la porte Maillot à Ménil-
montant, se greffant à ces deux points d
Id Ceinture.
4* ligne, transversale nord-sud, allant de
la porte de Clignancourt à la porte d'Or-
léans,
5® ligne, du boulevard de Strasbourg au
pont dAusterliti,
C ligne, du Cours de Vincennes d la place
d'Italie,
Trois autres lignes sont éventuellement
décidées : P de la place Valhubert au quai
de Conti ; 2*» du Palais-Royal à la place du
Danube ; S'' d'Auteuil à l'Opéra par Grenelle.
Le chemin de l'er métropolitain, malgré
l'opposition du Conseil municipal de Paris,
sera construit sur le type actuel des lignes
des grandes compagnies de chemins de fer,
c'est-à-dire à double voie de largeur norma-
le. La traction sera électrique. La longueur
totale du réseau, pour les six lignes définiti-
ves, sera, y compris les raccordements, de
64 kil. 697 mètres.
La ville de Paris devra livrer,dans un dé-
lai de 8 aas, au concessionnaire, le réseau
de 42 kilomètres qui comprend les sections
de la porte de Vincennes à la porte Dau«
phineetàla porte Maillot, circulaire par
les boulevards ext«^rieurs, des boulevards
de Courcelles à Ménilmontant. Le reste du
réseau définitif devra être achevé cinq ans
plus tard, et le réseau éventuel, si on le
construit, cinq ans après cette seconde re-
mise.
UNE STATISTIQUE IMrÉRËSSANTfi DES
CHEMINS DE FER FRANÇAIS
Un inspecteur général des services com-
191
JOOliNAL MENSUEL DE
merciaux du chemin de fer du Nord, M.
Germain Delebecque, vient de publier une
très intéressante petite brochure sur les
chemins de fer français.
Nous en extrayons quelques chiffres qui
nous semblent plus particulièrement cu-
rieux.
Longueur totale de toutes les lignes de che-
mins de fer français : 40,000 kilomètres, de
quoi faire une ceinture à la boule terres-
tre.
Sur ces 40,000 kilomètres circulent 9,6^5
machines locomotives traînant 25,297 voi-
tures à voyageurs, 12,148 fourgons,252,980
wagons à marchandises. La longueur
totale des wagons représente une ligne plus
grande que la distance de Paris à Rome.
Dans les 25,297 voitures, ù voyageurs,
les compagnies transportent annuellement
plus de 317,653,121 voyageurs, payant en-
semble 402,258,046 francs ainsi repartis :
Pour 19,506,080 voyageurs de l"' classe,
les compagnies touchent 77,405,291 francs ;
pour 84,0o5,664 de deuxième, 104,335,285
francs et pour 214,110,117 de troisième
220,516,470francs.
Il faut compter en moyenne sur les cinq
réseaux, pour 1,0C0 voyageurs, 45 de pre-
mière classe, 123 de deuxième, 832 de troi-
sième ; et pour 1,000 de receltes, 19;» sont
fournis par les gens riches, V50 par les
moyennes bourses ; les voyageurs de troi-
sième se rattrapent par la quantité et ap-
portent 547 francs.
LeP.-L.-S. est au premier rang dans celte
petite brochure ; il triomphe surtout par
son faible « taux d'exploitation ». Le rap-
port de la dépense à la recette ne dépasse
pas che2 lui 45.25 pour 100 ; sur TOr-
léans il n*est encore que de 46,02, pour
arriver sur le Midi à 51,02, sur le Nord à
51,61, puis passer à 01 sur l'Ouest, 62 sur
l'Est et atteindre sur TElat 75.87 0/0.
L'élévation de ce dernier coefficient,
par rapport à celui des autres réseaux.
l'acauèhib nationale. 192
s'explique par ce fait que les lignes du ré-
seau de i'Etat n'ont presque toutes qu'un
trafic très restreint.
Terminons par quelques chiffres sur l'ef-
fectif du personnel des sept grands réseaux
à la tin de 1894. Le total éUit de 249,704
personnes dont:
Nord 35.410 hommes 3.020 femmes
Est P2.700 — 2.859 —
Ouest 38.126 — 3.809 —
Orléans 28.575 — 4.325 —
P.-L.-M 61.655 — 6.105 —
Midi 18.916 -- 2.641 —
Etat 9.431 - 2.082 —
C)mme on le voit, M. Delebcc{ue a
groupé là des chifires très curieux et qui,
pour la plupart, étaient inconnus du public
I LA PRODUCTION TOTAl^
DES PRINCIPAUX PAYS D'EUROPE
I Le département du travail à Washington
vient de publier, d'après les rapports men-
suels qui lui sont adressés par les consuls
dos Etats-Unis à Télrangcr, les chiffres sui-
vants indiquant l'importance de la produc-
tion dans les différents pas d'Europe.
Evaluation
de la production
annuelle en 1896
Francs
Grande-Bretagne 20.500.0ii0.000
Allemagne 14.575.000.000
France 11.225.000.000
Russie 9.075.000. 0(K)
Autriche-Hongrie 8.125.000.000
Ilalio 3. 025. 000.000
Belgique 2.250.000.000
Espagne 2.125.000.000
Suisse 800.000.000
Ces chiffres correspondent assez exacte-
ment aux données déjà acceptées par diffé-
rents économistes, et notamment par M.
Mulhall. La production des Etats-Unis, d'a-
près les mêmes données, s'élèverait à 20
milliards de francs environ.
(D'après le Bulletin de statistique
du Ministère des Finances.)
Le Directeur^Gérant, Rédacteur en Cheff
' Eugène THIÉR Y.
CLUMOMT (oISB). - IMPRIMBRIB DAIX rRBRBS, PUkCR SAUlT-ANOllâ, 3.
JOURNAL MENSUEL
DE
L'ACADÉMIE NATIONALE
AGRICOLE, liNDFACTDRIiSRE ET COIIERCIALE
68* Année. - MAI 1808.
SOMMAIRE
AGRICULTURE. — Le prix du blé et la valeur de l'argeot-métal. — Ktude agronomique des sols en région monta-
gneuse iorassienne, communication de M. A. N. Papandier, aux Tourillons (Jura). — L'élevage du dindon eu So-
logne.
INDUSTRIE. — Nouvelle pompe rotative dénommée Hydro^Gire, de M. Trouvé, à Paris. — Aciers profilés pour
oatiU, de MM. J. Boardshaw «t Ilis (agent général : M. 8«pén«, à Paris). — Alliages de zinc et d'aluminium. ->
Caractères différents des mélanges d'air et de vapeursde pétrole.— Instruments de vérification des filetages du système
français, construits par MM. Bariquand at INarra, à Paris. —Projet de chemin de fer et d'ascenseur combinés pour
transport au sommet du Mont-Blanc.
PROQUrrS ALUNENTAIRES. — Liqueurs fines de M. Luigi Sala, à Alessandria (Italie).
EXPOSITIONS ET CONCOURS. — Exposition de 1900.
STATISTIQUE. — L'activité postale des divers pays. — La Revue de Statistique,
AGRICULTURE
UE PRIX DU BLÉ
•t la Valeur de l'Argent-Métal
Le commeiicemept du moiïi de mai a vu
coter sur les marchés français le cours de
33 fr. pour le quintal de blé. En retran-
chant de ce cours le montant du droit de
douane de 7 fr. par quintal qui, en France,
élève arliticiellement le prix du blé, on voit
que la valeur réelle de cette céréale ressort
encore à 23 francs les 100 kilos (1). C'est un
pris double de celui qui était établi alors
qu'on groupe de prétendus savants économis-
tes avait imaginé cette théorie que la dépré-
ciation du prix du blé n*était que le résul-
tat de l'avilissement de Targent-métal, le-
quel, à cette époque, perdait 50 % de la
il} Même après l'abolition du droit do douane
<ie 7 fr., le prix du quintal de blé a remonté à
32 fr. en France.
valeur conventionnelle que lui donnent les
bases de notre système monétaire.
On sait que cette théorie, p^ur absurde
qu'elle fût, a trouvé une grande créance
dans tous les milieux agricoles etjusque dans
lessphères gouvernementales.De hautes dis-
tinctions honorifiques ont même été prodi-
guées à ses inventeurs ou à ses propagateurs,
et il n'est pas jusqu'à la rosette d'officier de
la Légion d'Honneur qui n'ait favorisé l'un
des champions plus en vue de cette thèse
singulière, dont l'apparente profondeur ne
marquait qu'une insondable niaiserie.
Heureusement, la réalité des faits a plei-
nement démontré l'absurdité de pareille
théorie qui enchevêtrait arbitrairement deux
faits économiques absolument distincts.
Quoique la baisse de la valeur de l'argent
métal ait continué à se produire jusqu'à at-
teindre la quotation de 60 % (ramenée ce-
pendant à 56 % a l'heure actuelle), le prix
195 JOORNAL MENSUEL DB
du blé a remonté de 100 % sur les cours
inscrits au moment où une grande partie de
Topinion commençait à croire qu'il y avait
connexité directe entre les cours du blé et
ceux de rargent-mélal, et renouvelait ainsi,
quoique d'une façon inconsciente, une oc-
casion d'application de la célèbre maxime :
Credo quia absurdum.
l'acadéiiib nationale.
19:
ÉTUDE AGRONOMIQUE DE8 80L8
en région montagneuse Jureeeienne
Communication de M. A. N. Parandier,
aux Tourillons, par Arbois (Jura).
La nature et par conséquent les aptitudes
culturalesdu sol varient généralement, sur-
tout dans nos régions, d'un pointa un autre,
par de multiples causes.
Quand bien même ces points sont situés
sur Taffleurement de la môme assise géolo-
gique et dans la même région, les différences
d'altitude (l),celle d'inclinaison de lasurface
du sol, de laquelle dépend pour beaucoup
le degré d'humidité qui yséjourne, puiscelle
de l'exposition, sont déjà trois causes de dif-
férences d'un pointa un autre ;viennent en-
suite : celle de l'action altératrice des agents
atmosphériques ; celle des cultures anté-
rieures; celle de l'emploi des amendements
et des engrais; enfin colle fréquente et sou-
vent très prééminente de la superposition
sur le sol géologique et sur une épaisseur
plus ou moins forte de sables et cailloux
d'alluvions, et de terres provenant de l'en-
traînement dos parties meubles de la su-
perficie des sols supérieurs par les eaux
pluviales, surtout par les eaux torrentielles
d'orage.
Il peut arriver aussi que le sous-sol géo-
logique ancien se trouve recouvert par un
dépôt de sol géologique moderne, et cela sur
(l) Le ploussard, qui réussit très bien sur les
marnes compactes liassiques, m^me recouvertes,
comme dans la côte de Champaliètçe, de 0-50 à
0-60 de marne ameublie par la culture et par ac-
tion des agents atmosphériques, ne réussit plus
au delà de 400 d'altitude dans la môme nature du
sol.
une épaisseur quelquefois considérable, qui
ne laisse au sous-sol géologique plus ancien,
quune action très secondaire, quelquefois
insignifiante sur les cultures superficielles ;
c'est ce qui arrive par le dépôt de terrain
quaternaire (amas de cailloux roulés) con-
sidérable qui, dans notre vallon de la Cui-
sance, recouvre la plus grande partie de
l'espace compris entre le ruisseau Javel et
cette rivière ; le sol géologique ancien est
souvent aussi recouvert par l'argile jaune à
silex (1) et par les débris de roches qui
sont sortis avec elledes failles plus ou moins
larges (2) qui en sont remplies et se sont
répandues en épaisseur et en étendues plus
ou moins considérables sur les surfaces voi-
sines, et môme au loin par de puissants
courants deaux plus ou moins torrentiels
produits parles pluies,parlafonledes glaces
qui couvrent les montagnes supérieures.
11 ya encore une autre espèce de terre
qu'il faut signaler, c'est celle qui provient
de la décomposition natut*e)le qui a réduit
les roches en débris, et se poursuit encore
dans ces débris même ; c'est ainsi que M.
Schlœsing a démontré : que la surface d'un
fragment de roche calcaire peu à peu dis-
soute par l'eau et l'acide carbonique, laisse
à nu et libre le phosphate, la magnésie,
etc., qu'elle contenait, et forme ainsi une
terre végétale où s'accumulent, avec ces
éléments minéraux, les éléments quelesgé-
nérations successives do. végétaux laissent
dans les sols ; cette espèce de terre, géné-
ralement peu abondante et mêlée de cail-
loux, se rencontre particulièrement dans
notre région au pied des escarpements de
roches calcaires (3).
(1) Je considère cette argile jaime et celle jaunf
à silex comme éruptives, m^me après les pren)ier^
dépôts du sol quaternaire ; j'en ai des preuves in-
contestables.
(2) Lcsdites failles séparent, jusqu'à la surface,
les sols soulevés d'un Age très diflférenl : c'esl
ainsi que dans notre région on y observe d'un côl«^
des assises calcaires (Bajocien ou Bathonien; e'
de l'autre, au. même niveau, les marnes liassique;*
el même intra-liassiques.
(3) Klle est suscepllble d'une culture fructueuse,
mais qui ne peut se conserver telle longlcmps,que
par V apport d'engrais ; car autrement elle tombe
107
AGRlGtLTURfi.
igs
De ce qui précède il résulte que, pour
bieo appliquer la science à l'agriculture, il
faut tout d'abord, particulièrement dans
notre région montagneuse jurassique très
accidentée, dresser :
P Une carte topographique stratigraphie
que et géologique qui fera connaître les
formes, Tioclinaison, l'épaisseur etlanature
des différentes assises en effleurement du
soQS-sol géologique.
2o Des profils du sol superficiel sur les-
quels seront tracées les limites périmétriques
des surfaces sur lesquelles la nature super-
ficielle du sol est la même à tous les points
de vue: épaisseur, consistance, inclinaison
et composition physique, chimique etc.,
sur 0,30 d'épaisseur au moins s'il s'agit de
cultures arables ou maraîchères, et de 1 m.
à 1 m. 50 de profondeur s'il s'agit de
cultures viticoles ou d'arboriculture frui-
tière. L'étude de chacune de ces surfaces
comprises dans le même périmètre pourra
ainsi préciser le mode de culture : charrue,
sarclage, etc., et la nature et proportion des
engrais chimiques à employer, suivant les
plantes à y entretenir en culture, plantes
pour lesquelles il faut connaître aussi les
éléments, parce qu'elles doivent les trouver
dans le sol pour le succès de leur fructifi-
cation.
A la carte topographique stratigraphique
géologique, et à l'indication des propriétés
des assises successives figurées comme étan t
en affleurement, devra se joindre l'étude de
rinflueùce que ces propriétés pourront
exercer sur la nature superficielle du sol :
cette nature pourra être une cause détermi-
nante de l'exploitation de ce sous-sol géolo-
gique, ou de drainages et assainissements à
7 opérer suivant sa profondeur.
On voit par ce qui vient d'être eiposéque,
pour appliquer la science à la culture, il
faut bien ^e5^/tf^e5ci-devantindiquées,qui
doivent en outre se compléter par des ob-
servations niétéorologiques,c'est-à-dire ther -
pn friche. C'est ce qui est arrivé sur le versant de
nos coteaux où existent encore bien des parceUes
pn friches : j'en ai recouvert de nombreuses aux
TouriUons par des boiaements qui y ont adniiia-
N«D«it réussi.
mométriques, barométriques, pluviométri-
ques, hydrométriques, etc.
Il faut donc faire appel à toutes les con-
naissances physiques, chimiques, géologi-
ques, météorologiques, etc., d'une surface
de sol, et il fa ut que les résultats de ces études
soient à peu près identiques dans un ensem-
ble de parcelles contiguës, pour que celles-
ci puissent être comprises dans un même
périmètre.
Il existe des zones assez étendues où toutes
les circonstances ci-devant expliquées sont
à peu près les mêmes, et qui, par conséquent
pourront être comprises dans un môme frag*
ment du plan cadastral agronomique. C'est
comme exemple : ce qui peut s'appliquer à
la zone de vignes en pente à droite du che-
min vicinal de Vauxelles jusqu'à Montigny,
et de mémo, à d'autres zones ; maison peut
dire que, généralement, chaque parcelle
devra être particulièrement étudiée sous les
différents rapports ci-devant signalés, parti-
culièrement par l'analyse chimique de son
sol cultural (1). C'est déjà ce qui résulte de
la petite brochure que J'ai publiée sous le
titre : Difficulté d'adaptation des plants
exotiques dans notre région. »
Il est bien entendu, toutefois, que tout ce
qui précède n'est applicable qu'à /a ;?iir^/e
montagneuse des régions comme la nôtre
du bassin de la Cuisance : car, dans les plai-
nes comme celles de Villette, de Vadans et
bien d'autres, le sol est le même surde gran-
des étendues et généralement aussi sur une
profondeur de plusieurs mètres. Pour les
plaines de cette nature, l'étude du sol et des
circonstances qui s'y rattachent pour les di-
verses cultures, est plus simple et plus fa-
cile. Nous l'avons fait voir pour les sols des
plaines précitées dans une notice oii nous
avons donné l'analyse chimique des terres
de ces plaines, et désigné les engrais à y em-
ployer pour les diverses cultures qui s'y pra-
tiquent.
11 ne faut pas moins pour ces plaines, re-
(1) Cette analyse est le document particuliè-
rement important pour fixer les éléments dont
doit se composer l'engrais chimique sur la par-
celle, suivant l'espèce de culture à y faire
réussir.
lt)9 JOURNAL HENSDKL DR L'aGABÉIIIE NATIONACB.
cueillir les échantillons du sol sur plusieurs
poinlS; et ne pas comprendre dans le péri •
mètre qui comprend ces plaines, les parties
situées au pied des escarpements monta-
gneux qui les limitent, parce qu'il existe au
pied de ces escarpements, par Tentrainement
des grandes pluies, un mélange qui en mo-
difie la composition chimique.
l)e tout ce qui vient d'être dit, il résulte
que, pour les études do composition chimi-
que, un laboratoire par département est
complètement insuffisant, et qu'il en fau-
drait au moins un par arrondissement, sinon
même par canton, dans toute région comme
la nôtre.
Je ne possède que 130 ouvrées de vignes
tant aux Tourillons que dans un petit do-
maine de Vauxy, eh bien ! j'ai déjà fait faire
pour connaître lesengraisà y employer, une
quinzaine d'analyses chimiques, et il s'en
faut encore beaucoupque j'aie fait analyser
la composition chimique de tous les points
où j'ai besoin de la connaître.
Ce qui précède fait ainsi ressortir qu'il est
indispensable, quant au choix des améri-
cains porte-greffes pour la reconstitution
d'une vigne, d'étudier avec beaucoup de
précision, comme nous l'avons dit dans no-
tre brochure : Difficultés d'adaptation^ la
nature du sol et les autres circonstances pré-
cédemment exposées qui s'y rattachent, afin
de faire le susdit choix parmi ceux dont le
succès a été constaté sur des natures de sol
et dans des circonstances concordantes avec
celles de parcelles de vignes à reconstituer.
Il résulte également de tout ce qui a été
exposé précédemment, que la composition
d'une carte agronomique devra être formée,
pour une région montagneuse accidentée,
d'une multiplicité de surfaces assez restrein-
tes pour qu'on ait pu comprendre dans le
même périmètre toutes les parcelles dont
ces surfaces se composent, comme présen-
tant des sols et des circonstances qui s'y rat-
tachent à très peu près identiques.
[Extrait du Bulletin n« 4, année 1897, de
la Société de Viticulture et d'horticulture
d'Arbois (Jura)].
200
L'ÉLEVAQE DU DINDON EN 80UM3INE.
(Extrait du Journal de l'Agriculture.)
L'agriculture de la Sologne s'est considé-
rablement améliorée. Les cultures fourra-
gères et les céréales, bénéficiant des condi-
tions agrologiques favorables, grâce à l'as-
sainissement obtenu parles plantations de
résineux, prennent une extension de plus
en plus grande et entraînent avec elles des
améliorations également très notables dans
l'économie du bétail de cette contrée. Tou-
tefois, il est juste de dire qu'en ce qui con-
cerne l'espèce ovine, le progrès semble s'ê-
tre limité à la conservation du type du mou-
ton solognot tel qu'il a été élevé jusqu'à ce
jour dans la région .
Si, du gros bétail on passe à la basse-
cour, cet accessoire fructueux de toute ex-
ploitation agricole sagement conduite, on
constate que la Sologne, contrée pauvre où
lagriculture est encore arriérée sur bien des
poiuts, semble donner l'exemple relative-
ment à l'élevage de la volaille et particuliè-
rement du dindon.
On élève le dindon dans presque toute la
Sologne, mais surtout à La Ferté-Saint-Au-
bin, Ijamotte-Beuvron, MontricharJ, Nouao-
le-Fuzelier, Saint- Vialre, Salbris et dans
l'arrondissement de Romorantin.
Cet élevage intéresse également une par-
tie du Berry, de territoire de la commune
d'Aubigny, dans le Cher et quelques locali-
tés du département de l'Indre.
L'exportation des dindes pour l'Angle-
terre, on vue des fêtes deChristmas, est de-
venue très importante depuis plusieurs an-
nées. Ce commerce offre aux éleveurs de la
Sologne de réels profits. Chaque année, do
10 au 15 décembre, on voit de nombreux
troupeaux de dindons se diriger vers laFer-
té-Saint-Aubin, centre commercial des ex-
péditions qui vont alimenter le marché de
Londres. Durant cette dernière période, la
gare de la Ferté-Saint-Aùbin a expédié pour
plus de cinquante mille francs de dindes à
nos voisins d'Outre-Manche.
C'est là, on le voit, une branche de pro-
:'01
AGHlCULtURb'.
20ti
duclion imporlauto et qui est bien di^ne de
remarque, parce fait que le dindon est élevé
en pays pauvre, ne disposant point comme
les pays fertiles et plus favorisés, des res-
sources alimentaires assurées par des cultu-
res nombreuses et variées.
Ou a dit, avec raison, que la basse-cour
est une corne d'abondance qui ne tarit ja-
mais. L'élevage du dindon en Sologne
prouve bien, en effet, queVexploiiationdes
animaux de basse-cour n*est pas à négliger
et que, conduite d'une manière intelligente,
elle peut procurer une large rémunération.
Une des causes principales de la réussite
de rélevage du dindon en Sologne, c'est la
culture du sarrasin ou blé noir, dont le
grain joue un rôle important dans l'ali-
mentation du dindon. Le sarrasin est, en
quelque sorte, le naturel corollaire pres-
que obligé de cet élevage. Après la récolte,
beaucoup de grains tombent sur le sol ; les
dindons vont par troupes de quarante, cin-
quante et môme cent individus, à la recher-
che de ces grains qui, sans eux, seraient
perdus pour l'agriculteur.
Le sarrasin est fréquemment cultivé en
Sologne comme récolte intercalaire ; mais
dans les sols bien assainis et suffisamment
fertiles on en fait l'objet d'une culture prin-
cipale. Le sarrasin argenté et le sarrasin
de Tartarie sont les seules variétés culti-
vées ; la dernière variété, surtout, jouit
d'une préférence marquée à cause de sa
rusticité et des hauts rendements qu'elle
fournit. En outre, ses grains sont meilleurs
pour les dindons.
Le climat de la Sologne est, d'ailleurs,
très favorable à la culture de cette plante,
qui, dans des terrains de natures très diver-
ses, donne d'aussi beaux résultats que sur
les sols granitiques du Morvan et les dé-
frichements de landes de Bretagne.
Le sarrasin ne redoute que l'excès d'hu-
inidité, mais nous avons dit que les cultiva-
teurs solognots ne le confient qu'aux sols
suffisamment assainis. On le sème à la vo-
lée en mai ou en juin, à raison de 40 à 50
kilog. à rbectare et on enterre les semen-
ces par un léger hersage.
La germination a lieu au bout de huit
jours environ, la floraison eu juillet ou en
août et la maturité en septembre ou octobre
selon l'époque des semailles. En Sologne,
on ne donne pas de façons d'entretien au
sarrasin, il végète vigoureusement et de la
sorte il ne craint pas les mauvaises herbes.
La récolte .se fait généralement quand le
grain a acquis toute sa maturité et c*est ce
qui permet de conduire les troupeaux de
dindons sur les guérets, en vue de glaner
les grains tombés sur le sol. Mieux vaudrait
faucher le sarrasin un peu prématurément,
car au moment de la maturité complète, on
n'a pas toujours la possibilité d'envoyer les
dindons au glanage, pour peu que l'état du
temps ne le permette pas.
Le glanage des grains de sarrasin, même
lorsqu'il est fructueux, ne suflit pas pour
préparer avantageusement les dindes à
affronter la fourchette des gourmands insu-
laires. Par une nourriture variée et très
nutritive on s'efforce de rendre leur chair
plus succulente. A cet effet, on donne aux
dindons une pâtée composée d'un peu de
sarrasin, d'avoine, de farine d'orge et de
pommes de terre, le tout bien mélangé et
cuit à point. L'emboquage n'est pas néces-
saire, car on peut dire que le dindon, mais
la dinde surtout, n'ont rien de la nature ré-
calcitrante du chapon auquel il faut ingur-
giter des M menis manu militari : bonace
et simple d'esprit, la dinde avale tout et en
redemande ;mais le cas n'est pas général.
Dans les localités où l'élevage de ce vola-
tile fait l'objet d'une exportation très éten-
due, les fermiersqui veulent obtenir des sur-
jets robustes et d'un embonpoint précoce,
apportentbeaucoupplus de soinsàTalimen-
tation dès le jeune âge. Au moment del'é--
closion, ils donnent aux dindonneaux un
mélange de miede pain rassis etd'œufs fine-
ment hachés, puis des feuilles d*ortie blan-
che hachées. Quand les jeunes sujets ont
pris un certain développement, ils reçoivent
une pâtée composée de farine d'orge hu-
mectée de petit lait et additionnée de son.
L'ail, l'échalote, l'oignon cru, Tachillée mil-
lefeuille entrent, plus tard, dans la consti-
tution des rations des dindonneaux.
Dans la Sologne du Loiret, l'engraisse-
10
2or5
JOURNAL MlilSSUEL DB L ACADEMIE NATIONALE.
201
incntdu dindon n'est pas soumis à des soins
spéciaux, on se borne à donner un supplé-
ment de nourriture quand les animaux re-
viennenldu pâturage où on ne les laisse aller
que lorsqu'ils sont adultes.
Dans quelques localités du département
de Loir-et-Cher, à Nouan-le-Fuzelier, no-
tamment, on pratique le véritable engrais-
semeVit, sur une assez vaste échelle. On dis-
tribue une pâtée composée de pommes de
terre cuites écrasées, mélangées avec de la
farine de sarrasin et du lait caillé.
Après huit jours de ce régime, on procède
BU gavage, au moyen de boulettes ou pâtons
de la grosseurdu pouce.
Ces boulettes sont préparées avec de la
farine de sarrasin, des pommes de terre
cuites et du petit lait.
La fermière place le dindon entre ses
jaiûbes, lui ouvre le bec, un aide introduit
le pâlon humecté jusque dans le gosier, et
en appuyant doucement avec le pouce et
Vindex, le long du cou, fait descendre l'ali-
ment dans Testomac. Chaque jour, on don-
ne un pâton de plus à chaque repas etTen-
graissement est obtenu en dix ou quinze
jours.
C'est ainsi que sont engraissés les dindons
que la Sologne expédie sur le marché de
Londres. Ces dindons gras se vendent à un
prix de beaucoup supérieur au prix de ceux
élevés simplement au pâturage ; leur chair
est plus savoureuse et plus fine, celle des
dindcssurtout.
Lorsque les troupeaux vont à la glanée,
il B^l de coutume de leur distribuer le soir,
au moment de leur retour à la ferme, une
ration de grain, afin de les engager à reve-
nir régulièrement au logis ; les troupeaux
étant nombreux, oti risquerait, sans cette
précaution, de voir les dindons passer la
ntiit au dehors et s'égarer dans les fermes
voisinantes, ces animaux accomplissant par-
fois de longs parcours dans les prairies et les
guérets.
Chaque ferme, en Sologne, peutproduire,
selon son étendue, de 100 à 300dindons.
La principale cause de la mortalité dans
les troupeaux de dindons, en Sologne com-
Ttte partout ailleurs, c'est la crise da rouge.
phase critique pendant laquelle, il n'est pas
rare de voir les trou peaux décimés déplus
de moitié. Les dindonneaux subissent cette
crise entre le deuxième et le troisième mois
après leur naissance ; c'est à ce moment que
se forment les caroncules et barbillons.
Beaucoup de sujets succombent avant d'ar-
river à Tétat adulte.
L'humidité et le froid leur font aussi beau-
coup demal. Une nourriture fortifiante, l'ad-
dition de viande cuite hachée menueet dd-
gnon haché, les feuilles d'ortie et un peu de
vin constituent un régime très salutaire con-
tre la crise du rouge. Mais souvent, ce ré-
gime demeure impuissant à entraver le mal.
Depuis quelques années seulement, sur le
conseil de plusi6ui*s vétérinaires, on fait
usage en Sologne, de la poudre bien con-
nue, dite poudre corroborante de Mille.
Cette poudre, mélangée à la pâtée, à U
dose d'une cuillerée à café pour dix siigets,
est ainsi composée :
Cannelle de Chine, en poudre fine» 15
grammes ; gingembre, 50 grammes; gentia-
ne, 5 grammes ; anis, 5 grammes ; carbo-
nate de fer, 25 grammes.
Eu Sologne, quelques éleveurs prétendent
éviter les fâcheux effets de la crise du rouge
en arrachant aux jeunes dindons quelques
plumes du dos. Ce moyen quasi-empirique
ne nous a pas paru réellement efficace ; nous
avons vu des sujets périr malgré cette sai-
gnée soi-disant préservatrice.
La crise du rouge passée, les dindons de-
viennent très rustique et les jeunes dindes,
robustes comme les filles de Sparte, peu-
ventcoucherdehorssans péril pour leur cons-
titution.
Une dinde bien à point pèse, en moyenne^
chez les graisseurs de Sologne, 5 à 6 kilog.,
un dindon de? à 9 kilog., poids maximum.
Pour préparer les dindes en vue de l'ex-
portation, on les étouffe, après les avoir sus-
pendues la tète en bas, en ayant soin de ne
point les faire saigner, ce qui amoindrirait
leur valeur sur le marché de Londres, puis
on les livre aux plumeuses qui travaillent
jour et nuit, à raison de 10 centimes par
dinde plumée. De l'atelier des pluoieuses,
les wlailles passent à l'atelier d'emballage,
205
INDUSTRIE.
200
où elles sont rangées dans des caisses spé-
ciales fabriquées en Angleterre.
Les dindes achetées de ferme en ferme,
vers le !•' décembre, par des commissionnai-
res, sont amenées par bandes chez les di-
vers expéditeurs en gros, dans les princi-
paux centres de la Sologne et d'une partie
du Berry . Chaque expéditeur peut centra-
liser un approvisionnement de 10,000 à
20,000 pièces. La Sologne peut fournir, an-
nuellement, environ 150,000 pièces.
La douzaine de dindes est payée au prix
moyen de 80 à 110 ou 111 francs, soit 6 fr.
60 à 9 fr. 10 et 9 fr. 25 la pièce, ce qui
représente, pour la production totale an-
nuelle du dindon en Sologne, une valeur de
1,300.000 à 1,350,000 francs environ.
Ces chiffres montrent que la production
de la volaille peut être une source très ap-
préciable de revenus dans le domaine rural
et que Télevage du dindon, en particulier,
peut être d'une grande utilité dans les con-
trées pauvres.
Henri Blin.
INDUSTRIE
NOUVELUE POMPE ROTATIVE.
dénommée HYÛRO-GIRE,
inventée par M. G. Trouvé
14, rue Vivienne, Paris.
Nous devons à Tobligeancede M. Trouvé,
communication d'une note qui a été présen-
tée récemment à TAcadémie des sciences,
par M. Maurice Lévy, et que nous portons
immédiatement à la connaissance de nos
lecteurs.
Il s'agit d'un appareil qui utilise, pour Té-
lévation des liquides, la force de l'action
centrifuge combinée avec un mouvement gi-
ratoire imprimé à la veine liquide. Cet ap-
pareil se compose d'une pièce tronconique,
OQ plus généralement d'une surface de ré-
volution à génératrice recti ligne quelcon-
que, telle que sa section transversale aug-
mente progressivement à partir du point
(l'entrée du fluide liquide jusqu'à sa sortie.
Cette surface tourne rapidement autour
de son axe ; elle est ajustée sans frottement
dans un corps fixe de même forme, qui porte
à la petite base l'orifice d'admission du
liquide ; la sortie s'effectue par un orifice
placé tangentiellement à la partie la plus
élargie du cône.
Le fonctionnement participe à la fois du
principe de la pompe centrifuge et de la
trombe.
L'effet utile de l'appareil déjà grand par
lui-même est augmenté, quant à la pression,
par l'adjonction à l'intérieur du tronc de
cône, d'une hélice dont le pas doit être égal
à la vitesse de progression du liquide.
a Hydro-glre Trouvé « à commande par courroie
de transmission.
Cette hélice ne constitue pas la partie es-
sentielle du système ; les expériences sui-
vantes en donnent une démonstration :
1" La suppression de l'hélice à l'intérieur
du tronc de cône ne modifie pas le débit, ni
le sens de translation du liquide.
2" En faisant tourner le système complet
en sens contraire, on obtient encore un dé-
bit assez considérable, malgré la résistance
apportée par l'hélice tournant à Topposédu
mouvement de translation du liquide.
2Q7 )ounNAL
Ces expériences ont démontré les rappro-
chemenls qui existent entre les calculs théo-
riques et le résultat effectif concernant la
pression.
De même, pour le débit, il y a encorecon-
cord.ince entre les chiffres qu*indique le
calcul et les débits obtenus.
Exemple — débit par seconde sous pression
d'une atmosphère, l'eau sortant librement du
corps de pompe.
Les oritices des trois modèles expérimentés
ont été de :
1- 12 mm ; 2" CO mm ; 3-» 113 mm.
Les débits ont été respectivement par se-
conde :
!• 1 /; 2-27 /; 3* 100/.
Or, en appliquant la formule V = v ^^^ ^^ 1®
coefficient 0,823, on a:
V =^0,S2'3s2gft;
V = 0,823 X 4,429 Xv '''
d'où V r^ 0,823 X 3,162 x 4,429 = 11,520 m ;
soit 115 dm pour la vitesse théorique par se-
conde et pour les orifices indiqués plus haut:
1-12 mm = 115 X 0,0113 = 1 / 299 par seconde ;
2-CO mm = 115 X 2,827 = 32 / 510 par seconde;
3«113 mm = 115 X 1,039= 119/485 par se-
conde.
mcNsi/RL im ^'academib NATI0NA1.B.
-2(1
M. Trouvé se réserve d'établir les condi
lions de rendement du travail mécanique en
ployé ; cependant, d'ores et déjà, en parlai
du fait connu, le rendement de Thélice, i
en déduit approximativement le rendemen
total de Tappareil et voici comment.
Quand on fait tourner le système complet
cône et hélice, À Topposé du mouvementdi
progression du liquide, on constate que 1<
débit est encore appréciable et qu*il n*2
point changé de direction ; il a toujours liei
de la petite base du tronc de cône vers b
plus grande comme le montrent les flèchei
de la gravure: on en déduit que, danscecas.
l'effet utile du cône est plus grand que ce-
lui de rhélice, puisque la direction du liquide
n'a pas changé de sens malgré la résistance
qu'elle opposait. Comme Teffet utile du cône
annule l'eitet utile de Théhce et le domine
même, on ne peut estimer le premier à
moins de 40 0/0, puisqu'on est fondé à ad-
mettre que le second est de 35 0/0. Si donc,
on fait tourner Thélice dans le sens voulu
pour la translation du liquide déterminée
« llydro-gire Trouvé » actionné directement par une dynamo. — L'ensemble de Tappareil
représenté ne pèse au total que 20 kilogrammes, et peut débiter 1600 litres d'eau par minute.
par le cône, les deux eifets s'ajoutent, ce
qui porte le rendement du système complet
à 35-f 40 = 75 au moins. En effet, la pres-
sion est considérablement accrue.
En somme, cet appareil peut, sous un très
petit volume, donner un débit considéra-
ble qui, en raison du principe même, crott
comme le carré de la vitesse.
La rotation de plus en plus rapide de
Taxe produit des débits et des pressions de
plus en plus considérables, limités seule-
ment à la rupture de Tappareil.
Les qualités de légèreté et de petit volume
de cet appareil lui assignent de nombreuses
applications. En voici quelques-unes :
Irrigation des prairies et immei*sion des
vignes phylloxérées, dessèchement des lacs
et marais, pompesà incendies, etc. M. Trou-
vé le propose comme le meilleur propulseur
À réaction des bateaux et des vaisseaux, par
209
INDUSTRIE.
210
suite de son rendement bien supérieur à
Thélice. Dans ce càs,iloffre l'avantage, parla
simple manœuvre d*une valve à changeaient
de direction, de se transformer instantané-
msnt en appareil d'épuisement, destiné à
combattre efïicacement la submersion d*un
bateau ou d'un navire à la suite d'avaries ù,
la coque ; car la puissance disponible est
généraleinent considérable dans les navires
et il est permis de donner à l'appareil des
dimensions suffisantes pour extraire rapide-
ment d'énormes quantités d'eau, jusqu'à
ôO m^ à la seconde !
ACIERS PROFILÉS POUR OUTILS.
de MH. J. Beardshaw et fils, à Sheffield
(Angleterre) .
Agent général pour le continent :
H. J. Sapène, 6 rue de la Chaussée-d' Antin
Paris.
Dépositaire général pour la France :
M. A. Magot, à Vesoul (Haute-Saône) .
Dans notre compte-rendu de l'exposition
de Vesoul^de l'année dernière, nous avons
mentionné spécialement, en parlant des
objets présentés par notre Sociétaire, M. A.
Magot, de Vesoul, les aciers profilés pour
outils de la fabrication de MM. Beardshaw
et fils de Sheffield, dont M. Magot est le dé-
positaire général pour la France.
Désirant traiter à nouveau la question de
ces aciers profilés, nous nous sommes adres-
sés à notre autre Sociétaire, M. J. Sapène,
de Paris, qui est l'agent général de MM.
Beardshaw et fils pour le continent euro-
péen, et qui a mis obligeamment à notre
disposition tous les renseignements et do-
caments utiles, en même] temps que les
clichés des diverses figures qui sont repro-
duites ci-après.
Constatons d'abord que c'est sous l'éner-
gique impulsion de M. Sapène que les aciers
spéciaux profilés de MM. Beardshaw et fils
ont conquis rapidement, dans la plupart des
usines et ateliers de construction mécani-
<IQe, une place souvent prépondérante. Le
succès de ces aciers est dû à leur qualité
tout à fait exceptionnelle et aux heureux
résultats des conceptions de M. Sapène, que
sa grande compétence en matière d'outil-
lage a conduit à modifier d'une manière ra-
tionnelle certains des profils primitivement
créés, et à inventer plusieurs profils nou-
veaux répondant à des besoins spéciaux.
A Toccasion deVexposition internationale
de Bruxelles de 1897, MM. J. Beardshaw
et fils ont publié, en plusieurs langues, sous
le titre : Journal des aciers profilés, une
très intéressante notice qui expose excel-
lemment les caractères principaux de ces
aciers pour outils et les avantages que pré-
sente leur emploi. Voici les principaux pas-
sages de cette notice :
« Depuis l'invention des aciers fondus au
creuset pour les outils, invention qui date
déjà d'un siècle, peu de progrès avaient été
réalisés dans la forme donnée aux bnrres
d'aciers. IjCS laminoirs avaient remplacé les
martinets des forges, mais les usines con-
tinuaient à laminer les aciers dans les for-
mes où on les avait primitivement conçus.
Le progrès énorme réalisé par le laminage
des fers en profils n'avait pas pu être obte-
nu avec les aciers.
<r En créant les aciers profilés, nous
avons marqué un progrès réel dans le la-
minage des aciers pour outils, car nous
avons totalement modifié leur forme et nous
avons pu obtenir des aciers qui nécessitent
bien moins de travail pour confectionner
Toutil fini.
Pour atteindre ce résultat, deux difficul-
tés principales étaient à surmonter :
« l** Créer un outillageassez puissant pour
profiler au laminage les aciers pour outils,
c'est-à-dire des aciers dans lesquels ont été
introduits, pour les durcir, des composés
spéciaux qui en rendent le laminage bien
plus difficile ;
2^ Déterminer un nombre restreint de
profils permettant d'obtenir la majeure par-
tie des outils nécessaires dans les ateliers de
construction.
« Nous sommes parvenus à triompher de
toutes les difficultés, et, trois années à
peine après le lancement de nos aciers, le
211 JOURNAL MENSUEL DE L*ACADÉMIE NATIONALE.
succès que nous avons rencontré dans tous
les pays où nous les avons introduits, nous
a déjà récompensé des efforts constants que
nous avons faits pour réaliser notre inven-
tion et la perfectionner.
« Â l'heure présente, nos profils du début
ayant été considérablement modifiés pourles
amener à des épaisseurs et des dimensions
absolument rationnelles, nous pouvons
afflrmerque, tant par les avantages que leur
forme présente, que par leur qualité nou-
velle et de tous points remarquable, ceux qui
emploieront nos aciers obtiendront un suc-
cès complet dans la conTection de leur ou-
tillage et un rendement de travail plus con-
sidérable que celui qu'ils peuvent obtenir
avec les autres aciers.
« Si Ton veut bien, en effet, examiner de
près la question des aciers profilés, il est
clair qu'en supprimant les deux opérations
de la forge et du fraisage nous avons singu-
lièrement diminué les difficultés et suppri-
mé une main-d'œuvre très chère.
a Tout le monde est d*accord pour dire
que le feu est l'ennemi de Tacier spécial pour
les outils. Ces aciers craignent énormément
la chaleur et il arrive souvent qu'on les
brûle ou qu'on les abîme en les forgeant
pour confectionner l'outil.
a Avec nos aciers cela n'est pas à crain-
dre, puisque tous les outils peuvent être ob-
tenus5â^f^ forger Vacier, Du fait de la sup-
pression de la forge et des inconvénients qui
en résultent, de la suppression du fraisage
et des frais que cette opération entraîne, il
est clair qu'un grand progrès est réalisé.
« Au point de vue de la résistance au tra-
vail, nos aciers permettent de marcher à
une vitesse supérieure de 20 % à colle de
tous les autres aciers trempants.
a Maintenant, au point de vue de l'achat
strict de l'acier, les aciers profilés sont- ils
plus chers, malgré leur prix un peu plus
élevé aux % kilog., que les aciers pleins ?
« 11 est facile de prouver le contraire.
« En effet, si les aciers profilés sont un
peu plus chers aux % kilog que les aciers
pleins de qualité analogue, c'est-à-dire que
les aciers Spéciaux, Chromés, Diamant, Tun-
gstènes, etc., ils sont bien moins lourds au
212
mètre courant que les aciers pleins corres-
pondants. Ainsi, pour faite un alésoir de
20 m/m diamètre 25 c/m longueur, il faut
employer :
25 c/m profil Croix de 20 m/m qui pèsent
0k3:{7.
25 c/m acier /?onrfde20 m/m qui pèsent
0k612.
Pour faire une mèche de 25 ra/m diamè-
tre et 25 c/m diamètre longueur, il faut em-
ployer :
0,25 c/m en acier profilé tors qui pèsent
0 k 407.
0,25 c/m acier profilé Rond plein qui pè-
sent 0 k 056.
a On peut voir, par ces aperçus, que nos
aciers profilés sont toujours de 50 à 55 %
plus légers que les aciers pleins correspon-
dants, et que, si leur prix est un peu plus
élevé, ils ne sont néanmoins pas plus chers
que les aciers pleins de qualité extra vendus
dans le commerce.
« Il est fort juste que nous fassions remar-
que à nos lecteurs que les avantages qu'ils
présentent ne sont pas limités à leur prix d'a-
chat, prix qui, un peu plus élevé que celui
des aciers pleins, est largement compensé
par la légèreté des aciers profilés. Nous de-
vons (au contraire) dire que cet avantage est
le moindre do ceux qu'ils offrent .
a En effet, lorsque les bouts d'aciers né-
cîessaires pour faire un alésoir, une mèche,
un outil de tour, etc., auront été coupés, il
faudra fraiser ou forger les aciers pleins,
les travailler longuement pour les évider ou
leur donner la forme qu'ils devront avoir
pour être transformés en outils.
« Avec l'acier profilé, rien de semblable à
faire ; les mèches et les alésoirs étant évidis
au laminage, il n'y a pas à user d'outillage,
pas à perdre de main-d'œuvre pour les ame-
ner à ce p(»int. Pour les outils de tours, la
forme étant donnée au laminage, il n'y a
pas à les échauffer et à les forger pour ob-
tenir l'outil fini, un simple moulage suffira.
a Tous ces avantages réels nous ont puis-
samment aidés à vaincre la force d'inertie
que les ouvriers opposent généralement à
l'introduction de toute nouveauté, et la rou-
tine dont, hélas ! pas plus que les autres
213
industries, celle de la mélallurgie
exempte.
<ï A l'heure présente, nous offrons aux
ateliers desaciers dont la qualité est parfaite
et qui peuvent lutter avec avantage contre
Ifô meilleurs aciers du monde, dont le profil
constitue une commodité et une économie
indiscutables, et, appuyés sur les résultats
déjà acquis, nous nous ofTrons à fournir, à
qui nous le demandera, la preuve de ce
que nous avançons. »
Coranne suite à ces indications, le Jour-
nal des aciers profilés a publié une quan-
tité d'attestations des plus flatteuses, éma-
nant des maisons les plus importantes de la
construction métallurgique en France, en
Belgique et en Suisse, et relatant les excel-
lents résultats obtenus avec ces aciers.
INDUSTRIE
n*est
214
Nous reproduisons ci«aprèsles figures des
diverses sections d*acier profilés et des outils
qui en dérivent.
Les dessins en sont assez suggestifs pour
qu'il soit inutile de donner des explications
complémentaires, en dehors des désignations
qui sont faites des divers profils et outils.
Nous sommes heureux de publier ces ren-
seignements, en attendant de pouvoir exa-
miner à l'Exposition universelle de 1900
l'importante participation qu'y organisera,
pour le compte de MM. J. Beardshawet fils,
notre Sociétaire M. Sapône, lequel doit, pa-
raît-il, nous réserver de nouvelles surprises
en matière de création d'outillage, à l'oc-
casion de cette prochaine fête de la civilisa-
tion.
Outils faits avec le profil en croix.
Fio. 1. — Burin à main.
S
FiG. 3.— Burin à pierre, dit chapeau d'évéque.
Fio^ 4. — Foret à^langue d'aspic.
FiG. 5. — Foret à conducteur à 4 coupes.
FiG. 7, — Alésoir tordu.
wmmmmmà
Afrst A//yyvy/
Fio. 8. — Taraud.
p,(j. 10. — Mèciie demi-ronde ou mèche à canon, et coupe de la partie travaillante pour aléser.
V
^.
Coupe du profll croix
brut.
Fio. 12. — Alésoir droit î\ deux coupes, et coupe de l'alésoir.
èi:
JOURiNAK MENSURL DE L'aCADÉIIIE NATIONALE
ÎW
Fio. 13. — Tranche, avec porte-tranche spécial i\ isolateurs en caoutchouc.
Profil à trois branches.
FiG. 18. — Alésoir à 2 couj^es exécuté avec le profil à trois branches, et coupe de l'outil.
FiG. 19. —Taraud polygonal, exécuté avec le profil à trois branches.
i/to
Fio. 20 — Alésoir exécuté avec le profil à Irois branches lordu. ^^^^^' ^^', ". ^;^"Pe du profil à
' trois branches.
Profil en I.
l'ic. 4. — OuUl coudé pour élau-limeur, exécuté avec le profil en I.
I
Fjo. ;&5. - Outil à mortaiser et à raboler, exécuté avec le profil en I. ^^^^' ^^^^'^^ ^iJ^^ *^"
217
INDUSTRIE.
Profil en V.
218
Fio. 28 bis. — Coupe du profil
en V et du porle-ouUl.
FiG. 28. — Porle^oulil spéciat et oulil en V pour tourner et
dresser.
Double profil.
Fjg. 29. — Coupe des aciers à double profil (profil mâle et profil femelle correspondants).
Fio. 30.— Outils à tourner et à dresser faits sur le profil môle et le profil femelle du double profil.
Profil tors (pour la fabrication des mèches américaines).
'C0
FiG. 31 bis. — Coupe du profil tors.
FiG, 32. — Mèche cylindrique à 4 branches et coupe de la mèche.
ALLIAGES DE ZINC ET D'ALUMINIUM.
Le professeur W. F. Durand, du collège
deSibley, a effectué des essais comparatifs
très intéressants sur des alliages de zinc et
d'aluminium en diverses proportions. Les
meilleurs résultats ont été obtenus avec la
compositioD suivante :
Aluminium 66.6
Zinc a3.4
100.0
Les essais mécaniques ont montré que cet
alliage dont la densité est de 3,3, possède à
s'y méprendre les propriétés mécaniques
des meilleures fontes moulées. On peut
219
JOURNAL MENSUEL DE L ACADBIIIE NATIONALE.
220
donc compter sur une résistance de 15 à 20
kil. par m/m carré, avec un allongement à
peine sensible.
Les caractéristiques principales de cet
alliage sont énoncées ci-dessous.
Sa couleur est blanche et il est susceptible
de prendre un beau poli. Il n'est pas faci-
lement oxydable. Il fond à la température
du rouge ou quelque peu au-dessous, aux
environs de 425 à 481 C.
il peut donc être aisément fondu dans
une cuillère de fer sur un simple feu de
forge ou tout autre foyer libre.
Il est très fluide et possède la propriété de
remplir parfaitement, jusque dans leurs dé-
tails les plus inG mes, les moules de sable.
A ce point de vue il se comporte mieux
que le laiton. Il ne brûle pas le sable, de
telle sorte qu'il permet d'obtenir des mou-
lages très propres.
Il est plutôt un peu plus doux et plus ai-
sément travaillable que le laiton, et cepen-
dant il n'encrasse pas la lime.
Il est fragile comme la fonte,et par consé-
quent on ne peut pas remployer pour les
pièces exigeant la douceur que possède le
laiton.
Cet alliage parait destiné à rendre de
grands services pour la fabrication des pe-
tites pièces moulées qui doivent présenter
un fini soigné, de la légèreté, de la rigidité
et une bonne résistance à la corrosion.
Il a été employé avec succès pour la cons-
truction de petites hélices pour les essais
dans l'Ecole des Ingénieurs de la marine aux
Etats-Unis.
(La Métallurgie.)
Capaotèret différents des
MÉLANGES D*AIR ET DE VAPEURS DE
PÉTROLE.
En présence des développements que
prend l'utilisation des moteurs à pétrole,
nous croyons spécialenient intéressant de
reproduire le tableau suivant indiquant
quels sont les caractères différents que pren-
nent les mélanges d'air et de vapeur de
pétrole, suivant les proportions dans les-
quelles se trouvent constitués ces mélanges :
Proportions de
Pétrole.
Air.
5
0
7 à 9
12
10
20
I
Caractère du Mélange. ,
Inoffensif.
Faiblement explosif.
Fortement détonant.
Explosif redoutable.
Faiblement explosif.
InotTensif.
Il résulte de ce tableau que pour fournir
un bon travail dans les moteurs à pétrole,
les mélanges introduits dans les cylindres
doivent être dans das proportions variant de
ô à 10 volumes d'air pour un volume de va-
peur de pétrole.
INSTRUMENTS DE VÉRIFICATION.
des
filetages du système français (S. F.)
construits par MM. Bariquand et Marre
127, rue Oberkampf, à Paris.
M. Marre, ingénieur-mécanicien, de la
maison Bariquand et Marre, a communiqué
à la Société d'Encouragement pour l'Indus-
trie nationale la note suivante reproduite
dans le Bulletin de cette Société, note très
intéressante traitant des instruments vérifi-
cateurs des filetages, système français :
Généralités. — Les instruments prati-
ques pour la vérification des vis, boulons,
écrous, etc., filetés ou taraudés par un pro-
cédé quelconque sont la vis-type (calibre
mâle) et l'écrou-type (calibre femelle).
Pour vérifier la concordance des deui
vérificateurs correspondants d'un même
diamètre, on demande généralement que
récrou-type se monte sur la vis-type. Quand
deux pièces se montent Tune sur Vautre, on
doit admettre qu'il y a un certain jeu> soit
une certaine différence de cote entre les
mesures des parties qui s'emboîtent.
221
INDUSTRIE.
282
Noas avons pratiquement admis, avec les
ingénieurs de tous les établissements pour
lesquels nous avons fait des vis et écrous-
types, que la vis-type devait être faite avec
le plus grand soin suivant le profil théori-
que, la vis présentant sur Técrou l'avantage
d'avoir ses parties accessibles au mesurage,
et que Técrou-type devait être fait pour
se monter sans jeu appréciable sur la vis-
type.
L'écrou-type fait ainsi est en réalité plus
grand que le protil théorique, qui représente
sa limite minimum. Pourtant, pratique-
ment, cette façon de procéder, qui est com-
mode, n'a aucun inconvénient.
La vérification des types (vis et écous S.
F.), que nous avons fournis a été excutée
au chemin de fer de Paris-Lyon avec un
soin minutieux, de la façon suivante :
Un tourneur habile faisait avec un outil
ayant le protil théorique (S. F.), sur un
lourde précision (fourni par nous bien avant,
il y a près de 15 ans), un écrou montant
aussi exactement que possible sur la vis-
lype Bariquand. D'autre part, dans les mô-
mes conditions, il faisait une visse montant
sur Vécrou-type Bariquand. Ces deux éprou-
vettes, mâle et femelle, montant ainsi sans
jeu dans nos types, se montaient également
bien sans jeu Tune sur l'autre.
La réception de nos types S. F. par le
chemin de fer P.-L.-M. dépendait de cette
épreuve. Nous la remplissons maintenant
sans difficulté en faisant nos vis et écrous*
types trempés comme il est dit ci-après.
Nous disons maintenant^ parce que nous
avons été longtemps à trouver un mode
d'exécution de ces vis et écrous qui, par
leur forme et par leur nature(ilssont trem-
pés et rectifiés, dans toutes leurs parties),
ont préseutédes difficultés actuellement ré-
solues.
Nous avons discuté aussi longtemps avec
les ingénieurs du chemin de ferP.-L.-M.,
au cours des difficultés que nous avons
rencontrées, pour savoir si nous ferions les
types trempés ou en acier dur non trempé.
Par les essais faits, il a été reconnu que
les types trempés et rectifiés, tels que nous
les faisons, donnaient des vis et écrous se
montant les uns sur les autres sans jeu ap-
préciable, à frottement doux et gras, sans
aucune secousse, tandis que dans les types
non trempés, le même résultat n'était pas
atteint avec la même perfection.
Cela tient évidemment à ce que le tour,
qui est une excellente machine, nécessite
une pression sur l'outil qui coupe et que
cette pression, même très légère, fait faire
dans la pièce un copeau d'une certaine
épaisseur, qui aun minimum plus grand que
zéro. D*autre part, si le tour a une légère
excentricité, et, si minime qu'elle soit, il y
en a toujours une, lavis faite sur ce tour
d'un côté, et l'écrou d'autre part, ont, à
chaque tour, celte excentricité tantôt de
même sens, puis diamétralement opposée.
Cette excentricité, presque insensible par
les vérificateurs bien faits, se sent parfaite-
ment à la main en vissant une vis dans un
écrou fait sur le tour.
Nous avons donc adopté les types trem-
pés qui, tout en se prêtant à une exécution
plus précise, mais plus coûteuse il est vrai,
sont susceptibles d^une usure moins rapide.
Dans lescompagnies de cheminsde fer et
les grands établissements où l'on a besoin
d'une grande quantité de séries de types S.
F., lesvisetécrous-types Bariquand en acier
trempé servent de proto-types auxquels ou
rapporte tous les autres faits en acier non
trempé comme il a été rappelé pour la ré-
ception des types Bariquand.
Nous avons dit que nous avions ren-
contré de grandes difficultés à faire des
types S. F. au profil théorique en acier trem-
pé. Cela tient à la difficulté, nous pouvons
même dire à l'impossibilité de rectifier le
sommets creux après la trempe.
Nous avons tourné cette difficulté en fai-
sant les sommets creux des types S. F. trem-
pés plus profonds que le type théorique.
Nous avons adopté, pour ce supplément de
profondeur aux sommets creux la valeur
H H
,g au lieu de -g du S. F. avec de légers
arrondis. Dans ces conditions, nous avons
pu faire un bon rodage et une bonne
rectification après trempe tout en laissant
aux flancs du filet le profil théorique dans
223
JOURNAL MKNSORI. DC L'aCADÉMIB NATIONALE.
224
toute son étendue. Les sommets saillants des
vis et écrous types trempés s*obtiennent
sans difiicultés, car, après avoir rectifié les
flancs delà vis avec des rodoirs à sommets
creux plus profonds, il suffît de rectifier
soigneusement le cylindre des sommets
saillants Jaissés à Tébauche légèrement plus
grands, à Tinstar d'un tampon vérificateur
de diamètre, pour obtenir des angles vils
résultant ainsi de l'intersection des nappes
des surfaces hélicoïdales avec le cylindre en
question, et réalisant pratiquement le profil
théorique.
Pour vérifier les sommets saillants des vis
et écrous S. F. avec nos vis-types etécrous-
H
types à sommets creux plus profonds _ , il
est nécessaire d'avoir :
1*" Une bague du diamètre nominal du
pas S. F. considéré, qui mesure le cylindre
des sommets saillants des vis ;
2* Un tampon cylindrique lisse représen-
tant le cylindre des sommets saillants de
l'écrou.
En outre, pour que toutes les parties des
vis et écrous ainsi vérifiés séparément soient
concentriques, il faudrait que la bagqe fasse
solidairement suite à Tëcrou-type et le tam-
pon à la vis-type.
Nous avons réussi à faire couramment
des vis-types trempées, avec, en prolon-
gement solidaire, les tampons cylindriques
des sommets saillants des écrous, et cela a
suffi pour assurer pratiquement la concen-
tricité de toutes les parties des types. Il est
inutile d'apporter la complication de la ba-
gue solidaire à Técrou-type, bien que nous
puissions le faire, mais c'est une dépense
que la pratique ne demande pas.
Vis- TYPE. — Nous la faisons comme il est
exposé ci-dessus.
Flancs au profil théorique par rodage de
rectification ;
Sommets saillants, plats , angles vifs ;
Sommets creux, fonds ,— , angles arron-
dis, pour les prototypes sur demande spé-
ciale ;
Cylindre tampon à Tavant, solidaire de la
vis concentrique, pour mesurer les sonrimets
saillautsde Técrou.
Les vis trempées sont faites en acier de
cémentation. L'acier vif, qui trempe dur
directement par chauffe et immersion, va-
rie pendant trop longtemps après la trempe
pour présenter une sécurité d'emploi. A ce
propos, quand nous avons fait nos broches-
étalons pour la subdivision du mètre, nous
avions reconnu ce fait. Il a été constaté
d'autre part par MM. le commandant Hart-
mann et le capitaine Mengin, de la section
technique d'Artillerie, quand ils ont fait
ce même travail de subdivision du mètre
par broche-étalon . L'acier vif trempé, pour
ne plus varier de dimension avec le temps,
doit être recuit pendant trois ou quatre
cents heures dans l'huile, au bain-marie de
100'*, ou pendant cent heures à 200* dans la
glycérine ou dans un autre bain à cette tem-
pérature.
Nous faisons, pour cette raison, nos vis
proto-types trempéeson acier de cémentation.
Nous faisons l'ébauche de ces vis avec les
mêmes soins que les vis-types non trempées
en acier dur, en laissant sur les différentes
parties les quantités nécessaires à la rectifi-
cation et au rodage après cémentation et
trempe. Nous filetons donc ces vis sur le
tour avec des outils présentant le sommet
abattu, g .
Outil de filetage. — Nous nous ser-
vons, comme outil à angle constant, d*un
prisme affûté en bout ei incliné de 15^ pour
la coupcdansun porte-outil spécialse mon-
tant sur le tour.
La section droite de ce prisme se calcule
par la formule :
tgg-tgSO^X ^^\^^ =0,597.716
et donne « = 61M4"e)5»,8.
Pour obtenir des outils à cet angle, nous
avons un calibre composé de 3 règles par-
faitement dressées et cie longueurs absolu-
ment exactes, du moins autant que possible,
soit 2 ou 3 microns près, de manière à com-
poser sur un marbre un triangle dont un
angle soit de 61'» 44«»52',8.
225 INUUëXRIE.
Les dimentions des trois côtés du trian-
gle rectangle constitué à Vaide de ces trois
règles sont exactement les suivantes: base :
140 mm. hauteur : 260 mm. 533; hypothé-
nuse295 mm. 752. L'angle a est Tangle op-
posé à la hauteur.
C'est à Taide de ce calibre que nous éta-
blissons les prismes à la section droite a. Unci
autre difficulté nous a arrêtés assez long-
temps, c'est rétablissement de ces prismes
avec un plat abattu aux sommetsde la quan-
H H
tité ^ ou _ correspondant au pas S. F. à
établir.
Pour arriver à ce but avec sécurité, nous
avons fait un instrument de vérification des
outils prismatiques dans lesquels on em-
boîte le prisme de telle sorte que le dièdre a
tronquer soit dans Taxe d'une vis de palmer
réglable, préalablement réglée sur une bro-
che-étalon représentant, dans Tinstrument,
la hauteur correspondant théoriquement au
sommet de l'angle vif. Ainsi établi, Toutil
prismatique assure une grande précision
dans l'exécution des filetages.
La vis-type filetée étant trempée, il faut la
rectifier.
Nous établissons, pour cela, des rodoirs
à cage et coussinets qui sont entretenus
aussi fréquemment que jiossible pendant le
travail par des tarauds précédemment éta-
blis avec l'outil prismatique et avec des pas
différents, mais de très petites quantités. Il
faut au moins un taraud à pas court, un à
pas allongé et un à pas théorique.
Quand la vis s'est allongée à la trempe,
on commence le travail avec les coussinets
résultant du taraud court, et inversement si
elle s est raccourcie.
Go termine avec les coussinets faits avec
le taraud au profit théorique etau pas exact.
Enfin, on fait les sommets saillants exté-
rieurs et le cylindre concentrique.
Bien que ce travail soit long et délicat,
nous sommes arrivés à le faire sans trop de
difficultés. Nous avons même établi des
séries de types mâles et femelles parfaite-
ment interchangeables entre eux, étant faits
en même temps.
Nous ne savons pas si nousréussirons une
226
interchangeabilité aussi parfaite sur des
prototypes aussi précis faits ultérieurement.
Nous sommes pourtant certainsque ces pro-
totypes n'auront, avec ceux faits par nous
jusqu'à ce jour, que des différences insigni-
fiantes, qui ne gêneront aucunement Tap-
plication du système français.
Il ne Tant pas oublier que l'exécution de
ces prototypes est difficile, parce qu'il s'a-
git là de les faire au profil limite théorique,
et qu*il n'en est pas du tout de même des
vis et écrous courants, dont ces limites sont
maximum et minimum, avec des tolérances
aussi larges que les industriels les jugeront
convenables.
EcRou TYPE. — Il est fait avec les mêmes
précautions que la vis ; mais, son rodage
après la trempe se faisant avec des rodoirs
directement filetés à l'outil, l'entretien de
son outillage est plus facile, les parties
*^tant plus accessibles à la vérification.
Ces rodoirs sont extensibles par Tintro-
duction dans leur axe d*une tige conique
qui permet ainsi de compenser Tusure
dans une certaine mesure.
Tarauds et filières . — Nous nous pro-
posons d'adopter les règles suivantes pour
ces outils d'emploi si répandu.
Taraud courant. — Cet outil mâle sert à
tarauder un trou qui recevra ultérieure-
ment une vis faite à la filière.
Il doit donc donner au filet taraudé un
profil plus grand que le profil limite théori-
que.
La trempe gonfle généralement les tarauds
en raccourcissant le pas. Il y a lieu de pré-
voir, dans l'usinage, des corrections qui
viendront contre-balancer les efTeis de la
trempe. En faisant les tarauds ainsi, on aura
des pièces faciles à exécuter pratiquement.
Sommets creux, plats g ,avec le diamètre
1
(d) augmenté de , q^ du pas.
u
Sommets saillants, plats jg-, avec la mê-
me augmentation.
Le pas allongé de j^qk du pas pour prévoir
le raccourcissement dû à la trempe.
227
JOURNAL MENSUEL DB L'ACADCMIE NATIONALE.
228
Ces règles établies par la pratique don-
nent des trous taraudés dans lesquels
les types faits au profil limite montent bien
avecle petit Jeu pratique nécessaire.
Filière et coussinet, — Il faut, pour des
raisons analogues, faire ces outils avec des
tarauds présentant la disposition inverse,
soit :
Tarauds pour filières. — Sommet sail-
li H
lant ^ . Sommet creux ,g .
Le diamètre du taraud à filière dépend
des habitudes des ateliers.
Les uns le font au diamètre réel, les au-
tres plus grands, les autres plus petits ;
comme les filières sont réglables, extensi-
bles ou composées d'outils multiples régla-
bles, on arrive facilement, avec, un profil
ainsi établi, à faire des boulons ou vis qui
ont le profil S. F. pour maximum.
VÉRIFICATION DES DIFFÉRENTES PARTIES DE LA
VIS-TYPE PENDANT SON EXÉCUTION.
Pas, — Il est vérifié avec un peigne cé-
menté et trempé, qui est rectifié avec des
rodoirs faits sur le tour à l'outil aussi exac-
tement que possible.
L'outil est prismatique fait dans les con-
ditions et avec les vérifications précédem-
ment exposées.
Le pas des xodoirs est vérifié sur un mi-
cromètre à réticules ou sur un petit micro-
mètre d'atelier spécial que nous avons établi
pour donner des indications rapides, en me-
1
surant 10 filets à moins de
100
La correc-
tion des vis de tours, pendant le filetage, se
fait par un levier suivant un profilai /20c et
agissant sur le chariot porte-outil.
La protondeur de l'outil de filetage sur le
tour est donnée par uncalibreen fer à che-
val à 10i)g cône établi d'après un rappor-
teur mesurable.
Le cône que nous avonsadoptéestlecône
au .^. Il permet de mesurer les fonds de
filets avec une précision supérieure au ^-.ta.
Nous faisons directement avec nos micro-
mètres accusant le micron^ou bien avec des
bagues lisses faites avec la plus grande pré-
cision, d'après des tampons rectifiés et me-
surés sur nos micromètres d'atelier.
Nous pouvons dire maintenant que le sys-
tème français, tel qu'il est adopié, permet
d'établir des types représentant les profils
théoriques, du moins dans les vis, toutes les
parties du profil étant facilement vérifia-
bles. C'est là une grande supériorité sur
tous les systèmes de filetage dont les profils
présentent des arrondis que 1 on ne peut
pas vérifier.
Pour les écrous, ainsi que nous l'avons
dit, il suffit de faire les sommets saillants
sur un tampon lisse représentant le diamètre
u
des fondsde filets ^ , et de faire visser les
flancs aussi exactement que possible sur
ceux de la vis.
PROJET DE CHEMIN DE FER ET
D*A8CEN8EUR COMBINÉS
pour tpantpoK au tomn^et du mont Blano
Un ingénieur émérile, M. Issartier, vient
de concevoir un projet d'une grande har-
diesse, qui mettrait l'ascension du mont
Blanc à la portée, sinon de tout le monde,
au moins de tous les touristes assez fortu-
nés pour pouvoir acquitter des frais de trans-
port déterminés.
Il s'agirait de construire d'abord un tun-
nel s'enfonçant à peu près horizontalement
dans la masse de la montagne et aboutissant
au fond d'un puits vertical dont le débou-
ché supérieur serait voisin du sommet. Na-
turellement le tunnel serait parcouru par
un chemin de fer et le puits vertical serait
desservi par ascenseur.
La ligne partirait, dit le Génie civil, à la cote
duravin de Miagre, au-dessous de Saint-Gervais
et s'engagerait immédiatement sous la monta-
gne par un tunnel de 7.400 mètres qui viendrait
aboutir à l'aplomb au point culminant du mont
Blanc. Un puits vertical de 12 mètres carrés de
section et 2.800 mètres de hauteur partirait de
ce point pour atteindre la cime de la montagne.
L'auteur ne se dissimule pas les diCÛcuUes
que peut présenter la construction d'un sem-
blable puits, qui dépasserait de plus du dou-
229
INDUSTRIE
230
ble ea hauteur les plus grands puits connus.
Il croit cependant son projet réalisable et es-
lime qu*une période d'une dizaine d'années au
maximum, avec une dépense de 9 millions de
francs, suffirait pour son achèvement.
Le tracé du tunnel serait en ligne droite jus-
qu'à la rencontre de la frontière italienne qu'il
contournerait sur une longueur de 1.500 mètres.
Les rampes ne dépasseraient pas 30 millimè-
tres. Un ascenseur d'un type spécial permet-
trait de se passer de câbles.
Entre autres avantages, l'exécution de ce
chemin de fer rendrait facile en toute saison
l'accès de l'Observatoire d'astronomie et de mé-
téorologie que l'on construit au sommet du
mont Blanc.
L'on peut voir par les chiffres suivants
que cette ligne dépasserait de beaucoup les
îltitudes atteintes en Europe jusqu a ce jour,
en effet la ligne de Brenner arrive à Ja
côte 1.337°*, le point culminant du tunnel
du mont Cents est à 1.295", celui du Go-
^rià 1.155°» et ze\ix\ deV Arlber g kl. 310"^.
Il est vrai que d'après les chiffres donnés
par la Revue des chemins de fer ces altitu-
de sont considérablement dépassées dans le
Nouveau-Monde.
Daas r Amérique du Nord, la Canadian Paci-
M atteint Tattitude de 1.614 mètres à la passe
de Stephen, le Denver et Rio-Grande s'élèvent à
3.119 mètres au col de Tenn est à 3.453 mètres
au col de t remont.
Dans l'Amérique du Sud,la ligne Transandine,
à Taide d'une section à crémaillère en rampe
de 8 •/., s'élève, à la Cumbve, à l'altitude de 3.190
mètres ; YAntofagosta and Bolivia R. R. (voie
de 80^40) atteint à Ascatan la cote de 3. 956 mètres
et leSoutn Peruvian R. R, la cote de 4.470 mètres
à Porte:^ del Cru^era (rampes maxima de 40—).
La ligne du monde qui atteint Taltilude la
plus élevée est celle de Callao à Aroifa dont la
longueur totale est de 23:8 kil. et qui, par une
séries de rampes maxima de 4 %, sur une lon-
mieur continue de 160 kil., atteint an tunnel de
Gakra la côte de 4.744 mètres, inférieure seu-
It^ment de 36 mètres à la hauteur du point cul-
minant du mont Blanc. La limite des neiges
éternelles dans cette partie des Andes est com-
prise entre 4.800 et 5.180 mètres:
Les trois lignes à crémaillère atteignant l'al-
Ulude la plus considérable sont, en Europe,
celle du Monte Generoso (1.596 mètres), du Pi-
laie (2.070 mètres), et du Rothhorn (2.252 mètres).
C'est en Europe, en revanche, que se trouvent
les plus longs tunnels, ceux du mont Cents (12
*ul. 8), du Saint'Gothard (15 kil.) et de VArlberg
(10 kil. 2). Le tunnel projeté du Simplon aurait
une longueur de 18 kil. 7.
Parmi les nombreuses questions que sou-
lève le percement du mont Blanc, il en est
une très importante, celle de la température
dont rétude présente en effet un grand in-
térêt au point de vue de la santé des ouvriers,
Cette question de la chaleur dans le perce-
ment des tunnels a du reste été traitée ma-
gistralement par M. Lenthéric dans l'ouvra-
ge intitulé « Uhomme devant les Alpes »,
ouvrage analysé pas le secrétaire de la So-
ciété Linnéenne du Nord de la France, M.
Brandicourt, dans les termes suivants :
Parmi les dirQcultés que les ingénieurs s'at-
tendaient à rencontrer dans l'œuvre très har-
die du percement du massif montagneux des
Alpes, il en fut une à laquelle on n'avait pas
songé et qui se manifesta vers la fin des tra-
vaux d'une manière inquiétante : ce fût la cha-
leur.
Pendant le forage du mont Ce ni s, la tempé-
rature de la roche fut trouvée de 27*5 à 5.000
mètres environ de l'entrée du jour. Elle attei-
gnit 29*5 sur les derniers 500 mètres de la pra-
lie centrale. On était alors à 1.600 mètres envi-
ron au-dessous du col alpin dont la tempéra-
ture moyenne est de 3* au-dessous de zéro. D'où
nne différence de 32*5 et un degré géothermique
correspondant à 50 mètres environ.
On ne s'inquiéta pas tout d'abord de cette
élévation de température. Bientôt les galeries
se rejoignirent : l'aération se produisit natu-
rellement et vint améliorer la situation. Il était
temps : l'anémie des mineurs commençait à faire
des victimes.
La situation fut bien autrement grave au
Saint-Golhard.On trouva, comme au Cents, une
température de 29* à 5.000 mètres environ de
chaque tête du tunnel. Mais il restait encore à
5.000 mètres de roche à traverser. Au centre du
tunnel on put observer pendant quelques jours
une température de 32*,5, chiffre déjà très élevé
si l'on.observe que tout les suintements étalent
transformés en vapeur d'eau et que l'air était à
peu près saturé d'humidité. Dans ces conditions
le travail était très difficile et les chevaux em-
ployés aux déblais succombaient presque tous.
L'homme est plus dur à la peine que les ani-
maux. Dans un air absolument sec il peut sup-
porter une température de 50". Mais dans une
atmosphère saturée d'eau, dans un souterrain
où la transpiration des ouvriers remplit de gaz
méphitiques l'étroite galerie, une température
de 30" provoque de sérieux malaises. Pour un
grand nombre d'ouvriers, la chaleur corporelle
231
JOURJSAL MENSUEL DE L'AGADtolE NATIONALE.
232
s'élevait à 40» et le nombre de pulsations à 140
et mémo 150 à la minute. Les plus robustes
étaient obligés de chômer 1 jour sur 3 et encore
cette journée de travail était- elle réduite à 5
heures au lieu de? ou 8.
Suivant le docteur Giacone, qui a soigné pen-
dant 10 ans les ouvriers du Ceniset du Saint-
Gothnrd, le nombre des malades s'est élevé à
60 pour 100.
Chose bien plus curieuse encore, les rapports
des médecins qui ont séjourné sur les chantiers
signalent chez les ouvriers la présence de pa-
rasites intestinaux désignés sous le nom d^an-
kylostomes que Ton observe en Egypte et dans
les pays tropic&ux et qui provoquent ce que les
savants appellent « la chlorose égyptienne »ou
« hyperémie intertropicale ». Cet état pathologi-
que ne s'observe que dans les pays les plus
chauds de la terre. L'homme devient alors mai-
gre, pâle et sombre. Il est inondé par une trans-
piration qui ne peut s'évaporer ; dévoré par
une soir inextinguible, il est en proie à une fiè-
vre continue. Et, ajoute très bien M. Lenthé-
ric, « il a donc sulTl au montagnard le plus ro-
buste de passer quelques mois dans les profon-
deurs du massif des Alpes pour contracter les
germes des maladies des tropiques. Sous l'é-
paisse couche de neige et de glace qui l'enve-
loppe, il doit travailler nu comme le nègre des
régions tropicales ou de chauffeur indien qui
traverse la mer Rouge : et dans ce monde al-
pestre où tout rappelle à l'extérieur le climat
polaire, Il étouffe comme dans une chaudière
et meurt souvent de chaleur. ».
Les mauvaises conditions rencontrées au
Saint-Gothard se rencontreraient très vraisem-
blablement dans les nouvelles traverséee des
Alpes dont il a été parlé dans ces dernières an-
nées : le Simplon, le Saint-Bernard et le mont
Blanc. On peut prévoir que pour le mont Blanc
en particulier, la température de 40' serait bien
dépassée. M. de Lapparent considère même
que l'hypothèse de 5ô' proposée par quelques
géologues, est modérée et pèche plutôt par dé-
faut que par excès.
L'ingénieur Stoolcalper, qui a dirigé pendant
4 ans un des chantiers du Saint-Gothard et a
fait de cette question thermique une étude ap-
profondie, n'hésite pas à déclarer que sous le
mont Blanc la température marquerait 33* à 3
kilomètres de l'entrée, quand on serait à 1.550
mètres au-dessous des Grands Mulets ; qu'elle
atteindrait SC^sous arête de Saussure et Si^
au-dessous de ralguille de lacul, pour redes-
cendre ensuite à 31* dans la Vallée Blanche.
Ce ne sont là que des probabilités, mais elles
sont fondées sur des faits probants et on con-
çoit toutes les mesures préventives qu'elles
commanderaient le cas échéant.
L'expérience qui a été acquise dans ces der-
nières années a indiqué les meilleures métho-
des de ventilation, d'aérage,de refroidissement.
L'air comprimé, par sa détente, produit dans
les chantiers où il est employé un premier abais-
sement très sensible de température, qui peut
encore être rafraîchie par des solutions salines
dont le point de congélation serait abaissé à
— 20^ et qui circuleraient dans ce^ conduites le
long du .«souterrain. L'enlèvement des déblais
pourrait être fait par des locomotives électri-
ques ; il en résulterait ainsi la suppression
des chevaux qui consomment un air précieux.
L'éclairage électrique qui peut être assuré sans
vicier l'air et sans en consommer, rendrait aussi
de grands services ; ce seraient des améliora-
tions faciles à réaliser. Combinées avec les pré-
cédentes elles formeraientun ensemble de pro-
cédés qui permettraient de lutter victorieuse-
ment contre la chaleur intérieure des grands
souterrains des Alpes.
Il est très curieux et presque paradoxal de
se trouver, sous les neiges éternelles, dans des
conditions physiologiques analogues à celles
des régions tropicales. Sous sa froide enveloppe
de glaces, le massif des Alpes est en réalité
une fournaise ardente, et nulle part ailleurs
dans la nature on ne trouve de contraste plus
saisissant entre le froid Intense des cimes su-
périeures et la source inépuisable de chaleur
emmagasinée dans les profondeurs du sol.
Nous terminerons en formant le vœu que
grâce à Toutillage actuel, et profitant de Fex-
périence précédemment acquise dans le per-
cement des tunnels, Ton puisse exécuter le
gigantesque travail de création de moyens
d'accès au sommet du mont Blanc dans les
meilleures conditions possible d'hygiène et
de bien-être matériel pour les travailleurs
appelés à exécuter éventuellement cette au-
dacieuse entreprise.
233
fHODUlTS AMHENTAtRKS.
234
PRODUITS ALIMENTAIRES
UQUEURS FINES
de M. LuiGi Sala à Alessandria (Italie).
Notre sociétaire, M. Luigi Sala, d'Alessan-
dria (Italie) est, ainsi que nous Tavons déjà
sigDalé,rauteur de deux ouvrages techniques
en langue italienne, intitulés: Vun, la V7-
mfica\ione^ l'autre, il Liquorista pratico.
Ces deux ouvrages, dont il a été rendu
compte dans notre Journal du mois d'avril
dernier, sont rédigés avec une parfaite corn-
péienceet avec tout le soin méticuleux que
l>eut mettre un praticien distingué dansTex-
posé de ses connaissances techniques.
C'est que M. Luigi Sala n'est pas seule-
ment un écrivain consciencieux,s'appliquant
il énoncer clairement ce qu'il conçoit bien,
c'est aussi un œnologiste et un liquoriste
pratique dans toute l'acception des mots. S11
réassit aussi bien dans l'enseignement des
préceptes deTartdu fabricant de liqueurs,
c estque lui-même exerce réellement cet art
et qu'il en connaît, par expérience person-
nelle, tous les procédés, toutes les formules,
tous les tours de main et toutes les ressour-
ces, si nombreuses et si variées.
Après avoir soumis à notre appréciation,
lea deux ouvrages techniques pour lesquels
notre Comité des Récompenses lui a décerné
une Médaille d'or, H. Luigi Sala a tenu à
nous montrer de quelle façon il appliquait
ses propres préceptes théoriques et quels
étaient les résultats qu'il en obtenait.
Expliquant à nos yenx les leçons par TefTet.
Quant nous écrivons : à nos yeux ^ c'est
pour respecter le texte cité ; mais c'est plu-
tôt : à notre palais^ qu'il faudrait dire. En
eSet,si la collection de liqueursqueM. Luigi
Sala nous a envoyée se présentait fort bien
à la vue, étant embouteillée dans les condi-
tions les plus soignés et les plus parfaites,
ses mérites intrinsèques se sont encore
plus hautement manifestés à la dégustation.
L'envoi de M.Luigi Sala se composait Hes
produits suivants :
Vin de Marsala,
Vermouth de Turin ^
Amer Sala,
Fernet,
Cordial Rosenthal^
Menthe verte.
Marasquin,
Liqueur dite Alchermès,
Liqueur dite Mandarino.
Le Vin de Marsala^ n'étant pas de la fa-
brication propre de M. Luigi Sala, ne pou-
vait être apprécié qu'au pointde vue du bon
choix dont il avait été l'objet. A ce point
de vue, il méritait le suffrage le plus appro-
bateur, étant d'une parfaite limpidité et
du meilleur goût franc et sec.
Le Vermouth de Turin, préparé avec un
vin blanc de haute qualité, convenablement
aromatisé pour offrir la saveur sapide et légè-
rement amère qui caractérise la classe des
vermouths dits de Turin, peut être rangé
au nombre des meilleurs produits de cette
classe.
VAmer Sala est un spiritueux d'un goût
complexe, très plaisant pour les amateurs de
ce genre de breuvage, constitué par Tin-
fluence de diverses écorces, racines, feuilles,
herbes et graines aromatiques, qui sont d'un
emploi courant dans la préparation despro-
duitsde même nature. Par la qualité de l'al-
cool dont il est composé, par l'heureux choix
des ingrédients employésà le préparer et par
les soins donnés àsafabrication, l'aimer 5a-
la peut soutenir avantageusement la compa-
raison avec les meilleurs amers.
Le Fer net est un amer à la saveur si désa-
gréable qu'on le considère comme étant lui-
même pratiquement imbuvable, et comme
n'étant acceptable pour la consommation
qu'employé à titre adjuvant pour d'autres
breuvages. Ce produit spécial, qui a pour
origine la ville de Milan, est cependant fort
285
JOURNAL MENSUEL DE L* ACADÉMIE NATIONALE.
236
apprécié d*un grand nombre de consomma*
leurs des pays chauds, qui veulent bien lui
reconnaître des propriétés hygiéniques,ioni-
ques, digesiives et même thérapeutiques. A
ce titre, lia tous les caractères d'une potion
pharmaceutique, que nous lui reconnaissons
d'ailleurs sans aucune difficulté. Mais, abs-
traction faite de nos préventions personnel-
les contre cebreuvageque nous considérons
comme réellement médicamenteux, il faut
reconnaître que leFernet préparé par M. Lui-
gi Sala, avec toute la compétenced'un liquo-
riste émériteet d'un gourmet spécialiste, est
de même valeur que les Fernets des mar-
ques les plus réputées de Milan.
Le Cordial Rosenthal est une création
originale de M.Luigi Sala. C'est une liqueur
à la saveur très complexe, à la fois tonique et
agréable, d'une bonne spirituosité, au goût
francet chaud, etdont les bouteilles renfer-
ment des branches de cristaux de sucre en
sursatnration. Grâce à son titre alcoolique
relativement élevé, la liqueur ne semble
d'ailleurs pas sucrée à Texcès, le pouvoir dis-
solvant de Talcool en ce qui concerne le su-
cre étant bien moindre que celui de Teau.
Cette spécialité de M. Luigi Sala nous sem-
ble avoir toutes les qualités voulues pour
ôtre assurée d'un brillant avenir.
La Menthe verte, bien préparée au moyen
de plantes soigneusement triées et choisies,
est du meilleur mérite possible.
Le Marasquin^ bien que ne provenant
pas de la Dalmatie, qui est le pays d'origine
de cet excellent produit, offre une fmesse
d'arôme et une suavité de goût qui le ren-
dent l'égal des meilleurs marasquins authen-
tiques.
VAlchermès est une liqueur spécialedont
le berceau est la ville de Florence. Le mot
italien qui la dénomme est le correspondant
du mot français Kermès, Il ne faudrait pas
croire cependant que cette liqueur a pour
base, ni le médicament qu'on nomme Ker-
mes et qui est un dérivé du sulfure d'an-
timoine, ni les carapaces d'insectes Kermès
dont on tire une teinture-rouge. La couleur
écarlatede YAlchermèsesi le seul point qui
établisse un lien d'analogie entre la liqueur
elles coques de l'insecte /^erméj. Cela n'em-
pêche pas que quelques encyclopédies ne
fournissent sérieusement cette indicatioD
que les insectes Kermès servent à préparer
une liqueur qui est désignée sous le même
vocable !
Fort heureusement VAlchermès n'em-
prunte ni sa saveur, ni sa couleur à des ré-
sidus cadavériques d'insectes quelconques.
Voici quelle est sa composition d'après la {
recette que nous trouvons dans le traité
du Liquoriste pratique de M. Luigi Sala :
Cannelle de Ceylan 75 grammes.
Graines d'ambrette 30 »
Clous de girofle 12 i.
Macis (extrait de noix mus-
cade) 12 »
Poudre d'iris 10 »
Eau de rose 1 litre.
Essence de jasmin 6 grammes.
Alcool à 85*» 8 litres.
Eau 8 litres.
Sucre 11 heclogr.
Colomtion faite au moyen d'une couleur
spéciale d'un rouge vif.
On se rend aisément compte, d'après les
indications précitées que la liqueur obtenue
présente un goût parfumé tout spécial, et
que le palais italien paraît s'accoutumer
parfaitement de saveurs qui ne sont appré-
ciées en France que comme senteurs. Pour
notre compte^ nous aimons mieux rencon-
trer l'essence de jasmin dans un flacon d'ex-
trait pour le mouchoir, plutôt que dans
notre verre. Mais il est d'usage courant en
Italie que certains produits soient employés
concurremment par les liquoristes et les
parfumeurs, et qu'on puisse les retrouver
indifl'éremmentdans les consommations les
plus fines ou dans les pommades.
<c Des goûts et des couleurs, il ne faut
pas discuter » dit un proverbe, dont nous
devons faire application dans le cas dont il
s'agit .
La liqueur Mandarino est un produit
tenant le juste milieu entre un curaçao sec
très alcoolisé et un sirop d'oranges. Telle
qu'elle, on ne peutque la trouver délicieuse
à consommer, soit pure, soit additionnée
d'eau.
237
EXPOSITIONS ET CONCOURS.
238
Eq outre des échantillons de ses liqueurs
prêtes à la consommation, M. Luigi Sala
noas a remis des extraits concentrés pou-
vant servir à la préparation directe desdites
liqueurs au moyen d'additions convenables
d*eau, d'alcool et de sucre. Ces extraits
sont établis à l'usage des petits fabricants
de liqueurs, et permettent de reproduire
avec la plus grande facilité, pourvu qu'on
ne fasse choix que de bons alcools, les ex-
cellentes spécialités de la maison Sala.
En résumé, tous les produiu de M. Luigi
Sala nous ont paru offrir des mérites de pre-
mier ordre, en rapport avec la grande com-
pétence technique de leur fabricant.
EXPOSITIONS ET CONCOURS
EXPOSITION DE 1000
(FtofiMignements divers).
Comités d'admission.
Par arrêté en date du 14 avril 1898, le
ministre du commerce et de Tindustrie a
dressé une liste complémentaire des mem-
bres des comités d'admission de TExposi-
tion universelle de 1900.
Dans cette liste complémentaire, nous
avons relevé les noms suivants de mem-
bres de notre Société :
Classe 22. — M, Dard (L.), constructeur
de machines outils, adjoint au maire du
15* arrondissement.
Classe ^0. —M. Lemaitre (Albert), fabri-
cant de voitures et de harnachements, mem-
bre de la chambre et du tribunal de com-
merce d'Alençon.
Classe 6o. — M. Pellisson (Alexandre),
distillateur d'eaux-devie devins, à Cogsac.
Classe go.— M» Vaissier (Victor), fabri-
cant de savons de toilette, à Roubaix.
Le sort de la galerie des machines.
Dans notre Journal de Mars, parlant
des projets définitivement arrêtés par les
services d'architecture de Texposition de
1900) nous disions que la Galerie des
Machines qui fut une des merveilles de
l'exposition de 1889 se trouvait condamnée
à disparaître. Au sens absolu des roots,
c'est bien là le sort qui est réservé à la Ga-
lerie des Machines envisagée comme cons-
truction d'ensemble. Cependant il n'y aura
pas destruction totale des parties consti-
tuant Tœuvre générale. C'est ce qui permet
à la Chronique industrielle d*énoncer ainsi
l'indication de l'avenir réservé au glorieux
vestige des édifications de 1889 :
« Quant à la Galerie des Machines, elle ,
« sera absolument transformée ; la partie
a centrale formera une magnifique salle des
« fêtes où pourront trouver place 30.000
« personnes ; de chaque côté seront dispo-
« séesles salles destinées. Tune à l'Agricul-
« ture. Vautre à TAlimentation. »
De ces indicationsconformesaui données
des plans déjà publiés, il ressort que les fer-
mes à grande portée formant l'armature de
la Galerie des Machines ne seront pas tou-
tes démolies, et que même la plus grande
partie d'entre elles serviront à former la
charpente métallique de trois constructions
distinctes. Mais il n'en est pas moins vrai
que cette transformation de l'édifice actuel
équivaut à sa destruction réelle, et qu'il
est juste de dire que la Galerie des Machi-
nes, ce puissant œuvre de l'exposition de
1889, dont les mérites ressortaient directe-
ment de la grandeur de ses dimensions, est
condamnée à cesser elTectivement d'exister.
239
JOURNAL MENSUKL DB L AGADeHIB NATIONALE.
240
STATISTIQUE
L'ACTIVITÉ POSTALE DES DIVERS PAYS
Le bureau iiilernational de rUnion pos*
talede Berne vient de publier i*état des recet-
tes et dépenses du service postal et télégra-
phique dans les différents pays du monde.
Cest rAllemagne qui réalise les plus for-
tes recettes posules. Elle a reçu 486.732.301
fr., et dépensé 469.505,243 fr.
Les Etats-Unis suivent avec 398.876.312
fr. de recettes et 449.690.014 fr. de dépen-
ses.
Après vient l'Angleterre, avec une en*
caisse de 284.882.076 fr., d'une part, et
202.021.825 fr. de Tautre.
Enfin, la France se place au quatrième
rang; elle a reçu 226.634.250 fr., et dé-
toursé 174.063.872 fr.
Viennent ensuite :
La Russie avec 160.290.628 fr. de recet-
tes et 116.595.628 fr. de dépenses ;
L'Autriche, avec 113.711.877 fr. et
105.196.020 fr.de frais.
Les recettes descendent ensuite à 50 mil-
lions avec ritalie, à 49 millions avec la
Hongrie, à 29 millions avec le Japon, à 25
millions avec la Suisse, à 23 millions avec
l'Espagne, à 19 millions avec le Canada et
la Belgique, à 16 millions avec les Pays-
Bas, à 12 millions avec la Suède.
Il semble que, eu égard à la population,
ce sont les Allemands et les Anglais qui
usent le plus de la poste et du télégraphe.
Les Américains s*en servent plus que la
France, qui expédie beaucoup plus de let-
tres et de télégrammes, comparativement,
que la Russie, dont la circulation postale
et télégraphique n*est pas en rapport avec
sa grande population.
Les Etats-Unis dépensent plus pour leurs
services des correspondances qu'ils ne re-
çoivent. Ils ont un déficit de 50 millions.
L'Allemagne n*a qu*un excédent de 17
millions sur 486 millions de recettes.
La Grande-Bretagne se procure un gros
bénéfice, qui dépasse 82 millions par ao.
La France, où les services postaux et
télégraphiques laissent encore tun ta désirer,
réalise un excédent de 50 millions.
On a dit avec raison que la poste et le
télégraphe sont des thermomètres de la
puissance é<.onomique des peuples et de
leurs colonies .
LA REVUE DE STATISTIQUE,
pubiioation hebdomadaire.
Nous signalons à nos lecteurs la Revue de
Statistique j une nouvelle publication appe-
lée, croyons-nous, à un vif succès.
Malgré son titre sévère,cette revue est tort
intéressante, ainsi que nous pouvons en
juger par les premiers numéros que nous
avons sous les yeux. Elle est extrêmement
variée et touche un peu à tout. Qu'est-ce
que la statistique n'englobe pas, en effet,
aujourd'hui? Elle sera certainement appré-
ciée. Tout le monde, dVilleurs, peut en ju-
ger. Il suffit d'envoyer sa carte de visite à
la direction de la Revue de Statistique^ 28,
rue de Grammont, à Paris, pour recevoir
gratuitement cette publication pendant un
mois.
Le Directeur^Qérant, Rédacteur en Chef,
EuGàNsTHlÉRY.
CLIBHONT (oui). -IMPRIMBIIB IMUX fRÉMi, PLACR lAlMT-ANDllé, 8.
JOURNAL MENSUE
I)K
L'ACADEMIE NATIO
AfiRlCOLE, MANUFAGTljltlËiiË ET COiUERGIALE
68' Année. - JUJN 1B98,
■ SOMMAIRE
AORICULTUAE — L^^^ hqtyn^tttnïi. cûmmunkiima de M. PmuI NobÏj 4 Houcn. — ^ La Jèieasc Locurf- Iï* bljck-tott
^onutiunicaïion de M, F. VApslIléref à Bordeaux. — Ivffet dctifirji-. thiMiii^ue sur vigni; attîiiilijéc pai le pliytlr^sicia.
t\ %j%îiia\i^ pgurja reccunstiiution prngrcsïive^ communihjition de .\L Parundiar, ûu^t T&urillfjn>jMuraL — La fulturi^
de h vigne cd Ru&aic. — J/udmîoi.^^tnition dans la ferin«, unmniuîikallon dt! M. Ai d« Villlartt. de TUlv-Ad^m
mOUfiiTRIE. — Appareil pcrfeclionrii; svst,înic Woods pùtjr tlistribtii:rr îliiiîU aut hro^'Kfs de fit[jltire% cutistniil p.ir
MM-Q«i Thoina* «t Ci*i âManclitïier {A^ngleierre). — ],g production de U houille dini k monde. — Princip^^
Qonvtiuit dt- irljjuîiiiKe pndusïricl.
EXPOSITIONS ET CONCOURS. — E^tpDïïtion dUorticulture. — Exposiiion â^ ïnoo ■ les. Congres ittternaiio-
Kiisjf : le pont Alexandre! ÎIL
COMMERCE.— Le cDnimcrce exit^rkur de ta Ff^nire pendantle^ quatre premiers mois de iSyS. — Le ccimm-frcc
c^^éfiÉur de lAlïemflgne. — Lecommeré* françab et \& guerre [ïispdno^amtrîciine* — Le commerce eitérieiir de
IL-pHitne eo l«r>7.
VARIÉTÉS, — L'air li^jùidc, — Le café, ïa cultirf et sOQ commerce, commuiticaïion de M. Cf da SaJnt-DaniB, à
tirtn ville (MancheJ.
AGRICai/rURE
LES HANNETONS
Communication de M* Pîiul Noël,
Directeur du Laboratoire régional tl enlomo-
( logie agricole à Rouen-
L'aniïée ]898 devant *Hre, comme chacun
sait, une année à hanDetoos, je crois bon,
dans Uniérét des cultivateurs et dea pépi-
niérisies, de faire connaître un moyen en-
core beaucoup ignoré et *|ue je crois très
efficace pour la destruction de ces terribles
rasei'tes qui soutt pour nous, unecaliimité
comparable à celle des sauterelles dans
certains pays.
I,es femelles clioisissent toujours potir
tendre un endroit où la terre est bien nrieu-
l>ie ou nouvellement remuée. En se basant
sur cette donnée, il est possible, comme je
vais le démontrer, de détruire d*un geul
coup toute la ponle d'une armée.
Pourcela^ on prépare dans les pcpinitî re
de petites pjrties de terrain d'un moire
carré environ, bien rattssée^.oii la terre soit
bien meuble et bien exposée au soleil.
Immédiatement toutes les femelles se
donnent ror»dez-voLis<j cet endroit et pon-
dent iHw?^ ces sortes de piégées tous leurs
œufs ; il sunit donc ensuite, à Taide d'une
pelle, d enlever cette terre sur une épais-
seur de 10 centimètres environ pour avoir
d'un seul coup fait disparaître entièrement
tous les œufs,
SU s*agit d'un grand champ, voici corn*
ment on procède :
ÙD trace sur un des bords du champ un
Irait à la cbnrrueet on aplanit les mottes de
terre ù Taided'un rùteun. Gomme dans les pé*
piniéreï, toutes les femelles viennent pondre
en cet endroit ou elles irouvenl de la terre
bien préparée poiu* recevoir leurs œufs, il
n*y a plus alors qu'à donner, quelque temps
*J3
JOUH^ÂL UËN^UtilL DE L ACADt^MlE NATIONALE.
lu
a près ^ un aulrc ttait k !a cliartue en ados,
ce qui enterre tous tes œufs a une profon-
deur de plus de 30 cenUnièlrcîi, (profondeur
où la clmleur salaire ne pénétrant plus, ils
m eurent tous iiiraîllibleuïent.
Ce procédé adonné des résultats excel-
lents duns Meurthe-et-Mr»selle ou M. de la
Blanclièro en avïitt conseillé Temploi.
Voici rcpo((ue où^ dans les communes,
on vu commencer le lia nnelon nage. Nous
avons a ce sujet fait une enquête et appris
ainisi (|ue c'était dans les communes où il
était dépensé plus de 2<)0 franco pour cette
0):)éralion que la disparition presque com-
plète des vers blancs eldes liannelons avait
été constatée.
Ces résultats sont 1res éloquents et prou-
vent très bien que ce qu'il faudrait sur-
tout s'attacher à organiser, ce serai tTinstal-
lation de comités de hanneton nage on le sac
de hannetons serait payé assez clier pour que
ceux qui les ramassent ^ et ce sont surtout
les hommes de peiïieel les enfants, caries
cultivateurs^ pour la plupart, ne &*en occu-
pent pas, — trouvent intérêt à s'employer à
ce travail de préfi^rence à tout autre.
De plus^ et pour remplir le but visé, il
serait nécessaire que Ion chasaùt surtout
le hanneton dans les premiers jours de son
apparition, car, si le temps de pondre et de
s'accoupler leur est laissé, ces chasses de-
viennent alors absolument Inutiles, les fe-
melles ayant déposé leurs œufs dans le sol.
Ce procède, et celui préconisé par M. de
la Blanchère donneraient cerlainemont d'ex-
cellents résultats en permettant de lutter
sérieusement contre les hannetons qui cha-
que année reviennent en rangs de plus en
plus pressés etliuiront, si chacun ne prend
à cietir de les combattrCj par reïulre la cul-
ture diflicile dans notre pajs.
LA DÉFENSE CONTRE LE BLÀCK-ROT
(]ommunication de M. F, Vassillièrk,
professeur déparlemRntal d'agriculture de la
Gironde, à Bordeaux.
Traitements de défense, — Les recher-
ches poursuivies depuis plusieurs années
permettent de formuler maintenant tout un
ensemble de moyens de défense contre le
black-rot, qui, s'ils n'arrivent pas à préser-
ver intégralement la récolte, réduisent les
pertes à des proportions assez faibles poar
rendre possible la continuation de la cultu-
re de la vigne dans des conditions suffisam-
ment avantageuses.
Mais, pour atteindre ce résultat, trois con-
ditions sont indispensables :
P Exécuter les traitements en temps utile ;
2^ Employer des traitements appropriés ;
3® Les appliquer avec un soin minutieux.
D'autres produits peuvent permettre une
défense aussi effective que la bouillie borde-
laise dont il va être parlé, mais jusqu'ici
c'est encore elle qui, dans l'ensemble, a don-
né les résultats les meilleurs et les plus cons-
tants.
Epoque (inexécution des traitements. —
En dehors du traitement d'hiver qui se pra-
tique de décembre à mars, mais dont l'effica-
cité n'est pas encore démontrée d'une façon
absolue, faute d'expériences assez nombreu-
ses, les traitements à exécuter pendant la pé-
riode de végétation de la vigne sont au nom-
bre minimum de 4 et parfois 5.
Le premier doit avoir lieu peu après le
débourrage, quand les pousses ont au ma-
ximum 10 centimètres de long.
Le second, aux approches de la floraison
annoncée par le nombre des feuilles des sar-
ments, qui en portent à cette époque de 12 à
14.
Le troisième, lorsque la floraison est ache-
vée, c'est-à-dire lorsque le capuchon est tom-
bé et que les jeunes grains de raisin sont
bien apparents.
Le quatrième, au moment de la véraison,
quand les raisins changent de couleur sur
les vignes rouges et qu'ils deviennent trans-
lucides sur les vignes blanches.
Le cinquième, enfin, lorsque la matura-
tion est assez avancée pour qu'on puisse pré-
voir à peu près exactement l'époque des ven-
danges.
Si les quatre traitements précédents ont
24B
AGRÏCULTLmE.
:?46
4$é eiëeu Lés avec les soins tful vont étte dits,
le cinquième est généralement inutile*
On peut, Il la rigueur^ attendre h venue
des premières taches tle chacune des inva-
sions pour eiéculer ces di Itèrent es opéra-
tioos ; mats, dans ce cas, il taut t^tro à mê-
me de traiter b lotatité du vignoble dans
une période de cinq à six jours au plus.
L'enlèvement etPincinératian immédiate
des reutlles tachées dès feiir apparition
sont un complément très utile des traite-
ments liquider.
L affection ne se manifestant jamais que
sur les organes en voie de croissance» c est
êui qu'il convient tout particulièrement de
surveiller et d 'aller chercher jusque dans
Tîntérieur des pieds.
L'enfouissement le plus rapide possible,
après les vendanges, par un laboura 15 cen-
timètres de profondeur environ, des feuil-
lei et raisins qui sont tombés spontanément
ou qui restent encore sur le^sceps, est enco-
re nu moyen de diminuer très notablement
llntetisité des invasions de Tannée suivante.
Les sarments provenant de pied^ atteints
deblack-rot doivent être mis en meules le
plus loin possible des vignes, recouverts de
pailte ou autres litières analogues, qu'il faut
avoir soin de brûler au i'ur et à mesureque
i on fati usage des sarments eux- mêmes.
Traitements appropriés. — Ainsi qu'il a
été dit précédemment et sans exclure les
préparations qui ont pudonner dans certain
nm mains des résultats avantageux, c'est à
la bouillie bordelaise, préparéesur l'exploi-
tation méiiie,qu'ile$t le pi us avantageux de
recourir.
La formule la plus économique est la
âaivante :
) Bao 100 litres.
SuiratO dtî fMUVCt; ï kllotf.
Ctiaux grasse en pierre. . 750 grammes.
On peut utiliser également la cbaux gras-
se délitée à l'air ou même la cliaux en pâte,
■[uelle que soit leurancionneté, ensuivant
«lactement le mode suivant de préparation :
l* Faire fondre dans lOi) litres d^eau mis
dans une barrique A kil. desullale de cuivre ;
i^ Préparer par ailleurs, avec la chaux
grasse que Ton possède, quelle qu'elle soit
et sous quelque état qu'elle se présente, un
lait de chaux épais :
3VAJ0U ter ce lait de cliaux par petites quan-
tités dans le sulfate de cuivre en le faisant
passera travers un tamis lin et en remuant
pendant l'addition Jusqu*i ce que le mélange
nedonneplusdedépôtdecuivrerougesurun
objet en fer propre quelconque qu'on laisse
plongé dans la bouillie pendant cinq minu-
tes. Lorsque ce résnltat est obtenu, ajouter
dans la bouillie 2 à 3 litres de la solu-
tion de sulfate de cuivre pure que l'on a eu
soin de retirer delà barrique avant d'y ajou-
ter le lait de chaux ;
4* Compléter le volume à 200 litres avec
de l'eau pure*
Comme il est indispensable de ne pas avoir
à faire toutes ces opérations au moment
même oii il convient d'exécuter les traite-
ments, il faut avoir soin, avant cette é[)0*
quG, de préparer d'avance la solution do
suKate de cuivre et le lait de chaux, de la-
von qu'il sunise d'ajouter dans les propor-
tions voulues ce dernier dans le premier pour
pouvoir entrer immédiatement eu campa-
gne.
Application des traitements. — L'applica-
tion proprement dite du traitement exigt>
des soins minutieux auxquels on a le tort
de ne pas s'astreindre sur un grand nombre
de domaines. Les insuccès que Ton consta-
te trop souvent sont aussi fréquemment dus
au mauvais emploi de la boutlliequ'â sa qua-
lité défectueuse ou aux retards apportés dans
son application.
Pour être bien faite, celle-ci exige que
toutes les parties vertes de la vignCrSarments,
feuilles, mannes, verjus, raisins, soient at-
teintes par la bouillie, ce qui implique To-
bligation de faire pénétrer le jet du pulvc-
risaleur dans rintérieur mome du pied au
lieu de se contenter d'un épandage superK-
ciel .
Comme conséquence au point de vue
économique, ce sont les appareils à jet très
lin f t relali vDïnent pu issants riui sont tes meil-
leurs. Leur fabrication est sunisamnieiit
parfaite i l'heure actuelle pour qu'on soit
r^ï^r
in
JOURNAL MENSUEL DE LAÇA DEMIS NATIONALE.
2:8
assuré aujourd'hui d'en trouver dans le
coroiuerce qui répondent à ces conditions.
En raison de la durée d'évolution du
black-rot entre l'apparition des taches et
le moment de la dissémination des spores,
il faut s'outiller en matières, en instruments
et en main-d'œuvre, de telle sorte qu'à par-
tir des nouvelles taches de chaque invasion
qui ne s'observent que sur les organes de
nouvelle formation et, par suite, de bas en
haut du cep, au fur et à mesure de l'avance-
ment de la végétation, ie traitement puisse
êire achevé dans une période de six jours.
Tous ces traitements ne dispensent pas
de ceux qu'il faut exécuter contre l'oïdium et
l'antrachnose, non plus que contre le bo-
tryliset les différents parasites animaux de
la vigne. Mais, pour les uns comme pour les
autres,1a tenue du sol en grand état de pro-
preté et d'assainissementjl'accolage de la vi-
gne sur fils de fer,Ia réduction au minimum
possible des rognages qui déterminent tou-
jours la venue des repousses et, par suite,
celle de jeunes feuilles susceptibles d'être
attaquée par le black-rot et le mildiou, sont
des améliorations qui facilitent la bonne exé-
eu lion des traitements quelconques et, par
conséquent, une meilleure défense du vi-
gnoble.
EFFET D'ENGRAIS CHIMIQUE
»ui« Vigne attaquée par le Phylloxéra
ET SYSTÈME POUR LA RECONSTITUTION
PROGRESSIVE
Communication de M. A. N, Parandier,
aux Tourillons, par Arbois (Jura).
Je possède une vigne d'un peu plus de 4
ouvrées attaquée depuis longtemps par le
phylloxéra, dont la tache maintenant de
près d'un are, s'agrandissait peu à peu ;
l'inclinaison du sol de cette vigne est de 15
à 20% dans la direction du midi , son alti-
tude est d'environ 380 m., elle reçoit le so-
leil le matin jusqu'à midi et presquejusqu'à
son coucher. Tout le sol, jusqu'à une pro-
fondeur de plusieurs mètres, est un dépôt
d'argile jaune à silex (1) ; j'ai fait analyser
ce sol par M. Joulie, et en voici le résultat :
Proportion
Dans 100 kilos, — Acide phosphorique.
245 gr. ; acide sulfurique, 50 gr. ; potasse.
582 gr. : chaux, 498 gr. ; magnésie, 470 gr. ;
oxyde de ter, 9,984 gr.; azote, 89 gr.
A rhectare, sur 0" 20 cT épaisseur. —
Acide phosphorique, 8,120 kilog ; acide sul-
furique, 1,640 k.; potasse, 19, 500k.; chaux,
16,500 k. ; magnésie, 15,640 k. ; oxyde de
fer, 332,240 k. ; azote, 2,960 k.
Cette analyse prouve que le sol de la vi-
gne est pauvre en chaux et en azote., qui
sont deux éléments nécessaires à la nourri-
ture de la vigne, ainsi que l'acide phospho-
rique et la potasse.
Depuis trois ou quatre ans, je fais répan-
dre annuellement sur cette vigne 15 gram-
mes par mètre carré de nitrate de soude au
printemps pour lui fournir l'azote qui lui
manque, et 15 à 20 gr. de plâtre pulvérisé
(sulfate de chaux) à fautotnne ; le sulfate
de chaux ne risquant pas, comme le nitrate,
d'être dissous et entraîné par les neiges fon-
dues et par les pluies.
Le nitrate abandonnant l'azote, et le sulfa-
te, la chaux, à l'alimentation des radicelle,
l'acide sulturique et l'oxygène s'alliant à
d'autres éléments de la composition chimi-
que du sol, il en résulte que la vigne trouve
ainsi les quatre éléments nécessaires à sa
nourriture ; ses radicelles, au lieu de
dépérir et de pourrir plus ou moins partieN
lement, comme cela a lieu lorsqu'il leur
manque en tout ou en partie un ou plusieurs
des éléments qui les font vivre, deviennent
vigoureuses et leurs ceps productifs.
Qu'est-il résulté de cette vigueur ?
Que ma vigne a résisté au développement
de la tache phylloxérée, et pourquoi ?
C'est, je le crois, me dit M. Cassarini,
professeur départemental d'agriculture au
(l) Argile que je considère comme éruptive et
posl-qualcrnairc, c'est-à-dire postérieure au dépôt
de cailloux roulés quaternaire comme celui que j'ai
signalé entre le ruisseau Javel et la Cuisance, et à
Besanron au cliAleau de Montfaucon et sur plu-
sieurs autres points.
2#
AQBlCtTLTLRE.
250
Maos, que j'ai consuUé sur la question, par-
ce que les phylloxéras ne se sODt pas mulli-
pliéâ aussi vile que les lactnes, que les en-
^is laîsaietU pousser avec exubérance [l)j
de telle sorle que les parties dévorées pav
lesinsecles étaient bien inféricares à relies
r^rgéoéi'ées par les engrais azotés (ni ira te) et
par le plaire chauxi.
Je ne renonce cependant pas à Vidée que
c'est parce que les œuls qu'au t-ait déposés te
ptiylloxéra sur les parties pourries des radi-
celles et qui auraient uclos eu donnant nais-
5jnces à des phylloxéras vivants, ne l 'ont
pa^élë en raison de Tabsence de parties
pourrie» sur les radicelles et de leur vi-
î^nieur générale ; ainsi, par telle raison un
par telle aulre, depuis 3 ou 4 ans, b vigne
ci-dessus désignée s* est ma in le nue sans
nouvelle altération, tandis que toutes celles
ci rcon voisines sont détruites et depuis 3 et 4
anser friche ou cultivées eu herbages» en
pommes de terre» elc*
Outre que ma Vii*n2 [plantée en melons
et valeis noirs] s'est maiutenue en bonne
Tégétalion, elle ma produit chaque année
une récolte passable, même Tan dernier,
abrs que la gelée de mai a détruit presque
entièrement ta récolte de toutes les vignes
de la région ; on f)aurraîi mt**me croire et
dire que celte vigne a résisté ù la gelée plus
que les autres, parce qu'elle étail plus vi-
jEoureuse, toute attatjue nuisible ayant sur
etle moins d'influence i|ue sur toute aulre
*]ui serait dépérissante par te man(|ue de
nourriture des ceps.
Le résultat de cet essai sur ma vigue Con*
clie-Loye permettruit-il de renoncer à l'em-
ploi des améncains ?
V ï*our qyo Ic^ rucUu^^ d'une v**fnt? pnMJuiî^rJii
<l<^j''tnn:> nuNrcItusjl fiiutiiih-^ Wn Jdificiuit's. û'nii
|>HHortl h*s j'riinr?, a*^ sfiii-jU ni p*ul■nl^■^. ut ilriii'-
n>^^«ntr:j^ t'i-itipioj ij(^ JVii^nii!* l'tiîuiiijuc u{T|U-oprL<>
t'iNjn'*ct»i- (^rtlcpijurntunt isl i;iMtê[U'ri^î:tt'UN*iit ; los
|ttiMlii^*Taî* VfV!itili L'iriulfjit alurr^ sur (■< ;4 i îiili-
'<*tl>-* : (l'y tmïjv;ujt [uuut cv i\oi\i iïs uiit br^oiri
\^m Vivrt% TU iHmr (ln(io,'ii*r i^t f-tïn? r<^u?^>ir îciirs
■"■uffî, lîiiiziwut purprHr sur plîiei* uu s'expîtljjont
'par i*5sni(i*iiift^ tiuiiuio ïf* dii M. ViîitN liîins sa
'♦Ji^fcri'iKtî au Mausj (mmii- aliter chorciitT aitliur^
ïfHr vie tl U^îi *'irct>[i^taij< i^s i\m leur jii'ïMuKrril
i
Non ! parce que le plant américain sauva-
ge, outre qu'il résiste mieux au phylloxéra,
a des radicelles plus énergiques qui pt^nc-
trent dans les sois résistants plus profonde*
ment que peuvent le faire les plants indigè'
nesj d'où Ion peut conclure qu il produira
de plus abondantes vendanges. Il ne faut
pas croire cependant qu'on pourra se dis-
penser d'employer des engrais chimiques ;
comme pour les plants fran^-aiSj la planta-
tion des américains exige le^ mêmes engrais
pour qu'ils réussissent.
Reconstitution progressive. — Il me res-
te encore beaucoup de vignes non encore
reconstiluées par Tarrachage et le défonce»
ment ; au lieu de les arraclier d'un seul
coup, je ne le fais f|uo pour les ceps^ recon-
nus dans Fimpossibilité île produire, puis
je fais tracer sur cette vigne les lignes sui*
vanl lesqueUes elle sera reconstituéei et
planter dans les vides qui existent sur ces
lignes des américains greffes et choisis au-
tant (ju on le peut d'après la nature du sol
et les circonstances qui s'y rattachent ; les
ceps américains gretfés sont plantés dans des
creux de O'^'SO de long et 0"UK) de large ( I) ;
ori pourra ainsi déterminer par expérience,
la 2" et la 3'' année, le plant américain le
plus convenable pour la vigne ù reconsti-
tuer ; les creux sont fails en déposant d*un
côté le sol superliciel et de Vautre le sous-
sol, on comblera ensuite ces creux en pla-
çant le sol superliciel au tond, et au-dessus
lesous-sulqui a recueilli les engrais dissous.
On aura soin, tant à rauLomne qn*au prin-
lemf>s, d'ap[>lir]uer sur la vigne lengraia
chimique bien déterminé par Tanaly^e du
sul, comme il a été dir, de manière à conti-
nuer à avoir une récolte annuel le de vendan-
ge qui permettra de supporter Vattente de la
(I,' ,rea ul planté il y a 3 et 4 an^ ï^lnn^ ilirî^ vi-
ilos il(* v{^ui;s iiuji^i'îies? mm eticorta phyîli»\(^rée«
1*1 il tint Irrs tïifvi n*ui*si ; lorsque le ^o\ est rum-
pïicl itl rf'^i^laaï, un jioul dDuaer aux creux plu?i
de largeur <îan^ lautes les «eus. — Ln vîsçuiî amc-
ricidne. :i dit M. Vuilu duus sîî rouféreufr au ^tan?,
n'Ci^l JïuuMÎs une rmiH* df' aiiilUplICKlmn du phyl-
iii\rrii,**ï l'importiiUon ilu ptïiîd uinèrlcaiu n'avâu-
ce ru pii> le d r vf* h i ji pf ' 1 1 1 f u \ de l 'i u sec t e .
12
251
JOURNAL UBN80KL DE L'aCAOIUIIB NATlONAUt.
25:
reconslituliondela vigne, progressivement
faite jusqu'à ce qu'elle soit lernainée (1).
C'est ainsi que je procède, en n'opérant
l'arrachage des vignes que sur les parties
eniièrenaent phylloxërées et devenues im-
productives (2;.
En procédant comme il vient d'être dit, le
vigneron qui cultivait la vigne à moitié fruits
pourra, comme par le passé, continuer à la
cultiver, sauf peut être une réserve de peu
d'importance.
(Extrait du Bulletin de la Société de vi-
ticulture et d'horticulture d*Arbois, n'* 1
de 1898.)
LA CULTURE DE LA VIQNE EN RUSSIE.
Le Hinisièrede l'agriculture et des domai'
nés de Russie vient de publier une intéres-
sante brochure sur les vignobles de ce grand
pays et les mesures adoptées pour y com-
battre le phylloxéra. L'étendue des vigno-
bles dépasse 200,000 déciatines (la déciati-
ne = 1 hect. 10 ; elle est très inégalement
répandue dans la partie méridionale de l'em-
pire, principalement en Bessarabie, en Cri-
mée, dans le Caucase et la Transcaucasie,
comme dans le Turkestan. La Tauride est
une des parties de la Russie dans lesquelles
(1) No peut-on pas conclure de tout ce qui pn*-
cèdo que les vignes qui périclitent sont facilement
et rapidement d^Hruiles par le ph>lloxéra,en raison
de l'absence dans le sol d'un ou plusieurs des élé-
ments : phosphore, polasso, chaux, azole qui leur
manquent, soit que ceux de ces éléments ((ui exis-
taient aient été consommés et n'y aient pas été
remplacés par l'emploi d'un engrais chimique ap-
proprié en nature et en quantité sufllsantes ?
(2) .l'ai un neveu, ingénieur des mines a Chalon-
sur-Saône : son ingénieur en chef est propriétaire
de beaucoup de vignes dans le Chalonnais ; mon
neveu m'en avait parlé pendant son dernier séjour
aux Tourillons, je lui ai récommenl demandé si
cet ingénieur en chef avait reconstitué ses vignes,
el voici ce qu'il m'a répondu : a Mon chef s'occu-
« pe toujours de vignes, il est heureux de n'avoir
« pas entièrement reconstitué son vignoble, car
« ses voisins s'aperçoivent déjà que certains plants
« américains n'ont qu'une durée très limitée : on
rt sorte (pie beaucoup qui avaient fait le ^ros elToit
f de reconstituer de toutes pièces leur vignoble
« se retrouvent presque ruinés, j»
la culture de la vigne a fait le plus de pro
grès dans les temps récents ; durant les cin<
dernières années, félendue consacrée à l
vigne a presque doublé ; le cours inférieui
du Dnieper y renferme environ 150,000 dé
ciatines de terrain sablonneux absolumeoi
réfractaire au phylloxéra et dans lequel leï
essais de culture de la vigne ont parfaite-
ment réussi. La vigne a pris aussi un très
grand développement dans la Transcaucaaie.
Les variétés de cépages cultivées sont trèi
nombreuses ; on a importé un grand nom-
bre de cépagesderKurope occidentale, prin-
cipalement de France. IjBs vins provenant
lie vignes d'origine française sont les plus
estimés, et ils se vendent en conséquence.
La Russie doit défendre son vignobiecon-
tre le phylloxéra. Des lois spéciales ont or-
donné les mesures à suivre dans les diver-
ses régions pour la surveillance des vignes,
pour la destruction des taches par le sulfu-
re de carbone, pour la création de pépiniè-
res de plants américains dans les parties où
la lutte a été abandonnée, pour réglemen-
ter le commerce des plants de vignes, etc.
Actuellement, c'est vers les procédés pro
près à fournir des plants en racines améri-
cains, d'origine non suspecte, que les efforts
sont principalement dirigés ; ils ont pour
but d*en approvisionner les localités enco-
re indemnes, comme celles qui sont suspec-
tes, quoique le fléau n*y soitpas encore ap-
paru ouvertement.
L'ADMINISTRATION DANS LA FERME
Communication de M. A. de Villiers, de
lIsle-Adam au Journal de l'Agriculture.
Pour (ibiciiir en agriculture un succès
d'argent, même modeste, il ne suttit pas de
bien cultiver, c'est-à-dire do tenir sa terre
meuble, propre et suffisamment pourvue
d'engrais ; de choisir convenablement son
bétail et de lui donner tous les soins possi-
bles : on voit des agriculteurs qui cultivent
très bien, dont les récoltes sont abondantes,
dontlebélail est superbe et qui cependant
perdent de l'argent au lieu d'en gagner.
253
n De suftit môme pas que le système de
culture soit judicieusement établi en tenant
compte des aptitudes du sol et des conditions
économiques. Le plan le plus habilement
conçu ne conduira point au succès si, dans
son exécution, l'on n'observe pasles règles ri-
goureuses d'une bonne administration. J'en-
lendsici par administration tout ce qui con-
cerne la partie financière de Tentreprise agri-
cole, c'est-à-dire l'art d'obtenir un résultat
aux moindres frais possibles, de ne dépenser
une somme quelconque que quand on a la
presque certitude de réaliser un bénéfice, et
de tirer un bon parti de tous les produits de
Texploitation. Ce n*est pas si simple et si faci-
le que l'on serait tenté de le croire au pre-
mier abord.
Depuis un certain nombre d'années toute
laitention des agriculteurs s'est portée sur
l'application des découvertes scientifiques
relatives aux engrais et sur les perfection-
nements de Toutillage agricole : pendant ce
temps-là l'étude des questions d administra-
tion a été négligée malgré sa très grande
importance. Ces questions n'ont pas seule-
ment un intérêt particulier à chaque exploi-
Uiiou ; elles ont aussi un intérêt général.
Autrefois, lorsque l'imperfection des moy-
ens de transport limitait la concurrence agri-
cole à un rayon peu étendu, le prix de vente
<ies produits se réglait de telle sorte que les
cultivateurs de la contrée, en faisant usage
des méthodes traditionnelles, gagnaient pas-
sablement leur vie. Dans de telles condi-
tions, il suffisait, pour se tirer d'affaire, de
ne pas faire plus mal qu'un cultivateur or-
dinaire du voisinage. Il n'en est plus de
même aujourd'hui : la concurrence univer-
selle, en abaissant les prix de vente, met
lagriculteur dans la nécessité impérieuse
de ne négliger aucun moyen d'abaisser ses
prix de revient, afin de maintenir une rému-
nération acceptable pour le travail et pour
le capital. Or, le moyen le plus puissant
c'est une bonne administration.
L'industrie a obtenu dos résultats mer-
veilleux sous le rapport de l'abaissement des
prix de revient; sans doute une bonne par-
lie de ces résultats est due à l'emploi des
machines, mais Thabileté de l'administra-^
AGtUCtLTtJRE. 254
tion Y a aussi une grande part. SI toutes les
dépenses d'une grande entreprise n'étaient
pas réglées avec un soin méticuleux, les
frais de production seraient bien vite dou-
blés.
Chez nous, la majeure partie de la tet^re est
cultivée par des liomnies sans ins^rcictioti
qui ufi connaissent pas d'autre rè^'le d'admi-
nistration que d'épargner la monnaie ; ils
dépensent généralement très peu. souvent
mémepas assez, quand W s^agtt de dépenses
productives; mais ils se préoccupent pende
bien utiliser la matii^re et le travail. Très sou-
vent aussi les conditionséconomiques de Tex-
ploitation sont mauvaises, et il en résuite une
très forte aggravation des frais de produc-
tion.
Il n'est pas possible d'étudier en ({iielques
lignci toute cette brancîie de IVconomie ru-
rale à laquelle j'ai cru devoir dornier le
nom d'adminislratioa ; je me bornerai h exa-
miner sommairement quelques points par-
ticuliers .
Les frais de la traction et plus spéciale-
ment des labours sont une des dépenses le.s
plus importantes d'une exploitation rurale.
Or, voyons ce qui se passe journelleinent*
Dans une petite culture de C^ S, ou mêiue
10 hectares, on ne peut avoir 4|tï'un cheval,
et ce cljeval urtique consomme une bonne
partie des fourrages produits. En ïoeme temps
queleclieval^iltaulbicnun hîirnaîâconipletT
une charrue, uire Iterse, une charrette, uu
tombereau, c'est-à-dire tout un outillage qui,
quelque sommaire (ju il soit, nécessite ce-
pendant une mise de fonds relativement im-
portante. Cet outillage s'ui^e presque autant
par la vétusté que par le service. Quelque
parcimonie que l'on y apporte, la nourritu-
re du clievalest toujours assez coiiteuse ; il
vieillit et perd chiique année ije sa valeur.
Si nous additionnons les frais de nouriture
du cheval, sa dépréciât ion a 11 nu elle, les frais
de ferrure, Va mor tisse mont et l'entretien
des hartiais et du matériel, Tintérêt du ca-
pital engagé, nous arrivons à un total qui,
reparti sur M ou 8 hectares, donne un clul-
fre exorbitant.
Ajoutons qu*un seul cheval ne peut faire
un labuur passable que duEis une terre très
JOURNAL MENSUEL DE L ACADEMIE NATIONALE.
255
légère ; lorsque le sol présente une certaine
consistance, le labour devient très lent et il
est insuffisant comme profondeur. Un incon-
vénient du même genre a lieu pour les char-
rois ; un seul cheval ne peut traîner qu'une
faible charge sur la terre labourée ou dans
les chemins difficiles et encore avec une
vitesse très restreinte ; par suite, le temps
du conducteur se trouve très mal employé.
Lorsque Texploitalion est un peu plus
importante et comporte l'emploi de deux
chevaux, les labours sont meilleurs, les
charrois sont moins lents, mais Tenlretien
dodeux chevaux est une charge beaucoup
trop lourde quand on n'a pas, pour les
occuper convenablement, une étendue de
terre suffisante, soit environ 20 hectares de
terre en labour et même plus suivant les cir-
constances.
Un attelage unique de deux chevaux laisse
encore à désirer parce que sa force n'est pas
suffisante pour labourer convenablement
les terres compactes : dans les terresde cette
nature on est obligé démarcher lentement
et de ne demander aux chevaux qu'un petit
nombre d'heures de travail chaque jour, et
encore il n'est pas possible de faire des la-
bours profonds. D'un autre côté, il arrive
souvent que le travail n'exige qu'un seul
cheval ; pendant ce temps-là, Tautre reste
inoccupé à l'écurie. Si l'un des deux che-
vaux est malade, le cultivateur se trouve
très embarrassé pour faire ses labours et ses
charrois.
Ce n'est que dans une exploitation assez
importante pour occuper trois ou quatre
charrues que l'on peut utiliser convenable-
ment les attelages, et encore, quelque soin
que Ton y apporte, il est impossible, d'évi-
ter des non-valeurs assez importantes. La
somme des travaux de traction n'est point
égale dans les divers mois de l'année et il
arrive assez souvent que les travaux agri-
coles sont arrêtés par les pluies, les gelées
ou les neiges, surtout dans les régions du
nord de la France.
La culture des récoltes sarclées exige de
grands frais de main-d'œuvre et ces frais
sont à peu près les mêmes, quel que soit le
rendement. De là découle cette conséquence
bien connue que cette culture n'est profita-
ble que quand on obtient de forts rende-
ments. Néanmoins, on voit tous les jours
et en grand nombre des cultivateurs faire
des récolles sarclées dans des conditions oii
elles no peuvent leur donner que de faibles
produits.
La longueur insuffisante d'un très grand
nombre de pièces de terre et leur éloigne-
mentdu centre de la ferme, aggravé par le
mauvais état des chemins, sont encore des
causes qui augmentent très sensiblement les
frais de culture. D'un autre côté, les venta
de produits par petites quantités et à des in-
termédiaires aggravent lourdement les frais
de vente et de livraison, en même temps
qu'ils diminuent les recettes.
Userait trop long de passer ici en revue les
fautes d'administration qui sont commises,
soit par suite de l'erreur des cultivateurs,
soit par suite de l'organisation défectueuse
de l'exploitation.
Quelle en est la conséquence? C'est de
diminuer d'autant le produit net delà terre,
et par conséquent les fermages et la rému-
nération des cultivateurs. La plupart d'en-
tre eu\ ne savent point tenir une comptahi-
lité, ni étudier méthodiquement les détails
de leur administration, mais ils s'aperçoi-
vent très bien que leur gain est très maigre
comparativement à celui des autres profes-
sions : de là, cette tendance toujours crois-
sante à abandonner l'agriculture. Pendant
longtemps on a espéré des temps meilleurs,
un relèvement des prix de vente, des saisons
plus favorables à l'abondance des récoltes ;
mais, en attendant une prospérité qui ne
revient pas, la patience se lasse cl tous ceux
qui peuvent trouver un autre genre de tra-
vail s'empressent d'en profiter.
Ce ne sont pas seulement les ouvriers
agricoles qui se font de plus en plus rares ;
ce sont aussi et surtout les fermiers. Au
début delà crise agricole, on trouvait diffici-
lement des preneurs pour les grandes
exploitations, tandis que l'on en trouvait
encore aisément pour les exploitations mo-
yennes et petites. De ce fait, on avait cru
pouvoir conclure que la petite culture est
supérieure à la grande ; mais cette conclu-
lî^TT-
257 AGRICUnURE
sioD élail erronée et les faits observés s'ex-
pli(|uent d'une toute autre manière. Lorsque
les affaires agricoles vont mal, le grand cul-
tinteur perd de l'argent, et si ces pertes se
renoavellent plusieurs années de suite, sans
espérance sérieuse d'un avenir meilleur, il
ne lui est pas très diflicile de cesser sa cul-
ture, de trouver pour son capital un autre
emploi et pour lui-même une autre profes-
sion ; quant au cultivateur qui fait par ses
bras et ceux de sa famille la plus grande
partie ou même la totalité de la main-d'œu-
vre de sa ferme, il ne perd pas d'argent,
sauf dans des années tout à fait désastreu-
ses, mais son travail est mal rémunéré. Son
petit capital, dégagé de la culture, ne lui
donnerait qu'un revenu très minime, et il
nclui est point facile de trouver une autre
profession pour lui-même et pour les mem-
bres de sa famille. Quand il rencontre une
semblable occasion, il ne manque pas d'en
proliter. Aujourd'hui, on trouve difficilement
des preneurs pour les petites et moyennes
exploitations, il arrive même assez souvent
que Ton n'en trouve pas du tout ; il va
sans dire que la baisse des ft;r(nagcs conti-
nue.
Cet état de choses n'est pas réjouissant
pour les propriétaires, ni même pour les
cultivateurs de tout ordre ; que faire pour
l'améliorer ? On a eu recours à un outillage
perfectionné qui rend de grands services ;
on emploie en grandes quantités les engrais
de commerce et Ton en obtient de très heu-
reux résultats ; de nombreuses lois utiles
pour l'agriculture ont été votées : tout cela
n'a pas suffi. Que pourrait-on faire encore ?
On demande au Parlement de voler de
nouvelles lois ; parmi ces lois plusieurs
pourront donner de bons résultats. On s'ef-
force de faciliter l'usage du crédit agricole ;
si Ton agit avec prudence, les résultats seront
avantageux. Néanmoins, ces moyens ne suf-
firont pas pour faire ces.ser la crise ; elle
est de telle nature qu'aucun moyen en no-
ire pouvoir ne doit être négligé. Or, l'un
des plus eflicaces est certainement de dimi-
nuer les frais de culture paruneadministra-
tion plus habile.
Ainsi que je l'ai déjà dit plus haut, parmi
25K
les in)per('(u^!ioïis do rndmiiustraLJon agri-
cole, les 11 fies siïnt împti tables il reus. qui
dirigent la culture : d'auirc^, ^il ce ne sor»t
pas les moiîjs JrnporLanLes, provieniienL des
conditions econnmirftiGS daiiîi lesi[uelles se
trouvent hs ox|)h>ii:itio:H: les pi-opriétuirtîs
seuls y peuvi^nt porter remède: reste à sa-
voir deqiielitîltJV'J"'
Depuis plusieurs siècles, h situation éco-
nomique de raicricullure on France, avait
peu varié en ce seii.^ (jue la inain-d'a^uvre
était abondante, la concurretice étrarîf,'L*rû
complèteinctit iilîUc, lescapiLaux rares et la
culture un si n pie luélier, heptiisinoins d*un
demi-siècle eescoiidilinns se sont pro l'on dé-
ment modi liées : la cont'urienee étrangère
aprisune inilueru-e prépundéraute ; la main-
d'œuvreestdevenuc pi us rare Gt surtout beau-
coup plus Lhrre ; Ie s eapitiinx Jie manquent
pas, maisîl lauL savoir le.; cmplayer et Itis
rémunérer : rai^riculture n'est plus né-
tier, elle est iine ^;*ience ^jui lall Batjs cesse
de nouveaux [n*o-ri'>. Il csl laciK; de com-
prendre que rorgajiisalïfjn agricole que nous
ont léguée nos pères et qui r nu venait a l c-
tat de cho?<es ancifMi, n'est plus en rapport
avec la situation [louveUe. La petite et la
moyenne < uHure avaient non seulement
leur raison d'erre, inais la supériorité dans
toutes les contrées oii la population était
suflisamment tïeose ; la ijiantie ruïiure ti-
rait un moindre [iroduit du ^ol et n'était
qu'un pis-aller lor.sfuG la population n'était
pas assez notubri^use.
Aujourd liuf, nous somuses |ires$és par la
double néce^biité deproiiuu'c a bon marclié
et de payer clier la main -d'uni vre, tout ifti
maintenant une rémunérât icju cuuvenable
pour le cil pi tal foneier et eu iissnraut un
intérêt siit'iis:iMt au eîi[>ital d'e^ploitahou,
La résoUihon d'un aemhhdde prol^lôme
n'est pas preeist^uient laede ; il est vrai que
la science tout iniotredi^imsitiou des moyens
d'action d'une L'raiide puissance que nous
neconnais^iotîs pri^ unus-uièmes d y a trente
ou quaranUMins ; mais rr> uioyeu^ d action,
il faut savuir et pouvoir lt*s eiu|iîoyer et.
pour leur iIoiimit totjle leur eKirvitrité, il
faut y joindre une txjniie adniiuislialio:!.
Les pn^hli'Mies scieulitiqoes à ré">ijudre
)Mnir la eonduUû d*unc petite exploitation de
JU hecUrers ne soni poiul autres que ceux
que Foii roticontre dans luie exploitation de
2i}0 hectares ; or, il n'est pas possible que
les peltls et nioyerHciihivalôurs acquièrent la
somme de c^rntai^sances nécessaires pour
résoudre ces problèmes. Lors n\ôme qu'ils
y parviendraient, ils n'en seraient pas beau-
rf)np plus avanrës. parce qu'ils ne pour-
ra ient ijiîllser que dnns uti*^ mesure trop res-
ïieinte les indications tournicspar la scien-
ce, La torcede traction est insuffisante pour
faire des labours profonds, un outillage
complet est beaucoup trop coûteux, la fai-
blesse du capiUïl rend irrs dangereux un
recours un tant soit peu large au crédit,
etc. Il Ë8t auKsi impossible de produirez
bon marché sur une exploitation de petite
étendue qu'a un serrurier avec son mar-
teau et sa lime, de soutenir la concurrence
des grands élablissemenLâ métallurgiques
pour la pmduction des articles de quincail-
lerie.
Nos grandes exploitations de 100 à 200
beclares peuvent travailler dans des condi-
tions beaucoup [dus avantageuses, mais je
suis convaincu qu'elles sont en général fort
loin d atteindre les meilleures conditions
possibles de Iîj production, parce que leur
puissance commerciale et économique est
insuHisante.
I hi ne %oit [loint souvenl un jeune homme,
sorti d'une école d'agricuUure, entrepren-
dre pour sion compte la culture d'un grand
domaine, ot Ton en peut donner plusieurs
raisons. D'abord, il est rare qu'un jeune
hotnmoait iï sa dis|)o.sition un capital d'une
ceritair»e de mille francs ; s'il le possède, il
so {gardera l*ien de leiignger dans une ex-
ploitation rurale, et iî fera sagement ; il ai-
mera mieux le [ilacer en bonnes valeurs et
chercher pour lui-même un emploi quel-
conque. Il faut, en elfetj des circonstances
lr<^s favorables et une direction habile pour
taire produire ii un capital d'exploitation un
revenu de 4 à 5 pour 100 ; si l'on en déduit
l'inlérét ordinaire de l'argent placé en bonnes
valeurs, soit 3 pour 100, il reste un bénéfice
de 1 ii 2 pour 100, soit de 1,000 à 2,000
fr, pour im:>,OÛO fr. ; cela ne vaut pas la
JOURNAL MENSUEL DR L ACADEHIK NATIONALE.
260
peinedexposerson capital a des risquosgra-
ves, en y joignant encore son travail.
Le capital d'exploitation, môme avec une
bonne administration, court en effet des ris-
ques d'autant plus sérieux que la durée de
l'exploitation est plus courte : non seule-
ment ragriculteiir le plus expérimenté est
exposé à de grandes pertes par suite de la
mortalité du bétail, des grêles, des inonda-
tions, etc., mais il est encore plus souvent
exposé ÙL des pertes qui, bien moindres,
sont néanmoins très sensibles, par suite de
saisons défavorables, et il n'est pas rare de
voir se succéder plusieurs années mauvai-
ses. Si l'agriculteur possède un capital suf-
fisant pour résister à la mauvaise fortune,
s'il persévère sans se laisser décourager, les
bonnes années viendront après les mau-
vaises ; il parviendra à réparer les brèches
faites à son capital et même à réaliser quel-
(|ues bénéfices. Mais si son capital est res-
treint, s'il se trouve arrêté par Page, par la
maladie ou par la mort, son capital sera en
grande partie perdu.
Un fils de cultivateur, qui trouve le capi'
talde la famille engagé dans la culture, qui
le plus souvent sera pendant quelques an-
nées le collaborateur de son père avant d'as-
sumer la responsabilité de la direction, ce-
lui-là peut continuer la profession pater-
nelle ; il ne fera pas fortune, mais il pourra
gagner modestement sa vie. Quant k ceux
qui sont dans une situation différente et qui
cherchent une profession à peu près équi-
valente aux fonctions publiques et aux pro-
fessions libérales, pouvant leur procurer
une rémunération assez modeste de 4,000
ou 5,000 francs par an, il ne la trouveront
point dans la culture, sauf quelquescircons-
tances exceptionnelles.
Parmi les fils de cultivateur, il en est
beaucoup qui, par des raisons diverses, ne
suivent pas la profession paternelle, dételle
sorte qu'aujourd'hui le nombre de ceux qui
sont disposés à diriger une exploitation, soit
comme propriétaires, soit comme fermiers,
devient insuffisant : c'est le contraire des
autres professions où chaque emploi vacant
est demandé par des dizaines, quelquefois
par des centaines de candidats. Le mals'ag-
301
AGRICULTURE.
305
^?e d'année ec annéd el on ne peut pas
alieudre de l'avenir autre chose qu'une ag-
gravation. Faudra-t-il en venir à laisser des
terres incultes faute de cultivateurs qui
veuillent lesexp](»iter ?
Pour rendre à l'agriculture son fonction-
nement normal) il faut faire en sorte que le
capital loncier et le capital d'exploitation
soient passablement rémunérés, ainsi que le
travail manuel et intellectuel ; or, comme
l'on ne peut pas espérer un relèvement im-
portant et durable des prix de vente des pro-
duits agricoles, il n'y a pas d'autre moyen
d arriver au résultat désiré que d'abaisser
beaucoup les prix de revient.
Pour atteindre ce but, il est nécessaire de
modifier l'organisation actuelle de la culture,
loeexploitation de 100 et même de 200 hec-
tares, dans les conditions communes de fer-
lililé et de situation, est tout à fait insuffi-
s.MDte pour rémunérer les services d'un di-
recteur instruit et expérimenté, pour per-
mettre un bon emploi des forces et cons-
tituer une unité commerciale sérieuse. Ad-
mettons pour le directeur une rémunération
de 5,000 francs par an, ce qui n'est pas un
bien gros chiffre pour un ancien élève de
l'Institut agronomique ayant, outre la scien-
ce, un certain nombre d'années d'expérience.
Ce chiffre modeste représenterait une char-
ge de 25 à 50 francs par hectare, ce qui
serait exorbitant ; il est clair d'ailleurs qu'un
atelier de trente ou quarante personnes,
bommes, femmes et enfants, ne comporte
pas un emploi d'ingénieur pour le diriger.
l^nQn, un établissement qui fournit chaque
année un chiffre total de produits vendables
de 00,000 a 80,000 francs ne peut pas traiter
dans des conditions avantageuses, alors sur-
tout que ces produits sont de natures diver-
ses et ne peuvent être vendus qu'en gros.
Faudrait-il chercher à constituer de très
lîrandes exploitatioits, dd 500 hectares, par
exemple et même plus ? Je ne le pense pas.
Outre que cette étendue ne serait pas encore
a^7. grande pour rémunérer la direction
sans qu'il en résulte une trop forte charge,
ni pour constituer une unité commerciale
suffisante, elle donnerait lieu à des pertes
*^e temps très considérables el à de trop
grands frais de li-ansports intérieur*. U serait
du reste difliciie dt: réunir uïk^ telle élerîdue
de terrain cottvfiiabîeineiit ooncenirëe, la
construction de^ b^ttim^Mits oUlii^^eraît ù im-
mobiliser un capital ttès important, ei 1 ex-
périence démontre qiie les grandoâ agglo*
roérations de hoiall f^ivorisont le EJévelop-
pement des ma ladites euntai^îeuses ffiii peu-
vent occasionnel- de^ pertes Biiornurs,
La véritable snltuiori du pmijl^ine me
semblerait être île grouper, par voie d'asso-
ciation des prc>[)riétaires, un certain i»om-
bre d'exploitations représenUnt une super-
ficie totale de plusieurs uiilliers d'Jiectares ;
il ne serait aucunement uécessaire que ees
exploitations fussent ciKiti^^ueis, ni mêmes
voisines, ilsullirait quelles ne lussent pas
trop éloignées, eu è^^ard à leui" iînportanee
et aux moyens de corn ii! uni cation,
L'entreprise M^riut conduite par un il î rec-
teur aidé d'un ou plusieurs ins[iecteurs,
choisis parmi Ic^ jeunes i^eni dipirHués de
rinstitut agrouurnique ou au moins d'une
école supérieure d'ai^ncultuj'e. illiafiuo ex-
ploitation aurait a sa tele uji chrf tle cul-
ture, chargé de doimer les ordres de détail,
desurveiller le personne! et deierurles itolea
nécessaires pour la couijilabilité et'ntrale.
Voici quels seraient, il mon avis, les
avantages d'une -enibla]»le fM'|î:Juisarion .
Elle permettrait d'utiliser toutes le.s n*s-
sourcesde la scieïïce ; le travail inlellectuel
serait convenaLilernent rémunère sans im-
poser à la terre une ehari^e ojiêrense ; —
la stabilité de l'en ire prise serait beaucoup
plus grande querelle <pje [hmiI uUVÎr un
propriétaire ou nu reniiiiM\ ce ijni [terinei-
trait de recruter uu ]»ersmiriel île rljoix ; —
on réaliserait une i i^injouiie Irrs scnsijjlesur
le capital engage *:u iuateri<t| ri aruutaux de
trait, lesdiversps ex [)lûi{atiorLs pouvant s'on-
tr'aider dans certains tjïouients ; - leur
travail serait mieux ntilisé et de ^n-arjdes
pertes de tempsëvitécs; — les \Yms de vente
et de livraison seraient Jiminiirs dans une
proportion coti^iidéralïle. et irs vint tes se fe-
raient dans des cfuniitions hL^aueiiop meil-
leures.
On objectera ipt'utïe eut reprificstir le plan
que je viens dVsfpiisser :'i ^'î-nuds traitSj né
263
JOORNAL URNSURL DE L'ACADEMIE NATIONALE.
serait pas chose facile à organiser ; j'en suis
parfaitement convaincu, mais ce qui estdif-
iicile n*est pas impossible, et ce qui est très
difficile aujourd'hui peut devenir beaucoup
moins difficile par suite d'une modification
des circonstances ; et la rareté croissante
des fermiers obligera les propriétaires a
chercher des moyens de ne pas laisser leurs
terres incultes et improductives.
A défaut d'une organisation complète
comme celle dont je viens de parler, on
peut travailler àdiminuer les frais d'exploi-
tation et à améliorer les prix de vente par
divers moyens et notamment par des asso-
ciations partielles, comme les laiteries coo-
pératives, qui rendent de très grands servi-
ces à ceux qui ont su les organiser. Ces as-
sociations ne peuvent guère s'établir et fonc-
tionner que sur l'initiative et avec.!
cours des propriétaires. Nous neici
plus au temps où la propriété ronk
un placement de tout repos, ne doaûâs:
d'autre souci que d'encaisser lesfen
et de renouveler de temps en temps b
avec augmentation de prix;silepiM
taire ne veut pas voir ses revenus désr
outre mesure, il faut qu'il vienne eos
son fermier en lui procurant les moyes
travailler dans de meilleures conditlû'^
En résu raé, mon but, en écri vant cesr:
est d'appeler l'attention des agricaltee
des propriétaires sur la possibilité etu
cessi té très grande de diminuer le p*i
revient des produits agricoles par le m
d'une administration étudiée avecpb
soin dans tous ses détails.
INDUSTRIE
APPAREIL PERFECTIONNE
SYSTÈME WOODS
pour distribuer l*huile aux broches de
niaturee,
construit par MM. Geo. THOMAS et G'«
72 a, Deansgate, à Manchester.
Nos Sociétaires de Manchester, MM. Geo.
Thomas et Cie, les grands fabricants de tou-
tes sortes de machines, outils et usirfri
employés dans les industries texlil?-s
les constructeurs d'un nouvel appare
venté par M. Woods pour accélérerlic^
bution de l'huile aux broches de lilâi-l
et qui est aussi simple qu'ingénieux.
D'après la figure reproduite ci-apri
se rend aisément compte de la n» <
dont est constitué l'appareil et de la ^«j
dont il fonctionne.
Comme on peut le voir sur celle figure,
Tappareil se composedun récipient rectan-
gulaire contenant une certaine quantité
d'huile, et d'unjeude 12petiU seau^'^^
mécanisme très simple, obéissant ai' ^
vement d'un levier commandé à Is^
i
r
-f^-*-
2C5
INDUSTRIE.
260
feil d'abord se remplir d'huile dans le réci-
pieni et se déverser ensuite, dans de petits
enloDDoirs, dont les trous d'ëcoulement doi-
vent correspondre exactement aux ouvertu-
res pour graissage de î2 broches d'un banc
de filature.
Grâce à cet appareil, le graissage de douze
broches s'opère aussi aisément et rapide-
ment que le graissage d*une seule broche au
moyen de la burette à main, et Von peut
ainsi réduire considérablement les temps
d'arrêt imposés aux métiers pour procédera
la Inbrilication dos broches. On évite aus-
si tout gaspillage d'huile, caria quantité
d huile distribuée à chaque broche est ex-
actement dosée par la capacité des seaux de
l'appareil, et le graissage de l'ensemble se
trouve être absolument régulier. En résu-
méj'appareil offre bien réellement les qua-
lités suivantes énumérées par la circulaire
spéciale qu'ont publiée MM. Geo. Thomas
et Cie a son sujet :
Il est portatif, maniable, simple et pro-
pre, et il supprime toute perte d'huile.
On comprend aisément, d'ailleurs, que,
pour être pleinement efficace, chaque ap-
pareil doit être combiné de manière à s'ac-
commoder exactement aux bancs des bro-
ches à graisser, et qu'en donnant à MM.
Geo. Thomas et Cie la commande d'appa-
reils semblables, il va lieu de leur fournir
l'iodication des dimensions et des divei*ses
particularités caractéristiques des bancs,
ainsi que la mesure extrêmement précise
des écarts entre les broches. Ajoutons que
les appareils, à moins d'indications contrai-
res, sont toujours construits pour 12 broches,
(nais qu'ils peuvent être établis pour une
moindre quantité de broches si on le désire.
En résumé, il est incontestable que cet ap-
pareil, dit de Woods, dix nom de son inven-
teur, marque un perfectionnement appré-
ciable dans l'outillage mobile des filatures,
H Ton s'explique qu'il ait rencontré partout
une très grande faveur, depuis que MM. Geo.
Thomas et Cie ont entrepris sa construction
pour en introduire l'emploi dans toutes les
manufactures intéressées.
LA PRODUCTION DE LA HOUILLE
DANS LE MONDE.
On produisait en 1896 dans l'univers en-
tier 600 millions de tonnes de houille. Sur
ce nombre l'Angleterre et les Etals-Unis en
avaient produit ensemble prèsdes deux tiers,
371 millions.
Voici, pour tous les pays du monde, la
production des trois dernières années indi-
quée en milliers de tonnes :
1894. i«95 1896
Angleterre 191.29) 192. 69G 1^8.487
Etats-Unis 154.^87 175.185 1:3.000
Allemagne 98.836 103.9VS 112.438
Autriche 26.9)5 -28. H2 2.>.000
France 2r.4!7 28.020 28.870
Belgique 20.r.35 20.551 n.250
Russie «.^-^O 8.86: 9.000
Hongrie 4.212 4.543 4.600
Australie 4.956 4.768 4.547
Indes 2.866 3.595 3.900
Japon 4.311 3.650 3.715
Canada 3.496 3.569 3.397
Chine 3.000 3.000 3.000
Espagne 1708 1.7S4 1.875
Chili 992 992 1.003
Italie 271 305 300
Suède •.... 1*J« 224 226
Autres pays 600 1 .500 1.500
Total 554.948 585.319 600.105
[Revue de Statistique.)
PRINCIPES NOUVEAUX DE CHAUFFAGE
INDUSTRIEL.
ayant pour résultats la suppression de la
fumée et l*économie du combustible
Un problème d'un immense intérêt pour
l'industrie vient enfin d'être résolu.
On sait que, jusqu'à ce jour, tous les in-
venteurs ont à peu près complètement
échoué dans leurs recherches relatives a
la production des feux sans fumée. Les
moyens proposés ont toujours paru inap-
plicables à cause des complications ou de^
dépenses excessives qu'ils nécessitaient.
Il y a quelque temps, un ingénieur au-
trichien, M. Fritz, annonçait qu'il avaitdé-
couvert le moyen de produire des feux sans
fumée par un procédé simple, pratique,per-
Sffr
JOORNAL MENSUEL DB L'ACADKIflE NATIONALE.
2o8
meUant d'économiaer 30 0/0 de combusti-
ble. A lii sujle d'essais faits par des spécia-
listes, uue commission parlementaire fut
nom ruée, eiaujourd'luii après des expérien-
ces absolument concluantes, le ministère
de la marine a résolu d'appliquer le systè-
me de M , Frflz. ;
[/invention de Tingénieur autrichien est
basée sur les principes suivants : qu'un feu
sans fumée poul-ûtre produit seulement,
1° lorsque la porte du fourneau reste tou-
jours close ; 2" lorsE|ue \c combustible est
ajouté par petÎLes quantités; B"" lorsqu'on at-
tise le feu sans laisser pénétrer Pair au-des-
sus du foyer.
Ce système est appliqué depuis six mois
dans unegrande manufacture prè$ de Vienne.
Durant ce laps de temps, réconomie de
combustible a été exactement de 33 0/0.
Quant à Téconomie de main-d'œuvre, elle
peut sévaluer d'après le fait qu'un seul
homme accomplit la besogne de dix chauf-
feurs.
L'invention de l'ingénieur autrichien est
applicable avec un égal succès aux bateaux
à vapeur, aux locomotives et aux manufac*
tures.
Ajoutons que l'amirauté anglaise va met-
tre à l'essai ce nouveau système quî^ en
outre la grande économie de charbon, per-
mettra de supprimer sur les grands cuiras-
sés au moins 80 chaufTeurs sur 100.
EXPOSITIONS ET CONCOURS
EXPOSITION D'HORTICULTURE
L'exposition aniiu«Ue delà Société d'Hor-
ticulture sVsttenueu Pariiidu 18 au 25 mai,
sur remplacement habituel de la terrasse des
Tuileries,
Chaque année, cette exposition gagne en
éclat et en importance. Il n'entre pas dans
le cadre de notre journal de parler des di-
vers produits d'hortiuuUure, si variés et si
brjllant3,<{ui ont été présentés à Texposition.
Mais la partie purement industrielle de cet-
te exposition relève de notre examen.
Parmi les participants à cette partie in-
dustrielle figuraient plusieurs de nos Secré-
taires dont les expositions particulières
méritent une description sommaire.
M. Broquet, h PariSj présentait les divers
types de pompes de sa fabrication, tant de
fois mentionnés dans notre Journal, et no-
tamment la nouvelle Pomj7C borne à volant
qui est si intéressante et que nous avons dé-
crite en détail dans le compte rendu du
(Concours agricole de Paris publié par notre
Journal de mars dernier.
MM. Egrot et Grange ont fait figurer à
l'exposition quelques-uns des types %*arié$
de leurs appareils de distillation si univer-
sellement connus, sans cependant donner a
leur participation à cetteexpositionlaméme
importance qu'à leurs installations aux
grands concours agricoles.
M.GoussARD, à Montreuil, près Paris, pré-
sente des peintures prêtes à employer, et
divers produits spéciaux pour usages horti-
coles, tels qu'un mastic à greffer, un pré-
servatif de récorce, etldijixative, poudre
servant à préparer instantanément les bouil-
lies anticryptogamiques et à obtenir la fixa-
tion des sels de cuivre.
Le mastic à greffer est à base de gou-
dron de Norwège et se recommande par sa
régularité de qualité et par son emploi faci-
le. Voici en quels termes il a été parlé de
ce produit dans un rapport à la Société na
tionale d'Horticulture :
a Le Mastic à froid dont M. Goussard est
« l'inventeur nous paraît, en raison de ses
« qualités, être appelé à beaucoup de suc-
« ces.
« Depuis plusieurs mois nous lavons ex-
'vr-
269 EXPOSITIONS
« périmenté avec beaucoup d'attention et
<* nous le trouvons véritablement supérieur
1 à tous les produits du même genre em-
3 ployés jusqu'à ce jour.
a D'un emploi très facile, il acquiert en
î peu de temps une extrême dureté. Ni le so-
« leil, ni la pluie n'ont d'action sur lui,et il
< conserve toujours nne adhérence parfai-
• te sans couler ni se tendre, quelque temps
< qu'il fasse.
a Son prix nous semble assez modique
s pour en recommander l'emploi mémo dans
< les pépinières.
« En elfet, il ressort de nos essais qu'un
"■ kilog. de ce Mastic qui coûte 1 i. 80 peut
I servir à greffer plus de cinq cents arbres
• fruitiers à haute tige.
« Nous le recommundons tout spéciale-
^ ment pour la cicatrisation des plaies sur
« les arbres fruitiers.
« En résumé, ce nouveau mastic présente
'* une amélioration sensible en même temps
1 quil apporte une sérieuse économie.
« Nous en adressons les plus vives félici-
« tations à &]. Goussard et nous demandons
( le renvoi de notre rapport à la Commis-
^ siou des récompenses. »
 la suite de ce rapport, une médaille
d'argent a été décernée à M. Goussard pour
son ma8tic,avec la mention : très recomman-'
dable.
Le Préservatif de lécorce est une pou-
dre spéciale qui, inlusée dans l'eau tiède,
forme une bouillie consistante devant s'em-
ployer au pinceau pour recouvrir en hiver
l'écorce des arbres fruitiers. Ce produit per-
fectionné remplace avantageusement^comme
edicacité, lo lait de chaux dont on fait usage
iiabituelleaient, et détruit radicalement les
germes de tous les insectes nuisibles aux ar«
bres fruitiers.
La Fixative est constituée par des pa-
quets ou des sacs séparés d'une préparation
cuprique et d'une préparation fixative. On
fait d'abord dissoudre la préparation cupri-
que dans l'eau froide ou chaude, et lorsque
la dissolution est complète, on ajoute la pré-
paration fixative,et Ton agite le tout forte-
ment avant de verser la bouillie ainsi obte-
nue dans les appareils pulvérisateurs. Cette
ET CONCOURS. 270
bouillie réalise le but recliorché d'assurer
une adhérence permanente des sels de cui-
vre sur toutes les parties des végétaux Irai-
tés : vignes, pommes de terre, arbres frui^
tiers, etc.
Le président de la chambre syndicale des
cultivateurs de la Seine a dfîlivré à M, Gous-
sard le certificat sulviiril :
a J'ai le plaisir de vous annoncer que les
c( expériences de vatre poudre la ^ Fixa-
« tive » faites par les merubres de notre
(( syndicat contre le Mildewont été satisfa^-
a santés.
« Tous les rapports qui nous onlétéadres-
(c ses par les expérimentateurs concluent k
u son efficacité, à une économie de temps
tt dans la préparation du liquide, lequel
a n*obstrue pas les appareils destinés à le
« répandre. »
Une semblable attestation est absolument
concluante.
M. HiRT, à Paris, a exposé les difTérenls
modèles de pompes de sa fabrication^ si ex-
perte et si soignée. Gomma ces modèles
touchent depuis longtemps à la perfection
absolue, il n'y a plus à enregistrer de nou-
veaux progrès dans leur conâtrucUon.
M. Mercier ) â Paris, tout en exposant
une assez grande quaniilé d'objets divers,
n'a pu présenter lataLalltédes articles qu'il
fabrique ou vend, et qui répondent à peu
près k tous les besoins det'horlicultut-ectdu
jardinage proprement dit. Nous mention-
nerons simplement, parmi tes objets expo-
sés, les grillages JesclHure^Jes bacs à fleurs
et à arbustes, les arrosoirs et les chaises
de jardins. On peyt d'aiileur-; demander h
la maison Mercier tous les meubles^ usicii-
siles et outils dont on a besoin dans la pra-
tique du travail horticole.
M. RoussET,àSaint- Victor-sur-Loire [Loire),
expose les grillages, les clôtures^ les ectia-
las, les tuteurs, tes gradins, Im tonnelles,
les entourages d'arbres et les articles divers
pour usages agricoles et horticoles dont la
fabrication en feu il tards d'acier a été créée
parle regretté M. Micolon. Tout cela est
271
JOURNAL MENSUEL DE L'ACADEXIE NATIONALE.
972
^
â la fois solide, léger, économique et du-
FHble, Nous avons remarqué une volière
dëmontabiej en fort grillade, avec porte so-
lidement agencée, qui est vraiment d'un
|)rix très modéré. La substitution du métal
au bois, réalisée par cette maison pour un
Irèa grand nombre d*objets, a marqué un
ir^shpureux progrès réalisé dans Tensem-
ble de routillage et du mobilier agricole et
borlicole.
EXPOSITION DE 10OO
(Renseignements divers)
LES CONGRES INTERNATIONAUX DE l'eXPOSITION
DE 1900.
Le ministre du Commerce, sur la propo-
sition du Commissaire général, a signé l'ar-
rtH instituant les Congrès internationaux
qui auront lieu pendant TExposition de
1900. Kn voici lorganisation générale. Les
congrus sontdivisés en douze sections :
L Educolion et enseignement.
2, Beaux -arts, belles-lettres, histoire, ar-
chéologie .
3, Sciences, mathématiques (mathémati-
ques, mécanique, astronomie, géo-
désie).
4, Sciences physiques et leurs applications
(physique, chimie, météorologie, in-
dustries physiques et chimiques).
r>. Sciences naturelles (géologie, minéra-
logie, botanique, zoologie, anatomie,
physiologie, anthropologie).
0, Sciences médicales.
7. Mécanique appliquée, génie civil et
maritime, moyens de transport.
8. Sciences agricoles (agronomie, agricul-
ture, industries agricoles).
0. Economie politique, législation, statis-
tique,
10. Sciences sociales (économie sociale, hy-
giène, assistance).
IL Sciences géographiques géographie,
physique, exploration, colonisation).
12, Industrie et commerce en général
Tous ces congrès sont placés sous le pa-
tronage du gouvernement français ; mais il
est spécifié que ce patronage ne peut, en
aucune façon, engager l'administration,
quant aux opinions émises ou aux résolu-
tions formulées ; les sujets religieux et po-
liti(|ues sont aussi formellement interdits.
Douze comités spéciaux correspondant
aux douze sections que nous venons d'énu-
mérer seront cbargés d'étudier les questions
relatives aux propositions ou demandes de
congrès et d'en préparer l'organisation. Les
membres de ces comités seront nommés
par le ministre du Commerce et de l'Indus-
trie, sur la proposition du Commissaire gé-
néral, et ils éliront entre eux, pour chaque
comité, un président, un vice- président et
un secrétaire.
Les propositions formulées par les comi-
tés seront transmises à une commission su-
périeure chargée de la direction générale des
congrès conjointement avec le directeur
général de Texploitation de l'Exposition
universelle. Cette commission supérieure
comprendra un président et trois vice-pré-
sidents, nommés par le ministre sur la pro-
position du commissaire généra], et cela en
dehors des membres des comités, tous les
présidents et vice-présidents des congrès,
le délégué principal à Torganisalion des
congrès, enfin, un secrétaire et un rappor-
teur désignés par le commissaire général.
Les commissions d'organisation devront
soumettre à l'administration au plus tard le
1" octobre 1899, le programme des ques-
tions soumises aux délibérations des con-
grès, ainsi que l'indication des sujets qui
doivent faire Tobjet des rapporteurs prépa-
rés à l'avance, les noms des rapporteurs dé-
signés, l'indication du nombre présumé des
séances, de l'époque proposée pour la tenue
des congrès et des locaux demandés pour
les réunions.
Telles sont les mesures d'organisation
prévues par l'arrêt ministériel. Cette orga-
nisation sera sous la direction principale
de M. Gariel, le savant professeur qui orga-
nisa déjà les congrès de l'Exposition de
1889. De plus, un palais spécial, dans l'en-
ceinte de l'Exposition de 1900, sera réservé
273 EXPOSITIONS BT CONCOURS.
aux congrès et aux conférences qui les ac
compagoeront.
274
Le pont Alexandre III
Les travaux du pont Alexandre III mar-
chent avec rapidité, et pendant que la culée,
de la rive droite commence à se dresser, le
caisson de fondation de la rive gauche a at-
teint le bon sol, le 14 mars, à une profondeur
de 9™ 50. La partie du travail exigeant rem-
ploi de Tair comprimé étant maintenant
terminée, les maçonneries à Pair libre vont
être mises en train sur la rive gauche, et de-
puis les premiers jours d'avril Tonprocèdeà
rinslallalion de la passerelle, véritable pont
roulant absolument nécessaire pour la mi-
se et) placedela partie métallique du pont;
cette mise en place devant s'effectuer, en
effet , sans interrompre la navigation, et le
procédé employé pour les ponts ordinaires,
procédé consistant à lancer le pont, ne pou-
vant être employé ici .
La passerelle mobile, de 120 mètres de
portée, reposant à ses deux extrémités sur
des galets, servira à la mise en place des 15
termes supportant le tablier du pont ; cha-
que position de la passerelle permettant Té-
diûcalion de 3 arcs, il suffira de cinq dépla-
cements pour la construction complète du
pont.
Pendant que s'effectuent ces différents
travaux, des équipes d ouvriers sont occu-
pées à transformer le bas port entre le quai
de la Conférence et les abords du pont ; le
pont roulant, qui sera également employé a
la crmstruction, est commencé, et les pre-
miers voussoirs d'acier destinées à la su-
perstructure sont fondus.
Après avoir dit à (|uel point en est la
construction, nous ne pouvons faire mieux
({ue de donner quelques renseignements,
empruntés à la Nature^ sur ce que sera le
pont une fois terminé, et sur les moyens em-
ployés pour sa construction.
Le pont Alexandre III, construit en acier,
d'après les études des ingénieurs Résal et Al-
^y, sera un peu moins élevé que son proche
voisin d'amont, le pont de la Concorde, mais
un peu plus que les ponts jetés en ïivaL Sa
longueur lomle enlrcles deux culées, d'une
rive à 1 "autre, sera de 100 "• 0() correspon-
dant à une parlée utile, h une ouverture
réelle, sous les arcs, del(ï7'"D0.
Aucuû poni Je France ne sera plus har-
diment surliaissé, cela aiin de laisser au-
tant que (loàsible la passe libre en cette sec-
tion de l;i Seine où la uavigatirm est très ac-
tive. La résisiaijce lie I acier, jointe à son
élasticité, a permis aux ingénieurs de don-
ner îxixsurbaisscment \e^ cuefticieut remar-
quable ti« 1;17, \2.
Le tablier du pont reposei'a, par Tinler-
médiaire tJo pièces verticales, sur 15 arcs
d'acier anicuiés, y leurs reLombéeSt sur des
rotules^ cûiTinie cela a été lait en 1881* par
M. Contamitî, pour les grandes fermes en
charpenie métal lû[ue du Palais des Ntachî-
nes, et plus r*>cemnienL pour le pont iMira-
beau. Cette disposition préseiile l'avantage
de faire toujours passer, au même point de
la retombée j les ellorls, quels qu'ils soient,
de charge, de dilatation, ou de contraction,
que rossiuuni du pont doit supporter. On
est donc nuisi à Vabri de tout accident, et
cela, d'une lu^^ou véritable me m mathémati-
que. La hauteur des arcs, sou^ la chaussée,
sera de C '7,3 à la clef : c'est la l épaisseur
minima de ce grand passage.
Le pou t Alexandre III sera en eîTcL le pont
le plus hir^n r[ui existe au muude. avec sa
chaussée de 'Ji\ mètres de lar^^eur, bordée
de deui trottoirs de 10 tnoiros. Le ponlde
Brooklyn, a >'ew*York, dunf les Auiéricaina
sont Qers à si juste titn', ua i|ue Si mètres
de largeur luiale de tablier. ,lu5i]u'à l'inau-
guratiou du pont de TExpasitiou universel*
le, ce sera h; pont d'Auslerlil/, élar^^i il y a
quatorze ans, <|ui diUieudra le record avec
ses30 mèLresde largeur Lutale comprenant
une chaussée de ifO mètres et doux irottorr*
de 5 mèli ( s.
Pour !'i <*ouslrucLiu!i des culées en ma»
çonneric d<.'bL^t<>rt,il a fallu recourir au sys-
tème de tijuda lions î)ar caissnîis à air corn*
primé. Le niveau de la Seine est^ en elîtîl,
très variable, dans cg!^ parasses, itl le sous-
sol est sujet à de porfiétuelles inhliratiuns.
Le sy5tc[ue du caisson fieruiet de traverser
à
Tj-ÇT^syr-^
275
JOURNAL MEffSURL DB
sans diflBcullë des sols inondés de ce gen-
re.
L*air comprimé nécessaireaété emprunté
aux canalisations de la Ville de Paris. La
Compagnie spéciale le fournit à la ville à la
pi*ession de 3 kilogrammes par centimètre
carré, soit trois atmosphères. Or, les cais-
sons du pont Alexandre III n'ont pas à des-
cendre au-dessous de 12 mèti*es (renfonce-
ment : la pression maxima de l*air néces-
sitée ne dépasse donc pas deux atmosphères.
Un régulateur ingénieux le fait varier par
dixième d'atmosphère, au fur et à mesure de
renfoncement.
Les caissons de fondation du pont Alexan-
dre III sont les plus considérables, comme
poids et comme dimensions, que Ton ait
jusqu'ici construits. Le poids de chacun
d'eux est de 3.800 tonnes ; leurs dimensions
sont de 47 mètres sur 38 mètres, en section
horizontale rectangulaire, soit L500 mètres
carrés. Chaque fondation, ainsi effectuée
coûtera environSOC.OOO francs, soit 1.600.000
francs pour Tenracinement dans le sol du
pont, dont le prix de revient total .est évalué
à 6 millions de francs.
Une particularité du travail des caissons
du pont Alexandre III a été quo les terres
extraites des chambres de travail étaient,
tout aussitôt, jetées dans la Seine ; cette
projection avait pour but de diluer les ter-
res argileuses que Ton extrayait. A peine
jetées dans Teau, et s'étant ameublies, elles
étaient repêchées par des dragues, chargées
l'académib nationale. ^^^
dans des chalands, et emmenées à un lieu
de décharge en aval.
Le pont Alexandre III ne sera pas seule-
ment un beau pont au point de vue del'art
de ringénieur, ce sera une œuvre architec-
turale. Aux têtes du pont seront placés qua-
tre grands pylônes de pierre surmonta de
groupes en bronze doré dont chacun repré-
sente une Renommée tenant en main un
Pégase cabré ; le sommet de ces motifs sera
à 28 mètres au-dessus du niveau moyeu de
la Seine. En avant des pylônes, des statues
monumentales symboliseront la France et
la Russie ; de chaque côté de larges escaliers
à deux paliers descendront vers la Seine.
L'ensemble de cette construction a été étu-
dié par MM. Cassien-Bernard et Cousin.
Les maquettes qui servent à cette élude
sontdues à MM. Kulicosky et Germain. Elles
se font en plâtre finà Téchellede 1 et 2 cen-
timètres par mètre ; on y voit des bas-reliefs
de 6 millimètres de hauteur, des statues de
10 centimètres de haut, etc.... Grâce à la
malléabilité du plâtre, tout cela se fait au
couteau ; tout motif ne plaisant pas est rem-
placé par un autre.
Ces maquettes, bien quecoûtant fort cher,
conduisent à une ^[rando économie, en évi-
tant les erreurs finales, les mécomptes artis-
tiques et les modifications de la dernière
heure. Après une exposition publique eu
1000, elles iront figurer au musée Carnava-
let.
(Extrait do la Chronique industrielle.
COMMERCE
LE COMMERCE EXTÉRIEUR DE LA
FRANCE
pendant les quatre premieps mole de 1808
Voici, diaprés les publications ofiicielles
de l'administration des douanes, quels sont
les résultats du commerce extérieur de la
France pendant les 4 premiers mois de-
Tannée en cours et de Tannée précédente :
IMPOUTATIU.NS 1898 1897
Objets d'alimentation 467.335. 000 2;9.09v).000
Matières nécessaires
à rindustrie 7i>5.403.000 814.6î>1.0M
Objets fabriqués ?1 1.406. 000 2(»5.K'O.OO0
Total.
.... 1. 47!. N4. 000 1.328. ;*23.0J0
*^^IWBPP"i
i:xtH>HTATK>Hi!
I80i
Objets d'aUmeolatiorv
M a tiérâR néoeas» i rcs
É l'indusirie,..,,.,, 5^0.040.000
Ubj«t» fabriqués 5.^4.783.01)0
Cûliâ postaux 54.354.0yô
Toml.
IJ32.733.ÔCK1 1.157,016,000
Kii comparant ces nh if très à ceux publiés
pour les réâuUalâdes trois premiers mois
d^ Tannée, on obtient las indications suî*
vantes fiour les résultats propres anx mois
d'avril 1897 et 1898 :
COUMKHUB. 278
lèUT perle ressort donc incontestablement, à
197,69*^.000 169,504.000 fr, pour les quatre premiers
mois. Il est malheureusement à craindre
quGj tant à cause de nos besoins d'importa-
tion de céréales que par suite des consé*
quences de la guerre hispano-américaine,
cette perte n'aille en s'aggravant considéra -
bLement durant quelques mois encore,
^jî*,4tm,OL)0
âa:534.ooo
Importations.
Eiporistioas .
Avril IS97
ai3.943,0ou fr.
332.715,000 »
Avril im
3l5.Wi.O00 rp.
31l.42î>.0ÛO ^
Comme on le voit, le mois d'avril accuse
Il continuation du caractère défavorable du
mouvement de nos éthangps extérieurs, ca-
ractère qui s'accuse par une augmenlation
eu chiirre des importbtions et une ro'luc-
tien du montant des exportations.
Uunint les quatre premiers mois de l'an-
uèe, fjotrÊ importation a dû comprendre
188 245.000 d'ol>jetsd'alimentalion en plus
tfue Vannée dernii^ire. It est vrai (jue nou.^
îvons importé pour 49.'!?90,000 fr. en moins
d^ matières nécessaires à Undiistrie, mais ce
résultat doit être considéré comme plutôt
fl&cheuK que satisfaisant, car il indique un
ralentissement sensible de^ industries met-
tant en oeuvre des matières premières pro-
bant de l'étranger et que notre sol natio-
ml ne peut fournir lui-même.
Tous Les chapitres dû Vexportaiion sont
tn diminution. Mais la réduction totale n at-
leiijt ffue :^4, 283,000 fr.. et le m:il ne serait
pa&très grand si les importations ne pré-
sentaient dans leur ensemble une augmen-
mion considérable de 147^,221 000 fr.
C'est donc surtout par le iléveloppoment
excessif des importations que notre situa-
tion écoiïomiquese montre sous des aspects
peu satisfaisants.
U balance du commerce qui, à la fin
ilavrit 18 j7, ne se soldait, à noire désavan-
tsge.ijue par lT1.007,0tX) fr., présente, à la
fin (l'avril isr>8, un solde en notre défaveur
>Je 341,411.000 IV, D'une année â l'autre, la
LE COMMERCE EXTÉRIEUR
L'ALLEMAONE.
DE
Les exportations derAllemagne se sont
élevées à 017.220.000 marks, soit envi-
ron 1 .140,525.000 francs, pour le premier
trimestre de Tannée 1S08, en augmentation
de 8 % sur les exportations de la période
correspondante de t année précédente.
Nous avons vu que, pour le premier tri-
mestre de 1898, les exportations fran^- aises
n'ont atteint que 800.018 000 Ir., en dimi-
nution de près de 2 % sur les exportations
correspondantes de l'année dernière.
Comme on le voit, la marche du com-
merce allemand s'est montrée plus favorable
que la marche du commerce frauvais du-
rant les trois premiers mois de Tannée en
cour^.
LE COMMERCE FRANÇAIS
et \m guerre hi«pAno-amèHc«liio.
Il est intéressant de chercher a se rendre
compte de Tiniluence pernicieuse rjuc peut
avoir la guerre Inspano-américaiue sur la
marche du commerce français,
Notre commerce général avec les Kta ta-
lents est de 660,201.175 franco, d'après les
st;ilisiiques oftieielles de 1800 importations
américaines en Krancej 3-ÏO. 178,981 francs ;
exportations françaises aux Etais ^Unis
3:^9,082,194 francs). Les droits pervus, en
1806, par notre douane sur les articles pro-
venant des Etats-Unis se sont élevés a
45,692.72:j (V.
Pour la même année, noire commerce
général avecTEspngnoa monté â522^055,752
279 JOURNAL MENSUEL DB
francs(exportaUons en France, 165,401,341;
iraportalion» en France, 356,654,411 fr.).
Les articles espagnols ont paye à l'entrée
52,214,482 francs, à titre de droits de
douane. Notre commerce avec Cuba a été
de 10,528,405 francs et aux Philippines de
12,176,516 francs, comportant une percep-
tion de droits dédouane à l'entrée en France
de 4,921,343 francs.
On voit, d'après ces chiffres, quelle per-
turbation causera à notre commerce géné-
ral cette guerre regrettable. Nos importa-
tions de produits américains et espagnols no
souffriront peut-être pas de fortes dimiou-
lions, mais il est à craindre que nos expor-
tations ne se trouvent sensiblement rédui-
tes durant une période de temps plus ou
moins prolongée.
LE COMMERCE EXTÉRIEUR DE
L*E8PAQNE EN 1897.
Le commerce extérieur de l'Espagne s'est
élevé, en 1897, à 647 raillions de pesetas à
l'importation et à 751 millions à Texporta-
tion. Ces chiffres ne comprennent pas le
mouvement des métaux précieux et sont
exclusivement afférents aux marchandises.
L'importation s'est composée de :
Produits alimentaires 138 millions
Matières nécessaires à l'industrie 307 —
Objets fabriqués 202 ~>
Ensemble 647 mUIions
L'exportation, de :
Produits alimentaires 309 millions
Matières nécessaires à rinduslrie 252 —
Objets fabriqués 190 —
Ensemble 751 millions
Ces chifires, comparés à ceux des années
précédentes, accusent un ralentissement
l'académib nationale. 2Si}
dans le mouvement d'entrées et de sorties,
tant des matières nécessaires à Tindustrie i
que des objets fabriqués et par conséquent
un état de malaise économique, surtout in- 1
dustriel. :
Il convient d'ailleurs de considérer que, I
dans' le total des exportations, en 1897, le!
montant des envois à Cuba atteint 134 mil-l
lions, ce qui ne laisse que 618 millions pourj
le commerce à destination des autres pays,
parmi lesquels TAngieterre et la France
figurent au premier rang.
On voit par là quelles graves conséquen-
ces la perte du marché cubain entraînerait
pour la vie économique de TEspagne.
Le marché colonial constituait en fait te
débouché le plus important de la produc-
tion catalane. Sur une exportation totale de
190 millions de piécettes du port de Barce-
lone, 108 millions étaient à destination des
possessions d'outre-mer en 1895 (contre 124
millions en 1894), et c*est la classe des arti-
cles fabriqués qui constituait la plus grosse
part de ces expéditions [108 sur 124 millions
en 1894, 90 sur 108 en 1895).
En 1893, Barcelone avait expédié 129
millions d'objets manufacturés aux colonies
(Antilles et Philippines). Ce fut Tapogée de
ce commerce d'exportation.
La baisse survenue en 1895 et les années
suivantes dans le chiffre du commerce entre
Barcelone et les colonies s'explique par 1^
conséquences de Tinsurrection de Tile de
Cuba .
Les deux grands articles do ces exporta-
tions étaient les filés et les tissus de coton
(41 1/2 millions de pesetas), les chaussures
et ouvrages en cuir (19 i/2 millions). Dans
la catégorie des substances alimentaires, les
vins avaient la première place; Barcelone
en avait vendu aux colonies pour 9 millions
de pesetas en 1895.
s I
I
?î!l
VAniETfr^*
'282
VARIETES
L'AIR LIQUIDE
A la séance du 33 mai de rAcadémîe des
leiences^ fll< d'Arsonval, le physicien bien
connu, a présenté une bouteille en verre
{jo'jl avait son le de sa poche avec précsu-
t^on, « J'aî rhonneur. a-tni dtlenâ'adre^sant
k sescoUègues, de placer sous vos yeux un
l^remier échaïuillton dair liquide. Il est
jaune et opalisant ; mais il rst facile de lui
doûner une belle couleur bleuâtre ; ii n'y a
f|D'i le puritieren lui en]ev;int les cristaux
d'acide carbonique de l'air qui s'est conge-
lé. » Et M. d'Arsonval a lait couler dans
iBe éprouvette surmontée d'un filtre un
f>6u de liquide* Le liquide était légèrement
aiuré .
^>t air liquide avait été préparé dans les
laboratoires du CoU^^^e de France h Taide
d'une machine spéciale installée par M. te
docteur Lin de, de Munich, et produisant
environ UD litre d air liquide par heure à
laide d'une force motrice d'un peu plus de
deux chevaux-vapeur.
Cette naachine est d'installation toute ré-
cente, et elle est la première fonctionnant
ea France. Mais déj^, depuis des années, M.
l>ewar, à Londres, esta même de préparer
de notables quantités d'air liquide dans les
laboratoires de la Société royale de physi-
ffoe; 5L le docteur Lînde, à Munich, dispose
d'une force do 120 chevaux-vapeur avec la-
quelle il peut produire 50 litres d'air liquide
par heure, et, aux Etats-Unis, MX. F. Tri-
i plerassurcque ses macfiines permettent de
r<jbriffuer 150 litres d'air liquélié par heure
I avec une force de 50 chevaux-va|»ear.
Rappelons que la liquéfaction de Tair et
de tous les gaz aujourd'hui connus, même
de riiydrogène qui a été le plus résistant,
e^t le résultat du phénomène de la produc-
tion du froid par la détente d'un gaz com-
immé,
Supposons quenousdisposionsd une cer-
taine quantité d air comprimé amené à une
température déjà basse. En faisant se dc-
lendre cet air par une petite ouverture au
récipient qui le contient, nous déterminons
une absorption de chaleur par Tair en tra-
vail de détente, et cette absorption de cha-
leur peut nous permettre d'abaisser encore
In température d'une autre masse d*air com-
primé eïi vase clos.
Cet air refroidi, faisons-le se détendre ; il
va encore produire une température plus
basse que précédemment. Continuons et par
élapeîi successives, et avec de la patience, il
arrivera uji moment où Tair sera si refroidi
qu'il passera à Téiat liquide. Sur ce princi-
pe, on a construit des compresseurs et des
détendeurs qui amènent lair à son point de
liquéfaction, soil à près de 300 degrés au-
dessouiï de zéro. L'air liquélié exposé à l air
libre bout à — 101% c'est à -dire repasse i
l'état de gaz à cette température extraordi-
nairement basse,
Uuand l'air liquide sort tout fabriqué do
la machine, on le reçoit dansun vase métal-
lique doublé de feutra ; il sa réchauffe un
peu et il produit une ébullition tumultueu-
se à — 101^ Puis, le vase se refroidissant, le
liquide reste tranquille comme del'eau qui
s'évapore lentement. Il faut environ huit
heures pour que 12 titres d'air liquide s'éva-
porent et disparaissent complètementen re-
prenant l'état primitif. L'air liquide est tou
jours un peu trouble, parce qu'il renfermtj
de lacidc carboniqu»^ solidifié et quelques
cristaux déglace- L'ne fois puritié par tiltra-
tion sur du papier buvard, il apparaît lim-
pide, légèrement nuancé de bleu.
L*air est un mélanged'oxygène etd^axote.
et ces deux gaz liquéfiés n'ont pas le môme
point d'ébullition. L'azote bout à— lyi" et
l*oxygène à — 182**. Alors, par évaporation,
le liquide s'appauvritplnsviteen asiotequ en
oxygène et le mélange se modifie. Aussi au
bout de quelques heures le liquide e^t en
grande partie composé d'oxygène liquélié,
75 % environ, L'évaporatron deTairliqui-
JOURNAL MENSUEL Dl L'AGADÉMIE NATIONALE.
284
de loumit donc un nouveau raoyen loutin-
ditfué de produire de l'oxygène à un prix
relativement peu élevé, et l'on sait que rem-
ploi de l'oxy^rène est sujet à de nombreuses
applications. Il parait même que l'on a déjà
réussi a Muiïi:h,grîkceà Tusage de l'oxygène
ainsi obtenu, à produire du carbure de cal-
cium sans I intervention du four électrique,
et cela k un prix de revient inférieur à celui
que comporte remploi de l'électricité.
Les vapeurs engendrées par Tébullition de
I air liquide â UJO degrés au-dessous de zéro
sont lourdes ; aussi se déversent-elles tout
autourdu vase qui renferme l'air liquéfié
et se traînent comme des lambeaux de nua-
ges sur la table d*expcrlences. C'est une ca-
taracte d*air. Une boule de caoutchouc flotte
sur le liquide; mois <|uand on la retire, elle
se brisft en niieUes. Plongeons dansle liqui-
de un objet de fer, il devient, quand on le
relire, si friable qu'il s'effrite au moindre
choc. Le cuivre etln plaline restent malléa-
bles à celte température de — 191 degrés.
II va de soi querair ljr|uél]é jouit d'une for-
ce d'expansion énorme^ puisque, revenu à
son état primitij, il occuperait un volume
7 48 fois plus grand. H suffit d'en renverser
dans un tube d'acier, de tamponner les ex-
trémités ; bientôt Tévaporation se produi-
sant, les deux tampons sautent avec violen-
ce.
Si Ton imbibe un journal d'un peu d'air
liquéfié, et si l'on approche une allumette,
c'est une explosion immédiate avec projec-
tion du papier dans tous les sens.
Le mercure se soïidi Ile à — 40°. Une gout-
te d'air liquéfié sur la mercure, et le métal
se transforme en un bloc solide. L'alcool,
(|ue Ton préfère au mercure pour les ther-
momètres parce qu'il ne se congèle sous au-
cun climat, se solidilie progressivement. On
plonge dans un verre renfermant de Talcool
un tube plein d'air liquéfié. La masse d'al-
cool ne l'orme bientôt plus qu'un bloc com-
pact. Jamais avant ta préparation de lair
liquide on u avait vu d'alcool solidifié.
Quant H l'hydroi;cnc dont la liquéfaction
n'a été obtenue que tout récemment par M.
bewar, k Londres, il exige, pour devenir li-
quide, une température encore plus basse
que celle de l'air liquide, la température de
— 205' et une pression de 180 atmosphères.
Or cette température de 205** amène la sob-
dification de l'air, en sorte que les bulles
d'air introduites dans Thydrogène liquide se
transforment en une neige d'air, dont les
cristaux sont susceptibles de s'agglomérer
au point de former un bloc solide ! Tout ce-
la n'est-il point véritablement merveilleux ?
LE CAPE.
8a culture et son oom>neroa
Communication de M. E. de Sàlvt-Dëmis, à
Granville (Manche).
Si Ton en croit les historiens, le café, cette
boisson excitante, hilarante et fortifiante,
que l'on prépare aujourd'hui chez presque
tous les peuples civilisés, serait le nepenthès
d'Homère donné par la Belle Hélène à Télé-
maque «dans un repas pour le réjouir », dit
Virey.
Le KalL dit le môme auteur, que ta suave
et biblique Abigaîl, épouse de Nabal, offrit
aux guerriers de David pour les réconfor-
ter et les exciter au combat, ne serait autre
que le Kawa ou Cahué ou Kafé.
Les Musulmans assurent que la boisson
divine fut révélée à Mahomet par l'archange
Gabriel, qui ne devait pas être seulement
l'inspirateur, mauvais rimeur, de la trop cé-
lèbre voyante, Mlle Couédon.
Le café a donc toute une histoire et k-e-
monterait bien avant les croisades.
Au Brésil, et c'est ce qui m'occupe sur-
tout, il fut apporté, dit-on, simplement par
un amiral français - dont une forteresse
de la Baie de Rio de Janeiro, porte encote
le nom — Villagagnon.
En termes de botanique « le caféyer est un
» arbuste dont les feuilles sont ovales, en-
» tières, brillantes et opposées sur des ra-
» meauxquadrangulaires; sa fleur blanche,
» monopétale àcinq divisions, est analogue
» à celle du jasmin, odorante, naissant
» en bouquets à l'aisselle des feuilles, elle
» porte une étamine avec un style au mi-
^''^'«'^^P^IPPP
I lieu, elle est suivie d*uiTe baie d'abord
' Terte, puis rouge corame une cerise, puis
t Doiœ dans sa maturité. Ce fruit est rauci-
f lagiuGux, un peu fade et sucré ; on en
■ peut obtei>ir,par la fermenLation^de l'eau-
1 de-vie ; les nègres en sucent la chair. Dans
2m
é Tintérieurj se trouvent les deux semence»
i accouplées sous une corjue et entourées
1 dune arille. Souvent il n'y a qu'une fève,
» principalement quand Tarbuste est vieux,
I Ces grains sont recueillis plus tard par le
■ criblage du café et constituent ce qu'on
» appelle le Café roulé ei que beaucoup
1 tendent comme du moka spécial ! du
i café perlé 1 u
Grillé, le cafédonne cetteliqueur que YoU
laire ne pouvait s'empêcher d appeler
^divine b m dont il fut un des plus grands
Tnlgarisateurs ; traité pharmaceutiquement j
on en obtient ou mieux on en extrait un
principe cristallin et amer nommé caféine,
irésemployé comme excitant du sang,commc
un agent certain de la circulation.
Les Arabes disent que le café — c'est la
«vie liquide n — c'est le nectar que les
houris et les mille vierges de Maliomet ver-
sent aux élus dans la paradisiaque mos-
iiuée ou la Destinée les conduira un jour.
Chaque peuple a ses usages et chacun
ïirépare le café à sa façon — les Arabes et
les Turcs le réduisent en poudre très (ine,
ea mettent une cuillerée dans la tasse do-
rée et versent dessus de l'eau bouillante. , .
ils laissent un instant la décoction se faire,
puis absorbent le tout ;ce[a déplairait à nos
Parisiennes qui le préparent et le tamisent
avec un soin parliculiep^et jusqu'à nosgran-
nîlaises qui en font leur traditionnel Café
au lait.
Au Brésil, le cafc est la borsson ordinaire,
habituelle — c'est aussitôt après le lait
nourricier* la première boisson que Ton
prend, c'est aussi la dernière que Ton de-
Qiande.
La culture du café est la fortune du pays,
et ïecafé, la boisson favorite par excellence :
U véritable Brésilien boit ses vingt tasses
defajé par jour ! La torréfaction du café,
les ^oins qu'oji y apporte constitueraient un
véritable poème K..
La civilisation a porté dans les bazars de
Hio de Janeiro des fourneaux, des moulins,
des cafetières perfectionnées, mais les lidèles
de la sainte fève — continuent comme par
le p:issé Iês traditionnelles recettes de leurs
ancêtres. Parle pauvre, à la porte de sa
hutte couverte de capim melado. par le ri-
cliedans la cossinhade la fazenda — le café
était ainsi préparé : les grains noirs, ter-
reux et pourris retirés avec «oin ; les bon-
ites fèves étaient placées dans une pattcHa
de barra — casserole de terre réservée à cet
usage ; le brasier devait ôtre ardent pour
éviter la fumée. Avecune baguette de boi^*,
le préparateur agitait et roulait le café de
façon à ce qu'il fût grillé également... puis,
lorsqu'il le voyait ou mieux le sentait à poiut^
il le versait dans une couverture de tlanelle
et le laissait — sitar — transpirer à son ai-
se puis on te broyait dans un mortier
avec un pilon de bois dur, on plaçait ainsi
la poudre dans une sorte de bonnet en lla-
uelle très serrée, et l'on versait ensuite Teau
bouillante. Goutte à goutte, en perles bru-
nes, le café tombait ensuite dans les taâscs
qui se vidaient tour à tour à la satisfaction
générale. Le sac était ensuite retourné, lavé,
la poudre jetée, on le mettait ensuite k sé-
cher au bout d'une perche à la porte de la
hutte modeste, aux barreaux de la fenêtre
de l'opulente fa/enda. . , .
Le café, dans la ville, joue un très grand
rûte politique, industriel et commercial.
Il n'y a pas il nio comme en France des
cafés ou estaminets — on trouve tout ati
plus des salïes au reï-de-chaussée où Ton
vient boire le café, assis ou debout, mais
uniquement le café.
Ces su 11 es contiennent généralement une
dizaines de table — entourées de chaises. . .
au milieu de la table un plateau, six tasses
renversées, un sucrier de mascavo ou mas*
cavinho (sucre en poudre), quelques biscuits
ou roscas. Vous entrez, vous vous placez de*
vant la table, retournez une tasse, sucrez,
le garvon vous sertj vo'hs remucz.btivez, je-
tez un sou sur la table et f>ai'teï3ans parler
même à Tami qui vous accompagnait en en-
trant ou que vous ave?, rencontré opérant
aussL C'est très drôle, mais à la porte le^i
^ipr
SSî
groupes se (brment et c'est lu que Ion dis-
cute les questions politiques, les intérêts in-
dustriels et commerciaux — On se quitte,
on entre^ chacun prend sa tasse et resort
sans jamais otTri: une lasse. Un sou, deux
sous. . . il ne vient à Tidée de personne de
payer cela à un invité pas plus dnitleurs
qu*un journal ou un cigarro., . Bien de
plus curieux que ces usages dans un pays
surtout où la libéralité est excessive en tour :
mais il faut, vous le voyez, qu'elle atteigne
un certain prix, une certaine valeur !
Le caféyer est devenu dans son paya d*a-
doption non seulement un arbuste intéres-
sant^ mais un vaillant auxiliaire de sa fortu-
ne.
Dans les fuzendas^ on le plante en quiu-
coccede cinq mètres en cinq mètres, et dès la
troisième année il rapporte. . . et cela pendant
ensuite plus de vingt ans presque sans cul-
ture ou soins autres que secouer les feuilles
qui ïomberaienld'ailleurs seules, enlever les
grimpants {trépadeiras) et parasites et réu*
nir tout cela autrmr du pied, La production
d'un pied de caféyer est variable suivant la
plantation — serra baixa (la plaine rai;^ du
serra) (pied de la montagne)^ vertente (ver-
sant delà mDntagne\ serras acima (som-
met). Le grain, suivant les plantes, est petit,
moyen ou^rand^^ — et 5a qualitésou vent varie
parsa position au nord, au levant ou au cou*
cliant. Rien de plus curieux que d avoir
dans un même endroit trois ou quatre sér-
ies de café !.. - Le producteur est le lavra-
dor ou Tazendeiro — qui vend au Cojnmis-
sarjo ou Intermédiaire, Gelui^ci vend à son
tour à l'Ensacador (ensacheur) qui fait chez
lui les mélanges des cafés pour former des
choix établis suivant des types (ècliantillons
de New- York — Havre — Hambourg.,*)
L'acheteur ou expartador se présente et fait
JOURNAL HËNStJËL 0B L ACAbl^MlE NATtONALE.
isi,
son assortiment (sorti mento), c'est-à-drre
que pour faire ou satisfaire sa comnaande
il aciiète 3 ou 4 manques qu il fait ensuite
mettre en sac de œ kilos. . . prêts à expé*
dier
Vous voyez donc qu'il est absolument m- 1
possible d'avoir du café de première main J
c'est- à-dire directement du productear, I
J'ai oublié dédire que rintermédiaire en-
tre lacheteur et lensaccador — était le cor-
retor on courtier^ le zangt>e ou coulissier et
que io malheureux café, passé de mains en
mains, mélë,rernélcn*a plus d'origine, cesl-
à-dire qu*il reste bien de production bré-
silienne, mais qu^l serait impossible de
direexactementdequellerazenda il provient,
de quelle partie de la f^izenda, et de quell»
province même.
Ce café passera les mers et viendra se
faire débaptiser et rebaptiser sur les marché*
d'Lurope ou d'Amérique. Pauvre café 4^
Rio!,,.
La production du ,aonde entier ei;t de 12
millions de sacs environ — le Brésil a lui
seul en produits millions.
Je vous dirai dans les pages suivantes ce
que Ton fait de ces milliards de milliards
de grains !
Je vous ai dit que la production du café
s était élevée pour le Brésil aux deu]t tiers
de la production du monde entier, c est-à*
dire pour cette dernière année à huit mil-
lions desacs de cafésur 12 millions !
La culture du f^^fé est heureusement très
facile et si elle est devenue aujourd'hui plus
coûteuse au lavrador ou fa^endeiro^ ces!
que le bras de Tim migré est plus coiiteuï
que celui de t'eâclave,
{A suivre.)
Le Directeur'Gêrant, Rédacteur en Cheft
EuGÈNB THIÉRY.
( LliRMOKT (oiSt). - IMPhlUKllK DAIX rn^llEi, t>UA(:K â,UNT-ÂMJJftK, â.
•^T.r*
ç7-r^;î^T ^ '■■
JOURNAL MENSUEL
DE
1 .or« i-o«\6*"ii'...
L'ACADÉMIE NATIONALE
AGRICOLE, lANDFACTDUËRE ET COMMERCIALE
68* Année. — JUILLET 1898.
SOMMAIRE
AGRICULTURE. —Un terrible ennemi des arbres {Aspidiotus perniciosus). — Le Cèphé du poirier, communicatTari
de M. Pi«rr« Patty. — Les oiigines de la truffe, obseryaiions de M. !• duc d« Letparr*. — tyjr le* pciies d ;kiit-
moniaque qui accompagnent la fabrication du fumier de terme, communication de M. Oahéraln.
DI8TlilCTIONS honorifiques accordées aux membres de l'Académie Nationale.
EXPOSITIONS ET CONCOURS. -- Exposition d'Automobiles à Paris —Exposition de i^oo : cjïeniin de tir iU^*
trique et plate-forme roulante.
INDUSTRIE. — Lampe à pétrole de sûreto, inventée par M. Edward Berchtan. à Londres. — Lii fûbrication dss
sacres en France et en Allemagne. .— Les progrès de Tinclusirie allemande de 1882 à 1895.
COMMERCE.— Le commerce des vins de Champagne d'après les recensements de la cliambw do commÉrLc de
Reims.
VARtÉTÉS. -Le café, sa culture et son commerce, comntunication de .M. E. da Saint-Djnis, Granïillc (Manchel-
\Suit€ etjin).'- La fortune totale de la France.— Le fooc^onnarisme en France.
AGRICULTURE
UN TERRIBLE ENNEMI DES ARBRES
(Aspidiotus pernioiosus}.
Il vient de nous arriver d'Amérique une
nouvelle fort peu rassurante pour l'arbori-
culture française : un insecte, plus terrible
encore pour les vergers que le phylloxéra
pour la vigne, ravage en ce moment le î^ud
et TEst des Etats-Unis, ainsi qu'une partie du
Canada. Il menace, dit-on, TEurope entière.
Cet insecte, dont l'existence et la nature
ont été étudiées en 1880 par M. le professeur
Comslock, s'appelle ï Aspidiotus pernicio-
521^ ; il est connu aussi sous la dénomina-
tion de « San José Scale ».
U appartient à la famille des coccidées,
et, si Ton en croit les professeurs d'entomo-
logie qui l'ont examiné, ses ravages sont su-
périeurs à tous ceux des autres fléaux de nos
récolles.
Son apparition n'est signalée que par la
dcàtruction des arbres auxquels il sattaquc*
Il est en effet tellement minuscule qu'il ne
peut être vu sans microscope.
Cet insecte est recouvert d'une écaille à
peu prèscirculaire, formée par deslilamentï^
très lins, sécrétés par des glandes spéciales
et s'étendant sur son dos et ses eûtes. Ou
lui remarque une longui^ tiompe filiformo
qu'il enfonce dans les tissuâ de ta platUe, et
au moyen de laquelle il aspire les sucs des-
tinés à sa nourriture.
V Aspidiotus se reproduit avec une rapi-
dité prodigieuse. Les entomologistasamofi-
cains ont calculé qu'une femelle de ces in-
sectes pouvait, en une saison, produire, taiu
par elle-même que par ses enfanls, iroi^
milliards de congénères !
Cette multiplication infinie des éclosions
ne peut être arrêtée par la destruction des
œufs, puisqueles mères sont vivipares et que
l'insecte naît tout éclos.
201
JOURNAL MENSUEL DR L'aCADÊMIE NATIONALE.
292
Tout arbre alleint par lAspidiotus n'e-
xiste bientôt plus, quels que soient sa vi-
gueur et les soins qu'on lui donne. Le pê-
cher conlamiiic^ par lui, ne survit pas plus
de deux ou trois ans.
Le poirier meurt plus vite encore.
VA^pidwtus est redoutable pour toutes
Tarboriculture : poiriers, pommiers, pru-
niers, c(»{ïnassiers, pêchers, abricotiers,
amandiers, cerisiers, groseiller, orangers,
tilleuls, châlûjgiiers, tous ces arbres sont at-
taqués par cet insecte. Ceux d'agrément ne
sont pas plus ép^irgnés que les autres.
La dévastation apportée par VAspidiotus
s'élend bientôt à tous les vergers, à toutes
les forêts du voisinage.
Plusieurs remèdes ont été essayés, sans
grand ^ccès^ contre ce fléau. Le meilleur
est 1 eau de savon. Il faut avoir soin d'un
prégner loin Tarbre de savon, du collet à
l'exirénie pointe de la tige, sans qu'une
seule branche ni une seule feuille reste sè-
che.
El encore^ ce travail serait insuffisant si,
à l'ûiile d'une brosse dure ou de tout autre
inFtruoieut, rinseclo n'était atteint dans les
(Usures et les crevasses du tronc.En outre, le
remède doit être appliqué à tous les arbres
d'une métne région.
Il est évident que pour prévenir l'invasion
d'un tel iléauja France doit prendre des
mesures énergiques. 11 faut, à tout prix,
préserver de ces terribles désastres les jar-
dins, les vergers, et même les forêts.
L Europe doit laisser au Nouveau-Monde
YAspidwius et ses ravages.
L'Allemagne a pris contre cet insecte une
mesure radicale : elle a prohibé tout sim-
pleraenl tous les fruits el végétaux frais
de provenance américaine.
Mais cette mesure draconienne ne suflit
pas encore à donner une entière sécurité,
car rimporlalion du nouveau fléau améri-
cain peut se réaliser par l'entrée de four-
rai^ es et de matières d'emballage d'origine
végétale. Aussi est-il de toute nécessité que
tous les prnpiïétaires de jardins, de vergers
et defort'ts, surveillent attentivement les
moindres symptômes éventuels de Tappari-
tiûfi redoutable de YAspidiotus^ alin de
pouvoir prendre immédiatement toutes les
mesures de préservation susceptibles de pa-
ralyser le développement d'un fléau si me-
naçant.
LE CEPHE DU POIRIER
Communication de M.Pierre Passy au
Journal de V Agriculture.
A répoque oii nous sommes, c'esl-à-djre
pendant le mois de mai et de juin, on remar-
que fréquemment, sur les poiriers de nos
jardins, des bourgeons qui se flétrissent tout
à coup, formant la crosse.
Si Ton examine attentivement un de ces
bourgeons, on remarque, au-dessous de la
courbure, des taches noirâtres disposées en
spirale sur l'axe du bourgeon. Ces taches
sont en réalité de petites cicatrices, et les
blessures dont elles proviennent, sont la
cause de Tarrét do développement et du
flétrissement de la partie située au-dessus.
Bientôt le bourgeon noircit et se dessèche
complètement, devenant très cassant.
Si, à ce moment, on fend avec précaution,
dans le sens de sa longueur, le bourgeon des-
séché, on trouve dansson intérieur une très
petite larve, logée dans le canal médullaire.
Cette larve suit une marche descendante,
rongeant toute la moelle et le tissu voisin,
faisant à mesure périr le bourgeon sur son
passage.
A Taulomne, en octobre, la larve a atteint
son entier développement. Elle mesure alors
environ Oà 8 millimètres de longueur,sa co-
loration est d'un blanc jaunâtre ; son corps,
composé de douze segments, est légèrement
courbé en S.
Avant l'hiver, les larves filent, pour s'y
transformer en nymphes, de fines coques
d'un tissu soyeux, dans lesquelles elles at-
tendent leur transformation.
Ce n'est qu'au printemps, vers la fin d*a-
vril, que Tinsecle parfait sort de son cocon
et, après avoir percé, à l'aide de ses fortes
mandibules, un trou dans le rameau à hau-
teur de sa loge, s'envole à Tair libre. Cet
insecte, désigné communément sous le nom
T » ' '^^ -> r v^ '"': -
293
AGRICULTURE.
294
de tpique-bourgeoDS » est le Gèphe (Cephus
compressas ou Tentredo compressas). Il
appartient à l'ordredes hyménoptères, tribu
dos Tentridiniens et présente une certaine
analogie de forme avec les guêpes, mais il
est l^eaucoup plus allongé et de dimensions
plus réduites.
Le mâle mesure environ 7 millimètres de
long ; la léte etlecorseletsont noirs, avec une
bande transversale jaune. L*abdomenet les
|>attes sont également jaunâtres. Les ailes
sont noires.
Lafemelle, un peu plus grosse que le mâle,
mesure environ 9 millimètres ; elle se dis-
tingue en outre par son abdomen noir, mar-
qué de cercles jaunâtres sur les deux tiers
de sa longueur, ainsi que par ses pattes noi-
râtres. Enfin son abdomen est terminé par
une aorte de tarière dentée en scie, faisant
saillie d'un millimètre environ.
Le cèphe est très voisin des Lyda, dont
leslarves, désignées souvent sous le nom de
« fausses chenilles » à cause de la ressem-
blance qu'elles présentent avec les larves des
papillons, vivent au printemps sur nos ar-
bres fruitiers, dont elles rongent les feuilles.
A Tétat d'insecte parfait, le Gèphe butine
dans les fleurs, se nourrissant de sucre, et ne
nous cause pas de dégâts, sous ce rapport ;
mais, pour assurer la perpétuation de l'es-
pèce, la femelle recherche les Poiriers et
commence sa ponte.
Cestalors qu'elle pique en spirale, à l'aide
de sa tarière, les jeunes bourgeons,puis dé-
pose dans ceux-ci un œuf qu'il est fort dif-
ficile d^observer.Cetœuf mesure 8 dixièmes
de millimètre ; il est translucide et très mou.
U ponte commence généralement vers le
15 mai et se poursuit jusque vers la fin de
juin.
Les larves éclosent peu de jours après la
ponte et rongent lentement la moelle du
bourgeon qui, petit à petit, se dessèche sur
une longueur d'environ 10 à 15 centimètres.
La coque soyeuse de la larve se trouve, à
l'automne, en général, un peu au-dessous de
^ partie desséchée.
Le Gèphe est un insecte très nuisible ; il
n'catpis rare de rencontrer des poiriers dont
presque tous les bourgeons sont flétris, par
suite des piqûres delinaecte. Le tort qu'i^
peut causer est surtout importantsur les ar-
bres en formation. Lorquelrnsecte s'attaque
aux bourgeons de prolongement — qu'il sem-
ble du reste rechercher spécialement — ral-
longement de ceux-ci est laterrompu pen-
dant un certain temps, et il en résultiïun tr-
lard notable dans la formation de Tarbre.
Petit à petit les yeux^ situés au-dessous de
la partie attaquée, se gonflent et donnent un
nouveau bourgeon, qui vient remplacer le
premier.Mais il en résulte toujours un relard
très marqué, d'autant plus que la partie at-
taquée continue à absorber une certaine
quantité de sève et que, par suite, le départ
du bourgeon inférieur est toujours beaucoup
plus long à se faire que si le bourgeon avait
été complètement tranché, comme le fait la
a Lisette » ou « Coupe-bourgeon » {Rhyn-
chites cornicus). Il n*esl d ailleurs pas rare
devoir la larve, dans sa marche descendante,
atteindre l'endroit où est né le bourgeon de
remplacement et compromettre de la sorte
plus ou moins son existence, Danslefi pépi-
nières, sur les jeunes greffes, le Cèphe cause
souvent des dégâts sérieux, en attaquant les
jeunes bourgeons qui ne constituent par la
suite que des scions très défectueux et sou-
vent cassants.
Sur les arbres complètement formés, les
dégâtsde cet insectesont bien moins impor-
tants.
La destruction du C^pheest difficile à réa-
liser.
Les insectes parfaits sont d'une extrême
agilité, et s'envolent di*s qu'ils perçoivent le
moindre danger ; il est, par suite^très dilii-
cile de les observer en liberté et, à plus fone
raison, de lescapturer pour les détruire -
On ne peut en réalité fruère lutter contre
cet insecte qu'en s'attaqiiant h ta larve. On
pourra en pratiquer la destruction à deus
saisonsdiflérentes :
1" Pendant tout le temps que se poursuit
la ponte, c'est-à-dire en mai et juin, on îiura
soin de trancher tous (es bourgeons flétris,
2 ou 3 centimètres au-dessous des cicatri-
ces. On estcertain ainsi d'enlever en mùme
temps l'œuf ou la jeune larve nouvellement
éclose que ceux-«ci renrcrrnent ; en mômu
2^ JOURNAL IIBN80K1. Ot
temps on favorisera le développement du
bourgeon secondaire.
Par mesure de prudence, on devra brûler
les bourgeons recueillis. On peut dire qu'en
général, les larves ne pourraient trouver,
dans le fragment de bourgeon détaché, la
somme de nourriture nécessaire à leur déve*
lopperoent et qu'elles ne tarderaient pas à
périr. Mais la prudence est la mère de la
sûreté, et l'on sera encore bien plus assuré
de la destruction en brûlant les bourgeons.
2"* Après la chute des feuilles pendant la
taille d'hiver, il faudra recueillir avec soin,
en les tranchant suffisamment bas, toutes
les extrémités de rameaux desséchés qui
renferment une nymphe et les détruire.
Cette fois la destruction complète est indis-
pensable et s'impose absolument, car les
nymphes n*ont plus rien à demander au pe-
tit rameau, si ce n'est un abri.
Si Ton abandonnait les fragments de ra-
meaux sur le sol, l'éclosion des insectes se
ferait à peu près aussi bien que s'ils étaient
restés adhérents aux arbres.
On pourra, par ces moyens, enrayer, dans
une certaine mesure, la multiplication de
cette espèce nuisible et diminuer ainsi l'im-
porlancede ses dégâts.
Quelques animaux nous sont, dans la cir-
constance, d'utiles auxiliaires. Plusieurs pe-
tits oiseaux, notammentles mésanges, savent
trouver la place occupée par la larve et l'ex-
traire de sa cachette hivernale, en perçant,
à l'aide de leur bec, les parois de sa loge.
Uneespèced'ichneumon, du genre Pim-
pla^ fait aussi unechasse active au Cèphe. La
femelle de cet insecte sait trouver et attein-
dre au tond de sa retraite, la larve du Cèphe,
pourtant si bien cachée, et lui inoculer Tœuf
dont naîtra la larve en tomophage qui va dé-
vorer son hôte.
Sur six rameaux desséchés que J'avais mis
en observation Vannée dernière, j'ai obtenu
trois Cèphes et trois ichneumons.
On voit dont que ces utiles insectes peu-
vent nous rendre de précieux services et nous
aider dans la destruction de cette espèce nui-
sible, ainsi que bien d'autres d'ailleurs. Il
serait assurément peu raisonnable de s'en
remettre à eux du soin de nous débarrasser
L'ACABEIflK NATlOfllLB.
2^
de toutes les espèces quinous sont ouisibies :
mais on devra cependantchercher à les pro-
téger et à favoriser leur multiplication, au
lieu de les détruire,comme on pourrait être
tenté de le faire, par suite de la vague res-
semblance qu'ils présentent avec certaines
guêpes.
liO Cèphe comprimé, qui s^attaque au
poirier et quelquefois au pommier, est très
voisin d'une espèce parfois encore plus nui-
sible, le Cèphe des moissons, Cephus pig-
mœuSjdoni la larve, qui s'attaque au blé et
au seigle, a pu, dans certaines années, cau-
ser de véritables désastres dj.
Cette larve vit dans les chaumes, rongeant
l'intérieur de la tige et tranchant les nœuds
sur son passage. Elle est de dimension plus
petite que celle du Cèphe du poirier et n'at-
teint, à son entier développement, que 5 à 6
millimètres. L'insecte est noir; la femelle
dépose son œuf dans les tiges, au moment
de la floraison .
Les épis des pieds attaqués se reconnais-
sent facilement lorsque la maturité appro-
che, car ils restent dressés, au lieu de se cour-
ber sous le poids des grains, et leur colora-
tion est d'un blanc pâle.
Au moment de la moisson, la larve, qui a
atteint son entier développement, est arri-
vée jusqu'à la base du chaume. Elle se tisse
alors une coque soyeuse et attend sa trans-
formation, qui se fait au printemps suivant.
Lorsque cette espèce devient abondante,
il faut passer l'extirpateur aussitôt après la
moisson, ramasser les chaumes et le.s brû-
ler, pour détruire en même temps les lar-
ves ou chrysalides qu'ils contiennent.
LES ORIGINES DE LA TRUFFE
Observations de M. le duo de Lesparre.
Le problème des origines de la truffe, ce
condiment aussi précieux que mystérieux,
vient de recevoir une nouvelle solution qui,
si elle conserve encore un caractère hypo-
(1) D'après une enquête, le Cèphe des moissons
aurait, en 18S2, causé, dans les Vosges, des rava-
ges évalués à 70 millions de francs.
297
AGRICULTURE.
!?0^
théùque, parait cependant assez plausible,
el se rapproche probablement plus que tout
autre de la vérité scientiBque.
Cette solution a été indiquée par iM. le
duc de Lesparre, dans une communication
faite à la section de Sylviculture de la So-
ciété des Agriculteurs de France, dans une
«éauco du 1'' avril dernier.
Voici en quels termes le Bulletin de la
Société a rendu compte de la partie de la
séanqe dans laquelle a été faite cette com-
muoication de M. le duc de Lesparre qui
avait pour objet, suivant le titre choisi par
son auteur, h fécondation de la truffe :
(M. le duc de Lesparre expose qu'à la
suite de quelques communications on a cru^
à tort, qu'il allait être très facile défaire des
trufBères : la vérité est qu'on a trouvé le
germe qui produit le mycélium truffier.
« La question pourrait être divisée ainsi :
« V* Etat de nos connaissances ; 2* com-
ment se fait la fécondation des spores ;
'-^ moyens pratiques ; 4* résultats et espéran-
ces.
« On a appelé la truffe de différents noms:
brebis de la foudre (à cause des pluies d'o-
rages de juillet qui ont paru favoriser son
développement), miracle de la nature, excré-
tion des racines : on a dit que les quartiers
delà lune avaient une influence sur elle,
qu'elle provenait de la piqûre d'un insecte,
et enGn qu'elle était un champignon. De-
puis 1878, on admet que la truffe est un
champignon parasite ou non ; les savants les
plus versés dans la question estiment que ce
champignon n est pas parasite et que, s'il
est sur les racines des arbres, il ne se nour-
rit pas de leur suc.
« La truffe est formée de petits sacs dans
lesquels nagent deux ou trois sporules.
« 2'*Pour germer, la spore a besoin d'un
milieu nouveau, elle doit être transportée
sur les feuilles de certains arbres, c'est un
cliampignon dit de germination alternante.
Ce genre de germination n'appartient pas,
du reste, seulement au champignon truffier :
ainsi, la rouille du blé est aussi un champi-
gnon à germination alternante ; il estnéces-
^ire, pour que ce champignon puisse con-
tinuer à envahir les champs de blé, qu'il
fasse une génération sur iepine-vi nette ; pas
d'épine-vinetle à proximité des champs du
blé, pas de rouille à craindre.
« Les spores de la truffe gardent leur ferti-
lité pendant des années; amenée par le vent
ou par une autre cause sur la feuille qui lui
convient, la spore mâle gerrne, produit un
filament cheminant sous lepiderme et îè-
conde la spore fcmellii. Celle-ci, une fois
fécondée, émet des sporules qui germent cL
qui forment le début du mycélium truflier
et par suite la Iruftïère.
« 3^ Moyens.
« Le moyen de provoquer la féconda lion
consiste à déposer, de juillet à janvier, de^
spores de truffe sur des feuilles fortes, bien
vertes de certains arbres, comme le noise-
tier, le chêne :les feuilles ensemencées doi-
ventêtre àTabn dusoleil pourcommencer ;
on peut choisir des feuilles sur un arbre
ou prendre des feuilles détachées ; huit a
neuf jours après, il se produit une germina-
tion intense, puis la fécondation des spores
femelles, puis la production du mvcélium
truffier.
a La terre sur laqui^Ue doivent être dépo-
sées les feuilles doit être ua peu calcaire
(au moins 2%) et le chmat doit être celui
de la vigne. Ces conditions sont réalisées
dans la contrée ou M. le duc de Lesparre a
fait des essais nouveaux.
tt Quant au temps tiéce^sairc ù \à naissance
delà truffière, il peut varier deSàC années,
peut-être moins.
a La truffière a-t-elle besuin de racines
d'arbres pourse former ? Il est assez difliciîe
de répondre à celle question ; toujours esl-il
que la truffière détruit la végétation au-
dessus d'elle, et que, si on vient ù couper
les arbres, la truffière ne produit plus ; mais
on ne peut rien conclure de cehi.
ce M. d'Arboîs de Jubain ville hésite â
croire à la nécessité de rcxistcnce de (lucl-
ques piedsd'épiae-vineUe puur produire la
rouille du blé ; il dit avoir vu cette maladie
dans un pays oti l epinevinette n'existait
qu'à titre d'exception et ne venait pas natu-
rellement.
a M. de Vilmorin croîl qu*il existe peut-
être d'autre arbres ou arbustes qui peuvent
14
299
JOURNAL MENSUEL DE L AGADEMIB NATIONALE.
300
jouer lo rôle de l'épine-vinette par rapport
au développement des cryptogames produi-
sant la rouille.
«M. le duc de Lesparre maintient son
affirmation, quant à la rouille du blé et,
répondant àunequestiondeM.lePrésident,
il dit comment on pourra se procurer des
spores de truffe.
a II sutfit de prendre une trufle, de la
laisser se dessécher dans un tiroir ; elle se
raconiitj devient dure ; on la coupe et on
broie la pulpe avec un peu d'eau, par exem-
ple entre deux verres dépolis : on en fait
ainsi une espèce de pute qui renferme une
quaiuilé iiiiiombnible de spores; on main-
tient cette piïte liquide et. il partir de juillet,
ou peut L'éteudre avec un pinceau sur la
nervure centrale de la feuille, les spores vi-
vent sur la feuille tant que celle-ci dure :
après, le mycélium se produit et s'infiltre
en terre*
« M. le Président remercie vivement M.
de Lesparre de son intéressante communi-
cation et son Imite que la science arrivée dé-
couvrir pourquoi les arbres sont indispen-
sables au maintien de la truffière. »
SUR LES PERTES D AMMONIAQUE
t|Ui acoompagnent la fabrication du fumier
de fer>me.
Communication de M. DeufIrain à l'Acadé-
mie dcii Sciences {Séance Ju 9 mai ISQS),
L'oilour d ammoniaque t|u*on perçoit dans
les locaux imbités par les animaux de la
ferme, particulièrement dans les bergeries,
indi(|ue qu'une fraction do Tazole contenu
dans ies déjections se dissipe dans l'atmos-
phère. 11 yar|ueiqnesannGesdéjà,MM.Mûnlz
et Girard ont précisé ces pertes à l'aide de la
métîiûdo su i vaille ; on pesé avec gi*and soin
la ralion consommée par les animaux pen-
dant la durée de Texpérience et l'on déter-
mine TazotR qu'elle renterme. Si, pendant
le passage des aliments dans Torganisme,
aucune partie de Tapote ne se dégage à l'é-
tat libre, on doit retrouver, dans Taugmen-
tation de poids des animaux et dans leurs
déjections, tout Tazote ingéré. Or, quand lee
déjections sont recueillies sur des litières de
paille et qu'on dose, h la fin des essais, l'a-
zote contenu dans le fumier produit, qu'on
y ajoute l'azote fixé par Torganisme^on cons-
tate que cette somme est bien inférieure à
l'azote des aliments ; il arrive parfois que la
déperdition s élève à la moitié, plus sou veut
au tiers de Tazote ingéré.
On estime à 800 millions de francs la va-
leur du fumier produit cbaque année en
France ; si cette valeur était augmentée d'un
tiers, par la conservation de l'azote actuelle-
ment perdu, ont volt que laplus VTilue serait
de 260 millions environ.
Pour éviter cette énorme déperdition de
manières fertilisantes, on a proposé d'ajou-
ter au fumier accumulé dans la cour de la
ferme des sulfates ou de calcium ou de fer,
on encore de'répandre sous les animaux des
phosphates acides ; mais un examen attentif
de ces modes de traitement a montré qu'ils
sont impraticables.
Au moment de reprendre cette importan-
te question, j'ai voulu savoir si le mode de
calcul employé par MM. Miuitz et Girard était
absolument légitime, si tout Tazoïe ingéré
par les animaux se retrouve dans leurs dé-
jections, quand leur augmentation de poids
est nulle ou très faible, et si c'est seulement
quand ces déjections, reçues par les litières,
séjournent sous les animaux, que la perte
devient sensible.
Deux de mesélèves, attachés 1 un et l'au-
tre à 1 Ecole de Grignon, MM. P. Gay el
Dupont, ont exécuté avec un grand soie ce
travail préliminaire.
En recueillant exactement les déjections
d'un bélier, les auteurs y ont retrouvé pres-
que entièrement l'azote desaliments ; la per-
te a été de 4 pour 100 seulement. Mais quand
l'animal a reposé sur une litière de paille,
qui a été analysée à la fin des quinze jours
d'observation, on a constaté une perte de 22
pour 100 de l'azote ingéré.
Se dégage-t-il, pendant la fermentation
qui amène les matières excrémentielles :
urée, acide urique, acide hippurique, à l'é-
tat de carbonate d'ammoniaque, de l'azote
libre i^ C'est là une question qui est main-
301
tenant à Tétude; je ne m'occuperai aujour-
d'hui que des pertes d'ammoniaque.
Or, nous avons sur ce sujet des données
très intéressantes fournies, il y a quelques
iBDéeî^déjà,parMM. Berthelot et André. Les
auteurs établissent que le carbonate d'am-
moniaque se dissocie dans l'eau, et que les
deux gaz s'échappent séparément de la dis-
solution : l'acide carbonique d abord, l'am-
moniaque ensuite, et que, d'après leur ex-
pression même, c'est « le départ de l'acide
carbonique qui règle celui de Tammonia-
que B.
En répétant les expériences de MM. Ber-
thelot et André, j'ai naturellement retrouvé
leurs résultats : à l'air libre une dissolution
de carbonate d'ammoniaque perd en trente
jours 73 pour 100 de son ammoniaque ;
en vase clos, en plaçant seulement dans la
conserve d'expérience, une capsule à acide
sulfurique dilué, on trouve qu'après trois
jours, 12.1 pour 100 de l'ammoniaque se
sont dissipés, et 24.2 en. huit jours ; mais si
l'on introduit dans la conserve, en même
temps qu'une capsule à acide sulfurique,
une capsule à soude caustique pour absor-
ber Tacide carbonique à mesure qu'il s'é-
chappe, on trouve qu'après trois jours la
dissolution a perdu 3d.3 de l'ammoniaque
primitive, et après huit jours 83.1.
C'est donc bien le départ de l'acide car-
bonique qui règle le dégagement de l'am-
moniaque ; il était facile d'en déduire que
si, au lieu de favoriser ce dégagement d'a-
cide carbonique en l'absorbant à mesure
qu'il se diffuse dans l'atmosphère, on l'em-
pêche en introduisant de l'acide carbonique
dans les conserves à carbonate d'ammonia-
que, les pertes d'ammoniaque se trouveront
singulièrement réduites. On a trouvé, en
elTet,qu'après cinq jours,la dissolution main-
tenue dans une atmosphère d'acide carbo-
nique, renfermait encore JO.l pour 100 de
l'ammoniaque primitive.
Cette expérience est grosse de conséquen-
ces pratiques, comme nous allons le voir
dans «n instant.
Il importait, toutefois, avant d'en déduire
des règles pour la fabrication régulière du
fumier, de s'assurer qu'en opérant sur de
AGRICOLiCnE, 30S
Ttiniie onde l'urine méhng<?e à la paille,
on obliendnnt lie?- résultats semblables à
ceux que fourail le carbonate d'ammonia-
que.
fjuand on expose k l'air libre de Tu ri ne
préalablement stértlii^ée, puis ensernencée
avec Jii crottin de cheval, elle perd en un
mots tô ceiiUèmes de son azote primitif ; il
reste dans le liquide de l'ammoniaque et
une certaine quantité d'ûiîote engagé dans
une combinaison or^^^anique; en vase clos
ou dans lacide carbonique^ les pertes se ré^
duisent à 0,0 et à r>.6 pour lOï» ; la furmen-
tation est cependant très avancéej car ou
ne trouve à l'clat organique que 12 centtè-«
mes de l*azote primitif.
liuand, en vase clos, on absorbe l^ammo^
niaque à Taide d'acide sulfurique^ on obser-
ve que les pertes d ammoniaque sont asaess
lentes a se produire: après cinq jours, elles
sont encore nulles, bien que déjà 21 centiè^
mes de 1 aïole primitif soient amenés à l'état
d ammoniaque ^ après onze jours, la diffu-
sion s'est produite, on trouve dans 1 acide
sulfurique 10 centièmes d'a/.ule primitif.
Ko opéra ni encore un vase clos^ mais en
absorbant à la fois l'acide carbonique et
Tammoniaque, on retrouve a près cinq jours,
dans inrine, t^Z.lde Vazote piimiLif. et seu-
lement 4SJ) a prùs onze jours. L' urine se com-
porte donc comme la dissolution de carbo*
îiale d'amniouiaqiie, mais il est bien à re-'
marquer ([Ue la fermentation ammoniacale
ne se produit qu'après quelques jours.
iii, pour imiter ce qui a eu lieu dans les
étables, on fait tomber Turine sur la paille
hacbée, et que la proportion de l'urine soit
considérable par rapport à celledela paille;
qu'on introduise par exemple 1 d urincdans
1 de paille, celle-ci n'est pas capable d'ab-
sorber tout le lifjuJde : exposé à Tair, un
p;areil m t! lange pcrti pendant Télé juin
isî*7), on deux joijrs, 58.:i de Tazotc pri-
iniiii, TOeTï qu;ilre jours, 72.6 en six jours^
et 75,7 en huit jours.
Dans une ferme pauvre et mal tenue, les
litières sont parcimonieusement distribuées
et les urines non ab*orl*ées resieot exposées
A l'air ; lespertc-s deviennent énormes; elles
diminuent beaucoup quand les litières sont
aoa
fOORNAL MENSUEL DE L'ACADEMIE NATIONALE.
arii
dislribuées assez capieuïement pour absor-
ber toutes les urines omises ; en huit jours,
on a constaté une peric de 7.2 p. 100 de Ta-
zote primitif, quand le rapport de la paille
ù ] urine a été 1/2.
Pour bien montrer que ce nuilange de paille
et d'urine se comportait comme Turine iso-
lée ou îe rarbonale d ammoniaque, on a
opéré en vase clos, mais en absorbant l'aci-
de carbonique par la soude caustique, et
lammoniaquepar lacide sullurique. Après
trois jours, il y avait déjà Gl*0 milligrammes
d acide carbonique dans la ^oude et seule-
mont 31 milligrammes d*a/ote ammoniacal
dans l'acide sulfuririiie, ce qui correspond
k 7.Ô pour 100 delasiole primitif ; on a trou-
vé ensuite rjue les quantités d*a%ote échap-
pées du fumier s élevaient à 31.5 en six
jours, 52,0 en huit et 50.7 en douze.
Tout au contraire, si Ton place le mélan-
^^e de paille et d'urinedans une atmosphère.
d'acide carbonique, on trouve dans le fu-
mier toutlazote introduit, bien qu*une gran-
de partie ait passé à rélal d'ammoniaque.
I/unno fermente donc dans une atmosphè-
re d'acide carbonique^nais tnutelammonia-
'jue formée resto dans le liquide et ne se
diffuse pasdiuis 1 almosphèrc.
Or, j'ai montré, il y a plusieurs années,
que lorsque le fumier est bi^îu tassé sur la
plaie-forme, comme nous le faisons à l'école
de Grignon, la fermentation y est très ac-
tive et Tatmosplière intérieure très chargée
d'acide carbonir^ue Sa présence empêche la
dilîusiorï de Tammoniarpie, et si l'on en-
traîne, k Taide d'un aspirateur, cette atmos-
phère au travers d'acide sulfurique titré, on
ne constate aucun dégagement d'ammonia-
f|ue.
Il ne se produit donc dans un fumier en
pleine fermentation aucune perle d'à m mu-
ni aijue. Toutes les additions capables d'ar-
rêter la fermentation sont nuisibles ; les ar-
rosages fréquents avec le purin sontau con-
traii^e très avaiilag^ux.
Les faits précédents prouvent clairement
que les pertes se produisent non pas dans
le fumier réuni en tas <lans la cour de fer-
me, mais bien dan? tes ctables ou bergeries
quand les litières salies séjournent sous les
animaux ; en enlevant ces litières tous les
jours, pour les conduire à la plate-forme on
écartera la déperdition de Tammoniaque,
car la fermentation ne commencera à se
produire que lorsque les litières seront déjà
recouvertes et par suite plongées dans une
atmosphère d'acide carbonique.
Toutefois, si les litières ne sont pas abon-
dantes, une partie des urines s'écoule dans
les rigoles ; elles ne doivent pas y rester, il
faut laver à grande eau et diriger les liqui-
des vers la fosse à purin où arrivent égale-
ment les égouttements du fumier.
Ce purin est recueilli dans une fosse qui
communique avec Tair ; l'atmosphère ren-
ferme de Tacide carbonique, mais pas d'am-
moniaque. Si même on fait passer un courant
d'airau travers du purin, pendant plusieurs
jours, et que l'on analyse l'air qui a barboté
dans le liquide, on y trouve de l'acide car-
bonique et pas d'ammoniaque.
En comparant la composition du purin,
après le passage de l'air, à ce qu'elle était au
début, on trouve que l'ammoniaque n'a pas
varié, mais que l'acide carbonique a aug-
menté ; la combustion delà matière organi-
que y est donc constante, et l'excès d'acide
carbonique formé empêche la déperdition
de l'ammoniaque.
Si, dans beaucoup d'exploitations bien te-
nues, on change très souvent les litières dans
les étables ou les écuries, on ne cure au con-
traire les bergeries qu'à de longs interval-
les: une fois par mois, par exemple ; c'est
là une habitude à laquelle il faudra renon-
cer ; elle entraîne des pertesd'ammoniaque
considérables et exerce souvent une influ-
ence fâcheuse sur la sant-^ des animaux.
En résumé, les règles à suivre pour évi-
ter les pertes d'ammoniaque pendant la fa-
brication du fumier sont très simples :
P Conduire les litières salies sur la plate-
forme, le plus souvent possible : tous les
jours par exemple ;
2* Laver les rigoles de façon à ne pas y lais-
ser séjourner les urines ;
3« Arroser sou vent le fumier avec le purin
defavon à y déterminer une fermentation
\^ w
^?mm
305
acttve ; la production constaîtte de Tacide
carbonLi|u6, dans la masâebien fassée, so[y-
pose absolument à la diiTiJsion de rammo-
niaque.
DISTINCTIONS HONORIFIQUES
ACCORDÉES AUX MEMBRES DE 1-*ACADÉMI£ NATIONALE
Eo récompense de leur participation à l'Bxposition de Bruxelles, ont été nommée Clie-
V allers de Tordre belge de Léopold :
MM. Geis^lfr (Louis), fabricant de papiers^ k llaon-l'liltape (Vosges
LuBORGNE (Ferdinand)j Tabricaut de tapis et d etoir*js d'ameublement à Lannoy(Nord}*
EXPOSITIONS ET CONCOURS
EXPOSITION D'AUTOMOBtl^ES à PARIS
Sous [a dénomiuation que nous venons
de reproduire, s* est tenue k Paris, sur Tun^
des tïirrasses du Jardin des Tuileries, une
trè* intéressante exposition de voitures au-
Looiobileâ, organisée par Ta iitomobile Club
de France.
Cette eicpositiou a^ sinon révélé, du moins
pleinement démontré Timportance considé-
rable acquise par Tindustrie de la construc-
tioades voitures automobiles. ParTextrême
variété des types de véhicules exposés, par la
perfection relativedela plupart d'entre eux,
parles qualités de conl'ort et même d'élé-
gance (|u*on ne peut dénier à quelques voi-
tures, l'ensemble de Tex[JOSÉtion a été de
nature à produire une l'orte impression sur
reprit public, et à faire naître, dans la
pensée de beaucoup de personnes^ la con-
viction que le rûle du cheval de irait irait
ilésormais en s'amoindrissant progressive-
ment d'une façon rapide^ jusqu'à la dispa-
ritioii totale assez prochaine, au rnoinsdans
les villes, delà «plus noble conquête de
iliQtDme ^> qui a été si ptaisammeot dési-
gnée récemment par Tei pression de « mo-
teur à avoine».
Les voilures électriques ont tenu une pla-
ce importante dans Tex position, et c'estévi-
liemmentde leur cûlé quesa tournent les
principales préoccupations des grandes en-
treprises de transports. Il ressort d'ailleuri?
desdonnéesexactesrecueilliesAlasuited'uri
concours pratique de liacrcs, que le prix de
revient de la traction électrique est inlérieur
k celui de la traction à pétrole. Déjà, que!-
ques*unesdes voitures électriques créées, ré-
pondent d'une façon satislaisante à tous les
desiderata utiles, et même certaines d'en-
tre elles oiiVent un aspect d'une élégance ir-
réprochable. Deux ou trois fabricants sont
réellement sortis victorieux de la période la-
borieuse des études et des Lutouuemants, et
ils peuvent maintenant entrer dans une pé-
riode de production intense, assurés d'ôtre
pourvus d'abondantes commandes pendant
de longues années.
Bailleurs, si Télectrici té s'achemine in-
contestablement vers le triomphe déllnitif
pour lacireulation dans les villes, ou même
dans des régions limitées assez abondam-
ment pourvues de stations électriques pour
permettre le rechargement fréquent des accu-
mulateurs employés comme source d'éner-
gie, le pétrole et la vapeur vont eux-mêmes
en se perfectionnant constamment, de façuu
à pouvoir jouer un rûle encore très cQn.<«idé*
rable dans la propulsion des véhicules qui
doivent demeurer indépendants de tout
point d'attache et qui sont destinés à ellectuer
de longs parcours en ne comptant que sur
les approvistounementd faciles à l'enou vêler
en cours de route.
307
iOURNAL MENSUEL DE L*AGADÉI11E NATIONALE.
308
Pour les voiluresremplissant les conditions
d'un tel programme, le pétrole semble tou-
jours dominer manifestement la vapeur. Ce-
pendant, M. Serpollet, Tinventeur de la va-
porisation instantanée, parait maintenant
avoir mené à bien un ensemble de dispositifs
spéciaux qui, grâce à l'emploi du parole
comme combustible, serait peut être de
nature à redonner la vogue à i*emploi de la
vapeur. Malheureusement Tingénieux inven-
teur n'a pas encore eu le temps matériel de
procéder à des expériences pratiques con-
cluantes de nature à aflirmer les mérites de
ses nouvelles créations, et jusqu'à nouvel
ordre, le moteur à vapeur demeure complè-
tement éclipsé par le moteur à pétrole pour
la propulsion des voilures automobiles légè-
res ou de poids moyen.
Après ces considérations générales, il ne
nous reste plus qu'à parler en détail des
expositions des Membres de notre Société,
rencontrées dans les galeries de la Terrasse
des Tuileries.
MM. Brourot et CiEjles grands construc-
teurs mécaniciens deVierzon (Chez), ont en-
trepris depuis peu [nous avons déjà signalé
le fait à nos lecteurs) la construction des
voitures automobiles, dans laquelle ils de-
vaient immédiatement réussir grâce à leurs
grandes connaissances de mécanique prati-
que. Outre que les voitures automobiles
contruites par MM.Brouhot et Cie sontcon-
çues, dessinées et agencées de manière à
offrir les meilleures garanties possibles de
solidité, de simplicité et do conlort, elles
présentent les avantages suivants dont nous
empruntons Ténumération à la notice ré-
digée par les constructeurs cux-raômes :
a P Le moteur à pétrole que nous em-
ployons est le moteur de notre système,
étudié et approprié pour cet usage ; nous en
avons diminué le poids autant que possible,
sans pour cela nuire à sa solidité. Nouscons-
truisons ces moteurs destinés aux automo-
biles depuis la force de 4 chevaux-vapeur
jusqu'à la force de 12 cheveaux.
0 Très simples, très robustes, tous les or-
ganes en sont facilement accessibles et dé-
montables. Le moteur est muni de notre car-
burateur perfectionné breveté s, g, d. g
« L'allumage est électrique et a été éta-
diéde façon à donner toute sécurité. Gràoe
au carburateur et à TallumagC; le moteur ne
dégage ni fumée, ni odeur;
I ^ Notre voiture est munie de quatre vi-
tesses et de la marche en arrière, le tout
commandé par un seul levier bien à la main
du conducteur.
« 3^ Les engrenages de cbaDgements de
vitesse restent toujours en contact et sont
mis en mouvement au moyen de manchons
disposés à cet effet sur les deux arbres qui
portent ces engrenages : ces manchons sont
commandés deux à deux et sont munis à
leur extrémités de trois dents pénétrantdans
trois vides correspondants ménagés sur les
moyeux des engrenages. On évite ainsi les
ruptures de dents et surtout Tusure des en-
grenages, qu'habituellement on amène en
contact en les faisant engrener parles dents
mômes des engrenages ;
a 4^ Notre manchon d'embrayage, breve-
té s. g. d, g,, d'une disposition toute spé-
ciale, permet de démarrer aussi doucement
qu'on le désire. On peut également, par son
intermédiaire, ralentir l'allure delà voiture
à quelque vitesse que Ton soit, si le besoin
s'en lait sentir ;
« 5» Notre automobile présente cet avan-
tage de fonctionner sanschatnes ; elles sont
remplacées par une commande par engrena-
ges. L'engrenage qui commande l'essieu est
relié à ce dernier au moyen d'unJDÎnt à la
cardan, ce qui permet à l'essieu de prendre
toutes les positions sans que cet engrenage
change de plan.
a 6' Le différentiel a été également sup-
primé dans notre voiture, et est remplacé
par un appareil de notre système breveté
s,g . d, g. Grâce à la suppression des chaî-
nes et du différentiel, nous pouvons opérer
des virages à grande vitesse, sans inconvé-
nients et sans danger, ce qui est quelque-
fois nécessaire devant un obstacle qui te
présente inopinément :
« 7° Deux couronnes en bronze venues de
fonte avec les moyeux des roues d'arrière
sont destinées à recevoir quatre freins, dont
deux actionnés parla manette qui comman-
de le manchon d'embrayage et deux par
f
w
EXPOSITIONS ET CONCOURS.
310
ijnfpëd;i1c/En agissant sur les quatre îrems
h la ibis on peut arrt^ier ïa voîuire inst^inla'
nément. Cette disposition nous a permis de
Âuppnmer le frein h sabots sur le pourtour
des roues, lequel endommage très rapide-
ment le caoutchouc ;
l « 8' La disposition du mëcantsme renfcr-
I mé dans un cadre dont aucune pièce esseïi-
r t ici le ne dépnsse lu partie supérieure, per-
met d em ployer tous les gen res de carrosserie.
^ Pour un mêmeniouvemerit, ou peut donc
avoir différentes caisses que Ton pourra
changer suivant les saisons et les goûts ;
^ ^ï î>* On peut employer dans nos moteurs
l'essence ordinaire qui se trouve partout et,
naturellement, les essences qui se vendent
tpecîalement pour automobiles, n
I Toutes ces explications et assertions de
! MM» Brouhoi et Cie doivent ^tre acceptées
comme absolument exactes, étant données
la grande expérience mécaniquede nos So-
ciétaires et la haute conscience avec laquelle
ils eiëcutent tous leur travaux. 11 est donc
eer tain que les voitures automobiles de MM.
BroulïOt et Cie doivent rtre classées au nom-
bre de celles qui présentent le fonctionne'
ment le plus sur, le plus régulier et le plus
satisfaisant ù tous les points de vue,
MM. Constant et CrEiùClichyi Seine), ex-
posent une collection complète d'huiles et
dégraisses industrielles^ répondant à tous
les besoins de lubrilicationties voitures mé-
caniques, depuis lagrai.-ïSeélasU(fU6 consis-
tante pour engrenages, j usqu'à l'huile la plus
Il ne pour les mouvemenls de précision , en
passant ;mr une huile visqueuse résistant a
une très huute température pour cylindres
de moteurs à pétrole.
MM. Constant vendent également des es-
sences minérales à triple rectiticalion aui
graduation de 080, ODtJ et 70rr, convenant
ipécialement à ralimentation des moteurs
^ pétrole d*automobiles.
Tous ces produits sont de la qualité la plus
coDvenable pour donner satisfaction aux
imateurs (Je locomotion automobile qu'on
désigne si pittoresque m eut sous le vocable de
« chauffeurs 1.
MM. LES FILS DR A. Deutsch, à Paris, pres-
sentent, sous la dénomination de « Moto-
Naphta>i unedes essencea spéciales pour au-
tomobiles les pi us appréciée:* dos praticiens,
et sous lappellation de « Lubrifine » une
huile minérale à graisser également Tune
des mieux cotées par tous les mécaniciens
qui en font usage.
Signalons aussi un appareil spécial ayant
pour objet de supprimer l'odeur des gaz d'é-
chappement des moteurs. Mais il est bien
évident que l'odeur laissée derrière leurs
voitures est Tun des moindres soucis des
automobilistes.
M M . Fkxaille rt DESPF.ALX ,îï Paris, autres
notables raffineurs de pétrole^ présentent
aussi une essence pour production de force
motrice dénommée '^ Benio- Moteur ^>^^\
une huîleà graisser dite H tj/£*ojîap/rfe'>,c'esl-
i-dire tirant son origine du naphle brut.
Ces produits sont aussi de^ mieux appréciés
par les mécaniciens appelés à s'en servir,
M. S';(itJiNj à Piiris, a exposé queh|Ue^
spécimens de son excellent moteur h pétro-
le lourd dénommé le Gnome, mais en le
présentant uniquement comme producteur
de force motrice industrielle, sans projet
d'application à la propulsîoi» des voitnrt^s
automobiles. Il y a cependant lu un champ
d'applications des plus vastes^ qui pourrait
être lobjetd'études fructueuses. Il est vrai
rjue le Gnome a donné de si bons résultats
dans les installations lixes, que la demande
pour installations semblables snftitâ absor-
ber la construction courante de cet cxcet-
tent type de moteurs.
EXPOSITION DE 1900
;BenB«lgnement4 divers]
CHr.MlN DE FER KLECTRIQt'B ET PLATE- FUR M K
ROULANTE.
Acceptation du projet de MM, Bloî^
Gityenet et de Mocomble,
Par un arrêté pris à la date du 24 mai
dernier, le minisire du coramerce^sur la pro-
311
JOURNAL MENSUEL DR L'ACADéMIE NATIONALE.
312
posîifoft du fommissaire général et confor-
mémeTH y l'avis tinanime de la commission
spectatfi instituée pour étudier la question
deâ transports, a accordé è M. de Mocomble
la concession du chemin de fer destiné à
transporter les visiteurs à l'intérieur de TEx-
position.
Un concours ayant élé ouvert pour Toc-
troi de la concession d'un chemin de fer
devant servir an transport des personne dans
l'intérieur de l'Exposition, douze demandes
de concess ions avaient uté adressées aucom-
missariat général. ï.a commission d'études
fut, dans Tad mission des concurrents, ex-
trômemcnt large ; elle estimait, avec raison,
que plus h coucurrence serait étendue,
meilleures aéraient les conditions obtenues
par l'administration. Klle repoussa donc
1res peu de demandes, celles seulement qui
lui parurent tout à fait inadmissibles, leurs
signataires ne présentant pas de garanties
sul'lisantes.
Mais cinq projets seulement furent dépo-
sés. De prime abord Tun d'eux fut écar-
té. Il étail incomplètement étudié. C'était,
d aiUeurSjle seul qui prévût une double voie.
L'examen des quatre projets restants mit en
préi^ence deux concurrents. Seulement, une
considération se présentait qui rendait non
douteuse 1 issue de la comparaison entre eux
d'eux ; tandis, en elfet, que son concurrent
sollicitait, pour rexécutîon, une subvention
de 1,500,000 fr., M. de Mocomble offrait à
1 administration de rE^posîtion une rede-
vance proportionnelle au trafic de son che-
min de fer.
Et il apportait non seulement la voie fer-
rée demandée, enceignant toute la partie de
l'Exposition sise sur la rive gauche, mais,
par-dessus le marché, pour ainsi dire, la
plate-forrao roulante qui doit conslituer, à
coup sûr, une des grandes attractions de
TExposition ; car ce sera la première appli-
cation en grand d'un principe original, qui
n'a été mis en œuvre que rarement et sur
tles parcours des plus restreints. Donc le
projet Mocomble présentait sur son seul ri-
val sérieux de tels avantages que son adop-
tion s'imposait sans contestations possibles.
C'est lait-
La <c rue qui marche j>, pour lui donner
un nom qui sera vite populaire^ sera établie
en Tair, en viaduc, à la hauteur d'ua pre-
mier étage. Elledoublera, comme trajet, le
chemin de fer, qui, sur la majeure partie
du parcours, circulera parallèlement, mais
en sens inverse, entre les piliers mêmes sur
lesquels elle courra. On y accédera par des
escaliers légers, au bas desquels seront éta-
blis les guichets des tickets,et qui débouche-
ront sur une première bande de plancher,
immobile , et formant un quai d'embarque-
ment continu. Une enjambée, et voilà les
voyageurs sur une seconde bande, mobile
Celle-là, qui les emportera à la vitesse de 5
kilomètres à Theure; et, si le train leur sem-
ble insuffisant, ils auront la ressource de
passer sur une troisième bande courant à 10
kilomètres à l'heure. Quel plus charmant
moyen de locomotion imaginer ? Et à quel-
les combinaisons de fôt es, d'illuminations,
le soir, ne va pas donner naissance cet in-
génieux système ?
Tout cela, pour les avantages d'agrément .
Au point de vue plus utilitaire, il est bon de
noter qu'un tel système permet un mouve-
ment de voyageurs dix fois plus grand que
celui du chemin de fer : pas de course à fai-
re pourallerquérir la station ;pas d'attente à
la station, sur un quai. Sur un trajet de 3 ki-
lomètres 500, le train passe sans disconti-
nuité. N'est-ce pas là ridéal?Enûn, le com-
missaire général et ses collaborateurs comp-
tent beaucoup sur la a rue qui marche »
pour constituer le <i clou », si inutilement
cherché jusqu'à présent, de l'Exposition de
1900, et, vraisemblablement leur espoir se
réalisera.
Donnons maintenant quelques renseigne-
ments techniques sur l'ensemble du projet
qui était présenté collectivement par MM.
Blot, Guyenet et de Mocomble. On sait que
M. Guyenet fait partie de notre Société.
L'inventeur de la plate-iorme roulante
est M. Blot qui en prit les premiers brevets
en 1886 et présenta, pour l'Exposition de
1889, un projet d'application qui ne fut
d ailleurs pas accepté.
Cependant des applications partielles du
système eurent lieu ensuite aux Expositions
••^1^
^m
■P
fHi^W
ms
KX POSITIONS ET Ct>N\;OUElS*
3H
de Cliicago et de Berlin avec uu plein suc-
ces. Adroitement combinée avec rexéfïution
d'un chemin de fer électrique ordinaire,
ridée de la plate-forme roulante imposait
donc en quelque sorte soi. adoption pour la
future grande foire du monde,
L'Exposition de 1900 se trouva, par suite,
dotée d'un nouveau mode de transport des
plus ingénieux et qui en sera certainement
une des principales attractions.
En elTet, avec la plateforme mobile Blat,
Guyenei, de Mocomble, c est ta voie elle-
mi^me sur laquelle on ^e place qui avance,
alors que les roues qui la font mouvoir tour-
nent sur place.
Celte voie, élevée à 7 mètres au-dessus du
«ol et à laquelle on accède parde très nom-
breux escaliers, est munie de sièges confor-
tables et d*appuis ; elle est de plus couverte
et comporte tout ce qu'exige le confortable
moderne.
Des escaliers j on passû sur un trottoir fixe
parallèle aux voies mobiles et qui sert de
btalionnament pour rembarquement et le
débarquement.
Comme le publie pourrait craindre de
monter ou descendre pendant la marcbe sur
une plateforme marcliant à raison de 2 m.
70 à la seconde ou 9 kilom. 7^0 m. h Tbeu-
re, une seconde plateforme a été interposée
marchant seulement à la vitesse de 1 ui. 35
à la seconde ou 4 kilom. 860 m. àTheure.Ce
qui fait que le voyageur, pour passer du trot-
toir iixe sur la 1^" plateforme et ensuite sur
la seconde, trottoir et plateformes se trou-
rant au môme niveau, n'a qti'à conserver
I allure du pas ordinaire pour y prendre
pied sans à-coups, ni secousses.
Chaque plate-forme est portée par une
succession de Irucks ; le plancher repose sur
des longriûes en bois, s'appuyant sur des
traverses dont le milieu est fixé ù une pou-
Ire axiale. Les roues des irucks sont situées
aux extrémités des traverses et guidées par ,
une voie ferrée. Le tronçonnement de la
poutre axiale en section de 4 mètres permet
de franchir des courbes de 00 mètres de
rayon. Les galets moteurs, en tournant, tont
avancer la poutre axiale et cela suffit pour
que les plates-formes se mettent en mouve-
ment. La force employée est Téiectricitéque
transmet une station centrale etqui produit
la rotation des galets moteurs.
Avec ce nouveau mode de locomotion
d'invention essentiellement française, dispa-
raissent tous les inconvénients inhérents
aux moyens de transports intermittents com-
me ceux actuels.
Plus d'attente, plus de ces bousculades
comme il s'en produit lorsque la foule se
précipite pour s'entasser dans des wagons on
des voitures oii Ton n'accède que l'un après
Tautre et h. la queue leu-leu.
Avec la plateforme mobile ouverte à tous
comme un immense trottoir roulant, les
voyageurs seront transportés comme par en -
cliantement, son accès étani permanent et
s'étendani sur toute sa longueur-
Après avoir versé 50 centimes aux tour-
nifiuets, ils prendront place sur l'élégan-
te plateforme mobile couverte qui les véhi-
culera doucement et convenablement assis
aux points de rExpnsiJion où ils désireront
se rendre» tout en leur promettant de jouir,
du haut de cette plateforme, du panorama
général de l'Exposition.
Le parcours comprendra le Quai d'Orsay,
le Boulevard Latour-Maubourg, l'Avenue do
la Motte-Ptcquet,etrejoindraleQuai d^Ûrsay
par TAvenuede la Bourdonnais.
n est certain que ce nouveau mode de
transport aura le plus grand succès.
315
JOURNAL MENSUB DE L*ACAOlilllB NATIONALR.
316
INDUSTRIE
LAMPE A PÉTROLE DE SURETE
inventée par M. Edward Berchten.
28j Dcvonshire C1tambers,Bi8hopsgûteStreet,
à Londres.
Notre Sodétaire, le D' Edward Berchten,
JQgénieur cliimisle et expert en huiles mi-
nérales, vient d inventer et de construire
une tampe h pétrole qui est la seule, jusqu'à
présent 4 pouvant iHre considérée comme
enljcrement à labri des explosions.
Les avaiilâ^'es que cette lampe possède
sur toutes les autres sont très simples et se
comprendront facilement par les explica-
tions suivantes:
r Le lait principal est i|ue la flamme de
la lampe est absolument séparée des gaz ac-
cumulés dans le réservoir à pétrole.
2"" Tout dan^î^^r d accident ou d'explosion
e^i rendu impossible en éteignant la lampe,
nue hi Jlamme soit haute ou basse.
3^ Une cause subsidiaire de la sûreté de
la lampe consiste en ce quecelle-ci est cons-
truite entièrement en métal, ce qui consli-
tue une autre garantie contre les explosions.
i" La méelie est enfermée dans un cyhn-
dre métallique uni au bec de la lampe qui
est coupé de la manière ordinaire, et vissé
duns la couronne sur le réservoir à huile
de n'importe quelle lampe.
La source de iar|uelle la mèche reçoit la
quantité nécessaire d'huile pour Téc lai rage,
est une autre appplication du système capil-
laire au moyen dui]ueirhuile est conduite,
suivant un arrangement spécial, à la mèche
à flammej par une mèche supplémentaire
en communication avec le réservoir à l'huile
et la base du bec.
Par cet arrangement il est impossible que
rbuile puisses échapper, et comme preuve
supplémentaire de la sûreté de la lampe,
disons que c6lle-4!Î peut être renversée ou
roulée sur la table sans aucun danger.
n est l'acile de voir, dit le D' Berchten,
que les avantages ne se limitent pas à la sû-
reté de la lampe seulement, mais à la com-
plète sûreté des millions de personnes qui
sont forcées de faire usage de lampes, sur-
tout si celles«ci sont remplies d'huile d'une
très grande inflammabilité.
On nous assure que le brevet sera adopté
par les principaux fabricants de lampes, qui
construiront des lampes à des prix à la por-
tée de toutes les bourses, même les plus mo -
destes.
LA FABRICATION DES 8UCRE8
EN FRANCE ET EN ALLEMAGNE
RENDEMENTS EN BETTERAVES A SUCRE PAR
HECTARE, KN KILOGRAMMES
Campagnes France Allemagne
1802-93 25.605 27.900
1893-^14 23.863 27.900
1894-95 29.553 32.900
1895-96 26.434 31.000
1896-07 57.100 32.300
Moyennes 26 551 30.320
Ecart en plus pour TAllemagne, 30,809
kilogs ou 14.3 % .
Ce tableau montre que le rendement moyen
de notre culture est de 26.511k. de bettera-
ves à l'hectare contre 30.320 kilogs en Alle-
magne, soit 3.809 kilogs oa 14.3 % en plus
pour ce dernier pays. Se doute-t-on de la
conséquence de cet écart ? C'est que, les
frais de culture étant supposés égaux, dans
les deux pays, hypothèse plutôt défavorable
à rAllemagne, et ces frais étant par exemple
de 700 fr. par hectare, la tonne de bettera-
ves nous coûte 20 fr.40 au lieu de 23 fr. 10
qu'elle coûte en Allemagne : c'est un avan-
tage de 3 fr. 30 pour le fabricant allemand.
Est-ilbesoin d'ajouter que cette supériorité
TAllomagne la doit à sa longue expérience
de plus d'un demi-siècle dans la culture de
la betterave riche, culture introduite depuis
f
I .V. mm
ma^ftmm
317
13 ans seulement chest nous ? Maia ce n'est
pas tout : notre rendement industriel aussi
esl inférieur à celui de rAUemugue ;
AEPîOEHKNTS INDUSTHIELS EN SUCRE RAFFINÉ
^ PAR 100 KirjOGS DE BETTERAVES
iNnusrBiË:.
318
Campagnes
1892-03.
1893-Ô4.
1S94-95-
1805*96.
1895-97.
France
Allemognï
Raitinû
Itunînf-
9.U3
J0.74
0.28
11.10
0 30
10.93
10. 4S
11.80
9.36
U.39
Moyennes.
9,.t9
1M9
Ecart en plus pour TAIIemagne, 1.70 %
en raftinë.
Notre tixtracUon moyenne en raftiné est
iliincde9.49 % contre 11,10 % en Alle-
magne ; c'est donc hîO % de plus en fa-
(:atirde nos nvatjx. En d'autres termes nous
employons encore L053 kg. de betteraves
pour produire 100 kg- de sucre but, tandis
que les Allemands ne consomment que8?y
kg, de betteraves. Cela tient en partie à nos
méthodes de culture et en partie au travail
lies mélasses usité en AUemagneet abandon-
né chez nous; le climat aussi y est pour
quelque chose. Quoi rju^il en soit, non seule-
ment la betterave coûte moins clicraux Al-
lemands, mais il leur en faut sensiblement
moins pour obtenh* la même quantité desu-
cre. Et il y a unautre point encore surlequrl
rAUema^ne l'emporte notablement sur la
France, la capacité de production des usines -
TRAVAIL DES BETTERAVES I>AR FABRrQUE
EN TONNES.
Par L-ampagn»
Par 34
lictir«s
CimpagDM.
France.
Allemag.
Frant-e.
Alktnsf;
1802.93.
14.871
24.468
215
314.8
1893-94.
14.190
20.382
235
336.4
1894-95.
19.450
35.854
240
362.2
)8D5-9C.
15.300
29.402
245
293.2
1896-07.
18.800
34.390
245
399.0
Mûjennei- 16.002 30.070 235 301 .0
Ecart en plus pour l'Allemagne, 13. 577
lODRês par campagne ou 82 % et 1S6 tonnes
pr24 heures ou 53,0 %
En moyenne, nosusinestraitent par cam-
pagne 10,50^ tonnes de betteraves, contre
38,079 tonnes en Alleuaagne: c'est un écart
de 82 % en faveurde TAllemagne. Quant au
travail journalier, nous n'arrivons en moyen*
no, par fabrique, qu'à 235 tonnes contre 301
tonnes en Allemagne, soit 53,6 % d'écarts
en plus pour ce dernier pays. Aussi, et vu
le meilleur marché des salaiJBS chez nos voi-
sin s teur a frais de fabrication son t-ilsnotable*
ment plus réduits^iue les mitres. De Vensem-
ble de ces diiïérences résulte pour eux, en
définitive, uof/ plus grande économie dans
la production du sac de sucre.
Nous devons, dos lors, cela est clair,tendrG
ù laire disparaître ces écarts, et le perfection*
nement de notre agncuUurtt, l'agrandisse-
mont de notre outillage, objets de tant de
transformations depuis 1884, réclament en-
core de notre part de grands efforts ; mais, ne
l'oublions pasj le coût de la mai u d'ceu vre, d u
combustible, les charges fiscales Jes impôts
sont plus élevés en Francequ en Allemagne;
de plus, le sucre est frappé cliex nous d'un
impôt fort lourd et sans exemple dans les
autres payi. Or, La législatir}n de 1884 offre,
en quelque sorte, une compensation à ces
charges supplémentaires, en exonérant de
l'impôt une partie de la production et, ce
qui est précieux, à notre sens, elle seule
peut permettre à la culture et à la fabrique
d'accomplir graduellement révolution nou-
\ elle que leur imposent le progrès scientiii-
que et la concurrence universelle.
[Journal du Cultivateur.)
LES PBOQRES DE LINDUSTHIE
ALLEMANDE DE 1882 A 1895.
En 1882, 5, 83LG22 hommes et L569.107
femmes étaient occupés dans l'industrie
allemande ;en 1805, — treize ans après —
7. 920 /J44 hommes et 2.:^39,325 femmes.
C'est un accroissement de près de 3 millions
L*industrie seule a profité de ces progrès ;
le nombre des agriculteurs a plutôt diminué
et comme la terre cultivable ne s*étend pas,
Teicédent d'une population croissante doit
Sltl lOURNAL MENSUEL DE
âo jeter sur t'indusirie. On aura remarqué
ijue le nombre îles femmes occupées dans
lindusLrie s'est .iccrii dans de plus fortes,
proportions, 55 %,que le nombre des
iiommes, 3t> i, ; si c'est là un signe de pros-
périté elle est chèrement achetée.
Voila pour Tensamble du personnel oc-
cupé, patrons ou aides, l ndiquons mainte-
nant le nombre des tfiablissementsaux deux
époques.et distinguons entre ceux où le pa-
tron travaille ^ul et ceux où il a des aides,
desfimplûyés,desoavriers.Epl882,2.530.ô85
palronsiravaillent seuls, en 1895,2.338.677;
ilyadonc décroissance; en 1882, 1.078.916
établissements occupaient des ouvriers, en
1895,1 .:il9,400, c'est un fort accroissement.
Ces chiffres montrent qu'il y a un gain ab-
solu de 49.ÛO0éiabtLâHements,et que 192.000
patrons ont pu s'adjoindre des ouvriers.
Nous allons pénétrer un peu dans les dé-
tails. Voici comment se subdivisent, par na-
ture d'industriet les établissements ci-des-
sous:
Année 18^*2 Nombre En 0/0
JardinugCf élève du bé-
tail, pêcheries
Industrie proprement
dite j mines comprisesi
Commerce, transports,
hôtels, auberges, ca-
barets
Anni-e 1S9S
Jardinage, élève du bé-
tail, pêcheries. .,,...
Industrie proprement
dite mi nés comprises]
Commerce, transports,
hutels, auberges, ca-
barets
l'académie nationale. 320
etc., en 18S2, 5.033. 633; en 1895.8.000.05:1
Commerce, etc., en 1882, 67.418 : en 1805,
103,128. Industrie, etc., 1882, 1.339.708;
1895. 2.1^55.638. Donc, partout le nombre
des travail leurs s'est accru. De plus, le nom-
bre des moteurs aussi a considérablement
augmenté.
Veut-on savoir quelles industries ont le
plus augmenté ou diminué de 1882 à 1895 ?
Nous l'indiquerons en citant le nombre
moyen des aides (employés et ouvriers) par
établissement,savoir : mines et usines. 81.3
aides en 1882 ; 134.0 en 1895 ; travail des
métaux, 2.8, en 188?, contre 4.0 en 1895 ;
fabrication demachines,4.3contre6.0 ; pro-
duits chimiques, 7.8 contre 11.1 ; matières
grasses, savons, etc., 6 contre 8.7. Générale-
ment le nombre des ouvriers a augmenté, et
partout, dans bien des cas, le nombre des
établissements a diminué, ce qui indique-
rait que la grande industrie s est assez sou-
vent substituée à la petite. Voici un petit
tableau qui fera la décomposition de la gran-
de et delà petite industrie, pour 1895, com-
parée avec Tannée 1882 :
13.094 1.2
2.560.442 70.9
1.006.265 27.9
3.609.801 100.0
Nombre En %
53.547 1.5
2.4>8.462 66.4
1.176.068 31.1
3.658.077 100.0
A pfemlère vue on sera disposé à dire ici
que l'industrie proprement dite a diminué.
Ou ajoutera : cequi a augmenté,c'est le com-
merce, et peut-Être seulement les cabarets.
Maii comparons le personnel, le nom brodes
iraYailleurs aux deux époques : jardinage,
Ëtablissemenls
Patron seul et sans
moteur
Patron avec 1 à 5
aides ouvriers ..
Total de la petite
industrie
Patron avec 6 à 10
aides
Patron avec 11 à 50
aides
Totalde la moyenne
industrie
Patron avec 51 à
200 aides
Patron avec 201 à
1000 aides
Patron avec plus de
1000 aides
Total de la grande
industrie
Total général.. .
1895
1.714.351 1
1.220.372 1
1888
.877.872
,004.890
2.934.728 2
113.547
77.752
191.299
15.624
3.076
255
18.955
3.144.977 3,
.882.7(58
68.703
43.032
112.715
8.095
1.752
127
9.974
008.457
J31 tlHDUSTHlIl,
I Travîiilleura îllfr lB9fi
Palron seul el sans
moleur K71 L3j1 1 .877.872
Patron avec 1 à 5
aides ouvriers. 3.05f3.:il8 2.453.750
Total de la petite ^_^ ^^_^
indu strie . 4.T70.Oi39 4.335.8^:^
I. Patron avec 0 à ]()
aides.,.. 83), 409 500.097
Patron avec lia 50
aides 1. 020. 848 891.623
Talal de la moyen-
ne ioduslrie. . . .^ 2.454.257 r:j91.7^0
Patron avec 51 a
200 aides 1.439 776 742JjSS
Palron avec 201 ù
1.000 aides..., 1.155.836 657*899
Patron avec LOOO
aides 1 . 155*836 fîo7,39Ô
Total de la grande
industrie. 3.014.343 1 J313.247
Tût^il général... 10.259.2H9 7.;:40.780
1^ nature de Vindustiie, cela va sans dire,
aune influence sur la grandeur des exploi-
tations. Dana la petite industrie on trouve
surtout la confection, la Manchisserie et
<rautres branches de Tindustricdu vêtement;
puis les établissements qui ofFrent des ali-
tnentset des boissons ; ensuite le commerce
fie détail, te jardinage et la pèche. Dans la
grande, on rencontre surtout les mines, les
produits cliimiques, les te^stiles, la fabrica-
tion des machines, la papeterie.
Dans Kindustrie textile, qui occupe un en-
ï^emblede 093,257 personnes, 587.591» ap-
partiennent a la grande industrie, 405.058
se répartissent entre les t^tablissements
moyens et petits. Dans les mines, sur un en-
îerablede 530.289, plusde51LO00 appar-
tiennent à la grande indu^^Lrie. La t'abrica-
tiûu des maeliines occupe 5H;>.072 person-
aesdont 343.690 dans la grande industrie.
L'accroissement des établissements de la
P^ande industrie a eu une pius grande in*
tluence relative sur le nombre des employés
quesur le nombre des ouvriers. En ISS2, les
321
7,at0.7S9 travailleurs sedivisenten 2.009.070
patrons, 205.001 employés et L22C.052 ou-
vriers ; en 1895, sur 10.^50,209 personnes
activeson compte2.918.821 patronSt 448 914
employés et6.87L504 ouvriers, Los em-
ployés sont plu=i nombreux parce que la di-
rection d'une grande affaireeîtige un appa-
reil administratif plus compliqué.
On sait que le travail des enfants a donné
lieu à bien des discussions depuis une série
d années, et non sans raison, car les enfants
fournissent un assez important contingent
au travail commun et 11 s'agissait de faire
disparaître de graves abus. Gnke à toute
une série de lois, les abusent h peu près
complètement cessé. La loi allemande ap-
pelle enfants les travailleuri ugésde moins
de seize ans, leur nombre est de 461.121
garçons (8.0 %) et de i'38.72a lilles (8.5 % , ;
cela fait 603.150 enfants 8.8 % contre
6.871,504 adultes 9L2 % . En dehors de
la grande et de la petite industrie, Tindus-
trie domestique, c est à*dire le travail fau
pour un patr m, el non pour I© 3onsommii*
leur, forme une division à part. Il y eut en
18e*2, 470,080 travailleurs occupés dans ces
conditions el 460.085 en 1895; c'est une
diminution qu'on peut expliquer, je crois,
par la nécessité croissante d'employer dc>
machines pour soutenir la concurrence. Les
industries ou le travail à domicile est le plus
répandu sont : les lexiles, 102. 50 J alelieri :
le vêtement confection , 120,4*8 ateliers ;
objets enbois23.405ateliers ; objets en fer,
10.803,
Nous arrivons ma in tenant au point le plus
délicat et ù h fois le plus curieux de cette
statistique*
Jusqu'à préseul il s'est agi dcainstrumenùs^
nous allons examiner maintenant si la pro-
duction s'6st accrue dans la méîT.e propor-
tion que les instruments. On ne pourr;L
donner sur ce point quedesrenseignemem^
approximatifs ou incomplets, mais qui au-
ront jiéan moins leur intérêt.
Le nombre des établissements on 1895, a
augmenté de L3 % relativement à 1882 et
de 13.2 ri relativement à 1875. Le nombre
des personnes actives travaillant s est accru
de 39,0 \ depuis 1S8L^ el de 5S,7 % depuis
■^F
3^3
JOUIUVAL MENSUEL M L AG4DÉIIIR NATIONALE.
324
1875. Le nombre des forces dechevaux aug-
menté de 1875 à 1895 d'environ 222 % .
Voici d*abord les industries qui fournis-
sent des chiffres exacts pour 1882 et 1895 ;
minesde métaux autres que le fer, accrois-
sement pour la période de treize ans li.lYo]
mines de fer, accroissement de la produc-
tion 49.5 % ; usines à argent, plomb, cui-
vre, nickel, accroissement : 60.9 % ; mines
deselgenime, 44.U X ;salinesl6.1 % ;mines
de liouiile^50.1 % ; mines de lignite, 86.9 % ;
aucro de betteraves, 194.0 % ; bière, 41.5 %.
La fabricaUoïi de lalcool semble avoir di-
minué. Pour la plu part des autres industries,
ou pluUH pourrensemblc des industriesalle-
mandes^ ou a comparé les quantités et les
valeurs exportées aux deux époques, savoir:
En 1895 on a exporté 13.8 millions de
tonnes valant 3.424.1 millions de marks.
Kii 1882 on a expoiné 17.2 millions de
tonnes valant :i,^^79.U millions de marks.
L'accroissement a donc atteint, dans ces
treize années 66 millions de tonnes 38.4 %
et 144.2 millions de mark <4.4 % >. Lasdeux
grandes industries qui ontle plasgagné dans
la période en question, se sont celle des
textiles et c^lle des produits chimiques. Dans
les textiles le nombre des travailleurs s'est
élevé de 910.089 à 992.257,les quantités ex-
portées de 210.464 tonnes à 253.749 tonnes
(accroissement 20.6 %) ; la valeur a baissé
de 832 millions de M. à 779.472.000 6.3 %^ :
c'est que les prix ont baissé. Dans les pro-
duits chimiques, le personnel a augmenté
de 60.5 % , les quantités produites de 38.2
% , les valeurs de 31.1. Ici on constate une
tendance à la baisse.
Cet exemples suffiront pour donner une
idée du mou vement ascensionnel de Tindu^
trie allemande dans une période de temps
relativement courte.
Extrait de la Revue de Statistique^ d'après
une étude de M.Maurice Black parue dans
V Economiste Français.,
COMMERCE
LE C OMMCRCE DES VINS DE
CHAMPAGNE
fl'apréo re9 recensements de ia Chambre de
commerce de Reims.
AnnèM
Ktmbn dt brattUlM
Vwthn txpMiéMtnrruiM
de bontêillM ans mareh&nds ■v.a..,
tziMiiM M SIM, MX -svtêax
k l'étraagv dékitanU tt «as
""-
1859-60
8.265.395
2.039.621
11.305.016
AimDci
dt boDUUIii LOI aanhAndi fp^i^n.
1860-61
1861-62....
8.4î'8.223
6.904.915
2.697.508
2.592.875
ll.lî<5.731
9.497.790
«n gros, ans
dtbiUaU «t aoz
1862-63....
1863-64
7.937.836
9.851.138
2.767.371
2.934.996
10.705.207
12.786.134
—
—
—
—
1864-65
8.101.441
2.801.626
11.903.067
1844-45..
4,380.214
?, 255. 438
6.635.C52
1865-66....
10.413.455
3.782.777
13.196,132
184^-40,.
4.IÎ05.3C8
«510.605
9.015.913
1866-07....
10.283.886
3.218.343
13.502.229
184M7..
iraiMh
2.355.366
7.067.281
Î867-68....
10.876.585
2.924.268
13.800.853
1847-48..
4.tî-i9.(i25
2.01)2.571
6.952.190
1868-69....
12.810.194
3.104.496
15.914.690
18^8-4:?..
!iJjmj.4B4
L473.966
7.160.450
1869-70....
13.858.839
3.628.461
17.487,300
U41U0..
5. OUI. 044
K705.735
6.706.779
1870-71....
7.544.323
1.6a.^l
9.178.264
t850'5L.
5.8(36-371
:il22.569
7.989.540
1871-72....
17.001.124
3.367.537
20.368.661
Iffil^S..
5.957.552
2.162.880
8.120.432
1872-73.,..
18.917.779
3.464.059
22.381.838
1852^53,.
6.355,5:4
2.385.217
8.740.79«
1873-74....
. 18.106.310
2.491.759
20.598.069
1&53-54.
7.87â,32Û
2.528.719
10.407.039
1874-75....
. 15.318.345
3.517.182
13.835.527
lî^SJ^ta..
{^51^.773
2.452,743
6.348.516
1875-76....
. lo. 705. 719
2.439.762
19.145.481
I85rKrjL.
7.337.001
2,062.039
9.699.040
1876-77....
. 15.882.964
3.127.991
19.010.955
l^rrt)-57..
g. 490, m
^.468.818
10. 950. 016
1877-78....
. 15.711.651
2.450.983
18.162.634
1857-5^,.
7.368,310
2.421.454
9. -89. 764
1878-'; 9....
. 14.844.181
2.596.356
17.440.537
iS58^5P.,
,,. 7.066.03^
*. 805. 416
10.-^72.049
1879-80....
. 16.5i4.593
2.666.561
19.191.154
"TF^
3?5
VABIET^>.
Nombra
dibontoUlM
à retrangtr.
Nombre de bonteillei
ezpèdiéae en Franco
au maïahandi
en irroi, au
débitante et au
oonsommatenn.
Totau
1880-81 18.220.980 2.399.924 20.620.90*
1881-82 17.671.366 3.190.S69 20.862.235
1882-83 17.642.821 2.869.231 20.512.052
1883-84 18.206.956 2.675.578 20.882.534
1884-85 18.189.256 2.822.601 21.011857
1885-86 14.923.490 2.752.184 17.675.674
1886-87 16.922.903 2.861.971 19.084.874
1887-88 17.257.685 3.076.639 20.334.324
1888-89 18.904.469 3.653.615 22.558.084
1889-90 19.148.382 1.176 18.) 23.324.571
Aaic*a
18'^-1H,.
ât4
âH- boQtejJlï5
Ktjmbrï de toattitlia
eipàJJi:E9 e^ Frm»
&i]i mirchKadi
ToUoi
iiLarCj,n5
Hjj;^JiJ.67fî
17, ^rn ;]it)
2lM5r».7!^S
L0:7 USi
Lb7,5:r.
5.?*7iLr.J8
7.2.M iir»
25.77(j.l9l
2i.2Ah.m
ii o-î2.0^ri
Mt'ime de statistique.
VARIÉTÉS
LE CAPE
8a culture et ton oommeroe.
Communication de M. E. Saint-Denis^ à
Granville (Manche).
{Suite et fin.)
Voir le journal de Juin.
On estimait autrefois la valeur d*une/^-
^enda par le nombre d'esclaves que possé-
dait le maître et le nombre des pieds de
café qui couvraient la propriété.
Je ne veux pas prétendre que Tabolition
de Tesclavage soit la cause de la ruine du
pays — loin de là, mais l'opinion de beau-
coup c'est qu'il y a eu précipitation ; qu'on
n'avait pas assez étudié la question du rem-
placement de ces bras esclaves par le travail
libre des immigrés.
Je sais que dans ce pays les demi-me-
sures ou mesures d'atermoiements sont fu-
nestes, et que provisoire est presque syno-
nyme d'éternel, mais la plume d'argent
que présentait à la princesse la main noire
de José Patrocinio paraphait le même jour
la liberté des esclaveset l'esclavage de bien
des gens libres.
La loi libertaire consacrait les droits et
les devoirs de l'humaine indépendance en
même temps qu*elle descellait la première
marche d'un trône.
A tous il seiul)l!iii (|uo U lui .lu Viscorido
de Jîio Hraiico dite du Ventre libre était une
mesure ^ni:e et dont les c*fT(Us puuvaient
jieui 4Hre (janiiLrL^Qnls k ï\iieU\ac^-un^^uuih
prëp:u'niL et 0[)érail la traiisfarnisUicm sans
secousse-
La traite des rmirs a clo predtaiïieuL ré-
prou vue [lar tous les pouples — celait un
crime, mai^un crirTie<|ui i'ul toujours puni,
taudis i[ue la traile des Ijlarics —l'immigra-
tion commue elle ^sL cncm'O [>raiir(uée — eat
un rnme tokniMiutit on ne counaft pas
Loutes les luu'reurs.
L'aviilitè des [iLiiirvoyeiirà jetle tous les
ausfMi halucau>c dans les pays loi niai us, en
pâ l u rc a u \ I i è v j^e s e ta la ni o v t , d es uî H l i ers
dedupes; et je déclare qu'elle sera plus
lune>Ee eneureque la Lraue si honteuse et
iiîépn-abledes ururs — ianh]ue l'imoiigra-
tiun ne stra pas libre, indçpeudanti^ ol
fiùlQ de bonue foi-
J'ai assez, vu revenir de ee^ victiuiî'salnu-
dounuf's, misérables eL ronj-^ét^s de vermine
«jui veuitieul chercher des bous de nuit ut
de vivres dans uns Inireaux de bienllùsanee
— de.'ï billets de rapritïieujent au Corisnlat,
Je reserve d'ailleurs tiu ('lia[)itre a rira-
tui^ralum — a ee tpie hm aurait pu en
aLtoruJru— conimc ré^ultaï .lu f^oiuLde vue
af^rieolect ojlouibateur*-.
La fertilité et la fucutirtite de la terre tiu
327
JOURNAL MENSUEL DE L' ACADÉMIE NATIONALE.
328
Brésil est telle que la culture du café ne né-
cessite presque aucun travail.
Eu trois ans la croissance du caféyer est
suffisante et la production commence... Le
soleil a l'aît son (euvre, la lerre a donné sa
sève, les grains brillants sont murs. La
cneillette se luit du niïitJM jusqu'àmidi pour
rtîprendre plus tard ^ après la sieste jusqu'à
la nuit.,.
Les noirsj les femmes et lesmoléques, di-
visés par groupes, par classes H catégories
sous les ordres des feitares récoltent les
graiiis dans les cestes qui sont ensuite por-
tés au Tervdro, sorte d emplacement de
terre l)allire où l'on étend te café pour le
sécher...
La cuquo bientôt se déiaclie et Ton pro-
cède au décortjquage ; quelques fazendeiroa
employaient le pilon primitif — quelques
autres avaient des x engenlios », sortes de
machines en bois manœuvrant avec des ma-
nivelles.
On faisait et Ton fait aussi le décortiquage
à Teau — c'est-à-dire fjue Ton mettait les
baies à mucérer dans des Jtinque) bassins
pour enlever b coque.,, ces calés restaient
verts et s'appelaient ■ cafés lavados ». Ce
sont les premiers qu'on expédie en Europe
où ils sont très recherchés.
Les grains, en sortant des pilons ou « en -
gouhos s étaient passés aux vans et puis
ensuite triés ~ c*est ainsi que l'on procé-
dait autre fois..*
Aujourd'hui tout se fait mécaniquement
étuves^ décortiqueuse, rouleuses, ventila-
teurs, criblousesj sont de^ini^iruments com-
mun s dans les fazendas.
J*aj vu des machines, \\m d'ailleurs ont
élé condamnées, destinées ù « plomber »
du café pour lui donner une couleur de
café a lavado )> ; j'ai vu des machines à faire
du café — des grains de cale assez parfai-^
lenienl imités. Ces machines étaient aile-,
mandes^ aussi je me passe de commentaires,
[.es Terres Ilosas ou rouges de S. PauL
font distinjîuer fiicrlement les cafés de San-
tos et de provenances paulistes.
Dans la fente du grain on voit un peu de
terre rou^fo — poussièi-e siti generis qui est
son ceriilicat d'origine.
Les cafés, après le criblage et le triage,
sont mis dans les« armazems», magasins de
la fazenda où le propriétaire les conserve
en attendant qu'on lui fasse des offres ou
qu'illes mette en vente.
.,. Les soirées de la fazenda au moment
de la cueillette étaient autant de fêtes pour
tous et les noirs avaient leur large part dans
ces agapes et les miettes delà table du maî-
tre venaient augmenter les rations de la
veillée.... Aujourd'hui les immigrants tra-
vaillent sans arrêt, à la tâche, aux cents ki-
los.... et se lèvent souvent les premiers pour
arriver sur le lieu de destruction — je dis
destruction parce qu'ils ripent la branche
sans cueillirgrains par grains — et souvent
rasscntles « galhos » (branches] pour entas-
ser plus vite le café dans leurs sacs !...
Ils abîment plus de pieds de café en un
mois que les rongeurs et animaux destruc-
teurs en un an !
Vous voilà un peu au courant des diverses
manipulations du café;alignons maintenant
quelques chiffres.
Les arrivages et embarquements par le
Port de Rio de Janeiro ont été
r 188S
3.251.213 sacs
de 60 kilos
89
2.750.144
00
2.052.361
91
3.108.875
92
3.213.845
93
2.438.905
94
2.671.958
95
2.763 727
90
2.784.958
97
4.05(5.754
Pour Santos on a exposé.
En 1893/1894 1.688.000 sacs
1896/1897.
5.104.000 sacs!
I t
Ce qui fait en tout pour ces deux ports
pour 1897, 9.160.734 sacs de 60 kilos et je ne
compte pas les ports de Victoria, Babia, Es-
pirito Santo.
329
VARIÉTÉS,
330
L*Amérique du Nord à elle seule a pris en
1897 2.450.8;% sacs
L'Europe 1.223.701
Diyers ports 225.044
Les ports brésiliens 157. 154
exclusion Tai te desSanlos.
4.056.734 sacs
Vous avez suivi le café depuis sa culture
jusqu'à sa mise en magasin : son prix de-
vrait, tout en restante la portée de tous, être
rémunérateurs pour le producteur. Eh !
bien, il n*en est rien.
L'ennemi naturel du commerce du café
est le change — c'est-à-dire le cours de la
monnaie au Brésil — la valeur du billet de
banque ou papier fiduciaire.
En 1888, le change (cambio) était de 407
à 344 reis par francs — cette dernière cote
vous prouve qu'à ce moment le papier fai-
sait prime sur l'or ! !..., puisque le change
pair est 352 reis, mais en 1897 il était à 1389
reis et actuellement à 1543 ! !....
En 1895 une arroba (quinze kilos) de ca-
fé valait 23.200 (vingt-trois mille deux cents
reis) café type good average de Santos,
le fazendeiro y trouvait son compte; aujour-
d'hui le même café lui est payé environ
11.000 reis — onze milreis — ce qui est pour
lui la ruine et la misère ion ne lui paye en
effet qu'un tiers à peine de ce qu'on lui
payait il y a trois ans à peine!
Mais le plus extraordinaire, c'est que les
droits en France sont restés invariablement
les mêmes, ce qui fait que Ton paye 1 fr. 56
de droits par kilo de café qui vaut à peine
à Rio 0 fr. 50, au Havre 65 à 70 c. !. .
Il me semble qu'il y aurait une première
chiise à faire — qui permettrait au consom-
mateur d*aborder plus franchement Tarti-
cle; ce serait à mon idée de diminuer ces
droits exorbitants et criminels. Exorbitants
parce qu'ils deviennent des droits prohibi-
tifs, et criminels parce qu'ils nous forcent
à boire d'affreux et d'exécrables breuvages
— baptisés par les marchands du nom pom-
peux de café.
On a calculé qu'en France la consomma-
tion par tôte est en chiffres ronds de 2 kilos
à peine; en Belgique où les droits sont de
40contimes la côusommutlon par iéie est
du d^mule — soit 4 kilos — maia en Hol-
lande où l*?srJroits snnt pre:J!|iie nuls, on ar-
rive -à S kilos par lin bïLant, ce qui ferait pour
la France, au lieu de G8 à 70 millions de
kilo^ide oafé, envimu :^7û.orji),000 (deux
cenL sûixaiiic-tiix millions de kilos). Or à
1 fr. 5ii lé kilo, les 70 raillions de kilos ne
donnent que 1 10 millions de francs environ,
larifiis aueen réduisant de moitié on aurait
la [Déme soin me, ei le public y gagnerait du
cafi^ en plus grande quantité et de meilleu-
re qualité....
La chicorée disparaîtrait et ferait place au
véritable eaté naturel et fortiiiant. Tout le
monde \ gagnerait.
Ces questions de simple bu inanité de-
viennent des tbeses difliclles à soutenir de-
vâut ces gens de parti'pris d'avance ou de
conviction arrêtée. Que faire? Le gouverne-
ment qui s'occupiîiiuit et jour— à moments
perdus— de l'assiette du budget verrait
peut-être une source de trop grandes discus-
sions j un travail au-dessus de ses ïovces —
ex Von vous dira comme on la déjà dit pour
1(* vin par exemple... Mette/ plus d'eau dans
votre vin et de chicorée dans votre c^Té.,.
mais l'eau, que l'on défend absolument h
nos laitières de carême — nuus coûte déjà
bien assez clï*'^re !.....
Le culo continuera à cnricliir la gamelle
de TKtat, fera îa fortune des hardis spécu-
lateurs et des iripotetirs de la Bourse. On
boira ion^aemps, toujours peuL-étre, un af-
freux breuvait;e t\ue les garvons de café
verseront de h^*ut dans la tasse du condam-
ne a rempoi^sonnemcntleatj du malheureux
consommaLeur, et le : ^< Boum ! voiiâ un
café-terrasse <> du ^'arcou ne sera remplacé
que par la It'Cture anruiolle â la Tacullé dei
cas d'intoxication alimeulaire. Cette liqueur
que Voltaire portait jusqu'aux cicux par la
voie semée de Heurs du lyrisme et de la poé-
sie — eorîduira h^ntement riiumanité au
tombeau au tuilicu des tables couvertes de
lasses et dedcmi-liisses...
La [^ru^bietioii énorme du café au Brésil,
surtout depuis quelques années, e^t-elle la
cause de cette baisse énorme des pris ? Oui
sans doute, c est mon opinion, je vous Vm
331 JOURNAL
dit, le Brésil à lui seul produit les 2 tiers de
la production totale du monde entier — en-
viron 8 sur 12 millions de sacs.
C'est beaucoup trop à mon avis, d'autant
que les soldes et réserves d'une année pour
Vautre augmentent cette année encore de
plus de 2 millions de sacs ce qui peut être
vendu...., soit 14 millions en tout.
On estime que Ton consomme environ
0 millions en tout, il y en aurait donc à per-
ler sur l'exeici^e prochain environ cinq mil-
lions de sacs L. Si donc la récolle nouvelle
est bonne, c'est la baisse pour longtemps
encore ! . . .
Les terres vierges, chaudes et pleines de
sève du Brésil sont bonnes pour la polycul-
ture, il me semble qu'on devrait donc por-
ter ses soins sur différentes cultures, riz,
pommes de terre, légumes, etc., dont le
pays est importateur et l'importation dimi-
nuant par ce fait, la balance se ferait insen-
siblement en faveur de Texportation — et
tout y gagnerait.
Le Brésil calculait avec orgueil ses mil-
lions de sacs de café qui font des milliards
de grains, quatre cent soixante milliards de
grains dans une annt^e ; eh bien ! creusez
des sillons dans les plaines et jetez à plei-
nes mains des grains de blé, dont les
greniers plus Lard seront pleins...; fécondez
celle terre, creusez ses entrailles et vous y
trouverez cet or qui est le Dieu du jour,
et que le philosophe Diogène— dans son ton-
neau légendîïlre —traitait avec le plus sou-
verain mépris.
...Un matin, dans un cafezal,je voyais une
bande de sabias et d'autres oiseaux couper
des fleurs de cafeyer toutes pleines de rosée,
et je médisais en contemplant cette œuvre
de destruction : qui sait si ce n'est pas Dieu
(}uî veilïe à tout et surtout qui indique aux
hommes que les grandes batailles comme
autrefois la famine, la peste et les massa-
cres élaient nécessaires pour diminuer les
trop grands peuples !
Les sabias peuvent à leur aise continuer
leur œuvre de destruction et s'ébattre daùs
la nei^edes fleurs immolées; le Brésil con-
servera la première place parmi les produc-
teurs.
aRNSUBL DK L'aCAOÊMIB NATIONALB.
332
D'après les statistiques, voici l'ordre et le
rang ou mieux Tétat de la production du
café dans le monde entier.
Pour 12 millions de sacs de 50 kilos
ou GOO millions de kilos de café :
Le Brésil figure pour
400 millions de kilos
Java pour
70
0
»
Ceylan pour
30
»
»
Saint-Domingue, pour
20
n
»
Sumatra pour
t^O
n
m
Cuba et Porto-
Rico pour
10
»
»
Venezuela pour
10
i>
B
Costa-Rica pour
10
»
»
Singapore pour
10
»
M
I^es autres pays
producteurs
pour environ. .
10
»
»
C'est le Brésil qui tient donc le record
pour le café.
On me dira Quantité ne veut pas dire
Qualité,.. C'est un fait, mais je n'ai pas ici
à discuter la question ; ce que je puis affir-
mer, c'est que le café du Brésil, café dit de
Rio ou de Santos, ne conserve ce nom que
tant qu'il est entre les mains dei premiers
réceptionnaires et vendeurs en gros... son
nom d'origine disparaît ensuite peu à peu,
son grain se confond avec des grains étran-
gers devenus ses collègues, et lui le café roi
où le roi des cafés devient le jouet des clas-
seurs fantaisistes et des marchands.
En effet, où passent ces 8 millions de
sacs ? Ou sont-ils vendus ? A part de rares
exceptions ces 400 millions de kilos sont li-
vrés au consommateur sous des noms d*em-
prunt, pour remplacer les 2^^* sortes de
pays moins fortunés dont les qualités sont
plus recherchées.
Le beau Santos lui-même voit sa fève
baptisée et rebaptisée s'étaler pompeuse-
ment dans les vitrines des détaillants sous
les désignations les plus fantaisistes.
L'Amérique du Nord, elle, consomme,
sous son vrai nom de café de Rio, les pro-
duits du Brésil ; il est vrai qu*une maison
seule, Messieurs Arbuckle et 0% brûleurs
de café.consommentdeux mille sacs de café
333
VAHierics.
334
par jour c'est-à-dire, torréûent par jour
cent mille kilos ; c'est donc plus de trente-
six millions de kilos par an.
C'est la fabrique la plus importante du
monde entier : après elle viennent Hard
Rand et C'*et autres...
La consommation varie beaucoup suivant
tes paj-s, et je vous ai déjà expliqué les mo-
tifs qui me semblent reléguer la France au
rang bien secondaire qu'elle occupe dans la
répartition générale.
La question des droits tranchée, il me
semble que l'on sacrifierait moins à la C/tf-
corée^ qui tous les ans pénètre davantage
dans nos usages.
Y tenez- vous à la chicorée ? Moi, je répon-
drai: pasdu tout, et je vais vousindiquer,en
passant une méthode sûre pour reconnaî-
tre sa présence dans la poudre que l'on vous
vend dans des paquets bien ficelés ou des
boites bien fermées...
Il suffit de remplir un vase d'eau, de
prendre une pincée de café et la laisser
tomber lentement sur le liquide.
Si le café n'est pas mêlé de chicorée il
surnage ; si,au contraire, il en contient vous
vof et des parcelles se détacher et couler au
fond en laissant une traînée Jaunâtre...
RieO) vous le voyez, de plus facile, et si je
VOUA indique ce moyen de découvrir cet
insirus, c'est aussi pour vous demander sa
condamnation.
Pourquoi consommer ce mélange insidieux
quand vous trouveriez tout profit à ne boiro
que du café pur ?
Je me déclare l'ennemi de la chicorée,
parce que le café existe, et que je ne com-*
prends pas plus son usage que celui de la
margarine quand on peut se procurer au
même prix du beurre.
Je laisserai à d'autres le soin d'expliquer
ce qae j'appellerai volontiers une manie.
Vous avez lu avec eifroi peut-être, le chif*
fre colossal de la production du café ; eh
bien ! on trouve encore moyen- de frauder
et de falsifier ces grains inoffensifs ; il fau-
drait presqu'un chapitre pour expliquer les
lalsificQtions diverses... où les fèves, les pois
cbiches, lavoinC) le maïs, les carottes, etc..
jouent un grand îrdle ; certains fabricants
ont employé jusqu'à du foie de cheval cuit
au four, et réduit en poussière ! et ce n'est
pas encore le dernier mot dans Tari de la
falsification !
Et je ne puis m'empécher do ponser à
Delille,cet autre poète ami du caré. qui disait
dans ses vers -que celte liquem- divine épa-
nouissait son cœur et qu^il lui semblait
Boire dans chaque j^uttc un raviin de soleil 1
OuijC'esilavie avec le soleil que Ton boit
dans ces tasses fra^^iles — si Iragiies et si
fines qu'on les dirait faites d'ailes de papil-
lons que tendent vers nos lèvres TAmcrique
et l'Afrique, l'Asie et l'Arabie ; oui c'est la
vie avec la joie et Tivresse \
LA FORTUNE TOTALE DE LA FRANCE
Un travail intéressant vient d'être fait par
l'administration des finances : c'est leva"
luation de la fortune Lotnle delà Fntica,
On a pu faire cette évaluation d'une ma-
nière assez exacte, à l'aide de<i procédés de
toute nature dont dispase le fisc. Voici If5
chiffres énormes aux(|iiels on est arrivé :
\jbl fortune totab de k France s'élève à
deux cent vingt milliards, dont 141 mil-
liards pour la fortune immobilière et 79
milliards pour la fortu[]0 mobilière.
Les 141 milliards de la fortune immobi-
lière sont représentés jusque concurrence
de 91 milliards et demi parles propriétés
non bâties et jusqu i concurrence de *9
milliards et demi par les propriétés bulles.
Ces chiffres sont ceux de la valeur vénale
des propriétés bâties et non bâties dont
révaluation a étéfaiie par radmitiiatration
des contributions directes, de 1H79 à 1881,
pour les non bâties, et de J887 à 1898 pour
les bâties.
Les 79 milliards et demi constituant la
fortune mobilière do la France sont repré-
sentés par un grand nombre de titres ou de
valeurs, dont il sufllra de citer les princl*
paux types.
Il y a 24 milliards de rentes françaises^
20 milliards de valeurs étrangères, 20 mil-
liards d'actions et d'obligations de chemins
335
JOURNAL MENSUEt DE l'aGADÉMIB NATIONALB.
330
de fer, 5 milliards d actions de la Banque,
d'actions et d'obligations du Crédit foncier
et de la ville de Paris ; entiti, 4 milliards
de dépôts des caisses d'épargne. Le sur-
plus est constitué par les actions et obliga-
tions industrielles, les obligations commu-
nales autres que celles de la ville de Paris
et du Crédit foncier.
LE FONCTIONNARISME EN FRANCE
. Une statistique dressée au moyende do-
cuments officiels a permis d'établir le ta-
bleau comparatif suivant de ce que coûtent,
à chaque contribuable, les tonctionnaires
dans les principaux Etats du monde :
Suisse 6 fr. 06
Etats-Unis 6 — 08
Angleterre 10 — 33
Hollande 11 - Oi
Autricbe. 14 — 03
Belgique 15 — .05
Prusse 15 — 07
Italie 10 — 75
France 24 — 07
Acepropoi, il Cit iu.creâsant de conbai-
tre la progression suivie en France parle
fonctionnariat depuis 1846 ; qu'on en juge :
En 1846 188.000 fonctionnaires
En 1858 217.000 —
En 1873 285.000 —
En 1886 330.000 —
En 1806 400.000 —
Nous n'avons pu nous procurer les chiffres
de 1897.
Il convient d'ajouter encore à ces chiffres
8000 fonctionnaires départementaux : et
122,000 fonctionnaires communaux, ce qui
fait un total de 530,000 fonctionnaires ci-
vils !
La progression suivie par les appointe-
ments de ces fonctionnaires est aussi très
intéressante :
En 1846 245 millions
En 185S 270 —
En 1873 400 —
En 1876 450 —
En 1804 545 —
En 18ÎM3 610 —
Si on ajoute les retraités, on trouve une
dette viagère de 70 millions par an, dont 23
sont fournis par les retenues et 45 par les
réformes génér.iles du budget. En somme,
les traitements annuels, k la charge du bud-
get, s'élèvent à 661 millions.
Sur les 400,030 fonctionnaires, 136,000
touchent moins de 1,000 l'ranôs par an ;
mais, en revanche,
600 touchent de 10 à 12.000 francs
400 —
\'?'A i.-i non —
103 — 15 à 16.000 -
351 - — 16 à 20.000 -
321 - ... plus de 20.000 -
Voici miuiieuant l'effectif des fonction-
naires dans nos différents ministères :
Finances ^ - 80 08S
Justice
io,m
Affaires étranirèrei. .
1.235
Intérieur
17.221
Travaux publics
Instruction publique
lO.OOO
125.000
2.640
4.000
1.044
4.380
963
42.956
Agriculture
Forêts
Commerce.
Colonies. . .
Beaux-Arts
Cultes
Postes 69.000
Guerre (civils) 7.580
Marine 21.000
En résumé, depuis 1870, le nombre des
fonctionnaires en France s'est accru de près
de deux cent mille et leurs appointements
de deux cents millions de francs. Cepen-
dant notre territoire a diminué par la per-
te de l'Alsace- Lorraine et notre population
ne s'est pas accrue.
Le Directeur-Gérant, Rédacteur en Chef,
EuoàNB THll^.RY.
CLERMONT (0I8E). - IIIPRIIIERIE DAIX FRÈRES. PLACE SAINT- ARDRE, ^.
p^*Ty\W77^T-d T^, s "i'»» %»=-;»'^' » .* *'^~t A '^
JOURNAL MENSUEL
DE
■ -■>''•; ♦■''^ / v7,*:'T'î'^^'^* ' . "
L'ACADEMIE NATIONALE
AGRICOLE, lANDFACmiËRE ET COUERCIALË
es- Année. — AOUT 1898.
SOMMAIRE
AflRICULTURE.'— Nouvelle méthode pour l'amélioraiion des cidres et poirés au nioyea des levure* WlecLionnêcsi.Com'
rounicaiion de M. Ûeopges JaoqHemin, à Maizcville, près Nancy. — L'élevage' et l'utiÉisiiïîoa du bétail dm* la
République Argentine.
DISTINCTIONS HONORIFIQUES •ooordést aux m ambres de TAcadsinle Nationale .
EXPOSITIONS ET CONCOURS.— Exposition d'Alençon. — Exposition de 1900, {Renseigncmenu divers.)
INDUSTRIE. — L'industrie dans le monde. — Le reccrd de la vitesse navale. — Ce ^u'il faut faire daui» I» eai d'in*
candescence des tôles de foyer des chaudières à vapeur. — L'air liquide et ses usages pratiques. — La rabricatjoQ de
la bière en Europe.
COMMERCE. — Le commerce extérieur delà France pendant les cinq premiers mois de lâgS, — Le commerce ex*
teneur de la Franwe pendant les six premiers mois de i8q8. — Le commerce entre U Krance et a» colon îts. — Le
commerce du monde.
AGRICULTURE
NOUVELLE MÉTHODE POUR L'AMÉLIO-
RATION DES OIDRES ET DES POIRÉS
Au moyen des levures sélectionnées.
Communication de M. Georges Jagqui£M1n
à Malzéville, près Nancy.
I
L*asage des levures sélectionnées pour la
fermentalion du cidre, après avoir été assez
lent à se généraliser, commence depuis ces
dernières années à entrer dans la pratique
courante d'un grand nombre de produc-
teurs, propriétaires ou négociants.
Les conditions du bon emploi des levures
sélectionnées, étant mieux précisées,ont été
mieux comprises et appliquées par les fa-
bricants, et les excellents résultats de la
méthode se sont régulièrement fait consta-
ter lorsque les nouvelles Instructions ont
été exactement mises en œuvre, ce qui est
facile à obtenir comme on fe verra plus loîn
au chapitre consacré au mode d'emploi.
Disons d'abord quelle est la théorie des
fermentations par les levures sélect ion nées ^
avant de parler du poïnl de vue purement
pratique.
Les ferments naturels et sauvages du cidre.
La fermentation spontanée du jn^ de
pommes ou de poires a lieu par raction de
levures^ champignons microscopiques dont
les spores ont été apportées par Tair et dé-
posées sur la pomme et sur la poire.
Parmi ces levureSt le saccharomycès mali,
l'espèce la plus importante, sp présente gé-
néralement sous la loi ma de cellules ellip-
tiques, dans rintérieur desquelles on dis-
tingue au microscope^ surtout quand elles
sont jeunes, une vésicule plus cl ai re^ et tout
autour un protoplasma homogène chez les
jeunes globules, granuleux chez les vieux.
'rU'^3^'^
JOURNAL MENSUEL DS L'aGADAmIE NATIONALE.
:U0
La reprodiictian de cesaccharomycès a lien
d'habilude par bourgconnemeni.
Il a été démon iré que la levure naturelle
du vin constitue un ensemble duquel on
peut extraire différentes races de saccharo-
mytès, les unes productrices de plus d'al-
cool, les autres fournissant plus de vinosi-
lé, d'autres contribuant à lagenèse du bou-
quet^ d'autres au contraire de moindre qua-
lité, ne donnant que des iermentations len-
tes, etc. Il a été démontré de même que la
levure de cidre et cella de poiré, sont aus-
si composées de races difTérenles dont cha-
cune agit tFune fav^>n spéciale sur le moût
de pommes ou de poires. Ces levures, en
apparence si semblables, présentent donc
de grandes dilTércncea entre elles: telle
lenipérature convient mieux aut unes, tel
degré d'acidité aux autres, tel sucre sera
préféré et transformé, et enfin la nature des
produits engendrés et du bouquet dévelop-
pés dans le liquide fermenté, variera.
L'évolution naturelle des spores dans le
nioùtde pommes ou de poires donne tou-
jours naissance fi un mélange de levures, et
la proportionnalité de celles-ci ne saurait
être constante, puisque telle ou telle race
peut se développer plus ou moins, ce qui
explique les variations dans la qualité d'un
cidre ; il sera en effet plus ou moins riche
en alcool, en acide tixe ou volatil, plus ou
moins sucr^, plus ou moins Qn, et sa conser-
vation sera plus ou moins assurée.
Dans la fermeniatîon ordinaire du cidre,
on constate un grand nombre de variétés de
sûccharomycès^de moisissures et de bacté^
ries. Cette fermentatiOTi se faisantsous Tem-
pire de tant d'agents différents, ayant cha-
cun une action particulière sur le moût,
est rarement bien régulière. Il arrive qu'elle
est interminable, lorsque les ferments na-
turels aux pommes sont peu vigoureux et
que leur vie est entra vco parla présence
d'une trop grande quantité de bactéries qui
causent un trouble persistant.
Les ^evut^es sélectionnées.
Par les procédés de la microbiologie, j'i-
sole les meilleures levures parmi celles qui
font fermenter le cidre ; je les cultive en
moûts nourriciers d'origine végétale, avec
tous les soins, et en suivant toutes les près-
criptions de M. Pasteur, mon illustre maî-
tre. Ces cultures de levures pures étant in-
troduites dans le moût de cidre, avant tout
commencement de fermentation naturelle,
empêchent les levures sauvages d'évoluer
et engendrent le cidre uniquement sous
leur bonne influence.
La fermentation alcoolique terminée par
une levure pure, le cidre s'éclaircit rapide-
ment parce qu'il ne peut plus donner d'a-
liment aux microbes qui causent la majo-
rité des troubles.
Je suis arrivé à sélectionner un grand nom-
bre de levures des cidres de grands crus de
la Vallée d'Auge, Baucé(Orne), pommes Ga-
pendu, etc., tous les meilleurs crûs de la
Sarthe, de l'Orne, etc.
lies levures de bons crûs, outre leur pro-
priété de faire fermenter normalement et
d'éclaircir rapidement les cidres ordinaires,
leur procurent aussi un bouquet plus fin,
ayant de l'analogie avec celui du crû dont
la levure a été extraite.
II
RESULTATS DE L EMPLOI DES LEVURES SÉLEC-
TIONNÉES DANS LA PRÉPARATION DU CIDRE
J'ai reçu un très grand nombre de lettres
exprimant toute satisfaction de lemploi de
mes levures sélectionnées, cultivées et ex-
pédiées par l'Institut La Claire.
En voici une qui est semblable à beau-
coup d'autres et qui résume l'ensemble des
qualités acquises par le cidre grâce aux
levures sélectionnées.
Paris, le 24 avril 1897.
Monsieur, |
J'ai été très satisfait de Temploi de votre
levure. J'ai obtenu un cidre absolument su-
périeur, exempt de tout arrière-gout,limpide
et de couleur ambrée.
Recevez, Monsieur, mes sincères saluta^
tions.
Le Doctuer Mallet,
rue de Tolbar, 41, Parts,
et à Blangy-sur-Bresle (Seine-Inférteure.;
Jliia on lira avec le plus vit' intérêt un ar-
licle écrit par M. Eog, Leroux, professeur
d'apiculture de l'Aisne, publié dans VAgri-
culture Moderne du 10 octobre 189T, et
f|ui donne^ avec loua les détails voulus, 1*^
résultat de dix-sept expërieuces faites au
moyen de levures sélectionnées. Voici ceque
dît M. Leroux :
I Depuis trois ans, nous poursuivons une
série de recherclies ayant pour but Lamélio-
ration des cidres au moyen des levures sé-
lectionnées ; sans doute, nos essais étaient
faits jusqu'alors dans des cuiiditions trop
difTérentes les unes des autres, et les résul-
tats obtenus étaieut très vuriables.
Voulant exactement pouvoir répondre i
cette question : » Les levures peuvent-elles
améliorer les cidres ? » nous avons multi-
plié dernièrement nos expériences dans les
diverses parties de la Thîérache, où l'on
fait maintenant de plus eii plus de cidre,
et nous avons effectué nous-mï*me dix-sept
essais, afin que les opérations soient faites
de 1» même manière partout.
II oe s'agit donc pas ici de recherches
isolées, desquelles la vérité est quelquefois
très difiicile à tirer. Nous allons donner en
toute sincérité les résultats que nous avons
obtenus et qui sont absolument probants.
En généraî, <]uoi qu'en disent un certain
nombre de personnes qui ont opéré isolé-
ment dans de mauvaises conditions, nous
iommeâ amené à conclure que les levures
de cidre sont appelées à rendre les plus
grands services à Tavenir. Nous sommes
parvenu k améliorer les cidres de pays au
moyen de ces levures et nous avons obtenu
une fermentation beaucoup plus prompte et
plus complète, et surtout un bouquet spé*
ciai inconnu aux boissons ordinaires.
' Tout d'abord, nous éliminons un certain
1 nombre d'essais qui ont porté sur des cidres
' de première qualité et nous constatons que,
si la fermentation a été plus régulière, l'a-
roélioration a été presque nulle.
C'est donc surtout du cidre de qualité
^ moyenne dont nous voulons parler, car,
dans ce cas, chaque fois que nous avons
fait l^ensemencement dans de bonnes con-
AGhtCtLTtJRB. 34â
dit ions, nous avons obtenu un résultat eu
faveur des levures.
Voici comment nous avons opéré : qua-
rante-huit heures avant le broyage despom*
mes, nous préparions notre levain de la
manière suivante : pour 300 kilos de fruit
à traiter, nous mélangions un demi-kilo de
levure et 10 litres de jus de pommes dans
un récipient en bois que nous laissions dans
une pièce chauffée à la température moyen-
ne de 15 degrés environ. Lorsque notre le-
vain était en pleine fermentation, nous
remployions après agitation) en le versant
dans la cuve d macération, dans laquelle
nous placions nos fruits. Nous avions bien
soin de répartir la levure le plus uniformé-
ment possible dans la masse de fruits, aQu
qu'elle commençai son action pendant la
macération même. Nous continuions alors
notre fabrication comme à l'ordinaire.
Alin de nous rendre exactement compte
des effets produits par les levures^ nous fai-
sions avec les mêmes variétés de fruits et en
même temps un essai sans ferments*
Les cidres obtenus de part et d'autre
étaient placés au cellier au même endroit,
daûs deux tonneaux séf)arés.
Dans tous les cas, la fermentation tumuU
tueuse a été beaucoup plus intense et plus
prompte avec les cidres ensemencés de le-
vure.
Ce qui est surtout important à considérer.
c'est le bouquet spécial développé par les
levures J)ouquet qui augmente évidemment
la qualité Je la boisson et en même temps
sa valeur.
Certes, nous admettons que dans l'emploi
des levures de cidre nous n'en sommes en-
core qu'à la période de tâtonnements, mais
nous sommes persuadé de TefEicacité de
remploi des levures sélectionnéï^s; les ré-
sultais que nous venons d'obtenir ne nous
permettent pas d'en douter un seul instant. i>
Je pourrais m'en tenir à cet article de M
Leroux, car les observations si bien faites
par le professeur d'agriculture de l'Aisne
mettront lin aux hésitations des producteurs
de cidre ((ui douteraient encore de lefftcH-
cité des levures sélectionnées.
Un certain nombre de négociants, bras-
'^r
343
JOimNAL llKNBUiL UB L ACÀDEllltE NATIO^Alff
seurs de dure, onl déjà compris rénormo
avaiilage que leur procure Viisnge fie mes
levures, en leur penuettant de fabri^^uer
un cidre de tneiilenre qiialîlé que celui de
leurs concurrents, et beaucoup de ces indus-
triels voudraient pouvoir rester les seuls à
s'en servir, aussi prennent-ils les plus gran-
des précautions pour que leur conçu rreuts
ue puissent apprendre qu'ils emploient mes
levures.
J'ai reçu plusieurs lettres analogues à la
suivante :
Le 25 juin 1897,
t Monsieur Jacquemin, Malzéville,
Pardonnez-moi si j'ai Inrdfîun peu avons
répondre, mais je voulais éire iVxê sur le
[>roduitde votre levure avant de vous répon^
dre.
Eniin voici : je n'ai que des compUmcnts
à vous faire et me rcjotjis d'avoir employé
votre levure, mes cidres sont beaucoup plus
clairsj la fermentation plus régulièrCj et de
plus, je viens de distiller mes fonds de cidre
ot j'ai trouvé qu'ils étaient plus riclios que
les autres an nées, et mon eau-de* vie se trou-
ve avoir un bouquet qu*elle ne possédait
pas les années précédentes. En lin je suis
1res satisfait d^avoir employé voire levure.
Seulement, je vous prierai, si vous em-
ployez les lettres de félicitations comme ré-
clame, de ne pas mettt*e mon nom, car dans
le commerce^ vous comprenez, on n*aime
pas de faire connaître la manière de tra-
vailler à tousses concurrents.
\ous remerciant de voi bons produits el
vous réservant ma commande pour Tan pro-
chain.
lîecGvez, Monsieur Jarquemin, mes salu-
tations les plus empressées. »
Mais je m'empresse de dire qu'il y a des
producteurs de cidre qui n'imitent pas cette
réserve et qui annoncent bautement dans
leurs imprimés que l'excellente qualité de
leur cidre provient en gi*ande partie des
soins donnés à leur travail de fermentation
par les levures sélectionnées.
Je citerai entre autres M. Roger de la Bor-
de, qui emploie réi^^ulièrcmerjt mes levures
sélectionnées depuis plusieurs années et qui
SU
contiaue à s en servir dans la grande cidre-
rie modëlequ'il a créée au château de la Lo-
ge, près Sefçré Maine-et-Loire). Dans nu
petit ouvrage qu^il a publié sur le Pommier
et le Cidre, et dont je parlerai un peu plus
loin, M, Roger de la Borde dit ; « Deputi
n plusieurs années, j*ai tait de nombreuses
u expériences sur lei levures sélectionnées
a de rinstitut La Claire, et je reconnais uns
ft augmentation d'alcool et de parfum. Li
" conservation du cidre est rendue plus fa-
u cile parleur emploi, puisque la fermenta**
t tion est très régulière, ^
m
StOUK u'filSIPLOI DKS Ll^VURKS SÉLt^nTlONStÊ^
POin J.A KtiftMKNTA^nON DU GJDRE LT Di: POIIU«
1 kilo de levuresuflit pour faire fermenter
de 5 è 20 hectolitres de cidre ou de poiré,
suivant la manière d'opérer.
En attendant l'emploi des levures, lei
bonbonnes ou bidons, avec leur fermeture
intacte^ devront être conservés debout à la
cave.
On devra, au moment do Temploi^ agittr
la bonbonne, alin de mettra en suspension
le ferment <iui s est déposé en partie au
fond du liquide nourricier, et quand celle*
ci sera vide^ on la rincera avec un peu de
moût, a tin de ne pas perdre la levure adhé-
rente aux parois.
Levairt.
Deux ou trois jours avant de commencer
la fabrication du cidre^ on prépare un U-
vain au moyen de la levure sélectionnée.
Ce levain a pour but de donner plus de puis-
sance à la levure j ce qui permet d'en em-
ployer une dose moindre, tout en obtenant
des résultats dn beaucoup supérieurs à cens
procurés par lesdosesde levures employées
directement, sans la précaution du levain
préalable*
Il y a deux méthodes de préparation du
levain. |
Première Méthode*
On écrase une quantité su [lisante de fruits
pour obtenir 10 litres de jus, qui est immé-
diatement séparé de la pulpe, elcbauiîélé-
J
^^,y'^
'^^^^^W
T^
345
AORILULTORE.
;îïo
gèremeotà 30% cest-à-dire, à peine liédi. II
ne faut jamais dépasser cette température.
On y ajoute aussitôt 1 kilo de levure sélec-
tionnée, et on poursuit l'opération comme
il est dit plus loin. Quand ce levain sera
terfflinéjil pourra suffire à mettre en fermen-
tation 5 à 10 hectolitres de cidre.
Maissi Ton veut qu'un kilo de levure puis-
se servir à faire fermenter 20 hectolitres
de cidre, il faut ajoutera la préparation de
ce levain, au moment où Ton y verse le bi-
don de levure, lo grammes de phosphate
(fammoniaque destiné à servir d'aliment à
la levure At à lui donner plus de puissance.
On agite avec un bâton propre, pour faire
dissoudre le phosphate d'ammoniaque et
mélanger la levure. Puis,auboutde2jours,
on ajoute encore 10 litres de jus de pommes,
et 10 grammes de phosphate d'ammoniaque,
de manière à obtenir 20 litres de levain
qui est bon à employer 24 heures plus tard,
c'est-à-dire 3 jours après le commencement
de sa préparation.
En résumé, si Von veut faire fermenter
moins de 10 hectos de cidre avec 1 kilo de le-'
ri/re, il suffit de préparer lo litres de le-
vain, tandis qu il enfant le double si l'on
veut faire fermenter 2 o hectolitres de cidre
au moyen d'un bidon de 1 kilo de levure sé-
lectionnée.
Il est bien évident que Ton opérera avec
des quantités proportionnelles de levure et
de levain pour faire fermenter une plus
grande masse de cidre : ainsi, pour 40hec-
tos,on prendra 2 kilos de levure,donton fera
40 litres de levain au jus de pommes ou de
poires, additionné de 40 grammes de phos-
phate d'ammoniaque comme il est indiqué
plus haut.
Lorsque Von veut préparer du cidre de
luxe, il faut employer une plus forte dose
de levure et en mettre i kilo pour 3 à 5
hectos, en ayant soin de préparer égale-
ment un levain.
Le phosphate d'ammoniaque est un sel
dont l'absorption est très favorable à la
santé et son emploi aux doses indiquées est
très recommandable. On peut acheter ce
produit dans les pharmacies-drogueries, mais
pour rendre service à ses clients l'Institut
La Claire, au Locle, par Morleau (Dûub<^)
se charge d'en expédier dfreclement.
2** Méthode de préparation du levain.
Au lieu de jusdQ pomines* on peut em-
ployer de Veau sucrée à raison 1 kilo sucre
ou glucose par 10 litres deau et toujours
additionnée de lo grammes de phosphate
d* ammoniaque par lo litres. Cstieeau su-
crée étant très légêrument tiédie ù 30", on y
verse 1 kilo de levure, et on Iflrmine la pré-
paration comme il est dit plus loin.
Quand on veut faire fermenter 20 hectoli-
tres cidre avec l kilo dcî levure, on prépare
d'abord 10 litres de levain qu'on addilii>iiîie
au bout de 2 Jours de 10 nouveaux ULro3
d'eau sucrée jivec l kilo de sucre ou glucose ^
et 10 grammes de phosphate d'à m monîaquo.
Dans ce cas, le levain à l'eau sucrée ne s'em-
ploie i|iic 3 jours après le commencement
de sa prépiiralion.
Fin de la préparation du levain.
Une température supérieure A 30v serait
nuisible k la levure qui souffrirait et serait
paralysée.
On conserve le levain, préparé par Tuno
ou Fautre de ces méthodes, dans un réci*
pient fermé par un linge et place dans une
chambre, de façon à ce que la îcinpé rature
reste ù 15* ou 2 ;" centigrades.
Réc ipi en t à emploj ^e r po u rfa i re le le va in *
Si un a peu de ie va in h pré parer, 10 ou 20
litres pour lou 2 kilos de levure , ou pvm
employer une bonbonne de verre, ou bien
une cruche de grès proaîablemenléchaudce
pour qu'elle ^oit rninulieusemenL propre,
ou un peiitfùt.
On a toujours soin de recouvrir le récipient
dans lequel on prépare lo levain au moyen
d'un linge blanc.
(inand il s'agit de préparer ujie grande
quantité de levain, ou emploie un fût.
Soins a donner au fût â levain.
Le fût dans lequel on prépare le levain
doit étresainetsans aucune mauvaise odeur.
On le nettoie â fond ut â Veau bouillante
avant de s'en servir. On le munit d'un robi-
net neuf, êchaudé, pour en retirer le levain,
347
JOURNAL HËNSUËL DE L'aGADÉMIB NATIONALE.
:m
puis on le met sur chantier dan^ un lociil
ou dans une clmmbre facile à chauffer.
On couvre le irou de bonde avec un lin-
^'6 propre replié sur lui-mi'me pour empê-
cher l'entrée de la poussière et on alLend 48
heures avant d*emp loyer le levain.
Moyen certain de connaître le meilleur
moment pour employer te levain.
Le purificateur if air Noël placé avec
soi [I sur le ftUà levain, tous les joints étant
bien suiffé.^ pour éviter le passage des plus
minimes quantités d*jir par les lissures du
filt et de la bonde, présente un très grand
avantage ; il permet de suivre la marche de
ia préparation du levain par le barbotement
du g^z dans cet appareil. Quand ce barbo-
loment est devenu visible, c'est le moment
d'employer le tevainf qui est en pleine acti-
vité.
Ce petit appareil rend les plus grands
services; mais j'insiste sur la nécessité abso-
lue de suiffer les moindres tissures, sans
quoi il ne pourrait fonctionner el le levain
serait néanmoins très bon à employer. Du
reste, la manière do placer le purificateur
if air est tr^s simple* J'engage mes lecteurs
à écrire à M. Noél pour lui demander son
prospectus gi^aluit.
Emploi du levain,
Quel que soit le système qui a servi à pré-
parer le levain, on doit employer celui-ci
lorsqu'il est en fermentation, car c'est à ce
moment qu'il donne les meilleurs effets. On
le mélange aux fruits dans la cuve de ma-
cération ^en le répnrtis.sant dans toutf^la mas-
&ejde manière à ce que son action commen-
ce déjà pendant la macération. Ceux qui ne
font pas macérer mélangeront le levain au
jua.
On continue ensuite le travail comme a
1 ordinaire.
Quand on désire obtenir un cidre de luxe
conservant beaucoup de douct^ur. il est bon
de soutirer le cidre après quelques jours de
do fermenlalionj dans un fiHoù Ton a fait
briller de la mèche soufrée : le cidre con-
serve presque toute la douceur qn*il posî^é-
dait encore un moment do ce sou ti rage p
Emploi des levures sélectionnées dans
certains procédés spéciaux de fabrica-
tion du cidre.
Depuis ces dernières années, on a employé
avec succès certains procédés spéciaux de
fabrication du cidre, destinés à mieux ex-
traire tout le suc des pommes ou des poi-
res, ou à obtenir par filtration des cidres
plus limpides et se conservant mieux. Dans
tous ces systèraes,remploides levures sélec-
tionnées donne un résultat supérieur à celui
que Ton obtient sans en faire usage.
L*ÉLEVAGE ET L'UTILISATION
DU BÉTAIL
dans ia République Argent! ne
L'Espagnol désigne le bétail par le terme
générique ganado, participe passé du verbe
ganar^ gagner. Legténiede la langue a bien
ainsi indiqué que le bétaildes pampas cons-
tituait un gain sans effort, un bénéfice sans
travail.
Aussi n'aurait-on pu considérer comme
soumis à un élevage organisé ce troupeau
sauvage paissant ^nràes savanes, où les pro-
priétés n'étaient pas mi^me délimitées. C'est
à peine depuis une vingtaine d*années,
que le bornage des estancias s'est accompli
au moyen de milliers de kilomètres de HIs
de fer ou de ronces artiâcielles.
Le troupeau parqué est depuis lors une
proie moins facile pour les bandits vaga-
bonds qui jadis vivaient du bien d*autrui,et
les propriétaires ont pu prendre souci d'a-
méliorer la race bovine pour en tirer des
profils plus rémunérateurs.
D'après le dernier recensement» !a Répu-
blique Argentine possédei*ait 25 millions de
têtes de bétail, représentant une valeur de
740 millions de dollars(l dollar = 5 fr. 18\
Les Etats-Unis en possédant 50 millions et
la Russie c^O millions, l'Argentine viendrait
donc en troisième ligne, propriétaire d'un
huitième des individus de race bovine exis-
tant dans le monde entier.
Les Argentins tirent parti de leurs bétes :
1*" en les exportant sur pied ; 2^ en fabri*
■»^^p
i^VfPP^
m
qitaol des viandes sèohias ; 3"" en coc gelant
leà viandes ; 4*" en tabri(iuant des extraits de
viimde ; o^ en exportant les déchets ; 0" en
se livrant à rindnstrie lattière et fromage-
rs
l'^Exportion du bétail sur pied. — En 1894
il 3 été exporlé ?20,490 têtes ; ce chiiïre
s^est élevé à 4(Hj , I2C en 1895.
2^ Fabrication des viandes sèches. — Il a
été abattu dans les saiadcros de la pm-
vince de !a Plata, en 18ÎM, (îJl.CHïO têtes de
Ijéiail et 730.5C0en 180r>. Pendant les neuf
premiers mois de I80f) il a été exporté
33.504 tonnes de tasajo^ ou viande salée et
séchée au soleil, représentant une valeur
de 10.731 ,220 francs. Le personnel des sa-
Luieros est de 1,5:J1 individus.
3** Congélation des viandes. — Lexporta-
tion des viandes congelées a deux fois décu-
plé en 12 ans sous 1û régime de la loi du 5
novembre 188S, autorisant le pouvoir exé-
cutif Raccorder une garantie annuelle de 5
p. 100 sur leur capital aux sociétés établies
daovS la Bépubli(f ne pour exporter la viande
de bœuf et la viande de mouton fniîclit; ou
conservée par des procédés hygiéni^jues.
Sous ce régirae^ l'exportation des viandes
congelées, qui n'était que de 2. S03 tonnes
en !8S5,5est élevée à 41.780 tonnes en 1896,
dont 3/J15 tonnes pour la race bovine.
Cette industrie est exploitée aujourd'hui ïi
Buenos- A yres par 4 établissements possé-
dant un capital de 5. 931. 38 J dollars, dont
L3ti9.L^80 représentent la valeur de 60 ma-
ebines d'une force de 1.052 cbevaux-va
peur.
Lue cinquième usine, fondée récem ment,
ne fonctionne pas encore.
Le personnel occupé en 1805 a été de
1.225 ouvriers.
Toutes les parties de l'animal sont utili-
sées : les langues et rognons se vendent sur
place ; les tripes sont spécialement prépa-
rées p«mr l'Allemagne et lltalie. Ces deux
pays s'en servent pour plusieurs industries
et surtout pour la fabrication des cordes
harmoniques. Le cœur, le foie et les intes-
tins sont diversement employés. La graisse
qui les entoure sert k fabriquer du suil'^
etc., pour bougies et savons.
AGRICULTURE. :,360.
L'exDortalion des viandes occupe 80 na-
vires faisant en moyenne deux voya-iies par
an et pouvant contenir 2,600.000 têtes.
4*^ Éstraits de viande. — La grande fabri-
que argôntin{? d'extraits de viande fut fon-
dée à Sanla-Elena par M. Kemmerïch,
ancien chimiste dans les établissemeats de
Fray*Bentos, en Uruguay ; il en exisle une
autre, la « Liebigs extract of méat C« Limi-
Led '>. qui est en quelque sorte associée à la
première.
Depuis IS^Wj les appels de fonds de la Com-
pagnie Liebig montent à50O.0O0 livres ster-
ling ,1 livre sterling = 2b ir. 22..
Les bénétjces en 1890 s'étaient chilfiVrs
par 18,437 livres sterling ; en ISOfj \h .se
^ont élevés à 113.280. Pendant ce laps de
trente anïiées, l'entreprise a payé à sejî nc-
tionnaires plus de i' millions de livres ^tnr-
ling, c'esL-à-dire(|uatre fjis le capital versé.
La Compagnie emploie dans ^esesîancias
et dans ses divers dépôts d^Kuropc iiu mil-
lier de pBr?onnes. Depuis que son premier
fourneau a été allumé, l'usine a consul n in é
plus de '^50.000 tonnes de charbons. VAk a
produit 750.090 tonnes de marchandise:^ di-
verses, dont 230.000 vendues en Euro(^L\ ci
a de^bité 5 millions de bœufs.
La société ne laisse rien perdre. C'est
ainsi que, s'étanl aperçue r|ue l'eaa chari^éu
de sang attirait un grand nombre de [kus-
sonsaux environs du déverijoir^ elle a éta-
bli à cet endroit des pêcheries trèi^ JVuc-
tueuses qui Lui permettent une fabnciitîun
d'huile de poisson servant à produire It^ ^a/.
d'i'chiirage pour letablii^sement. Le^ rcïites
de la faune fluviale translbrmés en guano
payent les irais de nianipulatior..
5'' CEilîsation des déchets. — Kn dehors
des viandes, les déchets donnent lion à un
commerce important. Pour 1893, les cote*?
et relevés statistiques ont donné les cbilbv
suivants :
Cuirs secs, 27j740 tonnes \
Cufrs salés^ 84,901 tonnes ;
Cornes. ?j554 tonnes ;
0^, 44.264 tonnes ;
Cendres d'oi, US^OOj tonnes;
Sabots, 60<3 tonnes,
0" Industrie laitière et fromasère. — Chilo
^
^1 lOtjnjVAL HENSUKL UE
industrie ar^'enline, dt5 création récente,
compte, dans h provmcp de Byenos-Ayres
seulement, 201 laiteries, 2()0 fromageries,
ill vacherii^s.
Il y aurait dans îa province 371, 134 va-
ches laitières auxiiuelles correspond une
capacité productive annuelle do 501 init-
iions de litres delaitëf(uivalantii un rende-
ment en beurre ûe2l millionsdekilo^'ram-
rnes par an.
î/ importai ion des fromaj^es à linenos-Ay-
rcs a diminué depuis sept an>î d'environ 1
million de kilogr,, pas^jant de 1,578,900
kih^jjr, en 1888 h 570,400 en 1804,
i.^uant à Texportation^elle a commencé,
en IbîBS, avec 9,^16 kilogr; dans les septan-
1/ ACADÉMIE NATIONALK. 352
I nées suivantes, elle a atteint le chiffre total
249,000 kilogr. Les pays destinataires ont été
en 1807 : l'Angleterre, pour 31,500 kilog. ;
le Brésil, pour 51,320 kilog. ; le Paraguay,
pour 25,010 kilogr. ; l'Uruguay, pour 4,350
kil. ; ritalie, pour 600 kil.
Les conditions dans lesquelles se fait Té-
levage dans les pampas expliquent cet essor
industriel, car elles compensent si bien les
avantages qui résultent, par exemple, pour
la Suède ou le Danemark de leur proximité
du marché anglais, que les beurres et fro-
mages argentins peuvent faire concurrence
sur nos marchés aux produits européens.
Bulletin du Ministère de f Agriculture.)
DISTINCTIONS HONORIFIQUES
ACCORDÉES AUX MEMBRES DE L'ACADÉMIE NATIONALE
A Toccasion de Texposition de Bruxelles,
par arrêté du ministre de Tinstruction pu-
bliifue et des beaux-arts ont élé nommés
officiers d*Aaidémie :
(iriAU T-VûiHY, vittculteur, à Tours (Irïdre-
Lv4ioire).
Ikiauis (Charles-Mariej, cogérant de Tor-
JVvrerie Boulengor, k Pari.^,
Laurf.nt-Colas (Onézimo), fabricant d'ar-
ticles de quincaillerie pour carrosserie, à
Bogny-sur-Meuse (Ardennes).
Moquet-Lesage Henri ., directeur de la
conliturerie Saint-James, à Paris.
Faupy fEmile-Louis-Jean-Charles-Antoi-
ne), industriel, membre du conseil de la
chambre des matériaux de construction à
Paris.
pRouvoT (Emile-Henri), de la maison Le-
borgne, fabricant de tapisseries, à Lannoy
iNor.n.
EXPOSITIONS ET CONCOURS
EXPOSITION D ALENÇON
Un des concours régionaux ii^'ricolcs de
l'année 1808 ayant du avoir lieu à la tin du
mois de juin dans ta ville d'Alençoir, un
i^ioupede notables comraer(,'ariLs et indus-
triels de cette ville a pris l'initiative de coni-
]»léter le concours agricole par une exposi-
tion générale,intéressantles beaux-arts,rin-
duslrie, le commerce et même l'agriculture,
en dehors des objets, produits et animaux
dont la présentation ne pouvait avoir lieu
utilement que durant la durée restreinte du
concours agricole.
Observons d'ailleurs que l'idée de l'an-
nexion d'une exposition générale à un con-
cours régional agricole tend à se générali-
■y ^'
353
EXPOSITIONS KT CONCOURS.
3151
ser un peu partout, et qu'elle constitue déjà
une tradition régulièrement établie pour un
certain nombre de villes de province, dont
le haut personnel commercial est animé
d'idées de progrès et d'esprit d'entreprise.
A la této du groupe d'hommes intelligents
et actifs qui a entrepris l'organisation de
l'exposition industrielle et qui s'est formé
en Comité exécutif de cette exposition, se
trouvaient deux de nos plus anciens el plus
sympathiques sociétaires, l'un en qualitéde
Président du comité : M. Richer, manufac-
turier, fabricant de toiles et de lils de chan-
vre, président de la chambre de commerce
d'Alençon ; Tautre, en qualitéde Vice-Pré
sidont du Comité et de Commissaire général
de TExposition : M. Albert Lemaitre, con-
seiller municipal de la ville d'Alençon, mem-
bre de l'un des comités d'admission de l'ex-
position de 1900, chef de l'une des rares,
mais importantes maisons de carrosserie et
de sellerie de province, qui réussissent à ri-
valiser sérieusement avec les plus grandes
maisons de Paris.
Installée dans la rotonde de la Halle au
blé d'Alençon et dans des galeries annexes
extérieures, l'exposition industrielle a été
fort bien agencée, de manière à offrir un
spectacle curieux, intéressant, instructif et
agréable. Certes, le public n'y pouvait trou-
ver le kaléidoscope éblouissant de merveilles
que lui présentent les grandes expositions
universel les de Paris ou d'autres très grandes
villes ; mais il y pouvait quand même oc-
cuper utilementson temps et ses facultés
d'observation en contemplant rassemblées
une foule de belles et bonnes choses qui,
d'habitude, ne se prêtent à son examen que
diificilement et isolément.
Treize membres de notre Société ont par-
ticipé à l'exposition d'Alençon. Parmi eux,
quatre font partie des notabilités commer-
ciales d'Alençon même. Les neuf autres, qui
tenaient une place importante dans l'élé-
ment extra-régional des exposants, venaient
de localités diverses, plus ou moins éloi-
gnées.
A juste titre, nous nous occuperons d'a-
bords des exposants alençonnais, et nous
commencerons naturellement par la parti-
cipation du présidoiit du GomiLéexécuLirde
l'Exposition» M. Richer,
La maniifacLurede M. Richer ne met en
œuvre que les chanvres de la production
régionale. Ces chanvres re^^us teiJtés bruis
des cuUiviitciiri de TOt^ae, de la Sartlie et
autres dépanemenLs circon voisins, sont con-
venablement préparés en filés do divers nii-
njéros, correspondant k des grosseurs et à
des tordages difterenls, et sont ensuite tis-
sés en de* toiles de qualités, forces, épais-
seurs et dimensions variées.
M. Rtcher a simplement exposé des spé-
cimens de ses diverses préparations, toiles
qu'il les livre au commerce et à Vindu^trie,
et comprenant des oche veaux de fils et des
pièces de toîli^s brutes et apprêtées. Les toi-
les exposées variaient de la for le taile,a^ro^^
tils, pour burlies, h la toile fine pour draps
de lit. Certes, pour la confection des toiles
liueSf le chanvre no peut rivaliser avec le
lin, ni même avec le coton : mais ce textile
n'en otTre pas moins des qualités de rést^-
Lance et de durée qui dounsnt une réelle
valeur aux tissus dont il lorme la composi-
tion.
Les soins apporlés k la préparation do^
lîls et ri leur mise en a>uvre dans la manu-
facture deAJ. Uicher as^surent aux toiles
produites une absolue régularité de tissage,
d ou découle le maximum des qualités de
solidité, de résistance à Tusa^'e et, par con-
séquent, de durée. Or, ce sont surtout ces
qualités qui sont réclamées par la consom-
mation courante, à laquelle la tabrication
de M. Richer donne pleine et entière salis-
faction ,
Le jury a nalurellement attribué à lex-
posiUon de M, Richer un dîplom'ï dit de
Hors concours qui ^ suivant les dispositions
de Tarticle t^i du règlement^ constituait la
plus haute récompense otacielle.
Nous avouo[is même, en passant, ne pas
très bien comprendrequerattribution de la
distinction Hors concours puisse dépendre
de la décision d'un jury, La signilication
des mots Hors concours est précisément
dindiquer que, pour une cause ou pour
une autre, les objets compris dans cette ôi'-
sigualion éeliappent i lapprecraliim d^s
ai5 JOURNAL MENSUEL DB L' ACADÉMIE NATIONALE
juges du concoures. Il y n donc énonciation
d'une aiiUnomie absolue lorsque Ton an-
îioriL^e [ïuB décision d'an jury proclamant
ufif? mise hors concours.
Pour ta bonne règle, l'exposition de M.
Hîcber devait être \i\^céù hors concours par
fe fuit même que \r Richcrëtait le président
du Comité exécutif de lexposition. Mais si
rexpDsaion de M« JUclier échappait ainsi à
1 appréciation du jury ofiiciel,elle n'en rcs-
Lait païï moins soumise au jugement des ob-
Mei valeurs compéienls qui, tous, ne pou-
vaient que recotmoître et proclam«5r ce fait
que rindustrie du président du Ck)mité exé-
cuhf méritait largement la plus haute ré-
compense.
356
Apri^s l'eis position du Président, celle qui
s ûHrait le plus nalurellement à notre exa-
inou èi.iit Tcxpoî^ilion de l'un des Vice-Pré-
sidenlSp M, Lk^ahre, qui était aussi le com-
missaire {Générai du concours.
M. Lkmmtre est, comme dous l'avons dit,
le chef d une importnnl^ maison de carros-
serie et de sellerie rjui^ r] unique située dans
une simple ville de proviuf^e, conserve une
importance et une activité lui permettant de
rivaliser avec les plus grandes maisons simi-
Uiires delà capitalo.ll est vrai que la ville d'A-
lençnn se trouve placée aucmtre d'une région
où 1 élevage du cheval de carrosse est spéciale-
nient en honneur^ et ou le goût de la plus
iiol>leconquéle de lliomme, suivant Tex-
pression de Buribn^ est des plus développés
au sein de ïa population u\sée. L'amour des
beaux ciievaux n'allant pas sans Tamour
des beaux harnachements et des belles voi-
lures, on cou*^*oit que les industries de la
carrosserie et de la selleriiî se trouvent pla-
cées il Alençon dans un milieu exceptionnel-
lement favoriible,
y\im il va âans dire que, sans une direc-
tion fiabile et avisée, les établissements de
M. Lemaître n'auraient f)a arriver, par le
seul fait descondiiions favorablesdu milieu
dans lequel ils se sont développés, au degré
d importance rfU*ilsont attemt.
Pour que la carrosserie de M. Lemaître ait
eonrjuis une réputalron de premier ordre qui
assure sa vogue, il a la1lu qu'elle présentât
les mêmes qualités de distinction, d'élégance
et de fini que les productions des maîtres de
la carrosserie parisienne.
Au reste, M. Lemaître n'hésite jamais à
placer les spécimens de sa fabrication à coté
de ceux des carrossiers les plus renommés,
que ce soit aux grandes expositions de Paris
de Chicago ou d'Anvers, et partout les jurys
compétents reconnaissent quepourôtre d'un
style sobre etsévère, les voitures de M. Le-
maître offrent des mérites égaux à ceuxd'au-
tres véhicules d'une apparence parfois plus
brillante, mais aussi plus criarde.
A l'exposition d'Alençon, M. Lemattren'a
fait ligurer qu'une Victoria classique, impec-
cable dans tous les détails de sa fabri-
cation, et deux voitures de fantaisie pour
poneys ou demi-poneys, du genre des char-
rettes anglaises, dont Tune était un de ces
véhicules dits tonneaux, qui sont devenus
très à la mode depuis plusieurs années et qui
ne sont cependant ni très confortables, ni
très élégants.
La sellerie de M. Lemaître était représen-
tée par quatre harnais de cabriolet, dont
deux en cuir noir pour chevaux de taille
ordinaire, et deux en cuir jaune pour po-
neys, l'un avec collier, l'autre avec bricole.
Ces harnais visaient plutôt la simple correc-
tion élégante que le grand luxe, constituant
du matériel d'usage courant et non des piè-
ces d'exposition.
Pour bien prouver, d'ailleurs, qu'il suit
le progrès pas à pas, M. Lemaître exposait
également une voiture automobile de sa
construction, très habilement agencée d*un
moteur à pétrole Benz, avec tous ses acces-
soires et tout le mécanisme de commande
habituel. Les clients de M. Lemaître qui,
sacrifiant à la mode du jour, songeraient à
délaisser leurs attelages pour s'adonner à
Tautomobilisme, pourront donc recourir en
toute confiance aux services de leur ancien
fournisseur.
Enfin, mentionnons un plan colorié des
établissements de M. Lemaître, plan qui fait
ressortir la bonne organisation et la disposi-
tion méthodique des différents ateliers qui
composent ces établissements.
C'est naturellement un diplôme de hors
^
357
EXPOsiTi:);^^ er coNcouas.
358
concours qui est attribué k M> Lemaître, le-
qud est LttuUIre de notre diplôme d'hon-
neur depuis 1895*
M. RoMET, propriétaire des grands niaga^
tins du Ga^ne- Petit, à AlenvoiiT a Tait inslah
1er au centre même de la rotonde de la Ital-
ie au blé, cest-ili-direà une place d'honneur
une glande vitrine carrée, à pans coupés,
en bois noir, dans laquelle sont placés des
mannequins à figures de cire, en grandeur
naturelle, revêtus de toilettes de ville aussi
élégantes qui bien confeetionnées. Les per-
^oiuiages ainsi représentés sont bien i^rou-
pës, dans des altitudes nuturelles qui met-
tent en valeur lenra divers eostutnes. La-
Eiiénagement général de la vitrine et les
étoH'es qui la décorent (ont de 1 eni^emble
un era/iï^e très réussi, qui donne urie ex-
cellente idée du bon goût du directeur des
[oagasins du (tâ^^ne-Petit et des riches res-
sources de ces magasins.
M. Bomet^ faisant pai U du jury, a bénéti-
clé aussi d'un diplôme de hors concours,
il, L. Chalot, fabricant de meubles, h
Alençon, notre Sociétaire depuis 1S81, est
ftrheusement décédé queltpies jours après
fou ver ture de Tex posit ion , à laq uel le i l s'éta i t
eapendant préparé à participer dune Jaçon
remarquable. Fort heureusement, Madame
Veuve Ghalot se trouve excellemment prépa-
rée pour continuer de diriger Tinduâtrie si
bien organisée et lancée par son délunt mari,
en sorte qiiC la maison Chalot continuera h.
tenir lionorablement une place prépondé-
rante dans la fabrication des meubles à
Alençoii. L'exposition de meubles do la mai-
son Chalot comprenait deux buffets, Tunen
noyer ciré avec étagère fermée par des vi-
trant de couleur^ Tautreen noyer verni ;
une table de suite à manger en noyorj avec
support central et deux pieds socles sépa*
réSj qui assurent une bonne stabilité à la
table lorsqu^on en augmente la dimension
par l'adjonction d'allonges ; une armoire à
^lace en bois noir ciré ; diverses tables ou
guéridons de salon ; des sièges de salle à
manger garnis de cuir repoussé ; des sièges
de fantaisie en bois teint de couleur verte,
garnis d étoffes a nuances passées, d'un des-
sin original constituant ce qu'on appelle
le style moderne, ou phiiài lu modem styie^
car il s'agit là d'une création d'origine an-
glaise ; une armoire à panneaux vernis fri-
sésj et en tin des lampes, vases, coupes en
bronze ou en étain,et autres objets contri-
buant à la décoration des intérieurs d'ap-
partement.
N'oublions pas de mentionner un tabou-
ret de pîa [m dit à glissière, supporté par
une lige centrale d*acier glissant à frotte-
ment doux dans un cylindre de bron/.e et
remplaçant la vis généralement 6mploy<>c,
laquelle prend rapitlement un jeu considé-
rable dans son écrou. L'arrêt de la lige aux
hauteurs désirées est assuré par un verrou
s^enclancliant latéralement dans des trous
borgnes (orés dans la tige. Ainsi constitué,
ce tabouret ne présente jamais l'inconvé-
nif.'tit du ballottement olfert par les tabou-
rets du système ordinaire. Il est donc tout
particulièrement recotnmandable.
Tous les objets expoiés étaient d'une
conception très pure, d'une exécution par-
faite et d*un Uni très soii^né. Aussi les mé-
rites de l'exposition Chalot ont-ils été juste-
ment reconnus par lattribution d'une mé-
daille d'or.
Après avoir terminé la re^ue des cspo^i-
itons de nos sociétaires d'Alençon même,
nous continuons la suite de nos comptes-
rendus en reprenant Tordre alplmbétîqut*
des noms des autres exposants.
M. CHARLENTjdeGembloux (Belgique), est
inscrit au catalogue comme exposant d*un
produit pour laver à froid les vêtements. Il
s agit, sans aucun doute, de la Charientine,
lessive spéciale à laquelle nous avons con-
sacré un rapport dans notre journal d'oc-
tobre 1890, et dont nous avons reconnu la
pleine efficacité à Tusage. Mais, les échantil-
lons envoyées par M. Cbarlent n ayant pas
été mis eu vedetteau moyen d'une installa*
tion spéciale, nous ne lésa vous pas rencon-
très au cours île nos investigations.
M, CuïFFtCMANfr, à Lisieui, a fait figurer
^'If^
ma
jotnNAL iiK.N5tia DR l'academie nationale.
3C^
k rexpoâiUon d'Alencon une collection des
boites qui servent à remballage de ses di-
verses créations de froraaiîes désignées par
les appollatronâsnjvanles : }e Calvados^ le
Cabourg, le Petit DeauviUe^ le Mignon
Camembert. Les boites étiiient nalurolle-
ment vides, car leur contenu n'aurait pas
rt^sisté à la dtiréetle l'exposiUond'Alencon,
^\ brève (|u ait été cette durée ; mais le jury,
édilié sur la qualité des Iromages prt^ parés
sooâ la directon de M. CliifTemann, qualité
qui est *i ailleurs bien connue dans toute la
Normandie^ a attribué une médaille d'arf^ent
ît notre Sociétaire.
M. Dksclos (Vital), à Yversay, commune
de Saint-Maurlce-sur-Huisne. par Boissy-
Maugis Ortio'U est un Fabricant de papiers
û\\^à la forme^ qui s est spécialement at-
taché à là préparation des papiers à liltrcr
et qui a organisé la fabrication de ces pa-
piers particuliers de manière à pouvoir ré-
pondre a totjs les besoins industriels^ en
variant les dimensions, \h. finesse do pâte, la
porosité et ta solidité, suivant leâ conditions
des filtrages à opcrer.
M, Desclos livre ses papiers à littrer en ra-
mes ou mains, ou en cônes plissés en sec-
teurs prêts il être placi^s sur un entonnoir.
Les cônes plissés se font de toutes les di-
mensions courantes, depuis les plus minus-
cules de deux ou trois centimètres a peine,
jusqu'aux plus grandes tailles pratiquement
utilisables.
Cette fabrication de papiers à liltrcr est
vraiment des plus intéressantes, car, par la
perfection de ses produits, elle permet de
multiplier sans gène les opérations de fil-
trage qui sont si utiles dans un grand nom-
bre d'industries et de commerces. Lest donc
à Juste titre que le jury de TEi position d'A-
lençon a décerné â M, Desclos uii Diplôme
d'iionneur-
M. Ghoss, à Gouhcnans (Haute-Saône),
a envoyé quelques carafes ii bouchon de
cristal, remplies d'un kirscti qui a mérité,
par son excellente qualité, l'attribution
d'un Diplôme d'honneur.
M. Hamme, négociant en vins etspiritaeut
au Mans (Sarthe), a fort bien présenté, en
une vitrine isolée quadrangulaire, une col-
lection variée des liqueurs et spiritueux pré- '
parés sous sa direction. Cette collection com-
prend des bouteilles de rhum, d anisette^de
grenadine, de menthe, de sirop de citron,
de guignolet d'Angers, de crème de fram-
boises, de crème de cacao, de crème de va-
nille, et, comme spécialités propres à la
maison, de Triple sec. Hamme, de Quin-
quina hygiénique et d'Elixir breton.
Le jury qui a été mis h même d'apprécier,
non seulement la bonne présentatiou, mais
encore la bonne préparation et Texcellente
qualité générale des produits de M. Hamme,
a décerné une médaille (For en pleine con-
naissance de cause.
Sur une étagère particulière, nous voyons
des flacons des produits spéciaux pour lai-
teries, beurreries, fromageries et cidreries
que M. Jeanneau, à Janzé fllIe-el-Vilaine),
produits dont nous avons parlé en détail
dans notre journal d*aoùt 1897, et dans ce-
lui de mars 1898. Pour la préparation de
ces produits spéciaux M. Jeanueau s'est ins-
piré des plus récentes découvertes de la
science microbiologique et des procédés déjà
mis en œuvre avec succès à Tétranger, et
particulièrement en Danemark. Rappelons
que ces produits sont les suivants:
L'Armoricaine^ présure de première qua-
lité coagulant jusqu'à 3.000 foisson volume
de lait;
La Danoise^ présure concentrée, ou plu-
tôt extrait double de présure dont le pou-
voir do coagulation est tel qu'un seul litre
permet de coaguler 12,000 litres de lait ;
Un colorant aqueux pour fromages, dé-
nommé Colorant rM* \\ •
Un colorant spécial pour la croûte des
fromages, dénommé Colorant n° 2 ;
Un colorant gras pour beurres, appelé les
Danois ;
Un liquide antiseptique appelé 5^er/7i^w,
destiné spécialement au nettoyage des lo-
caux, des appareils et des ustensiles de lai-
terie ;
Des cultures pures de ferments lactiques
m
EXPuSITiaVS ET dortcouRS.
562
qui stimulent raeiditicalLon normale delà
CfCEïie etré^nlânsent sonaccampiissement ;
El en lin un coloranl spécial pour cidres
et bières.
M. Jeaiineau est possesseur de nombreux
certificats de ses clients attestant qu'ils ont
bien obtenu les meilleure? résultats pro-
mis, en faisant emploi de set produits. C'est
liarjc H juste titre que le jury de Tex position
d Alençon lésa récompensés d'une médaille
M. PELLKTiKRjàConnerré Sa r Mie , expose
«laelques objets en toile métallique, tels
If ne : garde-manger, garde- Jeu, couvre-
platSj p^ssoires^ (amis, etc. et une collection
variée d'éctjantillons de toiles en lilsd^acier,
de cuivre rouge, de laiton et daluminium,
tils doftt les entre-crùiËements laissent sub-
sister des mailles de dilTérentes grandeurs,
suivant les usages auxquels les toiles sant
destinées.
Tous ces éclianti lions dénotent une tabri-
câtiou ex perle et soignée, mais deux d'entre
eax sont particulièrement remarquables par
les résultats auxquels ils correspondent :
Tun est récbantillon d'une toile formée de
llls de laiton du diamètre invraisemblable de
3 centièmes de millimètre (O'"00003,jet tissée
si tinemeiit quelle ne renf4'rmR pas moins
lie «IS. 400 mailleâ dans un espace de 27 mil-
limètres carrés ; l'autre est récbantillon
d'une toile en lils d'aluminium d'un diamè-
tre de 21 centièmes dû milliuïèlre (Û^ÛOO^-I ,
toile qui, tissée en mailles de G dixièmes de
milJimélre, ne pèse que 38.1 grammes par
aiiHre carré*
Ces cbitfres démontrent a quel degré de
perfection M. Pelletier a poussé la fabrica-
lioD des toiles métalliques, fabrication que
Icjurya récompensée d'un diplùme d'hon-
aeur
MM. PitRïN FRKREs, à Charleville Arden-
nés j ont installé quelques types de leursys-
lème de cli^tures agricoles, en iils de ter
tendus sur pieux en fer, dont la base, gar-
nie de béton comprimé ingélif, forme une
iK)rne de toute solidité enfouie dans le sol,
Cci clôtures sont è la fois solides, écono-
miques, d'une grande facilité de pose et
d* une durée il limitée. Kl les doivent être par-
ticulièrement appi'écJées dans une région
comme la Normandie où la pratique cou*
rante de l'élevage des bestiaux rend néces^
saire la formation de nombreux enclos,
tempcjraires ou déiinitifs,
ilM. Périn frères présentent aussi des
tuyaux, des auges et des abreuvoirs en ci^
ment. Ces Mesiieurs ont été des premiers à
préconiser Temploi du ciment pour une
foule d'usages et d'emplois. La voie qu'ils
ont ainsi frayée est aujourdHuii des plus
suivies, car, partout, on ne parle que de
constructions en ciment, avec adjonction, tl
est vrai, d'armatures en fer qui, noyées
dans une enveloppe de ciment, permettent
de diminuerconsidérablernent les épaisseurs
et, par conséquent, les poids des divers oh-
jets (abriqués.
L'exposition dAlençon vanta MM, Périn
frères un diplôme d'Iionneur, qui s ajoute ti
la longue liste de leurs récompenses aulé-
rieures.
MM. Simon frères, de Cherbourg, les
grands fabricants de machines et appareiU
pour benrreries et cidreries, étaient natu-
rellement intéressés à prendre une large
part à reKposîtion d'AIençon^ placée au
centre d'une région où leurs clients, réeU
ou éventuels, se peuvent compter par mil-
liers. Ils ont donc, après avoir très large-
ment participé au concours agricole, ré:ilisé
une très complète installation à Texposiiiou
industrielle. Cette installation comprend
des barattes, des malaxeurs, des broyeurs de
pommes, des concasseurs de grains, des
manèges, et des pressoirs de différentes
dimensions. Tous ces appareils sont des
modèles déjà anciens i)e la maison, mo-
dèles qui, touchant à la perfection depuis
asÂCz longtemps, ne sont plus guère sus-
ceptibles de modilications notables. Ils
sont d ailleurs assez lonnus, sous les as-
pects les plus favorables, pour que nous
nous dispensions d'en parler à nouveau
avec détail. Mai.s nous devons spérralemptit
mentionner, cependant, la presse, dite à
charge continue^ à cidre on a vin, qui
363 lÛUANAL MENSUEL DE L
constitue un excellent appareil à grand
reodement. Cette presse, tout entière
métallique, se monte au-dessus d'une lon-
gue cu%'e en maçonnerie cimentée. Suivant
ua syslême dont MM. Simon sont les inven-
teurs, les fruits à presser, pommes ou rai-
miSj sont disposée, ren fermés dans des
toiles solides, en couches successives sépa-
rées par des claies de bois, sur un tort
plateau roulant^ qui âuîi des rails Tame-
ntint sous le plateau supérieur de la presse.
Pendant que la manœuvre du mécanisme
de la presse abaisse fortement le plateau
supérieur sur la cbarge du plateau roulant,
les ouvriers peuvent préparer la charge
d'un second plateau roulant, qui succédera
au premier, lorsque celui-ci, dégagé de la
presse après avoir subi la compression vou-
lue, sera poussé plus loin pour être débar-
rassé de sa clmrge épuisée. De la sorte, on
obtient un travail de pression presque
eontinUftout en bénélidant de la puissance
de œm pression des pressoirs intermittents,
qui sont demeurés bien supérieurs à tous
les pressoirs réel lement continus, sous le
rapport de 1 énergie d'action.
Enfin, nous devons signaler tout parti-
culièrement tesécrémeuses centrifuges dont
MM. Simon ont entrepris récemment la fa-
brication, et dont ils présentent un nouveau
modale désigne sous Tappellation de la
Couronne.
C'est au concours agricole d'Alençon que
l "écréme use la Couronne a fait sa première
apparition. Sa construction estdes plus sim-
ples. La transmission de mouvement est
formée d'une manivelle calée sur un arbre
auquel est fixée une roue dentée. Cette roue
commande un pignon calé sur un arbre
parnllMeiiu premier; cet arbre entraîne par
son mouvement une roue liélicoïdale qui, à
son tour, commando une vis sans fin filetée
en pleine matière dans le pivot du bol.
Le bol, de forme cylindrique, est en trois
pièces : la base plane qui ne forme qu'une
seule pièce avec le pivot, une couronne cy-
lindrique formant le corps du bol, vissée
dans la base, et un couvercle tronconique
vissé sur le corps.
A rinlérieur, une cloisor* verticale per-
'acadêmib nationale. 364
cée de nombreux trous. Cette cloison à six
faces, dont trois circulaires alternent avec
trois planes ; enfin, au centre, un tube ver-
tical recevant le lait du vase supérieur pour
ramener au fond du bol.
L'expulsion du lait écrémé se fait par un
orifice débouchant au col du couvercle, tan-
dis que la crème s'échappe par un orifice
d'ouverture réglable, situé à la partie hori-
zontale supérieure du couvercle.
Le tout est enfermé dans une forte enve-
loppe métallique ; le pivot repose sur un
jeu de billes et le graissage est assuré par
un godetd'huile de niveau supérieur à celui
du collet de Taxe du pivot.
Le montage de cet instrument est des
plus soignés, en sorte que Tinstrument
semble dépenser peu de travail moteur.
D'ailleurs, la grande compétence mécanique
de MM. Simon frères nous est un sûr garant
que leur nouvel appareil présente une su-
périorité réelle sur les écrémeuses centri-
fuges d'invention antérieure. La création de
l'écrémeuse la Couronne est un nouveau
témoignage de la sollicitude avec laquelle
MM. Simon frères recherchent constamment
la réalisation de progrès sérieux et prati-
ques.
Le Jury a décerné à MM. Simon un Di-
plôme de grand Prix.
xM. WiLLioT, à Poix-du-Nord (Nord), fabri-
cant des chicorées torréfiées de la marque
à la Concorde, exposait dans une vitrine
spéciale une collection variée et attrayante
des paquets à étiquettes coloriées et des
boites métalliques à impressions décoratives
qui servent à présenter son produit à la
clientèle des acheteurs. Un médaillier am-
plement fourni de récompenses antérieures
contribuait également à orner la vitrine. En
raison des indications fournies par ce mé-
daillier, le jury ne pouvait faire moins que
de concéder à M. Williot un diplôme de
médaille d'or, qui consacrera une fois de
plus l'importance de la fabrication de notre
honorable sociétaire.
Terminons en constatant que rexpo.«itioD
d'Alençon a été close le 7 août par une ce-
1 ll. jpl^vmplliv
rémoQie solennelto de distribuLioa des ré-
cûiûpenses et qu elle a obtenu dans son en-
semble un stiGcèâtrès flatteur pour ses in-
telligent et dévoués or^^anisateurs.
coNmoas,
36)
OtPOSlTlON DE 1QOO
(Renseignements ilivert)
LES CENT IflLLlOrfS DE DEPENSES,
La somme latale de cent millions fexac-
tement 101.500.000 fr.i affectée aux dépen-
ses de TE I position va se décomposer ainsi :
73 millions pour les travaux, 1? millions
pour les services de Te^cploitation et 8 mîl-
lioas pour radmînistration.
Sur ces S millions il sera pris une somme
de SfX^.DOQ francs pour la lalïrication des ti-
ckets d'entrée. L'ensemble deâ traitements
du personnel absorbera 4 millions ; la police,
la douane et les pompiers reviendront en-
^mb)e à un million et demi.
Les 7 millions restants formeront une ré-
serve pour les dépenses imprévues.
La construction des deux nouveaux palais
dés CbaropsËlysées reviendra à 21 millions
et demi. Les palais en constructio}. au
I Champ-de-Mars couleront, en tout, IS mil-
' lions ; ceux de Tesplanatle des Invalides^ 5
millions, et ceux des quais 1.000.000 fr,
' Les ponts et passerelles à établir sur la
!!$eine co<'iteront 5 millions, dont la majeure
partie sera alfectée au pont Alexandre IlL
L'iippro priât ion des quais et bas ports de la
Sçiîie, dans la partie affectée à TÉlxposition,
entraînera une dépense de 3 millions et de-
mi. Le service mécanicfue et électrique exi-
gera un crédit de 0,750.000 francs.
Ine somme d'un millions et demi est pré-
vue pour le chemin de fer circulaire devant
desservir Tesplanade des Invalides, les quais
et le Champs-de-Mars.
Les appareils d'éclairageet d'illumination
coûteront SOO.OOO francs ; les Ion tain es et
motifs décoratifs des jardins et avenues exi-
geront 1/200,000 fr. ; les jardins et planta-
tionSf un million et demi.
Loe somme de 5 millions et demi est ré-
^rvée pour l'organisation des f^tes et des
concours, un million et demi pour les ex-
positions rétrospectives, un million pour
les congrès et auditions musicales.
Les frais du Jury et des récompensent s*é-
î^rverontà un million.
Enfin, on a prévu une dépense de 400,000
francs pour exonération d^ exposants ou-
vriers.
LKLECTRICÏTE TT LA VAPEUR,
L'électricité doit étendre son domaine sur
tout l'ensemble des travaux de l'Exposition ^
en dehors même du palais spécial qui lui
sera exclusivement consacré.
Elle aura, en effet, un double nMe k rem-
plir : elle sera non seulement employée com-
me éclairant concurremment avec le gaz :
mais elle devra encore servir d'agent de
iransmision de laforce motrice nécessaire k
alimenter h vie et le mouvement des nom-
breuses machines envoyées de tous lei»
points de Tuniverset qui devront fonction-
ner devant les visiteurs.
L'éclairage électrique des différentes cons-
tructions de TEx position exigera remploi
d'une force motrice d'environ 15-000 che-
vaux-vapeur, et ce chiffre n'est pas exai^ort*
quand on pense que la plupart des palaL>^
pourront être visités le soir pnr le public,
l'Exposition de 11*00 devant du reste rester
ouverte comme celle de 1889.
D'un autre coté J'énergie électrique trans-
formée en force motrice absorbera enr^ro
5.000 chevaux.
Partant de ces chiffres, on arrive h cette
conclusion qu*il Taudis produire par heure
rénorme quantité de 200.0O0 kilogrammes
de vapeur. Les chaudières nécessaires se-
ront divisées en deux groupes : les types
français seront réunis dans une première
cour, les modèles étrangers dans une seron-
de, ces deux cours étant placées symétrique-
ment à Taxe de l'Exposition, à. l'extrémité
du Champ-dïvMars,
A Texpositioa de 1889 on avait d'abord
comptésurune dépense de vapeur de 40.000
kilogrammes à T heure: mais ce chiffre avait
été porté à G0;OOO kilogrammes; la produc-
tion atteignit 70JJ00 kilogrammes sans
al
^•v
rri''
367
JOOtlNAL MENSUEL DK
compter un certain nombre de généra-
teurs utilisés pour les ascenseurs, etc.
A coté des construc(ionsquis*édifient à la
surface du sol, un autre travail, souterrain
celui- [à, doit être exécuté. It faut percer des
galeries pour les conduites d'eau, de gaz, de
vapeur, des canalisations poiir rélectricité,
d'autres conduites pourTeau deSeineàhau-
te pression servant pour le service d'incen-
dîe et pour cet Utins moteurs tels que turbi-
nes, machines à glace. U faudra également
conslrnite un puils d aspiraiiou et un réser-
voir de reroulement ; on peut voir par cet
aperçu ijue la partie souterraine des cons-
tructions de rRxpositJon présente un inté-
rêt tout particulier.
L ïnstallatiok di^ la forge motrice.
Les services mécaniques de l'Exposition
de 1900 seront divisés en deux groupes pla-
cés entre Tancienne galerie des Machines et
le^ galeries de TElectncité, le premier
groupe, côté de la Bourdonnais, pour la
France, le deuxième groupe, côté Suffren,
pour les étrangers.
Ces installations se composeront, de cha-
que côté, d'une partie de Tancienne galerie
de 30 mètres et d'une cour couverte dont
les dimensions sont de 40 mètres de lar-
geur sur 117 mètres de longueur.
Dans chaque section seront installées des
batteries de chaudière pouvant produire
100,000 kilos de vapeur à Theure, soit pour
les 200,0(XÏ kilos, quantité reconnue néces-
saire pour tous les tjesoins.
Aux expositions précédentes, où les puis-
sances à mettre en œuvre étaient bien
moins considérables, il avait été possible
d atfecter k chaque constructeur un pavil-
lon spécial qu'il avatt édifié et agencé à sa
guise, et chacune de ces installations com-
portait sa propre cheminée.
l'agadêiiie nation alb. 3ôi
Mais, en raison de Ténormité des installa-
tions nécessaires en 1900, si l'on eût suivi
les mêmes errements, tous les alentours des
divers palais se seraient trouvés envahis par
des constructions du genre de celles dont
nous venons de parler, ayant toutes des che-
minées de forme, de diamètre et de hauteur
différents.
Les conditions nouvelles du problème ont
amené la Direction générale de l'Exposition
à grouper, au contraire, toutes les chaudiè-
res dans les deux cours disposées entre les
palais neufs et l'ancienne galerie des Machi-
nes, à les réunir sous un abri commun, à
recueillir toutes les fumées dans de grands
collecteurs,etenfin à faire déboucher ceux-ci
dansdeux grandes cheminées monumentales
de quatre-vingts mètres de haut.qui déverse-
ront les produits de la combustion à un ni-
veau tel qu'ils ne puissent être nuisibles, ni
à l'Exposition, ni aux quartiers avoisinants.
A la suite de la cour des chaudières se
trouvent deux grandes galeries transversa-
les, qui seront entièrement affectées à l'ins-
tallation des grandes machines productri-
ces d'énergie électrique. Ces machines se-
ront d'une puissance de 1,000 à 2,000 che-
vaux par unité, et il est permis, dès à pré-
sent, de prévoir que, aussi bien pour la
section française que pour la section des
étrangers, les installations dépasseront no-
tablement les besoins.
II est vraisemblable de compter sur 40,000
chevaux au lieu de 30,000, permettant de
constituer ainsi de larges réserves.
En outre de ces grandes machines, on
admettra le fonctionnement, dans la sec-
tion française, d'un certain nombre de ma-
chines d'une puissance moindre, de manière
à permettre aux petits constructeurs de
participer aux avantages de cette mise en
exploitation de leurs engins devant llm-
mense public qui se pressera dans l'enceinte
de l'Exposition.
r,g
INUUîîTIllR
ma
INDUSTRIE
U*IN DU STRIE DANS LE MONDE.
Il %*ieRt d'être dressé une stalîstique de la
traducnon ifirlustrielle dans les principaux
tays du monde, telle f]u'ellc résulte des
'h*frres publiées par leurs diverses adminis-
rauoEis pour Tannée 1807. En voici le ré-
unie :
1^ valeur des produits annuels s'élève à
1 milliards 225 raillions pour la France.
ùïe est de 14 milliards 075 raillions en Al-
emagne et de *Ji) milliards 500 millions
nmr TAugleierre. La Hussie figure pour 9
DiUiard^ 75miUioQs. TAutricho pour 8 mil-
tards 125 millions, TUalie pour 3 milliards,
a Belgique pour ^milliards 550 millions, la
■Puisse pour 800 millions.
Lers deux Etals en lutte, les Etats-Unis et
Rspagne, produisent le premier35 mîlliai*ds
;t le second 2 milliards 1?5 millions* Ce
^IhlTre si œnsidérable attribué aux Etala*
L nis est expliqué par Tabondance des ma-
tières premières et l'emploi des machines.
Ln ouvrier esl réputé fournir en Amérique
pour 9,440 Fr. de produits, tandis qu'il ne
rendrait que 3,950 fr. en Angleterre^ 2,850 fr.
en AlîeraagneT^Jtîrï fr. en France et en Bel-
;h|uc, i,905 fr, en Itussie et L3?5 francs
tu Italie,
Les salaires annuels moyens sont estimés
la façon suivante :
Ans Etats- Lnis. 1?'^^^ If, ; en Angleterre
/f2f} fr. ; en France, 875 fr. ; en Belgi(]ue,
fr ; en Allemagne, 775 fr. ; en Suisse
êi en Aulricîie -Hongrie» 750 fr. en Cspagne
l en Russie, 000 fr.
Mais il est à observer que le prix de la vie
raît élre proportionné aux salaires. Nulle
rt la vie a est plus chère pour les travail-
urs qu'en Araérique et en Angleterre,
Le principal facteur de la produriiorï in*
strielleest routiUagË raécanirjue. La force
Qtrice qui y est dépensée traduit exacte*
ent la puissance et ractivit^'t du travail.
Les Ëiats-Dnis possèdent IH millions de
elle vaux- va peur, la Grande-Bretagne 12 mil-
lions, TAIlemagne 0 millions, la France 5
millions, rAutriche-Hongrie 2 millions et
demij la Russie 2 millions et la Belgique 1
million.
Cette statistique est très în^truelive et
fottrnil un tableau trc> intéressant des far-
ces industrielles des principaux pays du
monde.
LE RECORD DE LA VITESSE NAVALE.
Le yacht ElUde, construit par M. E, B.
Warren, vice-président do la Barber As-
phalt C% sur les plans de M.Charles D.
Mosher, vient d'accomplir Vextraordinairo
vitesse de :^7, 89 railles 00 kiloraè'ros 905
mètres^ à l'heure 1], battant ainsi le record
de 37.7 railles établi par la Turbînia, ;Vôir
notre journal de mai 1SL>7,
VElUde a 80 pieds de long i4,32 m. , 8
pietls 4 pouce* 2,5;^ m. de large et 3 pieds
6 pouces LOOra.: de creux. Sa construc-
tion est composée de deux épaisseurs de
bois d acajou sur des bûtis d'acier, et lixées
par des boulons de bron/e. Cinq cloisons
d'acier le divisent en compartiments étan-
clieS; et de plus on a ajouté de nombreux
réservoirs d*air en cuivre.
L:i machine motrice est une machine à
tjuadruple expansion avec les pistons de 0*
K), 18^ et 24 pouces et une course de 10
pouces, La chaudière est du type de celle
employée sur le bâleau-torpille sous-ma-
rin construit ù Baltimore,
L'essai de vitesse a été elfectué sur la ri-
vière HudsoTi, sur une distance mesurée de
l mille flGOOm.) et vé ri fiée parla V. S,
Coast Survey. Celte distance fut franchie en
1 minuta 35.
(I) n s'agit du milU a»^/jjs mesurant 1609 mé-
trés, cl non du mUk marm qui équivaut à I85â
mètres.
^
371
JOURNAL MENSUEL DE l'aGADÉMIE NATIONALE.
X2
CE QU'IL FAUT FAIRE
dans Ifis cas d'mDantfesûefica des t6l«s ds
foyers dis» chaudières à vapeur.
Ltie opinion gënéralem6Ql admise est que
ralimcii talion brusque d'une chaudière,
dans laquelle les lôles du foyer ont été por-
tées au ronge par suite d'un manque d'eau,
doit nécessairement occasionner une explo-
sion par su) le de la production instantanée
d'un volume considérable de vapeur qui ne
trouve pas dans les orifices des soupapes un
écoulement sufijsani. M, Lavinglon Fichter
s'est livré, à ce sujet, \\ une série d'expé-
rieuces lort intéressauies, dont les résultats
sont en contradiction formelle avec Topi-
nion accréditée. Ces expériences ont été
faites avec une chaudière du Lancashire,
da[)S laquelle on laissait le niveau de l'eau
s'abaisser au point de découvrir presque
co m pli tem en lies foyers et pendant un temps
suflisani pour que les tôles fussent portées
au rouge ; aprè$quoi on injectait de Teau au
niveau des foyers à raison de 2 lit. 5 par se-
conde, et toutes les expériences ont permis
de constater que chaque fois, au début de
ralimentation, la pression montait un peu,
mais pas d'une manière dangereuse pour la
résistance des parois, puis retombait au fur
et à mesure que le volume d'eau injectée
augmentait. Dans aucun cas on ne put pro-
vo(|uer d'explosion. Il parait donc établi que
ralîmentation sur un foyer porté au rouge ne
peut pas t'Ue cause d'une explosion, et qu'il
est intJnimf-^nt préférable, lorsqu'on s'aper-
çoit qu'une chaudière a reçu un coup de
feu, d'injecter immédiatement de Teau plu-
tiU que de ^e livrer a ta pratique ordinaire
de jeter le feu. Il peut arriver, en effet, que
pendant celte opération, la tôle rougie vien-
ne à se déchirer, d'où danger pour le chauf-
feur dctre brûlé par le jet de vapeur s'é-
chappant de la chaudière, tandis que l'ali-
mentation d'eau aura pour effet de refroidir
la chaudière et de raffermir les tôles des
foyers. Le chauffeur pourra ensuite jeter son
feu en toute sécurité pour véritier l'état des
tôles qui ont subi le coup de feu.
[fndusîrie nationale.
L'AIR LIQUIDE ET SES USAGES
PRATIQUES
(Extrait du Praticien industriel.
L'importance des résultats obtenus dans
la question de la liquéfaction de l'air a été
universellement reconnue, car on s'occupe
de la question en Amérique, cette patrie do
perfectionnement, et les réflexions suggé-
rées à la presse technique de l'Union {Elec-
trical Engineer, Engineering Newsety
nous paraissent assez intéressantes pour éire
résumées.
lies nouvelles expériences faites sur rair|
liquide, disent nos confrères, et la méthode
de production du froid nécessaire à sa for-
mation ont non seulement éveillé la curio-
sité que provoque un si merveilleux spec-
tacle, mais ont encore attiré l'atteutioD sur
les usages pratiques qu'on en peut faire.
Il est de toute évidence que, dans la pén
riode de tâtonnement où nous nous troovon^
encore, nul ne peut prédire quels avanta^;©^
retirera l'humanité de l'application dend
produit si remarquable. Néanmoins, on a
pu définir dès maintenant plusieurs appii^
cations de Tair liquide, qui, si elles peu-
vent se réaliser pratiquement, apporteront
un changement radical dans plusieurs iu-
dustries importantes de l'époque actuelle.
A première vue, il est hors de doute que
l'air liquide ne trouve son application dan^
la fabrication des explosifs, mais ses usages
les plus répandus seront probablement M
production du froid et l'emmagasinage de
la force.
Il n'est cependant pas à prévoir que Taif
liquide doive détrôner l'ammoniaque, comJ
me réfrigérant dans un avenir prochain, vii
l'eflicacité considérable de la machine ac-
tuelle ; mais, pour les cas particuliers, oîi
l'on devra agir sur de petites quantités, l'air
liquide trouvera parfaitement son emploi
Il trouvera son application la plus irapor
tante comme accumulateur de force. De touj
tes les méthodes connues des hommes dl
science pour emmagasiner Ténci^e, dcui
seulement ont jusqu'alors trouvé des appli
^■ip
^mm^
^^3 INDVSTBIB
cations pratiques : les accumulateurs élec-
triques et les réservoirs d'air comprimé*
Quoiquela méthode nouvelle, fonilée sur
remploi de Tair liquide, soit un peu plus
coûteuse que les précédentes et donne un
moindre pourcentage de la force iiiUiale
employée, il présente cependant cet avanta-
ge précieux d'accumuler dans un même vo-
lume une force beaucoup plus considérable.
Voyons d'abord quels avantages présente
remploi de l'air liquide sur celui tie 1 air
comprimé. Dans ce dernier système, l'air
est comprimé à une pression de 180 kilos
par centimètre carré. Cette pression rend
nécessaire l'emploi de réservoirs très lourds,
de sorte que le poids et le volume de ces
récipients constituent un grave impedimen-
tum pour les usages pratiques.
L*air liquide n'occupe qu'un ijuart du
volume de l'air comprimée lapres^ian sus-
indiquée et, si le récipient dans ]ei|uel il
est logé est fait avec soin, on peuile conser-
ver pendant un temps considérable. Une
soupape de sûreté peut y être adjointe pour
éviter tout excès de pression.
Cette réduction de poids et de volume,
l'addition possible d'une soupape permet-
tant d'obtenir la pression voulue, sont de
manifestes avantages sur la méthode de I lir
comprimé.
Si l'on compare l'air liquide aux accumu-
lateurs électriques, on voit que ces appareils
emmagasinent seulement 1/lIà 1/20 de la
force emmagasinée par Tair liquéfié.
La comparaison n'est pas plus favorable
à remploi de la vapeur d'eau ou de l'eau
chaude qui emmagasinent 4 fois moins de
force sous le même volume.
11 est à remarquer toutefois qu'un poids
déterminé de l'une quelconque des subs-
tances indiquéesci-dessus donne infiniment
moins de profit qu'un poids égal de bon
combustible employé à produire, de la force
dans une machine à gaz ou à vapeur.
Encore que les comparaisons préri^denles
montrent que la méthode par l'air liquide
se place bien au-dessus des autres procédés,
il ne faut point oublier que son emploi
constitue bien plutôt une prome^^^c pour
l'avenir qu*un fait acquis dès maintenant.
374
Tout déprendra de l^efticacitéde la procluc-
tion et du prix de revient.
Pourtant deux applications Ven feront
incessamment avec sucrés :
1** Aux torpilles, pour les<fnel1es le prit
de revient est un point secondaire ;
SvPour les moteurs d'automobiles et de
motocyctes, qui nécessitejit avant tout une
i;ranile farce emmagasinée dans un petit vo-
lume.
Une antre application consiste à mélanger
du cliarboii avec Tair liquide pour obtenir
un explosif- Dans une récente communica-
tion à la Société des Arts, le profes^-^eur J.-A.
Ewinga donné d'intéressants détails sur le
procédé employé par le docteur Linde' Le
produit obtenu en mélanfreant de 1 air li-
quide avec de la poudre de charbon possè-
de une puissance explosive comparable a
celle de la dynamite : l'explosion peut être
provoquée par un détonateur.
L'ouate trempée dans la pouire de char-
bon à gros grHins absorbe de l'air liquide eu
quantité suffisante pour se procurerroxygène
nécessaire à sa combustion complète ; quand
on la place rapidement entre des isolateurs
faits d épaisses feuilles de papier, l'explo-
sion est retardée de ci ni] à dix min -îles
Ce pouvoir se perd au bout d'un temps va
riant de vingt a trente minutes suivant h
grosseur de la m^t he.
La tempéraiurfî produite pîir l'explosion
n'est point suttisante pour enflimmer le
grisou ; aussi cette méthode vient-elle d'être
adoptée en Allemagne où o Ile a donne d eK-
cellenlsrésultats.
P. Vica.
LA FABRICATION DE LA eiERE
EN EUROPE.
La consommation do la bière en Europe
a pris, depuis quelques années, une exten-
sion considérable, Sans doute, T Allemagne,
l'Autriche, TAngieterrei sont toujours les
pays où celle boisson est absorbée en plus
grande quantité ; mais partout la bière cesse
d'être une boisson de luxe et devient un
éîément important d'alimentation.
JOURNAL MeNSOE DB t*4rADÉllIB NATIONALB.
370
La production annuelle de la bière en
Europe est estimée à 138 millions d'hecto-
litres. C'est rAllemagne qni en fabrique la
quantité la plus cousidérable ; 47,603,939
hectolitres, dont 28,055,Ô7:i pour l'Allema-
gne du Nord, 15,325,791 pour la Bavière,
3,153,511 pour le Wurtemberg, 2,508,704
pourleduclié de Bade 61759^258 pour T Al-
sace-Lorraine.
C'est la Grande-Brelagnc qui vient après
['Allemagne dans la producLron générale de
la bière: 3S,85i?.^01 tieclolitres.
Puis vient rAutriche : 13,728,431 hecto-
litres. La Bohème k elle seule est représen-
tée dans co chilfre par près de 5 millions
d'hectolitre!» et la basse Autriche, où se
irouve Vienne, par plus de 2 millions.
La Franco occupe le quatrième rang avec
10 mi liions d'hectolitres, chilfpe absolument
identique à celui de la Belgique. C'est natu-
rellementdans le Nord que se consomme la
plus forte quantité de bière. Lille arrive en
îèteavec 48t>,00û hectolitres par an ; puis
arrivent dans l'ordre: Paris, avec 263,000
hectolitres ; Koubaix, Ittl^.UOO; Saint-Quen-
tin, 104,000 : Tourcoing, 97,000; Calais-
SainL-Pierrc, 74,800 ; Amiens, 05,000 ;
Duukerque. 00,000, Cljacuiic des autres
villes boit moins de lîO/CKjO heclohtres de
bière par an. Quant k la consommation par
tête, ell« peut être dres5«'e comme suit : Lil-
le, 3 heclohtres 30 litres ; Saint-Quentin, 2
hectolitres 40; Saint-Pierre-Ies-Cilais,l hec-
toHtre 41. Toutes les autres villes coosom-
ment moins d'un hectolitre de bière par an
et par tète. Si Ton recherche les villes oii se
consomme le moins de jus de houblon, on
trouve : Nîmes, 6 litres ; Toulouse et Lyon,
5 litres; Nantes et Angers, 4 litres.
Après la France et la Belgique, viennent
des pays où là quantité de bière est consi-
dérable relativement à la population, mais
où les chiffres prennent une place moins
importante dans la production générale : le
Danemark, dont la fabrication est estimée à
2,186,000 et la Norwège, 1,712,445.
Notons ensuite parmi les contrées d'Euro-
pe : la Russiei 2,958,573 hectolitres ,1a Suis-
se l million 185,423 hectolitres , l'Espagne
1,025,000 hectolitres, rilalie il37,715 , la
Turquie 140,000 , la Roumanie ^ 100,000.
le Luxembourg 93,254), la Serbie ^93,000 ,
la Grèce (6,683 , etc.
H est curieux de constater qu'en dehors
de TEurope, le jus de houblon n'est guère
produit qu aux Etats-Unis, dont la t'abrica-
lion est estimée à 36 millions 918,614 hec-
tolitres pour 1892 ; au Japon,où elle se chif-
fre par 220,712 hectolitres, et enfin en Al-
gérie, où il s'en fabrique une moyenne de
25,000 hectolitres.
COMMERCE
LE COHUMEAGE EXTÉRIEUR DE LA
FRANCE.
pendant les cinq premiers mois de 1808(1).
La direction des douanes a publié les
chiiïi-es suivants, concernauL les résultats du
{\) UnrWrlv ci-<li*:i!<Uà a èlùrrijl et composé ty-
po^r^fihi(|ui int^nt fiVitiU In publication des résill-
Uî(s th's siv priitMiern inob do l'amiée, lesquels sont
Hpprecièci? duns refUclii suivant.
commerce extérieur de la France durant les
cinq premiers mois de l'année en cours et
de l'année précédente :
1898
im
IMPORTATIONS.
Objets d'alimentation G02. 393. OJO 3l7.7d0.0J3
Maiiorcs nécessaires
à l'industrie 996.099.000 1. 034. 534. f 00
Objets fabriqués 261.073.000 257.?51.000
TotaL... "l.8(i0 16r.Tôo;) 1.6:^9.6*^.000
mi
LNDUSTBIË*
wm
mi
1867
EJCpOlITATÏOSî! -
obJciB d'&liiuentatioii
îlatières uécesaairâa
à rindustrie.. ....
Objets fabriques* p .. .
Colle poetauï .,.
Total...,
fîis.638.000 rrj.OTîï.ûo:)
:0*. 513.000
70.727 OHO
7 75.04^.000
7t.]9fi.00O
1.37r>.5i£,l>X» J.5[J9.5t)2.00i
De la comparaison de ces chiffres avec ceux
publiés pour tes quatre prômters muisi on
dégage les résultats suivauls pour les seuls
mois de mai en 1397 et 1898.
Mai i8g8
millions
3S9.O21.0Û0
243.879,000
Mai 1897
millions
310.742.000
352,546.000
IfnporlatioQS,
ExporlattoQs.
De peu saLiafaisants qu'ils te montraient
depuis le commeucôment de l'année 1808,
les résultats de notre commerce extérieur
sont devenus francliement mauvais. Les
chiffres alTérents au mois do mai sont par-
ticulièrement désolants, car ils se tradui-
sent par les constatations suivantes :
Âug'mentation des
importation Si. 7é.270,OOOfr. soi L 25 % .
Diminution des
cxporlations........ 106.ti<rr.0ûÛ fr, soit 30 *t.
En mai 1897, la balance du commerce
avait présenté, phénomène des plus rares,
un solde en notre faveur de 41.804,000 fr.
Ur, en mai 1898, le solde est de aens con-
traire pour rénorme somme de 145,142.001»
fr. Les résultats commerciaux du mois de
mai 1808 accusent donc, pour la France,
comparativement aux résultats du mois de
mai 18U7, une perte globale de 180.916.000
Cômme on le voil,les conséquences Pu-
clieuses delà guerre iiispano-américaine ont
commencé à se la ire sentir durement chez
nous-mémeSj puisqu'ils se traduisent par
une diminution de nos exporlatlons attei -
gnant 108.067,000 fr. pour le seul mois de
mai.
Si nous envisageons les résuUats des cinq
premiers mois dans leur ensemble, nous
constatons que le total des échanges, formé
de r&ddition des împorlations et des expor-
tations, â atteint :
En lj*y7.
Gten lS:ê.
:i.uu.22î,oojrr.
3.236,7/7.000 n
Il y a, pour ÏS98, augmentation de
87,550.000 fr. au total des échanges , mais
c'est là une augmentation des plus regretta-
bles, carelle a contribué à former [a grosse
somme de 483.553.000 fr. dont la France
demeure en perte pour son commerce ex-
térieur des cinq premiers mois de 1303,
alors que la perte correspondante de 1397
n'avait été que de 130.103,000 fr. C'est
un accroissement de perte de 353.450.0J<)
fr que Ton voudrait voir disparaître ou au
moins s*atténuer largement d'ici à la lin de
Tannée, et qui, tout au contraire, semble
plutôt devoir s'accentuer par retfel de la
prolongation de !a guerre entre TEspngne
et les Etats-Unis.
kE OOMMCnCE £XrÉRJEUR O^
FRANCE
L(
pendant Pet six ppemlert mûis de ^898
Voici le bilan du commerce extérieur de
la France pendant les six premiers mois des
annéeslSOSet 1897, d'après les publications
de l'administration des douanes :
tS98
18'r
lil^|lnrvTl0^s.
7iO.O3y.0Ûfl 425.^99,0 JO
Olijets d'aîJmenlaLioti
Mallrres nécessaires
à Undustrie, * MTT. 304,000 1.Ï01.ST9.00J
Objets fabriqués 31 s. 01 3.000 m^,538.^K)0
Total..,. 2.281,Uô6.0uO l.l*3u.7lti.00O
EXPOnTATJONS.
Objets d'ûlimenlalion
Mnliùres nt^cessoirt'S
à rindustrio ,
Olïjelî^ fabritiués..,.,
Gi>ii.s postaux
Total..
307.60S.OCO :iî7.9l 1,000
3^19)4.000
y fi.4Sd.0U0
^0.4SL000
42f}.\} J.OOO
îni.î3i.omï
82.4Î7j> Û
.tj«^.4:fy.uoo 1, 806.1 i:v;>:>oo
En rapprochant ces cliil^res de cens pu-
bliés pour les résultais des cinfj premiers
mois, an aboutit aux constatât ions suivantes
pour les mois de juin de 1898 et 1807 ;
Juin iBijë Juin t ^97
Importations. ,. 424.791.000 291,051.000
Exportutioiis...,. 31 1.817. 000 2y7.O74.0O<J
379
JOURNAL MENSUEL DE L ACADEMIE NATIONALE.
380
On voit que le mois de juin a été beau-
coup plus satisfaisanL que le mois de mai,
quant au mouvement de nos exporlalions.
Tandis tfue nous exportions en mai 1898 pour
lOSmilliona de marchandises de rooinsqu*en
mai 18Çr7^ nous en avons exporté, en juin
1898, pour 14.743.000 fr.do plusqu'en juin
1897. L'augmentation n'est pas très consi-
d«1rable \ mais elle a au moins pour effet
heureux de montrer que l'effroyable cou-
rant de diminution qui s'éLiit manifesté en
mai a pu s arriler, et même faire place à
un mouvement ât reprise assez nettement
accusé,
Mallieureusement, si les exportations ont
présenté un Bccroisseraenl de 14.743.000
fr.Jep imporlalions accusent uneaugmenta-
lion de 133 "40JKJ0 fr,, et la balance du
commerce de juin 1808 fait ressortir un ^sol-
de de 112,074.000 Ir, eu notre défaveur,
tandis que le m\de de la balance du com-
merce de juin 1H(^7 tétait de t).023.000 fr. en
notre faveur. O^mparé au mois de juin 1897,
le moi de juin 1898 otîre donc une perle to-
lalede 118,997.000 fr.
Pour r^nsemble du premier semestre de
1808, là balance du commerce présente un
solde en perte de 596.527.000 fr. Le solde
correspondant du premier semestre de 1897
n'était que ih 12i.080.000fr. en sorte que
la perle de 1898 sur 1897 s'élevait à la fin de
juin à472.447.0ÛÛ fr.
S'il lie se produit pap de nouvelles défail-
lances dans notre commerce d'exportation
et si nos récoltes de céréales sont satisfai-
santes, il esta espérer que cette perte consi-
dérable pourra aller en s atténuant durant
le second semestre de Tannée en cours.
LEOCMH|MERC£ ENTRE LA FRANCE ET
SES COLONIES
Ce dont on est particulièrement frappé
lorsque Ton consulte les documents offi-
ciels, c'est de la masse énorme de denrées
provenant des pays tropicaux ou in ter tro-
picaux que les nations étranjj^ères nous four-
nissent et qu*il nous serait possible de de-
mander u nos propres colonies.
Ainsi il est importé en France 65,183,586
kilogrammes de café représentant une va-
leur de 175,177,753 fr. ; nos colonies ne
nous en envoient que 765,525 kilogr., soit
pour une somme de 1,783,673 fr.
Nous recevons 5/261 ,628 kilogr. de caout-
chouc et de gutta-percha,évalué8 27,781,398
fr. ; il ne nous en vient de nos colonies que
pour 2,699,644 fr., soit 492,359 kilogr.
Les contrées d'outre-mer nous expédient
3,048,148 kilogr. de conserves de viandes
en boîtes, qu'elles nous vendent 4,657,777
fr. ; dans cette importation nos colonies
n*entrent que pour 491,151 kilogr., valant
589,381 fr.
Pour 162,177,231 kilogr. de coton, esti-
més en douane 160,866,898 ir. qui nous
viennent de l'étranger, nous n'en recevons
que 8,338 kilogr. de nos colonies, soit pour
8,255 fr.
L'étranger importe en France 3,540,999
kilogr. de clous de girofle, de vanille,de can-
nelle et do poivre,d'une valeur de 3,706,021
fr. ; )*importation des mêmes articles de
nos colonies ne s'élève qu'à 3,237,696 fr.
En face d'une importation de laines en
masse de 251 ,559,892 kilogr . représenUnt
une valeur de 394,906,843 fr. nos colonies,
Algérie et Tunisie comprises^ ne comptent
que pour 4,406,252 kilogr., soit 6,476.066
fr.
Nous ne recevons de nos colonies que
2,725,819 kilogrammes de bois d'ébéoiste-
rie, d'une valeur de 730,135 fr., contre
19,666,571 kilogr. que nous envoient les
autres contrées exotiques et qui sont éva-
lués en bloc à 5,167,994 fr.
Pour les bois de teinture, les importations
de Tétranger montent à 119,415,133 kilogr.
payés 17,912,000 fr., tandis que celles de nos
colonies s'élèvent seulement à 10,845,667
kilogrammes valant 1,628,850 fr.
Pour les arachides contre 55,431, 191 kilog.
d'une valeur dell,896,714 fr. que les au-
tres pays font entrer chez nous,les envois de
nos colonies ne dépassent pas 49.705.329
kilogr., soit 10.197.115 fr.
Quant aux graines de sésame et aux aman-
des de noix de coco, en face d'une importa-
tion de l'étranger sechifTrant par 164,985,171
381
INDUSTRIE,
382
kilogr. qu'on nous fait payer 48,503,467 fr.,
les envois de nos colonies sont de 2,550.082
kilogr., d'une valeur de 799,062 fr.
Enfin et pour terminer,contre 15,191,448
kil. de cacao nous venant de contrées exo-
tiques autres que les colonies françaises et
qui valent 21 ,268,020 fr., celles-ci ne nous
expédient que pour 880,377 fr., soit 628,841
kilogr., etc., elc.
Nous pourrions continuer ainsi à passer
en revue toutes nos importations.
En dehors des importations de denrées et
de produits que nos colonies pourraient écou*
1er et vendre directement dans la métropo-
le, il est d*autres débouchés qu'il leur serait
possible de se créer ailleurs et qui représen-
teraient pour elles d'autres éléments d'acti-
vité et de profits. Nous pourrions parler, par
exemple,de notre riz de Cochinchinedontla
Tente, à quelque chifi're que s'en élevât la
production, serait assurée dans la mer des
Indes, et à la culture duquel par consé-
quent on pourrait donner le plus grand dé-
veloppement.
Nous pourrions parler encore de notre
territoire du Haut-Laos où des essais ont
été faits et qui serait susceptible de faire con-
currence aux Indes pour la production de
lopium, etc., etc.
Mais nous nous en tiendrons aux 837 mil-
lions 895,608 fr. de marchandises énumérées
plus haut, que nous achetons actuellement
à l'étranger et dont nos colonies pourraient
D0Q8 approvisionner.
Avec un ministère des colonies jouant le
rôle de propagandiste, de conseiller et d'i-
nitiateur, que nous réclamons pour lui,quel
essor, en un temps très court, ne pourraient
pas prendre les plantations et les cultures
dans nos possessions exotiques devant cet
énorme débouché de 837,895,608 fr. que la
métropole leur garantirait pour commencer,
et qui serait d'ailleurs lui-même représenté
par837,895,608fr. de produits métropoli-
tains que la France aurait à envoyer en
échange.
(Extrait du rapport de M. Pauliat, sé-
nateur, sur une proposition de loi concernant la
constitution de compagnies privilégiées de colo-
nisation.)
LE COMMERCE DU MONDE
Valeur to<fll«cfea fmpor^attons et des
exportations deo diffâi<ents pays du montfe.
COMIfERCd SPÉCIAL, — CHtFFItlCS DE 1855
(En Tnilliona de francs).
EuiMipe
Import E«port,
Suède 47S.Ô 432,8
Norwège 296.6 178. 5
Danemark __ 433,4 301, :i
Islande et Femo 4,0 4.7
Finlande ]50,4 143.0
Grande-Breiai^iïc et Ir-
lande,. .,.. 0005.1 5702.0
Malte... , Î8,5 0.8
Hollande 3010,5 24:>fL3
Belf^ique , , , 1681.8 12S^.^
Allemagne , , . 5092.0 4100.0
Autriche-Hongrie. ...,,, 1521 .4 1562. 1
Suisse 910,6 663.9
France 3722.7 3370. 4
IUlie 1188.2 1038.6
Esimgne,.. 768.0 755.0
Portugal V, 223.6 151.2
Russie 1493,4 1784,8
Roumanie , 304.8 265/2
Serbie 28.4 44.0
Bulgarie. 60.1 77,7
Monténégro ....,.,,,,., 1,5 0,3
Grèce 106.9 71,?
Turquie ,.,.., 530,1 340.0
ToUux 3I04Ô.5 24830^*
Aote
Perse , 83,0 56,3
Afganistan .,., 9.7 0.0
Siam,.... 100,0 13L1
Chine,,,. 645.0 538.2
Corée,.,,, 41,8 12.8
Japon , 753,7 740.1'
Golfe d Oman 11,8 7.4
Himalaya.. 23,1 31,0
Indes anglaises . , 1225*7 1921,5
Cçylan. . , ,,,... 106,6 108.0
Malacca ..,,,.- 467.3 401,3
Hong-Kong ..*...., 45.5 16,0
'i^n^^wsa
âsa
lODRNAL I1E!«SUBL DB L'aCADAmIE NATIONALE.
Aden
Autres possessionsanglaî-
sefi -
Java
Aulrespos5€3sioïi5 hollan-
daises
Possessions françaises . , ,
— espagnoles.* .
— portugaises *
Russie d'Asie
Samos — ......,.,,,.,
Totaux
AfHque
Maroc* ,
Congo. , * . . .
Libéria
Hépublique sud-africaine
^^^9 ■
>ata[
/.an^ibar
Autres possessions anglai-
ses
Possesstons allemandes. .
Algérie
I unîsie
Sénégal, Soudan fran^'iis.
Uéunion, Madagascar, . . .
Possessions ilaliennes. . .
— espagnoles, .
— portugaises..
Egypte
Tripoli . * - =
Totuux *
Iiiîpoft. Export.
72"? 60. 6
146.1
!>21.4
143.0
362.2
08 J 104.7
80.9 108.0
129,7 158.3
0.3 0.6
60,7 60.2
5.7 3.9
ÀmbA 4975.5
43.3
40.2
10.7
10.8
0,:j
0.3
247.8
206.4
343.1
222.4
59.9
25.0
y2.i
31.6
leijî 175.1
0.7 8.8
255.8 284.5
41.1 47.5
:i:i/4 27.9
37.3 23.5
9.5
rï.3 3.9
28.4 41.1
215.2 323.1
IhO 10.8
1551.1 1483.7
Amérique
Etats-Unis 4037.0 4192.0
Mexique 219.8 106.8
Guatêmahi 33.7 132.6
San-Salvadof ...._. 14.5 69.4
Honduras 7.U 6.5
Nicaragua 10.8 17.2
Cosla-lUca.. 47.7 81.5
Haïti :)1.0 66.2
République Do'Uiiiicainc. 9.0 9.2
Vénézélua
Coloofibie
Equateur
Pérou
Bolivie
Brésil
Paraguay
Uruguay
République Argentine. . .
Chili
Posses. Danoises
Canada
Guyane anglaise
Antilles anglaises
Autres possessions anglai-
ses
Possessions hollandaises. .
— françaises
Cuba
Porto-Rico
.4
.5
.8
.4
.4
.7
Import.
83.7
53.6
42.7
54.
19.
757.
12.
136.
474.
271.1
0.7
612.4
36.0
158.5
12.8
19.5
71.3
301.5
87.4
384
Expon.
101.
80.1
57.8
86.0
23.8
908.9
10. 1
175.0
594.6
285.6
1.1
636.2
30.3
126.0
10.7
11.3
51.8
474.5
84.5
Totaux 7629.0 8430.7
Ooéanie
Havvaï 28.5 41.7
Samoa 1.8 1.1
Tonga 2.1 2.8
Australie 959.6 1106.3
Nouvelle-Zélande 154.3 185.4
Autres possessions anglai-
ses 31.8 31.8
Possessions allemandes. . 9.5 4.0
— françaises. . . 9.9 10.1
Totaux, 1197.5 1382.9
Récapitulation
Europe 31046.5 24«36.9
Asie 4335.4 4Ô75.5
Afrique 15>I.l 1483.7
Amérique 7619.0 8430.7
Ooéanie 1197.5 l;j82.9
Totaux 45749.5 41109.7
(Extrait de la Revue de Statistique, d'a-
près le Statistisk Tidskrift,)
Le Directeur 'Gérant, Rédacteur en Chef y
EoGÈNE THIÉRY.
CLLUMOM (OtSK)» - IWPllIMERIE DAIX FRKRES- PLACE SAINT-ANDRÉ, 3.
.iilil . IW
"^H
JOURNAL MENSUEL
DE
L'ACADÉMIE NATIONALE
AGUCOLE, limiliCTIilllitG ET COIIEBCIUE
68* Année. — SEPTEMBRE 1368.
SOMMAIRE
AQRICUt.TUnE. — Production multipliée des graines de betteraves, conni^inicâlio.i de m, J. Hélot.— £mpb» du
piiospho-carbure de calcium contre ie phylloxéra.
•••008TRIC. — Machine à fabriquer les tuiles, de M. Lobin fils, â Aijs (BoHijlies-du-Rliâoe). — Ammoîiiaque aro-
matique de M. Tison, à Le Nouvion-cn-Thiérarche (Aisne}.
EXPOSITIONS ET CONCOURS. — Exposition de 1900. (RensdgaemcnTs divers.) — Exposition de Toronto (Ca-
nada. — Exposition de Kochefort.
COHMERCE. — Le commerce extérieur delà France en juillet iBqS.
VARIÉTÉS.— Le Congrès des Sociétés savantes à Toulouse en 189g.
~"~ROt.OaiE. - M. A. Hapdon.
pÉcr
AGRICULTURE
PRODUCTION MULTIPLIÉE DES
GRAINES DE BETTERAVE
Par bouturage, fractionnement et greffage.
Communicalion de M. J. Helot,
au Syndicat des fabricants de sucre.
La méthode de production des graines de
betterave en usage chez nos fabricants cul-
tivateurs ne nous rendra jamais notre situa-
tion d'exportateurs de graines, parce qu'elle
repose sur un travail où le prix surélevé de
notre main-d'œuvre nouslaisseen infériorité
sur nos voisins. Elle a aussi, à côté de IV
Tantage de tenir fixes les qualités de race,
linconvénient de les développer trop lente-
ment. Les sujets exceptionnels de forme, de
grosseur et de richesse sont rares ; plantés
séparément ils perpétuent de nouvelles sou-
ches généalogiques améliorées ; mais il faut
plusieurs générations de deux ans pour ar-
river ù les substituer à la ^jlanie oiiginaie.
C'est pour obvier à cedéfauLque, dans un
siècle oiiiHatït eourJi'au progrès, on a cher*
ché à acciUéi'êr la Tiiultipijcîitiuii des belle-
raves rares par hoiituraîje, fractionnement
et greifii^e.
Un porte-graines ordiriaire donne en
moyenne moins de 0 kiL 150 de semence*
Si, par un procédé, on peul dos la première
année Inî en faire produire 5 à la kLlog.,on
arrive, eti se reposant sur les lais d'atavrs-
me, à pouvoir, après une seule ^'tïnération,
recoller assez de planchons pour produire
une quanlilè énorme de semence provenant
de la plante initiale.
Cette idcîe a, depuis quinze ans, eu des
parLisaiiâ uu peu dans tous les pays ; un de
me& amis a essayé le grelfage avec persévé-
rance pendant dix ans en Russie : depuis
plusieurs années II l'a abandonné^ plutôt a
tort qu'à raison^ à mon a vis^ quoique le prix
â87
JOURNAL MENSUEL DE L'aGADÉMIB NATIONALE.
38^
de la maïn-d*oeuvre et les frais généraux de
cuUare en général ne poussent pas en Russie
aui économies que nous sommes forcés de
rechercher en France.
Ces méthodes, qui ne peuvent même plus
être plusêLif^ qualifiées de nouvelles, parais-
sent très préconisées actuellement; et quoi-
qu'elles n aient pas fait en grand leurs preu-
ves consacrées par l'expérience de nombreu-
ses années.nous devons chercher notre voie
de ce coté-
Elles simplitient tellement la culture de
la graine de betterave, en la faisant passer
de la complexité de manutentions énormes
de m*^r es sélectionnées physiquement et chi-
miquement, à une culture de jardinage,
presque de serre, que, très attrayantes, elles
attirent tous ceux qui les voient pratiquer.
La théorie de M. H. Briem, de Prague,
qui préconise la multiplication végétative
ouasexuello est que, par la méthode sexuelle
ou paries graines, la fécondation réciproque
ébranle la constance de la plante et pro-
duit ainsi une variation individuelle qui en-
gendre souvent la reversion de mère extra
riche à semence moins riche, parfois même
relativement [lauvre ; tandis que par la mé-
thode asexuelle, on transmet inaltérées aux
rejetons toutes les propriétés caractéristiques
d*une race déterminée.
Comme pour la description de ce qui se
pratique à Aulnois, nous nous inspirerons
dans notre exemple, d'une sucrerie oh Ton
ne produit, ou mieux, fait cultiver des grai-
nes que pour les besoins de ses fournisseurs.
C'est dans Tliabile direction de la sucrerie
d*Ardres que nous trouverons en pleine ap-
plication cette innovation agricole qui pro-
met tant h notre industrie.
Un des cultivateurs de la sucrerie dePont-
d'Ardres, M, Gorain, s'est assimilé d'une
açon remarquable le.s théories nouvelles,
devinant les tours demain cachés, il a per-
lectlonné la pratique, et aujourd'hui, avec
un libéralisme digne de tout éloge, il veut
vulgariser les méthodes,et fait des élèves par-
rai lesquels je ne citerai que MM. Delori fils
et notre collègue Barrois-Brame.
La sucrerie d*Ardres exploite une région
dont les terrains sont de deux natures abso-
lument différentes ; aussi fait-elle cultiver
deux races de betteraves appropriées à ces
sols. Le but poursuivi est de produire eo
betteraves très riches un poids égal à ce
qu'on récolte dans le pays avec les betterave
de distillerie.
Le laboratoire recherche, parmi les bette-
raves de pure race qui lui sont présentées,
celles qui joignent à la forme parfaite un
poids exceptionnel, avec une teneur en su-
cre supérieure.
Cette année, dans la race n"* 1, trois bette-
raves de 1 kil. 030 chaque, h 18 pour 100 de
sucre, ont rempli ces conditions ; la race
n* 2 n'a donné qu'un sujet conservé comme
exceptionnel : il pesait 1 kil. 320 avec 18
pour 100 de sucre.
Il va sans dire que ces betteraves, dont
l'origine découlera de l'exposé que je vais
donner, ont des sœurs remarquable» qui
produisent de la graine suivant la méthode
appliquée généralement, pour participer,
parallèlement avec la nouvelle façon de faire
à l'approvisionnement des semences néces-
saires aux cultivateurs.
Vers le mois de février, ces plantes sont
mises en terre dans une serre légèrement
chauffée ; au bout de quelques jours, le^
collets poussent des œilletons, qu'on déta-
che aussitôt qu'ils ont un ou deux centimè-
tres, avec une petite gouge pour le greffage,
et avec une lame de canif pour le boutura-
ge.
Pour le bouturage, il faut avoir soin de ne
laisser autour de la pousse que le moins
possible de chair, sans quoi la reprise serait
compromise par la pourriture ou la vermine
et la plante ne donneraitquedes radicelles.
La greffeest portéesur une betterave quel-
conque ; elleest placée, avec légère pression,
dans le trou pratiqué préalablement avec
une gouge légèrement pluspctite que ceik
qui a servi à l'extraction.
Greffe et bouture sont plantées en serre
humide ; pour la reprise, 15 à 20 degrés cen-
tigrades suffisent. Souvent la greffe se pra-
tique sur des petites betteraves de plan-
chons dont on a coupé le collet pour éviter
toute pousse naturelle ; on peut également
pratiquer le greffage sur des betteraves or-
380
AGRICULTURE»
390
diDiires de n'importe qu'elle race, sans
même détruire le collet; mais, dans ce cas,
il f^ut avoir soin de casser toutes les pous-
ses naturelles au fur et à mesure qu'elles se
produisent. Du reste, lorque la greffe est bien
pri€a, elle absorbe toutes les torces poussan-
tes de sa mère artificielle. Il se développe
sons la greffe des petits œilletons qui font
qu'elle portera plusieurs rameaux degraines.
Si, par hypothèse, on prend sur une bet-
terave 30 greffes et autant de boutures, en
iaisMiit au collet de la plante assez de par-
ties saines pour que, divisée en six ou huit
seetions longitudinales, chacune puisse pro-
doire plusieurs rameaux de graines, ou en-
gendre une multiplication considérable. En
pratique, les mères improvisées peuvent
être bien plus nombreuses que ce que j'in-
dique, et la greffe moins délicate que la bou-
ture doit être plus largement préconisée,
surtout parce que, avec la bouture, on re-
tarde d'un an le résultat.
Il est prudent de mettre dans les trous
pratiqués sur le collet, comme sur les sec-
tions coupées, de la poudre impalpable de
rbarbon de bois, qui favorise la cicatrisation
de ces plaies.
Pour en revenir à notre hypothèse : les
greffes, les boutures et les sections, qui cons-
tituent trois sources diflfêrentes de semences
pour une même betterave, sont transplantées
en pleine terre vers la fin de mars.
Les boutures deviendront de vraies bet-
teraves, qui ne donneront des semences que
Tannée suivante, et assureront la reproduc-
tion du sujet d'élite, si jamais les greffes et
les sections étaient détruites accidentelle-
ment.
Il va sans dire que l'analyse de la bette-
rave d'élite initiale a été l'occasion de créer
une notice, sorte d'état civil pour la plante,
et que chaque bouture, greffe ou section,
porte une fiche qui l'attache à son origine.
Après avoir entouré de soins spéciaux ces
plantes délicates dont on veut tirer, dès la
première année, le plus degraines possible,
on peut être certain de réussir 25 greffes sur
30 et 20 boutures sur 30 ; quant aux sections,
toutes doivent reprendre, mais ne comptons
que 5 sur 6. Si chaque greffe donne seule-
ment 60 grammes, nous iiurons, de ce fait,
I kil. 500, les 5 seclioiis donoeronl chacune
f) kî!. 100, sait :0 k, fiOU ; Tannée suivante,
les boutures produiront chacune 0 k. 150,
on 3 kiloR. pour les 2\), Ou aura donc lire
directeineut d'une beUerave d'élite 5 kilog,
degraines.
Les rliiJîros avancés ne sont pas contesta-
bles ; jo le répète, on peut créer plus de
soucUos rf ue le noiubro donrïé {)âr moi» eiem-
plo, et il est possible d'arriver k récolter di-
rectement, avec un sujet initial, jusf^Q'à 15
kW'Vf!,. de semences.
La betterave étant bisannuelle, pour avoir
nue souclie unique, iltm sera semé Tannée
suivante que la moitié des graines récoltées.
tUï peut m 4} me parfois, lorsque le travail
en serre a été avancé, que le temps a été fa-
vorabte à la vé^rétation en pleine terre, ar-
river à nVûber lesgriiijiesaasex tut pour se-
mer la même armée et récolter à Tarri ère-
saison des pUmchons qui, mis en terre lan-
née sunantp. donneront dès la troisième an-
née a dater de la naissance de la plante ori-
ginalûj.des grnines miirrhandes: mais il est
préiorable de se contenter de les obtenir
au l>oiu de quatre ans.
En né^iiîiîeant les semences tirées des
boutures ranuéesuivanie, qui constitueront
urïe réservi.^ dont la multiplication sera me-
née parallMementaux autres, nous ne nous
occu[>erons que dt^-i j? kilo^. récoltés sur
f,'rctVes et sections. La première moitié de
ces graines, soit 1 kib^^.; seoiécs a ia main
an printemps, couvriront 2ij ares de plan-
cbons (]u\j non analysés, assureront Tan-
nJe d'ai>rrs une grande plantation de fior-
te-^^raines
Comme nous Ta vous vu, l'opération se
faii suMuiiauémenL sur (dusieurs betteraves
d^élitCj dont on so garde l ien de mélanger
les bon tu r es, gretTes ou sections .
Au printemj^:, im lait un cbamp d'essai
pour faire concourir entre eîles les entants
de betteraves délite de mères difiereutes.
II est fait un carré de 10 mitres avec des
graines proveuaut de cbarnne de ces mères
d'élite, on ruiuvc comme en grande culture
pour sucrerie, r est'fi*dire ii\ec plein déve-
luppementdela plante. L'aspect de ce champ
permet de reconDattre à première vue les
carrëi provenant d une mère, qui riche et
belle par acctdenL^ donne par la loi d'ata-
visme qui ramène à la constance dans la
descendance, des enfants imparfaits. Dans
ces carrés^ la partie foliacée irrégulière, dis-
parate, est un sur Indicateur qu'à Tarra-
cliagô ta baiterave sera pauvre ou de mau-
vaise forme, c'cst-u-dire qu'il faudra sup-
primer toutes les semences-sœurs de celles
qui ont produit ces plantes.
Au contraire, Taspect des carrés prove-
tiattt delà plante réellement dA rar^, don-
nera^ par liéredité, des betteraves dont les
feuilles, d'une uniformité parfaite, revêti-
ront tous Les caractères de la famille dont
on cberchele développement et le perfec-
tionnement. A l'arrachage on trouvera sû-
rement toutes les betteraves riches, belles
dans leurs l'or mes. // suffira d'analyser les
betteraves de ces petits carrés pour trouver
les nouvelles mères d'élite qui doivent per^
pétuer la race.
Par cet cxpoié il ressort (|ue ce procédé
est bien plus simple que la méthode ordi-
naire, qui cependant donne une grande
sécurité, et que le prix de revient des se-
mences est considérablement diminué. Il ne
faut pas redouter cette culture en serre,
eo jardin ^ l'art du jardiuier n'est pas effra-
yant à acquérir et si la serre est utile pour
avancer le travail, les opérations ne sont
pas plus délicates que la multiplication des
Heurs les plus ordinaires.
L'installation du laboratoire spécial, pour
l'analyse des bctieraves-mères, peut être
évaluée à 3 ou 4,000 francs. L'édification
d'une petite serre pour l'élevage des boutures
et i^refTes ne doit pas dépasser 1000 francs.
Ces sacrifices sont faibles si on considère
l'importance du but poursuivi. Nous pou-
vons pratiquer simultanément les deux pro-
cédés ou nous cuntenter de Tun deux, mais
nous devons résolument nous mettre 5 l'œu-
vre, suivre en grand nombre la voie qui est
si savamment, si judicieusement tracée par
trente-cinq de nos collègues, qui ont fait la
preuve indiscutable que nous pouvons nous
suffire nous-niémf?.
Je vaudrais espérer avoir été assez per-
JOURNAL MENSUEL DB L AGA DEMIE NATIONALE.
39-2
suasif pour que ce que je conçois si réali-
sable nous conduise sans plus de retard à
la reconstitution de nos approvisionnements
de graines de betteraves indigènes.
11 faut qu'en dehors de Tapplication de
méthodes rigoureuses, nous apportions à
ce travail une grande force de volonté, de
persévérance. Il est indispensable que, re-
cherchant une juste rémunération de notre
labeur, nous écartions l'esprit de mercanti-
lisme pour viser avant tout TaffraDchissè-
ment de semences étrangères. Nous devrons
faire progresser d'une façon constante la
qualitédela plante, en augmeutant le poids
de la récolte à Thectare. Nous assurerons
ainsi l'avenir de notre grande industrie et
mériterons de conserver Tappui et l'aide des
pouvoirs publics.
EMPLOI DU
PH08PH0-CARBURE DE CALCIUM
contre Is phylloxéra
Depuis plusieurs années, des expériences
ont été poursuivies en Suisse pour l'emploi
du phospho-carbure de calcium en vue de
combattre le phylloxéra. Dans une étude
destinée à faire connaître les résultats des
expériences qu'il a provoquées sur ce sujet,
M. E. Chuard, professeur-chef des labora-
toires de l'Institut agricole de Lausanne, a
résumé, dans les termes suivants, les con-
clusions auxquelles ces expériences l'ont
conduit :
<K Nous avons la conviction que le phos-
pho-carbure n'est pas plus dangereux à
manier que le sulfure de carbone, au con-
traire, et nous pouvons passer sur ce pre-
mier inconvénient, facile à éviter, de l'ac-
tion décomposante de l'eau.
« Vient maintenant un second point tout
aussi important, sinon plus : la puissance
phylloxéricide, comparée ù celledu produit
le plus couramment employé, le sulfure de
carbone. Ici, nous devons constater que les
expériences faites, aussi bien celles de nos
honorables collaborateurs que les nôtres,
sont inconteslabicmont en faveur du sul-
"^^mmmmmm^
:«9;ï
AGEli^lULTUnK.
304
fure de carbone. Si Vou en juge par lea ré-
sultats ac(]uis, le sulfure de carbone aurait
une puissance phylloxéricide â peu près
égale à dix fois celle du produit essayé com-
parât! rement, pulsifue 10 grammes de sul-
fure de carbone par cep ont agi à peu près
connue 1(K) grammes de notre phospho-car-
bure.
i Ce fait semblerait, au premier abords
de nature à trancher défmitivement la ques-
tion en taveurdu sutùire de carbone. Mais,
iî faut cependant noter quelques points de
nature à mocJîtkr ce premier jugement.
a En premier lieu, le produit employé
dans les essais de 1807^ et analysé dans notre
laboratoire^ par notre assistant^ M. A. Dap-
pies, donnait au maximum 1 pour IiiO de
son [ioidsen hydrogène phosphore exacte-
ment O.U^ pour 100 dans Técha util ton le
plijsnche II est certain qu'on arrivera fa-
cilement à un produit plus riche, et conse-
il uemmeni plus actif, sans augmenter le
prix de revient. C est une question techni-
que à étudier par d'autres que par nous, en
particulier par le distingué directeur de la
Socif^té industrielle du Valais, M. Oettli. dont
le concours nous a seul permis jusquici de
faire les essais dont fl s'agit^ et auquel nous
avons abandonne tout ce qui concerne la
question industrielle, en nous réservant de
poursuivre Tétude absolument objective et
fléâintéressée des propriétés et de l'emploi
agricole du phospho-carbure.
« Secondement^ nous notons, à l'avantage
du phospho-carbure, le fait qu'il est k la
Ibis un insecticide et un engrais : il laisse
dans le sol des résidus dont la valeur n'est
point négligeable ; nous avons déjà indiqué,
dans des publications préeédentes, les pro-
portions d'ammoniaque renlerméas dans les
rifsidus de décomposition du carbure de cal-
cium f^t expliqué leur provenance. La chaux,
elle-même, résidu principal, a son rôle à
jouer, soit comme amendement, soit pro-
bablement aussi comme insecticide^ et com-
me le dit un des rapports publiés, si Tac-
lion immédiate du phospho-carbure est
moins puissante, elle est eu revanche plus
durable que celle du sulfure de carbone.
c Kntin, le point principal qui nous en-
gage à poursuivre nus essais avec le phospho-
carbure, réside dans le fait de la résistance
de la Digne à des doses même très éle-
vées de ce produit. Nous avons personnel-
lement essayé, sur des ceps d'âges divers,
des doses allant jusqu'à ^50 grammes et au-
delà, sans jamais observer i|ue la végéta-
tion en aitsoujfert ; au contraire, la vigne
traitée présente une végéiatiou plus vigou-
reuse, attribuable sans doute à! action com-
me engrais du phospho-carbure.
« Si ce fait se conhrme, même avec un
produit plus actif que celui essayé jusqu'ici.
le phospho-carhurc nous semble avoir eu
persptîciive sinon une application généra le ^
f comparable h celle du sulfure de carbone,
du moins une uiihté spéciale. Dans les ré-
gions où le phylloxéra commence ses rava-
ges, au moment où le traitement d extinc-
tion devient de plus en plus difticile h ap-
pliquer, h cause de l'extension progressive
du iléau, avant de songera abandonner la
lutte pour procéder à la reconstitution,
n'arrivera- t-on pas à se préserver peut-être
encore île longues années, sans le doulou-
reux sacrilice de la destruction de belles vi-
gnes, en plein rapport, au moyen de Tera-
plui de doses massives de phospho-carbure 'f
» Avec le sulfure de carbone, ou bien on
détruit absolument le phylloxéra, mais alors
on tue aussi la vigne ; c'est le traitement
d'extinction ; ou bien on ne tue pas la vi-
gne et on détruit assez de phylloxéras pour
permettre à celle-ci de vivre et de produire,
c'est In traitement culturaL Nous voulons
rechercher, — et c'est la pensée qui nous a
guidé au début de ces essais, car c'est ainsi
que la question se pose actuellement dans
les vignobles qui nous intéressent de plus
près, — s'il n'est pas possible d'opérer avec
le phosplio-carbure un véritable traitement
d'extinction du phylloxéra, dans les taches
nouvelles, les éclaboussures, comme dit M.
Montandun. et les zones de sûreté, sans sa-
critier la vigne elle-même. Dans ces condi-
tions, le prix du traitement n'entre plus en
ligne de compte, et même s'il fallait dépen-
ser 15 ou 20 centimes par cep, 1 opération
serait largement rémunératrice.
a Ce serait, imus benible-t-il,dcjà un (jru-
lë
395
JOURNAL MENSUEL DE L'aCADÉMIB NATIONALE.
J^t
grès bien souhaitable que de pouvoir évi-
ter le s^icrilice souvent bien dur de belles
vigueB on plein ra(jporl,oii l'insecte estnou-
vellemcni apparu, et n'a pas encore causé
de ravages*
« C'est principalement dans cette direc-
tion que nous ferons nos recherches dans
le courant de Vannée prochaine. Nous croy-
ons qu'il y a là un champ d'action impor-
taiu pour un pliylloxéricide que la vigne
supporte sans en souffrir, au contraire, et
quon peut employer à doses élevées. C'est
donc principalement en vue des traitements
dans les rodons où l'envahissement phyl-
loxéricide commence que nous pensons ^-
sayer le phospho-carbure. Dans les régions
absolument envahies, où le traitement cul-
tural au sulfure de carbone s'est introduit
et donne de bons résultats^ nous ne croyons
pas, il est préférable de l'avouer franche-
ment, que le phospho-carbure puisse le
remplacer avec avantage. Ici, c'est le coôt
du traitement qui est le facteur essentiel.
Or, le produit, tel qu'il a été obtenu jus-
qu'ici, ne permet pas de lutter à ce point de
vue avec le* sulfure de carbone.
E. ClIUARD.
INDUSTRIE
MACHINES A FABRIQUER LES TUILES.
de M . LoBiiN fils,
Gonslructeur-mécanicien, à Aix (Bouches-
du-Rhône).
Le numéro du 20 août du journal /a Chro-
nique InJustneilCj si bien dirigé par noire
Sociétaire, M* D. A. Casalonga, a publié
soua le titre La Fabrication des Tuiles et
les machines Lobin, un intéressant arti-
cle que nous reproduisons avec d'autant
plus d'empreBsemeot, que l'inventeur et le
constructeur des machines décrites fait
aussi partie de noire Société. Voici cet ar-
ticle :
Nous avons traité il y a quelque temps
do la fabrication de$ briques ou mieui(
d'une des phases de celte opération, le sé-
chage 1 ; nous allons aujourd'hui nous oc-
cuper des tuiles qui jouent, elles aussi, un
grand rôle dans la construction. Nous pas-*
gérons sims silence l'historique de la fabri-»
cation de ces maL^^riauic employés du reste
depuis la plus haute antiquité pour la cou-
(t) Viiir lea nu nieras de la C'ironiquc indus ^
irieUe dot^ t «1 9 ]inn(ït 1898.
verture des maisons et des édifices, et nous
arriverons immédiatement aux procédés ac-
tuellement employés, procédés qai peuvent
se diviser en deux grandes catégories selon
que la terre sera appliquée au moulage à
l'état de pâte ferme ou appâte molle; nous
insisterons plus spécialement surce dernier
procédé.
Quelle que soit la méhode employée, les
terres sont soumises d'abord à un trempage
dans des fosses ; mais, lorsque la (erre de-
vra subir le moulage en terre ferme,elle de-
vra être soumise à l'action d'une quantité
d'eau bien moindre que lorsque le moulage
sera effectué en terre molle.
Dans ce dernier cas, la terre ou plutôt la
véritable bouillie assez épaisse résultant
du trempage, est transformée en une pâte
aussi homogène que possible au moyen de
malaxeurs. Ces machines se composent de
cylindres qui, après avoir trituré et broyé
le mélange, le laminent et leconiormenten
galettes qui sont découpées soit à la main,
soit par la machine elle-même, chaque ga-
lette devant avoir des dimensions suffisan-
tes pour fournir une tuile.
Les terres, après avoir été soumises au
trempage et au malaxage, subissent Topé*
ration du moulage ; cette opération, lors-
que la terre se travaille en pâte molle, peut
3(r7
INDUSTBIE.
d08^
se &ire soit à la main, soit mécaniquement,
avec façonnage au moyen de presses rabat-
teuses.
Nous passerons sous silence le procédé
consistant à opérer le moulage à la main,
car, dans ce cas comme dans beaucoup d'aq-
tres circonstances, la roac^^jne est bien pré-
férable, non seulan^ent ap point de vuedg
tlDÎ^maissurtpt^^ ^91 ppintde vpedu prix dd
revient.
Le procédé qi|p ppus venoRS 4e ^émfB
pour amener Im ^pFf^ ^Tét^t q^'eU^s 4Pi'
veut avoir poi|r |p mpMl^gp ppmmence 4
être rerpp|»p9 4an§ te Mi4l W *® suivait
dû ^ M. ^f^^^4^ ^l proplpyé par ^xemp^^
aax gr^pd69 ^u j)erii3ft 4^S^ipt-Penri-Mar8ej^-
le,ou Tpn (nio9fpFfpe 3n pFp4MiUcéraïftjqMPS
les t^rr^$ ^x^Rit^s daps U rpâme joprpée,
résulUit qu'if était impos«i|))a d'atteindre
avec f'aapiepi^ jf^élhod^ 4ps bassins de
trempe djU « p^stjères » ^^ des cylindres.
Ce 4ernier procédé, biep qu'exigeant upe
grande main^d'œpvfe et pne dépense él0;
vée, jUA permettait d'obtepir ^yec les terres
ainsi t|ravaillées que des prp4pits inférieurs
se éié€f)Tm2ini à 1^ 4essicpftjpp, à Tair ; la
cuisson 4éniontrait h p^^pv^is corroyage
de« tdirr|i9. Il est certain ^pp pa^ ritopl^t#
aur^9P^ M modifiés si, au Uaude ^r veil-
ler def ^fO^ jp^p^édiatement après leurexr
tractiii^p^pp 1^9 ^mf^ répandpes sur couches,
aûn que cfaaqup lit reçut daps upe l^rge
mesure rinfluencp atmospMriqpe. Mais les
produits sont à po si ba^ pri^ cju'il p'est
plus possible dans cette industrie de songer
à ces procédés, étant donpés l'emplacement
et la main-d'œuvre qu'ils exigeaient.
n fallait donc avoir recours ^ux avanta-
ges offerts par la mécaniqne p^)derne pour
obtenir rapidement et économiquement de
bons produits en faisant marcher de pair
l'extraction et la fabrication.
Dans les tuileries ayant adopté le procédé
de M. Arnaud, les terres sortant de la car-
rière sont transportées par des wagonnets
jusque dans la cuve d*une coupeuse qui ré-
duit les blocs d'argile en poudre ou en la-
melles de quelques millimètres d'épaisseur ;
une toile sans (io pa;^nt sous la coupeuse
reçoit les terres et les transporte au mouil-
leur-malaxeur-broyeur-mélangeur-propul-
seur à hélices ; l'eau arrive dans les auges
des vis mouilleuses par des tubes disposés à
cet effet et avec un débit réglé. Cette ma-
chine reçoit donc les terres 4Jl^^Pl6ni0P^ ^^'
^nt 4e la coupeuse ; ces ^errps |gp| ggndui-
tes surun distributeur à plateaq f9(|{|f d*un
réglage de débit facile ; elles tqq[)^p( ^iips le
premier n^ouilleur» sorte 4'augp, pi| 46q| vis
à ailettes jntero^ittentes croisse; f|r;^y^|||0nt
)es ^prrps aF0e linergie ; elles p^fspnl 4© l^
4^ps pp prepjier laminoir, 4onnant 4m la-
mes, fppp^SPt des rwl^an^ ^ui r^^orobent
dans upp sppppde ^pgp^ys^n^ popp plfet de
malaxer, 4^ pprrpypr \^ tpnrii sons l'action
d'un secppd jpp 4^tt^l|P^ ^ P^^ brisé. Les
terres d^p; )ppr^y|||i iH^p^ ppnduites dans
un jeu 4b cylip4re# bfoyppfs lamineurs à
surface unie, de Q pf . 00 ^p i^mmèire, tour-
nant à 12Q tpprS) 01 r|idpj§4pt la pâte en un
large rpb^p 4^ l^/\0 i^^p^\sse\iv, lequel
tombe daps pn prpppliapf conique à pas
double et 4iff<^r^PfMl) enrpulé en escargot,
où les terrps re^jyppt un ^^l'oi^r pétrissage
— corroyage : p)|p$^nt alors prêtes à faire
des tuiles ^pfh i^Pf p!l$^|{P dans le décou-
pepr autopfdtiqpi» api ep ^it des galettes ;
pe$ galettes offrep^ k la qassure une homo-
gépisité qp'aucun f^n^fà pfocé4^ de travail
pe peut atteipdre.
l\ pxistf» fipssi pn mo49 4^ pulvérisation
eoip|oïéiiS^ip^-ffepri,çp^lpmpntpourdes
tjerres ifqpure« ; cp l^rpyji^ ^ terres à sec
m obtepp p^ 4jyer| lysf^p^^s, les uns à
broyeurs à disqu^, {^ 9P^^s à meules.
Les terrps sortap^ 4e f'f^ppareiî décrit ci-
dessus servent à fojrp 4m ^lettes, des bri-
ques creuses, des tpyi|p( 4^ 4r^inage, par
Tadjonction de petites ffijiphip^ à étirera
pistpn, à vis ou à cylin^F^ff-
L'argile sorUpt k^^ «s^^pn du propuUepr
à hélices est divisée par quatre 6^ ai^i se
trouvent à la bouche de sorii.e ; p^est ^ dé-
coupeur automatique qui tranche le paquet
d'argile tous les 0 m. 40 en le divisant long!-»
tudinalement en cinq galettes.
Les paquets d*argïle sortant du propulseur
désigné sous le nom de a galetière » sont,
par une toile sans fin, conduits devant les
presses.
%-%t. .-•• ^'/>-vr,..
f\ '.^ ;1^^^
3P0
lOURNAL NKNKUI^I. DK L ACADCIIIK NATIONAUX
^^\
Les premières presses, lesijuclles sunl en 1 cuiierU i* glissières, mais elles ne tardèrent
core employées dans leà pût iies faliïicatiuns, I pas it élre rer.duBi au loma tiques par lap-
f*lieiitîi)ii <1'mii perila^iori*'. ou [lûilp-inurilôs
à c\\\\\ [ails, dutit cliacune des taces vieoL
sïiccpssivoirieïJt se pri^yenter au-dessoiisd'un
autre pune-muule iuiimé d'un mouvefnent
401
INDUSTRIR.
402
vertical de va-et-vient, tandis que le premier
exécute son déplacement par rotation autour
de son axe horizontal. Le porte-moule su-
périeur ou piston presseur est commandé
soit par un arbre vilbrequin portant deux
bielles renversées, soit par un jeu de cames,
soit encore par des roues d*engrenages héli-
coïciaiesoupar un excentrique.
Nous ne pouvons faire mieux du reste que
de rappeler ici ce que dit sur ce sujet le
Dictionnaire encyclopédique et biogra-
phique de V industrie et des art^ indus-
triels :
Plusieurs machines sont employées pour
effectuer le moulage mécanique avec pâte
molle. Elles sont toutes basées sur le prin-
cipe de la presse monétaire, et ne diffèrent
guère entre elles que par les dispositions
plus ou moins heureuses des organes em-
ployés pour arriver au même but Parmi ces
machines nous citerons seulement celles de
MM. Pinette, Brethon, Joly et Foucan,
Schmerber frères, Lobin fils, etc. Pour don-
ner une idée de ce genre de machines nous
avons représenté i Voir fig. \) la vue d'en-
senable de la machine Lobin, qui nous pa-
ndl être une des plus remarquables parla
bonne combinaison et la robusticité de tous
ses éléments. Cette presse a pour organe es-
sentiel un porte-moule à cinq pans, dont
chacune des faces vient, successivement et
automatiquement, se présenter au-dessous
d'un autre porte-moule animé d'un mouve-
ment vertical de va-et-vient, tandis que le
premier exécute son déplacement par rota-
tion autour de son axe horizontal. Le porte-
moule supérieur, remplissant par conséquent
l'office de piston presseur, est mû par deux
bielles ; les organes sont construits de ma-
nière à réduire au minimum possible les
frottements, et à supprimer les efforts laté-
raux qui existent dans les autres genres de
presses à coulisseaux glissières.
Quand la machine est en marche, un en-
fant jette, d'un côté, la galette sur la face
du pentagone qui se présente devant lui,
puis un second enfant reçoit, de l'autre côté,
la tuile moulée qui se place sur des petits
châssis en bois disposés à cet effet. Les
moules sont des coquilles en fonte recevant
un moulage en plâtre qui présente l'em-
preinte de la tuile ; ces moules en plâtre
ont l'avantage de permettre un démoulage
plus facile que les moules métalliques, mais
il i\iut les changer chaque jour pour conser-
ver la beauté des produits .
La production de cette machine est de
6)0 tuiles à l'heure, soit 6.000 par journée
de dix heures. Son fonctionnement récla-
me 4 enfants répartis comme suit : un en-
fant pour l'apport des galettes, un enfant
pour jeter la galette sur le pentagone, un
enfant pour recevoir la tuile moulée et un
pour déposer la tuile sur l'élévateur qui
l'emporte directement au séchoir.
Cet élévateur est une sorte de toile sans
fin, animée d'un mouvement continu, sur
laquelle les tuiles sont placées et transpor-
tées à l'emplacement où d'autres ouvriers
les attendent pour les recevoir et les ranger
dans les séchoirs généralement placés au-
dessus des ateliers du rez-de-chaussée.
Si avantageuse que fût cette machine, M ,
Lobin fils a cherché encore à la perfection-
ner et il y est arrivé en créant /a presse au-
tomatique à 5 pans et à genouillères que
représente la fig.2. La presse décrite précé-
demment avait le grave inconvénient de
donner sur la galette de terre une simple
pression rapide ; dans la presse nouveau
modèle, le piston -presseur est mû par un
système de doubles-genouillères, lequel
système a pour eflfet de ralentir la pression
à la fin de la course,tout enla rendant plus
énergique, et de donner à la tuile, par la
composante des forces résultant de cette
disposition, le temps de bien épouser la for-
me du moule dans tous ses détails.
Il résulte de l'emploi de cette ingénieuse
disposition un certain nombre d'avantages.
En premier lieu la double pression entraî-
ne le décollage immédiat de la tuile, ce qui
conduità la suppression des tuiles manquées
et donne des produits exempts de cloques,
soufflures, etc.
Mais ce n'est pas tout, on arrive grâce à
ce dispositif à obtenir une pression ralentie
à la fin de la course, on supprime les efforts
latéraux ; la montée et la descente rapide
y^
403
iOORNAL MRNSURL DK l'aCADÊMIB NATIONALR.
404
du plateau presseur permettent une plus
longue pression surla galette de terre, la du-
rée de cette pression est de 1/2 environ de
la durée totale.
Enfin, grâce à laforme spéciale des bâtis,
le pentagone se démonte facilement ; il suf-
lit, en e^et, de desserrer les écrous des cha-
peaux des paliers, avantage que ne présen-
tent pas les autres systèmes de presse qui
obligent à écarter les bâtis Tun de l'autre,
FiG. 2.
c'est-à-dire à démontrer la presse en en-
tier.
Cette machine, d'une construction robus-
te, comme on peut en juger par l'examen
de la figure, pèse 4.000 kilos environ, et pro-
duit C50 tuiles à Theure, soit une production
journalière de 6.500 tuiles. Si Ton joint à
tout cela un fonctionnement des plus sim-
ples, puisqu'il suflit pour ce travail de deux
enfants^ Tun jetant la galette d'un côté.
405 EXPOSITIONS
l'autre retirant la tuile de l'autre côté sur un
petit châsis en bois disposé à cet effet, Von
comprendra avec qu'elle faveur cette ma-
chine a été accueillie par les grandes tuile-
ries et en particulier par celle du bassin des
Bouches du- Rhône qui, du reste, n'ont eu
qu'à se louer d'en avoir fait l'application.
A LOMIJAHI)
A et M.
INGÉNIEUR DES ARTS ET MANUFACTURES.
ET CONCOCflS,
406
AMMONIAQUE AROMATIQUÇ
de M . Tison
à Le Nouvion-en-Thiérache (Aisne).
On lit dans le journal de Bruxelles, Le
Médecin^ les lignes suivantes concernant
un nouvel agent thérapeutique créé par un
de nos Sociétaires sous le nom à' ammoniac
que aromatique :
« M. F. Tison père, à Le Nouvion-en-
Thiérache, prépare ce produit que nous
pouvons franchement recommander.
t I! suflit de le respirer fortement et vi-
vement pour guérir les migraines, les maux
de tète, les rhumes de cerveau, les synco-
pes, les congestions des poumons, du cer-
veau, le» apoplexies ; d'en aspirer les va-
peurs (à froid) par la bouche pour guérir
les maux de gorge, la grippe, Tangine au dé-
but, les rhumes de poitrine, certains maux
d'estomac et de cœur. 3 à 5 gouttes dans
un verre d'eau sucrée prii par gorgées faci-
litent les digestions pénibles, guérissent les
mauï d'estomac» l'ivresse. L'asthme est
soulagé par la respirati(m et raspiratioti des
vapeui*s (à IVoid). Il est inappréciable pour
combattre et guérir les insolations.
a II est souverain dans les épidémies:
il réagit contre Tair vicié en le rendant
respirable, Leseffets sont rapides et le bien-
être est persistant. Il convient d'en mouiller
à diverses reprises les carotides, le derrière
desoreille<ï, rocciput (creux au bas du der-
rière de la têtel et le cœur lors des conges-
tions ; d'en appliquer une petite compresse
sur le creux de Teste mac lors des indiges-
tions. Kn appliquer aussi sur toutes piqijres
d'insectes,
« On peut remployer dans toutes les cir-
constances ou l'eau sédative est indiquée.
(i Remarque essentielle. — Les vapeurs
de l'ammoniaque ordinaire brûlent et des-
sèchent les tissus de Vorganisme ; tandis
qu'ici elles sont additionnées et emprison
r.ées, peut-on dire, dans celles tVhuiles \o*
latiles et fixes de nombreuses plantes cons-
tituant ce produit. Les papilles nerveuses
et les délicats tissus sont ainsi lubriliés et
protégés des vapeurs directes de l'ammonia-
que, tout en permettant ;V celles-ci d*étrc
portées dans toutes les parties nerveuses et
sanguines de l'organisme, et d^v déterminer
presque instantanément les réactions bien-
faisantes et efficaces, >>
EXPOSITIONS ET CONCOURS
EXPOSITION DE 1900
(Renseignements divers)
Clôture au 1"* février 1899 du délai pour
la présentation des demandes d admission.
Dans toutes les classes de TËxposition de
1900) sans exception) des demandes d'ad-
mission ont déjà été reçues dans] des pro-
portions considérables et elles continuent
d'affluer chaque jour. Cependant il n'est pas
inutile de rappeler aux personnes qui, d'ha-
bitude, ne se pressent jamais, que la date
extn^me de réception des demandes est for-
mellement Jiséc au l^' février 1899, et qu'il
est absolument improbable qull y ait une
prolongation quelconque du délai accordé*
■^
-"jw-^
407 J(Jt!llNAl. IIIÎNÎiURr DK
LiSTR COMH.KWESTAIRi: DEsCoMmCS DADMIS-
SION-
h^ Journal officiel éu ISjum 1^98 a [>u-
blié une troisième liste cte perâonneâ nom-
mées membres des Corn s ï es d'admission de
rKst position da lOQÛ,
Parmi ces nouvelles no m in. liions, nous
relevons les suivantes, cone**rriantdesnierii*
bres de notre Société :
Clause 19,
M. Simon (Albert), fîonâlructeur- mécani-
cien à Cherbourg,
Classe 60.
M. le rlorieurMïNiKHE,viiicnïtenr â Nérac.
Classe 87,
M> Tancredi:, présidenl de la Chambre
syndicale des ffibrica lions de colle forte, à
Âuberviiljers.
Li SaLLK des FftTES.
Conformément au plan ^enëral arré(é
pour TExposilion universelle, une Salle des
Fêles colossale sera aménai^ée au centre du
palaiâ des Machines, Elle comprendra sept
travées du palais, de façon à présenler une
surface de ITi mètres sur 112, soil 12.544
mètres carrés, et pourra recevoir une foule
d'environ 15J)0IJ spectateurs assis en am-
phithéâtre sur des gradins étages autour du-
ne grande piste circulaire. A droite et h gau-
cho, dans l'intérieur mémo du palais des
Machines, deux larges escaliers donneront
accès aux tribunes. La salle sera éclairée
pendant le jour par une grande coupole vi-
trée de 40 mètres de diamètre, le soir par
rélectriciré. C'est M. Haulin, architecte, qui
est chargé de celle étude : il prépare en ce
moment la maquette de la future salle des
Fêtes à réchelle de 2 centimètres par mè-
ire. Cette maquetle permettra d'approfondir
exactement tous les motifs de décoration,
comme on Ta fait avec beaucoup d'utililé
pour les maquettes des palaifi des Champs-
Elysëes, Ou peut ^e rendre compte des di-
mensions relatives de cet aménagement en
t/acadi^mik natiomalr. 405i
considérant que la salle du palais du Tro-
cadéro ne peut contenir que 4,900 specta-
teurs, au lieti des 15.000 que pourra rece-
voir la nouvelle salle de VExposition de
1900.
APPROBATION DES DIVERS PROJETS ET PLANS.
M. Maruéjonls, ministre du commerce,
vient d'approuver et de contresigner divers
projets très importants qui lui ont été sou-
rais par M. Picard, commissaire général, et
par AI. Bouvard, directeur de larchilecture
à l'Exposition de 1900.
Entre autres, le rainistre a approuvé le
projet de la porto monumentale qui s élève-
ra à l'entrée du Cours-la-Beine. L'architec-
te, M. Binet, a très ingénieusement disposé
en hémicycle 60 guichets qui permettront
aux nombreux visiteurs de pénétrer rapide-
ment dans l'Exposition. Cette entré^^ sera
surmontée d'une coupole décorée de taïen-
ces et encadrée par des cabochons lumi-
neux.
Le ministre a approuvé aussi les plans du
palais des Forêts, de la Chasse et de la Pè-
che, ainsi que ceux des palais de la Naviga-
tion et de THorticuiture.
Les deux premiers palais serontconstruîts
sur le quai de la rive gauche, des deux cô-
tés du pont dléna. MM. Tronchet et Rey
ont présenté, pour le pavillon des Forêts,
un projet très élégant. La façade sur la Sei-
ne, dont la ligne est coupée par plusieurs
saillies en forme debow-window et égayée
par de nombreuses et claires ouvertures, se-
ra certainement de l'effet le plus agréable.
M. A. Gautier, qui a fait le plan du palais
palais de l'Horticulture, a trouvé le moyen
de donnera cette vaste serre une apparen-
ce à la fois monumentale et gracieuse.
EXPOSITION DE TORONTO (CANADA
La municipalité de Toronto, capitale de
la province d'Ontario, ville riche et prospère
de plus de deux cent mille habitants, a or-
ganisé, sous les auspices du gouvernement
canadien, une grande exposition interna-
vlp"
mmmi
409
tionale qui doit durer du 20 août au 1*'' no-
?enibre ISOg.
En vue d'assurer une brillante participa-
tion de la Tratice à celte exposition, il s'est
formé h Paris sous la présidence de notre
Sociétaire, M, Alphonse Blond el, facteur
de pianos, un comité de patronage de la
section française, qui comprend encore
dans ses rangs nos Sociétaires dont les noms
suivent :
M. A Lacroix, faUricant de couleurs vi-
iri fiables 11 Paris, Tun des deux vice-prési-
dents du Comité.
M. Chalut-Voihy, négociant en vins, h
Tours.
Le sièj^e de ce Comité a été ïixé à Paris,
53j rue de ['F2chir]uier, dans les bureaux
de M. Blonde!
Pour prêcher d'exemple, M. Blondela dé-
cidé de prendre lui-mdme une large part h
PexpOâition de Toron io, en y faisant inslal--
1er un salon, girni de plusieurs de ses ex-
ceUenLs pianos^ qui soutiendront le bon re-
nom de rindustrie franV'iïse, en regard de
l'industrie américaine, d'ailleurs fort remar-
quable, de la facture des pianos.
De plus, avec un zèle et un dévouement
qu'on ne saurait trop reconnaître, M Blond el
s'est entremis auprès de toutes les notabi-
lités com m erci al es de Pari s po^tr leur fa i re
connaître Teiposition de Toronto, et les dé-
cider à y participer dans une mesure plus ou
moins large,
Nous sommes heureux h la fois do sign a-
ler Veiposition de Toronto h nos Sociétaires
et de rendre hommage à l'activité et h l'em-
pressement patriotiques dont ^ fait preuve
M. Blondel pour que la France se trouve di-
gnement représentée à une exposition tenue
dans un pays com me le Canada, où tant dL*
souvenirs historiques entretiennent la mé-
moire de la m^re-patrie.
et siège do l'un dos cîn^f ports de guerre
de la France, a eu cette année le bénéfice
EXPOSITION DE nOCHEFORT
La ville de Rochefort, sous-préfecture du
département de la Charente -Inférieure,
mais chef^tieu d'une pn^fecture maritime
d'une exposition internationale, orgiiflkiB^pv^
administive par notre so:iélaire. fil. Arfjjj
VïGK, qui s'est fait une carrière de 1 1* titre*
prise il'ex positions industrielles et tominer-
ciale^, capables d'amener dan^ les ^los se-
condaires de province un mouvement et
une animation contrastant avec leur atonie
habituelle. Commençons, d'ailleurs, par
proclamer(jue,gn*ceà su grande expérience
à ses nombreuses relations et à sa connais-
sance étendue du personnel commercial el
industriel M. Vigé^ ré unit toutes les meilleu-
res qualités désirables pour assurer la plus
complète réuss-ite de Tceuvre assez délicate
d'une exposition. Le principal mérite du
succès de lexpoî^ition de Hocbeforl doit donc
remonter à M. Vigé.
Grâce k la fois, au concours des services
d'archî lecture de la ville do Bocheiortj au%
facilités de toutes sortes accordées par la
ratinicipalité et ati bon vouloir témoi^^uê
par les autorités maritimes, Tadministration
de l'exposition h réussi à constituer une
œuvre à la ibis brillante et intéressante,
bien proportionnée n Pimportance d*une
ville qui compte en viroi î^^ODO habitant"-.
Dix-huit de nos Sociétaires ont pris part à
rexpc^sjtion de Kueliefort, et, comme k P ha-
bitude,, nous rendrons compte de leurs par-
ticipations en suivant Pordre alpliabétiqite
des noms :
M, Bastos, à Oran, a réuni dans une vi-
trine de style mauresque, des échantillons
des diverses sortes de paquets de cigarettes
do sa fabrication, qu'il fournit aux régies
des tabacs en Algérie, en Tunisie et eu
France, ou qu'il livre au commerce libre à
l'étranger, La marque Zf^ï^/oi' est assez con-
nue des fumeurs délicats pour que nous
nous dispensions d'en répéter Péloge»
M. BaocHARD-QLrLLKT, à Châteaudun, a
envoyé à l'exposition des échantillons de la
liqueur Durtoise, Ho la Fine Champa^u-
Marchand, du Rhum Joptonn et d u Cwractiu
Brochard, tous produits qui, mis dans le
commerce sous l'égide de la marque du FrV/'
411 JOVn^AL MENSUEL DE l' ACADÉMIE NATIONALE
de Niort ^ sontd'nuR qualité supérieure déjà
reconnue par noU-e Société,
412
M. Casikz-Bourgiiois, à Cambrai (Nord), a
abondamment garni une grande vitrine pla-
cée en abolit de rangée^ do boites et de
paquots de chicorée de sa marque de fabri-
cation. Les enluminures décorant ces boites
et paquets pro iaisait^nt tin Itel effet d*en-
semble, maïs il était peut-élre plus instruc-
tif d'observer, dans des bocaux spéciaux,
les cosaettes de racines de chicorée, d'abord
sèches, puis torréliées^ puis moulues, qui
permettaient de se rendre compte des soins
apportés il la préparation de la matière ali-
menta ij*e qui est vendue par la maison Ca-
siez-Bourgeois.
M. Camhon, à Saint-Céré Lot), exposait
ses deux principales spécialités : VEau de
noix et VElixir quercynois \\m lui ont déjà
vabi de nombreuses récompenses.
M. CottNu, à Paris, occupe la plus gran-
de place d'une bel le vitrine de la section des
produits pharmaceutiques^ Tune des mieux
installées de lexpositionj avec une collec-
tion variée de bullefi. bullines, gouttes et
capsules médicamenteuses, renfermant, dans
une enveloppe élastirjue de gluten, tous les
produits de la thérapeutique dont Tinges-
tion directe est désagréable au point d'être
pratiquement impossible. Parmi les médi-
caments ainsi enrobés, citons le copahu,
leâsence de santal, Vessence de térében-
thine, l'huile de ricin, lo gaïacol, le valé-
rianate d'ammoniaque, la créosote, Téther,
le tcrpîiioK TapicK Tiodure Je potassium,
l huile de l'oie de morue, etc.
Uappeloiis que M. Cornu a le mérite d'a-
voir réussi à substituer le gluten à la géla-
tine dans la préparation des capsules médi-
camenteuses.
MM. Fftv el fils, de Bristol (Angleterre)
présentent leurs chocolats en tablettes,
leurs cacaos en poudre et leurs bonbons à
base de chocolat, tous produits d'une pré-
paration supérieure qui jouissent d'une ré-
putation véritablement universelle.
M. GiAMMUsso, à Aidone Italie), expose
différentes préparations pharmaceutiques et
une liqueur de quinquina qui, par les soins
apportés à sa confection se montre d'une
pleine efticacité contre les fièvres, et ren-
contre un grand succès dans la région où
sa vogue s'est répandue.
M. Henricët, à Nantes, présente des bot-
tes du Papier Fruneau, produit dont la
combustion lente engendre des fumées aro-
matiques, apportant un réel soulagement
aux personnes atteintes de crises asthmati-
ques. Les effets salutaires du Papier Fru-
neau ont été unanimement reconnus par
tous les médecins qui en ont prescrit l'em-
ploi.
M. Jacquemin, deMalzévilIe, près Nancy,
a envoyé à l'exposition de Rochefort une
collection de brochures et notices diverses
concernant remploi en vinification des le-
vures pures sélectionnées. Il y a joint quel-
ques bonbonnes et bidons renfermant des
cultures de levures, pour bien montrer
sous quelles formes se taisait l'expédition
de ces différents produits. Nous ne revien-
drons pas ici sur l'intéressante question de
remploi de ces levijres, question que nous
avons déjà traitée en détail dans nos colon-
nes, mais qui n'est cependant pas épuisée,
et dont nous aurons bien certainement l'oc-
casion de reparler dans l'avenir.
MM. Max Jacques et Cie, deSalomé ^Nord;
exposent des huiles de colza pour éclairage,
des huiles de lin pour peinture et des tou^r-
teaux de ces matières, préparés, soit pour
Talimentation des bestiaux, soit pour sim-
ple usage d'engrais.
Outre qu'ils sont de la plus belle appa-
rence et de la meilleure qualité, ces pro-
duits se recommandent à l'attention publi-
que en ce qu'ils sont les résultats de nou-
veaux procédés de fabrication appliqués par
MM. Max Jacques et Cie.
Voici, d'après le journal Rochefort-Expo-
sition^en quoi consistent ces nouveaux pro-
cédés, qui reposent sur le principe de l'em-
ploi de dissolvants volatils :
mmm
mm
413
^it>asitinffs rr coNœuBB.
414
« La graine oléagineuse broyi^e dang un
concasseur est mise en contact avec un dis-
solvant tel que lesulTure decarboue, l'éllier
sulfurique ou un êllier de pétrole. Le dis-
solvant ^'empare de Ja maiièro grasse, con-
tenue dans la graine. Le mélange d^iuileet
de dissolvant est soumis à la diâtillation, le
dissolvant est régénéré H l'huile sort pure
de toute trace de dissolvant. D'un autre cu-
té. on chasse de la graine privée d'huile, le
dissolvant dont elle est encore imprégnée,
et on a un résidu ayant les mômes emplois
quB les tourteaux ordinaires,
V Les avantages de celte fabrication sont :
« 1"^ Les frais de fabrication sont réduits
de plus de moitié. L action de dissolution
s'exerce en effet sans force motrice et sans
fatigue pour Fouvrier* L'entretien est nuL
tandis que les presses hydrauliques dont on
se sert habituellement coiUent excessive-
ment cher, à cause de la force qu'elles ré-
clamant et de Tentretien ruineux de leurs
accessoires.
tt 2^ Merlieure qualité des produits. La
pression chasse en même temps que Thuile
des matières mucilagineuses et colorantes
qui nécessitent une épuration longue et
coûteuse. Le dissolvant, au contraire, ne
dissout pas les matières colorantes, de sorte
que l'huile de ditfusioii n'a pas besoin d ê-
tre épurée. Le résidu, en tourteaux, conle-
nant moins d'huile, est par cela même plus
riche en azote. Son état de division permet
une assimilation complète, rapide et ab-
solument certaine. L epandage en est facile
et l'état pJiysique du tourteau permet Tuli^
Usation des semoirs ordinaires sans nécessi-
ter des frais do concassageet de broyage.
« 3'^ En tin, et surtout, un meilleur rende-
ment en huile. Utiand avec les presses, le
tourteau résidu rontianl encore Gii 12 p. %
loit ea moyenne 9 p, % d'huile, dans les
tourteaux de diffusion il ne reste plus que 1
il/2 %, soit près de 8 p. % d^huile en
moins.
" Pour donner une idée de l'importance
de ce dernier résultat, si on considère qu en
Franceon fabrique, par an, environ 4.000.000
de quintaux de graines oléagineuses, on voit
que le procédé do MM* Max Jacques et Cie
permet de retirer en plus^par an,;j^.OOO,000
de kilos d'huile représentant environ une
somme de seixe millions de francs.
Aussi pour récompenser les effortsde MM ■
Max Jacques et Cie, la société industrielle
du Nord de la France, leur a décerné une
médaille d'or, dans sa séance solennelle du
lOjanvier 1808, d
Ce n'est là qu'une récompense de début,
à laquelle viendronts ajouter bien d'autres
distinctions dans l'avenir.
M, Joi'ï-: lils, a St-Ijaurent de la Salanquo
I PyrénéeS'Orientalesi présente le Kina Jnué,
îipéritif à base de vin de Banyuls et de quin-
quina, qui, de même que d'autres liqueurs
et produit sde la m<5me maison, se rcrDm*
mande par une préparation soignée et cous
ciencieuse.
M. Lkfan, a Caudry Nord expose àm
eaux-de-vie dites de coupage i des extraits
d'éléments vineux dénommée Honijîcatùun^
servant h faire les coupages, et un cordial
désigné sous le nom de VAr^us qui estpr^**
paré A base de c|uinquina et qui peut être
employé comme apéritif.
Les eaux-de-vie de M. Lepan sont pré-
sentées à la consommation en toute slncérî^
té, sans fausse étiquette : ce ne sont pas
des eaux-de-vie naturelîex obtenues par
la distillation des vins, mais des eaux-de-
vie formées d'un alcool industriel extra-
neutre, ronvenalilement aromatisé au moyeu
de produits bonificateurs^ qui, eux, soiH
réellement extraits du vin. On sait qu'il n v
a aucune diftërenco entre les alcools chi-
miquement purs de provenances diverses,
quelles que soient leurs origines : raJsiïi^i,
pommes, poires, prunes, froment, seigh'.
betteraves, pommes de terre, etc. De toii"*
lef* liquides fermentes obtenus par la déconj-
position de ces produits, on peut retirer l'al-
cool pur, débarassé de tout goût ou saveur
pouvant en faire reconnaître l'origine* lîu
comprend donc qu'il soit théoriquement
possible de reconstituer un produit absobi-
ment semblable à leau-de-vio de vîu, eu
employant un alcool industriel absolumeni
pur et un bonificateur convenable. Au reste,
415 JOnRNAI. MKNSOKI, DR l'aOADKHIK NATIO.NM.R.
il est bien certain que la plus grande partie
des eaux-de-vie entrant dans la consomma-
tion courante.sousienomde cognacs, u'^l pas
d'autre origine que semblable préparation
artincielle* On n'aurait d'aillours pas à in-
crimini^rces eaux-de-vie ^\ toutes étaient
l rai tt^e^ aussi soigneusement et aussi habile-
ment que celles de M, Lepan.
M, Marovicj, médecin -dentiste, à Buca-
rest, a envoyé à Rochefort des travaux de
prothèse dentaire qui nttestent, chez leur
,iuteur, unecorapétenceet une habileté aux-
i]U6il6âon ne saurait manquer de rendre
Jiommage.
M, Rambaud, de Pat'is, a fait installer à
Tes position de Rochefort une grande vitri-
ne liabilemeut ^'aniie des principaux pro-
duits qu*jl vendj qu*il t^ibrique ou qu'il em-
f^loîe.
Nous voyons, dans cette vitrine, despou-
ih^es colorantes pour peinture, des gommes
en morceaux pour vernis, des peintures
préparées en tioltos, dsi vernis en ilacons et
en bidons, de la cérnse broyée en baril, des
siccatifs en paquets, etc.
Ces divers produits portent la marque
Gatiiicr-Boiu'hardj du nom du fondateur
de la maison actuellement dirigée par M.
Hambaud, ou la marque de ia Planchette^
du nom de l'usine dans laquelle s'opèrent
leurs diverses manipulations et prépara-
tions*
Dans le commerce des couleurs et vernis,
ceB deux marques jouissent de la plus légi-
time notonétéet sont classées comme étant
tout premier ordre,
H. Richard, fabricant de conserves ali-
mentaires, i\ Rochefort, a naturellement
prohtë de Tex position tenue dans sa propre
ville, pour présenter une abondante collec-
tion deconsûrvesalimentairos. Nous remar-
quons dans Tex position de M. Richard, des
conserves de petits pois, de haricots, d'as-
perges, etc. et des pâtés de foie gras en boî-
tes de carton .
L'excellence de toutes ces conserves est
attestée par les nombreuses récompenses
honorifiques déjà remportées par M.
chard.
410
Ri-
Nous revoyons avec plaisir, à l'exposition
de Rochefort, une des vitrines de M. Jules
Richard, de Paris, garnie d'instruments de
mesure et de contrôle p4>ur les science et
l'industrie, et d'ingénieux appareils pho-
tographiques, tels que le Vérascope^ dont
de nombreuses épreuves agrandies font res-
sortir les mérites au point de vue de Texac-
titude et de la précision des images. Parmi
les instruments de mesure et de contrôle,
citons des manomètres, des voltmètres, des
hygromètres, etc., avec ou sans mécanismes
d'enregistrement.
Inutile, d'ailleurs, de nous appesantir sur
la renommée universelle de la maison en
matière de construction d'instruments de
précision.
M.Sanoomirskv, à Krementchough (Rus-
sie) a envoyé à l'exposition de Rochefort
quelques échantillons des divers bois de
construction débités dans sa scierie mécani-
que, qui est intelligemment et puissamment
outillée pour la préparation de tous les bois
d'oeuvre.
M. ZiMMERLiN, négociant en articles pour
laiteries et fromageries, à Genève, a organi-
sé des ateliers spéciaux pour la ox>nfection
de moules en bois à l'aide desquels le beurre
peut être présenté aux consommateurs sous
des formes diverses, pouvant être plus par-
ticulièrement commodes et attrayantes.
Le beurre ainsi moulé, semble toujours
plus appétissant que lorsqu'il est présenté
en mottes ou en pains informes». D'ailleurs,
le fait seul du moulage indique un surcroît
de soins et d'attentions, qui prévient lui-
môme en faveur de la qualité du produit.
En outre, la forme et l'ornementation du
moulage peuvent constituer des caractères
distinctiis d'une fabrication déterminée, et
servir en quelque sorte de marque de fabri-
que à une production tenant à mettre en
évidence son authenticité.
Pour toutes ces raisons, il est évident que
le moulage du beurre a son intérêt et sa
t:^^^^^
♦IT
justiticaùoti, ete*est pfiurf|uoî l^iiidusirie de
la coDfection des moules à beurre, exercée
par M. Zimmerlirij nous seniblo réellement
très intéressante.
Il va sans dire que M. Zimmertin peut con-
fecljonner les moules ea bois dans toutes
les dinii^iisions et suivant toutes les orne-
tneutaUonsquel'on peut désirer, riepuis les
pTus simples Jusqu'auït plus ouvragées.
Ajoutons que ces moules sont construits sur
sur des données expérimentales qui en ren*
dent Tusage à la fois sur et commode. Il y
a là vraiment uneapécinlîté fort intéressante
pour tous les proJucteurs de beurre, et Ton
est convaincu^ eu examinant te contenu de
la vitrine de M. /ammerlin, contenu qm est
formé d'une collection variée de moules
poursitnplesmnfiellesou pour pains volu-
mineux, fjue la confei^Urjn tle ces moules
est un dérivé aussi curieux qu'utile de Tart
de la sculpture sur bois. C'est presque de la
gravure en médailleSj et certes il est bien
des coins de médailles i|ui n'auront pa^ ser-
vi à établir autant d ornements en reltet'i|UG
certain des moules livrés aux beui reries
modernes par M. Zimmeilin !
COMMERCE
l-£ COMMERCE EXTÉRIEUR DE LA
FRANCE EN JUILLET 1898
Voici les chiffres publiés par radminis-
tration des douanes^ comme énonçant les
résultats de notre commerce extérieur du*
rant les sept premiers mois de l'année cou-
rante et de Tannée dernière :
riîrOUTATÏO.Nti.
mn
im
(*ï>jets d*alimentation t*âa .1^7,000 407.974,000
iïalipreïî necessaïres
à 1 industrie L;>G7,Î49.00Û l,3&rï.îlS7.0O0
ObJetî> fabriqués, . . . , ^9.i5a.00Q ^^.238,000
TolaL... 2.720- H.^a.Ui;0 ^.246,919.000
E\POBtATlONi!i.
I*'t7
189S
Objets d'alimetitation SGO.ilT.OOO ;^.05^.G0O
Minières nécosaairefi
â ri T)du strie , . 501 .7SÏ*.000 545.£iiS.000
Objets rabriqués 99l».yot,000 1.073,176.000
Colis postaux 9a.41>J.ùOo lia.8ii*.o 0
Total I . '^^>^ Ti^omOù 2AmM \ .(M
En compEiraut ces cliiiTres à ceu:i publiés
puur les siî premiers mois j on dégage les
Cûnstataltotis suivantes pour les mois de
juillet de 1898 et 1897 :
Juillet 1K98 Juillet 1897
ImportatioDS.... 433.14Ô.000 dl6.S0ri.0ÛO
ExporlatioQS, , . . 2t;ti-09ti.000 2S5. 725.000
Comme ou 1*î voit, le mois de juillet cst
encore à marquer d'une pierre noire en ce
qui concerne les résultats de notre commer-
ce extérieur. Comparé au mois correspon-
dant de t'a n née précédente, il accuse Uïie
augmentation de 118/J43,000 Ir- dans les
iraportatioaSjet une diminution de I0,0ri0.0ij()
Ir. dans les exportations. La perte totale
ressort ainsi k 1L"8,58^000 fr,
A b tJn do juillet lS'^8, nous nous trou*
vons avoir acheté pour 473,183.000 fr* de
marcfiandises étrangères de plus que du-
rant la période correspondante de 1807, et
avoir vendu à l'étranger pour 137,O.iJj0u
fr. de moins que Tannée précédente.
Nous constate n:^ anssi que, pour les sejjt
premiers mois de l'année^ la balance du
commerce extérieur accuse un solde en no-
tre d é i d ve u I' de 705 .577. QW f r . Le so 1 d t*
correspondant de Tannée 1897 n'était que
de 151.558.0ÎJO ïc^en sorte que les sept pre-
miers mois de l^:^ présentent, comparah-
vemen taux sept premiers mois de 18'- ^7, uiu*
aggravation de pertes atteignant 01LOrj.<KJU
Inutile d'insister sur le caract*>re franche-
meut défavorable de ces données slatisti-
ques.
419
JOURNAL MENSUEL DE L AGAbEMlB NATIONALE.
420
VARIETES
LE CONGRÈS DES SOCIÉTÉS SAVANTES
à TOULOUSE, •!! 1800
M. Léon Bourgeois, ministre de Vlnstruc-
tion publique et des Beaux-arts, se référant
â la résolution prise par son prédécesseur,
sur Tavis unanime du Comité des travaux
hisloriquesci scïenliljques, de tenir désor-
mais alternativement en province et à Paris
la ri^union annuelle des Sociétés savantes,
a décidé que le 37*^ Congrès aurait lieu, en
189t>, à Toulouse* durant la semaine de Pùl-
()ues. Les dates el Tordre des séances seront
iixës ultërieureraent.
Nous publions ci -a près le programme dé-
ttiillé de ce Congrès en rappelant que toute
teclure au ConjLîrès ^i-a,('X)mme de coutume,
iurbordonnëe a Tenvoi préalable des mé-
moires et à leur approbation par le Comité.
tSeulâ Jes travaux destinés à la section des
Sciences pourront être exceptés de cette rè-
gle. Maîscntoutcas^ uneanalyse indiquant
le sujet et le plan de la communication sera
exigée.
Le teKle des mémoires et des analyses,
devra être parvenu, avant le 20 janvier pro-
chain au S'' bureau de la direction de ren-
seignement supérieur, au Ministère de Tins-
iruciion publii]ue.
Il ne pourra élre tenu aucun compte des
en vols adressés passé ce délai .
Les manuscrits devront être entièrement
lermiiié-s lisiblement écrits sur le recto ^ et
accompagnés des dessins, cartes, croquis,
etc.} nécessaires.
Ces presc ri plions dont la stricte exécution
importe â la bonne tenue du Congrès, ne
portent^ bien entendu, aucune atteinte au
droit de chaque membre du Congrès de de-
mander la parole sur les questions du pro-
gramme.
Voici la reproduction de ce programme,
absolument complète, sauf en ce qui con-
cerne les sujetsde communication proposés
par les Sociétés Savantes de Toulouse et de
la région, lesquels ont un caractère absolu-
ment particulier :
Section d'histoire et de philologie.
P Déterminer les systèmes suivis dans les
différentes provinces pour le changement
du millésimederannéede Tère chrétienne;
s'attachera Texamendes séries d'actes éma-
nésd'unemémechancellerieou d'une même
juridiction. Indiquer autant que possible l'é-
poque à laquelle chaque usage a disparu.
2" Signaler les actes apocryphes conservés
dans les archives publiques et particuhères.
A quelle dateet pour quels motifs les frau-
des de ce genre ont-elles été commises ?
3^ Indiquer les manuscrits exécutés au
moyen âge dans un établissement ou dans
un groupe d'établissements du sud-ouest de
la France. Rechercher les particularités d'é-
criture et d'enluminure qui caractérisent
ces manuscrits.
4<> Établir la chronologie des fonctionnai-
res ou dignitaires civils ou ecclésiastiques,
dont il n'existe pas de listes suffisamment
exactes.
(Dans ces études, on devrait se préoccuper
de l'utilité des listes pour fixer la chrono-
logie des documents dépourvus de date et
pour identifier les personnages qui sont sim-
plement indiqués dans les documents par
le titre de leurs fonctions. Pour ces recher-
ches, il est recommandéde tenir compte des
documents financiers et des lettres de noti-
fication adressées aux cours supérieures.)
5° Signaler, dans les archives et biblio-
thèques, les pièces manuscrites ou les im-
primés rares qui contiennent des textes iné-
dits ou peu connus de chartes de commu-
nes ou de coutumes.
(Communiquer, s'il y a lieu, des reproduc-
tions photographiques).
Mettre, dans tous les cas, à la disposition
du Comité une copie du document» colla-
421
VARIETES.
45S
tioDnée et toute préparée pour l'impression,
selon les règles qui ont été prescrites aux
correspondants, avec une courte note indi-
quant la date certaine ou probable du docu-
ment, les circonstances dans lesquelles il a
été rédigé, celles des dispositions qui s'écar-
tent du droit consigné dans les textes analo-
gues de la même région, les noms modernes
et la situation des localités mentionnées,
etc.)
6*^ Etudier l'administration communale
sous l'ancien régime, à l'aide des registres
de délibérations et d&s comptes communaux .
Définir les fonctions des ofliciers municipaux
et déterminer la durée de ces fonctions, le
traitement qui y était attaché, le mode d'é-
lection.
?• Indiquer les collections particulières
renfermant des correspondances ou des do-
cuments relatifs à l'histoire politique, admi-
nistrative, diplomatique ou militaire de la
France.
8*^ Indiquer les mesures qui ont pu être
prises dans certains départements pour as-
surer la fonservation des minutes notaria-
les et en facilitei* les communications deman-
dées en vue de travaux historiques.
iM" Rechercher à quelle époque, selon les
lieux, les idiomes vulgaires se sont substi-
tués au latin dans la rédaction des docu-
ments administratilB.
iDépouiller systématiquement les fonds
d'archives appartenant aune localité ou à
une circonscription nettement limitée, dans
lesquels on peut constater la substitution de
la langue vulgaire au latin, comme comptes
administratifs, actes et sentences judiciai-
res, délibérations municipales, minutes no-
tariales ou autres documents officiels. Etablir
à quoUedate la substitution s'est opérée dans
ces diverses catégories de pièces. Distinguer
aussi entre l'emploi de l'idiome local etcelui
du français, et fixer à quelle date le second a
remplacé le premier. Dans les territoires
qui ont appartenu successivement à des
Etats différents, indiquer la corrélation ou
Tabsencade corrélation entre les les idiomes
employés et les régi mes politiques).
lu* Etudier quels ont été les noms de bap-
tême usités suivant les époques dans une
localité ou dans une région : en donner, au-
tant que possible, la forme exacte ; recher-
cher quelles peuvent avoir été l'origine et
la cause de U vo^ue plus ou moins longue
de ces dif!érentâ noms.
(Dëpouilier le^ registres pyroissîaux^ les
minutes de notaires, les registres dos muni-
cipalités, ie^ actes d'assemblées, les cadas-
tres, ou tout autre fonds d'archives suffît
sa m ment abondant, en établissant , pour
chaque époque, la proportion numérique
des divers noms, celle des noms simples,
doubles et multiples, celle des nojus em-
[>ru[ité3 au patron de la paroisse, aux au-
tres saints du diocèse, au pays lui-même^
aux tamilles princières ou seigneuriales de
la région, aux courants d^opinion poIiti<[ue,
[lUx modes littéraires, aux souvenirs patrio-
tiijues. Ueclierclier dans quelle proportion
ont été suivis, selon les époques, les divers
usages consistant li donneur à l'enfant le
nom du parrain ou celui de la marraînt;, ce-
lui d^un ascendant, etc. Pour les noms
particuliers à une ré^^ioti et peu connus
ailleurs, indiquer ex a de ment les formes en
langue vulgaire et eu latin. Pour les noms
pris en dehors de [a région, indirfuer les
dlttérentes modilications de forme et cher*
cher l'origine.)
H* Sigfïaler les travaux quionttïté on
peuvent être faits sur les registres parois-
siaux antérieurs à rétablissement des re-
l^nstres de Tétat civil ; indiquer les mesurer
prises pour leur conservation et lo parti
qu'on en peut tirer pour l'histoire des fa-
milles ou des pays, pour la statistique et
pour les autres questions économiques.
{On I m u r ra i t pre u d re cora me ty po 1 a p u -
blication qui est en cours des registres pa-
roissauxde trois diocèses bretons.]
12" Signaler les plus anciennes letims
d'anoblissement authentiques remontant au
XIV^^ siècle.
13^ Ktudîer les origines et T histoire des
anciens ateliers typographiques en Prant:^,
(Faire connaître les pièces d'archives,
mentions historiques ou anciens imprimes
qui peuvent jeier un jour nouveau sur Li
date de rétablissement de rjmprimerîedaus
chïique ville de France^ sur les migratiori^
j
^m
•t^s'
r*3 jaUR.^\L »K^ïïUEL UE
despreïiïîerslypofîrjipliçii et sur iea produc-
ùowÈ soriiesde châ^jue atelier.)
lA"" Hechercher les docUïreiUs relatifs à
rhîàtoire dft* anciennes bibliothèques.
15'* Clicrclier daits les registres de déli-
bémlions communales et dans les comptes
communaux les mentions de dépenses rela-
tives^ à rinstruetion publique. Matières et
objet de renseignement. Méthodes em-
ployées*
IQ" Etudier laction des humanistes dans
les provinces du sud-ouest de la France au
XV^^et au XVP siècle.
n^Uecueillirles renseignements qui peu-
vent jeter de la lumière suri état du théâtre
et sur la vie des comédiens en province de-
puis la r\etmissance.
18'^' Enidier comment et sous quelles for-
mes le^ nouvelles politiques et autres, de
la France et de Tét ranger, se répandaient
dans fes ditié rentes parties du royaume
avant la hn lIu XVIl' siècle.
11*** Indiquer quel a été le sort des archi-
ves de Tancienne intendance de Languedoc
et du celle de Mon Eau ban, de manière ù en
reconstituer Fensemble et à montrer quelles
ressources ce qui en reste a pu fournir et
surtout pourrait fournir actuellement pour
l'Iiiatoire de l'administration locale et des
rapports de cette administration avec le
pouvoir royal ou avec les ministres.
tJO" Rechercher, d après un ou plusieurs
exemples particuliers, comment furent or-
igan iscs et comment fonctionnèrent les as-
semblées municipales établies conformé-
ment il redit de juin 1787.
21' Etudier les délibérations d*une ou de
plusieurs municipalités rurales pendant la
Révolution , en mettant particulièrement en
iutnière ce qui intéresse Thistoire générale.
T^^ Etudier, dans un département, dans
un district ou dans une commune, le fonc-
tionnement du gouvernement révolution-
naire institué par la loi du 14 frimaire
au IL
23"* Rechercher j d'après les documents des
archives départementales et communales,
quelle fut laconlributiou des départements
et des communes du midi pyrénéen a la dé-
fense nationale pendant ta Révolution.
l'acadëmie nationale. 424
Section d'archéologie
I. — Archéologie préromaine.
l"" Faire, pour chaque département, un
relevé des sépultures préromaines en les di-
visant en deux catégories : sépultures par
inhumation, sépultures par incinération.
(Etudier particulièrement cette question
pour la région du Sud-Ouest, en se référant
comme point de comparaison, à un mémoi-
re sur les sépultures du Gard publié dans
le Bulletin archéologique de 1898.)
2^ Signaler dans chaque arrondissement
les monnaies gauloises qu'on y recueille dis-
persées isolément sur le sol.
3^ Etudier les monnaies dites à la Croix
(imitations de Rhoda) ; dresser le relevé des
trouvailles qui en ont été faites ; détermi-
ner les régions où ce type a été imité et eo
classer les variétés et les dégénérescences ;
préciser les limites géographique extrêmes
de ces imitations en Gaule.
4** A-t-ou trouvé des monnaies d'or gau-
loises dans la région comprise entre les Cé-
vennes, les Pyrénées et l'Océan ? Dresser le
relevé de ces découvertes et le catalogue de
ces monnaies.
5"" Etudier les monnaies ibériques qu'on
trouve au Nord des Pyrénées et dans la
Narbonuaise,tant celles qui y ont été frap-
pées que celles qui y ont été importées par
le commerce.
II. — Archéologik romaine.
0° Etudier les divinités pyrénéennes d'a-
près les monuments figurés et les monu-
ments épigraphiques. Signaler ceux de ces
monuments qui seraient encoi^e inédits.
7" Signaler en France et dans l'Afrique
française les mosaïques antiques ou du
moyen âge non relevées jusqu'à cette heu-
re et dont on possède soit les orginaux, soit
d'anciens dessins.
(On conserve dans les musées de provin-
ce des mosaïques ou fragments de mosaï-
ques qui n'ont pas encore été signalés ou
publiés. Leur description accompagnée de
dessins ou de reproductions photographi-
ques peut avoir un réel intérêt scientifique.)
8^ Rechercher tes centres de fabrication
^^^mm
425
VARIKTKS.
4?C
la céraïuiquo dans la Gaule et dans l'Afri-
que ancienne ; voir si les anciens éublisse-
roenls de potiers n'ont pas survécu à Tépoque
antique et persisté à travers le moyen âge.
Dresser la liste des noms de potiers ins-
crits sur les vases ou fragments de vases lam-
pes et 8tatuettes,conservés soit dans les mu-
sées, soit dans les collections privées.
9^ Etudier les pierres gravées inédites qui
se trouvent, en France, dans les musées, les
trésors d'églises ou les collections particu-
lières. En faire connaître les sujets, les ins-
criptions, les dimensions et la matière.
Comprendre dans ces relevés les pâtes de
verre antique qui étaient des reproduc-
tions des pierres gravées. Etendre cette re-
cherche au moyen âge et à la renaissance.
(Cette étude devra éire accompagnée des
empreintes des pierres gravées,de préférence
à des dessins ou à des images quelconques.)
Ky* Signaler les fouilles ou découvertes
récentes dans la région du Sud-Ouest.
III. — Archéologie du moyen âge.
Il** Signaler, par département, les sour-
ces ou les fontaines qui ont été au moyen
âge ou sont encore de nos jours un objet de
dévotion ou un lieu de pèlerinage. Indiquer
le saint sous le vocable duquel elles sont
placées, les jours et les cérémonies du culte
qui s*y pratique, etc. Mentionner les mon-
naies et autres ex-voto qui ont pu y être re-
cueillis à diverses époques. Examiner si ces
coutumes pieuses ne sont pas des survivan-
ces antiques.
i2^ Etudier les monnaies féodalesdu Sud-
Ouest de la France, surtout à l'aide des docu-
ments d'archives ; faire connaître ces docu-
ments qui seraient inédits et les commenter.
13** Etudier et décrire les poids des villes
du Midi de la France au moyen âge ; re-
chercher ceux de ces monuments qui ne se-
raient pas encore déposés dans des musées.
14'' Etudier et rechercher les jetons frap-
pés pour les Etats du Languedoc.
15'' Dresser la liste, avec plans et dessins
à Tappui, des édifices chrétiens et des mo-
numents sculptés d*une province ou d'un
département réputés antérieurs à la période
romane.
hi" Etudier les caractères qui dîsUnguenl
les diverses écoles d'à rclii lecture religieuse
à répoque romane, en ^'attachant à mettre
en relief les éléments constiiutifs des monu-
ments (plans, voûtes, etc.).
(Cette question, pour la traiter dans son
ensemble» suppose une connaissance gêné-
rate des monuments de la France, qui ne
peut s'acquérir que par de langues études
elde nombreux voyages. Aussi n'est-ce point
ainsi que fe Comité la comprend. Ce qu'il
désire, c est provoquer des monographies
embrassant une circonscription donnée, par
exemple un département, un diocèse, un
arrondissement, et dans lesquelleson plisse-
rait en revue les principaux menu menu
compris dans cette circonscription, non pas
en donnant une description détaillée de cha-
cun d'eux, mais en clierchanL à dégager les
éléments caractéristiques qui le^ distinguent
et qui leur donnent un air de famille. Ain-
si, on rattacherait à reconnaître quel est
le plan le plus fréquemment adopté dans la
région ; ile quelle façon la nef est habituel-
lement couverte (charpente apparente,voù-
teen berceau plein cintre ou brisé, croisées
d'ogives, coupoles! ; comment les bas Ciîtoâ
sont construits, s'ils sont ou non surmontés
de tribunes, s'il y a des fenélrcs licluiraru
directement la nef, ou si le jour n'entre
dans l'église que par les ienétr(^s des bas-
cûtés ; quelle est ):t forme et la position des
clochers ; quelle est la nature des maté-
rîatïx employés : enfin, s'il y a un style d'or-
nementation parLtculier, si certains délai h
d ornement sont employés d'une façon ca-
ractéristique et constante, etc.
17" Rec[ierch6r,dans chaque département
ou arrondissement, Iss monuments de Tar-
chilecture militaire en France aux diverses
époriues du moyen âge. Signaler les docu-
ments historiques qui peuvent servir à en
déte rm i r»er la date, Acco m pagner les comm u -
ninalions de ce genre de dessins et de planai.
18** Signaler, dans chaque région de la
France, les centres de fabrication de l'or-
fôvrerie pendant le moyen ùge. Indiquer
les caractères et tout spécialement les mar-
ques ei poinçons qui permettent d'en dis-
tinguer les produits.
427
iOORNAL MENSUEL N I'ACADÊMIE NATIONALE.
428
(Il existe encore dans un grand nombre
d'églises, principalement dans le Centre et
leMidi, des reliquaires, des croix et autres
objets d'orfèvrerie qui n*ont pas encore été
étudiés convenablementi qui bien souvent
même n'ont jamais été signalés à Tatten-
tion des archéologues. Il convient de re-
chercher ces objets, d'en dresser des listes
raisonnées, d'en retracer l'histoire, de dé-
couvrir où ils ont été fabriqués, et, en les
rapprochant les uns des autres, de reconnais
treles caractères propres aux différents cen*
très de production artistique au moyen âge.)
19* Recueillir des documents écrits ou
figures intéi'essant l'histoire du costume
dans une région déterminée.
(Au moyen âge, il y avait dans beaucoup
de provinces des usages spéciaux qui in-
fluaient sur les modes. Ce sont ces particu-
larités locales qu'on n'a guère étudiées jus-
qu'ici. 11 serait intéressant den rechercher
la trace sur les monuments.)
20* Signaler les ciirrelages de terre ver-
nissée, les documents relatifs à leur fabri-
cation et fournir des calques des sujets re-
présentés.
IV. — Archéologie orientale et
HÉBRAÏQUE.
21* Rechercher les épitaphes, inscriptions
de synagogues, graffites en langue et en
écriture hébraïques qui n'ont pas encore
été signalés ou ont été imparfaitement pu-
bliés jusqu'à présent.
22* Signaler et décrire les objets et mo-
numents orientaux,égyptiens,assyriens,etc.,
qui se trouvent dans les musées publics et
dans les collections privées de la région du
sud-ouest ; faire l'histoire, et s'il se peut, le
catalogue du beau musée égyptien de Tou-
louse.
••otion des aolenees économiques et tooialet.
1* De la classification des phénomènes so-
ciaux.
2* Des effets sociaux du baccalauréat.
3* Le régi me dotal, ses avantages et ses in-
convénients ; les régions oiiii prévaut et les
modifications qu'il pourrait comporter.
4* Y a-t-il lieu de modifier les dispositions
u Gode civil et des lois fiscales qui gênent
la liberté de la composition des lots dans les
partages ?
5* Étudier, en elle-même et dans les appli-
cations législatives et pratiques qui en ont
été faites en France et à l'étranger la ques-
tion du warrantage des récottes.
6* Exposer dans quelle mesure et sons
quelles conditions il est permis, en France
et à rétranger, d'employer les tonds et U
fortune personnelle des caisses d'épargne à
la construction d'habitations à bon marché.
7* Exposer l'étendue des pouvoirs exercés,
dans le Languedoc, par l'intendant de justi-
ce, police et finances, notamment en cequi
concernait ses rapports avec les États de la
province.
8* Étudier l'étatde la population, les nais-
sances, les mariages, les divorces et les mi-
grations dans une commune de France, pen-
dant la période révolutionnaire fl7S9 à 1801).
9* Rechercher, dans une région delà Fran-
ce,quet a été, depuis le xv* siècle, l'effort de
la population rurale pour acquérir la terre.
10* Étudier, dans une ville ou dans une
commune, les changemenf s survenus dans le
taux des salaires d'une certaine branche du
commerce ou de l'industrie depuis 1850.
llo Quelles sont les charges comparées de
la fortune mobilière et de la fortune immo-
bilière en France ?
12* De l'influence que certains impôts
peuvent exercer sur le développement delà
population.
13* Étudier, d'après un exemple particu-
lier, le fonctionnement d'une administra-
tion de district dans le midi de la France
(1790-r/95).
14* Esquisser l'histoire d'une école cen-
trale, d'un lycée oud'un collège communal.
15* Retracer, au point de vue économique
et juridique, l'histoire d'une exploitation
minière dans Taiicienne France.
16* Étudier le commerce des métaux pré-
cieux et la circulation métallique aune épo-
que précise ou dans une région déterminée
de la France, avant 1789.
Seotion dea aoionoea.
1* Des gisements de phosphate de chaux.
Fossiles que l'on y trouve.
j
429
2* Minéraux que Ton rencontre dan» la
région pyrénéenne. Examen spécial des gi*
seroenU de ces minéraux.
3^ Élude des sources thermales françaises.
4'' Du mode de remplissage des cavernes.
5"* Régime des cours d'eau. Inondations ;
alluvions.
6*" Recherche de documents anciens sur
les observations météorologiques en France
et sur les variations des cultures.
l*" Agriculture dans le sud-ouest de la
France.
8*" Répartition des Salmonidés dans le bas-
sin de la Garonne.
9^ Monographies relatives à la faune et à
flore des lacs français.
lO"* Faune et flore des eaux souterraines.
IP A quelles altitudes sont ou peuvent
être portées, dans les Pyrénées et le Massif
central, les cultures d'arbres fruitiers, de
prairies artiflcielles, de céréales et de plan-
tes herbacées alimentaires ?
12* Photographie des parties invisibles du
spectre. Résultats obtenus et proposition de
méthodes nouvelles.
13* De l'action des différents rayons du
spectre sur les plaques photographiques
sensibles. Photographie orthochromatique.
Plaques jouissant de sensibilité comparable
à celle de l'œil.
14* Recherches relatives à l'optique pho-
tographique et aux obturateurs.
15* Recherches sur la préparation d'une
surface photographique ayant la flnesse de
grain des préparations anciennes (collo-
dion ou albumine) et les qualités d'emploi
des préparations actuelles au gélatino-bro-
mure d'argent.
16* Étude des réactions chimiques et phy-
siques concernant l'impression, le dévelop-
pement, le virage ou le fixage des épreuves
négatives et positives. Influence de la tem-
pérature sur la sensibilité des plaques pho-
tographiques, leur conservation et le déve-
loppement de l'image.
17* Études astronomiques et météorologi-
ques par la photographie.
18* Recherches sur les méthodes micro-
photographiques ; applications notamment
aux études histologiques et médicales.
VARIKTBS. #9
19<^ Perfectionnements à apporter aux mé-
thodes stéréoscopiques .
20* Les sdnaloria d'altitude elles sanato-^
ria marins.
21* De la constitution chimique et micro-
graphique de l air Jors des épidémies.
22* Des moyensde cantrôle pouvant as-
surer la salubrité et T innocuité des substaD"
ces alimentaires.
23*Deractinoraycose, sori développement
et les divers traitemeols de celle maladie.
24* Des épidémies d€ peste otdeâ mesu-
res prophylanliques*
25* Des moyens les plus pratiques d'à a*
surer la désinfection dans les petites loca-
lités et les campag^nes à la suite des mala-
dies infectieuses,
26* De la survivance de la lèpre dans la
région pyrénéenne. Modalité sous laquelle
elle se présente.
Section de géographie htetorî^fue «t
detcrfptive.
1* Signaler les documents géographiques
manuscrits les plus intéressants textes et
cartes) qui peuvent exister dans les biblio-
thèques publiques et les archives dépari e-
mentales^ communales ou particulières du
Sud-Ouest de la Krance. — Inventorier les
cartes locales anciennes, manuscrites et im-
primées ; cartes de dioDèse, de provinces^
plans de villes /etc.
2* Faire connaître les procédés employés
par les anciens géographes. Mode de pro-
jection ; graduation ; trait^ écriture, teinte
des cartes ; échelles ; roses des vents ; \\{^\i-
ré des reliefs ; morle d'impression, 6tc>
3* Dresser des cartes montrant la distri-
bution géogi'aphiqua des dépôts alluviaux,
cavernes, abris sous roches, etc.» du Lan-
guedoc ayant renfermé d^ restes de Tliom-
me à l'épociue ijuartenaire ou des statioiï^,
ateliers, monuments funéraires, etc., de
Tâge delà pierre polie i de T^ge du bronsc^
ou de l'â^e du ter de la même région.
4* Rechercher les noms de lieux- dits don-
nés aux oppidums et aux localités contenant
des vestiges d'habitations antiques, alin Je
voir s'il n'y en aurait pas qui rappelleraieMi
des dénominations d origine ibérique.
431 JQtMJVAL MENSUEL DB
5* Déterminer les linaites et dresser des
cartes des ancieiHies circonscriptions diocé-
saines, féodales, adminiâtratives, etc., de la
région du Sud-Ouest de la Fiance.
6** Compléter 'a nomenclalure des noms
de lieux en relevant le^ noms donnés par
les habitants aux divers accidents du sol
(montagnes, cols, vallées^ etc.), et qui ne
tigurcnt pas sur les carte.s.
7* Rechercher les lormes originales des
noms de lieux et les comparer à leurs or-
tlio^Taphes oflici elles (cadastre, carte d'état-
ma]oi%almanach des posles^cachets de mai-
rie, etc.]
8* Voies anciennes à travers les Pyrénées
(roules dt; cura mu uication. routes de pèle-
rinage ci chemins de transhumancei.
9' Etude particulière de la région des
Gausses, avens, grotles, cours d'eau souter-
rains, etc.
10' Recherches sur les placiers, les mo-
raines elles lacs de la région pyrénenoe. —
Formation des ciiques.
11" Altitude maximum des centres habi-
tés^ depuis les it^mps les plus anciens, dans
les Pvrénérs.
L'âCADÊMIE NATIONALE. 432
12* Recherches sur les marées du Golfe
de Gascogne. — Courants littoraux, leur
force et leur direction pendant les périodes
de calme et de coup de vent.
13* Modifications anciennes et actuelles
des côtes du Golfe de Gascogne. — Forma-
tion des dunes et des étangs littoraux. —
Landes, forêts sous-marines, etc.
H^Délimiter comparativement une forêt de
France,au moyen âge et à Tépoqne actuelle.
l&* Etude hydrographique du bassin delà
Garonne. — Tracé et régime. — Donner en
particulier les raisons du tracé des cours su-
périeur de TAriège et de celui du Tarn
dans la traversée des Causses.
lO" Causes de la dissymétrie du profil des
vallées des aflQuents de la Garonnne qui
coulent sur le cône de Lannemezan.
W Signaler les progrès accomplis dans
l'étude géographique des colonies françai-
ses ou des pays de protectorat.
18<^ Biograpliies des anciens voyageurs et
géographes français.
19^ Missions scientifiques françaises à fé-
tranger, antérieures à la création des Archi-
ves des missions scientifiques et littéraires.
NÉCROLOGIE
*^. A, HARDON
Nous avons le profond regret d'enregis-
trer leilécès prématuré de M*Alphonse-Eu-
gène Hardoih, pi'ésid<^nl de notre Comité
d'Agriculture et membre de notre Société
depuis 1876, mort le 21 août dernier, en
son château de Courquetaine (Seine-et-Mar
nejjà l'âge de 40 ans.
M. Hnrdon était ingéEïieur des arts et ma-
Jiufactures, membre du conseil supérieur
de l'agricullurej secrétaire général honorai-
re de la société des viticulteurs de France,
ancien conseiller général de Seine-et-Mar-
ne^ président de la délégation cantonale de
Tourna ïij maire de la commune de Cour-
quetuiiie, chevalier de la Légion d'honneur,
officier d'Académie et chevalier du Mérite
Propriéiaire d'un grand domaine agrico-
le dans le département de Seine-et-Marne
et de vastes vignobles dans le Midi de la
France, M. Hat*don dirigeait lui-même ses
exploitations, y appliquant d'une façon su-
périeure toutes les données des sciences
agt*OQomiques qu'il possédait au suprême
degré. Les plus hautes destinées semblaient
réservées à M. Hardon, en tant que repré-
sentant du monde agricole ; mais le destin
n'a pas permis Taccomplissement de ces
destinées, et c'est au moment du plein épa-
nouissement d'une carrière déjà si brillante
dans le passé, que la mort est venue la briser
d'une façon aussi brutale qu'inattendue !
Nous adressons à la famille de M. Hardon
riiommage de nos plus respectueuses con-
doléances.
agricole.
Le Directeur-Gérant, Rédacteur en Chef, Eugène THIÉRY
CLEllMONt (Oliii;)i - IMPRIMEniE DAIX FRÈRES, PLAGE SAINT-ANDRÉ, 3.
JOURNAL MENSUEL
DE
L'ACADÉMIE NATIONALE
AftfilCOLE, HANUFACTIIRIME ET COllEfiCliLE
es* Annàe. - OCTOBRE 1898,
SOMMAIRE
AGRICULTURE. — La rfcoTu du ble en France. — Moy«ni de rendre àU propfiifU sja vaTeur et iefl r<vciiu« à'êu-
Treroî^, ^:um)iaL]iiiL-uiiûn Je M. J«an Lefor««t{«r»
DISTINCTIONS HONORlFlOtlES aoci^rdéH aux MviTibrei ila l'Aûadémla Nation Bla.
INDUSTRIE' — Vnirurc^ uutoiimbik!(. de MM. Brouhot «t CJa. u Vier,£OEi ^Chcrj. -~ Lb locomolive éîrclriqa«t avi!»-
terne Mailman, —Le* vJitmiri* de 1er à crémaUkMeH — Le^ tuv^ges âû puiis nriéHen ea ALgérû.
EXtKlSITIONS ET CONCOURS. — EtposUion de 1900. (Renseîgncmcnis divers.) — Exposition de Dïjun. — Ex-
po»ition Je Kochefori. (SFir;i*H/
PRODUITS ALIlilENTAmES. — Lu Hqiieur CAjr/rvN.Ti%
COStlHCflCE. — Le commerce exiL-rieur de lu fraakie en uoûL. ^— Le commerce eilèrieur de \i Siiiasc.^ — Le coiii-
mcrcc delà République Argentiav^ en 1897.
BIBLIOORAPHIE. ^ Les Sfarqtti^x françaiseit.
AGRICULTURE
LA RECOLTE OU BLE EN FRANCE
Le Bulietin des Halles a publié son eati-
mation de la recolle du blé en France et
dans le monde.
Pour la France, notre confrère évalue la
récotte, cette année, à 123.415.800 hecLoli-
tres, crjnlre8.S.rj5fî.8O0 hecLoIitrea en 1807,
ctiilîres orïiciels provisoires ; c'est donc unfî
augmentation de 31. 35H. 910 hectolitres sur
Tan née dernière et de 17. 184. Or*t? hectolitres
sur la dernière production moyenne décen-
uale, qui est de 105,030,8 18 hectolitres. Le
poifls spécitique moyen élant de 76 kilog.
IjO, le rendement en poids ressort ù 94,980.
7l»(t quifitaux, qni, au taux d'extraction dtî
70 0;o, donnent Oti.lS(î,530 fjuintaux do
fariuc.
D'autre part, notre confrère évalue la pro-
duction dans le monde à 957,400.000 hec-
tolitres contre 81 1^, 800.000 hectolitres Tan
ticrnierf soit une augtnentation de 144 mil-
lions 000.000 hectolitres. Les importation.^
universelles étant estimées ù 140,800.rïûO
hectolitres et les exportations à 195.5u0.Û00
hectolitres^ il y aurait par suite, dans le
mouvement général du blé, pendant la cam-
pagne actuelle, une balance en faveur des
exportations de 54.700,000 hectotitreSi dont
la majeure partie servira à reconstituer les
stocks généraux très épuisés partout k la
S'jîte de la récolte déficitaire de Tan dernier.
Un autre journal spécial le Marché fran-
çais a évalué la recolle du blé en France a
140,550.000 hectolitres. Mais cette évalua-
tion ^ semble fortement exagérée, malgré
Taccroissement reconnu dans les étendues
de terrains cultives en blé.
Enfin, de son côté, te ministère de lagri-
culture a publié postérieurenieul l'évalua-
tion ofllcielle de la récolte de blé, se résu-
mant dans les chitfres suivants :
435
SuperJkic ensemencée, m hectares*, . «ï,8â2,r>S0
\ Kn liprtolitrei* UlM:M),2iù
JOUANAL HENSVEL DE L'ACADEMIE NAnONALE. 436
laire, lequel ne sait plus commeot en tirer
Hendemonl
I Kn ijuidlniîx.., 100.106. lîa
On voit que Veslimalion de 13L050.220
hectolitres constitue, sinon une moyenne,
du moins ;;n chilfrfs intermédiaire enJre
Kevaluation du BuUetindcs Hailes et cf*Uc
d u Ma rch éft a n ça is ,
U ressort, dans tous les cas, de toutes ces
ëvHh'âtions^ que la récolte de lilé de catte
année peut vire regardée comme très satis-
faisante.
Ubservon* aussi que le ministère de l*a-
gricutture admet pour cette anirée un ren-
dement moyen par hectare de 10 hectolitres
10, et un poids moyen d environ 77 kilog.
pour riiectoljtre.
Le rendement moyen par hectare n'avait
été évalué qu'à 13 heciolitres 20 Tannt'e
dernière.
nappelonsqtie.pourlesquaue années pré-
cédentes, les slatiâtiqu es orijcielles du minis-
tère de fagrfculture admettent comme dé-
liai tifs les chitfres suivants:
^IWcoJti".
IS37-
imt.
0.f*S3.77fi R1.1.IKKI.QS8
7.00l,6t!y JI&.&37.745
^ï-g-.! 1.441* U^.*i0,ÏO7
lï2.60e.743
ï^i.4^3.69e
î*3j>71.45'J
MOYENS DEPENDRE A LA PROPRIÉTÉ
SA VALEUR
ET SES REVENUS D AUTREFOIS
Communication de M. Jean Li'foiïkstiï^ir,
tu Journal de l'Agriculture.
Depuis lon^^lempsj Tagricullure est en
souffrance, et un relèvement suffi San test près*
que impossible. Les moyens faciles de com-
munication qui constiluent aujourd'hui le
marché européen en arrêtent raction,et il en
résulte qu'un cerlain nombre de nos ter-
res, qui Tte sont que de deuxième qualité,
restent sans culture,et perdent leur valeur ;
si bien que la propriété n'est plus aujour-
d'hui qu'une lourde charge pour le proprié-
parli.
Il est aujourd'hui impossible de cultiver
avantageusement les céréales sur nos peti-
tes terres en raison du rendement insufli-
sant. Cest pourquoi nous ne trouvons que
bien difficilement des fermiers, qui ne nous
offrent pas toujours la sécurité demandée.
Il ne faudrait pas croire cependant que
ces terres sontdénuées de tout rapport, elles
ont leurs propriétés, et c'est à l'homme de
savoir reconnaître, utiliser celles-ci, et non
de persister à les livrer à une culture qu'el-
les ne peuvent produire que bien médiocre-
ment.
Autrefois, temps qui n'est pas bien recu-
lé, toutes ces petites terres étaient boisées,
en mauvais boisements, il est vrai ; ce a est
que dans les trente premières années de ce
siècle, époque à laquelle Tagriculturc com-
mençait à devenir florissante, qu*on remit
ces terres en culture. Celles-ci, par suite
d'un long repos, et avec la grande quantité
d*humus que ces boisements lui avaient
fournie, devinrent des terres de grandes
productions, mais aujourd'hui leur épuise-
ment est si grand qu^elles demandent à re-
tourner en boisements pour se reposer. Cet-
te situation est tellement généralisée qu'en
date du 4 mars dernier, la Société desagri-
culteui*s de France, en séance, a rédigé
une adresse demandant au gouvernement
que toutes les terres non en culture soient
totalement dégrevées d'impôts. C*est bien,
mais cela ne peut que les discréditer, et ne
tour donne pas les éléments de3 revenus
que nous désirons.
C'est à partir de ce moment que com-
mença la désertion ouvrière de niî c» m-
munes rurales, dont la cinquième partie
de la population était occupée pendant les
SIX mois d'hiver à Tentretien et à l'exploi-
tation de ces bois, et le reste de l'année au
travail des champs. Les bois ayant disparu,
la situation est changée et les ouvriers se
sont vus obligés d'émigrer. Mais le jour où
ion aura reconstitué intelligemment des
boisements franchement rémunérateurs, et
j'ai la prétention d'en donner les moyens
efficaces, une grande partie de ces familles
437
AGntr.ULTnni?,
seront heureuses de rentrer aux vieux fo*
yers de leurs pères, où elles trouveront
physiquement et moralement un bien-ôtre
supérieur à celui des villes et des faubourgs,
Pour rétablir réellement la situation,
pour relever la propriété à son ancienne
hauteur, il faut donner à ces terres les élé-*
ments nécessaires à leurs convenances, sui-
vant la nature du sol, afin qu'elles nous
produisent des revenus importants et sûrs,
fixés sur une base sérieuse. Puis, lorsqu'on
aura obtenu d'elles ces avantages, nous pos-
séderons une grosse richesse.
J'afBrnle que seule la culture forestière
doit être utilisée dans nos terrains de deu-
xième qualité. Je veux parler d'une cultu-
re forestière bien comprise, bien établie,
bien administrée, constituée essentielle-
ment de bois propres à l'industrie, de ven*
te facile, élevés en lutaie. C'est là le vrai
moyen eilicace de relever la propriété et se^
revenus.
Il est vrai que rétablissement d*un boise-
ment bien constitué, bien planté, suivant la
demande du sol, est coûteux à établir ; il
est encore vrai qu'il fdut attendre quinze
ans pour en toucher les premiers revenus.
Mais une fois là, on a un capital de haute
valeur et des revenus proportionnels que
rien, absolument rien, ne peut altérer pen-
dant une période de cent trente à cent cin-
quante ans. C*est ainsi qu'un chef de famil-
le peut assurer à sa génération une fortune
positive.
Cette culture s'impose aujourd'hui, non
seulement en raison de notre situation agri-
cole, mais aussi parce que nos forêts de
r£tat s'épuisent bien sensiblement, etbien*
Uît elles seront dépourvues de bois propres
à l'industrie. Il en est de même des boise-
ments particuliers. Cela est si vrai, qu'au-
jourd'hui les principaux industriels fran -
çaia vont s'approvisionner à l'étranger, en
Allemagne particulièrement, pour les bois
d acacia, Jusqu'aux merrains que la tonnel-
lerie bordelaise va chercher en Autriche.
En France, nous n'avons pas l'amour de
celte belle et fructueuse culture, le peu de
boisement qui existe est fait sans discerne-
ment, sans principe) sans direction, en ne
tenant aucun compte de la valeur du pro-
duri du ne cf^sence comparée û one autre
et dfâ résnkats qu on peut en obtenir. On
ne connaît pfis l'importance d'une planta-
tion correctement faite sans nudité.
On pface un plant en terre sans aucun
préparatîf, puis on Tabandonne h lui-mil^me*
Aucune main înlelligente n est là pour Tai-
'3cr à se développer, si ce n^e^l celle du
bûcheron rjui vient, par un recépoge des plus
défectneux, retirer le maître produit de
i(uîii/c ou dix-huit années do vëgélation.
Voilà où l'on en est encore sur la cullure
forestière.
r.es bafsement* corr^^ctemont hiH en es»
sGUf^ea propres à rimlustrie sont des plus
remnnéraleurs et des plus agréables. Une
fois formes, ils viennent seuls, sans qu'au-
cun imprévu fâcheux ne puisse surgir, et
on a l'avantage de se constituer de belles
chasses. C'est une question qui doit non
seulement attirer rattention générale, mats
aussi intéresser directement tous les pro-
priétaires de terrains de qualité inférieure^
devenus aujourdliui sans valeur et sans
revenus.
De tontes les bonnes essences forestières
(|oe nouîs pouvons cultiver avantageusement
pour rindustrie^letles que lediéne, Torme,
i^érable, Tacacta, le çlaâtaignerJefrêneJe
peuplier, c'est incontestablement J'Bcacia
commun {Robi nia ps0ud0-acacia\ qui* éle-
vé en futaie, nous donnera les meilleurs ré-
suUatâ. AvecccUo essence, quoi qu'il arri-
ve, on n aura jamais de mévente, et on
peut baser son revenu moyen à 15 fK)ur 100^
comme Je le démontre plus loin.
L'acacia a Tavantaged étroun de nos plus
vigoureux forestiers, dénuéiiotoulessuscep-
tibilités ; c'est le plus beau et le plus dur de
nos boi^ d'industrie, sans aubier, des plus
résistants à l^iumidilé, entièrement fart à
Tûge de 15 k 18 ans, époque à laquelle il
rloit être recépé, tandis qu'il faut au cliétie
70 à 80 ans pour acquérir toutes ses quali*
lés.
L'acacia est très reclierclié et à des prix
élevés pour 1 e e h a r l'O n ri a ge e t la ea r rosier ie ,
pour le^ tourneurs, pour le:^ treillages et po-
teauiL^ pour l'éclialas^^emeot de nosvignO"
439 lOCRNAL MKNSUKL M
bles, et quand nous le posséderons en quan-
tité, il remplacera avantageusement le chê-
ne sur nos voies ferrées, dans tous nos tra-
vaux hydrauliques, et il pourra nous pro-
duire d'excellants merrains.
Daprès mon principe, qui est des plus
pratiques, les plantations forestièresdoiveQt
être faites sur de bons alignements et espa-
cés les uns des autres sur toutes faces de
Im. 00, soit environ 4,000 pieds à lliectare^
c'est ladistance nécessaire pour de sembla-
bles boisements.
Les plants destinés à ces plantations doi-
vent être d'un choiiL spécial, plant^U dans
des trous faits k Tavance de 0 m, 40 au car-
ré sur Om. oOde profondeur, û la condition
toutefois que le sol le permette, car il serait
préjudiciable de fouiller un mauvais sous-
soL Si la plantation a été ititellf^'^mment
faite en temps et moments favorables au sol,
si les plants n'ont uu ii supporter aucune
avarie depuis le moment de la dcplanlation
jusqu'à celui de la plantation, la réussite
est assurée pour 00, sinon pour TPapour IOi>.
Je vais main tenant démontrer les résul-
tais pratiques de cequo j'avance par l'exem-
ple d'un placement dotal.
L'LicqulsîUon rt'uno terre ou d une fer-
ïiie^ d'ime corUi^nancii de jO tieotar^'S
est fîiitt* nujourd'kuL dans 1h pLupiirt
des dt'parkrmenlsaa prix maximum di? 35.000
Frais f^i'ïiéraiix pour y ranstituer un
boisemt^nt curt'ectemeiU fait et mis eu
futnii^ iucfuel coûterait (tfaraulie i/n
maiuj J.OOO fr, l'hectare 50 000
Jnti'iVI^ à 4 % pondant 15aus du lu
somme de ^5.000 fr. âl .000
La propHt'léT jiistjtraa Jour de sa
production, eoiMe : 13iï.00i>
U n'est pas question d'imputs. puisque
Us terrains boisés sont dégrevés pendant
trente ans.
Suivant ma culture simple et pratique,
qui consiste à recéper en temps voulu, et à
laisser au moment de la végétaiion sur cha-
que pied coupé une ou de^ux tiges, suivant
sa force, on aura sur cette propriété une
moyenne de 300 ^ÛW arbres en beau bois
d'industrie dont Texploitation n'est pas dé-
saiïréablc, puisqu'il est enlevé en grumes.
L'aGADIUiIB MATIONALK.
410
Et cela durera ainsi pendant toute Teiisten-
ce de ce boisement, c*est-à-dire plus de cent
cinquante ans.
On peut considérer le prix moyen de 3 fr.
pour chaque arbre à l'âge de 18 ans ; mais
dussioDs*nous le réduire à 1 fr.50run, soit
450,000 fr., il ressort que noire propriété,
qui nous revient aujourd'hui à 136,000 fr.,
nous a produit en dix-huit ans 450,000 fr.
Il convient de diviser les coupes en neuf par-
ties égales, si non en dii-huit, et nous au-
rons tous les deux ans un revenu de 50,000
k 55,000 fr., ou 25,000 à 28,000 fr. par au,
avec un capital de 136,000 fr. , que rien au
monde ne peut altérer.
Viennent ensuite les essences suivantes,
qui, elles aussi, constitueraient de jolies fu-
taies qu'on pourrait également recéper tous
les dix-huit ans ; mais étant de vente moins
facile, elles sont, par ce fait, moins rému-
nératrices.
l'our cent.
L'Orme commun, élevé en futaici
peut produire 6 à 10
Le GhAtaitfiiier, élevé en futaie, sur
un sol spécial 0 à 7
Le Frêne, élevé en futaie, sur un sol
spécial tî à 7
Le I^euplier, à l'Age d3 40 ans 6 à 7
L'Erable commun, peu difflcilc sur
lu nature du sol 5à 6
Nos muuvais taillis da bois variés,
produit moyen 3 ;\ 4
Nos sapiuières, sur un sol spécial.. 3 à 4
La terre proprement dite 2 à 2 i,i
Ces renseignements sont très exacts . Il n*y
a donc que les boisements bien constitués
qui peuvent relever la propriété et ses reve-
nus.
De la plantation de ces boisements. —
Un propriétaire pourrait-il confier avanta-
geusement à son personnel la direction de
la constitution d'un boisement de cette na-
ture ? Non, ce personnel ne sachant faire
directement, il ne peut diriger favorable-
ment ; donc les aptitudes nécessaires man-
quant, il ne peut résulter que de grandesdé-
ceptions dans l'ensemble de la réussite de
l'opération.
Une semblable responsabilité ne peut être
confiée avec sécurité qu'à un spécialiste, à
un pépiniériste qui, par sa situation d'entre-
411
AGRIGUUlJliE.
4W
preneur de ses plantations, vous fournira
toutesles garanties nécessaires. C'est lui qui
saura faire le choix de ses plants selon la de-
mande du sol, c est lui qui saura diviser cor-
rectement les alignements, et la distance éga-
le que chacun de nos futurs arbres doit oc-
cuper ; c*est lui qui, par ses aptitudes, par
sa vigilance, parses intérêts compromis dans
Taction, saura en fairela plantation en temps
et momeuLs favorables à la nature du sol, et
qui saura semettre en garde contre les éven-
tualités atmosphériques qui peuvent surgir
pendant lexécution des travaux.
De Vabatage de nos bois tel quil se pra-
tique, — J'ai dit plus haut que le recépage
de nos bois se faisait d'une façon des plus
défectueuses. En effet, le bûcheron cx)mmen-
ce son opération dabatage au niveau du sol,
en dirigeant sa cognée obliquement et ainsi
de suite tout autour de larbre. de manière
à en retirer le plus de bois possible ; c'est
bien i*avantage du marchand, mais que res-
te-t-il du pied de cet arbre après lui ? Rien
qu'une cuvette qui reçoit Teau tout Thiver
et dont la congélation avec les détritus qui
s'y amassent anéantit et fait périr les racines
du fond, c'est-à-dire les racines pivotantes.
11 en résulte qu'au printempssuivant, le pied
de ces arbres ayant disparu ou à peu près, il
se produit un maigre débouché de quinze à
vingt-cinq rameaux provenant des racines
latérales de surface, lesquels forment de
larges touffes abandonnées, dont on ne peut
retirer par la suite que du bois de charbon-
nage et des quantités de bourrées.
Ij^ recépage de chacun de nos arbres doit
être fait en deux traits de scie à 0 m. 15 du
sol, bien en face Tun de l'autre, de façon à
en obtenir une coupe propre sans éclats. En
mars suivant, lorsque nos coupes seront dé-
barrassées de tous bois, il est urgent de l'aire
passer en revue le pied de chacun des arbres
abattus,avec un outil tranchant quelconque
pour nettoyer le passage du trait de scie sur
la bordure des écorces du périmètre seule-
ment, et, au printemps suivant, on verra se
développer, sur chaque pied et non sur les
racines, douze à quinze jeunes rameaux de
grande v*igétation qu'on laissera en toute li-
berté d'action jusqu'en Juin, époque où on
devra pratiquer rëbourgeoiiiicment.
Alors, on réservera sur chaque pied une
ou liûux des plus fortes tiges et on suppri-
mera l'aJicalement toutes les autres. Au
moyen de cette opération en septembre sui-
vant, on aura une nouvelle génération de
jeunes arbres en futaie d'une hauteur
muyenne de quatre mètres.
Dans tous ces travaux de recépage qui ce
font successivement tous les quinze ou dix-
huit ans sur les boisements en futaie, les
plus grands ménagements devront être ai>-
porlês pour la conservation des pieds, des»
souches proprement dites, car ce sont eux
qui, par de bons soins, fourniront avec gé-
nérosité les générations successives durant
cent cinquante ans et plus.
Pour bien en comprendre riraporlance,
comparons le pied de nos arbres aux fonda-
tions d'un édillcc ; si les londations $onl
bonnes et bien entretenues, rédifice est soli-
de et durera longtemps \ ai le pied de nos
arbres est bien établi, bien entretenu après
chaque coupe, Il nous donnera de bons ré-
sultats.
J en conclus qu^après une plantation cor-
rectement faite suivant b nature du sol, il en
est de la culture forestière commedela cul-
ture fruitière et de la viticulture ; que 1 c-
bourgeonnement dont il a été parlé ci-^des-
sus. fciit en temps, est imiispensable : car
c'est lui le régulateur du travail qu'il faut
imposer à chacun de nos sujets suivant sa
force, et nous devons avouer tjue c'est de la
trop grande confusionque nait tedésordre.
— Il ne faudrait pas croire que 1 ébour-
geonnement indispensable dont j'ai parlé
soit onéreux. Je lai beaucoup fait et beau
coup fait faire; ajournées d'Iiomnie à Thcc-
tare m'ont suHi, à 4 Traites par jour, soit
une dépensa de l(j francs par hectare pour
chaque coupe ; il en est de même pour le
nettoyage du trait de scie.
%
443
JO0iir«AL MENfl0EL DB L' ACADÉMIE NATIONALE.
444
DISTINCTIONS HONORIFIQUES
ACCORDÉES AUX MEMBRES DE L'ACADÉMIE NATIONALE
A l'occasion cîeVKsposiUon de BtuioUcs, par décret en date du 23 septembre 1898, le
gi^arie iVOf/lder du Mérite Agricole a été conféré à ;
M, Simon (Albert-Eugène, constructeur de machines agricoles à Cherbourg, inventeur de
pltisieurs instruments afjricoles, titulaire de nombreux premiers prix dans les concours.
INDUSTRIE
VOITURES AUTOMOBILES
de MM. BftoittûT et Cie, à Vierzon (Cher)
(Extrait de la Chronique industrielle r}
Plusieurs fois déjà nous avons eu Tocca-
sion de parler d'automobiles, nous oonti-
iiuons aujourd'hui Tétude de cet intéres-
sant et pour ainsi dire înëpursablo sujet
par la description de la voiture de !a maison
HrouboL et Cie, constructeurs h Vierxon.
voiture dont îesolémenls principaux sont
représentés en plan par la tïgure ci-après.
Le moteur C est un moteur ù pétrole à.
ffuatre temps et à allumage ëlectrif|ue^ Cous
les organes en ?ont facilement démontables-
Dans Taxe delà voiture se trouvp le vo-
lant V portant un pignon d'angle F, ce der-
nier commandant la roue dentée E calée
sur Tarbre A. Un deuxième arbre B est pa-
rallèle au premier. Sur chacun des arbres A
etBse trouvent^ montés fous, quatre engre-
nages ; ces engrenages ont constamment
leurs dents en prise deux a deux, et le
moyeu de chacun d*eux porle trois dents
en trèfle.
Entre 2 paires d'engrenageîs il y a sur cha-
cun des arbres un manchon glissant sur un
carré ; ces manchons dépendent Tun de
lautre, ils sont reliés entre eux au moyen
d'une griffe I ; chaque manchon porte à
chacune de ses extrémités un trèfle corres-
pondant à celui du moyeu des engrenages.
Pour embrayer une vilessej il sufht de l'a ir
glisser les 2 manchons commandéâ par une
même griffe de manière à amener les trè^
fies à pénétrer les uns dans les autres. On
opère cette manœuvre au mojen d'uo seul
levier qui permet d'obtenir ainsi les qiiat re
vitesses.
Quanta la marche arrière elle s'obtient
au moyen de 2 engrenages J' et J" claveiés
sur les 2 arbres A et B et n'engrenant pas
Tun avec Taulre.
Dans un œrl ménagé snr la traverse H, pas-
se un petit arbre qui, pouvant glisser dans
cette ouverture, est commandé par le levier
des changements de vitesse ; il suffit de
faire glisser l'arbre dans son œil an moven
du levier pour amenei* le contact de J avec
J^ et J".
A Textrémilé de l'arbre B se troure le
manchon d'embrayage D commandé par
une manette placée sur le même axe qae le
volant de direction ; ce manchon porte un
pignon conique 6 commandant G' daTeté
sur l'arbre S. Sur cet arbre est claveté le
pignon droit T commandant Tengrenage T'
lequel est relié à Tessien W par un joint à
la cardan ; grâce à cette disposition l'essieu
peut prendre toutes les positions sans que
l'engrenage T' change de plan.
La position des axes S et W l'on par rap-
port à Tautre doit être inTariable ; pour ar-
river à ce résultat, à rextrëraité de Taxe S
sont placées, en U et U\ deux bielles \ dont
Tune des extrémités est articulée autour de
l'axe S, tandis que lautre extrémité porte
un œil supportant un coussinet en bronze
^^^ INDUSTRIE* 1^
à baîn d'huile dans letfuel Èourne Tessieu, I deux tourn)ons hori/ontaux, de cette façon
L'œil de la bielle est relié au coussinet par | la dialance dea axes S et W ne peut varier
et lesâieii peut prendre toutes les positions
nécessitées par une marche sur route.
L*6ssieu d'avant est monté sur un ressort
transversal et est maintenu en son mHteu
par tin tourillon pouvant ?e dépUcer verti-
calemenl dans une glissière; les deux extie-
447 IOUHNaL ll£NâU£L DE
mités rlu ressort ei de i essieu se meuvent
également dans une glissière ne permetUnt
aucun déplacement vertical) do sorte que,
quelle que soit la forme du terrain sur le-
quel le véliicule lonctionnera^ les quatre
roues reposeront toujours sur le sol, et il
ij'yaura pas à craindre de déformation dans
le radre.
Dans celte voilure, le différentiel a été
remplacé par un système d encliquetage
présentant toute sécurité et composé comme
suit : une couronne dentée extérieurement
lixée sur le moyeu de la roue et un plateau
lixé sur l'essieu ; ce plateau porte un axe
sur lequel est placé un cliquet a trois bran-
ches, la branche du bas est engagée dans
un logement pratiqué sur Tessieu, Quand
Tessieu tourne, le cliquet pivote autour de
son axe et lu ne des branches du haut, soit
que Ton marche en avant ou en arrière,
vient s'engager dansVun dfts vides laissés
entre chaque dent du plateau en enlraînant
la roue dans le mouvement de rotation.
Dans un virage, la roue extérieure prend
une vitesse plus grande ; la roue étant lui le
surlessieu, le cUquets'cllacc jusqu'au mo-
ment où» le virage fini, la roue extérieure
reprend la vitesse de l'autre roue ; le cli-
quet vient alors de nouveau en contact avec
une dent du plateau.
Les freins sont placés sur une couronrie
de bronze venue de fonte avec le moyeu ;
il va deux freins sur chaque couronne,
deux sont commandés par la manette du
manchon d'embrayage et les deux autres
par une pédale au pied ; en agissant sur les
quatre freins à la fois on arrête instantané-
ment.
Nous n'insisterons pas sur les avantages
des différents mécanismes que nous venons
de décrire ; mais nous croyons fermement
que la maison Rrouliot est parvenue à réa-
liser la un type de voiture qui sera aussi
avantageusement connu dans le monde de
lautomobilismeque le sont, parmi les agri-
culteurs, ses batteuses et ses locomobiles.
A. LoMnARD,
A. ^r M.
L*ACAbéMtK ffÀTlONÂLt^. 44H
LA LOCOHOTtVE ÉLECTRIQUE
SYSTÈME HEILMANN
On sait que la C^impagnie des chemins tie
fer de 1 Ouest expérimente depuis plusieurs
années un système de locomotive électrique
qui lui a été présenté par >L lleilmann.
Voici 3 sur cesystèmQj quelques renseigne-
ments précis empruntés à un article de
^^.PaulD^puy, dans la Revue pratiqua de
rélcctricité ;
ïi C'est en 1803-1804 que « La Fust'e -
fut essayée^ sur les lignes de la Compagnie
de rOuest : cette locomotive^ d'une puis-
sance de 600 chevaux, avait élé construite
pour vériJier Vexaclitude du principe émis
par rinventeur. Le succès fut complet et il
fut décidé que Ton construirait deux nou-
velles locomotives plus puissantes.
(^ sont ces deux nouveaux types de h
locomotive Hei l m atm. qu'on appelle loco-
motive n"2 et qui portent les n">Sl>01 elS0Û2
àlaCompagEitedelOuest^qui viennent d être
mis officiellement en essai sur les lignes et
nvec le concours des ingénieurs de cette
Compa^uïie.
P t ' in c ip e de ia loco mo ti ve élc c h ique J . -J .
HtUmann, -— Pour arriver à supprimer le^
inconvénients inhérents à toute locomotive
électrique automobUe (c est- à- dire celles
qui prennent 1 énergie élcctrif^ue sur un
rail conducteur!, il fallait produire, à cha-
que instant, l'éTîergie électrique, et Ton ét^iit
ainsi amené ù employer une véritable usine
produisant lenergie électrique et se dépla-
çant le long de la voie. C'est ce que Tiiiven-
teur a, le premier, réalisé. Sur une plate-
forme, suspendue par des ressorts, sont dis-
posés les organes suivants : une cliaudière
qui produjt la vapeur nécessaire à alimenter
la machine motrice à vapeur : cette machi*
Tie motrice a vapeur qui est la gt'oératrice
de l'énergie mécanique ; en (In les dynamos
appelées a produire lenergie électrique.
I*ar rintermndiaire d^in tableau oi d'appa-
reils spéciaux, le courant et envoyé à chacun
des moteurs filectriques, qui commandent
directement tes esî^ieux moteurs.
Ou voit que le principe est très simple.
mais la réalisation du problème; ainsi posé^
}\' • '
440
n'a pas été sans nécessilor de longues éludes,
car il fallait arriver à loger dans un espace
tr^s restreint tous les organes nécessaires :
On se rendra compte de cette difficulté quand
on saura que la machine à vapeur peut dé-
velopper 1.500 chevaux-vapeur. Une autre
difficulté, plus grande encore, était d'équi-
librer tous les organes mécaniques en mou-
vement, et la chose n'a pas été aisée, car on
ne savait guère auparavant construire de
machines de cette puissance complètement
équilibrées.
Nous allons examiner, avec quelques dé-
tails, comment Ton est arrivé à résoudre ces
diflicultés, en passant en revue chacun des
organes qui composent cette locomotive élec-
trique.
Châssis ou plateforme, — L'ensemble de
la partie mécaniqueet électrique productrice
de l'énergie est supporté par un châssis qui
est formé de deux longerons en acier, as-
semblés par des entremises à la façon or-
dinaire. Deux traverses pivots reçoivent Taxe
sur lequel sont montés les boggies. La lon-
gueur du châssis est de 17'"70.
Chaudière. — La chaudière est située à
larrière de la locomotive ; elle ne présente
rien de particulier : elle est du type ordi-
naire des chaudières employées dans les
locomotives à vapeur ; elle possède cepen-
dant une plus grande capacité : on s'en fera
une idée en sachant que la surface intérieure
totale est de 185 mètres carrés. Elle est tim-
brée à 14 kilogs. Le tirage se fait, comme
dans les locomotives à vapeur ordinaire,
par réchappement de la machine à vapeur
principale. De chaque côté de la chaudière
sont logées les soutes à eau et à charbon.
Entre la chaudière et la machine à vapeur,
existe un séparateur, afin d'éviter tout en-
traînement d'eau dans les cylindres de la
machine à vapeur.
Machine à vapeur, — La machine à va-
peur est du genre vertical, compound, à sim -
pie effet ; elle est, pratiquement, complète-
ment équilibrée. On comprend, en effet, que
c'était là, le point capital ; il fallait suppri-
mer les efforts d'inertie qui auraient atteint
INDUSTRIE, 450
leur maximum rjiiijs la direction de TûliisU-
cité du cIjîîssIs. Celie machine est à six li-
jcnes tle cylindres ; le.* six manivelles sont
calées M V^^y Funt* par rapport a Taulre,
langle de calage et les posi lions sont symé-
triques par rapjj*ïrt à nn axe passant entre
\v\ :i* et la 4* li^içne dp cyUndr*^s. Il résulte de
cette disposition <iue la ^îonime des Ibrces
verticales est nulle à cUaque instant et il
ii'tiïlste ainsi aucun roupie perturbateur.
Cette ni aclit ne peut développer Lt^ÛO
cl ievaust- vapeur^ mais sa puissance normale
est c]el.;350 chevaux-vapeur. A cette puis-
sauce, sa vitesse est de 40n tours par minute.
Un ré^nUatour spécial a pourbutd'empt^clier
que la vitesse limite soit dt^pas?ée. C'est en
laisaïit varier ia vitesse, par la tension d'un
ressort, (|'je l'on fait varier la puissance diî-
veloppee : le ré^'lafîe se tMi automatique*
meut, comme nous le verrons plus loin*
Les t>ielles et les manivelles de cette machine
à vapeur tournent dans une chambre fkan-
clfe. couteuatH tjn niélanj;o d'huile spéciale
et d eau, de sorte que le graissage se l'ait
atitomatiqnement et la surveillance, de ee
chef, est pour ainsi dire nulle : il y a donc
sécurité absolue de ce en té. et le mécanicien
peut apporter toute son attention ailleurs :
re *[ui pratiquement n'est [jas a négliger.
Dynamos génératrices. — ^uv l'ase de
\ii machine a va^ienr sont calées^ à chaque
extrémité, deux dynamos i\i}'\ engendrent
l éner^'ifi électri(|uc nécessaire i\ la propul-
sion delà locomotive électri(]ue.
Ces dynamos sont a 0 piiles ; les induc-
teurs sont eu acier. A pleine charge^ elles
peuvent débiter uorwmhmeiïK chacune 1.000
ampères sous ^Tm volts et elles peuvent
su[4>oi'ter. pendant uji instant, le double de
cette char^'e. Il élail nécessaire de prévoir
cette êlastirîté, pour psircr an\ augmenta-
tions bru Si lues de rinteriEilé par suite des
elForts énormes u développer [lendant la
niiu^che à jurande Vitesse sur les rampes,
i 'es dynamos génératrices sunt enveloppées
d'urïe eaisseeu idle. pour éviter lintruduc-
tion des poussières dt; charbon et de l'eau ;
jfuehpies ouvertures sont mén aidées pour
assurer la veutilaiiun : des portes, tenues
451
fermées pendant la marche, permettent de
vîsitei' les collectear». Ces deux dynamos
sont groupées en parallèle au moyen du
tableau. Ces macluims, étudiées par la So-
ciété de Traction électrique, ont été cons^
truites par MM. Brown, Boveri et G'* (Ba-
den).
L'axe Uation de ces dynamos est faite se-
parement : ce qui facilite beaucoup la con-
duile el Ton pt^ut dire que c'est surtout
l*enip1oi de cette méthode qui fait que Ton
peut conduire et rë^'ler ces puissantes loco-
motives, t^n clfet, c'est en augmentant ou
en diniinuanl le corjrant d'excitation que
l'on fait varier, à volonté la puissance des
génératrices principales et par suite celle de
la muctiiîie à vMpeui qui se règle automati-
quement. Nous dirons donc que c'est la ma-
chine excitatrice qui constitue le cerveau de
cette locomotive électrique. La machine ex--
cilatrice est commandée directement par
une petite machine â vapeur d'unepuissance
de 2H clievaux-vapeur, genre Willans. Cette
mactiine, à simple expansion, possèdedeux
maniveUes calées à 180*.
La dynamo peut débiter 140 ampères
sDtiâ 110 volts : ellcdst à enroulement eora-
pouiid. Une petite fraction de l'énergie élec-
triijue, produite par cette dynamo, sert à,
faire réciairage intérieur de la locomotive
et du train. Eventuellement, les fanaux
d'avant et d'arrière pourraient être éloctri-
queSf comme c-5la se pratique sur quelques
lignes^ au3t Etatd-Ljriis. L'ensemble de cette
machine excitatrice est placé sur l'induc-
teur de la dynamo génératrice, placée du
côté de la eiiuudièt^e.
Moteurs électriques, — Les moteurs élec«
thquea, rëunis en deux groupes de quatre
moteurs, soit huit moteurs, commandent di-
rectement les huit essieux moteurs de la
locomotive : la puissance normale dechacun
d'eux est de 1^5 chevaux. L'effort que dé-
veloppe normalement à la jante, chaque mo-
teur, est de 3i}0kg3., soit 2.800 kgs.pour l'en-
semble.
Ces moteurs sont à 4 pôles et à induit
denté : ils peuvent développer, pendant un
moment, un etfort triple de l'effort moyeu
JODANAL MKNSORt OR l/ACAOénIK NATIONALS.
452
et du ne puissance dont on se rendra compte
en sachant que cet effort momenuné peut
atteindra aux jantes des roues» 8.000 kgs.
La diapoiition de commande de Teftaieu
nous semble très bien étudiée. En effet,
l'induit n*est pascale directement aor Teesieu
moteur, cela aurait des inconvénienU dont
le priocipal serait la destruction de» isoUnu
par suite des secousses et des trépidations
communiquées. L'induit est monté sur ua
tube, concentrique à Tessieu moteur, lais*
sant à ce dernier un jeu permettant du dé-
placement dans le sens vertical, de façon
à tenir conapte des inégalités de la voie de
roulement. Ce tube tourne dans des coussi-
neu solidaires de Tinducteur, et il entraîne
Tessieu au moyen de trois Uquets montés
sur un plateau, et qui pénètrent entre trois
séries de ressorts placés entre les raies de la
roue.
Chaque moteur est commandé directe*
ment du tableau de distribution, placé à l'a-
vant de la Uicomotive, dans une cage-abri*
Ils sont ordinairement couplés en parallèle
sur les génératrices. L'appareil de manœu-
vre permet cependant, au moyen d'un com^
mutateur spécial, de les grouper deux à
deux en série- Ce couplage est employé
quand il faut fournir un coup de coUier,pour
la montée des rampes en vitesse, par exem-
ple.
Appareils de manœuvre et de contrôle.--
U y a doux postes de manœuvre : le premier,
k Tavant de la locomotive; le deuxième,
près de la chaudière et à droite . Cette dis-
position permet de faire fonctionner la lo-
comotive Heilmann indifféremment dans les
deux sens.
Le principal organe de cet appareil est
celui qui permet de faire varier l'excitation,
à l'aide d'un double rhéostat intercalé entre
l'excitatrice et les inducteurs des dynamos
génératrices. Comme nous l'avons expliqué
plus haut, c'est le robinet q\x\ permetde ré-
gler, à volonté, la puissance de la locomo-
tive.
Un commutateur spécial, placé entre les
deux postes, permet d'effectuer le renverse-
ment de marohe.
■*!<
453
INDUâTRTiî.
454
Chaque circuit de moteur a sou ampère-
mètre, ce qui permet de vérifier, à chaque
ioâtant, ce qu'il absorbe.
Enfin, sont disposés, sur cette locomotive,
les freins Westinghouse bien connus. Ce
frein agit sur les lô roues de la locomotive,
ce qui augmente la sécurité et la rapidité de
larrdt en pleine marche. Ce freinage est
complété par un frein à main qui agit sur le
boggie d'avant.
Les appareils de manœuvre et de contrôle
sont sous la main du pilote qui se lient à
Tavantdela locomotive, n'ayant ainsi comme
seule préoccupation que de surveiller les si«
gnaux delà voie. Le pilote est séparé de la
elumbrede cbauife,et n'étant ni incommodé
par la chaleur de la chaudière, ni gêné par
les manœuvres du chauffeur, il peut donner
toute son attention à la conduite de sa lo-
comotive. Le chauffeur, au contraire, s'oc-
cupe spécialement de son foyer, surveille
le graissage qui partout est fait automati-
quement*
Oo peut dire que la séparation du travail
de ces deux hommes ne peut qu'assurer la
bonne marche et la sécurité de la conduite
de la locomotive.
Eq résumé, nous voyons que, dans la lo-
comotive électrique Heilmann (et c'est tout
le contraire qui existe dans la locomotive à
vapeur ordinaire) tous les organes déli-
cats, qui exigent du soin et de la surveil-
ItDce, sont placés directement sous la sur-
veillance des deux hommes qui la condui-
se nt. Cet avantage très précieux, à notre
avis, permettra à cette locomotive de remor-
quer des trains sur de très longs parcours,
sans rechange de machine ; car on se trou-
ve à peu près dans les mêmes conditions
que les machines marines, qui travaillent
jour et nuit, sans arrêt. Les parties inacces-
sibles en marche, les moteurs, sont cuirassés
contre toute détérioration possible, et pré-
sentent toute la résistance désirable,et il suf-
fit d'assurer le graissage des fusées. Comme
conclusion, nous dirons que le but poursui-
vi par le persévérant inventeur, dans la réa-
lisation de sa locomotive, a été de dévelop-
per la puissance, la stabilité, ladhérenceet
la souplesse. Ces quatre qualités, dont deux
seulement, h puissance et radhêrencei ont
atielnt leur maximum dans les locomotives
à vapeur, les deux autres étant réduites à un
minimum, sont les qualités dominantes de
la locomotive lieilmann.iXous en ajouterons
une autre, qui manque totalement et qui
même se pr<^sente dans lo sens contraire
dans la locomotive ordinaire, nous vouli>ns
parler de celle qui résidera dans Téconomie
des voies déroulement.
Eu elfat, les moteursélectriques étant par
excellence des moteurs roîûtifSj sans point
mort, il y a suppression complète des réac-
tions dueSp dans les locomotives ordînaircâ,
au manque d équilibre des pièces en mou-
vement ; les mouvements de galop et de la-
cets inhérents à toutes locomoives à va*
peur sont supprimée totalement dans les
locomotives Heilmann, et la répartition,
légale des poids statiques sur les huit essieu )c
fait que l'adljérence est considérablemonl
augmentée. U résulledetous cas laits, ainsi
que de la souplesse de cette locomotive,
qui est en somme un wagon a boggie, que
les voies de roulement ne sont plus désarti-
culées ; le passage auE éclisses se fait saas
secousse, ni marte llemont. La conséquence
de tout cela est (juerentretiendes voies sëra
coitsiddrablement diminué. Nous estimons
que c'est cette économie, qui est une écono-
mie d'exploitation ce qui n'est pas peu de
cbose, puisque cela se répète chaque année ,
qui fera que les Compugnies de chemins dt^
ler, en detiorsdes avantages cités précédem-
ment, seront amenées k essayer et à ado)^
ter la principe delà locomotive Heilmann
pour remorquer des trains lourds à grande
vitesse. »
LES CHEMINS DE FER A CRÉMAILLÈRE
Au t\i\mi de la construction des chemina
de fer, en 18:i9, Ton n'était pas arrivé au
degiT de perfection atteint actuellement ;
aussi ce fut un article de foi pour les iii^^c-
nteurs qu il fallait éviter les pentes sur liis
voies ferrées ; pour atteindre ce résuUaU
Ton faisait tous les détours possibles et Loui
les pi U!f étonnants lacets. Puis les procédés de
455
JOURNAL MENSUKL DR
cofistruction s*améltoranl de plus en plus,
Oïl a eîîtreprra de raJregTim|ieraux locomo-
tives des pentes allant jusqu'à 20 ou 25
millîmètres par mètre ; mais quand la pente
atteint 50 mïtiimètres par mètres tout ce que
peut faire la mactiînè.c'est de se remorquer
elle-même.
Tort lieureu3emeni l:i solution du pro-
blème ayail été trouvée en 1H04, et cette
solution, permettant de monler de fortes
rampes^ consiste tout simplement dans l'em-
ploi de la crémaillère, robuste engrenage
en acier placé a plat entre les deux rails de
la voie terrée. Lr locomotive porte, de son
côté, un engrenage lournatu qui vient mor-
dre dans l'autre ù volonlë. On peut alors,
avec celle disposition, aborder des pentes de
250 millimrlres an Vilznan-Highi,de 350 au
Mount- Washington, de 180 au Mont-Pilate.
Ce turent les précurseurs Trevithic et Vi-
vian, en 1804 -ifUï, non contents de préconi-
ser, cette solution l'applif)uèrent sur le petit
chemindeferdeMerthyr'Tvdwîrdanslepays
de Ttallc. Les ingénieurs pensaient, à cette épo-
que, qu*une locomotive ne potivait traîner
des vélticules chargés sur une voie métalli-
que et par consériucnt, ^^lissante, sans le
secours de la crémaillère. Mais, en 1812,
l'ingénieur Blacket démontra victorieuse-
ment que cet intermédiaire était inutile
pour les chemins de fer k plat, ou à faible
pentet que Ion construisait alors ;il prouva
que Vadhérence, n*est-à-dîre l'espèce de col-
lage résultant du poids delà locomotive sur
le rail, suftis^iL ; on essaya, on réussit ; et
dès lors, on ne voulut plus entendre parler
de crémaillère. En elîet. en terrain plat, en
pa/i>r, une locomotive peut remorquer plus
de trente fois son poids par simple adhé-
rence. Mais dès qu'il faut monter une pente
un peu forte, comme noi|s lavons dit, la
locomotive peine, elle patine ; il faut alors
revenir ù la crémaillère dédaignée.
Cest en 1817 que fut construite la pre-
mière ligne i crémaillère sérieuse sur la li-
gne d'Indianopolis à Madison, aux Etats-
Unis. Puis vint, en 18!j6, toujours aux Etats-
UnîSj la ligne de Mount-Wasliinglon dans
le New-Hampsire, laquelle grimpe à 1 .098
mètres avec une pente de 330 millimètres
l'académie nationale. 456
par mètre. Enfin, en 1869, M. Rigjgenbach
établit, en Suisse, le fameux chemin de fer
du Righi,avec ses pentes de 250 millimètres
par mètre ; il a servi do modèle à toutes les
lignes de ce genre en Europe. Tout le mon-
de a vu des tableaux, des grav«res, des des-
sins quelconques duchemindeferdu Righi;
nous n'insisterons donc pas. Disons seule-
ment qu*un autre ingénieur, très fort dans
son art, M. Abt, de Lucerne, a perfectionDé
la crémaillère en la faisant en lames d*acier.
A eux deux, M. Riggenbachet M. Abt ont
hérissé la Suisse, pays prédestiné, de voies
à crémaillère. On en trouve aussi en Alle-
magne, au Rrésil, à Sumatra, en Bosnie, à
Saint-Domingue, au Japon. Les Alpes et les
Pyrénées ne sauraient tarder à se garnir de
crémaillères qui feront le bonheur des tou-
ristes en même temps qu'elles présenteront,
dans bien des cas, un intérêt stratégique qui
n'est pas à dédaigner.
Mais les plus étonnants chemins de fer à
crémaillère du monde sont ceux que l'on a
établis, avec toutes sortes de vicissitudes,
dans la Cordillère des Andes. Ils font partie
du réseau connu sous le nom de « réseau
transandin >. La Cordillère des Andescourt,
on lésait, comme une gigantesque chenille,
le long de TOcéan Pacifique ; quatre-vingts
volcans la jalonnefit. A droite et à gauche
se trouvent la République Argentine, laBoU-
vie, le Pérou, le Chili, la Colombie, TEqua-
teur. L'altitude de cette épine dorsale varie
entre 2.000 et 6.503 mètres ; elle n'est ac-
cessible que par des cols, des portSy com-
me on dit dans nos Pyrénées, dont le seuil
est placé à 4.000 et à 5.000 mètres au-des-
sus du niveau de la mer. Sur ces vastes pla-
teaux ou altiplanities de ces régions, ber-
ceau des Incas, les volcans ont fait une cui-
sine effroyable ; le voyageur y marche pen-
dant des lieues et des lieues dans lesalpétre,
le borax et la poussière de minerai ; il y
trouve les célèbres mines, aujourd'hui pres-
que délaissées, de Pasco, Porco, Potosi, Co-
chabamba, Lippezet autres, qui répandirent
sur TEurope, au temps de leur splendeur,
plus de seize milliards d'or et d'argent.
Les pionniers actuels donnent l'assaut à
cette usine naturelle de produits chimiques
457
LNDURTnm
45g
au moyen des cheraios de fer à crémailltlire.
Vingt-cinq lignes ferrées, de Panama à VaU
paraiso, drassent contre la Cordillère leurs
vertigineuses échelles ; on dirait, en re-
gardant la carte, des petits serpents qui veu-
lent dévorer la grosse chenille. On classe
ces curieux chemins de fer en catégories
que nous ignorons sous nos débonnaires al-
titudes, et pour cause, c'est-à-dire > à t7î-
mat constant, à climat variable^ et à gran-
de altitude. Nous sommes peu habitués à
tenir compte, ici, dans nos études de ctie-
miûs de fer, de Tinfluence de la variation
du climat et do la densité de Tair ; mais
lorsqu'on veut faire passer sa locomotive à
seize ou vingt fois la hauteur de la tout'
Eiffel, il est bon de prêter attention à ces
détails.
En Europe, les plus grandes altitudes que
Ton ait atteintes en chemin de fer sont
1.767 mètres au Brenner, 1.335 au Monl-
Cenis, 1.154 mètres au Gothard, 1.25'J
mètres à l'Arlberg.
Dans l'Amérique du Nord, le Canadien
Pacific grimpe à 2.100 mètres, l'Union Pa-
cilic à 2.500 mètres,et le Vera-Cruz-Mexico
ù 2.533 mètres, presque la hauteur de l'Ob-
servatoire du Pic-du-Midi,dans les Pyrénées.
Les voyageurs des chemins de fer à cré-
maillère du Transandin sont tout particu-
lièrement soumis à de nombreux désagré-
ments. La température baisse de 1 degré par
180 à 200 mètres d'élévation ; de plus, la
quantité d'oxygène dans l'air a diminué de
SI pour 100 dès que l'on atteint 3,000 mè-
tres ; l'eau bout à 89 degrés au lieu de 100
degrés et l'on éprouve le soroche puna, ou
mal des montagnes, analogue au mal de
mer. Si l'on fait trop vite l'ascension sans
avoir le soin de se couvrir les mains et lu
figure avec de la graisse, ligure et mains se
couvrent d'enflures et de gerçures ; si l'un
descend trop rapidement, en express, de la
station située à 4,000 mètres, dans le fond
de la vallée, on reste oppressé, comme un
asthmatique, pendant plusieurs jours.
Mais tout cela n'empêche pas la civilisa-
tion, greffée après sa crémaillère, de mon-
ter à la conquête des mines d'or, d'argent,
de cuivre, de nitrate de soude, de borax, de
soufre et de guano \ c'est ainsi qu'à la gare
d'Ollagna^au kilomètre 435 ei à3,(i&0 mètres
d'altitude sur la frontière du Chili et de la
Bolivie, on trouve (diaprés ce que raconte
un ingénieur, M. Ch. Legrand^qui a fait cet
étonnant voyagei un hôtel parfaitement ins-
ulté, avec lumière électrique, téléphona,
etc., en un mot tout le confort moderne, que
l'on ne trouve que trop rarement dans les
vieux pays d'Europe, oîj cependant les com-
munications sont autrement faciles.
LES FORAGES DE PUITS ARTÉSIENS
EN ALGÉRIE
C'est au général Desvaux et au maréchal
Randon que I on doit rinstallation d'ateliers
de sondages d^ns le sud de rAlgérie.
\yant constaté l'étal de dépérissement de
certains oasis de la région saharienne, ces
hommes éminents résolurent^ pendant Tlti-
ver de 1855 a 1856, de les revivifier et de
rattacher à la France les populations de
cette contrée par la reconnaissance.
Comprenant les féconds résultats que
pourraient donner les iravaui artésiens, \h
tirent creuser dans TOued Kir des puits pour
rendre la vie auï oasis en dctïadence et re-
vivifier les steppes sablonneux du désert»
Leur œuvre a été continuée, et aujour-
d'hui encore de nouvelles recherches d'eau
sont faites avec succès dans Textréme sud
deFAIgérie.
Les ateliers de sondages qui opèrent dans
le désert sont composés presque exclusive-
ment d'hommes pris dans les bataillons d'in-
fanterie légère d'Afrique et les compagnies
de fusiliers de discipline,
Ces militaires travaillent sous la direction
de leurs propres chefs qui occupent dans
les ateliers les emplois de chefs et sous-
chefs.
Presque constamment sur les contins du
Sahara, simples soldats et gradés doivent
sacrilier toute distraction et tout plaisir ;
mais, en revanche, ceux-ci bénéficient des
faveurs et des avantages accordés aux mili-
taires en campagne, el ceux-là sont versés
^ I
40»
dans des corps de iroupe de la métropole,
Bi leur conduile est satisfaisante*
Grâce à ces ateliers qui fonclionneriLdans
ta désertt I œuvre entreprise par ie général
Uesvam et le maréclial Randon est en pleine
prospérilc. Les oasis en décadence ont été
ramenés à la Tie, et de^ plantations Ter-
dûyantes existent aujourd'hui dans le^ step«
pes où il n'y avait naguère que la stérilité,
la dé!H}lation et la mort,
C'e^t ainsi que l'atelier de ^ndage» ins*
lai lé à Ouargia (extrême sud al^'érien ■ a ter-
miné depuis le commencement de l'année
deux puits artésiens. L'eau du premier jaillit
a 0^70 au dessus du niveau du sol avec un
iléhil de ÛLÎjOdO litres par heure ; le débit
du second est de 0,000 litres.
Kappelons que ce l'ut au moh de juin
1850, que le premier puits artésien fut foré
dans l'Oued-Hirj parM. Tingéneur Jus, dont
le Journal de notre Société a fréquemment
mentionné les travaux. Le diibit de ce puits
étaitde 4000 litres par minute.
Aujourd'hui, ou n'évalue pas à moins de
350.0OOlitreSf par minute, te total des puits
jaillissants dans cette région. Cest ce que
nous apprend M. Georj^es Kolland, directeur
de la Société agricole de lOued-Rits membre
de la Société nationale d'agriculture^ dans
une communication qu'il a faite récemment
à l'Académie dea Sciences.
Pendant les vingt dernières années, sur-
tout depuis 1882, de nouvelles oasis ont
remplacé dessteppea improductifs; la plu-
part sont désormais en plein rap[>ort. Elles
sont plantées de palmiers dattiers, qui for-
ment de véritables forets et qui abritent des
cultures secondaires sousleur ombrage. Sui-
vant le diction arabe, le dattier doit avoir
la tête dans le feu et le pied dans Teau ;
les puits artésiens ont réalisé ce besoin.
On compare volontiers la région de l Oued-
Bir à une petite Egypte avec un fleuve sou-
terrain.Mais ce lieuve n'a pas un débit indé*
Ji ni. Dans la note que nous veaons de citer,
M, Georges Rolland constate qu il convient
d'avoir désormais de la circonspection dans
le forage de nouveau i puits. Tandis qu'il y
a quelques années encore, Taugmentation
annuelle du débit était à peu près propor-
|0l'R!VAL MI^NSUeL DI^ACADEMIB NATIONALE.
460
tionnelle au nombre des puits créés, il d>q
est plus de même aujourd'hui. Ainsi, eu
1889, pour 137 puits tut)és, le débit moyen
par minute était de 1,607 litres : aujour-
d'hui, pour 175 puits, il n*est plua que de
1,363 litres. On ne peut affirmer que la
oappe souterraine ait diminué ; mais il
parait évident qu'en augmentant le nombre
des saignées qu'on lui faites, on a diminué
l'importance de chacune.
Laconclusion tiréeparM. Rolland de cette
série de faits est qu'il conviendrait désormais
tant au point de vue des intérêts des colons
français que de ceux des indigènes, de con«
sidérer les eaux artésiennes de TOued-Rir
comme étant d'intérêt public et de les ré«
glementer en conséquence. Ce qui ne veut
pas dire que de nouveaux puits ne pour-
raient pas être forés, mais bien qu'on ne
pourrait en créer que sur des emplacements
flxés en tenant compte des besoins réels de
l'irrigation et des conséquences à prévoir
sur les puits qui existent déjà. Ce serait
évidemment une mesure très sage, qui sau-
vegarderait le développement de cette im*
portante région dans l'avenir.
Mais, d'un autre côté, ne serait-il pas pos-
sible de mieux utiliser les eaux qu'on pos-
sède déjà ? La plupart des plantations fran-
çaises de dattiers ont été organisées à peu
près comme celles des Arabes. A partir de
l'orifice du puits, l'eau est dirigée dans des
rigoles creusées à la surface du sol, généra-
lement sablonneux ; une bonne partie est
absorbée par infiltration et une autre par
évaporation sous l'action d'un soleil ardent.
C'est un procédé primitif, que M. Georges
Rolland a voulu perfectionner, en réalisant
en même temps une forte économie d*eau.
Se servant de certaines argiles et de mar-
nes qui atileurent le sol sur certains points
delà région, il u fait fabriquer des tuyaux et
des caniveaux en terre cuite, de30 à 40 cen-
timètres de diamètre, qui ajustés bouts à
bouts et garnii de joints cimentés, forment
des conduits étanches. On forme ainsi des
canaux qui partent das puits pour amener
l'eau, àTabri de toute infiltration et de toute
évaporation, jusqu'aux rigoles d'irrigation.
Ce système a été appliqué sur une longueur
461
RXPOSmWïï Wf COMCODRS*
m2
dm 4,740 mètres dans les trois oasis de Sidî-
Yahia, Oarir et Ayata ; le bénéfice a été
que 4.0O0 litres par minate ont été récti*
pérés. C'est la proportion de 25 p. 100 du
débit des paits. On a donc la preuve qu'avec
ce système de canaux étancbes, on peut
augmenter d'un quart le nombredes dattiers
irrifniés,sans avoir besoin d*une plus grande
quantité d'eau.
M. Georges Rolland ajoute qu'on pourrait
encore réaliser un autre progrès, en emplo-
yant de nouveau une partie des eaui qui
s'écoulent après avoir servi aux arrosages,
dans les fossés de drainage et de là dans
les eholls.En les reprenant ainsi, sait qu'on
ies dirige versdes terrains plus ba:4,soit qu'un
se serve d'rippareilsélévatoires, on pourrait
réaliser un nouveau bénéfice que H. liolland
évalue h un quart environ de Teau etii-
ployéo.
Par les deux méthodes qu on vient d'in*
dîquer, le volume des eau\ employée à Tir-
rigation dans rOuod-Rir serait accru de 50
pour 1 00 en viroEf sans qu'il fût nécessaire de
faire de nouveaux emprunts à la nappe sou^
terra if je. Ce sont là des idées très intéres-
santes, dontrapplication doit appeler l'atten-
tion de tous ceux qui peuvent en tirer profit,
EXPOSITIONS ET CONCOURS
EXPOSITION DE 1900
(Renaeignementa divers)
POBTIQUE MONUMENTAL.
Le ministre du commerce a approuvé
un projet établi par M. Binet, arcliitecte,
pour l'édification d'un portique grandiose
marquant rentrée de Texposition sur la
place de la Concorde.
Cette entrée monumentale, ressemblant
à un grand arc de triomphe, occupera une
surface de 2.400 mètres carrés. Elle com-
porte une énorme coupole dorée et ajourée
dont le point culminant sera à 45 mètres
au-dessus du niveau du sol. Elle reposeer à
sa base sur trois pilastres. Une statue colos-
sale de la Liberté couronnera l'édifice.
A droite et à gauche de la porte, deux
frises de 10 mètres de longueur seront ap-
puyées à deux minarets de 42 mètres de hau-
teur.
En avant, soutenus par dessoclesde bronze
se détacheront de grands mûts au sommet
desquels flotteront des oriflammesde France.
L'arc monumental, sur la place, sera ab-
solument libre, mais en arrière, entre les
deux arcs intérieurs et se reliant avec le
pilier de fond, on trouvera une série de 53
guichets sur un développement de 115 mè
très.
Projets d*isitiativi^ privi-Ie.
Plusieurs proj*its d'initiative privée sont
déjà adoptés, à savoir :
1- Le Palais des fêtes, de M. Boisset ; 2^
L'Andalousie au tomps des Maures, de M.
J. Roseyro ; 3'* L'Exposition des houillère»
dans Timmense sûus-.çol du jardin et du pa-
lais du Trocadéro ; 4' Llnde française et la
Pagode de Brahma, de M. de PoiU-Jest.
D'autre part >L Mauger a obtenu la con-
cession d'un empliiceraent considérable pour
établir au Champ-de-Mars un théiUre phé-
numénat, grand comme un hippo drome^ et
qui contiendra sept, huit ou dix mille spec*
tateurs. La scène aura 100 mètres de large,
avec un cours d'eau pour des spectacles
nautiques; LOOO à 2.000 figurants s*y pour-
ront mouvoir à Taise.
EXPOSITION DE DIJON
L'exposition qui s'est ouverte ù Dijon le
2i) juin dernier et qui sera close à la fm du
mois d octobre, avait un caractère univer-
sel et înternaliouaK Malgré Tampleurdeson
■▼■W"
^w^
403
lOUftNAt MENgURL ÙV! L A€ADEMIR NATIONALE.
464
programme, elle iraeependani pas rencon-
tré TappUL de la grande industrie ou du
haut commerce, et ia municipalité de Di-
jon n'a allé- même prêttï qifun concours
assez ri^streiat aux organisateurs.
Dans ces conditions, 1 exposition de Dijon
est demeurée une entreprise privée, d'ail-
î(>urs intéressante et bien agencée^ mais dé-
pourvue de 1 éclat fjLio seulâ pouvaient lui
donner les concours ofli^ieïs.
Tel le quelle, elle n'en a pas moins constitué
une excellente leçon do choses pour las vi-
siteurs, en même temps qu elle a servi d'en-
eourâgement à tous les pionniers de la
îfrande cause du progrès générât, en leur
nfTrant une nouvelle occasion de mettre
leurs travaux en évidence.
Parmi les exposants de produits agricoles
ou industriels^ dix-sept apparren aient à no-
tre Société, et nous allons, comme a Tlia-
bitude, rendre compte de leurs participa-
tions en suivant Tordre alphabétique des
noms.
M. Bartolomei, chirurgien-dentiste, à
Bucarest, légitime possesseur d'une antério-
rilé d'exercice de Todontologie en llouma-
nie qui lui permet de prendre le titre de
premier dentiste roumain^ a exposé à Di-
jon, en même temps d'ailleurs qu'ù Hoche-
for t-sur- Mer, d'intéressantes collections de
dentures artifïcieUes, d'appareils dentaires
et de produits dentifrices. Le tout témoigne
d'une grande maîtrise technique chez. >K Bar-
loloraéi et prouve qu'il est entièrement à la
hauteur de tous les progrès de son art.
M, Bastos, d'Oran, a fait installer u Di-
jon comme à Bochefort, une vitrine déco-
rée dans un style mauresque et renfermant
des spécimens des diverses sortes de ci^^a-
rettes préparées dans sa manufacture, ciga-
rettes qui sojit particulièrement appréciées
par tous les fumeurs délicats.
M. CAt:cAL, distillateur et fabricant de
liqueurs, ^ Saint-Germain-du-Bois Saône*
et-Loire] continue la gi^rauee de rancîeniie
maison ^q ut sous le nom de Caucaî-Lavrand^
a conquis^ depuis nombre d'années, la plus
légitime réputation dans le commerce des
liqueurs. Parmi les produits exposés dans
la grande vitrine particulière de M. CaucaU
nous remarquons des bouteilles, flacons ou
cruchons de menthe verte, de menthe blan-
che, de curaçao triple sec, de ratafia de
cuings, de prunelle de Bourgogne, de pru-
nelle Caucal, et de liqueur Bacchante, Va
tinesse et Texcellence de tous ces produits
ont déjà valu à la maison près de 90 récom-
penses, dont 7 diplômes d'honneur, parmi
iesi]uels se trouve celui de notre Société.
L'exposition de Dijon ne peut que consacrer
une fois de plus ces brillants succ^.
M . Cahumeil, à Annonay (Ârdèche) a en-
voyé à Dijon des échantillons de son pro-
duit dénommé i4/coo/ de menthe des Céven-
nés, qui offre une supériorité incontestable
sur beaucoup de produits similaires.
Cette supériorité tient à ce que Talcool
de menthe des Cévennes est obtenu par la
distillation réelle d'un alcool pur en pré-
sence de menthe poivrée fraîche, et non
comme le sont beaucoup de produits vendus
a bas prix, qui résultent d'une simple disso-
lution dans l'alcool d'essences de menthes
diverses.
Par la distillation, le produit de M. Chan-
meil acquiert un goût moelleux et fondu
qu'il est impossible d'obtenir par le simple
mélange d'alcool et d'essence. Il faut remar-
quer en outre que la menthe poivrée crois-
sant dans les montagnes des Cévennes a un
parfum beaucoup plus suave que celui des
menthes se développant sous le climat très
chaud de différentes contrées du Midi. L'al-
cool de menthe des Cévennes est donc di-
gne de prendre place au premier rang dans
la faveur des consommateurs de produits de
cette nature.
M. Delaunay, fabricant de meubles, à Pa-
rts, se trouve bien parmi les exposants de
Dijon, mais sans avoir fait les frais d'une
participation en rapport avec l'importance
de son industrie. Comme spécimen de cette
industrie, nous n'avons vu qu'un bureau
dénommé franco-américain^ qui est d'ail-
leurs l'une des spécialités les plus remar-
T-?:*"
105
EXPOSITIONS ET CO^^COURS.
4Vl\
quables de la fabrication do la maison. Les
bureaux franco-américains fabriqués par
la maison Delaunay sont des perfectionne-
ments des meubles de même genre construits
aux Etats-Unis qui, grâce à un agencement
ingénieux de tiroirs et de compartiments,
ont semblé si commodes et si pratiques, dès
leur apparition en Europe. On peut dire
que ces meubles de la maison ûelaunay
réalisent l'idéal de tout travailleur de bu-
reau. La fermeture du rideau de bois souple
qui clôt le pupitre, réalise automatiquement
le fermeture de tous les tiroirs, de sorte que
le fonctionnement d'une seule serrure suf-
fit à ouvrir ou fermer la totalité des com-
partiments du bureau, lesquels sont assez
nombreux pour suffire aux besoins de toute
une organisation d'écritures commerciales
ou administratives. L'ensemble du meuble
est, il est vrai, assez volumineux ; mais la
construction en est établie si ingénieuse*
ment, que la division en plusieurs parties se
fait facilement, de façon à rendre aisé le
transport ou le déplacement du bureau.
Celte création d'un bureau franco-améri-
cain si bien conçu et si bien construit, ho-
nore la maison Delaunay au même titre que
ses plus magnifiques ameublements de
style.
M. Florence, peintre- verrier, à Tours, a
fait installer dans le pavillon de la section
des beaux-arts de l'Exposition de Dijon, son
beau vitrail représentant Jeanne d'Arc
écoutant ses voix, que nous avons déjà vu
et remarqué à plusieurs expositions précé-
dentes.
On a reproché à ce vitrail de manquer
de coloris ; mais nous préférons cependant
ses tonalités douces aux couleurséclatantes,
mais quelque peu brutales, qui cactériscnt
d'autres vitraux.
M. Fortin, à Mooroopna, état de Victoria
.Australie , est un viticulteur émérile d'ori-
gine française qui est gérant d'une entrepri-
se d'exploitation de vignobles appelée the
Goulburn walley wine and distillery coin-
panj' (littéralement : compagnie de vins et
de distillerie de la val léc de Goulburn). Cons-
LJtués en cépages de choix, les mieux appro-
priés au sol et au climat, les vignes du do-
maine dont rexploitation est dirigée par M.
Fortin sont traitées et soignées d'après les
mefUeures méthodes de culture. La récolte
on est faite et préparée conformément aux
règles les plus modernes de la vinilioation
scientifique, à Taide d'un matériel irrépro-
ciiable, et les vins blancs et rouges ainsi ob-
tenus se classent au premier rang des vins
d'Australie qui sont si appréciés en Angle-
terre. Ce sont des échantillons de ces vin^
blancs et rouges que M. Fortin a présentés à
Tex position de Dijon 0(1 ils oitt remporté une
médaille.
M. Gatllv, à Romans [Dràme , afaitiiis-
laller une élégante vitrine quadrangulairej
dans laquelle sont présentés leséchantillins
variés do tonales genres de chaussures Im-
briqués dans son importante manufacture.
La confection de k fabrique de M. Gailly
comprend d'ailleurs l'universalité des diver-
ses sortes de chaussures depuis le soulier de
bal en satin brodé jusqu'au lourd brode-
quin de chasse et même la boite â récuvrro*
Suivant les genres, ces r-haussures sont
avec semelles cousues ou clouéfs. Maisqu'el-
les soient de sortes fines ou de sortes ordi-
naires, les chaussures de la manufacture
Gailly sont d'une torme élégante, d'une con-
fection soignée cl d'une excellente quai r te
de matière première. Au reste, la plupart
des cuirs employés à la fabrication des chaus-
sures sont préparés dans les ateliers de cor*
roirie taisant partie de la manulacture elle-
même. Depuis longtemps, lespîushautesré'
compenses ont consacré les mérites excep-
tionnels des chaussures de M. Gailly.
M. GiAMMusso, à Aidone (Italie), a envoyé
lïToxposition de Dijon de même qu'à celle de
I loche fort, des échantillons de la liqueur île
quinquina dont il s est fait une spécialité iM
que nous avons déjù mentionnée dans le
dernier numéro de notre journal.
M. GouTHiÈRÊ, négociant en vins et Ja-
bricanl de liqueurs, a Nancy, a placé sa dis-
tillerie sous régide de Jeanne d'Arc et c'est
m
JOURNAL MBNSUKL OK L'AGADKIIIC NATIONALB.
468
un portrait de la vaîllanie Lortainequi cons-
titue la manjue diïlinctîvc de ses étiquet-
tes et cadiets.
Les iiq lieu r^r, sirop^^ apéritifs et spiritueux
delà (liMilIerie Jeanne d'Arc sont d'une
préparation soign<?e rpii ne met en œuvre
que les produits de ia meilleure qualité.
Ett outre des genres courants du coni'-
merce, M, Gouthière prépare deux excel-
lenies spécialités : te Kina*Cycle et la Pé-
dûiîne.
Ces deux dénomi nations originales, qui
révMenl évidemment cliez M. Gouihière, ou
du moins chez ses deux fils associés à sea
ûtraiies^ un goût très vif pour le cyclisme,
s'applir)uent : la première u un apéritif à
à lase de quinquina, et la seconde à une
liqueur éXI raffine, dite tonique et dlges**
tivO; qui forme reicellenl complément d'un
dessert.
M. iACQLTMm, k Mal/éviJle, près Nancy,
a naturellement tenu k participer large-
ment à une exposition leniid dans un cen-
tre vitrcole de t importance de Dijon. Aussi
a-t-îl fait instatlor, en bonne place, une
grande vitrine carn-e renfermant, outre uu
médaillieret une longue liâte de récompen**
ses, des bacons, bon Lionnes et bidotts de ses
levures pures culiivées, dont l'emploi va en
se (fénéralisani progressivement dans tous
les vigrîobles, an grand profil de la qua-
lité des vins obtenus. Ce sont naturelle-
ment des levures des principaux crus de
Bourgogne que M. Jacquemin a spécia-
lement présentés A 1 exposition de Dijon.
An furet a mesure que se développe l'em-
ploi des levures préparées k Tlnstitulde la
Claire du Loche, à Morteau (Doubs), M.
Jac([tiomin diapose d'attestations de plus en
plus nombreuses fournies par des viticul-
teurs qui se déclarent pleinement satisfaits
d'avoir fait usage de ses levures, lesquelles,
toujours, déterminent des fermentations
rapides, saines, réguli 6res et complètes, pro-
duisant géncralcment une augmentation
du degré alcoolique, un développement
marquf? des boufpjcls et, dans tous les cas,
une constitution parlattement solide des
vins formés.
M. Lagacue, à Paris, n'a pas hésité à
présenter ses produits de conflaerie fine :
nougats, pralines, pastilles et bonbond di-
vers, dans une ville comme Difon» qui
Jouit elle-même d*une légitime répuUtioo
pour Texcellence de diverses productions
spéciales de confiserie. Certes la confiserie
de M . Lagache est de nature à ao tenir au
premier rang k Dijon comme partent ail-
leurs.
M. Mêaé DE CHAirtiLLY, k Orléans, expose
ses produits bien connus de droguerie vété-
rinaire, tels que V onguent rouge Méré, le
physîc bail Méré et Yemhrocation Méré.
A ces produits spéciaux pour le traitement
des chevaux, sW ajouté depuis quelque
temps une embrocation athlétique destinée
k être employée par les champions de la
pédale ou des sports exigeant de grandes
dépenses de forces physiques. Les bons
effets de Tembrocatiou athlétique aur toute
la musculature ont déjà été reconnus par
nombre d'athlètes renommés.
M. MiCHAL,distillateur-liquoriste âHyères
(Var), présente à Dijon comme à Rochefort
différentes spécialités ainsi désignées :
Amer Michal^ Arquebuse Michal, Absin-
the Française Michal, Liqueur la Hyéroi-
se, et Rhum Saint-Costa.
Préparés avec beaucoup de conscience et
de soins, ces produits ont une finesse qui
leur permet de rivaliser avec ceux des plus
grandes marques.
M. pRLvosT, à Paris, a envoyé A Tex posi-
tion de Dijon cinq pianos de sa facturecou-
rante. Comme instruments musicaux et
comme meubles, ces pianos étaient à la
hauteur de la notoriété qu'a conquise la
marque Pruvost depuis quelques années,
notoriété qui ne peut aller qu'en s'accrois-
santdans Ta venir.
M. SnHANTÉ, pharmacien à Met/ (Alsace-
Lorraine), prépare une liqueur, dont la dé-
signation Kola-Kina Schanté indique assex
la composition fondamentale, à base de
quinquina et de noix de kola.
460
EXPOSITIONS
Les mérites Ioniques et stimulants de ces
deux produits des pays tropicaux sont main-
tenant unanimement reconnus, et la judi-
cieuse association des deux produits fait de
la liqueur 8chanté un reconstituant de pre-
roîer ordre.
MM. SmoN PRÊRES, à Cherbourg, ont en •
voyé à Dijon une collection assez complète
des instruments de leur fabrication com-
prenant : fouloirs & raisins, pressoirs ordi-
naires à claies circulaires ; pressoirs nou-
veaux à charges fractionnées et superpo-
sées, enveloppées de toiles spéciales et sé-
parées par des claies de drainage horizonta-
les ; écrémeuses centrifuges dénommées la
Couronne ; barattes à mono batteurs ; ma-
laxeurs ; moules & beurre ; concasseurs de
grains et broyeurs de pommes.
Les pressoirs nouveaux à charges frac-
tioDiiéc» ont plus particulièrement attiré
l'attention des viticulteurs bourguignons
venus en foule à l'exposition de Dijon, et,
ce nooTeau système de pressurage a été très
favorablement apprécié. Il a pour lui, d'ail-
leurs, la sanction d'expériences pratiques
coDclaantes puisquefà la suite d'un concours
tenu à Nantes, Vannée dernière, sous la di-
rection de M. Ringelmann, chef de la Sta-
tion d*e8sais du ministère de l'Agriculture,
la oiédaiUe d'or constituant lo premier prix
a été décernée aux nouveaux pressoirs de
.MM. Simon frères, comme ayant donné le
plus de liquide, avec la moindre force dé-
pensée et dans le moins de temps employé.
Ajoutons aussi que le liquide obtenu au
moyen de cette nouvelle méthode de pres-
surage est d'une grande limpidité relative,
comportant beaucoup moins de lie que le
liquide sortant des pressoirs ordinaires,
avantage qui est particulièrement appré'
dable dans la préparation des vins blancs,
surtout lorsqu'on veut les obtenir de rai-
sins rouges, ce qui est maintenant une pra-
tique courante.
La viticulture bourguignonne ne peut
donc qu'être reconnaissante à MM. Simon
frères d*avoir créé un nouveau mode de
pressorage constituant un progrès réel sur
l'ancien système.
ET CfK^CÔUAS. 470
EXPOSITION oE ROûHEronr
[Suite.)
Le compte rendu d& l'exposition de lio*
cheforÈ, que nous avons publié d^ns notre
journ»! de sopt^^rabrej appelle un complé-
ment pour la rédaction duquel nous ii'avonj
dis|K>sé des éléments nécessaires qn aprè^
le tirage de ce journaL 11 s'agit des parti'
cipatîons d'un certain nombre d'exposants
dont radfiésian ne nous est parvenue que
tardivement. Voici \b^ notnsque nousavou*
à publier concernant ces participations :
M. Bartoîx>me^ premier dentiste roumain,
à Bucarest, a exposé des travaux de son art
qui témoignent d'une habileté technique de
tout premier ordre, mais dont la descrip-
tion serait superflue dans nos colonnes.
M , Blindin, viticulteur, à Magaratch Gn-
mée), a (?xposé des vins blancs , des vin s;
rouges et de» vins de liqueur, obtenus de
vignobles dont il dirige personnellement
rexploitatfou, en y appliquantles méthodes
françaises. Ces vins sont sensiblernent su-
périeurs à ceux (|ue préparent, dans la mô-
me contrée, les vignerons russes qui suivent
des errements traditionnels par trop prioii*
tiff.
M. CoMSES, an château de Urouer, com-
mune de Vire (Lot:, présente des vins du
canton de Puy-riivêque, semblal>les àceu^
qui, envoyés au concours agricole de Paris
en 1895, y obtinrent une médaille d'argent.
Ces vins sont obtenus du cépage indigène
dénommé Auxerroîs grefTé sur plants amé-
ricains de Hiparia et Hupestris Phénomène
du LoL Ils ont tous les caractères des meil-
leurs vins dits de^ahors, qui jouissaient dé-
jà d'une grande renommée dans lancrenne
Gaule, ainsi qu'en témoignent les Commun-
taires de Jules César. L'éminent oenologue,
le docteur Jules Ouyot, parlant des fins du
Lot^ a écrit ^f qu'il avait été surpris des hou^
effets de ces vins sur la digestion et sur leA
(orces du corps et de l'esprit. »
Après leur envahissement par le phyllo-
4ÎÎ
jaVRIVAt HK^âUfiJL DE
xéra, les vignobles d a LoL ont été reconsti-
tués en cépages indlgènci g('etfû:i sur plante
américains parfaitement uppropriéi à la na-
ture dn sol, et la production des nouvelles
vignes a présenlé les mt^mes mérites qu au*
trefois. Aussi les vins de Gahorâ sont-iU
toujours de bonne conservation et d'un
excellent bouquet qui se développe ot ^agne
en qualité aveclage. Leur richesse alcooli-
fjuc va de 10 à li? degrés^ dépassant même
ce dernier çhilîre dans les bonnes années.
De la généralité des vins du Lot. ceux du
canton de Puy-rEvéque, présentés par M.
Combes^ sont peut-être les plus soignés, les
mieux tniitéiï et par conséquent le^ plu^iJins
de goiU et les plus solides de consistance.
M. Dëhelle, pharmacien et cbimiste-
micrographe, à Lonc Sartbe , pénétré de
1 importance indéniable de Thygiènedela
bouche, a appliqué ses connaissances scieu
ttliques à constituer un ensemble de pro-
duits dentifrices d'une composition essen-
tiellement antiseptique.
l'iirmi C6S produits, ciions rémaiilinG De-
tnelle^ composition destinée à entretenir et
inéme à vivilier Témail de^ dents, et t eli-
xir, la pale et la poudre dentifrices k base
d antiseptiques^ tels que le glycéro-benzo-
naplilol etletanïio-salol. On ne saurait trop
recommander, pour les soins tiygiéniejue^
de la bouche, lusagede produits au^siscicn*
tiliquement composés.
L^CADKMIS NATIONALE. 472
M. MicHAL, distillateur, à Hyères Var;,a
présenté ses spécialités consistant eu un
I amer, une eau d'arquebuse, une absinthe,
unrbum eirezcellente liqueur la Hyéroise.
hô même que a noblesse oblige », la rési-
dence de M. Michal sur la côte parfumée
d Hyères lui fait une loi de ne préparer que
des produits véritablement extra-fins.
H.NicHOL:.s,à Glasgow (Ecosse), présentait
des whiskies parfaitement r3ctifi es et mù*
ris, que leur finesse recommande au choix
dos amateurs de ce spiritueux, lequel compte
tant d'adeptes dans les populations de race
britannique. Bien qu'il ne plaise générale-
ment pas au goût français, le whiskey n'en
ust pas moins un spiritueux tonique d'un
rcol mérite.
M. SoDERLUND,négociant à Karlsham (Suè-
de), a envoyé à Rochefort des conserves de
barengs fins marines, préparées avec un soin
et un bon goût auxquels on ne peut que
rendre hommage, et méritant la qualifica-
tion de Délicatesses que Ton applique, dans
les pays du Nord, à toutes sortes de prép-
rations alimentaires, à saveur plus ou moins
épicée. Véritablement les harengs marines
de M. Soderland constituent un hors-d*œu-
vre exquis, auquel on est heureux de pou-
voir goûter en France grâce à leur mise sous
forme de conserves.
PRODUITS ALIMENTAIRES
LA LIQUEUR CHARTREUSE
Quel est le secret de la recette pour la
préparation de la célèbre liqueur connue
sous le nom de Chartreuse 'f C'est hï une
question qui a préoccupe bon nombre de
distillateurs de profession, ainsi qu'une
grande quantité de personnes se livrant à
la préparation de ce qu on appelle les li-
quciiJ's de ménage .
>ous ne prétendons pas jiouvoir révéler
le secret dont il s*agil, mais il nous parait
utile de reproduire les indications suivantes,
données par le D' Félix Brémond, dans le
Dictionnaire de la Table ;
'f Toutes les liqueurs monacales génêrale-
jn^înt ci^timccs, trappistine, bénédictine, feuil-
lunline, etc., se rapproclient plus ou moins de
la Chartreuse. Au début de son industrie, i'or-
ilie religieux que saint Benoît institua, sans
iiony:er à la distillerie, ne préparait que « l'éli-
xir de la grande Chartreuse » ; il a doté le mon-
de gourmand de «la chartreuse blanche »>, do
» la chartreuse jaune o et de « U chartreuse
^^ifp*
473 THODUiTS
verte >, lor3qu*a augmcnlô le débit des peti-
tes floles enfermées dans des étuis en hots.
Voici, diaprés Dorvault, la formule de Télixir
de la ^aode Chartreuse : Mélisse fratche, 160
(grammes ; hysope fraictie, 610 ;anffélique fr^it-
eue, 320 ; canoelle, 16) ; safran, 40 ; rnacis
Heur de muscade), 40. Après liuit Jours de ma-
cération dans 10 litres d'alcool, ou disUUe sur
unecerUiine quantité de plantes fraicJies ; oti
bout de quelques temps, on presse, on ajoute
1.2M grammes de sucre et on flltre. Les li-
queurs se font avec le résidu de cette distilla*
lion, auquel on ajoute des proportions vnnnbLes
de plantes fraîches, pour obtenir d'abord la
verte, puis la Jaune, enfin la blanche. Si j en
crois un habitant de l'Isôre, bien informé, cette
transformation n'est pas pratiquée au couvent
des moines, mais bien dans une véritable usi-
ne, située à quelques kilomètres plus Las, au
lieu dit Pourvoiries, à l'entrée de la piLLorcs-
que grotte du Désert. Un professeur de I Hcotc
de pharmacie a publié une formule plu*} pi-otl-
que, et peut-être plus vraie, de la liqueur que
Ton croit toujours fabriquée avec les pi an tes
des Alpes dauphinoises. La voici : Ëssencn de
mélisse ci tronée,2 grammes ; d'hysope,2, dan-
gélique, 10 ; de menthe, 20 ; do muscade, 2 ■
de jgirofle, 2 ; sucre, 400 , alcool : 2 litres. Je
n'ai pas besoin de dire que les chartieuses à
bon marché ont une composition encore plus
élémentaire ; l'eau-de-vie de betterave et la mé-
lasse en font nécessairement partie.
La chartreuse véritable est un bon dlgesliN
mais les personnes qui en abusent sont dou-
blement incommodées. Indépendamment des
accidents inhérents à la trop grande Ingtjation
d'alcool, elles éprouvent encore un malaise spé-
fial et des accidents nerveux particuliers, dus
.1 raction des essences. L'élixir est un vérita-
ble médicament et non une liqueur. A la dose
dune cuillerée à café, au plus, il peut rendre
quelques services dans les tranchées, les coli-
ques et l'indigestion, mais il est dangereux
d'en prendre à tout propos, malgré l'apprécia-
tion emphatique d'un pieux hygiéniste qu'il est
inutile de nommer. •
De notre côté, nous avons eu connais-
sance de la recette suivante, que nous avons
expériaientée personnellement et qui nous
a donné d'excellents résultats, en Iburnîs-
sant une liqueur se rapprochant le plus
près à notre connaissance, de la véiitable
Chartreuse :
Faire macérer pendant 48 heures dans un
litre d'alcool à 90« un mélange ainsi composé :
Anis étoile 3 grammes .
Racine d'angélique 1 grammt^.
Safran 2o cenligriinimcs.
Carvl 1 gramme.
Ambrctte 20 graines .
M^UlBMAinKS.
174
Faire fondre un kîlo^rammQ de sucre dan!^
im litre d'eau distillée, opérer ensuite le mé-
lange des deux liquides, et filtrer.
Le mélange d aromates dont il s'agit pou-
vant s'obtenir aisément chez tous les phar-
maciens et droguistes, la préparation d'une
liqueur dite Chartreuse se trouve, grâce a
cette recette, aussi facilitée que si m pli liée.
Mais, il ne faut pas se raîre d'illusions, le mé-
rite du résultat obtenu dépendra principale-
ment de ta linesse de falcoûl employé, et
ce qui rend la véritable Ctiartreuse presque
inimitable^ c'est bien plus la supériorité
des vieilles eaui-devie ralûnée^ employées
à sa préparation j (jue la combinaison^ plus
ou moiuiïsecrèteet plnsou moins coin (ilexe.
des graines et plantes atomatiques uti liftées
pour constituer sa saveur spéciale.
Nous savons bien qu'il existe une légende
d'après laquelle le secret de la composition
de ia Chartreuse serait enfermé dam un
cœur d'argent que porte constamment sur
sa poitrine le supérieur du couvent î Mais
cette légende n'est qu'un attrape nigaud,
à /usage des personnes assez sottes pour ad-
mettre qu'une préparation véritablement in-
dustrielle, qui porte chaque année sur pliï-
sjeurâ millions de bouteillesj peut reposer
sur un secret détenu par une seule personnel
De secret proprement dit il n'y en a pas.
et il ne saurait y en avoir 11 est même in-
ii ni ment probable que, suivant les années et
stiivanttes ressources fournies par la végé-
tation d&î plantes hatsamiquesj la compo-
sition des mélanges aromatiques employée
dans les laboratoires du couvent de la Gran-
do Chartreuse doit subir des variations ptu^
ou mûîns importantes.
Mais, ce qui est certain, c'est que, dans,
le personnel du cou ventôse trouvent des dé-
gustateurs éméritesr au goût franc et sm\
qui savent excellemment diriger lesdisith
lationset les manipulations di verses , de l^i-
con à ne livrer au commerce qu'un produit
réellement très tin et d'une qualité incon-
testablement supérieure.
475
JOURNAL MENSUEL DE L'ACADEMIE NATIONALE.
COMMERCE
476
LC CÛMW£ROE EXTÉRIEUR DE LA
FRANCE EN AOUT 1898.
A la tin du mois d août, les statistiques of-
ficiel les de noire commerce extérieurétaient
les suivantes, pour l'année courante et pour
Tannée dernière :
objets (rfilim(*ntation 1.081.855.000 583.46S.000
à rinduatrie..... l. rilîi. 409. 0(>0 1.570. TlO.rOO
Ohjete fabpiqiîéa 41R. 142.000 402.091.000
Totaux, fr.. . . 3 049.406.000 2.554.47S.000
E:iî»OllTATIOfîi?.
1898
1897
410.636.000 439.782.000
ObjolB d'alimentation
Matières nécessaires
h riinhiBtrie i;n0.8e9.00n rt27 170.A0n
Ohieta fabnaué* 1,152.6*8.000 1.181.751.000
Colis poiUiîX. 102.470 000 97.7(8.000
Totaux, fr. . . . g, j^5.613. 000 2.346.421.000
En rapprocliant ct^s chiffres de ceux qui
exprimaient les résul tats de notre commerce
à la fin de juillet, on constate que les résul-
tats propres aux mois d'août desannées 1897
et 1808 sont les suivants :
Août 1898 Août 1.397
Importations ,..,. 329.304.000 307.559.000
Exportations 321.088.000 254.030.000
Ces résultais doivent être considérés com-
me relativement satisfaisants. Si, compara-
tivement aux mouvements du mois d'août
1807, nos importations ont augmenté de
21.745,000 fr. en aoiH 1898, il est agréable
de constater que, de leur côté, nos exporta-
tions se sont accrues de 67.028.000 fr. Il y a
là un premier effet lieureux de la fin de la
guerre liispano-américaine. Il est évident
qu'un nombre d'expéditions de marchan-
dises, à destinatioQ des anciennes Antilles
espagnoles, qui avaient dû être suspendues
ou retardées pf^ndant les mois précédents,
ont pu reprendre leur cours normal durant
le mois d'août.
Malïieureusement cette amélioration, quel-
que remarquable qu^elle soit en elle-même,
Est d*une bien faible valeur absolue, et ne
peut modiGerie caractère général d^ résul-
tats globaux des huit premiers mois de l'an-
née 1898. Ces résultats 86 traduisent par un
sol défavorable de la balance duconoiniwce
atteignant 773.093. 000 fr.,alorsque le solde
déficitaire des huit premiers mois de l'année
1897 n'était que de 208.057.000 fr.
LE COMMERCE EXTÉRIEUR OC L.A
SUI88E EN 1897.
Le trafic commercial de la Suisse a de
nouveau accusé, pendant 1897, une aug-
mentation, tant à l'importation qui s'est
élevée à 1,032 millions de francs, qu'à l'ex-
portation qui a atteint 003 millions de
francs. L'excédent de l'importation sur l'ex-
portation a continué à augmenter aussi et
s'est élevée 341 millions de francs, soit à
33 %, ce qui a amené un cours de change
avec l'étranger plus défavorable qu'il ne l'a-
vait jamais été auparavant.
Le chiffre total de Texportation des ma-
chines suisses à l'étranger s'est éle%'é pro-
gressivement de 27 millions de francs en
1891 k 42 millions en 1897. Ont contribué
à cette augmentation, pendant Tannée der-
nière, les dynamos et les turbines exportées
en Russie et en Espagne pour les travaux
destinés à la production de l'électricité et de
forces hydrauliques.
L'exportation des montres de poche et
des bottes à musique, des instruments d'hor-
logerie et des rubis de montres, s'est élevée
k 105 millions de francs.
L'industrie textile est, de beaucoup, la
plus importante pour la balance commer-
ciale de la Suisse; elle importe annuelle-
ment pour 175 millions de francs de ma-
tières brutes et elle exporte pour 370 mil-
lions de francs (plus de la moitié du total
de l'exportation) — de produits fabriqués
entièrement ou en partie. Les branches
principales de l'industrie textile suisse —
la broderie, le tissage des étoffes de soie et
477
COMMERCE.
478
des rubans, le tissage du coton et la filature
de toutes les fibres textiles ont leur débou-
ché en Allemagne, en France et surtout en
1 Angleterre et dans TAmérique du Nord.
Pour certains articles des tissus de coton
en couleur et de la broderie, les régions
tropicstles jouent le premier rôle, mais le
débouché y est fortement disputé, depuis
1894, par l'industrie du coton de lltalie
qui, avec des capitauxsuisses et allemands,
travaille che z elle à beaucoup meilleur mar-
ché que les autres pays.
Des indices d*une pareille émigration de
capitaux et d'expatriation dMndustrie se
manifestent aussi dans le tissage de la soie
et dans les broderiesde Saint-Gall. Par suite
du système protectionniste français, d'im-
portantes succursales de maisons de la
Snisse orientale ont été établies en France.
Le bill Mac-Kinley a, de son cAté, eu pour
résultat d'attirer aux Etats-Unis des indus-
triels de Crefeld, de Lypn et de la Suisse,
qui y ont fondé des centres de production
menaçant la production européenne. Sur
155 nouvelles fabriques pour Tindustrie
textile fondées aux Etats-Unis en 1897, il
y en a eu 9 pour l'industrie de la soie, rien
que dans les derniers six mois. De fait,
dans la seconde moitié de 1807, Texporla-
tion aux Etats-Unis des étoffes en soie de
Zurich, a déjà diminué très sensiblement.
Par contre, la France a reçu en 1897 des
étoffes en soie de la Suisse orientale pour
une valeur de 17 milhons de francs, supé-
rieur de 3 millions à celle de 1896. On peut
en conclure que laccord commercial fran-
co-suisse de 1895, aurait profité surtout aux
tissus en ?oie de Zurich : c'est sur cet arti-
cle que porte presque la moitié de laug-
roentation de l'exportation totale de la
Suisse en France pendant les trois derniè-
res années. Le développement des affaires
avec la France a profité, en outre, aux in-
dustries suisses des montres, des machines,
des produits chimiques et du fromage.
Les broderies de Saint-Gall ont vu des-
cendre la valeur de leur exportation en Amé-
rique de o2 millions de francs en 1895 et de
30 millions en 1896 à 27 millions de francs
en 1897. Leur débouché en France a aussi
dimiouê ; en AngleieiTe il s'est maintenu
an même chiffre de Tannée précédente 1 18
millions et demi de francs . L'exportation
totale des broderies de Saint-Gall s'est ^^ levée
pour Tannée 1897 à près de 80 millions de
francs contre 78 millions en 139*3.
L'exportation des tissus de coton en cou-
leur a tiéchide ^millions et Fcnvoi de tissus
de colon bruts en admission temporaire à
Mulhouse pour y recevoirun complément
de fabrication a accusé la même diminution
de 2 millions.
Pour les tissus en laine/il y a eu augmen*
talion de la consommation dans le pays même
— et, pour les articles Hnls^, dans Texporta-
tion aux pays qui sont les principaux dé-
bouchés, l'Angleterre, le î^evant, TAsie
orientale et les Ktats-Unis,
L'exportation des filés de coton, de laine.
de sOjC a diminué : la schâppe seule a accusé
une léi^ère augmentation !?2. Il millions rlc
de francs en 1897 contre 21.07 millions il e
francs en IBM:. L'exportation des tissus
élastiques a diminué comme celle des arti-
cles en maille.
La concurrence étrangère* tout en contra-
riant l'industrie textile en Suisse, a pour-
tant contribué au développement de ses in-
dustries des machines et des couleurs. L'ex-
portation suisse des couleurs de goudron
s*e8t élevée do 15 millionsOOO.OOO francs en
1896 à 16 millions 1/3 en 1897.
D*aprùs le tableau de Texportation des
denrées alimentaires suisses, il a été exporté
en France pour 9,0^.^2,090 fraacs de froma-
ges et pour 021, 0<U francs de bétail.
L'exportation totale de la Suisse en 1^97,
représentée par une valeur de 003 raillions,
a été supérieure de 5 millions à celle de
l'année précédente 0S8 millions de francsj.
En ce qui concerne les importations le
froment, le bétail, Tor en barres, la l\irlne,
le maïs, les conserves de viande amt^ricaine,
le saindoux de porc ont accusé une diminu-
tion. On aj par contre, constaté une augmen-
tation pour la soie brute 18 millions de
francs , les machines, le charbon, le cuir,
Torge, le malt, le houblon, le vin, letaliac
et les cigareSj les livres, le bois, le fourrage,
iesen^raisj les porcs, les moutons, les léi^u-
479
iOOfLNAL AIEiNSUEL DK L AGADEMIK iNATlONALB.
mes, les œufsjle bourre, la viande, les étoffes
en soie et les chaussures.
LE COMMERCE DE LA
RÉPUBLIQUE ARGENTINE EN 1897
Laanée 1897 n a guère été favorable à la
liépu bl iq ue Argen ti ne sous certains rapports.
D'abord la p^rte de la récolte des céréales
en 1800 a fait subir une atteinte sérieuse au
commerce. Puis la prime sur l'or a graduel-
le mon L haussé en entraînant une chute cor-
respondante dans la valeur du papier-mon-
naie.
Le pris moyen de Tora été de 291 .30 pen-
dant l'année, contre 21fllô en 189(5, et 344.
39 en ISQo. Par contre, il y a reprise dans
la situation économique, du pays etplusieurs
entreprises ont été rachetées par des capita-
listes européens.
Le commerce extérieur delà République
a subi utie diminution considérable en 1897
et toujours pnr SU] te de lapertedes récoltes.
Celte diminution s'i^st portée sur les expor-
tations et sur les importations, les premières
n'ayant atieint que 101,169,292 piastres or,
et les secondes que 9rï/^88,948 piastres or
contre 11MO-,01<Î Piastres et 112,163,591
piastres, respectivement en 1890.
Four los sorties, c'est la France qui occupe,
la première place : ses achats se sont éle-
vés k 22.999.019 piastres d'or.
L'Allemagne.... 14.047.135 —
11" Angleterre. . . - 12.934.090 —
La Hel-ique.... 8.934.829 —
Les Ktats- bois.. 8.321.611 —
L'halle 3.fKi4.616 —
Pour les importations ;
4Ç0
36.392.057 piastres d'or
11.114.102 —
L'Angleterre..
L'Allemagne..
U France 11.019.576 —
L'Ilolie 10.943.038 —
Les Etats-Unis. 10.101.714 —
La Belgique 8 . 040 . 254 —
Les principaux achats français opérés en
1897 sont :
201.603 peaux de bœuf.
48.075 peaux de mouton.
188.110 balles de laine.
57.358 carcasses de mouton gelées.
811 tonnes de blé.
44.712 de mais.
43.767 de graines de lin.
4.2J3 d'autres graines oléagineuses.
La production du beurre se développe
rapidement dans l'Argentine, qui a pu en
exporter 15,000 caisses l'année dernière.
Cette industrie est soutenue par des capitaux
britanniques, et pourra prendre de vastes
proportions, la matière première étant d*nne
abondance extrême.
Parcontre, la pro'luclion du sucre a beau-
coup diminué l'auTiée dernière, n'ayantporté
que sur 105.000 tonnes en 1896.
U République a reçu en 1897, 72,978
immigrants européens et 32,1(>5 immigrants
venant de Montevideo. Parmi ces immigrants
européens, on a enregistré : 44,678 Italiens.
18,316 Espagnols, 2,835 Français, 1,144
Turcs, 987 Allemands et562 Anglais. Parmi
eux il y avait 25,483 cultivateurs et 10,755
journaliers. En 1896, les imraigranlsd'outre-
mer étaient au nombre de 102,673.
D'après le Moniteur officiel du
Commerce.:
— i —
BIBLIOGRAPHIE
't
Un nouveau confrère: i« J/i:îrjtyc.y '; si une marque de fabrique existe en Fran-
Frant\u^i:.^. 4 ce. Lllenous parait indispensable aux In-
Cette publication constitue un répertoire î dustriels. Fabricants, etc., pour éviter les
il lustré de toutes les Marques françaises, à
Taidê duquel on peut savoir immédiatement
procès en contrefaçon de marques.
Paris, 97, rue St-Lazare. — 20 Ir. paran.
Le Directeur-Gérant, Rédacteur en Chef, Eugène THlfiRY.
UtiillMU^T (OIS£)« -^ IMPRIMEHIK DAIX FRÈREb, PL.\CE i5A IN 1- ANDRÉ, 3.
JOURNAL MENSUEL
M-
L'ACADÉMIE NATIONALE
AGRlCÛIiE, MANDFACTCRliiRE ET COKMËRCUIK rT^7\l?.?.K^*
68* Annés. — NOVEMBRE 1S98.
- 1 f ^_
SOMMAI HE
AQftlCULTUll£, — Grandeur tt dêcadcncÊ du nitrate de soude et du i^uiitio. — CL^pa^c liybnJe de PÎQoL-Caber*
Titi, ciéc pfiT M. du LaOh à la Gauphine (Hérault!i< — Kxpcricncei^ pratîquo sur la culture de» signet amcr]«:n£i}cs,
par M. ViolOf* Cqmb^ap à VErt* [Loti- — La. rtïcolu du blé àin^ Le monde en ié^H, ~ Lei r^<;oltes d'org« et d ^vui-
ue, — Emploi de U bouillie bordelaise contre le cloque du pocher. — < L'ati me rt talion dubJiailau moyen dcsdr^vlKs
ïechées. — L^ vij^ne en Kusaio, — La si^ri^-iculture dins U Hu&gie d'Asie.
INDUSTRIEi — Kcr^nieuse centrifuge Iji Cotironttt:, de MM. Simon fràra»^ ii Cherbour|T. -^ Ri^|i;utJtcur d^ vitirs^e
pour tranïmbviom Lirctriques, par MM. Chatza fr«reft. â Belle vue (Loiret — Monre uni%'eTae1k de M. Ban«, ^i
Nogent-le*Rotrou (Eure-^t-Lojrf — Le* L'hcminsi de f<?r Trançais, anglai* et alkniands. — Lei chemins de Ur df
rBuTûpe gu t-r janvier iBqS. — La pierre de vi^rre. -^ La production aciueUe du pêtrok, ^ La tûbriciit[oa ^a par-
fums dan^ le^ Alpi:::«»-Maiititi>i;N.
PRODUITS ALINI ENTAI R£S. — ['roduiti de eonfîserie, de M, P* Novv, àLîma^
EXPOSITIONS ET CONCOURS, — Exposition Internationale de Berpcn. — EjtpoBÎïinn de Rotlieforl,(Sw*7f eljn*
L\pusiÈ!on de Diion, \Suite cî^fi»],
COMIiERCE. — Le eocîim<?rc<3 extérieur de la France en &eptetDbr< tBgS. --^Le conimerce de la France et de bl's
colonie^p — Le comtnerce extérieur de i'ttia lie.
AGRICULTURE
GRANDEUR ET DECADENCE
DU NITRATE DE SOUDE ET DU GUANO
Dans un article publié pur le Journal de
V Agriculture, le 8 mai 18Q7, M. J. Ph. Wa-
gner signalait de nombreux easd'eirets nui-
sibles produits par remploi du nitrate de
soude. La causs da ces effets nuisibles sem-
ble due à la présence de doses élevées de
perehiorate subsistant tlans le produit expé-
dié du Chili^ par suite d'un manque de soins
dans la pré pa ra tion . Ces doses de perch lorate.
allant jusqu'à 5 et U %, ont été fréffuem-
ment constatées et ont eauâé d'importants
ravages dans les récoltes^ notamment en Al*
lemagne, où Ton a con(;u aussitôt une gran-
de défiance envers les nitrates de soude d'o-
rigine cliilionnejCt oii Ton s'est préoceupt'de
lesremplacer par d'autreiî engrais cbimï<|ues,
notamment par lu sulfate d'atnmoniatiue.
avisés de cette situation, lei producteurs
du Cbili se sont bien vite elfarcés de faire con-
naUi*e au monde :[u'ils allaient perfection-
ner leurs procédés de préparation, de fa^on
à faire disparaître complètement le perehio-
rate, mais leurs assurances à ce sujet ne
semblent cependant pas de nature à dis-
siper certaines prcventions nouvelles, et \\
est incontestable que l'emploi du nitrate Jf^
soude en Europe accuse depuis plusieurs
années déji une raarcbe rétrograde nette-
ment dessinée.
Pendant les cinq pretnicrs mois de Teicj-
cice courant, la consommation s* est en ell(it
diminuée de U3, 000 tonnes contre celle de
1 époque correspondante de Tannée passée.
Et ce, malgré des cours plus bas que jamais
et fcTC tension croissante des cultures pour
lesquelles la précieuse matiôre fertilisante
est employée. La rétrogradation continuel lo
*r'
483
joubnàl mensuel de l'académie nationale.
484
de la vente du nitrate de soude dait âtre at-
tribuée principaletnenl à t emploi croissaat
du sulfate dammoniaijuo par la culture eu-
ropéenne. Peut-être cet engrais sera-t-il ap-
pelé dans un avenir rapproché à remplacer
le nitrate de soude k cause des avantages
multiples qu'il présente.
Le sulfate d ammonisirf ue est en eiïet plus
riche en azote 20 pour 10ï)contre 15.5 pour
100) et par conséquent plus aclir. En outre,
les frais de sa fabricRtion sont très bas en ce
qu'il forme un résidu des usines à gaz et ne
coûte dans ce cas presque rien, et que l'on
peut le fabriquer dans des fours u coke où il
peut ôlre fourni au prix de 15 fr. les 100 ki-
log. Son cours moyen est, à 1 heure qu'il
est, en moyenne 20 francs les 100 kilog. et
par conséquent susceptible d eLre sensible-
ment diminué. Les appréhensions des pro-
ducteurs du Chili untnotamment leur raison
d'être quant au marché ullemîind, oii l'usa-
ge du sulfale d'ammoniaque prend de jour
en Jour plus d'extension. On se convaincra
aisément du fait en apprenant que la pro-
ductiriîj de cet article en Allemagne attei-
gnait)'ïi 1807 le chiflre respectable de 75,000
ton nés T auquel il faut encore ajouter une
importation de 32.00J tonnes de TAngleter-
re, de la Belgique, de la France, de la Hol-
lande et de l'Autriche-Hongrie, tandis que
Texportatton du produit pour la même année
ne touchait guère au chidre de 2,000 tonnes.
Pas ne sera besoin de relever les consé-
quences désastreuses de la crise persistante
du commerce du nitrate de soude pour l'E-
tal du Chili . L'industrJH salpi'trière a eu une
influence décisive sur le, développement et
la prospérité économique de ce pays ; elle
a fourni les moyens d'existence à une frac-
lion notable de ses habitants,
La situation du Pérou avec ses riches gi-
sements de guano dans les temps passés ne
sera désormais pas meilleure. Car ces gise-
ments, qu*on avait cru un in^ianl inépui-
sables, commencent ù diminuer d'une façon
efTrayante^el Tépoque ne sera probriblement
pas très reculée où le pays sera également
privé de cette source imporlantede revenu.
Bien que le précieux engrais eût été era- <'
ployé au Pérou depuis iïn temps immémo
rialjSon exportation sur les pays de l'Euro-
pe ne date que de l'an 1840. Le 10 novem -
bre de cette année le Gouvernement du Pé-
rou a octroyé la concession exclusive des
gisements de guano existants et ceux à dé-
couvrirpourune période desix ans à Tentre-
preneur M. Francisco Qui roz. Cette conces-
sion d'exploitation, illimitative d'ailleui^,
lui fut accordée sous les conditions suivan-
tes : versement de 1.500 piastres = 7,500
francs comptant et de 38,500 piastres
(192,500 fr.) en bons trésor lors de la si-
gnature de la convention, 50,000 francs
après la première année, autant après la
deuxième, ou en tout, 3)3,000 francs. A
cette époque le guano se payant en Angle-
terre à 24 livres sterling la tonne, on a une
idée des bénéfices énormes que cet entre-
preneur aurait réalisés, si le Gouvernement
n'eût pas résilié le contrat le 27 novembre
dépannée suivante. En 1842, le guano fut
déclaré domaine de l'ËUat et le Gouverne^
ment le vendit directement à un certain
nombre de négociants qui rexpédièrent sur
l'Europe. 289,049 tonnes de guano furent
écoulés de cette façon.
Mais en 1847 l'Etat abolit la vente par in-
termédiaires pour l'entreprendre lui-même
par une foule d'agents dans chacun des
pays consommateurs. La première de ces
agences fut organisée en Angleterre et bien-
tôt tous les pays importants de l'Europe, de
l'Amérique et de l'Asie eurent leurs agents
auxquels le Gouvernement consentait une
part fixe au bénéfice. Cette part était en
France de 4 pour 100, en Angleterre,en Al-
lemagne et en Espagne, de 5 et demi pour
100, en Chine de 7 et demi pour 100, etc.
De cette façon, le Pérou écoulait, pen-
dant la période de 1849 à 1868, 7,075,194
tonnes de guano rapportant à la caisse de
l'Etat une somme de 1,093,750,000 franss.
En 18Ô9, la firme « Dreyfus frères et Cie »
obtient la concession exclusive de 2,000,000
de tonnes, et à l'heure qu'il est, elle a le
droit exclusif de la vente du guano du Pé-
rou ; le Gouvernement a seulement réservé
de prélever au prix de 5 fr. par tonne sur
les produits exploités, la quantité nécessaire
aux besoins du Pérou lui-même.
485 AORIClII.TURe
Depuis l'octroi de la concession, la Com-
pagnie Dreyfus a vendu 3 millions de ton-
nes, et il semble bien que les gisements du
PéroQ soient sur le point d'être épuisés.
Comme les autres pays producteurs auront
également épuisé leurs gisements dans un
avenir prochain, le moment n*estplus très
éloigné où legtiano aura complètement dis-
paru du commerce pour y être remplacé
par d'autres matières fertilisantes. Cepen-
dant oet engrais, en disparaissant, peut re-
vendiquer la renommée d'avoir été un fac-
teur important et un puissant auxiliaire de
la culture intensive, pas seulement au Pérou,
mais dans lé monde civilisé entier. Tout en
ayant offert des avantages immenses à Ta-
sricullure, il a en même temps enrichi
beaucoup de spéculateurs et de commer-
çants.
m
CÉPAGE HYBRIDE DE PINOT OABERNET
créé par M. du Lac
au Château de la Gauphine,
par Cazouls-lès-Béziers (Hérault.
On lit dons le Pubîicateur de Béliers
du 21 octobre 1898 :
« Les difficultés d'adaptation, à certains
sols, des vignes américaines, et les inconvé-
nients du greffage ont poussé les hybrideurs
à la création de plants ayant des qualités
particulières, que les américains purs ne
possèdent pas. Et aujourd'hui, après de pa-
tientes et longues recherches, ):ous avons
des milliers et des milliers d'hybrides. Com-
bien, dans CCS bataillons hétérogènes^ mé-
ritent les honneurs de la plantation ? Ne fi-
xons pas de chiffre, il serait trop faible.
Il t lailu un véritable travail de bénédic-
tin de la part des obtenteurs pour distin-
goer^ classer, cultiver pendant quelques
années et mener à bien ces quelques favo-
ris, égarés au milieu de centaines de sujets
sans valeur. Car la nature ne vient pas tou-
jours à Taidede la science en matière d'hv-
qualités des parents.
Quelques hybrides ont déji^ de brillants
états de service. Prochainement nous les
ferons connaître, quoique leur utilisation
soit encore probïématîquedana le Midi de
la France et surtout dans rHéraLilt. Maïa
dès aujourd'hui nous dirons un mot du Pi-*
not-Gabernetj pour cette double raison, que
cestnn enfant du pays, et qif il a une réelle
valeur.
Issii du Pinot de Bourgogne et An Cabof-
net de îa Gironde, ~ des parente illustres,
— l'hybride de M, du Lac est un cépajîe à
vin fîn.qin? le Midi viticole ne rejettera pas et
que d'autres régions pourraient peut-être
adopter avec profit. Le vin est alcoolique.
fin, bouqueté, et tellement supérieur à nos
vins ordinaires les mieux soignéSi qu^ju
dégustateur non prévenu lui assignerait
comme origine les côtes de la Gironde oit
les collines de la Bourgogne. Est-ce à dire
que dans nos plaines do niérault le Pînot-
Cabernet doit remplacer l'aramon ? Ce se-
rait une grosse faute.
Le Pinot^Cabernet n^est pas un cépage à
grande production comme Tara mon ou le
carignan, c'est un cépage iin, qui donne
des vins Je qualité supérieure et non pas
Tabondance. Quel plant nous donnerait à
la fois quantité et qualité ?
Plus productif que le Pinot et le Caber*
net, Ibybridede M. du Lac a une fructirt-
cation un peu inférieure à celle du carignan
venu sur nos coleanx tlu Midi, et une bonne
végétation. Ost encore, on le voit, une
production convenable, supérieure pour un
cépage de choix. Les raisins, plus petits
que ceiiït du carignan * sont de première
maturité.
Tous les porte-grelîes semblent lui con^
venir également et les soins de culture et de
vinification sont \^% mêmes que Q^n\ qu'on
accorde h nos cépages ordinaires.
En résumé, végétation comparable à celle
des répages cultivés dans le Mrdr ; bonne
fructification et vin très sapérieur-C'est plus
qu'il n'en faut pour qu'un hybride se ré-
pande. Kn coteaux, et c'est la seule place
que lui donneront les viticulteui^s méridio-
bridatioD. Le fils n'hérite pas toujours des <| naux qui produisent des vins this, le Pinot
Cabernet est incomparable.
4^ JOITRNAL agiVSUEL iDI
Les vins à bouquet ne sont pas l'apana-
ge de la Bourgogne el du Bordelais aeule-
Tuent, Le Midi peut en âvoir^ M, du Lie
luyus Ta prouvé avec sou hybride s comme
déjà, mais à un degré moindre^ les viticul-
teurs de Saint-Gorges, de Limoux et d*aîU
leurs nous avaient prouva; que le Midi avait
des vins spéciaux.
Le Pinot-Cabernet est un cépûj^c de co-
leaui ;c'eât1à sa véritable place; etsl Tob-
tenteur l'a cultivé dans toutes sortes de sols,
u La Gauphine, c'est bien plulùl pour
en taire une étude personnelle que pour
engager les viticulteurs à le suivre dans cette
voie.
Le Bordelais et la Bourgogne, celle-ci
surtout, auraient peut-être grand intérêt û
cultiver en grand le ?inot-Cabernot ; mais
nous n'avons pas jï e^canainer ce point spé-
ctaL Dans le Midi, s^il ne doit pas occuper
ia plus grande place, on devrait cepcndajit
lui iaisi^er une bonne partie de l'autre, et il
I occuperait bien. «
ifKCkbé^lR NATIONALE.
4&^
EXP££RΣNC£5 PHATtQUES 8U.1 LA
CULTURE DES VIGNES AMERICAINES
Par M. Victor Cowbe:Sî au château de Brouelj
commune de Vire, par i*uy-rEvéque ;Loi).
Sous le litre iiui précède j noire Socié-
taire i^l. Victor Cotnbes a publié un volume
d'environ 300 pages, qui en est déjà a sa
distième édition, et ({ui cottstitue, a notre
avis et à notre connaissance, le vade me-
cum le plus complet et le plus utile du vi-
gneron moderne.
Bien ijue l'on abondant en renseigne*
ment3 historiques et eu données scientUi-
que^ d'une réelle utilité pratitiue, l'ouvrage
ne vise pas à un caractère dogmaii{[ue ex-
clusif: il est avant tout un recueil de con*
seils sérieux el d'indications précises, mis a
la portée des plus iiumbles cultivateurs de
vignes.
Généreusement, M. Victor Combes a tenu
h Taire proli ter le monde viticole tout entier
desconnafssanceset des renseignements que
lui ont vains plusieurs aimées ileludcs et
d'expériences pratiques, réalisées dans la
culture de ses propres vignobles. En cuire,
il a recueilli et reproduit toutes les iadica-
tions d'écrivains viticoles dont il a pu vérilier
par lui-même rexactitude et le bien-fondé.
Les questions si complexes de la recons-
titution des vignes françaises par remploi
de divers plants américains sont anaiyséci
et élucidéas dans l'ouvrage de M. Combes
avec une clarté et une autorité qui ne lais-
sent rien à désirer, en même temps que
d'intéressantes données sont fournies sur les
mérites de tels ou tels porte-greffes ou de
tels ou tels hybrides, suivant les natures di-
verses des terrains dans lesquels ils doi-
vent végéter.
Kn résume, l'ouvrage de M. V. Gomb.'s
est d un praticien cmérite, parfaiieoient au
courant de toutes les connaissances théori-
ques et scientifiques, et ayant su tirer de
ces connaissances les déductions utiles pour
rendre la viticulture véritablement sûre et
prospère.
Il n'est pas un propriétaire de vignoble
qui n'ait intcrêi à consulter Touvrage de
M. Combes, et à s'approprier les multiples
enseignements qu'il contient. C'est pour-
quoi nous recommandons chaudement cette
publication, domt le prix est de 3 fr. franco
poste .
LA RÉCOLTE DU BLÉ DANS LE MONDE
EN 1898.
D'après le Bulletin des Halles la récolte
de cette année donnerait pour TEurope un
total de 540 millions d'hectolitres contre
4iO minions en 1897 ; pour l'Amérique 278
millions contre 250 Tannée dernière, L'A-
sie et l'Afrique fourniront aussi un grand
surplus. L'ensemble delà récolte du monde
entier peut être évalué pour Tannée à %7
millions d'hectolitres contre 813 en 1897.
A ce total, la France contribue pour 123
millions et demi d^hectolitres, la Russie
pour 127 millions, la Hongrie pour 45, l'I-
talie pour 44, TEspagne pour 36, TAllema-
gne pour 38, TAnçleterre pour 24, la Tur-
quie pour 24, les Etats-Unis pour 230, TAr-
genline et le Canada respectivement pour
489
AGRICULTURE.
490
22 et 21. Les Indes Orientales fourniront 90
millions d*hectolitres.
Il D*y aura d'importations considérables
qn'en Autriche, en Allemagne, en Angle-
terre et en Belgique. L'Angleterre deman-
dera 04 millions d'hectolitres.
Les exportations les plus considérables
seront celle de la Hongrie, qui pourra four-
nir 19 millions d'hectolitres, celle de la
Roumanie qu'on peut évaluer à 11 millions,
celle delà Russie qui dépassera 40 millions.
Les Ëtats-Unis pourront céder 78 millions
et la République Argentine 13 millions sur
la sienne.
D*autre part, d'après VEveninq corn tra-
de listy voici quelle serait la récolte du blé
en Europe, cette année, comparativement
avec les deux campagnes précédentes :
Pays
1898
1897
1896
Hcctol.
Hectol.
Hectol.
.\utriche.
15.950.000
14.500.0n0
13.775.000
HoDerx''e.-
43.500.00.)
34.800.000
50.750.000
Beljfique.
8 70 J. 000
7.250.000
7.250.000
BulK^irie .
15.950.000
11.600.00.)
10.125.000
Iiaueraark
1.450.000
1.450.C03
1.450.000
France...
123.2.;0.000
89.900.000
124.700. OCO
Alleiriagne
37.700.000
39.150.000
40.020.000
(Jrèce
2. m. 00)
l.Ssj.OOO
2.175.000
Hollande.
2.175.(00
1.8S5.000
2.175.000
Italie
43.500.000
31.'. 00.000
:0. 750. 000
Portugal .
2.175.000
2.175.000
1.450.000
Hoamariic
21 750. OJO
14.500.000
23.0Î2.500
Russie . . .
110.200.000
lOS. 750.000
126.150.000
Caucase. .
14.500.000
10.875.000
15.950.000
Serbie....
3.625.000
2.465.000
3.635.000
Espagne.
37.700.000
31.900.000
2 J. 000.000
Suède....
1.450.000
1.150.000
1.450.000
Suisse
1.450.0DO
1.450.000
1.740.000
Turquie
d'Eur...
11.600.000
10.150.000
14.500.000
.\agleterre
13.206.000
19 575.000
21.025.000
Toi. Europ
c 5-22.000.000
187.610.000
551.072.5)0
Le journal anglais estime ainsi qu'il suit
la consommation du blé en Europe, en
reprenant ses évaluations de production
depuis la campagne 1891-92 :
Campagnes Production Consommation Différence
en millions d'hectolitres
l>98-99
1^37-98
... 522.000
437.610
(iOO.300 —
597.400 —
594.500 —
591.600 —
588.700 —
585.800 —
582.900 -
580.000 -
78.300
159.790
l>95-97
l.*^-9f5
... 561.000
540.995
43.50J
50.605
J.^.54-95
l^V3-94
... 554.625
... 5;^5.944
34.075
59.856
LS92-93
... 498.075
84.825
lïîyi-92
... 4^7.054
152.946
Ainsi, d'après ces chîfTr es, U production
en Europe est supérieure à celle de Tan
dernier de t>4 millions dUientolitrea en chif-
fres rondï^. mais inrérieure à celle de 1896
de 31 millionsd'hectalitrei.
Mais il faut tenir coniptedece fait, qu'en
1896 les stocks éUieiiL abondants, tandis
qu'aujourrriiui ih sont presque iolalement
épuisés et devront élre reconstitués au moins
en partie.
Tenant compte de ce Jalt, VEvening
corn trade Hst établit comme suit la com-
paraison entre les insuffisances de la pro-
duction du blé en li^umpe elles excédents
disponibles pour l'exportaElon dans les
grands pays producteurs de blé do TancieEi
ou du nouveau monde :
Insuffisances probables
Hoyaunie^rnE gj.SO^i.OiiO
France ,. 4.35<).uiMt
Allema i^nc» Bel ^'i que . Hollatide 30 . 1:0, dOo
Italie 7.È50.0'»0
Espagne et Portiiffai 2.90<>.00iï
Suisse. 5.075.000
Grèce, Scandinavie et divcra 5.075.000
Antillos, GUkiG, Brésil, etc 13.U5<ï.0tK)
TotaL
llil.lOO.O^Hï
Exportations prob^^btes
Etals-Unis et Canada fil .200. iW
Russie.. lO.ôW) im
Roumanie, Duljïarie, elc .,,. 2û.30(^noû
Indes (blé vieux) sîJJOi) .n<MJ
ChiU et Australie E.tOO.oon
Tunisie, Alyrérle et divers ZA75Mm
TotaL
150<0T5aKKi
D*aprèi ces chifires, la biilaiiL-e en faveur
des exportations serait delQrntllions d'Iiec-
tolitres, sans parler de celles de la Républi*
que Argentine où la prochaine campagne
commei!cera en jaiivier, ni de celles des
IndeSj en ce qui concerne les blés de l'an
prochain, qui sa moisson neront t^n avril.
LES RECOLTES D ORGE ET D'AVOINE
Le Journal officiel du 0 octobi'ô a publié
les évaluations ofliciellesdutninislère deTa-
gricuUure sur les récoltes d'orge et d'avoine
eu France en 1SQ8»
22
I»I
JOtfANAL H£!^âlli£L UK L ACADEMIE NATIONALE.
49,?
Les totaux généraux decôs évaluatiotisâont
lea suivants ;
Surftstûs ensemencôes, liectareSn. Sl5J*Xi
Produit en draina . . I Q q i n t a u x
Surfaces enBemeneéesT heclares-, 3,9tl.2iu
{ Hectolitres. Hfâ.SST.sm
Produit eu if ralns . * j Q u i n t a u x
On sait queTavoine occupe, après le blé,
le second rang dans les cultures de notre
pays ; elle couvre cliatiue année près de qua-
tre millions dliectares et joue» par cansë-
quent, un rùle très important dans notre pro-
duction générale.
Fart rapport à 181Ï7, il y a eu diminution
ié G7*O00 hectares dans la superlicie des ter-
res ensemencées en avoine, mais la super-
Ucjede ISOSu'enest pas moins restée supé-
rieureàla moyenne des cinq dernières années
qui a été de 3,916,000 lied ares environ.
Le rendement total est le plus élevé qui
ait jamais été conâtaté en France jusqu^i
présent, saut' cependant en Ibul ; il s'élève
en efTet à plus de 105 millions d'ttectolitreSt
et il n est inférieur quo de 758*000 hecioli-
très à celui de ISOL qui avait été obtenu
d'une culture portant sur 4.*i4ti.000 hecto-
litres. Le rendement moyen de 1808j cor-
respondant à 20 hectolitres S6 par hectare,
est largement supérieur au rendement
moyen de la dernière période décennale qui
n*a été que de 22 Jiectohtres 0 i par hectare.
La récoUe do 1898 représento donc, tant
par elle-même qu'en comparaison avec les
an nées antérieu res, u n résu 1 ta t es cet 1 en l . —
Uuant à la qualité du grain, elle paraît très
bonne. En effet, la récolte correspond h
50,096,000 quintaux mutriques^ ce qui l'iuL
ressortir le poids moyeu riiectoîitre à 47
kiL 300 ; il est notablement supurieur à ce-
lui constaté les années précède nie?;.
La culture de Torge présente moins de
difTérences quecelle d3 Tavoine par rapport
à Tannée précédente, La surface ensemen-
cée (845,700 hectares) n'est inférieure que
de 12,200 hectares à celle accusée en 1897.
Les résultats généraux ne paraissent pas
moins bons que pourTavoine. La récolta to-
tale, qui atteint 18 millions d'iiecLolitres,
n*est inférieure qu'à celle réalisée en 1891,
où les emblavurés avaient été exception-
ncUes, tandis que, cette année, elles sont in
férieures à la moyen ne des cinq années pré-
cédentes (873,500 hecUres).
Le rendement moyen ressort k 21 hectol.
73 par hectare ; ce rendement n'avait pas
été enregistré jusqu'ici dans les statistique
oflicielles ; la dernière moyenne décennale
était de 18 hectol. 41 . — Quant à la quanti-
té, elle paraît bonne ; la récolte correspond,
en effet, à 11,800,000 quintaux métriques,
ce qui fait ressortir le poids oioyen de l'hec-
tolitre à 64 kil. 23, au lieu de 62 kil. 400 en
1807 et de 64 kilog. en 1896.
Les résultats accusés par les documeois
officiels sont donc tout aussi favorables pour
les autres céréales qu'ils Pavaient été pour le
froment.
Terminons en rappelant les chiffres affe'-
rents aux récoltes des cinq années précé-
dentes, teisqu'ils sont arrêtés définitivement
par le ministère de l'agriculture :
ORGE
Années
Surfaces
ensemenc«*es
Produit en
Hectolitre»
grains
QuintauiL
1893~ . . .
874^36
12.340.999
7.'3ï>6.0j8
1894....
890.314
17.074.408
10.8aS.5>6
1895 ....
890.687
17.014.733
10.845.9 i7
lS9ti....
853.877
16.241.431
10.3ô6.7Dl
1897 ....
857.911
14.503.560
9.0àl.24^
AVOINK
.Vnnccs
Surfaces
ensemencées
Produit en
Hectolitres
grains
Qaiotaav
1893 ....
3.842.402
62..-i6r524
28.546.218
1894....
3.881.399
91.878.734
42.724.304
1^95....
3.9t)8.937
94.877.753
44.398.784
189(i . . . .
3.916.286
92.003.398
42.994.444
1897 ....
3.990.5ÔJ
80.204.076
36.760. 4o9
EMPLOI DE LA BOUILLIE BORDELAISE
CONTRE LA CLOQUE DU PÊCHER
Communication de M. V. Delpech, au
Journal de F Agriculture.
La cloque du pécher est une maladie pro-
duite par un champignon de la classe des
493
AGRICULTURE.
4U4
Discomycètes^ appelé scientiliquemenl Ta-
phrina deformans. Ce cryptogame attaque
surtout les organes foliacés du végétal et
les met dans l'impossibilité presque totale
de remplir les fonctions qui leur sont dévo-
lues. Les feuilles du pécher atteintes de cette
maladie redoutable, se boursouflent, devien-
nent plus fragiles et quelquefois se replient
légèrement en forme de gouttière.
Ce champignon apparaît à la face inférieu-
re des feuilles, sous forme d'une poussière
blanchâtre qui n est autre chose que les fruc-
tifications du champignon. J'ai plusieurs
fois remarqué que les feuilles ainsi attaquées
par ce terrible parasite étaient souvent re-
couvertes d'une multitude de pucerons du
pécher. Et, chose curieuse, les feuilles saines
n'avaient presque pas à souifrir de lattaque
de ces insectes.
J'ai cherché les causes qui poussaient ain-
si les pucerons à se grouper sur ces feuilles
malades ; voici le résultat de mes observa-
tions :
Sachant d'abord que les pucerons sont
friands du suc des végétaux, je me suis de-
mandé, si les feuilles attaquées par le cham-
pignon étant devenues plus fragiles, et par
suite plus facilement meurtries par les im-
lempéries, il ne s'en suivrait pas un écoule-
ment de sève jouant le rôle dappât pour
ces insectes. Ceci me parut peu vraisembla-
ble, et voici Tessai que j'ai fait moi-même
pour bien me rendre compte de ce qui se
passait.
J'ai pris sur un pécher une branche
dont un certain nombre de feuilles étaient
attaquées par le champignon ; j'ai ensuite
produit un vent factice en secouant avec
violiiice la branche choisie, puis, armé d'une
bonne loupe, j'ai pu constater qu aucune
des feuilles attaquées n'étaient meurtries
par le choc et qu'il n'y avait pas, par con-
séquent, d'écoulement de suc susceptible
d'attirer cette population dangereuse.
Mais là ne s'arrêtèrent pas mes investi-
gations ! En effet, quelques jours plus tard,
une idée me vint à l'esprit et je crus alors
découvrir les véritables causes de l'attaque
presque exclusive par Tinsecte des feuilles
malades.
Les feuilles de pécher a tteiiites par ce
champignon ne Ibnclionnent plus normale-
ment : la sève ne ci nu le pas facilement et
reste pour ainsi dire stagnante dans tes ihr-
sus ; il s'en suit dans ce cas que Tépiderme
de la feuiile devient plus tendre, moins co-
riace et conséquemmenl plus facilement
pénétré par le rostre de ces in sectes h
Donc, je crois vive dans Ifi vrai en di-
sant (fue deux causes principales dtU immi-
nent ces insectes à avoir une certaine prédi-
lection pour les feuilles malades. Les voi-
ci :
En prernior lieu, je le répèle ^ Vé pi der-
me de [a feuille éîant moins coriace^ pluâ
tendre, les pucerons enfoncent plus facile-
ment leurs rostres.
En deuTtième lieUj les tissus étant gor-
gés de sève qui ne peut pas circuler ou qui
circule mal, les pucerons y trouvent une
pourriture |)Uis abondâJite, et l unité de
surface des leuilles peut alimenter 14 ri plus
grand nombre d^insedes.
Les feu d les a Lta jouées, et par le cham-
pignon el par Tiusecte, conserveuL q&au-
moins leur couleur verte pendant quelques
jours, si bien que, de prime abord, il ne
semble pas que Tarbre doive en souffrir.
Mais hélas l iIlusîgncomplèL6,pn voit bien-
tôt la feuille prendre une teinte jaune, si-
gne précurseur de sa chute à brève échéan-
ce. Il est, dans ce cas, facile de comprendre
qu'une bonne partie de la récolte e^t per^
due, <|uclL|i]et'ui:^ la récolte tout entière, al
que la vio de Tarbre peut aussi être com-
promise.
Le végétal peut se trouver dans un état
daffaiblissoïnent si grand qqe non seule-
ment la récolte de Tannée est compromi-^i^,
mais fMicare lu réc^d le de plusieurs années
consécutives. De lu la nécessité d'employei'
un remède efljcace pour combattre ta mala-
die. J'eus immédiatement recours à la bouil-
lie bordel a is{î employée pour combattre les
maladies cryptogamiques de la vigne, et
j'obtins des résultats merveilleux.
Le remède est curât if. Il ne faut cepen-
dant pas attendre que les feuilles commeu-
' cent à jaunir, ou ne serait pas sur alors d^
pouvoir sauver des organes dont la vitalité
405
JOUHflAL MENSURL DK L'aGADÊMIK NATIONALE.
496
serait aui troïsquflrts penlne. Voici la cora-
posiiiori de la solution que j'ai employée:
2 kilog- de sulfate de cuivre,! kilug.
de chaux viie. Le tout dans 100 liiresd'eau.
Cetle bouillie détruit en même temps
t|ue Ja cloque du ptcher tous les pucerons.
Les feuilles des a r Lires traités avec cette
bouillie ne lardent pas à reprendre leur
couleur normale et leur vitalité première,
en assurant de cette façon la bonne venue
de plusieurs récoltes consécutives largement
rémuïNjnitrices.
I-'ALIMENTATION DU BETAIL AU MOYEN
DES DRÉCHES SÊCHÉE8
Avec Tespiit de méihude (|ui les caracté-
rise, les Allemands ont vile compris com-
bien de services pouvait rendre la drèche
sécliée à la brnsserle et à fa^'riculture ; dans
les centres de l'abricatiuri de bière comme
Uurtmund, Munieli, i*iUcn, ils ont créé des
Uiiuci pour le sécha^^* dos drèches, qui ont
piiré à lavilisscment des prix, amené par
une si grande produciioii de drèche mouil-
lée : en thénie Leiii[>s ib unt rendu un im-
mense servicea l'a^uculuireen constituant,
par la supprt^sstoïi de l'L^aii, un produit ([ui
peut se conserver indélinuuent, et un ali-
mejkt do tout premier clioix pour les bes-
tiaux, uUi?si pour les chevaux.
il résulle. en ellei^ d'essais faits dansTar-
méo alieujamJe, que des chevaux nourris
avec des drèches sèches ont non seulement
conservé leur ^ igueur^ niais montré une
plus glande résisiance que ceux à qui Ton
avait continué de dotîuej de l'avoine.
Ce réâuliat ne nous surprend pas, quand
on coiupare la ricliesse des matières nutri-
tives contenues dans la drèche séchée à cel-
les contenues dans tes diverses céréales que
l'on donna aux chevaux.
KUiirti
Hâtières
MAUèrei
4J0U»a
grmn
hydroMrbaaif
Avoine. ..
12
b
50.0
Orge
11.2
2.1
05.5
Seigle....
11.14
1.7
07.8
Mais
10.0
6.5
05.7
Fèves.. . .
■J3
1.4
50. l>
Drèches de
brasserie
17.18
1.11
40.05
On voit que la drèche est beaucoup plus
riche en matières azotées et grasses que l'or-
ge, d où elle provient. Cela s'explique fa-
cilement par le travail du brassage, qui n*a
enlevé presque uniquement du grain que
les matières hydrocarbonées pour en faire
du sucre, de Talcool par la fermentation.
C'est cette richesse en matières azotées
qui rend la drèche si précieuse pour Tali-
mentation, car elles seules contribuent à la
formation des muscles, des os et do sang,
tandis que les amidons et les sucres ne con-
tribuent qu à réparer la dépense de calori-
que provenant de la respiration et du mou-
vement.
Les drèches se rapprochent le plus de la
composition chimique des fèves, dont tout
le monde connaît les propriétés excitantes
sur les chevaux, mais qui ont le grave in-
convénient de les échaulTer considérable-
ment, tandis que la drèche séchée n'a pas
cet inconvénient.
Parle travail de la germination etdu bras-
sage, 1j drèche est devenue digestive, légè-
rement rafraîchissante, tout en conservant
un pouvoir nutritif énorme : c'est de la ma-
tière rendue assimilable par le travail qu'elle
a subi, et non pas une substance inerte et
d'une assimilation dithcile.
Les Allemands ont bien compris tout l'a-
vantage que Ton peut en tirer : aussi ont-
ils remplacé presque totalement l'avoine
par la drèche séchée, ce qui leur fait une
économie qui n'est pis à dédaigner. En ef-
fet, 100 kil. de drèche Svîchée remplacent
120 kil. d'avoine, ou 125 kil. de maïs, ou
145 kil. de seigle, ou 140 kil. d'orge, ce qui
représente, au prix où sont les céréales,
70 % d'économie sur l'avoine, 4 ) % sur le
maïs, 80% sur le seigle et 50% sur l'orge.
Il y a là un bon exemple à suivre.
LA VIGNE EN RUSSIE
La vigne croît à Tétat sauvage dans les
contrées méridionales limitrophes de l'Asie
sur le versant du Caucase. En Russie d'Euro-
pe, la limite septentrionale de la vigne tra-
497
AGRIGULTURiC.
498
verse la région méridionale des gouverne-
ments du bassin de la Yistule, du gouver-
nement de Minsk, versPinsk, passe au sud
deTchernigow, versKoursk , Voronège, Bo-
rissoglebsk, Saralow, et traverse VOural aux
environs de Gouriew. Dans la Russie d'Asie,
sa limite septentrionale traverse la province
de Semirietchinsk et le bassin de TAmour.
La limite de culture de la vigne peut être
fixée approximativement au 49^ degré de
latitude septentrionale, et coïncide avec
la ligne isolhermale -f- IG** centigrades, de
mai à septembre. En Bessarabie, on trouve
des vignobles à 1,110 pieds au-dessus du ni-
veau de la mer ; en Crimée, à une altitude
de 1,000 pieds ; dans le Turkeslan,à Samar-
kande, la vigne croît à 2,340 pieds ; dans
certaines localités de la province de Kars,
le raisin mûrit même à 4,500 pieds d'alti-
tude.
Les contrées vinicoles de la Russie peu-
vent être groupées en 6 régions : P la Bes-
sarabie ; 2° la Crimée ;3o la région du Don;
4* la région d'Astrakan-Oural ; 5^ la région
du Caucase, et 6* la région deTurkestan.
On fait remonter la plantation de la vi-
gne en Bessarabie aux colons grecs qui s*y
établirent deux ou trois siècles avant Tère
chrétienne, ou seulement aux Génois qui
fondèrent des colonies sur les rives de la
mer Noire aux onzième et douzième siècles.
Dans les gouvernements de Podolie et de
Kherson, la culture de la vigne ne date que
du siècle dernier. D'après les publications
statistiques les plus récentes, on compte,
en Bessarabie, environ 65,000 hectares de
vignobles. Dans le gouvernement de Kher-
son, 3,500 hectares, dont un millier dans
le district d'Odessa ; dans le gouvernement
de Podolie, où la superficie des plantations
s'accroît continuellement, environ 70,000
hectares.
La situation et l'exposition des vignobles
sont très variées : dans le sud de la Bessa-
bie et sur les rives inondées du Dniester^ ils
occupent les plaines ; dans le Nord et le
centre ils sont plantés sur les versantssepten-
trionaux ; dans les gouvernements de Podo-
lie et de Kherson, la vigne croît exclusive-
ment sur les coteaux exposés au sud et
au sud-ouest. Les ceps sont taillés à long
hors ou EL court bois ; la taille moyenne se
fait rarement. En liiver, les cepn h long
bois sont enfouis ; ceux à court bois restent
à Heur de terre. Les cépages indigènes do-
minent j parmi lesquels, nous citerons les Ko-
proii. Zguigarada.Gelbena, Rara negra, Pla-
vaga. Dnns certaines parties du gourverne-
menl do Kherson I on cultive spécialement
les Cf^ pages étrangers : Riesling, Pinots.
L'hectare produit en Bessarabie environ
200 védros ou 2,460 litres, 2,160 litres en
Podolie, Dîitis les bonnes années, le rende-
ment des vignobles est t'-levé dans certaines
conlrées du gouvernement de Kherson où la
moyenne est de 300 védros par hectare. La
moyenne annuelle de la production du vin
en Bessarabie est de 11 ra illions de védros; le
vé d r o ér| u i va ut à 12 W très -^ 0 .
Les vins de Bessarabie sontinféneurs aux
crus renom mes de 1 a Cri raée : ils son t sou ven t
acides, aqueux, peu alcooliques, h Texcep-
tion de? vins d'Aekerman, a rembouchure
du Dniester. La plus grande partie du vin
se ver^d immédiatement après la veiuinnge
comme vin nouveau. Lea vignerons con-
somment 15 p. 100 environ de leur récol-
te. Dans les années moyennes, on vend,
rendus èi Odessa» des vins pesant de 7 à 12
dogréfî depuis M fr, jusqu'à 30 fr. rUeclolî-
tre. A cedernit*r prix, ces vins, relativement
fiijs^ proviennent de cépages français ; il sont
à peu pn>i é^'aux parla qualité aux vins or-
dinaires du midi de la France. Les vins de
Bordeaux et de Bourgogne peuventseuls sup-
porter tes droits de douane élevés sur les
vins étrangers en Russie.
La production du vin en Bessarabie a élé
médiocre en 18)7, et fort au-^dessous dv la
moyenne comme quantité et comme quali-
té. Une gelée de 12 degrés survenue brus-
quement» avant que les viticulteurs aient
pu couvrir complètement les vignes, a com-
promis la récolte de celte an née. Dans le dis-
trict d'Ackermann, la récolte a cependant
élé assez abondante. A Chaba, la société vi-
nicoledu Midi de la Russie a acheté à un
prix élevé les vins blancsqu'elle traite d'a-
près les méMiodes usitées en Champagne et
qu'elle vend sous le nom d* « Excelsior j.
409 JOURNAL HElNStJEL DB
La culture de la vigne s'est développée
rapiderDenl en Grimée. En 1SV3, la produc-
Mon du vin s'élevait à 143,432 védros(12 li-
tres 30), à 200,000 en lH3fî, h 6r»l,:i70 en
1849, à dS4,QO0 en 1870, et aajourd hui à
plus d'un million de tédrt>3, Les vignobles
de Crimée couvrent une étendue de 8,000
hectares environ,
Sur la cute naéridionale.on compte 0,600
plants par liectare, de 0,000 à 10j)00 ceps
k Théodosie,de 2,400 à 4^800 pieds par hec-
tare à SimphéropoK Plus de fiOO cépages
dill'érouis ont été importas^ de France, d'I-
talie, d'Kspagne, du (lap et d'Amérique. En
général, ces vignobles se composent de dif-
férentes variétés de cépages, de sorte qu'il
entre dans la fabrication de certains vins
jusqu'il q«in?-e espèces de raisins.
On emploie le soufrage }:our combattre
fojdium dans les vrgjioble^ de la c^^te mé-
ridionale ; on détruit les cep^ atteints par
le phylloitera. Dans les districts continen-
laux,dans ceuxdeSiinpbéroptil et d lilupa-
loria, ou recouvre les plants de terre pour
rhîver, tandis que dans les autres les ceps
rei^tent en plein air,
La production habituelle de b Crimée est
de 1,300,000 il LjW.OOO védros par an,
quand la température a été sufiiiiiumment
faîorable ,
Les meilleurs vins de Crimée, liffuoreux
et suceptibles de s^améliorer eu vieillissant,
(bris, épais j aromatisés, sont ceux du dis-
trict de Jalta et de la cote méridionale ;
puis viennent ceux du district de Théodosie,
plus légers, tnais un peu acides ou aqueux ;
au troisième rang, les vins des districts
dEupaloria, de Dnieper, de Mélilopol et de
Sîmphéropolj qui manquent de bouquet, et
ont une certaine ûprelé. 90 p. lO'J des vins
de la Crimée étaient autrefois vendus en
Russie d'Kurope et en Sibérie ; 10 p. 100
seulement étaient consrmmiés sur place.De-
puisquelques années^ on exporto une cer-
taine quantité de ces vins en Angleterre et
en Egypte.
La région vinicole du Don comprend les
vignobles situés dans les premier et deu-
xième districts du terntotre des Cosarjuesdu
Don, Les hivers rigoureux et sans neige de
l'académie nationale.
500
1847 ol 1848 anéantirent plus des trois quart^
des vignobles. On y compte actuellement
10,000 vignobles répartis sur à pea près
4,000 hectares. Ils occupent les flancs des
coteaux exposés au midi, sur la rive droite
du Don. Il est difficile, enTabsence de ren-
seignements exacts, de déterminer la quan-
tité de vin produite dans cette région où les
méthodes de vinification sont encore impar-
faites. Beaucoup de ces vins sont convertis
en boissons mousseuses.
LA SERICICULTITRE DANS LA RUSSIE
D*ASIE
U production du Turkestan, de la Perse
(Recht) et du Caucase a atteint en 1898 le
chiffre élevé de 6,120,000 kilogrammes de
cocons frais. Le rendement, bien supérieur
à celui de l'année 1897, est de 2,300,000
kilogr. pour le Caucase seul.
L'industrie locale absorbe la majeure
partie des cocons. Dans le Caucase : Noukha
^gouvernement d' Elisabeth pol) a employé
3i0,000 kilogrammes ;le DaghesUn, 94,000
kilogr. ; le gouvernement d'Erivan, 30,000
kilogr. ; la Mingrélie (gouvernement du
Koutais), 26,000 kilogr. L'exportation ne s'est
élevée qu'à 125,000 kilogr. de cocons secs.
L'importation de la graine de versa soie,
par Batoum,a atteint en 1897-1898 le chif-
fre de 288,000 boîtes de 25 grammes. Des
deux pays importateurs, la Turquie tient le
premier rang avec 182,000 boîtes de race
blanche de Bagdad ; la France a importé
106,000 boîtes de race jaune .
L'industrie de la soie (filature et mouli-
nage) est concentrée en grande partie dans
la ville de Noukha (gouvernement d'Elisa-
belhpol) et dans les environs,oiiIa séricicul-
ture forme la branche principale de l'indus-
trie rurale. Les 53 filatures de la région ont
un moteur à vapeur ou hydraulique. Elles
emploient 1,140 métiers à trois dévidoii-s et
3,383 fuseaux pour le moulinage delà soie.
Dans le gouvernement de Bakou, on comp
le 93 filatures à bras avec 372 dévidoirs.
L'outillage des deux filatures du gouver-
501
nemeni d'Eritan est plus perfection nd : elles
possèdent des moteurs à vapeur avec H9 dé-
Tîdoirs et 2,100 fuseaux pour inoulinage.
Dans les villages du gouvernement do
Koutaïs, là plupart des Hi mi Iles ont un mé-
tier d*un système prîmilif, leur permettant
de Jilerla petite quantité de cocona qu'elles
n^ontpu vendre dans le courant de Tannée,
INDUSTRIE
ÉCRÉMEUëE CENTRIFUGE
La Couronne
de MM. Simon frères, constructeni's- méca-
niciens à Cherbourg (Manche).
Dans nos comptes rendus des expoâiiiorïs
d'Alençon et de Dijon, nous avons déjà men-
tionné récrémeuse centrifuge dite J^a Cou-
romie.quB MM, Simon frères, de Cherbourg,
ont offert r,etle année aux beurreries iVîm-
^■arscs, comjnGCOrtipléraent de leur matériel
ordinaire de barattes et de malaxeurs. Nous
Ecrémeu^i^ < inlrifugG ft brus dite Lj Caitromte^
sommes heureux de pouvoir fourni raujour- [ pareil qui se commande ft bras d'hommtt
d'hai une description complète de rei ap- ( et n'exige pas de force motrice.
503
JOURNAL MENSUEL DE L'aCADÉMIB NATIONALE.
504
Lecrémeuse La Couronne^ résultai de
longues rechcmiiesel d'essuis n^ pétés, jJi Hè-
re de la majeure partie des éci-émeusG.«ï me-
eaniques eu usage, surtout par la forme du
bol qui est absolument cylindrique. Hllc ne
possède que deux pièces mobHei : le con-
duit central à lait, et la partie dite La Cou-
ronne, qui remplace les ailettes des autres
écrémeuses et qui est une sorte de pyrami-
de tronquée A, cotés inégaux, dont les arê-
tes sont percées de petits trous. Ces deux
pièces, très simples, sont des plus faciles à
Couptî vartkuie do Téf rémeui^o la Couronne.
Explication des signes :
A. Récipient pour le liiil non ruri^iTh^ — îl. (londuit d'alimentation. — C Boîte régfulatrice. —
D. Floitetir. — K, Vis k cn^me. — l^ Coiuioits tlu luit écrémé.— Ci. Couvercle du bol.— H. Rondelle liv
caoutcliouc pour liî couvei'clo du boL ~ I. (!<mv<'rrl« du lait écrémé. — J. Bol. — K. Partie intérieure
du bol (la imuronne fi 1^' conduit centi'id n UûU^ — L. Boîte à huile pour les couches de la gorge. —
M, Couclie de la gsjrgo. — N. Houdt^lle d« raiiiit<Hiouc pour les couches de la gorge. — 0. Support —
P. Coadutl i^ralsseur de la rouo dt^ vis. — Q. Cijuduits graisseurs pour les goujons de l'axe.— «.Cous-
sinet pour h;s couches du goujun. — S. Billes dai'ter pour les couches des goujons. — T. Support
fiour te récipient ù lail. — U. Couvercle à on-jue. — V. Grande Houe.— W. Trous à graisse pour l axe
de la manivelle. — X, Manivelle, — Y» Boite ù graisse pour le goujon du bol. — Z. Cran d'arrêt. —
A. Boue de virt, -^ A. Plvol. — O. Vis rék'uîatricedu goujon du bol. — a. Axe de la roue de vis. —
b. Trou i\ qrai^se pour Tnxe do la roue de vh.— i\ Coussinet de dessous.
démonter et à nettoyer. Les figures qui ac-
compagnenl cet article et la légende expli-
cative dos signes de la coupe verticale per-
mettent au lecteur de se rendre aise ment
compte du mécanisme de Tinstrument. Fai-
sons observer qu'un débrayage automati-
que très ingénieux et fonctionnant s.ans au-
cun bruit est placé sur la roue commandant
la vis, afin d'éviter tout accident. Ce dé-
brayage remplace avantageusement la dis-
position ordinaire, consistant en un linguet
placé sur la manivelle.
^mmmmm
505
MM. Simon frères garantissent que cette
écrémeusene laisse dans le lait que des tra-
ces de matières grasses, ainsi que cela a
été constaté au Concours spécial d'écrémeu-
ses de. Saintes, où les petits laits ont été ana-
lysés devant le jury et les constructeurs par
M. Dornic, inspecteur des laiteries à Surgères.
A ce concours,la machine présentée par MM.
Simon frères leur a valu le premier prix,
consistant en une médaille de vermeil et en
une prime de 200 fr.
RÉGULATEUR DE VITESSE POUR
TRANSMISSIONS ÉLECTRIQUES
Communication faite par M\f . Chai/e Frères^
industriels à Bellevue-la-Digonnière, près
Saint-Etienne, à TÂssociation française
pour l'Avancement des Sciences.
a La distribution de IVlectricité à domicile
C4)mme force motrice est très répandue h
Saint-Etienne ; vous Tavez d'ailleurs enten-
du dire par d'autres plus autorisés que moi,
et quelques-uns d'entre vous l'ont peuté-tre
vue fonctionner.
« Elle est surtout employée pour faire
mouvoir les métiers à tisser, mais elle serl
aussi aux dévidages, ourdissages, cylindra^
ges, etc...
a C'est la Société des ateliers de la Cha-
léassière (V. Biétrix et C'*), qui, la premiè-
re, dans notre ville, a compris l'intérêt que
présentent les moteurs électriques pour fa-
ciliter le travail à domicile.
a Une dificulté se présentait cependant :
c'est d'obtenir la constance de la vitesse quel
ifue soit le travail qu'on leur demande. Nous
y avons remédié d'une façon très simple, et
ce sera l'objet principal de cette commun!*
cation sur laquelle je liens à attirer votre
bienveillante attention.
« Nouspossédons un moteur électrique de
1/4 de cheval qui nous a été fourni par Icg
ateliers de la Chaléassière en 1897 pour con-
duire un métier àtisser ; c'est cet exemplaire
sur lequel nous avons fait nos études, qui a
conduit plus tard deux métiers avec une
vitesse absolument normale et constante
gn\ce à une disposition de lil électrique
dont il sera question plus tard.
d Dans un motf^iir h gaz la rcgularité est
obtenue par l'intermédiaire d'un régulateur
à houles qui supprime Vappivi^e <iii gat lors-
que lertort résistant diminua : Nous avons
eu ridée d appliquer ici le même principe
en installant sur noire moteur un petit ré-
gulateur à force centrifuge qui a pour but
de supprimer le courant aussitôt que la vi-
tesse s'accélère ; Técartement des boules, au
lieu d'agir sur la valve du ne prise de ^az,
actionne un interrupteur électrique^et com-
me l'étincelle provenant de cette interrup-
tion pourrait souder les fits que Ion sépare,
noua avons eu l iJée de refroidir^ en plon-
geant ces iils dans Teau,
fj: L'appareil consiste donc en un rtSciptpnt
contenant de Teau ; au fond, une plaque de
cuivre ihée à une lige par où arrive le cou-
rant, enfin une deuxième tige mobile mue
par le ré^'ulaleur et qui pour une vitesse
normale est en contact aver^ la plaque ; dès
le moindre accroissement de vitesse, lei
boules s'écartent, soulèvent cette tige mobile
et par cela mûme interrompent le cou-
rant,
t Notre moteur muni de cette adjonction
fonctionne a vécu ne vitesseahsulumcntcons^
tante.
<E Cet appareil très primitif, installé dans
la Galerie des Machin es en 1889, a bien Ibnc-
tion né depuis sa mise en marche jnsqu^à la
clôture de VExposition.
tt Nous avons, d'autre pn rt, reçu de M. Die-
derichs une lettre où il dit : «« Votre appa-
ti roil nous a permis de snpprimf^r le rhéostat
« qui nous servait primitivement à régler
^E la vitesse de la dynam«ï, ce que nous ne
'X pouvions faire que d'une manière très dé-
'c fectueuse. »
(t Legrand avantage de ce réj^ulaleur, c'est
qu'il ne permet à la dynamo d'utiliser que
la quantité juste nécessaire h sa marche ré-
gulière.
« Poui" cela même nous aurions^ vouln
voir se répandre celte modification. Nous
Tavions d'abord installée dans notre usine
50"
JOtJR?*fAL MFJ^SUKL DR
(je ];i ru6 d'Annonay« nM N ; mais ù partir
du jouroueHG fut transportée à bellevue-la-
Digonritèr6,nou» avons cru nccess^aii'e, dans
rinLérôt général dei ouvriers, d'installer au
centre dota vill'3 i6, place de rHotel^de-Vil-
le) uneaaile de démonsLration à coté de no*
tre magasin de vente. — Dana celte salle
roQctLonne un moteur mû par l électricilé
f|uela Compagnie Kdison. de Saînt-Elienne,
nous livre gratis dans un but de publi-
ai te.
ffi Les ouvriers en venant acheter leur?
rourniinrespoLir le tissage remarLjuent cette
instaUntion ; sUlf Uicom prennent .ils la veu-
lent de suite^ et nous nous en félicitons
iluoiEfue n'y ayant aucun intérêt, car nous
ne sommes pa<ï constructeurs, mais nous
voulons voir le sort de l'ouvrier s amélio*
rer.
'i En terminant, je veux vous signaler un
dispositif que nous proposons et quia été
adopté par la Société Edison, de Saint-Etien-
ne, dans plusieurs cas.
«r Le lit du pûio néf:,Mttr va directement de
la dynamo génératrice k la réceptrice* le til
du piMe positif s'a rrôte à une distance de la
réceptrice et lui est relié indirectement au
moyen d'un troisième fil communiquant par
autant de branclienients distincts avec les
divers métiers. De plus, sur ctiaijue métier
est adapté un commulaieur solidaire du dé-
brayage.
" D'après ce qui précède, lorsque l'ouvrier
arrête un métier, non seulement la vitesse
de l'arbre de commande n'est pos accélérée,
puisque le régulateur entre aussitôt en ac-
tion, mais le métier dont il s a^it sci trouve
simultanément isolé de la source électrique
et si les cinq métiers cessent de b-ittre, la
dynamo réceptrice cesse spûntanéaiont de
fonction ïieri ce qui empêche la transmis-
sion de mouvement de tourner en pure
porLe.
« Il va de soi qu^inversement l<i mise en
marche pour un seul métier ou pour plu«
sieurs métiers s'obtient avec la môme facili-
té, n
l'agadémie nationale. 608
MONTRE UNIVensCLLC
de M. BoNE,
39, rue Charronnière,
à Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir.)
Notre Sociétaire M. Bone, horloger à No-
gent-le-Rotrou, a construit, sous le nom de
Montre universelle^ une montre pouvant
fournir simultanément Theure courantedu
lieu où Ton se trouve, et Theure d'un eu-
droit quelconque de la terre dont on con-
naît le degré de longitude.
On obtient ce dernier renseignement en
tenant compte des indications fournies par
une paire d'aiguilles dorées, dont la petite
marche en concordance avec un plateau ou
cadran supplémentaire tournant, divisé en
360% ou plutôt en ISO"" de longitude est et
180"^ de longitude ouest,étantdonnéque cette
petite aiguille se trouve lixée à la division
du cadran mobile correspondant au degré
de longitude de l'endroit voulu.
La mise en place de la petite aiguille do-
rée s obtient par la manœuvre d'une pous-
sette et de la couronne de remontoir dont
est munie la montre universelle, à la façon
d'une montre ordinaire. Quant â l'heure
courante, elle est fournie par les indica-
tions de deux aiguilles bleues, qui se ma-
nœuvrent à Taide d'une clé.
En consultant la montre universelle, on
y peut donc lire les indications de deux
heures différentes, l'une fournie par les ai-
guilles bleues, et l'autre fournie par les ai'^
guilles dorées, la différence entre les deux
heures étant déterminée par le chiffre du
degré de longitude marqué sur le plateau
mobile, au-dessous de la petite aiguille do-
rée dont le mouvement normal est solidaire
de celui dn plateau.
En constituant cette montre dite univer-
selle, M. Boue a vaincu de réelles diffi-
cultés de mécanisme et a fourni la solution
d'un problème intéressant par la création
du plateau tournant, marqué des 180 de-
grés de longitude occidentale et de longi-
tude orientale.
Mais cette part faite aux mérites réels de
r^^^
509
iNDUsrntE;.
510
l'invention et de son exécution, il ne sem-
ble pas que la montre universelle corres-
ponde à un besoin véritable, ni même à
une grande utilité réelle. Il est de connais-
sance générale que les différences d'heures
de deux lieux déterminés sur la surface
terrestre correspondent aux différences de
longitudes, à raison de 4 minutes horaires
par degré de différence. En sorte qu'il est
facile à chacun de se rendre compte, une
fois pour toutes, d'une différence d'heures
pouvant l'intéresser, et d'établir mentale-
ment, à tout moment, l'heure concordante
d'une localité déterminée, d'après l'heure
du lieu où l'on se trouve, sans qu'il soit
besoin pour cela de se servir d'une montre
spéciale.
La montre universelle de M. Boue n'au-
rait donc d'utilité sérieuse que pour les
personnes dont l'esprit serait rebelle aux
opérations d'addition et de soustraction des
heures et des minutes. Il s'en trouve cer-
tainement ; mais les personnes dont il s'a-
git ne doivent pas être non plus bien fa-
milières avec les questions de degrés de
longitude, et l'on ne voit pas en quoi elles
peuvent avoir à se préoccuper de l'heure de
Moscou, de Chicago ou de Yokohama.
En rendant hommage aux facultés d'in-
vention déployées par M. Boue dans la créa-
tion de sa montre universelle, il est cepen-
dant permis de regretter que ces facultés ne
se soient pas exercées vers la solution d'un
problème plus intéressant.
Le jury de l'Exposition d'Alençon, qui a
le premier jugé la montre universelle de
M. Bone, a sans doute partagé nos idées à ce
sujet en nedécernantqu'une médaille d'ar-
gent à notre Sociélaire. Celte récompense
est peut-être trop modeste en raison des
diflicultés mécaniques surmontées, mais
elle semble suffisante par rapport à l'utilité
pratique de l'invention réalisée.
LES CHEMINS DE FER FRANÇAIS
ANGLAIS ET ALLEMANDS
lies recettes réalisées par les grandes Com-.
pagnies de chemins de fer français durant
les dix dernières années ont été les suivan-
tes :
En 1892....
. 1.110.700.000 fr
En 1893....
. 1.135.460.0013
En 1801....
1.162.800.000
En I80r,....
. 1.191,%0.Û00
En 1896
. 1.221. 980. 00<)
En 1807....
. 1.260.000.000
11 est vrai que le réseau des Compagnies
eslpasâéde 3L 745 km. à 33. 303. Cetallon-
gement de 155S km. mis. en eitploitalion de
1893 à 18U7, a contribué, dans une certaine
mesure, à grossir le produit brut des voies
ferrées.
L'accroissement de La circulatioa des per-
san nés et fies marcïianttises est, tout autant
tjpe le rendement des impiUs, un signe cer-
tain de la richesse publique ; aussi les écono-
mistes étudient-ils les progrès faits par les
Compagnies de chemin de ter, pouren tirer
telles conclusions que comportent les rir-
conslances.A, ce sujet, une brochure qui re-
protJuit des articles publiés dans VEcono^
miste français y par M. Géniel, ancien maître
des requêtes au conseil dT.tat, nous indique
les clïitfres intéressants riisu mes ci-après :
Depuis cinq ans les recettes brutes de nos
grandes Compagnies de chemin de fer sont
en augmentaLion constante, et Tannée 18137
est même plus favorisée que les précé*
tien Les.
L augmentation annuelle des recettes est
d'environ 26 millions, soit environ 2 % ,
Cette plus-value est inférieure k celle rele-
vée au cours d'autres périodes, notamment
à celle de 1SG2 à Um et à celle de 1875 à
18S3.
Elle est inférieure notablement àcelle des
chemins de fer anglais dont le réseau, do
1S8S à 18U0,ne s'esl accru que do 2377 km.,
en passant de 31,877 km. à 34. 251 km., et
dont les recettes qui ont atteint
Kn 1S88 1S22 millions
En \m2 2070 —
En 1806 2275 —
ont donné une plus value annuelle de tiT
millions dans la première période, et de ir»
u-i|r 9 i
.\'T
Ditif natiMis dts éUti.
511 JDDaNAL HENSUEL DB l'aGADBIOB NATIONALE.
millions dans la deuicièmei soit 3 1/2 % de
1892 k IS9(}.
Kn ALlema^^ne, les résultais ont été tout
aussi r(;man]uab1es, L'oLciiduG des lignes en
exploJLalion a beaucoup aug^nenté : de
30.157 km. qu'il était en 1888, il est passé à
46.17ikm. en iSCMj.sojiTOM km.de plus. Mais
le produit, qui élaitde 130i millionsen 1888,
s est élevé a 15.j_^ miUrons en 1892 et à 1982
milijtïns en 180G. soit une uugmentation de
201 millions de 1888 à 1892 et de 319 mil-
lions entre 1802 et 18(ri. La progression an-
nuelle a été de ^J) millions, puis de 80 rail-
lions, cesL-à-dire de 3 1/2 et de 5 % , ce
qui dénote un e^ssor économique très supé-
rieur à celui de In France et de l'Angleterre.
Si l'on étudie le détail des recettes, on
voit que nos cliemins de feront transporté
fe:î,084.000 tonnes en 1802, et 99.654.000
tonnes en 1897, soit une augmentation de
iri.670.010 tonnes en cinq ans. La recette
i\ été de 053,1^2,000 Troncs en 1092, contre
iiy7,740.00Û francs en 1807, soit une aug-
[nentation de 44.578.000 francs. C'est peu
iut point de vuede l'essor commercial. En
elfetj TAngleterre a iransp^irté^en 1891, 315
millions de tonnes de marchandises et 350
en 1896, avec une recette de 1090 millions
de j'i*ancs en 1891 et 1154 millions en 1896.
L'Allemagne lransportaît,en 1891,219 mil-
lions, de tonnes et son produit était de 1104
millions de francs. En 1800, elle transpor-
tait 271 millions de tonnes et le produit pas-
sait à 1302 millions de fcancs.
Ainsi, en Vespace de cinq années, la pro-
gression de tonnage a atteint 41 millions de
tonnes en Angleterre, 5? millions de lonîies
on Allemagne et 15 millions seulement en
France,
La pn>gression des recettes a atteint, en
Angleterre, di millions de francs ; en Alle-
magne, 108 millions de fï'ancs.eten France
45 millions seulement.
Ces chiffres montrent bien que les progrès
l'conoraiques de la France, pour importants
iju'ils soient, restent cependant bien infé-
rieurs à ceux de TAnglelerre et surtout à
ceu% de l'Allemagne.
512
LES CHEMINS DE FER DE L'EUROPE
AU 1-' JANVIER 1898.
LMgmeari
Ltagfttirt
ta
kiltmètrti
(1)
Allemagne :
Alsace-Lorraine.. . 1.735
Bade l.bôl
Bavière 6.2i^3
Prusse 28.498
Saxe 2.752
Wurtemberg 1.032
Autres Etatsallem. 5.355
Ensemble 48.116
Autriche-Hongrie (2) 33.668
Belgique (3) 5.904
Danemark 2.543
Espagne 12.910
France (4) 41.312
Grande-Bretagne et
Irlande 5) 34.445
Grèce 952
Italie 15.643
Norvège 1.938
Pays-Bas et Lux.. 0 3.129
Portugal 2.35S
Roumanie 2.880
Russie et Finlande(7) 40.262
Serbie 570
Suède 10.109
Suisse 3.646
Turquie, Bulgarie et
Roumélie 2.554
Malte, Jersey et Man. 1 10
Totaux et moyennes. 263.145 2.7
myriA-
Bètrt
nrri
11.9
12.3
8.3
8.2
18.3
8.4
10.2
8.9
5.0
20.0
6.5
2.5
7.8
10.0
1.5
5.5
0.6
8.8
2.5
1.8
0.7
1.2
2.3
8.8
0.9
10.0
10 OM
kftbi>
tSBtS.
10.5
10.8
10.7
8.9
7.3
7.8
10.0
9.2
7,5
9.1
11.1
7.1
10.7
8.5
3.0
5.0
9.2
6.1
4.0
4.8
3.8
2.5
20.5
12.0
2.7
3.4
6.9
Les nouvelles lignes de chemin de fer li-
vrées à l'exploitation pendant Tannée 1897
(1) Y compris les lignes à voie étroite afîectées
aux transports publics.
(2) Dont 15.857 kil. pour la Hongrie et 745 pour
la Bosnie Herzégovine. .
(3) Y compris les chemins de fer vicinaux.
(4) Dont 37.140 kil. de lignes d'Intérêt général
et 4.292 de ligrnes d'intérêt local.
(5) Dont 5.512 pour l'Ecosse et 5.111 pour l'Ir-
lande.
(6) Lu.xembourg 4''5 kil.
(7) Non compris les chemins de fer transcaspien
et transsibérien. — Finlande 2.520 kU.
513
et qui sont comprises dans ces cliitfres com*
prennent 5.605 kilomètres, savoir :
France. 393 kilomètres ; Russie et Fin-
lande, 1 .650 kilomètres ; AulrichcHongriCj
1.488 kil. ; Allemagne, 768 kii. ; SuèJe,
274 kil. ; Danemark, 234 kil. ; Grande-
Bretagne et Irlande, 224 kil. ; Italie, 19es
kil. ; Belgique, 127 kil. ; Bulgarie, 124
; Suisse, 83 kil. ; Espagne, 44 kilomè-
l'iiatre an BouiiqdtiL-trOrlï, cette dernière
dépend de la verrerie de GirjMJiiiïc.Deux au-
tres inslallattoris du même genre sont du
reste en construction dans notre p^ys, Tune
à Creit iOjse), l'autre à Pont-Saint-Esprit
iGard.)
( Ch ran iq u e In dus 1 1 'ielie , )
kil.
très.
(Renseignements du Ministère des
Travaux Publics.)
LA PIERRE DE VERRE.
Cette naatière, étudiée par Réaumur en
17:^7586 fabrique par la compression de liag-
ments de verre quels qu'il soient, préalable-
ment amenés par la chaleur à Téiat pâteux.
Ainsi traitéjlc verre perd sa transparence en
sedévitrifiant ; ses limites de dureté,fusJbi-
lité, résistance au choc et à l'écrasement, se
trouvent reculées.
Les pavés de verre ainsi obtenus peuvent
être employés, comme imitation de mosaï-
que et de marbre, pour les revcicments in-
térieurs et extérieurs des constructions, en
particulier pour les parements des habili-
tions pouvant avoir à subir l'action deTliu-
midité.On peut les utiliser pour les carrela-
ges des maisons, le pavage des trottoirs,des
cours,des salles de bains, des établissements
industriels qui demandent un corps réâis-
tant, étanche, inattaquable par les acides.
C'est ainsi que la ville de Genève a f\*il
un essai de pavage qui donne toute satislac-
tioD, tant au point de vue de l'aspect de la
rue, que de la résistance à la rupture des
pavés et au glissement des chevaux ; ta
ville de Nice va appliquer prochainemenL ce
mode de pavage.
Enfin, d'après le Co^mo^,les emplois faits
récemment, sur une très grande surface, de
la pierre céramique ù l'usine de3 forces mo-
trices du Rhône, soit pour Tintérieur de h
salle des machines, soit pour la façade, ont
donné les meilleurs résultats.
Deux usines se livrent actuellement ù la
fabrication de cette pierre de verre ; l'une
est située à la Demi-Lune,près de Lyon,
La production actuelle du
PETROUE
Lti production du pétroîe va constamment
en augmentant ; une diminution insignî-
li:inle du prix de cette matière suflirjjt à en
permettre l utilisation comme combustible
pour les machines et pour des destinations
mécaniques. Le moteur à pétroie serép;uid
depuis plusieurs années, en raison de sa
grande simplicité, de plus en plus, et les
voiture* automobiles a pétrole eu consom-
ïiieront d'ici quelque temps des quanti tés
importantes»
La production actuelle de pétrole dans le
monde entier peut étrt; évaluée ù plus de
180 millions dMicctolitres ; sur ce chiUVc,
les litats-U n is en fou n 1 issen t 1 0 1 m i i L i on^ ;
la îUissie, 73 millions ; rAulriclie-Hongriej
^,29 millions ; le Canada, 1.53 millions ;
l'Iûde, 570.000 ; Java, 5îî0.0{)0 hectolitres ;
le solde est fourni par le Péroi, la Rouma-
nie, l'Allemagne, le Japon, eLc,
Bans le gisement carbonifère étendu des
Appalachians, qui fournit 59 sur les Uïl
millions d'hectolitres fjuo produisent les
Etats-Unis, on a capté récemment de 20 ii
25 sources, dont deuï fournissent îL^70 hec-
tolitres journellement ; il y a eu également
augmentation importante de production en
Calilbrnie et dans le Wyojning.
Le l*érciuesL sur le point d'accroitro coa-
sidévablement la [)roduction ûv ce combus*
lible. C'est dans le district de Piuraque »o
trouvent les principales sources.
Dans ce district, en eiïet, le gise rn ont pé-
troîifère embrasse 18i> myria mètres carrtîs.
Comme le gisement pëtroîi(6rede la Pensyl-
vaniB n'embrasse, lui, que^i^ô myrianxètres
Ciirrés,et iju'iî a fourni en trente années 08(>
millions d'hectolitre?, Vavenir du district
do Ptura paraît être plein de promesses.
&15
JOURNAL MENSUEL DK l' ACADÉMIE, NATIONALE.
516 .
Sur les 19 sources découvertes depuis
189:^, U sont exploitables, et quelques-unes
d'etitre elles oiu fourni de 13(3 à 140 hecto-
litres par jour.
En Russie. 2Vyj nouvelles sources ont été
découvertes, en 1895, à une profondeur
mmetine de 105 m. ; 1371 sources ont été
uu vertes à rexploiiation dans les six dernières
années ; surco nombre, C'^2 sont exploitées.
Touieftiis, lu production deces sources a di-
minué par rapport à ce qu'elle était en 1889.
{Oestenetchhche Zeitschriftfûr Berg-
und Hûttenwesen . )
LA FABRICATION DES PARFUMS DANS
LES ALPES-MARITIMES
On traite aniiuellement dans le départe-
ment des Alpcs*Maritimes :
Roses. 2.000.000 kilog.
Fleurs d'oranger 2.500.000 —
Jasmins 200.000 —
Massies... 150.000 —
Tubéreuses 150.000 —
Violettes 200.000 —
Les prix moyens de vente du kilogramme
de fleurs sont pour la violette et la cassie de
4 fr. ; pour la tubéreuse, de 3 fr. ; pour
le jasmin, de 2 tr. ; pour la rose, de 0 fr.
65 ; pour la fleur d'oranger, de 0 fr. 70.
\]n plant de violette peut fournir 20 gram-
mes de fleurs, un oranger 10 kilogrammes.
Une coupeuse, dans la matinée, c'est-à-dire
en quatre heures, peut cueillir 20 kilogram-
mes de roses, 3 de jasmins, Ode tubéreuses;
dans une jonrnée entière, 10 kilogrammes
de violettes ou de fleurs d'oranger.
Pour produire 1 kilogramme de neroli, il
faut plus de 1,000 kilogrammes de fleurs
d'oranger, soit approximativement 1,200,000
fleurs ; pour 1 kilogramme d'essence de ro-
ses, 16,000 kilogrammes de roses, ou 5 mil-
lions de fleurs.
On fabrique 500,000 kilogrammes de pom-
mades ou d'huiles parfumées; 4 millions de
litres d'eaux aromatiques. On évalue la pro-
duction de la parfumerie en matières pre-
mières pour le département des Alpes-Ma-
ritimes h plus de 15 millions de francs.
PRODUITS ALIMENTAIRES
PRODUITS DE CONFISERIE
de M. P. NovE,
28, Calle de Plateros San Pedro,
u Lima Pérou).
Noire Sociétaire M. P. Nove, chef de la
Confiteria/riUicesejde Lima., nous a adressé
quelques échauLillons des produits de sa
fabricaiion, produits consistant en tablettes
de vhomhi jp-dsU{\es de Huamanripa (plante
indigène enicace contre la toux), bonbons
foifdanis à Torange, et pulpes do fruits pé-
ruviens appeU^s LucumaeiCherimoUa^pu]'
pes destinées a la confection des glaces et
sorbets.
Malheureusement, les cinquante jours de
voyage qu'avait du subir l'envoi de M. P.
Nove, dans les conditions défectueuses que
comporte la traversée des régions tropicales,
ont quelque peu altéré la fraîcheur des
échantillons expédiés de Lima
D'ailleurs, si ces échantillons péchaient
un peu par l'apparence à leur réception, ils
n'en conservaient pas moins une délicatesse
d'arôme et une finesse dégoût dénotant une
préparation experte et consciencieuse de tout
premier ordre. Bien évidemment, la conti-
serie française est dignement représentée
à Lima par M. P. Nove, à qui notre So-
ciéttî ne saurait man(|uer de décerner une
de ses plus hautes récompenses.
mmmm^w
517
EXPOSITIONS ET CIO?iCOURS,
m$
EXPOSITIONS ET CONCOURS
^position Internationale de Pèohe
à BERGEN, en 1898
Vue exposition internationale, dite de
pèche j c'est-à-dire ayant pour objet, tant
les produits et récoltes, que les procédés et le
matériel des pèches fluviales et maritimes,
s'est tenue cet été à Bergen (Norvège) et a
réuni un nombre assez important d'expo-
sants français.
Dans la liste des récompenses de celte
exposition, publiée par le Moniteur offi-
ciel du Commerce du jeudi 13 octobre, nous
avons relevé les distinctions suivantes ac-
cordées à des membres de notre Société :
Diplôme cPHonneur,
M. Jules Richard, constructeur d'instru-
ments de précision, à Paris.
Médaille d'Argent.
M. Raval, fabricant d'objets en corail,
ài La Calle (Algérie).
EXPOSITION DE ROCHEFORT
{Suite et fin,)
""" •
L'exposition de Rochefort a fermé ses
portes à la Un du mois de septembre, ayant
remporté tout le succès qui pouvait être
raisonnablement attendu d'une semblable
manifestation organisée dansune villed'une
importance après tout secondaire. Il y a eu
à la fois succès moral et succès financier, et
la bonne administration de cette exposition
est un nouveau titre d'honneur pour notre
Sociétaire M . J. À. Vigé, qui en a été l'inilia-
teiir et l'organisateur.
Parmi les participants à cette exposition,
il se trouvait deux de nos Sociétaires étran-
gers dont nous n'avons pas encore parlé,
mais qui méritent cependant d'être régulière-
ment mentionnés. Ce sont: MM. J. Suarez Lla-
guno,de Bilbao,et J.A.d'Oliveira Soarès, d'E-
vora.
M. J. A. d'OLiviEiRA Soarès, à Evora [Por-
tugnl], est unvltiailteur instruit et progres-
siste c^ui veut et sait appliquer ;ï la culture
de la vi;*neetau traitement de ses produits,
les meilleures et les plus nouvelles données
se ienti tiques. On comprend que les vins di^
Portugal aiasi obtenus ^i préparés par les
soins de M. d'Oltveira Soarès doivent pré^
senter les meilleurs mériter que puissent
comporler les crus dont ils sont originaires,
GependanL il est certain que Tâire pourra
encore ajouter aux mérites actuels de ces
vins, et c'est pourquoi le jury ne leur a dé-^^
cerné qu'une médaille d argent.
M.J. SuAHEz LAGuNOjà Oilbao, uégocîïKiL
eu eaux-de-vie, vins, bières et Ufjueurs,
exerce aussi ri ndustrie du distillateur-liriuo»
riste*
Alin d assurer aux produits de sa fabrica-
tion des mérites de premier ordre^ il n'a pas
hésité à renouveler entièrement, il y a en-
viron deux ans, le matériel de sa distillerie,
et i taire venir Je France un ouvrier émê-
rite qui, JusiJJiant sa confiance, a réusst h
améliorer sensitdement sa production.
M, Suarex LlagunoesL le premier à rendre
hoïnmage aux mérites professionnels de
son collaborateur, mais il est bon de ieui;ir-
qufir <)ue ces mérites de l'employé judiriesi-
cernent choisi, ne doivent pas l'aire oulilier
la larf^eurde vues etTamourdu progrès (itit
OfU si heureusement inspirer industriel émi-
nent qui a su rénover entièrement sa fabri-
cation.
M . Suarez Llaguno a exposé a Huciic^vlurl
de l'absinthe, du bitter.de ranisette, une li-
queur appelée l'£'»reA'ii et un EUxîrSnarei
spécialement destiné à la bonitlcatiou de
sins.
I/anisette dénommée Anis Union est
d'une telle qualité supérieure qu'elle a valu
à M. Suarez Lhi^Mmo un Diplumed'lionm^ui".
L'ensemble des autres produits exposés ji a
^ été récompensé t[ue d'une médail le d urgent,
mais une médaille d'or a été accordée au
^^^^
510 JOURNAL MtUfHiïDEL DB
priiicîpal coUaborateur de M. Suarez LUgii-
Il naus rasie àaclicvGr iiolrô compte ren-
du de rexposLlion de Rochelort en pubttaot
la liste des récompensei e^u'oiit remportées
nos Sociétaires à c^.uie exposition. Voici cet-
te liîsle :
Expoaaot» pl&oài HORS OONCOURS.oo.iime
MEMBRES OU JURY
MM. Fav AND Sons, ù Bristol (Angleterre;.
Rambaud, à Paris.
Richard, à Roche fort -sur- Mer*
DIPLOME D'HONNEUR
Mil, Bartûlomei, â Bucarest (Roumanie)
GAzimz-HoL'iiGEoïs, à Cambrai-
Jacqleimin, à Maizéville.
ScAKi^z Llaguno, k Bilbiio lECspugne)
(pour sou oiui .
DIPLOMES DE MEDAILLES D'OR
M M . Bla n DiN j à Maga ra tcli ( R ussie ; .
Brocfïard-Qciluî.t, ù Ctifileaudan Eu-
re-et-LoirJ,
Cornu, à Paris.
HENRicriT^à Nantes.
JouEjàSaiut-Launiut-de-la'SalaïKjue.
DIPLOME DE MEDAILLE DE VERMEIL
M» Le PAN, tL CauUry (Nord)^ pour bouilica-
teur d'eau -de- vie.
DIPLOMES DE MEDAILLES D'ARGENT
MM H Bastas, à ijrau (Algérie).
Chambon, à Saint Géré (Lot).
CoHBKs, à Vire (Loti.
DEMELLt:, à Loué (Sartbe .
Jacques (MaSj et Cie, à Saloraé Nord)
[deux méctaiUeSjl'une pour les huiles
et Fautre pour les tourteaux j.
Mauovict, à Bucarest (Roumanie].
MicHAL, ù Hyères (Var).
NiGHOLLs, â Glasgow (Angleterre).
D'OLtvF.[R.\ SoARics, Li Evora (Portugal;.
Soei>ï:ruunDj à Karlsliamn [Suède).
Suarez Llaguno, à Bilbao (Espagne),
pour diverses liqueurs.
ZiMMKRLiN, à Genève.
DIPLOME DE MEDAILLE DE BRONZE
>L Lepan, aCaudry, pour ses eaus-de-vie.
L'ACàDÉMIlE NATIONilLB. 520
EXPOSITION DE DIJON
{Suite et fin,]
L'exposition de Dijon a fermé ses portes
à la lin du mois d'octobre, ayant remporté,
somme toute, un succès de bjn aloi. Nous
complétons aujourd'hui le compte rendu
des participations de nos Membres à cette
exposition, et nous publions ensuite la liste
des récompense accordées à nos Sociétaires
par le Jury, qui fut présidé par M. Delier-
trand, de la maison Lochet et Debertrand,
de Paris, qui compte au nombre de nos plus
anciens adhérents.
M. Berbig, à Zurich, a exposé des vitraux
dart, de style gothique, qui étaient remar-
quables à la fois par leur fini d'exécution
et leur richesse de coloris. L'art des pein-
tres verriers est fort en honneur à Zurich,
et cette ville est Tun des principaux centres
de la production des vitraux artistiques en
Europe. L'émulation qui règne entre le.^
artistes Zurichois a largement contribué à
développer la perfection et les progrès de
la peinture sur verre. Les vitraux exposés
à Dijon par M. Berbig soutenaient dignement
la réputation des peintres verriers de Zu-
rich, tant par la correction de leur dessin et
l'éclat de leurs couleurs que par la perfec-
tion du montage en plomb. Ils méritaient
amplement la médaille d'or qui leur a été
décernée par le jury.
M. Jacques (Phihppe, à La Charité-sur-
Loire (Nièvro); avait installé une étagère en
forme de pyramide, de 3 mètres de haut, dont
les gradins étaient garnis de bouteilles de
différentes liqueurs, telles qu'anisette, cura-
çao, kummel crislailisé et liqueur des
Apôtres, la principale spécialité de notre
Sociétaire.
La Liqueur des Apôtres^ ainsi désignée
en souvenir des proches disciples de Jésus-
Christ, dont M. Jacques (Philippe) porte les
noms, est une imitation de Chartreuse avec
une légère saveur de menthe en addition
qui en augmente l'agrément. Cette liqueur
est obtenue par la distillation d^excellent
w.
w^
^
521
ËXIH)SlfïONS VA CONC0UB1,
OXi
alcool sur des ptanles aïonHUi^tueSj dislilla-
tion opérée dans dcâ alambics perrectioii'
nés. Les esprits parfumé? sont ensuite ad*
diiiotinés de sucre, et Ja Hifueur est tnise à
vieillir dans des lùts de bois qu'elle ne
quitte qu'après un délai do deux ans pour
être livrée à la uoasotnmaLiou. Grâce à tous
ces soins, la Liqueur des Apôtres est d'une
finesse qui la place au premier rang des
liqueurs digeclives.
Les autres produits de la dislillerie de M,
Jacques sont d'ailleurs lubjetde soins aussi
[nê(icu)eui dans leur préparation, en sorte
que leur marque de fabrique consacre réel-
lement îine qualité de tout premier ordre.
\L JuNOD (ArJiQi), i Pou La; lier, est le la-
bricant d^une spécialité d absinthe dont la
vogue va constamment en croissant et qui
justilie la faveur dont elle est lobjet par
une grande (incsse et par une excellente (lua-
lité spiritueuse. L'absinthe Junod tient une
place honorable a coté d'une absintlie re-
nommée, dont la désîtjnation offre la muino
syllabe terminale.
aMM. MATHEb'F F u ERES, viiicultcurset distil-
laieurs à Stora-Za^'ora, en Bulgarie, appli-
quent dans le traitement de leurs vignes et
■Je leurs produits les mei lie Lires méthodes
françaises, à Taide de^^qu elles ils arrivent à
obtenir dos vins et eaux-de vie déjà très re-
marquables. \Liï contînuint dans la même
voie de progrès et de perfectionnement ^
MM. Matéelf frères doivent arriver, dans peu
de temps, à donner à leur producUon vi*
ticoleet ù. leurs spiritueux, des niérites de
premier ordre, qui leur permettront de ri-
valiser, au moins sur le marcht^ de la llul
garie, avec les meilleurs proluits similai-
res d'autres provenances.
Ici s arrête f sauf^ bien en tend u^ erreur ou
i omission f la série des comptes rendus dos
participations de nos Sociétaires ù Tex posi-
tion de Dijon, et il nous reste à publier la
liste des récompenses accordées à ces Socié*
I tarrc?s, non sans mentionner toutefuis que,
I en dehors des exposants placés hors cou*
I cours, te Juryi présidé comme nous l'avons
dit plus haut par un de nos collègueSj M, De-
bertrand, comptait auîsi^ pinai ses mem-'
bros, un autredenos Siciétiirej, \\, Simon
Lazare, de Marseille,
Expoïanti pîaôèi HDR3 CDMCOllFtS ooiina
Mumbrai du Jury.
M^L
BARTOLOMEf, à Bucareil [[Roumanie)*
Gariic, à Odlhniï (Uhone).
Caucal, à Siint-Germain-du-Bois (Saune-
et- Loire,.
Gailly, k Homans i^Urt}me).
LagachEj à Paris.
Prlvosi j à Paris.
ScHANTKj â Meî\ [Alsace-Lorraine)^
Dlplômo^de GRANDS PRiX.
mu
Bastos Jean', à Oran (Algérie).
Vry and Sons, à Bnstol lAn^'lc terre)*
JcNuD (Arthur), â Pontarlter (DodbiJ ,
SmoK frèrci, à Cherbourg (Manche)*
Dlplàmett D HONNEUR.
M.\L
Delà U Ha Y, à Paris.
Mère DE ChantillVj à Orléans (Loireijr
Diplômes de MÉDAILLES D'OR
MM-
Berbig (Frédéric], à Zurich (Suisse).
Florenckj à Tours [ladre-et-Loirô].
Jacquemlv, à Malzêville [Meurihe-el-Mo-
selle)*
Jacques (Philippe), à La Charité (Loire,.
Mateeff KRÈHiis,ù Stura-Zagora (^Bulgarie)*
Diplô-ne* de MÉDAILLES D'ARQENT
MM.
CnAUMETL (Anaédee) (i)> à Annonay ( \r -
dèche).
FokTLN (Henri), gérant de la Goulburu
Vallej' Wiiie aud Uistillery C", a Mooroopna
(Australie).
Diplômes dâ MÉDAILLES DE BRDNZE
MM,
MicuALj à Ilyères (Var)*
GouiaïKREj à ^alle)' (Meurthe-et*Mgselle\
(i) M. Chaumeil nouïs n avist'S ijue le Jury snpr-
rieur ilcrExposiliaii tle hijon ttij avïiU di^crrnr
uni; tiiiiilitille clnr : nmïs (^i*A bien eunime liôm^ti'
ruijn^ d'uni' tni^Uiiitli^ d'argt.nit qutJ son nom t[|,;iu'i'
uu l*;ilumrr?i iiflic'iol tlr^^ lii raïUfiunï^i'^t P^«gi' '^^- 'I
j il y ;mra nuns doult; lieu à rccttllcation & c^i ^ipp l.
1333
JOURNAL MENSUEL DE L'ACADEMU NATIONALE.
524
COMMERCE
L£ COMMERCE EXTÉRIEUR DE LA
FRANCE EN SEPTEMBRE 1898.
Les statistiques officielles de radroinis-
IrnlJon des douanes résument dans les chif-
fres sulvantâ les mouvements de notre com-
merce extérieur pour les neuf premiers
mois de lannée courante et de Tannée pré-
cédente ;
lUi'nnTATtoNs.
1898
1897
(374.08^.000
flbjets d alimentation 1. 161. 981. 000
MatU'^res lu-t-essalres
h lindustne 1.707.568.000 1.518.917.00
Ulijelf* fabri-iués 406.738.000 4.^)2.700.000
Totaux rj. 3^6. 287.000 2.845.703.000
EXPORTATIONS.
1897 1898
472.830.0(0 493.596.00
Ot^jt^ls d'alimentation
Matières m ressaires
a l'industrie 681 .491.000 711. .053000
Objets fabriqués 1.285.569.000 1.328.329.000
Colis posilmiX 114.147.000 113.813.0,0
Tolol 2.554.043.000 2.647.968.000
RopprocTrés des renseignements publiés
sur la situation du commerce extérieur à
la lin du mois d'août, les chiffres ci-dessus
font ressortir les résultats suivants pour les
mois de septembre )898 et 1897 :
Septembre 1898 Septembre 1897
ImporlalloûS.... 286.881.000 251.223.000
Exportations . . . . 278.430.000 i^. 947. 000
Ces résultats sont peu favorables. Si,
grike à nos excellentes récoltes de cette an-
née, dont rinfluence a évidemment com-
mencé à se faire sentir en septembre, nous
avons demandé à l'étranger pour 4.342.000
fr. de moins de marchandises en septem-
bre 1898 quen septembre 1897, nous lui
avons vendu aussi pour 22.517000fr. de mar-
chandises en moins. La perte sur nos ven-
tes dépasse donc de beaucoup le gain sur
noîs diminutions d'achats.
5tal|Lïrc ce léger ralentissement de nos
importa lions en septembre^ nous nous
trouvons, à la fin de ce mois, avoir impor-
té pour 490.584.000 fr. de marchandises
étrangères de plus en 1898 qu'en 1897,
tandis que nous avons vu diminuer nos ex-
portations de 93.325.000 fr. durant la mê-
me période de temps.
Pour les trois premiers trimestres de
Tannée 1808, la balance du commerce fait
ressortir un solde défavorable de782.244.000
fr. Or, ce solde défavorable n'était que de
198.335.000 fr. à la fin des trois premiers tri-
mestres de 1897. D'une année sur l'autre, le
déficit s'est donc accru de la somme de
583.909.000 fr.. qui est précisément égale au
total des augmentations d'imporlationset des
diminutions d'exportations. A la fin du mois
d'août, ce déficit n'était que de 565.036.000
fr. Les résultats du mois de septembre se
sont donc traduits par une nouvelle perte
de 18.873.000 fr. que l'on ne peut enregis-
trer sans regrets.
LE COMMERCE DE LA FRANCE ET DE
SES COLONIES
Le commerce de la France avec le» colo-
nies et pays de protectorat est en progrès
depuis 1883 ; il est vrai que l'augmentation
est due en grande partie à raccroissement
de notre empire colonial.
Pour les années 1883-1887 et en ce qui
concerne le commerce général, la moyenne
quinquennale est de 261 millions de francs
à l'importation des colonies en France et de
2S2 millions à l'exportation de France aux
colonies. Pour la période quinquennale de
1888-1892, la moyenne des importations
en France a été de 359 millions et celle des
exportations de France de 327 millions. La
moyenne annuelle de la période de 1893-1897
s'est élevée, pour les importations en Fran-
ce, à 397 millions et à 408 millions p^^r
les exportations de France. Les chiffres de
j| l'année 1897 même ont été en chiffres ronds
de 420 millions pour les importations co-
525
loniales en France et de 444 millions pour
les exportations de France aux colonies. La
somme afférente aux exportations de 1807
est la plus forte de la période 1883-1897 ;
mais, eu ce qui touche les importations co-
loniales eu France, le chiffre le plus con-
sidérable, pour la même période, est ce-
lui de l'année 1893, qui a été do 430 mil-
lions de francs.
I^ importations des colonies en Franco
en 1807, qui ont monté exactement à 420
millions 163,804 francs (commerce général;
se décomposent ainsi :
Objets d'alimentation. . . 315.C75.097 francs
Matières nécessaire à
rindustrie 90.878.578 —
Objets fabriqués 13.510.218 —
Total égal.... 420.063.891 —
Les exportations de France aux colonies
pour la même année 1897, qui sesontéle-
Tées exactement à 444,478,264 fr. (commer-
ce général), se répartissent comme suit :
Objets d'alimentation. . 106.245.439 francs
Matières nécessaire à
l'industrie S6.574 .584 —
Objets fabriqués 310.658.211 —
COMMERCE. 526
764 francs. La douane fran^'aise a perçu
4,902 francs de droits d'ontrée.
Total égal.
444.478.264 —
Les droits perçus, en 1897, sur les pro-
duits coloniaux à Ventrée en France ont été
de 30.524.747 francs, alors que les pro-
duits algériens n'ont payé que 32.576 francs,
pour une importation de 245.978.961 francs,
et les produits tunisiens,)35.879 francs pour
uoe importation de 20.277.079 francs.
Nous allons indiquer brièvement les chif-
fres du commerce de la France avec chacu-
ne des colonies françaises en 1897 ; ils se
rapportent au commerce général.
Sénégal. — Importations en France,
^ 13,555,969 francs ; exportations de France,
] 23.524.534 francs. Parmi les importations en
I France, nous citerons : les arachides en cos-
ses, 8, 437,563 francs; lesgommes exotiques,
3,986,776 francs ; le caoutchouc, 258,440
fr. ; les plumes de parure, 218,140 francs ;
les animaux vivants, 105,000 francs; les
I défenses d'éléphant, 12,660 francs ; le café,
Etablissements frant^ais de la Côte occi-
dentale d* Afrique (G^ngo, Soudan j Gui-
née française t Cùle d'Ivoire, GoUe de Bé-
nin). — Importations en France, 6jS86,Q12
francs, contre 9,170,001 fr. en 18Q0, soil
une diminution de 2j583,00^ francs pour
1807 ; exportations de France, 8,237.005
francs, au lieu de 9;i3Ô, 120 fr. en 1893. Les
importationsen France se rép:irtissenl com-
me suit: Huile de palme, 2,28 1,876 (rancs;
graines et fruits oléagineux, 1,555,852 francs;
bois debénisteric et de teinture, l3343/j5L
fr. ; caoulcliouc et gutta-percha, l,253,TiJl
francs; dërensesd'éléphant/238,î>10 IVancs ;
café en (ûsq?,^ C*), 100 franco ; peaux brutes,
60,899 francs, etc., eic. 11 serait a désirer
qu'à partir de 180S, les chilfres relatifs au
Congo, an Siiudan, à laGuitiée frant^'aiso.
à la Cote d'Ivoire et au golfe de Bénin, ug
soient pas poriés en bloc, mais (igurent sé-
parément pour chacune de ces cinq colo-
nies.
Madagascar^ — Importations en France,
2,038,077 francâ; exportations de France,
16,703. 3iK) francs ; droits perçus à l'entrée
dans lu métropole, 11t411 francs.
Maj'otîe. — Importation en France,
1,965,030 francs ; esporiations do Fi^a fic3,
344,270 francs; droits payés à importa-
tion en France, 900,779 francs,
Nosst-Bê, — ttnportations en France,
035,600 francs ; exportations de France,
538,33 1 francs ; droits perçus fi rentrée dans
la métropole, 03,881 francs.
Sainte*Marie de Madagascar. — îm^
portations en France. 7 J,<UO francs ; ex-
portations de France, 107,710 francs ; drotts
d'importation en France, 3,371 francs.
Réunion. — Importations en France.
20,078,010 fr,, exporta tiens de France,
10,477,045 ; droits acquittés en France,
8,774,082 francs.
• Obock\ — Leî* cllil^n^^ afférenU ù eetle
colonie ne Ijgurent point dans ta slaiisti-
lique de la douane* H y a là une lacnue à
iiipjuUP^p 1.1 I
5Î7
JJUOAL liENSUEL DB
combler et qui m s'cxpli(]ue point. Nous
savons qne le mouvemenL commercial entre
la Franco et Ubock est très faible ; mais,
quoique le Tableau général soiL muet à
cpt égard pour ISIJ?, il est Litîricile d'admet-
tre qu'il n'y ail eu aucune importatioQ d'O-
bock en France et aucune exportation de
Trance a Obock.
Indo*Chine Jrancaise. — Importations en
France, :?3,:^i;},4y^J trancs ; exportations de
France, 38,557,3f)0 Irancs ; droits perçus
sur les tm[>ortation3 en France, 1,622,05;)
francs,
Inde française, — Importations en Fran-
ce, 2,997,415 francs ; exportations de Fran-
ce, 983,030 francs ; droits recouvrés par la
douane métropolitaine^ 0,132 francs.
Nouvelie-Calédonie, — Importations en
France, 11, 0^3,728 Jr. ; exporutions de
France, 10,416,8-14 francs ; droits à l'entrée
dans la métropole sur les importation:},
145,512 francs.
Tahiti. — Importations en France,
179,559 francs ; exportations de France,
592,500 francs ; taxes de douane en France
2,934 francs.
Guadeloupe. — Importations en Fran-
ce, 13,085,051 francs ; ex porta lions de Fran-
ce, ll,:?S7j9i5 francs ; droits perdus par la
douane iVançaise, 9,138,731 francs.
Martinique. — Importations en France,
I8j997,505 francs : exportations de Fran-
ce, 1^,965, 95'i francs ; droits de douane,
payés en France, 9,518,567 francs.
Guyane, — Importations en France
lj648,8J8 francs ; exportations do France,
L'ACàDiMil NAT10?iALE. 528
10,849,482 francs ; droits à rentrée dans la
métropole, 2,934 francs.
Saint-Pierre et Miquelon (et grande pè-
che). — Importations en France, 26,954,415
francs ; exportations de France, 7,527,491
francs ; perçu par la douane métropolitai-
ne, 54,028 fra ncs.
Nous croyons devoir compléter cet arti-
cle par les chiffres concernant TA Igérie et
la Tunisie.
Algérie. — Importations en France,
245,978,961 francs contre 203,779,0l3francs
en 1896 ; exportation de France, 235,287,029
fr. au lieu de 244,478,422 francs en 1896 ;
droits perçus en 1897, à Tenlrée en France,
32,576 francs.
Tunisie. — Importations en France,
29,277,079 francs contre 26,108,070 francs
en 1896 ; exportations de France, 46,983,810
fr. au lieu de 41,016,659 francs en 1896 :
droits de douane payés en France, 135,879
francs.
LE COMMERCE EXTÉRIEUR DE L'ITAUE
Le commerce extérieur de Tltalie a at-
teint en 1897 le chiffre total de 2,284 mil-
lions, se composant de 1192 millions d'im-
portations et del092millionsd'exportaiion3.
Ces chiffres sont en progrès sur ceux des
années précédentes.
Au reste, le commerce extérieur italien
n'a cessé de s'améliorer depuis Tannée 1891
oii il s'était trouvé ramené au chiffre de
2.003 millions,se composant de 1127 millions
d'importations et de 876 millions d'exporta-
tions.
Le Directeur'-Gérant, Rédacteur en Chef,
EuoàNB THIËRY.
LSAMONT (msrU -• IÎH»RIMEniÊ DAIX l-^RÈRKii, PLACE SAlîlT-ANDRÉj 3«
/ *•
JOURNAL MENSUEL
L'ACADÉMIE NATIONALE
AGRICOLE, lANIJFACTURIERE ET COXIERCIALE
68* Année. - DECERABRE 1808.
SOMMAIRE
AGRICULTURE. — Le concours f^cu^rul agricole de Paris en 1899. — Le simis dci beiteravcs en poquiîts — |ït.*»
trucUon dct mauvaiïta herbcA f^ir Le sulfalc di: fer. « L'cpaodagi; du TumiLT» co m ma ni cation de M- D&hépâfn, h la
Sodi^'tê (latÎDncile d'agriculture.
INDilSTftlC — Mécanique Jucquart milàtUquc, de M.OHbaumont à Rcîmi. ^ Les grands paqueb&l« Tranïâtlaiiti-
EXi»OSITtONS ET CONCOURS, — Eipoiitioti deKocheforU— Hxpositmo de tgoo.
ComUIERCE. — Le cocïiiTifri'i; cxlcnctir de lii France en OLïûbrc 1R9S, — La commerce exT^ritiur de h Frjtue en
LISTE QÉNÉRALE Al-PHABÉTIQUEcl«» Mombr«> do la SooléU Admis pendant rannio 1808*
TABLE OÉMÉftALEde» Matlénos publiée» penctonl rannâe I8Ô6
AGRICULTURE
LE CONCOURS GÉNÉRAL AQBtCOUE
DE PARIS, en 1899
Par arréiéen date du 20 novembre, pris
sur l'avis du conseil des inspecteurs de Ta-
griculture, leroinislre de l'agriculture adé-
cî(!é que le concours i^énéral agricole de Pa-
ris ^ tiendrait à la Galerie des Machines, au
Ciiamp dô MarSj du lundi 27 février au
mardi 7 mars 1893.
LE SEMIS DES BETTERAVES EN
PQQUETS.
On s'occnpe beaucoup en Belgique, depuis
trois anSjdes applications de la méthode des
semjs de betteraves en lignes discontinues
ûti en poquets, suivant le terme consacré,
 la suite d'expériences nombreuses, con-
duites avec beaucoup de méthode, des ré-
sultats nettement favorables à la praiiijuc
des semis en poquets ont été obtenus lîui-
née dernière par M. Max Le Docte, a^^îri-
culteurtrês habile et fabricant de sucre ù
Gembloux. La question n est pas nouvelle ;
on a discuté souvent sur la valeur respec-
tive des semailles effectuées en lignes con-
I tînuesou en lignes intermittentes. Les deux
méthodes ont eu leurs partisans ; iHialeinent
celle des semailles en lignes continues est
devenue la règle à peu près généralement
suivie,et,après des essais variés, la niéthuJe
de semailles en poquets n'a plus eu que
de très rares partisans. Les études de M. Le
Docte ont donc ressuscité un problème (jui
paraissait résolu. Cette année, la méthode
qu'il préconise a été appliquée notamment
par 181 agricu Iteurs qui ont employé le plan ■
toir à poquets servant à faire ces semis ; Li
plupart sontbelgeSjquelqueâ-uns sont Iran-
çais. Dans une enquête faite auprès d eux
531
sous forme d'un quesliouna ire sur les résul-
tats obtenus, lû3 ont envoyé des rëpon-
seB motivées ; sur ce nombre, 125 onl
donné des réponses favorableSjlS des répou-
ses indécises et 10 seulement des réponses
défavorables. La proportion des réponses
favorables est donc énorme. On se loue de
lecononiie de graines, tic la roi^ulariLédela
levée, de celle de Tes paiement des racines,
de la vigueur générale de la végétation. Le
Syndicat des fabricants rie sucre de France
a envoyé une délégation pour visiter les
cultures de M. Le Docte, A la suite de cette
visite, il a été décidé que des posais en po-
(juets seraient faits, sous son contriile, en
1899, dans différents terrains, avec les ap-
pareils qui sont usités aujourtriiui en Bel-
gique pour les semis en lignes discontinues.
Ces appareils sont ceux de M, Frennet-Wau-
thier et de M, Bédoret. Il sera intéressant
de suivre ces expériences. Mais il est i» no-
ter t)ue, dans l 'enquête dont nous parlons
plu» haut, sur les 10 réponses défavorablrs,
1 proviennent de France^ et 1 d'Alsace.
JOGANAL Uer^snEL lïB L'ACADBUte iViTIONALE. 533
L*ÈPAMDAGE DU FUMIER
Communication d*? M. Dr. m i. h Ai n, à la
DESTRUCTION dea MAUVAISES HERBES
par le Sulfate de Fer.
M. Marguerite Oelacliarlonny, ingénieur
des Arts et Manufactures, a fait de nom-
breux essais sur l'action du sulfate de fer
sur les mauvaises herbes et voici les résul-
tats auxquels U est arrivé : Aprèa un ou
lieux traitements Ion est complètement dé-
buri*aasé des plantes suivantes : berce, ca-
rotte sauvagCj pissenlit, iéoniondon, mar-
guerite blanche, pâqueretlCj ciiardon, bar-
dane, armoise, rltinante, ravenelle, séné,
colchique, renoncule îlcre, plantains divers,
renouée des oiseauic, coucou, mercuriale ;
do plus, d'autres plantes, telles ffue la pré-
ie et Tortie, se développent mai quand elles
out été soumises à Taction du sulfate de fer.
Ajoutons du reste que cette matière a
peu d'action sur les légumineuses et pas du
tout sur les graminées.
Société nationale d'agriculture.
L'éminent cliimiste, M. Dehéraitt, a fait
récemment, a la Société nationale d'agri-
culture, une communication intéressante
sur ta question de Tépandage du fumier
communication dont voici Tanalyse, d'après
un journal spécial :
« M. Dehérain a rappelé d'abord les ex-
périences qu'il a faites antérieurement et
qui démontrent que le fumier eiposéà l'air
perd :
^t p Tout ou partie de l'ammoniaque qu'il
renferme ;
tï 2^ Une fraction importante de son azote
organique.
{! On en déduit que, quand le fumier est
éparpille sans soins danslacourdela lerme,
qu'il n'est paà tassé et que h fermentation
productrice d'acide carbonique ne s'y éta-
blit pas, il perd une fraction plus ou moins
forte du plus important et du plus cotiteus
de^es éléments.
4 M. Deliératn dit qu'il ne faudrait pas
croire qu*un fumier maintenu sous les ani-
maux ne subit aucune perte, parce qu'on
ne perçoit pas en entrant dans le local où
il séjourne une forte odeur d'ammoniaque,
puisquerexpéj'jence nous enseigne que, par-
fois, laxoto se dégage à lélat libre, forme
sous laquelle il ne répand aucune odeur ca-
pable de dévoiler son dégagement.
«Le savant chimiste pose plusieurs points
d*inierrogat[on, D:ins quelles conditions '
faut-il se placer pour éviter les pertes d'a-
zote à l'état libre ? Ces pertes se produisent- i
elles môme dans le tas de fumier, au mo- '
ment oîi la fermentation aérobie^ qui élève
la lempérature jusqu'à ttO degrés, est en |
[deiïîe activité? Nous l'ignorons encore,
dit-il, les expériences entreprises pour dé-
cider ce point particulier n étant pas encore
terminées ;mais on peut toujours tirer parti
des faits bien établis pour donner aux pra-
ticiens quelques indications utiles,
^t Et daliordj M, Dehérain rappelle qull
533
INDUSTRIE.
534
y a une quarantaine d'années, on en était
réduit à fumer en couverture quand les
intempéries avaient empêché de conduire
sur les pièces le fumier en temps utile
pour l'enterrer. Aujourd'hui, que nous avons
des engrais de commerce à bon compte, ce
mode de fumure doit être abandonné ; le
famier exposé à l'air perd rapidement son
ammoniaque et même une fraction de son
azote organique ; le répandre dans les champs
oii il reste exposé à Tair pendant toute la
saison, c'est le gaspiller à plaisir. Dans ces
conditions, le fumier n'exerce qu'une ac-
tion fertilisante inûniment plus faible que
lorsqu'il est enterré. Il vaut mieux forcer un
peu la dose de nitrate de soude ou de sulfate
a'ammoniaque que d'employer le fumier
dans des conditions aussi désavautageuses.
« M. Dehérain conseille aussi d'abandon-
ner la disposition du fumier en fumerons
qui restent longtemps en place avant d'élre
éparpillés et enterrés par la charrue.
V Les pertes d'ammoniaque et d azote li-
bre sont inévitab les quand les fumerons
restent exposés à l'air ; en outre, si la pluie
survient, les fumerons sont lavés et les eaux
qui les ont traversés s'infiltrent dans les
terres sous-jacentes qui reçoivent ainsi une
fumure exagérée ; aussi, au premier prin-
temps, voit-on les plantes qui croissent sur
ces places à fumier présenter une couleur
vert foncé et une vigueur infiniment supé-
rieure à celle de leurs voisines.
« Ces irrégularités, dans t'aspect des cul-
tures, déplaisent aux praticiens soigneux^ et
ils ont bien raison de les craindre, car il ar-
rive souvent que le blé ou l'avoine des pla-
ces où le fumier a séjourné versent^ que
les betteraves deviennent énormes, se char-
gent d'eau et de nitraU>s, et ne présentent
qu'une médiocre valeur ; la méthode a
donc de graves inconvénients, et on fera
bien d^y renoncer toutes les lois qu'on le
pourra.
a Le procédé à suivre est le suivant : on
conduira sur les mèoies pièces et ensemble
la charrette àlumier et la charrue ; les hom-
mes déchargeront le fu rater eu le tirant cons^
tamment de la voilurejCt ce fumier sera éten-
du de façon que la charrut5 puisse iuimédiate-
ment l'enterrer. S'il passe ainsi directement
de la plaie*ibrme à la terre sans séjourner
à Taîr, il ne subira plus que des pertes in-
signifiantes. O procédé est mis en prati'
que par beaucoup de cultivateurs habiles^
qui ont ainsi devancé les indications des
laboratoires. Quand la terre est apte à por-
ter les chariots qui amènent le fumier^ elle
peut être labourée.
t 11 n'en est pas toujours ainsi dans les
régions de l'Est où Ton conduit le fumier
sur les terres durcies par la gelée, qui na-
turellement ne peuvent être labourées. Dans
ces conditions, le fumier reste fatalement à
l'air pendant quelque temps et, par suite,
subit des pertes sensibles, v
INDUSTRIE
MÉCANIQUE JACQUARt MÉTALLIQUE
de M. J. Gribaumont,
16, rue des Augustins, à Reims.
M. J. Gribaumont, constructeur-mécani-
cien à Reims, fabrique tout spécialement
le matériel et l'outillage des manufactures
de tissas.
Dans les nombreux articles qui consti-
tuent ce matériel et cet outillagCi M. Gri-
baumont a apporté des perfectionnements
de détail qui ont largement contribué à ac-
croître le rendement des métiers et à amé-
liorer la condition des produits fabriqués.
iMais, sans nous occuper de tout le menu
matériel pour tissage que fabrique supé-
rieurement M. Gribaumont, nous parlerons
aujourd'hui de sa mécanique Jacquart, de
construction entièrement métallique, bre-
vetée dans cinq pays^ qui a déjà été présen-
tée à Tcxposition de Bruxelles de Tannée
iip^
635
dernière, où elle a élé récompensée d'une
inëdaille d'argent.
Dans la mécanique Jacquartde M; Gri-
baumont, les différents mouvements sont
transmis par une manivelle montée sur un
arbre principal de transmission. Sur cet ar-
bre est calé une autre manivelle dont l*ex-
trémité commande le mouvement vertical
de va-el-vient d'une tige ou pièce oscillan
te. Sur celte ti^e est placée un boulon per*
jiendiculaire entouré d'un galet qut.engngi.'
dans la rainure d;- forme appropriée du ca-
dre de la mécaniciueen détermine le dépla-
cement horizontal suivant les besoins du
tbnctionnement général de l'appareil. Le
cadre se déplace entre quatre galets^ dont
\v5 deux inlérieurs sont lixes et dont les
lieux supérieurs sont montés aux exlré-
mités d'un ressort en arc- de-cercle faisant
tine pression réglable, pt>ur éviter toute vi-
bration et pour rattraper le jeu éventuel
de l'usure. Une troisième manivelle calée
aur l'arbre principal porte un contrc-poid;>
Liuel'oti déplace à volonté sur cette mani-
velle, afin d'équilibrer exactement le poids
de la tire.
On peutj d'après cette description, se ren-
dre compte que la mécanique Jacquart de
M. Gribaumont présente bien réellement les
avantages suivaîtts, que revendique Tinven-
teur:
1" Fonctionnement très simple,
2*" Réglage facile de tous les mouvements
et déréglage impossible,
3" Équilibre du poids de la tire permettant
une plus grande vitesse de la macbine en
même temps qu*une force motrice plus fai-
Z>le.
4" Pouvantuliliser les anciens jeux de car-
tons qui sont onéreux,
5° Évitant les inconvénients que Ton ren-
contre avec toutes les nouvelles mécaniques
à (ines divisions, et permettant d^employer
tousles anciens ouvriers babituésà conduire
la Jacquart ancienne et faisant l'article lourd
(ou fort) aussi facilement (|uc rarlicie léi^'cr,
6** Évitant )e pjquoge spucinl des CiUtons
dans des établissements en dehors de la lo-
calité.
7" Construction solide de tous les orgaiics
JOUmtrAL MEJfStKL DE l'aGADÉMIB NATIONALE. 5%
qui sont faits et ajustée d'une façoa irrépro-
chable.
8* Cbange nent facile et rapide d'un cro-
chet ou d'une aiguille, en cas de besoin, p^-^
suite de leur agencement spécial dans la ma-
chine.
9" iN'ayant enfin rien de ce caractère bra-
tal et bruyant auquel nous ont babitués lei
battants des Jacquart ordinaires.
Ajoutons que M, Gribaumont est tellement
sur de,^ avantages de sa mécanique Jacquart
qu'il en offre la livraison à Tessar à tout in-
dustriel intéressé, en acceptant qu'elle lui
soit retournée à ses fra!,«, au cas où elle ne
donnerait pas une eTitièresatisfaciton,
ïjuand un appareil mécanique est offert
dans de semblables conditions aux manu-
factures susceptibles de remployer, c'est
qu'il présentebien réellement tousles avan-
tages qui promet son constructeur.
Au reste, le succès de la mécanique Jac-
quart de M. Gribaumont est maintenant par-
fa i le meïit consacré par T usage, et il ne sem-
ble plus que la médaille d'argent décernée
par le Jury de Te x position de Bruxelles soil
une récompense suffisante pour un apparcd
aussi ingénieusement perfectionné.
LES GRANDS PAQUEBOTS
TRANSATLANTIQUES.
Les Compagnies de navigation anglaises
et allemandes luttent avec acharnement
pour réduire de plus en plus la durée de la
traversée de TAtlan tique.
Laromnagnie allemande du NorJdentS'
cher Lloyd qui, avec son magnifique pa-
(iuelx>t Kaiser Wilhem der Grasse, a bat^
tu le record de la traversée d'Europe en
Amérique, vient d<3 mettre en service, son
nouveau paquebot Kaiser Friedrich qui
doit, dit-on, dépasser les vitesses réalisées
par son frrVe aîné.
Rappelons que le Kaiser WUhem dcr
Grosse, construit par la Compagnie Vuîcain,
de Stettin, mesure de bout en bout 216 mè-
tres, 22 mètres de large, 14 mètres 50 de
creux, déplace 20,000 tonnes, possède une
rce de 28,(J00 clievaii^t et une vitesse de
(u!* th 2i nœuds à Tlieure.
Lo Kaistr Friedrich ti des dimensions
iUâsi extraordinaires. Il jaug^^ 12,000 ton-
neaux de gT03 lonnage et déplace 17,0u0
loonea ; il a 000 pieds de lon^î, 04 de large
etUde creux. Il possède deux sériesde
machines h (luadruple expansion de la for-
ce iadïquée de 25,0iXïclievaux, et une sur-
face de chaulTe de 73,000 pieds,
Dautre part, la Compagnie Hambuur-
§ms£ Américaine quia vendu dernière-
ment pour la soin me de ll,25O,0UO ir. les
paijiiebols à deux hélices Colunibiael Nor-
man ia, cORâlruits en ISS 9 et 1800, va les
remplacer par deux autres qui auront 209
'ikîtreâde longueur, développeront 36,000
levaux et seront livré:} au mois de mar^
iXM. Ces paquebots promettent de surpas-
er les plus rapides de ceux qui existent
ijjoordhui, puisque luurs machiner deve-
Sàp^eroot U on 7 raille chevaux de plus.
Mn. de soutenir dans les meilleures con-
tritions possibles la concurrence eilrénéede
ET coNCfUins. 538
c«ss deux Compagnies allemardes, la Com-
pagaie anglaise de la White Star Line a
rais eii chantier, à Belta&l, un nouveau pa*
queboi de dimensions et d'allures fantasiî-*
quesqui sera lancé prochainement.
Ce navire, qui portera le nom d^Océanid
ïnesurera 2U mètres 00 de long et jaugera
17,000 tonneaux. Il possédera 3 machines
de 10,000 chevaux aetiounanl chacune une
hélice : la puissance totale sera donc de
45^000 chevaux. Il donnera une vitesse de
23 nœuds, ce qui nécessitera une consom-
malton quotidienne de charbon de 700 ton-
nes. Le prix approximatif de revient de
VOcéanic est de 22 million.*:.
Pendant ce temps, la Compagnie géné-
rale Transatlanti(|U0 a commencé îa cons-
truction de son paquebo: La Lorraine \\m
aura 170 mètres de longueur entre perpen-
diculaires, 18 m. 20 de iargeur, et 10 m. 57
de creux, La vitesse sera de 21 nœuds 1/2 à
Viieure.
[Journal des transporis*)
EXPOSITIONS ET CONCOURS
EXPOSITION DEBOCHEFORT
P Nns comptes rendus précédents de l'Es-
F fHïSîlioti de Ilochelort doivent être complé-
lés par la mention qu'un diplôme {le mé-
daillts d'argent a été accordé n notre socié-
taire M. Victor Julien, distillateur, à La-
v;nir [Tarn) pour sa liqueur dénommée C/io-
oiiaiiue au quinquina*
Jiolrt: omission s'explique par le Tait quû
se iM>ni de notre Sociétaire nn figurait pas
'm catalo^^ue des exposants et que la liste
des lauréats n'a fait f objet d'aucune puhli-
i cation.
k EXPOSlTiON DE 190O,
^L (KENSËtONOlKN l^ DIVHRS).
^B Les com
^Ê Les comités i
Les comités départementaux.
Lea comités départementaux cuuslituent
le premier rouage intermédiaire entre Viid-
niinistratioa supérieure de TExposition et
les exposant<ï.
Ils sont institués par le litre 111, articles
15 à 18 du décret du 4 août 1B94 portant
règlement général pour l'Exposition, ce
règlement auquel il faudra toujours reve-
nir, commsau statut authentique, chaque
fois que des contestations viendront à s'é-
lever entre l'administration et les iniérea-
sé>, les circulaires ultérieures étant arrivées
parfois, comme je le montrerai le cas éché-
anl, u l'adultérer et à ie fausser, à en for-
cer le sens tout au moins.
Leurs membres ont été nommés par le
ministre sur la proposition du Commissaire
généraLChacun d'eux s'est subdivisé, aux
termes niètnes du règlement général, en
sous^comités siégeant à chaque chef-lieu
d'arrondissement, sous la présidence d'hon-
24
neur du préfet pour les chefs-lieux du
dépariemenl,de5 sous-préfetspour ies cliefs-
lieux d*arrondiâsement, avec un bureau élu.
Les comités départementaux correspon-
dent directement, par l'intermédiaire de
leur prési lent élu, avec le Commissaire
général.
Ils ont pour mission :
P De faire connaître, dans toute Vélen-
due du département, les actes oriicieh
concernant Torganisalion de l'Exposition,
et de distribuer les formules de demandes
d admission ;
2« De signaler, le plus tôt possible, les
principaux ariUteSj agriculteurs et industri-
els, dont lad mission à Tex position semble-
rait particulièrement utile à Téclat de celte
solennité i
3° De provoquer les expositions de pro-
duits agricoles, horticoles, et industriels du
département ;
4" De provoquer et d'organiser, s il y a
lieUj !e groupement des produits similaires
du département et d'accréditer un délégué
.pour chaque exposition collective ;
5" De préparer, s'il y a lieUj par voie de
souscription^ ou par toutes les autres mesu-
res, la création d'un fonds spéciai puur faci-
liter la visite et Tétude de TExposition à un
certain nombre de contremaîtres, d^ouvriers
et de cultivateurs du département.
Cette tâche^ asse?. ample, on le voit, onl-
ilapula remplir au pied de lai étirer Quel les
ressources leur a-l-on données pour la me-
ner à bien ? Coopèrent-ils eflicacement à
la préparation de l'Exposition, ou bien sont-
ilsde simples rouages de bon elîei décora-
tif^ mais sans utilité réelle, comme quel-
ques comités de notre connaissance à tous,
et leur rôle s'est- il borné à la distribution de
petits papiers administratifs, circulaires ou
demandes d'emplacements ? \oilà les ques-
tions auxquelles nous allons tàcber do ré-
pondre.
Engénéralj les comités départementaux
ont peu fait. Soyons francs. En feuilletant
le Moniteur des Expositiom, qui suit pas â
pas les travaux de ces comités, je puiseons-
later que notre excellent confrère a sou- |
JÛCHNAL MENSUEL PE L ACADEMIE NATIONALE.
540
vent beaucoup de peine à entretenir aa ru-
brique. Pourtant, que n'a-t*on pas tenté
pour stimuler leur zèle ? M. Stéphane Der-
ville, le directeur général adjoint de lex-
ploîtàtion, qui est tout spécialement cbargé
de se tenir en relations avec eux, a multi-
plié les circulaires, les lettres, les rappels;
il songe m^me, nou3 avouait -il récemment,
k entreprendre dans les départements trop
lents A s émouvoir, une tournée, une sorte
de promenade d'inspection, en vue de le.<
intéresser davantage à la lâche qui leura
été assignée. Quel résultat obtiendra*t-îl *
Il faut dire^ à la décharge des membres
de bonne volonté qui ont accepté de grand
cœur de faire partie des corattés départe-
mentaux, qui se réjouissaient, dans leur
candeur, à la pensée de travailler uliloment
au succès de la grande manifestation de
1900, qu'on a mis;^ leur disposition peu ûe
moyens d'action. Un de nos amis, membre
du comité de son département, et que h
mission intéressait beaucoup, contessalt, il
y a quelques mois, que te bureau de ce co-
mité, — dont il faisait partie, — n'avait au-
cun crédit, même pour pourvoir à sei frais
de correspondance. Il fallait que le prési-
dent ou le secrétaire payassent de leur po-
che et les quelques fournitures de bureau
indispensables et les ports de lettres, quand
il s'agissait pour eux de convoquer leurs
collègues à quelque réunion. Il n y a pas
de feu sacré, évidemment, qui tienne con-
tre un pareil dénuement. Je dois recon*
naître que, depuis, la situation du comité a
changé. Oh ! pas beaucoup. Le Conseil gé-
néral a voté un petit crédit. Je n'ose eu
dire le chiHre.
Voilà donc la première cause de Tiner-
tie do la plupart des comités départemen-
taux : le manque de moyens pécuniaires,
car ils sont, je crois, assez rares, les comi-
tés (lui, comme celui du Cher, peiïveût se
féliciter d'avoir, griice à la munificence de
TAssemblée déprtementale, des crédits à
souhait pour organiser t une exposition
collective des produits agricoles ou indus-
triels et subvenir aux frais de Texposition
sociale a . 11 est vrai que les Conseils génë*
raux ont encore le temps de s'émouvoir ;
641
EXPOSITIONS
mais, jusqu'ici, il paraissent n'avoir mani-
festé qQ*un empressement très modéré.
Ils se sont reposés sur Tinitiative privée
qui est, comme chacun sait, souvent un peu
lente à s*ébranler dans le beau pays de
France. Cependant, dans quelques dépar-
tements, et, chose digne de remarque, sur-
tout dans les régions viticoles, on se prépa-
re à faire de bonne besogne. Dans la Dor-
dcgne, un comité de viticulteurs s*est formé
afin dWganiser brillamment l'exposition
des vins de Tan'ondissement de Bergerac ;
les Bordelais se remuent également beau-
coup, et pareillement les grands produc-
teurs de la Champagne. La Société d'agri-
culture du Doubs a eu Tidée d'un « chalet
de l'industrie laitière » où figureraient des
produi ts des Alpes et du Jura, et, dans ce
but, a demandé aux Conseils généraux des
départements intéressés le vote des crédits
nécessaires pour réaliser ce projet. Sans
doute, quelques autres actes de même na-
ture se sont-ils produits, qu'on ne connaît
pas encore. Quant aux travaux des comités,
je le répète, ils languissent.
Une autre raison do celte impuissance,
de la difficulté que l'on a éprouvée à met-
tre en branle les comités départementaux,
c'est la préoccupation qu'on a eue de grou-
per, dans leur sein, les hommes politiques
influents de chaque région. lia fallu, bon
gré malgré, que tous les partis politiques
eussent, au sein du comité, leur représen-
tant, alors que, peut-être, des industriels,
des agriculteurs, des membres des cham-
bres de commerce et des sociétés agricoles
eussent autrement fait TafTaire.
Donc, les députés et sénateurs entrés dans
la combinaison, on a été dans la quasi-im-
possibilité, pendant les mois de la session
législative, pendant toute la période électo-
rale, où ils avaient, en vérité, d'autres chats
à fouetter, de les posséder, et, partant, de
réunir le comité. Puisqu'on avait tant fait que
de rechercher avec passion leur concours,on
ne pouvait siéger sans eux. Et cela nous a
conduits jusqu'aux vacances.
C'est à ce moment seulement qu'on a ob-
tenu des Conseils généraux des subventions
presque toujours assez maigres. Faut-il
ET CONCOURS. 542
faire honneur de ce demi-résultat aux hom-
mes politiques ? En revanche, leur présence
au sein des comités aurait eu des influen-
ces moins heureuses ; car, on imagine aisé-
ment que la politique, ne devait pas être
étrangère, par exemple, à cet incident qui
s'est produit au comité d'arrondissement de
Baume-les-Dames, où, le sous-préfet invi-
tant les commissaires à préparer une pre-
mière liste des ouvriers susceptibles d'être
envoyés, en voyage d'étude, aux frais de
TËtat, un des assistants, maire de sa com-
mune, revendiqua ce droit pour les muni-
cipalités.
Enfin, espérons que les instances de
M. Stéphane Dervillé auront raison de ces
hésitations et réchaufleront jusqu'à l'en-
thousiasme le tiède bon vouloir des comités
départementaux. Jusqu'à présent, le maxi-
mum de ce qu'il a pu obtenir de quelques-
uns d'entre eux, c'a été de les amener à
constituer leur bureau. Les choses en sont
' là dans nombre de départegients.
Leur mission, cependant, est assez intéres-
sante pour mériter qu'ils la prennent à cœur.
C'est, d'abord, une mission, de « publici-
té ». Pour cela, nuls fondsne sont nécessai-
res. La presse de toutes nuances a fait très
bon accueil à uneentreprise où la gloire de
la France est enjeu. Aussi, ceux des comi-
tés qui ont pris leur rôle au sérieux ont-ils
adressé, par la voie des journaux, au moyen
de circulaires, aux industriels et produc-
teurs de tout ordre, une propagande active.
Je citerai parmi ceux-là le comité des Deux-
Sèvres, qui se tient en contact constant avec
les exposants probables de la région et leur
communique des appels répétés.
En second lieu les Comités départemen*
taux doivent contribuer à l'organisation de
l'Exposition en signalant à l'administration
supérieure les artistes, industriels, agricul-
teurs, et, en général, les producteurs quel-
conques, dont la coopération leur parait
profitable à l'éclat de la grande manifesta-
tion internationale de 1900. Ils lui transmet-
tent également les demandes qui leur sont
adressées, et, régulièrement, aucune deman-
de ne peut être agrééesi elle n'est passée par
leurs mains. Le directeur général adjoint de
543
JOURNAL MKf^SUIfL DR
TExposition, plus spécialement charge de
Torganisation de la section française* dans
5011 désir de sauvegarder le prestige desCo-
mitésj tient fermement la main à Texécu-
tion de cette prescription du règlement, et
lei demandes qui peuvent lui parvenir di-
rectement sont toujours soumi^ieâ par lui à
l'examen des commissions départomenlales.
Car ties commissions constiluent, en quul-
((uesorlej un premier crible qui arrête pas
mal de demandes d'admissiun, et c e^t là
une de leurs plus importantes prérogatives,
VMeà seules, placées au milieu même des ré-
gions productrices, et par ce fait très à mê-
me de juger des mérites des demandeurs et
de leur moralité, de leur réputation proles-
sionnelle, composées, d ailleurs, deper.-on-
uaiilés pour la plupart très indépendantes,
elles seules peuvent éclairer en toute con-
naissance de cause Tadministration sur le
mérite des futurs exposants. Ef ^ dans sa cir-
culaire du 15 décembre 1S96, M. Stéphane
Dervillé insistait de fa-;on particulière sur
ic=i services que pouvaient rendre, sur ce
terrain, les comités départementaux.
■ Votrecomité, disait-il j s attachera soigneu-
sement à ne rechercher, en Loniecliose^ <)ue
les concours devant apporter à l'œuvre de
1900 un intértU véritable.
a Les pays étrangers ont répondu de teîle
sorte à notre iriviiation fjue les espaces, si
grands soient-ils, ajfectés il nos hôtes, se
trouvent, en réalité, trop étroits ; les com-
missaires générdux accrédités seront di^s lors
conduits à faire dans leurs présentations un
rigoureux triage. C'est aussi par la qualité
plus «] ne par le nombre de ses produits eii-
[^osés, que la section fran(,^aise pourra sor;ir
iivec honneur du prochain tournoi. Nous
devons bannir tontceijuij seîon Texpresaion
du règlement, n'ajouterait point à « 1 éclat
de cette solennité ^k E:i préparant avec soin
la situation (lui s'impose, voire comité faci-
ptci-a k tikclie des comités d admission, »?
Ce langage est celui que le commissaire
i^énéral n'a cessé de tenir ti tous les expo-
sants, celui que nous répétions, en son nom,
{.'académie nationalk. 644
l aux artistes au cours des récents incidents'
On a pu craindre que cette recommandation
formelle, et réitérée, n intimidât les expo-
sants, ne les poussât £1 s'ahiienir, plutôt que
de courir le risque d'un refus. Cette crain-
te est vaine, et les producteurs qui s'esti-
ment dignes de concourir peuvent s'adresser
en toute conliance aux Comités départemen-
taux comme aux Comités d'admis^^ion. \h
trouveront auprès d'eux la plus bien veiïljcte
impartialité. Les vœux des Comités départe-
mentaux, M. Dervilléleur en donnait enco-
re rassura nce dans la m é me circulaire, pèse-
ront toujours d'un grand poi^is sur la déci-
sion des Comités d admission.
Quelques-uns des Comités départemen-
taux se sont déjà occupés de* deux derniers
points de leur programme. La préparation
des expositions collectives a tenu notam-
ment une certaine place dans les déUbéra-
lions du r<omitédela Gironde, de celui delà
Savoie, qui s'est rappelé à propos que la
coutellerie de ce département jouit d'une
réputation méritée. Le Cantal a songea seî
excellents fromages, Certaiïïs, comme le Co-
mité des H au tes- Pyrénées, ont appelé 1 at-
tention dudirecteuradjointderexploitatiou
sur l'importance de la prijduction dn ik^par-
tement en ce qui concerne la race chevali-
ne. Je trouve u n Comité, eniiiiT celui du Var,
qui s'est déjà occupé de provoquer parmi
les exposants une souscription en vue d'en-
voyer en mission, li TExpoî^ition, des ou-
vriers de la région. Ce sont là des exemples
à suivre et qui seront suivis le jour ou tous
les Comités seront bien pénétres de Tititérét
qui s'attache n leurs travaux, du grand cas
<iu'en fait l'administration suptineure, et se-
ront persuadés que leur rôle n*est pas un rô-
le de pure parade, mais un rôle utile au
succès linal de 1 l^xposition, un rôlû auquel
leur patriotisme, le souci qu'ils ont de la
gloire de la nation, les convient à s'appli-
quer de toutes leurs forces-
Gustave Babin,
[Journal des Débats.)
*•> :
T.rTt^r^>^/^*7r^^ ■•
545
GomieRGE.
546
COMMERCE
UE COMiSERCE EXTÉRIEUR DE LA
FRANCE EN OCTOBRE 1898.
A la fin des dix premiers mois de Tan-
Dée en cours, les résultats du commerce
extérieur de la France étaient les suivants,
d'après les statistiques officielles de l'ad-
ministration des douanes :
IMPORTATIONS.
1898
le97
787.925.000
Objets d'alimentation 1.253.401.000
Matières nécessaires
à l'industrie 1.872.050.000 1.889.679.000
Objets fabriqués 512.569.000 501.1S7.000
Totaux, fr. . . . :^.638 020.000 3.178.741.000
EXPORTATIONS.
1898
1897
Objets d*alimentatioii 530.532.000 562.800.000
Matières nécessaires
à l'industrie 759.310.000 783.044.000
Objets fabriqués 1.425.825.000 1.451.430.000
Colis postaux 128.729.000 122.48>.0Q0
Totaux.
fr..
2.844.396.000 2.919.754.000
La comparaison de ces chiffres avec ceux
des neuf premiers mois de Tannée fait res-
sortir les résultats suivants, pour lecommer*
ce des mois d'octobre de 1897 et 1898 :
Octobre 1898 Octobre 1397
Importations 301.7^.000 333.038.000
Exportations 290.353.000 272.386.000
Il ressort de ces chiffres que Theureuse
influence de nos excellentes récoltes de
l'année 1898, qui avait déjà commencé à se
manifester en septembre, s'est traduite en
octobre par une diminution de 31.305.000
fr. dans les importations. D'un autre côté,
il est satisfaisant de constaterque nosexpor-
tations d'octobre 1898 présentent une aug-
mentation de 17.967.000 fr. sur les expor-
tations d'octobre 1897.
Les résultats d'octobre 1898 ofTrent donc,
comparativement à ceux d'octobre 1897,
une amélioration totale de 49.^72.000 fr.
Mais, pour les dix premiers mois de l'an-
née 1898, le solde défavorable de la balan-
ce du commerce atteint 793.624.000 fr. s'é-
tant encore accru de 11.380.000 fr. en oc-
tobre, chiffre égal à l'excédent des importa-
tions sur les exportations. Les résultats sa-
tisfaisants du mois d'octobre 1898 n'ont donc
fait qu'atténuer les pertes comparées de
l'année 1898 sur l'année 1897, sans pou voir
modifier la physionomie générale du mou-
vement de notre commerce extérieur, physio-
nomie qui reste peu favorable.
LE
COMMERCE EXTÉRIEUR DE
FRANCE EN 1897
La bibliothèque de notre Société a reçu, en
novembre, d'envol de M. le ministre du
commerce, le premier volume du Tableau
général du commerce et de la navigation
pour l'année 1897, publié par la Direction
générale des douanes. Ce premier volume est
exclusivement consacré au commerce de la
France avec ses colonies et les puissances
étrangères. Il fournit les chiffres définitifs
des résultats du commerce extérieur pour
l'année dernière, chiffres groupés de diffé-
rentes manières pour faire connaître exac-
tement la nature et la quotité des échanges
entre la France et les autres pays.
La consultation de ce volumeest vraiment
des plus intéressantes, et la masse des indi-
cations qu'il fournit mérite un examendes
plus attentifs.
Nous ne pouvons songer à reproduire dans
notre journal la totalité de ces indications
qui forment la matière d'un volume de près
de 900 pages in quarto. Hais il nous est heu-
reusement possible d'en dégager les résultats
les plus saillants et les plus suggestifs, et
d'en faire ressortir toutes les significations
utiles.
Le mouvement du commerce général de
la France avec ses colonies et les puissances
étrangères est évalué pour 1897 (importa-
tions et exportations réunies de marchandi-
ses de toutes sortes) à une somme totale de
9,941 millions de francs; c'est une augmen-
B47 JOURNAL MENSUEL DE
tion de 419 millions sur Vannée précéden-
te, et de 55S millious sur !a moyenne de k
période quinquenale antérieure h 1897.
Observons que pour arriver a ces résultats
fixi^s en raillions de francs, c*esi-à'dire pour
arrivera déterminer la valeur de^ mar-
chandises échangées, alors que les douanes
n'ont généralement connaissance qiie du
poids (i&s marchandiaesentréeaou sorties de
France, Tad min istra tion se sert de bases
d'évaluation qui sont déterminées chaque
année^avec le concours des chambres de
cummerce, par une commission instituée
auprès du ministère du commerce et dite
iommisxion permanente des valeurs en
Jituanes.
A rimportation, les valeurs ont atteint le
chilïre de 5.138 millions. Elles ontétésupé-
ritmreH de 209 millions à uelleâ de Tannée
t»récédent6, et de 102 millions à la moyen-
ne quinquennale.
A 1 exportXLtion, le montant des valeurs a
éié de 4.803 millions ; il est en oïcédent de
iiUD raillions sur le chiffre de 18Ô6 et de
IJOO millions sur la moyenne quinqnen^
nale.
Ce sont là les cUi (Très de ce qu on appelle
le commerce générai ^i\u'i\ no faut pas con-
Inndre avec le commerce spécial^ dont on
[>eut faire une évaluation particulière,
Le comme j ce général comprend ;
1" à timportatiouy h totalité des mar-
chandises étran^^fères arrivées do Tétranger,
des colonies et de la grande |iécho par ter-
reou par mer, et doclai^ées tant pour la cou-
sommation quepoiirle transit, TentreptU, le
Lransbordemenl, la réexportation ou Tad-
nïfssion temporaire.
2"" à rexportalion^ la tolalîté des mar-
rhandisei qui sortent eifoclivemenL de Fran-
co, sans diatinction de leur origine naiiona^
li^ 00 étrangère, c'est-à-dire les raarchandi-
st^^ reprises an commerce spécial plus le*
marchandises étrangtH'es qui ne font que
transiter sur le territoire français ou qui sont
transbordées dans nos ports h dtJ.uination de
1 étranger, celles qui ont été extraites des
t^ritrepôts pour la réoxportalion et nellos
qui» après avoir été admises temporaire*
ment en fraucbite, sont réexportées après
l'acadéhib nationale. 548
main-d'œuvre pour Ta purement des soumis*
sions,
he commerce spécial m compose officiel-
lement ;
l'' d f importation, de toutes les mar-
chandises mises en consommation, c'est-à-
dire de la totalité des marchandises impor-
tées en exemption difinittve des droits, des
marchandises taxées qui ont été soumises
à racquitiement des droits, soit à l arrivée,
soit après avoir été déclarées pourïe transit,
Tentrepôt ou Tadmission temporaire, et en-
findos sucres importés des Cfïljnies ou de
l'étranger et déclarés sous le régime de Tad-
mission temporaire*
2* à Pexportation^ de ta totalité des mar-
chandises nationales exportées ei des mar-
chandises d'origine étrangère qui, ayant été
admises en franchise ou nationalisées par le
paiement des droits et se trouvant^ par suite,
sur le marché bbre de rintérieur,sont ren-
voyées à l'étranger, et entin des sucres ex*
portés après raffinage à la décharge de*
comptes d'admisjiion temporaire.
Il résulte de ces* distinctions établies entre
le commerce générai ùi le commerce spécial
que les chiffres du commerce général doi-
ve nt, en principe, rUre supérieurs h ceux
du commerce spécial. Cependant le commer-
ce général d'importation ne comprend pas
nécessait*ement^ pourtoute période donnée,
la totalité des chiffres du commerce spécial ;
ceux-ci se composent, en effet, non seule-
ment de^ quantités arrivées déclarées pour la '
consommation, mais encore des quantités
qui ont été extraites des entrepôts pour être
mises ù la consommalion, lesquelles peu-
vent avoir été relevées au commerce géne-
ralà une époque antérieure. Ces chiffres peu-
vent comprendre, en outre, des matières
premiôres ayant fait Tobjet d'admissions tem-
poraires, lorsque lës produits manufacturés
en provenant sont ultériouroraent décla*
rés pour lacquittement des droits, soil di-
rectement, soitaprès passage en entrepfU. Il
peut ainsi arriver, en ce qui concerne le*
marchandises tarifées que les chiffres du
commerce spi^cial h l'importa tion soient^
pour une période déterrai née, su pu rieurs
k ceux du commerce génémL Par contre, à
'^K
'^
549
l'exportation, les chiffres du commerce spé-
cial ne peuTent jamais être supérieurs à
ceux du commerce général.
Pour 1897, les chiffres du commerce spé-
cial sont les suivants :
Importations 3.956 millions
Exportations 3.598 »
Total : 7.554 millions
Ces chiffres sont en augmentation, sur
ceux de 1896, de 157 millions pour les im-
portations, de 197 millions pour les expor-
tations, et de 354 millions au total.
Les pays avec lesquels les échanges ont
en le plus d'importance en 1897, sont l'An-
gleterre, la Belgique, les Etats-Unis, l'Alle-
magne, la Suisse, TEspagne, l'Algérie, l'I-
talie, la Russie, la République Argentine,
le Brésil, la Turquie, la Chine, les Indes an-
glaises et le Japon.
Voici un relevé des importations du
commerce général et du commerce spécial,
fournies par les principaux pays en 1807 :
COlfHËRCE. V/EKt
En ce qui concerne les exportations, les
relevés du commerce général et du coraraer*
ce spécial sont les suivants :
Angleterre
Etats-Unis
Allemagne
Belgique
Suisse
Espagne
Russie
Algérie
Italie
Républiq. Argentine
Chine
Brésil
Turquie
Indes anglaises
Japon
Australie
Autriche
Suède
Chili
Haïti
Pays-Bas
Egypte
Tunisie
Indo-Chine française
Sénégal et côte occi-
dentale d'Afrique.
Commerce
général
millions
de francs.
658
488
372
352
347
325
3i4
246
217
213
168
145
144
140
94
83
72
06
51
48
44
41
29
23
20
Commerce
spécial
millions
de francs.
485
538
309
288
79
247
236
238
132
211
149
68
107
122
81
80
65
63
50
26
39
35
20
22
20
Angleterre
Belgique
Alleoiagne,
Etats-Unis
Suisse,
Algérie
Italie ..,
Espagne
Brésil
Turquie. ..... ^
République Argen-
tine,
Pays-Bas
Rgyple
Tunisie
Husâie. ....,,
Iiido-Ghine irançaise
Japon
Sénégnl et cùie occi-
dentale d'Afrique.
Chiïie
Colombie
Mexique , , . , *
Australie ,
Autriche
Ijides anglaises
Commerce
gt!n*r^U
millions
de franc».
1443
586
443
339
334
235
199
179
88
76
73
66
51
47
41
39
ag
32
30
22
27
25
21
?0
Commerce
(pécid,
miilioût
de frjincs.
1132
513
380
242
191
@ld
151
99
61
49
51
46
24
24
2d
31
12
20
5
22
20
7
15
12
Si nous réunissons ensemble les exporta'^
tions et les importations pour nous rendre
compte de l'importance du mouvement
commercial total entre la France et les di-
vers paya, nous obtenons les résulta la st4l»
vanta :
Andeterre.
Belgique.. .
Eiats-Unis ,
Allemagne.
Suisse
E^pagfne . . .
Algérie. . . .
Italie
Ruisie. . . . ,
Commerce
Commerce
spécial.
miUionn
de lYnncii.
miliioni
de fraqca.
2101
1018
038
801
SiQ
6S9
815
680
080
269
504
34d
4SI
454
416
28^
305
203
551
!ti'publi{]ue
line
Argen-
Commerce
million*
de Irancf.
286
232
250
197
160
132
110
108
93
92
77
78
02
55
52
Commtrce
•P<-;inl
mlllloni^
it franrt.
261
Brésil
Turquie . . .
Chine
128
156
153
Indes anglaises
Japon
Pays-Bas..
Auiîtralie
Autriche - ^
135
93
85
80
80
ï^gypie ....
Suède,... .
Tunisie. . . .
59
72
53
Chili
•56
lïitloChine française
Siinégal et côle ocri-
denliilo d'ÂTrique.
53
40
[,es tableaux que nous venons de repro-
duire ne sont naturelle me ni qu'un résumé
de ceux publiés dans l'ouvrage ofliciel, ei
nous avons dû nous contenter de mentionner
seulement les pays avec lesquels nos échan-
ges sont les pi us importants j laissant decAté
les pays avec lesquels leschilfres d'affaires,
T^ait en formant uu total appréciable, n'ont
pas une élévation susceptible d'attirer par-
ticulièrement l'attention.
Les chiffres reproduits appellent d'ailleurs
d'intéressantes observations.
Il y a lieu de noter, d abord, que, sur un
ensemble d'échanges de 9941 raillions, re*
présentant l'ensemble du commerce généra?,
nos opérations avec TAngleterre sont de
24U1 millions, soit de 21 % , environ. En
ce qui concerne ies 7554 millions du com-
merce spécial, la pan de l'Angleterre se
ruoiUaiit à lois milliaiiâ^ représente éga-
lement ï^l % ,
SI nous n'envisageons que tes esporta-
lionsj nous constatons que nos exportations
en Angleterre, s élevant à 1143 millions au
commerce général et à 1132 millions au
coinmerce spécial 3 représentent respective-
ment 30 % et 31 % des totaux de 4803
millions et 3D08 millions.
Ue marquer s aussi que l'Angleterre, qui
nous prend 4431 millions de marchandises
lOIÎHNAL MENSUEL Dt CkCAmum NATIONALE, ^9St'
au commerce général et 1133 millmus au
commerce spéciaKue nous en liiTe que pour
(558 millions au commerce général et pour
485 millions au commerce spécial.
Notre commerce avec TAngleteire pré-
sente donc des balances favorables de 785
millions etde647 millions aux deux caté-
gories commerciales, balances qui se tradui-
sent forcément par de (ortes rentrées de
numéraire en France.
On voit que. vis-à-vis de la France, l'An-
gleterre a un rule de client beaucoup plus
imporlant que son rôle de fournisseur, et
que, dans tous les cas. le^i transactions fran*
co-anglaises tiennent une place absolument
prépondérante dans reuserable de nos
échanges. Il n'empêche que, récemment.
de telles relations faillirent être compromi-
ses à propos des marais de Fashoda !
Voyons maintenant quelles sont nos re-
lations'commerciales avec un pays dont Va-
mitié nous est, suivant les paroles ofticîel*
les, » particulièrement précieuse ^ et, par
conséquent, beaucoup plus estimable que
celle de l'Angleterre . Il s'agit, comme on
Taura deviné de suite, do la Russie*
Dans te classement des nations étrangères
par ordre d'importance des échanges opé
rés avec la France, importations et expor-
tations réunies, la Russie tient modestement
le 9' rang. Il est vrai qu'elle se relève au 7*
rang dans lo tableau des importations, mais
elle retombe au 14* rang pour les eicporta^
lions du commerce spécial, et au 15^ rang
pour les exportations du commerce géné-
ral,
Effecti vemen t, la Russie a vend uj\ la France
324 millions de marchandises au commerce
général,*?! 233 millions au commerce spécial.
Fille lui a acheté 41 millions 4Îe marchandi*
Res au commerce général et seulement 25
tniïlions 1/3 au commerce spécial. La ba-
lance commerciale présente donc les <ieux
cliilfresde 283 millions et de 210 millions
1/2, comme soldes en faveur de la Russie.
H ressort clairement de tous ces chifTres
que si la France avait beaucoup d' n enne-
mis t comme les Anf^lais, elle gagnerait ra-
pidement d'incalculables richesses, tandis
qu'avec beaucoup d' « amis ï> comme le»
553 COMMERCE
Rosses, elle courrait rapidement à sa rui-
ne.
Mais.ninsistons pas,nous serions considé-
ré comme un blasphémateur !
La décomposition de notre commerce ex-
teneur par nature de produits, suivant les
trois grandes divisions adoptées par le ser-
vice de la statistique, donne les chiffres sui-
vants :
IMPORTATIONS
Objets d'alimenta-
tion
Matières nécessai-
res à rindustrie.
Objets Fabriqués. .
Totaux
Commerce
général.
millions
de francs.
1.458
2.484
1.196
5.138
EXPORTATIONS
Commerce
général
millions
de francs
Objets d'alimenta-
tion
Matières nécessai-
res à Tindustrio.
Objets fabriqués. .
Totaux
I.IOO
1.133
2.570
4.803'
Commerce
spécial.
millions
de Irancs.
1.029
2.319
608
3.95(5
Commerce
spécial
millions
de Irancs
721
944
1.933
3.598
Si nous envisageons l'ensemble de nos im-
portations, en ne tenant compte que des
marchandises dont les quantités ont dépassé
une valeur de50 millions, nous relevons les
indications suivantes :
Céréales
Laine en masse
Vins
Soies et bourre de
soie
Café
Coton en laine
Houille crue et carbo-
nisée
Tissus de soie et de
bourre de soie
Bois communs
Commerce
général
millions
de francs
'4Ô6
356
306
303
237
214
212
167
159
Commerce
spécial
millions
de francs
2I7
344
280
2m
105
206
190
52
155
Tissus de coton
Graines et fruits oléa-
gineux
Peaux et pelleteries
brutes ',
Machines et mécani-
ques
Cuivre
Minerais de toutes sor-
tes
Tissus de laine
Lin
Fromages et beurre. .
Orfèvrerie, bijouterie
vraie ou fausse
Commerce
général
millions
de francs.
231
140
134
77
76
64
62
52
52
51
551
Commerce
spécial
millions
de francs.
36
136
116
08
72
63
40
51
42
13
Faisons un relevé analogue concernant
les exportations, en ne tenant compte que
des marchandises dont les quantités ont dé-
passé la valeur de cinquante millions :
Tissus de soie et de
bourre de soie. . .
Tissus de coton
Tissus de laine
Vins
Laines en masse,
laines peignées,
laines teintes et
déchets
Tabletterie, bimbe-
loterie, brosserie,
lorgnettes, éven-
tails, boutons, pa-
rapluies, meubles,
ouvrages en bois
et articles de l'in-
dustrie parisien*
ne
Soies
Céréales
Outils et ouvrages
en métaux
Peaux préparées. . ,
Vêlements et linge-
rie
Fromages et beurre.
Commerce
général
millions
de francs.
384
315
288
259
Commerce
spécial
millions
de francs.
271
1]0
:.^65
232
187
172
169
157
138
123
111
99
100
118
12
79
103
05
80
555 J&miNAL HENSDBL DE
Commerce Comrncrce
gcnéraL ipécUl
Sucres bruts 89 88
Produits chimiques. 84 75
Ouvrages eu peau ou
en cuir %4 69
Café , 70
Cuivre (y compris le
le minerai) 75 61*
M'jHes et Heurs ar-
titicielles 75 71
Machines el méca-
niques 07 44
Orfèvrerie et bijou-
terie, plaqués et
et autres ouvrages
dorés ou argentés, 66 28
Poteries, verres et
cristaux ..... 60 57
Papiers el ses appli-
cations -, 57 54
Kîiux-tie-vie, esprits
et liqueurs 54 52
Horlogerie.. 5i 20
Bois communs 5i 51)
Tous ces chiiïres nous ont paru intéres-
sanls à relever. Ils ont incontestablement unfi
grande valeur relative, mai^ l'on aurait tort
de leur accorder une trop grande valeur ab*
solufij car il est évident que lei relevés de
Tadmiiiistration des douanes sont d'une pré-
cision beaucoup plus apparenle que réelle.
On est pleinement édilîé à cet égard quand,
après avoir parcouru te tableau des irn por-
tillons classées par nature de produits et
avoir constaté qu'il ne comprenait pas moins
de 64 ciasses de marchandises nominative-
ment désignée;*» dont la dernièro, le nitrate
de potasse, ne compte que pour un dixième
de million, il est nécessaire, pour arriver
au total général des importations, de com-
prendre sous la désignation vague do : ^a»-
très marchajjdhes^ une valeur de S45 miU
lions au commerce général, et une valeur de
674 miliUons au commerce spécial.
Pour ce qui est des exportations, rénumé-
ration des marchandises comprend 64 arti*
des dont le dernier : chapeaux de feutre, de
laine et de soie, n'a qu'une valeur de
2. 300.000 fr. et, ici, la désignation de : ûh-
l'AJUBÈMlE PTATIONALE.
très marchandises^ nécessaire pour com-
pléter le chiifre total des exportations, s'ap-
plique à une valeur de 774 millions au com*
merce général, et à une valeur de 544 rail-
lions au commerce spécial.
Ce n'est donc que suivant des approxima*
lions vraiment trop élastiques que se trouve
opéré le classement des importations et ex-
portations par natures de produits.
Toutefois, l1 faut convenir que les répar-
titions par natures d^ marchandise*! ont été
faites avec beaucoup plus de précision et '
d'une façon plus détaillée dans les tableam
constituant les comptes spéciaux par nature
de produits et par pays de provenance ^t
de destination.
Ce sont cescoraptes spéciaux qui permet^
tenl de se rendre un compte exactj non-*ôu-
iementde Timportance, mais encore de h
nature particulière de nos éclianges avec
les divers pays, tels que TAngleterre, U
Russie, TÂllemagne, les Etats-Unis, la Bel-
gique, la Suisse, l'Italie^ l'Espagne, TAutri-
clie, la Turquie^ etc.
Sans pouvoir naturellement reproduira
Tintégralité des indications aussi nombreu-
ses que détaillées qui sont fournies par cts
comptes, nous allons en extraire nombre de
renseignements plus spécialement intéres-
sants.
Le compte des échanges avec rAngWterre
est naturellement le plus étendu.
A Timportation, il comprend 103 articles
précisés et détaillés, sans compter les dest-
gïiations générales de ; colis postaux, et de :
autres articies.
A lexportation, il se compose de 102 ar-
ticles déterminés, en outre également des
cniis postaux^ei difl chapitre : autres arti-
cles.
Le total des importations de T Angleterre {
et des possessions anglaises dans la Méditer*
ranée, s'élève pour 189? à 658,720,285 fr.
au commerce général, et à 485,819^648 tr,
au commerce spécial. Ces chiffres sont d'ail-
leurs en diminution d'une vingtainede QQil-
lions sur les données correspondantes de
Les articles ayant donné lieu aux impor-
tations les plus élevées sont les suivants :
là ^
COMyRBCE.
5S8
ilonillccrue..
Tissus, passementerie et ru-
baoerJede colon
Lâloes et dociiets de laine.
Tissu s y passe raenteriû et
rubauerie de laine
Machines et niécanif]ues. .
Produits chimiques (y com-
pris les engrais ehimi-
ffuei'i , ,
Plumes de parures
Fonte, fer et acier
Juie brut, en brins, tordu
et étoupes ,
Peaux proparées
Ouiils et ouvrages en mé-
laui ,
Tmus, passenoenterie et
nibanerie de soie m de
bourre de soie, .,,,..,.
Fik tie laine
'ij iMjtinls de mer , * .
iJuvrages en peau ou en
cuir et pelleteries pré pa-
rées,., _ ..^
PîUdô coton
Vtkur au commerce
de francs.
os. 021
30,597
2^.738
2^MZ
15.848
15.031
13.497
1:^.015
11.713
IL 223
9,832
9.771
9.43U
9.177
hm principaux
îvoni les suivants ;
articles d'exparlatioa
V«I<?ur nu comme r.:t;
de fratli:^.
ïmmy passemenlerieei ru-
baimrie tie mmeiX bourre
de suie
Tissus, passementerie et
rubani.Tie de laine
Tim
Sucres bruts
Tisius, passemenieri*'. et
rubancrie de coton. ....
ïtçuiru frais et salé
M«tie« et Heurs artibcielles
Ouvrages en peau ou en
cuir et (ïeHateries prépa-
rées
CuiTre (mi^^tal et mujeriiij.
Laineà et déchets de laine
Peaui préparées
Céréales
Eaut'de-vie, esprits et li-
queurs
^24.0Sl
125.068
m. (m
i\4,nl\}
G2,001
55.772
41.134
35.700
33.217
32,749
32.381
39.600
Bois communs
Bimbeloterie
Plumes de parure. .
(Eufsde volaille et
bier*
Fruits de table
Sucres raftlnàs
degi-
KuacrnL, Efi mîtlten
de fmncK.
29.338
27.986
25.571
22.50^1
22.013
21.817
Nous arrâtons là notre énumératiou dé-
taillée deH articles d'exportation, en remar-
quant que nous avons pu citer ÏO articles
différents avant de descendre à un chiffre
d'atfaires de moins de 20 raillions.
Le total des esportations vers l'Angleterre
et les possessions au^daisesdans ta Méditer-
ranée, est de lj418,939J78 fr. au commerce
général et de 1^135,573^568 fr, au commer-
ce spécial.
Les chiffres que nous avons reproduits
précédemment pour Ils princrpaust articles
d'exportation sont ceux du commerce géné-
ral. Les chitTres du commerce spécial sont
naturel le ment moins élevés que ceux du
commerce général, suivant l'ex pH cation que
nous avons fournie au commencement de
cet ariicle, mais ils ne présentent de diffé-
rences considérables que pour deux des ar-
ticles cités ; le premieret le douï^ième.
Le premier article : Tissus, passemente-
rie et rubanerie de soie et de bourre de soie
iiyuro au commerce ^'éuéral pour la valeur
de 22-l,<»81,liJt fr. eL soulemenL pour la va-
leur de 148,344,135 fr. au commerce Rpè»
ciul. Une telle diJTérence» s'éleva nt k près
de 7(5 millions, a pour origine le fait que
parmi les soieries exportées de France en
AujJîlêicrre, des quantités fort imporlautea
ctuieut de provenance suisse et de prove*
natice italienne.
Le douzième article ; céréales (grains et
farinesi accuse au commerce ^'énéral une
valeur de 32,381,537 fr. et seulement une
valeur de 1.702,152 fr. au commerce spé-
cial, n y a là la preuve que la plus grande
partie des grains et farines exportés de Fran-
ce en Angleterre n'étaient pas d'origine fran-
v;^ise et n'ijvaient lait que passer dans nus
entrepôts.
^
559 JOURNAL MENSUEL DE
Un chifTre peut surprendre dans [e ta-
bleau de nos exï>orlations en Angleterre :
c*est celui du ohapttro affï^rent au cuivre
tïit^tal et minerai, rjui s'élève exaclemenl
à 35.789.707 ïr.
La France ne posséda ni pas de mines de
enivre [sauf quelques faibles gisements en
Algérie), on peut s'étonner h bon droit d*un
cljiiïre d*exportatron aussi élevé pour une
scmbîable matière. En consultant les ta-
bleaux détaillés des diverses natures de
marchandises expi^rlées. an se n^rd compte
i|ue le cuivre exporté de France en Angle-
lierre la été sous forme de Jîls de cuivre,
dont la valeur est estimée en moyenne à
1000 fr. le quintal. Ce fait prouve que ['in-
dustrie de îa trélîlerie est assez supérieure-
ment outillée en France pour concurrencer
avantageusement la tréiilerie anglaise sur
hun terrain môme de fabrication. Il est fort
peu d'industries françaises qui se trouvent
dans une situation aussi avantageuse.
Vprès cette revue rapide de notre corn-
nicrce avec TAngleterre. t»ous allons exa-
miner les détails do notre commerce avec
fa Russie.
En 1S07, les importations de Kusste en
France se sont élevées exactemeol à 32i
millions 8i>S,5^<0 fr. et les exportations de
France en Russie, à 40,84?,30Ô Ir.
Les importations se sont composées prin
cipalement de :
V*leiiT au commerce
gcnéraL
miniers dcfriiiiL-s.
Céréales,,.. i:>8.ÎOi
Lin brut, teiUé et éioupes. 4*3.037
Hnis communs 39,015
r; ta in es et fruits oléagineux. 2K430
Laines en m&sse et déchets
de laines..... 6.980
Peaux et peiieteries brutes. G. 001
Soles et bourres de soie 5.014
Tourteaux de graines oléa-
pîineuses 5,401
Huiles de pétrole et de
schiste, brutes, raffinées
et essences .......,.,*» 5 . 103
Huiles lourdes et résjdus
de pétrole 3.765
Les exportations se sont composées de :
l'àCADÉHIE r^ATtONALE.
aec»
Valeur au comtticrcf
géDérali en mîllictt
Vins...
5.248
Farineîî .,,,.,.-..
3.329
Cuivre.
2.:J24
Maeliines et mécanique. .
a. 056
Outils et ouvrages en raé-
taux - .
1.922
Caoutchouc ei gu i ta- per-
cha bruts et refondus. .
1.781
Thé
1.023
Poissons conservés. . .
1.543
Tissus» passementerie et
rubanerie de colon ....
1.456
Lièire ouvré
1.422
Produits chimiques
1.342
Malériaux
1.004
Ici s*arrète la classe des articles présen-
tant une valeur de plus de tin million.
Dans les articles ci dessus, le thé, qui est
chiiïrépour une valeur de 1.033.000 fr.aa
cariiraerce général, ne figure naturellement
pas pour la moindre estimation au com-
merce spécialj aucun thé n'étant de prove-
nance française. ISombre des produits
exportés de France en Russie se irouveot
(knsce cas, si bien que nos exportations m
llussie, qui se chiffrent par 40,842.3^» fr.
au commerce général, chiffre déjà bien
modt^ste, n'atteignent que 25,49 t,05^fr. au
commerce spécial.
C'est-à-dire qu'en réalité, notre « pré-
cieuse fl alliée, tout en réussissant à nous
vendre pour ci23 millions de ses produits, a
eu soin de ne nous en acheter riu© pour à
peine 25 raillions 1/2- C'est là évidemment
de la bonne économie politique — pour la
Russie !
Nous ne saurione entrer dans les m^^mes
détails au sujet du commerce de France
avec tous les autres pays.
Cependant j il nous paraît bon de jeter un
coup d'oeil rapide sur le caractère et la na-
ture û*3 nos échanges avec la Belgique, l'Al-
lemagne et les Etats-Unis.
U petite, mais riche Belgique, est, aprèi
rAnglelerrCj d assez loin il est vi^i, le pays
qui fait le plus grand commerce avec la
France. Voici les résultats de ce commer-
ce en 1897 ;
561
COMMERCE.
562
Importations
belges
Exportations
françaises.
Commerce général Commerce spécial.
Valeur en francs Valeur en francs.
351.787.770 288.220.392
585.969.722 512.850.660
Il ressort de ces chiffres que, semblables
à nos échanges avec l'Angleterre, les af-
faires avec la Belgique se traduisent par un
bénéfice pour la France.
Les principaux articles d'importation
belge sont les suivants :
Commerce général.
Valeur en Irancs.
05.599.030
15.764.599
12.915.524
11.556.920
10.566.010
10.094.587
Houille crue
Laines et déchets de laine. . .
Houille carbonisée (coke). . .
Zinc (non compris le minerai)
Poteries, faïences et porcelai-
nes
Fils de toute soi;c
Il n'y a aux importations que six articles
présentant une valeur supérieure à dix
millions. Aux exportations, il yen a dix-huit
qui sont les suivants :
Commerce général.
Valeur en frjiici».
Laines et déchets de laine. . . 106. 131 . 102
Tissus, passementerie et ru-
banerie de laine 32. 187.527
Outils et ouvragesen métaux. 26.190.239
Vins 24.532.063
Produits chimiques 20.679.524
Machines et mécaniques 19.328.024
Tissus, passementerie et ru-
banerie de coton 17.922.554
Fonte, fer et acier (mâchefer
et minerai compris) 16.776.125
Zinc (métal et minerai) 15.862.867
Peaux et pelleteries brutes . . 15.447.473
Houille crue et carbonisée . . 13.457 452
Papiers, cartons, livres et
gravures 13.328. 189
Drilles et pâtes de cellulose. . 12.798.273
Fils de toute sorte 12.838 .250
Café.
11.864.476
Tabletterie, bimbeloLcne,
lorgnettes, éventails et
boutons 11 .098.061
Tissus, passeme.'iicrio ci ru-
banerie de soie et de bourre
de soie 10.765.572
Céréales (grains et farines), y
compris le malt 10.413.662
Les eaux-de-vie, esprits et liqueurs n'at-
teignent pas une valeur aussi élevée qu'on
pourrait le supposer et ne dépassent pas
1.092,003 fr.
Ajoutons que les colis postaux, qui com-
prennent une quantité infinie de marchan-
dises différentes, sont estimés à 875,295 fr.
à l'importation et à 11,720,880 fr. à l'ex-
portation.
Le commerce de la France avec 1* Alle-
magne est, comme le commerce avec l'An-
gleterre et comme le commerce avec la Bel-
gique favorable à notre pays. 11 accuse les
chifTres suivants :
Commerce généra l
Valeurs en francs.
Importations allemandes 372. 108.020
Exportations françaises 442. 467.599
Les principaux articles a'iiiiportation sont
les suivants :
Commerce général
Valeurs en francs .
Orfèvrerie et bijouterie d'or,
de platine et d'argent 36.451.533
Houille crue et carbonisée.. . 32.596.857
Produits chimiques 20.807.082
Machines et mécanir|uc.'* 18.767.39^
Tissus, passementerie et ru-
banerie de colon 17.229.081
Minerais de toutes sortes 15.192.166
Peaux et pelleteries brutes. . 13.339.365
Tissus, passementerie et ru-
banerie de laine 13.045.707
Poteries, verres et cris'.au x . . 11. 855. 556
Outils et ouvrage en métaux ll.:^2.664
Papier, carton, livres et gra-
vures 11.022.376
Tissus, passemenlerio et ru-
banerie de soie et bourre
de soie 10.297.172
Aux exportaiions, il n'y a que neuf arti-
cles d'une valeur supérieure à dix millions.
Commerce généra/
Valeurs en francs.
Vins... 27.981.595
Peaux et pelleteries brutci. . 24.216.510
Vêtements et lingerie 21 .990.054
Tissus, passementerie et ru-
banerie de soie et de bour-
re de soie 21.467.545
Coton en lainr 19. 426. 245
563 JOURNAL MfilNSUEt OG
Commerce pénér*!
Valeurs en Trao^s
Laine et déchets de laine. . . 17.^02.775
Café ...,,.... 10,465,050
Peaux pré^iarée^ 13,255.0S'*>
Produiu clumïquus l?.507.70î>
T*es chapitrea des colis postaux ofTrftnt
une dilTérenco très caractéristique à rim-
portatioii et à l'exportation. Les colis pos-
taux allemaudâ entrés en France ne sont
esiiraésqu^à 898.91*8 iV, taudis que les colis
postaux français expédiés en AileiuBfîne
ont présenté la valeur considérable de 55
millions 810,815 fc. Gomme on le voit, le
service decha Tiges f>ar colis postaux entre
la France et TAlleuiague est bien plus utile
et profitable au premier pays (fu'au second.
Enlin, si nous abordons t examen de no-
tre commerce avec les Etats-Unis, nous
constatons les résultats suivants :
Commerv^c général
Importations des Etats-Unîs 4^7,550.430
Exportations de France 338.048,884
Dans noire commerce avec tes Etals-Uuis
la balance commerciale s établit donc en
faveur de ce pays.
Voici les valeurs des principaux articles
dlraportalion : ^ ^ ^
Commerce général
Valeurs cû ffuliL-^
Cotons en laine- ........... 100,497.409
Oréales (içrains o: farines).. Ill.5*it5,307
Cuivre pur do première fusion itO. 55-1. 110
Huiles de pétrole et de schis-
te, brutes, raffinées et es-
sences 25.942.393
Huiles de colon. , ,.,....,., 21.890,501^
^iraisses animales 16.773.647
Tabacs en teuillesouen Cjies 13.961.015
Bois communs 13.449.304
Machines et mucnniquft 11.364.894
l'aCADBMIK W4TI0NALE. iSèi
Les articles d'exporlaljon se chiffrant par
plus de dix millions sont les suivants :
Valeur* ea fraii..i
Tissus et passementerie et ru-
banerie de soie et de bour-
re de soie 77,500.427
Tissus, passementerie et ru-
banerie de laine. *..*,,.. 51,435.106
Tissus, passementerie et ru-
bancrîe de coton 22. 534 . 039
Peaux et pelleteries brutes. - 17 ,100, 357
Plumes de parure 15- 193.165
Vins 11,555.885
Laines en masse, . * 10,719.982
Sucres bruts iiidigêaes 10.452.22:?
Ouvrages en peau, gants. . . . 10,293* 151
Outils et ouvrages en métaux 10,010,523
Ou remarquera que l'article le plus im-
portant des exportations de France atix
Etats-Unis : tissus, passementerie et ruba-
neric de soie et de bourre de soie, est pré-
crfiément le même que Fartirle le plus ira-
portant des exportations de France en An-
gleterre,
Noua bornons là notre examen des résul^
lats du commerce extérieur de la France en
1897. Les chiffres que nous avons cités suf-
tjsent amplement à doimer une idée de la
physionoroie générale de ce commerce exté-
rieur et à en éclairer la marche. Les person-
nes qui auraient besoin de renseignements
plus détaillés devront s*en rérérer au gros
volume pubiié parla direction gén^irale des
douanes. Bien entendu, le volume que
possède notre bibliothèque est à la dispo-
sition de tous nos Sociétaires.
-#^t<t-
LISTE GÉNÉRALE ALPHABÉTIQUE
DES MEMBRES DE L\ SOCIÉTÉ ADMIS PENDANT L'ANNÉE îH^H.
kutzmi {Narcisoi, médecin, à Sanco-Domiti-
go (Republiqasi dominicaine).
BiMGt (Charles), nëi^ociant en denrées colo-
» nklei, Cours Briilier, à Vienne (Isère),
Uatqlomki iGonstanun^ cîiirargien*dentis-
îc, 38^ StraJa Garol 1» Bucuresci (Rouma-
nie).
iKit^iG iFrcdéric), peintre-verrier, k Zurich
lî (Suisse).
biRTïEK (K, G.) propriétaire,à Willmanstrand
^ (Finlande).
-*«DiN [Jean- Pierre), viticulteur, à Maga-
, Jllcb, près lalta (Crimde).
\mE (Pierre), horloger, ^y, rus Charonnc-
rie, à No^eni-le-RoiroLi (Eure-et-Loire),
iBi:i (Vtctorj. viticultcur-pcptrïiériste, Cha-
W\à de Brouel, à Vire, par Pay-rEv^que
r (V\?e LéopQÏdi, fabricant d'huiles d'o-
!?e, rue Suffren. à Salon /Bouclies-du-Rhô-
D4Aï>(Loujs-Gabriei}, ingénieur- mécanicien^
6 cî S, rue Basfroi, à Paris.
LOtuvBLLK (J,|, comptable, S, rue Vimaîne, à
■ Vienne (Iscre).
ILLE (Albert), pharmacien-chimiste, à
Uuë {SartheJ.
«îUjs (Vital), fabricant de papiers à la for-
me, à Saint'Maurice-sur-Huisne ïOrne .
Eue Haiîïb id'] iFortunëJ, fabricant d^huîles
dolirc, à Sûusse(TunisiE).
FoaTD* (Henri), expert en vms, à Mooroop-
ftif Australie).
Cr^NARo dlscHiA, chimiste, 5 et 6, via Laiil-
ii,àNaples (Italie).
, <JMiiliusso (Lorenzû), pharmacien-chimiste à
I Aidone (Italie).
'OçuTKiÊKÊ (Anatole), distillateur, 4, rue de
ïa Gendarmerie, à Nancy (Meurthe-et-Mo-
xeljc),
[foïtAVA^oNT (Jules- Joseph}, constructeur de
» métiers Jacquar, t6, rue des Augustins, à
Reims (Marne).
GftûM.iDSKV (Constantin), propriétaire- agricul-
teur, Château de Znamenskaîa* Zaitnka,
Station Olguine (Sibérie) .
lÏAM^ir: (Au^Tijste), négociant en vin^ et li-
queurs, i3, ruï Satnt^Domiaique, Lpe ifans
(Sarthe),
D'HERiMHERG (Fernand), fabricant de briques,
ù Jupillîs (Sarihe).
Jacques et Cie (Mai), fabricants d*huiles.â Sa--
lomé (Nord).
Jacques (Philippe), distiiIateur-liqQorist€,i L*
Charité-sur-Loire (Nièvre).
Jltnod (Arthur), fabricant d'absinthe, à Pon-*
tarlier (Doubs).
Letan (Henri), vins et spiritueut* rue Neu-
ve, à Caudry {Nord}.
Marovic! (Théodore), médecin-dentiste à Bu-
curesci (Roumanie)*
MARTïRûSstAî4TZ (Augustîn\ imprimeur-typo-
graphe, a Tifis (Caucase).
Matïieff frères, viticulteurs-distillateurSi à
Stora-Zagora (Bulgarie),
MicHAL (Jean-Joseph), distillateiir<liquoriite,
44, rue Alphonse-Denis, à Hyères (Var).
NisHoLLS (William), disàllateur, 3o, Clyde
Street, à Glasi;ow (Ecosse).
Novtt {\% confiseur, a8, Calïe de Plateros de
S, Pedro, à Lima (Pérou).
OLiVEtRA SaARtis (José-Antonio), viiicuUeur,
à Evora (Portugal).
Robert (M" Aagustine), minotière. à SaÎQt*
Jean d'Angély (Charente-Inférieure),
SAt^ÈNE (Jean), ingénieur-civil, 6, rue de U
Chaussée-d'Antln, à t^aris.
ScHANTÉ (Jean*Louts), pharmacien, lo^ rue
Tdte-d*Or, à Metz [Alsace- Lorraine)*
SoDEHLUN^û (Adolfj. négociam, à Kirlshamm
(SuÈdcJ.
SuAREz Llaguno (Jcïsél, distiUateur-liquoriï-
le^C-illfi Nueva, 4, à Bilbao (Espagne),
ZïMMERttN (Auguste), fabricant de moules à
beurre, 24, rue Coutances, k Genève (Sali*
se).
" r
TABLE GENERALE
"vèà
MATIÈRES PUBLIÉES PENDANT L'ANNÉE 1898
ET DES
Nams des Membres d© la Société dont les produits ou travaux
ont été mentionnés durant cette année.
LXVIIh ANNÉE
Agriculture, — La production des vins et ci*
dresen 1S97, \\, — Les concours régionaux
agricoles en 1898, 63, — Les recolles co
lerre, 63. — Le charbon de bois et les four-
mis^ G4. — Lu fraude dans le commerce des
engrais, X>%^ — Le concours agricole de Pa-
ris en 1898, 97. — Présures et colorants pour
beurrci/de M. Ch. Jeanneau, àJan2é(llle-
et-Vilaine), 114. — Courroie de sûreté pour
machines abattre, ii5. — Les cultures dé*
robées d'automne, 117. — « A bas le moi-
neau V, communication de M. Paul Noul, à
Rouen, 14^), — Conseils aux viticulteurs^
par iVL le D^ Grand -Clément, 14^, — Deux
nouveaux ennemis des arbres fruiiiers, com-
munication de M. Denailie, à Carienao, 1S2,
— La Nielle des Blés, 154. — Les poules
pondeuses, i56, — La production du miel
L*n Tunisie, 1 57, — Le prix du blé et la va-
leur de l'argent*métaL 19^- — Etude agro-
nomique des sols en région monta^ineuse
jurassienne, communication de iM Parandier,
aux Tourillons (Jura!, 195. — L*tlevape du
dindon en Solot^ne, ^oo, — Les hannèions,
communication de M. Paul Noël, à Rouen ,
141, — La défense contre le îii ack- rot, corn-
munication de M. Vassilière, à Bordeaux,
243. — Effet dengrais chimique sur vi^ne
attaquée par le phylloxéra, communication
de M. Parandier, aui Tourillons Uura),ï47,
— La culture de la vigne en Russie, 25 1* —
L'administration dans la ferme, communi-
caiioti de M. A. de Villiers ,de l'isle-Adaiu,
252. — Un terrible ennemi des arbres fAs-
pidioUis perniciosus}, 2S9. — Le cèphe du
poirier, 29a. — Les origines de la trutfe,ob*
servations de M. le duc deLesparre, 296. —
Sur les pertes d^anamoniaque qui accotn*
pagneni la fabrication du fumier de ferme,
299. -^ Nouvelle méthode pour lameïiora*
tion des cidres et des poires au moyen des
levures sélectionnées^communicatîoti de M.
Georges Jacquemin, à MalzévîUe, 337.—
L'élevage et rutilïsation du bétail dans la
Républicjue Argentine, 348, — Production
multipliée des graines de betteraves, 3S5, —
Emploi duphospho-carbure de calcium con-
tre le phyiloxera, 392 . ^ La récolte du blé
en France, 433,— Moyens de rendre à la
propriété sa valeur et ses revenus d'autre»
fois, 433, -* Grandeur et décadence du ni-
trate de soude et du guano, 4S1, — Cépage
hybride de Pinot-Cabernet, créé par AL
du Loc, i La Gauphine (Hérauh), ^85, —
Exfïériences pratiques sur la culture des vi-
fines américaines, par M, Victor Combes, à
\'ire (Loi), 48"* — Lu récolte du blé dans
le monde en 1898,488,— Les récoltesd'or-
ce et d'avoine, 49U. — Emploie de la bouil^
lie bordelaise contre la cloque du pécher,
491. — L'alimentation du bétail au moyen
dés drèches séchées, 495. — La vigne en
Russie,4j6. — La sériciculture dans la Rus-
sie d'Asie, 5oo. *- Le Concours général
agricole de Paris en 1S99, Sag,— Le semis
de betteraves en poquets', 5iv).— Destruction
des mauvaises herbes par lé sulfaie de fer,
53i, — L'epandage du fumier , communica-
tion de M, Dehérain, à la Société nationale
d'agriculture, 532.
ASSBMLILÊEG^MCRALE ANNIÎELLEOESSOCIKTAIRKS.
— Convocation» 9* — Réunion du 25 février
1898, 49.
AuaouzE, à Paris* — Concours agricole Je
Paris, luo.
1
TABLE t)ES UATIËRES.
5T0
BiJAc, à LUncourtfOhe).— Concours agri-
cole de Pari?, toi»
Bartûlome:!, à Bucarest. — Exposition de Dî-
' joD,4G3, 5i2. — Exposition de Rochefort,
470,519
BArros, à Oran, — Exposition dû Rochefort ,
410^319. — Exposition de Dijon, 463, 522.
Berhic, à Zurich. — Exposition àt Dijon,
SlO^ 522^
Berchten, à Londres, —Procédé pour Vé-
lévation du point d^inflatnmation des huiles
dt pétrole, 161, — Lampe à pétrole de sû-
reté, 3 1 5,
BuBuocnAPHiE, — Uagenda Charles Meo-
»delj *i5, — Ce qu'on peut voir avec, un
peut' tnicroscope, par H. Cou pin, 96* —
Les Marques de fabrique, 47 rj.
BuNDtPï, a MaiîaratchjCriméei. — Exposition
de Rochefort, 470, 519.
Bloch (Joseph), àChaux-de-Fonds (Suisse).—
Fabrication démontres^ 73.
ôi.ONDEL (Alphonsejj à Paris. — Exposition
de Toronto, 40S.
Boni:, à Nogent-le-Koîrou (Eure-et-CoirJ. —
Montre universelle, 5o8.
Biochard-QlilleTj à Château du n, — Cura-
çao BrocharJ, iSg, — Exposition de Ro-
chtfort, 4ïO, S 19.
BftoQtjîsT, à Paris, — Concours agricole de
Parii, io3. — Exposition o'Horticulture,
167.
BnouHOT et Cic, à Vierïon (Cher), — Con-
cours agricole de Paris, 104. — Expo^i-
lîon d*aiïtomobiles à Paris ^ 3lî7, — V^oitu-
r«s automobiles^ 443.
Càmi, k Oullins 1 Rhône). — Exposition de
Dijon, 522.
C*utnoN ET ftLs, à Paris. — Concours agri-
cole de Paris, 104.
CAîinz-BciLTRGKOis, à Cambrai. — Exposition
de Rochefort, 411, 519.
Cmcjii,, à Saint-Cermain-du-Hois (Saone-et*
Loire). — Exposition de Dijon ^ 463, 522.
Cii4i7- frères, à Bellevue la Digonnière (Loi-
rej, — Regulaléur de vitesse pour trans-
missions électriques, 3o5,
Chalot, à Alençon, —Exposition d'Alençon,
357,
Chalut-Voiry, à Tours. — Distinction hono-
rifique, 35 1, — Exposition de Toronto,
40S.
Cmjujbqn, à Saiot-Cèré (Loil. — Exposition
de Rochefort. 411, 5tt),
tiu.MFKNois*RAî4BEAi. X ET CiE, à Cousances-
«uï"Farge$ (Meuse'. — Concours agricole
deParis, io5.
CHANnoaA,à Moissy-Cratnayel (Seine-et-Mar-
ne), — Concours agricole de Paris, io5,
Charlênt. à Gemhloux (Belgique), - Expo-
sition d'AIençon, 35i^.
Chaumeil, à Annonay (Ardèche), — ExposU
tion de Dijonj 464,521,
Cmifpenïan, à Lisieux, — Exposition d*Alen-
çon. 3 5 S.
CoMïïKs, à Vire ((,ot), — Esposîtion de Ro-
chefon, 470, 515, — Expériences pratiques
sur la culture des vignes arnéricaines, 487.
Co-MiTÉs. — Leur composition, îr,
fbiïETE DES RÉCOMPENSES. -^ RéunionJu 21 fé-
vrier 3898, 49.
Commerce. — Le commerce extérieur de la
France : 37, S3, 141, 175, 177, 375,375,37s,
417, 473, 323j ni, — L'activité commer-
ciale de i'Allemagneen 1896, 84, — Le com-
merce extérieur de la Suisse en ii^97, ^43,
— Le commerce extérieur deTAnglcterre en
1897, 178. — Le commerce extérieur de
rAllemagne, iSo, ^-8* — Les échanges ex-
térieurs des principaux pays du monde, iHi..
— Le commerce français et la guerre his-
pano-américaine, 27ii. — t.e commerce ex-
térieur de l'Espagne en 1897, 279. — Le
commerce des vins de Champagne, 32 3,^Le
commerce extérieur entre Ja France et ses
colonies, 3/0, 514, — Le commerce du mon-
de, 3fi2.— Le commerce extérieur delà
Suisse en (807, 47G. — Le commerce de la
République Argentine en 1897, 479, — Le
commerce extérieur de ITtalie, 528,
CoMSEiL D^AnMiNtsTRATioN. — Séance du 20
janvier, 9. — Sa composition, 19.
Constant, à Clichy (Seine». — Exposition
d'automobiles à Paris, Son,
CoKNUj à Paris. — Exposition de Rochefort,
4ïh 519.
Daud jL.), à Paris. — Concours agricole dfl
Parisj io5,
DEnEP-Ti^ASti, à Paris, — Exposition de Di-
jon. 5io, 5ï2.
Delalnav, à Paris- — Exposition de Dijon,
4U4, 533,
DEMErxE, à Loué (Sarthe). — Exposition de
Rochefort, 471, 519.
DEsci.os{\^ital),â Yversay (Orne). — Exposi-
tion d'Alcnçon, ÎSc^.
Distinctions honorifiques accordées aux
Membres de TAcadcmie Nationale : 11,61,
Ï17, 3o5 35 I, 443,
Du Lac, à La Gauphine (Hérault), — Ccpa*
ge hybri Je de Pinot-Cabcrner. 483 .
Egrut iTTGrtASGi:, â Paris. — Concours agri-
cole de Paris. io5* — Exposition dlforii-
eulture, ciGS.
Expositions £T concours. — Eipositîôtl aqî*
571
versellede i^oo {Renseignements divers), j%
lîj, 137,171, 3io, 3^3,405,461,517.— Ex-
position d'Alençon^ 8a, 35k — Kxposîtion-
Coocours culinaire etd'alïmeniatioo, 82. —
Exposition de Rochefort*stîr-Mer, 83, 400,
470,517. 537,— Expositionde Dijon, 84.46a,
5io. — Exposition à Chatcauroux, 110, —
Exposition à Perpignan, iio, — Exposi-
tion d'Horticulture, 267. — Exposilion
d'Automobiles a Paris, 3oS. — Exposiuan
de Toronto (Canada), 408. — Exposition
inlernationale de pcchç a Bergen en [S9S,
517.
FcNAiLLE F.T Despeaux, è Parii. — Exposi-
tion d'automoUiles à Paris, 3to.
Fils hi: A, Delitsch, à Paris. — Exposition
d'automobiles à Paris, 3 m.
Flûb-lnck, à Tours. — Exposition de Dijon,
46S, 5:12*
FoRTîs, à Mooroopna (Australie). — Exposi-
tion de Dijon, 465, bzi,
Frv et fils, à Bristol (Angleterre)* — Exposi-
tion de Kochefort, 411, 5ij* — Exposition
de Dijon, 522.
Gailly, â Hon^ans, — ExposUion de Dijon^
4OÔ, 522,
Galtreau^ à Dourdan. — Distinctioa hono-
rifique, II, — Concours agricole de Paris,
106,
Geisler (Louis), à Raon-l'Etape (Vosges),
— Distinction honorifique^ 3o5,
GuMi^usso, à Aidone (ïtfllie). — Exposition
de Rochefort, 4 12, — Exposition de Dijonp
46G.
GoDEFROY, à Orbec, — Concours agricole
de Paris, 106.
GoussARD, à Monireuil (Seine), — Exposition
d'horticulture, 268,
GouTHiÉRE, à Nancy, — Exposition de Di-
jon, 466, 521,
GRtftAawoNT, à Reims. — Mécanique Jacquart
métallique, 533,
Gouttière, à Paris, — Distinction honorifi-
que, 12,
Grillot, à Paris, — Concours agricole de Pa-
ris» ro6,
Gruss, à Gouhenans, — Exposition d'Alen-
çon, 359,
Guilbkrt-Martin, à Paris,— Distinction ho-
norifique, 6[ ,
Guyenet, à Paris, — Chemin de fer éleciique
et plate-forme roulante de TExposition,
3io,
H
Hamme, au Mans (Sarihe), — Exposition d'A-
lençon, 36o,
Harqon, à Paris. — * Nécrologie, 43 1,
JODHNXL HENStJEL DE UkCÈ^bEMlE NâTIOF^ALE.
572
HKSRicF.Tjà Nantes, — Exposition de Roche-
fort, 413, 5î9.
Hjrt (,\lbert), h Paris, -^Goticours agricole
de Paris, loô. — Exposition d'Honiculm-
re,270,
Hl-rlot, à Pariai — * Distïnclion hoàoriôfjtie,
Ci,
IwrriUSTRiFc, — Di«posîtif d'éclairage intérietir
des voilures de place, communication de
M, Trouvé, à Paris, 71, — Fabrication de
montres, de M, Joseph Bloch,à Chaux-de-
Fonds (Suisse), ;3, — Mandoline métalli-
que^ de M- J, B. Portier, à Saint- Etienne
(Loire), 76. — Muselières et bavettes pour
chevauît atteints de tics, de M, Pougeois^ à
Paris, 7$, — De l'emploi de Talcool cotnme
source de force motrice, 1 19- — Les indus-
tries textiles en France en 1S96, 1^3. —
L'industrie et le commerce de's tiisos en
Russie, 117, — Moyen de prévenir les dé-
raillements des trains rapides dans le pas--
sage des courbes, communication de M»
Paloux, Â Oraiï, i3i, — Extraits fluides
pour sirops, de M, Maujean, à Sermaize
( Marne), î32, ^ — Développement de prin-
cipes aromatiques par fermentation al-
coolique opérée en présence de certaines
feuilles, communication de M. Georgçsjac-
q^uemin, à MaUéville, 134. — La Jabrica-
tion du carbure de calcium en tin d'année,
1^9;;, ï59, — Elévation du point d'inflam-
mation des huiles de pétrole, procédé de
M, E. Berchten, à Londres, lôi, ^ — Le
marché . des métaux à Londres pendant
Tannée iSg;, i<S3. — Nouvelle pompe ro-
tative dénommtie IlydrO'Gire, inventée par
M. Trouvé, à Paris, 2o5- — Aciers prodlés
fïour outils de MM, J, Beardshaw et fîîs, à
Shelfield, représentés sur le continent par
M, J» Sapène, à Paris, 20g, — Caractères
dilTérents des mélanges d^air et de vapeur
de pétrole, ^^19, — Instruments de vérifica-
tion des filetaaes du systèmefran^ais, cons-
truits par MM, Bariqûand et Marre, à Pa*
ris, 220, — Projet de chemin de fer et d'as-
censeur combinés pour transport au som-
met du Mont-Blanc, aiS, — Appareil per-
fectionné système Woods pour distribuer
Thuile aux broches de filature, construit
par MM. Geo Thomas et Cie. à Manchester^
a63. — La production de la houille dans le
monde, 266* — Principes nouveaux de chauï^
fage industriel* 166. — Lampe à pétrole de
sûreté, inventée par M, E. Berchten, à Lon-
dres, 3i5, — La fabrication des sucres en
France et en Allemagne, 3 16. — Les pro-
grès de rindustrie allemande de 1S81 à
1895, 3i8, — L'industrie dans le monde,
369, — Le « record u de la vitesse navale,
370- — Ce qu'il faut faire dans les cas d'in-
candescence des tôles de foyer des chau-
dières â vapeur, 371, — L'air liquide et set
usaçes praùques, 371, — La fabrication de
la biàre en Europe, 374, — - Machine k fa-
briquer les tuiles, de M. Lobin Mis, à Aix
573
TABLE DES MATIÈRES.
B74
(Bouches-du-Rhônej, SqS. — Ammoniaque
aromatique de M. Tison, à Le Nouvion-en-
Thiérache (Aisne), 405. —Voilures automo-
biles, de MM. Brouhot et Cie, à Vierzon,
443. — La Jocomotive électrique, système
Heilmann, 448.— Les chemins de fer à cré-
maillère, 454. — Les forages dt puits arii-
siens en Algérie, 45^. — Ecrémeuse centri-
fuge La Couronne^ de MM. Simon frères, à
Cherbourg, Soi. — Régulateur de vitesse
pour transmissions électriques, communi-
cation de MM. Chaize frères àBellevue (Loi-
re), 3o5.— Montre universelle de M. Bo;ie,à
Nogent-le-Rotrou, 5o8.— - Les chemins de
ferfrançaîi, anglais et allemands, Sog. —
Les chemins de fer de TEurope, au x«' Jan-
vier 1898, 5 12.— La pierre de verre, 5i3. —
La production actuelle du pétrole, 514. —
La fabrication des parfums dans les Alpes-
Maritimes, 3 1 5. — Mécanique Jacquart mé-
tallique de M. Gribaumont,à Reims, 533.—
Les grands paquebots transatlantiques, 536.
J
Jacquemin (Georges), à Malzéville, près Nan-
cj, — Concours agricole de Paris, 107. —
Communication sur le développement de
principes aromatiques par fermentation al-
coolique opérée en présence de certaines
feuilles, 1 34. — Nouvelle méthode pour Ta-
mélioration des cidres et des poirés au moyen
des levures sélectionnées, 33;. —Exposi-
tion de Rochefort, 412, 519. — Exposition
de Dijon, 467, 522.
Jacques (Max) et Cie, à Salomé (Nord). — Ex-
position de Rochefort, 412, 519.
-JACQUES (Philippe)à La Charité-sur-Loire (Niè-
vre). — Exposition de Dijon, 52o, 522.
Jaîînel frères, à Martinvelle (Vosges). — Con-
cours aginc oie de Paris, 107.
JuNMEAU (Charles), à Janzé (Ille-et- Vilaine).
— Présures et colorants pour beurres, 114.
— Exposition d'Alençon, 36o.
Julien (Victor), à Lavaur. — Exposition de
Rochefort, 53;.
JorÉ fils, à Saint-Laurent-de-la-Salangue
(Pyrénées-Orientales). — Exposition de Ro-
chefort, 414, 519.
JuNOD (Arthur), à Pontarlier. — Exposition
de Dijon, 52i, 522.
Lacroix, à Paris.— Exposition de Toronto, 408.
LAGACHEjàParis. — Concours agricole de Pa-
ris, 108. — Exposition de Dijon, 468, 522.
UuRBNT- Colas, à Bogny-sur-Meuse. — Di-
tinction honorifique,'35i.
Laurs ^Simon),à Marseille. — - Exposition de
Dijon, 522.
Leborgne (Ferdinand), à Lannoy (Nord), —
Distinction honorifique, 3o5.
Ujuitre (Albert), à Alençon. — Exposition
d^Alençon, 353, 355.
Lepan à Caudry (Nord). — Exposition de
Rochefort, 414, 519.
Liste générale dus membres, 19.
LoBiN, fils, à Aix(Bouches-du-Rhône). — Ma-
chine à fabriquer les tuiles, 395,
M
Mateeff frères, à Stora-Zagora (Bulgarie). —
Exposition de Dijon, 52 1, 522.
Matile (Ali), à Montfavet (Vaucluse). — Con-
cours agricole de Paris, 108.
Marovici, h Bucarest. — Exposition de Roche-
fort, 4i5, 519.
Maugin, à Paris. — Concours agricole de Pa-
ris, 108.
Maujean, à Sermaize (Marne). — Extraits
fluides pour sirops, i32.
Mercier, à Paris. — Concours agricole de
Paris, 109,— Exposition d'Horticulture,270.
MÉRÉ DE Chantilly, Orléans. — Exposition
de Dijon, 468, 522.
MicHAL, à Hyères (Var). — Exposition de Di-
jon, 468, 522.— Exposition de Rochefort,
472,519.
MoNTANDON, à Vemon (Eure). — Concours
agricole de Paris, 109.
Moquet-Lbsage, à Paris. — Distinction hono-
rifique, 352.
N
Narciso-Alberti, à Santo-Domingo . — Com-
munication sur le tétanos à Saint-Domin-
gue, i83.
Nécrologie. —Le Docteur Gérard, 19. — M.
A. Hardon, 431. ^
NèGRE, à Grasse. — Distinction honorifique,
117.
NicHOLLS, à Glasgow. — Exposition de Ro-
chefort, 472, 519.
NoEL (Paul),à Rouen.— c A bas le moineau » ,
145. — Les hannetons, 241.
Nordenfelt (Société), à Paris. — Concours
agricole de Paris, 112.
NovE (P.), à Lima (Pérou).— Produits de con-
fiserie, 5x5.
OLrvEiRA-SoARès. (J.A.d'j, à Evora (Portu-
gal) .— Exposition de Rochefort, 5 18, 519.
Paloux à Oran. — Moyen de prévenir les
déraillements des trains rapides dans le
passage des courbes, i3i.
PARANDiBR,aux TouriUons, par Arbois (Jura).
— Etude agronomiq^ue des sols en région
montagneuse jurassienne, 195. — Effet
d'engrais chimiques sur vigne attaquée par
le phylloxéra, 247,
Paupier (Léonard), à Paris.— Concours agri-
cole de Paris, 109.
Paupy, à Paris. — Distinction honorifique,
352,
Pelletier, à Connerré (Sarthe). Exposition
d'Alençon, 36i.
5T5
JOURNAL MENSUEL DK L ACADÉMIE NATIONALE.
m\
PtRiv frères, à Charlevnie. — Concours afjri-
cote de Paris, i ta, — - Exposiùon d'Alea-
Çon, 36 1.
PïMijppK, à Houdan,— Concours agricole de
Paris, iio,
PoaTiKR (J.-B.|^ à Saînt-Etieane (Loire), —
Mandoline métallique, 76.
PouGEois, à Paris, — Muselières et bavettes
pour chevaux atteints de tics, 78,
pHortUiTs ALiMKNTAïKÈS, — LîqueuTs et spi-
ritueux de MM, Trespalacios et Aldabo, à
la Havane, i3. — Fromage de Gruyère et
fromage d^Emmetiihal, 137, — Le curaçao
Brochard, de M. Brochard-Quiliet, a Chà-
teaudun, iSg» — Gâteaux aux amandes ùc
M . Etienne Proux, h St-Jean-d*Angely,
141^ — Valeur alimentaire du sucre, ï6q.
— Produits de confiserie de M, Rosse l-
Brunner^ à Zurich (Suisse)^ 172. — Traiiés
sur la fabrication des liqueurs et la vinifi-
cation, par M, Luigi Sala, à Alessandna.
ly^, — Liqueurs Unes de M. Luici Sala, à
Alessandria, 233. — La liqueur Ciun'treusf^
4;i. — Produits de contiserie^ de M. 1*.
Nuve, à Lima (Pérou), 5i5,
Paotjx (Etienne), a Saint-Jcan-d'Angely, —
Gâteaux aux amandes^ 141 .
Pbuvost» à Paris* ^ Exposition de Dijon^
468, 532.
RAMBAL'rï, à Parisp — Exposition de Roclic-
fort, 4i5, 519.
Raval, à La Galle (Algérie), — Exposition de
Beri;tn, 317,
RicoMPE^sEs décernées par la Société, 37.
RicHAUiî, à Paris. — Exposition de Roche-
fortj 4î6. — Expositron de Bergen, 517,
RicfiAuii, à Rochefort. — Exposition de Ro-
chefort, 413,519.
RtcHtH, à Alençon. — Exposition d*Alençon,
354.
RoMKT, à Alençon. — Exposition d'Alençon
357,
RossEE.-BKusNKft, à ZuricU (Suisse). — Pro-
duits de confiserie, ^72.
RoussET, à Saint-Victor-sur-Loire, — Con-
cours agricole de Paris, no, — Exposition
dHiorticulture, 270,
Saint-Dënis (E*de), à Granville. — Communi*
cation sur le café^ sa culture et son corn-
merce, 284^ 3i5.
Sai.a (Luigi), à Alessandria t Italie). — Traités
sur la fabrication des liqueurs et la vinifi-
cation. 174* — Liqueurs fines, 233.
SanijuMirsky, à Krementchough 1 Russie). —
Exposition de Rochefort, 416.
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408, 5î2.
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SoïjKki.uNn, à Karlshamn ^Suède). — Eipo-
sition de Rochefort, 472, 519*
STATisriQUe,^ L'activité postale des divers
pays, 2 3y. — La Revue de Smtisitque, 34a*
SuAftKK-LuAGUNo, à Bilbao ( Espagne), —
ExposJtioû de Rochefort, 5ï8^ 519.
Tentjng, â Paris. — Concours agricole df
Paris, tri*
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velle pompe rotative dénommée j^iro-Gf-
re, :*o5-
V
Varîétks, — La population de rempirenis«|
91. — Le € record * des sondages terret*
très, 94, — Le chemin de fer métropolitaifl|
Paris, 1%. — Une statistique intéressaati 3
des chemins de fer français, 190^ — La prO*'
duction totale des principaux'pays d^Eurû*
pe, 192. — L'air liquide, 281, — Le café,
sa culture et son commerce, communicatioa
de M, E. de Saint-Denis, à Granville, 184*
325. ^ La fortune totale delà France. 334.
— Le fonctionnarisme en France, 333. —
Le Congrès des Sociétés savantes a Toulou-
se en 189g, 419,
Vavson, a Abbeville. — Distinction honorifi-
que^ 62,
VjEiLLEMARD, à Parîs, — Distinction honorilï-
qdCj (11.
ViGt:, à Bordeaux. — Exposition de Ruche-
fort, 410^ 317,
VjGounoux, fiy, k Nîtnes* — Concour *agri^
Cûle de Paris, 1 13.
W
\Vii.t,ioT, à Pûix'-du-Nord, — ExpositicHt
d'Alençon, 364-
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ZiMMEftu?*, k Genève. — Exposition de Ro-
chefort^ 4tôj 519,
Le Directeur^GéranU Rédacteur en Chef, Eugèwb THIÉRY-
fJLERMONT [ùlèZ). -^ IMPIUMERIE lïAiX FBiîaEB, PLACE EAlîîT-AKDaÊ, 3.
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Par décisiotï du CotisoU, en faveur des anciens et des noupeauM iMembrew
ÛB TAcadémie Nationale seulement, rA^dministratloïi délivrera, à tous ceux
d'eDtre eux qui en reront la demande, des eoUectloas du Jouroal «tes années
écoiiléefi depuis 1849^ aux prix suivaats ;
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Anû6és antôHeures à 1885 , . . . , 6 fr.
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depuis 1830. Celte eoUectioU; déposée à la bibliothèque de la Société, peui
éite consultée par tous les Membres* Elle est unique. •
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tes confernïint un nouvel agent thérapeutique créû par un de noa Sociétaires sous le norn iVanmQnia-
que aritmatique :
a M. I\ Tison plt6t a Le Nouvion-eu-TliléraÊhe^prt^pare ce produit quo nouâ pouvons rranclicmenl re-
commander
« Il suililde le respirer roilemeat et vivement pour (guérir 1l?s migraines, les maux de ti>te» lo:^ rïiu*
mes de cerveau, les syncopes, les congestions des poumons, da cerveau, les npoplexiea : d'«n aspirer les
vapeurs [a froid) par In boucho pour f^iérir les mau?; de jçor;;re, la ;,''n[i|ie, l'angine nu début, les rhu-
mes de pollrine, eertûinii niau\ d'estomac cl de cteur, 3 à 5 i^outlesdanii un verre dUau surrée pris par
gorgiSes facilitent lea digestions péaiblcs, ^uéri^senl les mauxd'eslomac, Tivre^ise. L*aï?thme essl souln-
gt^ parla respiration et Taspiratlon des vapeurs (à froid). Il est inappréciable pour combattre et gaérir
les instojalîon!?.
* 11 est ^ouveraJa dans lestfpidêmies ; il réngit contre Talr vidé en le readant respirable. Lm clTA'i
îiont rapides et ïe bien-être est persislaat. Il convient d'en mouiller à diverses repriî^os les carotides, la
derrière des oreilles, rocciput (creux aa bas du derritrfe de la télé) et le cajur lors de^ congestions ;
d'en appliquer une petite coaipresso sur le creux de l'os to ai ac tors desindEg^stions. l-la appliqaor aussi
sur toutes piqûres d^nsectes.
a On peut l'entployer dans toutes les clrconslancea ôi'i reau sédative est indiquée.
a Rettmrquff essentieUc. — Les vapeurs de Tam mon raque o ni i nuira brûlent et dessèchent les tissus
de Torganisme \ tandis qu'i'^i elles sont additionnées et emprisnanées, peut-on dini, dans celles iVhuî-
!es volatiîes et tKes de nombreuses plantes constituant ce produit. Los papilles nerveases et les déîi-
cnls lîssus sont aiasi lubrillés et protégés des vapours directes de l'aaîmoniaque, tout en permettant à
celles-ci d'être portées dans toutes les parties nerveuses et sanguines diî Torgam^nn, et d'y délerminer
presque instantanément ies réactious bienfaisantes et olUcaces , *
(Extrait du Jûunul de VAcadémie NationateÛQ septembre ISW.)
PîllX nu FLACOX : 3 fjf*. 50; aVEG INSTIIUCTION.
CLARIFICATION ET BONIFICATION
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Adresser les Demandes a MRL CLERMONT ei QUIGNARD
64, Rue de Turenne, à Paris,
AU moyen de la Oëlattne K^në* les vlna les plus ^pals. les plus irouliieâ, — tes vins fatigués,
dors, âpres, chargés, — les vins blancs, gras et nianis. tievienneni parlyHement limpides, sains,
mûrs, faïiR ei fontïua; icj^ cauï'do-vle et liaueurs salles ei coiorOes par accident redeviennent
pures par le inùme prot^éué,
La O^lQ^ttDe faille se vend en général par paquets cacUciés pesant &ûO gr. cîisciu*? pan net
contient de 15 n lii^ tauiuttes marnuées lainb en relief, et aussi une ic^^irueilon détaillée^ u* la
manière, irôa simple du reste, d'employer cette gûiailne Uoni la réputi^Uon au ourd'liui unlver-
BËlie n'a cessé de s'accroître depuis 1855» époque à laquelle la formule en a été arrêtée,
Pr\K du demi-kilog-, 5 fr. (C'est 20 centimes environ pour un bectolitre),
JJea rexniaea vari&nt do tO à 40 % sojït accordées siuVanr riinp0r:aacc déë commande»
ot et cevL^ qvd mti^étei^t pour revendre *
Supplément au « Journal m&nsuet da rÂcaéémie Nationale - - Oécembpe fê9S
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Une demi-Daere *
Un Quart de Dagre *
Un huitième de Baffe
Les prix Gï-desftus seront majorés de 10 % pour fes annonces autres
que celles de MM. les Membres de la Société.
VINS VIEUX m BORDEAUX, rouges et blancs
depuis 110 fr. la pièce de 225 litres (logé et franco en gare)
EXCELLENT VIV ROUGfE DE CÔTES (Héraolt)
â 65 fr. la pièce de 220 litres pris au vignoble,
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dans les Journaux Anglais.
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Bedford How, LONDON,\V.C.
Agent officiel de rAcadémif Nationale
pour le Royaume-Uni^
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AVIS IMPORTANT
Messieurs les Membres de TAcadémie Nationale, Agricole, Manufacturière eL Commercialef
<iai désireraient soumettre à l'appréciation des Comités de la Société, des InTeatîons, des
découvertes, des perfectionnements, des mémoires maauficrîts ou imprimés, des produits,
des échantillons, tout ce qui peut, en un mot, intéresser ragriculture, Fiadustrie et te
commerce, dans Tintention de concourir aux distinctions houariâtfues que le Comilé des
Récompenses décerne annuellement, sont priés d'adresser leurs envols à M. le Directeur de
TAcadémie Nationale, 66, rue Caumartin, Paris.
Nous croyons devoir aussi rappeler, à tous nos SocïétaireSï gulls ont le droit de signaler à
la direction ceux de leurs ouvriers ou coopérateurs qu'ils désirent proposer aux récoinpeut^es
spéciales de l'Académie Nationale prévues au paragraphe 3 de Tartiele II ûe^ Statuts, dans
les conditions déterminées par le texte entier de ce paragraphe, qui est ainsi conçu :
L'Académie nationale agricole, manufacturière et commerciale attribue chaque année, suivant
décisions spéciales du Comité des Récompenses, des médalUos d'or, de vermeil, d*ary:ent ou de
bronze, aux employés, ouvriers et coopérateurs de Membres de la Socioté, signalés par louri
patrons comme dignes de ces récompenses, après dix années au moins de services assidus et
dévoués dans la môme maison, les patrons devant, dans ce cas, prendra l'engagement de sup»
porter les ftrais d'établissement des médailles demandées.
La dernière réunion annuelle du Comité des Récompenses a été tenue le 25 février
1898. La réunion suivante aura lieu, conformément aux Statuts, après achèvement de
rexercice 1898, au mois de février 1899.
Clichés de Médailles
Pour satisfaire aux demandes qui lui en ont été faites, rAcadémie nationale, agi'icole,
manufacturière et commerciale, a fait établir, en plusieurs modules, des ollohé$« typo-
^Rphiqaes des empreintes, face et revers, de ses médailles. La reproduction est figurée
ci -dessous.
Ces clictiés, destinés exclusivement à ceux de nos Sociétaires à qui V Académie a conféré des
médaiiles, sont tenus à leur disposition dans nos bureaux aux prix indiquée ci-dessous :
5 francs la palroou 3fp. le seul cliché de la face.
P^jJ^cSlI^ÏÏ^s. 3 franc* la paire ou 2 fri le seul cliché de la face,
B francs.
4 francs.
3 franc»^
r ..'"«P'Af^U^.*; I
EXTRAIT DES STATUTS
PB
L'ACADÉMIB NATIONALE
AGRICOLE MANUFACTURIÈRE ET COMMERCIALE
.i A6S0GUTION FONdAb ▲ PARIS LB 26 DéCBUBaB 1830
H« LB COMTB D*- *'*QNER|* %i^t PRisiDKNT HONOUAIRB
H. DARD(L.j,0 A., i, [>r.l^], PRESIDENT TITULAIRE
M. COIMZA y A., 0. *, [N. c:], M. J. SIQAUT, vicE-pai«iDKHT«
MAURICE CLERMONT, Ingénieur de§ Arts et Manufactures^i^î^QÈNiiitjjMrQonnu..
M. E. THI^RYy DIRBCTBUa.
Siège social : rue Oaumartin, 66, à Paris
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AftTtCLE l"> ' UkCJLDiUlE NATIONALI, AORICOLS, MANUFACTURIÀRK KT GOMUSRCIALa,
dontroripinc remonte à 1830, a pour put d'encouracrep et de favoriser constam-
mefil le développement et le perfectionnement de rAgriculture, do l'Industrie et
du Commerce.
Art. IIL — La Société se compose d'un nombre illimité de Membres, Français
ou Etranirers.
Tous les Membres ont les mêmes droits dans le fonctionnement social.
Ils peuvent partîiiper à toutes les Assemblées générales et réunions de Sodé*
ta ires, qu'ils y soient convoqués directement ou non.
Ils peuvent âus^l prendre part à tous les Concours ouverts par la Société, faire
valoir les litres qu'ils ont à l'obtention de ses récompenses et, d'une manière gé-
nérale, sabir le Conseil d'administration de tout projet qui leur semblerait de
nature à fadliter et à assurer la réalisation du programme de l'Association.
Peuvent être admis à faire partie de la Société, les Dames, les Associations
dlntérèt public, les Sociétés civiles et les Sociétés commerciales en nom collec-
tif* en commandite ou anonymes.
Abt. IV. — Pour devenir Membre de la Société, il faut être présenté par un
autre Membre ou parle Directeur, et être admis par le Comité d'Admission qui
prononce en toute souveraineté sur les demandes d'entrée dans la Société.
Art. y. — Chaque Membre recevra gratuitement un exemplaire du Journal
mensuel de la Société et de toutes lei| publications sociales; annuaires, mémoi*
res, livres^ broclmres, etc.
Art. VIII. — Chaque Membre de la Société est tenu de verser annuellement
une cotisation de trente francs, à moins d'avoir donné sa démission par écrit
avant le 31 décembre de l'année précédente.
IL doit en outre payer, lors de son entrée dans la Société, un droit d'admission
Oxê à dix francs.
^ Un diplôme constatant la qualité ie Membre sera envoyé gratuitement à tout
'nouvel adhérent.
Art. XXIII. —Toutes les lettres, toutes les communications et tous les envois
d'argent doivent être adressés au Directeur.
Des exemplaires du texte coipplet des Statuts de la Société, ainsi
que des formules spéciales pour demandes d'admission, seront remis
ou envoyés à toute persorinequi en adressera la demande au Directeur.
Cl«rmont-Oi»e. — Imp. Daix Frèret, place St-André, 3. T
Â
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KK
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